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L'éducation primaire comme levier de développement. Analyse critique à  partir de l'Objectif OMD 2: « Assurer l'éducation primaire pour tous »

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par Corinne STEPHENNE
Université catholique de Louvain - Master 120 en sciences de la population et du développement,  2011
  

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1.3. La capacité, le role et les dilemmes des Etats

La dépendance financière des Etats

En faisant référence à une publication de M.-F. Lange en 1998, J.-E. Charlier écrit « Plus aucun pays de la zone n'a la possibilité de financer ses politiques éducatives sur ses propres ressources, « les conditions auxquelles les organismes financiers internationaux subordonnent l'octroi d'aide apparaissent dès lors comme des contraintes indépassables et difficilement négociables » (Charlier, 2004a : 170). Cette réflexion reste plus que jamais d'actualité.

33 Banque mondiale, Afrique subsaharienne - Education, Site internet consulté le 3 février 2011, mis à jour en 2011, http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/AFRICAINFRENCHEXT/0,,contentMDK:21 448405~pagePK:146736~piPK:146830~theSitePK:488775,00.html

Or pour J.Y. Martin, << l'existence d'Etats disposant d'une autorité légitime et s'appuyant sur des appareils efficaces est pourtant nécessaire pour définir, conduire et faire évoluer les politiques éducatives >> (Martin, 2006 : 152). Selon J.-E. Charlier, c'est surtout vrai dans les pays ou régions où il n'y a pas de culture locale d'éducation et aujourd'hui, on assiste à une décentralisation des politiques d'éducation et à une intervention croissante du secteur privé (2010-2011).

L'affaiblissement de l'Etat dans la gestion des systèmes éducatifs

La décentralisation de l'enseignement, pour répondre aux exigences de meilleure gestion imposée par les organisations internationales, a eu pour effets de donner << un clair droit de cité à une multitude de dispositifs >> et << de procédures de régulation>> (Charlier, 2004b : 40, 52). L'offre éducative a augmenté mais la préservation de la qualité de l'enseignement s'en trouve compromise. A titre d'exemple, au Mali, pour accueillir l'enseignement, des entités territoriales et des communautés rurales sous forme démocratique ont été créées. La difficulté est que les personnes élues sont illettrées en français, elles ont tout au plus fait l'école coranique, ils ne savent donc pas comment fonctionne une école. D'où la question posée : <<Est-ce bien raisonnable de confier la responsabilité à des personnes qui ne connaissent pas le système, d'autant plus que cela n'a pas réellement fonctionné de manière centralisée ? >>. La responsabilité est donnée aux plus pauvres (Charlier, 2010-2011).

<< Le secteur éducatif ne parvient, tant bien que mal, à répondre à la demande que parce que les offres se sont multipliées... l'enseignement privé, sous toutes les significations que le terme peut prendre, s'est mis à proliférer >> (Charlier, 2004 : 170). Le rapport 2010, pour l'Afrique, d'évaluation des progrès relatifs à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement relève que l'enseignement primaire privé augmente significativement même dans les pays où l'enseignement primaire public est gratuit et garanti par la Constitution. Il représente entre 30% et 40% de l'offre au Mali, au Tchad et au Togo. En visant le taux net de scolarisation, le rapport mentionne qu'<< Il est clair qu'une plus large diffusion de l'enseignement privé est un facteur positif d'accélération des progrès eu égard à cet indicateur >> (CEA & al., 2010 : 22).

Alphabétisation de la population versus économie de la connaissance

En lien avec ce qui a été mentionné au point précédent, les Etats, face à la double injonction de la communauté internationale, sont aujourd'hui confrontés au double rattrapage de l'alphabétisation et de la connaissance (Henaff, 2006). Les quelques pourcentage repris dans le tableau ci-dessous et du rapport RDH 2010 illustrent bien l'état général dans lequel se trouve les systèmes d'éducation de l'Afrique subsaharienne et des pays à << faible développement humain » comparativement à la situation des pays de l'OCDE qui semblent performer dans les trois niveaux.

Tableau 3.10. : Déploiement de l'éducation par niveau d'éducation

 

OCDE

Pays à IDH faible

Afrique subsaharienne

Enseignement primaire Taux d'abandon scolaire pour la période 2006-2008

2,9%

40,4%

36,5%

% de la population ayant atteint au moins le niveau secondaire en 2010

73,8 %

14,3%

Non connu

Taux net d'inscription dans le secondaire pour la période 2001-2009

91,8%

30,9%

29,5%

Taux brut d'inscription dans l'enseignement supérieur pour la période 2001-2009

71,4%

6%

5,5%

(Source : Nations Unies, RDH 2010, p. 220)

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus