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L'exploitation minière artisanale au Katanga et ses conséquences sur la production agricole. Cas du district urbano-rarul de Kolwezi.

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par Alliance KATEMBO NZAMA
Institut Superieur Mgr Mulolwa - Licence 2011
  

sommaire suivant

0. INTRODUCTION GENERALE

La RDC est un pays de l'Afrique subsaharienne, classée troisième en terme de population et deuxième en terme d'étendue de terre arable. Au niveau mondial, elle est deuxième à posséder une grande forêt tropicale humide. Elle possède des terres fertiles, une pluviométrie suffisante, considérable et une variété de ressources minérales1(*).

Malgré l'abondance de matières premières, l'économie du pays s'est pratiquement effondrée au cours des dernières décennies à cause principalement de la mauvaise gestion et conflits armés.

Aujourd'hui, il semble que plusieurs responsables politiques commencent à percevoir cette évidence première. Encore faut-il que naisse un véritable développement autocentré, c'est-a-dire qu'ils envisagent l'évolution non seulement de l'agriculture, de la production agricole, mais aussi et même du monde rural et agricole2(*).

Le Katanga est vaste comme la France, donc il reste quand même beaucoup de place à la nature. Mais le problème c'est que toute la terre est attribuée. Aujourd'hui selon certains rapports, la grande partie des terres du Katanga aurait été attribuée par le cadastre minier pour l'exploration ou l'exploitation minière et donc il reste, il resterait, semble- t-il peu de place pour l'exploitation agricole. Ce qui est un défis aujourd'hui, du fait qu'on importe des aliments, de la nourriture dans un pays qui pourrait être riche d'un point de vue agricole, une province qui l'est très riche et qui doit faire venir à prix cher sa survie alimentaire pour le moment3(*).

Depuis la déconfiture de la GCM, l'exploitation minière artisanale appris de l'ampleur dans la province du Katanga. Les facilités accordées notamment par certaines dispositions du nouveau code minier promulgué en 2002, du reste renforcés par celle reprise dans le règlement minier de 2003. Avec l'explosion artisanale, c'est donc tout le pays minier congolais qui est entrain d'être reformé.

En effet, l'exploitation minière dite artisanale est une activité assez récente dans la province du Katanga, mais qui semble occuper une part importante de la population active. A ce jour, cette activité préoccupe tout le monde dans le district urbano- rurale de Kolwezi entre autre les jeunes, les vieux, les femmes mariées et célibataires voire même les étudiants qu'y trouvent une source de vie académique.

0.1. CHOIX ET INTERET DU SUJET

0.1.1. CHOIX DU SUJET

Le choix du sujet est la première des choses que doit faire qui conque veut s'engager dans une recherche en sociologie. Le choix du sujet, sa délimitation ainsi que l'intérêt qu'il présente pour le chercheur conditionnent le déroulement de l'étude et sa réussite.

Dans cette étape si importante de la recherche scientifique, nous tenons à faire remarquer le choix que nous avons porté sur ce sujet n'est pas le fait du hasard ou d'une complaisance quel conque. Si nous avons choisi ce sujet « L'exploitation minière artisanale au Katanga et ses conséquences sur la production agricole », en considérant le cas du district urbano rural de Kolwezi, c'est par l'importance que nous accordons à l'agriculture qui est une ressource renouvelable, inépuisable et demeure la seule alternative pour lutter contre l'insécurité alimentaire; contrairement à l'exploitation minière artisanale, qui est une ressource non renouvelable.

0.1.2. INTERET DU SUJET

L'intérêt de ce sujet se situe à trois niveaux différents que nous explicitons ci-dessous.

0.1.2.1. Intérêt social

Nous voulons attirer l'attention de la population et de décideurs politiques du district de Kolwezi de prendre conscience sur les méfaits et les failles qu'engendre l'exploitation minière artisanale sur la production agricole dans le dit district en particulier et sur la vie de population en générale.

0.1.2.2. Intérêt scientifique

Etant donné la dimension scientifique, nous avons pensé mettre au point un instrument de travail qui permettra aux chercheurs de bien orienter les approches de développement durable, et ce, en nous appuyant sur l'agriculture.

0.1.2.3. Intérêt personnel

Notre souci est que la population du dit district comprenne les conséquences de l'exploitation minière artisanale sur la sécurité alimentaire qui doit engendrer ou faire venir à prix cher sa survie alimentaire pour le moment.

0.2. PROBLEMATIQUE

Nous pouvons définir la problématique avec R.PINTO et M.GRAWITZ comme l'ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et les vérifie5(*).

Notre problème se fonde tout autour de l'exploitation minière artisanale au Katanga et ses conséquences sur la production agricole. Etant donné que la RDC est un pays de paradoxe, le plus évident, c'est celui d'un pays scandaleusement riche en ressources naturelle et minières, mais dont la grande majorité de sa population croupit dans une misère indescriptible.

Le Katanga en particulier regorge d'importance gisements des cuivres à hautes teneur et des minerais associés tels que le cobalt, le zinc, le plomb .Parmi les autres minerais exploités, il ya l'argent, le cadmium e rhénium, la platine, le manganèse, l'étain, le charbon etc. Ces ressources sont concentrées dans le district de Kolwezi et celui du haut-Katanga.

L'exploitation minière artisanale au Katanga est un marché self -service et anarchique, à la limite de l'informel et duquel le pays ne tire en réalité, aucun bénéfice substantiel. Dans les conditions actuelles, il est illusoire de compter sur l'exploitation minière artisanale pour gérer les ressources liquides dont la RDC en générale, et la province du Katanga en particulier, ont besoin pour se développer. Cette dernière a une possibilité aujourd'hui de richesse, d'expansion, de de développement pour quelque décennie. Mais dans quelque décennie, il restera des carrières ; il restera des trous et des villages fantômes. Car actuellement, tout le monde est attiré par les gains conséquents et rapides d'un travail dangereux dans les mines. La population active du district de Kolwezi abandonne la production agricole, laissant place sur les marchés aux produits importés.

En effet, comme nous avons constaté un abandon quasi total de l'agriculture dans le dit district, on a de quoi s'en inquiéter un peu. Ce qui est un défis ; car aujourd'hui on importe des aliments, de la nourriture dans un district urbano rural qui pourrait être très riche du point de vue agricole ; un district qui est très riche mais doit faire venir à prix cher, sa survie alimentaire pour le moment ; Ce qui n'est pas logique. Nous devons le dire à haute voix et sans peur d'être combattu scientifiquement que le ventre affamé n'a point d'oreilles et un sac vide ne sait pas se mettre debout.

Quand les villageois descendent en ville pour s'approvisionner en produits agricoles qu'ils peuvent pourtant produire sur place, c'est un suicide pour l'économie du village lui-même. C'est une attitude inflationniste qui doit nous interpeller.

Considérant cet état de chose, notre préoccupation est de savoir :

· Quelles sont les conséquences de l'exploitation minière artisanale sur la production agricole ?

· Pourquoi la population ne s'intéresse pas à la production agricole ?

· Que pourraient être les alternatives susceptibles pour résoudre durablement les problèmes liés à l'exploitation minière artisanale dans le district de Kolwezi ?

Telles sont les questions qui trouveront réponse dans notre hypothèse de travail.

0.3. HYPOTHESES DE TRAVAIL

L'hypothèse de travail est une exploitation ou une explication que l'on se contente d'énoncer sans prendre position sur sa vérité, c'est-a-dire sans affirmer ou la nuer. Il s'agit donc d'une simple supposition appartenant au domaine du possible ou du probable6(*).

Selon P. Rongere, l'hypothèse de recherche est définie comme la proposition de réponse aux questions que l'on se pose à propos de l'objet de la recherche, formulée en des termes tels que l'observation et l'analyse puisse fournir une réponse7(*).

Nous référant aux questions posées dans notre problématique, nous proposons quelques réponses formulées en ce terme :

· Les conséquences de l'exploitation minière artisanale sur la production dans le district urbano rural de Kolwezi sont multiples dans ce sens que tout le monde à abandonner la houe, par conséquent, tous les produits agricoles sont importés ce qui engendre une insécurité alimentaire. Car ce dernier fait venir à prix cher sa survie alimentaire dans ces dernières années.

· La population ne s'intéresse pas à l'agriculture, elle abandonne la houe pour s'atteler à l'exploitation minière artisanale, plus rémunératrice à court terme que l'agriculture de substance

· Pour résoudre tant soit peu à ce problème d'exploitation minière artisanale, le gouvernement congolais via son ministère de Mine, doit nécessairement chercher des investisseurs ou plusieurs partenaires dans ce secteur afin de construire des usines pour embaucher tous ces jeunes gens, car le gouvernement ne gagne absolument rien dans cette matière ; en plus de cela, le gouvernement doit encore chercher des voies et moyens nécessaire car cette activité (minière artisanale) est à la base de différents problèmes tels que : l'abandon de l'école par certains élèves et étudiants à cause des activités artisanales, l'an alphabétisation des jeunes gens, l'exposition et la multiplication des maladies sexuellement transmissibles, bronchite, radioactivité, les éboulements à répétitions, le non protection de creuseurs, le mariage précoce, l'exploitation des enfants, l'excès des drogues (chanvre et alcool), l'abandon des activités agricoles, la crise alimentaire, la rareté des produits agricoles sur le marché, la hausse de prix des denrées alimentaires tant d'origine végétale qu'animale le manque de moyen pour relancer l'agriculture (intrants agricoles et autres matériels aratoires), la confiscation de terrain agricole en faveur du secteur minier, l'exode rurale etc.

Nous tenterons de vérifier les hypothèses dans le troisième chapitre de ce travail afin de confirmer ou d'affirmer nos hypothèses proposées ci-dessus.

0.4. ETAT DE LA QUESTION

Il est le produit documentaire établissant le bilan critique des travaux effectués sur un sujet donné pendant une période déterminée et pouvant se présenter sous forme écrite ou oral8(*).

D'après WINGENDA WI EPENDO, l'état de la question est une critique référentielle de la lecture antérieure de différents travaux consultés de nos prédécesseurs. Cette critique consiste en une étude systématique de l'objet de la recherche et d'y apporter ses contributions pour ne pas tomber dans les redites ou plagiats9(*).

Nous avons eu dans la vision de notre travail scientifique, à lire et étudier la même préoccupation sous une autre dimension du fait que les réalités différentes par rapport au temps et a l'espace.

C'est ainsi que dans la même optique, Mademoiselle KASEYA Womba a, dans son travail de fin de cycle qui a porté sur l'« exploitation minière artisanale et son impact sur la scolarisation des enfants»1(*)0 ; Démontre les effets négatifs de l'exploitation minière artisanale sur la scolarisation des enfants dans la cité de Kambove, c'est -à-dire tous les enfants à l'âge scolaire dans cette cité ne veulent pas aller à l'école à cause des travaux d'exploitation de minerais.

KIMONGE Malemba, dans l'« Analyse de l'impact de l'exploitation minière artisanale et industrielle sur la situation socio-économique et environnementale à Lubumbashi»1(*)1 ; Soutient que la population ne trouve pas leur avantage, mais au contraire elle est victime de celle-ci qui empire les conditions (délocalisation, destruction de terre arable, la pollution des eaux etc.).

