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Lyon et la Saône au XVIe siècle

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par Katherine DANA
Université Jean Moulin - Lyon III - Maitrise 2009
  

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Katherine DANA

Mémoire de Master 1 -- Histoire moderne Sous la direction de Pierre-Jean Souriac

Lyon et la Saône au XVIe siècle

Je tiens en premier lieu à remercier Elisabeth pour l'aide précieuse qu'elle m'a apportée tant en réalisant les plans de Lyon qui figurent dans ce mémoire que pour tous ses conseils techniques.

Je remercie particulièrement Coline et Matthieu pour leur soutien et leurs conseils avisés ainsi que toutes les autres personnes qui m'ont encouragée.

Enfin, dans ces quelques instants d'expression sentimentale, je n'oublie évidemment pas Damien dont l'ingéniosité et le talent m'accompagnent chaque jour.

Abréviations utilisées :

- AML : Archives municipales de Lyon

- ADR : Archives départementales du Rhône

INTRODUCTION

Etudier les cours d'eau dans une perspective historique semble un projet ambitieux puisque l'éventail de thèmes qui en découle est extrêmement vaste. Tout d'abord, les cours d'eau peuvent être étudiés comme des axes de communication donc de déplacement, à plus ou moins grande échelle, de marchandises et d'individus. De ce constat s'ouvre tout le champ d'analyse des flux commerciaux, des flux migratoires, des voies de transport et, conséquemment, des moyens de transport. Mais les cours d'eau peuvent également être un sujet d'étude dans un cadre géographique précis et limité, tel qu'une ville fluviale. Cependant, la restriction à un cadre urbain ne réduit pas de façon substantielle les angles d'étude. En effet, une analyse socio-économique est ici encore possible, notamment des activités des «gens de rivière». Par ailleurs, si l'on s'intéresse à l'eau comme élément naturel, cela implique d'étudier la façon dont cette ressource est employée, comme force motrice par exemple, mais aussi comment les hommes ont tenté de la dompter. Se dévoile alors le champ des perceptions du cours d'eau, notamment de la crainte des crues et des remèdes appliqués pour y pallier. Dans le cadre d'une ville installée sur les berges d'une rivière ou d'un fleuve, l'aménagement urbain est encore un sujet d'étude possible, particulièrement les infrastructures telles que les ponts.

Le point de départ de la présente étude est justement le rapport entre un espace urbain, la ville de Lyon, et la rivière qui la traverse, la Saône. Le sujet choisi à l'origine concernait les deux cours d'eau de Lyon c'est-à-dire la Saône et le Rhône. Le caractère atypique et vaste de ce thème en faisait son intérêt. Dans un premier temps, le Rhône était intégré, au moins de façon partielle, à l'étude. En effet, sa qualité de limite politique a rapidement exclu sa rive gauche de l'analyse. Comme la Saône et le Rhône n'ont finalement pas les mêmes statuts, les implications qui en découlent et le traitement qui leur est réservé peut être très différent. Malgré cela, le pont et la rive droite du Rhône pouvaient rester des objets d'étude. Néanmoins, les recherches bibliographiques ont permis de s'apercevoir que

le pont était très bien étudié. Par ailleurs, les murailles qui longent la rive droite du fleuve rendent compte des limites de la ville de Lyon, qui excluent donc le Rhône. Enfin, la quantité importante de sources concernant la Saône et les informations que celles-ci fournissent et qui n'ont pas été exploitées ont fini de nous convaincre. Le champ d'étude se limite donc à la seule rivière de Saône. Il convient de préciser dès à présent les termes qui seront employés pour qualifier la Saône. En effet, les auteurs de l'époque moderne emploient les termes « rivière » et « fleuve » sans faire de distinction. Cependant, on peut considérer que ce cours d'eau est une rivière puisqu'elle se jette dans le Rhône mais aussi un fleuve si l'on envisage que c'est le Rhône qui la rejoint. Comme cela n'est pas toujours clairement établi, il nous semble que ces deux termes peuvent qualifier la Saône et l'un comme l'autre pourront être utilisés.

