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Incidence de la hausse de prix du pétrole sur le niveau général des prix en république démocratique du congo, de 2003 à  2007

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par Cédric NGOMA KHONDE
Université Protestante au Congo (U.P.C) - Graduat en Administration des affaires et Sciences Economiques 2007
  

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CHAPITRE II. LA RELATION PRIX DU PETROLE-NIVEAU GENERALE DES

PRIX

2.1. L'importance économique du Pétrole

Le pétrole, du latin petra pierre et oleum huile (soit huile de pierre), est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. Énergie fossile, son exploitation est l'un des piliers de l'économie industrielle contemporaine, car il fournit la quasi totalité des carburants liquides. Le pétrole est aussi souvent appelé or noir en référence à sa couleur noire et à son prix élevé.

Au cours de plusieurs conflits dans le monde, les produits pétroliers dont les effets de la variation du prix font l'objet de notre étude, ont une utilité et un rôle négligeable dans toute économie.

Sa consommation, en fait, est un indice d'activité économique et sociale plus significatif que celui de la consommation des autres produits. Le développement économique d'un pays dépend en majeure partie des produits pétroliers et cela n'est plus à démontrer ; car il existe une corrélation entre le prix du pétrole et le niveau général des prix.

Pour s'en convaincre, il suffit d'observer au lendemain de l'augmentation du coilt du pétrole, l'agitation généralisée dans différents secteurs de la vie nationale, du petit commerce aux grandes unités de production, de sociétés de transport, tout se chambarde et les prix s'emballent9.

Le pétrole occupe en ce 21ème siècle la place qu'avaient occupé autrefois le charbon au 19ème siècle et celle qu'occupe éventuellement en ce même siècle, l'informatique. Cette source d'énergie la plus utilisée dans le monde fournit beaucoup de sortes de carburants notamment l'essence, le mazout, etc. elle est à la fois source d'énergie et matière première pour certaines industries.

On emploie le pétrole comme matière première dans l'industrie chimique et dans la production de carburants. Le pétrole et ses dérivés sont utilisés dans la production de médicaments, de produits agrochimiques et alimentaires, de matières plastiques, de matériaux de construction, de peintures, ainsi que dans la production électrique.

En fait, notre civilisation industrielle moderne dépend du pétrole et de ses dérivés ; la structure physique et le mode de vie des communautés urbaines entourant les grandes villes sont le résultat d'un approvisionnement en pétrole à grande échelle et peu coûteux. C'est la première source d'énergie mondiale, il fournit près de la moitié de la demande totale d'énergie primaire.

Il nous faudrait cependant mettre en exergue le fait que les produits pétroliers interviennent en amont pour le secteur primaire (pour les produits agricoles dans la phase de la production, dans la mesure où tous les engins facilitent le labourage, la pulvérisation,

9 KALONJI NTALAJA, carburant dans le rôle des prix du carburant au Zaïre,I.R.E.S. Lettre mensuelle n°2,1980,p8.

le rabotage, le moissonnage et tant d'autres services ont recours au produits pétroliers pour fonctionner.).

En aval dans la phase de la distribution des denrées de la production agricole et autre, car en Rdc par exemple, très souvent les lieux de production sont très éloignés de lieux de distribution, ainsi pour acheminer les denrées alimentaires aux points de vente ou de consommation, il faudrait la présence des produits pétroliers.

Le développement de l'industrie pétrolière a fourni les carburants liquides qui ont permis la deuxième révolution industrielle et a donc considérablement changé le cours de l'histoire. En ce sens, le pétrole est véritablement le successeur du charbon, qui avait rendu possible la première révolution industrielle. Son utilisation est également source de controverses, car ses utilisations conduisent l'homme à dégrader l'environnement, plus ou moins directement.

Le pétrole étant le plus gros commerce de la planète en valeur (et en volume), il modifie considérablement les flux de devises. Les grands pays producteurs disposent de recettes telles que leurs gouvernements ont souvent un excédent public à placer, qui leur donne un poids financier important. Par exemple, vers 1998, la Russie avait une dette publique très importante et semblait proche de la cessation de paiements. Depuis, la hausse du prix de pétrole et celle de sa production lui a permis d'engranger des recettes fiscales telles que la dette a été pratiquement remboursée et que le pays a la troisième réserve de devises au monde en 2006.

2.2. Le prix du pétrole, un prix de structure

L'augmentation de la facture pétrolière a un impact négatif sur les performances macroéconomiques des pays importateurs de pétrole au travers de plusieurs mécanismes :

( elle détériore la balance commerciale en augmentant le montant total des importations ;

( elle a un impact immédiat sur l'inflation et réduit ainsi le pouvoir d'achat des ménages, ce qui diminue leur consommation et/ou leur épargne ;

( elle augmente le prix des consommations intermédiaires et donc les coûts de production des entreprises, ce qui s'apparente à un choc de productivité négatif ;

( selon le pouvoir de négociation des salariés et le degré de concurrence sur le marché des produits, elle entraîne une réduction du taux de marge des entreprises et/ou une augmentation du prix de l'ensemble des biens dont le coût de production a augmenté du fait de la hausse des cours du pétrole ;

V' confrontées à l'accélération de l'inflation, les banques centrales relèvent leurs taux d'intérêt directeurs ;

V' l'effet combiné des mécanismes précédents est de ralentir l'investissement et l'activité, ce qui contribue à détériorer la situation de l'emploi.

*. Mécanisme de fixation de prix de carburant terrestre

Tout au long de ce point, nous allons étudier le mécanisme de fixation de prix de carburant terrestre en Rdc.

Le Décret-Loi du 20 mars 1961 relatif aux prix, tel que modifié par l'Ordonnance Loi n° 83-026 du 12 septembre 1983, stipule qu'en République Démocratique du Congo, la fixation des prix des biens et services relève du domaine des propriétaires de ces dits biens et services. Toutefois, exception est faite pour certains produits parmi lesquels nous citons les carburants terrestres. Par le fait de leur caractère stratégique dans l'économie nationale, leurs prix sont régentés par l'Etat qui s'en réserve un droit de regard et le monopole de publication car en fait les prix des carburants terrestres sont publiés par Arrêté Ministériel.

