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La problématique de la rénovation des sciences sociales africaines;lecture et reprise de la théorie searlienne de la construction de la réalité sociale

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par Barnabé Milala Lungala Katshiela
Université de Kinshasa et université catholique de Louvain - Thèse de doctorat 2009
  

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2.3.1.2. L'explication causale, structurale et/ou systémique, et dialectique

A. Fonctionnalisme et structuralisme

Nous présentons ici le point de vue qui reprend autrement les rapports entre le présupposé principal du fonctionnalisme : le Tout et ses parties. Le fonctionnalisme est le contraire du structuralisme. La détermination structurale ou systémique dans la méthodologie durkheimienne constitue le fondement de l'explication fonctionnelle : elle en est la raison, elle l'explique.272(*) Le rapport entre le fonctionnalisme et le structuralisme s'établit ici : l'action causale des parties sur le tout est structural ; l'action causale exercée par un phénomène social sur le tout social est elle-même déterminée par le tout social, est fonctionnelle.273(*)

Ces approches constituent « une manière de traduire les phénomènes en termes scientifiques adéquats - en l'occurrence en variables- mais également d'une représentation globale et générique, d'un modèle de fonctionnement ».274(*) Le causalisme appelle l'image d'une vaste machine. La machine implique à son tour l'idée de fonctionnement et peut dériver vers cette autre image de l'organisme. «  L'idée commune est qu'un phénomène A va avoir une fonction, ou jouer un rôle... dans un organisme vivant, la complexité des mouvements impliqués est si grande et si secrète que ce qui apparaît déterminant est la fonction remplie par les organes ».275(*)

B. Le structuralisme de Lévi-Strauss

La transformation de l'approche structuraliste de Claude Lévi -Strauss en une approche pragmatico - intentionnelle passe par la logique. La notion de cause ou plus exactement la relation de cause à effet que suppose le structuro -fonctionnalisme est analysée en logique comme une implication stricte : « p implique strictement q » comme « il est nécessaire que p implique q ». Cette position est soutenue aussi par Thierry Lucas276(*).

Ainsi, « une relation entre phénomènes (peut être) décrite en termes de variables, de fonctions ou de structure. (...) Le structuralisme (...) relève de modèles formels tout aussi rigoureux, ce que Lévi- Strauss ne manque pas de rappeler ».277(*) Dès lors, on peut «  rejeter le vocabulaire et les métaphores organicistes au profit de langage alternatif : celui d'une codification logique de l'analyse fonctionnelle ».278(*)

C. Essai de reconstruction historique

La conception du structuralisme participe de la vision cartésienne de la Nature. De cela Linné dégage quatre variables, « toute note doit être tirée du nombre, de la figure, de la proportion, de la situation » (philosophie botanique, 299, cité par M. Foucault, 1966, p.146).279(*) Lorsque nous suivons Robert Franck nous découvrons que le cartésianisme, c'est-à-dire ses concepts généraux et sa causalité mécanique, s'affine progressivement avec les auteurs qui travaillent sur la question.

Le point de vue de la philosophie de la Nature à la suite de René Descartes et le point de vue de la linguistique structurale peuvent nous aider à remonter la reconstruction. « La structure pour le naturaliste cartésien, est la configuration des pièces d'un être vivant dans l'espace selon un ordre déterminé ».280(*) Cependant, « la structure d'une langue ne se réduit pas aux relations qu'on peut observer entre ses composantes, elle en est la syntaxe, c'est-à-dire les règles qui fixent les relations autorisées entre les unités de la langue. Lévi-Strauss oppose (ainsi) les structures sociales aux relations sociales ».281(*) Ici, d'un point de vue de la philosophie de la Nature, nous pouvons voir le passage de la physique de Descartes à celle de Leibniz qui introduit une métaphysique dynamique en réaction contre la métaphysique statique de Descartes. C'est-à-dire que Leibniz tente de réduire l'espace géométrique à l'arithmétique. «  Leibniz refuse ici de lier le nombre à la quantité, (...) la monade, l'unité substantielle qui sur le champ physique se manifeste par la force ».282(*)