Cette étude de la relation entre la Saône et ses riverains est volontairement restreinte à la ville de Lyon au sens strict afin de correspondre à l'espace sur lequel l'administration consulaire, c'est-à-dire le pouvoir municipal, exerce son autorité en matière de voirie. Ainsi , il s'agit de la ville de Lyon telle qu'elle est limitée par ses murailles et, dans ce cadre, la Saône de la forteresse de Pierre-Scize à la confluence. Ce choix géographique, en adéquation avec un découpage politique, n'est pas le fruit du hasard. En effet, l'adaptation d'un espace urbain à la présence d'une rivière est particulièrement illustré par la prise en charge politique quotidienne et c'est le principal angle d'étude qui a été choisi ici. Cela implique donc que le territoire étudié ait une cohérence spatiale et juridictionnelle. S'intéresser à la gestion d'une rivière et à l'aménagement de ses rives revient en quelque sorte à étudier les types de décisions prises par les autorités à ce sujet, leur régularité et leur évolution. Plus largement, il s'agit de déterminer les institutions qui ont des prérogatives, dans ce domaine, dans le cadre urbain. Il s'agit également de caractériser les préoccupations principales qui ressortent des décisions en matière de gestion mais aussi de s'intéresser concrètement aux constructions et à l'entretien du pont, des ports et des berges de la rivière. Comme les pouvoirs des différentes autorités sur l'eau ne sont pas clairement définis, il est nécessaire de travailler en amont sur l'aspect juridictionnel. Celui-ci est d'autant plus intéressant qu'il concerne un élément naturel dont chacun a l'usage et pour lequel les questions de propriété et de prérogatives sont délicates. Les cours d'eau se caractérisent par l'usage collectif qui en est fait, ce qui implique les notions de bien collectif et

d'espace public et donc une redéfinition des espaces. Ces notions sont liées à l'affirmation du pouvoir royal et à la mainmise progressive de cette autorité sur ce qui est peu à peu défini comme l'espace public, par opposition aux possessions propres aux particuliers c'est-à-dire à ce qui est privé.

C'est la raison pour laquelle notre étude commence à la charnière entre la période médiévale et la période moderne, qui voit l'autorité royale atteindre son apogée. Afin de limiter le champ chronologique, car une étude sur l'ensemble de la période moderne serait trop conséquente à mener, le XVIe siècle a été le premier critère temporel défini. Or, il convient de préciser les limites que l'on applique à ce siècle même si celles-ci ont surtout un caractère indicatif et qu'il est nécessaire, parfois, de passer outre un tel cadre. L'année 1494 est la date qui semble la plus appropriée pour commencer notre étude. En effet, depuis la fin du XVe siècle et le rétablissement des foires de Lyon par Charles VIII à cette date, la circulation dans la ville et sur les cours d'eau est une préoccupation importante qui peut justifier de nombreux aménagements. C'est également en 1494 que les campagnes militaires débutent en Italie et, à partir de cette date, la cour séjourne régulièrement à Lyon. En ce qui concerne la fin de notre étude, plusieurs dates sont possibles. La première est 1595 c'est-à-dire la réorganisation du consulat et la restriction de ses prérogatives par l'Edit royal de Chauny. D'autre part, le Traité de Lyon (1601) qui permet au royaume de France de récupérer la Bresse et le Bugey est une borne chronologique possible puisqu'avec ce traité, le Rhône perd son statut de limite. Cependant, il nous a semblé plus pertinent de choisir 1595 puisque notre sujet se concentre sur l'action du consulat lyonnais. Or, avec l'Edit de Chauny, les prérogatives consulaires sont limitées et la tutelle royale qui s'exerce sur le pouvoir municipal s'accroît.