Le regard de l'Etat sur les prix des carburants terrestres se réalise non seulement par le Ministère du Pétrole ministère tutélaire du secteur, mais également par le Ministère de l'Economie à travers le Comité de Suivi de la Structure de prix.

Les prix de carburants sont déterminés et présentés dans un tableau appelé Structure de prix des carburants qui comprend plusieurs rubriques. Il existe, en République Démocratique du Congo, deux types de structures de prix des carburants ; l'un pour les carburants terrestres notamment l'essence, le pétrole, le Gasoil, le Fomi et le Gaz ; et l'autres pour les carburants aériens : le jet A1 et l'Avgas.

La structure de prix des carburants terrestres donne les prix des différents types de carburants terrestres utilisés dans le pays selon que ces types de carburants seront vendus dans l'une des trois zones territoriales retenues dans les calculs des prix.

*. STRUCTURE DE PRIX

La structure de prix des carburants terrestres, telle qu'élaborée en République Démocratique du Congo, peut être définie comme un tableau qui donne :

V' les prix de l'essence, du pétrole, du gasoil, du Fomi et du Gaz, pour les trois différentes zones géographiques retenues qui sont l'Ouest, l'Est et le Sud;

V' les quotités prévisionnelles par m3 ou par Kg (pour le gaz) perçues par les différents intervenants dans la structure.

Par ses différentes rubriques, la structure de prix des carburants terrestres rémunère les différents intervenants dans les prix de ces carburants. Elle permet aussi à l'Etat la constitution de certaines réserves sous des rubriques telles que Stock stratégique, Effort de reconstruction, ...

Lorsque la structure est élaborée, la structure de prix est élaborée, on utilise alors le volume prévisionnel pour déterminer les quotités que les différents intervenants prélèveraient par M3 sur les produits vendus.

Ceci donne un caractère prévisionnel aux enveloppes de prélèvements accordés étant donné l'utilisation d'une grandeur prévisionnelle pour le calcul des quotités à prélever par M3. Il sied de noter que pour certains intervenants, les prélèvements se réalisent sous forme de pourcentage.

*. ELÉMENTS COMPOSANTS

Ce tableau est composé de sept grandes rubriques :

a. Prix Moyen Frontière (PMF) : C'est la moyenne des prix des différentes cargaisons de carburants importés par divers fournisseurs pondérés par les quantités de ces cargaisons. Pour chaque fournisseur, le prix de la cargaison comprend les éléments suivants :

V' le Prix Platt's qui est un des prix du carburant de référence tel que coté sur un des marchés mondiaux des produits pétroliers de référence;

V' le Différentiel qui est un ensemble composé des frais occasionnés pour l'acheminement des produits jusqu'aux frontières du pays. Il est constitué du fret, de l'assurance, des frais d'expertise, des frais SOCIR, ...

b. Frais de Distribution : ils sont constitués d'une part des quotes-parts des différents intervenants autre que l'Etat : la SOCIR, la Commission Nationale de l'Energie et SEP CONGO ; et de l'autre les ressources des sociétés pétrolières commerciales, c'est-à-dire leurs charges commerciales et leur marge bénéficiaire.

c. Stock Stratégique / Effort de reconstruction : C'est une forme de réserve soit en nature (produits stockés chez SEP CONGO), soit en espèce (Compte dans une Banque de la place) que l'Etat réalise en vue de faire face à une situation donnée.

d. Fiscalité. Elle comprend :

V' le Droit d'entrée : taxe qui relève de la fiscalité, il est défini comme un type d'impôts particuliers sur la dépense ; il est perçu à l'occasion de l'importation ou de l'exportation des marchandises. Il représente 15 % du Prix moyen frontière fiscal qui est un forfait institué comme base de calcul des éléments de la Fiscalité & Parafiscalité.

V' le Droit d'accises qui est également une taxe relevant de la fiscalité. Il est défini comme un type d'impôt sur la dépense qui frappe séparément la consommation de certains produits. Mais celui-ci représente 15 % de la somme PMF Fiscal et Droit d'Entrée.

e. Parafiscalité : elle est composée essentiellement de la surtaxe de transport. Le taux de celle-ci varie suivant les produits. Pour l'essence, il est de 55 %; pour le pétrole de 15 % et pour les autres produits, elle représente 45 % du PMF Fiscal. Il sied de noter qu'il n'est pas appliqué une parafiscalité sur le FOMI.

f. Prix de Référence Réel : c'est la rubrique des prix tels qu'ils devraient s'appliquer en tenant compte des différents éléments de coûts.

g. Prix à la pompe : cette rubrique indique les prix des carburants tels qu'appliqués à la pompe dans les différentes zones du pays.

2.3. La hausse du prix du pétrole et l'inflation

L'inflation est un déséquilibre cumulatif entre le taux de croissance du produit national et celui des liquidités monétaires. Elle se signale par une hausse des prix grave, générale, durable et structurelle, mais elle ne s'explique pas. Elle commence quand le processus de hausse de prix devient cumulatif10.

L'édition de juillet 2006 des perceptives économiques affirme que l'inflation sousjacente est un problème grandissant. Malgré le ralentissement mondial, elle s'accentue tant dans les pays avancés que dans les pays émergents. Dans bien des pays, le renchérissement des produits énergétiques est à l'origine de cette poussée inflationniste. Les cours du pétrole ont largement dépassé en termes réels les points atteints précédemment, en raison de la faiblesse des capacités inutilisées qui fait craindre des pénuries et de l'inélasticité de la demande.

La flambée des prix des carburants est attribuable pour une large part à l'accentuation des problèmes de l'offre ainsi qu'à la faible réactivité à court terme de l'offre et de la demande à la hausse des prix11.

Sur le marché pétrolier, la forte poussée des prix traduit la réaction atone de l'offre alors que les capacités inutilisées étaient déjà minces au début de la reprise mondiale. Il est généralement admis que les capacités de production et de distribution mettront du temps à se développer en raison de la montée en flèche des coilts d'investissement, des contraintes d'ordre technologique, géologique et stratégique, ainsi que de l'épuisement progressif des gisements existant.

Dans ces conditions, il faut s'attendre à ce que les capacités inutilisées demeurent très faibles et les marchés tendus de façon durable. Le niveau systématique élevé des prix du pétrole sur la courbe de contrat à terme reflète en partie l'idée que seuls des prix durablement élevés inciteront à réaliser des énormes investissements nécessaires.

Dans cet environnement, le département de la direction des études des fonds monétaires international s'exprime en ce sens que les prix du pétrole sont très sensibles à tout événement laissant entrevoir des risques, de perturbation de l'offre à court terme, notamment au plan géopolitique.

Les conditions financières ont temporairement amplifiée la poussée des prix du pétrole. En effet, certaines variables financières, en particulier le taux de change, influent

10 Seblon MPEREBOY MPERE, Economie Monétaire, notes de cours, 3° Graduat Administration des affaires et Sciences Economiques, UPC, 2008.

11 «Food and Fuel Prices-Recent Developments, Macroéconomic Impact, and Policy Responses», in http://www.imf.org

sur les prix du pétrole par leur effet sur l'offre et la demande du pétrole. En revanche, il ne semble guère possible d'affirmer que le regain d'intérêt des investisseurs pour le pétrole ait influencé l'évolution des prix de ce produit, même si les facteurs purement financiers, notamment les changements d'humeurs des marchés, peuvent influer à court terme sur le prix.

En ce qui concerne les produits alimentaires de base, la flambée récente des prix résulte de la conjonction de plusieurs facteurs. L'accroissement de la demande, qui traduit en partie la croissance vigoureuse des pays émergents et en développement, a en général été plus rapide que la croissance de l'offre de nombreux produits alimentaires ces 8 à 10 dernières années, notamment les principales céréales et les huiles comestibles. Les stocks mondiaux de ces denrées sont ainsi tombés à des niveaux faibles que l'on ne connaissait plus depuis le milieu des années 7012.

La hausse des prix du pétrole, cependant, n'affecte pas tous les pays au même degré. Mesurée en euros et en Droits de Tirage Spéciaux (DTS), la poussée des prix est moins spectaculaire qu'en dollar en raison de la dépréciation de la monnaie américaine, dans laquelle les producteurs de pétrole facturent leur marchandise13. L'affaiblissement du dollar a joué un rôle, mais le problème fondamental réside dans le faible niveau de l'excédent de capacités et la persistance probable de vives tensions sur le marché pétrolier.

La hausse des prix du pétrole a eu d'effet sur l'activité et l'inflation mondiale. Depuis des années, l'augmentation des cours pétroliers est due à l'accroissement de la demande ; l'intensité énergétique des économies a diminué, la compétitivité des marchés du travail s'est accrue ; les cadres de politique monétaire ont gagné en crédibilité. La vigueur de la croissance mondiale et la hausse des produits de base autres que les combustibles ont atténué les effets du renchérissement du pétrole sur la balance commerciale de nombreux pays, notamment celle des pays en développement, affirme le Fonds monétaire International lors du communiqué de presse n°08/156 du 01 Juillet 2008.

La répercussion des hausses des prix du pétrole sur l'inflation sous-jacente a été très limitée ces dernières années, en accord avec l'importance croissante donnée par les autorités monétaires à la surveillance ou aux objectifs d'inflation sous-jacente, et donc avec les anticipations selon lesquelles la politique monétaire s'emploiera à neutraliser toute répercussion de la hausse des prix à la consommation sur les salaires et sur les prix hors énergie. A plus long terme, la crédibilité renforcée des politiques monétaires devrait empêcher que les hausses du prix du pétrole ne s'enracinent dans les anticipations d'inflation au point de nécessiter un relèvement substantiel des taux d'intérêt nominaux.14

Les prix du pétrole brut et des produits raffinés, par exemple, ont augmenté rapidement dans les premières années du nouveau millénaire, atteignant en valeur réelle des niveaux qui n'avaient pas été enregistrés depuis le début des années 80.

12 FMI, Perceptives de l'économie mondiale, ralentissement mondial et hausse de l'inflation, washigton, DC

20431 Etats-Unis, Juin 2008.

13 FMI Bulletin, Renchérissement de l'énergie, volume 36, numéro 14, Décembre 2007.

14 Perspectives économiques de l'OCDE n° 76

Lors des deux premiers chocs pétroliers des années 70 et 80, l'inflation et le chômage s'étaient considérablement aggravés en Afrique et dans les PMA. Face à la remontée actuelle des prix du pétrole, l'application de politiques monétaires et budgétaires relativement prudentes a permis dans une certaine mesure d'inverser la tendance15.

Cependant, des signes de pression inflationnistes commencent à apparaître. Aux prises avec un affaiblissement de la demande et une hausse des coilts de l'énergie, les entreprises doivent en outre faire face à des revendications salariales. Dans un certain nombre de pays, dont le Burundi, la République démocratique du Congo et les Seychelles, l'inflation augmente déjà rapidement. La Banque africaine de développement estime que, s'il se maintient, le niveau élevé des prix du pétrole se traduira en 2006 par une hausse moyenne de l'inflation de 2,6 points de pourcentage pour les pays africains importateurs de pétrole.

Comme le montre le cas du café, l'impact s'exerçant sur l'agriculture orientée vers l'exportation peut être particulièrement grave. L'agriculture emploie la majeure partie de la population dans la plupart des pays d'Afrique et joue un rôle important tant pour la sécurité alimentaire que pour les recettes en devises. Or les agriculteurs sont à présent confrontés à une augmentation des prix du carburant utilisé pour faire fonctionner le matériel agricole et les systèmes d'irrigation. De surcroît, le renchérissement des fournitures à forte intensité énergétique telles que les engrais se traduit par une baisse de leur consommation et une moindre productivité.

15 Banque africaine de développement. «La flambée des prix du pétrole et l'économie africaine».Document de réflexion élaboré pour les assemblées annuelles de 2006, Ouagadougou (Burkina Faso).

CHAPITRE III. LA HAUSSE DU PRIX DU PETROLE ET LE NIVEAU DES
PRIX EN RDC

3.1. Les facteurs à la base de la hausse du prix du pétrole

Au cours des années qui délimitent notre travail, de nouveaux prix de l'essence sont entrés en vigueur sur le territoire national. En effet, la gazoline 95 est passée de 164 à 173 gourdes et la gazoline 91 de 159 à 171 gourdes alors que les prix du gasoil et du kérosène ont augmenté respectivement de 5 et de 8 gourdes pour se fixer à 103 et 104 gourdes.

À bien analyser les détails de la structure des prix publiés dans l'avis des autorités compétentes, on se rend compte que le circuit emprunté par le pétrole et qui détermine son prix est en grande partie responsable de la cherté du pétrole à la pompe. De son coût d'acquisition du fournisseur au prix à la pompe, le prix du pétrole accuse une hausse de 109,34 %. En plus de l'augmentation des prix sur le marché international, les consommateurs des produits pétroliers paient aussi la distance, la vérification, les taxes, les intermédiations et le stockage. Tout pour faire du pétrole un véritable casse-tête.

Outre la hausse vertigineuse des prix du baril de pétrole sur le marché international ces dernières années, environ une dizaine de frais et taxes locaux contribuent à faire grimper les prix à la pompe.

Il s'agit :

1' des frais financiers ;

1' des frais de vérification ;

1' des droits de douane ;

1' des frais portuaires ;

" des droits d'accise ;

1' une redevance carburant ;

i' des marges compagnies et distributeurs ;

i' de coût du transport en province et des accises variables.

La gazoline 95 s'achète au fournisseur au prix de 2,175 dollars américains, soit 82,65 gourdes. Après son long trajet, ce prix s'élève à 4,5526 dollars, soit un montant de 173 gourdes au taux de 38 gourdes pour un dollar.

Par ordre d'importance, les droits de douane représentent les charges les plus élevées. 49,9214 gourdes et sont prélevées sur chaque galon de gazoline 95, ce qui représente 60,4 % du coût d'acquisition initial. Puis, on retrouve, par ordre d'importance, les marges de revenus des compagnies et des distributeurs qui se fixent à 9,9712 gourdes chacune, soit 12,06 % du coût d'acquisition initial.

Viennent ensuite les assises variables qui totalisent un montant additionnel de 6,5956 gourdes représentant 7,98 % du prix de base. Ce montant est proche des frais de vérification estimés à 4,3185 gourdes, soit près de 5,23 % de la valeur initiale.

À ces frais, il faut ajouter les frais financiers de 3,7193 gourdes (4,5 % du coût initial), les frais portuaires de 0,38 gourdes (0,5 % du coût initial), les droits d'accise de 3,3066

gourdes (4 % du coût initial), redevance carburant d'une gourde (1,21 %), et le transport vers les provinces de 1,1663 gourde (1,41 %).

*. Qui bénéficient de ces taxes et frais ?

La première tentation d'un analyste est de comparer les frais qui iront au Trésor public et ceux qui iront au secteur privé. Le premier comprendrait les frais de vérification, les droits de douane, les frais portuaires et les accises variables. Ce paquet ferait un total de 64,5221 gourdes représentant 78,07 % du coût d'acquisition initial du galon de gazoline 95.

La deuxième catégorie regroupe les frais financiers, les marges des compagnies et des distributeurs et les redevances carburant qui totalisent une somme de 24,6617 gourdes, soit 29,84 % du prix de base du galon de gazoline 95. On se rend compte que la majorité des frais prélevés sur les produits pétroliers alimentent le Trésor public. Pour se prononcer sur les bénéficiaires de ces frais, il faudrait pouvoir identifier les utilisations faites par le secteur public de ces fonds.

Mais, au moins un paradoxe se constate : l'État est aussi un grand consommateur de produits pétroliers à travers le fonctionnement des entités de l'administration publique. En taxant très fortement les produits pétroliers, l'État prétend se garantir un certain niveau de recettes lui permettant d'assurer son fonctionnement ; mais, en même temps, il augmente ses dépenses. La proportion de recettes générées par une telle politique de tarification est-elle plus élevée que les dépenses qu'elle engendre ? Sinon, une révision de la structure de tarification des produits s'imposerait.

On se demande même si certains frais prélevés sont justifiés. Pourquoi faudraitil prélever des frais de vérification sur les produits pétroliers? A ce titre, il faut remarquer que le faible niveau des prix à la pompe du gasoil et du kérosène est surtout du à l'absence du prélèvement des droits de douane, pourtant très élevés dans le cas de la gazoline 91 et 95. Ce différentiel de taxes s'explique par le fait qu'au moment de la prise de la décision sur la tarification des produits pétroliers, les dirigeants se basaient sur l'hypothèse que les voitures consommant de la gazoline appartenaient plutôt à la classe aisée alors que les véhicules à moteur diesel étaient utilisées par les couches défavorisées, notamment dans le transport public. Cette structure devait faciliter les plus pauvres.

Mais aujourd'hui, le parc automobile affiche le profil contraire. Les plus aisés utilisent des véhicules 4x4 diesel alors que les taxis consomment de la gazoline. Le temps des taxis Peugeot diesel est révolu. L'analyse de la structure des prix des produits pétroliers renvoie aussi à celle du coût de l'intermédiation.

En effet, Une marge de revenus est accordée aux compagnies et une autre du même montant aux distributeurs. En clair, plus d'intermédiaires il existe, plus le prix du bien ou du service est élevé. A coté de la cherté du produit, le consommateur est

confronté au problème du manque de qualité. Après avoir payé toutes ces taxes, il risque de ne pas recevoir la quantité correspondante et la qualité requise.

La proposition d'un barème de tarification uniforme faite par le concessionnaire de véhicules en Haïti, Daniel Gérard Rouzier, devrait retenir l'attention des dirigeants et des parlementaires. Tout au moins, le barème de tarification en vigueur doit faire l'objet d'analyse profonde dans un contexte marqué par la hausse des prix sur le marché international alors que nous sommes des preneurs de prix.

Souce. Le Matin

Soulignons aussi que le prix du pétrole est influencé par trois types de facteurs qui échappent à toute prévision : les facteurs climatiques, les facteurs politiques et les facteurs économiques. Sur un marché du pétrole très tendu tel qu'il se caractérise depuis deux ans, à considérer nos années de référence, tout « événement » de nature à réduire la capacité de l'offre tend à pousser les prix vers le haut.

3.2. La transmission des effets de la hausse du prix du pétrole sur l'économie congolaise

Dès lors qu'il y a hausse des prix du carburant à la production, cela donne les implications automatiques sur la hausse des prix de tous les produits, d'autant plus que notre économie est extravertie. Tous les producteurs augmentent leur prix et leurs produits en fonction de la hausse des prix du carburant.

