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Les enjeux de la coopération sino-africaine

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par Awuve Koffi Afetogbo AZILAN
Ecole Nationale d'Administration du Togo - Diplome de Cycle III de l'ENA, Option Diplomatie 2008
  

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Paragraphe II : Les moyens diplomatiques

Le succès diplomatique de la Chine en Afrique est dû entre autres au soutien qu'elle apporte aux régimes qui sont en délicatesse avec la communauté internationale (A). Son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies est un autre atout dont il se sert souvent pour protéger ses alliés africains (B).

A- Le soutien aux régimes décriés par la communauté internationale

L'une des divergences entre les occidentaux et la Chine quant à leur coopération avec l'Afrique réside en ceci que la Chine, du fait de son sacro-saint principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures, n'impose pas des exigences relatives à la démocratie. Du coup, les pays qui sont abandonnés ou décriés par la communauté internationale, justement parce qu'ils ne répondent pas aux normes de bonne gouvernance, se tournent donc vers la Chine pour s'assurer le soutien et la protection d'un « grand ». C'est ainsi que le Président du Zimbabwe, Robert Mugabe, pour faire face à l'isolement international consécutif à la réforme agraire, a entrepris une politique d'ouverture envers la Chine. Il déclarera à l'occasion du 25e anniversaire de l'indépendance de son pays : «  il nous faut nous tourner vers l'Est, là où se lève le soleil ».

La récente tentative chinoise de débarquement de cargaison d'armes dans une atmosphère de crise électorale au Zimbabwe illustre bien la politique de la Chine.

Toujours attachée au respect sourcilleux de son principe de non ingérence et de respect inconditionnel de la souveraineté, la Chine apporte son soutien indéfectible au régime d'Omar El Béchir alors que celui-ci est marginalisé par la communauté internationale à propos de la guerre au Darfour. Si le Soudan s'est pendant longtemps opposé au déploiement de troupes onusiennes sur son sol, c'est grâce au soutien de Pékin.

Cette méthode de la Chine provoque une levée de boucliers de par le monde mais rencontre un écho incontestable en Afrique. Pour Pékin, la Chine reconnaît la démocratie comme valeur universelle mais refuse d'admettre que son insémination dans les pays doit se faire selon le même rythme. Son exemple de réussite économique est là pour clouer le bec à tous ceux qui pensent que la démocratie est le seul système au monde qui garantie le développement et le progrès social. Le temps est révolu où le développement de l'Afrique n'était analysé qu'à travers le seul prisme des politiques néo libérales promues par les pays occidentaux et leurs relais technocratiques à savoir les institutions de Bretton-Woods dont les politiques d'ajustement ont toutes échoué sur le continent57(*).

Si la Chine a pu réussir à résister aux tentatives de la communauté internationale de lui imposer un système de gouvernement, c'est surtout grâce à son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, statut qui rassure ces partenaires africains.

B- Le droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU

Si le principe de l'égalité juridique des Etats est largement admis en droit international, la réalité laisse apparaître des disparités entre eux. Tous les Etats n'ont pas la même capacité à influencer les évènements dans les relations internationales. Même parmi les pays avancés, ceux qui sont membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU ont plus d'influence. La Chine fait parti des cinq Etats qui disposent du droit de veto et elle n'hésite aucunement à en faire usage pour protéger ses alliés africains. C'est ainsi qu'elle a menacé à plusieurs reprises en juillet puis en septembre 2004 d'utiliser son droit de veto pour s'opposer à l'adoption de sanctions contre le Soudan à propos du conflit au Darfour. En effet, la résolution 1564 qui menace Khartoum n'a pu être adoptée que grâce à l'abstention de la Chine qui en échange, avait obtenu un amendement du texte.

Ce « package diplomatique58(*)» que la Chine apporte aux pays africains leur confère une certaine assurance et constitue pour eux un rempart contre les sévices diplomatiques de la communauté internationale suite à certains de leurs choix. Nul n'ignore que bien souvent, les prises de position de la communauté internationale ont plus pour but de protéger les intérêts des puissances que pour répondre aux exigences d'une morale internationale. Sous prétexte de démocratisation, les puissances occidentales interviennent dans les pays pauvres, y font et défont les régimes au gré de leurs intérêts. La Chine, par son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité peut assurer la protection de ses alliés africains, ce qui ne fait que renforcer l'attrait qu'elle exerce sur eux.

Cette méthode de la Chine suscite le courroux des autres puissances mais il y a lieu de s'interroger sur le bien fondé des réactions en chaîne de l'Occident, étant entendu qu'elle procède presque de la même façon. Comment peut-on comprendre la position de la France qui s'érige en champion des droits de l'Homme et de la démocratie mais qui, au gré des ses intérêts, soutient des régimes dictatoriaux en Afrique tel que celui d'Idris Deby alors qu'elle pourfend celui de Gbagbo ou soutient une opération militaire pour chasser un Chef d'Etat du pouvoir (Île d'Anjouan) au nom de la démocratie ? Tout compte fait, la Chine continu de s'abstenir de mélanger le « business » et la politique dans ses rapports avec le monde noir.

Le compagnonnage entre la Chine et l'Afrique a des origines très anciennes. Il a beaucoup évolué et se situe dans un processus dynamique. Les relations sino-africaines préoccupent nombre d'analystes qui planchent sur les perspectives qu'elles réservent pour le continent notamment en termes de développement.

* 57 En prônant « le tout libéral » et une réduction drastique du rôle de l'Etat, ils ont enfoncé les économies africaines déjà fragiles. La privatisation des sociétés d'Etat en Afrique n'a profité dans la majorité des cas, qu »aux investisseurs étrangers, étant attendu qu'en Afrique, l'épargne privée est pratiquement inexistante ; or, sans épargne, il ne saurait y avoir d'investissement. Le désengagement de l'Etat a également eu pour conséquence la déstructuration et l'obsolescence des systèmes éducatifs et sanitaires, autant de facteurs qui ont mis plus que jamais à genou les Etats d'Afrique.

* 58 L'expression est de Valery Niquet, in «la stratégie africaine de la Chine », Politique Etrangère, Février 2006.

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