Il semble que l'angle d'approche adopté pour cette étude de la Saône à Lyon au XVIe siècle n'a pas d'antécédent suffisamment proche pour disposer de grilles de lectures préétablies. Ainsi, ce travail a nécessité des recherches bibliographiques variées et une grande partie des ouvrages consultés n'apporte qu'indirectement des informations, qu'il a été nécessaire de réunir et de confronter. En effet, les travaux que l'on pourrait réunir sous la dénomination « histoire de l'eau » sont assez peu nombreux. Les cours d'eau sont généralement abordés dans des études historiques comme des supports pour le transport commercial, donc dans le cadre d'analyses

économiques et sociales, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas étudiés en soi mais indirectement. Richard Gascon, par exemple, dans sa thèse sur les marchands lyonnais au XVIe siècle1, évoque l'importante circulation de bateaux de marchandises sur la rivière de Saône, ainsi que les ports de la ville de Lyon, mais dans le cadre d'une étude à caractère économique.

Ainsi, lorsqu'il s'agit d'étudier un cours d'eau, il est utile, et même nécessaire, de se tourner vers les travaux qui ont été menés dans des disciplines proches de l'histoire telles que la géographie et l'archéologie. En effet, les géographes s'intéressent souvent à l'installation des populations à proximité des rivières et à l'aménagement que cela nécessite. Les infrastructures et l'aménagement sont alors les thèmes privilégiés, au détriment des institutions qui en sont à l'origine. Cependant, de tels renseignements, ainsi que les aspects intrinsèques au cours d'eau tels que son débit, sont une aide précieuse à toute étude historique d'une rivière. L'archéologie offre des informations complémentaires, notamment sur les bateaux utilisés à diverses époques et au sujet des infrastructures fluviales, mais les campagnes de fouilles entreprises dans les rivières sont peu nombreuses. De plus, la prise en charge politique des cours d'eau n'est qu'un theme brièvement évoqué, voire marginal, dans les recherches scientifiques. L'historien Jacques Rossiaud est l'auteur de l'ouvrage le plus complet, parmi ceux qui ont été consultés, en histoire de l'eau. Sa synthèse sur le Rhône pendant la période médiévale2 traite en effet de nombreux aspects mais ceux-ci sont surtout sociaux, économiques ou religieux. Les questions politiques et juridictionnelles liées à l'eau sont donc rarement abordées. Le spécialiste d'histoire juridique Frantz Mynard peut être considéré comme l'un des précurseurs puisqu'il étudie les pouvoirs qui disposent de prérogatives sur les cours d'eau et particulièrement l'affirmation progressive du pouvoir royal sur ceux-ci. L'article qu'il consacre à ce theme offre des pistes de recherche et des approches qui ont nourri la présente étude3.

Par ailleurs, il convient de situer notre travail dans les études historiques de la ville de Lyon. Celles-ci sont nombreuses et variées ; il existe plusieurs synthèses

1 GASCON, Richard, Grand commerce et vie urbaine au XVIe siècle ; Lyon et ses marchands, tomes 1 et 2, Paris, S.E.V.P.E.N., 1971.

2 ROSSIAUD, Jacques, Le Rhône au Moyen Age, Paris, Flammarion, Collection Aubier, 2007, 648 pages.

3 MYNARD, Frantz, « Le fleuve et la couronne : contribution à l'histoire du domaine fluvial (1566 - 1669) », in LE LOUARN, Patrick (dir.), L'eau ; sous le regard des sciences humaines et sociales, Paris, L'Harmattan, collection Logiques sociales, 2007, 253 pages.

de l'histoire de Lyon depuis l'Antiquité mais aussi beaucoup d'études thématiques et ponctuelles. Les différents ouvrages généraux offrent l'avantage de présenter le cadre général notamment les institutions politiques lyonnaises et leur évolution. Ils constituent donc la base nécessaire à tout étude historique de la ville. Les travaux menés sur le XVIe siècle à Lyon traitent d'aspects divers, notamment de la vie quotidienne des contemporains4. La Saône est régulièrement citée dans les études historiques de Lyon, quel que soit le thème de ces analyses, ce qui permet de se rendre compte à quel point la ville et sa rivière sont liées et combien cette dernière est importante pour Lyon. Néanmoins, encore une fois, la gestion de la rivière par les autorités n'est pas une thématique récurrente ou elle n'est abordée qu'indirectement et ponctuellement. Cependant le fort lien qui existe entre la ville de Lyon et la Saône permet de trouver de nombreuses informations dans les écrits depuis l'origine de la ville. Or ces descriptions, historiques ou non, de la ville et de sa rivière nourrissent le présent travail et leur apport ne saurait être minimisé.