Le deuxième élément est la devise étrangère ($), ce qui influe sur la monnaie nationale. La bonne politique serait que l'on vende tout en monnaie nationale (revaloriser la monnaie nationale, FC), comme font d'autres pays. Mais il se fait malheureusement en Rdc que toutes les monnaies du monde y ont cour.

Considérons le comportement général des prix au cours de la période allant de Novembre 2003 à Novembre 2007. Dans cette analyse, nous avons retenu plus ou moins 31 produits comme articles et denrées de base, lesquels sont repris dans le tableau 1 et 2 ci-dessous avec leur prix moyen de vente à la consommation.

Les observations et commentaires ont été effectués en considération des prix

moyens pratiqués en franc congolais, en équivalent en dollar américain, devise liée aux

transactions commerciales. Pour mémoire, la parité FC et US$ au cours de la période

considérée se présente comme suit :

( Novembre 2003 : 1US$ ? 350FC ( Novembre 2004 : 1US$ ? 395FC ( Novembre 2006 : 1US$ ? 450FC ( Novembre 2007 : 1US$ ? 495FC

Tableau 2. Evolution des prix entre Novembre 2003 et Novembre 2007 avec coûts en USD

PRODUITS

UNITE

NOVEMBRE
2003

NOVEMBRE
2004

NOVEMBRE
2006

NOVEMBRE
2007

FC

USD

FC

USSD

FC

USD

FC

USD

01

Farine de froment

Sx45Kg

7.470

21,34

12.300

31,14

14.900

33,29

19.750

39,90

02

Farine de blé

Kg

180

0,51

250

0,63

350

0,78

650

1,31

03

Maïs en grain

Sx80Kg

14.000

40,00

16.800

42,53

19.000

42,22

25.000

50,51

04

Pain carré

Pièce

60

0,17

80

0,20

100

0,22

150

0,30

05

Riz importé

Sx50Kg

8.650

24,71

12.800

32,41

14.985

33,30

22.100

44,65

06

Riz importé

Sx25Kg

-

-

-

-

-

-

-

-

07

Banane plantain

Kg

600

1,71

800

2,03

900

2,00

1.000

2,02

08

Cosettes de manioc

Sx50Kg

7.300

20,86

12.950

32,78

15.000

33,33

18.000

36,36

09

Sucre (kwilungongo)

Schx5Kg

1.000

2,86

1.200

3,04

1.950

4,33

2.350

4,75

10

Haricots multicolores

Kg

500

1,43

750

1,90

900

2,00

1.300

2,63

11

Tomate concentrée

Boîte7gr

55

0,16

70

0,18

80

0,18

100

0,20

12

Poisson frais (mpiodi)

Kg

400

1,14

550

1,39

900

2,00

1.300

2,63

13

Poisson salé (importé)

Kg

2.000

5,71

2.100

5,32

3200

7,11

3.950

7,98

14

Sardine à huile (anny)

Boîte

180

0,51

250

0,63

285

0,63

350

0,71

15

Abats de boeuf

Kg

800

2,29

850

2,23

950

2,11

1.200

2,42

16

Viande « capa »

 

1.250

3,57

1.300

3,29

1.680

3,73

2.000

4,04

17

Viande à l'os

Kg

2.000

5,71

2.150

5,44

2.850

6,33

3.500

7,07

18

Poulet congelé

Kg

1.100

3,14

1.280

3,24

1.780

3,96

2.300

4,65

19

Bière (primus & skol)

P12

300

0,89

350

0,89

500

1,11

600

1,21

20

Boisson sucrée (fanta)

Blle72cl

100

0,29

150

0,38

200

0,44

250

0,51

21

Lait en poudre (boîte)

Blle30cl

950

2,71

1500

3,80

1.900

4,22

2.500

5,05

22

Huile de palme

400gr

150

0,43

220

0,56

300

0,67

400

0,81

23

Sel marin

Blle 72cl

1.750

5,00

2.000

5,06

3.850

8,56

4.350

8,79

24

Allumettes

Sx20Kg

80

0,23

150

0,38

180

0,40

190

0,38

25

Savon « coq »

Px10bte

50

0,14

90

0,23

80

0,18

90

0,18

26

Charbon de bois

Pièce

2.500

7,14

2.900

7,34

3.500

7,78

4.800

9,70

27

Paracetamol

Sac

20

0,06

40

0,10

50

0,11

60

0,12

28

Pénicilline 4000000u

Plqtte

160

0,46

170

0,43

175

0,39

200

0,40

29

Cigarettes ambassade

Flacon

270

0,77

380

0,96

480

1,07

600

1,21

30

Cigarettes tumbaco

Paquet

220

0,63

250

0,63

350

0,78

450

0,91

31

Ciment gris (local)

Paquet

2.985

8,53

3.350

8,48

4.800

10,67

8.000

16,16

 
 

Sx50Kg

 
 
 
 
 
 
 
 

Tableau 3. Variation des prix entre Novembre 2003 et Novembre 2007 en rapport aux mouvements
observés en dollar US

PRODUITS

Novembre 2003 à
Novembre 2004

Novembre 2004 à
Novembre 2006

Novembre 2006 à
Novembre 2007

Novembre 2003 à
Novembre 2007

01

Farine de froment

+45,92%

+6,90%

+19,86%

+86,97%

02

Farine de blé

+23,53%

+23,81%

+67,95%

+156,86%

03

Maïs en grain

+6,33%

-0,73%

+19,64%

+26,28%

04

Pain carré

+17,65%

+10%

+36,36%

+76,47%

05

Riz importé (50Kg)

+31,16%

+2,75%

+34,08%

+80,70%

06

Riz importé (25Kg)

-

-

-

-

07

Banane plantain

+18,71%

-1,48%

+1,00%

+18,13%

08

Cosettes de manioc

+57,14%

+1,68%

+9,09%

+74,30%

09

Sucre (kwilungongo)

+6,29%

+42,43%

+9,70%

+66,08%

10

Haricots multicolores

+32,87%

+5,26%

+31,50%

+83,92%

11

Tomate concentrée

+12,50%

0%

+11,11%

+25%

12

Poisson frais (mpiodi)

+21,93%

+42,88%

+31,50%

+130,70%

13

Poisson salé (importé)