MALULU Muginibwa, «  L'exploitation minière artisanale et l'amélioration des conditions socio-économiques des habitants de l'inter land minier à Likasi»1(*)2 ; Lui a fait une analyse pour voir si réellement l'exploitation minière artisanale contribue-t- elle à l'amélioration des conditions de vie des habitants de Likasi.

MUSAU Ngalula, « Conséquences de l'exploitation minière sur l'environnement dans la région de Tenke Fungurume»1(*)3 ; Pour lui, les entreprises minières sont plus préoccupées par l'exploitation minière pour réaliser leurs profit mais le sol, les végétations et les animaux sont détruits systématiquement par les activités minières.

Quant à nous, notre apport se résume dans la volonté de vouloir démontrer l'impact négatif des activités minières artisanales sur la production agricole dans le district urbano-rural de Kolwezi en interpellant les hommes politiques et la population dudit milieu, que l'agriculture reste le secteur prioritaire pour lutter contre l'insécurité alimentaire qui perturbe le décollage du développement.

0.5. APPROCHES METHODOLOGIQUE

Avant la description des méthodes et techniques utilisées pour la rédaction de ce travail, il nous est impérieux de définir les concepts.

0.5.1. METHODES

Selon MIREILLE Maurin, la méthode est la démarche rationnelle de l'esprit pour arriver à la connaissance ou à la démonstration des vérités1(*)4.

D'après R.Pinto et M.Grawitz, la méthode est l'ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et les vérifie1(*)5. D'autres sources, définissent la méthode comme ensemble des démarches que met en oeuvre un chercheur, pour découvrir et vérifier des connaissances ou un praticien pour résoudre un problème concret a partir des connaissances existantes1(*)6. Les méthodes qui ont été d'usage durant nos recherches sont les suivantes:

0.5.1.1. La méthode fonctionnelle

La méthode fonctionnelle consiste à expliquer les faits politiques par le rôle, la fonction qu'ils assurent dans le système sociale au quel il appartient1(*)7.

Cette méthode nous a permis de découvrir la manière dont l'activité de l'exploitation minière artisanale fonctionne et est structurée dans les différents sites d'exploitation minière artisanale dans le district urbano-rural de Kolwezi.

0.5.1.2. La méthode historique

Elle est axée sur l'historique qui, sans être explicative par elle-même, rend possible l'explication dans la mesure où d'une part, en remplaçant les institutions dans le milieu social où elles ont pris naissances, parmi leurs conditions concomitantes, elle nous offre le tableau de leurs conditions d'existences; et d'autre part, elle permet la comparaison1(*)8.

Cette dernière nous a aidés de saisir l'origine de la problématique de l'exploitation minière artisanale dans le dit district.

0.5.1.3. La méthode comparative

Elle consiste à confronter des faits pour déceler des ressemblances ou des différences qui existent entre eux afin de dégager le ou les facteurs de ces ressemblances ou différences1(*)9.

La méthode comparative nous a permis de comparer la situation d'avant et actuelle de l'exploitation minière artisanale sur la production agricole dans le dit district.

0.5.2. TECHNIQUE

Le concept technique est défini comme étant un moyen ou ensemble des moyens adaptés à une fin2(*)0. Elle est encore définie comme ensemble de procédés et des méthodes d'un art, d'un métier2(*)1.

A cet effet, nous avons utilisé les techniques suivantes :

0.5.2.1. L'observation directe.

Rien ne peut remplacer un contact direct de l'enquêteur avec son terrain, et aucune technique n'est capable de suggérer au tant d'idées nouvelles. Il est difficile d'imaginer une étude de comportement sérieuse où l'observation n'est jouerait aucun rôle. Les formes routières et impersonnelles d'observations, sinon l'enquêteur n'aurait aucune idée réelle de ce qu'il étudie, et l'introduction de mesures élaborées aux stades ultérieurs du projet ne permettrait probablement pas de surmonter la confusion, l'incompréhension et l'étroitesse de vue dont on aurait fait preuve au départ de l'enquête2(*)2.

Cette technique nous a été d'une grande importance dans ce sens que nous étions sur le terrain en vue de palper du doit, la réalité de l'exploitation minière artisanale et la négligence de l'agriculture dans ce dit district.

0.5.2.2. L'interview libre

Il s'agit d'une conversation qui se déroulait avec une personne pour l'interroger sur ses idées, ses actes, etc.2(*)3.

Selon le dictionnaire universel, l'interview libre est un entretien au cours duquel un journaliste ou un enquêteur interroge une personne sur sa vie, ses opinons, etc. 2(*)4. La technique d'interview nous a aidés à pouvoir saisir le point de vue des exploitants miniers artisanaux et de la population sur les conséquences qu'engendre cette activité sur la production agricole.

0.5.2.3. Echantillonnage

Elle est une technique qui consiste à interroger un échantillon réduit d'une population à étudier2(*)5. Cette dernière était utile pour nous dans le sens que le district urbano-rural de Kolwezi regroupe plusieurs sites des exploitants minière artisanaux dont nous étions incapable d'atteindre tout le monde suite au manque des moyens pouvant nous aider d'atteindre ou d'interroger tout le monde.

0.5.2.4. Technique Documentaire

Est un contact direct avec l'objet d'étude ou le chercheur parcourt le document relatif à l'objet d'étude2(*)6. Par l'entremise de cette technique, nous avons consulté les ouvrages, les articles, les revues, les mémoires, les TFC, les cours, etc. ; ayant trait avec notre sujet.

0.6. DELIMITATION DU SUJET

Pour des raisons de précision, nous prenons en considération deux dimensions, à savoir les limites spatiales et les limites temporelles pour circonscrire ce travail.

Ø Notre recherche a comme lieu d'investigation le district de Kolwezi dans lequel nous avons le devoir et obligation de nous étendre au niveau de quelques sites d'exploitation minière artisanale afin de vivre les réalités des faits, ce qui nous a permis de bien mener notre recherche.

Ø En rapport avec le temps, nous nous sommes étalés sur une période allant de 2008 à 2011 soit trois ans, période durant laquelle nos donnes seront examinées ou analysées sur les conséquences de l'exploitation minière artisanale sur les activités agricole dans le district urbano-rural de Kolwezi.

0.7. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Outre l'introduction et la conclusion générale, cette étude comprend quatre chapitres :

Le premier chapitre est consacré aux généralités. Celui-ci est subdivisé en deux sections: la première évoque la définition des concepts tandis que la seconde fait une présentation sur le district de Kolwezi.

Le deuxième chapitre s'attelle à l'esquisse sur l'exploitation minière artisanale et la production agricole. Ce dernier est à son tour, subdivise en quatre sections suivantes: la première fait un aperçu général sur l'exploitation minière artisanale au Katanga, la deuxième démontre l'impact socio-économique et sécuritaire de cette activité sur la population du district urbano-rural de Kolwezi, la troisième quant à elle, démontre la place et le rôle de l'agriculture dans le développement du pays et la quatrième présente le rôle de l'Etat dans la croissance agricole.

Le troisième chapitre, lui, s'appesanti sur la présentation et l'interprétation des résultats de l'enquête.

Et, le quatrième en fin, est consacré à la proposition d'un programme d'interventions pouvant permettre de faire face aux problèmes relevés dans les pages précédentes qui ont fait l'objet de notre étude.

CHAP.I. GENERALITES

SECTION 1. DEFINITION DES CONCEPTS

Dans le souci de rendre plus compréhensible le présent sujet, il est utile d'éclairer le lecteur sur quelques définitions des mots clés pouvant influencer des différences et des nuances dans le texte.

C'est dans le souci de nous faire comprendre et d'éviter des interprétations contradictoires, qu'il a été question pour nous définir les concepts suivants:

1.1. CONCEPTS DE BASE

1.1.1. Exploitation

Le mot exploitation signifie action de mettre en valeur des biens, des bois, des mines, des usines, des fonds de commerces2(*)7

Toute activité par laquelle une personne se livre, à partir d'un gisement identifié, et au moyen des travaux de surface et/ou souterrains, à l'extraction des substances minérales d'un gisement ou d'un gisement artificiel, et éventuellement à leur traitement afin de les utiliser ou de les commercialiser.2(*)8

1.1.2. Exploitation minière

C'est une action de tirer profit d'une chose que l'on fait produire dans le gisement par extraction des substances méthaniques ou minérales2(*)9

1.1.3. Exploitation minière artisanale

C'est toute activité par laquelle une personne physique de nationalité Congolaise se livre, dans une zone d'exploitation artisanale limitée en surface et en profondeur jusqu'à trente mètres au maximum, à extraire et à concentrer des substances minérales en utilisant des outils, des méthodes et des procèdes non industriels3(*)0 .

ü Définition adoptée au Mali

L'exploitation minière artisanale est considérée comme toute opération qui consiste à extraire et concentrer des substances minérales provenant des gîtes primaires et secondaires, affleurant ou subaffleurant, et en récupérer les produits marchands en utilisant des méthodes et procédés manuels et traditionnels3(*)1.

ü Définition adoptée au Burkina Faso

Au terme de l'article 1er de la loi N°23-07/II-AN portant code minier au Burkina Faso: L'exploitation minière artisanale est définie comme « toutes opérations qui consistent à extraire et concentrer des substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en disposer, en utilisant des méthodes et procédés traditionnels manuels »3(*)2.

ü Définition adoptée au Niger

Aux termes des articles 43 et 44 de l'ordonnance N°93-16, portant loi minière au Niger, L'exploitation minière artisanale consiste à extraire et à concentrer les minerais en vue de récupérer la ou les substances utiles qu'ils renferment par des méthodes et procédés artisanaux. L'exploitation artisanale s'applique aux indices de minéralisation de certaines substances dont l'exploitation sous la forme artisanale est traditionnelle ou aux gisements pour lesquels la preuve est faite qu'une exploitation industrielle n'est pas économiquement rentable3(*)3.

Quand à nous, nous définissons l'exploitation minière artisanale comme une activité qui consiste à exploiter les minerais d'une manière archaïque c'est-à-dire à l'aide de bèches, pioches, marteaux, seau, bar de mine etc. et sans aucune protection.

1.1.4. Conséquences

Selon le dictionnaire, c'est un résultat, suite d'une action, d'un fait. Quand à nous, nous définissons le concept conséquence dans ce travail comme étant les effets négatifs des exploitations minières artisanales sur les activités agricoles.

1 .1.5 . Production

La production est l'activité économique qui apporte de la valeur ajoutée par la création et la fourniture de biens et de service, ce qui signifie que la production est la création de produits ou de services et en même temps création de valeurs3(*)4.

Le mot production désigne un Ouvrage, ce qui est produit; Ce que produisent le sol et l'industrie d'un pays, le produit national brut; titres et des écritures qu'on produit; Prolongement, allongement3(*)5.

Selon le dictionnaire économique, est une activité exercée par une unité institutionnelle qui combine des facteurs de production (main-d'oeuvre, capital et matière premières) pour fabriquer des biens et des services3(*)6.

1.1.6. Agricole

Qui s'adonne à l'agriculture .Il est presque toujours joint à un collectif. Un peuple, une nation, un pays agricole. Il signifie aussi qui a rapport à l'agriculture. Les travaux agricoles, les produits agricoles, les ressources agricoles d'un pays, comice agricole, exposition agricole, l'industrie agricole3(*)7.

1.1.7. District

Est une étendue de juridiction administrative ou judiciair3(*)8. Nous pouvons aussi définir le concept district comme étant une Subdivision administrative territoriale.

1.1.8. Urbano-rural

Un milieu urbano-rural est défini comme une agglomération importante dont les habitants exercent en même temps des activités agricoles et non agricoles.

Dans notre travail nous avons souligné que le district de Kolwezi est une entité urbano-rurale par ceque cette dernière est composée des entités urbaine et rurales.

1.2. CONCEPTS CONNEXES.

1.2.1. Exploitation industrielle

C'est toute activité par laquelle un tiers, une personne physique ou morale, extrait d'un gisement artificiel des substances afin de le traiter éventuellement et de les utiliser ou de commercialiser3(*)9.

1.2.2. Carrière 

Tout gisement des substances minérales classées en carrières exploitable à ciel ouvert et/ou toute usine de traitement de produits de cette exploitation se trouvant dans le périmètre de carrière pour réaliser leur transformation en produits marchands, y compris les installations et les matériels mobiliers et immobiliers affectés à l'exploitation4(*)0.

Est une excavation artificielle, généralement à ciel ouvert, pratiquée pour l'extraction de matériaux de construction (calcaire, granite, gypse, gravier, sable, etc).4(*)1.

1.2.3. Mines

Zone où l'on exploite des substances utiles (autres matériaux rocheux), soit à ciel ouvert, soit par puis et galerie4(*)2.

Selon le code minier congolais en son titre premier, chapitre 1, article premier, la mine est tout gisement artificiel des substances minérales classés en mine, exploitable à ciel ouvert ou en souterrain, et/ou toute usine de traitement ou de transformation des produits de cette exploitation se trouvant dans le périmètre minier, y compris les installations et les matériels mobiliers et immobiliers affectés à l'exploitation.4(*)3

1.2.4. Creuseurs

En RDC le terme creuseur est utilisé couramment pour désigner l'exploitant minier artisanal. Il s'agit d'un travailleur qui exploite des gisements avec des procédés manuels, rudimentaires ou non industriels.

1.2.5. Négociants

Il est toute personne physique de nationalité congolaise qui se livre aux opérations d'achat et de vente des substances minérales provenant de l'exploitation conformément aux dispositions du code minier (Loi No 007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier, titre I, chapitre I, section 1, P.33).

1.2.6. Développement

Le terme développement est appliqué à tous les pays de la terre. Ceux-ci se divisent en pays dits développés d'une part et en pays dits sous- développés d'autres parts. Il est précisé aujourd'hui qu'il existe des pays dit émergent. Il s'agit des pays considérés sous-développés, mais réalisant maintenant des oeuvres de grande envergure à la manière des pays dits développés, à la différence que leurs revenus annuels par habitant n'ont pas encore atteint le seuil d'aisance de ces derniers, dans tous les domaines4(*)4. Ce concept chacun, le comprend de sa manière, parfois les uns et les autres comprennent ce dernier à tort et à travers.

Selon BATTEN, le développement est une manière de travailler les gens de telle sorte qu'ils soient stimules à améliorer leur environnement physique et morale par un processus où ils discutent, planifient, organisent et agissent librement par eux-mêmes4(*)5.

D'après J.GAU`FFAUX, le développement est l'ensemble des changements dans les mentalités, les habitudes sociales et les institutions d'une population, qui mettent celle -ci en état d'opérer sa croissance4(*)6.

Pour la Commission Brundtland en 1987, le «  développement » c'est ce que nous faisons tous pour essayer d'améliorer notre sort4(*)7. Il désigne les modalités de l'évolution et du progrès dans toute activité mise en oeuvre par les humains. Il ne doit pas être confondu avec la croissance économique. Celle-ci est habituellement nécessaire ou consécutive au développement mais elle n'est qu'un aspect.

Apres cette série de définitions relative au développement, il est évident que le mot quelque soit le qualificatif attribue, se rapporte toujours au changement, à la transformation, à l'amélioration d'une situation a une autre jugée préférable.

Qu'il soit agricole, social, économique ou autre est fondé sur la croissance de la production. Celle-ci doit toujours être accompagnée d'une transformation des structures mentales et sociale. Ainsi, les hommes appelés à contribuer au développement du pays seront conditionnes a cet effet4(*)8

1.2.7. Développement durable

Il est de nos jours difficile de trouver une personne qui n'aurait jamais entendu parler de développement durable. La genèse du concept développement durable est issue de travaux de la commission Brundtland, l'ancien premier ministre norvégien, qui, en 1983, été chargé par l'assemblée générale des Nations Unies de préparer un rapport sur le développement. Ce rapport, intitulé Notre avenir pour tous, remis en 1987, définit le développement durable comme étant le «  développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs»4(*)9. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

ü le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité.

ü l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

Depuis cette réunion de la commission mondiale sur l'environnement et le développement, « développement durable» est devenu un terme très largement utilisé et connu à l'échelle mondiale. Il est encore définit comme un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. Il est respectueux des ressources naturelles et des écosystèmes, support de vie sur Terre, il garantit l'efficacité économique, sans perdre de vue sur les finalités sociales du développement qui est la lutte contre la pauvreté, les inégalités, l'exclusion et la recherchedel'équité5(*)0.

Toutefois, l'idée principale qui a été entériné au cours de la réunion de 1987 porte sur la nécessité d'intégrer à toutes nos activités les facteurs économiques, sociaux et environnementaux  - en l'occurrence, les « trois piliers », du développement durable - tout en équilibrant. En effet, pour être durable, le développement doit concilier ces trois préoccupations majeures :

ü Le pilier économique concerne l'accroissement de l'efficacité économique ou la croissance économique c'est-a-dire, l'augmentation, grâce, à une exploitation rationnelle et optimale des ressources humaines, naturelles et financières, de la production de bien et services.

ü Le pilier social concerne l'amélioration de l'équité sociale, c'est-a-dire la satisfaction des besoins

essentiels des communautés présentent et futures, et l'amélioration de la qualité de vie.

ü Le pilier écologique enfin concerne le maintien de l'intégrité environnementale, c'est-a- dire la protection de la qualité de l'environnement, la restauration, l'aménagement et la sauvegarde des habitants essentiels aux espèces ainsi que la gestion durable de l'utilisation des populations végétales et animales.

1.2.8. Pauvreté

Le concept pauvreté est un nom féminin qui signifie manque de biens, insuffisance des choses nécessaires à la vie5(*)1. Etre pauvre, c'est ne pas avoir ou recevoir une formation, ou ne pas avoir de terre à cultiver, ne pas pouvoir obtenir de crédit.5(*)2

Pour les êtres humains qu'elle affecte, être pauvre signifie d'abord manque et impuissance : Manque de nourriture, de soins de santé, d'éducation, d'habit, de logement, de travail, d'assurance chômage ou de terre : or, sans terre pour cultiver et vendre des denrées alimentaires, sans argent pour monter une petite affaire ou encore, sans formation, personne ne peut se sortir de la pauvreté. Cela n'a rien à avoir avec la paresse ou une faute quelconque. 5(*)3

1.2.9. Croissance agricole

La croissance agricole est l'augmentation quantitative des productions agricoles d'une manière globale, comme prévu en 2015 selon l'OMD, la croissance agricole a été et restera capitale pour la lutte contre la pauvreté et la faim en Afrique. Pour réduire de manière significative la pauvreté, l'Afrique doit maintenir, élargir et accélérer ses récentes performances en matière de croissance et stimuler ses investissements dans l'agriculture.

1.2.10. Croissance économique

La croissance économique est une augmentation durable de la production globale d'une économie. 5(*)4

Selon ROBERT, la croissance économique d'un pays ou d'une région se définit comme l'augmentation quantitative de la production de bien matériels ou de richesses, réalisée dans une période donnée de temps (normalement pendant une année).5(*)5

Cette dernière permet non seulement de disposer de plus de biens ou de plus de loisirs, mais aussi d'obtenir plus de service ; autrement dit l'avantage de la croissance économique n'est pas que la richesse augmente le bonheur, mais qu'elle élargit pour l'homme le champ de ses options.

1.2.11. Activités agricoles

Est un ensemble des activités liées a la production, la transformation, le stockage, la commercialisation des produits agricoles et alimentaires qu'il s'agisse des produits d'exportation, des petites productions, d'auto-provision ou d'autoconsommation.5(*)6

SECTION 2. PRESENTATION DU DISTRICT DE KOLWEZI

2.1. CARTE POSTALE DU DISTRICT URBANO RURAL DE KOLWEZI

Source:Institut National de Geographie

2.2. SITUATION GEOGRAPHIQUE              

a. Limites territoriales

Le District Urbano-Rural de Kolwezi est situé au Sud-ouest de la ville de Lubumbashi, il est entouré au Nord par le District du Haut Lomami, à l'Ouest par le District de Lualaba, à l'Est par le District du Haut Katanga et au Sud par la République de la Zambie.

b. Coordonnées géographiques

- La latitude : 10° 11

- La longitude : 26° 27

c. Altitude

La ville de KOLWEZI est située sur le plateau de MANIKA à plus ou moins 1.400 et 1445 mètres d'altitude et pluviométrie est de 1.200 mm.

d. Température

La température moyenne est 20°C, elle devient plus basse d'au moins 18°C pendant la saison où il fait terriblement froid et 25°C pendant la saison de pluie. KOLWEZI est situé sur le plateau de MANIKA à plus ou moins 1.400 mètres d'altitude.

e. Superficie : 36.933 Km2 répartie comme suit :

- Commune de Dilala : 154 Km2

- Commune de Manika : 59 Km2

- Territoire de Lubudi : 17.861 Km2

- Territoire de Mutshatsha : 18.859 Km2.

2.3. ASPECTS PHYSIQUES ET GEOLOGIQUES.

a. Le de climat  

Le climat est généralement de type tropical avec alternance de deux saisons dont la saison sèche qui va du mois d'avril au mois d'octobre et la saison des pluies va du mois de Novembre au mois de Mars de chaque année et avec une température qui varie entre 18 et 20°centigrades. 5(*)7.

b. Nature du sol et du sous-sol

Le sol est généralement argilo-sablonneux avec de grandes parties où le sol est sablonneux surtout dans le territoire de Mutshatsha. Retenons encore que le sous-sol du District Urbano-Rural de Kolwezi est riche en gisements miniers (cuivre, cobalt, or, uranium, radium etc.).5(*)8

c. Hydrographie

Cette juridiction est baignée par le fleuve Lualaba et les lacs de retenue de Kando, de N'zilo et de Dikolongo. Les principales rivières sont:

· Territoire de Lubudi: Mpande, Dikuluwe, Dipeta, Kalule nord, Kalule sud.   

· Territoire de Mutshatsha: Mukuleji, Lufupa, Ludi, Musonoi.

d. faune et flore

La ville de Kolwezi se trouve dans le District urbano-rural de Kolwezi, donc elle est entourée de deux Territoires: Le Territoire de Mutshatsha et le Territoire de Lubudi. Plusieurs catégories d'animaux se trouvent dans la brousse, les animaux de grande taille, de petite taille et ceux de taille moyenne.
Les animaux sont gardés généralement dans les parcs nationaux, mais dans le reste de la brousse, ils sont libres et tués sans contrôle ni protection.

La flore est très riche, des gros arbres, des arbustes et plusieurs catégories des fleurs sauvages. Cette flore n'est ni protégée, ni entretenue : les fleures ne présentent aucun intérêt pour l'homme, elles ne sont pas connues par leurs noms propres.

La végétation du District de Kolwezi est beaucoup plus constituée des savanes herbeuses, arborées, des forêts claires et des galeries forestières du type Miyombe.5(*)9

2.4. APERÇU HISTORIQUE

Située dans l'un des riches bassins miniers du Haut-Katanga, la ville de Kolwezi doit son existence à l'exploitation du cuivre et du cobalt par la Générale des Carrières et des Mines (GECAMINES).

Tout a commencé en 1900 quand le Comité Spécial du Katanga « CSK » avait confié la concession au Directeur de la TANGANIKA CONCESSION LIMITED (TCL), monsieur Robert WILLIAM qui avait à cette époque-là des prospections dans l'actuelle Zambie près de la frontière congolaise. Dès 1901, Monsieur Robert WILLIAM envoya au Katanga une mission de prospecteurs conduite par Messieurs GREEY et HOLLAND.

En Août 1903, cette équipe de prospecteurs découvrit une gîte aurifère à Ruwe, aujourd'hui Mutoshi. Cet or fut exploité ainsi que l'étain de Busanga.

En 1906, expira le délai de prospection accordé par la CSK à la TCL. Ainsi, le Roi Léopold II signa un décret en octobre 1906 créant l'UMHK pour mettre en exploitation les gisements miniers découverts par TCL.

A partir de 1919, la prospection prit à Kolwezi un véritable envol, Mutoshi et Musonoie connurent jusqu'en 1929 un développement spectaculaire. Lorsqu'on fait foi au contenu du Dictionnaire de Monsieur BERVEL, on découvrit à la 113éme page que la naissance de cette ville minière de Kolwezi remonte vers les années 1938.

En 1938, le Territoire de Kolwezi fut crée. Ce Territoire dépendait du District de Jadoville (l'actuel Likasi) et était dirigé par un administrateur du Territoire dont le premier Administrateur de Territoire fut VIKINOCK (Bwana MAFUTA).

Le Bureau du Territoire de KOLWEZI était implanté dans le bâtiment de l'actuelle Police (ex-BSRS). Ce Territoire s'étendait jusqu'à DILOLO 59.

Le PV de la réunion du 31/12/1938 nous donne plus de précisions sur l'emplacement et la naissance de cette agglomération.

Le Comité Spécial du KATANGA (CSK), l'Union minière du Haut-Katanga et la Compagnie Foncière du Katanga intéressés à la création d'un centre européen à Kolwezi fixèrent leur choix sur le plateau de Kolwezi qu'ils estimèrent le plus proche du camp indigène de l'Union Minière (aujourd'hui cité Kolwezi) ainsi que de la mine de Musonoie et du concentrateur de Kolwezi. Kolwezi n'a obtenu son statut de ville qu'en date du 23 juillet 1971 par ordonnance N°71-177. Et, en 1976 par ordonnance N°76-299 du 6 octobre 1976 les deux Territoires de Lubudi et de Mutshatsha, qui jadis appartenaient au District de Lualaba ont été rattachés à cette ville. Au départ la ville de Kolwezi était composée de deux communes de Dilala et de Manika. KOLWEZI vient du nom d'une rivière qui tire sa source au niveau de l'actuel aéroport de Kolwezi6(*)0.

2.5. ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET FONCTIONNEMENT

La visée assignée est de dégager dans ce point l'organisation administrative et fonctionnement de la ville de Kolwezi et de spécifier parmi tant d'entités administratives que constitue la province du Katanga

2.6. STRUCTURE ORGANISATIONNELLE

Pour rappel, selon GUERY, J. et all, l'organigramme se définit comme la représentation formalisée des responsabilités réellement exercées et des communications existantes entre les différents niveaux hiérarchiques et secteurs d'activités de l'entreprise6(*)1.

2.6.1. Organigramme de la ville de Kolwezi

MAIRE

MAIRE Adjoint


Chef de Division

Secrétariat

 

2er Bureau

1er Bureau


Comptabilité

 

Protocole

Intendance

Personnel

Légende  : Les lignes verticales représentent le rapport hiérarchique.

: Verticales représentent le rapport de collaboration entre les services.

2.6.2. Le Maire ou Commissaire de District

Nommé par décret du président de la République sur proposition d'un Ministre en charge des affaires intérieures, le maire est placé sous l'autorité hiérarchique du gouverneur de Province .Il statut par voie d'arrêté. Le maire est à la fois représentant du gouverneur et autorité locale. A ce titre, il assume la responsabilité du bon fonctionnement des services publics de l'Etat en ville et de la bonne marche de sa juridiction .Sans préjudice des attributions spécifiques qui lui sont conférées par des prétextes particuliers, le maire:

o Vieille à l'exécution des lois, des règlements et des décisions de l'autorité supérieure ;

o Veille au maintien de l'ordre public dans la ville. A cet effet, il dispose des unités de la police nationale affectées à la ville et exerce sur celle - ci le pouvoir disciplinaire. Il peut, les cas échéants requérir les forces armées congolaises après avis de l'autorité supérieure;

o Assure l'accomplissement de tâches d'intérêt général.

En dehors de ces attributions précitées, le maire est généralement charger de :

o Préparer et proposer à  l'autorité provinciale le budget de la ville, le projet de crédit supplémentaire et de virement de crédit ;

o Soumettre au gouverneur de province les comptes de crédit et des dépenses de la ville ;

o Publier et identifier les décisions du gouverneur et de la ville ;

o Diriger le service de la ville ;

o Exécuter le plan d'urbanisation de la ville ;

o Diriger les travaux à exécuter au frais de la ville.

NB: Les attributions conférées au maire s'appliquent également au maire Adjoint et au chef des

Divisions urbaines par délégation du pouvoir.

En cas, d'urgence le maire peut prendre des règlements de police et les sanctionner des peines de servitudes pénales ne dépassent pas sept jours. Ces règlements doivent être immédiatement communiqués au gouverneur.

2.6.3. Modalité de répartition des compétences :

Le partage des compétences entre le pouvoir central et le pouvoir local est déterminé par la loi. Il ne peut y être dérogé qu' en vertu d'une loi .Toutes les questions ayant trait à la politique générale du pays et à la souveraineté nationale, relève de la compétence du pouvoir central .Il s'agit notamment des matières telles que :

ü la justice

ü la défense nationale.

ü la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat

ü la politique de la construction nationale

ü la politique commerciale.

Le pouvoir central a le privilège de repartir les compétences en différentes matières dans les entités administratives décentralisées .D'ou l'octroi au maire qui est une autorité locale, la compétence en certaines matières notamment économiques, politico - administrative, travaux publics et aménagement du territoire transport et communication.

a. Répartition des compétences en matière politico-administrative

- Le maire veille au maintien de l'ordre public en son entité .Il coordonne les activités des différents services de l'Etat installés dans son entité et veille à leur fonctionnement optimal ;

- L'autorité locale exerce sur le personnel de carrière de service public de l'Etat le pouvoir disciplinaire .Conformément aux dispositions légales et réglementaires ;

- Elle a un droit de regard sur les cadres et agents des organismes Etatiques et paraétatiques ;

- Elle peut, pour l'exécution à bon escient des travaux d'intérêt local, réquisitionner conformément à la loi, les services des organismes de l'Etat installés dans sont ressort ;

- L'autorité dispose conformément à l'article 13 du décret constitutionnel n° 003 du 27 Mai 1997 relatif à l'organisation et à l'exercice du pouvoir en R.D.C des services spécialisés affectés en sa juridiction tels que : la police nationale, la direction générale de migrations(D.G.M), la Direction des Recettes Administratives et Démoniales (DGRAD), ainsi que les agents de l'agence nationale de renseignement (A.N.R). Elle a sur ces derniers le droit de regard et d'injonction. En cas de manquement dans le chef de responsables de ces services spécialisés, l'autorité locale arrête des mesures conservatrices à leurs égards et en informant les autorités hiérarchiques ;

- Le maire a droit à l'information sur le fonctionnement des organes de la justice et de services judiciaires oeuvrant dans sa circonscription, il peut demander par écrit ou verbalement de parquet de sa juridiction ;

- L'autorité locale veille au bon comportement des  éléments des forces armées congolaises installées dans sa juridiction, circonscription et adresse un rapport contingentialisé à la hiérarchie. Le gouvernement en est tenu informé.

b. Répartition de compétence en matière économique

1°. La fixation de prix est de la compétence du ressort du maire :

Ø l'établissement des tarifs des transports en commun, notamment : taxi, taxi bus  etc.

Ø la fixation de tarif de vente d'eau potable en des localités non alimentées par la REGIDESO ;

Ø fixation de tarifs d'électricité d'origine thermique pour les consommations au-delà des heures déterminées par le gouvernement ;

Ø la fixation des prix aux pompes funèbres et des corbillards.

2°. Contrôle de prix

§ le contrôle du respect de la législation et de la réglementation économique,

§ dans le domaine du commerce de gros et de détail, les enquêtes économiques et les contrôle à posteriori des prix,

§ la vérification des poids et mesure.

c. Répartition de compétence en matière de travaux publics ou l'aménagement du territoire

Le maire a pour mission :

Ø d'exécuter des plans d'aménagement,

Ø de délivrer des autorisations de bâtir après avis de la commission chargée de statuer sur les sollicitations y afférentes à cet effet.

d. Répartition de la compétence en matière de transport et communication

L'autorité locale est tenue de :

ü la délivrance des autorisations de transport des personnes ainsi que le contrôle

ü la fixation des itinéraires et horaire de transport

ü l'organisation de parkings

ü la numérotation de taxis

ü l'homologation des garages et des auto-écoles.

2.6.3. 1. Le Maire adjoint ou Commissaire de District Adjoint

Il est le contrôleur, le coordonnateur des toutes les activités financières, budgétaires et économiques de l'entité. Il vient après le maire dans la hiérarchisation et la signature peut lui être léguée en cas d'empêchement du maire. Il travail en collaboration avec son chef enfin de maintenir l'harmonie de l'administration. Il collabore avec le chargé des affaires sociales qui constitue toutes les ramifications de la population de la ville, il organise donc tous les mouvements de la ville. Il veille à l'approvisionnement et prépare le tableau de bord de dépenses. Il s'occupe de l'inventaire des besoins et des ressources par secteur d'activités.

2.6.3.2. Le chef de divisions urbaine

Il est un haut fonctionnaire de l'Etat. Il est l'administrateur n°1 et le plus sédentaire de la ville, le plus ancien. Il s'occupe du secrétariat urbain et coordonne les services de l'Etat. Il est donc le centraliste de toute l'administration :

· Il contrôle les caisses administratives des communes

· examine le rapport trimestriel, semestriel et annuel d'évaluation des communes

· Supervise les services urbains du protocole d'Etat

· Maintient et entretient les bâtiments civils de la ville ;

· Veille à la réception, distribution, dactylographie et expédition du courrier et au Classement des correspondances,

· Contrôle le personnel subalterne

· Prépare le bulletin des signalements des agents

· Prépare les dossiers disciplinaires à soumettre au maire 

· Veille aux enseignements de service et à l'orientation du public

· Les services du personnel sous contrat et sous statut

· Le secrétariat et presse

· Les services du protocole, intendance et maintenance, s'occupent de la régulation des audiences auprès de l'autorité urbaine et du maintien de patrimoine de la ville.

