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Politique budgétaire en RDC: instruments, moyens et efficacité.

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par Alain NZANZU TAVULYANDANDA
Université Catholique du Graben - Licence 2015
  

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I.3.2. Les tenants de l'éviction

Les tenants de « l'effet de l'éviction » cherchent à prouver que l'extension de l'activité économique serait compensée par une diminution de l'activité économique privée. Il aurait donc éviction entre dépenses publiques et dépenses privées.26(*) Les tenants de l'éviction sont principalement des monétaristes dont la figure de proue est Milton Friedman.

La critique monétariste de la politique budgétaire s'appuie sur trois arguments : la remise en cause de la stabilité de la fonction de consommation, le financement du déficit public par émission de titres et la temporalité de l'intervention étatique.

De un, Friedman a remis en cause la fonction de consommation Keynésienne en introduisant sa théorie du revenu permanent.27(*) Il souligne que la consommation ne dépend pas du revenu courant, mais bien de la richesse, ou en première approximation, du revenu permanent (c'est-à-dire des revenus passés des ménages et l'anticipation qu'ils ont de leurs revenus à long terme). Il n'y aurait dès lors plus de relation stable entre le revenu courant de la période et la consommation de cette même période, donc plus de stabilité de la fonction de consommation, de la propension à consommer ni du multiplicateur. De ce fait, l'argumentation Keynésienne ne tient plus : à quoi servirait une politique de relance si les ménages accumulent l'excédent de revenu dans des bas de laine sous leurs matelas ? À peu de choses à part creuser le déficit ! La politique budgétaire serait donc inefficace à court terme et déstabilisante à moyen terme.

De deux, le financement des dépenses publiques par émission de titres engendrerait un effet d'éviction. Pour Friedman28(*), les dépenses gouvernementales financées par l'emprunt public ne font que remplacer un volume approximativement égal de dépenses privées (notamment l'investissement). De nombreux arguments ont été avancés pour appuyer cette thèse. Un des plus simples est celui suivant lequel l'accroissement de l'intervention de l'État accroîtrait la méfiance des investisseurs privés, modifierait leurs anticipations et diminuerait l'efficacité marginale du capital. L'investissement public supplémentaire serait ainsi contrebalancé par la diminution de l'investissement privé.

L'autre thèse porte sur l'effet de l'éviction financière.29(*) L'accroissement de l'intervention de l'État pose un problème de financement que l'on peut régler en procédant soit par l'impôt (une hausse de l'impôt diminue cependant le revenu disponible, donc la consommation des agents économiques), soit par emprunt. Dans ce dernier cas, pour que l'État incite les agents économiques à souscrire, il lui faut effectivement proposer une rémunération attractive (un taux d'intérêt élevé). L'État risque ainsi d'engendrer des tensions sur le marché financier. Cette hausse des taux d'intérêt exercera un effet négatif sur l'investissement privé. Dans ce cas, une partie des investissements privés peut se trouver évincée à cause du niveau élevé des taux d'intérêt réels.

De trois, Friedman porte un autre coup, plus violent, aux théories Keynésiennes sur l'intervention étatique en période de crise : loin d'atténuer les crises, elle ne fait que les aggraver. En effet, Milton Friedman souligne, écrit Alexis Vintray30(*), que l'action de l'État est marquée par des lags ou délais en français. Il estime ainsi entre 10 et 24 mois les délais entre le moment critique et le moment où l'État agit concrètement. Entre les deux, il y a un délai entre le moment où le problème survient et celui où les hommes de l'État en prennent conscience, puis à nouveau un délai jusqu'à la décision des mesures à prendre, et enfin un troisième avant que les effets de ces mesures se fassent sentir. Il résume ainsi cette analyse des lags de l'action publique en 1962 dans son ouvrage capital, Capitalism and Freedom: « There is likely to be a lag between the need for action and government recognition of the need; a further lag between recognition of the need for action and the taking of action; and a still further lag between the action and its effects. » Partant, les effets des plans de « relance » se font sentir quand la machine économique reprend, accentuant l'expansion de façon inconsidérée.

La critique des politiques du type Keynésienne ne s'arrête pas à Friedman et les monétaristes, les partisans de l'économie de l'offre en ont aussi fait la leur.

* 26EUZEBY, A., et HARSCHTEl, M-L., Op.cit, p 30

* 27VINTRAY, A., Milton Friedman et la critique du keynésianisme, dans Économie générale, [en ligne], [Référence du 23 novembre 2015], disponible sur http://www.contrepoints.org/2012/07/31/92049-milton-friedman-et-la-critique-du-keynesianisme

* 28 ABRAHAM-FROIS, G., Op.cit, p 503

* 29EUZEBY, A., et HARSCHTEl, M-L., op.cit, p 31

* 30VINTRAY, A., Op.cit

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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