-6,83%

+33,65%

+12,24%

+39,75%

14

Sardine à huile (anny)

+23,53%

0%

+12,70%

+39,22%

15

Abats de boeuf

-2,62%

-5,38%

+14,69%

+5,68%

16

Viande « capa »

-7,84%

+13,37%

+8,31%

+13,17%

17

Viande à l'os

+4,73%

+16,36%

+11,69%

+23,82%

18

Poulet congelé

+3,18%

+22,22%

+17,42%

+48,09%

19

Bière (primus & skol)

+3,49%

+24,72%

+9%

+40,70%

20

Boisson sucrée (fanta)

+31,03%

+15,79%

+15,91%

+75,86%

21

Lait en poudre (boîte)

+40,22%

+11,05%

+19,67%

+86,35%

22

Huile de palme

+30,23%

+19,64%

+20,90%

+88,37%

23

Sel marin

+1,20%

+69,17%

+2,69%

+75,80%

24

Allumettes

+65,22%

+5,26%

-5%

+65,22%

25

Savon « coq »

+64,29%

-21,74%

0%

+28,57%

26

Charbon de bois

+2,80%

+5,99%

+24,68%

+35,85%

27

Paracetamol

+67,67%

+10%

+9,09%

+100%

28

Pénicilline 4000000u

-6,52%

-9,30%

+2,56%

-13,04%

29

Cigarettes ambassade

+24,68%

+11,46%

+13,08%

+57,14%

30

Cigarettes tumbaco

0%

+23,81%

+16,67%

+44,44%

31

Ciment gris (local)

-0,59%

+25,83%

+51,45%

+89,45%

Source. Ministère de l'économie, Direction des approvisionnements, Rdc.

Au regard de ces tableaux, il apparaît que la situation liée aux mouvements des prix est préoccupante et nécessite un dépouillement et une analyse systématique des dossiers des prix tant pour les producteurs locaux que pour les importateurs impliqués dans la distribution des produits de consommation de masse.

Les écarts constatés au niveau des prix pratiqués en monnaie de référence à savoir le dollar US (cfr Tableau I et II) découleraient de la conjonction des éléments repris ciaprès :

a) Dans le secteur de la production locale

( l'incorporation des charges non incorporables dans les structures des prix et tarifs de services (pertes diverse non justifiés, dons et libéralités, double imputation des charges, etc.) ;

( l'indexation fictive des salaires des travailleurs nationaux et des taxes administratives dans les structures des prix ;

( la détention et rétention illicites des stocks par les entreprises en positon de monopole ;

( les cartels et ententes entretenus par certaines entreprises industrielles ou commerciales (Brasseries, Cimentaires, Minoteries, Sucreries, Pétrolières,...).

b) Dans le secteur de produits importés

V' l'utilisation des fausses factures fournisseurs ;

V' le cumul des marges bénéficiaires à l'importation ;

( certaines grands importateurs- grossistes se font passer par des détaillants achetant localement des produits importés, etc. ;

Dans ce cas des produits importés, il est souhaitable de demander à L'OFIDA , l'ONATRA, l'OCC, l'OGEFREM et les transitaires de collaborer étroitement avec le Ministère de l'économie Nationale en lui communiquant régulièrement leurs manifestes liés aux différents relevés des importations effectués.

V' Relever également, l'interface que constituent les fiduciaires entre l'Administration publique et les entreprises.

c) Dans le secteur des services

( la pratique par les transporteurs maritimes, aériens et routiers de demi-tarifs à l'exportation et des tarifs pleins et à l'importation, pénalisant ainsi le consommateur congolais ;

V' l'invention par les agences en douane des frais non prévus par les textes qui le régissent.

*. Difficultés souvent rencontrées

Il y a à déplorer :

V' le conflit de compétence entre la FEC et le ministère de l'économie nationale ;

V' l'interférence des personnes non qualifiées dans les missions de service dévolues au Ministère de L'économie Nationale ;

V' le trafic d'influence caractérisé par les recours des opérateurs économiques à des interventions des autorités.

*. Suggestions

Le prix de vente d'un bien est fonction de son prix de revient qui est tributaire de l'expression de ses conditions d'exploitation. Le gouvernement, en vue de satisfaire la demande en biens et services de base, doit envisager les mesures suivantes :

V' veiller de manière particulière et permanente à l'application des prix justes et tarifs concertés ;

" lutter contre le comportement spéculatif de certains opérateurs économiques ;

( protéger le pouvoir d'achat du consommateur et réprimer sans complaisance les infrastructures constatées ;

' sanctionner conformément à la loi la pratiques des prix prévisionnels servant à parer aux "risques de change" qui, en réalité, n'est qu'une hausse intentionnelle des prix ;

V' soutenir l'industrie locale face au dumping des produits importés ;

V' renforcer le contrôle à la frontière pour indigner l'érosion fiscale ;

( projeter des missions d'investigation dans les principaux pays fournisseurs des produits de base (alimentation, matériaux de construction, etc.) afin de disposer d'une banque de données fiables liée aux coilts réels des marchandises à

destination de RDC (Fret maritime ou aérien, Assurance...), ce qui permettrait d'élaborer des prix indicatifs utiles à contenir les mouvements haussiers de prix ;

V' ordonner que les fiduciaires ne gênant nullement l'action de la Puissance Publique en se positionnant en interface entre l'Administration et les entreprises pour refuser de communiquer les renseignements requis.

D'un point de vue macroéconomique, certaines analyses démontrent qu'une hausse des cours du pétrole de 10 dollars par baril pourrait réduire la croissance du commerce mondial de 1,5%. En effet, l'augmentation du prix des produits pétroliers se traduit généralement par un effet dépressif sur l'activité et le commerce mondial. Quant à l'économie congolaise, qui est extravertie, elle souffrirait davantage de cette flambée des prix du pétrole étant entendu que le pays consomme le pétrole qu'il ne produit pas.

La hausse du prix du pétrole constitue un facteur aggravant la crise actuelle. Mais, contrairement à ce que prétend la propagande des médias, elle n'a été qu'un facteur aggravant et non la cause, ni même une cause importante de la crise économique. L'évolution des exportations et des importations constitue la principale cause de la crise en Rdc.