2.6.3.3. Chef du premier bureau

- Il est le receveur urbain. C'est le premier bureau qui est le poumon financier de l'appareil administratif de la Mairie ;

- Il coordonne et supervise toutes les activités de la comptabilité du personnel, de l'administration de la ville.

2.6.3.4. Chef du deuxième bureau

Ce bureau est chargé de l'analyse et commentaire de tous les documents émanant des communes. C'est donc lui qui gère les communes (territoire). Il a sous son contrôle les sections suivantes :

- Tutelle: c'est la tutelle des actes et des personnes. Elle étudie et analyse différentes décisions prises par les communes (territoire) et les services techniques. Elle gère les dossiers des membres délibérants, conseil des communes. Elle traite les problèmes ayant trait aux autorités politico administratives (bourgmestre ou Administrateur de territoire, chef secteur, chef de quartiers) ;

- Inhumation : est chargée de la délivrance des certificats de décès, entretien des cimetières, de la morgue ;

- Dactylographie

- armes : s'occupe de la délivrance de permis de port d'armes du recensement et enregistrement des armes à feu, de chasse ou de guerre.

2.6.3.5. Chefs de services urbains

2.6.3.6. Le Secrétariat

Dépend du chef de division urbaine et s'occupe de la rédaction des lettres officielles de la Mairie.

2.6.3.7. Le Protocole

Sous la dépendance du 1er Bureau s'occupe des relations publiques, de l'accueil des différentes autorités, des visiteurs, des cérémonies officielles.

2.6.3.8. La Comptabilité

Sous la dépendance du chef du 1er Bureau, s'occupe de la tenue de la caisse et des documents comptables de la ville. Elle est dirigée par le receveur urbain secondé par le percepteur principal et par les percepteurs secondaires.

2.6.3.9. L'Intendance

S'occupe de la restauration de la résidence officielle et du ravitaillement des militaires de garde de la résidence officielle et du bureau de la Mairie.

2.6.3.10. La section du personnel

Celle-ci est sous la dépendance du chef du 1er Bureau, s'occupe de la gestion des dossiers du personnel oeuvrant à la Mairie.

Conformément à l'ordonnance N°076-299 du 6 octobre 1976, Kolwezi est une entité hybride c'est-dire urbano-rurale ayant deux communes (MANIKA et DILALA) et deux territoires (LUBUDI et MUTSHATSHA). Le district de Kolwezi est subdivisé en 2 de deux territoires, 2 communes, 28 quartiers, 3 cités, 4 chefferies, 3 secteurs, 22 groupements et 458 Villages6(*)2.

Tableau N°1 : Répartition des communes, quartiers, cités, chefferies, secteurs, groupements, quartiers et village du District Urbano rural de Kolwezi par ETD

Entités

Quartiers

Cités

Chefferies

Secteurs

Groupement

Villages

 

01

Commune DILALA

6

-

-

-

-

-

 

02

Commune MANIKA

8

-

-

-

-

-

 

03

Territoire de LUBUDI

11

2

4

-

13

117

 

04

Territoire de

MUTSHATSHA

3

1

-

3

9

316

 
 

TOTAL

28

3

4

3

22

433

 

Source : Rapport de l'Inspection Provinciale de l'AGRIPEL/ Katanga

2.7. GESTION DE L'ENTITE

En rétrospective, voici le tableau reprenant les noms de différentes autorités qui se sont succédées à la tête de la ville de Kolwezi depuis l'obtention de son statut de ville, selon le rapport annuel, exercice 2005, de la Mairie de Kolwezi.    

Tableau n°2: Répartition des différents Responsables politico-administratifs de la ville de Kolwezi

NOM ET POST-NOM

APPELATION

PERIODE

01

ALEMO LONGWAMA

Commissaire sous/regional

1973-1976

02

MABADIKA NTONTILA MASAMBA

« 

1976-1978

03

SALUMU AMISI

« 

03/1978-02/05/78

04

Colonel INKASA IKPA ISHONGO

« 

24/05/78-31/01/79

05

ISSA WA NTUMBA MAYANGA

« 

31/01/79-06/08/80

06

MAZANGU MBUILU

Commissaire urbain

07/08/80-09/11/84

07

UNGU NGANDU

« 

23/11/84-06/06/86

08

FAITI WA MWANA NGOY

Commissaire urbain a.i.

06/06/86-06/09/86

09

LUFUNISABO BUNDOKI

Commissaire urbain

06/08/86-03/03/87

10

IPOLI A ZEBO

« 

03/02/87-02/90

11

MUTONJI MAYAND

Commissaire urbain a.i.

02/90-11/12/91

12

KAPANDILA KASONGO

Commissaire urbain

11/12/91-03/92

13

KAMWANYA KAPOLOWE

Commissaire urbain a.i.

03/92-04/92

14

TSHIAMB A MUTUND

Commissaire urbain

04/92-11/92

15

MOJ - A - KAPASU

« 

11/92-03/94

16

BANZA MIZIBU KALENGE

Commissaire urbain

03/94-13/07/95

17

BWEREVU MANDA

« 

13/7/95-21/05/97

18

Dr. Adrien NAWEJI- A - CHIKWAND

Maire de la Ville

21/05/97-26/08/02

19

Honorable KATSHONGO MBAVU Paulin

« 

26/08/02-20/09/04

20

Christian BUSINDE SHAMANYE

Maire de la Vile a.i.

20/09/04-18/07/05

21

Euvrard-Claude MUMBA KAMUSAKE

Maire de la Ville

18/07/05-06/01/07

22

Christian BUSINDE SHAMANYE

Maire de la Ville a.i.

06/01/07-10/10/08

23

Madame Charlotte CIME JINGA

Maire de la Ville

10/10/08 à ce jour

Source : www.congomiroir.net/index

Actuellement, le tableau le montre, la ville de Kolwezi est dirigée par Madame Charlotte CIME JINGA, désignée par Ordonnance n°08/055 du 24 septembre 2008 portant nomination des Maires et des Maires Adjoints des villes.

2.8. ETHNIES IMPORTANTES

La ville de Kolwezi est proprement dite cosmopolite par ce que beaucoup de tribus y habitent ; cependant les tribus locale ou autochtones sont : les Sanga, les Ndembo, les Tshokwe, les Lunda, les Minungu, les Kaonde, les Luvale. Ce groupe s'appelle G7 du District de Kolwezi et du Lualaba.

Les anciens gouvernements nommaient à la tête de la Mairie, un Maire de la ville issu de toutes les autres ethnies du peuple congolais dans son ensemble. Les ethnies originaires de ce territoire, ont constaté que les autres ethnies avaient toujours tendance à dire que : « si nous sommes à la tête de la Mairie, c'est pour chercher à nous enrichir, et non bâtir pour les originaires ». Ces idées, ont poussé les originaires a ne plus accepter les non -originaires diriger leur district. Cette revendication est acceptée et est appliquée par tout dans notre pays. Mais, cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas trouver les non-originaires à la hiérarchie supérieure de la Mairie, il y en a qui travaillent comme des adjoints, pourvue qu'il soit congolais qui méritent.

Aucune ethnie n'est supérieure à l'autre, ni celle qui est privilégiée par rapport aux autres : qu'ils soient originaires ou non ; il faut travailler, faire des efforts nécessaires pour avoir telles ou telles fonctions. Les idées de séparation par ethnies sont déjà passées, et le peuple a constaté que seul l'homme politique bénéficie de tous les bienfaits du pouvoir et de ces fonctions. Personne ne profite à cause du candidat auquel il a donné le pouvoir, lors des élections ou lors de la nomination. Surtout, les intellectuels luttent contre le pouvoir dans l'ethnie : il faut un dirigeant valable pour tous. Mais, les dirigeants politiciens préfèrent avoir le pouvoir en divisant le peuple qui est déjà affaibli par la misère.

2.9. SITUATION DEMOGRAPHIQUE

Selon le rapport de l'INS Katanga, le District urbano-rural de Kolwezi à une population qui s'élève a 1.080.180 âmes. Cette population est repartie dans les différentes entités qui composent le District de la manière suivante6(*)3 :

Tableau n°3: Répartition des populations du District Urbano-Rural de Kolwezi/entité et par sexe

ENTITE

HOMMES

FEMMES

TOTAL

MUTSHATSHA

123.773

124.927

248.700

LUBUDI

130.049

128.513

258.562

VILLE (Commune de Manika et de Dilala).

292.792

280.126

572.918

TOTAL

546.664

533.566

1.080.180

Source : INS Katanga

La densité moyenne est de 15 habitants au Km2

2.10. SITUATION ECONOMIQUE

Dans le district, les activités économiques importantes sont industrielles et minières exercées par un certain nombre d'entreprises ainsi que l'exploitation artisanale des substances minérales.

Voyons d'abord les principales ressources économiques de la ville de Kolwezi il n'est pas nécessaire de citer les ressources que la nature a donné au district de Kolwezi mais, nous voulons parler simplement des activités économiques. Les activités économiques sont fonctions du milieu. Les entités urbaines sont à vocation minière. Les principales activités économiques sont: activités industrielles (Extraction des minerais : le cuivre, le cobalt, le zinc, le manganèse et tout autres minerais qui ne sont pas citées ici par la Générale des Carrière et des Mines (GCM). Cette dernière fonctionne aujourd'hui au ralenti sans production. La société possède, des mines à ciel ouvert, des mines souterraines, des concentrateurs, des ateliers mécaniques, des usines, des écoles, des hôpitaux. Dans toutes ces infrastructures, travaillaient plusieurs personnes. Ce personnel était composé des nationaux et des expatriés venant de l'Europe ou de l'Afrique. Aujourd'hui suite a la décadence de la GCM a suscité l'implantation des autres entreprises comme FOREST, SWANEPOOL, DEMOURRA, SOTRACO, SOCOCOT, CHEMAF pour citer celles - la.

Dans le Territoire de LUBUDI, on y trouve les activités industrielles, minières, agro-pastorales ainsi que l'exploitation artisanale de l'hétérogénite et autres substances minérales.

Et dans le Territoire de MUTSHATSHA, nous y trouvons les activités agro-pastorales et l'exploitation artisanale d'hétérogénéité et des substances minérales.

CHAP II. ESQUISSE SUR L'EXPLOITATION MINIERE ARTISANALE ET LA PRODUCTION AGRICOLE.

SECTION I. APPERCU SUR L'EXPLOITATION MINIERE ARTISANALE AU KATANGA.

1.1. GENESE ET HISTORIQUE DE L'EXPLOITATION MINIERE ET ARTISANALE AU

KATANGA·

L'exploitation artisanale est une pratique universelle· Au Katanga, elle existe avant le 19e siècle pour produire du cuivre et du fer (mangeurs de cuivre). Les prospecteurs de la Tanganyika Concession Limited (TCL-fin du 19e siècle) et le comité spécial du Katanga (CSK-début 20e siècle) se servaient des fouilles pour localiser les premiers gisements.

En 1970-1980: se fut l'officialisation de l'exploitation des métaux précieux et semi-précieux comme: l'Or-diamant au Nord et à l'Est du Congo et au Kasaï et l'Or-malachite au Katanga.

En 1997 : Dans la recherche de solution de survie, introduction du hand-picking (Prendre avec les mains) comme opération minière à Luiswishi et sur d'autres sites

L'année 1998 coïncide avec l'année de la généralisation de la procédure par le ministère (officiellement sur les gisements non concédés).

En 1999, à la suite de la rencontre du ministre des mines avec les exploitants miniers artisanaux à Lubumbashi qui avait pour objet de voir les exploitants se constituer en coopération afin de devenir des interlocuteurs valables dans le secteur artisanal et créer une classe moyenne au KATANGA que la lettre N°0365/cab. mines/FKL/HMK/MN/99 du 29 février 1999 approuvant la naissance de l'EMAK (association des exploitants miniers artisanaux du KATANGA) dont la mission :

- Encadrer les artisans, les négociants ainsi que les creuseurs oeuvrant dans l'espace katangais ;

- Constituer des brigades de sécurité pour veiller à ce que l'exploitation artisanale se réalise dans l'ordre, la discipline et surtout dans le respect des prescriptions de l'arrêté portant réglementation de l'exploitation artisanale et commercialisation de la malachite, de l'hétérogénéité et de la cassitérite et leurs accompagnateurs.

En 2002: Réglementation par la nouvelle loi minière (nouveau code minier)

En 2003 fut promulgué le décret N°047-c/2003 portant création et statuts d'un service public dénommé Service d'Assistance et d'Encadrement du Small Scale Mining ou production minière à petite échelle.

1.2. CARTOGRAPHIE DES SITES D'EXPLOITATION MINIERE (SITES MINIERS)

Le district de Kolwezi dispose des sites d'exploitation minière suivants où, l'on peut retrouver les artisanaux miniers :

Tableau n°4: Répartition de sites d'exploitation minière artisanale par axe dans le District de

Kolwezi

AXES

AXE VILLE

AXE MUSONOIE

AXE

KAPATA

AXE

UZK

AXE MUTOSHI

AXE KAZEMBE LUKWESA

AXE KAWAMA

AXE MUSHIMA

SITES D'EXPLOITATION

BRIDON

MUSONOIE

KAMILOMBE

KANANGA

RUWE MESS

PLAINE

KALUMBWE

KALONGO

KANINA

PARK A HUILE

DIKULWE

MENUISERIE

MUTOSHI

TWILIZEMBE

GOMA

 
 
 

FELCO

GH

CHETANI

TEMBO

KINSHASA

 
 
 

MATALA

I & II

 

L'EAU VERTEE

 
 
 

Source: Enquête sur terrain

1.3. MODES D'EXPLOITATION MINIERE ARTISANALE AU KATANGA/KOLWEZI

On peut distinguer deux modes d'exploitation, à savoir: l'exploitation à ciel ouvert et l'exploitation souterraine.

Dans certains cas, on peut aussi distinguer dans une première phase près des affleurements, procéder à ciel ouvert, et en profondeur, l'exploitation se fait en souterrain. La limite de cette exploitation à ciel ouvert se détermine essentiellement sur des bases technico-économiques. A priori, on choisira la technique la moins chère en coûts de revient.

1.3.1. L'exploitation à ciel ouvert

L'exploitation à ciel ouvert peut se définir comme étant toute exploitation qui met à nu le gisement à exploiter en enlevant les terrains de couverture et extraire ensuite le minerai.

Donc, dans ce type d'exploitation, appelé aussi découverte, tous les terrains stériles qui recouvrent les substances à exploiter sont enlevés, permettant ainsi un accès facile à celle-ci.

Dans ces types d'exploitation, l'on peut distinguer deux phases:

- La phase de décapage ou de découverture,

- La phase d'extraction des minerais.

Ces deux opérations sont, le plus souvent effectuées simultanément sur les chantiers. Ce type d'exploitation présentent du point de vue sécurité, des avantages certains sur l'exploitation souterraine. Par contre, il peut se poser de gros problèmes d'environnement. Ici, cette exploitation se fait sur des gradins à front vertical. On met en place une mine à ciel ouvert lorsque le minerai se trouve relativement proche de la surface.

1.3.2. L'exploitation souterraine

L'exploitation souterraine est un mode utilisé pour les gisements en profondeur, c'est-à-dire pour les minéralisations se trouvant à plus d'une dizaine de mètres de profondeur. Le choix d'une méthode d'exploitation souterraine dépend de plusieurs facteurs, notamment:

- La forme du gîte (régulière ou irrégulière) ;

- La dimension du gîte ;

- Les conditions du gisement ;

- Les propriétés du minerai et de gangues ;

- La répartition des minéraux de valeur qui conditionne le choix entre une exploitation sélective ou une exploitation globale.

Lors de l'exploitation, le champ minier peut être partagé en étapes, par soutènements ou non. Dans les mines souterraines, il faut veiller à l'exhaure, l'éclairage, l'aérage, le soutènement pour la sécurité et la santé des travailleurs. Il convient donc de noter que l'exploitation minière artisanale peut se faire à ciel ouvert ou en souterrain.

1.4. METHODES, TECHNIQUES ET OUTILS D'EXPLOITATION ET DE TRAITEMENT UTILISES PAR LES EXPLOITANTS MINIERS ARTISANAUX A KOLWEZI

1.4.1. Outils d'exploitation

Les artisans miniers exploitent toute forme d'occurrence rentable et techniquement accessible, donc relativement peu profonde. Ils s'intéressent préférentiellement aux gîtes détritiques de type « placer » (alluvionnaire ou éluvionnaire) mais également à la partie super gène des gîtes primaires (latérite, saprolite, zone oxydée). Ces exploitations se caractérisent encore aujourd'hui par des méthodes d'extraction et de traitement rudimentaires, et des outils très simples tels que: les pelles, les pics, les pioches, les seaux, les calebasses, les pièces métalliques diverses, les bouteilles de gaz sciées, etc.... Ces équipements sommaires traduisent parfaitement la faiblesse des moyens matériels.

A l'exception de la motopompe de plus en plus prise pour le dénoyage des puits, les postes mécanisés restent très limités (rares concasseurs, broyeurs, ou jigs fabriqués localement). L'intervention d'engins lourds pour le décapage du stérile est très exceptionnelle. La précarité des moyens et les carences techniques conduisent fréquemment à un dramatique écrémage des gisements et donc à un fort manque à gagner pour les mineurs.

La production artisanale sur un site ne concerne pratiquement plus jamais de la moitié des réserves potentielles. Les pertes se cumulent progressivement et étape après étape pour devenir vite considérable. Dans le cas de l'or, elles atteignent probablement 75 % du stock métal pour un gisement alluvionnaire et 90 % pour un gisement de type filonien. Les rendements n'excèdent que rarement 2 à 3 m3/homme/jour et chutent à moins de 0,1 m3/h/j pour des manipulations plus lourdes comme le broyage d'un quart par pilonnage manuel. Certains sites peuvent bien sûr se prêter à une reprise ultérieure plus rationnelle de l'exploitation.

Toutefois, il sied de signaler que dans la grande majorité des cas, si le gisement a été irrémédiablement condamné par une première phase de travaux tout à fait technique, il est bel et bien perdu. Ainsi, pour une production artisanale de 3 tonnes d'or par an, les pertes induites par les méthodes traditionnelles pourraient s'élever à près de 10 tonnes, soit l'équivalent d'environ 22 millions de $US. Si l'introduction progressive d'un minimum de technologie apparaît incontournable pour améliorer la production, il est clair qu'une mécanisation « sauvage » et non raisonnée comme celle qui prévaut aujourd'hui sur certains chantiers n'est pas bénéfique. Elle ne va généralement pas dans le sens d'une meilleure productivité, et sûrement pas dans le sens d'une augmentation de revenus pour le mineur, cela pour deux types de raisons :

- Organisationnelles: ici, il n'y a pas de plans de production et donc, le matériel mis à la disposition des artisans n'est souvent pas adapté aux rendements exigés. L'utilisation de ce matériel est souvent trop individualiste, peu rationnelle et rarement optimisée;

- Economiques: avec son «petit dollar» de recette journalière, l'artisan n'a évidemment pas de moyens d'investir dans l'équipement lourd.

Les problèmes les plus cruciaux sont dus au fait que les travaux préliminaires de prospection sont rares, voire inexistants. Ils se résument dans la plupart des cas à quelques tests de lavage des graviers récoltés dans les rivières. A l'exception de quelques filons repérés au hasard d'un affleurement, ce sont en général les puits d'exploitation qui permettent par empirisme la localisation de nouvelles zones riches. Ceci entraîne deux types de conséquences:

- Les artisans exploitent un site sans le connaître et ne peuvent donc jamais passer par une démarche d'investissement;

- Les vraies découvertes sont donc peu nombreux, les artisans reviennent régulièrement sur les mêmes sites qui s'appauvrissent et s'approfondissent.

1.4.2. Techniques et méthodes d'exploitation

Les techniques d'exploitation, malgré l'organisation sur les sites restent éminemment non rationnelles. Rares sont les gisements exploités de manière logique avec pré-découpage en panneaux. Les chantiers alluvionnaires ne représentent pratiquement jamais de front de taille unique avec progression d'aval en amont. Pour l'exploitation des gîtes filoniens, la technique consiste à foncer des puits verticaux qui sont habituellement implantés sur indication des Tombolomas. Le mode d'exploitation historique dans ces mines est lui-même tout à fait remarquable. Il se caractérise par un alignement presque parfait de petits puits circulaires verticaux foncés dans le stérile. La couche minéralisée est ensuite dépliée en profondeur et l'accès au filon s'effectue ensuite par un système de galeries latérales rayonnantes, parfois longues de plusieurs centaines de mètres.

Cette méthode permet d'obtenir des teneurs à l'excavé tout à fait intéressantes pour des placers relativement pauvres. Ces exploitations représentent déjà de véritables petites mines, utilisant parfois des techniques de boisement et de soutènement. Le stérile est souvent rejeté sur des surfaces non encore exploitées ou dans les puits voisins. Il en résulte un dépilage très incomplet de la couche minéralisée. Les exploitations filoniennes sont souvent profondes dépassant le niveau de la nappe phréatique. Les exploitations sont alors bien entendues confrontées des problèmes d'exhaure. En effet, La maîtrise de l'eau est un problème essentiel pour les artisans depuis toujours. Ceux-ci se heurtent soit à une exhaure insuffisante pour l'extraction du minerai, soit à une pénurie d'eau lors des phases de traitement.

1.4.3. Méthodes de traitement

Les méthodes de traitement sont toujours frustes, élaborées avec des moyens de fortune. Les récupérations s'avèrent souvent mauvaises et les produits finaux de qualité commerciale sont médiocres. Lorsqu'il n'est pas mécanisé, le traitement reste traditionnellement le domaine des femmes, du fait que:

- Le broyage du minerai quartzeux, encore largement réalisé manuellement, représente l'activité majeure de la plupart des chantiers d'exploitation d'or filonien. Cette opération, de loin la plus lourde du traitement, est généralement effectuée dans les ateliers très insalubres, saturés en poussière de silice;

- Le quartz aurifère est classiquement concassé dans des bouteilles de gaz sciées puis pilonné à la barre d'acier avant d'être si nécessaire laminé sur des meules de pierre. Les rendements au broyage sont très faibles et rarement supérieur à 50 kg/homme/jour.

- Sans connaissance de la maille de libération de l'or, le broyage est réalisé de manière totalement aveugle, par étapes successives, jusqu'à épuisement apparent de la poudre minéralisée. Une grande quantité d'or fin non libéré de sa gangue est en fait perdue. Les pertes induites par les opérations de broyage sont probablement comprises entre 10 et 30% du stock métal suivant la nature du minerai. Certains chantiers de Kéniéba sont parfois équipés de petits engins de broyage, typiquement des broyeurs à céréales transformés en broyeurs à meule. Les marteaux d'origine sont remplacés par des disques métalliques rainurés. Ces machines, bien que peu performantes, permettent toutefois d'augmenter de façon significative la productivité jusqu'à 200kg/heure ;

- La concentration des minerais aurifères (graviers ou filon broyé) est systématiquement réalisée de façon manuelle par gravimétrie. Les produits argileux sont préalablement débourbés, le plus souvent par malaxage dans des calebasses ou dans des bassines.

1.5. Les conditions de travail des exploitants miniers artisanaux

En plus de leur vulnérabilité financière, les creuseurs artisanaux du Katanga travaillent dans des conditions difficiles, sans vêtements ni équipements de protection, et sans formation dans ce domaine. Des dizaines de creuseurs meurent chaque année à la suite d'accidents qui auraient pu être évités, le cas le plus fréquent étant lorsqu'ils se retrouvent bloqués à la suite de l'éboulement d'un puits de mine. Personne ne mène d'enquête sur ces morts ou sur le bien être des creuseurs artisanaux, ni n'en assume la responsabilité. Pourtant, les creuseurs, qui n'ont que très peu d'alternatives pour assurer leur subsistance, continuent de s'exposer à ces risques.

Même si on ne connaît pas leurs nombres, des enfants (garçons et filles) travaillent dans de nombreux sites à Kolwezi. Les mineurs créent en général des villages spontanés à proximité des sites d'extraction; ils s'abritent dans des huttes de branchages et de paille qui ne présentent aucune commodité et ne les protègent guère contre les intempéries. Ces abris sont dépourvus de toute infrastructure hygiénique et sont particulièrement exposés aux incendies. Les sites d'extraction sont souvent isolés en brousse et ne disposent pas de centre de santé ou du personnel médical. Les blessés et les malades doivent parcourir de longues distances dans des conditions difficiles pour rejoindre un centre de soins. Pour « se donner du courage », les orpailleurs, jeunes et adultes, consomment de l'alcool, des amphétamines, des stupéfiants ou inhalent parfois de la colle.

Par ailleurs, l'afflux massif de populations diverses sur les sites, dû à l'appétit d'un enrichissement facile et rapide, entraîne une dégradation rapide des moeurs sur certains sites. C'est ainsi que la prostitution, l'usage de stupéfiants, la délinquance, l'escroquerie, le banditisme et même la criminalité, ont tendance à s'y développer. Comme précédemment signalé, les conditions de travail pénibles, constituent des facteurs de risques favorables à la propagation et à la prolifération des maladies dans les sites miniers.

Les risques sanitaires sont grands pour ces enfants qui sont affectés pendant plusieurs heures par jour au pilage et au lavage du minerai. De part la présence de leurs mères sur les sites, les bébés sont exposés dès leur plus jeune âge à la poussière et au bruit des pilons. Parmi les risques physiques et les contraintes auxquels les enfants sont exposés sur les sites miniers, on notera :

Ø les affections pulmonaires et la silicose, dues aux fines poussières ;

Ø les risques de surdité par le bruit permanent du pilon ou du marteau ;

Ø la fatigue et les efforts intenses pour écraser et broyer le minerai ;

Ø les risques de blessures par les éclats de pierre dans les yeux ;

Ø les affections oculaires et dermatologiques diverses.

Ø La prostitution infantile.

La précarité de la situation alimentaire des enfants constitue un autre facteur de risque sur les sites miniers. En effet, dans de nombreux cas, les mineurs ne mangent qu'un léger petit-déjeuner le matin avant de partir sur les sites ; le repas de midi en général insuffisant et de qualité très médiocre ne suffit pas pour compenser les besoins énergétiques de la journée.

Par ailleurs, au niveau éducatif, la déperdition scolaire caractérise les sites miniers et les enfants sont les premières victimes de la fièvre de l'or. En général, les enfants qui vivent dans les villages miniers ne vont pas à l'école et les rares structures éducatives autour des sites sont souvent désertées et vidées par la folie de l'or. Les sites étant rarement permanents, les groupes de mineurs migrent très rapidement vers d'autres sites, au gré de nouvelles découvertes ou de rumeurs. Les enfants abandonnent ainsi l'école car sont souvent contraints de travailler avec leurs parents qui les amènent avec eux sur les sites. Dans d'autres cas, les enfants décident eux mêmes de quitter l'école pour tenter leur chance comme leurs amis qui grâce à l'or, ont pu s'acheter un vélo ou une radio. Quand ils ne travaillent pas, les enfants sont abandonnés à eux-mêmes par leurs parents qui passent tout leur temps à chercher les minerais. La fragilisation et la perturbation des structures et de l'autorité familiales caractérisent les sites miniers. Dans ces conditions, les enfants souffrent et vivent dans une ambiance familiale perturbée par les disputes, l'alcoolisme et la violence des parents.

SECTION 2 : IMPACT DE L'EXPLOITATION MINIERE ARTISANALE SUR LES POPULATIONS DU DISTRICT URBANO-RURAL DE KOLWEZI.

2.1. Sur le plan politique

Hiérarchiquement ces carrières sont placées sous l'autorité directe de l'inspecteur minier du district. Dans ces carrières « sites» c'est un autre « Etat » qui naît dans un Etat. Il a son gouvernement, son armée et sa police judiciaire propres. Malgré qu'il ait son gouvernement, l'exploitation minière artisanale dans le district de Kolwezi n'est pas organisée conformément au code minier, car les exploitants ne sont pas encadrés, n'ont pas des cartes d'exploitants artisanaux comme prescrit dans le code minier.

2.2. Sur le plan économique

§ Fournit souvent le seul moyen d'obtenir un revenu pour des millions d'africains pauvres vivant en milieu rural ;

§ Travail convenable pouvoir d'achat local, mène à des inputs de source locale (nourriture, équipement, logement & outils).

§ Faible profitabilité par notre réseau économique dû au non rapatriement des 40% du chiffre d'affaires. Evasion fiscale dû aux processus de commercialisation des produits (du creuseur au négociant, du négociant aux exportateurs et/ou fondeurs). Fiscalité appliquée défavorable par rapport à une exploitation minière industrielle7(*)5.

La concurrence ne règne pas sur le marché. En effet, l'exploitant se positionne en situation de monopsone pour l'achat des matières précieuses et en situation de monopole pour la vente des produits de première nécessité (cigarettes, piles, savon, mercure, riz, huile) ce qui limite les activités commerciales féminines dans ce milieu. Tout autre circuit commercial apparaît illicite et est sanctionné. L'économie y est dominée par la propriété privée de l'exploitant qui dicte non seulement le prix auquel il achète les MP, mais aussi, le prix de vente de tous autres articles de première nécessité7(*)6. La « fiscalité » et les amendes lui sont dues respectivement par ceux qui y vivent et les coupables des infractions arrêtées par sa brigade de police judiciaire (sorcellerie, fétichisme, vol, adultère, prostitution, fraude, détention d'une somme importante, etc.)7(*)7

Malgré son large éventail de problèmes et de difficultés, l'exploitation minière artisanale est l'un des moyens de subsistance les plus importants en RDC en générale et dans le district de Kolwezi en particulier du point de vue du secteur minier, elle aurait un rôle potentiellement important à jouer dans l'économie du pays et de la société si ses pratiques, sa réglementation et son impact pouvaient être améliorés. Réglementée de manière à garantir sa sécurité, l'exploitation minière artisanale a un rôle légitime à jouer dans une approche globale et diversifiée du secteur minier en RDC, car elle permet d'exploiter des ressources sous industrielles, elle optimise les possibilités d'emploi sur un marché national de l'emploi déficient, elle atténue les effets négatifs potentiels de la transition vers une industrie minière plus robuste et elle confère aux autochtones la propriété et la prise de décision dans l'extraction des ressources.

2.3. Sur le plan social

Quoique l'activité minière puisse avoir des impacts sociaux positifs il ne faut pas nier qu'elle a aussi des impacts négatifs non négligeables. Les paysans pratiquent l'exploitation minière artisanale pour constituer un complément de ressource pour des revenus agricoles en baisse mais elle peut engendrer la destruction du milieu social.

C'est le cas des ruées où un déferlement humain envahit en un laps de temps très court un gisement neuf et supposé riche. Cette dynamique à génération spontanée peu prévisible aboutit rapidement à un état de surpopulation et donc de promiscuité extrême qui génère le cortège de problèmes sociaux, sécuritaires, sanitaires et environnementaux.

2.4. Impact sur la santé et l'éducation

· Sur la santé: La multiplication des MST et IST. En plus, on note la présence de la tuberculose et des maladies causées par l'excès des drogues (chanvre et alcool);

· Sur l'éducation: Le taux de scolarisation est faible avec un taux de déperdition scolaire très élevé: les jeunes fuient les études pour les carrières.

- Education diffuse au niveau des carrières à travers tout ce que les musiques véhiculent.

-Absence de cohésion et intégration sociale :

Abandon de certains parents, enfants et femmes aux villages par les jeunes. Ceux-là vivent désormais dans la solitude et parfois sans abri pendant que le sadisme, l'insouciance, la prostitution, la jalousie, la haine, l'égoïsme, le fétichisme, etc. habitent ceux-ci.

· Impact sur la création d'emploi

-Le secteur artisanal minier n'a pas créé d'emplois durables, il a par contre créé un réservoir des chômeurs, des drogueurs, des voleurs, des inciviques, etc. Il a par ailleurs alimenté le chômage en milieu urbain.

-Pas de sécurité sociale pour ces creuseurs après cette occupation qui réduit leur espérance de vie;

· Impact sur les conditions de vie des femmes

-Dans ce milieu, la femme n'a pas de l'estime même en cas d'union de fait. En effet, son partenaire peut l'abandonner dès qu'il tombe sur une bonne pierre ;

-Les travaux sont trop durs pour être exercés par les femmes à part le petit commerce. Or, l'exploitant s'approprie souvent une bonne part des activités commerciales rentables;

- Les femmes sont donc contraintes à s'exposer à la prostitution, aux violences et exactions sexuelles devant les MST, IST et le VIH/SIDA;

- Elles sont obligées de transporter de lourdes charges sur de longues distances dans des sentiers boueux et étouffés d'herbes qui coupent la vue, restaurant, débit de boisson;

- Problèmes affectifs dus à l'instabilité des toits conjugaux, de longues durées de séparation avec les parents et/ou enfants, des rapports sexuels ou mariages forcés.

· Impact sur les conditions de vie des enfants

-Ils ratent les études faute de structures scolaires ;

-Ils échappent à l'éducation de base, car il y règne toutes espèces de comportements immoraux même de la part de leurs parents ;

-Victimes des naissances indésirables et précoces ;

- Ils sont exposés aux durs travaux pour une rémunération dérisoire si ce n'est juste au prix d'un repas, à l'alcoolisme, à la drogue, au viol, au fétichisme et à la prostitution à bas âge pour gagner leur vie;

2.5. Sur le plan environnemental

L'impact des exploitations minières artisanales sur l'environnement varie bien sûr en fonction des contextes géographiques, des substances exploitées et des méthodes utilisées. Dans les techniques de l'orpaillage traditionnel, les risques et les dangers pour l'environnement physique se traduisent en général par des déboisements, la destruction du couvert végétal et des sols, la pollution des ressources en eau résultant souvent de l'usage de produits chimiques dans les traitements7(*)8

La grande concentration humaine produit aussi la pollution de l'eau par les déchets et les matières organiques, la contamination des sols par les rejets solides et l'accumulation importante de détritus.

L'exploitation minière artisanale a des impacts majeurs sur l'environnement en RDC. Les arbres sont coupés et abandonnés sur les sites miniers artisanaux afin de fournir du bois pour construire des camps, pour étayer les tunnels et les puits, ainsi que pour produire du charbon de bois pour le feu et la cuisson. Les déchets sont mal gérés, ce qui conduit à la création de terrils autour des sites. L'exploitation minière artisanale s'effectue généralement à proximité des sources et cours d'eau. Les sources d'eau ne sont pas protégées et l'eau qui devrait être réservée à la consommation humaine est contaminée par les minerais lavés. Les polluants, et notamment le mercure sur les sites d'extraction d'or, sont introduits dans l'eau et dans l'environnement. Lorsque la mine devient improductive, les mineurs se déplacent vers le site suivant sans rien faire pour réhabiliter les sites qu'ils ont utilisés. L'extraction artisanale a également lieu dans les zones protégées, ce qui constitue une infraction au Règlement minier qui interdit la création de zones d'exploitation artisanale dans les sites protégés.

Malgré la perception traditionnelle, nombre de mineurs artisanaux n'entrent pas dans la catégorie des plus démunis. Ils peuvent, au contraire, gagner beaucoup plus que leurs collègues travaillant dans le secteur rural non minier. Cependant, compte tenu de leurs habitudes de dépenses et d'une absence de culture de l'épargne, les mineurs artisanaux finissent toujours par être pauvres. Les dettes contractées par les différents mineurs pour les outils de travail et autres biens peuvent être excessivement élevées, ce qui renforce un cycle d'endettement et du travail dans les mines. Les économies autour des mines souffrent souvent de l'inflation des prix qui augmente le coût de la vie, ce qui rend difficile pour les personnes de survivre en dehors de l'économie minière7(*)9.

2.6. Sur le plan agricole

L'exploitation minière artisanale est à la base de ou de la :

§ Baisse de la production agricole par habitant, d'où l'insécurité alimentaire : très peu de vieillards doivent nourrir des milliers des jeunes situés dans les carrières et en ville.

§ Détournement de la main-d'oeuvre agricole : les villages sont dépeuplés des jeunes qui préfèrent les carrières que le village à cause du revenu élevé que procure l'activité minière.

§ Hausse de prix des denrées alimentaires tant d'origine végétale qu'animale.

§ Déséquilibre écologique ce qui paralyse certaines cultures et autres activités rurales.

§ Disparition de certains villages et centres.

SECTION 3. PLACE ET ROLE DE L'AGRICULTURE DANS LE DEVELOPPEMENT DU

* 1 Rigobert MINANI BIHUZO, « Problématique des ressources minières en RDC», in Congo -Afrique, n0 417, septembre, 2007, p.501.

* 2 J.GOFFAUX, Problème de développement. , C.R.P, Sine loco, 1986, p.172.

* 3 WWW.rfi.fr/afrique/20100629-katanga-business-province-congolaise-heure-mondiale.

* 5 R.PINTO et M.GRAWITZ, cité par MULUMBATI Ngasha, Manuel de sociologie générale. , Ed. AFRICA, Lubumbashi, 1980, p. 20.

* 6 fr.wikipedia.org/wiki/hypothèse

* 7 P. Rongere, Méthodes des sciences sociales. , Ed. DALLOZ, Paris, 1970, P. 149

* 8 webcash.gogleusercontent.com

* 9 WINGENDA WI EPENDO, citée par Colet MAKENGA, Les ONG et leurs stratégies de développement local. ,Inedit,

Mémoire, ISIM, Lubumbashi, 2008.

* 10 KASEYA WOMBA, L'exploitation minière artisanale et son impact sur la scolarisation des enfants. , Inédit, TFC, ISIM, Lubumbashi, 2009.

* 11 KIMONGE Malemba, Analyse de l'impact de l'exploitation minière artisanale et industrielle sur la situation socio- économique et environnementale a Lubumbashi., Inédit, TFC, ISIM, Lubumbashi, 2009.

* 12 MALULU Muginibwa, L'exploitation minière artisanale et l'amélioration des conditions socio-économiques des exploitants et des habitants de l'inter land minier à Likasi. , Inédit, Mémoire, ISES, Lubumbashi, 2000.

* 13 MUSAU Ngalula, Conséquences de l'exploitation minière sur l'environnement de Tenke Fungurume, Inédit, TFC, I.S.I.M, Lubumbashi, 2008.

* 14 MIRELLE Maurin et alii, Dictionnaire universel. , 2e Ed., HACHETTE, Paris, 19696-1997, P.588.

* 15 R. PINTO et M.GRAWITZ, cité par MULUMBATI Ngassha, Op.cit., P.19.

* 16 webcash.googleusercontent.com

* 17 J.Chevalier et D. Loschak, cite par MULUMBATI Ngasha, Introduction à la science politique. 2e Ed., AFRICA,

Lubumbashi, 2006, P.17

* 18 A. Cuvillier, Manuel de sociologie, T.1, PUF, Paris, 1967, PP.288-289.

* 19 MULUMBATI Ngashi, OP.Cit, P.17

* 20 MIREILLE Maurin, Op. Cit, P.1165.

* 21 Collection, Dictionnaire encyclopedique pour tous., Nouveau petit Larousse, Paris, 1971.

* 22 T.CAPLOW, L'enquête sociologique. , Ed. A.COLIN. Paris, 1970,149

* 23 LAROUSSE, Paris, 2006, P.228.

* 24 MIREILLE, M., OP. Cit, P624

* 25 Maurice, D., Méthode des sciences sociales, PUF, Paris, 1964.P.172

* 26 KILANGA Musinde, Cité par UMBA Kabunda Flavie, Le rôle des ONGD dans le programme de la reconstruction nationale. , Inédit, TFC, ISIM, Lubumbashi, 2004.

* 27 ANNONYME, Nouveau petit Larousse, Paris, 1971

* 28 Code minier Congolais, In journal officiel, n0 spécial du 15 juillet2002, P.32.

* 29 ECHAUVE Maison, Dictionnaire d'économie et science sociale de A à Z, Ed. Nathan, Paris, 1989, P.542.

* 30 Rapport du séminaire sur l'encadrement artisanal au Katanga du 22 au 23 juin 2004 a l'hôtel Karavia de Lubumbashi.

* 31 SEYDOU KEITA, Etude sur les mines artisanales et les exploitations minières à petite échelle au Mali, in Mining Minerals and Sustainable Development, No 80, Aout 2001, p. 8.

* 32 Idem

* 33 Idem

* 34 fr.wikipedia.org/wiki/Production  

* 35 Fr.wiktionary.org/wiki/production

* 36 Alain BEITONE, Antoine CAZORLA, et all, Dictionnaire Economiques. , 2e Ed., ARMAND Colin, Paris, 2007, p.385.

* 37 Fr.wiktionary.org/wiki/agricole

* 38 Dictionnaire Encyclopédique Illustré, HACHETTE, Paris, 1998, P.563.

* 39 ECHAUVE Maison, Op.cit. , P.480.

* 40 Code minier Congolais, in Journal Officiel n° spécial du 15 juillet 2002, P.3o

* 41Alain FOUCAULT ET Jean-François RAOULT, Dictionnaire de Géologie, 6e Ed., DUNOD, Paris, 2005, P.61.

* 42 41Alain FOUCAULT ET Jean-François RAOULT, OP. CIT, P.222.

* 43 Code minier Congolais, In journal officiel, n° spécial du 15 0 spécial du 15 juillet2002, P.32,

* 44 Joseph Emmanuel IKOS Rukal, Haine et Développement de la quête de la conscience nationale. , PUL, Lubumbashi, P.209.

* 45 Dolet NYEMBO Mafuta, Note de cours du développement rural, G2 STD, ISIM, Lubumbashi, 2OO7.

* 46 J.GOFFAUX, Problème de développement. , C.R.P, Sine loco, 1986, p.44

* 47 BRUNDTLAND GRO Harlem, Notre avenir à tous, Rapport de la commission mondiale sur l'environnement de l'ONU, 1988, P.51.

* 48 Joseph Emmanuel IKOS Rukal, OP. CIT, P.214.

* 49 HAKIM Ben Hammouda, L'économie politique du post-ajustement;KARTHALA, Paris, 1999, P.9.

* 50 www.actu-environnement.com

* 51 MIRELLE Maurin et alii, Dictionnaire universel, 2e Ed., HACHETTE, Paris, 19696-1997, P.884.

* 52 ANONYME, Si les pauvres sont pauvres, c'est de leurs fautes; DDC, BERNE, Sine loco, 1996, P.12

* 53 IDEM

* 54 Robert DEBOURSE, Economie du développement, CRP, Kinshasa, 2005, P.130.

* 55 Robert DEBOURSE, OP.CIT, P.21.

* 56 Collectif, Mémento de l'agronomie, CIRAD-GRET, Paris, 2002, P.179.

* 57 Rapport Annuel de l'inspection de l'AGRIPEL du District Urbano-rural de Kolwezi exercices 2009, P.4.

* 58 Idem

* 59 Rapport Annuel de l'inspection de l'AGRIPEL, OP.CIT, P.4

* 60 www.congomiroir.net/index.

* 61 GUERY,J.,et alii, Principes et mise en place du bureau de bord de gestion. Ed. DELMONS et CIE, Paris, 1978, P.12

* 62 Rapport Annuel de l'inspection de l'AGRIPEL, OP.CIT, P.4

* 63 INS/Katanga 2009, Projet démographiques du recensement de 1984, P.33

* 75 Séminaire d'encadrement de l'exploitation minière artisanale au Katanga du 22 au 23 juin 2004a l'hôtel karavia de Lubumbashi.

* 76 MOMBI Amboko, incidence de l'exploitation des matières précieuses sur l'agriculture dans l'UELE. , Quête des ressources naturelles en Afrique centrale-2. Le secteur minier en RDC », 2010, P.18.

* 77 MOMBI Ambako, OP.CIT, P.23

* 78 SEYDOU KEITA, Etude sur les mines artisanales et les exploitations minières à petite échelle au Mali, in Mining Minerals and Sustainable Development No 80, Aout 2001, p. 8.

* 79 Etude sur l'exploitation minière artisanale en RDC, PACT, inc ,2010.

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