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Incidence de l'entrepreneuriat sur la réduction de la pauvreté à  Kinshasa

( Télécharger le fichier original )
par Engels KASONGO NGIESU
Institut facultataire de développement - Licence en sciences et techniques de développement 2011
  

Disponible en mode multipage

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
ARCHIDIOCESE DE KINSHASA

INSTITUT FACULTAIRE DE DEVELOPPEMENT

« IFAD »
FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE DEVELOPPEMENT
2317, Avenue Saïo
KINSHASA / KASA-VUBU

INCIDENCE DE L'ENTREPRENEURIAT SUR LA

REDUCTION DE LA PAUVRETE A KINSHASA

ETUDE EVALUATIVE DES ACTIVITES DU BUREAU DIOCESAIN CARITAS-
DEVELOPPEMENT

Par

Engels KASONGO NGIESU

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du

Grade de Licencié en Sciences & Techniques de Développement

Option : Gestion & Administration des Projets Directeur : CT Antoine OTSHUDI MPOYI

DES en Economie de Développement

Rapporteur : Assistant Don Bosco MBO

Année Académique : 2011 - 2012

II

EPIGRAPHE

« CHI VA PIANO VA SANO, CHI VA SANO VA
LONTANO »

(Proverbe italien)

Traduction : Qui va lentement va sûrement, qui
va sûrement va loin

« Qui veut aller loin ménage sa monture »

III

A toi, Anastasie MABIALA,

Ma tendre épouse,

A vous,

Nathan Daniel KASONGO,

Axel Georges KASONGO,

Ségolène KASONGO,

Tobie Israël KASONGO,

Mes enfants,

Pour tous les sacrifices qui vous ont été imposés
durant deux années,

Je dédie ce travail.

IV

ABREVIATIONS

AGR : Activités Génératrices des Revenus

BCA : Banque de crédit Agricole

BDCD : Bureau Diocésain Caritas-Développement

CADICEC : Centre chrétien d'Action pour Dirigeants et Cadres d'Entreprises au

Congo

CEPETEDE : Centre de Perfectionnement aux techniques de Développement

CNDC : Cathédrale Notre-Dame du Congo

CPCC : Conseil Permanent de Comptabilité au Congo

CPCD : Commission Paroissiale Caritas-Développement

CPD : Commission Paroissiale de Développement

DSCRP : Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté

EPSP : Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel

FEC : Fédération des Entreprises du Congo

FMI : Fonds Monétaire International

FPI : Fonds de Promotion de l'Industrie

IDH : Indicateur de Développement Humain

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

OPEC : Office pour la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise du Congo

PEG : Programme Economique du Gouvernement

PIB : Produit Intérieur Brut

PME : Petite et Moyenne Entreprise

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

RDC : République Démocratique du Congo

TPE : Très Petite Entreprise

VIH : Virus d'immunodéficience humain

REMERCIEMENTS

Un rêve se matérialise ! Voici déjà plus de quinze années qu'à l'occasion de la « fin de mes études » j'avais réalisé un travail sur l'environnement de la Petite et Moyenne Entreprise congolaise (zaïroise à l'époque) ; je sentais que ce travail devait être poursuivi, mais je ne pensais pas reprendre ou poursuivre les études un jour.

Voilà que mon parcours professionnel plus ou moins mouvementé m'a donné de me décider à actualiser mes connaissances en prenant en compte le secteur d'activité dans lequel j'évolue. C'est dans ce contexte que je me suis retrouvé à l'Institut Facultaire de Développement (IFAD), pour y entreprendre des études en Gestion de l'Environnement et Assainissement. Et après échanges, je me suis rendu compte que les études en Gestion et Administration des Projets me conviendraient bien.

Les enseignements reçus, l'encadrement dont j'ai bénéficié, les conseils reçus,... m'ont aidé à identifier l'angle dans lequel j'allais poursuivre ce travail là. C'est dire que j'ai beaucoup appris à l'IFAD. J'ai été façonné durant ces deux dernières années par tous les membres du corps professoral de l'IFAD. A chacun d'eux je dis mes remerciements.

Je me dois de remercier de façon singulière le CT Antoine OTSHUDI MPOYI ainsi que l'Assistant Don Bosco MBO pour avoir accepté de diriger ce travail, le premier comme Directeur et le second comme Rapporteur.

L'originalité de mon travail réside dans l'enquête que j'ai réalisée auprès de quelques uns de mes coparoissiens qui avaient suivi la formation en Boulangerie-Pâtisserie en 2006. Je me dois de remercier le professeur Luc N'TUMBA pour les colloques amicaux que j'ai toujours eus avec lui ainsi que ses encouragements, mais aussi pour l'assistance qu'il m'a apportée pour le traitement des données que l'enquête m'a donné de recueillir.

Je ne peux omettre de remercier Messieurs les Abbés Jean-Paul LWANGA et Freddy NGWASHI, respectivement Recteur et Vicaire à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, pour avoir permis que je mène une étude sur une activité paroissiale, mais aussi les organisateurs de la session de Formation pour m'avoir communiqué la liste des récipiendaires ainsi que tous les renseignements nécessaires : Papa MATA et Josaphat MBEMBA. Merci également aux différentes personnes qui m'ont aidé dans la collecte des données : Georges MABIALA (Pamadi), Nadya TSHIBOLA et Fils LOBANDA.

Que dire du réseau des relations tissé à travers l'IFAD durant ces deux années ? L'ambiance avec les différents collègues de tous les âges a été très chaleureuse. A chacun d'eux, et plus particulièrement aux membres de mon groupe de travail, Evelyne MBATA et Urbain MFUMUTUMBI, je dis merci pour les encouragements mutuels et félicitation pour le rêve aujourd'hui réalisé.

Je terminerai mon propos en adressant mes remerciements à tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont été pour moi un soutien fût-il moral. Je pense à mon frère Albert MBOMA, pour sa contribution dans la multiplication du présent travail, à tous mes frères et soeurs, beaux-frères et belles soeurs, mes filleuls, et tous ceux qui ont eu à me porter dans leurs prières, ainsi que mon épouse qui a compris et a accepté que soit réduit, durant deux ans, le temps passé en couple.

INTRODUCTION

1) OBJECTIF

L'objectif poursuivi dans le cadre du présent travail est d'apporter une contribution à la réflexion sur la question relative à la libération de l'entrepreneuriat privé en République Démocratique du Congo, en nous basant sur l'esprit d'entreprise manifeste dans les initiatives des micro-entrepreneurs du secteur informel.

Puisqu'il existe un lien entre pauvreté et secteur informel, étant donné que les activités informelles sont menées dans la lutte pour la survie, pour faire face à la situation de pauvreté, il s'agit plus spécifiquement de valoriser ces activités grâce à une attention soutenue dans le cadre des structures d'encadrement et de promotion de l'entrepreneuriat.

L'analyse de la situation des récipiendaires de la session de formation en »Boulangerie et Pâtisserie» organisée en 2006 à la paroisse cathédrale Notre-Dame du Congo doit nous permettre d'identifier leurs besoins et problèmes spécifiques et de proposer une solution appropriée.

2) PROBLEMATIQUE

Notre étude porte sur « l'incidence de l'entrepreneuriat sur la réduction de la pauvreté ».

La pauvreté est un phénomène ancien, un phénomène aussi vieux que l'humanité. Elle pose et a toujours posé problème. La Bible, dans plusieurs de ses passages, parle de la pauvreté et des pauvres....et de la faim. A titre exemplatif, nous citons : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim, car vous serez rassasiés. » (Lc. 6, 20 - 21). Ou encore : « Vendez vos biens, et donnez-les en aumône. Faites vous des bourses qui ne s'usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n'approche ni mite ne détruit. Car où est votre trésor, là sera votre coeur. » (Lc 12, 33) ; « Main nonchalante appauvrit, la main des diligents enrichit. » (Pr 10, 4) ; « Malheur à ceux qui décrètent des décrets d'iniquité, qui écrivent des rescrits d'oppression pour priver les faibles de justice et frustrer de leur droit les humbles de mon peuple, pour faire des veuves leur butin et dépouiller les orphelins. » (Is.10, 1 - 2).1 etc....

La bible est un livre écrite sur une longue période de plus de mille ans allant de l'an
1000 avant Jésus-Christ jusqu'en 125 après Jésus-Christ, et les quelques versets
cités ci-haut montrent qu'à cette époque là déjà, la pauvreté et la faim étaient des

1 Tous ces versets sont tirés de La Bible de Jérusalem, Edition du Cerf/verbum bible, 2002

réalités sociales et constituaient des problèmes auxquels il fallait apporter des solutions. Autant l'Ancien Testament que le Nouveau Testament en fait échos.

Dès le début de son discours sur les béatitudes, Jésus -Christ rend compte de l'existence des pauvres et de la faim : »Heureux, vous les pauvres...» ; »Heureux, vous qui avez faim...». Dans un autre contexte, il en appelle à la solidarité en demandant aux nantis de vendre leurs biens pour en partager le fruit avec les pauvres. Si la littérature de sagesse considère parfois la pauvreté comme conséquence de la paresse, les prophètes, quant à eux, savent que les pauvres sont avant tout les opprimés et ils réclament justice pour les faibles, les petits et les indigènes.

Et l'Eglise a fait de l'amour pour les pauvres une tradition constante. A ce sujet, les articles 2443 et 2444 du Catéchisme de l'Eglise catholique indiquent ce qui suit2 :

· Dieu bénit ceux qui viennent en aide aux pauvres et réprouvent ceux qui s'en détournent : »A qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos» (Mt 5, 42). »Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement» (Mt10, 8). C'est à ce qu'ils auront fait pour les pauvres que Jésus-Christ reconnaîtra ses élus. Lorsque »la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres» (Mt 11, 5), c'est le signe de la présence du Christ ;

· « L'amour de l'Eglise pour les pauvres (...) fait partie de sa tradition constante.» Il s'inspire de l'évangile des béatitudes, de la pauvreté de Jésus et de son attention aux pauvres. L'amour des pauvres est même un des motifs du devoir de travailler, afin de « pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux » (Ep 4, 28). Il ne s'étend pas seulement à la pauvreté matérielle, mais aussi aux nombreuses formes de pauvreté culturelle et religieuse.

A la suite de l'Eglise, la Communauté internationale a fait de la pauvreté une préoccupation et s'est engagée à la combattre au point de rechercher son éradication.

Le PNUD indique alors qu' « en septembre 2000, les dirigeants du monde réunis sous l'égide des Nations Unies, ont adopté la Déclaration du Millénaire, engageant ainsi leurs pays à consentir des efforts plus importants au plan international en vue de réduire la pauvreté, d'améliorer la santé et de promouvoir la paix, les droits de l'homme et un environnement durable. Les Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD), qui sont les fruits de cette déclaration, sont spécifiques et mesurables. L'un d'entre eux vise à réduire, entre 1990 et 2015, l'extrême pauvreté qui accable toujours plus d'un milliard de personnes de par le monde. Ces objectifs, et l'engagement pris par les pays riches et pauvres de les atteindre, ont été énoncés

2 Catéchisme de l'Eglise Catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie Editrice Vaticane, Paris, 1998

dans le Consensus de Monterrey3 qui s'est dégagé à l'issue de la Conférence des Nations-Unies sur le financement du développement, en mars 2002, et réaffirmés lors du Sommet mondial sur le développement durable et du lancement du cycle de Doha4 sur le commerce international. »5.

Aux termes de la déclaration du millénaire de l'ONU, les 189 pays qui l'ont adoptée se sont donc engagés « à faire du droit au développement une réalité pour tous et à mettre l'humanité à l'abri du besoin6 ». A cet engagement correspond un ensemble de huit objectifs qu'elle fixe. L'objectif 1, qui cadre avec notre travail, est de »Réduire l'extrême pauvreté et la faim».

Pour établir une définition plus approfondie de ces objectifs, un groupe d'experts a mis au point un ensemble exhaustif de cibles et d'indicateurs pour chacun des OMD. Ainsi pour l'objectif 1, deux cibles ont été définies : »réduire de moitié, de 1990 à 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour» (cible 1), et `'réduire de moitié, de 1990 à 2015, la proportion de la population qui souffre de faim» (cible 2).

Cet état des choses amène des gouvernements de pays sous-développés à déployer des efforts pour mettre en place des politiques et des programmes macroéconomiques, structurels et sociaux visant à encourager la croissance et à réduire la pauvreté. Ces politiques et programmes sont consignés dans des Documents de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP)7.

L'on a toujours dit et on dit de la République Démocratique du Congo qu'elle est un scandale géologique au regard d'un coté de la richesse des potentialités minières dont regorge son sous-sol et de l'autre de la criante pauvreté qui caractérise la grande partie de la population vivant sur son sol. Il y a certainement une part de vérité dans une telle façon de présenter les choses, et nos propos trouvent un soutien aussi bien chez KODILA que chez IYENDA.

3 Le Consensus de Monterrey est un document issu de la Conférence internationale sur le financement du développement, qui s'est tenue à Monterrey au Mexique en mars 2002. Lors de cette conférence, une soixantaine de chefs d'Etat et de Gouvernement étaient réunis, représentant aussi bien les pays du Nord que du Sud ainsi que les responsables des institutions spécialisées des Nations Unies. Le document, fruit de leurs délibérations, comporte un ensemble de mesures à adopter aux plans national et international afin d'offrir des conditions de vie plus humaines et plus acceptables aux populations des pays pauvres.

4 Le cycle de Doha est une ronde de négociations, d'une durée de trois ans, effectuée sous l'égide de l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Elles portent surtout sur la « libéralisation du commerce international », et avaient comme objectif explicite le « développement » de ce qu'on appelait naguère le « Tiers-Monde ». La conférence interministérielle de Doha (Qatar) a eu lieu du 9 au 13 novembre 2001, tandis que la quatrième conférence ministérielle de l'OMC lançait un nouveau cycle de négociations multilatérales (commencées au sein du GATT, le prédécesseur de l'OMC), baptisé « cycle du développement ».

5 PNUD, Rapport Mondial sur le Développement humain 2003, Economica, p.15

6 Assemblée Générale des Nations unies, Déclaration du millénaire des Nations unies, section III, paragraphe II, 18 septembre 2000. Cité par Dwight H. Perkins et alii, Economie du développement, De Boeck, 2008, p.72

7 ONUDI, Une voie pour sortir de la pauvreté : développer l'entrepreneuriat rural et féminin, Vienne, 2003, p.7

Le premier8 écrit : « Malgré ses immenses ressources naturelles, la RDC est l'un des pays les plus pauvres du monde, où les années de guerre ont égorgé le pays en détruisant les quelques infrastructures et activités productives qui y étaient. Les populations vivent dans des conditions économiques et sanitaires déplorables, notamment dans les régions de l'est où les bandes armées sévissent encore. Les indicateurs sociaux affichent des niveaux tellement bas qu'il s'avère pratiquement impossible pour le pays d'atteindre un seul des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement). (...) ».

La situation prévalant en République Démocratique du Congo semble ainsi trouver une explication dans le fait de la guerre. Mais même quelques années au par avant, (un peu moins de 10 ans) avant que la guerre n'intervienne, le second9 écrivait : « Famine, maladie, sous-emploi, sans emploi, impayement, paupérisation, exclusion sociale ... telles sont les caractéristiques de la vie de la majeure partie de la population kinoise (de Kinshasa) en ces jours. En effet, tout le monde est d'avis que la misère qui frappe la population kinoise dépasse les limites du tolérable. En dépit du fait qu'il soit parmi les pays les plus riches d'Afrique quant aux richesses du sol, du sous-sol et humaines, le Congo occupe actuellement l'une des dernières places au monde quant à son P.N.B. et son niveau de vie réel. »

Cependant, en observant le vécu du (de la) Congolais(e) au quotidien, on peut se rendre compte que le Congo présente un scandale dans plusieurs secteurs. A titre exemplatif, nous pouvons citer l'agriculture, singulièrement les cultures fruitières menées à travers tout le pays sans pouvoir être acheminées dans de bonnes conditions et à temps vers le consommateur. Malgré la diversité des cultures fruitières que l'on retrouve ici et là dans le pays, la consommation des fruits ne semble pas faire partie des habitudes alimentaires. Ce qui explique que sur les marchés comme sur les routes, les fruits pourrissent. Pourtant ces diverses cultures fruitières devraient offrir une opportunité pour l'essor d'une industrie de transformation des fruits en confitures ou en jus. Il n'en est rien.

Il est encore un scandale, lorsqu'on regarde le dynamisme dont fait preuve le (la) Congolais (e) dans sa lutte aux multiples acrobaties pour la survie. Dans sa lutte pour la survie, en effet, il (elle) exerce telle ou telle autre activité aussi bien dans le domaine de la transformation, du commerce que celui des services juste pour être à même de faire face aux problèmes qui se posent quotidiennement sans aucune vision de long terme. Non seulement l'amélioration ou la modernisation de son outil de travail n'est pas son affaire, mais encore il opère dans l'informel depuis 10, 20, 30 ans ou toute sa vie.

8 Oasis KODILA Tedika, « Pauvreté en République Démocratique du Congo : Un rapide état des lieux », in Revue congolaise d'économie, Document de travail WP01/10, Mai 2010

9 Guillaume IYENDA, « Pauvreté urbaine et secteur informel à Kinshasa », in D+C Développement et Coopération, N° 5, Septembre/Octobre 2002, pp.18 - 21

Nous pensons ici à toutes ces personnes dont les activités arrivent à nourrir leurs familles, à scolariser les enfants, à faire face aux soins de santé, à payer le loyer,... Ces hommes qui grimpent le palmier pour cueillir du vin de palme ; ces hommes et ces femmes qui sillonnent les rues pour proposer de la glace ou simplement de l'eau fraîche « eau pure » (eau pire, selon eux-mêmes). Ces femmes qui produisent des beignets, gaufres et galettes chaque jour ; ou encore celles qui fabriquent l'alcool traditionnel appelé « lotoko » ou celles initiées à la pratique des technologies appropriées en général (fabrication du savon, de la confiture, des jus de fruits, de l'alcool, du parfum, du vernis, des désinfectants, du cirage, du lait de beauté, de la pommade à cheveux pour femmes, du pain, des beignets, des cakes, des gâteaux, de la margarine, du miel, des craies, la salaison des poissons, la production du lait de soja, etc.).

Il y a lieu de souligner dans ce contexte le rôle joué par la femme congolaise comme celle d'ailleurs dans l'économie informelle urbaine. S'occupant des ménages, la femme urbaine est devenue très active dans l'exercice du petit commerce et la pratique des technologies appropriées depuis le début des années 1990. En République Démocratique du Congo, c'est pendant cette période que beaucoup d'entreprises ont fermé, réduisant ainsi la plupart d'employés au chômage et au sous-emploi. Cette fermeture était déjà due à la crise économique que connaît le pays, crise aggravée par les pillages de 1991 et 1993 et tout récemment par la guerre dite de libération de 1997 et »la guerre d'agression» de 1998 à 200310.

Le tableau ainsi peint est celui des activités informelles ou activités du secteur informel, ou mieux »micro-entreprises du secteur informel» qui, selon R. MBAYA M11, sont caractérisées par une dynamique à deux composantes : une composante qualitative et évolutive, qui fait que les micro-entreprises procèdent du souci de la rentabilité en même temps qu'elles répondent à une demande sociale pour conduire à l'expansion des unités économiques de production de biens et services mieux organisées et, partant, performantes ou prospères ; et une autre quantitative et involutive, la plus en vogue dans nos milieux, fait que l'émergence des microentreprises relève du simple souci d'assurer la survie et la subsistance du micro-entrepreneur et de son ménage en générant des unités économiques de production des biens et services de moindre importance et sans prospérité.

L'entrepreneuriat dont il sera question dans cette étude centrée sur l'incidence de l'entrepreneuriat privé dans la réduction de la pauvreté concerne les micro-entrepreneurs, les petits entrepreneurs du tableau peint ci-haut : le microentrepreneuriat. Les micro-entrepreneurs qui font preuve d'esprit d'entreprise

10 Willy MUSITU Lufungula, « La femme congolaise : pilier de l'économie informelle en milieu urbain »

11 R. MBAYA Mudimba, « Aspects sociologiques de la pauvreté dans les micro-entreprises du secteur informel au Congo-Kinshasa », cité par Willy MUSITU, op.cit

manifeste dans les initiatives de toutes sortes, essentiellement, en vue de subvenir à leurs besoins.

Pour mener à bon port cette étude, qui revêt un caractère évaluatif et se veut une contribution à la libération de l'entrepreneuriat12, nous avons pensé qu'il était indiqué d'identifier ou de cibler un corps de métier, un groupe initié à la pratique des technologies appropriées. C'est ainsi que nous nous sommes proposés de nous intéresser à un groupe des paroissiens (une cinquantaine) de la Cathédrale Notre-Dame du Congo (CNDC) qui ont suivi, au cours de l'année 2006, une formation en »Boulangerie-Pâtisserie» et ce, dans le cadre des activités de la Commission Paroissiale de Développement (CPD). La fin de cette formation devait, en principe, donner lieu à la création des »Activités Génératrices des Revenus» (AGR) et réduire ainsi la pauvreté des récipiendaires.

Par ailleurs, le BDCD, par le biais du projet »Genre et Micro Crédits», a formé 50 femmes de différentes paroisses de l'Archidiocèse, gestionnaires des microentreprises et des AGR, et les a appuyées en micro crédits pour renforcer leurs activités d'auto prise en charge.

Partant de tout ce qui précède, la question fondamentale à laquelle notre étude voudrait répondre peut être formulée comme suit : L'accompagnement assuré aux populations par le BDCD et les différentes CPD au moyen des formations dispensées et autres appuis à travers les différentes paroisses débouche-t- il sur la création des unités économiques de production des biens et services rentables, performantes, prospères et susceptibles de procurer de l'emploi à des dizaines de personnes de manière à contribuer à la réduction de la pauvreté ?

De cette question fondamentale peuvent découler d'autres questions subsidiaires :

4Quels sont les atouts et opportunités exploités par les récipiendaires qui ont réussi à créer des AGR à l'issue de la formation donnée à la paroisse Cathédrale Notre-Dame du Congo en 2006 ?

4Quels sont les faiblesses et menaces qui n'ont pas facilité la création des AGR ? 4Quelles actions envisager au regard des problèmes et résultats observés ?

12 Suivant le titre du rapport présenté au Secrétaire Général des Nations Unies, par la Commission du secteur privé et du développement.

3) HYPOTHESES DU TRAVAIL

Ici, nous voulons apporter des réponses tout à la fois anticipatives et provisoires aux différentes questions posées ci-haut.

En considérant les multiples formations dispensées dans différentes paroisses à travers la ville de Kinshasa, nous pouvions observer une prolifération des AGR. Nous avons l'impression que les bénéficiaires de ces formations sont motivés par le seul souci d'assurer leur propre survie et de leurs ménages respectifs, puisque les unités qu'ils mettent sur pieds sont de moindre importance et sans prospérité, donc ne sont ni rentables, ni performantes encore moins capables de créer des emplois significatifs.

Nous pensons que les micro-entrepreneurs une fois dotés d'une organisation et s'assignent des objectifs et manifestent une volonté d'aller de l'avant, leurs AGR peuvent bien évoluer pour atteindre la pérennité.

Cependant, l'environnement économico-social n'est pas favorable au développement de l'entrepreneuriat, puisque défini par l'instabilité et l'hostilité caractérisées ainsi que par une certaine complexité.

Au regard non seulement des objectifs et de la mission du BDCD, mais encore de son déploiement à la base, par les Commissions Paroissiales de Développement, nous ne pouvons pas douter que les actions de cette structure débouchent sur une prolifération des Activités Génératrices des Revenus (AGR) à travers la ville de Kinshasa et donc, qu'elle peut avoir une influence certaine sur la réduction de la pauvreté.

4) INTERET ET CHOIX DU SUJET

Le choix porté sur ce sujet ne relève pas du hasard. En tant que membre du Conseil Paroissial, il est tout à fait normal et naturel que nous puissions nous interroger sur le bien fondé des actions menées par les différentes commissions paroissiales en général, et dans le cas d'espèce, nous avons voulu appréhender l'impact que la session de formation en »Boulangerie - Pâtisserie» a eu sur les bénéficiaires. Le choix de notre sujet dénote aussi de notre attachement à la problématique même de l'entrepreneuriat. Nous croyons et nous sommes foncièrement convaincus qu'une bonne lutte pour la réduction de la pauvreté en République Démocratique du Congo passera par le développement de l'entrepreneuriat privé et que le microentrepreneuriat ou le secteur informel doit être considéré comme un bouillon des cultures pour le développement des Petites et Moyennes Entreprises.

Et l'l'intérêt de ce travail se situe à deux niveaux : pratique et scientifique.

~ Sur le plan pratique, il nous donne d'examiner le rôle du BDCD et l'impact de ses actions dans la lutte pour la réduction de la pauvreté à travers la ville de Kinshasa, et surtout dans la commune de Lingwala.

~ Sur le plan scientifique, notre étude nous donne l'opportunité d'élargir nos connaissances aussi bien dans le domaine de l'entrepreneuriat que dans celui de la lutte contre la pauvreté. En plus, par les réponses spécifiques qu'elle apporte aux questions soulevées, elle se veut une contribution dans la réflexion sur la libération de l'entrepreneuriat.

5) METHODOLOGIE ET TECHNIQUES D'APPROCHE

La méthodologie peut, selon Omar AKTOUF13, se définir comme étant l'étude du bon usage des méthodes et techniques. Il ne suffit pas de les connaître, encore faut-il savoir les utiliser comme il se doit, c'est-à-dire savoir comment les adapter, le plus rigoureusement possible, d'une part à l'objet précis de la recherche ou de l'étude envisagée, et d'autre part aux objectifs poursuivis.

La méthode renvoie aux façons de procéder, aux modes opératoires directs mis en jeu dans un travail de recherche. Elle est plus de l'ordre de la conception globale coordonnant plusieurs techniques. Six grands types de méthodes peuvent être retenus : la méthode inductive ; la déductive ; l'analytique ; la clinique ; l'expérimentale et la statistique.

Quant à la technique, elle est un moyen précis pour atteindre un résultat partiel, à un niveau et à un moment précis de la recherche. Cette atteinte de résultat est directe et relève du concret, du fait observé, de l'étape pratique et limitée. Les techniques sont, en ce sens, des moyens dont on se sert pour couvrir des étapes d'opérations limitées. Ce sont des outils momentanés, conjoncturels et limités dans le processus de recherche : sondage, interview, sociogramme, jeu de rôle, tests...

La méthode inductive est celle retenue dans le cadre de notre étude. Elle consiste à tenter des généralisations à partir de cas particuliers. On observe des caractéristiques précises sur un ou plusieurs individus (objets) d'une classe et on essaie de démontrer la possibilité de généraliser ces caractéristiques à l'ensemble de la classe considérée. C'est la succession observation -- analyse -- interprétation -- généralisation. Le sondage d'opinion, l'étude de marché... relèvent de cette méthode.

Pour nous permettre de vérifier les hypothèses formulées plus haut, nous avons eu
recours aussi bien à des informations secondaires qu'à des informations primaires.

Dans les cas plus simples, indiquent KÖTLER et DUBOIS14, tout ou partie des informations que l'on recherche existe déjà, et il suffit de savoir où elles se trouvent. Il s'agit alors d'informations secondaires, ainsi appelées parce qu'elles ont déjà été recueillies une première fois. Les informations primaires sont celles collectées par nous-mêmes sur terrain, en vue de combler le vide occasionné par les questions secondaires.

La collecte d'informations a été possible essentiellement grâce à deux techniques ou approches que sont : l'interview et l'enquête, sans oublier l'apport de nombreuses sources bibliographiques.

Nous avons utilisé la technique d'enquête pour collecter des informations auprès des récipiendaires qui ont pris part à la session de formation en »BoulangeriePâtisserie» à la Cathédrale Notre-Dame du Congo. La technique d'interview a servi pour la collecte d'informations auprès de la Commission Paroissiale de Développement (CPD) de la Cathédrale Notre-Dame du Congo. La Commission Paroissiale étant un relais local, une représentation du »Bureau Diocésain Caritas - Développement» (BDCD), il nous a semblé utile de prendre contact avec ce dernier pour avoir accès aux informations relatives à son historique, sa mission, son fonctionnement, ses activités, ...

Nous espérions aussi y retrouver les traces de cette formation en »BoulangeriePâtisserie» dispensée à la Cathédrale Notre-Dame du Congo. C'est ainsi que nous avons parcouru différents rapports annuels et le rapport 2006 révèle que pour cette année, l'un des objectifs spécifiques que le BDCD s'était fixés consistait à « renforcer les capacités de communautés de base dans le lancement, la gestion et la rentabilisation des activités génératrices de revenus »15.

L'enquête se sert du questionnaire comme instrument de recherche, alors que l'interview est »un questionnement oral ou discussion avec un individu et qui porte sur un sujet prédéterminé dont on veut approfondir certains aspects à travers les réponses de la personne interviewée»16.

6) DELIMITATION DU SUJET

Notre travail est limité dans le temps et dans l'espace. Pour ce qui est de la délimitation temporelle nous avons retenu la période allant de 2006 à 2011. Notre évaluation portera en fait sur des activités ponctuelles organisées de 2006 à 2011. Nous allons nous intéresser à l'évolution non seulement des micro-entreprises et AGR soutenues par le BDCD, mais encore des boulangers-pâtissiers formés à la cathédrale

14 Philippe KÖTLER et Bernard DUBOIS, Marketing Management, Pearson Education France, Paris, 2004, p.147. 15Rapport d'activités du Bureau Diocésain Caritas Développement de l'Archidiocèse de Kinshasa-Exercice 2006, Juillet 2007, p.15

16 Omar AKTOUF, Op.cit., p.82

Notre-Dame du Congo. Quant à la délimitation spatiale, il y a deux niveaux : la commune de Lingwala pour les boulangers-pâtissiers d'une part, les AGR bénéficiaires du soutien du BDCD d'autre part à travers les autres communes de la ville de Kinshasa.

7) SUBDIVISION DU TRAVAIL

Outre l'introduction et la conclusion, le présent travail s'articule autour de quatre chapitres, à savoir :

- Le chapitre premier porte sur l'approche conceptuelle : nous y apportons la définition des concepts d'entrepreneuriat, de réduction de la pauvreté et l'incidence ; - Le chapitre deux porte sur la présentation du cadre d'étude : nous présentons le BDCD, la (les) Commission(s) Paroissiale(s) de Développement et la Commune de Lingwala ;

- Le chapitre trois porte sur l'analyse et l'interprétation des résultats de notre enquête, c'est ici que siège l'originalité de notre travail ;

- Le quatrième chapitre présente notre « Dossier Projet », la réponse aux problèmes qui se posent aux micro-entrepreneurs que nous avons suivis.

Chapitre I.

APPROCHE CONCEPTUELLE ET THEORIQUE

1.1. DEFINITION DES CONCEPTS DE BASE

1.1.1. L'entrepreneuriat

Proposer une définition pour le concept d'entrepreneuriat est une tâche difficile au regard du grand nombre des disciplines auxquelles il relève et au regard de la diversité des considérations et objectifs auxquels il répond.

Lorsque l'on cherche à comprendre le sens d'un vocable, d'un mot ou d'un concept ou lorsque l'on cherche à cerner la réalité rangée derrière un concept c'est tout à fait de manière automatique que l'on recourt à un dictionnaire de langue française. Nous avons eu ce même réflexe, cependant le concept d'entrepreneuriat ne figure pas dans le dictionnaire consulté17.

La littérature consacrée au concept fait état d'un nombre important de perspectives et d'une diversité des définitions18 dont aucune ne fait l'unanimité au sein de la communauté scientifique, et les chercheurs qui s'y sont intéressés ne l'ont abordé que selon leurs allégeances disciplinaires (psychologie, économie, sociologie et anthropologie).

D'après une première définition trouvée dans la littérature19 « L'entrepreneuriat (ou, selon une orthographe un peu moins courante, entreprenariat) est l'action de créer une nouvelle entreprise. L'entrepreneuriat est une activité difficile et bon nombre de créations d'entreprises se soldent par un échec.»

Comme cela apparaît, lorsqu'on aborde le concept d'entrepreneuriat on est tenté de le limiter au phénomène de création d'entreprises ou encore aux aspects liés à la création ou à l'évolution d'entreprises. Cependant, Pierre-André JULIEN et Louise CADIEUX20 ont voulu aller plus loin et ont avancé que la définition de l'entrepreneuriat englobe non seulement la création d'entreprises, et le rôle des entrepreneurs dans celle-ci, mais également les changements au niveau de la direction et de la propriété, tels que le rachat ou la reprise d'une entreprise existante, l'innovation sous toutes ses formes à l'intérieur des entreprises pérennes, ou encore les ajustements dans ces entreprises pérennes pour faire face à l'évolution des marchés et satisfaire les besoins socio-économiques des individus.

17 Le Robert Micro, Edition de poche, 1998

18 Une recension des définitions de l'entrepreneuriat trouvée dans la littérature est reprise plus loin

19 `'Qu'est-ce que l'entrepreneuriat ?», article électronique publié le 03/03/2010 par Entreprendre-iae dans http://entreprendre-iae-.centerblog.net/rub-qu-est-ce-entrepreneuriat-.html

20 P.-A. JULIEN, La mesure de l'entrepreneuriat, Rapport d'étude, Institut de la Statistique du Québec, 2010

L'analyse de différentes définitions de l'entrepreneuriat a permis aux chercheurs précités de déboucher sur huit dimensions clés reprises dans le tableau 1 ci-après, à savoir : la création d'une nouvelle entreprise ou de son propre emploi; la création de nouveaux produits ou processus; la prise de risque tant pour l'entrepreneur que pour l'entreprise; l'innovation, quelle qu'en soit la forme (radicale ou incrémentale); la création de valeur; la capacité de l'entreprise à générer des profits et à croître, le repérage et l'exploitation d'une ou de plusieurs opportunités d'affaires et la mobilisation des ressources, qu'elles soient limitées ou non.

Tableau 1 : Les dimensions de l'entrepreneuriat

Dimensions de l'entrepreneuriat

Auteurs consultés qui mentionnent cette dimension

Création d'entreprise

Bygrave et Hofer, (1991); Gartner (1989; 1990); Landström (1999); Friis et coll. (2002); Ahl (2006)

Création de nouveaux produits, méthodes de production, marchés, sources d'approvisionnement, etc.

Landström (1999); Audretsch (2002); Friis et coll. (2002); Roberts et Woods (2005)

Prise de risque

Audretsch (2002); Friis et coll. (2002); Gartner (1989; 1990);Landström (1990); Lash et Yami (2008)

Innovation

Knight (1921); Schumpeter (1934); Commission européenne (2003)

Création de valeur

Landström (1999); Bruyat et Julien (2000); Roberts et Woods (2005); Ahl (2006)

Profits et croissance de l'entreprise

Kirchhoff( 1994); Caree et Turick (2005)

Dépistage et exploitation d'une occasion

d'affaires

Venkataraman (2000); Verstraete et Fayolle (2004); Buenstorf (2007); Companys et McMullen (2007); Julien et Vaghely (2008)

Mobilisation des ressources

Landström (1999); Roberts et Woods (2005)

Source : P.-A. JULIEN et Louise CADIEUX, La mesure de l'entrepreneuriat, Rapport d'étude, Institut de la statistique du Québec, Décembre 2010, p. 26

Les chercheurs ont appréhendé ces différentes dimensions en partant de la nouveauté ou de l'innovation par rapport au marché et ont débouché sur 4 types d'entrepreneuriat, à savoir :

· La création d'une nouvelle entreprise ;

· La reprise d'une entreprise déjà existante avec des innovations mineures ou majeures ;

· Une nouvelle entreprise sur un nouveau marché et

· L'élargissement du marché pour une entreprise existante.

Tableau 2 : Les différentes formes de l'entrepreneuriat

Formes entrepreneuriales

Définitions

Sources

Création pure d'entreprise

Une création est dite pure si l'activité exercée ne constitue pas la poursuite d'une activité de même type exercée antérieurement au même endroit par une autre entreprise.

Counot et Mulic (2004)

Essaimage

Pratique par laquelle une entreprise favorise le départ de certains de ses salariés et les aide à créer leur propre entreprise.

Office québécois de la langue française (2007)

Reprise d'entreprise

Achat, donation ou héritage d'une entreprise déjà existante.

Counot et Mulic (2004)

Développement et croissance d'une entreprise

Nouveaux débouchés commerciaux (produits, services, procédés) ou mise en application de meilleurs moyens de répondre à la demande du moment.

OCDE (1998)

Intrapreneuriat

Conception de nouveaux projets ou de nouvelles activités ou développement des activités actuelles, à partir d'une entreprise existante, quelle que soit la taille de l'entreprise.

Carrier (2008) Dumais et coll. (2005)

 

Source : P.-A. JULIEN et Louise CADIEUX, La mesure de l'entrepreneuriat, Rapport d'étude, Institut de la statistique du Québec, Décembre 2010, p. 29

13
Avant de proposer une définition de l'entrepreneuriat, ils s'appuient sur cette

typologie d'entrepreneuriat pour présenter différentes formes d'entrepreneuriat, résumées dans le tableau 2 ci-après.

Tenant compte de la typologie dont il est question ci-haut et après une abondante discussion, ils ont alors, à partir de la définition présentée par l'OCDE en 200721, proposé la définition que voici :

« L'entrepreneuriat, c'est l'action humaine, soutenue par le milieu environnant, générant de la valeur sur le marché par la création ou le développement d'une activité économique, évoluant avec cette valeur pour finalement affecter l'économie, et ce, dans le but de mieux répondre aux besoins individuels et collectifs d'un territoire »22.

Cette définition comporte des éléments qui méritent d'être expliqués à leur tour pour permettre à tout lecteur d'être bien cerner la réalité dont il est question :

· L'entrepreneuriat est une action humaine ;

· Cette action humaine est et doit être soutenue par le milieu environnant ;

· Cette action humaine crée de la valeur par la création ou le développement d'une activité économique ;

· Avec cette valeur, cette action affecte l'économie ;

· Cette action humaine répond et doit répondre aux besoins individuels et collectifs d'un territoire.

1.1.1.1. L'entrepreneur

Puisque l'entrepreneuriat est une action humaine, il n'y a donc pas d'entrepreneuriat,
pas d'entreprise sans l'homme. Cet homme c'est l'entrepreneur. Qu'entendre par

»entrepreneur» ? Existe-t-il un profil-type de l'entrepreneur ? Peut-on parler des modèles d'entrepreneur ?

Parmi les différentes acceptions que les dictionnaires réservent au concept d'entrepreneur, on peut noter celle de chef d'entreprise23, ou encore celle d'une personne qui se charge de l'exécution d'un travail, ou bien encore celle d'une personne qui dirige une entreprise pour son compte24. Mais pour Joseph Aloïs SCHUMPETER, l'entrepreneur représente le pari de l'innovation, et la réussite de cette innovation est fonction du dynamisme qui caractérise cet entrepreneur. Il dit de

l'entrepreneur que c'est »un homme dont les horizons économiques sont vastes et
dont l'énergie est suffisante pour bousculer la propension à la routine et réaliser des

innovations». Regardé dans ce sens, l'entrepreneur est plus qu'un simple chef

21 L'OCDE a défini l'entrepreneuriat comme le résultat de « toute action humaine pour entreprendre en vue de générer de la valeur via la création ou le développement d'une activité économique identifiant et exploitant de nouveaux produits, de nouveaux procédés ou de nouveaux marchés ».

22 P.-A. JULIEN et Louise CADIEUX, La mesure de l'entrepreneuriat, Rapport d'étude, Institut de la statistique du Québec, Décembre 2010, p. 30

23 Le Petit Larousse illustré, 2005

24 Le Robert Micro, 1998

d'entreprise, plus qu'un simple gestionnaire, plus qu'un simple propriétaire des moyens de production ; c'est un réel aventurier prêt à s'écarter des sentiers battus pour faire autre chose que ce qui a toujours été fait et embarquer les autres hommes dans une nouvelle manière de faire.

Difficile de dire s'il existe un profil-type de l'entrepreneur, mais de nombreuses études font état de l'existence des caractéristiques et des traits de personnalité, des traits de comportement dans l'action qui sont le lot commun des entrepreneurs qui réussissent25. Quels sont ces traits de comportement ?

~ Energie et dynamisme. On ne devient pas entrepreneur et, surtout, on ne réussit pas dans cette fonction si le temps de travail est celui des accords professionnels. On n'est pas entrepreneur à temps partiel ! Créer une entreprise représente un effort important, mobilisateur de temps, d'énergie. La développer de même.

~ Confiance en soi. Un investisseur n'acceptera pas de placer des fonds dans une affaire gérée par quelqu'un qui n'aurait pas confiance en soi. Confiance en soi, pas confiance qu'en soi. Détermination, mais pas l'obstination. Rester sourd aux avertissements que donnent les faits est l'une des causes fréquentes de faillite.

~ Capacité à intégrer le long terme. Créer une entreprise, une organisation suppose, dans le présent, développer un ensemble d'actions qui n'auront un sens que plus tard. Il n'y a pas de création d'entreprise réussie sans capacité à imaginer demain, sans perception de la durée, sans vision du moyen et du long terme. Les objectifs de l'entrepreneur sont situés dans le futur. Tout ce qu'il fait dans le présent aura une conséquence demain.

~ Capacité à résoudre de multiples problèmes. Lorsqu'on crée une entreprise, on doit s'attendre et être prêt à surmonter des difficultés de tous ordres, traiter plusieurs problèmes en même temps. Il ne suffit pas de les résoudre théoriquement, mais en plus de mettre les solutions en oeuvre.

~ Acceptation de l'échec. L'échec fait partie de la réussite. Il n'existe pas d'oeuvre humaine sans revers ou déconvenues. Pour le vrai entrepreneur, l'échec, l'erreur, le revers est source de remise en question, de détection de nouvelles opportunités et donc de réussite ultérieure.

~ Mesure dans la prise du risque. L'entrepreneur n'est pas un joueur qui s'enrichit en faisant un coup. Il prend des risques longuement appréciés, calculés, qui sont dans une perspective à moyen ou long terme.

~ Ouverture à l'innovation et à la création. Pour qu'une entreprise survive, elle doit évoluer : dans ses produits, dans ses structures, sur le plan social. D'où la nécessité d'une ouverture généralisée à l'innovation.

~ Capacité à assumer un leadership. L'évolution positive de l'entreprise créée conduit vers une structure de plus en plus complexe, et diriger cette

25 Robert Frédéric, Entreprendre et Réussir, De Boeck-Wesmael, Bruxelles, 1990, p.15

organisation, c'est assumer un leadership. Un entrepreneur doit être reconnu comme leader par l'équipe qui se crée autour de lui : des capacités d'animation, d'entraînement dans l'action, d'arbitrage des conflits, d'adaptation des structures lui seront nécessaires.

Au-delà de ces caractéristiques, on peut distinguer trois modèles

d'entrepreneur26, à savoir : l'entrepreneur inventeur ; l'entrepreneur artisan et l'entrepreneur manager.

~ L'entrepreneur inventeur est celui qui veut vivre de son invention, de sa découverte, de sa mise au point. Son approche procède souvent d'une conviction indéfectible quant à l'importance de sa découverte. Ce n'est pas le lucre qu'il vise en premier, mais son souci premier est qu'on reconnaisse son génie.

~ L'entrepreneur artisan part d'une maîtrise, d'un savoir-faire manuel ou intellectuel et met ce savoir-faire à la disposition de tiers. Ce qui préside à la création d'une activité nouvelle, c'est la conviction qu'une certaine manière de faire, que la maîtrise acquise dans un domaine permet de s'affranchir d'un lien de subordination pour devenir son propre patron.

~ L'entrepreneur manager quant à lui, a vocation de développer sans cesse l'entreprise qu'il a créée. Il a vécu diverses expériences professionnelles et sait ce qu'est une entreprise. Il connaît la plus part des notions qui constituent les thèmes de management, même si les concepts ne sont pas toujours bien assimilés. Comme une locomotive, il tire son entreprise et l'entraîne toujours plus loin. Il est intéressé plus par l'action (diriger, gérer) que par les produits ou les marchés qui sont l'objet de son action.

~ Il y a des entrepreneurs qui ne sont ni inventeurs, ni artisans et ni managers, mais appartiennent à un modèle mixte ou méta modèle ; selon les éclairages que l'on donne à leur projet et à leur personnalité, il y aura des dominantes.

1.1.1.2. L'environnement

Le terme environnement a plusieurs acceptions qui varient avec le contexte et les grilles de lecture qu'on lui applique. Les dictionnaires sont imprécis à son sujet, et on peut en tirer ce qui suit :»conditions extérieures susceptibles d'agir sur le fonctionnement d'un système, d'une entreprise, de l'économie nationale»27 ; ou encore »ensemble des éléments objectifs et subjectifs qui constituent le cadre de vie d'un individu»28.

26 Robert Frédéric, op. cit., p.18

27 Le Robert, Cité dans notre mémoire de fin d'étude sur `'La Petite et Moyenne Entreprise zaïroise et son environnement», Ecole d'Ergologie de Belgique, 1996

28 Le Petit Larousse illustré, 2005

Pour Henry MINZBERG29, partant d'une définition tirée du Larousse selon laquelle l'environnement est ''l'ensemble des éléments naturels ou artificiels où se déroule la vie'', l'environnement comprend virtuellement tout ce qui est situé en dehors de l'organisation : sa technologie (le savoir qu'elle utilise), la nature de ses produits, les clients et les concurrents, la distribution géographique de ses activités, le climat économique, politique et même météorologique dans lequel elle fonctionne, etc

La littérature, poursuit-il30, met l'accent sur certaines caractéristiques des environnements organisationnels, et en particulier sur quatre d'entre eux, présentés brièvement tour à tour ci-après : la stabilité ; la complexité ; la diversité des marchés et l'hostilité.

1) La stabilité. L'environnement d'une organisation peut aller du plus stable au plus dynamique. Comme le soutient MINZBERG, un environnement stable est celui dans lequel une organisation peut prédire les conditions dans lesquelles elle se trouvera ; donc, toutes choses étant égales par ailleurs, elle peut isoler son centre opérationnel et en standardiser les activités (établir des règles, formaliser le travail, planifier les actions) ou peut-être standardiser les qualifications.

2) La complexité. L'environnement peut également aller du plus simple au plus complexe. Il est simple lorsque le savoir requis peut être rationalisé, décomposé en éléments compréhensibles. Il est complexe s'il exige de l'organisation la possession d'un savoir étendu et difficile sur les produits, les clients,... La complexité de l'environnement entraîne la décentralisation de la structure.

3) La diversité des marchés. Elle est fonction du nombre et de la variété des clients, des produits, des régions, des marchés auxquels l'entreprise s'adresse. Les marchés peuvent aller du plus intégrés aux plus diversifiés. La diversité des marchés amène l'entreprise à identifier les segments homogènes et à créer dans leur structure des unités spécialisées pour traiter chacun d'eux.

4) L'hostilité. Défini à la fois par la vivacité de la concurrence, la rareté des ressources disponibles, les relations de l'organisation avec les syndicats, les gouvernements,... l'environnement de l'entreprise peut aller du plus accueillant au plus hostile. La variable hostilité affecte la structure de l'entreprise d'une manière particulière par l'entremise de la vitesse de réponse : les environnements hostiles exigent des réactions rapides de la part des entreprises.

29 Henry MINZBERG, Structure et Dynamique des organisations, les éditions d'organisation, Paris, 1982, p.

30 Op. Cit., p.246

1.1.1.3. La création de la valeur

Parmi les grandes approches conceptuelles identifiées par les chercheurs31 pour cerner le phénomène complexe de l'entrepreneuriat dans sa globalité il y a la conception de la dialogique individu/création de valeur que BRUYAT définit comme une dynamique de changement où l'individu est à la fois acteur de la création de valeur dont il détermine les modalités et objet de création de valeur, qui par l'intermédiaire de son support (projet, structure, etc) l'investit voire le détermine.

Pour FAYOL, s'inscrivant clairement dans cette approche, l'entrepreneuriat est une situation reliant de façon concomitante, un individu caractérisé par un engagement personnel fort (consommation de temps, argent, énergie, etc.) et un projet ou une organisation émergente ou une organisation »stabilisée» de type entrepreneurial. La valeur créée renvoie aux apports techniques, financiers et personnels que génère l'organisation impulsée et qui procure satisfaction à l'entrepreneur et aux parties prenantes ou intéressées.

Pour l'entrepreneur il peut s'agir de biens financiers et matériels mais aussi d'autonomie, voire d'un ensemble des mobiles irrationnels tels que le pouvoir, l'estime de soi, le goût sportif de la victoire et de l'aventure, la joie d'être à la base des conceptions et idées originales. Pour les clients, il s'agit de la satisfaction procurée par la consommation du produit et/ou service proposé. Du point de vue financier, il s'agirait de la profitabilité de la structure créée et des gains monétaires effectifs et potentiels. L'entrepreneur prend des risques par son initiative créatrice dont le couronnement est le profit. Tel est le sens de la création de valeur.

1.1.1.4. La création ou le développement d'une activitééconomique

Par activité économique on peut entendre toute activité tendant à la création et distribution des richesses.

1.1.1.5. L'impact sur l'économie

Toute entreprise créée a un impact sur l'économie, et cet impact peut être analysé à travers les éléments tels que : elle crée de l'emploi ; elle distribue des salaires ; elle a une part dans la valeur ajouté, dans la productivité, dans l'exportation, dans la soustraitance, dans l'investissement, dans l'innovation,... Le rôle joué par les Petites et Moyennes Entreprises (PME) dans les économies modernes peut bien illustrer nos propos.

En effet, les PME jouent un grand rôle dans les économies modernes au regard des éléments irremplaçables qu'elles apportent pour le développement de la vie économique et sociale. La créativité et le dynamisme dont elles font preuve permettent de satisfaire le besoin de diversification et le souci de qualité qui apparaissent dans la population lorsque la quantité est assurée. Car, soutient Léon

GINGEMBRE32, la diversification et la qualité sont essentiellement le domaine de la petite et moyenne entreprise qui, plus proche des individus et mieux placée pour satisfaire et servir leurs besoins, peut détecter les évolutions et en fonction de sa souplesse de fonctionnement, s'y adapter.

De surcroît, elles constituent un réservoir quasi inépuisable d'où naissent les grandes entreprises.

Sur le plan des structures sociales, poursuit L. GINGEMBRE, la petite et moyenne entreprise apparaît également comme un élément fondamental de promotion car elle permet à ceux qui le désirent et qui en ont la capacité de progresser et de parvenir.

D'autres éléments témoignant du dynamisme de petites et moyennes entreprises se situent dans l'emploi, dans les salaires distribués, dans la valeur ajoutée, dans le chiffre d'affaires, les investissements, dans les exportations33.

En outre, le rôle joué par les P.M.E. dans la sous-traitance est fondamental. Bruno MAGLIULO34 note que bon nombre de grandes entreprises, y compris les plus grandes, s'effondreraient, ou seraient placées devant de grandes difficultés, si elles ne disposaient pas d'un important réseau de P.M.E/P.M.I. sous-traitantes.

1.1.1.6. Une réponse aux besoins individuels et collectifs d'un territoire

Les besoins individuels et collectifs d'un territoire doivent être rencontrés par l'entreprise créée.

A propos de l'entreprise, le dictionnaire35 dit que c'est ce que l'on se propose d'entreprendre, et il renvoie au projet, défini comme étant l'image d'une situation, d'un état que l'on pense atteindre.

Dans le cycle d'un projet, la première étape est l'identification; elle consiste à identifier une situation jugée insatisfaisante, un problème, un besoin, une difficulté,... dont la solution viendrait du projet. Il y a donc lieu dès le départ de procéder à l'évaluation des besoins.

L'un des critères d'évaluation qui font un bon projet est, comme le notent Lédent et Leroi36, la pertinence. C'est le bien fondé du projet, et elle renvoie à des questions telles que :

* Le projet répond-il à des problèmes réels ? Ou prévient-il des problèmes

prévisibles ?

32 Léon GINGEMBRE, op. cit., p.71

33 Nous n'avons pu trouver un tableau illustrant l'impact économique de différentes catégories d'entreprises.

34 B. MAGLIULO, Les Petites et moyennes Entreprises, Coll. Profil n° 549, Hatier, 1983, pp. 44-49

35 Le Robert Micro, Edition de poche, 1998

36 J.P. Lédent et A. Leroi, L'approche cadre logique dans l'identification de projets de développement : comment y intégrer l'environnement ?, HDE, Gembloux, 2005

* Ne risque-t-il pas, de par son objectif spécifique, de provoquer d'autres

problèmes, tels que des impacts environnementaux indésirables ?

* Les bénéficiaires sont-ils bien choisis, parmi les personnes qui en ont le plus

besoin, et en tireront donc le plus de bénéfice ?

* Le projet répond-il à leurs besoins prioritaires ? Un autre projet n'aurait-il pas

été plus approprié ?

* Bref, est-ce une bonne idée, que de réaliser ce projet-là ?

La pertinence repose sur deux critères : la justesse de la finalité poursuivie, qui peut être jugée du point de vue de l'éthique, des principes auxquels il a été choisi d'adhérer ; et la cohérence logique de l'objectif propre du projet par rapport à cette finalité. De nombreux projets ont manqué de pertinence, ont échoué ou n'ont pas eu de bénéfices durables par ce qu'ils étaient déterminés plus par l'offre que par la demande ou par les besoins locaux. Répondre à des besoins ou à des problèmes réels est en effet une condition sine qua non de pertinence et d'impact favorable.

Du point de vue territorial37 le local, qui avait reculé avec l'universalisation des produits et des comportements de consommation suite à la globalisation des économies, connaît un regain avec la multiplication des clusters, des pôles d'excellence, et des technopôles. Ce retour du local s'accompagne de la montée des territoires, jouant un rôle déterminant dans la construction des configurations productives, à travers la qualité de leurs offres. De facto, on peut parler de »capital territorial», constitué d'éléments spécifiques, tels que la qualité des relations de confiance entre acteurs du territoire, notamment les entrepreneurs, le capital relationnel ainsi que les capacités d'apprentissage. La problématique du développement territorial apparaît donc et donne lieu à la création et au développement de toutes sortes d'entreprises (TPE/PME) hétérogènes implantées sur un territoire donné qui est souvent leur premier marché. D'où la notion d'entrepreneuriat régional/local. Les entreprises s'inscrivent d'abord dans leur environnement de proximité.

1.1.1.7. Les Petites et Moyennes Entreprises (P.M.E)

Proposer une définition pour le moins satisfaisante du concept de P.M.E. s'avère d'autant plus malaisé que la réalité ainsi désignée varie tant dans l'espace que dans le temps.

En effet, la catégorie relevant de ce concept varie selon les pays, voire, s'agissant d'un même pays, selon les secteurs d'activité. C'est ainsi qu'en Belgique, comme le signale DONCKELS38, plus de 50 définitions différentes de concept sont proposées dans les différentes formes de législation.

37 Tinasoa RAZAFINDRAZAKA, `'L'entrepreneuriat comme outil de développement territorial : construction d'un référentiel théorique», Communication au Colloque international sur la vulnérabilité des TPE et des PME dans un environnement mondialisé, 27 au 29 mai 2009

38 Ric DONCKELS, Pleins feux sur les P.M.E. : De la théorie à la pratique, Roularta Books, 1993, p.21

Toutefois, c'est de la classification basée sur le critère de taille que découle la subdivision entre « Grandes Entreprises » (G.E.) d'une part et « Petite et Moyenne Entreprise » (PME) de l'autre, même si la distinction ainsi mise en oeuvre n'est pas parfaitement claire. D'autant plus que telle subdivision réfère quasi exclusivement à un critère de quantification, de compréhension apparemment facile, au détriment de tout autre.

Car, en effet, non seulement d'autres critères quantitatifs seraient à prendre en compte, mais encore des critères qualitatifs sont susceptibles de contribuer à révéler au mieux les contours de ce qu'il est convenu d'appeler « Petite et Moyenne Entreprise », en sigle P.M.E.

Il ressort de différents critères trois catégories typologiques39 établies par les chercheurs à savoir : les typologies quantitatives et les typologies qualitatives dont la combinaison débouche sur une typologie dite complexe et globale permettant de fournir les caractéristiques des entreprises rangées derrière le vocable de P.M.E.

1.1.1.7.1. Typologies quantitatives40 des P.M.E.

Ces typologies, écrit P.A. JULIEN41, relèvent de l'approche économique

traditionnelle, qui se refuse à pénétrer à l'intérieur de la boîte noire de l'entreprise et ne touche ainsi qu'aux éléments les plus apparents. Elles sont au surplus les premières disponibles et peuvent donc servir, par exemple, à établir les critères pour l'application des programmes d'aide gouvernementaux. Ainsi s'offrent-elles aux chercheurs comme une première porte d'entrée pour obtenir des échantillons qui seront étudiés par la suite.

Cette approche se base sur différents critères de choix tels que les effectifs, la production, la valeur ajoutée ou des ventes, la mesure des actifs, le chiffre d'affaires,...pour établir les différentes catégories que sont les Petites Entreprises, les Moyennes Entreprises et les Grandes Entreprises.

De tous les critères, Pierre FRANCK42 indique qu'on choisit généralement le critère des effectifs qui ne dépend d'aucun paramètre économique et permet facilement des comparaisons internationales du fait de son indépendance au regard des taux de change.

Mais, malgré cet avantage qu'il offre, il reste cependant un critère non satisfaisant, car, ainsi que le démontre Gérard HIRIGOYEN43, la juxtaposition de critères d'effectif à partir des textes législatifs ne permet pas de conduire à un classement précis des entreprises en fonction de leur dimension. Et la même incertitude, poursuit-il, demeure dans les études économiques et financières pourtant rigoureuses. Il signale

39 Pierre André JULIEN, Les P.M.E. : Bilan et Perspectives, Economica, 1994

40 Les autres typologies ne sont pas reprises ici.

41 P.A. JULIEN, Op. cit.

42 Pierre FRANCK, L'économie de l'entreprise, Coll. « Que sais-je ? » n° 1839, P.U.F., 1980, p. 70

43 Bruno MAGLIULO, Les Petites et moyennes Entreprises, Coll. Profil n° 549, Hatier, 1983, p.10

alors l'existence en France, par exemple, de différentes typologies d'entreprises que voici.

Une première typologie établit la distinction entre : la micro-entreprise, celle dans laquelle on ne rencontre aucun salarié ou dont l'effectif est au plus égal à 10 (exploitations artisanales inscrites au registre des métiers, commerces de détail, prestations de services) ; la P.M.E., l'entreprise industrielle de 11 à 500 salariés ainsi que celle de négoce ou de prestation de services de 11 à 500 salariés ; enfin, l'entreprise « d'une certaine dimension », celle dont l'effectif se situe au-delà de 100 ou 500.

Une autre approche typologique établit quant à elle, la distinction ci-après : les petites entreprises, celles dont l'effectif ne dépasse pas 10 salariés ; les entreprises intermédiaires et les entreprises importantes, dont les effectifs sont supérieures à 100 personnes.

Une autre typologie rend compte de l'existence de trois groupes d'entreprises : les petites qui emploient moins de 20 salariés, les moyennes de 20 à 499, les grandes avec 500 ou plus.

Il ressort de ces différentes approches que les typologies quantitatives demeurent dans l'ensemble largement insatisfaisantes de par leurs critères imprécis et mouvants44.

1.1.1.7.2. Caractéristiques des PME

1. La petitesse de la taille

La petitesse de la taille est l'un des premiers critères utilisés sinon le premier, pour caractériser les PME. Cette taille qualifiée parfois d' « humaine » dote l'entreprise d'atouts essentiels par rapport à la grande entreprise. Car à cette petite taille est associée une grande souplesse structurelle, permettant une remarquable capacité d'adaptation au marché et des prix de revient relativement bas étant donné la faiblesse des coûts fixes.

2. La centralisation de la gestion

Le système de gestion de la PME est fortement centralisé. La distinction « propriétaire - dirigeant » n'est pas visible. P.A. JULIEN45 note qu'on peut même parler de « personnalisation » de la gestion en la personne du propriétaire-dirigeant dans le cas de toutes petites entreprises. Mais cette forte centralisation se retrouve aussi dans les moyennes entreprises des secteurs traditionnels.

44 Il vient souvent à l'esprit de situer la PME d'après l'un ou l'autre critère quantitatif. Cependant, les critères quantitatifs diffèrent d'un pays à un autre, voire d'un secteur à l'autre dans un même pays.

45 P.A. JULIEN, op.cit., p.34

3. La faible spécialisation

Tant au niveau de la direction que des employés et des équipements, la spécialisation est faible et vient avec l'augmentation de la taille de l'entreprise, nécessitant une mise sur pieds de plusieurs niveaux organisationnels dans les différentes fonctions.

Une comparaison axée sur la structure des emplois dans les PME et les grandes entreprises révèle que les ouvriers, relativement plus nombreux dans les PME, sont aussi en moyenne moins qualifiés. Plus précisément, la proportion d'ouvriers qualifiés diminue quand on passe des petites entreprises aux moyennes et augmente fortement des moyennes aux grandes46.

4. Une stratégie intuitive ou peu formaliste

Dans les petites entreprises des plans précis des actions à venir, susceptibles de servir de cadre de référence pour toute la direction sont inexistants et le propriétairedirigeant est suffisamment proche de ses employés-clefs pour leur expliquer au besoin tout changement de direction.

5. Un système d'information interne peu complexe ou peu organisé Le transfert d'information dans les petites organisations s'opère grâce au dialogue ou le contact direct.

6. Un système d'information externe simple

Les petites entreprises ne recourent pas à des études de marché coûteuses et complexes. Ainsi, dans les entreprises artisanales, par exemple, le propriétairedirigeant peut discuter directement avec ses clients tant pour connaître leurs besoins et leurs goûts qu'expliquer différents aspects du (des) produit(s)47.

1.1.1.7.3. Quelle définition pour la P.M.E. ?

Les typologies et caractéristiques ci-dessus donnent une idée plus ou moins vague de cette réalité désignée par le concept de PME.

Ce concept comporte, ainsi que l'ont montré les typologies, deux dimensions : une quantitative et une qualitative. Les critères quantitatifs, rappelons-le, sont insatisfaisants puisque mouvants et imprécis.

Léon GINGEMBRE48 soutient que les formules quantitatives mettraient dans l'obligation d'adopter des chiffres qui diffèreraient suivant les secteurs professionnels considérés, et aboutiraient à des formules extrêmement complexes sans traduire la réalité des faits.

En vérité, poursuit-il, si on examine de façon plus approfondie la notion de PME, on trouve qu'au-delà des données quantitatives, un certain nombre de caractères sont permanents et qu'il est donc préférable de s'orienter vers une définition qualitative.

46 B.MAGLIULO, Les Petites et Moyennes Entreprises, Coll. Profil -Dossier n°549, Hatier, p.32

47 P.A. JULIEN, op. cit., p.34

48 Cité par B. MAGLIULO, op. cit., p. 15

Il est indiqué49 que les critères de fond, ceux permettant de refléter fidèlement les caractéristiques structurelles communes aux PME, peuvent être ramenés à trois.

· Le premier est la responsabilité directe, personnelle et finale du patron qui apparaît en définitive bien souvent comme le seul décideur ;

· Le deuxième est la propriété du patrimoine social qui est souvent le fait d'un homme ou de sa famille, quelle que soit la forme juridique adoptée, ce qui se traduit le plus souvent par une confusion des patrimoines ;

· Le troisième, enfin, est l'existence d'un objectif particulier de richesse débouchant sur un rôle important des rémunérations personnelles et sur une recherche de la rentabilité à court terme.

Ainsi, on pourrait entendre par PME ces entreprises dans lesquelles les chefs d'entreprises assurent personnellement et directement les responsabilités financières, techniques, sociales et morales de l'entreprise, quelle que soit leur forme juridique50.

Le patronat à la tête des PME est un patronat réel, c'est-à-dire celui qui risque dans ses affaires ses propres capitaux, exerce une direction administrative et technique effective, et assure, avec son personnel, des contacts directs et permanents ; ce patronat s'oppose au patronat de gestion ou de management qui dirige les grandes entreprises où la propriété et la gestion sont dissociés, la propriété étant répartie entre un grand nombre d'actionnaires et la gestion effectuée par un collège des cadres51.

Si les critères qualitatifs permettent de refléter les caractéristiques communes à toutes les PME, nous pouvons noter qu'à l'intérieur du concept de PME les critères quantitatifs permettent d'établir la distinction entre les petites et les moyennes entreprises. Des seuils sont établis tantôt en terme de chiffre d'affaires tantôt en terme d'effectif du personnel.

1.1.1.7.4. Définition des PME congolaises

Considérant que les petites et moyennes entreprises et l'artisanat constituent l'épine dorsale de l'économie mondiale en général et de l'économie congolaise en particulier et qu'ils sont l'un des principaux moteurs de l'innovation, de la création des richesses et de l'emploi ainsi que de l'intégration sociale en République Démocratique du Congo, l'Etat Congolais, d'une part, et les organisations patronales et

49 B. MAGLIULO, op. cit., pp. 15-16

50 A. BIZAGUET, Les Petites et Moyennes entreprises, Coll. « Que sais-je ? » n° 2642, P.U.F., 1991, p. 12. Il s'agit d'une définition donnée par la Confédération Générale des PME (CGPME), un syndicat français.

51 A. BIZAGUET, op. cit. p. 12 ; L. GINGEMBRE, l' importance du rôle des PME dans l'économie moderne, in Revue de la Société d'Expansion, n° 257, Octobre 1973, pp. 706-711

professionnelles des petites et moyennes entreprises et de l'Artisanat (PMEA) de l'autre, ont, dans une charte52, donné une définition de cette catégorie d'entreprises.

Au sens de ladite charte, on entend par Petite et Moyenne Entreprise, toute unité économique dont la propriété revient à une ou plusieurs personnes physiques ou morales et qui présente les caractéristiques suivantes :

- Nombre d'emplois permanents : de 1 (un) à 200 personnes par an ; - Chiffre d'affaires, hors taxes, compris entre 1 et 4000 USD ;

- Valeur des investissements nécessaires mis en place pour les activités de l'entreprise inférieure ou égale à 350.000 USD ;

- Mode de gestion concentrée.

Se retrouvent dans cette catégorie : la micro-entreprise ou la très petite entreprise, la petite entreprise et la moyenne entreprise53.

1.1.2. La réduction de la pauvreté

1.1.2.1. La pauvreté, qu'est-ce ? Qui est pauvre ?

La pauvreté peut être entendue, selon le dictionnaire de langue française54, comme l'état d'une personne qui manque de moyens matériels, d'argent ; c'est l'insuffisance des ressources. Il renvoie à : indigence, misère, nécessité. Le pauvre c'est donc une personne qui n'a pas assez d'argent, un indigent, un nécessiteux.

Au Québec, une loi définit la pauvreté comme étant « la condition dans laquelle se trouve un être humain qui est privé des ressources, des moyens, des choix et du pouvoir nécessaires pour acquérir et maintenir son autonomie économique ou pour favoriser son intégration et sa participation à la société.»55.

La Commission européenne56, quant à elle, définit la pauvreté comme « un phénomène couvrant dans son acception non seulement l'absence de revenus et de ressources financières, mais inclut aussi la notion de vulnérabilité, ainsi que des facteurs tels que l'absence d'accès à une alimentation adéquate, à l'éducation et à la santé, aux ressources naturelles et à l'eau potable, à la terre, à l'emploi et au crédit, à l'information et à la participation politique, aux services et aux infrastructures ».

La réalité rangée derrière le concept de pauvreté est complexe. Et en France,
l'Observatoire des inégalités57 distingue trois façons de définir et de mesurer la

52 RDC, Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, Charte des petites et moyennes entreprises et de l'artisanat en République Démocratique du Congo, 24 Août 2009.

53 Nous reviendrons sur les typologies plus bas.

54 Le Robert Micro, op.cit.

55 Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion (CEPE), »Prendre la mesure de la pauvreté : proposition d'indicateurs de pauvreté, d'inégalités et d'exclusion sociale afin de mesurer les progrès réalisés au Québec», 2009.

56 Commission européenne, La politique de développement de la communauté européenne, Luxembourg, Office des publications officielles des Communautés Européennes. Cité par Oasis KODILA Tedika, « Pauvreté en République Démocratique du Congo : Un rapide état des lieux », in Revue congolaise d'économie, WP01/10-Mai 2010

57 http://www.inegalites.fr/spip.php?article 448

pauvreté : par le biais des revenus (approche monétaire); à travers le nombre de titulaires de minimas sociaux (approche administrative) ou les privations (approche sociologique).

Selon l'approche monétaire, la pauvreté fait penser d'abord à de faibles niveaux de revenus, qui doivent cependant être définis par rapport à une référence donnée : le seuil de pauvreté.

L'approche administrative prend en compte les personnes qui reçoivent les aides essentielles pour la survie (minima sociaux), lesquelles sont inférieures au seuil de pauvreté.

Etre pauvre c'est, selon l'approche sociologique, »être privé de». Cette approche prend en compte la réalité sociale des plus défavorisés : le dénuement, l'impossibilité de subvenir à ses besoins essentiels tels que se nourrir, se loger, se vêtir.

Dans les pays en développement, le phénomène de pauvreté repose sur des carences ou manques observables dans trois aspects ou dimensions essentiels de la vie humaine, à savoir58 :

· Longévité et santé : risque de décéder à un âge relativement précoce, exprimé par la probabilité à la naissance de ne pas atteindre 40 ans ;

· Instruction et accès au savoir : exclusion du monde de la lecture et des communications, exprimée par le taux d'analphabétisme des adultes ;

· Accès à un niveau de vie décent : impossibilité d'accéder à ce que procure l'économie dans son ensemble59.

Le seuil de pauvreté dont il est question ci-haut est déterminé aussi bien au niveau mondial que par chaque pays et il s'agit d'une valeur monétaire fixée « sur la base du coût par habitant d'un panier de consommation minimum comportant de la nourriture et quelques autres produits essentiels »60.

Chaque pays, région ou province... peut déterminer le seuil de pauvreté national, régional, provincial,...et calculer la part de la population vivant en dessous de ce seuil. A titre exemplatif, ce seuil s'était situé à 315$ par tête pour la ville de Kinshasa, en 2009 ; tandis qu'il était à 175$ par tête pour la République Démocratique du Congo pour la même année. Et la population vivant sous ce seuil était de 41.6% pour Kinshasa et de 71.3% pour la République Démocratique du Congo61.

58 PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2003, Economica, 2003, p.343

59 Cette dimension est exprimée par la moyenne non pondérée du pourcentage de la population privée d'accès régulier à des points d'eau aménagés et le pourcentage d'enfants souffrant d'insuffisance pondérale.

60 Dwight H. Perkins, Steven Radelet et David Lindauer, Economie du développement, de boeck, 2008, p.245

61 PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, Province de Kinshasa : pauvreté et conditions de vie à Kinshasa, Mars 2009, P.7 H. Perkins, Steven Radelet et David Lindauer, Economie du développement, de boeck, 2008, p.245

D'une manière générale, le seuil de pauvreté est fixé à un dollar62 des Etats-Unis par tête par jour. Les origines de ce seuil remontent à la fin des années 80 lorsque la Banque Mondiale préparait son Rapport sur le développement dans le monde pour l'année 1990. Les rapports successifs de cette institution étaient toujours centrés sur un thème d'étude ; et pour l'année 1990, l'étude examinait la pauvreté dans le monde en s'intéressant à 34 seuils nationaux de pauvreté précis, provenant aussi bien des pays développés que de ceux sous-développés. On s'est rendu compte que ces seuils augmentaient avec l'élévation du niveau de vie ; et en mettant l'accent sur les nations à revenu faible, on voyait que les seuils par pays tendaient à se situer dans une fourchette allant de 275 à 370 USD par personne et par an, mesurés en dollars de 1985 et en parité de pouvoir d'achat (PPA)63. Ainsi, la limite supérieure de cette fourchette, soit 370 USD (légèrement au dessus de 1 USD par jour) a été adoptée comme seuil mondial de pauvreté. Ce rapport a débouché sur la conclusion que 1,12 milliard d'humains, soit le tiers de la population des pays sous-développés en 1985, vivait avec en état de pauvreté absolue.

1.1.2.2. Concepts apparentés : Précarité, Vulnérabilité, Inégalité

Ces concepts qui sont l'un ou l'autre utilisés, dans le langage courant, parfois à la place de la pauvreté méritent d'être expliqués.

1.1.2.2.1. PRECARITE

Pour Jean-Claude BARBIER64, s'il existe une signification universelle du terme précarité, il faut la chercher du côté de la condition humaine en général, par essence transitoire et incertaine, qui incite les hommes à prier ou à invoquer les divinités ou un Dieu unique. Prier, précisément, vient du latin precor et précaire du latin precarius, à l'origine, « qui s'obtient par la prière », donc, par extension, se dit de ce qui est incertain. L'incertitude est au coeur de la condition humaine, de même que l'aléatoire.

1.1.2.2.2. VULNERABILITE

La vulnérabilité, dans ses dimensions économique et relationnelle, précise Valérie COHEN65, permet de rassembler les différents profils des assistés. Elle se présente comme une zone intermédiaire, située entre l'intégration et la désaffiliation : « espace d'instabilité et de turbulence peuplé d'individus précaires dans leur rapport au travail et fragiles dans leur insertion relationnelle ».

61 PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, op.cit.

62 Dwight H. Perkins, Steven Radelet et David Lindauer, op.cit., 248

63 Par Parité de pouvoir d'achat il faut entendre le taux de change destiné à neutraliser les différences de prix entre pays, afin de permettre les comparaisons internationales de la production et du revenu en termes réels. Avec 1 USD exprimé en PPA dans un pays donné, il est possible de se procurer la même quantité des biens et des services que s'il s'agissait d'un dollar des Etats-Unis dans le cadre de l'économie de ce pays.

64 J-C BARBIER, »Précarité, précarité de l'emploi, des catégories politiques qui s'exportent difficilement», Communication au colloque de l'Association Française de Sociologie, 24-27 février 2004

65 Valérie Cohen, « La vulnérabilité relationnelle », Socio-anthropologie (en ligne), N° 1/1997, mis en ligne le 15 janvier 2003. Consulté le 30 décembre 2011. URL :http// socio-anthropologie.revue.org/index74.html

1.1.2.2.3. INEGALITE.

Pauvreté et inégalité ne désignent pas la même réalité. Il existe donc une différence conceptuelle entre les deux vocables.

Etymologiquement66, inégalité vient du latin »in', privé de, et de "aequalis", de "aequus", uni, juste. C'est le caractère de ce qui n'est pas égal. Les inégalités sociales désignent les traitements différents pouvant avantager une classe sociale, un groupe ou un individu par rapport à d'autres et qui établissent des hiérarchies sociales.

Ce sont, selon le contenu donné par la BRISES67, des différences entre individus ou groupes sociaux qui se traduisent en termes d'avantages ou de désavantages et qui fondent une hiérarchie entre ces individus ou groupes.

Les différences sociales, inhérentes à la vie en société, peuvent tout à fait conduire à des traitements différents entre personnes ou groupes sociaux. Lorsque ces traitements différents avantagent un groupe social ou une personne par rapport à une autre, ils constituent une hiérarchie sociale, et on parlera d'inégalités sociales.

Le Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion (CEPE) nous éclaire à ce sujet et précise : »alors que la pauvreté correspond à un manque sur le plan des conditions de vie, les inégalités indiquent des différences de conditions de vie entre personnes, entre ménages, entre des territoires. Elles sont révélatrices des écarts qui séparent les plus riches et les plus pauvres. Toutefois, de nombreuses recherches conduisent à reconnaître une forte corrélation entre inégalités et pauvreté, les inégalités constituant un des déterminants de la pauvreté. Appréhender la pauvreté suppose par conséquent qu'on prenne en compte les inégalités et que l'on cherche à comprendre comment les deux phénomènes sont reliés.»68.

1.1.2.3. La réduction de la pauvreté

Le 21ème siècle s'est ouvert avec une déclaration de solidarité dite »Déclaration du Millénaire». Adoptée en 2000 aux Nations Unies par les chefs d'Etat et de gouvernement tant des pays riches que des pays pauvres, cette déclaration a débouché sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), qui engagent les pays du globe à redoubler d'efforts pour s'attaquer à l'insuffisance des revenus, à l'omniprésence de la faim, aux inégalités sociologiques entre hommes et femmes, à la dégradation de l'environnement et au manque d'instruction, de services de santé et d'eau potable69.

Il sied de relever que parmi les objectifs poursuivis par cette déclaration, la réduction
de la pauvreté vient en première position. »Faire disparaître l'extrême pauvreté et la

66 http://www.toupie.org/Dictionnaire/Inegalite.htm

67

Banque de Ressources Interactives en Sciences Economiques et Sociales (Brises). Cfr

http://brises.org/notion.php/inegalites/inegalites-economiques/inegalites-sociales/notId/65/notBranch/65/

68

CEPE, Prendre la mesure de la pauvreté, op. cit., p. 17

69

PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2003, p.1

faim», tel est le premier des Objectifs du Millénaire pour le Développement. La première cible de cet objectif vise à »réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour» tandis que la deuxième cherche de réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim».

Des efforts sont déployés pour mettre en place des politiques et des programmes macroéconomiques, structurels et sociaux visant à encourager la croissance et à réduire la pauvreté. Et depuis lors les gouvernements de pays sous-développés établissent des Documents de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) et ce, dans le cadre d'un exercice impliquant la société civile et les partenaires du développement70.

Mais concrètement que veut dire, que signifie réduire la pauvreté ? A notre entendement, la réponse paraît simple. Puisque le seuil de pauvreté est connu et que les revenus d'une partie de la population se situent en deçà de ce seuil, réduire la pauvreté consisterait à réduire l'écart entre ce seuil et les revenus inférieurs au seuil ; ou mieux ramener ces revenus au niveau du seuil de pauvreté.

1.1.3. L'incidence

Le dernier vocable tiré du sujet de notre travail est l'incidence. Qu'entendre par »incidence» ? C'est la conséquence, ou encore l'influence71. Et l'influence peut être entendue comme une action qu'exerce une chose, un phénomène, une situation sur quelqu'un ou quelque chose ; c'est un effet72. Une conséquence plus ou moins directe de quelque chose ; une répercussion73.

1.2. PROFIL DE LA PAUVRETE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

1.2.1. Généralités sur la pauvreté congolaise

Pays aux richesses potentielles immenses, la République démocratique du Congo fait partie des pays les moins avancés et les plus pauvres du monde. Sa population est pauvre.

Les différents rapports du PNUD74 sur le développement humain indiquent qu'en 2006 la RDC était classée 167ème sur 177, laissant derrière elle le Mozambique, le Burundi, l'Ethiopie, le Tchad, la République Centrafricaine, la Guinée Bissau, le Burkina Faso, le Mali, la Sierra Léone et le Niger ; et qu'en 2011 tous ces pays se retrouvent devant la RDC classée 187ème. Le revenu national en parité des pouvoirs d'achat est tombé de 705 à 280 dollars par an.

70 ONUDI, Une voie pour sortir de la pauvreté : développer l'entrepreneuriat rural et féminin, Vienne, 2003, p.7

71 Le Robert Micro, Edition de poche, 1998

72 Idem

73 Le Petit Larousse illustré, 2005

74 PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2006 ; Rapport sur le développement humain 2011

Pour l'ensemble du pays, l'incidence de la pauvreté (71,34%) est très élevée si on la compare à celle des autres pays de l'Afrique Centrale. En effet, la pauvreté atteint des proportions effroyables, touchant plus de 70% de la population du pays75.

1.2.1.1. Emploi

Le rapport du PNUD76 sur le développement humain indique qu'en 1958 l'économie congolaise comptait 1.102.270 salariés des secteurs public et privé sur une population totale de 13,5 millions d'habitants, une population active de 6 millions de personnes et une population active masculine de 3.121.161 hommes (15 - 64 ans). Le volume de la main d'oeuvre salariée se situait alors à 8% de la population totale, 18% de la population active totale, et 35% de la population active masculine. En 1997 (40 ans plus tard), le volume de la main d'oeuvre salariée est tombée 981.800 travailleurs sur une population totale de 52 millions, une population active totale de 21.327.000 personnes et sur une population active masculine de 12.063.000 hommes. Pour 1997, la main d'oeuvre salariée était estimée à 2% de la population totale (contre 8% en 1958), la main d'oeuvre totale active estimée à 4% (contre 18% en 1958), la main d'oeuvre active masculine à 8% (contre 35% en 1958).Au regard de ces chiffres, 20 millions de personnes en âge de travailler n'étaient pas occupés dans le secteur moderne et étaient soit au chômage, soit sous-employées dans les milieux ruraux ou dans le secteur informel.

Il ressort de récentes études 77 que la situation de chômage ou de l'emploi précaire toucherait la très grande majorité de la population active. La part du travail informel est en constante augmentation et les salaires restent dérisoires tant dans l'informel que dans le formel. La nouvelle grille salariale négociée en 2004, qui n'est toujours pas appliquée, fixe à 208 dollars le traitement mensuel du dernier fonctionnaire de l'Etat et à 2080 dollars celui du secrétaire général de l'administration publique. En attendant, le plus bas salaire se situe à 826 francs congolais (environ 1.7 dollar) auxquels s'ajoute une prime mensuelle de 9202 francs congolais (20 dollars).

1.2.1.2. ParitéLes progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement

(OMD), remarque KODILA78, sont très lents. Les inégalités de genre sont très importantes car les femmes n'ont pas accès aux facteurs de production ni à l'instruction. Le DSCRP2 note qu'en dépit des avancées sur le plan juridique et la Constitution congolaise qui érige l'égalité des sexes en principe inaliénable, la situation de la femme congolaise est loin d'être reluisante et son autonomisation reste très faible. La femme congolaise est discriminée sur tous les aspects (pouvoir et gouvernance, participation politique, situation socioéconomique, sexualité, santé et éducation, etc.). Ainsi par exemple, elle n'a pas le droit d'hériter. La femme est sous-représentée politiquement (4,6% de femmes sénatrices, 8,4% de femmes

75 Ministère de la Santé, Plan National de développement sanitaire (PNDS 2011 - 2015)

76 PNUD, RDC Rapport national sur le développement humain 2000, Gouvernance pour le développement humain en RDC

77 BAfD/OCDE (2006), Perspectives économiques en Afrique ; cité par Oasis KODILA Tedika, op. cit

78 Oasis KODILA, op. cit.

députées et 6,8% de femmes députées provinciales), souvent exclue de la propriété des moyens de production et soumise à son mari pour la plupart des décisions domestiques (y compris pour ses propres soins de santé dans 55% des cas, selon l'enquête EDS 2007). En 2004, 61.2 % des femmes vivaient en dessous du seuil de pauvreté. La principale cause de la pauvreté des femmes tient, selon Abdoul Kader79, à l'éventail très réduit des opportunités ; elles ne disposent que de leur capacité physique pour affronter à la fois les dures conditions du marché de travail, le rôle exigeant d'épouse et les devoirs écrasants de mère. Elles partent donc défavorisées sur le marché de travail... Les difficultés des femmes quant à l'accès aux facteurs de production sont renforcées par le dispositif juridique et institutionnel.

L'indice de parité femmes/hommes pour l'alphabétisation, très en défaveur des femmes, n'a pas connu d'évolution entre 2001 et 2007 puisque qu'il est resté constant à 0,69. Par ailleurs, les femmes occupent une place moindre dans les emplois qualifiés (cadres, agents de maîtrise, etc.). Par contre, le pourcentage de femmes salariées du secteur non agricole a connu une nette évolution en passant de 21% à 34% entre 2001 et 2007. Les femmes sont également exposées aux violences sexuelles des forces armées et des rebelles. Il existe une forte proportion de violences envers la femme : 64% déclarent avoir subi des violences depuis l'âge de 15 ans et 49% au cours des 12 derniers mois. Les femmes sont plus exposées aux risques de prostitution, de maladies et de SIDA et à une plus forte mortalité que les hommes. L'explication de cette forte discrimination réside principalement dans les institutions religieuses (avec la promotion de l'homme fort et de la femme « femme au foyer et bonne épouse ») et coutumières.

1.2.1.3. Longévité et santé

Selon les experts80, la République Démocratique du Congo a été parmi les premiers pays d'Afrique, et peut-être du monde, à proposer, dès 1974, un système de prestation de soins qui reconnaissait à la santé un rôle allant bien au-delà du curatif, en soulignant quelques principes directeurs pour l'organisation d'un système de santé à effet durable. Cependant, tous les indicateurs de l'état de santé des populations, de la couverture sanitaire et du bien-être général révèlent une dégradation continue de la situation sanitaire du pays. On note une détérioration des principaux indicateurs de l'état de santé : espérance de vie à la naissance, mortalité infantile, toutes formes de malnutrition, mortalité maternelle, taux de séroprévalence de l'infection à VIH.

Les chiffres suivants81 illustrent à suffisance le drame que connaît la situation de
santé en RDC. Environ 20 millions de personnes étaient sous-alimentées en 2005.
Entre 1998 et 2004, environ 4 millions de personnes sont mortes de maladies

79 Abdoul Kader (1996), « Problématique de la pauvreté au Zaïre », Plan d'action pour la réinsertion socioéconomique des groupes vulnérables au Zaïre, Cité par Oasis KODILA, op. cit.

80 PNUD, RDC Rapport national sur le développement 2000, op.cit.

81 BAfD/OCDE (2006), Perspectives économiques en Afrique ; cité par Oasis KODILA Tedika, op. cit

courantes et curables faute de services publics, d'infrastructures, d'équipements et d'accès aux soins, particulièrement dans les zones rurales. Dans ce milieu, il y avait en moyenne un seul médecin pour 56 000 habitants en 2005. La RDC figure aussi parmi les pays au monde les plus touchés par le choléra. Entre 2002 et 2004, 65 000 cas ont été déclarés à l'Organisation mondiale de la santé, sur lesquels 3 200 décès.

Le taux de mortalité infantile, de 128 pour 1 000 naissances, est l'un des plus élevés au monde. Seuls 61% des accouchements sont médicalement assistés, mais les disparités régionales sont énormes et en moyenne, le taux de mortalité maternelle est de 1 289 femmes sur 100 000. Un enfant sur 10 est orphelin. En matière de mortalité des enfants, le pays avait, selon le DSCRP 282, fait des progrès en 2001, mais les efforts se sont quelque peu relâchés en 2007 et la mortalité infantile demeure une préoccupation.

En 2004, 4 millions de cas de paludisme ont été enregistrés et 13 000 personnes en sont mortes. Cependant, le chiffre ne représenterait en réalité que 20 pour cent des cas de paludisme car 80 % des malades ne consultent pas dans les hôpitaux. Le DSCRP 2 reconnaît le paludisme comme l'endémie majeure et la première cause de morbidité avec près de 10 épisodes par an et par enfant alors que le niveau d'endémicité est de 3 épisodes par an par personne selon les statistiques sanitaires ; le nombre d'enfants de moins de 5 ans qui meurent de paludisme se situe entre 150.000 et 250.000 par année.

Le VIH/Sida est un véritable problème pour le pays car il se propage à une vitesse exponentielle. Malgré les avancées notées ces dernières années, note le DSCRP 2, la situation reste néanmoins critique. Ainsi le nombre de nouvelles infections en 2010 est estimé à 127.135, dont 70.574 femmes. Seuls 12,4% des personnes infectées par le VIH reçoivent des antirétroviraux. 23,3% des nourrissons nés de mères séropositives sont infectés par le VIH et seuls 2,2% des femmes enceinte VIH+ ont reçu une prophylaxie ARV. Le nombre d'orphelins du sida est estimé à 984.879.

L'espérance de vie qui était de 42 ans en 2002 contre une moyenne africaine de 51 ans est passée à 48,4 ans en 2011 contre une moyenne africaine de 54,4 ans. Près de la moitié de la population est âgée de moins de 15 ans, une situation qui crée d'énormes besoins en termes d'éducation et de santé pour les jeunes.

La situation sanitaire en RDC atteste, selon le DSCRP 2, de progrès significatifs. Malgré les progrès enregistrés, il faut noter que le niveau de performance de la plupart des indicateurs sanitaires en RDC est toujours en dessous de la moyenne des pays de l'Afrique subsaharienne, et tous les indicateurs présentent des écarts importants selon le milieu de résidence et les provinces. Cette situation préoccupante s'explique en partie par le niveau d'équipement des établissements sanitaires et la

82 RDC, Document de la stratégie de croissance et de réduction de la Pauvreté (DSRP) 2, Mai 2011

disponibilité d'intrants très insuffisants, la gestion des ressources humaines et la gestion financière problématiques, et les financements du système insuffisants et assez fragmentés. L'amélioration de la santé maternelle reste l'un des défis majeurs à relever en République Démocratique du Congo.

1.2.1.4. Instruction et accès au savoir

Différentes publications83 font état d'une carence de l'Etat quant à ses interventions dans le secteur éducatif. Du fait de cette carence de l'État, le système éducatif est essentiellement financé par les parents.

En ce qui concerne le financement du secteur, le DSCRP 2 indique qu' il est à noter qu'il bénéficie d'un financement public insuffisant et presque jamais rendu disponible à bonne date: le financement public du secteur a baissé de façon drastique en passant de 24% des dépenses publiques en 1980 à 7 % en 2002 puis à 4% en 2009. Le besoin de financement est majoritairement pris en charge par les ménages (parents) qui sont pauvres dans leur majorité (incidence nationale de la pauvreté est de plus de 70%). En effet, pour 100 USD à dépenser dans l'EPSP84, l'Etat contribue en moyenne pour 48%, les ménages pour 37% et les partenaires pour 15%. Cette situation a pour conséquence le délabrement des infrastructures scolaires par manque d'entretien, l'insuffisance des équipements et des matériels pédagogiques, le transfert de la charge de l'Etat vers les ménages avec comme corollaire la baisse du niveau de scolarisation car de nombreux enfants ne peuvent accéder à l'éducation à cause de l'incapacité croissante des parents à payer les frais scolaires.

Le taux de scolarisation qui était de 52% en 2000 est passé à 75% en 2010. Il y a eu ainsi un accroissement de 23 points en 10 ans, mais le niveau de cet indicateur reste inférieur à celui attendu pour 2010 (91,8%). Au regard de ces chiffres, près d'un enfant congolais sur quatre ne va pas à l'école primaire. À cela s'ajoutent la mauvaise qualité de l'enseignement, les taux de redoublement très élevés et la condition difficile des enseignants, qui perçoivent un salaire de moins de 20 dollars par mois.

Selon les chiffres d'Amnesty International, seulement 29% des enfants iraient jusqu'au bout de l'école primaire et 4.7 millions de jeunes enfants (2.5 millions de filles) ne seraient pas scolarisés85.

En ce qui concerne l'alphabétisation, la proportion des jeunes de 15-24 ans alphabétisés a progressé d'un point entre 2001 et 2007, passant de 71,1% à 72,1% avec une nette amélioration au niveau des hommes (passage de 78,3% à 83,1%) et un recul chez les femmes (passage de 64,3% à 62,3%). Au niveau de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, il est noté que l'offre

83 BAfD/OCDE (2006), op. cit ; Document de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) 2

84 Enseignement primaire secondaire et professionnel

85 Oasis KODILA TEDIKA, op. cit.

n'est pas suffisamment développée à travers le pays et reste de création récente (57% des écoles sont construites à partir de 1991).

1.2.1.5. Cadre de vie et accès aux services utilitaires

L'accès à l'eau potable reste très faible. Environ un Congolais sur 4 a accès à l'eau potable. Les statistiques disponibles montrent que, malgré les richesses en eau douce du pays, l'accès à l'eau potable reste faible, même si elle passe de 25% à 29% entre 2002 et 2007, dépassant les prévisions du Gouvernement de 24% dans le DSCRP 1. Cette augmentation a bénéficié en premier lieu aux classes riches par rapport aux pauvres et aux zones urbaines, Kinshasa en tête.

La situation de l'assainissement est critique. Seule une faible fraction des ménages a une toilette avec chasse d'eau connectée à égout (soit 1,3% en 2001 contre 2,5% en 2007). De façon générale, seulement 14% des ménages Congolais utilisent des installations sanitaires améliorées, avec des niveaux respectivement de 36% en milieu urbain et de 4% en milieu rural alors que les moyennes pour l'Afrique subsaharienne sont respectivement de 44% et de 24%. Sur la même période, 12% des ménages font leurs besoins dans la nature. Les villes congolaises subissent un processus autoentretenu de destruction. A la destruction du milieu physique (érosions) s'ajoute celle de l'environnement, résultant de la mauvaise gestion des villes qui est liée aux problèmes de transports, à la gestion des déchets solides et liquides et les différentes formes de pollution. On observe une extension continuelle des bidonvilles autour de grands centres urbains, sur les terres laissées pour compte (terres érodables, collinaires, terres sensibles à l'éboulement, terres inondables) où se concentre une population vulnérable.

Les enquêtes menées en 1999 font état de 396.620 bidonvilles pour l'ensemble du pays, dont 94,6% de constructions précaires, 5,4% d'unités de bâtis érigées sur des sites à risques. Avec ces tendances les bidonvilles devaient atteindre le chiffre de 5.211.488 en 2010 sur l'ensemble du pays.

En ce qui concerne le logement et l'habitat, la grande majorité des Congolais sont propriétaires de leur principal logement selon l'enquête 1-2-3 (75,5%), chiffre qui semble être en conformité avec les données du MICS (74% selon les MICS 2 et 4). Ceci reste toutefois un phénomène essentiellement rural avec environ 85% de propriétaires contre 50% en milieu urbain. Toutefois, 81% de ces logements sont en terre battue ou en paille avec des toitures en paille (60%) ou en tôle (33%) selon l'enquête 1-2-3. En milieu urbain, la plupart de ces habitations sont en banlieue périurbaine. On observe un phénomène d'habitation sauvage dans les villes, ce qui crée un problème d'érosion et de fragilisation des sols (dégradation de l'environnement), ainsi qu'en termes d'aménagement du territoire et d'efficience des villes en tant qu'outil de promotion de développement. Il sied de souligner avec

KODILA86 que La RDC accuse un déficit annuel évalué à 240 000 logements et que l'enquête sur la perception de la pauvreté a révélé que 81,0 % de ménages ont déclaré ne pas être satisfaits de leur logement.

1.2.1.6. Inégalités

D'une manière générale, l'indice d'inégalité de Gini87 est fort élevé. D'après le dernier rapport du PNUD88, cet indice se situe à 44,4%. C'est la preuve de l'existence d'injustice distributive et de discrimination, soit des inégalités dans le pays. L'inégalité est marquée par des disparités considérables. Ainsi on a observé des variations89 allant de 27% à 45% d'une région à une autre, selon qu'on réside en milieu urbain et rural ainsi que selon les groupes socioprofessionnels : 27% chez les apprentis ; 37% chez les manoeuvrés ; 39% à Kinshasa ; 40% pour les 2 Kasaï ; 45% dans les ménages où le chef est un cadre et/ou une aide familiale.

L'ampleur de la pauvreté varie considérablement (les travailleurs indépendants et les apprentis sont les plus pauvres (77%) ; suivies des manoeuvres, des employés et ouvriers semi qualifié (66%). On compte plus de 40% de pauvres parmi les cadres de direction et de collaboration) ainsi que selon les groupes sociodémographiques (la pauvreté frappe surtout les ménages où l'âge du chef est compris entre 30 et 65 ans (plus de 70% de pauvres).

1.2.2. Spécificités de la pauvreté urbaine à Kinshasa

Après une présentation de la ville de Kinshasa, nous évoquerons dans un premier temps le profil de la pauvreté dans la ville de Kinshasa, pour nous focaliser ensuite sur les caractéristiques de la pauvreté dans la commune de Lingwala. A ce sujet, l'étude menée par Françis NZUZI LELO et Claudine TSHIMANGA90 ainsi que le rapport de l'Unité de lutte contre la pauvreté du PNUD91 nous ont été d'un concours sans pareil.

1.2.2.1. Présentation de la ville Province de Kinshasa

Nous présentons ici quelques repères géographiques avant d'aborder les typologies des quartiers de Kinshasa.

1.2.2.1.1. Repères géographiques et démographiques.

La ville de Kinshasa est, en vertu de la constitution de la République Démocratique
du Congo, dotée du statut de province et capitale de la RDC. Elle est le siège des

86 Oasis KODILA, op. cit

87 L'indice de Gini mesure le degré d'inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée.

88 PNUD, Rapport sur le développement humain 2011, p. 156

89 Les chiffres sont tirés de l'étude de BAfd/OCDE citée par Oasis KODILA

90 Françis LELO NZUZI et Claudine TSHIMANGA, `'La pauvreté urbaine à Kinshasa», CORDAID, 2004

91 PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, `'Province de Kinshasa, Pauvreté et conditions de vie des ménages», Mars 2009

institutions du pays et se trouve à l'Ouest du pays. Sa superficie est 9.965 Km2. Kinshasa représente 34,2% de toute la population urbaine de la RDC.

Sa population a augmenté de façon vertigineuse. Elle comptait 5000 habitants en 1881 ; ce nombre s'est rapidement accru pour atteindre 200.000 habitants en 1950. De 1950 à 1980, cette population a été multipliée par 12 pour atteindre 2.400.000 habitants. La ville a connu une véritable explosion démographique, surtout après l'indépendance : 400.000 habitants en 1960 ; 900.000 habitants en 1969 et près de 6.000.000 en 2003. Donc, de 1960 à 2003 la population kinoise a été multipliée par 15. Les causes de cette explosion sont : l'accroissement naturel, l'exode rural et l'incorporation des villages environnants. Les personnes de nationalité congolaise constituent la grande majorité de la population kinoise. Les « étrangers », toutes nationalités confondues, ne forment que 2,0% de la population. Ces étrangers proviennent surtout (75%) des « pays limitrophes ».

L'image que la structure de la population kinoise laisse apparaître est celle d'une population caractéristique des pays en développement avec une forte proportion de jeunes et une faible proportion de personnes âgées. 50,3% de la population ont moins de 20 ans. L'âge moyen est de 23 ans. Le taux de dépendance est très élevé à Kinshasa : 2,9 contre 1,7 en RDC. Enfin, la taille moyenne des ménages kinois est plus élevée à Kinshasa (6,0) que dans les autres provinces (5,3 en RDC).

Kinshasa est une ville de plus de 8.663.00092 d'habitants répartis sur 24 communes et 326 quartiers. Elle est construite sur un sol argilo-sableux et un site particulier ressemblant à un amphithéâtre avec une ville basse (la plaine au Nord et à l'Est) une ville haute (les collines au Sud et à l'Ouest).

A. La ville basse. La plaine est un site urbanisable en forme croissant parce qu'elle suit la courbe du fleuve. Elle correspond à ce que l'Administration urbaine appelle »ville basse». Secteur le mieux cadastré, urbanisé et industrialisé, cette plaine abrite 18 communes avec environ 4.375.000 habitants et elle souffre des problèmes d'inondation et de marécages du fait des pentes trop faibles, du système de drainage défectueux et des rivières qui la traversent prenant source sur les collines.

B. La ville haute. Les collines sont des sites non aedificandi (non constructibles) sur plusieurs endroits. Elles ont été occupées après l'indépendance par des Kinois ignorant les normes urbanistiques. Dans certains endroits on trouve des bicoques, et dans d'autres on trouve de somptueuses villas qui ont investi les collines du Mont-Amba (417m), Djelo-Mbinza (545m), Mont-Ngafula (548m) et le

92 Ministère du Plan - Institut National da La Statistique, Carte statistique de la RDC 2000 - 2007, Kinshasa, avril 2008 ; Institut National de la Statistique, Projections de la population de la RDC 2005 - 2010. Les données fournies par ces deux documents sont des estimations calculées à partir des données de la dernière opération de recensement scientifique qui a eu lieu en en 1984.

contre bas du Pic Meuse (675m). Elle correspond à ce que l'administration urbaine appelle »ville haute» et abritent 6 communes avec plus de 1.625.000 habitants. La ville haute connaît des problèmes d'érosions, d'éboulements, de glissements de terrains et d'effondrement du fait du mauvais drainage des eaux.

1.2.2.1.2. Typologies des quartiers de Kinshasa

A. Les quartiers résidentiels sont ceux qui disposent des routes bitumées et des parcelles spacieuses souvent supérieures à 1000 m2. Les eaux usées et les eaux de ruissellement sont évacuées grâce à un système de canalisation généralement fonctionnel. Les activités informelles sont faibles dans les rues. L'accessibilité automobile et pédestre est bonne et aménagée. Les infrastructures sont présentes ; elles sont en bon état, mais sous utilisées. Le déplacement se fait essentiellement en véhicules individuels à cause de la faible demande de transport en commun. Dans ces quartiers, la densité est faible, soit 20 habitants à l'hectare.

Les quartiers résidentiels se trouvent dans les communes de Lemba (Righini), de la Gombe, de Limete (résidentiel et industriel), de Ngaliema (Mbinza Ma Campagne et Mbinza UPN).

B. Les quartiers des anciennes cités sont de très vieux quartiers où les habitations sont en général vétustes et taudifiées. Les rues sont en partie bitumées, les canalisations d'eau sont bouchées. La densité de la population est très forte (environ 400 hab. /ha). Les emplois informels sont très présents. La marche à pied, comme mode de transport, est très importante. Les infrastructures sont insuffisantes et dégradées. Les chaussées piétonnières ne sont pas aménagées. Ces quartiers souffrent de sérieux problèmes d'assainissement. Les parcelles sont sur occupées ; elles contiennent en moyenne dix ménages.

Ces quartiers se trouvent dans les communes de Kinshasa, Lingwala, Barumbu et Kintambo.

C. Les quartiers des cités planifiées sont cadastrés, planifiés et dotés des commodités urbaines. Mais, les canalisations sont vielles et sous-dimensionnées ; celles des eaux ménagères sont presque inexistantes. La densité de la population est forte, soit 350 habitants par hectare. Les emplois informels sont très importants. La mobilité piétonnière est très importante. Les parcelles ne dépassent pas 300 m2. Les infrastructures sont saturées et dégradées.

Ces quartiers se trouvent dans les communes de Lemba, Matete, Ndjili (quartiers 1 à 7), Kalamu et Bandalungwa.

D. Les quartiers excentriques et d'extension sont essentiellement d'autoconstruction. Ils sont isolés, non cadastrés et en majorité habités par des couches sociales à faibles revenus. Certains de ces quartiers sont créés sur des sites non aedificandi : inondables et collines érodables. L'accessibilité est aléatoire et

impraticable à certains endroits. La mobilité piétonnière est importante. Les infrastructures publiques sont quasi-inexistantes. Les transports en commun sont aléatoires et, l'accessibilité piétonne est difficile et non aménagée.

Ces quartiers se trouvent dans les communes de Masina, Kisenso, Selembao, Makala, Ndjili extension, Bumbu, Kimbanseke et Ngaba.

E. Les quartiers semi-ruraux sont faiblement occupés. Les emplois informels

sont faibles et dépendent de l'ancienneté du quartier. Ces quartiers occupent à eux seuls plus de 50 % de la superficie de la ville. Ils sont quasiment vides et se trouvent à plus de 60 km du centre ville. Ils remplissent à la fois les fonctions de banlieues agricoles, industrielles, maraîchères et de recréation.

Ce sont les communes de Maluku, Nsele et Mont-Ngafula.

1.2.2.2. Profil de la pauvreté dans la ville de Kinshasa

1.2.2.2.1. La perception de la pauvreté à Kinshasa

Françis LELO et Claudine TSHIMANGA font échos de la perception que les Kinois se font de la pauvreté93. Les Kinois vivent dans la pauvreté, mais refusent de reconnaître cette réalité, n'acceptent pas qu'on leur colle l'étiquette de »pauvres». Dans le langage kinois ce qualificatif correspond à une injure. Ils préfèrent encore et tolèrent le qualificatif de »précarité» parce que, pour eux, il existe une différence entre »être pauvre» et »être en manque». Pour les kinois, le pauvre « est celui qui se retrouve par terre et sans capacité ni espoir de se relever ». C'est un misérable, un incapable, un malheureux, un raté de la société, un irrécupérable. Les personnes du troisième âge, les personnes vivant avec gros handicap ou celles âgées malades qui vivent dans la précarité généralisée, abandonnées à elles mêmes et qui n'ont pas un grand champ de manoeuvre pour sortir de cette situation, sont celles qui peuvent être classées parmi les pauvres. Les Kinois se considèrent donc comme des démunis momentanés, étant donné que du jour au lendemain, ils peuvent connaître un revirement de situation pour passer de la situation de précarité à celle de nanti. Ainsi l'adage kinois en lingala qui dit «mwana mobali basekaka ye te» ou encore l'expression «chance eloko pamba»94 prennent tout leur sens. Cet adage et cette expression traduisent fidèlement l'espoir dont vivent les kinois, l'aspiration à un lendemain meilleur malgré la précarité présente.

1.2.2.2.2. L'incidence de la pauvreté à Kinshasa

C'est en 2005, renseigne le PNUD95, qu'on a une première estimation de la pauvreté
monétaire en RDC. Si l'incidence de la pauvreté nationale est estimée à 71,3%96 en

93 Françis LELO NZUZI et Claudine TSHIMANGA, op. cit., p. 53

94 `'Mwana mobali basekaka ye te» peut se traduire littéralement par `'on ne se moque jamais d'un homme», tandis que `'chance eloko pamba» peut se comprendre par `'tout (la réussite, le bonheur, le bien-être) dépend de la chance». Par un coup de chance, un homme (ou une femme) vivant dans une situation de précarité peut du jour au lendemain se retrouver du côté des nantis.

95 PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, op.cit., p. 6

RDC, elle varie de 41,6% à 93,6% selon les provinces. La comparaison géographique montre que la province de Kinshasa est la plus épargnée par la pauvreté (voir graphique 1) en RDC. En effet l'incidence de la pauvreté y est de 41,6%. La province de l'Equateur est la plus touchée par la pauvreté, avec l'incidence de 93,6%. Par ailleurs, comme elle représente 10,7% de la population nationale, cette province concentre finalement 6,1% des pauvres congolais.

L'incidence de la pauvreté à Kinshasa semble, d'après les données du PNUD97 déterminée par l'importance de la part des ménages informels qu'ils soient agricoles ou non (44,0%), la taille moyenne des ménages et l'importance de la part des ménages dirigés par les femmes, ainsi que le niveau d'instruction du chef de ménage.

En effet, plus la taille du ménage est faible, moins celui-ci est exposé à la pauvreté et vice versa. Dans la province de Kinshasa, la taille moyenne des ménages pauvres est de 7,3 alors que celle des non pauvres s'élève à 5,0. A Kinshasa, la pauvreté est plus répandue dans les ménages dirigés par les femmes (45,7%) que pour les

ménages dirigés par les hommes (40,7%).

Quant au niveau d'instruction il apparaît que plus le niveau d'instruction du chef de ménage est élevé, plus le ménage a plus de chance d'échapper à la pauvreté. Ainsi, l'incidence de la pauvreté s'élève à 76,2% chez les ménages dont le chef a atteint au plus le niveau primaire pour décroitre progressivement vers 36,8% chez les ménages dont le chef est de niveau universitaire.

96 Une incidence de la pauvreté de 71,3% veut dire que 71,3% de la population sont des pauvres.

97 PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, op. cit., p. 7

39
Graphique 1

Source : Enquête 1-2-3, DSCRP

1.2.2.2.3. La consommation

Les données sur la consommation des ménages98 indiquent que les dépenses globales par tête par an sont évaluées à 315$ à Kinshasa avec une prédominance des dépenses alimentaires représentant 48,8% contre 62,9% pour l'ensemble de la RDC. Il y a cependant une nette disparité des dépenses, comme le montre le tableau 1, entre pauvres et non pauvres à Kinshasa. Les non pauvres qui ont des revenus conséquents font environ 3 fois plus de dépenses que les ménages pauvres dont la dépense moyenne s'élève à 161$/tête. Celle-ci est largement dominée par l'alimentation qui représente 58,1% de la consommation totale.

Tableau 1

La consommation des ménages

 

Kinshasa

RDC

Dépense par tête par an

315$

175$

· Pauvre

161$

102$

· Non pauvres

487$

347$

Part des dépenses alimentaires

48,8%

62,9%

· Pauvres

58,1%

67,2%

· Non pauvres

45,3%

60,0%

 

Part du quartile le plus pauvre

13,0%

11,0%

Part du quartile le plus riche

41,7%

46,3%

Indice de Gini

0,38

0,40

Source : Enquête 1-2-3, calculs du PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté.

Ces écarts montrent qu'il y a une inégalité à Kinshasa, comme le confirme l'indice de
Gini qui s'élève à 0,38 et surtout la comparaison de la part de consommation des
ménages du quartile le plus pauvre dans la consommation à celle du quartile le plus

98 PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, op cit

riche (voir tableau 1). La part du quartile le plus pauvre représente 13,0% de la consommation totale à Kinshasa alors celle du quartile le plus riche se situe à 41,7% de la consommation de totale de Kinshasa.

1.2.2.2.4. L'emploi

Le taux d'activité de Kinshasa est faible par rapport à la moyenne nationale : 42,3% contre 60,2%99. Ceci s'explique entre autres par une plus faible insertion des enfants sur le marché du travail. En effet, le taux d'activité des enfants de 10 à 14 ans y est de 1,8% contre 9% pour la RDC. Le travail des enfants est donc moins problématique à Kinshasa que dans les autres provinces de la RDC. A l'image des grandes capitales africaines, le chômage est nettement plus élevé à Kinshasa (15,0%) qu'au niveau national (3,7%). Il touche plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans (29,5%).

Parmi les actifs occupés, près d'un tiers gagnent moins du SMIG (1 USD par jour) en 2005 et près du quart travaillent involontairement moins de 35h par semaine. Ainsi, le phénomène de sous-sous-emploi est répandu à Kinshasa puisqu'il touche 53,1% des actifs occupés. A ceci s'ajoutent le faible taux de salarisation (35%) et l'importance du secteur informel (70,7%).

1.2.2.2.5. Le secteur informel

Le secteur informel est le principal pourvoyeur d'emplois à Kinshasa. En effet, comme toutes les capitales des pays en développement, le marché du travail kinois est dominé par le secteur informel notamment le secteur informel non agricole. Ce dernier fournit 65,6% des emplois suivi de loin par l'administration publique (11,9%), le secteur privé formel (8,8%), l'agriculture (5,2% actifs occupés) et enfin les entreprises publiques (5,0%).

La province de Kinshasa compte 875.500 unités de production informelle (UPI), employant près de 1 million de personnes. Ce chiffre montre l'importance économique des activités informelles pour la population de la capitale. D'ailleurs, 89,5% du revenu des ménages kinois est tiré du secteur informel. Si les UPI se concentrent dans les secteurs notamment commerciaux, les activités de type industriel jouent un rôle non négligeable. Ces dernières représentent près de 14,0% des UPI.

Le secteur informel joue un rôle positif au sens où il fait partie des stratégies de survie des ménages en période de crise. Mais la multiplication des unités de production informelles dans un contexte de stagnation économique se traduit également par une précarisation croissante des emplois créés.

99 Tous ces chiffres sont tirés du Rapport du PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, op. cit.

41
1.2.2.2.6. Le revenu d'activitéLe revenu d'activité moyen par actif est faible à Kinshasa : 45$ par actif par mois.

Néanmoins, il est largement supérieur au revenu moyen des actifs sur l'ensemble de la RDC (22$).

Ce niveau de revenu varie selon le secteur institutionnel, on observe le revenu le plus faible chez les actifs agricoles (27$). Ils sont suivis par les actifs du secteur informel non agricole (34$) et les fonctionnaires de l'administration publique (34$), montrant la précarité de leurs conditions de vie. Enfin, les revenus les plus élevés se retrouvent dans le secteur privé formel (63$), dans les associations (75$) et enfin dans les entreprises publiques (106$).

En clair, à Kinshasa, les revenus les plus faibles sont observés non seulement chez les actifs du secteur informel (agricole et non agricole) mais également dans l'administration publique.

Toutefois, il est important de souligner que ces fonctionnaires sont pourtant parmi les actifs ayant le plus haut niveau d'étude réussie (13 années) et l'ancienneté dans l'emploi le plus élevé (14 ans) à Kinshasa. Cette faible rémunération ne permet pas aux fonctionnaires de s'affranchir de la pauvreté mais elle peut également conduire à une dégradation de la qualité du service public.

Finalement, si on agrège l'ensemble des revenus d'activités des ménages, on obtient un revenu moyen par ménages de 84$ dans la province de Kinshasa (contre 42$ sur l'ensemble de la RDC). Comme le marché du travail est dominé par le secteur informel (agricole ou non), il s'ensuit que 89,5% du revenu des ménages de cette province sont issus de ce secteur, 6,1% proviennent du secteur public et enfin la contribution du secteur privé formel est réduite à 4,4% du revenu total des ménages.

Enfin, la pauvreté dans laquelle vivent les ménages kinois est une situation structurelle et non conjoncturelle due essentiellement à la faiblesse du revenu d'activité. Ceci rejoint d'ailleurs, la perception des kinois de leurs conditions : plus de 80% pensent que le manque de travail apparait comme la principale cause de la pauvreté. Cette situation de dénuement est relativement profonde puisque selon les ménages, ils arrivent juste à satisfaire leurs besoins essentiels (40,0%) ou bien sont obligés de s'endetter (40,8%).

1.2.3. Caractéristiques de la pauvreté dans la commune de Lingwala

Il sied de noter que l'étude sur laquelle nous nous sommes appuyés100 s'est appesantie sur le cadre de vie plutôt que sur la pauvreté monétaire. Ainsi, elle s'était consacrée aux aspects que voici : la promiscuité dans le logement des ménages ; les autres ménages partageant la parcelle ; l'historique du logement des ménages ; la qualité de logement ; l'électricité ; l'eau de boisson ; l'assainissement des logements.

1.2.3.1. Promiscuité et degré101 de promiscuité dans le logement.

Plus du quart (27,4%) des ménages enquêtés à Lingwala habitent des logements ne disposant que d'une chambre ; 31% des ménages occupent des logements à 2 chambres ; 36,2% des ménages vivent dans des logements à 3 chambres ; le pourcentage des ménages vivant dans des habitations dotées de 5 chambres est inférieur à 10%. Le nombre moyen des chambres par logement est de 2,4 chambres. L'enquête conclut que les matériaux de construction, qui coûtent trop cher, et le niveau de vie très bas ne permettent pas à la majorité des ménages de s'offrir des logements plus grands. Les familles s'entassent dans des habitations exiguës.

Quant au degré de promiscuité l'enquête révèle que seulement 8,3% des ménages enquêtés ont une chambre à coucher par personne ; 16% des ménages ont une chambre pour 2 personnes ; 27% ont une chambre pour 3 personnes ; pour 47% des ménages une chambre loge plus de 3 personnes, ils vivent une situation de grande promiscuité.

1.2.3.2. Autres ménages dans la parcelle.

A. Type de maison. La répartition des ménages suivant le type de maison dans
la parcelle fait état d'une forte densification de l'espace habité. Seuls 15% des parcelles ne disposent que d'une seule maison. La majorité des parcelles disposent soit de plusieurs petites maisons (42%), soit des maisons avec plusieurs portes102 (32%), soit encore des immeubles à appartements (3%).

B. Nombre moyen d'autres ménages dans la parcelle par type de
maison. Le nombre des ménages qui partagent la parcelle avec d'autres ménages s'élève à 84. Les ménages vivant dans des parcelles disposant d'une seule maison la partagent en moyenne avec un autre ménage ; ceux qui vivent dans une parcelle avec plusieurs maisons partagent la parcelle en moyenne avec 4 autres ménages ; ceux qui vivent dans des parcelles disposant de maisons avec plusieurs portes la partagent en moyenne avec 4 autres ménages. La commune de Lingwala, vieille de

100 NZUZI LELO et Claudine TSHIMANGA, op cit

101 Le degré de promiscuité dans un logement est désigné par le nombre de personnes par chambre à coucher. Il montre le niveau d'entassement des personnes dans les chambres.

102 Il s'agit des maisons généralement rectangulaires dans lesquelles chaque ménage a une entrée (porte) différente des autres. Ce sont souvent des »appartements» d'un salon plus une ou deux chambres. On les appelle aussi communément camp « Tingi-Tingi » en référence aux Camps des déplacés de guerre de TingiTingi dans la Province Orientale. En Afrique de l'Ouest, certains les appellent « maison train ».

près d'un siècle, est, du fait de sa localisation stratégique au coeur de la ville, densément occupée malgré ses gros problèmes d'assainissement.

C. Le type de relation entre les ménages. Les autres ménages partageant la parcelle avec les ménages enquêtés sont soit des membres de famille (22%), soit propriétaires ou colocataires, ou locataires (50%) ; le pourcentage restant est composé des ménages qui partagent la parcelle avec aussi bien des locataires, des colocataires, des propriétaires que des membres des familles. L'analyse montre donc que les ménages qui partagent le logement ou la parcelle avec d'autres ménages la partagent avec des ménages qui sont soit locataires, colocataires, propriétaires ou membres de famille.

1.2.3.3. Historique du logement du ménage.

A. L'étude du temps moyen vécu dans la parcelle par les ménages enquêtés
montre que sur un total 98 ménages 89 y vivent depuis 21 ans. Ce qui veut dire que les ménages de Lingwala ne déménagent pas fréquemment.

B. En ce qui concerne la provenance du ménage, l'étude révèle que sur 98 ménages enquêtés, 36% proviennent d'une autre commune et que 56% sont issus de la même commune. La sédentarisation dans la même commune est très importante. Les gens sont très attachés à leur commune et préfèrent déménager au sein de celle-ci, s'ils y sont vraiment obligés (achat parcelle, mariage, déguerpissement locatif ou familial, catastrophe naturelle, etc.).

C. Mobile du déménagement. Plusieurs raisons justifient la mobilité. Pour 21% des ménages enquêtés, le déménagement fait suite à l'achat de leur propre parcelle. D'autres peuvent justifier le déménagement. A titre d'exemple : expulsion, contraintes environnementales, mariage, quitter la parcelle familiale, mutation ou migration, vente parcelle,...

D. Statut d'occupation des logements. Sur les 98 ménages enquêtés, 33,7% sont des propriétaires ; 37,7% sont des locataires ; 27,6% sont des usufruitiers d'un membre de famille ; et 1% des usufruitiers d'un membre autre que famille.

1.2.3.4. Qualité de logement.

A. Le type recouvrement du sol utilisé dans le logement est soit le ciment (85,7% des ménages), soit des carreaux (10,2% des ménages), soit la terre battue (3,1% des ménages).

B. Les matériaux utilisés pour la toiture sont les tôles galvanisées pour 95,9% des ménages enquêtés ainsi que les matériaux de récupération pour 4,1% des ménages qui ont un revenu très bas.

C. Types de matériaux utilisés pour les murs du logement. 67,3% des ménages ont des murs crépis en ciment ; 29,6% des ménages ont des murs non crépis. Les murs en matériaux de faible qualité se retrouvent chez 3% des ménages enquêtés. Les logements de la majorité des ménages enquêtés ont don des murs en dur ; cela veut dire que l'aspect extérieur des murs est pris en considération.

D. L'étude sur la présence ou l'absence de plafonds montre qu'en général, sur un total de 98 ménages 35,7% n'ont pas de plafonds dans leur logement. L'absence de plafond dans des logements montre les ménages vivent dans une chaleur suffocante le jour comme la nuit dans ces petites maisons surpeuplées. Il n'est donc pas rare de rencontrer des familles entières passer la nuit à le belle étoile dans leur parcelle pour profiter de la fraîcheur nocturne lorsque la chaleur étouffe l'intérieur des maisons.

E. La répartition des ménages suivant la présence ou l'absence d'une cuisine aménagée dans le logement montre que seuls 27,1% des ménages ont une cuisine aménagée dans le logement.

F. Etat des rues. La majorité des personnes interrogées (86,6%) sur la
praticabilité de leur rue perçoivent leur rue comme étant une rue praticable. Lingwala ne connaît donc pas de problèmes d'accessibilité.

1.2.3.5. Electricité.

A. Par rapport à la connexion électrique, 89,8% des ménages enquêtés sont
officiellement branchés à l'électricité ; 4,1% sont frauduleusement branchés pendant que 6% ne le sont pas du tout.

B. Quant à la régularité dans la fourniture d'électricité, elle est régulière
pour 37,4% des ménages ; irrégulière pour 59,3% et 3,3% ne sont pas du tout servis en électricité.

C. Energie de cuisine. Seulement 28,9% utilisent l'électricité comme source
d'énergie de cuisine ; 17,5% des ménages utilisent le bois ou la braise pour cuisiner ; 52,9% des ménages combinent électricité, bois et braise.

1.2.3.6. Eau de boisson.

A. Sources principales d'eau de boisson. A Lingwala 77,6% des ménages
sont directement branchés au réseau de distribution d'eau de la Regideso, alors que 21,4% ne le sont pas et s'approvisionnent chez les voisins.

B. Temps pour chercher de l'eau. A Lingwala 97,9% des ménages ont
facilement accès à l'eau de boisson en termes de temps mis à se la procurer.

C. Régularité dans l'approvisionnement de l'eau par la Regideso. A

Lingwala, 99% des ménages utilisent l'eau de la Regideso, qui coule des robinets de la parcelle d'habitation ou des voisins. Cependant, 21% des ménages n'ont cette eau que de manière irrégulière pendant que 4,9% ne l'ont pas du tout. La proportion des ménages qui ont cette eau de manière régulière se situe à 74,1%.

1.2.3.7. Assainissement des logements.

A. Type de latrines. La répartition des ménages selon le type de latrines qu'ils utilisent montrent que 62,2% des ménages utilisent des latrines avec fosse septique ; 30,6% utilisent des latrines avec fosse couverte ; et 4,1% utilisent des latrines avec fosse non couverte. Il est indiqué que les latrines avec fosse couverte ne sont pas couvertes ou que lorsqu'elles le sont, le couvercle est souvent défectueux. La majorité des ménages enquêtés utilisent des latrines hygiéniques.

B. Localisation des latrines. La répartition des ménages suivant la localisation des latrines indique que 92,8% des ménages disposent des latrines dans la parcelle mais hors du logement et 7,2% en disposent à l'intérieur du logement.

C. Localisation de la douche. Selon ce critère 7,2% des ménages disposent d'une douche dans le logement alors que 91,2% en disposent hors du logement, mais bien dans la parcelle ; et 1% des ménages n'en ont pas.

D. Mode d'évacuation des eaux usées. Partant de la catégorisation des modes d'évacuation des eaux usées par le MICS103 qui considère que l'évacuation par les égouts, par les caniveaux d'eaux pluviales ou par les puits perdus sont des d'évacuation hygiéniques, l'on serait tenté, au regard des données de l'enquête, que 85,3% des ménages en utilisent un. Ce qui serait trompeur au regard de la qualité de ces égouts et caniveaux vétustes, défectueux, bouchés et saturés. Alors que 84,2% des ménages de Lingwala disent recourir à ce mode d'évacuation, il a été observé que les infrastructures présentent une mauvaise qualité. Ce qui veut dire que l'eau ainsi évacuée stagne dans les rues et les artères principales. Les trous et les puits perdus ne jouent pas leur rôle car la nappe phréatique affleure à cause des remontées capillaires fréquentes. Ainsi donc, en réalité, 99% des ménages de Lingwala recourent à des modes d'évacuation des eaux usées non hygiéniques.

E. Conduite d'évacuation des eaux pluviales. L'analyse de la répartition des ménages selon la connexion de la parcelle aux conduites d'évacuation d'eaux montre que 47,4% des ménages de Lingwala ne sont pas connectés à une conduite d'évacuation des eaux pluviales. Par rapport aux infrastructures, le constat fait est que leur qualité laisse souvent à désirer suite à leur vétusté. Il est aussi signalé qu'à

103 MICS : Multiple Indicatiors Clustrer Survey

Lingwala tout le système de canalisation existant est hors usage. Ce qui cause un sérieux problème d'assainissement dans la commune.

Par ailleurs, les habitants de Lingwala sous-estiment les risques pathologiques qui pèsent sur eux. Les maladies hydriques causées principalement par les eaux contaminées provoquent chaque année des dizaines des cas de choléra déclarés.

F. Mode d'évacuation des ordures ménagères. L'analyse de différents

modes d'évacuation des ordures ménagères démontre que 74,8% des ménages de Lingwala recourent à des modes d'évacuation d'ordures ménagères considérés comme hygiéniques : services organisés (41,1%), incinération (15,8%), enfouissement (13,7%), compost ou fumier (40%).

L'on retient aussi que 25,3% des ménages de Lingwala recourent à des modes d'évacuation non hygiéniques : jet d'ordures sur les voies publiques (13,7%), dans les cours d'eau (2.1%), dans les dépotoirs anarchiques (9,5%). Le niveau de pauvreté ne permet pas à certains ménages de louer les services de ramassage qui s'organisent avec des pousse-pousseurs qui font du porte à porte moyennant des frais d'évacuation.

1.2.3.8. Synthèse.

L'analyse du cadre de vie des ménages de Lingwala donne une assez bonne idée de l'état de pauvreté urbaine dans lequel vivent les populations. D'une façon générale, les ménages connaissent une situation de grande promiscuité, un état de précarité des logements dû à la qualité médiocre des matériaux utilisés dans la construction de ceux-ci, une irrégularité dans la fourniture électrique ainsi que dans l'alimentation en eau, un sérieux problème sanitaire suite à la qualité peu hygiénique de leur environnement proche (insalubrité dans les logements et sur les rues) aggravant les risques de contagion des maladies telles que le choléra qui est bien actif à Kinshasa et qui se déclenche souvent pendant la saison des pluies.

Le choléra se caractérise par la diarrhée aiguë. Avec les pluies, les toilettes non hygiéniques ou saturées sont inondées, et leur contenu se déverse là où les enfants jouent et là où les mamans font leur vaisselle ou leur cuisine. Ces eaux infectées inondent non seulement les parcelles, mais aussi les rues. Les mouches infectées contaminent les produits alimentaires crus ou préparés qui son exposés souvent à même le sol et qui sont rarement couverts. C'est dans les communes de Lingwala et Kinshasa que les premiers cas de choléra ont été détectés en 1996 : communes vieilles dans lesquelles les conditions d'hygiène sont très précaires.

Dans l'ensemble, les ménages des quartiers touchés par l'enquête104 vivent dans un environnement malsain, recourent aux modes d'évacuation d'eaux et d'ordures non hygiéniques. Il arrive que l'aspect hygiénique du mode d'évacuation se perde suite à la vétusté et à la défectuosité des infrastructures (caniveaux, égouts). Les ménages perdent du temps et de l'énergie pour obtenir de l'eau. La qualité de la voirie laisse à désirer. De plus, ils vivent dans une promiscuité indescriptible.

1.3. ENVIRONNEMENT DE L'ENREPRENEURIAT PRIVE CONGOLAIS

1.3.1. Situation sociodémographique

Avec une population estimée à 64,420 millions d'habitants, mais

disproportionnellement répartie sur le territoire la RDC figure parmi pays le les plus peuplé d'Afrique subsaharienne. Selon l'Enquête 1-2-3 (2005), 69,6 % de la population vit en milieu rural contre 30,4% en milieu urbain. Le pays est sous-peuplé avec seulement 24 habitants au km2. Il sied de souligner que particulièrement la ville Province de Kinshasa a une très forte densité, avec 577 habitants au km2 suite à la concentration des infrastructures économiques, scolaires, universitaires et sanitaires ainsi que des institutions administratives et politiques, à l'exode rural lié aux conflits et à la dégradation des conditions de vie en milieu rural . Ceci crée pour la population l'idée de bénéficier une meilleure offre d'emploi dans la capitale qu'en Province.

La population d'âge économiquement actif (20-64 ans) c'est-à-dire les adultes qui doivent prendre en charge à la fois des enfants et des vieillards, représente 40% de la population totale, soit 38,8% chez les hommes et 41,2% chez les femmes.

La croissance démographique105 de 3,1% expliquée par une mortalité infantile décroissante au cours de ces vingt dernières années et une fertilité constante sur la période avec 6 enfants en moyenne par femme, s'il n'est pas régulé, fera doubler la population congolaise tous les 25 ans. Cette population restera très jeune et exercera des pressions nouvelles et plus fortes encore, aussi bien sur le système scolaire, le système sanitaire que sur le marché du travail. Avec cette tendance démographique, 50% de la population de la tranche d'âge supposée active de 15 à 64 ans, serait des jeunes et aggraverait la situation du marché du travail.

1.3.2. Le contexte socioculturel congolais

La prise en compte du contexte culturel local peut, comme le note MUAMBA106,
»permettre une meilleure connaissance de la mentalité des gens, et plus
particulièrement du modèle implicite de management que cette mentalité recèle». Et

104 NZUZI LELO et C.TSHIMANGA, op cit

105 RDC, DSCRP 2, op.cit., p.19

106 MUAMBA MULUMBA NGANDU, Relativité culturelle et management des entreprises africaines - Le cas du Zaïre, IST/UCL, Cahier Orange n° 39, 1994, p. 4

cette connaissance, poursuit-il, peut contribuer à mieux définir les priorités du changement sur le plan de la gestion.

Les cultures africaines étant multiples et diverses, la tentation est, dit-il, de »rassembler quelques traits dominants du système des valeurs en vigueurs» dans différents groupes. Nous pouvons, dans le cadre du présent travail, nous arrêter sur les quelques traits ci-après caractérisant le contexte socioculturel africain107 : la sociabilité, le rapport au temps et le rapport à l'argent.

1.3.2.1. La sociabilité.

Contraint par la nécessité de l'existence, écrit MUAMBA108, l'Africain recherche d'une manière générale la vie du groupe. Celle-ci s'offre à lui soit sous forme de société tribale, soit sous celle de la société moderne. Quel que soit le groupe de vie auquel il s'attache, il se laissera mouler selon les lois de la socialisation dans les vues et les valeurs du groupe qui le porte. Le recours aux relations de parenté, de voisinage et de camaraderie est favorisé par toute la tradition culturelle qui encourage et impose la solidarité et l'entraide.

Solidarité et entraide impliquent, selon BOURDIEU109, que celui qui a réussi doit se servir de sa propre réussite pour aider les autres, à commencer par les membres de sa propre famille : chaque individu qui se respecte se sent responsable de plusieurs parents plus ou moins proches, à qui il se doit, entre autres choses, de trouver du travail en usant de sa position et de ses relations personnelles. Cette solidarité, qui repose essentiellement sur la précarité des conditions de vie, a entre autres conséquences un esprit de dépendance élevé qui affecte les relations entre l'individu et les autres membres du groupe, va à l'encontre de l'efficacité et du développement de l'entreprise.

Paul KAMMOGNE110 soutient à ce sujet que l'entrepreneur africain, en cas de réussite, doit payer un lourd tribut à sa communauté d'origine, tribut auquel il peut difficilement se soustraire.

D'abord, sa réussite est considérée comme un don du ciel par toute sa communauté et il doit en conséquence partager les fruits avec tous. Se soustraire à cette obligation c'est entraîner la malédiction collective qui peut aller jusqu' à l'élimination physique. Remplir convenablement cette obligation, à la satisfaction, c'est renoncer au développement de l'entreprise, au moins dans un premier temps, en consacrant des fonds nécessaires à des festins et des cadeaux divers. Ensuite, la réussite dans certains cas peut être considérée comme la conséquence d'une pratique de sorcellerie.