Ainsi appliquée au fonctionnalisme par rapport à l'anatomie et à la physiologie, cette similitude se présente comme suit : « tout comme l'anatomie enseigne la situation, la grandeur, la figure, la relation et la constitution des parties du corps, la physiologie fixe l'usage, l'utilité et l'emploi de ces mêmes parties »283(*). La causalité descendante devient réciproque en biologie. « La liaison causale mécanique, explique Kant, telle qu'elle est pensée par l'entendement constitue une série de causes et d'effets qui descend toujours ; et les choses qui comme effets, en supposent d'autres comme causes, elles ne peuvent par contre être causes en même temps de celles-ci. Mais on peut aussi concevoir une liaison causale qui, comme série, montrerait une dépendance aussi bien descendante qu'ascendante ».284(*)

Claude Bernard ajoute, en 1865, le concept de causalité réciproque qui souligne le fait que la structure organique a un caractère hiérarchique.285(*) A partir de ce moment, l'idée des relations entre le Tout et ses parties est abandonnée pour passer à l'idée d' « une pluralité de niveaux où les composantes de chacun des niveaux sont à la fois partie et tout, partie d'une composante du niveau supérieur et tout d'une série de composantes du niveau inférieur ».286(*)

L'auteur illustre cela de la manière que voici : « Un estomac par exemple, ne résulte pas seulement de la nature et des proportions des tissus, mais encore de leur `arrangement' »287(*). Le Tout d'un niveau quelconque ne contient pas ses parties (l'estomac les tissus de l'estomac) il n'est pas autre chose que ses parties, et cependant il est autre chose car il est l' « arrangement » de ces parties selon un certain ordre ».288(*)

A ce niveau nous obtenons les cinq traits majeurs du concept de structure qui ont été élaborés en biologie :

1) La configuration ;

2) La causalité réciproque ;

3) La hiérarchie des niveaux au sens d'arrangements ;

4) Une structure est un «  système de transformation et non pas une forme statique quelconque » écrit Jean Piaget289(*). Il d'agit dès lors de « décrire comment les éléments de la structure se composent progressivement entre eux, et de dégager les lois auxquelles obéit le processus de composition de ces éléments ».290(*)

5) L'autoréglage ou l'auto- organisation de la structure ou du système. Ce concept est élaboré à partir du concept d'équilibre emprunté toujours à la biologie.

* 272 Ibidem, p.280.

* 273 Ibidem.

* 274 Jean-Michel BERTHELOT, « Les sciences du social», dans Epistémologie des sciences sociales, Puf, 2001,p.236.

* 275 Ibidem,p.236.

* 276 Thierry LUCAS, « Sur le concept de nécessité en logique » in Faut-il chercher aux causes une raison ? L'explication causale dans les sciences humaines, Vrin, Paris, 1994, p.234.

* 277 Jean-Michel BERTHELOT, « Les sciences du social», art.cit., ,p.240.

* 278 Ibidem,p.238.

* 279 Ibidem, p.283.

* 280 Robert FRANCK, « Les explications causales, fonctionnelles, systémiques ou structurales et dialectiques, sont -elles complémentaires ? » in Faut-il chercher aux causes une raison ? L'explication causale dans les sciences humaines, Librairie philosophique J.Vrin, Paris, 1994, p.283. Mais, à vrai dire, c'est aux formes empiriques d'associations sociales -non aux relations sociales- qu'il oppose sa conception des structures sociales. Il refuse de qualifier de structure les formes d'association auxquelles se référait généralement la sociologie depuis Durkheim, formes d'association qui étaient au centre de l'approche fonctionnaliste de Parsons, par exemple, ou de Radcliffe-Brown : il ne s'agit pas là de relations singulières, labiles et ponctuelles, mais des réseaux stabilisés de relations, telles que des « organisations ». 

* 281 Robert FRANCK, « Histoire et structure », dans Jean-Michel BERTHELOT (Dir.), Epistémologie des sciences sociales, Puf, Paris,2001 ,p.345.

* 282 ELUNGU PENE ELUNGU, Etendue et connaissance dans la philosophie de Malebranche, Librairie philosophique J.Vrin , Paris, 1973, p.23.

* 283 Robert FRANCK, « Les explications causales, fonctionnelles, ... », art.cit. p.284.

* 284 Ibidem, p.284.

* 285 Ibidem, p.285.

* 286 Ibidem.

* 287Robert FRANCK, « Les explications causales, fonctionnelles, systémiques ou structurales et dialectiques, sont -elles complémentaires ? » ,p.285.

* 288 Ibidem, p.286.

* 289 Ibidem, p.287.

* 290 Ibidem.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe