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L'amélioration génétique du cacaoyer. Des ressources génétiques forestières aux variétés cultivées

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par Philippe LACHENAUD
Université Montpellier II - Habilitation à  diriger des recherches 2010
  

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4-2-2 Sauvegarde

La sauvegarde ex situ des représentants des pieds-mères sauvages (il s'agit alors soit de semenceaux issus de descendances libres, soit plus rarement de clones des pieds-mères) s'effectue en parcelles de collection, sur la station de Paracou-Combi (commune de Sinnamary). Il en va de même des ortets sélectionnés sur place après caractérisation et évaluation. La sauvegarde peut aussi être effectuée en partie en station de quarantaine. Le germplasme GU, principalement prospecté en 1987 (7 pieds-mères furent collectés en 1985) est toujours bien représenté plus de vingt ans après sa collecte : 94 % des pieds-mères ont encore des représentants en collections, en Guyane ou ailleurs, ce qui est un résultat assez exceptionnel. En effet, Bartley (2005) fait remarquer que le Brazilian Genetic Resources Program a perdu plus de 50 % des pieds-mères collectés depuis 1976. Pour les prospections de 1990 et 1995 (Clones Borne 7, Ker, Pina, Elp, Yal etc..), 81 % des piedsmères collectés sont toujours représentés en collection.

Les bons résultats du programme du Cirad peuvent être expliqués, en partie, par le fait que pratiquement seules des cabosses ont été prélevées sur les pieds-mères (le taux de réussite des greffes est toujours plus faible) et que, très rapidement, ce matériel a été distribué dans plusieurs pays. Il est actuellement présent dans dix-sept pays producteurs (Lachenaud et al., 2007). En 2004-2005, une parcelle sous ombrière artificielle, regroupant l'ensemble des clones intéressants et décrits (« core collection » d'environ 190 clones spontanés), a été installée à Paracou-Combi (parcelle S5).

4-2-3 Caractérisation et évaluation

Les principales activités de recherche menées en Guyane ont concerné la caractérisation et l'évaluation du matériel génétique spontané (aspects morphologiques et biochimiques, comportement agronomique) dans le but de fournir des indications pratiques aux chercheurs pour l'utilisation des cacaoyers guyanais.

Une partie des travaux de caractérisation (et la prospection de 1995) furent financés par le FIC, pour un projet qui associait le Cirad et le CRU de Trinidad (1994-1996).

Les arbres issus des prospections 1987 et 1990 ont été observés individuellement pendant dix ans pour les descripteurs agronomiques suivants, qui sont tous des critères de sélection :

- la croissance juvénile (accroissement de section au collet entre un et deux ans au champ) ; - la vigueur adulte (section du tronc à dix ans à 50 cm du sol) ;

- la précocité de production (= production cumulée à cinq ans) ;

- la production (cumulée à dix ans) ;

- le rapport production / vigueur à dix ans (= "Cropping Efficiency") ;

- le pourcentage de cabosses pourries (cumul à dix ans) ;

- le poids moyen d'une cabosse.

Pour le même matériel végétal, certains descripteurs de fleurs, de fruits et de fèves (qu'ils soient ou non des critères de sélection, qualitatifs ou quantitatifs) ont été étudiés sur des individus pré-sélectionnés (pour leur croissance juvénile et leur précocité) ou sur les clones des pieds-mères sauvages. Les effectifs utilisés, par clone ou arbre étudié, sont généralement ceux préconisés par l'IPGRI2 (Anon. 1981). La compatibilité et la durée de maturation ont également été étudiées.

2 International Plant Genetic Resources Institute (Rome), maintenant Bioversity

L'évaluation comprend également l'étude de la valeur en croisement du matériel spontané de Guyane, pour divers critères de sélection agronomiques, comme la vigueur, la productivité, le rapport production / vigueur, les résistances. Un essai factoriel incomplet 5 x 8 fut planté à Paracou-Combi en 1997-98 (7 clones guyanais spontanés et 6 clones d'autres groupes, Forasteros et Trinitarios). Suite à divers problèmes logistiques, cet essai fut arrêté en 2001 et seules les données de vigueur juvénile sont disponibles (Lachenaud et al., 2007). Les résultats acquis pour ce critère nécessitent une confirmation pour d'autres critères, mais, tout comme les résultats obtenus en Côte d'Ivoire, ils semblent indiquer les mérites considérables des clones GU en hybridation.

Les résultats de toutes ces études menées en Guyane ont été publiés : Lachenaud et al., 1999, 2000, 2006 ; Lachenaud et Oliver, 2001, 2005a, 2005b ; Lachenaud, 2007 (voir par ex., Tab. 5). Dans cette rubrique, on peut également citer les études concernant les qualités technologiques et sensorielles des chocolats élaborés à partir des cacaos guyanais, dont une synthèse a été publiée par Assemat et al., (2005). Les origines (populations, descendances, clones) à préférer, suivant leurs performances par rapport aux divers buts des sélectionneurs, ont pu être identifiées (Lachenaud et al., 2007). Il reste toutefois de nombreuses données à analyser et publier, en particulier concernant le matériel de la dernière prospection, en 1995.

En plus de la publication des résultats, les données sont, depuis le début, transmises régulièrement à l'Université de Reading (UK) qui les intègre dans la banque de données ICGD (International Cocoa Germplasm Database).

En dehors de la Guyane, c'est surtout le comportement vis-à-vis des bioagresseurs qui a été étudié, sur des effectifs de clones variables, souvent faibles cependant. Une revue des résultats acquis a été présentée par Lachenaud et al., (2007). Paulin et al., (2006, 2008) ont publié les résultats des tests-feuilles menés au Cirad à Montpellier vis-à-vis de la résistance aux P. palmivora et P. megakarya, agents de la maladie de la pourriture brune (ex. Tab. 7). Au Brésil, J.L. Pires a confirmé l'intérêt de certains génotypes guyanais, et du groupe dans son ensemble, comme nouvelle source de résistance à la maladie du balai-de-sorcière, causée par Moniliophthora perniciosa (Pires, 2003). En Côte d'Ivoire, N'guessan et al. ont montré que le comportement des clones guyanais vis-à-vis des punaises mirides est globalement excellent et supérieur ou égal à celui des meilleures origines (N'guessan et al., 2007).

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