WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Analyse des conditions de mise en marché de la production de pomme dans la province du Haouz : cas du cercle d'Asni ( Maroc)

( Télécharger le fichier original )
par Imane RABAH
Institut agronomique et vérinaire Hassan II - diplôme d'ingénieur en agronomie. Option : économie et gestion 2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2. COMMERCIALISATION

2.1 Les pratiques de vente des producteurs

2.1.1 Vente sur pied

L'enquête exploratoire et les entretiens que nous avons menés avec des acteurs locaux, nous ont très vite révélé que la vente sur pied est le mode le plus répandu de commercialisation des pommes par les producteurs de la zone. Les agents de la DPA, les collecteurs et les producteurs avec qui nous avons conduit la MARP, estiment que presque 75% des producteurs recourent à ce mode de vente. Ce qui s'inscrit en convergence avec ce

37

qui se pratique à l'échelle nationale où ce taux avoisine 85% (A. Chohin-Kuper et M.R. Doukkali, 2006).

Au niveau de l'échantillon enquêté, 55% des producteurs optent pour ce mode de vente. La différence avec les estimations susmentionnées peut être due au fait que les exploitants qui ont accepté de collaborer avec nous pour réaliser notre enquête sont, pour une grande part, parmi ceux intéressés par le projet de développement du pommier et par la problématique de la commercialisation de ce produit. De ce fait, notre échantillon s'est trouvé avec une relative surreprésentation des producteurs pratiquant le stockage et du même coup, des catégories d'exploitations de plus grande taille.

Il faut, toutefois, mentionner que les groupes avec lesquels nous avons conduit la MARP ont signalé l'existence, là aussi, d'une différence entre Asni et les autres communes de la zone d'étude. Après croisement des estimations avancées par les différents participants aux animations de focus groupes, nous avons déduit que 60 à 70% des producteurs de pommes de la commune d'Asni vendent leur production sur pied ; taux qui peut atteindre 90% dans les communes d'Ighil et de Talat N'Yacoub. Ceci peut être dû à l'éloignement et à l'enclavement dont pâtissent les douars des hautes vallées.

Plus de 90% des producteurs enquêtés vendent leur production sur pied au mois de septembre, les pommes mûrissent vers la mi-septembre. Cela leur permet de profiter d'un prix de vente plutôt satisfaisant puisque la production est quasiment prête. Tandis que d'autres producteurs, alourdis par les charges de production, choisissent de vendre au mois de juin.

De nos premiers entretiens avec des agents de la DPA, nous avons retenu l'hypothèse qui stipule que la principale cause pour laquelle beaucoup de producteurs de la zone d'étude vendent leurs pommes sur pied, est leur endettement vis-à-vis des fournisseurs d'intrants agricoles. Selon cette hypothèse, ces producteurs se trouvent contraints de vendre sur pied leur production, avant que les pommes ne soient mûres, pour pouvoir s'affranchir rapidement de leurs dettes. Un des résultats dégagés ne nous permet pas de souscrire entièrement à cette hypothèse. En effet, 77% des producteurs pratiquant la vente sur pied nous ont déclaré régler leurs achats d'intrants au comptant.

38

Concernant leur appréciation sur ce mode de vente, près de 60% des producteurs enquêtés le trouvent avantageux, contre 40% qui pensent le contraire. Les raisons avancées par ceux qui le pratiquent sont diverses. Plus de la moitié d'entre eux (55%) trouvent les frais de transport et de location des caisses très onéreux, près du tiers (32%) avancent leur manque de capacité physique. Pour ceux qui ont essayé de vendre eux-mêmes leurs pommes (13%), leurs tentatives ont été vouées à l'échec. L'encadré ci-après illustre ces cas de figure.

Encadré 4. Les raisons de la vente sur pied.

Monsieur Mohammed, un producteur de pomme à Ouirgane, âgé de 68 ans, trouve la vente sur pied non avantageuse. Mais il nous explique que pour vendre soi-même sa production, il faut être capable de surveiller les ouvriers à la récolte et de se rendre au marché très tôt, or sa santé ne lui permet plus cela. Ses deux fils vivants à Marrakech, il ne peut confier cette tâche à personne. Il se trouve donc obligé de vendre sur pied sa production même s'il n'en est pas satisfait.

Un autre producteur nous a fait part de sa « mésaventure ». D'habitude, il vend sur pied la production de son verger de 1 200 arbres, ce qui lui rapporte entre 50 000 DH et

55 000 DH. La campagne écoulée, il a essayé de vendre sa production lui-même. Pour ce faire, il a dû dépenser plus de 12 000 DH dans l'opération pour n'en tirer, en tout et pour tout, qu'une recette de 50 000 DH, soit un manque à gagner de plus de 10 000 DH par rapport à la vente sur pied. D'après ce producteur, il faut être rusé pour pouvoir vendre au marché ; il nous a raconté comment les collecteurs déploient différentes fourberies pour faire baisser les prix au détriment des producteurs.

De nombreux producteurs insatisfaits de la vente sur pied de leur production, déplorent leur manque de moyens financiers. Pour eux, la vente après stockage est très onéreuse et nécessite des charges supplémentaires à celles de production (main d'oeuvre, location des caisses, transport).

La vente sur pied n'exclut pas les grands producteurs, nous en avons relevé plusieurs cas. Le plus surprenant : Un producteur possédant plus de 10 hectares de pommier ainsi qu'une unité de conservation installée sur l'exploitation, vend sa production sur pied à environ un million de dirhams et loue à celui qui la lui achète l'unité de conditionnement.

39

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant ou l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses"   Milan Kundera