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Optimisation du système d'entretien du réseau routier du bénin : impacts spécifiques du PASR

( Télécharger le fichier original )
par Adétutu A. Enagnon B. YEBADOKPO
UPIB et Université Catholique de Lille - MBA en Gestion de Projets et Management de Qualité 2008
  
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REPUBLIQUE DU BENIN

Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS)

&

Université Polytechnique Université Catholique de

Internationale du Bénin (UPIB) Lille (UCL)

Complexe d'Enseignement Polytechnique Universitaire du Bénin

CEPIB Formation

MEMOIRE DE : MASTER en ADMINISTRATION des AFFAIRES (MAA)

Filière : Option :

Sciences de Gestion Gestion de Projets et Management

de Qualité (GPMQ)

THEME :

« OPTIMISATION DU SYSTEME D'ENTRETIEN DU RESEAU ROUTIER DU BENIN :

Impacts spécifiques du PASR»

Présenté et soutenu par : Direction de mémoire :

Adétutu A. E. B. YEBADOKPO Gilbert ZINZALO

Expert en Développement Local et

Spécialiste en Evaluation de Projet

Session de Octobre 2009 - Promotion : 2008 - 2009

JURY DE SOUTENANCE :

PRESIDENT DU JURY

Dr CAPO-CHICHI Olivier

MEMBRE DU JURY

ADELABOU Saïdou

MEMBRE DU JURY

ZINZALO Gilbert

AVERTISSEMENT

L'université Polytechnique Internationale du Bénin (UPIB) et l'Université Catholique de Lille (UCL) n'entendent donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans cette recherche. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.

REMERCIEMENTS

Cette oeuvre est le fruit de plusieurs mois de recherche au sein de la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) du Ministère en charge des Transports et des Travaux Publics (MTTP) réalisée grâce à l'appui d'un certain nombre d'institutions et de personnes ressources qui nous ont soutenues durant toute la période. Dans cette optique, mes remerciements s'adressent de façon particulière à :

· la DANIDA et l'Etat béninois à travers le Programme d'Appui au Secteur Routier (PASR) pour m'avoir permis de capitaliser maintes expériences en matière d'aménagement et de maintenance des infrastructures routières et, de rechercher une perception et une compréhension intelligibles sur les questions de durabilité et d'efficience des investissements dans le secteur routier en général et particulièrement dans l'exploitation et la sauvegarde du patrimoine routier.

· l'Université Polytechnique Internationale du Bénin (UPIB) et particulièrement au personnel enseignant d'encadrement des MBA, option Gestion de Projets et Management de Qualité de l'année 2008-2009 pour m'avoir offert l'opportunité de contribuer à l'édifice national en abordant un thème crucial du soutien au développement relatif à « l'optimisation du système d'entretien routier du Bénin ».

· Mr. Gilbert ZINZALO pour mon ultime reconnaissance pour vos pertinentes et promptes recommandations et observations.

· Tous les étudiants de MBA-UPIB promotion 2008-2009 et particulièrement ceux de l'option Gestion de Projets et Management de Qualité (GPMQ) sont ici vivement remerciés pour leur franche et prompte collaborations.

· Mon épouse, mes enfants et parents pour les multiples sacrifices qu'ils ont dû consentir tout au long de cette formation diplômante et qualifiante et, plus spécifiquement lors de la présente recherche, sont chèrement invités à y trouver un profond soulagement ; ce travail leur est dédié.

· La Providence, que Dieu reconnaisse à partir des résultats de recherche récapitulés dans ce mémoire l'oeuvre de sa clairvoyance à travers l'une des missions de la modeste personne qu'Il incarne en moi.

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Comparaison de l'IDH dans quatre (04) pays africains 18

Tableau 2 : Etat du réseau routier national classé au 31 août 2008 27

Tableau 3 : Durée de vie de la route 38

Tableau 4 : Bilan économique global pour une route bitumée de 100 km 39

Tableau 5 : Comparaison des prix unitaires moyens des travaux d'entretien routier 49

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Evolution du PIB par habitant au Bénin entre 1980 et 2008 16

Graphique 2 : Répartition du PIB par secteur d'activités au Bénin en 2005 17

Graphique 3 : Evolution de la croissance économique au Bénin entre 1991 et 2007 17

Graphique 4 : Nature du réseau routier classé du Bénin en 2008 27

Graphique 5 : Evolution de l'état du réseau routier classé béninois de 2005 à 2008 28

Graphique 6 : Evolution du taux d'exécution physique de l'entretien de 2005 à 2008 29

Graphique 7 : Evolution de l'importance des types d'entretien routier au Bénin 30

Graphique 8 : Importance des travaux d'entretien courant du système actuel 33

Graphique 9 : Influence de l'entretien courant sur la qualité de la route en terre 35

Graphique 10 : Approche économétrique pour optimiser l'entretien et la remise

en état des routes 40

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Cycle de vie d'une route 37

Figure 2 : Processus simplifié de prise de décisions pour l'entretien 43

Figure 3 : Procédures du cycle du système de gestion du patrimoine routier 44

LISTE DES PHOTOGRAPHIES

Photo 1 : Chaussée dépourvue de couche de roulement (latérite) 31

Photo 2 : Chaussée dépourvue de couche de roulement (latérite) et sans drainage 31

Photo 3 : Chaussée affaissée 31

Photo 4 : Chaussée amortie 31

Photo 5 : Peau de crocodile 31

Photo 6 : Erosion de talus et fossé ensablé 32

Photo 7 : Route enherbée et visibilité réduite 32

Photo 8 : ouvrage bouché et ne pouvant fonctionner 32

Photo 9 : Vieille route déjà amortie 32

Photo 10 : Epaufrures de l'accotement 32

Photo 11 : Amélioration des infrastructures du transport rural et

renforcement de l'accessibilité et de la mobilité 50

Photo 12 : Le désenclavement comme une condition indispensable et préalable

à la production et à la croissance économique 51

Photo 13 : Qualité améliorée du RP exécuté par une PME avec la méthode HIMO 52

Photo 14 : Qualité améliorée du PTB (bicouche) exécuté avec la méthode HIMO 52

Photo 15 : Qualité améliorée du RAC exécuté par une PME avec la méthode HIMO 52

Photo 16 : Exécution du rechargement d'accotement (RAC) 52

Photo 17 : Reproductivité de la technologie HIMO 54

Photo 18 : Forte utilisation de la main d'oeuvre locale dans les travaux HIMO 54

Photo 19 : Participation de la main d'oeuvre féminine (approche genre) 54

LISTE DES CARTES

Carte 1 : Carte politique et administrative du Bénin 13

Carte 2 : Carte de transport routier terrestre du Bénin 22

LISTE DES ANNEXES

Références bibliographiques : a

Annexe 1 : Estimation des revenus versés aux ouvriers et manoeuvres

sur les chantiers HIMO

Annexe 2 : Délai de passation des marchés des travaux d'entretien courant

Annexe 3 : Organigramme de la DGTP du MTTP

Annexe 4 : Projections des ressources du Fonds Routier (2009-2013)

Annexe 4 bis : Projections des emplois du Fonds Routier (2009-2013)

Table des matières : k

SOMMAIRE

AVERTISSEMENT i

REMERCIEMENTS ii

LISTE DES TABLEAUX iii

LISTE DES GRAPHIQUES iv

LISTE DES FIGURES v

LISTE DES PHOTOGRAPHIES vi

LISTE DES CARTES vii

LISTE DES ANNEXES viii

SOMMAIRE ix

LISTE DES ABREVIATIONS xi

PREAMBULE xii

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE : CONTEXTE ET CADRE DE RECHERCHE 3

1.1. CONTEXTE DE RECHERCHE 4

1.1.1. PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE RECHERCHE 4

1.1.2. METHODOLOGIE ET ORGANISATION DE RECHERCHE 6

1.1.3. CLARIFICATION DES CONCEPTS 9

1.2. CADRE DE RECHERCHE 13

1.2.1. DESCRIPTION DU CADRE GENERAL 13

1.2.2. DESCRIPTION DU CADRE SPECIFIQUE 19

1.2.3. RESEAU DE TRANSPORT ROUTIER TERRESTRE DU BENIN 22

DEUXIEME PARTIE : ANALYSE DIAGNOSTIQUE ET PROCESSUS D'OPTIMISATION

DU SYSTEME D'ENTRETIEN ROUTIER DU BENIN 24

2.1. ANALYSE DIAGNOSTIQUE DU SYSTEME D'ENTRETIEN ROUTIER 25

2.1.1. FORCES DU SYSTEME D'ENTRETIEN DU PATRIMOINE ROUTIER 25

2.1.2. FAIBLESSES DU SYSTEME D'ENTRETIEN DU PATRIMOINE ROUTIER 26

2.1.3. OPPORTUNITES DU SYSTEME D'ENTRETIEN DU PATRIMOINE ROUTIER 36

2.1.4. MENACES DU SYSTEME D'ENTRETIEN DU PATRIMOINE ROUTIER 36

2.2. PROCESSUS D'OPTIMISATION DU SYSTEME D'ENTRETIEN ROUTIER DU BENIN 37

2.2.1. PROCESSUS DE REDUCTION DES COÛTS DES TRAVAUX D'ENTRETIEN 37

2.2.2. PROCESSUS D'AMELIORATION ET DE RENFORCEMENT DE LA QUALITE

DES TRAVAUX D'ENTRETIEN 42

2.2.3. PROCESSUS DE REDUCTION DES DELAIS DANS LE SYSTEME D'ENTRETIEN 47

TROISIEME PARTIE : LES IMPACTS SPECIFIQUES DU PASR DANS L'OPTIMISATION

DU SYSTEME D'ENTRETIEN 48

3.1. IMPACTS DU PASR DANS L'OPTIMISATION DU SYSTEME D'ENTRETIEN 49

3.1.1. IMPACTS LIES A LA REDUCTION DES COÛTS DES TRAVAUX 49

3.1.2. IMPACTS LIES A L'AMELIORATION ET AU RENFORCEMENT QUALITATIFS

DES TRAVAUX 50

3.1.3. IMPACTS LIES A REDUCTION DES DELAIS DANS LE SYSTEME D'ENTRETIEN 55

3.2. APPORTS DU PASR DANS LA DEFINITION DES STRATEGIES TECHNIQUES POUR

LE SYSTEME D'ENTRETIEN 56

3.2.1. APPUI DU PASR A LA STRATEGIE TECHNIQUE D'AMENAGEMENT ET

D'ENTRETIEN DES ROUTES CLASSEES 56

3.2.2. APPUI DU PASR A LA STRATEGIE NATIONALE DE TRANSPORT RURAL 60

RECOMMANDATIONS ET SUGGESTIONS 63

A L'EGARD DE L'ETAT 63

1. INDISPENSABLE VOLONTE POLITIQUE ETATIQUE 63

2. MOYENS A METTRE EN OEUVRE A COURT ET MOYEN TERMES PAR L'ETAT 64

A L'EGARD DES PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS 66

A L'EGARD DES COMMUNES/COMMUNAUTES 66

CONCLUSION 67

Annexes 69

Références bibliographiques a

Table des matières k

LISTE DES ABREVIATIONS

AFERA Association des Fonds d'Entretien Routier Africains

AGEPAR Association des Gestionnaires et Partenaires Africains de la Route

AICPR Association Mondiale de la Route

ALCRER Association de Lutte Contre le Racisme, l'Ethnocentrisme et le Régionalisme.

BB Béton Bitumineux

BDR Banque de Données Routières.

BE Bureau d'Etudes.

CEV Coût d'Exploitation des Véhicules.

CGLU Comités et Gouvernements Locaux Unis

CNERTP Centre National d'Essais et de Recherche en Travaux Publics.

CNSR Centre National de Sécurité Routière

CPMP Cellule de Passation des Marchés Publics.

CRP Centre de Recyclage et de Perfectionnement.

CSEC Chef du Service de l'Entretien Courant.

CSEP Chef du Service de l'Entretien Périodique.

D.A.O Dossier d'Appel d'Offres.

D.C.E Délégation de la Commission Européenne au Bénin.

DANIDA Danish International Development Agency ou Agence Danoise de Coopération

Internationale pour le Développement.

DDTTP Direction Départementale des Transports et des Travaux Publics.

DER Direction de l'Entretien Routier.

DFR Direction du Fonds Routier.

DGTP Direction Générale des Travaux Publics.

DMTP Direction des Matériels des Travaux Publics.

DNMP Direction Nationale des Marchés Publics.

DPSE Direction de la Planification et du Suivi-Evaluation.

DTAO Dossier Type d'Appel d'Offres

EC Entretien Courant.

ECC Enduits Coulés à Chaud

ECF Enduits Coulés à Froid

EP Entretien Périodique.

ES Enduit Superficiel

FADeC Fonds d'Appui au Développement Communal.

FED Fonds Européen de Développement.

FMI Fonds Monétaire International

FR Fonds Routier.

GAR Gestion Axée sur les Résultats

GENIS Gestion de l'Entretien par Niveau de Service

GIRR Gestion Intelligente des Réseaux Routiers

HDM IV Highway Development and Management System ou Système de développement

et de gestion des routes, version 4

IDH Indice de Développement Humain

IRI International Roughness Index ou Indice de Rugosité International

INSAE Institut National des Statistiques et de l'Analyse Economique

ITR Infrastructure de Transport Rural

Km Kilomètre

MEF Ministère de l'Economie et des Finances.

MTTP Ministère Délégué Chargé des Transports et des Travaux Publics.

OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economiques

OHADA Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires.

PASR Programme d'Appui au Secteur Routier.

PDER Programme de développement Economique Rural

PIB Produit Intérieur Brut

PME Petite et Moyenne Entreprise.

PST Projet Sectoriel des Transports.

PTB Point-à-Temps Bitume.

PTF Partenaire Technique et Financier

PTT Point-à-Temps Terre

RD Reprofilage Lourd ou dense

RGPH 3 Recensement Général de la Population et de l'Habitat, 3ème édition

RN Route Nationale.

RNIE Route Nationale Inter-Etats.

RONET Road Network Evaluation Tools

RR Reprofilage Rapide ou léger

SBDR Service de la Banque des Données Routières.

SEE Service des Etudes Environnementales

SGE Système de Gestion de l'Entretien

SIRGPR Service de l'Inspection, de la Réglementation et de la Gestion du Patrimoine

Routier.

SLC Service Logistique et Comptable.

SNTR Stratégie Nationale de Transport Rural

SPR Service des Pistes Rurales

SPSE Service de la Programmation et du Suivi-Evaluation.

SSATP Sub-Saharan African Transport Policy Program ou Programme de Politiques de

Transports en Afrique Sub-Saharienne.

SST Stratégie Sectorielle des Transports

TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée.

UE Union Européenne.

Construire la route est une nécessité, toutefois la maintenir en bon état est très délicate et onéreuse mais indispensable pour la durabilité et la pérennisation des avantages monétaires acquis.

INTRODUCTION

Le développement d'un système de transport efficace fondé sur un réseau d'infrastructures correctement exploité et entretenu constitue une condition sine qua non de réussite de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté au Bénin (SCRP). Cette stratégie s'inscrit dans le cadre des stratégies mondiales, régionales voire nationales notamment les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Programme d'Actions de Bruxelles (PAB) en faveur des pays les moins avancés, la Déclaration de Paris, le Nouveau Partenariat Africain pour le Développement (NEPAD), les Perspectives à moyen et long terme : Bénin 2025 ALAFIA.

Le secteur des transports assurant la mobilité des personnes et des biens reste en amont le pilier essentiel pour l'atteinte des objectifs de développement ciblés.

Une meilleure structuration routière et un service routier performant encouragent de meilleures productions. La permanente accessibilité des utilisateurs et bénéficiaires des routes (à juste coût) aux marchés, lieux de création de richesse, services sociaux de base... suppose en amont une optimale maintenance des infrastructures. Et, en Afrique notamment au Bénin, l'infrastructure matérielle au même titre que le service financier entrave fortement le développement au lieu de le promouvoir ; l'infrastructure regroupe ici les télécommunications, l'électricité, l'eau potable, le transport et les autres interconnexions pour lesquelles la route demeure le noeud structurant.

Une plus grande efficacité dans l'exploitation et l'entretien des installations existantes procurerait de substantiels avantages dont notamment la durabilité du type d'infrastructure considéré lié à son système.

Afin de rendre performant le système de l'entretien routier, des réformes institutionnelles avaient été opérées en 1996 au niveau du Fonds Routier en vue de stabiliser et de sécuriser les ressources affectées à l'entretien routier et au fonctionnement de l'actuelle DGTP en vue d'assurer une gestion plus efficiente de l'entretien routier pour garantir un niveau de service adéquat au réseau. La mise en oeuvre de ces réformes appuyée par le projet sectoriel des transports (PST démarré en 1996) avait permis la mise à niveau des différents axes routiers et l'amélioration du système de l'entretien routier. Le réseau routier du Bénin était devenu, avec le niveau de service satisfaisant offert aux usagers, l'un des réseaux routiers de la sous région ouest africaine les plus appréciés, car bien entretenu. De même, la situation financière du Fonds Routier était devenue bonne au point d'enregistrer une surliquidité exceptionnelle sur l'exercice 2000. En 2001, une nouvelle classification est intervenue. L'engouement alors suscité par cette opération a conduit au reversement de près de 2.600 km de pistes dans la classe des routes nationales RN pour les rendre éligibles au financement du Fonds Routier. Cette nouvelle classification a été consacrée par le Décret n°2001-092 du 20 février 2001. Le réseau routier classé est ainsi passé d'un linéaire de 3425 km à 6076 km et, à partir de 2005 ne satisfait plus aux critères de compétitivités pour le soutien au développement.

Aujourd'hui, la performance du système d'entretien reste peu visible. De nombreux partenaires au développement notamment la DANIDA, l'Union Européenne, le FIDA, la Banque Mondiale... se sont intéressées à la recherche de cette performance pour le Bénin à travers différents projets /programmes routiers (PST, PASR) dont les résultats en terme de route ou de pistes nécessitent un système d'entretien plus rigoureux.

Optimiser ses systèmes d'entretien du réseau routier béninois apparaît comme indispensable à la performance de ce système.

En effet, c'est dans le but de contribuer à cette optimisation que nous nous sommes proposés dans le cadre de l'obtention du diplôme de Master en Administration des Affaires, Option : Gestion de Projets et Managements de Qualité, de réfléchir sur le thème : « Optimisation du système d'entretien du réseau routier du Bénin : Impacts spécifiques du PASR ». L'élaboration du rapport de recherche sur ce thème exige une organisation subdivisée en plusieurs parties dont notamment :

1. Une première partie qui présente le contexte et le cadre de recherche ;

2. Une deuxième partie consacrée à l'analyse diagnostique du système actuel et la procédure d'optimisation pour aboutir à un efficace système ;

3. Une troisième partie qui aborde les impacts spécifiques du PASR liés aux paramètres de performance indiqués dans la partie précédente.

Enfin, des recommandations et suggestions en vue de permettre une réelle optimisation du système d'entretien du patrimoine routier national sont formulées à l'égard du gouvernement, des partenaires technico-financiers et des communes/communautés.

PREMIERE PARTIE :

CONTEXTE ET CADRE DE RECHERCHE

1.1. CONTEXTE DE RECHERCHE

1.1.1. PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE RECHERCHE

1.1.1.1. PROBLEMATIQUE ET FINALITE DE RECHERCHE

1.1.1.1.1. Problématique de recherche

Le réseau routier béninois, depuis 2005, ne parvient plus à assurer son rôle de soutien logistique à la croissance et au développement.

La structure routière en place est globalement mal entretenu et, ne peut répondre efficacement aux attentes ni des usagers ni de l'administration routière.

Le faible taux d'exécution de la campagne d'entretien de 2008 est la conséquence d'une suite de défaillances dans le système d'entretien du réseau routier du Bénin.

Les besoins en travaux d'entretien sont de plus en plus croissants face à l'insuffisance des ressources de financement.

Les conditions de transport rural ne permettent pas encore l'augmentation de la production agricole vue leur faiblesse et leur de degré de praticabilité. Le réseau routier rural et le réseau routier classé sont complémentaires. Cependant, le réseau tertiaire est l'objet de peu d'attention sous prétexte de l'insuffisance de ressources.

Les questions formulées à partir de ces constats sont :

1. Les travaux d'entretien planifiés et exécutés correspondent-ils aux besoins réels du réseau routier ?

2. Les travaux sont-ils exécutés à bonne date ?

3. Le financement disponible pour l'entretien est-il mieux réparti en fonction de l'importance de chaque type d'entretien ?

4. Les coûts des travaux d'entretien engagés reflètent-ils la qualité des travaux exécutés ?

5. A qui incombe le financement de l'entretien du réseau routier rural ?

Les différentes questions ainsi posées nous permettent de formuler l'objectif global de la présente recherche.

1.1.1.1.2. Finalité de recherche

L'objectif global ou la finalité de cette étude est de contribuer à l'amélioration du système d'entretien du réseau routier béninois en évaluant la performance du système actuel et en proposant des alternatives pour mieux sauvegarder le patrimoine.

1.1.1.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES ET HYPOTHESES DE RECHERCHE

1.1.1.2.1. Objectifs spécifiques de recherche

Il s'agira pour nous de :

· Diagnostiquer et d'analyser les faiblesses actuelles du système d'entretien du réseau routier classé dont la défaillance est caractérisée en fin 2008 par un taux d'exécution de moins de 30% du programme d'entretien en dépit de la mobilisation adéquate des ressources financières nécessaires. L'entretien du réseau routier rural est quasi inexistant malgré les efforts enregistrés lors du PASR 1 et PASR 2 (en cours). Cet état de chose est préjudiciable pour la durabilité des infrastructures et donc pour la pérennisation des avantages économiques ;

· Contribuer à une meilleure utilisation du financement disponible pour l'entretien par l'amélioration de la planification des besoins d'entretien et du cadre institutionnel et organisationnel de prise de décisions ;

· Contribuer à la mise en place d'un système efficace de gestion et d'entretien intégré et global en formulant les objectifs d'entretien à partir des normes d'une part et, en proposant des indicateurs de performance et de contrôle de l'assurance qualité d'autre part.

1.1.1.2.2. Hypothèses de recherche

Pour aborder la problématique ci-dessus définie, nous formulons les hypothèses de recherche suivantes :

1. La défaillance du système d'entretien est due à la mauvaise connaissance du réseau routier et à une absence de maîtrise des outils de management ;

2. L'inefficacité du système actuel d'entretien du réseau routier réside dans une mauvaise définition des objectifs et normes d'entretien ;

3. L'absence de cadre stratégique et politique handicape une mise en oeuvre responsable de l'entretien du réseau routier classé ou non ;

4. La faible performance de l'entretien du réseau routier rural est liée aux contraintes de la décentralisation d'une part et, à la faiblesse des capacités communales d'autre part.

1.1.2.  METHODOLOGIE ET ORGANISATION DE RECHERCHE

1.1.2.1.  METHODOLOGIE DE RECHERCHE

1.1.2.1.1. Liminaire

La méthode de recherche vise à récapituler les meilleures pratiques en matière de système de transport routier et plus particulièrement en système de gestion et d'entretien du patrimoine routier d'une part, et de l'autre, à les confronter aux réalités et contraintes du Bénin.

Il sera par ailleurs question de :

· Explorer les pratiques systémique et stratégique dans l'entretien routier

· Proposer des solutions pour la diversification des recettes financières du Fonds Routier en vue d'un accroissement significatif de ses ressources afin qu'il assure mieux la satisfaction de tous les besoins d'entretien routier national.

· Faire l'analyse comparative des situations économiques à n années d'exploitation par rapport à l'année de référence (évaluation du bilan économique instantané; ce ratio devra être positif autrement il traduit une contre performance de l'infrastructure), estimation des avantages nets instantanés en comparaison aux coûts de maintenance...

· Evaluer les paramètres et indicateurs économiques de performance tels la durée utile du trajet, le nombre (intensité) de trafic, le nombre d'accidents, le volume (importance) des flux de marchandises, la comparaison des charges d'exploitation, l'appréciation des nuisances et autres désagréments aux riverains...

Pour parvenir aux objectifs spécifiques définis plus haut, notre démarche de recherche en vue de la vérification des hypothèses s'articule fondamentalement autour d'une approche participative exprimée à travers les icônes ci-après :

1. Une analyse diagnostique du système d'entretien du réseau routier à l'aide de l'outil FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces). Toutefois, les faiblesses et les menaces feront surtout l'objet d'analyse et de commentaires ; les acquis positifs devant être pérennisés ;

2. L'exploration des meilleures pratiques dans la sous région et dans le monde.

1.1.2.1.2. Processus méthodologique

Pour mener efficacement ce travail de recherche, nous avons procéder de la façon ci-après :

1. Discussion avec les professeurs de l'UPIB de l'option Gestion de Projets et Management de Qualité notamment Mr Victor A. ECLOU et notre directeur de mémoire Mr Gilbert ZINZALO afin de préciser le contenu et l'étendue du thème d'une part, et la définition de la problématique d'autre part. Cette étape a permis également de rencontrer les personnes ressources du secteur des transports et plus précisément du sous secteur entretien routier pour appréhender leurs difficultés et leurs attentes pour une meilleure précision du contenu de notre recherche dans le but de parvenir à des résultats exploitables par l'administration routière. Enfin, cette étape nous a permis de préciser la portée de notre recherche et de nous rendre compte de ses limites.

2. L'analyse documentaire consiste à rassembler tous les documents nécessaires à l'approfondissement de notre thème de travail. En effet, l'analyse documentaire concerne l'assemblage des livres, des manuels, des mémoires, des rapports d'activités de l'administration routière, des articles...relatifs au présent thème de recherche. Il faut noter, à l'exception des rapports d'activités et documents officiels de stratégies et d'orientations, qu'il n'existe pas de documents spécifiques dans le sous secteur de l'entretien routier. L'analyse documentaire nous a permis de clarifier convenablement l'essentiel du thème de mémoire ;

3. La collecte, le traitement et l'analyse des données : cette étape a permis d'une part, d'administrer les guides d'entretien confectionnés et d'autre part, de procéder au traitement (dépouillement des guides en relation avec les résultats visés par la recherche, superposition et confrontation des informations recueillies aux sources de l'OCDE ou de l'AICPR, etc.)  et à l'analyse des données (présentation des données sous forme de tableaux, de graphiques, de figures et de photographies afin de faciliter leur compréhension et de permettre une analyse ou une interprétation rapide et efficace) ;

4. La rédaction du rapport du mémoire.

1.1.2.1.3. Limites de l'étude

Les forces du système seront laissées sous silence afin de mieux se concentrer sur la redynamisation et l'amélioration du système.

Dans le cadre de cette recherche et, compte tenu de sa complexité, nous ne pourrons réaliser ni la planification opérationnelle ni la budgétisation des actions ébauchées à partir des résultats et objectifs spécifiques escomptés.

1.1.2.2. ORGANISATION DE RECHERCHE

1.1.2.2.1. Organisation du stage

Les résultats de cette étude sont l'oeuvre de plusieurs mois de travail au sein de la DGTP et plus particulièrement au niveau de la Sous Composante Entretien des routes classées par la méthode HIMO du Programme d'Appui au secteur Routier phase II (PASR 2) démarré en 2006.

1.1.2.2.2. Organisation du mémoire

Les résultats de la présente recherche sont présentés en trois grandes parties. Chaque partie est subdivisée en deux chapitres. Un chapitre comporte au moins deux sections lesquelles renferment plusieurs paragraphes. En somme, le présent mémoire comporte six (06) chapitres, dix huit (18) sections et vingt huit (28) paragraphes.

1.1.3.  CLARIFICATION DES CONCEPTS

1.1.3.1. DEFINITION DE CONCEPTS FONDAMENTAUX

1.1.3.1.1. Définition de « performance »

L'encyclopédie « Encarta 2007 » définit le mot performance comme un :

1. Résultat, généralement remarquable, obtenu au terme d'une épreuve

Exemple : améliorer sa performance 2. Bon résultat obtenu (par un athlète, une équipe ou un cheval de course)

Exemple : des performances stupéfiantes 3. Economie résultat chiffré, souvent positif, obtenu (par une entreprise ou par un État)
[Remarque d'usage: souvent au pluriel]

Exemple : une belle performance boursière 4.

Possibilité optimale (d'une machine ou d'un être humain)
[Remarque d'usage: emploi au pluriel]

Exemple : les performances d'un moteur d'avion

On peut retenir que la performance est le bon résultat, ou la possibilité optimale. Elle est appréciée généralement lors de l'évaluation des résultats d'une action, d'un projet ou d'un programme à partir de ses effets et/ou de son impact. La performance peut également être analysée à travers le suivi régulier et périodique des indicateurs de performance initialement déterminés.

L'évaluation est l'appréciation faite sur l'efficacité, l'efficience, l'impact, la pertinence et la viabilité, ainsi que sur la conception, la réalisation des résultats d'une action.

1.1.3.1.2. Définition de « optimisation »

Optimiser selon l'encyclopédie « Encarta 2007 » est :

1. Réguler (quelque chose) dans le but d'obtenir la plus grande efficacité possible
Synonyme: rationaliser

Exemple : optimiser les ressources humaines.2.

Porter à son maximum
Synonyme: maximiser
Synonyme: maximaliser

Exemple : optimiser la capacité de production.En somme, optimiser signifie mener les actions ou activités de façon cohérente dans le but d'obtenir des résultats de qualité, de grande efficacité en tirant le maximum des ressources et moyens très limités dans un délai réduit.

Ainsi l'optimisation est l'ensemble des actions ou activités pour rendre le plus performant possible les résultats et leurs effets et impacts dans des délais et avec des ressources limités. Il intègre des outils et normes de planification stratégique et opérationnelle, de budgétisation, de contrôle de l'assurance qualité, de management des risques d'une part et, rassemble des indicateurs de suivi et d'évaluation d'autre part.

1.1.3.2. DEFINITION DE CONCEPTS SPECIFIQUES

1.1.3.2.1. Définition de « système d'information »

Les Systèmes d'Information (SI) sont des systèmes de collecte, de stockage, d'analyse et de diffusion des données ou d'informations qui permettent de fournir au moment voulu sous une forme adaptée, les informations pertinentes aux utilisateurs et/ou bénéficiaires.

Les Systèmes d'Information Géographique viennent ajouter la dimension géographique aux Systèmes d'Information.

Les êtres humains vivent dans un espace et leurs actions affectent cet espace. Par conséquent, l'Information Géographique devient extrêmement importante pour toutes les personnes qui doivent prendre des décisions relativement à cet espace. Le Système d'Information Géographique (SIG) est l'outil qui permet d'organiser les informations par l'intermédiaire de leurs positions géographiques. Les SIG ont nettement évolué ces dernières décennies, ils permettaient autrefois de produire des cartes avec une assistance informatique et sont devenus des outils sophistiqués d'analyse d'informations spatialisées. Ils permettent de présenter les résultats sous forme graphique ou disposés en table sous la forme la plus appropriée pour les preneurs de décision.

Le Système d'Information Routier (SIR) est une évolution de l'ancien Système de Gestion des Routes (SGR), qui bénéficie de l'évolution des techniques de communications et de l'information géographique. Il permet de capitaliser la connaissance du patrimoine routier et de la partager entre tous les acteurs concernés (Ministère, Direction générale des routes, Directions départementales, Collectivités locales ...). La connaissance du réseau est un des éléments indispensable pour définir les politiques et stratégies routières en matière d'investissement, d'exploitation, de gestion ou d'entretien.

Un système d'information routière est utilisé aux fins suivantes :

- recueil et stockage des données relatives aux routes, de façon à ce que les données provenant de sources différentes, et relatives au même point ou à la même section de route, puissent être corrélées ou reliées ;

- gestion de différentes données dépendant du type ou de l'objectif des informations souhaitées;

- données doivent être accessibles à tous les utilisateurs pour toutes sortes d'objectifs. Le recueil de données implique une large gamme d'activités. En général, les groupes suivants d'informations peuvent être définis :

- inventaire de données routières (géométrie et équipement),

- données de circulation,

- données d'accidents et de sécurité routière,

- données d'entretien,

- données relatives aux chaussées,

- données financières,

- données quant à l'historique des projets,

- données administratives,

- données météorologiques (température, humidité, etc.),

- données d'environnement (pollution de l'air, niveau de bruit).

1.1.3.2.2. Définition de « système de gestion du patrimoine routier »

Dans le rapport de l'AIPCR de 2008, la gestion du patrimoine est définie tel : « Un processus systématique d'entretien, de modernisation et d'exploitation du patrimoine, associant des principes d'ingénierie à des pratiques commerciales et à une justification économique solides, et fournissant des outils pour encourager une approche plus organisée et plus flexible de prise des décisions nécessaires pour répondre aux attentes de la population »

L'OCDE, à travers son document « Gestion du patrimoine d'infrastructure dans le secteur routier » publié en 2001, définissait la gestion du patrimoine d'infrastructure comme : « Un processus systématique d'entretien, de mise à niveau et d'exploitation du patrimoine physique, en combinant des principes techniques avec des pratiques de gestion solides et des théories économiques, et en fournissant des outils pour faciliter une approche plus organisée et plus souple du processus de prise de décisions nécessaires pour répondre aux attentes du public ». Et, le système de gestion du patrimoine d'infrastructure recouvre tous les processus, outils, données et politiques nécessaires pour remplir la finalité de gestion effective du patrimoine d'infrastructure. Ainsi toutes les informations relatives à la route (climat, trafic, relief, niveaux de service, environnement, sécurité, confort, nuisances... doivent être collectées, traitées, exploitées et diffusées pour converger vers la réalisation de cette finalité. Les pays en développement devraient intégrer cette dimension dans leur stratégie de maintenance des infrastructures pour vite atteindre cette performance. Et, la performance du transport routier que peut traduire un système optimal de gestion et d'entretien des infrastructures réside d'abord dans la souplesse et la compréhension effectives du système d'information routier par tous les acteurs.

