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Compétence interculturelle et efficacité de l'action didactique en classe de langue

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par Albert Etienne Temkeng
Chaire UNESCO pour l'Afrique centrale en Sciences de l'éducation, Université Mariem Ngouabi, ENS de Yaoundé - DEA des Sciences de l'éducation 1987
  

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II.2.4. La sémio-didactique de Gourmelin-Berchoud

Proposée dans le cadre d'une pédagogie d'intégration culturelle pour la didactique des langues, la sémio-didactique de Gourmelin-Berchoud (1996 :152) se situe à contre courant des préoccupations des tenants de l'utilisation mécanique des méthodes d'enseignement des langues. Egalement opposée aux préoccupations des spécialistes des démarches pédagogiques ethno/ego-centristes naturelles, la sémio-didactique est

une didactique qui se forge à partir de la découverte de l'ensemble signifiant qu'est le contexte culturel et institutionnel dans lequel elle intervient. [...] Cette sémio-didactique se forge, ou plutôt elle est forgée par l'enseignant et ses élèves. Plaçons-nous dans l'ici-maintenant d'une classe de façon à faire que ce contexte soit un, ait l'unité qui lui fait défaut de par (selon les cas) la variété des origines des élèves ou le brouillage culturel résultant des interactions entre culture(s) d'origine et culture mondialisée issue de l'Occident.

Ainsi définie, la sémio-didactique considère l'enseignant, fortement impliqué dans la démarche méthodologique qui n'est pas une démarche mécanique, comme un analyste-concepteur-adaptateur dont le rôle est d'analyser la situation d'enseignement/apprentissage, les savoirs à acquérir et les éventuels difficultés des apprenants afin de concevoir les contenus d'enseignement pour leur adapter les méthodes et manuels appropriés. Le processus d'apprentissage de la langue étrangère qui s'origine au contact de l'enseignant avec les apprenants, leurs milieux culturels et institutionnels, devient, comme le pensent Bautier et Hébrard (1980) cités par Gourmelin- Berchoud (1996 : 153), « pour une part, rejouer son rapport au monde et au langage, ré-expérimenter ses stratégies relationnelles et cognitives originelles».

Au total, la démarche sémio-didactique s'établit en trois phases ou temps :

- le temps de la reconnaissance des identités respectives,

- le temps de la négociation explicite et implicite du cadre et des positions respectives,

- le temps de l'appréciation des contraintes et enjeux et de l'accommodation au contexte.

Le premier temps est celui qui permet de négocier et de reconnaître les identités individuelles et collectives décrites à travers la peinture de lieux, la symbolisation de l'espace, de petites histoires racontées, les us et coutumes, bref la culture dite, mimée et jouée à laquelle on donne une ampleur plus réelle. Le deuxième temps est celui qui permet de déterminer ou de limiter l'espace scolaire, l'espace matériel et immatériel de la négociation qui est un espace interculturel, et le réseau de positions, de significations et des ressentis. Enfin, le troisième temps est celui qui permet d'apprécier les contraintes liées aux fractures et complexités de la réalité sociale dans le groupe classe et à celles de l'institution, ainsi que les enjeux socio-politico-économiques et intellectuels personnels et collectifs de l'apprentissage. Avec l'association réussie de ces trois temps agencées dans la singularité de chaque classe de langue, Gourmelin-Berchoud (1996:158) pense que « s'envole l'illusion de la classe-type et l'espoir d'une didactique univoque », donnant ainsi aux « interactants » langagiers la capacité à « assumer la complexité du vivant ».

Le fait que la sémio-didactique de Gourmelin-Berchoud embrasse et interroge le signe dans toute sa complexité et ceci en rapport avec les identités de toutes les composantes du groupe classe est largement positif pour matérialiser l'aspect sémiologique de la démarche. Pourtant, on ne saurait afficher un triomphalisme exagéré, les raisons de cette hésitation provenant du fait que même si les procédures adoptées créent l'espoir d'une méthode totale, elles rendent en même temps les leçons un peu trop abstraites. En effet, la reconnaissance des identités ne peut en aucun cas se faire tous les jours ou au début de toutes les leçons, et encore moins toute l'année. Prioritairement, elle pourrait être une phase de leçon pour débutants, mais difficilement pour des apprenants ayant un niveau avancé, ce qui rend difficile sa systématisation.

Par ailleurs, aucune insistance n'est faite sur les contenus d'enseignement, ce qui rend les leçons à la fois superficielles et autrement aléatoires. Toutes ces lacunes peuvent peut-être se justifier par le fait que Gourmelin-Berchoud n'a dessiné que des pistes pour une démarche à affiner et à parfaire plus tard. Peut-être que de telles lacunes pourraient être comblées dans la démarche plus systématique que propose Amor Séoud.

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