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Couverture des opérations sur le risque de change par la BCC

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par Allamine Mahamat Mbodou
Institut Africain de Management (IAM) - MBA1 2004
  

Disponible en mode multipage

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République du Sénégal

Un peuple Un but Une foi

Ministère de l'éducation

Ministère délégué chargé de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle

Direction de l'Enseignement Supérieur

Institut Africain de Management

B.P 15391 Dakar - 7606 Mermoz/ Tél. :00221 825 16 16

E-mail : iam@sentoo.sn/ Site web : www.iam.sn

Thème :

MEMOIRE DE FIN D'ETUDES POUR L'OBTENTION DU MASTER 1 IN BUSINESS ADMINISTRATION (MBA1)

Option : Finance/Banque

Présenté et soutenu par : Encadré par :

M. Allamine Mahamat Mbodou M. Omar Bâ, Professeur de techniques bancaires

Année académique : 2006 - 2007

Ce mémoire est dédié à mon regretté papa, M'Bodou Mahamat, qui nous a quitté en cette date du vendredi 16 Mai 2003 et qui m'a toujours poussé et motivé dans mes études. Sans lui, je n'aurais certainement pas fait d'études longues. Ce mémoire représente donc l'aboutissement du soutien et des encouragements qu'il m'a prodigués tout au long de ma scolarité. Qu'ils en soient remerciés par cette trop modeste dédicace et que la tombe lui soit légère.

Je dédie également ce travail :

ü A toi ma très chère mère Mabrouka Hamat, que ce travail soit pour toi un début de récompense d'amour et de souci pour la réussite de tes enfants!

ü A toi ma grande soeur Fatimé M'Bodou pour la confiance que tu as placée en moi et grâce à toi je suis arrivé à ce niveau d'études !

ü A mes frères et soeurs, Abdramane, AbbaSaleh, Fatimé Zara, Abakar, Mahamat Djidda, Hasane et Ousmane que vous trouviez en ce travail le fruit d'un amour fraternel !

ü A mes oncles, mes tantes mes nièces et mes neveux !

Nous rendons grâce à ALLAH et exprimons nos remerciements les plus sincères à tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont aidé, soutenu, et encouragé, bref, tous ceux qui ont cru en nous dans la réalisation de ce travail.

Nos premiers mots de remerciement s'adressent aux enseignants de la section de Finances auxquels, nous tenons à rendre un vibrant hommage et, à travers eux, tous les enseignants et éducateurs que nous avons eu la chance et l'honneur de rencontrer durant notre parcours scolaire. Au Président fondateur de l'IAM Monsieur Moustapha Mamba Guirassy nous manifestons solennellement notre profonde gratitude et témoignons de notre respect et de notre considération.

Toute notre gratitude est adressée à M. Omar Ba pour avoir dirigé et encadré la rédaction de ce mémoire.

Je remercie de tout mon coeur mon père, ma mère, mes oncles, mes tantes, mes frères, mes soeurs, mes cousins, mes cousines, mes neveux et mes nièces. Je n'ai peut-être pas toujours été à la hauteur de vos attentes individuelles ou collectives mais votre soutien financier, moral et votre amour m'ont permis d'arriver jusqu'à ce point. Puisse ce diplôme nous ouvrir à tous des lendemains meilleurs.

Nous profitons de cette occasion pour penser à nos amis, nos amis de toujours, les   « compagnons de fortune et d'infortune » et les compagnons de galère: Doloum, Hassane, Abba sougou, Mht MouangangbayeBrahim, Ahmed Ali Hassani, Saleh, Deco, Djibrine, Idriss, Mahamat Zene, Baba Faye, Tapha, Audret, Ahmaday, Mountassir, Ramat, Nassir.

Un spécial remerciement à la famille Diallo d'avoir passé avec elle un séjour agréable en leur compagnie.

Je n'oublie surtout pas les camarades de promotion durant toutes ces années d'écoles, surtout Ahmed Ali Hassani, un ami et frère, qui m'a tant épaulé dans mes démarches et à toute la communauté comorienne du Sénégal.

La liste de personnes ci-dessus, n'étant pas exhaustive, nous réclamons l'indulgence de toutes celles qui n'y retrouveront pas leurs noms. Nous les assurons que leur souvenir restera, toutefois, à jamais gravé dans nos mémoires.

A tous ceux et à toutes celles dont les acronymes n'apparaissent pas sur cette page, ils sont nombreux, qu'ils demeurent convaincus, que nous ne les avons point oublié et qu'ils soient assurés de notre profonde gratitude. Merci.

BCC : Banque Commerciale du Chari

BEAC : Banque des Etats de l'Afrique Centrale

BRI : Banque des Règlements Internationaux

BVMAC : Bourse des Valeur Mobilières de l'Afrique Centrale

CAC : Cotation Assistée en Continu

CB : Commission Bancaire

CCR : Compte Courant de Règlement

CEMAC : Communauté Economique de l'Afrique Centrale

CFA : Communauté Financière Africaine

CHF : Franc Suisse

COB : Commission des Opérations Bancaires

COBAC : Commission Bancaire de l'Afrique Centrale

COFACE : Compagnie Française d'Assurance pour le Commerce Extérieur

DEV : Devise

DKK : Couronne Danoise ( Danske Kroner en danois)

EEPCI : Esso Exploitation Production and Corporation Inc

EUR : Euro

FCP : Fonds Commun de Placement

G7 : Groupe de 7 pays les plus développés

JY : Yen Japonais

MATIF : Marché à Terme International en France

NASDAQ: National Association of Securities Dealers Automated Quotation

OPCVM : Organisme de Placement Collectif en Valeur Mobilière

OUA : Organisation de l'Unité Africaine

PCH : Position de Change

PE : Prix d'Exercice

PME : Petite et Moyenne Entreprise

PNB : Produit National Brut

POUD : Livre sterling

SICAV : Sociétés d'Investissement à Capital Variable

SWIFT: Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication

UDEAC: Union Douanière des Etats de l'Afrique Centrale

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africain

USD : Dollar des Etats-Unis

Dédicaces ...................................................................................................I

Remerciements .............................................................................................II

Liste des sigles et abréviations ................................................................................III

Table des matières .......................................................................................V

Avant-propos .......................................................................................................XI

Introduction ..................................................................................................1

Première partie : Cadre théorique, méthodologique et conceptuel ............................................3

Chapitre 1 : Fondements théoriques ....................................................................4

1. Problématique ..........................................................................................4

2. Objectif de la recherche ...............................................................................4

3. Hypothèse d'étude ......................................................................................5

Chapitre 2 : Cadre méthodologique .....................................................................6

1. Champs de prédilection ................................................................................6

2. Délimitation du sujet ...................................................................................7

3. Revue documentaire ....................................................................................7

4. Difficulté rencontré ....................................................................................7

Chapitre 3 : Concepts et fonctionnement des marché de change ....................................8

A. Concepts fondamentaux ..............................................................................8

1. Marchés des changes .................................................................................8

a. Le marché au comptant ............................................................................9

b. Le marché interbancaire ...........................................................................9

c. Le marché à terme ..................................................................................9

2. Le risque de change .................................................................................10

3. Les produits dérivés .................................................................................10

4. L'arbitrage ...........................................................................................10

5. La spéculation .......................................................................................10

B. Fonctionnement des marchés de change ..........................................................10

1. Les acteurs ............................................................................................10

a. Les banques ........................................................................................10

b. Les investisseurs institutionnels .................................................................11

c. Les entreprises .....................................................................................11

d. Les courtiers ou « brokers » .....................................................................12

e. Les détenteurs des capitaux ......................................................................12

2. L'organisation du marché des changes ............................................................12

a. Le marché organisé ou marché à terme de change ............................................13

b. Le marché de gré à gré ...........................................................................14

c. L'organisation des transactions sur le marché de gré à gré ..................................14

Chapitre 4 : La gestion du risque de change de transaction ........................................16

Section 1 : Exposition et identification du risque de change .......................................17

I. L'exposition au risque de change ..................................................................17

1. Exposition comptable ..............................................................................18

a. La méthode du cours courant ....................................................................18

b. La méthode du fonds de roulement .............................................................18

c. La méthode monétaire-non monétaire ..........................................................18

d. La méthode temporelle ...........................................................................18

2. Exposition économique ............................................................................19

3. La durée d'exposition au risque de change......................................................19

II. Identification du risque de change .................................................................20

Section 2 : Le cadre de gestion ........................................................................21

1. Le concept de position de change ..................................................................21

2. Les objectifs fondamentaux de la gestion du risque de change .................................21

3. Les niveaux de gestion du risque de change ......................................................21

4. Les étapes de la gestion du risque de change ......................................................22

5. Illustrations .............................................................................................24

Section 3 : Les techniques de gestion du risque ......................................................24

A. La gestion interne du risque .......................................................................24

1. Le choix de la devise de paiement ...............................................................24

1.1. La facturation en monnaie nationale ou en devise ..........................................24

a. La facturation en euro ...........................................................................25

b. La facturation dans la devise de l'acheteur ...................................................25

c. La facturation dans une devise tierce .........................................................26

1.2. Le choix de la devise de facturation ..........................................................26

a. Les critères économiques .......................................................................26

b. Les critères commerciaux ......................................................................27

c. Les critères de gestion ...........................................................................27

2. La compensation des flux ........................................................................27

3. Le termaillage ......................................................................................28

B. Les produits bancaires .............................................................................29

C. Les produits d'assurances .........................................................................29

1. La couverture du risque de change dans les courants d'affaires ............................29

a. La cible ............................................................................................29

b. Les caractéristiques de la police ................................................................29

c. le fonctionnement de la police ..................................................................30

2. La couverture du risque en période de négociation ...............................................30

a. Les caractéristiques de la police ................................................................30

b. Le fonctionnement de la police .................................................................30

c. Un produit complémentaire utile ...............................................................31

D. Choix d'une technique de couverture ............................................................31

Deuxième partie : Cadre analytique ...................................................................33

Chapitre 1 : Couverture du risque de change par les produits bancaires .........................34

I. Principes ................................................................................................34

1. Présentation des cours de changes ................................................................34

2. Les commissions de change ........................................................................35

3. Le calcul du cours croisé ...........................................................................35

II. La couverture à terme ................................................................................35

1. La vente à terme et le risque de change de l'exportateur .......................................36

2. L'achat à terme et le risque de change de l'importateur ............................................38

3. Les caractéristiques du change à terme ...........................................................39

III. L'avance et l'emprunt en devise ..................................................................39

1. L'avance en devise ..................................................................................39

2. L'emprunt en devise .................................................................................39

3. Les avantages et inconvénients de l'avance et de l'emprunt en devise ......................40

IV. Les options de change ..............................................................................40

1. Définition .............................................................................................40

2. Option d'achat ou option de vente ................................................................40

3. La position de l'acheteur et celle du vendeur ....................................................41

4. Le prix d'exercice....................................................................................41

5. Le prix d'une option de change ou prime ........................................................42

6. L'option et la couverture du risque de change ...................................................43

a. Couverture à l'import par les option de change : option d'achat ou le « call » ............43

b. Option de vente ou le « put » .....................................................................44

c. Les caractéristiques des options sur devises ...................................................45

d. Détermination du seuil d'amortissement et du point mort ...................................46

7. Les avantages et inconvénients des options sur devises .......................................48

V. La couverture par les produits dérivés ............................................................48

1. Change avec intéressement ........................................................................49

2. Change à terme flexible ............................................................................49

3. Ligne de crédit multidevises .......................................................................49

4. Tunnel d'option ......................................................................................50

VI. La couverture par les swaps des devises .........................................................50

Chapitre 2 : Présentation de la Banque Commerciale du Chari ....................................51

I. Historique de la BCC .................................................................................52

II. L'organisation de la Banque ........................................................................52

1. Administration .......................................................................................53

2. Département des crédits et recouvrement ........................................................53

3. Département de contrôle interne ..................................................................54

4. Département des ressources humaines d'administration et de relations extérieures .......54

5. Département des opérations extérieures .........................................................54

6. Département de l'informatique ....................................................................54

III. Les activités de la Banque ..........................................................................54

1. L'évolution de la Banque ...........................................................................55

2. Les activités de la Banque ..........................................................................55

3. Les objectifs de la BCC ............................................................................55

4. La forme juridique de la BCC .....................................................................56

5. L'effectif de la Banque .............................................................................56

IV. Fonctionnement des services de la Banque ......................................................56

1. Le service comptabilité et finance ................................................................56

2. Le service de contrôle interne .....................................................................57

3. Le service de crédit et recouvrement .............................................................57

4. Le service des ressources humaines et administratives ........................................57

5. Le service des opérations locales ..................................................................57

6. Le service informatique ............................................................................57

Chapitre 3 : Traitement des opérations de change à la BCC .......................................59

I. Les opérations de change à la Direction Etrangère de la Banque ...............................60

1. Présentation générale ...............................................................................60

2. Le traitement d'une opération de change « front to back » ....................................60

a. La négociation ......................................................................................60

b. La tenue de position ...............................................................................60

c. La matérialisation des opérations de change .......................................................61

3. Le contrôle ou réglementation de change ........................................................62

4. Le réseau de correspondants bancaires et les transferts de fonds .............................62

a. Le réseau de correspondants bancaires (correspondent banking) ...........................62

b. La communication entre correspondants étrangers : les réseau SWIFT ....................63

c. Les transferts de fonds entre les banques .......................................................63

II. Traitement des opérations de change à la direction étrangère .................................65

Troisième partie : Recommandations et conclusion ................................................67

Recommandation ........................................................................................68

I. Propositions de recommandations et suggestions à la Banque Commerciale du Chari ......68

1. Propositions de recommandations ................................................................68

2. Décisions .............................................................................................68

II. Recommandations à l'Etat tchadien ...............................................................69

III. Recommandations aux entreprises ................................................................69

IV. Recommandations aux institutions financières ..................................................69

Conclusion ................................................................................................70

Annexes ...................................................................................................71

Le Mastère 1 en Banque et Finance (MBA in Banking and Finance) de l'Institut Africain de Mangement (IAM) est l'un de diplôme de troisième cycle de cette école sise à Dakar (Sénégal).

Mais le Mastère en Banque et Finance à l'IAM a la particularité d'être l'un des diplômes les plus professionnalisés en Afrique au regard de la qualité de ses enseignements, de la notoriété et ses origines diverses des enseignants. Ces derniers proviennent d'universités et d'écoles prestigieuses d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Afrique ou bien, sont des professionnels en activité dans des institutions ou entreprises internationales ou sous-régionales. A cela viennent s'ajouter la qualité de son outil didactique et pédagogique, sa certification ISO9001 et de l'image de ses partenaires en France (CEFAM, IDRAC, 3A Lyon, Université de Lille), en Amérique du Nord (Université du Québec à Chicoutimi avec laquelle l'IAM offre un diplôme conjoint et la « Texas Southern University » aux USA, Université Laval et UQAM au Québec) et dans les autres pays africains (IAM Mali, IAM Tamba, Université CAD de Dakar, Université Gaston Berger à Saint-Louis Sénégal, « Gaston Institute of Business Science », « Lagos Business Scholl », ISCAM au Tchad).

L'admission au programme de Mastère en Banque et Finance se fait après un entretien très sélectif ouvert à tous les étudiants africains. Le diplôme n'est délivré qu'après la phase des cours théoriques et la soutenance.

C'est ainsi que nous avons choisi un thème de mémoire portant sur le cas de la Banque Commerciale du Chari (BCC). Notre choix de la BCC, comme champs d'investigation, a été motivé par le fait de son rayonnement national et de son dynamisme. Nous avons en outre passé la moitié de la durée à avoir des informations à la Direction Étrangère de la banque. C'est là que nous avons achevés la rédaction du présent document en guise de mémoire professionnel. Il porte sur « La couverture des opérations sur le risque de change par la Banque Commerciale du Chari».

1. Ghislaine LEGRAN et Huber MARTINI : « Management des opérations de commerce international - Import / Export », 6ème édition, Dunod, Paris 2003

2. Ghislaine LEGRAN et Huber MARTINI : « Management des opérations de commerce international - Import / Export », 7ème édition, Dunod, Paris 2005

3. Josette et Max PEYRARD : « Dictionnaire de finance », 2ème édition, Vuibert, Paris 2001

Webographie

www.bcctchad.td

www.google.fr

www.memoireonline.com

www.eur-export.com

www.cambiste.info

www.vernimmen.net

www.lesechos.fr

www.fr.wikipedia.org

INtroduction

« Ce sont le goût du risque et l'esprit d'aventure qui ont bâti le monde moderne »

Toute organisation (société, banque, administration, association) peut être « perçue comme un portefeuille de vulnérabilités et d'opportunités combinées pour atteindre les objectifs d'une stratégie déterminée par les instances dirigeante ». En assimilant les « vulnérabilités » aux « risques négatifs » et les « opportunités » aux « risques positifs », selon J.-C. Barreau, « Quelle morale pour aujourd'hui ? », l'on peut déduire que l'univers de l'organisation, et à fortiori de la banque, est pavé de risques. Mais si le risque est consubstantiel à l'activité de l'entreprise, force est de reconnaître que cette dernière ne saurait s'accommoder de risques qui mettent en péril sa liquidité, sa solvabilité et en définitif sa pérennité. Il lui revient donc de gérer au mieux l'ensemble de ses risques et en particulier son risque négatif (downside risk), c'est le risque de voir chuter ses résultats.

Ces entreprises sont confrontées au risque de change dés qu'elles effectuent des opérations commerciales avec l'étranger (importations et exportations), soit des opérations financières (transfert de fonds) etc. l'internationalisation des activités commerciales et industrielles des entreprises a rendu les économies interdépendantes, les mouvements des capitaux à la recherche de la meilleure rémunération, les disparités dans les taux d'inflation et dans les équilibres de la balance commerciale constituent autant de raisons qui ont provoqués une volatilité accrue des devises.

Ainsi, les firmes sont devenues plus sensibles aux risques de change et aux risques de taux d'intérêt, dans un système de change à grande flexibilité, flottant pour certaines devises.

En la matière, différentes méthodes de couverture de risque de change existent. Ces méthodes se diffusent peu à peu en Afrique par l'intermédiaire surtout des multinationales occidentales. En Afrique subsaharienne en particulier, l'introduction des instruments de couverture de risque de change dans les banques est encore timide, non seulement du fait de leur complexité, de l'absence d'un dispositif technique adéquat et parfaitement opérationnel mais également du fait du manque de ressources humaines compétente dans le domaine. Dans le monde bancaire, caractérisé par une internationalisation croissante des méthodes, techniques, outils et réglementations, il est utile d'adopter des méthodes des tels outils pour renforcer sa gestion, sa compétitivité, garantir sa solvabilité et assurer sa pérennité.

La Banque Commerciale du Chari (BCC) n'est pas resté en marge de cette tendance et a, elle aussi, intégré à sa gestion des risques commerciaux un dispositif de couverture. Au demeurant, à l'instar des autres banques, qu'elles soient primaires ou de développement, à caractère national, régional ou international, la BCC reste préoccuper par le respect des standards internationaux ce qui a valu l'introduction de la « couverture à terme fixe » dans son dispositif de gestion de risques financiers. La responsabilité assignée à cette fonction est de gérer grâce à un outil moderne les risques de taux de change puis de façon connexe le risque de liquidité. Ces deux risques, avec le risque de taux d'intérêt, représentent l'essentiel des risques financiers de la BCC.

Comment la BCC gère les risques de change par l'instrument de couverture à terme ? C'est la question à la quelle nous répondrons à travers ce document en présentant le cadre conceptuel y afférent puis en l'illustrant par l'exemple de la BCC.

L'objet du présent document est double : vulgariser les techniques de couverture de risque de change et proposer à la BCC une mesure complémentaire du risque.

Notre volonté de vulgariser des techniques découle du constat qu'en Afrique les banques primaires tardent à mettre en oeuvre certaines techniques de couverture dans leur gestion des risques de changes. La littérature bancaire, la presse et les moteurs de recherche sur Internet, bien trop pauvres en exemples africains de gestion des risques de changes, sont là pour l'attester. Ainsi, les banques primaires en Afrique, et celles de la zone CEMAC en particulier, peuvent réussir une gestion pour leurs risques de change. Elles y gagneront car la couverture optimise le couple risque/rentabilité, la rentabilité étant le talon d'Achille des banques africaines.

En ce qui concerne la proposition de mesure que nous faisons à la BCC, elle résulte d'un autre constat : le risque de taux de change de cette institution pourrait être, à terme, transféré aux emprunteurs grâce à l'indexation des prêts sur le panier des devises d'endettement de la BCC. Nous entendons alors proposer à la BCC une mesure de son risque de change qui en appréciera l'impact sur la valeur patrimoniale et les fonds propres. Cette mesure viendrait en complément de la couverture à terme fixe, permettant ainsi de mieux cerner dans sa globalité, le risque de change encouru par la banque.

Pour ce faire, notre travail s'articulera autour de six (6) chapitres regroupés en trois (3) parties : dans la première, nous aborderons le cadre théorique, méthodologique et conceptuel du marché des changes et des risques. La seconde partie décrira la pratique de l'instrument de couverture des opérations commerciales sur le risque de change à la BCC et nous permettra de proposer une solution complémentaire pour la gestion du risque de change qui sera la troisième et dernière partie de notre travail.

1

Chapitre

Fondements théoriques

Problématique

Le système monétaire international étant fondé sur les changes flottants, les cours des monnaies varient en permanence sur les marchés des devises, ce qui génère un risque de change. L'exportateur le subit dans la contre-valeur de ses ventes et achats en devises, ce qui peut affecter sa marge.

Mais ces fluctuations de cours modifient aussi le positionnement prix de l'offre de l'entreprise par rapport à ses concurrents étrangers sur les marchés étrangers comme sur le marché domestique. Il n'est ainsi pas nécessaire de payer ou de facturer en devises pour être exposé au risque de change.

À l'aube de la mondialisation, l'Afrique est l'un des continents à ne pas participer à l'évolution du marché international et à toujours dépendre des anciens « colonisateurs », subissant ainsi les mouvements financiers.

L'intégration effective de l'Afrique dans le système financier exige d'elle une implication systématique aux techniques nouvelles des taux de change datant des années 1970 aux États-Unis. Or, aucune organisation (système) n'existe en ce sens en Afrique à l'initiative du continent. Les organismes, comme la Compagnie Française d'Assurance pour le Commerce Extérieur (COFACE) joue le rôle de garantie dans les transactions internationales africaine mais sont-elles adaptées aux réalités africaines. Cette intégration ne saurait effective qu'à partir d'une organisation interne et une réadaptation des systèmes étrangers à nos besoins réels.

De ce fait, notre étude portera sur la gestion du risque de change dans les transactions commerciales internationales.

1- Objectif de la recherche

Le but de notre étude est triple :

- D'abord, nous voulons montrer qu'une couverture de risque de change est impérieusement nécessaire, non seulement pour les entreprises dont l'activité principale est importation-exportation, mais aussi pour celles qui seront amenées un jour à faire une transaction internationale.

- Ensuite, aider les entreprises de la zone franc à se performer dans les transactions financières internationales sans courir les risques de change.

- Enfin, contribuer à la vulgarisation des certaines techniques de couverture de risque de changes dans le milieu bancaire de la zone CEMAC car leur pratique est encore timide dans nos pays.

Hypothèses d'étude

La situation actuelle du marché de change en Afrique Centrale (quasi-inexistante) est loin d'être prometteuse du fait de plusieurs raisons. C'est pour cela que notre hypothèse de travail est partie d'un double questionnement :

- Les risques de changes sont importants et méritent d'être maitrisés ;

- Les taux de change ont un impact direct et important dans les opérations commerciales internationales.

Le marché de change ne semble pas constituer une préoccupation des systèmes tels que la CEMAC et LA BEAC pour y consacrer une politique exclusive par rapport au reste du champ économique de l'Afrique.

2

Chapitre

Cadre méthodologique

Champs de prédilection

Si l'on s'en tient au déterminisme historique, on s'en rend compte que les pays africains ayant accédés à l'indépendance ont tenté de s'organiser à travers des fédérations qui ont vite échoué à cause des divergences politiques, idéologiques et de leadership. Ensuite, ces pays ont tenté des organisations appuyées par l'ancienne métropole pour résoudre les conflits internes, les problèmes économiques et socioculturels. C'est ainsi que nous assistons à la naissance de l'OUA, l'UEMOA, l'UDEAC..., pour résoudre les problèmes politiques et économiques susceptibles de menacer la stabilité des différentes régions concernées.

Dans le cadre de l'organisation économique et monétaire, naîtra l'UDEAC (CEMAC depuis 1994) et la BEAC sous la supervision française dans les années 70-80 pour répondre aux attentes économiques et financières de l'Afrique Centrale.

Ils utiliseront comme monnaie le Franc CFA (Communauté Financière Africaine) qui aura une parité fixe avec le Franc Français dans le temps (l'euro aujourd'hui) puisqu'il est jusqu'à nouvel ordre garanti par le Trésor Public français.

Les entreprises de l'Afrique Centrale d'importations et d'exportations dépendant de ce système sont tenues de se soumettre aux réglementations qui régissent le marché de change. L'une des réglementations est leur dépendance des banques car elles ne peuvent accéder au marché de change que par leur intermédiaire à cause de leur caractère agrée sur ce type d'opérations.

Ainsi, nous situerons notre contexte d'étude au cadre de la CEMAC puisque tout le territoire de la CEMAC est régi par la même loi politique monétaire et commerciale d'une part.

Et d'autre part, notre réflexion portera sur les entreprises tchadiennes exposées aux mêmes risques de change que celles des pays de la CEMAC et qui bénéficient de la parité de l'Euro. L'essentiel du change tchadien s'effectue avec la monnaie Dollar ou l'Euro.

Délimitation du sujet

La plupart des entreprises susceptibles d'être exposées au risque de change étaient des succursales internationales, mais de plus en plus avec le développement de l'activité commerciale et de la mondialisation, nos entreprises sont obligées de se soumettre à la concurrence internationale.

Malgré des améliorations dans la pénétration du marché de change par ces entreprises, il n'en demeure pas moins qu'elles continuent à subir le poids de l'exclusion économique et financière.

Même s'il y'a des institutions comme la COFACE pour s'occuper de l'assurance des transactions et garantir la couverture, elle reste française donc avec des écarts de correspondance probables.

De ce fait, nous estimons que les entreprises méritent une place dans la sphère du marché de change et il va de même que nous intéressions aux moyens leur accès à ce marché avec l'assistance des banques locales.

Revue critique

Dans le cadre de notre étude, nous avons utilisé diverses techniques qui sont :

- La recherche documentaire qui a consisté à parcourir des documents ayant un rapport avec notre thème, à consulter des archives. Pour avoir des données assez nouvelles, nous avons eu recours à des sites Internet notamment celle de la BCC.

- Les entretiens pour recueillir des informations et des avis sur le sujet auprès de particuliers car il était nécessaire pour nous d'entrer en contact avec des personnes très proche du marché de change.

Difficultés rencontrées

Pour atteindre notre objectif, nous avons rencontré une difficulté majeure. Il s'agit de la confidentialité et la non disponibilité de certaines informations auprès des banques et entreprises visitées ; aucune institution financière n'a pu accepter de mettre à notre disposition toutes les informations nécessaires qui devraient nous permettre d'éclaircir tous les problèmes liés aux risques de change et leur couverture.

Enfin, le problème de moyens financiers n'était pas en reste. Cette situation nous a tellement porté préjudice au niveau de la rédaction du mémoire, la collecte des informations, des rendez-vous que l'on devrait honorer.

3

Chapitre

Concepts et fonctionnement des marchés de

change

Concepts fondamentaux

Marchés des changes

Le marché international des changes (Forex Exchange) est un marché non localisé permettant d'assurer la confrontation des offres et des demandes de devises et de déterminer le cours de chacune d'elles en monnaie nationale.

Plus de 3 000 milliard de Dollars, c'est le montant quotidien échangé sur ce marché, tous produits confondus, c'est à dire aussi bien pour le change classique que pour les produits dérivés (swap de change, option de change...).Pour situer ce volume, signalons que le montant annuel des échanges de biens et services est de 4 300 milliards de Dollars.

Précédemment indiqué, le marché des changes est le lieu de confrontation des offres et des demandes (achats/ventes) de devises, c'est à dire des moyens de paiement des différents pays. Comme sur tout marché, la rencontre de l'offre et de la demande des différentes monnaies permet de fixer le prix d'une des devises par rapport à l'autre, c'est à dire son cours de change. Ce marché comprend le change comptant mais également le change à terme et implique donc un accès aux opérations de «  trésorerie » (prêt / emprunt) en devise ou en monnaie nationale. Ce marché mondial, qui est essentiellement interbancaire, est le deuxième marché financier de la planète en terme de volume globale, derrière celui des taux d'intérêt ; c'est néanmoins le plus liquide et le plus profond en terme de produits traités et d'intervenants.

Son volume quotidien était en 2004 de 1 900 milliards de dollars US, soit :

· 600 milliards en transactions au comptant et

· 1 300 milliards en transactions à terme

Quasi-uniquement en transactions de gré à gré, selon l'étude triennale de la banque des règlements internationaux (BRI), les transactions en volume étaient :

· Pour 53% entre banque (interbancaire)

· Pour 53% entre une banque et un gestionnaire de fonds (FCP, SICAV, SICAR...) ou une institution financière non bancaire (Banque d'affaire, Société de factoring ou de Leasing international)

· Et enfin pour 14% entre une banque et une entreprise non- financière.

Ainsi sur ce marché, les monnaies flottent les unes par rapport aux autres et leurs cours sont fixés de façon libre. En réalité, les banques n'interviennent pas directement sur ce marché mais le font par le truchement de leurs cambistes. En premier lieu, un Cambiste doit satisfaire les demandes de cours émanant de diverses contreparties. Celles-ci peuvent être des clients, d'autres Banques voire des services internes à la Banque. Ceci bien entendu en accord avec les diverses réglementations et sous réserve des autorisations suffisantes. Selon la politique de l'établissement qui l'emploie, le Cambiste adopte différents comportements.

Les principales devises utilisées dans ces transactions sont les suivantes :

- Le Dollar (USD) : $

- L'Euro (EUR) : €

- Le Yen Japonais (JY) :

- La Livre Sterling (POUND) : £

- Le Franc Suisse (CHF) : FS

Les marchés de change fonctionnent dans les grandes capitales financières (New York, Londres, Paris, Francfort,....).

Le marché au comptant

Il fonctionne dans toutes les grandes places boursières et financières. Au plan mondial, avec le jeu des décalages horaires, il est ouvert, sauf les jours fériés, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Grâce aux technologies de la communication et aux agences d'informations spécialisées (Reuters, Agence France Presse ...), il bénéficie d'une grande transparence en matière d'information. Toute modification sur une place financière est immédiatement perçue sur toutes les autres.

Le marché interbancaire

C'est le marché sur lequel sont traitées les opérations de trésorerie en devises sous forme d'emprunts et de prêts à travers des règles précises de taux, de durée et de calcul d'intérêts. C'est un marché de capitaux à court terme sur lequel les professionnels du secteur bancaire opèrent des transactions entre eux. C'est un compartiment du marché monétaire dont l'accès est réservé aux établissements de crédit et à des organismes comme le Trésor public, la banque de France, la caisse des dépôts et consignations, les services Financiers de La Poste. Les transactions s'effectuent par téléphone.

Les banques excédentaires vendent leurs excédents de dépôt à des banques déficitaires. Un secteur très actif du marché est celui des opérations à court terme, notamment celui des pensions à 24 heures, qui permettent aux banques de compenser entre elles les excédents et les déficits de trésorerie, et d'équilibrer ainsi leurs comptes auprès de la Banque centrale. Le taux de l'argent au jour le jour est diffusé chaque jour.

Le marché à terme

C'est le marché où les devises s'échangent par un montant à cours immédiatement déterminé mais livrées à une date future prédéterminée. Ce marché paraît plus profitable à l'exportateur qui attend d'être payé en devises de pouvoir se prémunir dès à présent en fixant le cours de change de son exportation afin de garantir le produit de ses ventes en devises nationales. Cela est aussi valable pour l'importateur afin de fixer le coût à payer de son approvisionnement. Ce marché est un marché spéculatif lorsque les achats ou les ventes se font à découverts. Il englobe par ailleurs les contrats de taux de changes, à terme, les Swaps (échanges) et les Swaps de devises qui feront l'objet d'une étude.

Le risque de change

Ils sont de perte sur une position de change non couverte du fait de l'évolution défavorable de la devise. Le risque de change peut être sur des opérations commerciales ou sur des opérations financières.

Les produits dérivés

Ils sont des instruments dont la valeur dépend du prix d'un autre produit, appelé sous-jacent, comme une devise, un titre ou un produit de base. Les principaux produits dérivés sont les futures, les options et les swaps. Ils peuvent être traités sur des marchés gré à gré ou sur des marchés organisés. Ils sont utilisés pour réduire les risques, pour changer de sa position financière, pour réduire les coûts de transaction, pour la spéculation et l'arbitrage.

L'arbitrage

C'est une action qui consiste à tirer profit sans risque de différence de prix ou de cours. L'arbitrage est effectué par un opérateur généralement informé et assez expérimenté. C'est une opération non spéculative.

La spéculation

C'est une opération qui a pour but de procurer un bénéfice à court terme découlant de variations de prix des titres ou des marchandises sur un marché, mais implique également qu'on accepte le risque de perte.

Si l'on spécule à la hausse, on achètera à découvert. Inversement, si l'on spécule à la baisse on vendra à découvert.

La spéculation améliore la liquidité des marchés financiers, elle est très importante sur le marché à terme, les marchés de futures et d'options.

Fonctionnement du marché des changes

Les acteurs

Ils se résument essentiellement aux banques centrales et commerciales, aux investisseurs, aux entreprises et aux courtiers.

Les banques

On distingue les banques centrales et les autres banques.

· Les banques centrales

Leur intervention sur le marché des changes est d'ordre économique et monétaire. Elles jouent un rôle de régulateur en maintenant les cours à un niveau ou à un intervalle clairement préétabli par un processus d'achat ou de vente massif de devises selon l'orientation qu'elles veulent donner aux différents cours du marché. Elles peuvent par la même voie rendre attrayante ou non leur monnaie nationale en pesant sur les taux d'intervalle (d'emprunt et de placement) de celle-ci.

C'est notamment le cas de l'intervention des pays de G5 ou G7 (groupe de 5 ou groupe de 7) au cours de l'année 1987 et une partie de 1998 pour stabiliser le Dollar.

Nombre d'observateurs contestent cette capacité des banques centrales à renverser une tendance du marché sans toute fois minimiser l'impact psychologique et économique de leur attitude.

· Les banques en général

Avant l'avènement des bureaux de changes, seules les banques ayant la qualité d'intermédiaire agrée étaient habilitées à effectuer les opérations de change. Il faut dire que malgré la présence des bureaux de change, les transactions commerciales restent leurs domaines de prédilection ; ce qui leur confère le rôle inéluctable sur le marché des changes vis-à-vis des résidents. Elles jouent tour à tour le rôle d'arbitrage ou de spéculatrice, mais on est loin de définir la motivation qui dicte tel ou tel comportement transactionnel. L'activité principale des banques commerciales reste l'arbitrage par rapport à leurs compères dit de trésorerie qui est plus ou moins la spéculation. Cela peut être dû à l'impossibilité de couvrir totalement et en temps réel, toutes les opérations qui peuvent néanmoins être suscitées en vue de convoiter la partie de la clientèle.

Ce rôle des banques « au coeur de l'innovation financière » est fonction de leur savoir-faire et leur accès facile aux nombreux marchés.

Signalons finalement que les banques restent des entreprises à statut international, ce qui leur permet d'intervenir en leur nom propre en tant qu'investisseurs ou emprunteurs sur le marché des changes.

Les investisseurs institutionnels

Ce sont des investisseurs importants, surnommés familièrement « zinzin », ayant des besoins réguliers d'investissement. Parmi eux, on peut citer les maisons de « securities » japonaises, les « trust funds » anglo-saxons, les grandes compagnies d'assurance en France, les organismes de placement collectif en valeur mobilière (OPCVM) que sont les sociétés d'investissement à capital variable (SICAV) et les caisses de retraits.

Ils contribuent tous, à leur échelle et dans les limites que leur imposent les réglementations locales, à la mondialisation et à la globalisation des marchés. Ils poursuivent, en général, simultanément deux objectifs, à savoir la maximisation du rendement et la minimisation du risque.

Les entreprises

Exerçant une activité d'importation et d'exportation ou de négoce libellée en devises, elles n'interviennent sur le marché des changes que par l'intermédiaire des banques pour des raisons réglementaires ou pratiques bien qu'elles aient une vocation naturelle de faire une transaction. Si cela peut être perçu comme un inconvénient, on conviendrait que l'importance des transactions ou la nécessité d'utiliser des conseils des avertis en permanence sur le marché dévient un besoin voire une nécessité inhérente à la bienveillance et à la sécurisation de l'opération en leur faveur.

Mais les banques sont-elles les intermédiaires indiquées sachant que leur but est de réaliser des profits.

En risque de hausse ou de baisse de devises, respectivement l'importateur et l'exportateur adopte une attitude prudente de couverture pour couvrir systématiquement son risque de change mais se prive automatiquement de tirer profit d'une évolution de la devise qui lui est favorable à savoir une dépréciation ou une appréciation.

Les courtiers ou « brokers »

Ils ne sont en principe que des intermédiaires dont le rôle consiste à mettre en rapport deux (2) contreparties dont l'une se porte vendeuse et l'autre acheteuse. Ils sont rémunérés au courtage (commission fixe) calculé sur le volume de transactions. Reliés aux banques par les téléphones et les nouvelles techniques de communication, ils centralisent les informations en provenance des différents participants et les répercutent aux autres. Leur efficacité se calcule par leur rapidité et leur fiabilité qui sont très importantes pour ce métier.

Les détenteurs des capitaux

Ce sont les multinationales, les caisses de retraits, les compagnies d'assurance qui cherchent à rentabiliser leurs avis de trésorerie dans les placements de devises.

L'organisation du marché des changes

Initialement, la valeur d'une monnaie était fixée en termes de biens et d'actifs. Aussi, pour établir le taux de change entre deux monnaies, il suffisait de faire le rapport entre les valeurs respectives en termes de biens et d'actifs des différentes monnaies. Schématiquement, jusqu'en 1973, directement ou indirectement, chaque monnaie avait une valeur fixée dans un bien de référence qui était l'or. Depuis 1973, de manière générale, les valeurs des différentes monnaies ne sont plus définies par rapport à un bien de référence et elles ne sont plus le résultat de décisions politiques, mais celui de la confrontation de l'offre et de la demande dans les différentes devises. Actuellement, le système monétaire international peut se caractériser comme un système de taux de changes flottants avec quelques zones de taux de changes fixes. Certaines monnaies sont appréciées les unes par rapport aux autres en fonction de l'offre et de la demande alors que d'autres sont liées par un système de taux de change fixes. Par exemple, le cours du dollar par rapport à l'euro ou par rapport au yen résulte de l'offre et de la demande du dollar par rapport à ces monnaies alors que des monnaies telles que le franc CFA sont liées de manière fixe à l'euro dans le cadre d'un système de taux de changes fixes.

Le marché des changes est un marché de gré à gré, c'est-à-dire que les transactions ne sont pas officiellement standardisées. Il n'y a ni endroit précis tel qu'une bourse où sont centralisées les transactions et les cotations, ni autorité de tutelle. Les transactions se déroulent entre les cambistes localisés dans les salles de marchés des différentes banques.
D'après les dernières enquêtes des banques centrales réalisées au mois d'avril 2006, les transactions quotidiennes sur le marché interbancaire mondial de change au comptant atteignaient un montant de 387 milliards de dollars.

L'objet du marché des changes au comptant est de permettre l'échange de devises instantanément. En réalité, la livraison des devises a lieu effectivement deux jours après sauf pour les échanges entre le dollar canadien et le dollar américain, qui sont livrés un jour plus tard. Le prix auquel l'échange se fait entre deux devises est le taux de change au comptant ou le cours au comptant d'une devise exprimée en unités de l'autre devise. Par exemple, le cours du dollar à Paris le 7 janvier 2002 était égal à 1,1168 euros.

Sur le marché interbancaire international, toutes les monnaies sont cotées contre le dollar américain. Par exemple, la valeur du yen est indiquée par le nombre de yens pour un dollar américain.

Sur les marchés nationaux de changes, le plus souvent, les cotations sont dites « à l'incertain », c'est-à-dire établies en unités de monnaie locale nécessaires pour acheter une unité de monnaie étrangère Ainsi, à Zurich, le 7 janvier 2002, les Suisses cotent le taux de change de la façon suivante : EUR/CHF 1,4789. En revanche, étant donné le rôle « leader » de la livre anglaise jusqu'au 20ème siècle, Londres cote à l'inverse, soit au certain, c'est-à-dire en unités de monnaie étrangère nécessaires pour acheter une livre. De même, le Canada et l'Australie, des pays anciennement liés à la Grande-Bretagne, cotent aussi au certain. Les Etats-Unis cotaient au certain jusqu'en 1978 ; depuis, les cotations sont au certain aux Etats-Unis dans le cas de transactions entre banques et clients non bancaires et à l'incertain dans le cas de transactions interbancaires. On constate, avec l'avènement de l'euro, que sur les places de la zone euro, les cotations sont données au certain, c'est à dire par le nombre d'unités de monnaie étrangère pour un euro. Il faut noter qu'avant, sur ces mêmes places, les cotations étaient à l'incertain.

Selon la direction de la cotation, un accroissement du cours d'une devise signifie une appréciation ou une dépréciation de la monnaie. Par exemple, en France, si le dollar est coté à 0,89 USD pour 1 EUR le 12 janvier 2002 et 0,92 USD pour 1 EUR le 13 janvier 2002, la valeur de l'euro a augmenté, il s'est donc apprécié. En revanche, le dollar s'est déprécié. Le taux d'appréciation de l'euro est égal à 3,37%. En résumé, dans le cas d'une cotation au certain, lorsque le taux de change augmente, cela signifie que la monnaie nationale s'apprécie et que la devise se déprécie.

Le marché organisé ou marché à terme de change

Le marché est régulé par des organes comme la chambre de compensation qui fournit une contrepartie et surveille la régularité des opérations effectuées et cela en se basant sur les règles telles que :

- Seuls les opérateurs agrées ont le pouvoir de négocier à la bourse (ou marché organisé) et les règles de négoces (entre opérateurs agrées) qui y sont fixées relèvent du dit marché ;

- La Commission des Opérations Bancaires (COB pour la France) ou Commission Bancaire (CB pour les belges) veille à ce que ces règles soient appliquées. On peut noter par exemple la conformité des documents mis à la disposition des investisseurs. Ce même rôle de « juge arbitre » est joué par la chambre de compensation, mais au second plan par rapport à la COB. Elle assure à ce que les contreparties s'acquittent de leurs obligations de livrer et régler et vice versa : le vendeur remet les valeurs et se fait payer, l'acheteur paye et se fait remettre les valeurs. Elle assure entre autre du versement, de dépôt de garantie et de l'appel de marge ainsi que la publication du cours de compensation ; enfin du nombre suffisant d'intervenants requis pour que l'opération ait lieu.

Il est important de souligner qu'il est quasi impossible d'être confronté à l'insuffisance des intervenants car jusque là il n'y a pas de critères auxquels doit répondre une contrepartie avant de sortir de ces marchés. Il existe donc toujours une contrepartie au sein de ces marchés organisés pour que chaque intervenant ait la possibilité d'en sortir facilement mais tout en respectant les normes qui subsistent.

Le marché gré à gré

Le marché gré à gré abrite des opérations non réglementés et par conséquent plus dangereuses pour le système financier international du fait qu'elles ne font l'objet d'aucun contrôle, ni de dépôt de garantie ou d'appel de marge et encore moins de la chambre de compensation. Sur ce marché, on trouve des contrats à terme ou futures, des opérations à terme et d'autres produits tels que les options et les swaps.

Le marché de gré à gré se différencie du marché organisé par le fait que les opérations y sont décidées d'un commun accord entre les parties concernées et donc échappent à la transmissibilité car elles ne sont pas standardisées. Leur incontestable avantage est leur adaptabilité à tous les cas de figures selon le « bon vouloir des contreparties ». Par ailleurs, le revers de cet avantage se traduit par l'opacité totale de ce type de marché qui y croît ainsi le risque inhérent à ce type d'opération. C'est un marché quasi impossible à influencer.

À chaque instant, le risque pèse sur chaque intervenant, voire sur la stabilité du système financier international car les écarts prévisionnels échappent complètement à une contrepartie si elle constitue un fonds financé par des banques importantes (tout le système de placements interbancaire sera concerné). C'est ainsi que Wall Street journal a dû se résoudre à admettre que les échanges de gré à gré (en anglais « over the counter ») de produits dérivés sont à la base de la menace de la finance internationale. Les produits dérivés sont échangés, en effet, en dehors des structures avec un minimum de surveillance. Enfin, les versements de prime ou de dépôt ne sont pas une nécessité mais ne sont pas non plus interdits. Ce qui fait du marché de gré à gré un marché libre de toute contrainte. Un contrat est négocié et conclu dès lors que les contreparties s'entendent sur les termes de celui-ci. Ceux-ci sont mis sur le marché dès lors qu'une banque se porte garante de son utilité économique.

L'organisation des transactions sur le marché de gré à gré

Sur le marché de gré à gré, une opération de change est l'achat de devise contre une autre à un prix convenu et selon les modalités définies entre les contractants.

Le billet de banque est le support de transaction le plus connu du grand public principalement utilisé par des personnes physiques ; la monnaie papier ne représente qu'une partie microscopique du total des transactions de change. Les opérations de changes sur les billets, effectuées auprès des banques ou des changeurs, sont de faibles montants et supportent des frais élevés. L'encaisse est en effet un actif physique (une créance sur une Banque centrale) coûteux en manipulation, en stockage et en assurance. Il est surcroît stérile puisqu'il ne rapporte aucun intérêt. Cependant, c'est un support plus essentiel des transactions de change et des virements bancaires entre comptes des correspondants.

4

Chapitre

La gestion du risque de change de transaction

Dans un système de taux de change flottant, dès qu'une entreprise ou un individu réalise une opération qui implique une entrée ou une sortie de devises dans les mois ou les années à venir, il supporte un risque de change car l'entreprise ou l'individu ne connaît pas à l'avance le cours de cette devise et donc la contrepartie de ses flux en devises dans sa monnaie. Ce type de risque de change évoqué jusqu'à présent est désigné sous les termes « risque de change de transaction ou de conversion ».

Les taux de change peuvent aussi avoir des impacts sur la valeur de l'entreprise, celle-ci étant égale à la valeur actualisée des flux qu'elle générera dans le futur. La variation de valeur de l'entreprise due aux fluctuations des taux de change traduit le risque de change économique. Enfin, les variations des taux de change ont des effets sur les états comptables et, en particulier, sur les résultats comptables des entreprises, ce qui correspond au risque de change de traduction ou comptable.

Aussi, pour analyser les différents types de risque, il faut définir quelle est la monnaie de référence de l'entité considérée. Pour un individu, la monnaie de référence est la monnaie dans laquelle il consomme. Pour une entreprise, la monnaie de référence est, en finance, la monnaie dans laquelle est exprimée la valeur de l'entreprise.

Dans le cas du risque de change de transaction analysé dans ce chapitre, le risque de change apparaît dès lors qu'un prix en devises ou une opération financière en devises est établi ou accepté par une entreprise. Le risque est que le cours de la devise considérée varie par rapport au cours existant à l'instant de la négociation.

Se couvrir contre le risque de change permet de connaître aujourd'hui avec certitude la contrepartie dans sa monnaie, des flux en devises futurs.

Ne pas se couvrir est le résultat d'une décision. Deux éléments peuvent inciter un particulier ou une entreprise à ne pas se couvrir :

- Premièrement, les prévisions des cours au comptant futurs sont différentes des cours de change futurs garantis ;

- Deuxièmement, si les variations des taux de change reflètent uniquement le différentiel d'inflation entre les deux pays considérés, le risque de change est nominal.

Ne pas se couvrir implique que le risque existe toujours car il n'est pas possible de connaître avec certitude aujourd'hui la contrepartie des flux en devises attendus dans le futur, les prévisions pouvant se révéler fausses. L'objet de la couverture du risque de change, quel que soit le type de risque de change analysé, est de se protéger contre les variations non anticipées des taux de change.

Pour bien définir le risque de change et le gérer, il faut, dans la mesure du possible, établir quel est le prix en devises, quelle est la date de transaction, et quel est le montant de la transaction. Ceci permet de définir l'exposition au risque de change, encore nommée la position de change, qui est le nombre de devises que l'on doit payer ou recevoir. Il existe plusieurs notions de positions de change : au comptant, à terme et globale.

Pour les estimer, on constitue un échéancier sur lequel sont enregistrés, échéance par échéance, tous les paiements et recettes en devises de l'entreprise.

La position de change est dite « longue » si l'on détient des devises ou si l'on attend une rentrée de devises. La position de change est dite « courte » si l'on doit des devises au comptant ou à terme. La position de change à terme dans une devise est le nombre de devises que l'on doit recevoir ou payer au terme considéré. La position de change au comptant dans une devise est le nombre de devises que l'on doit payer ou recevoir au comptant. La position de change globale est le nombre de devises que l'on détient ou que l'on doit, toutes échéances confondues. Certains définissent cette position de change comme la position de change au comptant.


En fait, la couverture du risque de change de transaction se réalise, généralement par terme et par monnaie, ce qui implique que les positions vraiment utiles sont les positions de change à terme. Le seul intérêt de la position de change globale est de donner une idée du montant global sur lequel porte le risque de change de l'entreprise.

Vous pouvez chercher à protéger une position longue, c'est-à-dire couvrir le risque de baisse de valeur de devises que vous déteniez ou que vous deviez encaisser. Pour couvrir ce risque, il faut adopter une position courte, par exemple, une vente à terme de devises, ce qui permettra de compenser vos pertes en cas de baisse du cours au comptant de la devise. Vous pouvez chercher à protéger une position courte, c'est-à-dire couvrir la hausse potentielle de valeur des devises que vous devez, par exemple, par un achat à terme de devises.

Section1 : Exposition et identification du risque de change

L'exposition au risque de change

Pour appréhender et gérer le risque de change, l'exportateur doit avoir une vision claire de son exposition.

Ainsi, nous distinguons deux (2) types d'expositions : l'exposition comptable et l'exposition économique.

L'exposition comptable

Elle fera apparaître un risque transaction (ou risque conversion) qui est propre aux postes du bilan d'une filiale étrangère en monnaie domestique lors de la consolidation, et le risque transaction constitue les éléments hors bilan ainsi qu'une mesure de l'exposition économique de l'entreprise. Cette exposition, contrairement à celle économique, s'appuie exclusivement sur les documents comptables.

Il existe des techniques comptables permettant de traduire les comptes de filiales étrangères. Dans ce domaine, les entreprises de la zone Franc ont plus de marge de manoeuvre et cela varie en fonction de la nature des postes concernés.

La méthode du cours courant

L'opération de transaction des éléments du bilan et les comptes de résultats s'effectuent à la date de consolidation. Cette méthode est recommandée par « the institute of chartered accounts of England and Wales » et « accountants of Scotland ». Si en entreprise, les gains en devises excédent les engagements en devise, une évaluation de celle-ci engendra une perte pour cette entreprise et vice versa, une réévaluation lui dégagera un profit. Cette méthode est plus utilisée par les Britanniques.

La méthode du fonds de roulement

Elle consiste à traduire les actifs et passifs à courts terme au cours de la clôture à la date de consolidation et les postes du bilan à long terme à la date historique, c'est-à-dire au cours en vigueur à la date d'acquisition de l'avoir ou de la contraction de l'engagement. Celle-ci est beaucoup plus utilisée par les Américains.

La méthode monétaire-non monétaire

La transaction est basée ici sur la nature monétaire et non comptable. Les actifs et passifs monétaires représentent respectivement un droit de recevoir et une obligation de payer un montant fixé en devise, alors que les actifs et passifs non monétaires sont généralement physiques.

En résumé ; les dépréciations et le coût d'achat des marchandises vendus sont traduits au cours correspondant des éléments du bilan.

La méthode temporelle

Elle est similaire à la méthode précédente, sauf pour les traitements des stocks. Dans la méthode monétaire-non monétaire, les actifs et passifs sont convertis au cours historique tandis que dans celle-ci, ils sont convertis au cours de clôture à la date de consolidation, et les stocks apparaissent au bilan à leur valeur de marché et non à leur valeur historique.

En somme, si les fondements théoriques de la méthode monétaire-non monétaire se trouvent dans la nature des actifs et des passifs, dans la méthode temporelle, ils se reposent sur l'approche utilisée pour évaluer les postes de bilan, distinguant la valeur théorique à la valeur de marché.

L'exposition économique

Elle couvre aussi bien les opérations à terme de devises, soit d'engagements futurs dont la réalité n'est pas encore légale ou comptable, que la situation économique, que la situation économique globale de l'entreprise du pays d'implantation. Seul l'effet comptable ne saurait répondre aux exigences de la fluctuation monétaire du marché qui modifie à part la comptabilité, la profitabilité des filiales étrangères hors union monétaire et rendant d'avantage difficile aussi bien les opérations commerciales (achats, ventes) que les décisions d'implantation d'usines.

Pour pallier à cela, l'alternative est de rester en position de change ou couvrir les risques de fluctuations non anticipées du cours de devises. La méthode économique assoit donc les perspectives de modifications de la valeur de l'entreprise dans le futur à travers une analyse du cash flow futur.

La durée d'exposition au risque de change

L'entreprise est concernée par les fluctuations de change dès l'étude de marché. Les variations de cours entre le moment de l'étude qui fonde la décision et la prospection du marché étranger modifient sa position concurrentielle. C'est toute fois une « expression » du risque difficile à gérer. Un risque apparaît clairement en revanche à la rédaction de l'offre commerciale.

Tant que l'acheteur n'a pas passé sa commande, le risque de change est un risque potentiel. L'entreprise est engagée par son offre mais, en l'absence de contrat, il n'y a pas de devises attendues donc pas de problèmes d'écart de cours. La commande marque l'entrée en risque certain. L'exportateur tiendra compte du risque le plus en amont possible pendant la période du risque potentiel et devra choisir le moment à partir du quel il gère ce risque.

La facturation par l'exportateur marque le passage du risque économique au risque comptable. Tant que l'exportateur n'a pas exécuté tous ses engagements contractuels, il s'expose à un risque de variations de ses coûts en devise. La facturation marque la naissance de la créance et l'exécution par l'exportateur de ses obligations. L'exposition au risque de change est parfaitement spécifiée.

La mise à disposition des fonds au crédit du compte bancaire de l'exportateur marque la fin de l'exposition au risque de change.

La durée d'exposition au risque de change

Étude

de marché

Conception

du produit

Catalogue

offre

commandeexpéditionfacturationMise à

disposition

des fonds

Risque

potentiel

Risque certainRisque économiqueRisque

comptablepaiement

 
 
 
 
 

I- Identification du risque de change

Une entreprise est en risque de change lorsque les gains subissent les fluctuations du cours des devises.

Prenons l'exemple, d'une entreprise n'ayant aucune activité exportatrice en dehors de sa zone monétaire ne peut en conséquence être en situation de risque de change. Mais dès lors qu'elle envisage d'étendre ses activités commerciales, elle y est immédiatement confrontée. En outre, ce risque de change peut conduire à une perte importante lorsque les fluctuations du cours des devises sont importantes.

Lorsque les entreprises s'endettent, elles préfèrent geler les taux d'intérêts en prévision de leurs volatilités probables et du coup réduisant la menace pour la stabilité de l'entreprise est à mesure d'estimer son exposition au risque de change.

De l'entrée en risque de change à la gestion du risque de change

Choisir un cours n'est pas géré le risque. L'entreprise, qui choisit avec beaucoup d'attention un cours de conversion, se donne les moyens de formuler une offre en devises aussi compétitive que possible au regard de l'état du marché monétaire international ; mais pour protéger ce cours, elle doit ensuite mettre en oeuvre la gestion de son risque de change.

Pour cela, et pour chaque devise, il est nécessaire de connaître :

- Le montant de l'exposition ;

- La date d'entrée en risque ;

- La date de sortie du risque de change.

Il faudra attendre la facture pour reconnaître avec une certaine précision ces informations. Or l'entreprise est en risque de change potentiel beaucoup plutôt. Une mise en oeuvre judicieuse de la gestion du risque résout cette difficulté : certaines techniques offrent des couvertures sur des durées maximum d'exposition et sur des montants non strictement spécifiés.

Section 2 : le cadre de la gestion

Le concept de position de change

On appelle position de change (PCH) d'une devise, à une date donnée, la somme algébrique suivante :

Situation de trésorerie dans la devise (trésorerie immédiate et disponible) + Somme des montants à recevoir dans la devise - Somme des montants à décaisser dans la devise = PCH sur la devise considérée

La position de change (PCH) mesure l'exposition instantanée de l'entreprise sur la devise considérée.

On distingue trois (3) types de positions de change :

- Position de change fermée (PCH=0) : l'entreprise n'est pas en risque de change ;

- Position de change longue (PCH>0) : l'entreprise est en risque de change si le trésorier anticipe une hausse de la devise et adopte une attitude spéculative. Il ne fait rien dans l'attente d'un gain de change. Dans tous les autres cas, il ferme sa position de change ;

- Position de change courte (PCH<0) : l'entreprise est en risque de change si le trésorier anticipe une baisse de la devise et adopte une attitude spéculative. Il ne fait rien pour pouvoir acheter moins cher, plus tard, les devises dont il a besoin dans tous les autres cas, il ferme sa position de change.

Les objectifs fondamentaux de la gestion de risque de change

Les techniques de gestion du risque de change répondent à deux (2) objectifs :

- Une position fermée supprime le risque de change :

Un principe fondamental de la gestion du risque de change consiste donc à aménager pour arriver, par une exposition inverse, à une position nulle. Mais la fermeture de la position de change prive l'entreprise de toutes les potentialités de gains de changes ;

- Un second principe dans la gestion du risque de change est donc la protection du cours :

L'exportateur préfère, à coût légal, une technique qui lui garantit un cours plancher et le fait bénéficier de tout ou partie du gain de change; l'importateur recherche la protection d'un cours plafond qui limite la hausse du coût de ses approvisionnements sans l'empêcher de profiter d'une dégradation de la devise.