En somme, à partir des ressources et moyens limités dont dispose l'administration routière du Bénin, il est bien possible d'obtenir des résultats très satisfaisants et nettement améliorés en comparaison aux années antérieures si un système de gestion et d'entretien du réseau routier utilisant des outils modernes de management est mis en place de façon stratégique. La suite des résultats de ce mémoire nous indiquera le chemin à emprunter pour y parvenir.

1.2. CADRE DE RECHERCHE

1.2.1.  DESCRIPTION DU CADRE GENERAL

1.2.1.1. DESCRIPTION DU PAYS ET TENDANCE DEMOGRAPHIQUE

1.2.1.1.1. Description du pays

Le Bénin, pays d'Afrique occidentale, est situé sur le golfe de Guinée. Sa capitale officielle est Porto-Novo, mais Cotonou, ville économique assure de fait la fonction politique.

Le Bénin est bordé au nord par le Burkina Faso et par le Niger, au sud par l'Océan Atlantique, à l'est par le Nigeria et à l'ouest par le Togo.

Protectorat en 1894, puis colonie française du Dahomey, le Bénin a accédé à l'indépendance complète le 1er août 1960, sous la dénomination de république du Dahomey, avant de prendre le nom actuel de République du Bénin en 1975.

Le pays est subdivisé en 12 départements, 77 communes, 546 arrondissements et 3 743 quartiers de villes et villages depuis 2002 en vue de sa gouvernance administrative.

Le relief et l'Hydrographie

Le pays couvre une superficie de 112 622 km² ; il s'étend sur 670 km, du fleuve Niger à la côte atlantique, longue de 121 km. La côte du Bénin est constituée d'une série de cordons littoraux battus par d'importantes déferlantes et ne possédant pas de port naturel. Cette bande sablonneuse de quelques centaines de mètres de largeur, couverte de cocotiers, est immédiatement suivie d'un ensemble de lagunes peu profondes communiquant souvent entre elles, qui ne sont reliées à la mer que par un mince chenal assez fréquemment ensablé à la hauteur de Cotonou. Entre les lagunes et les premiers reliefs s'étendent la terre de barre (de barro, argile en portugais), plaine fertile et très cultivée, une dépression marécageuse d'argile noire inondée durant la saison des pluies et difficile à mettre en valeur ainsi qu'une autre région très cultivée, correspondant à l'ancien royaume du Dahomey. Le reste du pays est à peine plus élevé (200 à 400 m) et les sols sont pauvres et latéritiques. La frontière septentrionale est constituée d'un plateau de 488 m d'altitude moyenne avec un sol rocailleux et stérile. Au nord-ouest, le massif de l'Atacora, orienté au nord-est ne dépasse guère 800 m.

Le fleuve Ouémé et ses affluents traversent le sud du Bénin et se jettent dans le lac Nokoué (lagune de Cotonou ouverte sur la mer) ; le Couffo alimente le lac Ahémé avant de se jeter dans le système lagunaire ; le Mono marque partiellement la frontière avec le Togo, irriguant le sud-ouest du pays. Au nord, les cours d'eau les plus importants la Sota, le Mékrou et l'Alibori lesquels se jettent dans le fleuve Niger, dont une partie sépare les deux pays (Bénin et Niger).

Le climat

Le climat du Bénin varie d'un type équatorial de transition au sud à un type tropical de plus en plus sec au nord. Au sud, la moyenne pluviométrique annuelle diminue de Porto-Novo (1 200 mm) à Grand-Popo (820 mm). Deux saisons de pluie se succèdent au cours de l'année, l'une entre mars et juillet ; l'autre entre septembre et novembre. La température mensuelle moyenne varie de 20 °C à 34 °C. Au fur et à mesure que l'on progresse vers le nord, le climat sahélien, caractérisé par une longue saison sèche et une seule saison de pluie, de mai à septembre, est de plus en plus marqué. Les températures y sont élevées et les précipitations plus faibles (890 mm sauf sur le massif de l'Atakora qui reçoit 1 300 mm à Natitingou).

La flore et la faune

Une forêt tropicale humide, très dense, recouvrait autrefois le pays jusqu'aux lagunes. La région méridionale a été largement déboisée et mise en culture, sauf aux abords des fleuves (forêts-galeries) ; les palmiers à huile constituent aujourd'hui de grandes plantations. Des cocotiers ont été plantés entre mer et lagunes. Le centre du Bénin est en grande partie recouvert d'une forêt sèche, quelques forêts plus anciennes subsistent. La savane arborée et les forêts-galeries dominent dans le Nord, avec un climat plus sec. Buffles, antilopes, panthères, singes, crocodiles et canards sauvages font partie de la faune du Bénin.

Les ressources naturelles

Les ressources minières comprennent le minerai de fer, le chrome, le diamant, le calcaire et des phosphates, mais seuls le calcaire et le diamant font l'objet d'une exploitation importante. Le petit champ pétrolifère de Sèmé, au large de Cotonou, a été mis en exploitation en 1982.

1.2.1.1.2. Tendance et pression démographique

Le Bénin compte environ 7,600 millions d'habitants, selon les estimations officielles de 2006, avec un taux de croissance annuel de 3,4 % contre 6 769 914 habitants et une croissance moyenne de 3,25 selon le RGPH 3  de 2002. La densité moyenne globale est de 71 habitants au km2, elle est cependant trois fois supérieure au sud, où sont concentrés les trois quarts de la population. Cependant 45 % des habitants vivent en ville. En 2006, l'espérance de vie était de 53 ans.

La structure démographique par âge montre une population très jeune avec des besoins fondamentaux importants.

La tendance du maintien d'une forte population active (environ 53 %) est confirmée par les résultats des projections démographiques. En 2025, la population béninoise sera environ de 13 millions d'habitants. Le sociologue Aristide AKOKO confirme que « cette bombe démographique est la menace cachée pour le développement du Bénin »

1.2.1.2. : CADRE ECONOMIQUE ET SOCIOPOLITIQUE DU PAYS

1.2.1.2.1. Cadre économique

Le Bénin est un PMA caractérisé par de nombreuses faiblesses et contraintes telles que :

- des capacités humaines, institutionnelles et productives limitées ;

- une forte vulnérabilité aux chocs économiques extérieurs, aux catastrophes naturelles et

autres, et aux maladies transmissibles ;

- un accès limité à l'éducation, à la santé et à d'autres services sociaux ;

- une faiblesse des infrastructures ;

- un insuffisant accès aux technologies de l'information et de la communication.

Le graphique suivant montre l'évolution du Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant au Bénin. Selon cette évolution, il est noté une dépression en 1990 après les difficultés économiques de la période de 1985 à 1989 (tant qu'il est vrai que la situation de conjoncture structurelle de l'économie béninoise entre 1986 et 1990 ne pouvait engendrer de richesse). A partir de 1991, la progression s'installe pour une longue durée telle que l'exprime le graphique ci-dessous. Mais cet optimisme est actuellement mis en cause d'une part par la crise financière et économique mondiale de 2008 et de l'autre part la variabilité et le changement climatique.

Graphique n°1 : Evolution du PIB par habitant au Bénin entre 1980 et 2008

Source : INSAE et Banque Mondiale

Graphique n°2 : Répartition du PIB par secteur d'activités du Bénin en 2005

Source : INSAE (2006)

La croissance économique nationale (très faible et toujours à un seul chiffre) en dépit de la stabilité socio politique à partir de 1991 n'est pas non seulement glorieuse mais aussi et surtout ne prend point l'allure décisive de progression qu'après la crise énergétique entre 2003 et 2005 telle qu'elle apparaît sur le graphique ci - après :

Graphique n°3 : Evolution de la croissance économique au Bénin entre 1991 et 2007

Source : Traitement de données du Rapport mondial sur le développement humain, 2004 et

du Rapport provisoire sur l'étude sur la mesure de l'efficacité des emplois et des ressources du Fonds Routier, juillet 2008.

La croissance économique en 2009 est déjà fortement entravée par les effets de la crise économique et financière mondiale.

1.2.1.2.2. Cadre sociopolitique

Le Bénin, comme les autres pays d'Afrique sub-saharienne, est miné par l'envolée de la démographie, entraînant déjà les populations vers les villes à la recherche d'un « eldorado » largement suscité par un développement de la société de consommation à l'occidentale et une réelle saturation des zones urbaines, lesquelles ne sont guère préparées à cette situation en terme d'infrastructures socio sanitaires et de plan d'occupation des sols. La fracture et le délitement de la société béninoise sont déjà visibles et s'observent à travers le développement des phénomènes comme la prostitution, les enfants de rue, l'insécurité grandissante, l'existence de bidonville à la périphérie des villes, etc.

La croissance démographique exponentielle est confrontée à un manque quasi total d'infrastructures et de débouchés socioprofessionnels, avec des centaines de milliers de jeunes au chômage et / ou travaillant et vivant dans des conditions précaires, le Bénin vit une période de récession qui manifeste un délitement avancé du tissu socioéconomique et culturel.

Cette situation, aggravée par la crise économique et financière actuelle et la faible croissance, le place parmi les pays les plus reculés du point de vue de l'Indicateur de Développement Humain (IDH).

Tableau 1 : Comparaison de 4 pays en matière de développement humain

Indicateur social et humain

Afrique du Sud

Ghana

Togo

Bénin

Espérance de vie

50,8 ans

59,1 ans

57,8 ans

55,4 ans

Alphabétisation

82,4%

57,9%

53,2%

34,7%

Scolarisation

77 %

50,7%

55%

50,7%

Revenu par tête

11 110

2 480

1 506

1 141

IDH

0,674

0,553

0,512

0,437

Rang sur les 175 pays évalués

121

135

152

163

Source : Rapport mondial sur le développement humain, 2007-2008.

A partir de ces données, on peut remarquer un retard important du Bénin par rapport aux trois autres pays quant à l'IDH. Il s'agit de l'évaluation des données de 2005. Selon le rapport, le Togo, le Ghana sont en développement tandis que le Bénin plus pauvre est en voie de développement et, il nous faut plusieurs décennies pour les rattraper.

On peut retenir également des insuffisances importantes en matière des niveaux de revenu et d'éducation. Le taux de pauvreté au Bénin en 2008 est de 34% contre 37% en 2007. Ce taux sera aggravé en fin 2009 par la crise économique et financière mondiale.

1.2.2. DESCRIPTION DU CADRE SPECIFIQUE

Le cadre spécifique de cette recherche est l'actuel Ministère délégué au près de la présidence chargé des Transports terrestres, Aériens et des Travaux Publics (MDCTTATP-PR) que nous désignons ici simplement par MTTP. La Direction Générale des Travaux publics (DGTP) du MTTP est chargée d'appliquer la politique nationale en matière de construction, d'exploitation et d'entretien des infrastructures de transport routier terrestre national. Les Directions Départementales des Transports et des Travaux Publics (DDTTP) sont des organes d'opérationnalisation de la politique nationale. Cependant, elles sont directement rattachées au MTTP.

Le MTTP est appuyé dans ces missions par divers partenaires techniques et financiers pour l'atteinte des objectifs afin de soutenir réellement le développement socioéconomique du Bénin.

Le réseau routier géré par l'administration routière est de 6 076 km de routes classées ; mais le réseau routier rural ou non classé mal maîtrisé peut être estimé à 32 000 km.

1.2.2.1. L'ADMINISTRATION ROUTIERE DU MTTP

Pour mettre en place le réseau routier et pour satisfaire au double objectif de son entretien, l'Etat béninois dispose, sous la tutelle du Ministère chargé des Travaux Publics créé par décret N° 2007-039 du 02 Février 2007 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministère Délégué, chargé des Transports et des Travaux Publics auprès du Président de la République, d'une Administration routière centrale créé par Arrêté 2008 N° 037 / MDCTTP-PR / DC / SGM / DGTP / SA du 11 Avril 2008 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP). Ces attributions se résument en (i) la planification et la programmation de la mise en place et (ii) l'entretien du réseau routier national, et d'une Administration décentralisée pour (iii) l'exécution des actions programmées.

L'Administration routière centrale est constituée par la Direction Générale des Travaux Publics, et l'Administration décentralisée par des Services des Travaux Publics au sein des Directions Départementales des Travaux Publics. (Créées par Arrêté 2008 N° 020 / MDCTTP-PR / DC / SGM / SA).

1.2.2.1.1. La DGTP

La Direction Générale des Travaux Publics, l'organe central de l'Administration routière comprend :

- Une Direction de la Planification et du Suivi Evaluation (DPSE)

- Une Direction de l'Entretien Routier (DER)

- Une Direction des Travaux Neufs (DTN)

- Une Direction des Pistes Rurales (DPR)

- Une Direction de Préparation des Dossiers d'Appel d'Offres (DPDAO)

- Un Centre de Recyclage et de Perfectionnement qui a rang de Direction (CRP)

- Une Direction Administrative et Financière (DAF)

Les structures centrales que concernent l'entretien et l'aménagement du réseau routier sont : la DPSE, la DER, la DTN, la DPDAO et le CRP (comme structure d'accompagnement pour le renforcement des capacités).

- La DPSE est chargée de la mise en place des données sur le réseau routier, de la planification et de la programmation des travaux d'entretien et d'aménagement du réseau routier, du suivi et de l'évaluation des travaux d'entretien et d'aménagement, d'une façon générale de l'élaboration des stratégies en matière de surveillance et entretien du réseau routier à charge de l'Etat;

- La DER a pour mission la participation à la programmation, la gestion de l'exécution des travaux d'entretien routier et la conduite des opérations spécifiques comme les travaux en régie, les visites de suivi et de contrôle des travaux d'entretien courant et périodique exécutés sur le réseau.

- La DTN a pour mission la mise en oeuvre des plans et programmes relevant de la Direction Générale des Travaux Publics en matière d'aménagement, de bitumage et de modernisation du réseau routier et de réalisation de tous autres ouvrages spécifiques de Génie Civil ; la conception et la mise en oeuvre des projets de construction, de reconstruction ou de réhabilitation du réseau routier revêtu.

- La DPDAO a pour mission l'élaboration des Dossiers d'Appel d'Offres (DPDAO) relatifs aux projets de la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) en relation avec les autres Directions Techniques. La DPDAO est créée en Mai 2008.

- Le CRP a pour missions : la mise en oeuvre des actions de formation, de perfectionnement, de recyclage et de formation-reconversion des agents intervenant dans le domaine routier et l'appui aux Petites et Moyennes Entreprises du domaine routier en matière de formation du personnel. 

L'allocation des ressources et le financement de l'entretien relèvent d'une structure à gestion autonome qu'est la Direction du Fonds Routier.

1.2.2.1.2. Les DDTTP

Elles sont au nombre de six (06) et constituent l'administration routière décentralisée pour l'opérationnalisation des actions (exécution, gestion, surveillance...) des actions programmées.

Les Services des Travaux Publics au sein des Directions Départementales des Travaux Publics sont les institutions dotées de cette responsabilité. Les DDTTP sont réparties sur l'ensemble du territoire national de la manière suivante :

1. DDTTP Atacora-Donga ;

2. DDTTP Atlantique-Littoral ;

3. DDTTP Borgou-Alibori ;

4. DDTTP Mono-Couffo ;

5. DDTTP Ouémé-Plateau ;

6. DDTTP Zou-Collines.

1.2.2.2. ASSISTANCE TECHNIQUE ET FINANCIERE

1.2.2.2.1. La DANIDA

L'assistance peut être strictement financière (de plus en plus rare), mais elle est davantage technique et financière en vue d'assurer de meilleures performances dans l'atteinte des résultats.

La DANIDA (Agence de Coopération du Royaume de Danemark), par l'accord de partenariat n° 104.Bénin.815 de septembre 2005, met à disposition du Bénin à travers le programme d'Appui au Secteur Routier phase II (PASR 2) pour la période 2005-2010 plus de 366 millions de DKK soit plus de trente deux (32) milliards de francs CFA. Le PASR 2 vient en appui au PASR 1 exécuté entre 2000 et 2005. Le programme prend en compte le bitumage et la réhabilitation de routes classées et leur entretien d'une part et la réhabilitation d'autre part de 1 000 km de pistes communales avec la mise en place d'un système d'entretien du réseau communal dans les départements des Collines, Couffo, Plateau et Zou.

1.2.2.2.2. Les autres PTF

Les autres principaux Partenaires Techniques et Financiers (PTF) du secteur des transports et du sous secteur de l'entretien du patrimoine routier recensés sont :

· Le Fonds Européen de Développement (FED) qui intervient dans le financement de l'entretien périodique des routes classées du pays. L'apport de l'Union Européenne à travers le FED, consacré par la Convention de financement n° 9094/BEN (projet 9 ACP BEN 003) signé en novembre 2003 et son avenant approuvé en 2007, est de près de trente sept (37) millions d'Euro soit près de vingt trois (23) milliards de Francs CFA entre 2004 et 2009.

· La BAD (Banque Africaine de Développement) avec le financement du bitumage de la route Kétou-Illara (16,570 km) et la réhabilitation des routes communales dans les communes de Kétou et de Pobè (Département du Plateau).

1.2.2.3. RESEAU DE TRANSPORT ROUTIER TERRESTRE DU BENIN

1.2.2.3.1. Carte du réseau routier national

1.2.2.3.2. Les routes à charge de l'Etat

Le réseau routier national classé comportait jusqu'en 2001 sept (07) Routes classées Nationales Inter-Etat (RNIE) totalisant une longueur de 2 178 km et 10 Routes nationales (RN) d'une longueur de 1 247 km ; soit un linéaire total de 3.425 km suivant le décret n°433/PR/MTPTPT du 05 Octobre 1962.

Avec le décret n°2001-092 du 20 février 2001, le réseau routier classé du Bénin est estimé à un linéaire total de 6 076 km réparti ainsi qu'il suit :

· 7 routes classées Nationales Inter-Etats totalisant une longueur d'environ 2 178 km et,

· 39 routes classées Nationales d'une longueur d'environ 3 898 km.

La précision du linéaire des routes à charge de l'Etat (RNIE et RN) est faite après le bornage de ces dernières. Sur cette base technique, le Bénin dispose de 5 944,571 km de routes classées.

Cependant pour des questions managériales et techniques, le linéaire de 5 945 km sera considéré pour la suite de cette recherche.

1.2.2.3.3. Les routes à charge des Collectivités Locales

Les routes rurales ou routes communales constituent le réseau routier tertiaire non pris en compte par l'Etat et la responsabilité de leur entretien courant incombe aux communes. Le linéaire de ce réseau n'est pas connu avec précision ; toutefois, les estimations sur la densité routière et les besoins en mobilité fournissent quelques indications.

Dans la Stratégie Nationale de Transport Rural, l'évolution du linéaire de routes rurales se présente comme suit :

· En 1994, le linéaire de routes rurales recensé est de 12 043 km ;

· En 2004, le linéaire de routes rurales recensé est de 22 623 km.

Cette Stratégie prévoit la classification du réseau routier tertiaire ou rural en routes communales (RC) et routes locales (RL).

Une récente étude dans le cadre du financement de l'entretien du réseau routier communal estime en moyenne à 120 km le réseau communal prioritaire (RCP) et à 300 km le réseau communal non prioritaire (RCNP). Ainsi, le réseau actuel de routes rurales peut être évalué à près de 32 000 km.






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