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Tourisme et développement socioéconomique des zones rurales du Burkina Faso: cas de Tiébélé (province du Nahouri )

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par Kiswendsida Marie Aimé OUEDRAOGO
Ecole nationale d'administration et de magistrature ( ENAM ) - Administrateur des services touristiques 2011
  

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Introduction générale

Le développement principalement la lutte contre la pauvreté constitue, de nos jours, l'un des défis les plus importants à l'échelle mondiale. En effet, on dénombre un milliard deux cent millions de personnes qui sont touchées par ce phénomène dans le monde1(*). C'est pourquoi dans leur déclaration du millénaire, adoptée en 2000, les Nations Unies ont cité la réduction de la pauvreté parmi les problèmes incontournables à résoudre au 21ème siècle.

Le Burkina Faso est l'un des pays au monde les plus touchés par cette pauvreté. En effet, selon les estimations de 2009, l'incidence globale de pauvreté est de 43,2% avec une incidence de 49,5% en milieu rural2(*). Par ailleurs, cette pauvreté concerne principalement les femmes et les jeunes3(*).

Afin de lutter contre ce phénomène et d'offrir aux populations burkinabè des conditions de vie meilleures, le gouvernement a élaboré plusieurs documents dont les plus récents sont l'Etude Nationale Prospective (ENP) Burkina 2025 en 2003, le Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) à partir de 2007 et la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) en 2010, qui est une forme révisée du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) adoptée en 2000.

Dans ces différents documents notamment dans l'ENP Burkina 2025 et la SCADD, le secteur des services dans lequel figure le tourisme, fut identifié comme l'un des secteurs à même de booster l'économie nationale en ce sens que ce secteur dispose d'énormes atouts et potentialités.

Mais qu'est ce qui pourrait justifier ce choix ? Quelles pourraient être les raisons qui ont conduit les pouvoirs publics à inclure le tourisme parmi les secteurs prioritaires à même de contribuer à l'émergence du Burkina Faso ?

A l'échelle mondiale, le tourisme est un secteur qui est en pleine croissance malgré un ralentissement constaté en 2008 et 2009 en raison de la crise économique, des catastrophes naturelles connues par certains pays et les troubles politiques et sociaux soufferts par d'autres. En effet, selon les données anticipées publiées par l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), les arrivées internationales de touristes ont augmenté de 7% en 2010 pour atteindre neuf cent trente cinq (935) millions avec des prévisions de croissance entre 4% et 5% en 20114(*).

Par ailleurs, les retombées socioéconomiques qu'offre ce secteur sont énormes en ce sens qu'il génère des recettes, crée des emplois et procure des revenus supplémentaires aux populations des zones visitées. Pour ce qui est des recettes générées par cette activité au niveau mondial, elles sont estimées à huit cent cinquante deux (852) milliards $US en 20095(*). Selon la même source, le tourisme représente 30% des exportations mondiales de services commerciaux et 6% des exportations totales de biens et de services6(*). Les emplois directs créés par l'activité touristique, dans le monde, étaient estimés à plus de cent seize (116) millions en 2007 par le Conseil Mondial des Voyages et du Tourisme (WTTC).

Enfin, la part de l'Afrique particulièrement de l'Afrique subsaharienne dans ces retombées socioéconomiques du tourisme ne cesse de s'accroître d'année en année. A titre illustratif, les flux touristiques en destination de l'Afrique qui représentaient 2,5% des flux mondiaux en 1985, sont passés à plus de 5% de nos jours.

A l'échelle nationale, le choix du tourisme dans le dispositif de percée économique du Burkina Faso trouve sa justification à travers les atouts et potentialités dont dispose le pays dans ce domaine. Ces potentialités sont d'abord constituées d'une kyrielle de merveilleux et très attractifs sites touristiques disséminés sur l'ensemble du territoire national en particulier en zone rurale, zone par excellence où sévit la pauvreté. En effet, l'inventaire des sites et attractions touristiques réalisé par le ministère en charge du tourisme en 2004, a permis de recenser plus de trois cent (300) sites culturels et naturels à vocation touristique sur l'ensemble du territoire national.

En outre, le Burkina Faso abrite des manifestations d'envergure internationale telles que le Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO), la Semaine Nationale de la Culture (SNC), le Salon International du Tourisme et de l'Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) etc. Toutes ces manifestations drainent périodiquement des milliers de touristes.

Il dispose aussi d'autres atouts tels que les infrastructures d'accueil et de transport modernes en pleine expansion. L'hospitalité légendaire de ses populations, sa stabilité politique et sociale et sa position géographique au coeur de l'Afrique de l'Ouest font de lui une porte d'entrée vers six (6) pays limitrophes également très attractifs sur le plan touristique.

Par ailleurs, les flux touristiques en direction du pays vont crescendo. En effet, de cent cinquante mil (150.000) touristes enregistrés en 19817(*), le Burkina Faso en a accueilli quatre cent un mil trois cent huit (401.308)8(*) en 2009.

Enfin, les retombées socioéconomiques de cette activité dans notre pays ne sont pas négligeables et peuvent être améliorées. En effet, les recettes générées par cette activité sont estimées à plus de cinquante trois (53) milliards de francs CFA en 2009 selon les données publiées par le ministère en charge du tourisme et le nombre d'emplois directs créés à quarante un mil cent cinquante cinq (41155) en 2002 selon le WTTC.

Mais pour un pays en développement comme le Burkina Faso où la pauvreté sévit toujours, surtout en milieu rural, quelle peut être la contribution du secteur touristique ? En d'autres termes, le tourisme peut-il contribuer au développement et à la lutte contre la pauvreté en milieu rural ?

Afin de proposer des éléments de réponses, nous avons porté notre choix sur Tiébélé, commune rurale située à une trentaine de kilomètres de la ville de Pô dans la province du Nahouri. Notre choix se justifie par le fait que ce département est l'une des destinations touristiques les plus prisées à l'intérieur du pays aussi bien par les visiteurs nationaux qu'étrangers à cause essentiellement du savoir-faire de sa population en matière d'architecture et d'artisanat et des paysages pittoresques qui l'entourent.

Par ailleurs, cette commune est l'une des plus touchées par le phénomène de la pauvreté en ce sens que 66,1%9(*) de la population de la région du Centre-Sud, région administrative dont relève la commune de Tiébélé, sont affectées par le phénomène de la pauvreté.

Notre thème intitulé « Tourisme et développement socioéconomique des zones rurales du Burkina Faso : cas de Tiébélé » vise donc à connaître la contribution du tourisme au développement socio-économique de ladite localité. De façon spécifique, il s'agit pour nous de :

ü montrer que l'activité touristique génère des recettes diverses au niveau local ;

ü montrer que le tourisme contribue à la création d'emplois à Tiébélé.

Pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé, l'hypothèse générale émise est que le développement des activités touristiques à Tiébélé contribue au développement économique et social de cette commune rurale10(*). De façon spécifique, nous émettons les hypothèses suivantes :

ü l'activité touristique génère des recettes diverses au niveau local ;

ü l'activité touristique crée des emplois pour les populations locales.

Pour la présente étude, nous avons exploré plusieurs sources notamment des ouvrages généraux, des ouvrages spécifiques, des textes juridiques, des mémoires, des rapports, des revues sur le tourisme, etc. Nous avons aussi consulté des sources audiovisuelles, Internet et interrogé quelques personnes ressources.

Le présent mémoire est structuré en deux (2) parties. La première partie présentera d'abord la commune rurale de Tiébélé à savoir ses milieux physique et humain et les activités socioéconomiques. Elle donnera également un aperçu de l'offre et de la demande touristique ainsi que les acteurs en présence dans ce département.

La deuxième partie mettra en exergue la contribution du tourisme au développement socioéconomique de Tiébélé, les acquis et les contraintes de cette activité ainsi que les perspectives qui s'offrent à cette localité en matière de tourisme.

* 1 Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), le tourisme et la réduction de la pauvre-recommandations pour l'action, 2004, P.7

* 2 Burkina Faso, Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) 2011-2015, rapport provisoire, septembre 2010, P.18

* 3 Burkina Faso, ibidem

* 4 http://unwto.org

* 5 http://unwto.org

* 6 Ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication (MCTC), Direction Générale du Tourisme (DGT), tableau de bord des statistiques du tourisme 2009, septembre 2010, P.8

* 7 Chambre de Commerce et d'Industrie du Burkina Faso (CCIB/BF), note sectorielle sur le tourisme au Burkina Faso, octobre 2009, P.2

* 8 MCTC, DTG, op.cit, P.8

* 9 Ministère de l'Economie et du Développement (MED), Cadre Stratégique Régional de Lutte contre la Pauvreté (CSRLP) du Centre-Sud, juin 2005, P.5

* 10 La loi N°055-2004/AN du 21 novembre 2004 portant code général des Collectivités Territoriales a fait de Tiébélé l'une des cinq communes de la province du Nahouri

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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