107 Cette liste n'est pas exhaustive. D'autres traits cités sont : l'exercice du pouvoir, l'attitude envers le travail, etc.

108 Muamba M. Ngandu, op. cit.

109 BOURDIEU P., Algérie 60- Structures économiques et structures temporelles, Edition de minuit, Paris, 1977. Cité par Muamba M ; Ngandu, op. cit., p. 6

110 Paul KAMMOGNE FOKAM, L'entrepreneur africain face au défi d'exister, L'Harmattan, 1993.

La meilleure attitude que recommande KAMMOGNE, c'est de rechercher l'équilibre entre la solidarité africaine, qui possède des vertus évidentes pour la réussite de l'entreprise, et l'individualisme qui favorise la constitution d'une épargne abondante susceptible de financer l'investissement.

1.3.2.2. Le rapport à l'argent.

L'esprit communautaire évoqué plus haut, qui caractérise l'africain, exerce, en outre, une influence sur la place réservée aux questions économiques. Comme l'indique Muamba, l'économique n'est valorisé que s'il permet l'autosubsistance de la famille, le développement des relations sociales et l'acquisition des femmes, source de fécondité et partant de la véritable richesse.

Cette prééminence du social est à la base de l'absence de toute stratégie de développement. Le profit réalisé est une simple conséquence des opérations menées pendant une période donnée et non d'une planification stratégique. L'entreprise vit au jour le jour ; Et l'absence de stratégie, voire de planification, est liée à la perception que l'africain se fait du temps et de la durée.

1.3.2.3. Le rapport au temps.

Malgré l'apparition de la science du temps et de l'horlogerie, indique Muamba111le rapport que l'Africain entretient avec le temps reste fortement influencé par le vécu primitif de la durée où cette dernière »est une chose en soi, apparentée à la nature. Elle se présente comme une réalité extérieure qui entoure, domine et parfois même écrase. L'individu n'a d'autre choix que de s'y soumettre d'une manière passive. La durée est donc avant tout une expérience individuelle et socialisée, expérience d'un conditionnement naturel avec lequel les acteurs sociaux cherchent à composer, bref, à vivre.

Il y a donc une soumission au temps, dont la signification est donnée par les activités qui les meublent et les mythes qui les décrivent. Ainsi dans les langues africaines, chaque mois ou mieux une période correspondant approximativement à un mois porte un nom en rapport avec les activités qui doivent y être menées. Une illustration peut être donnée par la signification de chacune des expressions luba désignant les différents mois du calendrier (voir tableau 2).

Ces activités périodiques relèvent plutôt d'une simple routine que d'une prévision. Le futur est une simple reproduction du présent, comme celui-ci l'est du passé. C'est là une représentation du temps basée sur une logique de reproduction simple et cyclique de la durée. En effet, écrit Bourdieu112, dans l'optique de la conscience du temporel, le futur ne peut apparaitre comme un champ ouvert sur une infinité de

111 Muamba M. Ngandu, op. cit

112 Bourdieu P., Société traditionnelle - Attitude à l'égard du temps et conduite économique, Sociologie du travail, Vol. 1, n° 5, janvier - mars 1963, pp. 24-44. Cité par Muamba M. Ngandu, op. cit., p. 23

choix, mais comme une projection en avant de l'empirisme vécu, de l'expérience présente. Cet état d'esprit, poursuit Bourdieu, entraîne une attitude de prévoyance, qui diffère de la prévision dans la mesure où elle est dictée par l'imitation du passé et la fidélité aux valeurs transmises par les anciens. Elle n'a en fait d'autre ambition que de réduire au minimum la part de l'imprévu. C'est au nom de cette prévoyance qu'en milieu rural on met de côté de la nourriture ou les semences pour la saison future en vue d'assurer la continuité du présent.

Tableau N° 2 : Le mois du calendrier luba

Expression / Mois

Caractéristiques ou Activités

01

Janvier : Ngondo wa kumpala113 => Tshongu wa minanga

Mois sana pluies ; soleil piquant, brûlant même les

cultures. Période de la petite saison (mi-saison) sèche

02

Février : Ngondo muibidi =>Lwishi

Fin petite saison sèche, début des pluies.

03

Mars : Ngondo muisatu =>Lwabanya nkasu

»Distribution des houes».

Période où commencent les travaux de champs

04

Avril : Ngondo muinayi
=>Tshisanga nkasu

Période d'abondantes pluies (Période pluvieuse)

05

Mai : Ngondo muitanu =>Lumungulu

Période de la pré-récolte. Début saison sèche. Cueillette des oranges, citrons, mandarines,...

06

Juin : Ngondo muisambombo => Kabalashipu

Saison sèche encore à ses débuts. Poursuite de la

cueillette des oranges, citrons et mandarines,...

07

Juillet : Ngondo wa mwanda mutekete => Kashipu mpumpumpu

Pleine saison sèche.

Diminution des fruits (oranges,...)

08

Août : Ngondo wa muanda mukulu => Tshimungu wa mashika

Période de grand froid. Incendie des brousses. Cueillette des mangues.

09

Septembre : Ngondo wa tshitema

=> Kabitende ou Mudila ntongolo

Période des grillons, des chenilles et des cigales

10

Octobre : Ngondo wa dikumi => Kaswa mansense

Période où l'on creuse des thermites.

11

Novembre : Ngondo wa dikumi ne umue => Kaswabanga

Période de crise alimentaire ou des jeunes pousse. Début par endroits des »nswa» (=ndonge)

12

Décembre : Ngondo wa dikumi ne muibidi

=>Tshiswa munene

Période de la récolte et de l'abondance alimentaire.

Période des ananas et des bananes, aussi des

pangolins, des »bilundu» -> nswa + mankenena et
champignons »bowu bwa bilundu»

Remarques : Les champs sont cultivés au bord des rivières ou dans la forêt et n'ont donc pas de période de récolte ou plantation à cause de l'humidité du sol ; le riz est planté dans les marécages et est récolté pendant la saison sèche.

La prédominance du rythme agricole, que les expressions luba désignant les différents mois du calendrier met en avant, fait qu'en Afrique, ainsi que le note Muamba114, la vie ne se conçoit pas comme l'expression d'une course contre la montre qui exigerait une constante référence au temps, afin de s'assurer des progrès accomplis ou à accomplir. Cet état des choses explique l'absence de planification stratégique chez les agents économiques. C'est bien encré dans les esprits d'autant plus que les mythes, les contes et les chansons populaires valorisent plus la jouissance immédiate. La vision à long terme, voire à moyen terme ne trouve de place dans les enseignements transmis aux générations successives grâce à ces puissants outils de communication que sont les contes, les mythes et les chansons populaires.

113 Ngondo = mois. Wakumpala = le premier ; muibidi = le deuxième ; muisatu = le troisième ; etc

114 Muamba M. Ngandu, op. cit.

Il en résulte une préférence du présent à l'avenir. Mais cette situation découle aussi de la conjugaison de certains autres facteurs négatifs, tels que les effets d'imitation, de démonstration ou d'ostentation, lesquels décrivent, en fonction des critères reconnus dans la société comme gages de la réussite, le comportement de nouveaux riches qui préfèrent la consommation de luxe, les voitures de luxe, des villas, maisons ou appartements dans le pays comme à l'étranger. A ce comportement s'ajoute la préférence de la consommation à l'épargne115.

1.3.3. Le cadre légal et institutionnel

Ici, nous nous consacrons à la lecture de l'environnement légal et institutionnel de la P.M.E. congolaise. Par »environnement légal et institutionnel», nous entendons le cadre défini par le système politique et son arsenal législatif, réglementaire et administratif. Il s'agit, comme précise KANGULUMBA116, des décisions politiques, des lois portant création, constitution et formes des sociétés (commerciales), déterminant la nature juridique des entreprises, leur nationalité, la localisation des capitaux, les codes des investissements et l'autorité de contrôle.

Compte tenu des caractéristiques qui lui sont propres - spécialement sa fragilité - et du rôle qu'elle set appelée à jouer dans l'économie, la PME évolue dans un environnement spécifique : celui des structures de soutien aux petites entreprises ou d'appui à la création de petites entreprises.

Ces structures, qui relèvent tant du secteur public (Etat, régions, provinces, communes, CEE,...) que du secteur privé (secrétariats sociaux, organisations professionnelles, sociétés d'investissement, centres d'entreprises, grandes entreprises,...) peuvent consister en la mise à la disposition des nouveaux entrepreneurs de locaux et de certains services communs tels les télécommunications , la photocopie, le gardiennage, les salles de réunion, l'archivage, le stockage léger, la restauration légère,... Une autre vocation de ces structures se situe dans les services de réception et d'accompagnement des porteurs de projets : étude de faisabilité, préparation du plan d'affaires, conseils sur les aides financières, cours d'initiation au baba de la gestion117.

A coté de ces structures, on observe, au sein de la plupart des pays industrialisés, une prolifération des structures plus légères et fortement décentralisées et composées d'une équipe restreinte d'intervenants, dont on signale les caractéristiques118 suivantes :


· La prise en compte de l'ensemble de besoins des entrepreneurs ;

115 Ce comportement ne concerne qu'une infime partie de la population, car pour la majorité le revenu se situe en dessous du minimum vital et l'épargne n'est pas envisageable.

116 KANGULUMBA MBAMBI, »L'entreprise africaine d'assurance et son environnement», Communication faite au Colloque sur »L'entreprise africaine et son environnement», Maison Africaine de Bruxelles, 19 novembre 1994.

117 P.A. JUILEN, op.cit., p.86 ; R. FREDERIC, Entreprendre et réussir, De Boeck, 1990, pp. 101 et ss ; Rik DONCKELS et alii, Guide pratique pour créer votre entreprise, Générale de Banque, 1987, pp.31 et ss.

118 P.A. JUILEN, op.cit.

· La disposition d'équipes de professionnels capables d'encadrer les entreprises par créneaux de clientèle ;

· La sélection des projets des entrepreneurs et des initiatives et assurance d'un suivi et d'un contrôle des opérations encours avec les entrepreneurs ;

· L'organisation des mesures d'interfaces et la création des réseaux d'interaction avec les autres entrepreneurs de leur région.

Ces structures fournissent des services consultatifs ainsi que des prêts, des garanties de prêts ou de capital-actions aux futures entreprises ou aux petites entreprises existantes119.

Le cadre dans lequel évoluent les sociétés congolaises ainsi que les petites et moyennes entreprises est constitué d'une mosaïque des textes légaux et règlementaires dont les plus récents datent de 1973 et les plus anciens de 1887120.

C'est seulement dans les années 70 marquées par la montée du nationalisme, que l'Etat congolais a souligné la nécessité d'africaniser les structures économiques afin d'éviter le contrôle de tous les secteurs de l'économie nationale par les étrangers. Cette politique d'africanisation, souligne Mulumba Lukoji121, vise d'une part à réduire l'importance des cadres étrangers et d'autre part à exclure les investisseurs étrangers de certains secteurs économiques.

Ainsi, quatre lois économiques furent promulguées :

- La loi n° 73/009 sur le commerce;

- La loi n° 73/010 instituant le régime d'agrément de petites et moyennes entreprises congolaises ;

- La loi n° 73/011 portant création et organisation de l'Office de Promotion des P.M.E. congolaises (OPEC) ; et

- La loi n° 73/012 créant et organisant le fonctionnement d'un Fonds de garantie des crédits aux P.M.E.

L'objet de la loi instituant le régime d'agrément est de favoriser la promotion des P.M.E., car leurs activités sont susceptibles de contribuer au développement économique et social du pays. Ce régime vise à sélectionner les P.M.E. devant jouir des avantages divers tels que : allègement fiscal, accès au Fonds de garantie des crédits.

119 Tel est le cas de « Comités d'aide aux entreprises » (CAE), l'une des cinq options offertes à l'intérieur du Programme Canadien « Développement des Collectivités ». Les autres options sont : l'aide au déplacement des chômeurs ; l'appui aux activités indépendantes des chômeurs ; l'assistance au milieu associatif ; et la formation des travailleurs.

120 Le droit commercial en vigueur aujourd'hui en RDC repose sur un vétuste décret : le décret du Roi-Souverain du 27 février 1887, modifié et complété par les décrets du 23 mars 1921, du 18 octobre 1942, du 23 juin 1960 et le décret-loi du 19 septembre 1965 ; Aussi le décret du 2 août 1913 et les lois du 5 janvier 1973 sur le commerce et les petites et moyennes entreprises.

121 MULUMBA LUKOJI, `'Les lois du 5 janvier 1973 sur le commerce et les petites et moyennes entreprises zaïroises», in Zaïre-Afrique, Kinshasa, 1973.

Deux de ces lois économiques mettent sur pieds deux organismes : l' »Office de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises» (OPEC) et le »Fonds de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises».

Outre ces mécanismes mis en place par les lois du 5 janvier, nous devons signaler l'existence d'un certain nombre d'institutions appelées à contribuer au développement de la P.M.E. au Congo. Elles relèvent tantôt du secteur public tantôt du secteur privé. Elles sont nationales ou étrangères. Elles sont venues alimenter cet environnement pour répondre aux besoins spécifiques et chacune a en charge un aspect du développement de la PME. Dans les lignes qui sui suivent, nous présentons les différentes initiatives122.

1. L'OPEC.

C'est l'organisme chargé d'encadrer les PME et de leur servir de conseiller. Il a pour mission de réaliser des études, concevoir et mettre en oeuvre toutes actions, de nature à susciter le développement ou la création des petites et moyennes entreprises congolaises, d'en améliorer l'efficience et la productivité, d'en promouvoir l'organisation collective et d'en assurer la défense123.

Concrètement, note Mulumba Lukoji124, l'OPEC est appelé à mettre à la disposition des PME congolaises des services d'études techniques des projets, un conseil commercial, juridique, financier ou comptable, les assister dans la préparation des dossiers bancables.

2. Le »Fonds de garantie des crédits aux PME».

C'est un organisme financier dont la mission est, comme le nom le suggère, de garantir des crédits à court, moyen et long terme consentis par les banques et les institutions financières125.

3. Le Bureau d'encouragement pour le développement de la petite et moyenne entreprise (BEDEPE).

Une création de la Banque Mondiale à la demande du gouvernement (Conseil Exécutif). Par des ressources spécifiques, le BEDEPE devait financer des projets de PME aux conditions simples126.

122 ONUDI, Rapport technique : propositions pour un schéma directeur de développement des PME zaïroises, Projet ONUDI n° DP/ZAI/81/014, septembre 1987.

123 Loi n° 73/011, article 4, alinéa 1er

124 Mulumba Lukoji, op. cit

125 Loi n° 73/012

126 Le BEDEPE, la BCA et les Fonds de Convention de Développement sont inopérationnels à ce jour.

4. Les Fonds de Promotion de l'Industrie (F.P.I). Il accorde son soutien aux Petites et Moyennes Entreprises du secteur industriel.

5. Le Conseil Permanent de Comptabilité au Congo (CPCC).

Il a pour objectif d'instaurer un système comptable harmonisé pour tout le pays et d'assister les entreprises dans son application. Pour les PME, le CPCC a mis sur pieds un système de gestion comptable. C'est une institution d'appui technique à la gestion.

6. La Banque de Crédit Agricole (BCA) et le Fonds Agricole.

Ces deux organismes avaient pour objet le financement des opérateurs

économiques du secteur agricole. Par définition, ils étaient censés accorder leurs crédits à toutes les entreprises agricoles (agriculture, élevage et pêche). Mais la faiblesse de leurs dotations respectives les orientait davantage vers les PME agricoles.

7. Les Fonds de Convention de Développement.

Cette institution avait reçu vocation de financer toutes les activités à l'approvisionnement industriel d'origine agricole. La mission essentielle du crédit était d'assurer l'intégration entre l'agriculture et l'industrie.

8. La Fédération des Entreprises du Congo (FEC).

C'est une organisation d'entrepreneurs, à la fois syndicat et chambre de commerce, dont l'objet est d'une part, de promouvoir les intérêts des opérateurs économiques des différents secteurs et, d'autre part, de représenter auprès des pouvoirs publics, des organismes nationaux et étrangers, les activités industrielles, agricoles, de services ou artisanales ainsi que les employeurs. Elle joue un rôle dans la promotion des PME et a créé en son sein une direction des PME appelée à jouer le rôle d'une Centrale de Services pour ces entreprises.

Cette direction »a pour mission d'identifier les PME et d'organiser en leur faveur des programmes d'assistance avec ou sans le concours des organismes internationaux d'aide au développement. Cette assistance s'oriente dans les domaines économiques et techniques, ainsi que dans le perfectionnement des méthodes de gestion''127.

9. Le Centre de Perfectionnement aux techniques de Développement (CEPETEDE).

C'est une institution de formation qui ne vise pas spécialement les PME, mais a déjà eu à assurer des formations des chefs d'entreprises, à la demande de la FEC.

10. Le Centre Chrétien d'Action pour Dirigeants et Cadres d'Entreprises au Congo (CADICEC).

127 ONUDI, op. cit., p. 46

C'est la deuxième institution privée de formation. Il s'intéresse en particulier aux problèmes de gestion des PME et surtout des PME informelles. Il organise des séminaires ou rencontres ayant pour objet l'échange d'expériences. C'est une ONG relevant des pouvoirs de la Compagnie de Jésus.

1.3.4. L'environnement technologique

Notre approche de l'environnement technologique de la PME congolaise s'inscrit dans le contexte du processus d'industrialisation observé à travers toute l'Afrique subsaharienne vers la fin des années '60.

Mais qu'entendre par « industrialisation » ? Selon l'ONUDI, écrit Michel NORRO128, « pour un pays en développement, l'industrialisation signifie plus que le simple fait d'augmenter le revenu et le volume de production. Elle constitue pour lui un moyen de moderniser sa structure primitive de production et de transformer toute la tradition socioéconomique qui y est associée. Dans ce contexte, il est important de mesurer l'industrialisation sous toutes ses dimensions, c'est-à-dire à la fois quant à son étendue et quant à son intensité. ».

La politique d'industrialisation menée au Congo est de type »industrialisation par substitution aux importations» dont l'objectif est de remplacer assez vite les importations qui déséquilibrent la balance commerciale par des productions locales. L'idée d'une telle politique consiste à privilégier les activités industrielles pour les quelles, ainsi qu'en témoignent les importations, il existe une demande intérieure.

Le producteur nouveau, écrit Michel NORRO129, ne doit pas créer son marché mais peut aisément, moyennant les mesures protectionnistes convenables, se substituer aux producteurs étrangers.

Dans ce contexte, l'amélioration des technologies traditionnelles ne pouvait pas être au centre de la politique d'industrialisation, puisqu'il fallait opérer un »saut technologique» en optant pour les technologies avancées. Comme l'indique LOKOTA130, l'assimilation des emprunts technologiques à l'étranger est considérée comme un des principaux facteurs de modernisation de l'appareil productif d'un pays. La théorie de la modernisation a toujours recommandé aux pays sous-développés, dans leur recherche des voies et moyens de réduire rapidement l'écart technologique qui les sépare des pays industrialisés, d'imiter la technologie mise au point par ces derniers.

128 Michel NORRO, Economie africaine, De Boeck, 1994, p. 176

129 Idem, p. 191

130 LOKOTA, op. cit., p.68

C'est là le rôle joué par le mouvement de »transfert des technologies''131, qui s'est opéré selon deux voies : une voie directe et une voie indirecte. Dans la voie directe, des opérateurs nationaux réalisent pour leur compte un investissement en recourant à des partenaires étrangers pour des fournitures de biens et services. Quant à la voie indirecte, elle correspond au cas où une firme d'un pays industrialisé implante une filiale dans un pays du Tiers monde132. Dans tous les cas, il s'agit des opérations d'achat d'équipements et des services aux pays industrialisés.

1.3.5. L'environnement économique

Nous nous proposons de faire l'analyse de l'environnement économique à la lumière des quatre objectifs fondamentaux poursuivis dans le cadre de toute politique économique. Il s'agit des objectifs représentés sur le carré magique de Nicholas Kaldor ou carré magique d'économie : la croissance économique dont l'indicateur est le taux de croissance économique ; le plein emploi dont l'indicateur est le taux de chômage ; la stabilité des prix dont l'indicateur est le taux d'inflation ; et enfin, le commerce international qui a pour indicateur le taux de change. Le tableau N°3 ciaprès donne l'évolution de différents indicateurs économiques ainsi que l'IDH de la République Démocratique du Congo pour la période allant de 2001 à 2011.

L'économie congolaise des années 2000 est marquée par le Programme Economique du Gouvernement (PEG) conclu, depuis Juin 2002, entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le FMI à la suite des performances du Programme Intérimaire Renforcé (PIR) mis en place par le Gouvernement avec l'appui du FMI, dont l'objectif était de casser l'hyperinflation ainsi que la dollarisation de l'économie qui en a découlé dans la décennie 90. Avec ce programme, la R.D.CONGO a retrouvé le chemin du redressement eu égard aux progrès accomplis aussi bien dans les domaines politiques qu'économiques.

En effet, durant cette période, le Gouvernement a pris d'importantes mesures afin d'instaurer la démocratie et rétablir la paix. L'économie a réagi favorablement à ces avancées. Aussi, sur le plan économique, les réformes et les politiques macroéconomiques prudentes ont contribué à relancer la croissance et à réduire significativement l'inflation133.

131 Par »transfert de technologie», dit B. Verhaegen, on pourrait entendre la vente et l'installation de biens d'équipement incorporant un certain degré de savoir-faire technique, tant dans leur conception que pour leur installation et leur fonctionnement.

132 Voir : G. de Villers, Domination de la technique et technique de la domination : transferts de technologie et développement, in Politique africaine n° 18, Karthala, Juin 1985

133 Ministère de la Santé, op. cit., p. 16

1.3.5.1. La croissance économique

Comme le montre le tableau N°3, la croissance économique de la République Démocratique du Congo est demeurée positive depuis 2002 et n'a pas cessé de croître jusqu'en 2005.

En effet, le taux de croissance qui se situait à 7,2% en 2005 est tombé à 5,6% en 2006 ; il est monté à 6,2% en 2008, tirée entre autres par les bons résultats affichés dans le commerce et dans le secteur minier, et s'est ralentie à 2,7% en 2009, du fait des effets de la crise financière internationale, qui a induit une baisse de la demande mondiale. Le taux de croissance était de l'ordre de 7,2% pour 2010 grâce à la reprise de l'activité minière et au dynamisme du secteur tertiaire, et il est tombé à 6,9% en 2011 en dépit d'une conjoncture difficile marquée par la montée des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers sur le marché international ainsi que les échéances électorales financées totalement sur les ressources propres.

1.3.5.2. L'emploi

La situation de l'emploi n'a fait que se dégrader depuis les années 70 et elle est aujourd'hui l'une des préoccupations majeures du Gouvernement. Le tableau N° 3 montre entre autres l'évolution du taux de chômage pour la période allant de 2001 à 2010. Si la tendance est à la baisse, ce taux reste tout de même élevé : 59,7% en 2010.

Tableau N° 3 :
Evolution des indicateurs économiques et IDH de la R.D. CONGO de 2001 à 2011134

Année 4

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Taux de croissance du PIB

-2,1

3,5

5,8

6,6

7,8

5,6

6,3

6,2

2,8

7,2

6,9

Taux de change

312

382

373

444

431

503

503

639

903

915

927

Taux d'inflation

135

15,8

4,4

9,2

21,3

18,2

10

27,6

53,4

9,8

15,44

Taux de chômage

89

89,1

88,5

72,2

67,8

66,5

66,1

64,7

63

59,7

 

IDH

0,224

 
 

0,391

0,260

 
 
 

0,227

0,239

 

Il existe un lien direct de causalité entre pauvreté et emploi. Ainsi, l'enquête 1-2-3 de
2005135 montre qu'environ 70% des pauvres sont au chômage ou en situation de

134 Ce tableau est notre propre construction, grâce aux données tirées : du Rapport annuel 2010 de la Banque Centrale du Congo ; du Rapport annuel 2010-2011 du Ministère des Finances ; et du Rapport mondial de développement humain 2006

sous-emploi. Ce chiffre semble proche de celui de la Banque Centrale qui donne un taux de 67,8% pour 2005.

Selon la même enquête, la tranche 15-35 ans représente plus de 25% et enregistre un taux de chômage de 28% au moment où la moyenne nationale est estimée à 6%. De ce fait et au vu de la croissance démographique, sans une politique active qui impacte positivement le marché du travail, le chômage des jeunes risquerait de connaître des niveaux les plus alarmants et la situation deviendrait explosive si rien n'est fait pour trouver à cette cibles des Activités Génératrices de Revenus (AGR). Au sein de cette population jeune, les filles sont les plus exposées au chômage du fait de leur sous scolarisation et des barrières socioculturelles.

Le taux de chômage moyen au niveau national se situe à 6,5%, mais cet indicateur n'est pas très significatif dans un contexte où une majorité de la population vit de l'agriculture de subsistance, le taux de chômage en milieu rural avoisinant zéro. Quant au taux de chômage urbain, il était en 2005 de 17,8%. Les jeunes constituent plus de la moitié de la population active et sont les plus touchés par le chômage, particulièrement en milieu urbain. Ainsi, le taux de chômage des 15-24 ans (32,2%) avoisine le double de la moyenne nationale pour le milieu urbain (17,8%).

1.3.5.3. La stabilité des prix

Le taux d'inflation qui était de 511% en 2000136 a été ramené à 135% en 2001 grâce à la mise en place du Programme Intérimaire Renforcé. Il est ensuite tombé à 15,8% en 2002, puis à 4,4% en 2003 avant de remonter à 9,2% en 2004. Ce sont ces performances qui avaient permis au pays de conclure, en Juin 2002, avec le FMI, le programme Economique du Gouvernement (PEG).

Le tableau N° 3 montre que la désinflation, traduisant une exécution satisfaisante du PEG, a été poursuivie jusqu'en 2004. A partir de 2005, il y a eu un relâchement dans la conduite de la politique budgétaire qui s'est accompagné d'un recours excessif aux avances de la Banque Centrale. Ceci a débouché sur une surchauffe du marché de change qui a induit l'accélération du rythme de formation des prix intérieurs. Ainsi, le taux d'inflation est monté de 9,2% en 2004 à 21,3% en 2005, puis est tombé à 18,2% en 2006 puis à 10% en 2007. Il est ensuite monté à 27,6% en 2008 puis à 53,4% en 2009 à cause de la hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques. Pour les deux dernières années, il y a eu amélioration et le taux d'inflation a été de 9,8% puis 15,44%.

135 Réalisée par l'Institut National de la Statistique, la dernière enquête 1-2-3 date de 2005 et portait sur l'emploi, le secteur informel et la consommation des ménages de 2004 -2005 ; les données statistiques qui en ont découlé peuvent être dépassées et seront actualisées par une autre enquête qui serait déjà envisagée.

136 Ministère des Finances, Rapport Annule 2010-2011, p.28

1.3.5.4. Le commerce international

L'évolution du taux de change donnée par le tableau N° 3 montre une très forte dépréciation du Franc Congolais pour la période allant de 2001 à 2012 ; De 312 FC pour 1$ en 2001, le taux de change se situe à 927 FC à fin 2011. Il y a lieu d'observer dans le comportement du franc congolais une certaine stabilité pendant deux ou trois ans avant d'effectuer un saut. Il s'est situé entre 312 et 373 entre 2001 et 2003, puis il a opéré un saut pour atteindre 444 en 2004 et 431 en 2005. Il monte ensuite à 503 en 2006 et est resté inchangé en 2007. Il et ensuite monté en 2008. Puis le taux est enfin passé à 903 en 2009 et est resté relativement stable avec de faibles variations d'une fin de l'année à une autre jusqu'en 2011. La monnaie nationale a connu une forte appréciation en novembre 2011, forcée par un accroissement important de l'offre des devises induit par les opérations relatives aux échéances électorales.

1.3.5.5. Le dualisme de l'économie congolaise

L'économie congolaise est caractérisée par un dualisme du fait de la coexistence de deux secteurs : un secteur formel, officiel, légal, ... et un secteur informel, souterrain, illégal qui, portant, permet la survie voire le développement des sociétés et est parallèle au formel.

Il s'agit d'un dualisme structurel exprimé par la dichotomie »secteur formel/secteur informel» ou »secteur structuré/secteur non structuré», une nouvelle manière de voir l'hétérogénéité des économies sous-développées, décrite par Lokota137 en ces termes : « ...il existe, à coté du secteur capitaliste (salariat, taux de profit positif, argent fonctionnant comme capital et espace non marchand, absence de circulation monétaire, production de simples valeurs d'usage, autosubsistance), un ensemble d'activités que l'on peut, du point de vue, non pas des valeurs d'usage mais des formes d'organisation de la production, des statuts socioprofessionnels ou de la division du travail regrouper dans un secteur dit informel ou non structuré »

Le secteur informel peut être défini, selon A. De Romana138, comme un agrégat de systèmes de production à l'échelle relativement modeste, fournissant des biens et services destinés à l'échange, mais qui sont basés moins sur l'investissement de capital que sur l'investissement d'effort et sur la création d'organisation à travers un travail autonome.

L'importance du secteur informel, écrit Marc Debare139, peut paradoxalement
s'expliquer par la forte intervention de l'Etat dans nombre des économies. Même si
une évolution se fait jour, les états du tiers monde se sont longtemps attachés à

137 LOKOTA EKOT'EPANGA, La crise de l'industrialisation, la problématique des activités informelles et les perspectives du développement endogène en Afrique subsaharienne - Cas du Zaïre, Louvain-la-Neuve, CIACO, 1994

138 Cité par LOKOTA, op. cit.

139 Marc Débare, Les milliards de l'ombre - L'économie souterraine, HATIER, Paris, 1992

impulser le développement, notamment par des plans et l'implantation d'industries qu'ils espéraient »industrialisante». Ce dirigisme étatique n'intégrait pas les modes traditionnels d'activité. Cette conception du développement condamnait en quelque sorte les activités traditionnelles, non pas à disparaître, mais à devenir informelles.

A côté de grands projets industriels, l'exode rural et l'explosion démographique viennent aussi favoriser la multiplication de ces activités informelles, qui sont menées en marge de toute obligation légale et échappant à la régulation étatique. Ces activités permettent d'atténuer les tensions sociales en absorbant une partie du sous-emploi et en réduisant certaines pénuries : raison pour laquelle elles sont tolérées par les pouvoirs publics.

Les métiers du secteur non structuré représentent, selon le BIT140, une façon d'accomplir les choses qui se caractérisent par :

a) La facilité d'accéder aux métiers en question ;

b) Le recours aux ressources locales ;

c) La propriété familiale des opérations ;

d) L'échelle restreinte des opérations ;

e) Des techniques à forte intensité de main d'oeuvre et adaptées ;

f) Des qualifications qui s'acquièrent en dehors du système du système scolaire officiel ;

g) Des marchés échappant à tout règlement ouvert à la concurrence.

1.3.6. Typologies des Petites et Moyennes Entreprises congolaises

Les typologies d'entreprises reconnues dans la Charte141 sont la Micro Entreprise ou la très Petite Entreprise, la Petite Entreprise et la Moyenne Entreprise. Mais aussi l'Artisanat. D'où l'expression « Petite et Moyenne Entreprise et Artisanat (PMEA).

1.3.6.1. La Micro Entreprise ou la Très Petite Entreprise (TPE)

Elle répond aux critères et seuils suivants :

· Effectif : entre 1 et 5 employés

· Chiffre d'affaires annuel hors taxe : entre 1 et 10.000 USD ;

· Valeur des investissements nécessaires mis en place pour les activités de l'entreprise : inférieur ou égale à 10.000 USD ;

· Mode de gestion concentrée.

1.3.6.2. La Petite Entreprise

Elle répond aux critères et seuils suivants :

· Effectif : entre 6 et 50 employés

140 Cité par Lokota Ekot'Epanga, op. cit.

141 RDC, Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, Charte des petites et moyennes entreprises et de l'artisanat en République Démocratique du Congo, 24 Août 2009.

· Chiffre d'affaires annuel hors taxe : entre 10.001 et 50.000 USD ;

· Valeur des investissements nécessaires mis en place pour les activités de l'entreprise : entre 10.001 et 150.000 USD ;

· Mode de gestion concentrée.

1.3.6.3. La Moyenne Entreprise

Elle répond aux critères et seuils suivants :

· Effectif : entre 51 et 200 employés

· Chiffre d'affaires annuel hors taxe : entre 50.001 et 400.000 USD ;

· Investissements net : variant entre 150.000 et 350.000 USD ;

· Mode de gestion plus ou moins ouvert à la décentralisation.

1.3.6.4. L'Artisanat

Au sens de la Charte, on entend par Artisanat, le secteur qui regroupe les entreprises artisanales. Et l'entreprise artisanale est toute unité économique dont la propriété revient à une personne physique exerçant une activité de production, de services ou d'Arts à caractère manuel et/ou mécanique.

