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L'enfant vu par la chanson. Approche sémantiquo-linguistique de la chanson congolaise

( Télécharger le fichier original )
par Fidèle AWAZI
Université Catholique du Congo - Graduat 2009
  

Disponible en mode multipage

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Épigraphe

« Beaucoup de petites choses faites par beaucoup de petites gens dans beaucoup d'endroits différents peuvent changer la face du monde »

(Enfants TAPORI de la RDC, cités par le site d'ATP).

Dédicace

Au Dieu Tout Puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, mon seul soutien, mon rempart, mon bouclier, ma source d'inspiration,

Je rends grâce pour ce travail.

A la mémoire de celle dont je suis descendant, mon arrière grand-mère SIFA KIMANYU et de toutes les SIFA du pays,

A mes prestigieux grands parents qui m'ont élevé, AWAZI CHUMA et SAFI KAWA,

A mes dieux de la terre, AWAZI KASELE et AWAZI SIFA, avec tout l'amour et tout l'honneur,

A la mémoire de mon oncle paternel et mon tuteur, ABASI MUTINGWA qui a quitté cette terre alors qu'on achevait ce travail,

A toute la famille AWAZI, la famille MASINA et la famille MUTINGWA,

A tous les activistes de droits de l'enfant, à ceux qui évoluent dans le domaine de la chanson et toute l'audience de cette étude.

Avant propos

Nous devons reconnaître que tant de personnes nous ont aidé à réaliser cette étude que nous avons l'expression de ne pas en être tout à fait l'auteur. Il nous est impossible de mentionner les noms de tous ceux qui nous ont apportés leurs concours mais nous tenons du moins à en remercier quelques uns et notamment notre infatigable Directeur, le professeur Hilaire MBIYE avec qui nous avons réalisé ce travail et dont les remarques, la subtilité et la rigueur nous ont aidé dans l'articulation de ce travail ; le professeur Ginzanza u-Lemba de l'Unikin dont la rencontre, avant l'élaboration de ce travail a fait jaillir la lumière et surtout le courage de poursuivre cette étude en nous dotant d'un de ses ouvrages que nous avons utilisé dans ce travail.

Nous remercions également tous les professeurs et assistants de l'Université catholique du Congo (UCC), en particulier ceux de la Faculté de Communications Sociales pour l'enseignement de qualité qu'ils nous ont dispensé ; tout le personnel de la bibliothèque centrale de l'UCC, en particulier M. Louis pour avoir mis à notre disposition les ouvrages relatifs à notre sujet.

Nous manifestons aussi notre gratitude envers tous les oncles, les tantes, les frères et soeurs avec qui nous vivons et qui n'ont cessé de nous assister et de nous encourager.

A tous les amis, camarades et connaissances de notre promotion, de l'UCC, de l'Église, de Kindu et à beaucoup d'autres, nous exprimons notre sincère gratitude.

Introduction générale

0.1. Objet

La présente étude a pour objet d'analyser l'image de l'enfant dans la chanson congolaise moderne en vue d'en ressortir les éléments sur lesquels se base cette chanson pour construire des discours sociopolitiques.

En effet, la chanson congolaise est présentée comme étant le miroir de sa société ; en tant que telle, elle reconstruit ce qui est socialement significatif en lui donnant un nom, une figure, une tournure qui puisse concorder avec la réalité observée. L'entreprise de la musique congolaise de reconstruire l'image sociale des faits de société a longtemps été employée dans la construction de l'image sociale de l'homme, la femme, des biens matériels, ... et la tendance aujourd'hui est de reconstruire l'image sociale de l'enfant. Des faits de société comme l'enfant soldat, l'enfant orphelin, l'enfant de la rue (shégué), etc. relayés par la chanson congolaise en sont de ce point de vue éloquents.

La chanson construit de discours sociopolitiques pour décrire la situation de l'enfant dans la société, ce qui constitue l'objet de notre étude.

0.2. Problématique.

La société congolaise accorde une grande place à l'enfant depuis sa conception, à sa naissance jusqu'à sa croissance. Elle lui confère plusieurs dimensions ou valeurs tant positives que négatives. A chaque naissance, la famille fait fête au nouveau né, une manière de lui témoigner son affection.

Cependant, suite aux différentes guerres politiques que traverse la République Démocratique du Congo (RDC) et aux difficultés socio économiques que connaissent la plupart de familles en RDC, l'enfant congolais s'est vu dépouillé de toute son enfance pour se retrouver dans des situations on ne peut plus précaire. Des droits fondamentaux de l'enfant comme l'éducation, la nutrition, la protection et tant d'autres ne sont plus respectés, occasionnant ainsi le départ de l'enfant pour la rue, loin de son toit familiale, en se réfugiant dans la drogue, le vol, la prostitution et pire encore dans le champ de bataille en train de verser le sang humain indépendamment de sa propre volonté.

Face à autant d'épreuves que l'enfant traverse au quotidiens alors qu'elles pouvaient être évitées, la chanson congolaise en tant que médias et technique d'expression qui attire et influence les masses, n'a pas fermé les yeux et a réagi pour que les droits de l'enfant soient respectés en famille, à l'école, à l'Eglise, bref à tous les niveaux de la société.

Ainsi la chanson congolaise se présente comme le porte parole de cet enfant qui faute de sa vulnérabilité et sa malléabilité n'est pas à mesure de prendre conscience de la violation de ses droit pour en réclamer. Des compositions musicales avec des discours sociopolitiques vont alors faire leurs apparitions sur le marché de disque, en vue d'interpellé toutes les autorités politiques, civiles, et militaires à prendre des mesures pouvant mettre l'enfant à l'abri de tout ces dangers qui compromettent son avenir.

La préoccupation majeure qui nous anime dans ce travail se veut de répondre à cette double interrogation :

Quels sont les éléments sur lesquels se base la chanson Congolaise moderne pour construire des discours sociopolitiques en rapport avec l'enfant ?

Comment l'enfant est il vu ou perçu à travers ces discours sociopolitiques, autrement dit que pense la chanson congolaise de la situation de l'enfant ?

0.3. Hypothèse

La chanson congolaise, dans ses discours sociopolitiques sur l'enfant, suit les inclinations du mouvement sociopolitique du pays.

Elle décrit les peines et les abus que subit l'enfant, l'indifférence des personnes en charge de l'enfant et éveille la conscience de chaque membre de la société à s'engager pour promouvoir et défendre ces droits de l'enfant. Elle se sert de documents relatifs aux droits de l'enfant, de ses observations et des faits concrets de la société pour asseoir ses discours. L'enfant est ainsi vue dans la chanson congolaise comme un être malléable et vulnérable qui ne jouit pas de tous ses droits. Un véritable défi que la chanson lance à toutes les personnes en charge de protéger l'enfant.

0.4. Cadre théorique

Nous allons étudier la chanson comme un média de communication et d'expression de masse en considérant ses textes comme des discours verbaux. Cette étude s'inscrit ainsi dans le cadre de la théorie des fonctions du langage tel que développé par E. BENVENISTE1(*) et dont nous ferons une large explication dans les lignes qui suivent.

0.5. Méthodologie du travail

Dans le cadre de ce travail, nous nous proposons une démarche sémantique linguistique. Cette méthode nous permettra comme l'explique Kazadi Nzuji Mukala2(*) d'analyser la chanson Congolaise en nous basant sur « les significations linguistiques et pragmatiques ». La première donne le sens conventionnel tel que nous révèle la structure de surface tandis que le second cherche ce qui est caché derrière la linguistique, le sens extralinguistique, celui de la structure profonde.

Signalons en passant nous ferons aussi usage de l'approche intertextuelle c'est-à-dire nous allons établir chaque fois qu'il sera nécessaire un lien entre le discours de ces discours et d'autres textes pour ressortir les éléments sur les quels se référent la chanson pour construire des discours sociopolitiques.

0.6. Corpus

Le corpus peut être compris comme l'ensemble des documents pris en compte pour être soumis aux procédures analytiques.

Notre champ d'étude étant la chanson Congolaise moderne produite à Kinshasa, nous nous sommes focalisé sur les discours sociopolitiques qui portent sur l'enfant plus précisément sur la violation des droits de l'enfant. La chanson congolaise souffre d'un manque sérieux des discours portant sur l'enfant alors qu'elle excelle dans des thèmes à sensations sur la femme et sur l'amour. Ce pour quoi nous n'avons pu choisir que six chansons que nous avons jugées éloquente pour notre étude car elles vont nous donner la chance de parler de plusieurs aspects de l'enfant en même temps. Toute fois nous ne nous empêcherons de nous référer à d'autres discours sur l'enfant qui ne sont pas retenus dans cette liste. Il s'agit de :

1. LOPANGO YA BANA NA NGAI 1962 (Luambo MAKIADI)

2. BONHEUR 41998 (Lokua KANZA),

3. ORPHELIN 1998 (MICHEL TSHONDO),

4. EDUCATION 2000 (Jb MPIANA),

5. ASALA BONI 2005 (Jean GOUBALD),

6. BAYIBI NGA BOMWANA 2005 (Jean GOUBALD),

0.7. Intérêt du travail

Notre intérêt en étudiant la situation de l'enfant tel que véhiculé dans la chanson Congolaise, revêt une double importance non négligeable.

La première, c'est dans le but de vouloir contribuer à la promotion de droit de l'enfant, amener les parents, l'Etat et toutes personnes à investir dans l'enfant Congolais qui constitue l'avenir du pays.

La seconde, c'est dans le souci de redonner à la chanson Congolaise sa belle image d'actant celle d'une musique d'éducation de masse, une chanson qui vise la socialisation de l'individu et son épanouissement, qu'insiste sur le respect des autorités et sur l'obéissance et la soumission aux valeurs sociales.

0.8. Division du travail

Le plan suivi dans ce travail se dégage de la logique de considération précédente. Hormis l'introduction et la conclusion générale, notre travail s'articulera au tour de trois chapitres.

- le premier décrira les différents repères théoriques. Il s'agira de développer le concept théorique portant sur l'objet de ce travail en particulier sur l'enfant ;

- le deuxième portera sur la chanson Congolaise et la théorie retenue pour cette étude. Il s'agira d'étudier la chanson congolaise comme média de communication et d'expression en s'appuyant sur la théorie des fonctions du langage ; et

- le troisième portera sur l'approche pratique. Il s'agira d'analyser les discours de la chanson Congolaise retenue dans notre corpus en vue d'en ressortir les différents les éléments sur lesquels s'inspirent la chanson congolaise et de comprendre ainsi la situation de l'enfant congolais tel que vue dans la chanson.

Chapitre premier : Approche théorique, définitions de concepts de bases.

Avant d'entrer dans le vif de notre travail, il sied d'abord de préciser le sens de certains termes qui font l'objet de notre travail car un terme peut revêtir plusieurs sens selon qu'il est employé dans tel ou tel autre domaine.

Ce chapitre sera divisé en deux parties. La première va donner les définitions se rapportant à la société plus précisément à l'état ; à la famille ; à la chanson ; et la seconde parlera largement de l'enfant.

I.1. la Société

Du latin « socius », la société est une union durable visant une fin commune. Ainsi Leclercq estime qu' « il n'ya pas de société entre les Hommes qui ne se doivent rien. La société apparaît quand des Hommes reconnaissent entre eux un lien qui oblige la collaboration... »3(*).

D'après le Dictionnaire Petit Robert, la société est le mode de vie propre à l'homme et à certains animaux caractérisé par une association organisée d'individus en vue de l'intérêt général. C'est aussi un ensemble d'individus vivant en groupe organisé ; un milieu humain dans lequel quelqu'un vit, caractérisé par ses institutions, ses lois et ses règles.

Ceci revient à dire que l'intérêt général est un élément indispensable pour parler d'une société ;

Les institutions, les lois, les règles sont autant d'éléments qui définissent une société.

I. 1.1. L'Etat4(*)

L'État est l'autorité qui s'exerce sur un territoire et sa population. L'État se compose donc de trois éléments : un territoire, une population et un gouvernement.

Nous devons toute fois faire la différence entre le terme état et le terme nation.

Le terme « État » ne désigne pas uniquement l'autorité qui s'exerce sur un territoire national. Il désigne aussi ce territoire même, délimité par des frontières (on parle aussi dans ce cas de « pays »).

Le terme « nation » désigne un groupe humain qui possède une unité culturelle, linguistique et historique et qui a conscience de son unité.

Dans le cas d'un État dont tous les habitants appartiennent à une même nation, on parle d'État-nation. Dans le cas d'un État dans lequel cohabitent plusieurs nations, on parle d'État multinational.

Enfin, une nation peut exister sans État. C'est le cas d'un peuple qui ne dispose pas d'un État autonome, mais qui est dispersé entre plusieurs États.

Parlant du rôle de l'état, il a pour rôle de garantir la défense du territoire, le maintient de l'ordre ; la santé publique ; l'éducation ; et la solidarité nationale.

L'on peut sans doute penser que si l'état respecte son rôle, l'enfant va grandir dans toute sécurité.

I.1. 2. La Famille

La famille peut être comprise comme un groupe social uni par les liens de parenté ou du mariage, présent dans toutes les sociétés humaines5(*).

Idéalement, la famille fournit protection, sécurité et socialisation à ses membres. C'est pourquoi dans le préambule de la Convention Relative aux Droits de l'Enfant (CRDE), les Etats parties à la dite convention ont été convaincus que la famille, unité fondamentale de la société doit recevoir la protection et l'assistance dont elle a besoin pour pouvoir jouer pleinement son rôle dans la communauté.

La structure de la famille et les besoins auxquels elle correspond varient d'une société à l'autre. Nous distinguons trois types de famille :

La famille nucléaire composée de deux parents et de leurs enfants. Elle  est l'unité principale dans les pays industrialisés. Dans les pays en développement, la famille nucléaire est subordonnée à une famille étendue ;

La famille étendue comprend également les grands-parents et d'autres membres de la parenté. Un troisième type de famille est la famille monoparentale ;

La famille monoparentale, souvent éclatée, dans laquelle les enfants vivent avec un père ou une mère non marié, divorcé ou veuf. Ce dernier type est de plus en plus répandu aujourd'hui dans les sociétés occidentales, à moindre dégré en Afrique.

C'est dans la famille que l'enfant découvre qu'il est aussi un être humain. C'est le premier lieu d'accueil de l'enfant. Il est donc in censé de trouver normal qu'on parle des enfants de la rue au lieu de parler des enfants de la famille.

I.2. La chanson

a. Etymologie

Etymologiquement le concept « chanson » vient d'une part du Latin « cantare » qui signifie chanter ou faire entendre un chant, une chanson ; le chant ainsi perçu comme une suite de sons modelés émis par la voix humaine ; et d'autre part du Grec « cantio » qui signifie une petite composition musicale de caractère populaire, sentimental ou satirique divisée en couplets et destinée à être chantée. Cette deuxième définition décrit mieux ce qu'est la chanson et permet la compréhension de la réalité liée à son univers de production et aussi par rapport à sa finalité (sentimentale et satirique).

Pour L.J. Calvet, la chanson est cet « air que l'on fredonne, des mots qui s'impriment dans nos mémoires et dont, suprême hommage, on oublie le plus souvent l'auteur »6(*) .

D'une manière générale, la chanson peut être conçue comme « une combinaison d'élément, comme une synthèse active réunissant : un texte, une mélodie, une voix, une orchestration et la performance physique du chanteur.

Notons cependant que la compréhension du terme chanson de pend de l'époque et de la société dans laquelle est évoquée la chanson ; du XIème siècle au XXIème siècle le terme chanson a des traits spécifiques qui le définissent autrement. C'est ici l'occasion de signaler l'évolution et la révolution qu'a subit depuis des années, la chanson notamment avec la modernisation de sociétés grâce aux nouvelles technologies.

b. Structure de la chanson

« La chanson, contrairement aux autres genres textuels, ne se réduit pas à une simple virtualité mais constitue une performance, un « acte de parole » dans lequel le texte est d'emblée interprété et mis en mouvement7(*) ». Ceci pour dire que la chanson est un texte comme nous l'envisageons étudier dans ce travail.

En sémiologie le concept « texte » est utilisé pour se référer à des unités linguistiques plus larges que le signe, et désigne les mots et phrases qui constituent un écrit. U. Eco fait remarquer au sujet du texte qu'il est celui qui convient mieux ou qui remplace le concept traditionnel message ; autrement dit, ce qui autrefois était appelé « message » est en réalités texte8(*).

En définitive nous pouvons dire que, la chanson via le texte, porte en elle les caractéristiques de l'individu et de la société qui la produisent, c'est pourquoi elle peut être considérée comme miroir de la société. Et comme médias d'expression et de communication de masse, la chanson est donc le reflet de la société. Il convient une bonne analyse pour parvenir à découvrir les différents traits qui caractérisent la société.

Si nous disons que la chanson remplit diverses fonctions ( didactique, ludique, politique, judiciaire, religieuse, etc.) et que c'est un produit ou une oeuvre d'un individu ou des individus vivant dans une société régie par des lois et des règles ; on peut alors dire que la chanson est porteuse des valeurs qui caractérisent sa société et devient par conséquent cette société.

I.2. Enfant

a. Définition

Par enfant nous entendons tout « Garçon » ou toute « Fille » dans l'âge de l'enfance ; l'enfance étant comprise comme la période de la vie humaine, de la naissance à l'adolescence.

Selon la Convention Relative aux Droits de l'Enfant (CRDE), à son article premier, l'enfant est « tout être humain âgé de moins de 18 ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable »9(*).

Parler de l'enfant revient aussi à parler de ses Droits dans la société. C'est pourquoi nous étudions la représentation que se fait la chanson congolaise sur les droits de l'enfant.

b. Principaux droits de l'enfant

Il existe plusieurs droits de l'enfant mais qui sont regroupés en dix principaux droits :

1. Le droit d'être protégé contre toute forme de discrimination en

raison de sa race, de sa religion, de son origine ou de son sexe ;

2. Le droit d'avoir un nom et une nationalité ;

3. Le droit à une alimentation suffisante et saine ;

4. Le droit d'être soigné(e) et de bénéficier de soins et de

Traitement adaptés à l'âge ;

5. Le droit à l'éducation ;

6. Le droit d'être nourri, logé et de grandir dans de bonnes

Conditions ;

7. Le droit de jouer, de rire, de rêver ;

8. Le droit d'accéder à l'information, d'exprimer son avis et d'être

Entendu ;

9. Le droit d'être protégé de la violence et de l'exploitation ; et

10. Le droit à une protection spéciale pour tous les enfants

Réfugiés et / ou handicapés

c. facteurs favorisant l'élaboration de droits de l'enfant.

Plusieurs facteurs ont concouru pour que l'Assemblée Générale des Nations Unies élabore et adopte la CRDE10(*). Elle s'est appuyée sur la Déclaration Universelle de droits de l'homme dans laquelle les Nations Unies ont proclamé que l'enfance a droit à une assistance spéciale ; elle a reconnue que l'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial (considéré comme unité fondamentale de la société et milieu naturel pour la croissance et le bien être de tous ses membres et en particulier des enfants), dans un climat de bonheur, d'amour et de compréhension ; elle a considéré qu'il importe de prépare pleinement l'enfant à avoir une vie i individuelle dans la société.

Dans la CRDE , les Etats partis ont eu en esprit que l'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux notamment d'une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance.

Ce qui est important dans cette convention est que l'Assemblée Générale de Nations Unies a reconnu qu'il ya dans tous les pays du monde des enfants qui vivent dans des conditions particulièrement difficiles et qu'il est nécessaire d'accorder à ces enfants une importance particulière.

Signalons qu'en dehors de la CRDE, il existe plusieurs traités et textes pertinents relatifs aux droits de l'enfant. On peut citer entres autres la charte de Nations Unies, la Déclaration Universelle de Droits de l'Homme, la Déclaration de droits de l'enfant, etc.

d. Les agents protecteurs de droits de l'enfant

Nous disons que l'enfant est un être vulnérable ; c'est pour cela qu'il doit être protégé par ceux qui sont plus forts que lui (les adultes). C'est aux parents qu'il incombe la première responsabilité d'élever et de protéger l'enfant et à l'Etat de les aider à exercer cette responsabilité (cfr. art. 18 de la CRDE). Les membres de la famille élargie et toute la communauté ont aussi le devoir de protéger l'enfant et de le guider d'une manière qui correspond au développement de ses capacités ( cfr art. 5 de la CRDE).

Il en est de même des avocats des enfants, des institutions spécialisées et des organisations nationales et internationales (OIT, OMS, UNESCO,  UNICEF) qui se préoccupent du bien être de l'enfant (cfr art. 45 de la CRDE).

e. Les principaux facteurs favorisant la violation de droits de l'enfant

La violation de droits de l'enfant est une actualité que personne du domaine du droit ne peut ignorer. Les différentes guerres ; les conflits armés ; les difficultés socio économiques de certaines familles sont autant de facteurs qui favorisent la violation de droits de l'enfant.

Ces facteurs ont pour conséquence la séparation entre l'enfant et sa famille ; les mauvais traitements infligés à l'enfant ; l'enrôlement de l'enfant dans l'armée ; occasionnant de phénomènes tel que enfant de la rue ; enfant soldat ; enfant refugié et tant d'autres.

On peut donc dire que pour mettre fin à la violation de droits de l'enfant, il faudrait que les Etats mettent fin aux guerres et aident les parents à bien assumer leur rôle dans la protection de l'enfant

f. Mesures de protection de droits de l'enfant

La protection de l'enfance est l'ensemble des règles juridiques qui visent à assurer le respect des droits de l'enfant. Les enfants ont, en effet, des besoins particuliers en tant qu'êtres humains en développement, particulièrement vulnérables et essentiellement dépendants, ce qui justifie le fait de prévoir pour eux un système de protection adapté. L'enjeu est de taille aujourd'hui encore, car les systèmes de protection de l'enfance doivent faire face à la fragilisation de la famille dans les sociétés occidentales et à l'évolution du monde moderne, qui n'est pas toujours favorable à un développement harmonieux de l'enfant11(*).

Malgré son évidente nécessité, le processus de reconnaissance des droits de l'enfant n'a abouti que très récemment avec l'adoption, en 1990, par l'Organisation des Nations unies (ONU) de la Convention internationale des droits de l'enfant et, en 1995, de la Convention européenne des droits de l'enfant par le Conseil de l'Europe. À la suite de l'adoption de ces conventions internationales et de l'évolution des droits nationaux, la situation juridique de l'enfant a considérablement évolué : alors qu'au XIXe siècle il était uniquement considéré, dans les législations de protection de l'enfance, comme l'objet de la puissance paternelle et qu'il n'était pas titulaire de ses droits, il est reconnu aujourd'hui comme étant un sujet de droit, doté de libertés. Cela va bien au-delà de la notion d'intérêt supérieur de l'enfant, mise en avant dans ces conventions internationales ; cela signifie que, dans la mesure du possible, les droits de l'enfant doivent être envisagés de son point de vue, ce qui suppose un bouleversement total des mentalités12(*).

La Convention européenne de sauvegarde des droits de l'enfant est très révélatrice de cette évolution. Elle instaure, en effet, une protection originale en matière pénale : sans remettre totalement en cause l'incapacité pénale de l'enfant mineur dans l'exercice de ses droits, elle entend examiner l'opportunité de reconnaître aux enfants des nouveaux droits procéduraux (comme le droit de désigner son propre représentant ou le droit d'exercer les prérogatives d'une partie à la procédure). La Convention européenne va donc plus loin que la Convention internationale, qui reconnaît que l'enfant est titulaire de droits subjectifs propres, mais qui ne pose pas le problème de la mise en oeuvre de ces droits.

Le droit pénal congolais a mis en place une série de mesures pour sanctionner les mauvais traitements contre les enfants. Ces dispositions concernent les violences physiques, les violences sexuelles (voir sexuels, crimes et délits) et les situations mettant en jeu la moralité des enfants.

Concernant les violences sexuelles, des sanctions sont prévues en cas d'attentats aux moeurs, de viols, de provocations sexuelles.

Enfin, le législateur a souhaité prévenir aussi les cas d'autres atteintes à l'individualité morale. Certains établissements de spectacle et de distraction peuvent être interdits aux mineurs s'ils risquent d'exercer une influence nocive sur la santé et la moralité de l'enfant. Cette interdiction est prononcée par le préfet. L'incitation à la consommation de stupéfiants ou de drogues est bien entendu sanctionnée.

Si la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant est en danger, ou si les conditions de son éducation sont compromises, le juge des enfants peut ordonner des mesures d'assistance éducative. Le juge des enfants peut être saisi par l'un des parents, une personne à qui l'enfant a été confié, l'enfant lui-même ou le ministère public. S'il constate que l'enfant est en danger, il peut soit décider d'une mesure éducative en milieu ouvert (c'est-à-dire qu'il maintient l'enfant dans son milieu naturel, mais qu'il désigne une personne, un éducateur par exemple, pour apporter aide et conseil à la famille), soit retirer l'enfant de son milieu familial pour le confier à un membre de la famille, à un service d'éducation spécialisée ou à un service d'aide sociale à l'enfance.

Des règles sont aussi prévues en matière d'abandon d'enfants, on considère que les parents se sont désintéressés de leur enfant lorsqu'ils n'ont pas entretenu des relations suffisantes au maintien de liens affectifs ; les règles en matière d'adoption visent à permettre à l'enfant de retrouver une famille dans les premières années de sa vie, en matière de protection des enfants handicapés dépistage, création de structures d'éducation adaptées) et en matière d'enlèvement et de non-représentation du mineur.

.

Conclusion partielle

Pour clore ce chapitre nous pouvons dire que tous ces termes à savoir, l'enfant, la chanson, la famille et l'Etat sont intimement liés et font parties d'un système qu'on appelle « société ». C'est l'individu qui compose une chanson, cet individu vu dans une famille, laquelle de famille est dans une société dans laquelle l'enfant est aussi membre.

Chapitre deuxième.

La chanson congolaise comme media de communication et d'expression de masse et la théorie des fonctions du langage

Le présent chapitre aura deux parties. D'une part nous parlerons de la chanson comme étant un média de communication et d'expression, en présentant sa forme et son fond ; et d'autres part parlerons de la chanson comme un discours verbal en s'appuyant sur la théorie de notre étude à savoir la théorie des fonctions du langage.

II. 1.Chanson comme média de communication

La communication de masse est un domaine vaste et complexe qui répond à plusieurs définitions selon qu'il s'agit de tel ou tel autre domaine. Nous asseyons d'en retenir quelques unes.

D'après le Petit Larousse illustré, la communication de masse est un « ensemble de moyen et techniques qui permettent la diffusion de messages écrits ou audio visuel auprès d'une audience vaste et hétérogène »13(*). D'une manière générale, la communication consiste en un échange de messages chargés de signification.

En parlant de la communication de masse comme mode de diffusion, Denoël et Gonthier soulignent en ce terme : « la communication peut s'appeler la diffusion, lorsqu'elle dépasse largement le cadre de l'échange entre deux individus ... lorsqu'elle consiste dans l'extension d'un message à partir d'un centre émetteur dans un ensemble social assez étendu. Elle implique dès lors des techniques de diffusion, que l'on appelle aussi les communications des masses ou mass média ». 14(*)

Le média peut être compris comme « un équipement technique permettant aux hommes l'expression de leurs pensées, quelques soient la forme et la finalité de cette expression ». 15(*)

Nous pouvons à ce titre considérer la chanson comme l'expression privilégie de la culture d'un peuple, c'est-à-dire un moyen original de la communication de la pensée et des sentiments de l'homme à lui-même et à ses semblables. La chanson devient alors un moyen et une technique permettant de diffuser des messages en vue d'une certaine audience.

En ce qui concerne les sortes des médias, F. BALLE en distingue trois :

- les médias de diffusion,

- les medias de télécommunication, et

- les medias autonomes.

La chanson constitue un média de diffusion, et parmi la forme de la communication, elle constitue un média à « audience ouverte » au sens de Begson ; « une audience virtuelle, qui correspond a un grand public »16(*).

Grosso modo, nous pouvons dire que la communication est un ensemble de moyens et de techniques de diffusion d'un message, et la chanson n'est pas seulement le moyen et la technique par lesquels un message est véhiculé, mais également un mode d'expression par lequel ce message est diffusé.

Point n'est besoin de signaler que nous n'allons pas parler de la dimension technique ni historique de la chanson congolaise par crainte de nous plongé dans une étude purement musicologique et théorique en sortant hors de notre cadre d'étude.

Avant de parler du contenu de la chanson congolaise, il sied d'abord de parler de ses formes et ses caractéristiques.

II.1. 2. Formes et caractéristiques de la chanson congolaise

En R.D.C comme dans la plupart de pays du continent, la chanson revêt deux grandes formes17(*). Il y a d'un côté la chanson traditionnelle et folklorique et de l'autre côté la chanson congolaise moderne.

II.1.2.1. chanson traditionnelle et folklorique18(*)

C'est la racine même de toute chanson. C'est une production musicale ancienne et originale d'un peuple donné, s'accompagnant parfois d'un instrument traditionnel, dont les thèmes vocaux et mélodiques sont tirés de son milieu d'origine, ayant une structure propre à ce milieu et s'exécutant dans la longue du pays.

Toute fois, certains chercheurs estiment qu'il existe une légère différente entre la chanson traditionnelle et la chanson folklorique bien que les deux constituent une même réalité socioculturelle et musicale.

Pour U. Ginzanza, « la chanson traditionnelle est liée au mode de vie tel qu'hérité des ancêtres et retransmis avec des coutumes depuis des générations. Elle est souvent exécutée pour des circonstances particulières comme la naissance des jumeaux, la guerre, la chasse, le culte aux esprits, etc. tandis que la chanson folklorique ou populaire serait une chanson traditionnelle dépouillée de son contexte original et circonstanciel, une chanson qui n'a pas nécessairement un contexte d'exécution propre ni un caractère rituel ou sacré. On ajoute dans cette catégorie d'autres chansonsde réjouissance populaire que les anciens ont apprises à leur progéniture et qui sont restées, avec le temps dans l'arsenal des chansons populaires rurales en plus de celles qui prennent la naissance dans la société au fur et à mesure qu'elle évolue19(*).

Nous pouvons donc dire que la différence se trouve au niveau du caractère original et circonstanciel, certaines chansons traditionnelles et folkloriques et aussi dans leurs pratiques.

II. 1. 2. 2. la chanson congolaise moderne

La chanson congolaise moderne qui fait l'objet de la présente étude est bien celle issue de la cohabitation des styles étrangers avec des mélodies congolaises de l'époque coloniale. On l'appelle aussi « la musique métissée » du fait d'être née du contact des éléments musicaux folkloriques de notre pays avec les tonalités et les rythmes européens.20(*)

La chanson congolaise moderne est comme le dit Ginzanza, «  le fruit de la chanson semi-folklorique d'un groupe social donné, modernisée au niveau de l'instrumentation, ayant généralement subi une influence structurale et stylistique étrangère et exploitant des thèmes variés des milieux ruraux ou urbains, avec une langue congolaise comme moyen d'expression »21(*)

II.1.2.3. Principaux facteurs favorisant l'essor de la chanson congolaise

En RDC, comme partout ailleurs, la chanson est devenue l'un de plus grands medias de communication et d'expression qui attire et influence les masses. Elle est le genre textuel le plus populaire et le plus consommé qui soit.

La chanson congolaise participe à l'heure actuelle à notre vie quotidienne grâce au développement de la radio, de la télévision, du cinéma, de l'internet, bref, de technologies de l'information et de la communication. La radio emploi le disque, la télévision combine l'image au son, les commerçants usent de la chanson pour vendre leurs produits et même les politiciens recourent à la chanson pour faire vendre leur image, surtout lors des campagnes électorales.

L'abondance des groupes musicaux, la concurrence de la chanson congolaise moderne et étrangère sur les marchés des disques, bref, l'apparition d'une société nouvelle joue un grand rôle dans l'expansion de cette chanson qui contrairement à la chanson traditionnelle, traverse des frontières tribales, nationales et fait bouger les mélomanes des autres continents.

Tous ces facteurs ont fait que la chanson congolaise moderne puisse aujourd'hui prendre une place aussi importante que la politique dans les faits d'actualité que ça soit dans les medias, dans la rue tout comme dans les ménages.

Cependant nombreux sont ceux qui pensent que ces facteurs ont influé négativement sur le contenu de la chanson congolaise. Au lieu que les musiciens contemporains continuent à instruire et à divertir la masse dans le respect des moeurs, ces derniers se contentent à exceller dans des thèmes à sensation juste pour plaire et vendre même en des styles, des contenus on ne peut plus pudeur. Les enfants sont les plus exposés à ces chansons pleines d'aspect obscènes et audacieux. Heureusement qu'il y a parmi ces musiciens ceux qui prennent conscience de leur rôle dans la société comme nous allons le découvrir tout au long de notre travail. Essayer de dire un mot sur le contenu de la chanson congolaise à savoir la substance ou les thèmes exploités par cette chanson.

II. 1.2.4. Le contenu de la chanson congolaise

Il est difficile de parler ou de décrire tous les thèmes autour desquels gravitent toutes les compositions sur les musicales. La liste est longue et cela risque d'ennuyer les lecteurs. Ainsi comme l'a bien présente, M. Lonoh22(*), nous avons pu regroupé les différents thèmes autour de deux principaux thèmes à savoir les sujets éternels et les sujets particuliers.

II.1.2.4.1. Les sujets éternels

C'est dans la nature que tous les artistes tirent la principale ressource de leurs oeuvres, elle est grande source d'exploitation. Ce qui donne à ces oeuvres des caractéristiques communes (la monotonie), conséquence de l'universalité.

Dans cette catégorie, l'on retrouve des sujets éternels, contemporains et courant à savoir :

-L'amour ;

-le mariage et la vie conjugale ;

-le bon sens (la déontologie, l'éthique) ;

-la mort ou la fin de l'homme.

Signalons que c'est dans cette catégorie que l'on retrouve les thèmes sociopolitiques, plus précisément dans le bon sens et la vie de l'homme dans la société.

II.1.2.4.2. sujets particuliers

Ces sujets, comme le dit M. Lonoh, sont appelés particuliers parce qu'ils sont exploités pour des raisons biens définies dont :

- la propagande politique ou commerciale, la publicité commerciale et les personnes imaginaires.

Apres avoir parlé du contenu de la chanson congolaise, parlons à présent de la chanson congolaise comme un discours verbal en appuyant sur la théorie des fonctions du langage.

II. 2. Chanson comme discours verbal

Selon la théorie des fonctions du langage d'après E. Benveniste, le discours trouve sa place dans l'énonciation et prévoit :

-L'émetteur (locuteur, destinateur énonciateur) ;

-le message (énoncé, discours) ;

-le récepteur (allocutaire, destinataire, énonciataire).

Selon Benveniste, « l'énonciation c'est la mise en fonctionnement de langue par un acte individuel d'utilisation. C'est l'acte même de produire un énoncé et non le texte de l'énoncé. L'énoncé s veut donc comme le produit de l'activité de la parole ou de l'écriture. La chanson peut être identifiée sous cet angle ou message, au discours, l'énoncé que produit le locuteur, qui est le compositeur de la chanson, à l'intention du destinataire (public).

Dans toute communication verbale, les trois étapes c'est-à-dire l'émetteur, message et récepteur s'accomplissent au même moment lors du déclenchement de l'acte du langage, mais dans le cas de la chanson il en va autrement. Avec la chanson, comme le dit Ginzanza, le compositeur amorce le processus d'énonciation en « écrivant » sa chanson, et qui connaîtra son accomplissement au moment où celle ci sera diffusée au moyen des medias. L'on peut donc dans ce cas considérer la chanson comme étant un acte d'énonciation dont le processus de déclenchement est décalé dans le temps.

Dans le cas de notre travail, nous allons étudier la chanson en tant qu'énoncé, un discours verbal. En tant que discours verbal (énoncé), la chanson utilise la langue parlée et peut à ce titre être considérée comme un acte de langage au sens linguistique du terme, c'est-à-dire « une performance particulière réalisée par un locuteur donné dans un espace-temps donné. Parler est une forme particulière d'action. La production d'un énoncé constitue un acte »23(*) d'où nous allons utiliser l'approche sémantico linguistique pour enfin étudier la chanson sous ses aspects sémantique, syntaxique et pragmatique.

Nous pouvons donc dire que la chanson congolaise moderne est un discours verbal chanté. Ceci nous permet de comprendre son locuteur qui est ici le musicien congolais, le contexte d'énonciation pour bien découvrir la signification profonde de ce discours et l'audience à la quelle est destinée ce discours.

Signalons que, en ce qui concerne l'audience de la chanson congolaise, nous pouvons distinguer trois types de destinataires24(*) : le destinataire anonyme : une chanson peut ne pas s'adresser directement à quelqu'un ; elle est ainsi destinée à tous, dans la mesure de la compréhension de chacun.

Le destinataire implicite : Certaines chansons peuvent s'adresser à un individu ou à un groupe précis, mais que le locuteur ne peut ou ne veut pas nommer.

le destinataire explicite : la chanson peut s'adresser à un individu ou à un groupe clairement identifié par un nom, le locuteur décidant d'endosser toutes les conséquences de cette désignation, notamment si c'est à son avantage.

Voilà d'une manière générale ce que nous pouvons dire de la chanson congolaise moderne en tant que media de communication et d'expression de masse. Reste à démontrer comment cette chanson avec toute son influence et sa structure construit des discours sociopolitiques en rapport avec les droits de l'enfant.

Chapitre troisième : Analyse du discours des chansons

Dans le rôle la chanson comme miroir de la société et comme media de la communication et d'expression, nous avons choisi six discours représentatifs pour leur riche contenu en rapport avec notre étude qui consiste à ressortir les éléments sur lesquels se fonde la chanson congolaise moderne pour construire des discours sociopolitiques en rapport avec la situation de l'enfant congolais. Cette analyse nous permettra ainsi de comprendre l'état dans lequel se trouve l'enfant congolais surtout celui de ses droits. L'analyse du contenu des chansons paraît donc indispensable comme nous laisse aussi entendre Kadima Nzuji Mukala : « compte tenu de la qualité de plus en plus affirmée des chansons et de leur charge poétique attestée, l'idéal en définitive serait de leur appliquer en tant que texte, sans discrimination aucune, les diverses approches littéraires de chercher comme tout autre texte à en saisir et révéler la substance. Cela permettrait de redéfinir les corpus littéraires nationaux en prenant en considération, les barrières linguistiques et génériques, l'ensemble des textes qui concourent à des degrés divers, à affirmer l'identité culturelle africaine en sa cohérence et en sa diversité25(*) ».

Cette analyse se veut davantage qualitative plutôt que quantitative. Tout en veillant à ne pas verser dans des considérations trop théoriques, nous allons analyser tous ces discours de manière progressive et complémentaire en tenant compte des considérations précédentes. Les discours ne seront pas analysés séparément par contre à chaque fois qu'il s'agira d'énoncer ou de ressortir un élément, nous essayerons de faire toujours un lien entre ces discours. C'est donc une analyse comparative.

Nous avons dit que nous allons utiliser l'approche sémantique linguistique, cependant nous devons avoir à l'esprit que tous ces discours ont un caractère oral et parlé, d'où ne pouvons évidemment pas examiner tout le cas, au risque de tomber dans une étude purement théorique et agaçante.

Avant de se livrer à ce travail typiquement analytique, il nous paraît utile de procéder d'abord à l'étude de notre corpus en s'appuyant sur la théorie des fonctions du langage. Cette démarche va à notre avis, nous épargner de certains détails lors de l'analyse.

III.1. Etude du corpus

La chanson congolaise est riche et féconde au niveau de la thématique sur la femme26(*) mais très pauvre au niveau de la thématique concernant l'enfant. C'est ainsi que nous n'avons pas trouvé assez de chansons en rapport avec notre étude et nous n'avons opéré le choix que sur six chansons dont nous allons essayer de découvrir progressivement. Nous allons dans cette partie voir le titre, le cadre, le contexte d'énonciation et le destinataire de chaque chanson de notre corpus.

1. Bayibi nga bomwana.

a. titre : « Bayibi nga bomwana », ce titre écrit en lingala cache bien de choses car il est utilisé au sens figuré, qu'on ne peut comprendre qu'une fois le replacer dans le contexte du discours. L'auteur est parti d'un cas particulier pour généraliser sa situation à la lecture de ce discours, nous pensons que l'on pourrait donner un titre plus explicite en relation avec le sujet développé dans le texte et qui semble être les cris d'alarmes d'un « enfant soldat » comme nous le révélera le contexte d'énonciation.

b. cadre : Il s'agit d'une chanson dont l'auteur est lui-même guitariste compositeur interprète Jean Goubald Kalala. Son style se fonde sur sa voix chaleureuse, limpide, d'une technique inégalable et de la pureté de sa guitare et de ces textes qui conjuguent rimes et rires. Ce chansonnier kinois se lance et avance sur la dérision, le rire et le sourire, dans un joli mélange à la sauce piment. Tant en français qu'en lingala, il ya dans les textes et le ton de Jean GOUBALD des zestes de Souchon. Il écrit ses chansons comme on ne l'a souvent fait ni entendu avant lui : il rime en lingala. Dans la plupart de ses morceaux il fait rimer amour et humour dont se nourrissent sa créativité et ses textes, empreints de spiritualité et de vérité. Après ses études secondaires, il entre à l'université de Kinshasa où il intégrera l'orchestre le « Phacochère Music ». Il collabore en suite de très près avec des grands noms de la musique congolaise tel que Rochereau Tabu ley, Kalama Soul, Yulu MABIALA, Mbilia Bel, Tshala Mwana, le groupe Zaiko Langa langa, et tout recemment Papa Wemba, Koffi Olomide et J.B. Mpiana. Jean Goubald est devenu un artiste incontournable de la scène kinoise depuis la sortie en juin 2005 de son premier album « Bombe Anatomique » enregistré au studio NDIAYE à Kinshasa et qui lui a value le mérite de participer au festival YAMBI 2007 à Bruxelles organisé par la communauté française de Belgique.

c. contexte d'énonciation : la toile du fond de cette chanson reste la société congolaise, une société victime de plusieurs guerres dont les enfants en sont les premières victimes. Dans ces conflits armés, les enfants payent un lourd tribut dont les décès, les violences sexuelles, les blessures, les déplacements, la séparation en famille et pour le cas de cette chanson l'enrôlement dans des groupes armées.

L'objet apparent de cette chanson est, ou semble être, un enfant soldat qui se trouve encore dans un groupe armé alors qu'il tient à tout prix abandonner cette vie qu'il n'a même pas souhaitée et veut se retrouver en famille comme tous les autres enfants de son âge.

L'auteur n'est pas un enfant moins encore n'a aucune fois été un enfant soldat, ce qui nous laisse dire que le portrait qu'il fait de l'enfant est donc essentiellement une caricature pour passer son message, sa critique de la société dans laquelle naissent de guerres sans fin et sans raison, dans lesquelles la population dont notamment les enfants en pâtissent alors que leurs auteurs en sont épargnés (y compris leurs enfants ). C'est pourquoi le compositeur de cette chanson n'a pas hésité de dire: « Moboti nini akondima oyo ya ye mwana asakana na moto » qui signifie aucun parent ne peux accepter voir son enfant jouer avec le feu sans pouvoir l'assister, et d'ajouter « Bayibi nga bomwana, malgré ça batiki te koswana ».( Ils m'ont volé l'enfance, malgré ca, il ne cesse de se quereller). En disant cela, à qui l'auteur s'adresse t il vraiment ?

d. Destinataire : cette chanson peut ne pas s'adresser directement à quelqu'un ; elle est ainsi destinée à tous, dans la mesure de l'implication directe ou indirecte de chacun. Quiconque pourrait en tirer une information qui le concerne deviendrait de ce fait un destinataire. Bref, le destinataire de cette chanson est anonyme cependant cette chanson tel que nous révèle son contenu s'adresse à un groupe social précis, mais que le locuteur ne peut ou ne veut pas nommer. Celui ci reste cependant parfaitement identifiable d'après le contexte et les présupposés pragmatiques. Nous pouvons dire selon nous qu'il s'agit des autorités politiques et militaires qu'on peut considérer dans la catégorie de destinataire implicite.

2. Asala boni.

a. Titre : « asala boni » (Que doit il faire) est un titre affirmatif et qui laisse cacher plusieurs choses. L'auteur de cette chanson joue avec toute son intelligence pour trouver un tel titre. A la lecture de la chanson, l'on découvre que l'auteur a commencé par la conclusion du message car dans la chanson, cette question n'intervient qu'après avoir développé toutes les souffrances que connaît un homme dont notamment l'enfant et qui le rend incapable de pouvoir faire quoi que ce soit. Ainsi l'auteur sollicite l'avis des autres personnes qui ne se trouvent pas dans cet état, comme nous allons le découvrir dans cette analyse.

b. cadre : il s'agit du même auteur de la chanson « bayibi nga bomwana » et du même album « Bombe atomique ».

c. Contexte d'énonciation : La toile de fond de cette chanson reste la société congolaise de la ville de Kinshasa. Une société où les familles sont victimes des difficultés socio économiques et qui poussent certains enfants à quitter le toit familial et certains parents à se sentir incapables de pouvoir prendre en charge leurs familles.

L'objet de cette chanson tourne autour de trois personnes, dont un parent, un garçon, et une fille. Il s'agit d'un fonctionnaire de l'Etat qui a fait des mois et de mois sans toucher à son salaire, et qui, fasse au poids de la charge de la famille est contraint de se livrer au vol afin de nourrir sa famille, payer les frais scolaires et les soins médicaux de ses enfants. Ce dernier va alors subir le sort des voleurs : torture, arrestation, et tant d'autres, ainsi l'auteur pose la question de savoir ce que ce parent peut faire pour afin sortir de sa situation. Nous pensons que l'auteur en posant cette question, veut juste montrer l'innocence de ce parent qui a besoin de prendre ses responsabilités mais faute des moyens financiers se livrent même au vol. Il en est de même du jeune garçon qui a trouvé refuge à la rue parce qu'il a été rejeté par sa famille en étant accusé de la sorcellerie ; il est exposé à tous les dangers de la rue au vu de tout le monde. La question « Asala boni » intervient pour montrer la vulnérabilité de cet enfant qui se trouve à la rue malgré lui et qui, pour sortir de sa situation a besoin d'une main de secours pour qu'il sorte de cette situation. Il en est de même de cette jeune fille mineure qui est devenue orpheline des parents (décédés pendant la guerre) et qui pour se nourrir et se vêtir est obligé de vendre son corps (se prostituer) ; pourtant avant la mort de ses parents, était une «  fille exemplaire » comme le dit bien l'auteur de la chanson. Ces personnes sont devenues selon l'auteur des personnes inutiles dans la société dont même leurs morts n'inquiètent personne. « Asala boni, ata awe, moto ntina te » (Que doit il faire, même s'il mourait, il ne vaut rient) s'indignent l'auteur de la chanson.

d. Destinataire : cette chanson comme celle de Bayibi nga bomwana s'adresse aux destinataires anonyme et implicite. Dans le cas du parent, elle s'adresse à l'Etat qui n'arrive pas à payer ses fonctionnaires comme il se doit alors que ces derniers sont des responsables de familles; dans le cas du garçon, elle s'adresse aux parents qui ne veulent pas assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants et qui comme un maître qui veut noyer son chien, les accusent en complicité avec les pasteurs, de sorcellerie; et pour la fille orpheline, elle s'adresse aux autres membres de la famille qui refusent d'accueillir les enfants de leurs frères ou soeurs après leur décès, mais aussi et surtout à ces hommes méchants qui au lieu d'aider ces jeunes filles, abusent sexuellement d'elles. Dans tous les cas, chacun là ou il est se sent impliqué dans l'un ou l'autre cas.

3. Orphelin

a. Titre : « orphelin », un titre libellé en français pour une chanson en français dit déjà tout en lui-même. Peut être qu'il faudrait lire tout le discours pour savoir de quel orphelin il s'agit. En choisissant un tel titre, l'auteur voulait déjà résumer son message et préparer à l'intention de son lecteur le cadre dans le quel il souhaiterait circonscrire ses propos.

b. cadre : Werrason est l'auteur de cette chanson dont l'interprète est Michael TSHENDO. De son vrai nom Noël Ngiama Makanda, il est né un certain jour de noël à Kikwit, il grandit à Kinshasa où à 12 ans, il chante dans la chorale de l'église protestante de CBZO. A cette époque, il gagne un concours d'arts martiaux et acquiert le surnom de « Tarzan, le Roi de la Forêt » qui se transformera plus tard en « Roi de la Forêt » ce qui restera comme son surnom le plus connu.

En 1981, il forme avec des amis le groupe Wenge Musica. Bien que le groupe rencontre un succès international, en 1997, Wenge Musica éclate en deux avec d'un côté Werrason et quelques un des ses proche collaborateurs dont Adolphe Dominguez et de l'autre JB Mpiana, ex-leader de Wenge 4x4, qui emporte avec lui la quasi-totalité des musiciens [1]. Werrason vit la scission comme une trahison et il ne s'en remettra que difficilement. Mais l'immense courant de sympathie de ses fans le persuade de continuer [réf. nécessaire]. C'est ainsi que dès l'année suivante Werrason s'entoure de nouveaux musiciens et crée un nouveau groupe, Wenge Musica Maison Mere (WMMM) et lance sur le marché l'album Intervention rapide A compléter

c. contexte d'énonciation : l'environnement dans lequel est produit ce discours est la société congolaise ; une société où l'on enregistre un bon nombre d'enfants orphelins que ça soit de l'un de deux parents ou de tous les deux.

L'objet de cette chanson est les doléances d'un enfant orphelin qui vit toute sorte de misère après la mort de ces parents. Cette chanson chantée par un enfant est un miroir à travers lequel tous les orphelins peuvent voir, se reconnaître mais surtout à travers lequel tous les parents encore en vie peuvent regarder la situation dans laquelle leurs enfants se retrouvent après leurs morts.

d. destinataire : cette chanson s'adresse d'abord à tous parents en les poussant à préparer l'avenir de leurs enfants quant ils sont encore en vie de sorte que même après leurs morts qu'ils ne se sentent pas totalement abandonnés à leur triste sort. Ensuite, à toutes les personnes qui ont en charge ces enfants orphelins mais qui les font davantage chagriner, enfin à chacun de nous dont l'un de geste même négligeable peut sauver un enfant orphelin.

4. Bonheur.

a. Titre : « Bonheur », est un titre libellé en français pour une chanson en lingala (un lingala métissé), c'est un titre utilisé au sens figuré, qui n'est compris qu'à la fin de la lecture du discours. En lisant le titre, le lecteur peut s'imaginer qu'il s'agit d'une chanson qui parle d'une vie de bonheur, mais la lecture du discours nous laisse entendre autre chose et le bonheur n'est qu'une allusion par rapport au sujet développé.

b. cadre : l'auteur de cette chanson est Pascal Lokwa Kanza. Il est issu de l'union d'un père congolais et d'une mère rwandaise à Bukavu au sud Kivu dans la République démocratique du Congo, le Congo belge à l'époque. Très vite, la famille Kanza s'installe à Kinshasa, la capitale; une occasion pour le jeune Pascal de fréquenter les chorales chrétiennes mais aussi de se laisser gagner par l'ambiance musicale de l'époque, dominée par des "monstres sacrés" comme Grand Kalle ou Franco Luambo Makiadi. Initié à la musique par Ray Lema, avec lequel il collaborera, il s'inscrit au Conservatoire de Kinshasa avant de prendre la tête, à 19 ans seulement, du Ballet national de Kinshasa. Cette opportunité lui permet de joindre la formation d' Abeti Masikini, auprès de laquelle il acquiert une expérience sans précédent. Il vit en France depuis 1984, année durant laquelle il suit un temps les cours de jazz de Pierre Cullaz à Paris. Il retrouve ensuite Ray Lema et participe à l'album "Bwana Zoulou Gang". Il devient l'arrangeur de la star Papa Wemba, notamment sur l'album "Le Voyageur". En 1991, il joue avec Manu Dibango, qui l'aide à lancer sa carrière solo. En octobre 1992, il fait la première partie de la béninoise Angélique Kidjo à l'Olympia. C'est à cette époque qu'il rencontre sa choriste, la sénégalaise Julia Sarr, et son percussionniste, Didi Ekukuan, auxquels il reste depuis indéfectiblement lié.

. Dans la musique de Lokua Kanza, les influences africaines se marient à merveille avec des textes en français ou en anglais d'une rare qualité. Le grain de voix interprète les riches mélodies avec une grande sensibilité.

c. contexte d'énonciation : la société congolaise reste la toile de fond de cette chanson. Cette chanson comme celles qui l'ont précédées peint la situation d'un enfant qui suite aux difficultés familiales, il se voit contraint de s'en aller très loin dans un lieu inconnu, rechercher peut être le bonheur ailleurs. La réflexion de l'auteur de cette chanson est tellement forte que l'auteur compare le bonheur que quelqu'un peut aller chercher loin avec tout le risque, au bonheur que l'on peut trouver près de soi. L'analyse de ce discours nous en dira plus.

d. Destinataire : ici encore interviennent les destinataires anonymes et implicite. La chanson s'adresse aux parents et à tout l'entourage de l'enfant misérable.

5. Education.

a. Titre : « éducation », est un titre écrit en français pour une chanson lingala. C'est un titre qui dit aussi beaucoup sur son contenu. Peut être qu'on se pose la question de savoir de quelle éducation s'agit-il. Il s'agit tout simplement d'un message moralisateur.

b. cadre : l'auteur de cette chanson est J.B Mpiana, de son vrai nom Jean-Bedel Mpiana wa Tshituka fils de Mpiana et d'Agnès Lusambo, né le 2 juin 1967 à Kananga (jadis Luluabourg) ; il est un artiste musicien, chanteur et auteur-compositeur congolais (RDC). Il est l'un de deux musiciens phare de la fameuse 4e génération de la musique de ce pays qui est le Congo-Kinshasa.

Il est, avec Werrason, Alain Makaba, Didier Masela, etc...., l'un des fondateurs du groupe Wenge Musica en 1981 dont il était la figure emblématique. C'est par lui en majeure partie que cet orchestre eu à se gagner une place dans l'histoire de la musique du Congo-Kinshasa, et cela grâce à son savoir faire. Il est le premier artiste musicien de sa génération à obtenir une récompense en or au titre personnel à savoir : auteur de la Meilleur chanson de 1988 Mulolo, meilleur chanteur du Zaïre en 1991.

c. con texte d'énonciation : la société congolaise l'environnement dans lequel est produit ce discours. Ce discours est un véritable miroir de la société car il met à découvert les difficultés et les réalités vécues en société plus particulièrement en milieu familial. Cette chanson contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre ne cherche pas à éduquer les parents tout comme les enfants, mais par contre critique le modèle d'éducation qu'utilise certains parents pour éveiller la conscience de leurs enfants à l'âge de comprendre, et propose un modèle d'éducation que l'auteur trouve juste et meilleur. Cette chanson peut donc constituer pour toutes les familles une véritable source pleine d'enseignements et de leçon pratiques.

d. destinataire : cette chanson s'adresse tout particulièrement aux familles congolaises considérées comme les premiers lieux d'accueil et d'éducation de l'enfant.

6. Lopango ya bana na ngai.

a. Titre : « lopango ya bana na ngai » (la parcelle de mes enfants), est un titre long, une façon pour l'auteur d'emphatiser son message. A lire le titre l'on peut déjà s'imaginer sur le reste de la chanson. Cependant ce titre laisse le lecteur en suspens car il se pose la question qu'est ce que la parcelle des enfants a fait ? est ce l'auteur veut nous présenter la parcelle de ses enfants ? Et si tel est le cas est ce important ?. D'où l'idéal serait de lire attentivement le discours.

b. cadre : l'auteur de cette chanson est guitariste, compositeur, interprète Lwambo Makiadi, alias Franco.27(*) Il est lui-même le maître fondateur de l'orchestre « tout puissant Ok-jazz. », ce groupe musical, qui est resté immuable de technique comme de personnalité, est pratiquement le seul qui ait échappé aux multiples perturbations qui constituent l'une des caractéristiques des groupes musicaux congolais. Franco est considéré pour nombreux de congolais comme le monument de la chanson congolaise moderne. Décédé le 12 octobre 1989, Franco était un chanteur compositeur de première force. Il avait le « verbe facile » et une façon sans gêne de s'exprimer. Il avait un mode d'expression capturant et est auteur de plusieurs expressions qui sont dans le langage courant. C'était un homme à sang chaud et plein de vitalité, avec un parlé direct et parfois choquant. Cette chanson que nous analysons nous fera bien découvrir cet homme.

c. contexte d'énonciation : le toile de fond de cette chanson demeure la société congolaise de la ville de Kinshasa, une société caractérisée par un problème d'héritage après la mort des parents. L'auteur de la chanson étant d'abord un parent et puis un membre de la société, connaît bien ce phénomène et pour épargner ses « enfants », avertit déjà ses frères et soeurs à ne pas toucher à ses biens ni à persécuter ses enfants pour les biens qu'il va leur léguer, car les enfants restent bien sûr les bénéficiaires attitrés de l'héritage des parents. Voilà un message qui peut être, vient couper cour à toutes les discussions que jaillissent toujours au sujet de l'héritage.

d. Destinataire : cette chanson s'adresse aux membres des familles qui s'accaparent de bien des défunts au détriment des héritiers directes que sont les enfants. La chanson s'adresse aussi au législateur du code de la famille à pouvoir bien appliquer les mesures concernant l'héritage. Et bien sûr elle s'adresse à Monsieur tout le monde et à madame trouble.

En gros modo, avant de passer à l'analyse de nos discours, nous pouvons dire que tous les titres de ces six chansons sont les fruits d'une longue réflexion, les auteurs de ces chansons sont des hommes avertis, doués et sages, et le contexte dans lequel ils énoncent leurs messages est fort significatif et s'adresse à chaque couche de la société. Signalons par ailleurs que toutes ces chansons en dehors de celle de Lwambo, ont été diffusées dans la période allant de 1998 à 2005, période dans laquelle la R.D. Congo était divisée par des guerres qui ont occasionné la violation des droits de l'enfant.

III. 2. Mise en oeuvre de l'interprétation textuelle.

Nous avons dit que nous allons utiliser l'approche sémantique linguistique, toute fois, nous devons avoir à l'esprit que tous ces discours sont oraux et parlés, nous ne pouvons évidemment pas examiner tous les textes, au risque de sombrer dans une étude purement théorique et agaçante. La traduction que nous appliquerons aux textes en lingala est littérale. Le symbole * sera utilisé pour designer les chansons prises hors du corpus.

« Mwana te asengaki koya na mokili, papa maman basangani baboti mwana » (l'enfant n'a pas demandé de venir au monde de lui-même, papa et maman se sont uni et ont donné naissance à l'enfant).

L'auteur commence sa chanson consacrée sur l'éducation de l'enfant en illustrant un aspect très important de la vie mais que beaucoup semblent ignorer. « Mwana te asengaki koya na mokili » veut tout simplement dire que c'est ne pas l'enfant qui décidé de sa venue au monde ; la question surgit : qui alors en décide ?, la réponse vient immédiatement après cet énoncé, « Papa maman babalani ba boti Mwana », c'est l'union légale de l'homme et de la femme qui décide de la naissance d'un enfant. Le non dit de cet énoncé serait donc que, l'enfant étant le fruit de l'union d'un l'homme et d'une femme doit trouver réponse à ses préoccupations d'autant plus qu'il se retrouve au monde sans son gré, pour ne pas dire par contrainte. C'est donc une interprétation pour les parents de bien prendre en charge leurs enfants parce qu'ils ont décidé de leur venue, ou au besoin de ne pas mettre au monde des enfants s'ils ne sont pas rassurés de leur prise en charge.

Nous avons commencé par ce discours pour nous permettre d'avoir une idée sur la présence de l'enfant au monde afin de voir dans quelles conditions vit cet enfant dont sa venue au monde a été conditionnée par l'union de l'homme et de la femme.

Cet enfant qui est venu au monde à besoin de l'éducation en vue d'avoir un éthique pouvant lui permettre de bien se comporter dans la société, il doit aller à l'école, suivre les conseils de ses adultes et tant d'autres (Cfr art. 28&29 de la CRDE). Cependant, à peine être à l'âge de la scolarisation, cet enfant se voit privé de l'un de ses principaux droits qu'est l'instruction (l'éducation) comme nous laisse entendre cet extrait de bayibi nga bomwana : « bayekolisi nga te kokoma, balakisi nga se koboma ( on ne m'a pas appris à écrire,, on m'a appris que tuer ). L'auteur oppose dans ce discours deux situations, d'un côté la scolarité et de l'autre côté l'armée sinon la guerre. Pour bien transmettre son message, il joue avec le mot, il use d'abord de la poésie : bayokolisi nga te kokoma, balakisi nga se koboma ; ensuite il change la structure de la phrase et omet certains mots. La phrase serait bayokolisi nga koboma esika bayekolisi nga kokoma ( on m'appris l'art de la guerre au lieu de m'apprendre l'art d'écrire) ; cependant en écrivant tel qu'il a écrit, il a voulu mettre en évidence l'importance de l'éducation de l'enfant et le diaboliser l'enrôlement de l'enfant dans l'armée qui est d'ailleurs une forme de violation de droits de l'enfant tel que stipulé dans au paragraphe 3 de l'article 38 de la convention relative aux droits de l'enfant.

