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Hong Kong - Hollywood

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par Edouard Mutez
ESRA - DESRA 2006
  

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Le polar made in HK.

Alors que le public raffole du cinéma de kung-fu, il découvre progressivement un autre genre très apprécié en Asie : le polar.

Le phénomène apparaît en 1986 avec le succès de A better tomorrow (Le syndicat du crime) de John Woo, produit par Tsui Hark. Le film dépasse les trente millions de dollars HK de recettes, ce qui est phénoménal.

Le syndicat du crime est le film de la renaissance pour son réalisateur, qui n'en est pas à son coup d'essai (déjà plus de vingt films au compteur). Il peut enfin poser ici toutes les bases de son cinéma en revendiquant clairement ses influences : Melville, Kurosawa ou bien encore Demy.

Il met en scène des gangsters à qui il donne l'élégance et le glamour des acteurs américains d'antan et dont les valeurs semblent remonter au temps de la chevalerie et ne sont plus reconnues dans un monde moderne en évolution perpétuelle. Ses personnages deviennent totalement iconiques, pour s'en rendre compte, il suffit de regarder Chow Yun-fat en imper avec ses lunettes noires, son éternel cure-dents vissé au coin de la bouche et une arme dans chaque main en train d'affronter des dizaines de tueurs dans des séquences utilisant en abondance le ralenti. On a même pu voir les gens adopter son look dans la rue de Hong-Kong.

Le film, bientôt suivi par un deuxième épisode en 1987, devient progressivement l'objet d'un culte au sein de petits groupes de personnes un peu partout dans le monde qui ont pu le découvrir par le biais de copies revendues sous le manteau et bien souvent de très mauvaise qualité. Les fans se repassent en boucle le carnage final du Syndicat du crime 2 et John Woo devient une sorte de dieu du cinéma.

C'est alors que sort le chef-d'oeuvre ultime en 1989 : The killer, homage au Samourai de Melville mais qui, entre les mains de Woo, devient un film religieux parsemé de symboles.

Jeff (Chow Yun-fat), tueur, décide de tout arrêter le jour où il rend accidentellement aveugle une jeune chanteuse de night-club. Se sentant terriblement coupable, il accepte cependant un dernier contrat afin de pouvoir lui payer une transplantation pour qu'elle recouvre la vue. Mais une fois ce contrat rempli, Jeff devient la cible de son commanditaire, Weng, ainsi que de l'inspecteur Li (Danny Lee). Ce dernier, d'abord fasciné par le tueur, fini par entretenir avec lui une étrange relation d'amitié. Ils vont alors, ensemble, lors d'un final apocalyptique se déroulant dans une église, repousser les hordes de Weng mais Jeff périra sous les balles tandis que Li le vengera en tuant Weng qui venait de se rendre à la police.

Le film est projeté à Cannes en 1990 à l'occasion du marché du film puis dans divers festivals aux Etats-unis. C'est le choc pour Martin Scorsese, Joel Silver ou bien encore Oliver Stone. Et c'est à partir de cette époque que son influence commence à se faire ressentir un peu partout.

Une influence grandissante.

« Quand les films de Hong Kong sont sortis, tous le monde a eu envie d'un 45. Et ils n'en voulaient pas qu'un, ils en voulaient deux car tous les mecs se prenaient pour le Killer ! » (Samuel L. Jackson dans Jackie Brown de Quentin Tarantino)

On commence alors à voir Bruce Willis avec un pistolet dans chaque main dans Le dernier samaritain (The last boy scout, de Tony Scott en 1991), une production Joel Silver. On peut également apprécier quelques scènes du Syndicat du crime 2 à la télé dans True romance (de Tony Scott également en 93) dont la fusillade finale n'est pas sans rappeler les meilleures productions HK. Pas étonnant de retrouver au scénario le débutant Quentin Tarantino, fan inconditionnel de cinéma asiatique qui lui a déjà rendu hommage dans son premier film : le désormais culte Reservoir dogs en 1992. La situation de base est emprunté à City on fire de Ringo Lam (1987) et le look de ses gangsters renvoie directement à celui des personnages des Syndicat du crime.

Le syndicat du crime 2 (1987) Reservoir dogs (1992)

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