WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La genèse d'un projet de renouvellement urbain - le cas du bas Chantenay à  Nantes


par Philippe Lassale
IAUR (Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de Rennes) - Université Rennes 2 - Master MOUI (Maîtrise d'Ouvrage Urbaine et Immobilière) 2012
  

précédent sommaire suivant

L'exemple nantais

Il est possible que le moment soit bien choisit pour proposer une telle approche dans la ville de Nantes. En effet, la pratique des baux précaires est existante dans la ville depuis la fin des années 1980 et le réaménagement du quartier Madeleine - Champs de Mars par Nantes Métropole Aménagement. Quartier faubourien au passé industriel, artisanal et commerçant, il présentait alors les caractéristiques des espaces visés par le renouvellement urbain, en associant friches industrielles et habitat dévalorisé, à proximité directe du centre-ville. Le renouvellement des zones bordant ses quais, vidées par la désindustrialisation, s'est fait au gré des opportunités, avant que la Ville ne choisisse, en 1986, d'y implanter la Cité des Congrès et de développer un site d'immeubles tertiaires dans sa frange Est. Mais le quartier a suscité des ambitions d'initiatives individuelles qui ont contribué à inscrire cet espace urbain, de forme urbaine pittoresque et de valeur foncière attractive, dans un processus de mutation durable. Aujourd'hui en effet le quartier s'est embourgeoisé et les ateliers installés au détour d'une venelle ou au fond d'une cour se font plus rares, remplacés progressivement par des activités plus pérennes, agences d'architectures, sociétés de communication ou de graphisme.

Ces pratiques culturelles ont ainsi certainement joué un rôle dans l'implantation spontanée d'activités professionnelles dans le quartier, apportant ainsi une mixité qui n'était peut-être pas anticipée dans les objectifs de programmation affichés par l'aménageur et la ville. En outre, elles ont montré à la collectivité la capacité des artistes à composer avec des espaces bâtis en tout genre, et ont mis en avant leur effet moteur pour le développement d'un réseau artistique reconnu aujourd'hui en dehors des frontières nantaises. En effet, une telle approche a permis à la ville de prendre soin et de favoriser le développement de réseaux culturels, qui s'enrichissent en étant regroupés et en échangeant. Nantes est aujourd'hui une ville reconnue pour la créativité de son vivier d'artistes.

Et les artistes installés sur Madeleine-Champ de Mars ont du se retirer progressivement du quartier avec le phénomène de gentrification de ce dernier. De la même manière, la pratique a été reprise sur l'Ile de Nantes, laquelle connaît aujourd'hui un début d'embourgeoisement similaire. Il est donc à parier qu'il réside une demande de locaux dans la ville, à laquelle le Bas Chantenay serait en mesure de répondre d'ici quelques années, lorsque le projet aura pris sont rythme de croisière.

précédent sommaire suivant