En effet, selon le cadre macroéconomique révisé, l'économie congolaise enregistrait une croissance moins forte par rapport aux prévisions initiales, qui proviendrait principalement de la révision à la baisse de la production pétrolière et des perspectives de croissance du secteur non pétrolier. La baisse d'activité prévisionnelle dans le secteur non pétrolier (particulièrement dans les branches exploitation forestière, industries manufacturières, électricité, gaz et eau, transports) refléterait, d'une part, les retards enregistrés dans la mise en oeuvre des investissements dans les secteurs publics.

Sur cette base, le PIB à prix constants s'établirait 3772,4 milliards contre 3 875,1 milliards en 2006 selon les prévisions révisées. Le taux de croissance réel s'élèverait à 4,0% (au lieu de 5,2% prévu précédemment) contre 6,6% en 2006 (selon les estimations actualisées), entraînant une hausse du revenu normal par habitant de 1,4% (2.101,0 dollars contre 2.184,8 dollars prévus initialement et 2.137,2 dollars en 2006). Les tensions inflationnistes devraient persister, avec une progression de l'indice des prix à la consommation d'environ 21,5% en moyenne annuelle au lieu de 8% prévu initialement contre 21,4% en 2006, à la suite notamment des problèmes récurrents du trafic ferroviaire et des incidences négatives sur les prix des matériaux de construction.

La Rdc se trouve dans une zone de turbulence caractérisée par l'implosion du cadre macroéconomique et les hésitations de la croissance économique. Dans un contexte de hausse des prix du pétrole et l'appréciation de l'euro par rapport au dollar américain sur le marché mondial, depuis fin 2007, l'économie ne devrait pas se réveillée bientôt. La hausse des prix du pétrole n'est pas bénéficiaire pour la croissance économique de la Rdc étant donné qu'elle évolue plus rapidement que les exportations primaires de la Rdc.

3.3. La relation hausse de prix du Pétrole-Inflation en Rdc

Tout au long de ce point, nous allons analyser l'année, au cours de laquelle l'inflation a été très prononcée.

Les données préliminaires renseignent que les opérations financières de l'Etat pourraient se solder par un excédent d'au moins 4 millions de dollars US à fin novembre 2006. Par ailleurs, il est observé un ralentissement de l'expansion de la base monétaire, soit environ 3,9% en novembre contre 5,2% en octobre 2006. Il se dégage ainsi un ajustement tant au niveau budgétaire que monétaire résultant des mesures prises aux mois de septembre et octobre.

Ces évolutions se traduisent déjà par une certaine stabilité du taux de change. Au marché parallèle, entre le 31 octobre et le 23 novembre 2006, le taux de change est passé de 536,48 à 533,39 FC/USD, soit une appréciation de 0,6% de la monnaie nationale par rapport au dollar américain. A l'indicatif, le même taux de change est passé au cours de la période sous revue de 533,41 à 534 FC/USD, soit une légère dépréciation de 0,11 % de la monnaie nationale. Cette dépréciation est attribuable aux effets de rattrapage du taux indicatif par rapport au taux parallèle dans le cadre de la réduction des écarts entre les deux taux.

Il est à signaler que l'écart entre les deux taux est un indicateur de l'efficience et de la transparence du marché de change. A fin octobre cet écart était de 0,8% et au 21 novembre 2006, l'écart est de 0. Ce qui implique que l'opérateur économique est indifférent à évoluer soit au marché parallèle ou au marché interbancaire.

Sur le front du marché des biens et services, ces évolutions devraient aussi se traduire par un repli de l'inflation. A la première semaine du mois de novembre, le taux d'inflation d'après l'indice calculé par la Banque Centrale était de 0,82 % soit 3,3 % en glissement mensuel, contre 0,93 % la dernière semaine du mois d'octobre soit 3,8 % en glissement mensuel.

De ce fait, l'ajustement budgétaire et monétaire a commencé à exercer les effets même sur l'inflation. Cependant, au cours de la deuxième semaine du mois de novembre, le taux d'inflation s'est hissé à 1,06%, soit 4,3 % en glissement mensuel. Il en découle une recrudescence de l'inflation après la pose observée à la première semaine. Si l'ajustement budgétaire et monétaire se poursuit, quel serait l'élément à la base de cette inversion de tendance au niveau de l'inflation ?

En effet, au 10 novembre 2006, le prix à la pompe est passé de 490 à 510 FC le litre, selon que l'indique le tableau 1 ci-dessous, soit une augmentation de 4,08%. Cette révision à la hausse du prix du carburant en Rdc expliquerait l'incrustation de l'inflation constatée au cours de ces dernières semaines du mois de novembre 2006. Par ailleurs, cet ajustement ne trouve aucunement sa raison d'être à l'heure actuelle, autant qu'il intervient tardivement et tient d'une décision incohérente par rapport aux politiques conjoncturelles. Trois éléments déterminent la modification du prix à la pompe.

Il s'agit de :

( l'évolution du taux de change ;

( le prix moyen frontière (constitué éléments ci-après : l'évolution des prix internationaux du pétrole et le mode d'acheminement des produits) ;

( le volume - structure ou le niveau de production des produits pétroliers. Lorsque l'un de ces trois éléments varie en deçà ou au-delà de 5 %, on doit modifier le prix. En dessous de 5%, aucune modification ne peut être entreprise. Et, souvent, le volume-structure ne bouge pas beaucoup à court terme et subit parfois des faibles variations.

Cependant, le taux de change, quant à lui, varie ; de même que le prix moyen frontière qui se ressent de l'évolution des prix internationaux, tandis que pour le mode d'acheminement, il faut du temps pour qu'on parle de son amélioration.

Or, on peut remarquer que pendant toute cette période (depuis l'adoption conjointe des mesures d'ajustement monétaires et budgétaires), le taux de change du Franc congolais est resté relativement stable et le prix moyen frontière a baissé du fait du repli des prix internationaux du pétrole selon que l'indique le tableau ci-après. Par conséquent, aucune raison valable ne milite en faveur de l'ajustement effectué en date du 10 novembre 2006 par le ministère de l'économie.

L'on croît qu'il se serait référé slIrement au passé, et aux fortes variations du taux de change connues avant l'ajustement monétaire et budgétaire. Et pourtant, comme il y a eu un autre ajustement du prix du carburant à la pompe à cette période, notamment le 10 août 2006 (le litre passant de 460 à 490 FC), il fallait à cette date relever définitivement les prix pétroliers aux fins d'absorption. Cela se serait justifié autant qu'on se trouvait en pleine période de dérapage du taux de change du Franc congolais, quant bien même les prix internationaux du pétrole baissaient déjà.

Mais actuellement, ce qui est bien étrange, c'est qu'aucun des éléments déterminants du prix du pétrole relevé ci-haut n'a bougé. Le taux de change (cours libre) est resté stable autour de 533 FC/USD, tandis que les prix internationaux évoluent à la baisse depuis septembre 2006 aussi bien que l'indique le tableau 2 ci-dessous. La modification du prix des pétroliers à la pompe du 10 novembre dernier a donc été fait par effet de rattrape : le coilt tardif de l'ajustement.

*. CONSEQUENCES DE LA HAUSSE

La conséquence majeure de cette mesure isolée du ministère de l'économie est l'effet d'hystérèse sur l'ajustement attendu des politiques budgétaire et monétaire. Ceci suppose qu'il faut une appréciation du taux de change de plus de 5% (jusqu'à 507 FC/USD) pour s'attendre à une révision des prix à la pompe. Or, le prix du carburant a un effet psychologique important. Il s'agit là d'un taux de change implicite (510 FC/USD). Il serait difficile de descendre en dessous de ce taux. Par ailleurs, l'effet sur l'inflation est sans compte tenu du poids des produits pétroliers sur l'indice des prix (près de 30%) et ses répercussions sur les autres prix des biens et services : les transporteurs, les biens qui viennent de l'intérieur du pays~Ce qui crée une spirale à large spectre.

Il fallait donc maintenir à 490 FC le litre du carburant et que de son côté le Gouvernement s'emploie à arriver au taux de 480 ou 490 FC/USD, ou à un taux dont la variation par rapport au prix de la litre sera de moins de 5 %.

Deux tendances se sont prononcées favorablement à cette mesure :

( la première est celle qui pense que cette augmentation du prix du carburant entraînerait celle des contributions (recettes) pétrolières... Nous pensons quant à nous que cela constitue une aberration d'autant plus que la contribution des pétroliers distributeurs s'évalue entre 10 et 6 millions de USD/mois. Du fait de la consommation du carburant par l'Etat, on procède à des compensations avec les pétroliers. Autrement dit, le Gouvernement congolais ne perçoit jamais ces contributions. Bien au contraire, il a des arriérés de paiement vis-à-vis des distributeurs;

( la deuxième tendance est celle du FMI qui croît que cet ajustement à la hausse du carburant a rétabli la vérité des prix ; car cela va éliminer les files d'attentes (qui n'ont jamais existé) et rétablir un approvisionnement efficient du carburant. Dans ce sens que les pétroliers ne seront pas amenés à rationner la distribution de leurs produits.

Cet argument touche seulement certains pans de l'économie (le secteur pétrolier...). Or, l'inflation touche toute l'économie. Ainsi, entre s'attaquer à un mal qui implique toute l'économie et celui qui concerne un seul secteur, quel est le meilleur choix ? Par ailleurs, la généralisation de la hausse des prix peut faire qu'aujourd'hui les employés du secteur pétrolier réclament une révision de leurs salaires à cause de la hausse dans d'autres secteurs.

*. QUELQUES OBSERVATIONS

Il y a donc nécessité d'une bonne coordination ou d'une synchronisation entre d'une part les politiques conjoncturelles (monétaire et budgétaire) et, d'autre part, celles structurelles (portant sur la détermination des prix des produits de première nécessité notamment). C'est le cas des prix des produits pétroliers, de l'eau, de l'électricité, du ciment. Lorsqu'il y a un ajustement au niveau conjoncturel (comme à l'heure actuelle), il ne faut pas un désajustement au niveau structurel (comme le fait le ministère de l'économie).

Le ministère de l'économie volerait donc actuellement à contre courant des politiques conjoncturelles. Cela peut facilement se lire même dans la détermination du prix du ciment. On sait bien que celui-ci est fixé autour de 10 $ américain. Or, aujourd'hui, en dépit de l'appréciation de cette monnaie par rapport au Franc congolais, le prix est passé à 18$ US.

Si c'est le dollar qui se dépréciait cela se justifierait. Que le prix en Franc soit revu, cela aurait été également accepté du fait de sa dépréciation. Cependant, c'est le Franc qui se déprécie.

L'unité de mesure qui est le dollar quant à elle s'est appréciée ; mais, qu'est ce qui justifie la hausse du prix du ciment en dollar ? On comprend qu'il y a trop des problèmes dans ce ministère de l'économie. Ce genre de révision des prix injustifiée ne peut que

peser sur le niveau général des prix et l'inflation autant qu'elles drainent des germes d'effets d'hystérésis. En d'autres termes, comme des « aimants », elles produisent un effet magnétique méphistophélique qui bloque les autres politiques et les empêchent de produire leurs effets.

Trois recommandations peuvent être formulées en rapport avec tout ce qui précède:

1) L'inflation a un effet global sur l'ensemble de l'économie, or la hausse du prix d'un produit n'a d'impact que sur les recettes d'exploitation d'une seule entité ; en l'occurrence les entreprises pétrolières. Elle est donc sectorielle. En conséquence, faire primer l'effet sectoriel sur l'effet global ne peut être qu'anachronique ;

2) Le ministère de l'économie doit éviter des ajustements tardifs qui s'apparentent à un désajustement ou un blocage d'autres ajustements. Il lui appartient donc de bien suivre tous les paramètres, car on ne peut comprendre que les prix internationaux soient à la baisse et le taux de change stable mais, qu'il augmente les prix pétroliers. Cela tient d'une logique trop compliquée à appréhender et à expliquer ;

3) La gestion des prix des produits homologués (pétrole, eau, électricité, ciment,...) doit être suivi convenablement...

In fine, il faut que tous les ajustements se fassent dans un cadre global, cohérent et concerté. L'économie est un tout cohérent, on ne peut isoler une partie et croire que cela n'aura pas des répercussions sur les autres.

Il ne faudrait donc pas que demain l'on apprenne que la REGIDESO et la SNEL ont été reçues par le ministre de l'Economie, et on assiste le lendemain à une augmentation des prix de fournitures.

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