Ainsi, il peut sembler étonnant que les travaux traitant d'un espace urbain qui s'est peu à peu construit, depuis l'Antiquité, sur les rives d'une rivière n'abordent que peu le thème de la gestion politique du cours d'eau. Des réflexions ont été menées autour de cette relation entre une ville et sa rivière. C'est notamment le cas du colloque « La Ville et le Fleuve », qui s'est tenu à Lyon en 1987 et dont plusieurs articles du compte-rendu ont été utilisés5. Cependant, les problématiques abordées sont souvent actuelles puisque l'eau en tant que ressource, et donc la gestion de celle-ci, devient un enjeu de plus en plus important à la période contemporaine. Les études s'intéressant aux ports, aux quais et aux ponts représentent également un grand intérêt. Leur principal inconvénient est leur caractère, en général, très factuel et technique mais ces ouvrages sur les aménagements fluviaux offrent des éléments de comparaison et des renseignements chronologiques intéressants.

Les recherches bibliographiques ont donc apporté de nombreuses informations et pistes de recherche mais fortement disséminées d'un ouvrage à l'autre. Enfin, l'apport principal des ouvrages consultés est une base nécessaire à la

4 BOUCHER, Jacqueline, Vivre à Lyon au XVIe siècle, Lyon, Editions lyonnaises d'Art et d'Histoire, 2001, 159 pages.

5 L'article le plus utilisé parmi les actes de ce colloque est le suivant : DELLUS, Jean, FREBAULT, Jean, RIVET, Martine, «Lyon, ville fluviale», in La ville et le fleuve, actes du colloque de Lyon (avril 1987), Paris, Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 1989, pages 37 à 48.

construction d'une réflexion et un cadre à l'analyse des documents. En général, les autorités politiques et leurs prérogatives sont bien décrites mais leur action sur les cours d'eau n'est pas présentée ou, en tout cas, pas dans le cadre d'une analyse globale. Pourtant, il est certain que les cours d'eau représentent un enjeu politique et économique comme toutes les voies de circulation en général, et d'autant plus lorsque la rivière est un élément à part entière d'une ville.

A l'instar des ouvrages de bibliographie, les sources imprimées ont apportéde nombreuses informations mais souvent de façon indirecte. Les descriptions de

Lyon intègrent systématiquement la rivière de Saône et permettent de mesurer l'importance de ce cours d'eau pour la ville. De plus, des activités liées à la rivière sont souvent présentées et le plan scénographique de Lyon, réalisé au milieu du XVIe siècle, constitue lui aussi une source fondamentale. En effet, il se caractérise principalement par le nombre de personnages figurés dans des activités de la vie quotidienne. Beaucoup d'entre eux sont représentés le long de la rivière, tant sur les quais que dans des bateaux. Ce plan dispose donc de deux avantages principaux en ce qui nous concerne ; tout d'abord, il nous informe des activités fluviales qu'il est nécessaire de connaître pour analyser la façon dont elles sont encadrées par les autorités, d'autre part, ce plan constitue un bilan fiable des infrastructures fluviales, particulièrement de la présence de ports et de ponts. Par ailleurs, les historiens lyonnais du XVIe siècle apportent un complément à cela par leur style souvent très descriptif mais aussi par les évènements qu'ils présentent. Enfin, les traités des juristes de la fin du Moyen Age et de la période moderne sont une source inépuisable d'informations au sujet des droits et des prérogatives dans tous les domaines et notamment à propos des autorités qui disposent de pouvoirs sur les rivières.

A ces sources imprimées s'ajoutent les documents d'archives, qui constituent le vivier principal de renseignements sur le thème qui nous intéresse. L'essentiel des sources manuscrites consultées est réuni aux Archives municipales de Lyon. La série DD, c'est-à-dire les archives au sujet de la voirie, a constitué l'objet d'une grande partie des recherches. En effet, la plupart des travaux effectués aux différentes infrastructures fluviales sont recensés dans les différents cartons de cette série. Afin de compléter les informations fournies par cette recherche préalable, les documents liés à l'administration consulaire ont fait l'objet d'une

étude particulière. Il s'agit à la fois des recueils d'actes consulaires, c'est-à-dire des décisions prises par les autorités municipales, et de la comptabilité de la ville. Cette dernière n'a été utilisée que ponctuellement alors que les actes consulaires ont été dépouillés systématiquement tous les dix à quinze ans en fonction des autres documents déjà transcrits. L'objectif d'une telle méthode est de dégager les préoccupations principales des autorités en ce qui concerne la Saône. Comme les documents les plus importants à ce sujet sont regroupés dans la série DD, il s'agit plutôt d'un complément mais qui est nécessaire pour intégrer des aspects qui ne relèvent pas des questions d'aménagement urbain. Ponctuellement, en fonction des informations fournies par les inventaires d'archives, des cartons classés dans d'autres séries ont été dépouillés. Cette méthode a été également appliquée aux Archives départementales du Rhône, souvent de façon infructueuse. Au final, des sources variées et parfois même très différentes ont pu être utilisées pour la présente étude.

Les différentes recherches, particulièrement celles qui ont été réalisées aux Archives municipales de Lyon, ont orienté l'angle d'étude adopté. En effet, elles ont montré qu'il existe une action des autorités vis-à-vis des cours d'eau mais également que plusieurs pouvoirs sont impliqués dans celle-ci. Ainsi, il convient au préalable de déterminer les autorités qui disposent de prérogatives sur la rivière et à quel point leurs droits sont définis mais aussi comment ils s'appliquent. Ensuite, il semble nécessaire de s'intéresser à la perception de la rivière, à la gestion des risques intrinsèques à sa présence et aux activités fluviales, puis d'analyser le type de contrôle politique qui s'exerce sur celles-ci. Enfin, nous nous pencherons sur les infrastructures fluviales et les aménagements réalisés au cours du XVIe siècle puisqu'ils constituent l'illustration la plus probante de l'action politique et de l'intérêt porté à la rivière.

Première Partie : Prérogatives et juridictions fluviales
de l'échelle nationale à la ville de Lyon

Il est nécessaire, avant de s'intéresser à la prise en charge de la Saône proprement dite, dans la ville de Lyon, de définir les différents pouvoirs qui sont impliqués et de distinguer les prérogatives de chacun. Le principal écueil en la matière est de distinguer les droits qui sont définis institutionnellement de ceux qui ne sont que coutumiers, même si l'usage, au XVIe siècle, est un critère de légitimité important qu'il ne faut donc pas négliger. Il est souvent, d'ailleurs, plus en accord avec la réalité que les définitions théoriques : de ce constat, l'on comprend aisément les conflits d'autorités qui existent entre les différents acteurs. Ainsi, il s'agit de s'intéresser aux définitions théoriques des pouvoirs de différents protagonistes concernés et à leurs implications concrètes.

A cela s'ajoute la question des droits sur une rivière, donc sur un élément naturel qui remplit de multiples fonctions. En effet, les cours d'eau sont à la fois des axes de communication, dont les modalités de circulation sont déterminées, et des réservoirs importants de ressources : d'eau, bien sûr, mais aussi de poissons. De plus, notre sujet concerne à la fois la rivière en elle-même mais aussi ses rivages et donc les différentes structures construites par l'homme. Ainsi, il semble nécessaire de définir les questions de domanialité, de juridiction et d'administration concrète ainsi que les aspects pour lesquels ces éléments se chevauchent. Tout d'abord, étudier le rapport entre le pouvoir royal et les cours d'eau permettra de mettre un cadre général à notre étude tout en présentant la première autorité qui peut interférer dans la suite de notre présentation. Ensuite, nous nous intéresserons aux droits et à la définition théorique des pouvoirs qui s'exercent sur la Saône, particulièrement dans la ville de Lyon, en présentant les autres principaux acteurs concernés.

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