Nous remarquons aussi dans ce discours, la présence du syntagme nominale « Ba » qui désigne « On » ou « ils », qui sont des prenons indéfinis. Dans le chapitre précédent nous avons parlé du destinataire implicite. L'auteur qui s'incarne ici à l'enfant, sait à qui il adresse son discours ; cependant pour éviter de blesser son destinataire ou plutôt pour amener ce dernier à s'identifier lui-même, il emploi le pronom indéfini. Quand au syntagme nominale « Na » qui signifie « je » ou « moi » montre bien la volonté de l'auteur de pouvoir prendre le rôle de cet enfant afin de bien transmettre son message. L'exclamation « mawu! » Est en lingala l'expression usuelle de la mélancolie c'est-à-dire que l'enfant sent une douleur traverser son coeur au moment où il met ce discours. C'est pourquoi paraphraser l'importance de l'instruction dans la vie de l'enfant, l'auteur compositeur Mavuela dans la chanson « Lola »*, exhorte son fils à étudier pour devenir homme : « Lola eh lola, lola nakoyebisa, landa nzela nakopesa sala kelasi mwana, okoma moto » (Lola, je te dis, suis les instructions que je te donne, va à l'école pour que devienne un Homme).

En dehors d'etre enrolé dans l'armée alors qu'il devait être à l'école, l'enfant subit d'autres types des violences morales dans sa société. C'est pourquoi l'auteur de la chanson éducation dénonce certaines formes de tortures morales que les parents affligent à leurs enfants. L'auteur commence d'abord à rappeler qu'il y a la différence entre l'homme et la bête du fait que l'un possède l'intelligence et l'autre l'instinct d'où l'on parle de l'éducation pour l'homme et du dressage pour l'animal : « ba dressaka nyama, moto baedukaka. Ba forçaka éducation te, basalaka nde appel » ( on dresse un animal, on éduque un Homme, on ne force pas une éducation mais on fait un appel), l'auteur interpelle tous les parents qui recourent au fouet et à toutes sortes des violences dans le but de vouloir « instruire »leurs enfants. Il invite donc les parents à avoir plus une approche de dialogue avec leurs enfants que de les imposer des injonctions qui sont hors de leurs volontés. c'est ainsi que plus tard, l'auteur stipule que les parents sont de fois de ceux qui trainent leurs enfants en échec dans la vie toutes les fois qu'ils ne leurs donnent pas l'occasion d'exprimer leurs opinions (cfr art 12, 13, 14 de la CRDE).

C'est ainsi qu'il dit : « lokola papa atanga ako imposer mwana... lelo a se retrouver nul, akomi koyima yima, soki nga nakomi boye po nasalaki choix na nga te » (Comme son père a étudié, il va imposer à l'enfant de faire les mêmes études que lui...aujourd'hui l'enfant se retrouve nul et commence à s'indigner que si je suis devenu ainsi c'est parce que je n'ai pas fait les études de mon choix).

L'enfant vit en famille, en société, ce qui signifie qu'il n'est pas seul, par contre vit avec d'autres personnes de son âge ou des âges avancés. Alors que ceux dont l'âge est avancé sont là pour orienter l'enfant, ceux de son âge lui permette de découvrir son enfance en s'identifiant à eux, en se manifestant de la sympathie et de l'amour. Les enfants organisent des activités physiques ou morales dans le but de leur procurer du plaisir et qu'on peut appeler jeu. Comme nous avons dit ci haut, le jeu est indispensable pour la croissance et l'équilibre affectif de l'enfant et surtout s'il se passe dans un cercle d'amis (Cfr art. 15 &31 de la CRDE).

Cependant, cet enfant qui est venu involontairement au monde et qui est privé de ses études, perd une fois de plus un de ses droits : les loisirs ( Cfr art. 31 de la CRDE). L'enrôlement dans l'armée, en plus d'entrainer la non scolarisation de l'enfant, entraine aussi la séparation entre l'enfant devenu soldat et ses amis et par ricochet l'empêche de savourer la richesse du divertissement enfantin. C'est ce que veut nous dire Jean Goubald quant il énonce : «  Bomwana oyo ya masano na tondi te, bakaboli nga na baninga souci te  »

Les termes comme « Bomwana » ; « masano » ; « kotonda » ; « baninga » sont mis en évidence pour montrer d'une part l'importance du jeu et d'autre part l'abandon involontaire et brusque de l'enfant au jeu et la séparation triste avec ses amis ; c'est pourquoi pour compléter cet énoncé, l'auteur du « Bonheur » déclare :« Akendé se boye, azalaki na posa ya baninga basekisa ye » ( Il s'est en allé alors qu'il avait encore besoin des amis pour s'amuser).

Si l'enfant est privé de tout jeu enfantin et de ses amis, à quel jeu est il alors voué et avec quels amis joue t-il à ce jeu ?. La réponse ne tarde pas à venir, l'auteur de « bayibi nga bomwana » répond clairement en comparant le jeu normal que faisait et que doit faire l'enfant à ce jeu horrible qu'il fait et qu'il est obligé de faire : « la guerre commencée oyo biso tondima, pijou pijou ya liyoto te, mais makila ya bato » ( La guerre commencée que nous avons acceptée, pijou pijou non pas pour la galerie mais pour verser du sang).

Nous savons tous le jeu de guerre d'enfant dont les armes étaient soit de morceau de bois taillé sous forme de fusil soit des doigts allongés pour se représenter un fusil. L'auteur qui montre bien qu'il fut aussi un enfant (effectivement parce que cet enfant soldat avant de l`être, il fut aussi un enfant civil c'est-à-dire qu'il a joué aussi à ce jeu), fait usage dans son discours de trois choses : « la guerre commencée » qui est le slogan indiquant le début de ce jeu ; « pijou pijou », une onomatopée imitant l'éclatement de la balle ; « liyoto te », qui en lingala signifie « ce qui est vrai, qui ne pas une blague, lois d'être un jeu ». Il veut ici montrer clairement la différence grave existant entre le jeu de guerre d'enfant qui se joue entre enfant avec des fusils fictifs et celui fait dans l'armée avec des armées réelles ; conséquence, de l'autre côté du jeu d'enfant, ces guerres n'aboutissent qu'à un plaisir sans effusion du sang, tandis que du côté de cette guerre de l'armée, le « jeu » aboutit à la douleur avec effusion du sang. Implicitement l'enfant à désormais pour amis, des soldats plus âgés et plus expérimentés en art de guerre que lui.

Lokwa Kanza pour répondre aussi à cette question sur ce qu'est devenu la nouvelle occupation de l'enfant opprimé, déclare amèrement : « mawa eleka ye, amibuaki, likolo ya ndako, ye ko ndeke te » (Le chagrin devenu insupportable, il s'est jeté du haut de la maison alors qu'il n'est même pas un oiseau)

Alors qu'au début l'auteur nous a montré que cet enfant a décidé de partir loin de ses amis sans son propre gré, il nous dit implicitement là où est partie cet enfant qui n'est autre que l'au-delà ; ne pouvant pas endurer toutes les peines qu'il connaît, l'enfant s'est jeté du haut de la maison pour se donner la mort afin de mettre fin à cette série d'amertume.

L'énoncé «  ye ko ndeke te », veut juste montrer le triste sort de cet enfant qui se jette à un niveau élevé alors qu'il n'est pas un oiseau.

Le malheur ne vient toujours pas seul, dit on ; la guerre que connaît la RDC et les difficultés socio économiques que connaissent la plupart des familles en RDC ont eu beaucoup d'impact sur les enfants. En dehors des enfants soldats, nous retrouvons des enfants orphelins, des enfants de la rue communément appelés « chegués ou phaseurs », des enfants prostitués, des enfants sorciers et tant d'autres.

Quand Jean Goubald chante « phaseur, mwana oyo bino bosundola na balabala, bopesi ye ata eteni ya elamba te po afinika malili » ( L'enfant de la rue, cet enfant que vous avez abandonné à la rue, vous ne lui donnez même pas une étoffe de tissu pour qu'il se couvre du froid), il s'adresse à toute personne qui en passant voit cet enfant et qui au lieu de jouer au bon samaritain en venant à son secours, lui tourne au contraire le dos et le laisse frissonner près des immondices alors qu'elle peut à son niveau lui offrir comme l'auteur l'évoque « eteni ya elamba » une étoffe de tissu ». Pour se couvrir ou au besoin le récupérer pour le faire venir à la maison. Le phénomène « l'enfant de la rue » est un fait qui concerne tout le monde et en particulier les parents qui abandonnent leurs enfants dans la rue alors que la rue n'a jamais été un lieu d'hébergement de l'enfant.

Cet enfant qui est devenu « enfant de la rue » est celui là même qui dans « éducation » n'a pas demandé de venir au monde pour éviter de souffrir et qui dans la chanson « ainsi soit-il »* de Papa Wemba était l'objet de la joie dans la famille : « ...lokole ekobeta bato maboko likolo esengo ya mbotama o libota ya shungu » ( ...la trompette a retentit, tout le monde les bras elevés vers le ciel car c'est la joie de la naissance dans la famille de Shungu), est aujourd'hui accusé de sorcellerie par conséquent se voit chassé de son lieu d'accueil (la famille) pour aller vivre sa misère dans la rue, comme nous laisse entendre cet extrait de « asala boni » :« tala lelo, pasteur alobi, atali ye ya pamba, afingi ye ndoki » ( Regarde aujourd'hui, le pasteur déclare après un simple regard que cet enfant est sorcier). L'auteur fait apparaître dans son discours un élément très important. Il parle de « pasteur » ; depuis un certain moment, la RDC en générale et Kinshasa en particulier, connaît une prolifération des « églises » dites de « réveil » et qui sont aujourd'hui à la base de beaucoup de dégâts en famille comme le divorce de parents, l'accusation des enfants comme étant de sorciers et tant d'autres. L'auteur va même loin pour montrer combien ces gens qui se réclament être des « pasteurs » ou des « prophètes » sont bel et bien des charlatans religieux donc l'inspiration ou la prophétie ne relève en aucun cas de l'Esprit Saint tel qu'expliqué clairement dans la bible. C'est pourquoi, l'auteur dit « atali ye mpamba » pour simplement dire sans aucune concentration, juste un regard physique qui n'est même pas spirituel suffit pour qu'un pasteur traite l'enfant de sorcier et qui constitue une forme de violation de droits de l'enfant tel que déclaré dans l'article 19 de la CRDE

L''enfant se sent donc seul, isolé et rejeté par sa famille ne sachant plus quoi faire. L'auteur pose alors la question au destinataire implicite : « asala boni » que doit faire l'enfant dans de telle situation. La bonne réponse serait que, les parents, l'Etat, bref la société lui vienne en aide ( Cfr art. 18 & 21) ; mais la réponse semble être loin de là car cet enfant qui se trouve dans une misère totale n'a plus qu'une seule vie et c'est Lokwa Kanza qui en dit mieux « Mawa eleki ye, amibwaki, likolo ya ndako ye ko ndeke te ».

La rue n'est en aucun cas le cadre propice où l'enfant peut bien grandir ; bien au contraire, c'est un endroit où se développe tout ce qui est nuisible à l'éducation de l'enfant : la drogue, la prostitution, le vol, le vagabondage... (Cfr art 33 & 34). Alors que des adages et des maximes nous laissent entendre qu' « éduquer une fille, c'est éduquer toute une nation », et même le secrétaire général honoraire de l'ONU, Koffi Annan, declarer que « l'éducation des jeunes filles est le meilleur outil de developpement qui soit »28(*), cela est très loin d'être confirmé en RDC quant Jean Goubald chante : « Molaso, mwana oyo bino bobomela tata na maman na ye na etumba, balabala ekoma esika na ye ya kolielaka, na kotekaka nzoto » ( Prostituée, cet enfant dont vous avez tué ses parents pendant la guerre, la rue est devenue l'endroit elle se procure de la nourriture en vendant son corps) et lorsqu'il poursuit en disant : « Chouchou, mwana oyo azalaka fille exemplaire, mutu bakata ye akoma sardine, bobwaki ye nani ango alokota ye. Asala boni » (Chouchou, cet enfant qui était une fille exemplaire, on a coupé sa tete, elle est devenue une sardine). Point n'est besoin de signaler que « sardine » désigne en lingala une personne qui a perdu la tête c a d qui ne sait plus contrôler ses actes et se laisse emporter partout vent. L'auteur utilise ce terme pour montrer le degré de prostitution de cette jeune fille qui pourtant faisait l'objet de plusieurs éloges avant la mort de ses parents.

La présence des parents aux côtés de l'enfant est toujours indispensable car bien souvent après la mort des parents, les enfants connaîssent toutes sortes de mal traitance dans leur nouveau lieu d'habitation. C'est pourquoi JB Mpiana, interpelle tous les parents qui prennent en charge les enfants orphelins de leurs frères ou soeurs ou du leurs rivales, à considérer ces enfants au même titre d'égalité que les leur au lieu de les infliger d'autres peines.