Dans cette catégorie la Charte distingue : le mono emploi ; le croissant et l'émergent. La Charte précise que, s'agissant de l'Artisanat minier et forestier, les critères de chiffre d'affaires et investissement sont illimités.

 

Mono emploi

Croissant

Emergent

Effectif

1 employé

1 à 5 employés permanents

6 à 10 employés

Chiffre d'affaires annuel hors taxes

Entre 1 à 10.000 USD

Entre 10.001 et 30.000 USD

Entre 30.001 et 50.000 USD

Investissements nécessaires

5.000 USD au maximum

Entre 5.001 et 10.000 USD

Entre 10.001 et 50.000 USD

Mode de gestion

Concentré

Concentré

Concentré

 

1.3.7. L'environnement politique

En ce qui concerne la gouvernance politique et sécuritaire, des efforts demeurent à faire, malgré les progrès accomplis. Après une longue période de transition débutée en 1997 et entrecoupée de deux guerres, les efforts pour mettre en place un nouvel ordre politique ont abouti avec la mise en place des institutions de transition, l'adoption en décembre 2005 de la nouvelle Constitution et l'organisation des premières élections législatives et présidentielles - libres et démocratiques du pays depuis quarante ans. Entre 2007 et 2010, le Gouvernement a travaillé à consolider la situation politique et sécuritaire de la RDC. Pratiquement toutes les institutions prévues dans la Constitution, aussi bien au niveau central qu'en provinces, ont été mises sur pied et rendues fonctionnelles. Cependant, l'ensemble de ces institutions souffrent de déficits importants de capacités qui rendent difficile l'accomplissement de leurs fonctions. Le processus électoral s'est vu renforcé par la promulgation et de la mise en place de la loi sur la CENI142.

142 Commission Electorale Nationale Indépendante

Malheureusement, les résultats du double scrutin du mois de novembre 2011 accusent beaucoup d'insuffisances et de faiblesses. Cette situation est de nature à renforcer les obstacles politiques au développement, en l'occurrence : l'instabilité du pays, l'insécurité économique, le faible taux d'investissement, etc...

Chapitre II.

PRESENTATION DU CADRE D'ETUDE

2.1. LE BUREAU DIOCESAIN CARITAS-DEVELOPPEMENT (BDCD)143

2.1.1. Historique du BDCD

Le BDCD résulte de la fusion, en février 2003, du Bureau Diocésain de Développement (BDD) avec le Bureau de Caritas, en vue d'une coordination unique et ce, conformément à »l'architecture» de la pastorale sociale de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).

Le BDCD est une Association Sans But Lucratif (ASBL) et a pour tâche essentielle de coordonner toutes les actions de développement et d'assistance sociale initiées à travers les différentes paroisses de l'Archidiocèse de Kinshasa en collaboration avec les Commissions Paroissiales de Développement (CPD) et de la Caritas

Dans ce cadre, le BDCD est chargé de susciter des actions de développement et des oeuvres de charité auprès des personnes vulnérables des communautés de base ainsi que de coordonner toutes les réalisations de promotion humaine au sein de l'Archidiocèse de Kinshasa.

Par rapport à l'Archidiocèse de Kinshasa, le BDCD est un organe technique qui s'occupe des questions de développement et de l'assistance sociale, conformément aux orientations de la Commission Episcopale Caritas Développement (CECD) de la Conférence Episcopale Nationale du Congo.

2.1.2. Objectifs du BDCD

Le BDCD poursuit les objectifs suivants :

· Conscientiser et sensibiliser les communautés de base, par l'animation, sur les problèmes spécifiques relatifs à leur auto promotion ;

· Amener les communautés de base, par l'animation, à identifier leurs priorités et les traduire en projets ;

· Accompagner les personnes vulnérables (orphelins, veuves et personnes vivant avec handicap, malades chroniques, personnes de troisième âge,...) pour une vie digne ;

· Encourager les initiatives de la base et guider les promoteurs des projets de développement depuis la conception jusqu'à la réalisation ;

· Susciter et renforcer les structures de développement à la base.

143 Rapport d'activités du Bureau Diocésain Caritas Développement de l'Archidiocèse de Kinshasa-Exercice 2006, Juillet 2007

2.1.3. Activités du BDCD

Les activités que mène le BDCD sont réalisées au niveau des communautés de base de l'Archidiocèse de Kinshasa.

2.1.4. Vision et Mission du BDCD

2.1.4.1. Vision

La vision du BDCD est celle d'une société congolaise plus juste, équitable et paisible ; une société où l'homme, créé à l'image de Dieu, vit pleinement et librement sa dignité. Cet homme réalise son autopromotion intégrale et son épanouissement, grâce à sa propre participation dans la dynamique sociale.

2.1.4.2. Mission

La mission du BDCD/Kinshasa s'articule autour des points suivants :

· Relayer au niveau diocésain les idées force de la mission en matière de développement et de protection sociale assignée à la Commission Episcopale Caritas Développement (CECD) par la CENCO ;

· Accompagner, sans exclusive, dans un idéal d'amour, de partage et de solidarité, les populations locales dans leurs efforts à se prendre en charge par le travail, dans la dignité et l'amour, en vue de l'éradication de la pauvreté et de la misère avilissante ;

· Promouvoir un climat de franche collaboration entre les structures décanales et paroissiales, ainsi qu'avec les partenaires solidaires des actions du BDCD à Kinshasa.

La mission du BDCD consiste aussi à :

· Accompagner, par la réflexion et de manière coordonnée et par des moyens appropriés, les actions et les initiatives des communautés de base ;

· Mener les actions de plaidoyer et de lobbying en faveur des communautés locales.

2.1.5. Structure du BDCD

2.1.6. Orientations stratégiques

Partant de sa mission et de sa vision le BDCD a, sur le plan stratégique, deux orientations autour desquelles s'organisent les activités de développement et de protection sociale (Caritas).

2.1.6.1. Volet Développement

Ce volet prend en compte les activités relatives à :

· La promotion et à l'encadrement des initiatives locales de développement ;

· La prise de conscience sur la matière de développement et d'auto prise en charge ;

· L'information et à la formation nécessaires pour l'épanouissement de l'homme et de sa communauté ;

· La mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation des projets financés

2.1.6.2. Volet Caritas

Ce deuxième volet, quant à lui, prend en compte les activités ci-après :

· La conscientisation de la population au travers des communautés de base pour la prise en charge des indigents, des vulnérables et des personnes en détresse ;

· L'évaluation des besoins des groupes vulnérables en vue d'une prise en charge efficace ;

· La mise à disposition des communautés de base de l'information et de la formation nécessaires en vue d'un engagement efficace pour la cause des plus vulnérables.

2.1.7. Interventions du BDCD/Kinshasa

2.1.7.1. Bénéficiaires des interventions

La demande sociale au sein de l'Archidiocèse de Kinshasa est tellement importante et variée que le BDCD ne peut y donner satisfaction au même moment, compte tenu de ses capacités institutionnelles, de ressources dont il dispose et/ou qu'il peut mobiliser. C'est ainsi qu'il a établi des critères de choix des groupes à accompagner pour que ses interventions puissent produire des effets visibles dans le milieu.

De manière générale, le BDCD travaille avec les membres de toutes les paroisses de l'Archidiocèse de Kinshasa. Cependant, il joint à ces bénéficiaires d'autres groupes cibles répondant aux caractéristiques suivantes :

· Ménages constitués de personnes vulnérables ;

· Ménages vulnérables regroupés en associations ;

· Associations qui ont en commun des activités de production dans le domaine de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche et du petit artisanat ;

Les autres caractéristiques de ces groupes cibles sont les suivantes :

· Associations qui disposent des documents de base de gestion ;

· Associations prêtes à oeuvrer pour la défense des intérêts de la communauté ;

· Associations situées dans le rayon d'intervention et répondant à l'une ou l'autre des caractéristiques ci-dessus.

2.1.7.2. Champ d'action

Les activités du BDCD couvrent toute l'étendue de l'Archidiocèse de Kinshasa, lequel comporte 139144 paroisses et est subdivisé en trois (3) régions apostoliques, à savoir :

1) Région apostolique Kin-Est. Sur les quatorze (14) doyennés que compte l'Archidiocèse de Kinshasa, quatre (4) se retrouvent dans cette région apostolique. Elle est composée de 41 paroisses. Il s'agit des doyennés :

· Sainte Marthe : 9 paroisses

· Saint Jacques : 5 paroisses

· Saint Marc : 13 paroisses

· Sainte Thérèse : 14 paroisses

2) Région apostolique Kin - Centre. Elle est composée de 54 paroisses regroupées en trois (3) doyennés :

· Saint Alphonse : 8 paroisses

· Saint Kizito : 5 paroisses

· Saint Esprit : 6 paroisses

· Saint Gabriel : 12 paroisses

· Saint Joseph : 11 paroisses

· Saint Pierre : 12 paroisses

3) Région apostolique Kin - Ouest. Elle est composée de 44 Paroisses regroupées en quatre (4) doyennés, à savoir :

· Saint François : 9 paroisses

· Saint Cyprien : 12 paroisses

· Saint sacrément : 13 paroisses

· Saint Mawaggali : 10 paroisses

2.1.7.3. Nature des interventions

Chaque année, pour apporter sa contribution à l'accomplissement de la mission sociale de l'église, le BDCD planifie une série d'actions à mener et ce, au regard de la situation prévalant, en général, à travers le pays et, plus particulièrement, à travers la ville de Kinshasa.

Ainsi, au mois d'avril 2005, le BDCD a tenu un atelier de programmation qui a pris en compte »le contexte sociopolitique et économique de la République Démocratique du Congo caractérisé par une grave paupérisation de la majorité de sa population à la suite du délabrement du tissu économique».

144 Centre Pastoral Lindonge, « La cohérence chrétienne », Orientations pastorales 2011-2012, Edition du Centre Pastoral, Kinshasa 2011. Cette publication reprend la liste actualisée des paroisses de l'Archidiocèse de Kinshasa.

Cet atelier tenu au Centre Nganda a permis d'identifier les problèmes majeurs à résoudre et a débouché sur la détermination des objectifs à atteindre par le biais d'une série d'activités, en servant d'une double stratégie, à savoir : l'approche projet et l'animation sociale.

4 Les problèmes majeurs identifiés en 2005145

· Faible couverture des besoins alimentaires de base des populations les plus vulnérables au sein de l'Archidiocèse de Kinshasa ;

· Activités génératrices de revenus peu soutenues ;

· Environnement insalubre et assainissement insuffisant ;

· Faible responsabilisation des communautés de base ;

· Marginalisation et stigmatisation des victimes du VIH/SIDA par les autres membres de la communauté ;

· Faible niveau d'accompagnement des personnes vulnérables.

4 Les objectifs définis pour 2006

~ Objectif global : Améliorer la qualité de la vie des communautés de base vivant en situation de précarité par la relance des activités d'autopromotion et de protection sociale assurée.

~ Objectifs spécifiques :

o Soutenir les communautés de base dans leurs activités de sécurisation alimentaire ;

o Renforcer les capacités de communautés de base dans le lancement, la

gestion et la rentabilisation des activités génératrices de revenus ;

o Susciter et renforcer les capacités de ces communautés dans les

activités d'élevage du petit bétail et de l'agriculture de survie ;

o Organiser des initiatives de soutien et d'accompagnement des malades,

notamment le soutien des personnes vivant avec le VIH/SIDA ;

o Assister les populations des victimes des calamités naturelles.

Ces objectifs ont fait l'objet d'une programmation des actions visant à atténuer l'impact des problèmes majeurs sur les conditions de vie des communautés locales et ces actions ont été regroupées en deux programmes :

1) La relance des activités d'autopromotion qui comprend :

· La sécurité alimentaire des ménages vulnérables ;

· La promotion des activités génératrices de revenus.

2) La promotion de la protection sociale :

· L'accompagnement des groupes vulnérables, notamment les malades.

145 C'est en 2005 que le BDCD a organisé un atelier au Centre Nganda pour élaborer son plan d'action pour l'exercice 2006. L'atelier a pu identifier les problèmes majeurs à résoudre suivant ses domaines d'intervention. Les objectifs fixés pour 2006 ainsi que les activités prévues pour 2006 tiennent compte de ces problèmes identifiés en 2005.

4 Activités prévues et réalisés pour l'exercice 2006

Pour l'année 2006, les projets du BDCD ont été regroupés autour de six (6) axes que voici :

· Sécurité alimentaire ;

· Genre et micro crédit ;

· Accompagnement des malades à domiciles ;

· Appui à la lutte contre le VIH/SIDA146 ;

· Renforcement des capacités des comités paroissiaux ;

· Projet avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

2.2. LES COMMISSIONS PAROISSIALES CARITAS-DEVELOPPEMENT (CPCD)147

2.2.1. IDENTITE DES CPCD

Les CPCD sont des structures locales de Caritas-Développement à la base148. Elles sont le carrefour où les responsables paroissiaux, les représentants des CEVB149, des comités de la pastorale sociale de l'Eglise et ceux d'autres initiatives locales de promotion peuvent discuter de leurs problèmes et des solutions ad hoc.

2.2.2. ROLE ET RESPONSABILITES DES CPCD

* Promouvoir et encourager, en concertation avec le Curé, les initiatives des populations à la base en matière de promotion humaine ;

* Identifier les besoins des populations locales en matière de développement, de santé et d'intervention humaine ;

* Sensibiliser les communautés locales par rapport aux problèmes de développement, de santé, de solidarité et de partage ;

* Développer des plans stratégiques locaux et des programmes qui prennent en compte les besoins des populations locales en matière de développement, de santé et d'intervention humanitaire ;

* Mobiliser localement les fonds nécessaires pour une participation effective des populations locales à l'amélioration de leurs conditions socio-économiques et à la durabilité de leur projet :

* Organiser, au niveau des paroisses, des campagnes de plaidoyer en collaboration avec les organisations gouvernementales et non gouvernementales sur les problèmes locaux de développement, de santé et humanitaires ;

146 Ce projet n'a pu être exécuté qu'en 2007

147 David RAMAZANI KIZONI, La contribution des Comités Paroissiaux Caritas Développement de l'Archidiocèse de Kinshasa dans la lutte contre la pauvreté, Mém.Lic., IFAD, 2008-2009

148 Théoriquement le BDCD est relayé dans chaque paroisse par une CPCD. Dans la pratique, cependant, chacun des volets de Caritas-Développement fait l'objet d'une commission à part entière : une commission Caritas et une Commission de Développement.

149 CEVB = Communauté Ecclésiale Vivante de Base

* Collaborer avec la Caritas-Développement du Diocèse et avec d'autres partenaires pouvant appuyer les initiatives envisagées ;

* Suivre l'exécution des projets appuyés par la Caritas-Développement dans le Diocèse.

2.2.3. COMPOSITION ET CRITERES DE DESIGNATION DES MEMBRES

DES CPCD

Les CPCD sont composées des hommes et des femmes, adultes et jeunes, qui s'engagent à offrir leurs services pour le développement de leurs milieux de manière bénévole. Membres des communautés chrétiennes, ils sont élus par leurs paires à raison de sept (7) sur onze (11), les quatre (4) autres (2 hommes et 2 femmes) devant être désignés par le Curé de la Paroisse sur base des critères ci-dessous :

~ La qualification et la compétence dans l'un des secteurs d'intervention de la

Caritas-Développement ;

~ La disponibilité ;

~ L'acceptation du bénévolat ;

~ L'honnêteté ;

~ Les capacités de communiquer et de mobiliser les autres.

Le nombre des membres d'une Commission Paroissiale Caritas-Développement ne devrait pas dépasser onze (11) personnes.

2.2.4. MANDAT DES ANIMATEURS DES CPCD

Le mandat des membres des CPCD est de trois ans ; il est renouvelable une fois dans les mêmes conditions que celui des membres du Conseil de Gestion de la CaritasDéveloppement.

2.2.5. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT LA CPCD

La CPCD doit :

* Disposer d'un bureau restreint de cinq (5) personnes dont un(e) Président(e), un(e) Vice-Président(e), un(e) secrétaire et deux Conseillers. La constitution de ce bureau doit respecter le principe d'équilibre du genre et de la complémentarité dans les qualifications et les compétences de ses membres ;

* Se doter d'un règlement d'ordre intérieur ;

* Disposer d'un local mis à sa disposition par la paroisse ;

* Rendre compte de son travail au près du Curé de la paroisse et de la CaritasDéveloppement du diocèse.

2.2.6. RESSOURCES DES CPCD

Les ressources de Caritas-Développement proviennent de :

* Subventions en espèces ou en nature et de toutes les autres ressources autorisées par la loi et par l'Eglise ;

* Sommes perçues en contrepartie des prestations fournies par la Commission ; * Dons et legs150.

2.3. BREVE PRESENTATION DE LA COMMUNE DE LINGWALA

La commune de Lingwala est située au centre dans la plaine de Kinshasa, elle s'étend sur 2,9 Km2 avec une population de plus de 55.000 habitants151. Limitée au nord et à l'ouest par la commune de la Gombe, à l'est par la commune de Kinshasa et au sud par la commune de Kasa-Vubu, cette commune est parmi les premières communes à être créées à Kinshasa.

La commune a été construite pour loger la population congolaise avant l'indépendance, c'est une vieille commune d'auto construction aux trames assainies, avec un habitat dégradé, vétuste et taudifié, mais beaucoup d'habitations sont en train d'être rénovées par les habitants eux-mêmes.

La commune de Lingwala compte 9 quartiers, à savoir :

· CNECI

· Lokole

· Lufungula

· Ngunda

· Paka-Djuma

· Singa Mopepe

· Voix du Peuple

· Wenze

· 30 Juin

150 Caritas-Développement Congo, Statuts de Caritas-Développement, Secrétariat National, Kinshasa, Mai 2007. Cité par David RAMAZANI, op. cit.

151 Cette population était estimée à 54.024 habitants en 2004, selon l'étude de NZUZI LELO

Chapitre III.

ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION

3.1. LA COLLECTE DES DONNEES

3.1.1. L'enquête sur terrain

A. Objectifs de l'enquête

Notre enquête devait, grâce au questionnaire utilisé comme instrument, permettre une évaluation de la session de formation en Boulangerie-Pâtisserie organisée par la Commission de Développement de la paroisse-Cathédrale Notre-Dame du Congo.

B. La population d'enquête

La population de notre enquête est constituée par les différents récipiendaires de la session de formation en boulangerie organisée en 2005. La liste que nous avons reçue des organisateurs de la session comprenait 52 personnes. Au cours de l'enquête, trois cas de décès nous été signalées. Et, sur la liste un nom était repris deux (2) fois. L'effectif de la population est donc tombé de 52 à 48. Cependant, lors de l'enquête sur terrain, nous n'avons pu atteindre que 30 personnes à cause des déménagements, des adresses erronées, des numéros de téléphone incorrects,...

3.1.2. Présentation du questionnaire d'enquête

La construction d'un questionnaire est, selon Omar AKTOUF152, un travail qui doit se faire en équipe. Plusieurs personnes ont ainsi été associées pour aider à décider du choix des formulations, des termes, des formes de questions de manière à assurer la cohérence, la clarté, l'univocité des questions. De plus, avant d'être utilisé, le questionnaire, a été, comme tout autre instrument, pré-testé en groupe, essayé sur un certain nombre de sujets et a été corrigé.

Lors de la construction du questionnaire nous sommes restés attachés, d'une part, aux objectifs de la recherche, et d'autre part, aux éléments contenus dans les hypothèses élaborées au départ. Chacune de ces hypothèses a donné lieu à l'identification d'éléments précis sur lesquels il fallait chercher des informations par le biais de questions posées aux personnes concernées par le problème de la recherche.

Notre questionnaire comprend trente deux (32) questions regroupées en quatre (4) blocs. Le premier bloc est consacré à l'identification de la personne enquêtée (âge, sexe, état-civil, niveau d'études, profession, sources de revenus). Ce bloc comprend six (6) questions.

152 Omar AKTOUF, Op. cit, p.

Le deuxième bloc concerne la session de formation en boulangerie-pâtisserie (motivations à la suivre, son apport, satisfaction, contenu. Quatre (4) questions composent ce bloc.

Le troisième bloc est lié à l'après-formation (mise en pratique des connaissances techniques acquises, mise sur pieds des AGR, provenance des fonds nécessaires, forme juridique des AGR, difficultés rencontrées). Dans ce bloc il y a neuf (9) questions.

Le quatrième bloc est consacré au fonctionnement des AGR (force de vente, effectifs employés, machines) et aux incitations à l'entrepreneuriat (connaissance des dispositif de soutien, assistance reçue, regroupement des récipiendaires de la formation en association, objectifs et activités de ladite association, types de services souhaités. Ce boc comprend treize (13) questions.

3.2. PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ENQUETE

3.2.1. Les caractéristiques des individus enquêtés

Tableau 1 : Répartition suivant le sexe

Sexe

Fréquence

%

% valide

% cumulé

Valide Homme

Femme Total

8 22 30

26,7 73,3 100,0

26,7 73,3 100,0

26,7

100,0

Source : Enquête

Ce tableau nous renseigne que sur les personnes touchées par notre enquête, il y avait seulement huit (8) hommes contre vingt deux (22) femmes, soit 26,7% d'hommes contre

73,3% de femmes. Ces pourcentages conforteraient l'idée selon laquelle les femmes jouent un grand rôle dans l'économie informelle ; elles sont très actives dans l'exercice

du petit commerce et la pratique des technologies appropriée.

Tableau 2 : Répartition selon l'âge

Tranches d'âge

Fréquence

%

% valide

% cumulé

Valide 15 - 34

5

16,7

16,7

16,7

35 - 44

10

33,3

33,3

50,0

45 - 54

8

26,7

26,7

76,7

55 ans

7

23,3

23,3

100,0

Total

30

100,0

100,0

 

Source : Enquête

Ce tableau montre que la majorité des récipiendaires de la session de formation en

Boulangerie avait l'âge minimum de 35 ans. Il y a lieu de relever aussi que les 55 ans et + étaient plus nombreux que les 15 - 34.

Tableau 3 : Répartition selon l'état civil

Etat civil

Fréquence

%

% valide

% cumulé

Valide Célibat

7

23,3

23,3

23,3

Marié(e)

20

66,7

66,7

90,0

Divorcé

1

3,3

3,3

93,3

Veuf (ve)

2

6,7

6,7

100,0

Total

30

100,0

100,0

 

Source : Enquête

Au regard de ce tableau, la majorité de récipiendaires étaient des marié(e)s représentant 66,7%. Ceci peut être justifié par leurs charges familiales ; ils doivent déployer des efforts pour nourrir, scolariser les enfants, payer les soins médicaux, payer le loyer,... Les divorcés et veuf (ve)s ont les mêmes préoccupations.

Tableau 4 : Répartition selon le niveau d'études

Niveau d'études

Fréquence

%

% valide

% cumulé

Valide Prim.

1

3,3

3,3

3,3

C.O.

18

60,0

60,0

63,3

Hum

9

30,0

30,0

93,3

Graduat

1

3,3

3,3

96,7

Licence

1

3,3

3,3

100,0

Total

30

100,0

100,0

 

Source : Enquête

Ce tableau nous donne de constater que 60% des récipiendaires ont seulement le niveau du Cycle d'Orientation. Ils ne sont donc pas outillés pour créer et gérer des unités de production des biens et services.

Tableau 5 : Répartition selon la profession

Profession

Fréq.

%

% valide

% cumulé

Valide Sans prof.

13

43,3

43,3

43,3

Employé

6

20,0

20,0

63,3

Indépendant

3

10,0

10,0

73,3

Fonctionnaire

4

13,3

13,3

86,7

Autre

4

13,3

13,3

100,0

Total

30

100,0

100,0

 

Source : Enquête

Il découle de la lecture de ce tableau que la majorité des récipiendaires étaient sans profession et avaient suivi cette formation dans le but peut-être d'acquérir des capacités à faire valoir sur le marché de l'emploi, sinon pour mettre sur pieds leurs

propres unités de production.

3.2.2. MOTIVATION A LA FORMATION ET APPORT DE LA FORMATION Tableau 6 : Motivation pour les récipiendaires à suivre la formation

 

Fréq.

%

% valide

% cumulé

Valide Curiosité

4

13,3

13,3

13,3

Perfection

15

50,0

50,0

63,3

Extension

3

10,0

10,0

73,3

Autonomie

7

23,3

23,3

96,7

Autre

1

3,3

3,3

100,0

Total

30

100,0

100,0

 

Source : Enquête

Ce tableau renseigne que 13,3% des récipiendaires avaient suivi la formation juste par curiosité et n'étaient donc poussés par aucun mobile profond. Cependant, la majorité des récipiendaires étaient poussés soir par le besoin de perfection, soit par celui d'extension, soit encore par celui d'autonomie.

Ce que la formation a apporté aux récipiendaires

1) Tableau 7 : Amélioration de la production

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00
Total

24 6 30

80,0 20,0 100,0

80,0 20,0 100,0

80,0

100,0

 

Source : Enquête

2) Tableau 8 : Un moyen de gagner de l'argent

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

19

63,3

63,3

63,3

1,00

10

33,3

33,3

96,7

2,00

1

3,3

3,3

100,0

Total

30

100,0

100,0

 
 

Source : Enquête

3) Tableau 9 : Des connaissances

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00
Total

14
16
30

46,7 53,3 100,0

46,7 53,3 100,0

46,7

100,0

 

Source : Enquête

4) Tableau 10 : Nouveaux horizons

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00
Total

29

1

30

96,7
3,3
100,0

96,7
3,3
100,0

96,7

100,0

Au regard de ces quatre (4) tableaux, à l'issue de la formation, seulement 20% des récipiendaires pensent avoir reçu le nécessaire pour améliorer leur production ; elle n'est perçue comme un moyen de gagner de l'argent que par 33,3% ; 53,3% affirment avoir acquis des connaissances contre 46,7% qui ne se sont pas prononcés ; seulement 3,3% pensent que cette formation allait leur ouvrir de nouveaux horizons.

3.2.3. LA CREATION DES AGR PAR LES RECIPIENDAIRES

Tableau 11 : Mise en pratique des connaissances à l'issue de la formation

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide Oui

Non Total

23 7 30

76,7 23,3 100,0

76,7 23,3 100,0

76,7

100,0

Source : Enquête

Ce tableau montre que sur les 30 récipiendaires 23, soit 76,7% ont eu l'opportunité de mettre en pratique les connaissances techniques acquises par la formation. Cependant, les tableaux suivants nous indiqueront non seulement que le cadre de cette mise en pratique n'est pas celle de la création des AGR, mais encore qu'il y a des obstacles à la mise en pratique des connaissances acquises.

1) Tableau 12 : Cadre de cette mise en pratique

 

Fréq.

%

% valide

% cumulé

Valide ,00

7

23,3

23,3

23,3

Evénements familiaux

13

43,3

43,3

66,7

Commandes occas.

5

16,7

16,7

83,3

Emploi

3

10,0

10,0

93,3

Autre

2

6,7

6,7

100,0

Total

30

100,0

100,0

 

Source : Enquête

D'après ce tableau, 23,3% des récipiendaires ne se sont pas prononcés quant au cadre dans lequel ils ont mis en pratique leurs connaissances. 66,7% ne le font que dans le cadre familial, alors que 16,7% le font dans le cadre des commandes occasionnelles. 10% des récipiendaires ont trouvé de l'emploi grâce à cette formation.

2) Obstacles à la mise en pratique

Tableau 13 : Faute de temps

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00 Total

29

1

30

96,7
3,3
100,0

96,7
3,3
100,0

96,7

100,0

Source : Enquête

Tableau 14 : Manque d'argent

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00 Total

25 5 30

83,3 16,7 100,0

83,3 16,7 100,0

83,3

100,0

Source : Enquête

Tableau 15 : Faute des machines

Fréquence

 
 

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00 Total

27 3 30

90,0 10,0 100,0

90,0 10,0 100,0

90,0

100,0

Source : Enquête Tableau 16 : Problème d'emplacement

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide ,00

1,00 Total

29

1

30

96,7
3,3
100,0

96,7
3,3
100,0

96,7

100,0

Source : Enquête

Ces quatre (4) tableaux nous renseignent que face aux obstacles suggérés, la majorité des récipiendaires est restée muette. Il ne pouvait pas n être autrement étant donné que dans le tableau 11 la majorité affirmait avoir déjà eu l'opportunité de pratiquer les connaissances acquises. Les obstacles à la mise en pratique des connaissances sont : le manque de temps pour 3,3% des récipiendaires ; le manque d'argent pour 16,7% ; manque des machines pour 10% des récipiendaires ; et manque d'emplacement pour 3,3% des récipiendaires.

3) Tableau 17 : Création d'AGR par les récipiendaires

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide Oui

Non Total

7 23 30

23,3 76,7 100,0

23,3 76,7 100,0

23,3

100,0

La grande question à laquelle ce tableau répond et celle de savoir si les trente récipiendaires ont mis sur pieds des AGR à l'issue de leur formation. Sur les trente (30)

récipiendaires enquêtés, seulement sept (7), soit 23,3%, tiennent des AGR à ce jour.

Alors que 86,6% des récipiendaires (tableau 6) étaient motivés, en suivant la formation, par le besoin de perfection, d'extension et d'autonomie, nous notons qu'aucune AGR n'a été créée. En réalité, les sept (7) AGR dont il est question dans le présent tableau existaient déjà avant la formation suivie par leurs tenanciers respectifs.

Et sur ces sept (7) AGR, seulement trois (3) utilisent de la main d'oeuvre en dehors des tenanciers. La taille de la main d'oeuvre varie d'une unité, pour deux AGR, à six (6) unités.

Il y a lieu de souligner ici que parmi les sept (7) AGR, il y'en a deux (2) qui sortent du lot du point de vue organisationnel et la volonté d'aller de l'avant : un local érigé pour l'une, et un container aménagé pour l'autre.

3.2.4. LES FACTEURS EXPLICATIFS

Tout en insistant sur le fait que nous sommes en présence d'un échantillon réduit, nous allons recourir à la régression logistique pour tenter de comprendre pourquoi sur les trente récipiendaires, sept seulement, soit 23,3%, ont réussi à créer des AGR et vingt-trois, soit 76,7%, n'y sont pas arrivés.

Ce choix est inspiré par la nature qualitative des variables que nous souhaitons mettre en relation. Dans le cas présent, la création des activités génératrices de revenus a été saisie par la réponse par Oui ou par Non à la question : Avez-vous créé des activités génératrices de revenus ? Ainsi, la variable à expliquer est binaire (présence [1], absence [0] de la création des activités génératrices de revenus) ; la régression logistique utilisée est donc binomiale.

Pour ce qui est des variables indépendantes ou explicatives, nous avons relevé les quatre éléments ci-après, tirés des déclarations faites par l'un des organisateurs de la formation : manque d'argent, instabilité du courant électrique, manque de temps et manque d'emplacement.

Tableau 18 : Récapitulatif du traitement des observations

Observations non pondérées(a)

N

Pourcentage

Observations Inclus dans l'analyse

sélectionnées Observations

manquantes

30
0

100,0
,0

Total

30

100,0

Observations non sélectionnées

0

,0

Total

30

100,0

a Si le poids est l'effectif, reportez-vous au tableau de classification pour connaître le nombre total
d'observations.
Source : Enquête

Tableau 19 : Codage de variables dépendantes

Valeur d'origine

Valeur interne

1,00
2,00

0
1

Source : Enquête

Les deux premiers tableaux (18 et 19) de résultats présentent simplement une vision d'ensemble du nombre de cas valides dans l'échantillon analysé et du codage correspondant aux deux groupes à discriminer (0 et 1) sur la variable Creatagr (création d'AGR).

4 BLOC 0 : Bloc de départ Tableau 20 : Classification (a,b)

 

Observé

 

Prévu

CREATAGR

Pourcentage
correct

1,00

2,00

Etape 0

CREATAGR Pourcentage global

1,00
2,00

0
0

7

23

,0 100,0 76,7

a La constante est incluse dans le modèle.
b La valeur de césure est ,500
Source : Enquête

Le « Bloc 0 » donne des informations sur un modèle ne comportant que la constante et aucune variable explicative. C'est une sorte de point de référence. Le tableau de classement permet de voir comment le modèle reclasse les observations de la variable dépendante entre ses deux catégories. Sans variable explicative, on n'arrive à classer correctement que 76,7% des observations, ce qui est déjà bien car c'est trois quarts de personnes qui sont bien classées.

79 Tableau 21 : Variables dans l'équation

 

B

E.S.

Wald

ddl

Signif.

Exp(B)

Etape 0 Constante

1,190

,432

7,594

1

,006

3,286

Source : Enquête

Tableau 22 : Variables hors de l'équation

 
 
 

Score

ddl

Signif.

Etape 0

Variables

MANQARGT

9,130

1

,003

 
 

MANQTPS

1,014

1

,314

 
 

MANQPLAC

1,014

1

,314

 
 

INSTACOU

1,014

1

,314

 

Statistiques globales

 

21,304

4

,000

Source : Enquête

Ces deux tableaux (21 et 22) donnent des informations sur respectivement le modèle (composé de la seule constante) et les variables explicatives, pas encore dans le modèle mais qui y seront introduites à l'étape suivante.

4 BLOC 1 : Méthode = Entrée

Tableau 23 : Tests de spécification du modèle

 

Khi-deux

ddl

Signif.

Etape 1 Etape

23,062

4

,000

Bloc

23,062

4

,000

Modèle

23,062

4

,000

Source : Enquête

Le « Bloc 1 » donne les informations relatives au modèle calculé avec 4 variables explicatives (MANQARGT, MANQTPS, MANQPLAC ET INSTACOU). Globalement, le modèle est bon, mais pas parfait.

Tableau 24 : Récapitulatif du modèle

Etape

-2log-
vraisemblan
ce

R-deux de
Cox & Snell

R-deux de
Nagelkerke

1

9,535

,536

,810

Source : Enquête

La vérification de la force d'association du modèle se fait en examinant le récapitulatif du modèle. Il s'agit du R2 de Nagelkerke, qui représente la variance expliquée par le modèle. Cet indice mesure la proportion de variation de la variable dépendante qui est expliquée par le modèle d'explication. Dans notre cas, le R2 s'élève à 0,810. Ainsi, le modèle explique 81,0% de la variance de la variable dépendante. Dans le cas d'espèce, il s'agit de la création des Activités Génératrices de Revenus. Autrement dit, les variables explicatives contribuent à expliquer 81,0 % de la variation dans la probabilité de création des Activités Génératrices de Revenus.

Tableau 25 : Classification(a)

 

Observé

 

Prévu

CREATAGR

Pourcentage
correct

1,00

2,00

Etape 1

CREATAGR Pourcentage global

1,00
2,00

7
2

0

21

100,0

91,3

93,3

a La valeur de césure est ,500
Source : Enquête

Le R2 de Nagelkerke est élevé (0.810 pour un maximum de 1) et le modèle permet maintenant d'identifier correctement la catégorie de 93,3% des trente personnes de l'échantillon. Seules 2 personnes n'ayant pas créé d'activités ont été classifiées comme créatrices. Dans le tableau 25 (tableau de classification), vis-à-vis le «pourcentage correct» et le «pourcentage global», il est indiqué 93,3% ; ce qui signifie que le modèle est vrai dans 93,3% des cas. En d'autres mots, si un candidat présente les caractéristiques énumérées dans le modèle, il fera partie du groupe de créateurs dans 93,3% des cas. Ainsi, le modèle classe correctement les sujets dans 93,3 des cas.

Tableau 26 : Variables dans l'équation

 

B

E.S.

Wald

ddl

Signif.

Exp(B)

Etape 1(a) MANQARGT

 
 
 
 
 

56541620

 

22,456

10939,141

,000

1

,998

25,017

MANQTPS

 
 
 
 
 

56541620

 

22,456

23205,422

,000

1

,999

25,030

MANQPLAC

 
 
 
 
 

56541620

 

22,456

24764,534

,000

1

,999

25,441

INSTACOU

,000

25944,451

,000

1

1,000

1,000

Constante

-1,253

,802

2,441

1

,118

,286

a Variable(s) entrées à l'étape 1: MANQARGT, MANQTPS, MANQPLAC, INSTACOU.
Source : Enquête

Au niveau des 4 variables explicatives du modèle, on constate qu'elles ne sont pas significatives, étant donné que le seuil de signification prend des valeurs supérieures à 5%. Cela ouvre des perspectives de recherche pour non seulement réaliser des études sur un échantillon beaucoup plus grand mais aussi introduire d'autres variables explicatives.

La colonne Exp(B) donne les différents odd - ratio (risques/chances) attachés à chaque modalité. En d'autres termes, elle nous fournit le rapport de chance d'observer le phénomène, dans notre cas la création d'une activité génératrice de revenus en comparant la chance par rapport au groupe de référence. Les chiffres figurant dans cette colonne sont trop exagérés vu que le nombre de créateurs d'AGR est insignifiant.

3.3. SYNTHESE DES RESULTATS

L'enquête menée dans le cadre de la présente étude devait rencontrer les objectifs de notre recherche ainsi que les hypothèses qui ont été formulées au départ. Il s'agissait d'identifier les besoins et problèmes spécifiques au groupe enquêté et de proposer une solution appropriée.

En parcourant les résultats de notre enquête, nous pouvons affirmer qu'à l'issue de la formation en Boulangerie-Pâtisserie organisée à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, il y a eu création d'AGR, mais pas en nombre significatif. Et que parmi les quelques créations enregistrées, deux seulement sortent du lot153. Ces deux AGR se distinguent des autres par leur organisation, leur volonté d'aller de l'avant, par des progrès accomplis. Elles ont cherché et obtenu du financement154.

Le dossier projet que nous allons aborder dans le chapitre suivant doit prendre en compte les limites qui caractérisent la majorité des récipiendaires. Il y a un besoin en formation pour renforcer leurs capacités vu que dans leur majorité ils ont un niveau d'études variant entre le cycle d'orientation et les humanités.

Nous avons aussi noté que très peu de récipiendaires avaient suivi cette formation en vue de leur autonomisation en créant une unité de production. Bon nombre voulaient se perfectionner, mais pour étaler leur savoir faire dans le cadre des événements familiaux.

La difficulté pour accéder aux fonds de démarrage est une donnée qui doit trouver une place importante dans l'identification de notre projet. Il en est de même pour le besoin en études diverses, le besoin en conseil en organisation et gestion, le besoin en formalités administratives, le besoin en devises.

153 Voir les photos en annexes.

154 L'une a sollicité et obtenu un microcrédit auprès d'une institution de la place, et l'autre s'est servi d'une partie de son décompte final suite à l'assainissement opéré dans l'entreprise qui l'employait.

Chapitre IV.

DOSSIER PROJET DE DEVELOPPEMENT

4.1. CONCEPTION ET ELABORATION

4.1.1. Problématique

L'on a toujours dit et on dit de la République Démocratique du Congo qu'elle est un scandale géologique au regard d'un coté de la richesse des potentialités minières dont regorge son sous-sol et de l'autre de la criante pauvreté qui caractérise la grande partie de la population vivant sur son sol. La vie de la majeure partie de la population kinoise en particulier se caractérise par : famine, maladie, sous-emploi, sans emploi, impaiement, paupérisation, exclusion sociale ... Le pays occupe actuellement l'une des dernières places au monde quant à son PNB et IDH.

Il est encore un scandale, lorsqu'on regarde le dynamisme dont fait preuve le Congolais dans sa lutte aux multiples acrobaties pour la survie. Dans sa lutte pour la survie, en effet, il exerce telle ou telle autre activité informelle aussi bien dans le domaine de la transformation, du commerce que celui des services juste pour être à même de faire face aux problèmes qui se posent quotidiennement sans aucune vision de long terme.

Tel est le cas de toutes ces personnes initiées à des technologies appropriées et dont les activités arrivent à nourrir leurs familles, à scolariser les enfants, à faire face aux soins de santé, à payer le loyer,... : production de vin de palme ou de l'alcool traditionnel appelé ''lotoko''; production des beignets, gaufres et galettes; fabrication du savon, de la confiture, des jus de fruits, de l'alcool, du parfum, du vernis, des désinfectants, du cirage, du lait de beauté, de la pommade à cheveux pour femmes, du pain, des beignets, des cakes, des gâteaux, de la margarine, du miel, des craies, la salaison des poissons, la production du lait de soja, etc..

C'est de ces différentes personnes qu'il s'agit lorsqu'on parle de micro-entrepreneurs. Malgré leur dynamisme, malgré leur imagination,... ces micro-entrepreneurs demeurent des laissés pour compte tant qu'ils ne bénéficient pas d'un encadrement adéquat et suffisant qui puisse leur permettre d'évoluer et de faire évoluer leurs activités en les faisant passer de simples ''Activités Génératrice de Revenus'' vers des unités économiquement rentables, performantes et capables de créer des emplois significatifs.

4.1.2. Les variables

* Dynamisme incontestable des micro-entrepreneurs qui luttent pour leur survie ;

* Volonté et la disponibilité à suivre différentes formations organisées sur différents métiers ;

* Existence de différents organismes susceptibles de venir en aide financièrement aux micro-entrepreneurs ;

* Existence d'un cadre légal et institutionnel de la Petite et Moyenne Entreprise.

4.1.3. Les contraintes

* Hostilité de l'environnement socio-économique ;

* Difficultés liées au financement ;

* Faible niveau de formation dans le chef des micro-entrepreneurs ; * Carence en capacités managériales ;

* Inefficacité des institutions d'encadrement des micro-entreprises.

4.1.4. Les alternatives

* Collecter des fonds en vue d'octroyer des microcrédits aux micro-entrepreneurs ;

* Mener un plaidoyer auprès des institutions étatiques et des bailleurs de fonds ;

* Organiser des sessions de formation professionnelle sur différents métiers ;

4.1.5. Le titre du projet

* Projet d'appui aux Activités Génératrices de Revenus de la ville Province de Kinshasa.

4.1.6. But et finalité

Faire des »Activités Génératrices de Revenus» des unités économiquement rentables, performantes et capables de créer des emplois significatifs de manière à leur permettre de contribuer à la réduction de la pauvreté.

4.1.7. Objectifs généraux

* Contribuer à la réduction de la pauvreté par un appui aux AGR de manière à les rendre rentables, performantes et créatrices d'emplois.

4.1.8. Objectifs spécifiques ou opérationnels

* En deux ans, procéder au renforcement des capacités de 2000 micro entrepreneurs à travers la ville de Kinshasa ;

* Accorder des micro crédits à 2000 micro entrepreneurs ;

* A la fin du projet, permettre aux 2000 micro entrepreneurs de créer et de tenir leurs AGR en utilisant les outils élémentaires de gestion.

4.1.9. Echéancier des activités

ACTIVITES

RESPONSABLES

DUREE

DEBUT

FIN

01

Démarches administratives et Recherche de financement

KASONGO

5 MOIS

02/01/13

30/05/13

02

Identification des AGR

ZAINA

4 MOIS

31/05/13

27/09/13

03

Sensibilisation des AGR et

recrutement des formateurs

MBATA

3 MOIS

28/09/13

24/12/13

04

Formation des promoteurs

MBO

6 MOIS

25/12/13

22/06/14

05

Octroi des crédits aux AGR

NKOLOMONI

3 MOIS

23/06/14

20/09/14

06

Opération de remboursement

MABIALA

2 MOIS

21/09/14

20/11/14

07

Suivi et contrôle

BOMOLO

24 MOIS

02/01/13

01/01/14

08

Evaluation

OTSHUDI

1 MOIS

02/12/14

01/01/14

4.1.10. Calendrier des activités (Gantt)

N
°

ACTIVITES

ANNEE

1

ANNEE

2

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

1

Démarches administratives et recherche de financement

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

2

Identification des AGR

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3

Sensibilisation des AGR et recrutement des

formateurs

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4

Formation des promoteurs

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

5

Octroi des crédits

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

6

Opération de remboursement

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

7

Suivi et contrôle

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

8

Evaluation

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4.1.11. Budget

4.1.11.1. Analyse des besoins

A. Besoins en ressources humaines

ACTIVITES

Unité
comptable

Nombre

Norme

Total
Jr/T.

01

Démarches administratives et Recherche de financement

1 J

150 jrs

1 DF = 2jt

300 jt

02

Identification des AGR

1 J

120 jrs

1 I = 2 jt

240 jt

03

Sensibilisation des AGR et

recrutement des formateurs

1 J

90 jrs

1 F = 2jt

180 jt

04

Formation des promoteurs

1 J

180 jrs

1 C = 2jt

360 jt

05

Octroi des crédits aux AGR

1 J

90 jrs

1 C = 2jt

180 jt

06

Opération de remboursement

1 J

60 jrs

1 R = 2jt

120 jt

07

Suivi et contrôle

1 J

360 jrs

1 SC = 1jt

360 jt

08

Evaluation

1 J

30 jrs

1 E = 2jt

60 jt

TOTAL

1800 jt

Selon les recommandations de l'OIT, un individu doit travailler durant 220 jours par an. Le projet étant de 2 ans, l'effectif du personnel à engager est 8 agents.

1800 / 220 = 8.18 agents = 8 personnes

= 8 agents

B. Besoins en salaires en USD

LIBELLES

Nombre

Unité
comptable

Coût
unitaire

Coût total

01

Coordonnateur du Projet

01

1 MOIS

750 $

18000 $

02

Assistante Administrative

01

1 MOIS

500 $

12000 $

03

Comptable

01

1 MOIS

450 $

10800 $

04

Caissière

01

1 MOIS

350 $

8400 $

05

Chargé de Formation

01

1 MOIS

300 $

7200 $

06

Chargé de Logistique

01

1 MOIS

300 $

7200 $

07

Chauffeur mécanicien

01

1 MOIS

250 $

6000 $

08

Agent de sécurité

01

1 MOIS

180 $

4320 $

 
 
 
 
 
 

TOTAL

73.920 $

C. Besoins en équipement

LIBELLES

Quantité

Quantité
comptable

Coût
unitaire

Coût total

01

1 véhicule Jeep 4X4

01

X

18000$

18000$

02

Matériels informatiques (PC)

05

X

900$

400$

03

Appareils cellulaires

10

X

50$

500$

04

Tables

08

X

50$

400$

05

Chaises

25

x

15$

375$

06

Etagères

08

X

30$

240$

07

Ventilateurs

08

X

30$

240$

08

Coffre fort

01

X

150$

150$

09

Armoires

04

X

40$

160$

10

Flipchart

03

x

210$

630$

11

Projecteur LCD

02

X

700$

1400$

12

Imprimante

04

X

200$

800$

13

Photocopieuse

02

X

300$

600$

14

Rétroprojecteur

02

X

300$

600$

15

Trépied

02

x

70$

140$

16

Groupe électrogène

01

X

5000$

5000$

TOTAL

29.635$

D. Besoins en frais généraux

LIBELLES

Unité
comptable

Quantité

Coût
unitaire

Coût total

01

Location bureaux

1 MOIS

24

400$

9600$

02

Carburant et lubrifiant

1 MOIS

24

650$

15600$

03

Communication

1 MOIS

24

500$

12000$

04

Soins médicaux

1 MOIS

24

500$

12000$

05

Fournitures de bureaux

1 MOIS

24

100$

2400$

06

Matériel pédagogique

1 MOIS

12

300$

3600$

07

Frais de transport

1 MOIS

24

600$

14400$$

08

Collation Facilitateurs

1 MOIS

12

1000$

12000$

09

Location Salle de formation

1 MOIS

12

150$

1800$

 

TOTAL

83.400$

E. Besoins en fonds de micro crédit

NOMBRE D'AGR

MONTANT A

TOTAL

 
 

OCTROYER

 

01

2000

300$

600000$

TOTAL

2000

 

600.000$

4.1.11.2. Budget récapitulatif

RECETTES

 
 
 

DEPENSES

 

I. Apport local :

 

$60700

I

Investissement

 
 
 
 
 

Equipement

$29 635

 
 
 
 

Crédits à octroyer

$600 000

S/Total 1

 

$60 700

 

S/Total

$629 635

II. Apport Extérieur

:

 

II

Fonctionnement

 

Banque Mondiale

 

$600 000

 

Salaires

$73 920

Misereor

 

$97 000

 

Frais Généraux

$83 400

Caritas Congo

 

$68 603

 

S/Total

$157 320

S/Total 2

 

$765 603

 
 
 
 
 
 

III

Imprévus (5%)

$39 348

TOTAL

 

$826 303

 
 

$826 303

4.1.12. Viabilité du projet

4.1.12.1. Appropriation du projet

La formation donnée aux promoteurs des AGR va leur doter des capacités de gestion de telle sorte qu'ils vont assurer la survie des AGR après le projet.

4.1.12.2. Validité du projet

Le projet apporte une réponse aux préoccupations des promoteurs en améliorant leurs conditions de vie.

4.1.12.3. Caution politique

Une synergie entre le projet et les instances étatiques est nécessaire et va se traduire par une exonération des taxes sur les activités et matériels roulants du projet.

4.1.12.4. Technologie adaptée

Les travaux de boulangerie et pâtisserie feront recours à des techniques modernes dans le domaine et utiliseront la main d'oeuvre locale.

Fournisseurs

Eglise

Promoteurs

Clients

Appui aux
AGR

Instances
étatiques

?

Institutions de
Micro finance

Autorité locale

ONGD

Jeunesse

4.1.12.5. Respect de l'environnement

Le projet développera un mécanisme de gestion des déchets issus du processus de production, de manière à éviter la pollution de l'environnement.

4.1.12.6. Respect de la culture

Tout en tenant compte des aspects socioculturels locaux relatifs au fonctionnement des AGR, le projet vient en appui aux dites AGR pour sortir les promoteurs de la pauvreté.

4.1.12.7. Implication des femmes et des enfants

La proportion des femmes dans la population de nos récipiendaires force l'implication des femmes dans le projet. Et le enfants d'un certain âge peuvent être initiés aux métiers de manière à permettre l'augmentation des revenus de ménage.

4.2. APPROCHE CADRE LOGIQUE

4.2.1. Organigramme des parties prenantes

4.2.2. Cadre logique

LOGIQUE D'INTERVENTION

INDICATEURS
OBJECTIVEMENT VERIFIABLES
(IOV)

SOURCES DE VERIFICATION

HYPOTHESES

1. Objectifs Généraux

Contribuer à la lutte contre la

pauvreté par un appui aux AGR de
manière à les rendre rentables,
performantes et créatrices d'emplois.

Nombre des AGR devenues

performantes.

· Liste des AGR créées

· Documents de gestion

 

2. Objectifs spécifiques

* En deux ans, procéder au

renforcement des capacités de 2000 micro entrepreneurs à travers la ville ;

* Accorder des microcrédits à 2000 micro entrepreneurs ;

* A la fin du projet permettre aux 2000 micro entrepreneurs de créer et tenir leurs AGR en utilisant les outils élémentaires de gestion.

* Nombre de micro entrepreneurs dont les capacités ont été renforcées ;

* Nombre de micro entrepreneurs qui ont reçu des micro crédits ;

* Pourcentage d'accroissement des revenus de micro entrepreneurs.

* Liste des participants aux

différentes sessions de formation ; * Attestation de participation à la formation ;

* Registre acquitté d'octroi de

crédits ;

* Facturier d'achats ;

* Facturier des ventes

La formation est reçue et les AGR sont créées.

3. Résultats

* Nombre de micro entrepreneurs ayant créé des AGR rentables ;

* Augmentation de la production

* Tenue d'une administration dans les AGR ;

* Niveau du chiffre d'affaires ; * Nombre d'emplois créés ;

* Salaires distribués

* Rapport d'enquête sur terrain

· Les documents administratifs
sont à jour ;

· La production est élevée

 

4. Activités

*Identification des AGR *Sensibilisation des AGR et

Recrutement des formateurs *Formation des promoteurs *Octroi des micro crédits aux AGR *Opération de remboursement *Suivi et contrôle

*Evaluation

Investissements Fonctionnement Imprévus

629.635$ 157.320$ 39.348$

* Le projet a une personnalité juridique ; il existe légalement.

CONDITION PREALABLE :

· Le financement est libéré

· L'environnement socioéconomique et politique est sain et les AGR sont sécurisées

 

4.2.3. Tableau des parties prenantes

Parties
prenantes

Problèmes

Craintes

Contribution

Gain

01

Instances étatiques

Manque de volonté politique

AGR abandonnées à elles-mêmes

Encadrer et promouvoir les AGR

Les AGR sont encadrées, promues et protégées

02

Promoteurs des AGR

Mauvaises conditions de travail

Abandon, cessation d'activités

Assurer la production, absorber Main d'oeuvre

Conditions de vie améliorées

03

Eglise

De plus en plus d'interventions en termes

d'assistance

sociale

Précarité des membres

Former, accompagner les promoteurs

Les capacités de membres sont renforcées

04

Autorités locales

Tracasseries administratives

Insécurité des AGR

Protéger les

AGR

Satisfaction des

administrés

05

ONGD

Beaucoup d'ONGD ne sont pas présentes sur terrain

Manque de confiance vis-à-vis des ONGD

Appuyer techniquement et

financièrement les AGR

Confiance des

AGR envers les
ONGD

06

Jeunesse

Chômage, oisiveté

Délinquance

Apprentissage des métiers

Augmentation de la main d'oeuvre

07

Institutions de Micro finance

Microcrédits inaccessibles pour les AGR

Abandon des AGR, faute des moyens financiers

Alléger les conditions d'accès aux microcrédits

Accroissement de la production

08

Clients

Mauvais rapport qualité-prix

Gaspillage des ressources financières

Achat des produits fabriqués

Accroissement du chiffre d'affaires

09

Fournisseurs

Ecoulement difficile des matières

premières

Présence des stocks invendus

Fournir les matières premières

Approvisionneme nt facile en matières

premières

Pauvreté accrue

4.2.4. Arbre des problèmes

Misère accrue

Freins à
l'entrepreneuriat

Abandon d'activités

Délinquance

Précarité

Chômage, oisiveté

Manque d'encadrement
adéquat aux AGR

Manque de volonté politique

Faible niveau de formations des
micro entrepreneurs

Inaccessibilité des crédits

Insécurité des AGR

Mauvaise gestion des
ressources

Service de mauvaise
qualité

Revenus très bas

Faible
Production

Mauvaises conditions
de travail

Gestion irrationnelle
du Personnel

Tracasseries
administratives

Pouvoir d'achat faible

Salaires insignifiants

Gaspillage des fonds

Mauvais rapport
qualite-prix

Stocks invendus

92

AGR abandonnées à elles-mêmes

Dysfonctionnements des AGR

4.2.5. Arbre des stratégies

Aisance

Libération de
l'entrepreneuriat

Poursuite, continuité
d'activités

Ordre public

Stabilité, solidité

Emplois

Meilleures conditions
de travail

Gestion rationnelle
du Personnel

Assainissement du
climat pour les AGR

Pouvoir d'achat
releve

Salaires ameliores

Planification des
depenses

Meilleur rapport
qualite-prix

Ecoulement des
Stocks

Pauvreté réduite

AGR soutenues, appuyées

Meilleur fonctionnement des AGR

Encadrement adéquat aux AGR

Manifestation de la volonté
politique

Organisation des formations de
micro entrepreneurs

Accessibilité des crédits

Sécurisation des AGR

Bonne gestion des
ressources

Service de bonne
qualité

Revenus accrus

Production
augmentée

Meilleures conditions
de travail

Gestion rationnelle
du Personnel

Assainissement du
climat pour les AGR

Pouvoir d'achat
releve

Salaires ameliores

Planification des
depenses

Meilleur rapport
qualite-prix

Ecoulement des
Stocks

4.2.6. Arbre des objectifs /Résultats

Aisance

Libération de
l'entrepreneuriat

Poursuite, continuité
d'activités

Ordre public

Stabilité, solidité

Emplois

Pauvreté réduite

AGR soutenues, appuyées

Meilleur fonctionnement des AGR

Encadrement adéquat aux AGR

Manifestation de la volonté
politique

Organisation des formations de
micro entrepreneurs

Accessibilité des crédits

Sécurisation des AGR

Bonne gestion des
ressources

Service de bonne
qualité

Revenus accrus

Production
augmentée

4.2.7. Tableau des stratégies

INDICATEURS

STRATEGIE(1)
Assainissement
climat

STRATEGIE (2)
Formations

STRATEGIE (3)
Disponibilité des
crédits

01

Appropriation de projet

 

X

 

02

Validité de projet

 

X

X

03

Caution politique

X

 
 

04

Technologie adaptée

X

X

X

05

Respect de l'environnement

 

X

 

06

Respect de la culture

 

X

X

07

Implication femme / enfant

 

X

 

08

Efficacité

X

X

X

09

Impact

 

X

X

10

Pertinence

X

X

X

11

Rentabilité

X

X

 
 

TOTAL

5/11

10/11

6/11

 

DECISION

Rejetée

Retenue

Rejetée

CARITAS

AGR

INSTITUTIONS
DE
MICROFINANCE

INSTANCES ETATIQUES

Jeunesse

MISEREOR

ONGD

X

AUTORITE LOCALE

96 4.3. PLANNIFICATION ET GESTION

4.3.1. Matrice SWOT

FORCES

FAIBLESSES

ALTERNATIVES

1) Les AGR font preuve de
beaucoup de dynamisme dans divers domaines.

2) Par la formation quelques

promoteurs ont appris des
métiers.

3) Les AGR procurent de
l'emploi aux jeunes.

1) Absence de plaidoyer et des capacités en gestion.

2) Capacités entrepreneuriales limitées.

3) Jeunes sans qualifications.

1) Renforcer les capacités dans le domaine de la gestion.

2) Envisager des formations en entrepreneuriat

3) Former les jeunes aux
différents métiers.

OPPORTUNITES

MENACES

ALTERNATIVES

1) Existence d'un cadre légal et institutionnel d'encadrement de la Petite et Moyenne Entreprise.

2) Présence des bailleurs de
fonds disposés à apporter des financements aux AGR.

1) Mauvaise gouvernance,
tracasseries administratives.

2) Absence des capacités pour la préparation des dossiers.

1) Conscientiser les autorités
politiques pour une application effective du cadre légal t
institutionnel.

2) Mener un plaidoyer auprès des bailleurs de fonds.

4.3.2. Diagramme de Venn

4.3.3. Cycle de vie du projet

4.3.3.1. Définition

Contribuer à la réduction de la pauvreté par un appui aux AGR de manière à les rendre rentables, performantes et créatrices d'emplois.

4.3.3.2. Planification

Faire des »Activités Génératrice de Revenus» des unités économiquement rentables, performantes et capables de créer des emplois significatifs de manière à leur permettre de contribuer à la réduction de la pauvreté.

* En deux ans, procéder au renforcement des capacités de 2000 micro

entrepreneurs à travers la ville de Kinshasa ;

* Accorder des micro crédits à 2000 micro entrepreneurs ;

* A la fin du projet, permettre aux 2000 micro entrepreneurs de créer et de tenir leurs AGR en utilisant les outils élémentaires de gestion.

Durée du projet : 2 ans Budget : 826.303$

Gestion triangulaire

4.3.3.3. Exécution

Les promoteurs des AGR ont été sélectionnés et la formation est organisée dans différentes paroisses de Kinshasa.

Une session de formation a lieu tous les deux mois.

4.3.3.4. Terminaison

La formation arrive à son terme en donnant aux participants la possibilité de créer des AGR.

4.3.4. Gestion du projet

4.3.4.1 Structure du Projet

4.3.4.1.1. Assemblée Générale (AG)

C'est l' organe suprême, d'orientation et de décisions du projet. Elle se réunit en session ordinaire et extraordinaire. Elle est composée de : Bailleurs de fonds, Initiateurs du projet, Personnel du projet, et les Experts ou consultants.

4.3.4.1.2. Conseil d'Administration (CA)

C'est l'organe de conception des programmes et des projets. Il contrôle également les décisions de l'Assemblée Générale auprès du Secrétariat exécutif.

4.3.4.1.3 Secrétariat Exécutif (SE)

C'est l'organe qui gère le quotidien du projet. C'est à ce niveau que toutes les décisions prises par l'Assemblée générale sont exécutées.

4.3.4.2. Plan de trésorerie

LIBELLE

BUDGET

ANNEE 1 (2013)

ANNEE 2 (2014)

T1

T2

T3

T4

T1

T2

T3

T4

I. RECETTES

 

REPORT

 
 

$756 020

$731 436

$706 853

$697 269

$663 051

$398 467

$384 584

Apport local

$60 700

$35 000

$0

$0

$15 000

$0

$0

$10 700

$0

Apport extérieur

$765 603

$765 603

$0

$0

$0

$0

$0

$0

$0

TOTAL

$826 303

$800 603

$756 020

$731 436

$721 853

$697 269

$663 051

$409 167

$384 584

II. DEPENSES

 

Equipements

$29 635

$20 000

 
 
 

$9 635

 
 
 

Crédits

$600 000

 
 
 
 
 

$240 000

 

$360 000

Salaires

$73 920

$9 240

$9 240

$9 240

$9 240

$9 240

$9 240

$9 240

$9 240

Frais Généraux

$83 400

$10 425

$10 425

$10 425

$10 425

$10 425

$10 425

$10 425

$10 425

Imprévus

$39 348

$4 919

$4 919

$4 919

$4 919

$4 919

$4 919

$4 919

$4 919

TOTAL

$826 303

$44 584

$24 584

$24 584

$24 584

$34 219

$264 584

$24 584

$384 584

Solde à reporter

 

$756 020

$731 436

$706 853

$697 269

$663 051

$398 467

$384 584

$0

4.3.4.3. Gantt financier

DUREE

LIBELLE

T1

T2

T3

T4

T1

T2

T3

T4

Apport Local

35.000$

 
 

15.000$

 
 

10.700$

 

Apport Extérieur

765603$

 
 
 
 
 
 
 

Equipements

20.000$

 
 
 

9.635$

 
 
 

Crédits

 
 
 
 
 

240.000$

 

360.000$

Salaires

 
 
 

73.920$

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Frais Généraux

 
 
 

83.400$

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Imprévus

 
 
 

39.348$

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4.3.4.4. Organigramme du projet

Assemblée Générale

Conseil d'Administration

Secrétariat Exécutif

Coordonnateur du Projet

Assistante Administrative

Chauffeur Mecanicien

Agen de Securite

Comptable
Caissière

Chargé de Formations

Chargé de Logistique

4.3.5. Gestion des compétences

A. Gestion du temps : Un échéancier des activités a été élaboré ; nous nous attèlerons à ne pas dépasser le délai prévu pour le projet.

B. Gestion de coûts : Le budget du Projet a été approuvé. Nous nous efforcerons à ne pas le dépasser, en recherchant la minimisation des coûts. Des procédures de contrôle efficaces nous aideront à atteindre cet objectif.

C. Gestion de la qualité : Il s'agit ici de chercher à rencontrer la satisfaction des différentes parties prenantes.

D. Gestion de ressources humaines : Utilisation optimale des ressources humaines et distribution des rôles, responsabilités.

E. Gestion de communication : Recourir à toutes les sources d'informations possibles et imaginables. Collecter et bien gérer les informations en les communiquant à temps et à la bonne personne.

F. Gestion de l'approvisionnement : Maîtriser les processus liés à l'acquisition des biens et services.

4.3.6. Plan de suivi

02 Janvier 2013 31 Décembre 2014

Début Fin

4.3.7. Plan de l'évaluation

L'évaluation mesure, à un moment donné, la réalisation des objectifs et des résultats et étudie le processus de prise de décision. Ici, nous avons une première évaluation au début des activités et une deuxième à la fin du projet.

Trimestre
1

Trimestre
2

Trimestre
3

Trimestre
4

Trimestre
5

Trimestre
6

Trimestre
7

Trimestre
8

Mise à jour de l'opération

Evaluation Ex Anté

 
 

Mesures de départ

 
 

Suivi

 
 
 

Evaluation finale

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Début du Projet

 

Fin du Projet

4.4. EVALUATION 4.4.1. Contexte

4.4.2. Moment

L'évaluation peut être effectuée dès la phase de formulation du projet. Elle correspond alors à l'étude d faisabilité, qui a lieu avant la mise en oeuvre du projet. Une deuxième évaluation intervient à la fin du projet.

Après le projet, deux ou trois ans après, une évaluation devra aider à mesurer l'impact du projet.

4.4.3. Méthodologie

* Evaluation externe par des experts indépendants en vue de l'objectivité ; * Evaluation interne avec l'assistance d'un évaluateur externe ;

* Enquête sur terrain.

CONCLUSION

Le travail que nous venons de réaliser avait pour sujet « Incidence de l'entrepreneuriat sur la réduction de la pauvreté » et avait pour objectif de contribuer à la réflexion sur la libération de l'entrepreneuriat en prenant comme bouillon de cultures les initiatives des micro-entrepreneurs du secteur informel traduisant un esprit d'entreprise manifeste.

La question fondamentale de notre étude était celle de savoir si l'accompagnement assuré aux populations par le Bureau Diocésain Caritas-Développement et les différentes Commissions Paroissiales de Développement au moyen des formations et autres appuis à travers les différentes paroisses débouchait sur la création des unités économiques de production des biens et services rentables , performantes, prospères et susceptibles de procurer de l'emploi à des dizaines de personnes de manière à contribuer à la réduction de la pauvreté.

L'hypothèse que nous avons formulée à l'égard de cette question posait que si nous considérions les multiples formations dispensées dans différentes paroisses, nous pouvions observer une prolifération des AGR. Paradoxalement, nous avions l'impression que les bénéficiaires de ces différentes formations étaient motivés par le seul souci d'assurer leur propre survie et celle de leurs ménages respectifs et donc qu'ils ne mettaient sur pieds que des unités de moindre importance, sans prospérité et moins capables de créer des emplois significatifs.

Pour vérifier cette hypothèse, nous avons recouru à la méthode inductive. Il s'agissait de tenter des généralisations à partir d'un cas particulier. Ici, nous nous sommes intéressés à un groupe, celui des récipiendaires de la session de formation en Boulangerie-Pâtisserie organisée à la Paroisse Cathédrale Notre-Dame du Congo en 2006.

L'enquête par questionnaire est la technique que nous avons utilisée pour collecter les données, que nous avons par la suite analysée et interprétées en vue d'une extrapolation.

Les résultats obtenus à l'issue de l'analyse des données recueillies nous donnent de confirmer notre hypothèse, c'est-à-dire que malgré les efforts déployés par l'église catholique, à travers les différentes Commissions Paroissiales de Développement, relais local du Bureau Diocésain Caritas-Développement, les récipiendaires n'arrivent pas à tirer du néant des Activités Génératrices de Revenus viables, rentables, performantes, procurant de l'emploi et distribuant de revenus. Ce qui voudrait dire que l'entrepreneuriat n'a pas encore été libéré de manière contribuer à réduire la pauvreté.

Ces propos s'appuient sur les résultats du tableau 20 qui montre que sur les 30 trente récipiendaires, sept seulement (23,3%) avaient réussi à créer des AGR contre 23 (76,7%) qui n'y sont pas arrivés.

A quelques rares exceptions, on peut trouver par endroit des unités tenues par des personnes dotées d'organisation, de volonté, mues par l'ambition de prospérer. Partant de ces quelques exceptions, nous pensons que si les récipiendaires bénéficient d'un encadrement adéquat, si les moyens conséquents sont mis à leur disposition ils pourront effectivement créer des AGR qui pourront évoluer jusqu'à rejoindre la catégorie de « Petites et Moyennes Entreprises ».

Nous devons néanmoins reconnaître que la taille de la population que nous avons étudiée est très minime et qu'il serait souhaitable d'ouvrir des pistes de recherche en élargissant la taille de l'échantillon et en intégrant d'autres variables dans le modèle de référence.

Nous devons aussi relever que certains aspects qui auraient pu être abordés ne l'ont pas été. Nous aurions voulu, par exemple, nous intéresser aux différentes interventions du Bureau Diocésain Caritas-Développement dans les différentes paroisses en vue d'une évaluation.

Soulignons enfin que la limitation spatiale de notre enquête ainsi que la faiblesse de la population étudiée et la limitation des thèmes pris en compte dans nos analyses constituent des limites de notre propos. Ainsi, souhaitons-nous que toutes ces limites et tous les aspects non abordés soient pris en compte dans le cadre des travaux similaires plus extensifs.

BIBLIOGRAPHIE

I. DICTIONNAIRES

Le Petit Larousse illustré, 2005.

Le Robert Micro, Edition de poche, 1998.

II. OUVRAGES

AKTOUF Omar, Méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations. Une introduction à la démarche classique et ne critique. Edition numérique, Coll. Les classiques des sciences sociales, Québec, 2006.

BIZAGUET Armand, Les Petites et Moyennes Entreprises, Coll. »Que sais-je ?» N° 2642, P.U.F., 1991.

BOURDIEU P., Algérie 60 - Structures économiques et structures temporelles, Edition du minuit, Paris, 1977.

Catéchisme de l'Eglise Catholique, Ceturion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie Vaticane, Paris, 1998.

Débare Marc, Les milliards de l'ombre, l'économie souterraine, Hatier, 1992.

DONCKELS Rik et alii, Guide pratique pour créer votre entreprise, Générale de Banque, 1897.

DONKCKELS Rik, Pleins feux sur les P.M.E. : De la théorie à la pratique, Roularta Books, 1993.

Dwight H. Perkins, Steven Radelet et David Lindauer, Economie du développement, de Boeck, 2008.

FRANCK Pierre, l'économie de l'entreprise, Coll. »Que sais-je ?» N° 1839, P.U.F., 1980. Frédéric Robert, Entreprendre et réussir, De Boeck-Wesmael, 1990.

JULIEN Pierre A., Les P.M.E. : Bilan et Perspectives, Economica, 1994.

KAMMOGNE FOKAM Paul, L'entrepreneur africain face au défi d'exister, L'Harmattan, 1993.

KÖTLER Philippe et Bernard DUBOIS, Marketing Management, Pearson Education France, Paris, 2004.

La Bible de Jérusalem, Edition du Cerf/Verbum bible, 2002.

Lédent J.P. et A. Leroi, L'approche cadre logique dans l'identification de projets de développement : comment y intégrer l'environnement ?, HDE, Gembloux, 2005.

LOKOTA EKOT'EPANGA, La crise de l'industrialisation, la problématique des activités informelles et les perspectives du développement endogène en Afrique saharienne - Cas du Zaïre, Louvain-La-Neuve, CIACO, 1994.

MAGLIULO Bruno, Les Petites et moyennes Entreprise, Coll. Profil n° 549, Hatier, 1983. MINZBERG Henry, Structure et Dynamique des organisations, les éditions d'organisation, Paris, 1982.

NORRO Michel, Economie africaine, De Boek, 1994.

NZUZI LELO Françis et Claudine TSHIMANGA, La pauvreté urbaine à Kinshasa, CORDAID, 2004.

III. ARTICLES

BOURDIEU P., Société traditionnelle - attitude à l'égard du temps et conduite économique, Sociologie du travail, Vol. 1, n° 5, Janvier - mars 1963,20p.

GINGEMBRE Léon, L'importance du rôle des PME dans l'économie moderne, in Revue de la Société d'Expansion, n° 257, Octobre 1973, 5p.

IYENDA Guillaume, Pauvreté urbaine et secteur informel à Kinshasa, in D+C Développement et Coopération, N° 5, septembre/octobre 2002, 3p.

KODILA Tedika Oasis, Pauvreté en République Démocratique du Congo : Un rapide état des lieux , in Revue congolaise d'économie, WP01/10-Mai 2010.

MBAYA Mudimba R., Aspects sociologiques de la pauvreté dans les micro-entreprises du secteur informel au Congo-Kinshasa, in D+C Développement et Coopération, 5/2001. MUAMBA MULUMBA NGANDU Placide, Relativité culturelle et management des

entreprises africaines - Le cas du Zaïre, IST/UCL, Cahier Orange n° 39, 1994.

MULUMBA LUKOJI, Les lois du 5 janvier 1973 sur le commerce et les petites et moyennes entreprises zaïroises, in Zaïre-Afrique, Kinshasa, 1973.

MUSITU Lufungula Willy, La femme congolaise : pilier de l'économie informelle en milieu urbain, Edition numérique, Coll. Les Classiques des sciences sociales, 2006.

IV. TRAVAUX SCIENTIFIQUES

BARBIER J-C, Précarité, précarité de l'emploi, des catégories politiques qui s'exportent difficilement, Communication au colloque de l'Association Française de Sociologie, 24-27 février 2004.

Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion, Prendre la mesure de la pauvreté : proposition d'indicateurs de pauvreté, d'inégalités et d'exclusion sociale afin de mesurer les progrès réalisés au Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2009.

109
KANGULUMBA MBAMBI, L'entreprise africaine d'assurance et son environnement,

Communication faite au Colloque sur « L'entreprise africaine et son environnement », Maison Africaine de Bruxelles, 19 novembre 1994.

KASONGO NGIESU Engels, La Petite et Moyenne Entreprise zaïroise et son environnement, Ecole d'Ergologie de Belgique, 1996.

RAMAZANI KIZONI David, La contribution des Comités Paroissiaux CaritasDéveloppement de l'Archidiocèse de Kinshasa dans la lutte contre la pauvreté, Mém.Lic., IFAD, 2008-2009.

RAZAFINDRAZAKA Tinasoa, L'entrepreneuriat comme outil de développement territorial : construction d'un référentiel théorique, Communication au Colloque international sur la vulnérabilité des TPE et des PME dans un environnement mondialisé, 27 au 29 mai 2009.

V. RAPPORTS ET DOCUMENTS OFFICIELS Banque Centrale du Congo, Rapport Annuel, 2009. Banque Centrale du Congo, Rapport Annuel, 2010.

Centre Pastoral Lindonge, « La cohérence chrétienne », Orientations pastorales 2011- 2012, Edition du Centre Pastoral, Kinshasa 2011.

JULIEN Pierre-André, La mesure de l'entrepreneuriat, Rapport d'étude, Institut de la statistique du Québec, 2010.

ONUDI, Rapport technique : proposition pour un schéma directeur de développement des PME zaïroises, projet ONUDI n° DP/ZAI/81/014, septembre 1987.

ONUDI, Une voie pour sortir de la pauvreté : développer l'entrepreneuriat rural et féminin, Vienne, 2003.

PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2003, Economica, 2003. PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2006, Economica, 2006. PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2011, Economica, 2011.

PNUD, RDC Rapport National sur développement humain 2000, Gouvernance pour le développement humain en RDC, Kinshasa, 2000.

PNUD-Unité de lutte contre la pauvreté, Province de Kinshasa : pauvreté et conditions de vie à Kinshasa, Mars 2009.

RDC, Document de la Stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP)2, Mai 2011.

RDC, Ministère de la Santé, Plan National de Développement Sanitaire (PNDS), 2011- 2015.

RDC, Ministère des Finances, Rapport annuel 2010 - 2011.

RDC, Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, Charte des petites et moyennes entreprises et de l'artisanat en République Démocratique du Congo, 24 Août 2009.

RDC, Ministère du Plan - institut National de la Statistique, Carte statistique de la RDC 2000 - 2007, Kinshasa, avril 2008.

RDC, Ministère du Plan - Institut National de la Statistique, Projections de la population 2005 2010, Kinshasa, Avril 2008.

VI. COURS INEDITS

BOMOLO NGILIMA, Cours de Management de Projets, L1 GAP, IFAD, 2010-2011, Inédit. BOMOLO NGILIMA, Cours de gestion de Cycle de Projets, L2 GAP, IFAD, 2011-2012, Inédit.

OTSHUDI MPOYI, Cours d'Evaluation de Projets, L2 GAP, IFAD, 2011-2012, Inédit.

VII. WEBOGRAPHIE

Banque de Ressources Interactives en Sciences Economiques et Sociales (Brises). Cfr http://brises.org/notion.php/inegalites/inegalites-economiques/inegalites sociales/notId/65/notBranch/65/

COHEN Valérie, La vulnérabilité relationnelle, Socio-anthropologie (en ligne), N° 1/1997, mis en ligne le 15 janvier 2003. Consulté le 30 décembre 2011. URL : http// socioanthropologie.revue.org/index74.html.

http://entreprendre-iae-.centerblog.net/rub-qu-est-ce-entrepreneuriat-.html http://www.inegalites.fr/spip.php?article 448. http://www.toupie.org/Dictionnaire/Inegalite.htm

LAVIOLETTE Eric Michaël et Christophe LOUE (Enseignants et chercheurs), Les compétences entrepreneuriales : définition et construction d'un référentiel, Advancia ( www.advancia.fr/advancia.nsf).

ANNEXES

ANNEXE 1

Questionnaire d'enquête sur la formation en « Boulangerie-Pâtisserie »

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Ici-bas un questionnaire d'enquête conçu en vue d'une étude évaluative de la formation en »Boulangerie-Pâtisserie » organisée par la ParoisseCathédrale en 2006. Il nous permet de nous intéresser à l'évolution de différents bénéficiaires de la dite formation pour déceler les facteurs de réussite et les causes d'échec et proposer une (des) solution(s) au(x) problème(s rencontré(s). Pour répondre, il suffit de cocher la case qui correspond à votre choix ou d'indiquer le renseignement demandé. Merci de l'intérêt que vous porterez à l'égard de ce travail.

I. Identification de la personne enquêtée Q.1 Quel est votre sexe ?

Masculin

?

Féminin

?

Q.2 Quel âge avez-vous ?

 

16 - 24 ans

?

25 - 34 ans

?

35 - 44 ans

?

45 - 54 ans

?

55 ans et +

?

Q.3 Quel est votre état civil ?

Célibataire

?

Marié(e)

?

Divorcée

?

Veuf (ve)

?

Q.4 Quel est votre niveau d'études ?

Primaire ?

Cycle d'orientation ?

Humanités ?

Graduat ?

Licence ?

Autre ?

Précisez :

Q.5 Quelle est votre profession ?

Sans profession ?

Employé(e) ?

Indépendant(e) ?

Fonctionnaire ?

Autre ?

Précisez :

Q.6 Si vous êtes sans profession, quelle(s) est (sont) la (les) source(s) des revenus dont vous vivez ?

Conjoint(e) ?

Famille ?

Relations ?

Débrouillardise ?

Autre ?

Précisez :

II. Formation

Q.7 Qu'est-ce qui vous avait motivé à suivre cette formation ?

Curiosité ?

Besoin de perfection ?

Besoin d'extension ?

Besoin d'autonomie ?

Autre ?

Précisez :

Q.8 Qu'est-ce que cette formation vous a apporté ?

Amélioration de la production ?

Moyen de gagner de l'argent ?

Connaissances ?

Nouveaux horizons ?

Autre ?

Précisez :

Q.9 Etes-vous satisfait(e) de la formation dispensée ?

Oui ?

Non ?

Q.10 Au cours de cette formation, avez-vous reçu les notions ci-après ?

Notions

Réponses

Oui

Non

Comptabilité

?

?

Fiscalité

?

?

Marketing

?

?

Législation sociale

?

?

Législation commerciale

?

?

Techniques de vente

?

?

Gestion budgétaire

?

?

Management/Organisation

?

?

Gestion des Ressources Humaines

?

?

Maintenance

?

?

Q.11 A l'issue de la formation, avez-vous eu l'opportunité de mettre en pratique les connaissances techniques acquises ?

Oui ?

Non ?

Q.12 Si oui, dans quel cadre ?

Evénements familiaux ?

Commandes occasionnelles ?

Emploi ?

Autre ?

Précisez :

Q.13 Si non, dites pour quelles raisons ?

Pas de temps ?

Pas d'argent ?

Pas de machines ?

Pas d'emplacement ?

Autre ?

Précisez :

Q.14 Avez-vous pu, grâce à cette formation, mettre sur pieds une Activité Génératrice des Revenus ?

Oui ?

Non ?

Q.15 Si oui, comment avez-vous pu constituer les fonds de démarrage de votre activité ?

Epargne personnelle ?

Fruit de la vente ?

Microcrédit ?

Prêt bancaire ?

Aide de la famille ?

Apport du conjoint ?

Intervention des Relations ?

Autre ?

Précisez :

Q.16 Si non, pouvez-vous donner les raisons qui ne vous ont pas permis d'envisager une telle

initiative ?

Manque d'argent ?

Manque de confiance ?

Manque d'emplacement ?

Instabilité du courant ?

électrique

Autre ?

Précisez : Epargne personnelle ?

Fruit de la vente ?

Microcrédit ?

Prêt bancaire ?

Aide de la famille ?

Apport du conjoint ?

Intervention des Relations ?

Autre ?

Précisez :

Q.18 Quelle est la forme juridique de votre activité ?

Aucune ?

Asbl ?

ONG ?

Etablissement ?

Autre ?

Précisez :

Q.19 Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors du démarrage ou que vous rencontrez souvent dans l'exercice de votre activité ?

A. Lors du démarrage

Fonds de démarrage ?

Ecoulement difficile ?

Emplacement non fréquenté ?

Formalités administratives ?

Autre ?

Précisez :

B. Pendant l'exercice de votre activité

Hausse des prix des intrants ?

Instabilité du courant ?

électrique/Délestage

Invendus ?

Tracasseries administratives ?

Manque de facilités de crédit ?

Concurrence ?

Autre ?

Précisez :

IV. Fonctionnement / Incitations

Q.20 Quelle est l'organisation de votre force de vente ?

Un point de vente ?

Clients revendeurs ?

Vendeurs ambulants ?

Autre ?

Précisez :

Votre réponse ci-contre :

Femmes

Hommes

Femmes + hommes

Q.22 Disposez-vous de toutes les machines dont vous avez besoin pour réaliser convenablement votre activité ?

Oui ?

Non ?

Q.23 Connaissez-vous des dispositifs mis en place pour favoriser des initiatives comme la vôtre ?

Dispositifs au niveau

Oui

Non

de la Paroisse

?

?

du Diocèse ?

?

?

de la Commune

?

?

du Gouvernement

?

?

Des organismes étrangers

?

?

Q.24Pouvez-vous en citer quelques-uns ?

Votre réponse ci-contre :

Q.25 Au cours de l'exploitation de votre activité avez-vous bénéficié ou bénéficiez-vous d'une assistance extérieure ?

Oui ?

Non ?

Q.26 Si oui, quel genre d'assistance ? Et de quel organisme ?

Q.31 Quelles sont les activités organisées par cette association ?

Votre réponse ci-contre :

Q.32 Quel type de service auriez-vous souhaité recevoir de cette association ?

Indiquez pour chaque type de service une côte variant de 1 à 6, correspondant au degré d'utilité du service (6 = degré d'utilité le plus élevé, et 1 = degré d'utilité le moins élevé)

A. Conseils, assistance au démarrage de l'activité

Etudes diverses (opportunités, ? faisabilité)

Conseils / Aide en ?

organisation et gestion (Plan

d'affaires, Stratégies,...)

Formalités administratives et ?

juridiques

Assistance technique et ?

formation

Autre ?

Précisez :

B.

Conseils, assistance pendant l'exploitation de votre activité

Genre

Organisme

Facilité de crédit ?

Accès aux devises étrangères ?

Conseil en Management / ?

Organisation

Assistance logistique ?

Plaidoyer auprès des bailleurs ?

de fonds

Autre ?

Précisez :

Q.27 Existe-t-il une association regroupant les bénéficiaires de la formation en « BoulangeriePâtisserie » organisée par la Paroisse ?

Oui ?

Non ?

Q.28 Si oui, êtes-vous membre de cette association ?

Oui ?

Non ?

Q.29 Si non, auriez-vous souhaité qu'une telle association voie le jour ?

Oui ?

Non ?

ANNEXES 2 : DICTIONNAIRE DES DONNEES

VARIABLES

MODALITES

V01

Q1

Sexe de l'individu

1. Masculin

2. Féminin

V02

Q2

L'âge de l'individu

1. 16 à 24 ans

2. 25 à 34 ans

3. 35 à 44 ans

4. 45 à 54 ans

5. 55 ans et plus

V03

Q3

L'état-civil de l'individu

1. Célibataire

2. Marié(e)

3. Divorcé(e)

4. Veuf (ve)

5. Autre

V04

Q4

Le niveau d'études de l'individu

1. Primaire

2. Cycle d'orientation

3. Humanités

4. Graduat

5. Licence

6. Autre

V05

Q5

Profession de l'individu

1. Sans profession

2. Employé

3. Indépendant

4. Fonctionnaire

5. Autre

V06

Q6

Sources de revenus du sans profession

1. Conjoint(e)

2. Famille

3. Relations

4. Débrouillardise

5. Autre

V07

Q7

Motivation à suivre la formation

1. Curiosité

2. Besoin de perfection

3. Besoin d'extension

4. Besoin d'autonomie

5. Autre

V08

Q8a

Apport de la formation : Amélioration de la production

1. Oui

2. Non

V09

Q8b

Apport de la formation : Moyen de gagner de l'argent

1. Oui

2. Non

V10

Q8c

Apport de la formation : Connaissances nouvelles

1. Oui

2. Non

V11

Q8d

Apport de la formation : Nouveaux horizons

1. Oui

2. Non

V12

Q8e

Apport de la formation : Amélioration de la production

1. Oui

2. Non

V13

Q9

Satisfait (e) de la formation

3. Oui

4. Non

 

V14

Q10a

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V15

Q10b

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V16

Q10c

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V17

Q10d

Notions de comptabilité

1. OUI

2. Non

V18

Q10e

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V19

Q10f

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V20

Q10g

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V21

Q10h

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V22

Q10i

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V23

Q10j

Notions de comptabilité

1. Oui

2. Non

V24

Q11

Opportunité de pratiquer les connaissances techniques acquises

1. Oui

2. Non

V25

Q12

Le cadre de la pratique

1. Evénements familiaux

2. Commandes occasionnelles

3. Emploi

4. Autre

V26

Q13a

Pas de pratique par manque de temps

1. Oui

2. Non

V27

Q13b

Pas de pratique par manque d'argent

1. Oui

2. Non

V28

Q13c

Pas de pratique par manque de machines

1. Oui

2. Non

V29

Q13d

Pas de pratique par manque d'emplacement

1. Oui

2. Non

V30

Q14

Mise sur pieds d'une AGR

3. Oui

4. Non

 

V31

Q15a

Origines fonds de démarrage

1. Oui

2. Non

V32

Q15b

Origines fonds de démarrage : épargne

1. Oui

2. Non

V33

Q15c

Origines fonds de démarrage : fruit vente

1. Oui

2. Non

V34

Q15d

Origines fonds de démarrage : Microcrédit

1. Oui

2. Non

V35

Q15e

Origines fonds de démarrage : Prêt bancaire

1. Oui

2. Non

V36

Q15f

Origines fonds de démarrage : Famille

1. Oui

2. Non

V37

Q15g

Origines fonds de démarrage : Conjoint

1. Oui

2. Non

V38

Q15h

Origines fonds de démarrage : Relations

1. Oui

2. Non

V39

Q16a

Raisons absence AGR : Manque d'argent

1. Oui

2. Non

V40

Q16b

Raisons absence AGR : Temps

1. Oui

2. Non

V41

Q16c

Raisons absence AGR : Emplacement

1. Oui

2. Non

V42

Q16d

Raisons absence AGR : Electricité

1. Oui

2. Non

V43

Q17

Moyens pour l'acquisition des machines manquantes

3. Epargne personnelle

4. Fruit de la vente

5. Microcrédit

6. Prêt bancaire

7. Aide de la famille

8. Apport du conjoint

9. Interventions des relations

10. Autre

 

V44

Q18

Forme juridique de l'activité

1. Aucune

2. Asbl

3. ONG

4. Etablissement

5. Autre

V45

Q19a1

Difficultés au démarrage : fonds

1. Oui

2. Non

V46

Q19a2

Difficultés au démarrage : écoulement difficile

1. Oui

2. Non

V47

Q19a3

Difficultés au démarrage : Emplacement non fréquenté

1. Oui

2. Non

V48

Q19a4

Difficultés au démarrage : formalités administratives

1. Oui

2. Non

V49

Q19b1

Difficultés dans l'exercice de l'activité : Hausse des prix

1. Oui

2. Non

V50

Q19b2

Difficultés dans l'exercice de l'activité : Instabilité courant électrique

1. Oui

2. Non

V51

Q19b3

Difficultés dans l'exercice de l'activité : Invendus

1. Oui

2. Non

V52

Q19b4

Difficultés dans l'exercice de l'activité : Tracasseries administratives

1. Oui

2. Non

V53

Q19b5

Difficultés dans l'exercice de l'activité : Manque de facilité de crédit

1. Oui

2. Non

V54

Q19b6

Difficultés dans l'exercice de l'activité : Concurrence

1. Oui

2. Non

V55

Q20

Organisation de la force de vente

1. Point(s) de vente

2. Clients revendeurs

3. Vendeurs ambulants

4. Autre

V56

Q21a

Taille de la main d'oeuvre masculine

1. Un à trois

2. Quatre à cinq

3. Six à dix

4. Plus de dix

V57

Q21b

Taille de la main d'oeuvre féminine

1. Un à trois

2. Quatre à cinq

3. Six à dix

4. Plus de dix

V58

Q21c

Taille de la main d'oeuvre

1. Un à trois

2. Quatre à cinq

 
 
 

3. Six à dix

4. Plus de dix

V59

Q22

Existence des machines nécessaires à l'activité

1. Oui

2. Non

V60

Q23a

Connaissance des dispositifs paroissiaux d'appui aux AGR

1. Oui

2. Non

V61

Q23b

Connaissance des dispositifs diocésains d'appui aux AGR

1. Oui

2. Non

V62

Q23c

Connaissance des dispositifs communaux d'appui aux AGR

1. Oui

2. Non

V63

Q23d

Connaissance des dispositifs gouvernementaux d'appui aux AGR

1. Oui

2. Non

V64

Q23e

Connaissance des dispositifs étrangers d'appui aux AGR

1. Oui

2. Non

V65

Q24

Dispositifs d'appui aux AGR

1. BDCD

2. Foleco

3. Pnud

V66

Q25

Assistance extérieure pendant l'exploitation

1. Oui

2. Non

V67

Q26a

Genre d'assistance

1. Crédit

2. Microcrédit

V68

Q26b

Organisme intervenant

1. Pro Crédit

2. Finca

V69

Q27

Existence d'une association regroupant les récipiendaires de la formation

1. Oui

2. Non

V70

Q28

Affiliation à l'association

1. Oui

2. Non

V71

Q29

Création d'une telle association souhaitée

1. Oui

2. Non

V72

Q30

Objectifs poursuivis par cette association

1. Echange, partage idées et expériences

2. Soutien mutuel / Solidarité

3. Encadrement, encouragement des initiatives

4. Aide financière

5. Renforcement des capacités

6. Coopérative

V73

Q31

Activités organisées par cette association

1. Formations

2. Ventes dans différentes paroisses

Dans le volet suivant, chaque variable reçoit une cote variant de 1 à 6, suivant le degré d'assistance souhaité.

 

Modalités =>

1

2

3

4

5

6

Cotes=>

Six

Cinq

Quatre

Trois

Deux

Un

V74

Q32.1a

Etudes diverses (Opportunité, faisabilité,...)

 
 
 
 
 
 

V75

Q32.1b

Conseil/Aide en Organisation et gestion

 
 
 
 
 
 

V76

Q32.1c

Formalités administratives et juridiques

 
 
 
 
 
 

V77

Q32.1d

Assistance technique et formation

 
 
 
 
 
 

V78

Q32.2a

Facilités de crédit

 
 
 
 
 
 

V79

Q32.2b

Accès aux devises étrangères

 
 
 
 
 
 

V80

Q32.2c

Conseils en Management / Organisation

 
 
 
 
 
 

V81

Q32.2d

Assistance logistique

 
 
 
 
 
 

V82

Q32.2e

Plaidoyers auprès des bailleurs de fonds

 
 
 
 
 
 

ANNEXE 5

120

EXEMPLE D'UNE ACTIVITE GENERATRICE DES REVENUS
Chez papa Léon & Fils

EXEMPLE D'UNE ACTIVITE GENERATRICE DE REVENUS
Chez Mama Mado

1
122

TABLE DES MATIERES

Epigraphe II

Dédicace III

Remerciements IV

Abréviations V

INTRODUCTION 1

1) Objectif 1

2) Problématique 1

3) Hypothèses du travail 7

4) Intérêt et choix du sujet 7

5) Méthodologie et techniques d'approche 8

6) Délimitation du sujet 9

7) Subdivision du travail 10

CHAPITRE I : APPROCHE CONCEPTUELLE ET THEORIQUE 11

1.1. Définition des concepts de base 11

1.1.1. L'entrepreneuriat 11

1.1.1.1. L'entrepreneur 13

1.1.1.2. L'environnement 15

1.1.1.3. La création de la valeur 17

1.1.1.4. La création ou le développement d'une unité économique 17

1.1.1.5. L'impact sur l'économie 17

1.1.1.6. Une réponse aux besoins individuels et collectifs d'un territoire 17

1.1.1.7. Les Petites et Moyennes Entreprises 19

1.1.2. La réduction de la pauvreté 24

1.1.2.1. La pauvreté, qu'est-ce ? Qui est pauvre ? 24

1.1.2.2. Concepts apparentés : Précarité, Vulnérabilité, Inégalité 26

1.1.2.3. La réduction de la pauvreté 27

1.1.3. L'incidence 28

1.2. Profil de la pauvreté en République Démocratique du Congo 28

1.2.1. Généralités sur la pauvreté congolaise 28

1.2.1.1. Emploi 29

1.2.1.2. Parité 29

1.2.1.3. Longévité et santé 30

1.2.1.4. Instruction et accès au savoir 32

1.2.1.5. Cadre de vie et accès aux services utilitaires 33

1.2.1.6. Inégalités 34

1.2.2. Spécificités de la pauvreté urbaine à Kinshasa 34

1.2.2.1. Présentation de la ville Province de Kinshasa 34

1.2.2.2. Profil de la pauvreté dans la ville de Kinshasa 37

1.2.3. Caractéristiques de la pauvreté dans la Commune de Lingwala 42

1.2.3.1. Promiscuité et degré de promiscuité dans le logement 42

1.2.3.2. Autres ménages dans la parcelle 42

1.2.3.3. Historique du logement du ménage 43

1.2.3.4. Qualité de logement 43

1.2.3.5. Electricité 44

1.2.3.6. Eau de boisson 44

1.2.3.7. Assainissement des logements 45

1.2.3.8. Synthèse 46

14

123

1.3. Environnement de l'entrepreneuriat privé congolais 47

1.3.1. Situation sociodémographique 47

1.3.2. Le contexte socioculturel congolais 47

1.3.2.1. La sociabilité 48

1.3.2.2. Le rapport à l'argent 49

1.3.2.3. Le rapport au temps 49

1.3.3. Le cadre légal et institutionnel 51

1.3.4. L'environnement technologique 55

1.3.5. L'environnement économique 56

1.3.5.1. La croissance économique 57

1.3.5.2. L'emploi 57

1.3.5.3. La stabilité des prix 58

1.3.5.4. Le commerce international 59

1.3.5.5. Le dualisme de l'économie congolaise 59

1.3.6. Typologies des Petites et Moyennes Entreprises 60

1.3.6.1. La Micro Entreprise ou la Très Petite Entreprise 60

1.3.6.2. La Petite Entreprise 60

1.3.6.3. La Moyenne Entreprise 60

1.3.6.4. L'Artisanat 61

1.3.7. L'environnement politique 61

CHAPITRE II : PRESENTATION DU CADRE D'ETUDE 63

2.1. Le Bureau Diocésain Caritas-Développement (BCDC) 63

2.1.1. Historique du BDCD 63

2.1.2. Objectifs du BDCD 63

2.1.3. Activités du BDCD 64

2.1.4. Vision et Mission du BDCD 64

2.1.5. Structure du BDCD 64

2.1.6. Orientations stratégiques 64

2.1.7. Interventions du BDCD 65

2.1.7.1. Bénéficiaires des interventions 66

2.1.7.2. Champ d'action 66

2.1.7.3. Nature des interventions 66

2.2. Les Commissions Paroissiales Caritas-Développement (CPCD) 68

2.2 .1. Identité des CPCD 68

2.2.2. Rôle et Responsabilité des CPCD 68

2.2.3. Composition et critères de désignation des membres des CPCD 69

2.2.4. Mandat des animateurs des CPCD 69

2.2.5. Organisation et Fonctionnement des CPCD 69

2.2.6. Ressources des CPCD 69

2.3. Brève présentation de la Commune de Lingwala 70

CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION 71

3.1. La collecte des données 71

3.1.1. L'enquête sur terrain 71

3.1.2. Présentation du questionnaire d'enquête 71

3.2. Présentation des résultats de l'enquête 72

3.2.1. Les caractéristiques des individus enquêtés 72

3.2.2. Motivation à la formation et apport de la formation 74

3.2.3. La création des AGR par les récipiendaires 75

3.2.4. Les facteurs explicatifs 77

114

3.3. Synthèse des résultats 81

CHAPITRE IV : DOSSIER PROJET DE DEVELOPPEMENT 82

4.1. Conception et élaboration 82

4.1.1. Problématique 82

4.1.2. Les variables 82

4.1.3. Les contraintes 83

4.1.4. Les alternatives 83

4.1.5. Le titre du projet 83

4.1.6. But et finalité 83

4.1.7. Objectifs généraux 83

4.1.8. Objectifs spécifiques ou opérationnels 83

4.1.9. Echéancier des activités 84

4.1.10. Calendrier des activités (Gantt) 84

4.1.11. Budget 85

4.1.12. Viabilité du projet 87

4.2. Approche Cadre Logique 88

4.2.1. Organigramme des parties prenantes 88

4.2.2. Cadre logique 89

4.2.3. Tableau des parties prenantes 91

4.2.4. Arbre des problèmes 92

4.2.5. Arbre des stratégies 93

4.2.6. Arbre des objectifs/ résultats 94

4.2.7. Tableau des stratégies 95

4.3. Planification et gestion 96

4.3.1. Matrice SWOT 96

4.3.2. Diagramme de Venn 96

4.3.3. Cycle de vie du projet 97

4.3.3.1. Définition 97

4.3.3.2. Planification 97

4.3.3.3. Exécution 97

4.3.3.4. Terminaison 97

4.3.4. Gestion du projet 97

4.3.4.1. Structure du projet 97

4.3.4.2. Plan de trésorerie 99

4.3.4.3. Gantt financier 100

4 .3.4.4. Organigramme du projet 101

4.3.5. Gestion des compétences 102

4.3.6. Plan de suivi 102

4.3.7. Plan de l'évaluation 103

4.4. Evaluation 104

4.4.1. Contexte 104

4.4.2. Moment 104

4.4.3. Méthodologie 104

CONCLUSION 105

BIBLIOGRAPHIE 107

ANNEXES 111

TABLE DES MATIERES 112






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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld