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Les contes égyptiens anciens et les contes de l'Afrique subsaharienne: essai d'une analyse comparée


par David Elysée Magloire TESSOH
Université Yaoundé 1 - Master en littérature et civilisations africaines 2011
  

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CONCLUSION

Le présent travail qui a fait l'objet de notre étude était libellé « Les contes Egyptiens anciens et les contes de l'Afrique subsaharienne : essai d'une analyse comparée » .La problématique centrale de notre travail était de savoir si les contes pouvaient nous permettre d'établir une parenté culturelle entre l'Egypte ancienne et l'Afrique noire.

Parvenus au terme de notre analyse, nous ne saurions nous vanter d'avoir exposé tous les éléments communs aux contes Egyptiens anciens et négro-africains .Toutefois, notre travail nous a permis de confirmer l'hypothèse selon laquelle les contes Egyptiens anciens et négro-africains trahissent les rapports de parenté indéniables entre les deux civilisations. Aussi, notre tache qui consistait à exposer les éléments de ressemblances et de divergences entre ces contes s'est faite en quatre chapitres.

Au premier chapitre, il était question d'analyser comparativement la manifestation et les procédés stylistiques des contes Egyptiens anciens et négro-africains. Nous sommes partis des formules et des figures de style qu'affectionnent les conteurs négro-africains pour ressortir les similitudes et les divergences qui existent entre ces contes. Pour ce qui est des similitudes, en dépit de la longueur des formules initiales et finales des contes n°5 « la femme adultère » et n°6 « la boucle de la rameuse »,nous pouvons dire que presque tous les contes Egyptiens anciens et négro-africains ont des formules. En sus de ces formules ces contes ont en commun les répétitions qui sont palpables dans les contes la légende des deux frères, le duel de Vérité et de mensonge, l'amitié des deux chacals, le prince prédestiné, pourquoi-y'a-t-il tant d'idiots de par le monde ? Les trois soeurs et Itrimoubé, l'histoire de Raboutity, le cultivateur sa femme et les génies, l'ingratitude et le fils de Nkan. En ce qui concerne les procédés stylistiques nous avons relevés que le discours direct qui se traduit par l'absence de la première personne du singulier et du pluriel et les dialogues parsèment ces contes. Outre le discours direct et les dialogues, nous avons dans ces contes la présence des proverbes et l'anthropomorphisation où nous avons des animaux et des notions « Vérité et Mensonge » qui ont des attributs humains.

Au-delà de ces similitudes qui précèdent apparaît néanmoins un point de divergence, il s'agit notamment de l'absence des chants dans les contes Egyptiens anciens.

Au second chapitre de notre exposé, nous nous sommes évertués à analyser les structures narratives des contes Egyptiens anciens et négro-africains .Partant des analyses de Greimas, nous avons procédé a une analyse sémiotique qui nous a permis de remarquer que ces contes présentent les mêmes structures à savoir : une introduction, un corps du conte, et une conclusion. A la suite de cette structure nous avons pu ressortir les schémas fonctionnels et actanciels, en ce qui concerne les schémas fonctionnels ; nous avons observé que pareillement aux contes négro-africains, les contes Egyptiens anciens présentent une situation initiale, un évènement modificateur ou perturbateur, des épreuves et une situation finale. Pour ce qui est des schémas actanciels, notre étude nous a permis de constater qu'à l'instar des contes négro- africains, les contes Egyptiens anciens comportent une quête ou le héros qui va à la quête de l'objet de valeur a des adjuvants qui l'aident dans sa quête et des opposants qui ont pour ambition de freiner le héros dans son action.

Après avoir procédé à l'analyse sémiotique de ces contes, nous avons mis en exergue les différents types de contes africains tel que proposés par Denis Paulme. De manière plus précise nous nous sommes attelés à ressortir les huit types de contes regroupés en formes simples et complexes. De cette analyse typologique il est ressorti qu'à l'exception du type en divergence qui est spécifique au conte « le lièvre et l'hyène ». Les contes négro-africains et Egyptiens anciens ont en commun les types ascendant, descendant, cyclique, en spirale et en sablier.

Au troisième chapitre de notre analyse il était question d'étudier le fonctionnement des personnages des contes du corpus. Pour mener à bien cette étude nous nous sommes servis des analyses de Philippe Hamon qui a proposé une hiérarchisation des personnages en personnages principaux et personnages secondaires. Nous avons pu noter que cette hiérarchisation apparaît dans ces contes dans la mesure où nous avons dans tous les contes au moins un personnage principal. Ce personnage principal ou héros est dans ces contes le point de départ et d'arrivée de tous les évènements qui composent l'intrigue. A coté de ces personnages nous avons relevé des personnages secondaires divisés en deux catégories, d'un coté il y'a les adjuvants qui aident le héros à obtenir l'objet de sa quête et, de l'autre les opposants qui sont des obstacles à l'épanouissement du héros.

Outre cette hiérarchisation des personnages nous avons observé d'une part que dans ces contes, les conteurs ne font qu'une brève évocation du portrait physique tandis que le portrait moral fait l'objet d'une analyse plus soutenue. Cette carence nous laisse penser que le fondamental pour ce genre de récit est de présenter une peinture intérieure prompt à émouvoir l'auditoire. C'est sans doute dans cette logique  que Mohamadou Kane a déclaré 

Qu'on peut déceler la permanence de la technique du conte populaire dans l'absence d'un portrait physique (...) Le conte se contente de « silhouetter » son personnage qu'il campe plus au moral qu'au physique. En général, l'orientation didactique commande ce portrait qui, quelque esquisse que ce soit, doit traduire l'âme du personnage 

Et d'autre part qu'en plus du règne humain nous avons les règnes animaux, notionnels, célestes et surnaturels.

Au quatrième et dernier chapitre il s'agissait d'analyser les structures discursives des contes du corpus. Nous sommes partis d'une étude thématique pour ressortir les thèmes communs et les thèmes spécifiques aux contes Egyptiens anciens et négro-africains. Nous avons pu identifier 6 thèmes communs à savoir l'amour , le mariage, la mort, la polygamie, la royauté et la ruse. Ces thèmes communs nous ont permis de mettre en évidence une ressemblance très apparente qui nous pousse à remarquer que la culture Egyptienne ancienne survie encore en Afrique noire. En ce qui concerne les thèmes spécifiques, nous nous sommes limités à l'urbanisme, l'industrie et l'école. Nous avons signalé que les contes négro-africains de notre corpus étaient issus d'un environnement traditionnel qui n'avait pas encore connu l'influence de la modernité qui a commencé avec la colonisation. A l'opposé, les contes Egyptiens sont dans un environnement moderne parce que l'Egypte est le berceau de la civilisation moderne.

A la suite de cette étude thématique nous avons analysés les significations de ces contes, nous avons notamment relevés 4 significations à savoir les significations ludique, sociologique, politique et cognitive ; notre étude nous aura permis de constater que ces significations sont communes aux contes négro-africains et Egyptiens anciens.

En définitive, à la question de savoir si les contes peuvent nous permettre d'établir un continuum culturel entre l'Egypte ancienne et l'Afrique noire, nous sommes aboutir au résultat suivant :

Sur le plan de la manifestation et des procédés stylistiques nous remarquons qu'à l'exception des chants qui sont spécifiques aux contes négro-africains, les contes Egyptiens anciens et négro-africains ont en commun les formules, les répétitions, le discours direct, l'usage des proverbes et l'anthropomorphisation.

Sur le plan des structures narratives, ces contes ont en commun les schémas fonctionnel et actanciel ; outre ces schémas ils ont en commun les typologies ascendantes, descendante, cyclique, en spirale et en sablier. A ce niveau la seule différence que nous avons observée est l'absence du type en divergence dans les contes Egyptiens anciens.

En ce qui concerne les personnages, nous avons remarqué que l'étude menée sur les personnages des contes négro-africains est identique à celle menée sur les personnages des contes Egyptiens anciens.

Pour ce qui est des structures discursives, nous avons noté que ces contes ont en commun les thèmes de l'amour, du mariage, de la mort, de la polygamie, de la royauté et de la ruse.

Sur le plan thématique la seule différence était la spécificité des thèmes de l'urbanisme , de l'école et de l'industrie dans les contes Egyptiens anciens. Par ailleurs, ces contes ont en commun les significations ludique, sociologique, politique et cognitive.

Le présent résultat nous permet de constater que les points de ressemblances entre les contes Egyptiens anciens et négro-africains sont plus évidents que les différences. Le primat indéniable de ces ressemblances nous amène à conclure que l'Egypte ancienne berceau de la civilisation moderne survit toujours en Afrique Noire.

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