« ndakisa ya ba mama misusu, azua mwana ya ndeko to ya mbanda, afanda epai na ye, akomisi ye lokola domestique, misila nyonso mpe bitinda se epai ya mwana wana, bana na ye moko basalaka lisusu misala te, na makanisi naye que azo nyokola mwana wana » ( A l'exemple de cette maman qui a pris l'enfant de son parenté ou de sa rivale pour rester dans son foyer, elle lui traite comme un domestique, tous les travaux de ménages sont désormais faits par cet enfant alors que les siens ne font plus aucun travail, ceci dans l'idée de persécuter cet enfant) ; Madilu System n'avait il pas raison de dire : « Mokolo na nakokufa, bana nanga, na maboko ya mbanda te »* ( Le jour que je mourais, ne laissez pas mes enfants dans les mains du rival

De même Michael Tshendo qui d'ailleurs est aussi un enfant a interpreté une très belle chanson de Werrason intitulé « Orphelin » dans laquelle il pousse de cris de détresse suite aux souffrances qui lui sont affligées après la mort de ses parents. Il déclare « Papa, Mama, depuis que vous n'êtes plus près de moi, je me sens tout malheureux ».

Michael tshendo sent que la présence de parents est très importante dans la vie et que leur absence ouvre la porte au malheur. C'est ainsi qu'il dit : « si j'avais mes parents, je ne pouvais pas souffrir comme ça ».

Face à la mauvaise situation que connaissent les orphelins, Franco ne s'est pas laissé indifférent. Il se met à la place d'un père de famille qui pressant déjà sa mort et commence à s'imaginer sur le sort de ses enfants surtout en ce qui concerne l'héritage. L'auteur reconnaît que les enfants sont les premiers bénéficiaires de l'héritage des parents, cependant faute de leur vulnérabilité et malléabilité ; certains membres proches de la famille du défunt s'accaparent de biens au détriment des enfants du défunt. C'est pourquoi Franco met déjà en garde ses frères et soeurs avant sa mort de ne pas toucher aux biens qu'il léguera à ses enfants après sa mort :

« Bandeko ngai awalelo nakufi, natikeli bino bana na ngai

Naliingi bonyokolo bango te. Bandeko ngai nazongi na miso na bino, natikeli bana na gai lopango, nalingi bobotolo yango te. Soki likambo ezali, zela na yebisa bino na ndoto noya, bana na ngai mawa » ( Mes frères et soeurs, je suis mort ce jour, je vous laisse mes enfants, je ne veux pas que vous le fassiez souffrir. Mes frères, j'ai disparu de vos yeux, j'ai laissé une parcelle à mes enfants, je ne veux pas qu'elle soit confisquée. S'il ya un problème, attendez que je vous instruise en rêve, mes pauvres enfants !) et de conclure « kozala mwana etike yango mawa mingi mama, mawa oyo eye, kozala na tata na mama na kati ya famille, elengi mingi na motema. Biso bana bitike tokosala nde na mpasi ? Mawa mingi nde na biso » ( C'est pitoyable d'etre un orphelin. Cela fait plaisir d'avoir un père et une mère en famille. Nous autres orphelins, que ferons nous en cas de malheur ? C'est triste pour nous).

Plusieurs exhortations sont alors faites aux parents quant ils sont encore vivants. Ils doivent savoir prendre en charge leurs enfants en les éduquant et en les instruisant pour préparer bien préparer leur avenir de sorte qu'après leur mort, ces derniers ne se sentent pas délaissés. Des énoncés comme « papa pimela mwana bonbon, biscuit to jouet kasi éducation te po éducation eza utile na vie ya mwana lokola essence to batterie na bomoyi ya voiture » ( Les parents, privez vos enfants des bonbons, des biscuits, des jouets, mais ne les privez pas de l'Education car l'éducation est indispensable dans la vie de l'enfant comme l'est l'essence ou la batterie dans le fonctionnement d'une voiture) ; « ba parents bozala ba irresponsables te, quelque soient ba difficultés oyo oza na ngo, éduquer mwana yo moko... » ( Les parents ne soyez pas des irresponsables, quelques les difficultés que vous connaissez, faites de votre mieux d'éduquer personnellement vos enfants), « parent yo moko esengeli ozala modèle ya éducation, po balobaka tel père tel fils » ( Les parents, vous devez faire l'effort de servir de modèle d'éducation pour vos enfants car dit on tel père tel fils) sont autant d'exhortations à l'égard des parents.

Quand au cris de secours qu'à lancé cet enfant soldat qui s'est vu dépouillé de son enfance : « au secours bayibi nga bomwana » et à la question de savoir ce que peuvent faire les enfants soldats, l'enfant de la rue, l'enfant prostitué , « asala boni », les auteurs de tous ces discours semblent donner plusieurs propositions qui peuvent faire sortir ces enfants de toutes ces situations et leur donner de l'espoir, mais aussi à tous les enfants qui ne se retrouvent pas dans ces situations mais qui vivent dans l'ignorance et dont leur avenir peut être compromis.

Des extraits comme : « nakende kelasi, na bloqua le faux malade elongo na bacamarade, na beta judo, na banza kotonga mboka, nalengele l'avenir na oyo yanga devenir, po ba mauvais souvenirs je voudrais bien en finir »,( Que je me rende à l'école, réciter aussi le faux malade avec mes camarades, que je pratique le judo, que je pense à construire le pays, que je prepare mon avenir, je voudrais finir avec mes mauvais souvenirs), « j'en ai marre de porter les armes et de faire couler le sang, je veux ressembler à vos enfants, aller à l'école comme eux » démontrent bien le souci qu'à l'enfant pour son avenir et parce qu'il s'agit d'une question purement politique, seul l'Etat peut intervenir pour rendre à cet enfant son enfance. C'est pourquoi à la fin de la chanson bayibi nga bomwana, l'auteur dit « rendez moi mon enfance ».

S'adressant à tous ces enfants qui connaissent des dépressions et qui peuvent penser que leur vie n'a plus de sens, JB Mpiana les exhorte en ces ternes : « Mwana yo moko oza l'agent principal ya éducation na yo, mwana mosusu aza orphelin akufela ba boti baye, mususu mpe ba famile ya ba boti naye ba abandonna bango, malembe malembe ba orienta ba vie na bango, tomona mpe lelo bakoma bato » ( Enfant, toi-même, tu es l'agent principal de ton éducation, un autre enfant est un orphelin, l'autre a été abandonné par les frères et soeurs de ses parents, lentement et sûrement ils ont orienté leurs vies et aujourd'hui, ils sont devenus des Hommes responsables et respectueux).

Enfin, supposant que la situation de l'enfant est une affaire de toute la société et que chacun de ses membres est appelé à faire un geste pouvant changer la situation de l'enfant, Lokwa Kanza finit son discours en affirmant comme l'épigraphe de notre travail :

«  De fois le bonheur, il suffit d'une phrase d'un mot, oui le bonheur, juste un sourire, un regard ».

En conclusion, les auteurs de toutes ces chansons s'insurgent contre toutes les formes de violences de droits de l'enfant et dressent un réquisitoire contre les parents, l'Etat et tous les membres de la société qui se laissent indifférent face au danger que court l'enfant congolais lequel de danger est tributaire de leurs actes d'irresponsabilités. Les auteurs s'acharnent longuement, en effet, sur les effets de la guerre politique. Ils dressent un tableau plutôt sombre de querelles politiques dont les premières victimes sont les enfants, des innocents alors que les leurs sont épargnés. S'agissant des conséquences de ces guerres, ils parlent des enfants de la rue, enfants orphelins, enfants prostitués, qui ont la misère comme dénominateur commun. Ces auteurs démontrent bien les droits de l'enfant n'existent que sur les papiers. ils rappellent le rôle de chacun dans l'application strictes de ces dites lois et en même temps ils encouragent les enfants à bien penser sur leur avenir en étant eux même les premiers acteurs.

C'est comme cela que se présente d'une manière générale les discours sociopolitiques de la chanson congolaise moderne sur l'enfant. Cette analyse nous permet ainsi de pouvoir répondre à la question de notre problématique qui consiste à savoir les éléments sur les quels se basent la chanson congolaise moderne pour construire des discours sociopolitiques sur l'enfant ; et la manière dont l'enfant est vue dans la chanson congolaise.

III. 3. Les éléments constitutionnels des discours sociopolitiques de la chanson congolaise moderne sur l'enfant.

Après avoir analysé les discours sociopolitiques nous pouvons clairement dire que la chanson congolaise moderne par des faits de la société congolaise pour construire sur ses discours. Elle se sert des documents relatifs aux droits de l'enfant, des uses et coutumes de la société, ainsi que des expériences vecues dans la société et enfin de l'intelligence ou des connaissances personnelles du ou des compositeurs.

III.4.L'enfant vu par la chanson congolaise

L'enfant est vu dans chanson congolaise moderne comme le fruit de l'amour et une forme de richesse dans le mariage. Il est présenté comme le porte bonheur de la famille de la société.

Cependant élever l'enfant constitue un défi pour les parents qui sont souvent confrontés à plusieurs difficultés les empêchant ainsi de prendre en charge en leurs enfants. La mort de parents, les difficultés socio-économiques de certaines familles et la situation sociopolitique du pays sont autant des facteurs qui occasionnent ... situation de l'enfant congolais.

L'enfant est présenté comme un être vulnérable et malléable qui ne jouit pas de ses droits entant qu'enfant et qui par conséquent voit son avenir sombrer dans la misère. C'est pourquoi cet enfant ne cesse de lancer un défi à toutes les personnes en sa charge de bien vouloir prendre leur responsabilité en main pour qu'il puisse jouir de tous ses droits et préparer un avenir radieux dans une société sans guerre.

Telle est la philosophie qui semble se dégager de la chanson congolaise moderne au sujet de l'enfant.

Conclusion Générale.

La situation de l'enfant congolaise est une actualité qui concerne toute personne dans la société ne peur ignorer. Cette situation est une conséquence de mouvement sociopolitique que connaît la société congolaise moderne. Après une longue période qui a caractérisée la RDC, la situation de l'enfant congolais se semble du tout ne pas s'améliorer. Nous pouvons amèrement voir encore des enfants enrôlés dans des forces armées ; certains parents n'ont toujours pas pris leur responsabilités en main ; tandis qu'ils accusent la pauvreté comme étant la principale cause de leur irresponsabilité, ils ne cessent cependant de procréer autant d'enfant sous aucune notion de « planning familiale » ; d'autre part, le nombre d'enfants de la rue font qu'augmenter du jour au jour et plupart d'eux sont des orphelins dont leurs parents les ont légués des biens mais que les oncles et les tantes en ont accaparés.

Il nous est donc paru important de réfléchir sur la situation ou les conditions de vie de l'enfant en RDC toit en nous situant dans un contexte ou les guerres ne font que se multipliées sans raison et ou les familles vivent dans de conditions déplorables ; favorisant ainsi la violence de droits de l'enfant. Nous avons constaté que la chanson se révélées être un medias de première force ; en effet, un message véhiculé par la chanson accroche le plus grand public. C'est ainsi que la chanson congolaise moderne nous est parue comme le champ privilégié à asseoir notre investigation. Nous avons ainsi prélevé six discours représentatifs à partir desquels nous sommes arrivés à répondre à la double interrogation à savoir ce que son t les éléments qui constituent les discours de la chanson sur l'enfant et la manière dont cet enfant est vu dans la chanson. Toutes fois nous avons fait i intervenir d'autres discours en dehors de ceux choisis dans notre corpus.

Trois grands chapitres nous ont permis de répondre implicitement et explicitement à cette double interrogation en tenant compte de réalités sociopolitiques de la RDC tout en s'appuyant sur la théorie du langage et de la méthode sémantique linguistique et sur les éléments contenus dans les discours de notre corpus.

Le premier chapitre s'est basé sur une approche théorique en élucidant les concepts de base de notre étude dont notamment l'enfant, la chanson, la famille, l'Etat et la société.

Le deuxième s'est intéressé aussi sur l'approche théorique. Il nous a permis d'étudier la chanson congolaise en tant que média de communication et d'expression de masses en nous servant de la théorie de fonction du langage, grâce bien sur à la méthode sémantico linguistique.

Le troisième et le dernier chapitre s'est voulu une approche pratique en conciliant les notions théoriques développées dans les deux premiers chapitres aux discours choisis dans notre corpus. Ce chapitre nous a permis de répondre aux questions de notre problématique.

Après une longue analyse, nous pouvons dire que la chanson congolaise est le miroir par excellence de la société congolaise ; elle reproduit les réalités sociales du pays ; elles s'inspirent des autres documents relatifs à la vie de l'enfant ; et se substitue à une source de connaissance en ce sens qu'elle fait usage des belles tournures et expressions, respecte l'exigence linguistique avec un langage riche dans le but de construire de discours fort attrayants et significatifs. Elle est le véritable porte parole de la société et pour le cas de notre étude, elle est la voix de sans voix qu'est l'enfant.

C'est ici l'occasion de saluer avec force le courage, la volonté et l'ambition qui ont animés les artistes (congolais) lorsqu'ils ont composé ces discours dans le but de voir la situation de l'enfant s'améliorer. Ces artistes ne pouvaient se limiter qu'à dire tout haut ce que tout le monde dit tout bas ; cependant l'aboutissement de toutes ces ambitions dépende de chaque citoyen du pays, en particulier des autorités politico-militaires. A l'Etat de poursuivre la mission de la démobilisation des enfants soldats ; aux organismes nationaux et internationaux qui se réclament défendirent les droits de l'enfant de bien faire leur travail de sorte que la rue n'aient plus d'enfants, en complicité bien sur avec les parents car la rue n'a jamais mis au monde un seul enfant si ce n'est les parents ; que les émissions sur les enfants se développent dans nos médias comme il en est de chroniques musicales. A l'Unicef de s'engager de plus en plus à promouvoir le respect de droits de l'enfant (en RDC) et d'amener l'enfant à développer ses facultés grâce notamment à des activités culturelles.

Nous avons remarqué que la chanson congolaise est longtemps restée enfermé dans des préjugés qui font d'elles un media de divertissement et un véritable vecteur des antivaleurs ; ce qui révolte peu l'esprit des intellectuels à faire de la chanson un domaine de recherche scientifique. Cette étude aura trouvée son sens, si l'artiste musicien congolais arrive à prendre conscience de son rôle d'éducateur de masses en composant des oeuvres qui respectent les moeurs car l'on reproche aux musiciens congolais d'être aussi responsables de la violation de droits de l'enfant par des chansons à sensation avec des termes on ne peut plus pudeurs. Une fois que les musiciens congolais auront pris cette conscience l'on pourrait utiliser la chanson pour former et éduquer les mass ou véhiculer un message quelconque à l'avantage de la société. La chanson congolaise moderne pourrait ainsi constituer pour les congolais une véritable source pleine d'enseignements, de leçons pratiques, de sensations et émotions mais aussi et surtout un miroir par excellence et une balise pour la société.

Nous émettons le voeu de voir les autorités politiques, civiles et militaires s'engager en vu de promouvoir et de défendre les droits de l'enfant pour que ce dernier se sente en mesure d'assurer la relève de demain. Que cessent dont les guerres inutiles et que les parents soient bien payés et bien instruits pour qu'ils prennent en charge leurs enfants tel qu'il se doit.

Dans le souci qui nous anime, celui de contribuer à la promotion de droits de l'enfant, nous avons aussi, à la fin de ce travail, écrit un discours sur l'enfant que nous mettons à la disposition de ceux qui pourront y ajouter une mélodie pour le chanter (voir annexe)

Nous vous réitérons, cher lecteur, chercheur, musicien, chroniqueur, activiste de droits de l'enfant, nos remerciements pour nous avoir lus jusqu'à la fin, cela prouve l'intérêt que vous portez à ce travail qui de ce fait devient un peu le votre également, car vous pouvez y contribuer par vos remarques, vos critiques, et vos encouragements. Ce travail étant une oeuvre humaine, n'est donc pas dépourvu d'imperfections ; ainsi nous sollicitons votre indulgence et votre compréhension pour toutes les fautes que vous aurez décelées dans ce travail.

Bibliographie

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LONOH M. Essai de commentaire sur la musique congolaise moderne. Kinshasa, SEANC, 1998

MANDA T., Terre de la chanson. La musique hier et aujourd'hui. Bruxelles, Afrique éditions, 1996, 366p

TRUXILLO J. Et CARSO P., dictionnaire de la communication, paris, Armand colin, 1991, 591p

II. NOTES DES COURS

KAZADI, Considérations techniques sur la sémantique linguistique, cours de DES, Unikin, 1998

MBIYE H., Note de cours de chansons populaires, deuxième graduat en communications sociales, U.C.C., 2009-2010, inédit

III. WEBOGRAPHIE

Microsoft® Encarta® 2009, Microsoft corporation, 1993-2009

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Table des matières

ÉPIGRAPHE - 1 -

DÉDICACE - 2 -

AVANT PROPOS - 3 -

INTRODUCTION GÉNÉRALE - 4 -

0.1. OBJET - 4 -

0.2. PROBLÉMATIQUE. - 4 -

0.3. HYPOTHÈSE - 6 -

0.4. CADRE THÉORIQUE - 6 -

0.5. MÉTHODOLOGIE DU TRAVAIL - 6 -

0.6. CORPUS - 7 -

0.7. INTÉRÊT DU TRAVAIL - 7 -

0.8. DIVISION DU TRAVAIL - 8 -

CHAPITRE PREMIER : APPROCHE THÉORIQUE, DÉFINITIONS DE CONCEPTS DE BASES. - 9 -

I.1. LA SOCIÉTÉ - 9 -

I. 1.1. L'Etat - 10 -

I.1. 2. La Famille - 10 -

I.2. LA CHANSON - 11 -

a. Etymologie - 11 -

b. Structure de la chanson - 12 -

I.2. ENFANT - 13 -

a. Définition - 13 -

b. Principaux droits de l'enfant - 13 -

c. facteurs favorisant l'élaboration de droits de l'enfant. - 14 -

d. Les agents protecteurs de droits de l'enfant - 15 -

e. Les principaux facteurs favorisant la violation de droits de l'enfant - 15 -

f. Mesures de protection de droits de l'enfant - 16 -

CONCLUSION PARTIELLE - 18 -

CHAPITRE DEUXIÈME. - 19 -

LA CHANSON CONGOLAISE COMME MEDIA DE COMMUNICATION ET D'EXPRESSION DE MASSE ET LA THÉORIE DES FONCTIONS DU LANGAGE 19

II. 1.CHANSON COMME MÉDIA DE COMMUNICATION - 19 -

II.1. 2. FORMES ET CARACTÉRISTIQUES DE LA CHANSON CONGOLAISE - 21 -

II.1.2.1. chanson traditionnelle et folklorique - 21 -

II. 1. 2. 2. la chanson congolaise moderne - 22 -

II.1.2.3. Principaux facteurs favorisant l'essor de la chanson congolaise - 22 -

II. 1.2.4. Le contenu de la chanson congolaise - 23 -

II. 2. CHANSON COMME DISCOURS VERBAL - 25 -

CHAPITRE TROISIÈME : ANALYSE DU DISCOURS DES CHANSONS - 27 -

III.1. ETUDE DU CORPUS - 28 -

1. Bayibi nga bomwana. - 28 -

2. Asala boni. - 30 -

3. Orphelin - 32 -

4. Bonheur. - 33 -

5. Education. - 34 -

6. Lopango ya bana na ngai. - 36 -

III. 2. MISE EN oeUVRE DE L'INTERPRÉTATION TEXTUELLE. - 37 -

III. 3. LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIONNELS DES DISCOURS SOCIOPOLITIQUES DE LA CHANSON CONGOLAISE MODERNE SUR L'ENFANT. - 48 -

III.4.L'ENFANT VU PAR LA CHANSON CONGOLAISE - 48 -

CONCLUSION GÉNÉRALE. - 49 -

BIBLIOGRAPHIE - 53 -

TABLE DE MATIÈRE - 55 -

Annexe

CHANT DUN ENFANT OPPRIME

Voici venir ce jour
Où je vais avec amour
Rencontrer un bonheur chou
Qui donnera goût à tout

Le temps de pleurs est passé
Mes blessures sont pansées
Mes pensées récompensées
Par cette rencontre bien pensée

Et mon coeur, jour après jour
Devient un séjour d'humour
Une loge où logent l'amour
La sympathie pour toujours

J'étais un enfant malheureux
Je suis aujourd'hui heureux
Je ne suis plus un peureux
Ma famille m'a repéré
Dans cette rue où j'errais
Ainsi elle m'a récupéré
Et l'école va me reformer

Tenez moi la main sans cesse
Pour qu'à jamais disparaisse
La tristesse et qu'apparaisse
Une vie pleine d'allégresse

Je fus un enfant isolé
Toujours affamé et désolé
J'ai vu mon enfance volée
Et mon espoir s'envoler

Mes nuits étaient pleines d'ennuis
Je restais longtemps évanoui
Le temps ne faisait que s'enfuir
Sans pouvoir une fois m'épanouir

Oui, j'ai beaucoup résisté
Mais le chagrin persistait
Je n'aimais plus exister
Ma vie était agitée

J'ai passé toute mon enfance
A connaître les souffrances
Je n'avais plus aucune chance
De vivre un jour dans l'aisance


J'étais un enfant malheureux
Je suis aujourd'hui heureux
Je ne suis plus un peureux
Ma famille m'a repéré
Dans cette rue où j'errais
Ainsi elle m'a récupéré
Et l'école va me reformer

Je ne veux plus vivre encore
Cette vie où je vends mon corps
Où je m'en ivre d'alcool

Où je vis toujours du vol

Je veux oublier ces mauvais souvenirs
Parents préparer mon avenir
Afin que dans les jours à venir
Je puisse réaliser mes désirs

L'enfance est une vie de plaisirs
Une vie où règne le loisir
Ainsi vous devez nous instruire
Sans pour autant vouloir nous nuire

J'étais un enfant malheureux
Je suis aujourd'hui heureux
Je ne suis plus un peureux
Ma famille m'a repéré
Dans cette rue où j'errais
Ainsi elle m'a récupéré
Et l'école va me reformer


Ce poème est dédié à tous les enfants du monde qui sont opprimés et qui ont besoin de voir leur situation s'améliorer mais qui peut être ont perdu espoir parce qu'il n'y a personne qui ose soulager leur douleur.

Idée et Conception de Fidèle AWAZI

* 1 BENVENISTE E., Problèmes de linguistique générale, Paris, Gallimard, 1966, t. 1, 1970, t. 2.

* 2 KAZADI, Considération théorique sur la sémantique linguistique, syllabus DES UNIKIN, 1988.

* 3 J. LECLERQ, Leçons de droit naturel. Le fondement du droit et de la société, Namur-Louvain, Ed.Wesmael-Chalier (SA) société d'études morales sociales et juridiques, 1947, p244

* 4 Nous empruntons cette notion à l'encarta Junior 2008.

* 5 Microsoft ® Encarta ® 2008. (c) 1993-2007 Microsoft Corporation.

* 6 L.J. CALVET, Quand la chanson devient propriété publique, in « le français dans le monde », Revue de la Fédération Inter Professeurs de Français, n° 332, 2002, p78

* 7 H. MBIYE, chansons populaires, cours du deuxième graduat communications sociales, Université Catholique du Congo, 2010

* 8 H. MBIYE, op. Cit.

* 9 Convention Relative aux Droits de l'Enfant adoptée par l'assemblée générale de Nations Unies le 20 Novembre 1989 et ratifiée en RDC par l'ordonnance loi no 90/48 du 22 Aout 1990.

* 10 On peut lire avec succès le préambule de la CRDE

* 11 On peut lire à ce sujet « Enfance, protection de l' ». Microsoft Etudes 2008( DVD ) Microsoft Corporation, 2007

* 12 « Enfance, protection de l' », op. Cit.

* 13 Petit la rousse illustré, 1985, p 225

* 14 DENOEL, GONTHIER, La communication des masses : guide alphabétique, Paris, p.93

* 15 BALLE, F. , médias et société, 7ème édition, Paris, Monchrétiien, p.34

* 16 BALLE F. op cit, p.41

* 17 Certains chercheurs parlent de 3 formes et même plus, nous nous limiterons dans cette étude à ces deux grandes formes

* 18 On peut lire avec succès GINZANZA U-LEMBA , op cit p 29.

* 19 GINZANZA, op. Cit. p30.

* 20 LOHN. M, essai de commentaire

* 21 GINZANZA, op cit., p 44

* 22 On peut lire en ce sujet M. Lonoh, op. cit., p 64.

* 23 KAZADI, op cit.

* 24 Pour plus de détails à ce sujet on peut lire GINZANZA, op cit, p 82

* 25 M. Kadima, «Paroles et musique : pérennité du lien », in notre librairie, num.154, avril-juin 2004, p.19

* 26 On peut lire MPEKE MAHATA L, approche systémique de l'image de la femme dans la chanson congolaise, FCK, 1999-2000, mémoire, 134p

* 27 On peut bien lire sur Franco, GINZANZA, op cit. p 194-195

* 28On peut lire cette déclaration dans le Résume officiel de la situation des enfants dans le monde 2004