Les niveaux de gestion du risque de change

Chaque opération en devise ouvre une position de change. Une offre, une commande d'un acheteur étranger, une facture en devise représentent des devises à recevoir. Les outils de gestion peuvent être mobilisés à ce niveau. Le concept de position de change invite toutefois au regroupement des opérations et à la compensation des flux de devises à encaisser (risque export) et à décaisser (risque import).

La gestion par opération trouve ses limites avec l'augmentation du nombre des opérations et l'accroissement de l'ouverture internationale.

Seule la gestion en position de change avec la compensation des flux assure une couverture à coût nul ou faible des risques de change export et import.

Le passage d'une gestion de risque de change par opération à une gestion en position de change nécessite généralement un aménagement du système informatique et des procedures de traitement des opérations commerciales.

Le trésorier en charge de calcul de la position de change doit être parfaitement et rapidement informé de tous les flux de devises, qu'ils soient potentiels ou certains.

L'intégration des systèmes d'information facilite le recours aux outils informatiques pour le calcul de position de change. Celle-ci répond aux trois (3) critères :

- La fiabilité : toutes les opérations sont intégrés dans les plus brefs délais ;

- La clarté : la position de change est facile à lire et à mettre à jour ;

- L'actualisation : la position de change est recalculée chaque jour pour tenir compte de l'évolution du cours de la devise.

Les étapes de gestion du risque de change

Étape 1 : Détermination du degré d'exposition en identifiant le risque

Cette étape consiste à identifier tous les secteurs dans lesquels se manifeste le risque de change au sein de l'entreprise. On peut citer entre autres :

- Les ventes et les stocks : sont les postes les plus sensibles au risque de change surtout lorsque l'entreprise est exclusivement importatrice ou exportatrice ;

- Biens d'équipements : leur valeur peut considérablement augmenter en cas de fluctuation défavorable avant la date de livraison ;

- Approvisionnements et service : en cas de sous-traitance en dehors de sa zone monétaire et des services d'exploitation (frais de déplacement, télécommunication et honoraire) ;

- Frais de financement et de crédit-bail : les crédits dont les intérêts sont payables en devises sont rares, par contre, il peut arriver qu'un investisseur étranger finance un bien d'équipement sous forme de crédit-bail ;

- La paie : les entreprises, dont les succursales de vente ou de service se situent à l'étranger, rémunèrent leurs employés en devises ainsi que les paiements des ventes sur catalogues ;

- Paiement des actionnaires : c'est le cas des entreprises étrangères cotées en bourse aux États-Unis, au CAC 40 ou le NASDAQ dont les actionnaires étrangers exigent d'être payés en leur monnaie nationale ;

- Les cessions entre sociétés affilées : en cas de cessions (vente ou achat) entre sociétés filières installées dans des zones monétaires différentes, elles sont toutes exposées au risque de change qui se trouve influer par la politique étatique (exemple : États-Unis, Canada) qui tient les entreprises responsables de leur politique de cession.

Étape 2 : Qualification du risque de change de fluctuation des taux de change

Après avoir décelé la source du risque de change, il faut quantifier son ampleur. Pour cela, l'entreprise devra se poser certaines questions : quels sont les pertes ou gains éventuels si la devise varie de quelques cents les mois prochains ? Que représenteraient ces pertes ou gains en pourcentage du chiffre d'affaire et pourcentage de la marge de profit ?

Ensuite l'étude s'affinera à travers l'ampleur des pertes de change et l'entreprise devra se pencher sur la possibilité d'une facturation au client par le biais d'une hausse de prix tout en anticipant la position concurrentielle et compenser par ailleurs les pertes (protéger la marge de profit par une diminution des frais d'exploitation). C'est d'ailleurs le cas le plus fréquent en Afrique.

Étape 3 : Détermination des objectifs en matière de risque de change

Elle constitue l'aboutissement des deux précédentes étapes. En effet, c'est la phase de détermination de la place que doivent prendre les opérations de change dans la stratégie globale de l'entreprise. C'est aussi le moment de décider du choix de la couverture à adopter. L'atteinte des objectifs dépend, en définitive et quelque soit le secteur d'activité, des facteurs tels que :

- L'ampleur du risque de l'entreprise ;

- La ou les monnaie(s) de commercialisation ;

- Le choix du secteur d'activités ;

- La conception des affaires et du risque ;

- La connaissance et l'expérience des marchés et des instruments financiers ;

- Le degré de contrôle sur la gestion financière de l'entreprise.

Toutes ces investigations devront être intégrées dans le document de plan d'affaires de l'entreprise.

Étape 4 : Mise en oeuvre du plan de gestion du risque de change

Le plan d'affaire, une fois établi, fera l'objet d'attention particulière des spécialistes pour un meilleur choix des instruments de gestion des risques de change.

Mais il faut choisir au préalable les produits qui correspondent le mieux aux besoins de l'entreprise. C'est alors que le spécialiste des gestions de risque de change (cas de la Banque Royale pour les canadiens, organisme que nous n'avons pas en Afrique) aidera à déployer la stratégie de l'entreprise en adaptant et en concevant les instruments qui procurent un maximum d'avantages.

Étape 5 : Assurance d'un suivi et vérification de l'efficacité de la stratégie mise en oeuvre

Une stratégie de la gestion de risque de change n'est utile que si elle atteint sa cible. L'entreprise devra suivre le rendement de chaque instrument de couverture et faire des comparaisons avec ceux qui n'ont pas été retenus afin d'effectuer des réajustements nécessaires. En outre, l'entreprise disposera d'une masse d'informations qui dira si la stratégie fonctionne et le cas échéant, indiquera ce que celle-ci épargne.

Illustrations

Comme nous l'avons dit ultérieurement, toute entreprise exerçant une activité commerciale ou financière internationale est exposée au risque de change. La partie qui nous intéresse ici est celle des opérations commerciales internationales : Importation-Exportation.

La principale source d'exposition au risque de change liée à une opération commerciale prend en réalité naissance dès la négociation avec le partenaire étranger, c'est-à-dire l'offre du fournisseur étranger à l'importation au client étranger à l'exportation. C'est la raison pour laquelle on peut considérer que le risque prend sa source lors de la signature du contrat et disparait lors de l'exécution des opérations sur devises relatives au paiement.

Soit l'entreprise EEPCI a négocié un contrat d'exportation de pétrole pour 1.000.000 USD payable à trois mois. Au moment de la facturation le dollar US cote un euro (1 EUR= 1 USD). Son coût de revient s'élève à 90.000. Sur cette base, elle dégage une marge de 10% de son prix de vente soit 100.000 EUR.

Trois mois plus tard, EEPCI encaisse les 100.000 USD mais ne reçoit que 967.000 EUR car le dollar s'est déprécié, donc réciproquement l'euro s'est apprécié (EUR/USD= 0.967). La marge nette de l'entreprise n'est que de 67.000 EUR.

La variation du cours a modifié la marge bénéficiaire de l'entreprise. EEPCI aura pu se protéger des risques de change en se couvrant par des produits d'assurances ou des produits de couverture bancaire.

À l'importation, les acheteurs sont confrontés aussi au risque de variation de devises et peuvent trouver des techniques de couverture adaptées auprès des banques.

On s'aperçoit au travers cet exemple simplifié que l'entreprise est soumise au risque de change à l'import qu'à l'export. Heureusement, les variations n'aboutissent pas forcement à des pertes mais peuvent également générer des gains substantiels.

Section 3 : les techniques de gestion du risque

L'entreprise utilise des outils internes et des produits proposés par les banques et les assurances pour la couverture du risque de change.

La gestion interne du risque

Pour prévenir le risque de change, la plupart des entreprises optent pour des méthodes comme suit :

Le choix de la devise de paiement

La devise de paiement détermine en partie l'intensité du risque. Le choix du cours de conversion, indispensable pour passer du prix en monnaie nationale au prix exprimé en devise, est un élément important pour la compétitivité de l'offre et la gestion du risque.

1.1. La facturation en monnaie nationale ou en devise

En théorie, l'exportateur peut présenter son offre de prix de trois (3) manières différentes : en euros, dans la devise de l'acheteur, ou dans une devise tierce.

La facturation en euros

En facturant en euros, l'exportateur transfert le risque de change et la charge de sa gestion sur son client étranger. Mais l'acheteur qui reçoit une offre en euros choisit un cours de conversion pour passer dans sa monnaie nationale, et le vendeur n'a aucune maîtrise de ce cours. S'il est défavorable, l'offre convertie dans la devise de l'acheteur semblera peu compétitive par rapport aux offres formulées directement dans cette devise ; elle risque d'être écartée.

De même, si l'acheteur refuse d'assurer le risque de change et sa gestion, l'offre sera rejetée. La facturation en euros est donc un handicap commercial.

La facturation dans la devise de l'acheteur

Sur le plan commercial, présenter une offre dans la devise de l'acheteur constitue un signe de proximité généralement apprécié. Du point de vu du prix, l'entreprise agit comme ses concurrents locaux. Le client évalue directement, sans avoir à faire de conversion, la compétitivité de l'offre.

C'est l'exportateur qui choisit le cours de conversion. S'il opte pour un cours très favorable au client, le prix sera compétitif et l'offre aura de fortes chances d'être retenues. Mais la marge ne sera maintenue que s'il est possible de changer, à l'échéance, les devises à un taux égal ou proche de ce cours de conversion.

Le calcul des prix en devises et la gestion du risque de change sont des compétences spécifiques que l'exportateur occasionnel, le nouvel exportateur ou la très petite entreprise ne maitrisent pas nécessairement.

Répartition du risque de change

prix d'offre dans la devise de l'exportateur

Prix de l'offre dans la devise de l'acheteurCours de conversion fixé par l'acheteurCours de conversion fixé par l'exportateurRisque supporté et géré par l'acheteurRisque supporté et géré par l'exportateur

 
 
 

La facturation dans une devise tierce

Cette hypothèse, qui fait peser le risque de change et sa gestion sur les deux (2) partenaires, semble à priori moins pertinente que l'une des solutions précédentes. Pourtant, il peut arriver que ni la devise de l'acheteur, ni celle du vendeur ne puissent être retenues.

Exemple : FORACO est une PME qui vend des pompes télécommandées pour des installations d'assainissement des eaux. Elle réalise prés de 40% de son chiffre d'affaires en Afrique, dans le cadre de contrat financé par la Banque internationale pour la construction et le développement (groupe Banque mondiale). Le dollar américain, devise tierce pour l'acheteur et le vendeur s'impose pour ces opérations.

1.2. Le choix de la devise de facturation

Les critères de choix sont regroupés en trois (3) familles, les critères économiques, commerciaux et les critères de gestion.

Les critères économiques

Toute devise de paiement acceptée par l'exportateur doit satisfaire aux conditions ci-après :

· La libre convertibilité sur le marché monétaire (convertibilité externe)

Certains pays contrôlent leur situation monétaire extérieure en réservant les opérations de change à leurs résidents et en imposant un cours de change officiel. L'exportateur ne saurait de telles devises en paiement.

· La disponibilité dans le pays de l'acheteur

L'insuffisance de devise dans le pays du débiteur entraine des difficultés et des retards lors des opérations de paiement. Dans cette situation, l'exportateur s'expose au risque politique de retard ou de non-transfert.

· L'appartenance à une zone monétaire

Accompagnant le mouvement de mondialisation et de régionalisation des échanges, des unions monétaires régionales se constituent. Elles ont pour objectifs, soit de créer ou de renforcer des solidarités économiques (union économique de l'Afrique occidentale, union économique et monétaire de l'Afrique centrale, union monétaires des caraïbes de l'est...), soit de céder leur souveraineté monétaire à un pays dominant qui offre sa garantie de convertibilité (le Mexique aux États-Unis, douze États africains à l'union européenne...). Certaines unions cumulent ces deux objectifs.

Les zones monétaires forment des espaces géographiques qui imposent pratiquement une devise pour les opérations commerciales ; les unions monétaires bénéficient d'un cadre formel qui garantit la convertibilité. Zones et unions forment des espaces qui ne se recoupent pas nécessairement.

· L'existence d'un marché international monétaire et financier de la devise

Un marché monétaire et financier international actif et important pour la devise considérée assure à l'exportateur une mise en oeuvre aisée des techniques de gestion du risque de change et des opérations d'emprunts en devises assurant le financement des opérations.

En plus de ces critères quasi structurels, l'exportateur tient compte de la situation conjoncturelle, économique et monétaire : stabilité des taux de change, niveau des taux d'intérêt et de l'inflation.

a- Les critères commerciaux

La devise de paiement est un élément de l'offre, et le vendeur doit s'efforcer de satisfaire les attentes de l'acheteur. Sur les marchés globalisés comme ceux des produits de base, des matières premières, etc., la devise d'usage, le dollar en général, s'impose à l'exportateur sous peine de se placer en dehors de la compétition commerciale mondiale.

Exemple : Fort de ses succès commerciaux et des potentialités économiques de la zone euro, EADS-Airbus industriel tente d'introduire l'euro sur un marché mondialisé où la devise d'usage commerciale est le dollar américain.

b- Les critères de gestion

· Un nombre limité de devise

Chaque devise supplémentaire utilisée constitue un nouveau facteur de risque, et celle-ci doit faire l'objet d'une surveillance et d'une gestion spécifiques. Utiliser un grand nombre de monnaies étrangères deviendrait donc vite difficile et coûteux.

· Des devises facilitant la mise en oeuvre des techniques de gestion du risque

En utilisant pour les achats les mêmes devises qu'à l'exportation, il est possible de gérer le risque de change par la compensation des flux.

1- La compensation des flux

« La compensation est une technique de couverture par laquelle une entreprise limite son risque en compensant les encaissements et les décaissements dans une même monnaie ». Ainsi, le règlement d'une créance en devise sera renvoyé au paiement d'une dette libellée dans la même unité monétaire. La position de change se portera alors uniquement sur le solde.

En pratique, la correspondance entre la dette et la créance ne s'établit jamais totalement. L'écart d'échéance introduit un problème de financement en devises (excédent ou insuffisance) donc un risque de taux d'intérêt mais pas un risque de change. L'entreprise fait face à un risque de change résiduel sur l'écart de montant.

La compensation bilatérale peut également être appliquée par les firmes dans des cas exceptionnels. Cette compensation est possible lorsque deux (2) entreprises sont en relations commerciales et qu'elles effectuent des ventes réciproques. C'est le cas quand une société vend à un client étranger des produits, ce client s'approvisionne dans cette même entreprise.

Ainsi, comme le montre ce schéma ci-dessous, deux (2) opérations commerciales peuvent se résumer en une seule opération :

Sans compensation bilatérale :

Société

B

Société

A

Doit 1.300.000 €

Doit 1.000.000 €

Avec compensation bilatérale :

Société

B

Société

A

Doit 300.000 €

3- le termaillage

Une bonne maîtrise des dates facilite la gestion du risque de change. D'une part, en agissant sur les dates d'encaissements et de décaissements, il devient possible de rapprocher les dates d'échéances et de faciliter la compensation. D'autre part, le trésorier peut retarder un encaissement pour profiter d'une hausse de la devise, ou chercher à accélérer en période de dépréciation. À l'importation, il retarde le règlement en période de baisse et, si la devise s'apprécie, se procure en avance les fonds nécessaires.

Les principales décisions à prendre, compte tenu de la tendance de la devise :

 

Exportation

Importation

La devise s'apprécie

Accélérer le paiement

Retarder le paiement

La devise se déprécie

Retarder le paiement

Accélérer le paiement


N.B : Les techniques visant à mesurer l'évolution des cours de change mobilisent des ressources importantes. La technique de termaillage, basée principalement sur cette estimation de l'évolution des cours, n'est appréciable que dans la mesure où chiffre d'affaires de l'entreprise à l'exportation et les pertes potentielles liées aux variations de cours de change justifient la mise en place d'une telle structure.

De plus le termaillage présente des limites qui soient liées au niveau de la trésorerie de l'entreprise et aux contraintes commerciales.

B- Les produits bancaires

Le banquier est un partenaire essentiel de l'entreprise dans les gestions du risque de change. L'offre de la banque répond à des besoins très diversifiés selon le type d'entreprise (PME, grande entreprise, société ayant des filiales à l'étranger), selon la situation de risque (risque potentiel ou certain) et les modalités de gestion (par opération ou en position de change). Elles reposent toutes sur un nombre limité de techniques de base utilisées par l'ingénierie financière afin de développer une offre de produits dérivés.

Nous reviendrons largement sur ce point aux prochains chapitres.

C- Les produits d'assurances

À la différence de la carence d'un débiteur ou d'un pays qu'on peut considérer comme des accidents ponctuels, les variations de cours à l'origine du risque de change sont la norme du marché monétaire international. À chaque seconde, de nouveaux cours se forment et, selon les positions de change des opérateurs en devises, occasionnent des gains et des pertes de change. Dans un tel contexte, les produits d'assurance sont peu nombreux et proposés aux compagnies agissant pour le compte de l'États.

L'offre des compagnies d'assurance, telle que la COFACE, comporte deux (2) polices d'assurance correspondant l'une à la couverture ponctuelle du risque de change potentiel, l'autre à la couverture dans le cadre de courants d'affaires libellés en devise.

1. La couverture du risque de change dans les courants d'affaires

a. La cible

La police d'assurance s'adresse à toutes les entreprises qui réalisent des opérations régulières de commerce courant à l'export libellées en devises. Elles ne mettent toute fois pas en oeuvre une gestion du risque de change. Cette attitude s'explique par des raisons de coût, d'absence de compétences interne, de volonté d'externalisation.

b. Les caractéristiques de la police

La police définit le cadre général de l'assurance et précise les modalités de la mise en jeu de la garantie et des règles d'indemnisation. Pour mesurer l'intérêt de cette assurance, il faut rapprocher les besoins de l'entreprise des caractéristiques de la police.

Analyse d'un produit d'assurance du risque de change pour les courants d'affaires

Critères d'analyse du contrat

Exemple de la police CIME (COFACE)

Devises traitées

USD, CHF, JPY, GBP, CAD

Sens : exportation, importation, les deux

Exportation seulement

Étendue de la couverture : risque potentiel, risque certains, les deux

Les deux : Risque potentiel sur la base d'une prévision des chiffres d'affaires, risque certain sur la base des facturations effectives

Période contractuelle

Minimum six mois, maximum dix-huit mois

Montant minimum

Montant prévisionnel des ventes facturées en devises au cours de la période contractuelle

Cours garanti

Cours convenu à la signature de la police

Nature de la protection : cours fixé avec intéressement en cas d'appréciation

Cours fixé avec possibilité d'intéressement (50%) par une révision du cours de la déclaration de la facturation effective dans le cadre de l'option CIME+

Quotité garantie

100% de la perte de change

Coût : pourcentage de prime et modalités de calcul

Taux de prime pour chaque devise en fonction du taux d'intéressement, de la durée à garantir, du montant garanti

c. Le fonctionnement de la police

Le montant minimum en devises et le cours garanti sont définis lors de la mise en place de la police. Périodiquement, l'exportateur transmet à l'assureur la liste des facteurs en devises qu'il fait entrer dans la garantie avec leur date d'échéance.

À l'échéance, l'assureur détermine l'écart entre les contre-valeurs au cours du jour et celles calculées au cours garanti. Il en résulte toujours un écart de change, positif en cas d'appréciation de la devise, négatif en cas de dépréciation.

L'indemnité versée par l'assureur est égale à la perte de change puisque la quotité garantie est de 100%. En cas de dépréciation de la devise, l'assureur demande le reversement du gain de change.

2. La couverture du risque en période de négociation

a. Les caractéristiques de la police

La police s'adresse à des entreprises exportatrices qui remettent des offres ponctuelles pour des contrats généralement importants et comportant une période de négociation assez longue. L'objectif de la police est de couvrir un risque potentiel, affaire par affaire, pendant toute la période de négociation

b. Le fonctionnement de la police

L'assuré effectue la demande de garantie, avant la remise de l'offre, en indiquant qu'il souhaite garantir. L'assureur donne sa garantie en précisant le cours retenu et les conditions de sa révision. L'exportateur peut calculer l'offre en fonction du cours garanti par l'assureur.

L'entreprise informe l'assureur de la signature du contrat, ce qui met fin à la période de garantie.

À chacune des échéances, l'assureur calcule les écarts de change. Les gains et les pertes sont déterminés par les écarts entre les contre-valeurs calculées au cours garanti et celles calculées au cours en vigueur à la date de liquidation.

Analyse d'un produit d'assurance du risque de change affaire par affaire

Critères d'analyse du contrat

Exemple de la police Négo plus (COFACE)

Devises traitées

Une parmi : USD,CAD, GBP, DKK, JPY, CHF (d'autres devises peuvent être couvertes sur demande)

Étendue de la couverture : risque potentiel, risque certain, les deux

Risque potentiel : de la remise de l'offre à la signature, prolongation jusqu'à l'entrée en vigueur du contrat

Montant maximum

100% de la part rapatriable libellée en devises

Période contractuelle

Durée prévue pour la négociation (minimum trois mois, maximum vingt-quatre mois)

Cours garanti

Fixé par la COFACE, c'est un cours à terme pour chacune des échéances probable de paiement

Possibilité de révision du cours

Oui, en cas d'appréciation de la devise en période de négociation

Protection : cours fixé, cours fixé avec intéressement en cas d'appréciation

Fixé avec possibilité d'intéressement à 50% ou 70%

Quotité garantie

100% de la perte de change

Coût

Taux de prime fixé pour chaque devise en fonction du taux d'intéressement, de la durée et des modalités de révision du cours

c. Un produit complémentaire utile

Une police d'assurance en période de négociation est un produit complémentaire dans une gestion du risque de change. La gamme des produits bancaires pour la couverture en période de risque potentiel est limitée. Les produits (options sur devises, report d'échéance et annulation de vente à terme) qui permettent cette gestion du risque, exigent une très bonne maitrise des techniques bancaires. Les contraintes de montant maximum et de coût excluent beaucoup d'opérations.

La police d'assurance affaire par affaire pendant la période de négociation offre au contraire une solution simple et relativement peu couteuse. Après la signature ou l'entrée en vigueur du contrat, l'utilisation de ce produit peut être combinée à une technique bancaire de base. Le risque est alors bien spécifié en termes de montant, de dates, de devises ; il est bien plus facile à gérer.

Sur le plan commercial, la mise en place de la police libère le commercial du souci de la prise en charge du paramètre risque de change et évolution des devises pendant la période de négociation.

D- Choix d'une technique de couverture

Pour faire face au risque de change, vers quel type de couverture se tourner ?

Reprenons les avantages et inconvénients des différentes techniques de couverture au travers un tableau.

Techniques de couverture

Avantages

Inconvénients

Facturation en monnaie ou en devise

· Utilisation simple

· Coût nul

· Protection complète contre le risque de change

· Commercialement mauvais car tout le risque est transposé sur l'acheteur ou le vendeur

· Ne permet pas de bénéficier d'une évolution favorable des cours de change

Compensation des flux

· Risque aléatoire (entreprise doit réussir à compenser les flux sortant et entrant)

· Coût lié à la gestion soutenue de la position de change

· Nécessité d'une gestion suivie de la position de change de l'entreprise

· Demande un nombre limité de monnaies de facturation

Termaillage

· Coût quasi nul

· Méthode spéculative (basé sur l'évolution plus ou moins favorable des cours de change)

· Utilisation compliquée : basée sur l'estimation de l'évolution des cours de change

· Nécessite une trésorerie saine

Police d'assurance de change

· La couverture des remises de l'offre est possible

· Possibilité de bénéficier d'un gain de change pour certaines polices

· Risque nul

· Coût élevé

· Réservé aux courants d'affaires importants

· Pas de gain de change bans la formule de base

N.B : Il est important de noter que la majorité des techniques de couverture est adaptée aux offres ou commandes importantes étant donné leur coût. Pour les offres de faibles valeurs, l'entreprise pourra privilégier sa monnaie nationale (quoiqu'elle soit l'inconvénient majeur de ne pas toujours être bien acceptée d'un point de vue commercial), une clause d'indexation ou encore choisir de ne pas se couvrir. En outre, certaines techniques de protection contre le risque de non-paiement telles que l'affacturage ou l'assurance-crédit permettent, moyennant coût supplémentaire, d'obtenir une protection contre le risque de change.

1

Chapitre

Couverture de risque de change par les

produits bancaires

Principes

1- Présentation des cours de change

Dans la pratique, une devise est caractérisée par un cours de change et un taux d'intérêt. Ce dernier sert de taux de référence pour les opérations de prêt ou d'emprunt.

Une conversion permet de s'assurer de ce qu'un cours exprime. Elle consiste à présenter la devise de l'opération sous forme de fraction où le dénominateur représente la contre-valeur d'une unité de la devise présente au numérateur.

EUR/USD signifie que le cours représente la valeur d'un EUR en USD (on dira euro contre dollar)

· USD/JPY signifie que le cours représente la valeur d'un USD en JPY (on dira dollar contre yen)

Un cours d'EUR/USD à 1,3275 signifie que 1 EUR= 1,3275 USD.

Le cours d'un couple de devise représente donc toujours la contre-valeur en devise secondaire d'une unité de la devise principale.

Exemple : un client demande à sa banque un prix d'EUR/USD comptant (on dit aussi spot).

La banque cotera 1,3430/40 ou encore 1 EUR= 1,3030 - 1,3440 USD.

Cela signifie pour le client :

- Je peux vendre 1 EUR et recevoir 1,3430 USD ;

- Je peux acheter 1 EUR et payer 1,3440 USD.

Le côté gauche représente le cours auquel une entreprise vend une unité de la devise principale (ici l'euro), le côté droit représente le cours auquel un opérateur achète une unité de la devise principale.

On remarquera que le côté gauche est toujours inférieur au côté droit. Le côté gauche s'appelle le côté demandé ou « bid » (prix auquel le coteur achète), il s'agit du cours import.

Le côté droit s'appelle le côté offert ou « ask » (prix auquel le coteur vend), il s'agit du cours export.

L'écart entre le deux s'appelle le « spread » et revient à la banque qui a effectué l'opération.

Cotation à l'incertain au ou certain

· La cotation à l'incertain : consiste à indiquer le montant de la devise étrangère pour une unité de monnaie nationale. Par exemple 1 EUR est égal à 655,957 F CFA.

· La cotation au certain : est la méthode inverse. Elle consiste à exprimer la devise étrangère en monnaie locale. En réitérant l'exemple précédent, nous aurons : 1 FCFA est égal à 0.005267 EUR

2- Les commissions de change

À une date donnée, les informations financières sur les cours et taux fournis sur le dollar américain pouvaient se résumer ainsi :

- 1 EUR = 1,3210 - 1,3218 USD, si une entreprise importe pour 300.000 USD, cela représente 300.000/1,3210 = 227.100,68 EUR ;

- Si entreprise exporte pour 300.000 USD, cela équivaut 300.000/1,3218 = 226.963,23 EUR.

À ces valeurs, il faut tenir compte de la commission de change (par exemple un pour mille) qui diminue les recettes à l'export et qui augmente le coût d'achat à l'import.

À l'import : dépenses décaissées = 227.100,68 x (1,001) = 227.327,78 EUR.

À l'export : recettes encaissées = 326.963,27 x (0,999) = 226.736,26 EUR.

3. Le calcul du cours croisé

Un cours croisé est un cours de change d'une devise contre un autre calculé à partir du cours de ces deux devises contre une autre devise commune (généralement le dollar américain). En effet, la plupart des monnaies sont exprimées par rapport au dollar américain. On trouve également des cotations pour certaines « paires » de monnaies importantes : EUR/GBP, EUR/JPY, GBP/JPY, etc. en revanche, pour certaines autres couples, il est nécessaire de calculer le cours en utilisant la méthode de cours croisé, c'set à dire en se servant de cours de chacune des devises contre une autre monnaie commune (en général le dollar).

Exemple 1 : recherchons un cours GBP/CHF

GBP/USD : 1,7392 et USD/CHF : 1,1540

On en tire le GBP/CHF : 1,7392 x 1,1540 = 2,0070.

Exemple 2 : recherchons un CHF/JPY

USD/CHF : 1,1540 et USD/JPY : 120,69

On en tire CHF/JPY : 120,69/1,1540 = 104,58

II. La couverture à terme

Dans le cadre d'une opération d'importation ou d'exportation, le négociant peut signer le contrat dont le règlement (paiement ou encaissement) peut intervenir dans un délai ultérieur à échéance.

Pour se couvrir du risque de fluctuation, entre la devise et sa monnaie, le négociant peut demander à sa banque de lui faire une couverture à terme qui lui permettra de connaître dès aujourd'hui le cours entre sa monnaie et la devise auquel le règlement sera effectué.

La couverture à terme permet de connaître à l'avance le cours auquel le banquier, d'une part, achètera la devise à l'exportateur au moment de l'échéance et, d'autre part, il vendra la devise à l'importateur au moment de l'échéance.

Il est important de noter que ces contrats sont fermes et que le négociant ne pourra bénéficier d'une évolution favorable de la devise.

Au moment de l'accord aucun flux de devise n'est échangé, seule l'échéance donne lieu à la livraison. Toutes ces opérations sont effectuées sur la base de la cotation de la devise appelée « cours de change ».

1. La vente à terme et le risque de change de l'exportateur

Exemple : la société tchadienne TCHANDE est adjudicataire d'un marché d'exposition de 106.000 USD payables dans trois mois. Cela génère une position longue sur le dollar.

Le trésorier ne souhaite pas prendre le risque de change et veut renfermer cette position. Il décide de vendre à terme à trois mois les 106.000 USD.

Il téléphone à son banquier et obtient les données financières des marchés :

- 1 EUR = 1,0590 - 1,0600 USD

Taux d'intérêts à 3 mois

Devises

Emprunt

placement

EUR

3%

31/16%

USD

515/16%

6%

La commission de change est de 1,10 %o.

La société TCHANDE s'engage à livrer à son banquier les 106.00 USD dans trois mois. Elle modifié ainsi sa position de change et la met à jour.

 

Position de change après

La vente à terme

 

Position initiale

Devise à recevoir du client

106.00 USD

PCH > 0

Risque à la baisse de l'USD

Vente à terme

Devise à verser au banquier

106.000 USD

PCH < 0

Risque à la hausse de l'USD

Position de vente après la

Vente à terme

0 USD

PCH = 0

Pas de risque de change

La société a couvert son risque de change et connaît dès maintenant la contre valeur des devises à l'échéance : 106.000 USD/1,0600 = 100.000 EUR.

· Fixation du cours à terme par le banquier

Avec cette opération, le banquier s'est engagé à recevoir 106.000 USD dans trois mois. Cette position de change longue crée un risque de change sur l'USD ; or le banquier n'a pas vocation à prendre un risque spéculatif. Il décide donc de changer immédiatement les 106.000 USD, mais il ne les a pas.

Les opérations suivantes seront alors réalisées par le banquier :

1 - Il emprunte les dollars au taux de 6% pendant 90 jours, à l'échéance le montant à rembourser s'élèvera à :

106.000 USD + (106.000 x 90/360 x 6%) = 107.590 USD

2 - Il convertit les 106.000 USD en EUR sur la base d'un cours de 1 EUR = 1,6000 USD

D'où : 106.000/1,0600 = 100.000 EUR

3 - Il place la somme convertie en EUR pendant 90 jours au taux de 3%. À l'échéance, on dispose de : 100.000 EUR + (100.000 x 90/360 x 3%) = 100.750 EUR.

Il en tire le cours à terme :

1 EUR = 107.590/100.750 = 1.0679 USD

D'où à 90 jours : 1 EUR = 1,0679 USD

Si l'exportateur utilise la couverture à terme, 106.000 USD à 90 jours représentent 106.000/1,0679=99.261,08 EUR (hors commission de change).

L'euro est en report par rapport à l'USD, le report représente 79 points (1,6079 - 1,0600). Cela signifie que l'euro s'apprécie et le dollar se déprécie.

N.B : si le taux de l'euro est inférieur au taux de l'USD, cela signifie que l'euro est en report par rapport à l'USD et réciproquement le dollar américain est en déport par rapport à l'euro.

Report et déport

Taux d'intérêt

Cotation au certain

Cotation à l'incertain

Taux DEV < Taux EUR

L'euro est en déport contre la devise :

Ct EUR/DEV < Cc EUR/DEV

La devise est en report contre l'euro :

Ct DEV/EUR > Cc DEV/EUR

Taux DEV > Taux EUR

L'euro est en report contre la devise :

Ct EUR/DEV > Cc EUR/DEV

La devise est en déport contre l'euro :

Ct DEV/EUR < Cc DEV/EUR

DEV : devise Ct : cours à terme Cc : cours au comptant

· Les avantages et inconvénient de la vente à terme

Avantages

Inconvénients

- Simplicité (il suffit de téléphoner à son banquier)

- Technique adaptée à la gestion par opération

- Absence de montant minimum

- Possibilité de bénéficier de différentiel de taux d'intérêt favorable (report de la devise contre EUR pour l'exportateur)

- Nécessité de connaître l'échéance avec certitude,

- Technique non adaptée à la couverture du risque de change en période de risque potentiel

- Fixation du cours qui prive l'exportateur d'une éventuelle évolution favorable de cours

- Technique peu adaptée à une gestion en position de change.

En dépit de ces inconvénients, la vente à terme est très utilisée, c'est la technique de base de toute gestion du risque de change.

L'achat à terme et le risque de change de l'importateur

Exemple :

Une entreprise française importe des pièces détachées pour télécabines. La dernière commande s'élève à 160.000 CHF payables à 60 jours.

L'importateur craint une appréciation du franc suisse et opte pour une couverture à terme fixe.

Données financières :

1 EUR = 1,6000 - 1,6015 CHF

Taux d'intérêt à 60 jours

devises

Emprunt

Placement

EUR

2.15/16%

3%

CHF

1%

1.1/16%

Commission de change : 1,2%o.

La banque chargée de cette couverture passera l'évaluation de ce cours à terme par quatre opérations successives :

1- Le calcul de la contre-valeur des devises à la date de signature du contrat :

160.000 CHF/1,6000 = 100.000 EUR

2- La banque emprunte à terme à 60 jours des 100.000 EUR. Les 100.000 EUR sont

empruntés à 3% pendant 60 jours. À l'échéance, le montant à rembourser s'élève à :

100.000 + (100.000 x 3% x 60/360) = 100.500 EUR

3- Les 100.000 EUR sont convertis en CHF soit 160.000 CHF

4- les francs suisses sont placés pendant 60 jours à 1%. L'échéance, ils représentent :

160.000 CHF + (160.000 x 1% x 60/360) = 160.266,667 EUR

On en déduit le cours à terme : 160.266,667/105.500 = 1,5947.

D'où à 60 jours : 1 EUR = 1,5947 CHF.

L'euro se déprécie ou le CHF s'apprécie. L'euro est en déport par rapport au CHF ou le CHF est en report par rapport à l'euro. Le déport s'élève à -53 points (1,5947 - 1,6000).

L''importateur français qui opte pour un change à terme fixe sur le CHF, bloque un cours de change et supprime le risque de change.

Le coût de revient de son importation s'élève à 100.452,75 (160.000/1,5947).

En résumé :

Euro

USD

CHF

Est-en

Report

Déport

Valeur report/déport

+79 points

-53 points

Pour l'exportateur qui facture en devises

défavorable

Favorable

Pour l'importateur qui est facturé en devises

favorable

défavorable

3- Caractéristiques du change à terme

· Les avantages

- Le cours est garanti et connu dès la couverture ;

- Cette technique ne nécessite pas aucun suivi administratif ;

- Cette technique se caractérise par une souplesse d'utilisation (échéance sur mesure, couverture pour des nombreuses monnaies).

Il est possible de protéger, lever, liquider ou annuler le contrat par anticipation sous certaines conditions (pénalités...).

· Les inconvénients :

- Cette technique est peu adaptée aux risques aléatoires ou potentiels en raison du caractère irrévocable de l'engagement ;

- Le cours garanti n'est pas négociable ;

- Il est impossible de profiter d'une évolution favorable des cours de la devise.

III. L'avance et l'emprunt en devise

Le banquier accompagne l'entreprise dans ses besoins de financement.

L'avance en devise

On parle d'avance en devise export lorsque le banquier prête à l'exportateur un montant équivalent à la créance détenue sur un acheteur étranger. Cette technique apporte une couverture du risque de change et un financement à l'entreprise.

Exemple : BREKA S.A détient une créance de 125.000.000 Naira sur un client nigérian à échéance au 31/10/N. Cette créance génère une position longue sur le Naira.

La société a un besoin de trésorerie immédiat. Elle demande à sa banque une avance en Naira, à échéance du 31/10/N pour un montant équivalent à la créance.

L'avance en devise ferme la position de change sur les créances et dettes en Naira et ouvre une position de change sur la trésorerie (les Naira empruntés). En empruntant à sa banque, en Naira, un montant équivalent pour la même échéance, BREKA S.A s'oblige à rembourser des Naira, ce qui constitue une position courte et compense la position initiale.

BREKA S.A change immédiatement les Naira empruntés contre des F CFA.

Avec cette opération, elle a fait face à ses besoins de financement et évite d'exposer une trésorerie en Naira au risque de change.

L'emprunt en devises

Le principe de fonctionnement de l'emprunt en devises est strictement identique à celui de l'avance en devises mais il n'est pas attaché à une opération d'exportation. Il contribue au financement global de l'exploitation. L'entreprise convertit immédiatement les devises empruntées et rembourse la banque avec le produit de ces exportations.

Dans une gestion du risque par opération, on parle d'avance en devises, dans une gestion en position de change, nous parlerons d'opérations de couverture par l'emprunt en devises.

Le coût de l'avance et de l'emprunt en devises est celui des taux d'emprunt de la devise considérée.

Les avantages et inconvénients de l'avance et de l'emprunt en devises

Ils sont assez proches mais pas identiques à ceux de la couverture à terme.

Avantages

Inconvénients

- Techniques d'une relative simplicité ;

- Apporte simultanément une solution de gestion du risque de change et une solution de financement ;

- Technique adaptée à la gestion par opération et à la gestion en position de change ;

- Pas de montant minimum ;

- Possibilités de bénéficier d'un financement à un taux sur la devise inférieur au taux du financement en monnaie nationale ;

- Grande souplesse dans le cadre de la gestion en position de change.

- Limitation possible si la situation de l'entreprise n'est pas bonne. L'avance ou l'emprunt est une prise de risque pour le banquier ;

- Pour l'avance en devises, l'échéance doit être connue avec certitude ;

- Technique peu adaptée à la gestion du risque de change en période de risque potentiel ;

- Le cours est fixé, le négociant ne bénéficie donc pas d'une évolution favorable du cours.

IV. Les options de changes

Définition

L'option est un instrument de couverture du risque de change qui donne droit à son acquéreur de prendre livraison ou de livrer une devise à un cours et à (jusqu'à) une échéance connue, en lui laissant le choix de réaliser ou non la transaction précédemment définie.

Sur le marché de change, il existe deux (2) formes d'options : l'option américaine et l'option européenne.

Dans l'option européenne, l'exercice de l'option ne peut se faire qu'à l'échéance, tandis que dans l'option américaine, l'option peut être exercée pendant toute la durée de vie du contrat jusqu'à son échéance.

Option d'achat ou option de vente

L'option sur le marché de change est un produit que l'opérateur va acheter pour le compte de son client. Elle se présente sous deux formules :

- Option d'achat ou « call » : est une option qui donne le droit, mais non l'obligation, à son acheteur d'acheter un certain montant de devises à un prix et à une date (ou pendant une période) déterminés à l'avance, moyennant le versement d'une prime au vendeur de l'option.

- Option de vente ou « put » : c'est un contrat qui donne à l'acheteur le droit, mais non l'obligation, de vendre de devises à un prix et à une date (ou pendant une période) déterminés à l'avance, moyennant le versement d'une prime au vendeur de l'option.

En échange de ce droit, l'acheteur de l'option de vente paye au vendeur une certaine somme appelée « prime d'option », qui est acquise au vendeur.

Le vendeur de l'option est tenu de vendre au prix d'exercice si l'acheteur veut exercer l'option. Un acheteur d'option anticipe une baisse (option de vente) ou un hausse (option d'achat) de la devise.

La position de l'acheteur et celle du vendeur

Il est indispensable de distinguer les positions relatives de chaque contractant : ainsi l'acheteur d'une option verse au vendeur une prime (calculée en pourcentage du prix d'exercice), ce qui lui donne le droit d'exercer ou non son option ; tandis que le vendeur perçoit la prime mais a un rôle passif, car il devra livrer ou prendre livraison des devises selon la volonté de l'acheteur.

En fait, l'acheteur de l'option n'exercera son droit d'acheter (ou de vendre) les devises que si cela correspond à son intérêt.

Tandis que le vendeur s'engage de façon irrévocable, en contre partie de la prime encaissée, à livrer (recevoir) les devises au cours de change convenu dès lors que l'acheteur souhaiterai exercer son option.

Le prix d'exercice

Le choix de prix d'exercice est laissé à l'initiative de l'acheteur qui le propose au vendeur. Un  prix d'exercice ou « strike price » est alors convenu entre les deux parties lors de l'achat de l'option ; c'est le cours de change auquel s'échangerons les devises en cas d'exercice de l'option.

Les facteurs déterminant du niveau du prix d'exercice

Les conditions commerciales de l'opération

La situation sur le marché des changes à l'échéance envisagée

Le prix d'exercice doit préserver la rentabilité de l'opération commerciale

Un prix d'exercice beaucoup plus favorable que le cours du marché à l'échéance est coûteux

On distingue trois situations de prix d'exercice auxquelles les expressions doivent être parfaitement connues :

· «À la monnaie » (at the money) : se dit d'une option dont le prix d'exercice est égal au cours au comptant (cas de l'option américaine) ou au cours à terme (cas de l'option européenne) ;

· Si l'acheteur de l'option choisit un prix d'exercice qui lui est favorable que le cours au comptant, on dit que l'option est « dans la monnaie » (in the money). Si la cotation se fait au certain, « plus favorable » signifie que le prix d'exercice est :

- Inférieur au cours comptant dans le cas d'un Call EUR/Put devise (situation d'un exportateur) ;

- Supérieur au cours comptant dans le cas d'un Put EUR/Call devise (situation d'un importateur).

· Une option est dite « en dehors de la monnaie » (out money) dans le cas contraire.

Le tableau suivant résume les différentes possibilités. Avec :

Prix d'exercice (PE), cours comptant (CJ) :

Cotation au certain 1EUR = x DEV

Prix d'exercice

Call EUR / Put DEV

Put EUR / Call DEV

PE > CJ

Out the money

In the money

PE = CJ

At the money

At the money

PE < CJ-

In the money

Out the money

Selon que la devise est en déport ou en report et selon le type d'option (option européenne ou américaine), le cours de référence n'est pas le même.

Ainsi, le cours de à terme sert de référence dans l'option européenne, et le cours comptant sert de référence dans l'option américaine.

Exemple : Un exportateur a facturé 100.000 USD payable à 90 jours.

Cours comptant : 1 EUR = 0,9000 - 0,9010

Cours à terme : 1 EUR = 0,9120 - 0,9131

Si un exportateur choisit la stratégie d'option, il choisira l'achat d'un Call EUR / Put USD

N.B : à l'importation, l'entreprise choisirait un achat d'un Put EUR / Call USD.

Le prix d'une option de change ou prime

Sans entrer dans des considérations trop techniques, on peut noter que le prix d'une option de change est lié à de nombreux paramètres.

· La valeur intrinsèque

C'est la valeur minimale de la prime ; elle correspond au gain certain que garantirait un acheteur de l'option qui effectuerait en parallèle sur le marché ou sur le marché à terme.

· La valeur temps

Plus l'option se rapproche de son échéance plus sa valeur diminue.

· La volatilité

Une monnaie est dite volatile si elle connait des variations de change importantes.

1- l'option et la couverture du risque de change

L'acheteur d'une option est en position d'arbitrage entre l'exercice de l'option qui lui fait bénéficier du cours convenu et l'abandon de l'option. Par extension, on appelle prix d'exercice le cours convenu c'est-à-dire le prix auquel l'acheteur d'une option peut vendre ou acquérir l'actif sous-jacent.

ü Arbitrage du détenteur d'option

· Abandon d'option : c'est le renoncement à exercer une option. Cette décision d'abandonner se prend à travers deux raisons :

- Première raison : l'opération de change est devenue sans objet, dans ce cas l'opérateur a « perdu » le coût d'achat de l'option (prime).

- Deuxième raison : le cours au comptant le jour de l'échéance est plus favorable que le prix d'exercice de l'option, et par conséquent, l'opérateur bénéficie du gain de change diminué du coût de la prime payée.

· Exercice de l'option : c'est l'usage du droit conféré par l'option à l'acheteur. Cette opération consiste à acheter l'actif sous-jacent pour un call ou à le vendre pour un put.

L'opérateur exerce l'option si le cours de change sur le marché le jour de l'échéance est moins favorable que le prix d'exercice. Et ceci permet à l'opérateur de profiter du cours plancher garanti par l'option du quel il faut déduire le coût de la prime payée.

Le cours à terme de la devise est le ours que le marché peut garantir avec certitude. Il est fréquemment choisi comme prix d'exercice (le cours au comptant pour l'option américaine).

Couverture à l'import par les options de changes : option d'achat ou le « Call »

Les importateurs peuvent acquérir des options d'achats pour se prémunir contre la hausse de la devise de facturation ou de la baisse de leur monnaie.

Exemple :

La société tchadienne d'importation de carburant et de construction (STICC) importe des bois rouges. Elle a signé un contrat commercial de 500.000 USD avec un fournisseur nigérian. Le règlement est prévu dans 60 jours.

L'importateur veut se protéger contre une hausse de la devise. Plus le dollar augmente, plus le coût de l'importation se renchérit. Donc il avise sa banque, laquelle souscrit un contrat d'option américaine put EUR / call USD aux conditions suivantes :

-Cours comptant : 1 EUR = 0,90 USD

-Cours à terme : 1 EUR = 0,92 USD

-Prix d'exercice : 0,93 c'est-à-dire 1 EUR = 0,93 USD à 60 jours (option « in the money »)

-Prime = 5% soit 25.000 USD payable au comptant : prime = 25.000 / 0,90 = 27.777,48 EUR

-Commission de change : 0,8%o

Cours probable à 60 jours

0,86

0,93

0,99

Prix d'exercice

0,93

0,93

0,93

Exercice de l'option

oui

indifférent

Non

Contre-valeur en euros

537.634

537.634

505.050,50

Prime payée à la mise en place de l'option en euros

27.777,78

27.777,78

27.777,78

Dépenses nettes hors commissions de change (D)*

565.412,18

565.412,18

532.828,28

Cours nets : 500.000USD / (D)*

0,8207

0,8843

0,9304

Commission de change : 0,8%o

452,33

452,33

426,26

Décaissement net

565.864,51

565.864,51

533.254,54

Coût d'achat maximum

Situation la plus favorable pour l'importation

Option de vente ou le « Put »

Exemple :

Un exportateur tchadien fait une offre à un client américain pour un montant de 150.000 USD. Il est en risque de change potentiel sur ce montant pendant toute la durée de validité de l'offre commerciale. Il achète un « put » USD call EUR pour 150.000 USD. Le prix d'exercice est de 1 EUR = 1,3029 USD

Quel serait la position de l'opérateur de change si à l'échéance le cours est en hausse de 0,7% ou en baisse de 0,65% ?

Situation du marché des changes le jour de l'échéance (cours soir)

 

Situation 1

Situation 2

 

Hausse de 0,7%

Baisse de 0,65%

Cours comptant

1 EUR = 1,2954 USD

1 EUR = 1,3130 USD

Rappel : prix d'exercice

1 EUR = 1,3029 USD

1 EUR = 1,3029 USD

commentaire

Dépréciation de l'euro

Appréciation du dollar

Appréciation de l'euro

Dépréciation du dollar

conséquence

Abandon de l'option

Vente des dollars sur le marché

Exercice de l'option

 

Contre-valeur des 150.000 USD reçus du client

 

Au prix d'exercice

114.986,5849 EUR

114.986,5849 EUR

Au cours spot

115.794,3492 EUR

114.242,1935 EUR

- Dans l'hypothèse d'une appréciation du dollar (situation 1), l'exportateur réalise un gain de 807,7646 EUR (115.794,3492 - 114.986,5846) en abandonnant l'option (son droit mais non son obligation de vente) et en passant par le marché. Il faut déduire de ce gain le coût d'achat de l'option.

- En situation de dépréciation de dollar (situation 2), l'exercice de l'option lui procure une contre-valeur de 114.986,5849 EUR contre 114.242,1935 EUR sur le marché au comptant (+744,3914).

Pour cette garantie de cours plancher, l'opérateur a dû acheter l'option et payer la prime.

Pour résumer de manière plus théorique, le porteur (l'acheteur) d'une option peut exercer (c'est-à-dire valoir son contrat) à tout moment, alors que l'émetteur s'engage à remplir le contrat à l'échéance, sauf s'il rachète son option avant l'échéance.

Donc l'émetteur ne peut que racheter son option pour se débarrasser de son engagement, sauf si l'option se révèle sans valeur intrinsèque pour le porteur qui l'abandonne. Donc, à l'échéance, l'option perd toute sa valeur et disparait.

Les porteurs ont parfois le temps jusqu'au lendemain midi pour exercer leur option. Celui qui a oublié d'exercer son option alors qu'elle avait sa valeur intrinsèque positive, c'est-à-dire qui présentait un bénéfice par la différence entre le prix d'exercice et la valeur du sous-jacent à l'échéance, perd tout son avantage.

Que se passe t-il si l'acheteur ne veut pas lui vendre l'option ?

L'émetteur reste alors contraint de remplir ses engagements. L'émetteur s'engage à remplir son contrat tant que l'acheteur n'a ni levé, ni abandonné l'option. L'émetteur est lié à la décision de l'acheteur. Il y'a deux parties pour une option : la première (l'acheteur) a le droit, l'autre (l'émetteur l'obligation d'effectuer la transaction.

Les caractéristiques des options sur devises

Neuf opérations caractérisent une opération sur option.*

Les caractéristiques d'une opération sur option

Type d'option

Put ou call

Couple de devise

Remarque

Une option porte une couple de devises, toutes les devises sont traitées sur le marché des options de changes.

Un Put USD contre EUR est un Call EUR contre USD

montant

Quantité de le devise qui fait l'objet du Put ou du Call

Date d'échéance

Toute option a une date limite de validité

Type d'échéance

Une option à l'européenne ne peut être exercée (ou abandonnée) qu'à la date d'échéance.

Une option à l'américaine peut être exercée à tout moment entre la date d'achat de l'option et la date d'échéance.

Prix d'exercice

C'est le cours garanti si l'option est utilisée (exercice de l'option).

Taux de prime

L'acheteur de l'option paie une prime calculée en pourcentage du montant de l'option.

Sens : achat ou vente

Sens : achat vente

Le trésorier peut en principe acheter une option ou la vendre. Dans ce dernier cas, il encaisse la prime en contre partie de l'obligation qu'il se donne si l'acheteur de l'option exerce son droit.

Toutefois, dans une logique de couverture du risque de change, le trésorier est toujours acheteur de l'option qu'il s'agisse d'une option d'achat ou d'une option de vente.

Cours effectivement garanti

Le prix d'exercice modifié pour tenir compte du paiement de la prime.

a- Détermination du seuil d'amortissement et du point mort dans l'option de change

- Le seuil d'amortissement est le niveau à partir duquel l'opérateur couvre sa charge de prime d'option payée et se retrouve en position de gain de change.

- Le point mort : c'est le niveau à partir duquel l'opérateur est en position de perte de change et ne pouvant couvrir sa charge de prime payée.

Exemple :

Soit une opération Call de 100.000 USD à échéance de 6 mois aux conditions suivantes :

-cours comptant : 1EUR = 1,3038 USD

-cours à terme : 1EUR = 1,3040 USD

-prix d'exercice : 1 EUR = 1,3065 USD

-prime d'option : 0,4%

Le marché nous donne les prévisions du cours cotation EUR / USD des 6 mois à venir :

Cotation/ Mois

1

2

3

4

5

6

EUR / USD

1,3045

1,3035

1,3031

1,3070

1,3125

1,3055

À quel mois l'opérateur exercera t-il son option ?

Dans ce cas, l'opérateur déterminera, d'abord, le seuil d'amortissement et le point mort de l'option. Cette détermination se fait à base des calculs suivants :

-Calcul de la valeur de la prime d'option par rapport au prix d'exercice :

Prime = 1,3065 x 0,4% = 0,005226 USD ;

-Seuil d'amortissement = cours du prix d'exercice + prime

= 1,3065 + 0,005226

Seuil d'amortissement : 1 EUR = 1,3117 USD

-Point mort = cours du prix d'exercice - prime

= 1,3065 - 0,005226

Point mort : 1 EUR = 1,3013 USD.

Une fois le seuil d'amortissement et le point mort déterminés, l'opérateur établit la courbe prévisionnelle de change pour déterminer le mois d'exercice de son option d'achat.

Courbe prévisionnelle de l'option de change

(1)

(2)

(1)  : Seuil d'amortissement

(2)  : Point mort

(Série 1) : Courbe prévisionnelle

L'opérateur va exercer au cinquième mois parce qu'il couvre sa charge de prime d'option payée et bénéficie d'un gain de change provenant de la variation favorable des cours de change.

N.B : Dans le cas d'une exportation, la détermination du seuil d'amortissement et du point mort se fait contrairement à une opération Call.

Les avantages et inconvénients des options sur devises

Les options sur devises présentent beaucoup d'avantages. Elles sont parfaitement adaptées à la gestion du risque de change potentiel puisque la livraison ne constitue pas une obligation. Elles permettent à l'exportateur de bénéficier de l'appréciation de la devise et à l'importateur sa dépréciation.

Les opérations se traitent, par l'intermédiaire des banques, sur des marchés spécialisés spéculatifs. Le marché interbancaire opère une forme de groupage qui donne plus de souplesse à ces opérations. Les montants minimums exigés écartent cependant nombre d'entreprises à l'accès à ces produits.

· Avantages des options sur devises

- Garantie d'un cours minimum ;

- Possibilité de profiter d'une évolution favorable de la devise ;

- Couverture adaptée à la gestion du risque potentiel ;

- Possibilité de revente de l'option ;

- Instrument de gestion hors bilan, pas de modification du ratio d'endettement.

· Inconvénients des options sur devises

- Montant minimum exigé ;

- Échéances standards imposées par le marché ;

- Ne constitue pas une solution de financement.

La couverture par les produits dérivés

Le produit dérivé est un instrument de couverture dont la valeur dépend du prix d'un autre produit, appelé sous-jacent, comme une devise, un titre ou un produit de base. Les principaux produits dérivés sont les options, les swaps, les futures. Ils peuvent être traités sur des marchés gré à gré ou sur des marchés organisés.

Les produits dérivés sont utilisés pour :

- Réduire les risques ;

- Changer la nature de sa position financière ;

- Réduire les coûts de transaction ;

- La spéculation et l'arbitrage.

Résultat de l'ingénierie financière des banques, l'offre de produits dérivés est très diversifiée. Elle permet d'améliorer certains inconvénients des techniques de base. Elle s'adresse à des opérateurs qui gèrent une véritable trésorerie internationale, souvent multidevises, en position de change.

Voici l'objectif des principaux produits :

Les techniques de base aux produits dérivés

Technique de base

Produits dérivés

Objectif du produit dérive

Change à terme classique

Change avec intéressement

Profiter, en partie, d'une évolution favorable de la devise

Change à terme flexible

Affranchir de la contrainte d'échéance fixe et prédéterminée

Emprunt et d'avances en devises

Ligne de crédit multidevises

Donner plus de souplesse pour la gestion de l'activité internationale

Option classique

Tunnels d'option

Diminuer le coût de la mise en place de la couverture

Change avec intéressement

Avec une couverture à terme classique, le cours est fixé. L'opérateur ne bénéficie pas à l'échéance d'une éventuelle appréciation (exportateur) ou dépréciation (importateur) de la devise.

L'offre de change avec intéressement permet de profiter d'une partie de gain de change (le pourcentage d'intéressement) en contrepartie d'un cours légèrement modifié au moment de la conclusion du contrat d'achat ou de vente des devises.

Change à terme flexible

Le change à terme nécessite de fixer avec précision et de manière irrévocable l'échéance du contrat de vente des devises. Cette obligation est difficile, voire impossible à satisfaire en période de risque potentiel ou dans une gestion dynamique du risque avec l'aménagement constant de la position de change.

Avec le change à terme flexible, l'entreprise passe un contrat de vente à prix ferme (comme dans une vente à terme) avec la possibilité d'utiliser tout ou partie du montant à tout instant jusqu'à la date d'échéance du contrat.

Pour bénéficier de ce service, elle paye des frais ou encaisse des produits calculés proportionnellement au temps (prorata temporis) sur la partie non utilisée du contrat en fonction du différentiel de taux d'intérêt (report ou déport) entre les devises objets de la couverture. À l'échéance du contrat, la totalité du montant doit être tirée.

Ligne de crédit multidevises

Dans l'emprunt et l'avance en devises, la devise, le montant et l'échéance sont spécifiés à la mise en place du financement.

La ligne de crédit multidevises à court terme permet à l'entreprise d'effectuer des tirages dans toutes les devises disponibles au rythme de ses besoins.

C'est un outil de financement et de gestion globale du risque de change pour une entreprise ayant un assez fort degré d'ouverture internationale.

a- Tunnel d'option

La mise en place d'une option se révèle souvent assez onéreuse, surtout si l'exportateur un prix d'exercice plus favorable que le marché. L'objectif de la gestion du risque est de protéger la rentabilité opérationnelle. Une fois celle-ci assuré, il peut accepter de limiter la plus-value de change.

En combinant l'achat et la vente à terme d'une option de telle façon que prime payée et prime perçue se compense, l'opérateur met en place une couverture à prime nulle qui lui laisse la possibilité de profiter de l'évolution des cours entre deux bornes : cours plancher et cours plafond. Il fixe le cours plancher qu'il considère comme acceptable en terme d'exploitation, comme dans l'option classique. Il accepte ensuite de limiter son gain de change en cas d'évolution favorable de la devise de telle sorte que le coût de la mise en place du tunnel soit nul.

V. La couverture par les swaps des devises

« Un swap est un contrat d'échange de devises entre deux parties pour une durée déterminée ». C'est une opération d'emprunt et de prêt simultané de devises sur le marché au comptant et ensuite échange inverse des mêmes devises sur le marché à terme à une date et à un cours fixé à l'avance.

À l'origine, les swaps de devises sont des couvertures croisées de crédits entre deux banques centrales sous formes d'achat mutuel de devises revendues à court terme à un cours fixé à l'avance.

Maintenant, les swaps sont pratiqués par les banques pour les entreprises pour le court terme et le moyen terme.

C'est une technique de couverture qui permet à deux banques de s'échanger des valeurs de règlements en devise différentes et à la même date d'échéance de règlement.

Exemple :

Soit une opération d'exportation de la société A en France qui signe un contrat de 100.000 USD à échéance de 3 mois avec son client américain.

À la même date, une société B américaine signe un contrat d'exportation de 76.016,7236 EUR avec son client français, payables à 3 mois.

Le cours de cotation du jour est de 1 EUR = 1,3155 USD.

Le swap consistera pour les banquiers, opérateurs de change de la société A et de la société B, de s'échanger les règlements que devraient payer les clients importateurs.

Le schéma ci-dessous illustrera les swaps de devises pour cet exemple.

FRANCE Exportateur

ETATS-UNIS Exportateur

Société B

Société A

(a)

(b)

(1)

(2)

Client importateur D

Client importateur C

(1) : Contrat de 100.000 USD à l'export entre le client importateur C et la société A

(2) : Contrat de 76.016,7236 EUR entre la société B et le client importateur D

(a) : A l'échéance, le client importateur C paie à la société B 76.016,7236 EUR.

(b) : A trois mois le client importateur D paie 100.000 USD à la société A.

Ainsi, les swaps de devises apportent une couverture de risque de change pour les deux banques.

2

Chapitre

Présentation de la Banque Commerciale du Chari (BCC)

I. Historique de la BCC

Suite à la convention signée à Tripoli le 27 Août 1981, l'avenant signé le 30 Mars 1991, et l'accord signé à N'Djamena le 22 Octobre 1995 entre la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne et la République du Tchad a été créée une Société Anonyme, avec un Conseil d'Administration, dénommée la Banque Tchado-Arabe Libyenne, devenue la Banque Commerciale du Chari (BCC) le 27 Avril 1995 par décision du Conseil d'Administration

Le capital social de la BCC est fixé a 3.000.000 FCFA divisé en trois cent (3.000) actions de dix mille (10.000) FCFA réparties comme suit :

· Cent cinquante (1.500) actions souscrites par la République du Tchad, soit 50% ;

· Cent cinquante (1.500) actions souscrites par la Libyan Arab Foreign Bank.

La BCC est administrée par un Conseil d'Administration de six membres, ce nombre peut être modifié par un accord des deux parties. 50% de ses membres représentent la partie libyenne et l'autre moitié la partie tchadienne. Ils ont une durée de fonction de quatre (4) années renouvelable.

Le président de Conseil d'Administration est proposé par partie tchadienne et le vice-président par la partie libyenne. Le Conseil d'Administration se réunit au moins quatre (4) fois par an, suite à la convocation de son président.

Le Directeur général est le chef exécutif de la Banque. Il est toujours désigné par la Libyan Arab Foreign Bank et son adjoint désigné par l'État tchadienne.

L'Assemblée Général nomme, pour six (6) exercices, un commissaire aux comptes et un commissaire aux comptes suppléant. Leur rôle est de certifier la régularité et la sincérité de l'inventaire du compte d'exploitation générale, du compte des pertes et profits et du bilan. L'Assemblée Générale se réunit au moins une fois l'an dans les six (6) mois de la clôture de l'exercice social, afin de statuer sur les comptes.

II. L'organisation de la Banque

Toute entreprise qui se veut être performante doit se doter d'une structure animée par un personnel compètent et dynamique. La BCC, à cette règle, a une structure qui est un « ensemble de voies hiérarchiques du réseau de communication entre les différents personnels constituant l'organisation ».

1- Administration 

L'administration de la BCC regroupe des services tels que la direction, les départements opérationnels et le secrétariat.

La BCC est administrée par:

· Un directeur générale qui est le responsable au plus haut niveau, le décideur au dernier ressort et le donneur d'ordre et seconde par un adjoint.

· Un directeur d'exploitation qui organise dirige, coordonne et contrôle toutes les opérations effectuées au sein de la Banque.

· Un chef de département de crédit

· Un responsable du service administration

· Un chef de département comptabilité qui est chargé du suivi générale des opérations comptables de la BCC

· Un responsable de la caisse centrale contrôle toutes les opérations des caisses telles que les encaissements, les décaissements. Les responsables des guichets et le responsable de l'ensemble des opérations qui s'effectuent au niveau des guichets

· Un chef de département étranger est chargé d'effectuer les traitements des opérations internationales au sein de la BCC

· Un chef du département clientèle qui est chargé du suivi général des opérations relatives au client de la BCC

· Un responsable du service administratif est chargé des activités administratives et des personnels de la Banque sous le contrôle de la direction générale. La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC)

2- Département des Crédits et recouvrement

II s'occupe de tous les dossiers introduits auprès de la banque en vue de solliciter l'octroi de tout concours (prêts, découverts, facilites de caisse, avals, cautions, etc.)

A ce titre, il :

· Reçoit et analyse toutes les demandes de concours sollicite par les clients;

· Instruit tous les dossiers et élaborent le cas échéant une fiche de présentation à soumettre à la décision du Conseil d'Administration ;

· Suit l'exécution technique et financière des projets ayant bénéficie du concours de la BCC. ;

· Établit les statistiques sur les engagements de la banque (l'état des risques, l'évolution des encours ...) ;

· Suit et révise éventuellement les crédits;

· Prépare et introduit les demandes d'accord de classement auprès de la B.E.A.C. ;

· Assure la mise en place et le suivi de l'ensemble des engagements de la Banque.

3. Département de Contrôle Interne

II est charge d'exercer le contrôle sur l'ensemble des activités de la banque. II veille au respect des procédures et réglementations qui régissent le fonctionnement général de la banque sur les plans financier, comptable et administratif. II assure les missions d'inspection générale, de contrôle administratif, d'audit interne et de contrôle de gestion. II élabore des rapports mensuels adressés à la Direction Générale et annuels à l'intention de la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC).

4. Département des Ressources Humaines d'Administration et de Relations Extérieures

· II gère le personnel, tient leur dossier administratif et un registre en conséquence. II prépare les états de salaire, les congés, les primes de bilan et tout autre avantage accordé au personnel. II applique le règlement intérieur et les notes de service;

· II s'occupe de la gestion des correspondances de la banque et de sa documentation;

· II gère également le matériel, l'équipement et le mobilier de la Banque et assurent ses relations avec les fournisseurs.

5. Département des opérations Extérieures

II est chargé de toutes les transactions faites avec la clientèle et les correspondants sur le plan international. II effectue les transferts à l'intérieur et à l'extérieur du pays. II s'occupe de change.

6. Département de l'informatique

II gère le parc informatique de la Banque, et veille a l'utilisation du pro logiciel de la Banque. II apporte son soutien et assistance en matière d'organisation et d'informatique. II assure le bon fonctionnement du système informatique de la Banque et la fiabilité des informations fournies.

III. Les activités de la Banque

Les activités de la Banque sont réglementées par des normes applicables dans la zone monétaire BEAC. II faut noter que le Tchad est soumis à la zone monétaire du Franc CFA dépendante de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC). Cette zone regroupe six pays à savoir: le Tchad, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée Équatoriale.

La BCC, dont le rôle est de fournir aux usagers un cadre idéal de leurs activités (dépôts, crédit), d'assurer la sécurité des biens, faciliter la transaction commerciale, couvrir les opérations d'import et d'export, a un réseau de correspondants qui facilitent l'exécution des opérations à l'étranger. Ce sont entre autres :

· La Banque Intercontinentale Arabe (BIA.) -Paris;

· L'Union des Banques Arabes et Françaises (UBAF) en France;

· La Libyan Arab Foreign Bank a Tripoli;

· Ryad Bank en Arabie Saoudite;

· CCEI Bank au Cameroun;

· Banque africaine pour le Développement et le commerce (Libye) ;

· Arab International Bank (Egypt) ;

· North Africa Commercial Bank (Liban) ;

· La Société Générale des Banques au Cameroun;

· La Banque Commerciale du Burkina (BCB) ;

· Arab Bank Investissement and Foreign Trade (aux Émirats Arabes Unis) ;

· Banque Commerciale du Niger.

L'évolution de la Banque

Lors de sa cession extraordinaire tenue a Tripoli le 31 /01/2001, le Conseil d'Administration a décidé d'effectuer une augmentation de 2.000.000.000 FCFA (deux milliards de francs CFA) sur le capital, le portant ainsi à 3.000.000.000 F CFA (Trois milliards de francs CFA). Cette augmentation sera souscrite à parité par les deux partenaires et financée par les bénéficiaires d'exploitation de la Banque.

Avec l'évolution de son chiffre d'affaires et la confiance de sa clientèle, la BCC a ouvert trois agences au niveau national à Abéché, au Marché Central de N'Djamena et à Moundou.

Les activités de la Banque

La Banque Commerciale du Chari est une Banque Commerciale comme son nom l'indique. Elle s'adonne aux traditionnelles activités bancaires qui sont :

- Les comptes de dépôt à vue;

- Le compte de dépôt à terme ;

- L'octroi de crédit;

- Les transferts parvenant et à destination;

- La gestion des moyens de paiement;

- Les opérations de dépôt et de retrait ;

- Etc.

La BCC dispose aussi d'une structure de micro finance permettant d'octroyer des crédits aux commerçants comme à des particuliers.

Les objectifs de la BCC

Pour bien mener ses activités, la BCC dispose de moyens humains, matériels et financiers lui permettant de bien concourir au développement économique et social de la République du Tchad.

Ses objectifs sont les suivants :

- Promouvoir la croissance et l'amélioration de ses services Bancaires ;

- Optimiser la qualité de ses services au moyen d'un développement accru de ses capacités informatiques à l'exemple du nouveau logiciel DELTA BANK qui cumule toutes les opérations Bancaires et très développées par la BCC ;

- Fournir les services de réhabilitation de projet pour aider à résoudre les problèmes des petites et moyennes Entreprises (P.M.E) ;

- Accentuer ses interventions dans le financement à court terme de l'économie et le respect des risques en matière de distribution de crédit;

- Aider les investisseurs par la mobilisation des ressources publiques et privées internes et externes ;

- Promouvoir le développement de commerce intérieur et international;

- Poursuivre une politique sociale attentive d'améliorer les connaissances de ses agents à l'exemple des stages de perfectionnement qu'elle offre à ses agents à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

La forme juridique de la BCC

La Banque Commerciale du Chari est une société anonyme (S.A) avec un capital de

3.000.000.000 divisée en 30.000 actions souscrit au régime fiscal à l'impôt sur les sociétés et enregistre au registre de commerce sous le numéro N° 459/93.

Son identité est la suivante :

Nom de la Banque : Banque Commerciale du Chari (B.C.C)

Siège: N'Djamena (République du Tchad)

BP : 757

Tel: (235) 51.52.31/51.89.58

Fax: (235) 51.62.49

Télex: 5379 KD

Internet: bcc@intnet.td

Registre de Commerce: 459/93

Forme Juridique : Société Anonyme (S.A)

Activité : Banque Commerciale

Registre Fiscal: Entreprise soumise a l'impôt sur les sociétés.

Actionnaires : État tchadien 50% et Libyan Arab Foreign bank 50%

L'effectif de la Banque

L'effectif du personnel de la B.C.C est de 160 personnes reparties suivant le tableau ci-dessous : C'est une équipe compétente, dynamique, opérationnelle et efficace qui travaille avec dévouement pour le meilleur devenir de la Banque.

IV. Fonctionnement des services de la Banque

La BCC a pour activité principale, la collette des ressources auprès de la clientèle et leur distribution sous forme de financement à l'économie, à travers des crédits aux autres agents économiques. Pour parvenir à ses objectifs, la BCC traite ses opérations bancaires conformément aux règles de la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC), suivant les services opérationnels du Département qui sont:

Le Service Comptabilité et Finance

Ce service assure le traitement des opérations comptables. On distingue dans chaque service deux sortes de comptabilité: la comptabilité générale et la comptabilité auxiliaire.

- La comptabilité générale se charge du traitement des comptes entrant dans la détermination des soldes caractéristiques de gestion et surtout du règlement des factures des fournisseurs dont la saisie est assurée par les agents de la comptabilité et des traitements des opérations bancaires.

- Alors que le compte auxiliaire s'occupe des comptes clients. Ces comptes de part leur caractère exigible sont mouvementes au fur et a mesure, que les opérations se réalisent. Ces opérations se font en temps réel c'est-à-dire le jour au jour et la saisie au vu des pièces justificatives.

Le service comptabilité traite également les opérations statistiques qui sont destinées à la banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) et la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC) sous forme de document périodique à savoir la situation mensuelle détaillée qui fournit des informations comptables sur la gestion de la Banque.

Le Service de Contrôle Interne

II est chargé de contrôler toutes les opérations de la journée : comptes courants, pièces comptables et les situations mensuelles. Ses activités sont éditées par rapport à l'application des procédures internes et des directives données par les organes dirigeants et au respect de la réglementation éditée par l'administration publique et par la COBAC. II est aussi charge du contrôle des opérations de caisse.

Le service de crédit et recouvrement

II s'occupe de l'octroi des crédits (crédit à court terme, moyen terme et le crédit à long terme), des cautions Bancaires, des avals et garanties, des escomptes, et des crédits de campagnes cotonnières. II octroie aussi les crédits consortiaux et gère les crédits documentaires.

Le service de Ressources Humaines et Administratives

II gère le personnel, l'aspect gestion des ressources humaines: planification des besoins, descriptions des pertes et profits, la gestion des matériels de bureau traitement des salaires et la gestion des carrières des dossiers de formation du personnel, et les affaires sociales. II gère aussi le stock de fournitures de bureau, planifie les congés annuels des agents et régit les factures des frais médicaux des agents.

Le service des opérations locales

II favorise aux usagers leurs opérations d'encaissement et de décaissement. II s'occupe aussi de l'ouverture des comptes courants commerciaux et particuliers, ainsi que le mouvement et les soldes des découverts de la journée. Il s'occupe de la délivrance des chèques certifies, chèques de guichet, les livrets des chéquiers etc.

Ces services sont dirigés par un chef de service; sous ses ordres se trouvent les caissiers, trieuses, agents de saisies, agent de compensation et les agents de comptoir.

Le service Informatique

C'est un maillon qui permet à l'institution de maîtrise au jour le jour la situation des comptes. II est chargé des études et de la conception des programmes, de la maintenance du logiciel, de l'exploitation du système et de l'assistance des utilisateurs sur les applications développées à l'exemple de logiciel Delta que la Banque possède pour le moment.

3

Chapitre

Traitement des opérations de change à la BCC

Les entreprises sont confrontées au risque de change dés qu'elles effectuent soit des opérations commerciales avec l'étranger, importation exportation, soit des opérations financières telles que des transferts de fonds.

Dans certains pays, les opérateurs importateurs ou exportateurs sont soumis à des réglementations des changes plus ou moins contraignants qui peuvent limiter les possibilités de choix de devises dans les contrats commerciaux.

En effet, la notion de risque comporte deux aspects, l'un positif et l'autre négatif. Le risque positif ou « upside risk » représente pour une entreprise le risque de voir ses résultats s'accroitre. Le risque négatif ou « downside risk » est par contre le risque de voir les résultats de l'entreprise tirés vers le bas. C'est ce dernier qui inquiète le plus les responsables d'entreprises qui doivent gérer pour en éviter les conséquences désastreuses.

Au Tchad, certaines entreprises effectuent des transactions commerciales et financières sans se soucier des risques de changes dont elles encourent. Or, pour une organisation, ne pas gérer son risque, c'est non seulement manquer d'un outil puissant d'aide à la décision, mais également hypothéquer la qualité de ses résultats et mettre en péril sa solvabilité et sa pérennité. Cette question est d'autant plus délicate qu'il existe une multitude de risques qui peuvent se présenter sous diverses formes. Ils sont en interrelation, les uns pouvant entrainer les autres.

La Banque Commerciale du Chari a mis en oeuvre en son sein un instrument de couverture pour les entreprises tchadiennes conscientes des dangers qu'apportent les risques de change.

La couverture à terme fixe est le seul instrument des couvertures pratiqué par la BCC pour répondre aux besoins de sa clientèle.

Et la Direction Etrangère de la Banque est le service habilité à effectuer les opérations relatives aux changes.

En simple, la réglementation des changes est l'ensemble des dispositions légales régissant les relations financières entre un pays et le reste du monde. En effet, dans le cadre de leurs échanges commerciaux (exportations, importations..) ou financiers (transferts de capitaux...), les nations ont recours à certains procédés monétaires dits « opérations de changes » leurs permettant d'honorer (de jouir) des engagements pris (reçus) dans des monnaies qui ne sont pas les leurs. A ce titre, un certain nombre de codes sont élaborés par les institutions financières et économiques nationales pour encadrer ces activités.

Cette codification prend l'appellation de contrôle ou réglementation des changes et représente l'instrument principal de travail des banques et autres institutions financières dans le cadre des paiements internationaux.

I. Les opérations de change à la Direction Etrangère de la BCC

1- Présentation générale

A l'occasion du règlement des transactions effectuées entre partenaires commerciaux et financiers internationaux, il est de coutume de mettre en oeuvre un certain nombre de diligences visant à convertir une monnaie en une autre ; par exemple, un importateur tchadien qui doit régler une facture établie par un vendeur américain devra se procurer des dollars par l'intermédiaire de sa banque avant d'envisager le paiement de la somme due. Cette contrainte donnera naissance à une opération en vertu de laquelle, la BCC achètera la devise considérée auprès d'une autre banque et à un certain prix (cours) en lui cédant la contre valeur dans sa monnaie locale du montant fixé. Cette technique en apparence complexe est appelée « opération de change » et est pratiquée par la plupart des grandes banques internationales, par l'intermédiaire de leurs cambistes. En général, l'activité de change est concentrée sur quatre devises « principales » traitées contre le dollar américain : EUR, le JPY, la GBP et le CHF et ce dans un environnement parfaitement structuré, permettant aux acteurs d'interagir de façon efficace et d'aboutir à la bonne fin des opérations : c'est le marché des changes.

2- Le traitement d'une opération de change « front to back »

a. La négociation

Le marché des changes est un marché de gré à gré, animé par les banques et par les brokers. Des plates-formes de négociation électroniques telles que Reuters Dealing(plate-forme utilisée à la BCC) ou EBS (Electronic Broking Service) sont couramment utilisées. Ces plates-formes peuvent permettre de négocier sur un mode conversationnel : les traders, personnes ou sociétés qui jouent le rôle d'intermédiaire dans des opérations financières ou commerciales (anglicisme), s'appellent, « chattent » littéralement, puis valident leurs deals. Ou alors elles apparient automatiquement les propositions saisies par les participants : dans ce cas c'est le système qui crée les deals, et les contreparties ne se connaissent qu'une fois la négociation terminée.

b. La tenue de position

A la BCC, le système Front-Office enregistre tous les deals en temps réel. Les deals négociés par téléphone sont saisis par le trader, les deals effectués dans les plates-formes électroniques sont transmis automatiquement. Le système de tenue de position offre les fonctionnalités basiques suivantes, qui constituent le minimum requis :

· Enregistrement manuel ou automatique des deals

· Validation des deals

· Contrôle des risques : risque de contrepartie, risque de marché

· Calcul des positions en temps réel

· Calcul du résultat en temps réel

· Possibilité de générer automatiquement des deals :

· Break-up : éclater une position achetée ou vendue globalement en plusieurs deals (permet de générer plusieurs deals clients à partir d'un deal négocié avec un broker)

· Transmission du « ticket » validé au Back Office

c. La matérialisation des opérations de change

Le système Back - Office a pour fonction de matérialiser les opérations négociées par le trader:

v Vis-à-vis des contreparties :

- Émission des confirmations : les opérations de change sont confirmées par des messages SWIFT MT300

- Rapprochement des confirmations : étant donné les volumes considérables d'opérations négociées, les back-offices se dotent de systèmes de rapprochement automatiques entre les confirmations émises et les confirmations reçues. Cela permet de détecter les erreurs ou les incompréhensions avant de déclencher les paiements.

- Émission des paiements : génération d'un ordre de paiement (MT202) pour le correspondant dans la devise payée, d'un préavis d'entrée de fonds (MT210) pour le correspondant dans la devise reçue. Si la contrepartie est interne (client, deal entre 2 desks), les paiements se font via la comptabilité (débit / crédit en compte).

v Vis-à-vis de l'établissement :

- Enregistrement comptable des opérations :

· les deals de change sont enregistrés en hors - bilan (comptabilité d'engagement) pendant la période qui sépare la date de négociation de la date de valeur, puis à la date de valeur atteinte, la comptabilité de hors bilan est extournée et les opérations sont enregistrées au bilan de la banque.

· D'autre part les opérations de change alimentent des comptes qui ne sont pas libellés dans la devise de tenue du bilan de la banque. Les positions détenues alimentent des comptes de position de change, dont la réévaluation quotidienne enregistre le risque de change encouru par la banque.

Ainsi, l'on constate qu'une monnaie ne sort jamais de son pays ou de son lieu d'émission : le dollar reste confiné aux USA et ne peut être utilisé qu'auprès de banques résidantes aux États-Unis. Il en est de même pour l'Euro dans la zone Euro et pour toute autre monnaie dans son pays. Mais pour s'ouvrir à l'extérieur (économiquement) et faire `'affaire'' avec les autres pays du monde, il est nécessaire et impératif de posséder des avoirs dans leurs monnaies ; Ces avoirs sont appelés Réserves de change et bénéficient d'une attention particulière des autorités monétaires (Banques centrales) et financières locales (Ministères des finances) du fait de leur importance dans la détermination du poids de leurs monnaies respectives dans les échanges internationaux. Aussi, pour rationaliser les `'sorties de devises'', ces autorités ont mis en place un ensemble de règles devant régir les opérations de change et par ricochet les paiements internationaux : il s'agit du contrôle ou réglementation des changes.

3. Le contrôle ou réglementation des changes

Le contrôle des changes est constitué par l'ensemble des règlementations visant à réguler les transferts de capitaux de l'étranger ou en provenant. Ces règlements ont généralement pour objectif d'interdire ou de soumettre à une autorisation préalable les paiements internationaux en devise. Elles sont fixées par décrets ministériels, arrêtés ou circulaires émanant des banques centrales et des ministères des finances. Mais, ces administrations ne pouvant assurer dans le détail, le contrôle de l'application des dispositions qu'elles ont élaborées délèguent une partie de cette tache à «des intermédiaires agrées » qui ne sont rien d'autres que les banques ayant reçu à cet effet un agrément spécial. Ainsi, le fait d'être agrée présente l'avantage de pouvoir agir directement et seul dans les limites de la réglementation, ce qui accélère les services rendus à la clientèle.

En contrepartie de cet avantage, la Banque doit supporter un certain nombre de contraintes :

· responsabilité de l'application rigoureuse de la réglementation

· tenue régulière de documents de contrôle et établissement de statistiques pour la banque centrale.

· La réglementation des changes touche deux aspects fondamentaux internationaux :

· les opérations commerciales (paiements des importations, exportations et gestion des comptes en devises)

· les opérations financières [les investissements directs à l'étranger et étranger dans le pays considéré, les opérations de crédits et la gestion internationale des valeurs mobilières]

En outre, pour définir le cadre d'application de sa réglementation, Chaque nation définit un certain nombre de termes, tels « résidents », « non résidents », et « Etrangers ». La signification donnée à ces termes diverge d'un pays à un autre. Néanmoins, ils ont une importance capitale en ce qui concerne l'application des textes légaux en matière de commerce extérieur et de change.

4. Le réseau de correspondants bancaires et les transferts de fonds

a- le réseau de correspondants bancaires (Correspondent banking)

Précédemment indiqué, une devise ne sort jamais de son pays d'origine: le dollar a cours aux Etats-Unis seulement, l 'Euro a cours dans les pays de l 'Euroland seulement, etc. Une banque européenne qui souhaite détenir et échanger des dollars devra donc ouvrir un compte dans une banque américaine. Elle devient cliente de cette banque. La banque américaine est appelée le « correspondant » aux USA de la banque européenne.

En général, toutes les banques disposent d'un compte Nostro libellé dans les plus grandes devises du monde (USD, EUR, GBP, CHF ou JPY) .Ce faisant elles ont au moins un correspondant dans les pays Européens (France, Italie, Allemagne, Espagne...), un correspondant en Suisse (pour le CHF), un correspondant aux USA (pour le Dollar Américain), un correspondant en Grande Bretagne (pour la livre sterling) etc. Ces comptes font l'objet d'un suivi régulier et donnent lieu à des relations `' de courtoisie'' entre les différents correspondants bancaires (échanges de Bilans annuels et d'informations financières et économiques en général). De toutes les formes de présence à l'étranger (Filiale, Succursale, partenariat, bureau de représentation...), le correspondant banking est celle qui est la plus facile à mettre en oeuvre, la moins coûteuse et la première étape dans le processus d'internationalisation des banques. Les comptes Nostro et Loro font régulièrement l'objet de couvertures (ou de provisionnements) lorsqu'ils présentent un solde nul ou proche de zéro. Enfin, la plupart des banques tiennent des fichiers régulièrement mis à jour sur leurs correspondants étrangers ; ces fichiers contiennent entre autre :

- La dénomination du correspondant, son adresse et toutes ses coordonnées

- Son pays et sa monnaie nationale

- Son code Swift ou Télex

- Le solde des comptes Nostro

- Des informations financières (taille du bilan et principaux indicateurs de rentabilité et de risque), et commerciales (part de marché dans le secteur bancaire locale, politique commerciale, produits etc.)

b- La communication entre correspondants étrangers : le réseau SWIFT

Dans leurs correspondances quotidiennes, les banques ont recours à la performance et la fiabilité du réseau SWIFT entendez Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication.

SWIFT est une entreprise de droit belge, dont le siège est à Bruxelles. Son rôle est de faciliter les opérations bancaires internationales grâce à un réseau informatique très puissant. Elle a été fondée par 239 banques de 15 pays différents en 1973 et aujourd'hui, plus de 7125 institutions dans 192 pays y sont abonnées. Les adhérents sont identifiés au sein du réseau par leur code BIC qui comprend:

· L'identification de la banque sur 4 caractères ;

· Le code pays sur 2 caractères ;

· Le code ville sur 2 caractères.

c. Les transferts de fonds entre banques

Quelque soit le moyen de paiement utilisé (ordre de virement, lettre de change, crédit documentaire...), la plupart des règlements internationaux est débouclé directement sous forme de virements de comptes à comptes entre banques par l'intermédiaire des correspondants étrangers sans qu'il n'y ait pas manipulation d'espèces ou de titres de paiements. Ces mouvements scripturaux peuvent se présenter sous la forme d'un virement ou d'un rapatriement selon le sens dans lequel ils sont effectués ; Ainsi, pour la BCC qui reçoit des fonds provenant d'une contrepartie étrangère, l'opération sera considérée comme un virement et pour cette contrepartie un rapatriement.

Remarque :

· Le correspondant informe en général son client des mouvements de fonds sur son compte en temps réel (par des messages SWIFT MT900 et MT910), et communique obligatoirement un récapitulatif (MT950) en fin de journée.

· Les fonds reçus par le correspondant au nom de son client sont inscrits par lui dans sa comptabilité au crédit du LORO du client. Simultanément le client enregistre le même mouvement un débit du miroir NOSTRO face au crédit d'un compte de comptabilité générale (comptabilité en partie double).

Du point de vue de la banque, on gardera donc toujours à l'esprit que:

- Une entrée de fonds se matérialise en comptabilité par un Débit NOSTRO

- Une sortie de fonds se matérialise en comptabilité par un Crédit NOSTRO

· Les banques centrales jouent un rôle essentiel dans les transferts de fonds entre banques. En tant que « banque des banques », la banque centrale est un point de passage obligé lors de tout échange de fonds entre deux banques du même pays. Tout transfert de fonds entre une banque A et une banque B, résidentes dans le même pays, a pour effet de débiter le compte de la banque A en banque centrale (en France le CCR, Compte Courant de Règlement), au profit du compte de la banque B. La banque centrale est donc un correspondant obligé dans la monnaie locale du pays dans lequel la banque est résidente. Les avoirs en dépôt à la banque centrale sont reflétés, dans la comptabilité de la banque, par un compte NOSTRO, au même titre que les avoirs en dépôt chez tous les autres correspondants.

Au terme de cette section, il apparaît clairement qu'aucune opération bancaire avec l'étranger ne saurait être menée à bien sans une connaissance préalable des opérations de change et de leur aspect légal ainsi que la détention de comptes en devises auprès de correspondants étrangers avec lesquelles la communication doit être régulière, professionnelle et surtout sécurisée en vertu de la nature même de l'activité bancaire d'où le nécessaire recours au réseau swift. Néanmoins, le banquier, parce qu'assurant le règlement financier d'une opération commerciale, ne doit pas en ignorer les aspects fondamentaux au risque de se confiner dans des chiffres « muets ». C'est dans ce contexte précis que nos abordons les opérations de commerce internationale et leurs caractéristiques fondamentales.

II- Traitement des opérations de changes à la Direction Etrangère

v Couverture à terme d'une opération d'importation

La SA FATY est une entreprise tchadienne qui importe des matériels informatiques. Elle a signé un contrat de 150.000 USD avec son fournisseur japonais payable à quatre mois. Craintive d'une appréciation de dollar, la SA FATY demande à sa banque qui est la BCC de lui faire une couverture à terme fixe pour cette opération.

v Traitement de l'opération au service de risque à la direction étrangère de

la Banque

Le banquier, dès la réception de la demande, entre en contact avec les données financières du marché de change qui lui sont fournies par Reuters Dealing.

Les données sont les suivantes :

- Cours de cotation : EUR/USD = 1,2712 - 1,2719

- Taux d'intérêts à quatre mois :

Taux d'intérêts à 3 mois

Devises

Emprunt

placement

EUR

1,05%

1,12%

USD

1,08%

1,14%

- Commission de change : 1,12%o.

Ensuite les opérations suivantes sont alors réalisées par le banquier :

1. Comme la BCC n'a pas les 150.000 USD à couvrir, elle emprunte à quatre mois au taux de 1,12% l'équivalent des 150.000 USD (150.000 / 1,2712 = 117.998,741) en euro qu'elle déduit le coût de l'emprunt (117.998,741 x 1,12% x 4/12 = 440,53 EUR). A l'échéance, le montant à rembourser s'élève à 118.439,27 EUR.

2. Les 117.998,741 EUR sont convertis en USD soit 150.000 USD.

3. Elle place les 150.000 USD à terme à quatre mois au taux de 1,08%. A l'échéance, ils représenteront 150.540 USD soit 118.423,54 EUR.

4. Elle calcule ensuite le différentiel du taux d'interêt qui est égal à :

118.423,54 - 117.998,74 = + 424,80 EUR.

Le différentiel de taux de change génère un écart positif, ici, l'emprunt des EUR coute

moins cher que ne rapporte les placements des USD. Cet écart positif (+ 424,80 EUR)

montre que l'euro est en report contre le dollar.

5. La BCC répercute cet écart sur l'importateur, donc la valeur de l'opération à l'échéance sera de : 117.998,74 - 424,80 = 117.573,94 EUR.

6. Enfin, elle fait le calcul du cours à terme à l'échéance :

1 EUR = 150.000 / 117.573,94 = 1,2758 USD

1 EUR = 1,2758 USD

A l'échéance, la BCC paie les USD livrés par la SA FATY avec les EUR récupérés, et rembourser son emprunt avec les USD livrés.

La commission prélevée par la BCC sur cette opération de change est de 168 USD

La procédure décrite ci-dessus est dite à terme sec puisqu'elle suppose que la BCC ne dispose d'aucune trésorerie en dollar et qu'il place les euros, dont elle n'a aucun emploi, jusqu'à l'échéance. Mais les banques ne sont jamais à terme sec.

La BCC peut aussi couvrir la SA FATY contre le risque de change en lui faisant un cours à terme réel.

Le cours à terme réel est un cours coté s'établissant directement sur le marché interbancaire. Ce qui permettra à la BCC de communiquer à l'importateur un « cours clientèle » qui résulte du cours de marché et de sa propre politique commerciale sur les devises.

Après cette analyse approfondie des différents instruments de couverture du risque de change et au terme de notre étude, nous pouvons formuler des recommandations aux acteurs du marché des changes.

Propositions de recommandations et suggestions à la Banque Commerciale du Chari

Propositions de recommandations

Eu égard à la couverture à terme pratiquée par la Banque, nous proposons les quatre (4) recommandations ci-dessous suivantes pour améliorer la gestion du risque de change à la BCC :

- Accroitre l'effectif du service de change ;

- Améliorer le système d'information pour disposer d'informations en temps réels ;

- Améliorer l'outil de simulation pour qu'il fournisse davantage d'états en vue d'une meilleure gestion du risque de change ;

- Revoir la pertinence, aujourd'hui, des seuils d'intervention pour la couverture des risques et dont le calcul date des années 80.

La nécessité d'une saine gestion du risque de change milite en faveur de la prise en compte des recommandations ci-dessus.

Décisions

Nous suggérons :

- Dans un premier temps, qu'il soit mis en place un comité d'étude pour approfondir la réflexion sur la mise en oeuvre de l'emprunt et avance en devises. Ce comité devra disposer de tous les moyens humains, financiers et matériels. Il fera ensuite des recommandations utiles au Directeur général de la Banque pour prise de décision ;

- Dans un second temps, il faut mettre en place les instruments techniques ou matériels que nécessité cette solution, former en interne et recruter à défaut les personnes compétentes pour une gestion du risque de change ;

- En dernier lieu, il faut utiliser de façon pleine et entière cette méthode puis en mesurer et contrôler les résultats de façon périodique.

Recommandations à l'État tchadien

L'État tchadien doit alléger le poids fiscal qui pèse sur les entreprises, ainsi que la lourdeur administrative en ce qui concerne l'implication des entreprises étrangères avec pour but le développement du marché des changes.

Le Tchad, avec les autres pays de l'espace CEMAC, rendront cela effectif en mettant sur place, à l'image de la BVMAC pour la bourse et MATIF pour le marché des termes en France, un système régulant et gérant le marché. Ainsi, ils pourront faciliter l'accès au marché des changes et encourageront par la même voie, les investisseurs et les entreprises à augmenter leur volume de transactions.

I- Recommandations aux entreprises

Les entreprises, dont le volume de transaction en devises dépasse 50% de leurs chiffres d'affaires totales, devront mettre en place un système de gestion du risque de change bien intégré à l'activité commerciale internationale qu'elles exécutent.

Quant aux plus petites entreprises, elles devront se constituer en association selon l'activité commerciale et être sous la tutelle de l'organisme qui s'en occupe au sein de l'espace CEMAC, dont le rôle principal sera de veiller à ce que les informations soient à la disposition des intervenants et cela en tout lieu et en tout temps et surtout en toute sécurité.

D'une manière générale, afin d'aider au mieux l'entreprise à gérer le risque de change, il est indispensable de suivre la démarche suivante :

· Appréhender le risque de change et le mesurer ;

· Définir une politique de couverture en fonction des objectifs et des contraintes propres à l'entreprise ;

· Choisir les moyens adéquats de couverture de risque de change.

II- Recommandations aux institutions financières

Il est grand temps que les institutions financières prennent leur responsabilité et qu'elles jouent pleinement leur rôle d'accompagnateur d'investissement et de financement. Des campagnes doivent être menées pour galvaniser le monde de la banque qui apparaît toujours comme du luxe en Afrique.

Elles doivent mener une politique sur les conséquences du risques de changes et sur les bienfaits d'une couverture.

A l'aube de la mondialisation, l'Afrique ne saurait continuer à être le lanterne rouge du monde alors qu'elle regorge de ressources naturelles et humaines capables de relever le défi économique et financier de ce nouveau millénaire.

Elle doit non seulement rattraper les entreprises des pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord qui dispose depuis les années 70 de panoplies d'instruments des taux de change car ceux-ci reflètent le niveau d'accroissement de la volatilité des taux d'intérêt et des cours de change dans le monde, donc une autre dimension de l'incertitude à devoir gérer par les Etats africains en majorité affaiblies par les situations politiques et économiques, mais surtout les adapter aux réalités du continents.

Sans prétendre avoir fait une étude exhaustive du problème du risque de change, nous avons dit dans la première moitié de la première partie de notre mémoire qu'il a attiré notre attention parce que le risque de change entraîne les entreprises dans des situations pouvant mettre en péril leur solvabilité, leur liquidité voire leur pérennité.

Passant à la seconde moitié que nous avons traitée et qui porte sur la gestion du risque de change, nous avons tenté de voir comment les entreprises susceptibles à l'exposition du risque de change peuvent gérer de manières efficaces avec les techniques internes et celles d'assurances et bancaires.

Ceci nous a conduit à parler de la couverture sur les opérations du risque de change proposée par la Banque Commerciale du Chari qui est la deuxième partie de notre mémoire. Nous y avons dit en substance que de tous les instruments de couverture du risque de change, seul la couverture à terme est gérée à la BCC

Compte tenu de cette situation, nous avons estimé que la BCC peut introduire dans sa gestion du risque de change une technique de couverture qui est l'avance et l'emprunt en devises. Cette méthode n'est pas difficile à gérer pour la BCC qui lui suffit d'accroître son effectif du service de change et de donner une formation en ce sens aux personnels impliqués dans cette gestion.

Dans le présent document, nous nous sommes intéressé à la gestion des risques de change par les instruments de couverture. Il s'est agi de dresser le cadre conceptuel de ces méthodes. Ce rappel théorique nous a servi de miroir pour voir comment cette gestion se fait dans le cas spécifique de la BCC. Cela nous a conduit à faire une analyse-diagnostic de la couverture à terme de la BCC. Sans doute la nature de la Banque, la spécificité de son marché et la « complexité » de cette gestion, laissent apparaître un gap entre théorie et pratique.

C'est pourquoi, dans le cas du risque de change, nous avons proposé l'emprunt et l'avance en devise comme mesure complémentaire du risque de change. La BCC, qui jusque-là privilégiait la mesure de marge afin d'évaluer l'impact d'une évolution adverse des taux change sur le PNB, pourrait davantage cerner le risque de change en adoptant cette démarche.

1. Ghislaine LEGRAN et Huber MARTINI : « Management des opérations de commerce international - Import / Export », 6ème édition, Dunod, Paris 2003

2. Ghislaine LEGRAN et Huber MARTINI : « Management des opérations de commerce international - Import / Export », 7ème édition, Dunod, Paris 2005

3. Josette et Max PEYRARD : « Dictionnaire de finance », 2ème édition, Vuibert, Paris 2001

Webographie

www.bcctchad.td

www.google.fr

www.memoireonline.com

www.eur-export.com

www.cambiste.info

www.vernimmen.net

www.lesechos.fr

www.fr.wikipedia.org






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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille