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Le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du Nàézi (Dimbokro).

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par BAH ISAAC KOUAKOU
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY DE COCODY - DOCTORAT UNIQUE 2014
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET-BOIGNY D'ABIDJAN-COCODY

UFR : SCIENCES DE L'HOMME
ET DE LA SOCIETE (S.H.S)

INSTITUT D'ETHNO-SOCIOLOGIE (I.E.S)

THESE UNIQUE DE DOCTORAT EN SOCIOLOGIE

Option : Sociologie du développement économique et social

LE DEVELOPPEMENT LOCAL PARTICIPATIF DANS

LE CONTEXTE DE LA DECENTRALISATION

EN CÔTE D'IVOIRE : LE CAS DU CHEF-LIEU DE LA

REGION DU N'ZI (DIMBOKRO)

Présentée par : KOUAKOU Bah Isaac

Thèse soutenue publiquement le Mercredi, 17 Décembre 2014 devant le Jury composé de :

M. Alain SISSOKO Professeur Titulaire Président

M. DEDY Séri Faustin Maître de recherches Directeur de thèse

M. YORO Blé Marcel Maître de conférences Membre

M. SOKO Constant Maître de conférences Membre

M. NASSA Dabié Désiré Axel Maître de conférences Membre

1

Année Académique : 2013-2014

2

SOMMAIRE

Pages

DEDICACE 3

REMERCIEMENTS 4

ACRONYMES ET ABREVIATIONS 7

LISTE DES TABLEAUX 9

LISTE DES CARTES 11

LISTE DES PHOTOS 12

INTRODUCTION 13

Première partie : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE 17

Chapitre I-CADRE THEORIQUE 18

Chapitre II-CADRE METHODOLOGIQUE 78

Deuxième partie : PRESENTATION DU TERRAIN ET DE L'OBJET

D'INVESTIGATION 103

Chapitre III : TERRAIN D'INVESTIGATION : le département de Dimbokro 109

Chapitre IV : OBJET D'INVESTIGATION: Conseil Général de Dimbokro 120

Troisième partie : ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNEES 158

Chapitre V : PROFIL SOCIOLOGIQUE DES ENQUETES ET

CONNAISSANCES DIVERSES 159
Chapitre VI : POLITIQUE ET MATERIALISATION DES PROJETS

DE DEVELOPPEMENT 170
Chapitre VII: PARTICIPATION DE LA POPULATION DE DIMBOKRO

AU DEVELOPPEMENT LOCAL 202

Chapitre VIII: OBSTACLES A LA PARTICIPATION AU DEVELOPPEMENT. 231

Chapitre IX : STRATEGIES ET PERSPECTIVES POUR L'AMELIORATION

DU DEVELOPPEMENT LOCAL 242

CONCLUSION 275

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE 282

WEBOGRAPHIE 305

ANNEXES 306

TABLE DES MATIERES 344

3

DEDICACE

A mes parents,

Sources inépuisables d'amour et de tendresse, vous m'avez inculqué la passion du savoir. Vous avez toujours éclairé ma vie par des conseils et votre vertu. Aucune dédicace ne saurait exprimer mon amour, mon affection, mon estime et ma profonde considération à votre endroit.

Cette dédicace revient donc à ma famille; famille KOUAME, qui malgré les difficultés m'a apporté réconfort, soutien financier et matériel, et surtout de l'affection.

A toi, chère Maman, KROGOSSI Affoué Elisabeth

A la mémoire de mon Papa, KOUAME Kouakou.

En vous dédiant cette thèse, je veux renouveler ma gratitude envers vous.

Merci beaucoup.

KOUAKOU Bah Isaac

4

REMERCIEMENTS

Toute entreprise humaine est le fruit d'un ensemble d'apports et de rapports sociaux. En effet, ce travail de recherche a pu aller à son terme grâce au soutien de quelques personnes que nous voulons humblement remercier.

Nous tenons à remercier le Professeur Séri DEDY qui, en acceptant la direction de ce travail nous a accordé une partie de son temps, en nous donnant des directives et orientations pour le mener à bien.

Nous exprimons notre sincère gratitude aux professeurs qui ont instruit cette thèse. Il s'agit des professeurs Alain SISSOKO, Guéhi Jonas IBO, Constant SOKO, Blé Marcel YORO et Dabié Désiré Axel NASSA.

En effet, leurs critiques et suggestions nous ont permis d'apporter des corrections importantes à ce travail.

Chers professeurs, merci beaucoup pour votre contribution majeure à la construction de cette thèse.

Nos remerciements vont aussi à l'endroit du Professeur Roch Yao GNABELI, des docteurs Tizié Emmanuel GALA BI et Kévin DAYORO et de bien d'autres docteurs pour leurs conseils et orientations.

Aussi tenons-nous à remercier le Président du Conseil Général de Dimbokro, Monsieur Paul David Kouakou Gabriel N'ZI qui, a accepté que nous fassions notre étude au sein de la structure qu'il dirigeait. A sa suite, nous remercions tout le personnel de ce Conseil Général, et particulièrement Monsieur, Martin N'GUESSAN, le Directeur du Développement Humain et son assistante, mademoiselle Blandine ATTOUNGBRE qui nous ont facilité l'administration du questionnaire et des guides d'entretien.

Notre gratitude également à Monsieur le Maire de la commune de Dimbokro, à monsieur le chef de zone de l'ANADER et ses collaborateurs.

5

Que le personnel du centre d'alphabétisation Saint Joseph de Dimbokro, les Présidents ou Présidentes d'associations et mutuelles de développement et tous les Chefs et Présidents des jeunes des villages visités ainsi que la population du département de Dimbokro trouvent en ces pages nos sincères remerciements pour leur collaboration pendant le recueil des informations utiles pour ce travail. Ils ont en effet fait preuve de compréhension et de disponibilité.

Ces remerciements s'adressent aussi à la famille KOUAME, dont nous sommes membre, pour son soutien financier, moral et spirituel. Nous pensons également à notre grand frère Kouamé Esaï KOUAME pour son soutien dans notre cursus scolaire et universitaire.

Un regard à l'endroit de Monsieur Yao Paul KOUADIO et à toute sa famille, qui en m'adoptant ont participé à ma formation scolaire et universitaire.

Au grand frère, Kouakou Mathieu N'DOLI, toute notre reconnaissance pour tout le soutien qu'il nous a apporté depuis notre rencontre.

Nous ne pourrons pas oublier Monsieur Kouamé Gérard KOUASSI qui nous a été d'un grand apport pendant nos recherches Dimbokro.

A nos bien-aimés frères et amis (Lambert KOFFI, Fidel KOUA, Syriac KONAN, Lévys YAO, Benjamin N'DRI, Docteur Amani KOUAME, Yao Armand N'DA, Docteur Albert YAO, Clément KOUADIO, Alphonse KOUAME, Docteur Eunide KONAN, Joël KOUAME), et aux Pasteurs Hyacinthe KOMENAN, Koffi François KOUASSI, Jonas KOFFI, Noël N'GUESSAN, Barnabas KOUASSI toute notre considération pour leur apport considérable.

Nous témoignons également une reconnaissance spéciale à l'endroit de l'Evangéliste Edmond KOUADIO et ma bien-aimée Aya Céline KRAMO pour leur soutien spirituel, moral et financier.

6

Aux membres de l'Eglise Protestante Evangélique CMA de Williamsville en général et aux choristes de Betsaleel en particulier, nous exprimons notre gratitude.

Que tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué à la réalisation de ce travail, trouvent en ces mots l'expression de notre sincère reconnaissance.

7

ACRONYMES ET ABREVIATIONS

ADCVI Association pour le Développement des Cultures Vivrières

Intensives

ADDCI Assemblée des Districts et Départements de Côte d'Ivoire

AGEFOP Agence Nationale de la Formation Professionnelle

AGEPE Agence d'Etudes et de Promotion de l'Emploi

ANADER Agence Nationale d'Appui au Développement Rural

APAD Association euro-africaine Pour l'Anthropologie du changement

social et du Développement

BM Banque Mondiale

CAFIC & CO Cabinet Africain de Formation d'Ingénierie Conseil et Commerce

CECD Caisse d'Epargne et de Crédit de Dimbokro

CEDEAO Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest

CEI Communauté des Etats Indépendants

CEMAC Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale

CHR Centre Hospitalier Régional

CONINTEA Conférence Internationale sur l'Education des Adultes

COOPEC Coopérative d'Epargne et de Crédit

CRDI Centre de Recherches pour le Développement International

DCD Direction de la Coopération Décentralisée

DCPPA Direction de la Coordination des Projets et des Programmes

d'Appui

DDL Direction du Développement Local

DGI Direction Générale des Impôts

DGTCP Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique

DPCT Direction du Personnel des Collectivités Territoriales

DREN Direction Régionale de l'Education Nationale

DSDI Direction des Statistiques, de la Documentation et de l'Information

DSRP Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté

DTA Direction de la Tutelle Administrative

DTEF Direction de la Tutelle Economique et Financière

ECVM Enquête sur le Niveau de Vie des Ménages

ERNWACA Educational Research Network for West and Central Africa

FAO Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

FDFP Fonds de Développement de la Formation Professionnelle

8

FIAU Fonds d'Investissement et d'Aménagement Urbain

FMI Fonds Monétaire International

FNS Fonds National de Solidarité

FNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population

FRAR Fonds Régionaux d'Aménagement Rural

HVA Hydraulique Villageoise Améliorée

IBW Institutions de Brettons Woods

IEP Inspection de l'Enseignement Primaire

INHP Institut National d'Hygiène Publique

INS Institut National de la Statistique

OMC Organisation Mondiale du Commerce

ONG Organisation Non Gouvernementale

PACEA Projet pilote d'Appui de Création d'Exploitations Agricoles

PAS Programme d'Ajustement Structurel

PIB Produit Intérieur Brut

PMA Pays les Moins Avancés

PMI Protection Maternelle et Infantile

PNB Produit National Brut

PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement

PPTE Pays Pauvres Très Endettés

PSDL Plan Stratégique de Développement Local

RGPH Recensement Général de la Population et de l'Habitat

ROCARE Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education

SODECI Société de Distribution de l'Eau en Côte d'Ivoire

SPL Systèmes Productifs Locaux

SSSU Service de Santé Scolaire et Universitaire

TIG Travaux d'Intérêt Général

UEMOA Union Economique Monétaire Ouest Africaine

UJCODI Union des Jeunes de la Commune de Dimbokro

UNICEF Organisation des Nations Unies pour l'Enfance

UTEXI Union industrielle Textile Ivoirienne

UVICOCI Union des Villes et Communes de Côte d'Ivoire

9

LISTE DES TABLEAUX

Pages

Tableau 01 Participation selon Albert MEISTER 54

Tableau 02 Participation selon Silvain FORTIN 55

Tableau 03 Opérationnalisation du concept de concept

développement local 57

Tableau 04 Opérationnalisation du concept de rapports sociaux 58

Tableau 05 Opérationnalisation du concept de participation 59

Tableau 06 Répartition de l'échantillon de la population locale 97

Tableau 07 Répartition de l'échantillon au niveau des structures

décentralisées et des partenaires au développement 99

Tableau 08 Productions en tonnes du café et cacao de 1999 à 2003 113

Tableau 09 Ratios du District sanitaire de Dimbokro de l'année

2009 117
Tableau 10 Budgets du Conseil Général de Dimbokro de 2004 à

2009 143

Tableau 11 Répartition des enquêtés selon le sexe et l'âge 159

Tableau 12 Répartition des enquêtés selon le niveau d'instruction 161

Tableau 13 Répartition des enquêtés selon la profession 163

Tableau 14 Répartition des enquêtés selon leur connaissance du

développement local 165
Tableau 15 Répartition des enquêtés selon leur définition du rôle

d'une structure décentralisée 167
Tableau 16 Répartition des enquêtés selon leur appréciation des

actions de développement entreprises 188

Tableau 17 Attentes des enquêtés en matière de développement 190

10

Tableau 18 Répartition des enquêtés selon les besoins sanitaires

exprimés 196
Tableau 19 Stratégies de participation de la population au

développement selon les enquêtés 202
Tableau 20 Participation de la population aux prises de décisions

selon les enquêtés 204

Tableau 21 Participation des populations aux projets de

développement selon André DUMAS 209
Tableau 22 Les entités représentant la population lors des prises de

décisions concernant le développement 211

Tableau 23 Canaux de communication utilisés 214

Tableau 24 Emissions de la radio « La voix du N'Zi » 217

Tableau 25 Canaux de communication souhaités par les enquêtés 218

Tableau 26 Types de relations existant entre la population et la

structure décentralisée 224

Tableau 27 Types de relations souhaités par les enquêtés 226

Tableau 28 Raisons limitant la participation de la population aux différentes phases de réalisation des projets de

développement 235
Tableau 29 Propositions pour accroître la participation de la

population au développement 244

11

LISTE DES CARTES

Pages

Carte 01 Localisation de département d'enquête 105

Carte 02 Département de Dimbokro 106

Carte 03 Relief et cours d'eau de Dimbokro 107

Carte 04 Végétation de Dimbokro 108

12

LISTE DES PHOTOS

Pages

Photo 01 Siège du Conseil Général de Dimbokro 179

Photo 02 Voie d'accès au village de Wawrenou 180

Photo 03 Centre de santé de Langba 182

Photo 04 Foyer du Lycée moderne de Dimbokro 183

13

INTRODUCTION

Le développement économique et social a toujours constitué un défi à relever par toutes les nations du tiers monde et en particulier par celles du continent africain.

Cela nécessite l'amorce d'un changement de perception sociale, intégrant les besoins, les intérêts stratégiques et les préoccupations des femmes et des hommes de toutes catégories socio-professionnelles sans discrimination.

En Côte d'Ivoire, les actions engagées par le gouvernement au lendemain des indépendances ne semblent pas avoir des effets escomptés permettant de réduire la précarité des conditions de vie des populations dans certaines régions du pays en général et dans des zones rurales en particulier.

Les limites des politiques publiques semblent être liées à la faible utilisation des approches participatives dans les différents programmes, à l'insuffisance de ciblage des catégories et des régions. L'Etat ivoirien à la recherche d'un mieux-être de sa population, va construire et reconstruire ces rapports avec la population à travers la politique de décentralisation.

La politique de décentralisation en Côte d'Ivoire rentre dans le cadre global du désengagement de l'Etat de la gestion courante du quotidien impulsée par les bailleurs de fonds. Le bilan de la décentralisation territoriale de la Côte d'Ivoire est plus que positif en considération du nombre de localités couvertes, aux emplois offerts et à l'intérêt suscité de la part des dirigeants locaux.

Mais au-delà, il se pose le problème de survie de ces collectivités du fait d'un morcellement excessif du territoire, de leur dépendance vis-à-vis de l'Etat, de la faiblesse de l'implication des populations.

14

Ainsi d'une politique de décentralisation basée sur la départementalisation et la communalisation, l'on aboutit à une politique axée principalement sur la régionalisation et la communalisation1.

Cette structuration a pour objectif de transférer aux collectivités territoriales des moyens nécessaires, des compétences étendues, notamment en matière d'urbanisme, de maîtrise du sol, d'enseignement, de santé publique et d'aménagement du cadre de vie.

Tout ceci pour apporter des réponses aux besoins des populations.

Les différentes modifications des rapports de l'Etat avec la population ont attiré notre attention.

L'objectif général de l'étude est de déterminer les mécanismes de construction des rapports sociaux autour de la participation de la population de Dimbokro à son développement.

Ainsi le thème de l'étude est intitulé: le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du N'ZI (Dimbokro).

La recherche sur ce thème s'est faite autour de trois parties.

Dans la première partie, nous avons évoqué le cadre théorique et méthodologique. Deux chapitres ont constitué cette première partie.

Le chapitre premier « cadre théorique» nous a permis de construire l'objet d'étude, d'élaborer le modèle d'analyse et de préciser le cadre opératoire et la référence théorique.

Le second chapitre, « cadre méthodologique », a précisé les démarches méthodologiques qui ont présidé à la collecte des données destinées à tester les hypothèses et à répondre aux questions de recherche.

1Quotidien Nord-Sud, N° 1876 du Jeudi 28 Septembre 2011, Page 04.

15

Dans la deuxième partie, il a été question de la présentation du terrain d'étude et de l'objet d'investigation. Cette présentation s'est faite en deux chapitres.

Le chapitre trois a donné un aperçu du terrain d'investigation, c'est-à-dire le département de Dimbokro.

Le chapitre quatre a, quant à lui, parlé du Conseil Général de Dimbokro en tant qu'objet d'investigation et de la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL).

Enfin, la troisième partie a été réservée à l'analyse et à l'interprétation des données de l'enquête. Cette analyse s'est faite en quatre chapitres.

Le chapitre cinq a consisté à faire l'analyse du profil sociologique des enquêtés, à savoir le sexe et l'âge, le niveau d'instruction et la profession ainsi que leur connaissance du développement local et du rôle d'une structure décentralisée.

Le chapitre six, a dégagé dans une analyse constructive la politique et la matérialisation des projets de développement dans le département de Dimbokro.

Au chapitre sept, il a été question de la participation de la population de Dimbokro à son développement. Ce chapitre a mis en exergue les mécanismes de participation de la population de Dimbokro à la gestion de sa localité. Les éventuels obstacles à la participation de la population de Dimbokro à son développement ont été relevés au chapitre huit.

Enfin, le chapitre neuf a fait l'exposé de quelques stratégies et perspectives d'amélioration de la décentralisation pour le développement local.

De par ces différentes articulations de l'étude, la première partie, à savoir le cadre théorique et méthodologique a été abordé.

Dans un premier lieu, cette partie a mis en lumière les axes théoriques de l'étude.

16

Il s'agissait de la construction de l'objet d'étude, de l'élaboration du modèle d'analyse et de la précision du cadre opératoire et de la référence théorique. Dans un deuxième lieu, il a été question du cadre méthodologique qui renferme les méthodes d'analyse des données et les techniques d'investigation.

CADRE THEORIQUE

ET METHODOLOGIQUE

PREMIERE PARTIE

17

18

Chapitre I-CADRE THEORIQUE

I.1- Construction de l'objet d'étude

I.1.1- Justification et intérêt du thème

Si l'on admet que la société est une totalité qui repose sur les relations entre les individus qui la constituent, qui lui donnent cette unité et lui maintiennent son identité, force est de constater que par la participation de tous au développement, des changements pourront s'opérer au sein de l'ensemble pour donner lieu à l'amélioration des conditions de vie.

Aussi, la participation populaire articulée au développement local nous semble constituer un objet d'étude pertinent pour des raisons fondamentales.

Pour une analyse de la situation, nous nous sommes intéressé au département de Dimbokro.

La raison de ce choix est d'ordre personnel. En effet, le département de Dimbokro faisait partie de l'ancienne boucle du café-cacao. Mais, à cause de l'appauvrissement du sol et de la baisse de la pluviométrie dans cette localité, les populations se sont massivement déplacées vers les zones encore propices à la culture du binôme café-cacao (Corinne BENVENISTE, 1974 : 205). Et cela a eu pour conséquence le déplacement de la force de travail.

Par ailleurs, l'UTEXI qui constituait une des principales sources de revenus de la population du département de Dimbokro a été fermée depuis 2002. Cette région a donc besoin d'un redémarrage économique en se basant sur la participation des populations prônée par la politique de décentralisation. Il est donc important de savoir comment les populations dudit département sont impliquées et se prennent-elles pour participer à leur développement. Et aussi analyser les rapports sociaux qui se construisent autour de la décentralisation à Dimbokro.

19

La deuxième raison est d'ordre social et liée à l'importance de la participation des populations au développement local et aux rapports sociaux que cela implique.

Notre étude, sur la base d'une analyse de la participation des populations à leur développement, contribuera à proposer des modalités d'amélioration de la décentralisation pour le développement local.

La troisième raison est d'ordre pratique. Avant la présente étude, la participation de la population au développement local, malgré l'encouragement des institutions de Bretton Woods, était, en 2008 de 25% en Côte d'Ivoire (Brou Emile KOFFI, 2009 : 98).

De plus, la réalité sur le terrain indique que les populations ne sont pas encore véritablement impliquées dans leur développement.

Par conséquent, cette recherche se présente comme une contribution aux mécanismes de participation des populations au développement local dans le contexte de la décentralisation.

La quatrième raison est, quant à elle, d'ordre scientifique.

En effet, cette étude intervient dans le vaste champ du développement socio-économique dans le cadre de la décentralisation et surtout de la participation des populations à leur développement comme prônée par les institutions internationales (BM, FMI).

En somme, ce travail de recherche est un effort d'analyse scientifique sur la politique de décentralisation en Côte d'Ivoire et de son impact sur les populations.

Cette politique de développement comme le souligne Nach Charles MBACK « est censée instaurer la démocratie au niveau local et impulser le développement économique depuis la base en permettant aux populations de se prendre en charge »2.

2 Nach Charles MBACK (2003), Démocratisation et décentralisation : genèse et dynamiques comparés des processus de décentralisation en Afrique Subsaharienne, Paris, Karthala et PDM, page 483.

20

Les résultats de cette étude pourraient permettre de comprendre la nécessité de la participation de la population au développement local.

Aussi, ils révèleront les rapports sociaux qui se construisent autour de la participation des populations au développement.

En vue d'une meilleure clarification du sujet, les concepts clés qui le composent ont été définis.

I.1.2-Approche conceptuelle

Cette approche conceptuelle a consisté à la définition des concepts majeurs du sujet de recherche. Les concepts de développement local participatif et de décentralisation ont été explicités.

I.1.2.1-Développement local participatif

Le développement local est « un cadre d'action politique et programmatique où convergent, dans une aire régionale cohérente, des stratégies de développement rural s'adressant principalement aux communautés rurales, des stratégies de promotion de l'urbanisation intermédiaire et de diversification des emplois offerts aux ruraux, enfin des stratégies de gestion des ressources naturelles »3. Il s'agit d'un développement qui a une base territoriale et une pluralité d'actions (Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB, 2002 : 37 à 40).

La notion de développement local se fonde sur la notion de participation, de partenariat et de contractualisation. Il se repose sur une responsabilisation des communautés rurales en matière de gestion du développement locale (Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB, 2002 : 40).

Le développement local, ainsi défini, fait face à trois principaux enjeux.

3Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), Développement local et communautés rurales: approches et instruments pour une dynamique de concertation, Paris, Karthala, page 15.

21

Il s'agit premièrement de répondre aux besoins des populations qui ont dorénavant une position active et responsable. Deuxièmement, le développement consiste à assurer un développement économique et social à l'échelle du territoire et enfin à inscrire la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités dans des actions de proximité.

« Le développement local se rapporte au diverses initiatives mises en avant, dans un cadre d'action partenariale, par les acteurs intéressés à l'amélioration des conditions de vie dans leur environnement immédiat » (André JOYAL, 2002).

Abordant dans le même sens que ces auteurs, nous avons retenu, dans le cadre de cette étude, que le développement local participatif est un développement basé sur les ressources localement disponibles et impliquant les populations à leur développement.

I.1.2.2-Décentralisation

Abdoulaye NIANG a défini la décentralisation comme « un processus par lequel l'Etat central transfère aux collectivités locales des compétences qui lui étaient anciennement dévolues et dont la visée est de permettre une gestion plus performante des ressources »4.

Ici, la décentralisation se présente sous deux aspects fondamentaux.

Il s'agit d'abord d'une rupture par rapport à un ordre ancien, caractérisé par une centralisation dans l'exercice des compétences.

Ensuite, la décentralisation est chevillée à des objectifs précis, à savoir l'efficacité et la performance dans la gestion des ressources locales.

Toutefois, nous pensons que la décentralisation représente beaucoup plus qu'un transfert de compétences de l'Etat central vers les collectivités locales.

4 Abdoulaye NIANG (Janvier1999), «La société civile, une réalité sociale en question» in Revue de Sociologie, n°2-3, page 71.

22

Mieux, elle doit permettre aux populations d'obtenir des pouvoirs de décision et de jeter les bases institutionnelles à la promotion du développement local.

La décentralisation permet à la fois de mobiliser les énergies de créativité locale et de canaliser les capacités d'ajustement accéléré des communautés tout en accroissant la participation active du plus grand nombre de citoyens (Gilles PAQUET et alii, 2006 : 6).

La décentralisation est le cadre institutionnel du développement local. Elle offre à la mobilisation des acteurs, le territoire idéal pour l'éclosion des initiatives locales et les conditions favorables au succès de leur accompagnement par les autorités de proximité (Omer THOMAS, 2013 :128).

Les définitions de la décentralisation de Gilles PAQUET et d'Omer THOMAS répondent mieux à notre objectif dans la mesure où elles mettent l'accent sur la mobilisation des ressources locales.

Après la clarification des concepts clés du sujet de recherche, la construction d'une revue critique de la littérature s'est avérée nécessaire.

I.1.3-Revue critique de la littérature

Cette revue de la littérature a été construite autour de l'intégration des groupes cibles à leur développement et au renforcement de la participation au développement local.

Elle a insisté également sur les perspectives théoriques à partir desquelles les auteurs ont axé leur réflexion.

I.1.3.1-Intégration des groupes cibles au développement

Jean-Pierre COT (1986)5, dans une perspective culturaliste, souligne que l'aide au développement doit se renouveler dans la dimension culturelle pour prendre en compte les nouveaux défis. C'est pour cela qu'il propose un développement culturel endogène qui prend appui sur les communautés de

5Jean Pierre COT (1986), « le développement est d'abord affaire de culture » in A l'épreuve du pouvoir: le tiers monde pour quoi faire ?, Paris, Seuil, pp. 171-184.

23

base existantes ; villages, quartiers, regroupements ethniques.

Car, selon lui, ce sont les structures d'autorité existantes qui peuvent mieux intégrer les techniques nécessaires et en assurer la diffusion.

Dans une analyse historique, Eckhard BREITINGER et ses compaires (1994)6 soulignent que l'ancienne politique de développement politique qui s'était efforcée pendant des années d'implanter la culture matérialiste et technologique du Nord dans les pays du Sud, sans tenir compte de l'environnement socio-culturel des pays concernés n'a pas pu apporter le développement escompté aux pays du Sud. Celle-ci était caractérisée par un « contrôle à distance» à tous les niveaux. Toutes les étapes nécessaires à la conduite des projets de développement étaient coordonnées par les donateurs du Nord. Cette politique s'est donc avérée inefficace car les communautés cibles étaient presque toujours réduites à l'état des « bénéficiaires récipiendaires » dominés par les donateurs.

Selon eux, la nouvelle politique du développement veille à ce que des « technologies et méthodologies appropriées» soient utilisées.

Il s'agit désormais d'intégrer le patrimoine culturel local en diminuant les influences culturelles étrangères.

Dans une analyse interactionniste, Jean-Pierre OLIVIER DE SARDAN, (1995)7, s'appuyant sur la socio-anthropologique, souligne que les pays d'Afrique ont connu des années de « développement» depuis 1960, année de leur indépendance. Cependant, les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances et le mot « développement» a besoin lui-même d'approches fondées sur l'analyse et le doute. Pour lui, la perspective socio-anthropologie du développement aide à décrire et comprendre les relations multiples qui existent entre les institutions de développement (publiques ou privées) et les

6 Eckhard BREITINGER et alii (1994), Le théâtre au service du développement, TZ, Verlagsgesellschaft, Rossdorf, 40 pages.

7Jean-Pierre OLIVIER DE SARDAN (1995), Anthropologie et développement: essai en socio-anthropologie du changement social, Paris, APAD-Karthala, 221Pages.

24

populations locales auxquelles elles s'adressent. Ainsi, le développement est considéré comme une forme particulière de changement social impulsé auprès de « groupes cibles» eux-mêmes divers et évoluant selon des dynamiques propres.

Pour l'auteur, la socio-anthropologie du développement contribue à l'amélioration de la qualité des services que les institutions de développement proposent aux populations, en permettant une meilleure prise en compte des dynamiques sociales.

Cette intégration serait possible lorsque les populations ou les groupes à développer seront les acteurs de leur développement.

I.1.3.2-Affirmation des groupes concernés

Boukhalfa KHERDJEMIL (1998)8, dans son analyse souligne que la compréhension des modalités de la mondialisation ne peut faire l'économie du rôle prépondérant joué par les ressources immatérielles dans la structuration des territoires. Face à la dynamique externe de la mondialisation, les territoires vont engager un processus d'émancipation de leur passivité et affirmer leur volonté d'être des acteurs. Ce sont précisément les singularités de leurs trajectoires historiques qui vont leur permettre de trouver les voies appropriées pour sortir de leur statut de réceptacle passif.

Certains vont puiser, dans leurs propres creusets socio-culturels, les ressorts idoines leur permettant le passage d'une économie vassalisée à une économie créatrice. D'autres devront assurer, en amont, grâce à l'institution-Etat, leur assise en termes de ressources spécifiques pour être dans la course de la compétition.

L'auteur tente ainsi d'élucider, le lien complexe qui se tisse entre le global et le local afin de mieux comprendre les processus de réhabilitation des territoires.

8Boukhalfa KHERDJEMIL (1998), La mondialisation et dynamique des territoires, Paris, L'Harmattan, 218 pages.

25

Michel CARNEA (1999)9 quant à lui, souligne que la formulation des politiques et projets de développement doit, avant tout, être centrée sur les acteurs sociaux. Ceux-ci doivent occuper une place encore centrale que la technologie ou les ressources naturelles. Il est donc essentiel, pour gérer le développement, de pouvoir disposer des connaissances sociologiques sur les structures sociales, les modèles culturels, les valeurs, le potentiel et les besoins des populations. Pour lui, il faut progressivement abandonner les modèles occidentaux ethnocentriques du développement pour une réorientation vers des projets de développement tournés vers les acteurs locaux. Sa réflexion envisage l'intégration de la dimension humaine dans les composantes techniques et les projets de développement.

Pierre TEISSERENC (2000)10 évoque la mise en cause de la verticalité de l'organisation administrative par une approche globale du territoire et de ses populations. Il en résulte, dans le cadre de la réalisation de politiques de développement, l'émergence d'un nouveau mode d'organisation qui permet aux décideurs locaux et à leurs partenaires de se mobiliser autour des projets de développement.

Pour lui, les politiques de développement local doivent s'attacher à identifier les acteurs et les actions concernées par la mise en oeuvre de ces politiques. Elles doivent viser à comprendre les dynamiques sociales et institutionnelles et à rendre compte des enjeux identitaires auxquels sont confrontés les territoires et leurs populations impliquées dans de tels processus de transformation.

Ainsi, la mise en oeuvre de ces politiques territoriales de développement correspond à une forme particulière de gestion de l'action collective au niveau local.

9Michel CARNEA(1999), La dimension humaine dans les projets de développement: les variables sociologiques et culturelles, Paris, Karthala, 591 pages.

10Pierre TEISSERENC (2000), Les politiques de développement local : approche sociologique, Paris,

Economica, 2ème édition, 224 pages.

L'efficacité d'une telle approche repose sur des capacités locales d'élaboration de diagnostic et de projet, de négociation et de contractualisation d'actions. L'analyse de ces politiques permet de définir les conditions de réussite des actions engagées.

Pour Célestin MAYOUKOU (2003)11, la gouvernance du développement local part du principe qu'il serait possible d'agir au niveau local sans s'en remettre à l'autorité de l'Etat. Le rôle de l'Etat ne consiste plus à intervenir directement, mais à innover dans les techniques et outils à utiliser pour orienter et guider l'action collective.

Pour l'auteur, les autorités, au niveau local, doivent identifier et offrir de nouvelles possibilités, favoriser et créer des partenariats et jouer un rôle protecteur à l'égard de l'environnement local.

Dans cette nouvelle approche, conclut-il, l'Etat, a besoin de nouvelles formes de régulation telle que la décentralisation qui donne droit aux acteurs locaux de s'impliquer dans leur développement.

Au total, la croissance de la participation des populations à leur développement est liée à une meilleure structuration de leur rapport au développement. C'est ce que tente d'élucider les auteurs ci-après.

26

11Célestin MAYOUKOU (2003), Gouvernance du développement local, Paris, L'Harmattan, 244 pages.

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I.1.3.3-Renforcement du développement local

Dans une démarche qui associe les dynamiques entrepreneuriales et sociales, Bernard PECQUEUR (2000)12 a développé une approche qui conçoit le développement local dans la relation entre sphère productive et sphère sociale.

Son approche du développement local privilégie l'appréhension des mutations de l'espace dans lequel les tissus industriels évoluent.

Il associe le développement local au « dialogue» entre des entreprises et des territoires et à l'ouverture à leur environnement non marchand.

Ainsi, la formation de systèmes productifs locaux est étroitement liée à la synergie des acteurs locaux.

PECQUEUR s'intéresse ainsi au dialogue et aux rapports entre agents économiques en quête d'autonomie et tente de concevoir le développement local comme une valorisation de ressources autre que celles relevant des rapports marchands.

Il porte une attention particulière aux échanges qui ont lieu hors du marché mais qui lui sont bénéfiques.

Pour lui, le processus de développement découle de trois conditions, à savoir l'innovation, la capacité à s'adapter et la capacité à réguler.

Il s'inscrit ainsi dans une logique qui donne une place prépondérante au réseau et aux relations humaines hors du marché pour l'agencement du développement local. Ces réseaux restent liés aux activités de production et se centralisent autour des acteurs économiques.

12Bernard PECQUEUR (2000), Le développement local. Pour une économie des territoires, 2ème édition, Paris, La Découverte & Syros, 132 pages.

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En affirmant qu'il n'y a pas de modèle de développement local transposable, PECQUEUR insiste sur l'intérêt de la construction des Systèmes Productifs Locaux (SPL) qui ont en commun la valorisation des stratégies des acteurs locaux, la solidarité spatiale des acteurs et le dialogue entre entreprises et territoires.

Mamadou KOULIBALY (2001)13 et ses compaires, mentionnent dans leur analyse que toutes les composantes de la population doivent être à la fois acteurs et bénéficiaires des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement.

En effet, les solutions durables dans ce domaine sont conditionnées par l'appropriation des mécanismes par les populations cibles.

Selon eux, faire face à la pauvreté, c'est investir dans la recherche, l'expérimentation, le suivi et l'évaluation, en privilégiant à chaque étape une approche intégrée.

Sandra GRANZOW (2002)14, sur la base de témoignages à travers les actions de la Banque Mondiale tant au niveau urbain que rural, souligne qu'il y a progrès social lorsque les communautés deviennent les agents de leur développement.

Celles-ci étant maîtresses de décision et bénéficiant d'affectation des ressources, savent rehausser la transparence et l'équité.

Selon lui, l'on doit compter sur les capacités des populations dans l'amélioration de leurs conditions de vie.

Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002)15 , présentent une conception récente du développement local en ce sens qu'ils intègrent les thèmes du défi écologique, de la lutte contre la pauvreté, de la croissance démographique, de la création d'emplois, de l'urbanisation, de la décentralisation entre autre et de l'exigence de la durabilité.

13 Mamadou KOULIBALY et alii (2001), La pauvreté en Afrique de l'Ouest, Paris-Dakar, Karthala-Codesria, 160 pages.

14 Sandra GRANZOW (2002), L'espoir d'un monde sans pauvreté, Washington, Meatows Press, 206 pages.

15Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), Développement local et communautés rurales. Approches et instruments pour une dynamique de concertation, Paris, Karthala, 366 pages.

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Pour eux, l'idée de l'éco-développement lancée en 1992 au Sommet de Rio de Janeiro au Brésil stipule une forme de développement à la base qui sache prendre en compte à la fois les impératifs de l'économie et les contraintes d'une gestion durable et efficace des ressources naturelles.

Ils montrent ainsi que l'option participative constitue un autre point d'appui des nouvelles politiques en matière de développement.

En effet, le développement local suppose pour eux une responsabilisation des communautés rurales en matière de programmation, de gestion, d'exécution et de suivi des programmes d'action.

Francis AKINDES (2003)16, pour sa part, questionne la problématique de la participation dans les politiques de décentralisation introduites en Afrique des années 1980.

L'auteur souligne par ailleurs que l'approche participative est envisagée en milieu urbain comme modalité d'ingénierie sociale et politique.

Francis AKINDES s'interroge sur les notions de société civile, de démocratie participative dans le contexte africain en général et ivoirien en particulier.

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, la décentralisation est approchée en termes de participation des citoyens au développement local.

La décentralisation se veut un acte instituant la démocratie locale mais elle, ou mieux cette participation est parfois détournée de ses objectifs.

Elle est à la fois détournée pour leurs propres intérêts par les élus locaux et elle est mal comprise par les citoyens.

Ainsi, la pratique de la décentralisation bute-t-elle sur la modernité du projet politique et les habitudes de gestion.

La décentralisation reste une projection de normes dans un contexte socioculturel qui n'est pas encore appropriée par les citoyens locaux.

16Francis AKINDES, « société civile et participation au développement local en Côte d'Ivoire : des concepts à la réalité» in Célestin MAYOUKOU (2003), Gouvernance du développement local, Paris, L'Harmattan, pp. 113-139.

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Pour l'auteur, il faut aller au-delà des mécanismes actuels sur lesquels repose la décentralisation. Autrement dit, le mouvement associatif, doit promouvoir un esprit citoyen par la formation des élus sur le management des ressources humaines.

Paul KOFFI (2008)17, pour sa part, fait une analyse des possibilités de la Côte d'Ivoire à relever le défi du développement économique et social. Selon l'auteur, pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de s'appuyer sur une stratégie axée sur quatre (04) piliers.

Il s'agit d'instaurer d'abord un véritable état de droit, bien organisé et une économie efficacement régulée.

Ceci doit s'accompagner de la promotion et la valorisation des ressources humaines, des talents et des savoir-faire.

En outre, le développement des infrastructures doit être une réalité.

Ce qui va renforcer la compétitivité et déboucher sur la mise en place d'une économie industrielle, fortement exportatrice de biens manufacturés, des services de qualité et une agriculture modernisée.

Enfin, il faut songer à l'ouverture et au positionnement extérieur dans un esprit d'élargissement du partenariat.

En somme, selon Paul KOFFI, la Côte d'Ivoire a expérimenté, avec des succès mais aussi des échecs, des stratégies de développement. Mais, face aux limites des unes et des autres, il faut mettre désormais sur la table comme priorité une stratégie basée sur l'homme, sur ses talents, son savoir-faire qui crée de la richesse. Ceci parce que le développement axé sur la promotion de l'homme a été pendant longtemps négligé.

17 Paul KOFFI (2008), le défi du développement en Côte d'Ivoire, Paris, L'Harmattan, 296 pages.

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Enfin, Paul HOUEE (2009)18, s'adresse aux acteurs de développement

local, aussi bien dans les territoires d'Occident que dans les pays du Sud.

Son objectif est de situer les multiples initiatives et réseaux de développement participatif non comme des replis frileux ou des bricolages illusoires, mais comme des forces de refondation sociale, de réappropriation démocratique, face à la mondialisation. Pour cela, il propose de comprendre la mondialisation, non seulement dans sa dimension économique, mais aussi et surtout de saisir les diverses initiatives de réseaux de développement local comme autant de jaillissements d'énergies et de libération créatrice, qui aspirent à vivre, à être reconnu dans sa dignité et la diversité culturelle.

Pour l'auteur, un autre développement prenant en compte les aspirations des populations est possible.

Au terme de la revue de littérature relative à notre sujet de recherche, force est de constater que les écrits sur l'intégration et/ou la participation des populations au développement local abondent. Mais, son application est encore tributaire du niveau de développement et de la volonté politique des Etats.

Vue sous cet angle, la participation au développement, malgré qu'elle soit exigée par les institutions de Bretton Woods telles que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International comme condition pour l'octroi d'aide, est en proie à des difficultés socio-culturelles, économiques et politiques.

Aussi, l'appropriation du projet de développement, de ses logiques et de ses acquis pour assurer la continuité de la dynamique de développement instaurée par l'intervention et l'aspect dynamique des besoins des populations sont des axes qu'il faut élucider.

L'importance de la participation communautaire dans l'aboutissement du développement et de l'amélioration des conditions de vie des populations mérite une recherche approfondie afin de lier le discours à la réalité.

18 Paul HOUEE (2009), Repères pour un développement humain et solidaire, Paris, Edition de l'Atelier, 254 pages.

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Ainsi, voulons-nous pour notre part, dans une perspective interactionniste, insister sur la manière dont les populations participent au développement local.

Aussi, au vu de la construction et reconstruction des rapports de l'Etat ivoirien avec sa population autour de la politique de décentralisation, il est nécessaire, à travers cette étude, de faire l'exposé de la participation de la population au développement local. Il va s'agir aussi d'analyser les rapports sociaux qui se construisent autour du développement.

Ceci s'est opérationnalisé par l'élaboration de la problématique qui a fait ressortir la question centrale de recherche.

I.1.4-Problématique

Après la deuxième guerre mondiale, de nouvelles pratiques étatiques ont émergé. Il s'agit du dirigisme et de l'interventionnisme économique (Jean-François JOYE, 2002 : 26).

Cela a entraîné la diversification des missions de l'Etat. Cette diversification technique des missions étatiques n'a pas cessé de s'accentuer avec l'Etat providence et l'Etat industriel. C'est dans ce contexte que les Etats de l'Afrique subsaharienne ont obtenu leur indépendance.

Ils vont majoritairement calquer leur développement sur le modèle de l'Etat interventionniste, centralisateur ou providentiel.

En effet, les Etats africains, nouvellement indépendants, face aux enjeux de développement, ont mis en place une politique d'assistance où ils avaient tous les profits. C'était la centralisation qui consistait à reconnaître l'Etat comme la seule personnalité juridique compétente pour régler toutes les affaires nationales. Il s'agissait d'un interventionnisme de l'Etat dans tous les secteurs.

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La centralisation a été considérée, au même titre que les partis uniques par les Etats africains, comme une méthode de gestion des affaires publiques qui garantissait l'unité nationale face à la fragilité géopolitique interne héritée de la colonisation.

Celle-ci a longtemps étouffé les initiatives des périphéries des Etats-nations en construction après les indépendances19.

Les Etats comme la Côte d'Ivoire se sont vus obliger de reconnaître l'existence des institutions locales parce que, d'une part, l'ethnicité qui est une réalité dans le pays, prend le pas sur la nation et d'autre part, ces Etats ont hérité ces institutions de la colonisation. Cependant, ils ont mené des politiques pour les garder sous leur contrôle effectif.

Et pour atténuer les effets de la centralisation administrative, ils ont utilisé la technique juridique qui consiste à transférer certaines des compétences du pouvoir central à leurs représentations locales : c'est la déconcentration.

Elle est un procédé technique qui consiste à conférer des pouvoirs de décision plus ou moins étendus à des organes locaux ou à des services du pouvoir central tels que les préfectures, les sous-préfectures, les ministères (Nadine DANTONEL, 2007 :17).

La déconcentration est « le transfert de compétences à l'intérieur d'une même personne administrative, mais entre les deux niveaux distincts d'administration, du centre vers la périphérie »20.

Elle consiste, pour l'autorité centrale, à transférer à un ou plusieurs de ses agents locaux un pouvoir de décision jusque-là exercé par elle à partir de la capitale.

Dans le cadre de la déconcentration, les compétences sont exercées localement par les représentants du pouvoir central.

19 Amadou DIOP (2008), Développement local, gouvernance territoriale: enjeux et perspectives, Paris, Karthala, page 7. 20Olivier GOHIN (1998), Institutions administratives, 3ème édition, LGDJ, Page 83.

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Ces représentants qui sont des fonctionnaires sont placés sous le pouvoir hiérarchique des autorités qui les nomment.

Le pouvoir hiérarchique crée une relation de subordination entre les autorités centrales et les structures déconcentrées afin de s'assurer que les représentants locaux appliquent effectivement les orientations définies par l'autorité supérieure.

Le contrôle hiérarchique est un contrôle de légalité et d'opportunité et confirme surtout le lien de subordination.

Pour l'Etat ivoirien, cette déconcentration s'est manifestée de 1965 à 1984 par l'avènement des Sociétés d'Etat dont la mission était de développer une spéculation principale ou un groupe de spéculations. Ses sociétés d'Etat, par leur connaissance du terrain étaient des relais indispensables dans la mise en oeuvre des politiques publiques.

Au nombre de ces sociétés d'Etat, nous avons: la SATMACI, la SODEPALM, la CIDT21.

Ainsi, la recherche du mieux-être des populations ivoiriennes a amené l'Etat à modifier ses rapports avec celles-ci à travers la politique de décentralisation. Ces rapports sociaux représentent la dimension qui détermine l'interaction entre l'Etat et les groupes. Cette interaction génère un tissu social sur lequel sont basées différentes expériences.

Pour Noël TAHET, « la décentralisation est un système de gestion dans le cadre duquel, des pouvoirs propres sont conférés à une entité distincte de l'administration centrale. Elle est technique quand elle concerne les établissements publics. Elle est territoriale quand il s'agit des collectivités décentralisées. La décentralisation territoriale consiste pour l'Etat à transférer à des organes élus, des compétences qu'ils exercent sur leur ressort territorial.

21 Daniel GLOUNAHO (20 Juin 2000), Etude sur la vulgarisation agricole en Côte d'Ivoire, Abidjan, FAO, page 54.

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Les collectivités territoriales sont dotées de la personnalité morale, de l'autonomie financière et de compétences qu'elles gèrent librement sur le ressort territorial qu'elles administrent »22.

La démocratie et la décentralisation sont donc au coeur des préoccupations des Etats africains en général et de l'Etat ivoirien en particulier.

Elles posent la question de la gestion du pouvoir et de ce qu'il est convenu d'appeler " la bonne gouvernance".

Le transfert de pouvoir aux collectivités locales est devenu, dès lors, une problématique qui nécessite non seulement d'être régulièrement réajusté, mais aussi discuté. L'échelle locale permet ainsi d'évaluer la réalité du processus de transfert du pouvoir vers les collectivités décentralisées (Amadou DIOP, 2008 : 7).

Selon Noël TAHET23, l'histoire de la décentralisation en Côte d'ivoire comprend essentiellement quatre (04) phases: la première phase correspond à la période avant l'indépendance, la deuxième qui est la phase d'expérimentation (1960-1980), la troisième qui est la phase du démarrage (1980-1995), et la quatrième phase qui est la phase de l'élargissement et de l'approfondissement de la décentralisation (depuis 1995).

La période avant l'indépendance, a débuté sous le régime colonial français, avec administration directe qui était le système de gestion dominant.

Cependant, des entités communales dites communes de peuplement avaient été créées pour servir de lieu d'assimilation. C'était le début de la communalisation avec la création de trois catégories de communes: les communes mixtes, les communes de moyen exercice, et les communes de plein exercice.

22TAHET Noël (2010), décentralisation et transfert de compétences de l'Etat aux collectivités territoriales : synthèse de plusieurs conférences prononcées dans le cadre de séminaire de formation aux membres du corps préfectoral et aux élus locaux, Abidjan, page 02. 23 TAHET Noël, Op.cit, p 02-03.

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Les communes mixtes étaient dotées de Conseils Municipaux en partie élus et en partie nommés, avec à leur tête des Maires désignés par l'autorité de tutelle (Grand-Bassam en 1914, Abidjan en 1915 et Bouaké en 1932).

Les communes de moyen exercice étaient dirigées par des Conseils Municipaux élus, ayant à leur tête des Administrateurs-Maires désignés par le pouvoir central (Abengourou, Agboville, Daloa, Dimbokro, Gagnoa et Man créées en 1955).

Les communes de plein exercice étaient administrées par des Conseillers Municipaux élus et des Maires élus. En 1960, seules les villes d'Abidjan et de Bouaké avaient ce statut (TAHET, 2010 : 03).

La phase d'expérimentation (1960-1980) s'explique essentiellement par la volonté politique affirmée d'asseoir d'abord la République naissante sur des bases économiques et sociales et de renforcer l'unité nationale.

Il s'agissait de développer chez les populations le sentiment national avant d'engager une politique de décentralisation qui ait des chances d'atteindre les objectifs qui lui seraient assignés (TAHET, 2010 : 03).

Bien que l'article 68 de la première constitution ivoirienne prévoyait la création de collectivités territoriales, ce n'est que dans les années 1978 et 1980 que furent votées les deux premières lois de base de la communalisation ; à savoir la loi n°78-07 du 09 Janvier 1978, et la loi n°801182 du 17 Octobre 1980.

A cet effet, le vote de la loi n° 78-07 du 09 Janvier 1978 fut le premier acte de la nouvelle politique de décentralisation dont les idées maîtresses et les objectifs se résument comme suit: « le développement général de la nation doit passer par le développement de collectivités territoriales cohérentes, solidaires et économiquement fortes, grâce à la participation volontaire et active des populations, condition de paix et d'une démocratie véritable ».

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La phase de démarrage (1980-1995) se caractérisait par l'opérationnalisation de la communalisation du pays qui va aboutir à la mise à disposition des communes des moyens financiers, humains, techniques et matériels, ainsi que des instruments administratifs et juridiques, notamment la loi n°85-582 du 29 Juillet 1985 portant transfert de compétences de l'Etat aux communes.

L'élargissement et l'approfondissement de la décentralisation (depuis 1995) étaient l'expression de la volonté politique en vue de la communalisation totale du territoire national par la création de nouvelles collectivités supra-communales.

La décentralisation, fait des élus municipaux des producteurs de politiques publiques sociales, voire de politiques de lutte pour la réduction de la pauvreté comme le prescrivent les décrets de la loi n°85-582 du 29 Juillet 198524.

Cette politique de décentralisation, à ses débuts, était conduite par des conseillers municipaux qui sont les représentants de l'Etat auprès des populations. Un conseiller municipal n'est pas isolé des réalités socio-économiques et culturelles de la commune au sein de laquelle il a été élu.

Il a une certaine légitimité et un respect qui se consolident par son changement de statut, c'est-à-dire par son passage de statut de fonctionnaire ou de travailleur libéral à celui de conseiller municipal.

A partir de 1995, l'idée de donner une impulsion nouvelle à la politique de décentralisation en l'élargissant et à l'approfondissant, par le biais de la communalisation totale du territoire national et par la création de nouvelles collectivités supra communales, s'est progressivement consolidée.

24Le décret n° 86-449 du 25 Juin 1986, portant transferts de compétences de l'Etat aux communes en matière de santé publique. Le décret n° 86-453 du 25 Juin 1986, portant transfert de compétences de l'Etat aux communes en matière d'éducation. Le décret n° 86-455 du 25 Juin 1986, portant transferts de compétences de l'Etat aux communes en matière sociale.

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Initiée sous le régime du Président Henri Konan BEDIE (1993 à 1999), elle envisageait d'étendre la communalisation par la création des communes rurales, mais aussi ériger les régions en collectivités décentralisées.

La stratégie de décentralisation et d'aménagement du territoire, adoptée par la Table Ronde avec les bailleurs de fonds organisée en 1997 à Yamoussoukro, a formalisé cette politique qui n'a pu être mise en oeuvre à cause du coup d'état survenu en Décembre 1999.

A partir de 2000, apparaît sous le régime du Président Laurent GBAGBO, une nouvelle politique de décentralisation, qui envisageait aller encore plus loin que la précédente dans l'élargissement et dans l'approfondissement de la décentralisation.

En effet, « dans la perspective de la reconstruction post-crise, les collectivités apparaissent comme des acteurs incontournables dans les stratégies de consolidation de la paix et dans le processus de développement participatif »25.

La décentralisation est un outil de pédagogie sociale pour la mobilisation en milieu rural de l'ensemble des forces sociales sur les plans local et régional (Gilles PAQUET et alii, 2006 :5). La décentralisation permet à la fois de mobiliser les énergies de créativité locale et de canaliser les capacités d'ajustement accéléré des communautés tout en accroissant la participation active du plus grand nombre de citoyens (Gilles PAQUET et alii, 2006 :6). Celle-ci (la décentralisation) se définit à partir de quatre enjeux: l'enjeu politique, l'enjeu administratif, l'enjeu économique et l'enjeu en termes d'aménagement du territoire (TAHET, 2010 : 03-04).

Au niveau de l'enjeu politique ; il s'agit premièrement de permettre aux populations directement concernées de participer concrètement à la gestion des affaires locales et à la prise en main de leur développement (choix des

25MINISTERE DE L'ADMINISTRATION DU TERRITOIRE (Janvier 2007), Les états généraux de la décentralisation et du développement local: les actes, Abidjan, République de Côte d'Ivoire, Page 03.

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hommes et des projets, ...). Deuxièmement, cet enjeu permet aux hommes politiques d'accéder à des postes électifs infra-nationaux pour exercer le pouvoir, mais aussi pour étendre et consolider sur le territoire national, l'influence des partis politiques dont ils sont issus.

Au niveau de l'enjeu administratif, il est question de rapprocher premièrement l'administration des administrés et de la rendre capable de réagir promptement aux sollicitations des populations.

Il s'agit, deuxièmement, de réorganiser l'administration du territoire à travers deux administrations parallèles et complémentaires : l'administration déconcentrée qui précède et accompagne l'administration décentralisée.

Au niveau de l'enjeu économique, il s'agit premièrement de mettre en place les équipements d'infrastructures et de superstructures et les maintenir en l'état de fonctionnement; deuxièmement de favoriser le développement des activités économiques, promouvoir l'emploi et lutter contre la pauvreté.

Au niveau de l'enjeu en termes d'aménagement du territoire, il est question premièrement de contrebalancer le pouvoir attractif de la ville d'Abidjan tout en consolidant sa vocation économique. Il s'agit ensuite de redistribuer l'activité économique et l'emploi sur toute l'étendue du territoire national, en faisant des chefs-lieux de départements et de régions des pôles de développement économique délocalisés.

Aussi faut-il oeuvrer au ralentissement de l'exode rural, à la sédentarisation des populations rurales, la promotion du développement rural, la redistribution des flux migratoires et mieux répartir la population nationale sur l'ensemble du territoire national. Enfin, il importe de renforcer et consolider l'armature territoriale nationale par le développement du réseau urbain et des réseaux sectoriels d'équipement, ainsi que par l'apport d'un minimum de mieux-être dans toutes les parties habitées du territoire national (TAHET, 2010 : 03).

40

Dans ce processus de décentralisation, le financement des différentes réalisations a été possible grâce à des fonds propres, aux subventions de l'Etat et aux apports des Fonds d'Investissement et d'Aménagement Urbain (FIAU) (DSRP, 2009 :76, 77).

Cependant, des difficultés financières et institutionnelles qui ont empêché l'épanouissement des populations bénéficiaires des actions de développement, la faible participation de celles-ci au processus de leur développement (DSRP, 2009 : 77) ont amené l'Etat ivoirien à modifier ses rapports avec sa population.

En effet, le taux de participation des populations aux actions de développement local en Côte d'Ivoire se situait en 2008 à 25% (Brou Emile KOFFI, 2009 : 98).

Toutes ces dispositions reposent sur un ensemble de lois26 liées à l'administration territoriale.

Dans cette reconstruction des rapports de l'Etat ivoirien avec sa population, les Conseils Généraux ont été mis en place le 07 Juillet 2002 par des élections locales.

Cette dynamique de décentralisation vise le renforcement de la démocratie et la bonne gouvernance, le rapprochement des pouvoirs de décisions des communautés de base à partir des effets conjugués de la décentralisation et de la déconcentration.

Elle concerne également le développement économique global du pays axé sur la gestion efficiente de l'économie locale et la lutte contre la pauvreté au niveau local27.

26La loi n°2001-476 du 09 Août 2001 relative à l'orientation sur l'organisation générale de l'administration territoriale. La loi n°2001-477 du 09 Août 2001 relative à l'organisation du département.

La loi n°2003-208 du 07 Juillet 2003, portant transfert et répartition de compétences de l'Etat aux collectivités territoriales.

La loi n°2003-489 du 26 Décembre 2003, portant régime financier, fiscal et domanial des collectivités territoriales. 27 MINISTERE DE L'ADMINISTRATION DU TERRITOIRE (Janvier 2007), Les Etats Généraux de la décentralisation et du développement local: les actes, Abidjan, République de Côte d'Ivoire, Page 03.

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En effet, le Conseil Général était une collectivité territoriale décentralisée qui couvrait le département et était doté d'une personnalité morale et d'une autonomie financière.

Il visait à accroître la participation des populations à la gestion des affaires publiques locales. Il était aussi question de promouvoir un développement local par les populations bénéficiaires au sein des nouveaux types de collectivités territoriales et réduire les inégalités entre les couches sociales.

Il s'agit d'un développement régionale, départementale faisant appel aux ressources localement disponibles et utilisant les moyens suggérés par la culture de cette localité (Paul Marc HENRY, 1985)

Les Conseils Généraux avaient pour objectif principal d'aider les départements à se doter d'équipements collectifs modernes permettant d'améliorer les conditions de vie des populations bénéficiaires.

Dans le souci d'aller résolument vers une organisation favorisant l'efficacité et le développement, il est apparu selon de nouvelles structurations de la décentralisation en Côte d'Ivoire que la région et la commune se présentent comme les deux types de collectivités appropriées. Ceci en vue de promouvoir le développement local et assurer l'implication des populations dans la gestion de leurs affaires28.

Ainsi d'une politique de décentralisation basée sur la départementalisation et la communalisation, l'on aboutit à une politique axée principalement sur la régionalisation et la communalisation.

De manière spécifique, ces nouvelles dispositions s'appliquent au département de Dimbokro qui autrefois était prospère et faisait partie de l'ancienne boucle du cacao.

Les populations dans leur quête d'amélioration de leurs conditions de vie, considèrent ces structures comme des partenaires au développement.

28 QUOTIDIEN NORD-SUD, N° 1876 du Jeudi 28 Septembre 2011, Page 04.

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Celles-ci s'appuient sur les rapports sociaux et les actions de développement entreprises pour leur mieux-être.

Le développement par la décentralisation se trouve être une opportunité de relance économique pour Dimbokro.

La situation à Dimbokro est préoccupante et donne lieu de trouver l'espoir à travers le processus de la décentralisation dans ces structurations.

Il convient ainsi de rappeler que la pluviométrie, dans le département de Dimbokro baisse de manière considérable au fur des années. Elle est passée de 1236,7 mm de pluie en 2008 à 990,6 mm de pluie en 201229.

Cela a une influence sur la capacité de production agricole de la région.

Aussi, la production du binôme café-cacao a de même baissé, et est passée de 75.150 tonnes à la campagne 1979-1980 (Boni DIAN, 1984 : 413) à 404 tonnes pendant la campagne 2002-2003 (MINISTERE D'ETAT, MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2005 : 18-23).

A cela s'ajoute la fermeture depuis 2002 de l'UTEXI, la seule unité industrielle qui employait environ 920 personnes et un nombre considérable de travailleurs journaliers.

Ainsi, la participation de la population aux actions de développement était de 20% en 2005 (ANADER, zone de Dimbokro, 2005 : 34).

Ce taux faible s'explique par les appartenances politiques qui, au lieu d'unir les populations, font reculer l'apport des uns et des autres au développement local.

Toutefois, au-delà des structurations et chiffres, une question s'impose: comment les rapports sociaux qui se construisent autour de la participation de population de Dimbokro au développement concourent-ils au développement local?

29 MINISTERE D'ETAT, MINISTERE DE L'AGRICULTURE (2012), Annuaire des statistiques agricoles, Abidjan, DSDI, page 10.

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En d'autres termes, quelle est la configuration sociale de la participation de population de Dimbokro à son développement?

Par ailleurs, la visibilité de cette question se fonde sur un ensemble de questions qu'il s'agit de clarifier.

Les structures décentralisées interviennent sur le champ du développement où sont représentées les populations. Celles-ci détiennent un certain nombre de capitaux tels que les ressources humaines, culturelles et matérielles.

Elles ont leur mode de vie et leur manière de percevoir le développement. Dès lors, quelle est la politique et les actions de développement mises en oeuvre dans le département de Dimbokro ?

Quelles sont les stratégies mises en oeuvre en vue de susciter la participation de la population au développement local?

De quelle utilité se révèle les relations entre les structures décentralisées et la population de Dimbokro ?

Quelles sont les éventuels obstacles à la participation de la population de Dimbokro à son développement?

Un éclairage du sujet d'étude s'est fait à partir des objectifs de l'étude, de la thèse et des hypothèses de recherche.

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I.1.5-Objectifs de l'étude

I.1.5.1-Objectif général

L'objectif général de l'étude est de déterminer les mécanismes de construction des rapports sociaux autour de la participation de la population de Dimbokro à son développement.

I.1.5.2-Objectifs spécifiques

Il s'agit de manière spécifique de :

1- dégager la politique et les actions de développement utilisées dans le département de Dimbokro ;

2- identifier les stratégies mises en oeuvre en vue de susciter la participation de la population de Dimbokro à son développement;

3- mettre en évidence les relations de partenariat existantes entre les structures décentralisées et la population;

4- relever les obstacles éventuels à la participation de la population au développement local et les moyens pour y remédier.

I.1.6-Thèse de l'étude

La Côte d'Ivoire a l'ambition de parvenir au développement humain durable.

Cela nécessite l'amélioration de tous les indicateurs socio-économiques pour la réussite de la politique de décentralisation.

A cet effet, l'implication des populations à la gestion de leur collectivité et les relations qui soutendent leur participation sont des conditions de succès du développement local.

Cette disposition exige la mise en place d'un système de communication intégrée et participative.

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I.1.7- Hypothèses de recherche

I.1.7.1- Hypothèse conceptuelle

Le développement local est fonction des rapports sociaux qui se construisent autour de la participation de la population de Dimbokro aux projets de développement.

De cette hypothèse conceptuelle découlent des hypothèses opérationnelles.

I.1.7.2-Hypothèses opérationnelles

1- Le regroupement de la population et la communication sont des mécanismes qui impactent l'atteinte des objectifs de la gestion du territoire local;

2- Les relations de partenariat existantes entre les structures décentralisées et la population de Dimbokro constitue un facteur influençant du développement local;

3- Les manques de compétence adéquate et de cadre d'expression ainsi que l'analphabétisme constituent un frein à la participation de la population au développement local.

Le modèle d'analyse nous a permis d'expliciter les différents concepts de l'hypothèse principale.

46

I.2- Modèle d'analyse

Il s'agit de définir les concepts principaux de l'hypothèse conceptuelle. Ainsi les concepts du développement local, des rapports sociaux et de participation ont été explicités tout en exposant leurs indicateurs.

I.2.1- Définition des concepts clés

I.2.1.1- Développement local

Concept qui a émergé ces dernières années dans les pays du Sud notamment en Afrique de l'Ouest et surtout avec l'avènement de la décentralisation, le développement local se veut une démarche d'impulsion de développement par le bas. Ce qui suppose que les communautés locales (groupes et individus) s'impliquent davantage au processus de développement de leur territoire (Neya SIHE, 2008).C'est un processus qui prend naissance à travers les initiatives des habitants des terroirs organisés pour opérer des choix, pour créer une dynamique d'amélioration des conditions locales de vie, et pour défendre leurs intérêts face au pouvoir public (MERCOIRET, 1994). Le développement local est un processus qui consiste à mobiliser les énergies de tous les acteurs locaux en vue de la promotion économique, sociale et culturelle d'un territoire (Sebahara PAMPHILE, 2000).

Autrement dit, c'est un processus qui vise la participation des acteurs avec pour finalité, l'amélioration des conditions de vie des habitants d'une zone déterminée. Ce concept renvoie ainsi de façon générale, à la participation des différents acteurs à la libération des initiatives; en particulier celles locales et communautaires (Sadio DIALLO, 2006 cité par Neya SIHE, 2008 : 19).

Le développement local a certes de multiples définitions, mais il faut reconnaître qu'il est avant tout une dynamique économique et sociale, voire culturelle plus ou moins concertée, impulsée par des acteurs individuels et collectifs sur un territoire donné (Dominique GENTIL, et Bernard HUSSON, 1996 : 67).

47

Ce territoire (espace économique et social construit) n'est pas isolé mais articulé à des espaces plus vastes.

Le concept de développement local appelle un esprit de cohésion, de mise en synergie des forces d'une population locale pour le développement territorial.

Autrement dit, c'est un développement basé sur la participation des populations à travers les rapports sociaux qui se développent.

Le développement local est selon Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB: « un cadre d'action politique et programmatique où convergent, dans une aire régionale cohérente, des stratégies de développement rural s'adressant principalement aux communautés rurales, des stratégies de promotion de l'urbanisation intermédiaire et de diversification des emplois offerts aux ruraux, enfin des stratégies de gestion des ressources naturelles »30.

Le développement local est fondé selon Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002 : 37 à 40) sur quatre principes, à savoir que :

- Le développement local se définit tout d'abord à partir d'une base territoriale.

Pour déterminer la base géographique des unités socio-territoriales pouvant servir de base à une approche de développement, on part du constat qu'il existe, presque toujours, un niveau d'organisation territoriale où s'établissent les relations entre d'une part, le tissu social constitué par les communautés rurales, et, d'autre part, les fonctions administratives primaires, les fonctions économiques et les services de base (marché, hôpital, collèges, banque, poste, commerces, activités,...) qui se localisent dans les bourgs ruraux et centres urbains31.

- Le développement local suppose une pluralité des niveaux d'actions.

La pluralité des niveaux d'action constitue l'une des caractéristiques essentielles du développement local. Ainsi, les actions sur le milieu naturel

30Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), Développement local et communautés rurales: approches et instruments pour une dynamique de concertation, Paris, Karthala, page 15.

31Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), Op.cit, page 37.

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doivent être en priorité, décidées et réalisées avec la participation des usagers directs de ces ressources. Ce qui conduit à privilégier des niveaux d'actions tels que les communautés rurales de base, les « terroirs villageois », les « aires pastorales ».

Il en résulte que les programmes de développement local doivent être conçus de telle sorte qu'ils puissent être élaborés et articulés en tenant compte de plusieurs niveaux de décisions, et plus particulièrement celui des communautés de base, celui des institutions de la région, celui enfin du tissu associatif de la société civile32.

- Les rôles respectifs sont définis selon un principe de « subsidiarité ».

Le rôle et la fonction de chaque niveau de décision sont déterminés selon un principe de subsidiarité. On entend par là que le système socio-politique dans son ensemble reconnaît que les responsabilités s'exercent du bas vers le haut. Ainsi, une communauté rurale doit être reconnue responsable pour tout ce qui peut entrer dans son domaine de compétence ou dans ses possibilités matérielles d'exécution. On ne passe au niveau supérieur de décision et de responsabilité que lorsque l'on a épuisé les possibilités du niveau d'organisation socio-politique immédiatement inférieur.

L'application de ce principe au développement local donne une importance toute particulière au niveau le plus proche du gouvernement local.

Ce principe définit notamment les rapports entre les composantes organisées du tissu social local, les communautés de base et associations diverses, et les institutions du gouvernement local33.

- Le développement local se fonde sur la notion de participation, de partenariat et de contractualisation.

Le développement local se fonde en dernier lieu sur une responsabilisation des communautés rurales en matière de programmation de gestion des

32 Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), op.cit., page 39.

33 Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), op.cit., page 40.

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ressources financières affectées au développement, d'exécution et de suivi des programmes d'actions34.

Ces quatre principes articulés et suivis permettront d'atteindre les objectifs du développement local dont l'enjeu est de mettre en évidence une dynamique qui relève l'efficacité des relations non exclusivement marchandes entre les hommes pour valoriser les richesses dont ils disposent (Bernard PECQUEUR, 2000 : 26).

I.2.1.2- Rapports sociaux

L'expression "rapports sociaux" désigne les relations, les interactions ou les liens d'interdépendance qui s'établissent entre les individus et les groupes en fonction des positions respectives de chacun dans l'organisation sociale, en particulier sur le plan économique.

Les rapports sociaux représentent la dimension qui détermine l'interaction entre les individus et entre les groupes.

Les rapports sociaux interpersonnels, entre individus et groupes et entre les groupes sont l'une des caractéristiques de la vie sociale.

Ils peuvent être permanents, ponctuels, standardisés, précaires.

La sociologie des rapports sociaux a pour objet l'étude des rapports au sein d'une société entre les individus, entre les groupes et entre les individus et les groupes.

Il y a rapport social dès qu'un individu ou un groupe exerce une influence sur les actes ou l'état psychologique de l'autre partie, individu ou groupe (Eugène DUPREEL, 1948 : 5).

Les rapports sociaux d'imitation (Gabriel TARDE), les rapports sociaux modelés par la pression de la collectivité (Emile DURKHEIM) et les rapports sociaux définis par la convergence des états d'esprit (GIDDINGS) sont des catégories particulières de rapports sociaux.

34 Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), op.cit., page 40.

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L'influence qui s'exerce dans le rapport social peut se manifester de trois façons : par la force ou la contrainte, par la persuasion au sens le plus large ou encore par l'échange d'avantages.

Ces trois modes d'influence qui sont également des catégories formelles sont à la base d'une typologie des groupes sociaux qui sert de base à des propositions théoriques formelles, selon qu'on s'en tient à la logique d'enchaînement des rapports élémentaires ou qu'on y introduit des contenus spécifiques.

Mais, qu'on s'inscrive dans une logique de contrainte, de persuasion ou d'échange, il existe « des lois formelles en dehors desquelles aucune vie sociale n'est possible» (Eugène DUPREEL, 1949 : 154-155).

Ces « lois formelles» sont en fait des principes de compatibilité ou d'incompatibilité.

Les rapports sociaux en ce qui concerne la présente étude doivent être horizontaux, (c'est-à-dire des rapports établis entre les populations dans leurs diversités).

Ces rapports doivent être aussi verticaux. Il s'agit des rapports entre les structures décentralisées et la population locale dans la perspective de l'amélioration des conditions de vie de la communauté.

I.2.1.3- Participation

La participation est un concept d'actualité. Sa définition rencontre des difficultés liées à la pluralité des approches et à la diversité des contextes, qui font que chaque processus participatif a une signification particulière.

Dans le Dictionnaire économique et financier, la participation est définie comme « le fait de prendre part au capital, aux bénéfices et à la gestion d'une société ou d'une entreprise. Elle peut revêtir une forme consultative comme dans le comité d'entreprise ou comporter un caractère délibératif, et une portée décisionnelle comme dans la cogestion et à fortiori, dans

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l'autogestion qui peut en apparaître comme la formule limite »35.

Ainsi définie, la participation semble désigner toutes les fois qu'un agent est présent dans une entité économique et que cette présence lui vaut un rôle.

Pour le sociologue Philippe BERNOUX, « participer, c'est prendre une part active et s'impliquer; ce peut être aussi, en retour, avoir de l'influence et du pouvoir»36. Cette définition a l'avantage de lier la participation au problème du pouvoir, qui est déterminant dans tout processus participatif. Aussi, la participation nécessite-t-elle la création de normes et de procédures juridiques permettant aux individus de mettre en action une volonté autonome dans les actions collectives auxquelles ils doivent prendre part.

Dans la mesure où la participation n'est pas l'apanage d'un courant théorique, son hétérogénéité nous conduit à procéder à une synthèse définitionnelle.

Pour nous, la participation désigne l'ensemble des mécanismes d'implication volontariste et de mise à contribution des populations locales, à travers des cadres contractuels, dans les opérations de développement les concernant. Il s'agit donc d'une action à la fois sociale et organisationnelle permettant aux populations locales de prendre part aux actions collectives de développement.

La participation apparaît ainsi comme une option stratégique en faveur du développement local.

En Côte d'Ivoire, dans le cadre de la décentralisation, des mécanismes de participation des populations sont encouragés et organisés par les collectivités locales.

Ce qui apparaît ici, c'est une typologie des formes de participation, qui peuvent être aussi comprises comme des dimensions de celle-ci.

Il est possible de classer en catégories distinctes les nombreuses façons différentes d'interpréter et d'utiliser le concept de « participation », allant de

35 Yves BERNARD et Claude COLLI (dir) (1996), Dictionnaire économique et financier, Paris, Seuil, page 1055.

36 Philippe BERNOUX (1985), La sociologie des organisations, Paris, Seuil, Page 291.

52

la participation manipulée et passive, où les gens sont informés de ce qui va se passer et réalisent des tâches prédéterminées, jusqu'à la prise d'initiatives par les communautés elles-mêmes.

Jules PRETTY (1995)37, énumère sept (07) types de participation au développement local:

1. la participation passive (les gens participent dans la mesure où on leur dit ce qui a été décidé ou s'est déjà passé. L'information diffusée n'appartient qu'aux professionnels extérieurs);

2. la participation par la consultation (les gens participent par la consultation ou en répondant à des questions. Il ne leur est pas permis de prendre part à la prise de décisions et les professionnels ne sont pas obligés de prendre en compte les opinions des gens);

3. la participation contre la récompense matérielle (les gens participent contre la fourniture de vivres, d'argent ou d'autres récompenses matérielles. Les populations locales ne sont pas intéressées à la poursuite des pratiques après la suppression des récompenses);

4. la participation fonctionnelle (la participation est considérée par les intervenants extérieurs comme moyen de réaliser les objectifs des projets, notamment une réduction des coûts.

Les gens peuvent participer en créant des groupes pour atteindre des objectifs prédéterminés);

5. la participation interactive (les gens participent à l'analyse commune, qui débouche sur des plans d'action et la création ou le renforcement des groupes ou institutions locaux qui déterminent l'utilisation des ressources disponibles. Des méthodes d'apprentissage servent à découvrir les différents points de vue) ;

6. l'auto-mobilisation (les gens participent en lançant des initiatives indépendamment des institutions extérieures. Les contacts qu'ils établissent

37Jules PRETTY (1995), A Trainer's Guide for participatory and Actions, London, IIED, page 60.

53

avec les institutions extérieures leur permettent d'obtenir des ressources et des conseils techniques, mais ils continuent d'être maîtres de l'utilisation des ressources);

7. la participation manipulée (la participation n'est qu'un leurre, une illusion). La participation va de pair avec la responsabilisation. Il est utile de cerner les rôles et les responsabilités des intervenants engagés dans tout projet de développement et de clarifier la contribution physique, financière ou matérielle de chacun d'eux dans le processus. Ces contributions peuvent être très variées : donner de leur temps, fournir des services, du matériel utilitaire, du financement.

Ces contributions, mêmes modestes, procureront un sentiment d'appropriation des activités. Sans cette appropriation, l'effort sera toujours perçu comme «l'initiative des autres ».

La consultation aide à recueillir des informations pour une stratégie, mais n'élargit pas la base décisionnelle.

A la suite de Jules PRETTY, deux autres auteurs ont leur manière de percevoir la participation au travers des formes qu'ils développent.

En effet, Albert MEISTER (1974) et Silvain FORTIN (1969), ont pour leur part, dégagé cinq (05) formes de participation qui sont synthétisées dans les tableaux ci- dessous.

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Tableau n°1 : Participation selon Albert MEISTER38

Types de
Participation

Origine et création

Intérêts, activités,
fonctions

1. Participation
de fait

Origine dans la vie

traditionnelle : groupe familial, religieux, métiers...

Conservation du patrimoine

2. Participation
spontanée

Création par les participants, elle

reste fluide, sans organisation
formelle, exemple des groupes de voisinage.

Satisfaction des besoins vitaux

3. Participation
imposée

Création par des animateurs

extérieurs, mobilisation de la
main-d'oeuvre pour des travaux collectifs.

Groupement indispensable pour le fonctionnement du programme

4. Participation
provoquée

Groupe provoqué et suscité dans le cadre de projet ou programme : coopérative...

Adoption d'un comportement collectif et normes promues par l'institution intervenante

5. Participation
volontaire

Création du groupe suite à une

prise de conscience, initiative
propre au groupe.

Satisfaction des besoins, défense d'intérêts communs, promotion sociale

 

Source : Albert MEISTER, 1974 : 164.

38 Albert MEISTER (1974), La participation dans les associations, Paris, Editions ouvrières, page 164.

55

Tableau n°2 : Participation selon Silvain FORTIN39

Types de
Participation

Caractéristiques

1. Participation activiste

Les comportements d'un individu le placent en état de solidarité avec d'autres individus.

2. Participation intégrative

C'est un ajustement des comportements d'un groupe aux normes préétablies.

3. Participation mobilisatrice

Les participants suivent les directives émises par un ou plusieurs leaders.

4. Participation consultative

Les membres sont consultés pour la réalisation du projet de développement.

5. Participation décisionnelle

Les participants décident de leur propre développement.

 

Source: Silvain FORTIN, 1969 : 307-335.

Au regard des deux tableaux ci-dessus et dans le cas de la présente étude, la participation volontaire et décisionnelle est celle qui est recherchée, car, elle est l'aboutissement d'une prise de conscience et donne la preuve de la capacité des acteurs locaux à initier, à conduire et à évaluer de manière objective les actions de développement. On peut donc en conclure qu'un premier niveau de participation de la population au développement est le fait qu'elle assume des responsabilités au niveau de l'exécution du projet de développement.

On atteint un deuxième niveau de participation lorsque les populations participent à la prise de décision initiale (formulation de projet) et à l'exécution du projet.

39 Silvain FORTIN (1969), «la participation et le pouvoir » in revue Recherches sociologiques, volume 1-2, Québec, les Presses de l'Université de Laval, pp. 307 à 335.

56

Lorsqu'en plus de tout cela, elles participent au suivi et à l'évaluation de l'action et que le processus n'est pas mis en oeuvre par quelqu'un de l'extérieur, on peut dire que la participation atteint encore un autre niveau, celui de l'appropriation de l'ensemble de la démarche.

I.3-Cadre opératoire et référence théorique

I.3.1-Cadre opératoire

Nous allons procéder ici à une opérationnalisation des concepts clés de notre hypothèse, afin de donner des repères et pistes qui présideront à l'analyse des données.

Il s'agit donc, par une démarche hypothético-inductive, d'isoler de ces concepts des dimensions et indicateurs pertinents pour l'étude.

Les tableaux qui suivent présentent, pour les quatre concepts considérés, des dimensions et indicateurs qui ont guidé l'analyse des données.

57

Tableau n°3 : Opérationnalisation du concept de développement local.

L'approche du développement local se définit comme une approche globale de revitalisation économique et sociale des collectivités qui réunit quatre dimensions40.

Concept

Dimensions

Indicateurs

Développement local

Economique

- déploiement d'un ensemble

d'activités de production et de
vente de biens et services ;

- activités génératrices de revenus
des populations;

- appui financier des partenaires;

- appui au montage des projets;

- création d'une mutuelle de crédit.

Locale

- mise en valeur des ressources

locales d'un territoire donné, dans

le cadre d'une démarche

partenariale où s'engagent les

principales composantes d'une
communauté;

- formation de certains membres
des mutuelles ou associations;

- échange d'expérience avec les
partenaires.

Développement
Economique
Communautaire

- revitalisation économique et

sociale d'un territoire en
intervenant au niveau de l'emploi, du logement, de la formation, de la santé et des services sociaux.

- Communication horizontale et
verticale autour du développement

- réappropriation de son devenir

économique et social par la
population résidante.

Source : Réalisé par nous.

40Louis FAVREAU et Benoît LÉVESQUE (1996), Développement économique communautaire, économie sociale et intervention, Sainte-Foy, Presse Universitaire du Québec, page19.

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Tableau n°4 : Opérationnalisation du concept de rapports sociaux

Concept

Dimensions

Indicateurs

Rapports
sociaux

Décisionnelle

- Définition de plan stratégique de

développement en collaboration avec la population locale

- Accord de partenariat pour le
développement

Opérationnelle

- Partenariat lors de la réalisation des

projets de développement;

- Participation de la population locale
aux différents processus.

Gestionnaire

- Gestion commune des projets;

- Formation pour accroitre les capacités

de la population locale.

Source : Réalisé par nous.

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Tableau n°5 : Opérationnalisation du concept de participation

Concept

Dimensions

Indicateurs

Participation

Décisionnelle

- élaboration d'un plan de

développement local;

- consultation des personnes
ressources;

- représentation et participation des

populations à l'instance de
réflexion pour l'analyse de leurs besoins.

Opérationnelle

- activités des mutuelles ou

associations des populations dans la conception et planification des

actions de développement;

- investissement humain des
populations.

Gestionnaire

- gestion des projets par les

bénéficiaires ;

- mise en place d'une commission
composée des représentants de la population;

- bilan d'action des commissions
techniques.

Source : Réalisé par nous.

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Après ce parcours du cadre opératoire qui a permis d'indiquer les dimensions et indicateurs des concepts clés de l'hypothèse conceptuelle, l'ancrage théorique de l'étude s'avère nécessaire.

I.3.2-Référence théorique

Cette section se réfère aux différentes théories dans lesquelles s'inscrit cette étude. Il s'agit de la théorie du changement social, la théorie de la décentralisation et la théorie du développement local participatif.

I.3.2.1-Théorie du changement social

Le changement social est une transformation durable, plus ou moins rapide, d'une partie ou de l'ensemble d'un système social au niveau de son fonctionnement (mode d'organisation), de sa structure (stratification, rapports sociaux) ou de ses modèles culturels (comportements, normes, systèmes de valeurs). Ainsi les penseurs du XIXème siècle et du début du XXème siècle, historiens et précurseurs de la sociologie cherchent les lois de l'histoire et les facteurs déterminants de la triple influence hégélienne (étape de l'histoire), de la théorie darwinienne (sélection des innovations performances) et de l'impact de la révolution française (changement conflictuel).

Emile DURKHEIM présente dans De la division du travail social (1893) une vision holiste du développement, aux accents évolutionnistes.

En effet, selon l'auteur, la division du travail social est « un résultat de la lutte pour la survie, mais elle en est un dénouement adouci. Grâce à la division du travail, les rivaux ne sont pas obligés de s'éliminer mutuellement, mais peuvent coexister les uns à côté des autres ».

Ainsi, DURKHEIM considère que la division du travail provient essentiellement de l'accroissement de la population et de la "densité sociale". Il y aurait un seuil critique au-delà duquel les humains choisissent de coopérer, de commercer entre eux, plutôt que de se combattre.

61

Les communautés traditionnelles laissent place à la société moderne.

Dans ce contexte, le système social de production sociale oeuvre sans cesse à trouver une place aux nouveaux arrivants qui sont intégrés dans un tissu productif de plus en plus complexe.

La division du travail serait la réponse de la société à l'accroissement du volume et de la densité sociale qui implique une « intensité plus grande de la lutte ».

L'explication de DURKHEIM recouvre deux aspects étroitement liés entre eux, à savoir le passage d'une société traditionnelle à une société moderne à travers le dépassement de l'équilibre population-subsistance.

La contribution de Max WEBER à la compréhension du développement s'inscrit dans ses analyses du processus de rationalisation.

WEBER démontre dans l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme (1905) que les actions guidées par une rationalité en finalité prennent une importance croissante au fil de l'évolution sociale. Si la religion est au centre du processus décrit par WEBER, c'est aussi et surtout, pour l'auteur, un moyen explicatif en terme épistémologique.

Autrement dit, ce ne sont pas les valeurs protestantes, telles que l'ascétisme (recherche d'une libération de l'esprit par la mortification des sens), qui expliquent l'avènement du capitalisme ; il y a simplement une proximité entre ces valeurs religieuses et celles propres au capitalisme.

Ce qu'explique WEBER, c'est qu'à une certaine forme d'ordre social correspondent certaines valeurs, une certaine culture qui, en conférant un sens aux actions humaines, les oriente.

Pour résumer, l'évolution de l'ordre social (le développement) est accompagnée par une transformation des manières de faire, de sentir, d'agir, de penser des membres de la société.

À l'inverse, l'absence d'évolution des valeurs peut bloquer le processus de développement, ou du moins le compromettre.

62

Karl MARX offre une interprétation du développement comme étant indissociable d'un système de rapports sociaux qu'il résume avec le terme "capitalisme".

Ce système se traduit notamment par la dépossession des instruments de production par une partie de la population qui se constitue alors en prolétariat par la classe des capitalistes. MARX considère que la position des capitalistes comme propriétaires des moyens de production se traduit par leur domination de l'espace social. Le capitaliste exploite le prolétaire et s'accapare les profits issus de cette exploitation. Le rapport social marxien est donc fondamentalement inégal. Ce qu'explique MARX, c'est que le développement capitaliste est motivé par la recherche de profits qui sont eux-mêmes indissociables de la domination du prolétariat.

Le développement capitaliste serait déséquilibré du fait de la répartition sociale de la propriété.

Toutefois, dans l'optique marxienne, ce processus inégalitaire, producteur d'inégalités, est un passage obligé vers la libération de l'homme.

Le capitalisme est voué à disparaître, emporté par la révolution prolétaire ; il contient en lui-même les germes de sa propre destruction, de son dépassement par une forme sociale supérieure (socialisme, communisme).

En effet, toutes les approches sociologiques jusqu'aujourd'hui maintiennent l'idée de succession de type de sociétés dans l'histoire humaine : du simple au complexe, du pré-moderne au moderne et au post-moderne, du pré-industriel au post-industriel.

L'approche évolutionniste se présente comme une explication historique du développement socio-économique.

ROSTOW, dans son approche, s'oppose à l'explication marxiste.

Il part du fait que les sociétés humaines passent nécessairement par différentes phases successives et inévitables allant des formes les plus archaïques et des plus élémentaires aux formes les plus évoluées ou

63

complexes. Pour lui, en effet, toutes les sociétés passent par un processus unique et uniforme de développement. Elles partiraient ainsi de la sauvagerie à la barbarie et de la barbarie à la civilisation.

Mais, la théorie évolutionniste telle que proposée par ROSTOW nie toute histoire pour les pays sous-développés car on ne peut pas situer une société dans une étape d'évolution précise.

Les sociétés se transforment en fonction des emprunts et des innovations.

Une innovation peut changer le cours d'évolution d'une société, ce qui peut occasionner une remise en cause et sauter certaines étapes d'évolution proposée par ROSTOW.

On pourrait dès lors affirmer que la théorie évolutionniste telle que proposée par ROSTOW ne permet pas d'expliquer le changement.

D'autres chercheurs mettent dans la théorie du changement social le structuro-fonctionnalisme de Talcott PARSONS. Ils pensent que les changements dûs à l'innovation pourraient trouver une explication plus pertinente avec le structuro-fonctionnalisme. Talcott PARSONS définit l'action humaine au regard de ses fonctions dans la société. Les actions et les adaptations sociales s'inscrivent dans une conception systémique, visant l'équilibre.

Or, l'introduction d'une innovation entraine toujours des bouleversements dans la société receveuse. Même si cette innovation est simplement technique, elle agit sur l'ordre social de la société emprunteuse.

C'est pour cela qu'en sociologie, l'innovation est étudiée comme facteur favorable ou défavorable.

Le structuro-fonctionnalisme de PARSONS ne s'inscrit pas dans une logique de conflit. Or, le changement est source de conflit entre deux ou plusieurs cultures.

Les conflits permettent le changement, c'est-à-dire la transformation de toute société. Les conflits sont à l'origine de toute évolution.

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Par conséquent le structuro-fonctionnalisme ne diffère pas en tant que tel du fonctionnalisme car même s'il permet de maintenir un certain équilibre social, il ne permet pas d'expliquer comment les choses changent.

C'est pour cela que Guy ROCHER parle de changement d'équilibre en ce qui concerne PARSONS, car ce genre de changement n'affecte pas nécessairement la structure de l'organisation sociale.

Pour Guy ROCHER, tout d'abord, le « changement social est nécessairement un phénomène collectif, c'est-à-dire qu'il doit impliquer une collectivité ou un secteur appréciable d'une collectivité ; il doit affecter les conditions ou les modes de vie (...). En second lieu, un changement social doit être un changement de structure, c'est-à-dire qu'on doit pouvoir observer une modification de l'organisation sociale dans sa totalité ou dans certaines de ses composantes »41 .

Autrement dit, le changement est une transformation de toute une collectivité d'individus aux niveaux politique, culturel, économique ou agricole.

Partant de ces faits, l'introduction d'une innovation dans une société donnée entraîne nécessairement un changement de la société.

Cela apporte des changements dans les manières de d'agir, de penser des membres de la société. Or, la société se compose d'un ensemble de personnes en interactions.

Une des innovations apportées par les autorités ivoiriennes pour le développement des localités est la décentralisation.

Ainsi, sommes-nous amené de parler de la théorie de la décentralisation.

41Guy ROCHER (1968), Introduction à la sociologie générale: le changement social, Montréal, Editions HMH, page 20-21

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I.3.2.2- Théorie de la décentralisation

La décentralisation est un système d'administration dans lequel le pouvoir de décision est exercé à la fois, par l'État et par des personnes morales autonomes soumises au contrôle, en principe de légalité, des autorités étatiques. Cette disposition implique le transfert d'attributions de l'Etat à des collectivités ou institutions différentes de lui et bénéficiant, sous sa surveillance, d'une certaine autonomie de gestion (BANQUE MONDIALE, 2011).

La décentralisation est le transfert du sommet vers le bas, de certaines compétences de l'Etat au profit des collectivités territoriales, des communautés locales et du secteur privé dans le but d'améliorer les capacités de fourniture des services en renforçant les capacités des autorités locales, des communautés et groupes.

La théorie de la décentralisation part du principe que pour amorcer un développement local participatif, il faut accorder un certain pouvoir à des collectivités locales reconnues par la constitution ou par la loi.

La décentralisation, vise ainsi à rendre les services administratifs et techniques plus efficaces en organisant un transfert de responsabilités du niveau central de ces services à leurs représentants locaux (THOMAS et KOULIBALY, cités par CAMARA, 2007).

Pour SOUARE et alii, citant (DIENG, 2010), la décentralisation consiste à reconnaître à l'intérieur de la collectivité nationale, des collectivités plus restreintes ayant leurs intérêts propres non contradictoires avec l'intérêt national, mais distinct de celui-ci.

Pour assurer cette décentralisation, il faudrait donner à ces collectivités des moyens juridiques, administratifs et financiers afin d'exprimer et de gérer leurs intérêts par l'organe d'une représentation autonome, en respectant toutefois le cadre d'un Etat unitaire.

66

Cette autonomie se caractérise par trois conditions essentielles. Toutefois, cela ne signifie pas indépendance.

En effet, la structure décentralisée jouit de l'autonomie matérielle.

Elle dispose de la personnalité morale et d'un patrimoine et d'affaires propres qualifiées le plus souvent d'affaires locales par opposition aux affaires nationales gérées par l'Etat.

Elle bénéficie également de l'autonomie organique, c'est-à-dire qu'elle gère par l'intermédiaire des organes qui sont propres ses affaires.

La structure décentralisée détient l'autonomie fonctionnelle, c'est-à-dire qu'elle gère plus ou moins librement ses affaires.

Selon la Banque Mondiale, il ya quatre types de décentralisation, à savoir la décentralisation politique, la décentralisation administrative, la décentralisation des finances et la décentralisation du marché (comprenant la décentralisation structurelle).

La décentralisation politique vise à conférer aux citoyens ou à leurs élus plus de pouvoirs de décision. Elle est souvent liée au pluralisme politique et au gouvernement représentatif mais elle peut soutenir la démocratisation en donnant aux citoyens ou à leurs élus plus d'influence dans la formulation et l'exécution de la politique d'une administration.

Les partisans de la décentralisation politique se basent sur l'hypothèse que les décisions prises avec une plus grande participation des administrés sont bien fondées et répondent mieux aux besoins des intérêts divers de la société que celles prises uniquement par les autorités politiques au niveau central.

En plus, on suppose que la décentralisation politique permet aux citoyens de mieux connaître les élus locaux et permet aux élus de mieux connaître les besoins et les aspirations de leurs électeurs.

La décentralisation administrative vise à refaire la répartition, à différents échelons de gouvernement, de responsabilités et de ressources financières, pour assurer la fourniture de services publics.

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C'est le transfert de responsabilité de la planification, du financement et de la gestion liée à certaines fonctions du gouvernement central et de ses organes vers des unités d'administration sur le terrain, des cellules ou niveaux subalternes de l'administration, des autorités publiques semi-autonomes, des municipalités ou des régions.

Les trois principales formes de décentralisation administrative, à savoir la déconcentration, la délégation et la dévolution ont chacune des caractéristiques différentes.

La déconcentration, souvent considérée comme la forme la plus faible de la décentralisation et plus fréquemment utilisée dans les pays à gouvernement unitaire, refait une répartition de pouvoirs de décision, de responsabilités financières et de gestion entre les différents échelons du gouvernement central. Elle peut être simplement le transfert de responsabilités du gouvernement central à des fonctionnaires qui travaillent dans les régions, provinces ou districts, ou bien elle peut être la création d'une administration sur le terrain dotée d'un pouvoir fort, ou encore une entité administrative locale sous la supervision de ministères.

La délégation de pouvoir est une forme plus poussée de la décentralisation. Par la délégation, les gouvernements centraux transfèrent le processus de prise de décision et d'administration vers des organisations semi-autonomes qui, en dernier ressort, doivent lui rendre des comptes.

Les gouvernements délèguent des responsabilités lorsqu'ils créent des entreprises ou sociétés publiques, des services chargés du logement, des transports, des districts de services spéciaux, des secteurs scolaires semi-autonomes, des sociétés de développement régional ou des unités spéciales chargées de l'exécution de projets. Généralement, ces organisations ont beaucoup de pouvoir discrétionnaire quant aux prises de décisions.

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Elles peuvent être exemptées des contraintes auxquelles sont soumis les fonctionnaires ordinaires et peuvent se faire payer directement par les usagers de services.

La dévolution est une troisième forme de décentralisation.

Lorsque les gouvernements délèguent les fonctions, ils transfèrent les pouvoirs de décision, l'autorité en matière de finances et de gestion vers des unités d'administration locales quasi-autonomes avec statut de municipalité. Généralement, la dévolution s'opère en transférant les responsabilités pour la fourniture de services aux municipalités qui élisent leurs propres maires et conseils, perçoivent leurs propres impôts, et jouissent du pouvoir de prendre des décisions d'investissements. Dans un système décentralisé par dévolution, les administrations locales ont des limites géographiques précises et juridiquement reconnues, à l'intérieur desquelles elles exercent leur autorité et leurs fonctions publiques. C'est cette forme de décentralisation qui soutend la plupart des décentralisations politiques (BANQUE MONDIALE, 2011).

La décentralisation financière, la répartition des ressources publiques et l'organisation des rapports financiers entre l'Etat et les collectivités locales. Ce concept recouvre la définition d'un champ de ressources propres pour les collectivités locales, l'identification d'un champ de ressources partagées entre l'Etat et les collectivités locales, et les transferts des ressources du budget de l'Etat à celui des collectivités locales.

La responsabilité des finances est une composante fondamentale de la décentralisation. Pour que les administrations locales et les organisations privées puissent exercer de manière efficace les fonctions administratives décentralisées, elles doivent disposer de revenus d'un niveau adéquat provenant soit de source locale, soit d'un transfert du gouvernement central. Elles doivent de même avoir le pouvoir de décision concernant les dépenses.

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La décentralisation économique ou décentralisation du marché se caractérise par la privatisation et la dérégulation car elle consiste à transférer des responsabilités des fonctions administratives du secteur public au secteur privé.

La privatisation et la dérégulation42 sont, généralement, mais pas toujours, accompagnées de libéralisation économique et de politiques de développement du marché.

Elles permettent que des fonctions qui relevaient primordialement ou exclusivement du gouvernement soient exercées par le secteur privé, les communautés, les coopératives, les associations volontaires privées et d'autres organisations non gouvernementales.

L'objectif de la décentralisation est la prise en charge par les populations elles-mêmes de la gestion de leurs propres affaires.

Cette prise en charge implique, par conséquent, d'organiser un transfert de compétence de pouvoir et moyens de l'Etat central vers les entités territoriales auxquelles il est reconnu une certaine autonomie. Ceci, dans le respect et les limites qui découlent du caractère indivisible de l'Etat qui demeure le gardien de l'unité politique et sociale pour l'ensemble du territoire du pays (SOUARE et alii, 2010).

La décentralisation joue des rôles importants dans l'augmentation de la participation des citoyens dans les activités politiques, économiques et sociales dans les pays en développement. Elle contribue à atténuer les goulots d'étranglement dans les prises de décisions, là où elle fonctionne efficacement. Elle permet aussi de réduire des procédures bureaucratiques complexes et à accroître l'attention des officiels sur les conditions et les besoins locaux.

42 Dérégulation est la suppression ou l'assouplissement des règles qui régissent une activité économique, notamment en matière tarifaire.

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Elle favorise ainsi une représentation politique des divers groupes politiques, ethniques, religieux et culturels dans le processus des prises de décision (BANQUE MONDIALE, 2011).

En somme, la théorie de la décentralisation implique une nécessité de créer ou de renforcer au niveau des collectivités décentralisées les capacités des ressources humaines qui interviennent aux différents niveaux de développement. Autrement dit, elle permet aux populations locales de participer à leur développement.

Cette théorie donne place à celle dite du développement local participatif.

I.3.2.3-Théorie du développement local participatif

Le concept de développement local est apparu dans un contexte où la vision centralisée de l'Etat était critiquée par certains acteurs locaux.

Ces derniers considéraient que le développement d'un territoire devait prendre en compte les besoins et les aspirations des habitants.

Une nouvelle logique d'autonomie est alors revendiquée vis-à-vis des centres décisionnels, politiques ou économiques. Le développement local se rapporte ainsi à des actions partenariales entre des acteurs intéressés à l'amélioration des conditions de vie dans leur environnement immédiat.

C'est vers la fin des années 1950 que prend forme la théorie du développement endogène avec les chercheurs comme John FRIEDMAN et Walter STÖHR.

Une approche volontariste, qui conçoit le développement comme une démarche partant du bas et privilégiant les ressources endogènes.

Celle-ci fait appel aux traditions industrielles locales et insiste particulièrement sur la prise en compte des valeurs culturelles et sur le recours à des modalités coopératives (Katalyn KOLOSY, 1997).

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L'approche participative du développement local insiste sur l'importance de la participation et de la responsabilisation des populations dans toutes les actions de développement.

Cette théorie va au-delà du sens strict des approches participatives telles que the Participatory Action Research (PAR), the Participatory Rural Appraisal (PRA), et les Méthodes Actives de Recherche et de Planification Participative (MARPP)).Celle-ci est maintenant à la base de la plupart des méthodes et des outils mis au point ces dernières décennies pour l'appui au développement (recherche-développement, développement local, gestion des ressources naturelles...) qu'ils s'en réclament explicitement ou pas.

D'abord, simples méthodes de recueil des informations auprès des populations locales, les premières expériences participatives ont progressivement intégré une participation de plus en plus active des acteurs locaux, dans des méthodes toujours plus formalisées de diagnostic participatif par la construction de la concertation avec les populations rurales.

L'approche participative a dépassé le simple diagnostic pour s'instituer en méthode de concertation pour l'intervention et a abouti à des outils de planification locale de développement (Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO, 2001).

L'approche participative, est une approche de concertation, d'ajustement continu et de compromis contractuels qui accompagne une action de développement rural depuis la conception de l'idée de base.

C'est une succession de pratiques dictées par des impératifs temporels spécifiques et définies à travers un vécu réel sur le terrain (Mohammed BAJEDDI, 2002).

TREMBLAY, cité par (CHERIF, 2008), estime que l'approche participative du développement local repose sur une démarche volontaire d'acteurs se réunissant sur un territoire pour envisager l'avenir de leur territoire.

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Il s'agit donc d'une vision du local dans le global, qui voit le territoire comme un système de relations avec d'autres systèmes et d'autres acteurs.

Pour cet auteur, les acteurs oeuvrent à l'amélioration des conditions de vie de leurs populations. Ce qui passe par le développement des activités de production, de la santé, de l'éducation et l'approfondissement de la démocratie et la gouvernance locale.

Du point de vue juridique, l'Organisation des Nations Unies (ONU), dans son article 1 de la déclaration sur le droit au développement lors de son l'Assemblée Générale du 04 Décembre 1986, stipule que:

« le droit au développement est un droit inaliénable de l'homme en vertu duquel toute personne humaine et tous les peuples ont le droit de participer et de contribuer à un développement économique, social, culturel et politique dans lequel tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales puissent être pleinement réalisés et bénéficier de ce développement ».

Cette déclaration trace les sillons du développement participatif.

Ainsi, selon la BANQUE MONDIALE (1992), le développement participatif est à la fois une fin et un moyen de développement.

En avançant l'idée que le développement participatif est une fin, elle entend le référer à une sorte d'objectif idéal selon lequel le développement durable résulterait de l'action responsable de citoyens politiquement mûrs et qui agiraient à travers des institutions électives, d'associations ou d'organismes, dans le cadre d'une société démocratique et libre.

Toutefois, un tel objectif devrait être compris comme un processus continu et de longue haleine, qui tendrait à améliorer la capacité des communautés à s'autogérer.

La seconde idée est celle du développement participatif conçu comme un moyen de développement. Cette idée est beaucoup plus familière car c'est sous cette forme qu'elle est apparue, il y a deux décennies, dans les politiques de développement.

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Cependant, cette idée contiendrait une nouveauté; celle de replacer les approches dans le contexte d'une responsabilisation politique des communautés concernées. Alors que précédemment, la responsabilisation politique ne concernait que la gestion d'une activité et n'avait donc qu'un sens opérationnel (CHERIF, 2008).

Malgré ses avancées considérables, la démarche participative soulève plusieurs critiques.

La première interrogation, évoquée par Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO, se situe dans la pratique de cette démarche sur le champ du développement.

En effet, la méthode " participative" telle qu'employée sur le terrain se limite à de simples dialogues "participatifs", "échanges ritualisés" où les acteurs locaux ne font que valider, au mieux alimenter les analyses et les choix faits par les agents extérieurs.

En réalité, une partie de ces problèmes est due à l'ambiguïté constitutive du concept de la "participation". Par définition, celui-ci spécifie la présence obligatoire et centrale d'une intervention exogène, à laquelle participent les acteurs locaux. Cette situation est peu adaptée à l'émergence d'une dynamique endogène de décision et de planification. L'autonomie des acteurs locaux est en fait loin d'être totale, que ce soit dans la formulation des problèmes et dans le choix des priorités ou dans la prise de décisions.

La participation est par essence différente de l'autonomie : c'est toujours la formule d'un agent extérieur qui fait participer aux diagnostics et aux politiques les acteurs locaux.

Par ailleurs, comme solution à ce problème, un nouveau principe participatif est soutenu par Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO, qui est le principe d'endogénéité.

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Ce principe consiste à transformer l'acteur local en décideur local dont la règle est que l'accompagnement technique ne fixe aucun objectif préalable à sa démarche d'appui. Sa sollicitation est d'être disponible pour une dynamique endogène de prise de décision concertée sur le territoire.

Ici, ce sont les acteurs locaux qui fixent ce qu'ils considèrent comme une priorité dans cette nouvelle prise ou reprise de pouvoir sur leur espace et leurs ressources que la démarche leur propose.

La seconde règle est que la planification territoriale est avant tout une oeuvre politique et non technique, ce qui implique que devant l'incertitude de l'avenir, la responsabilité de choix, avant tout, politique et éthique doit être laissée aux décideurs politiques légitimes.

La réussite de ces évolutions est dans la reconnaissance de la participation des populations aux actions les concernant, c'est-à-dire la volonté de remplacer la relation d'assistance entre l'encadrement et les populations par une relation de partenariat, basé sur une reconnaissance des savoirs, des perceptions et de la légitimité des acteurs locaux. Seule une dynamique réellement endogène pourra se pérenniser et se démultiplier à une échelle raisonnable sans appui extérieur permanent. Ceci vise à l'installation d'un processus local et collectif de prise de décision. Elle permet aux populations d'installer en amont un cadre stratégique de développement local axé sur leurs propres aspirations.

La prise en compte des valeurs des populations bénéficiaires dans les initiatives de développement est une modalité essentielle du principe de la participation.

En effet, la démarche promue par la politique de lutte contre la pauvreté intègre la prise en compte des besoins exprimés par les bénéficiaires dans les initiatives de développement. Cette démarche consiste à partir non des modèles et théories de développement importés mais des pratiques quotidiennes concrètes des populations bénéficiaires.

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Elle exige la création au sein des communautés d'accueil, des conditions pour une appropriation des initiatives de développement qui leur sont destinées.

La démarche de la politique de lutte contre la pauvreté s'affranchit de la tutelle exclusive des bureaucrates et investit le terrain.

La participation en matière de lutte contre la pauvreté vise à donner la parole aux populations bénéficiaires, car celles-ci connaissent mieux que quiconque leurs problèmes, leurs besoins.

A travers l'approche participative, le peuple devient un véritable agent ou acteur de son développement par une définition de ses besoins prioritaires et des actions appropriées pour les satisfaire.

Le passage d'une conception du développement privilégiant presque exclusivement les infrastructures matérielles à une autre qui réserverait une place aux structures sociales, de même que l'abandon progressif des modèles occidentaux ethnocentriques de développement au profit du respect des cultures locales, fait de la politique de lutte contre la pauvreté une politique de développement orientée vers des projets de développement tournés vers les acteurs locaux.

La participation des différents acteurs de la société est également une modalité indispensable du principe de la participation.

Elle ouvre de nouvelles perspectives quant à la façon dont les initiatives de développement et les affaires nationales en général devront être conduites.

En favorisant le respect du droit à l'information et à l'expression, la participation atteint un premier objectif de la politique de lutte contre la pauvreté, celui de s'attaquer à une des dimensions de la pauvreté, celle de l'exclusion et de la marginalisation.

La participation est supposée remédier aux dysfonctionnements de la démocratie dans les pays pauvres.

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Elle devrait ainsi renforcer les capacités et le pouvoir des corps intermédiaires (médias, syndicats, associations, etc.) dans l'élaboration, le suivi, le contrôle, l'évaluation et la réorientation des politiques. L'information, suivant cette optique, rend explicite les choix publics et accroît la transparence dans la gestion des affaires de l'Etat.

L'enjeu de la participation est d'assurer le principe de responsabilité démocratique (accountability), rendant l'Etat responsable de ses actions devant les citoyens.

La théorie du développement local participatif évolue actuellement vers une approche d'éco-développement participatif (Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB, 2002 : 32 à 33).

Le concept d'éco-développement participatif est une approche visant à un développement raisonné dans le contexte d'une conservation de la biosphère et qui, sans contester l'économie de marché met en question le laisser faire sans régulation.

Cette notion de caractère holistique, souligne bien que des progrès dans un domaine sont étroitement dépendants de ceux réalisés dans d'autres domaines43.

La notion de participation apporte à l'éco-développement sa dimension sociale et politique : elle introduit une idée de liberté et de maîtrise des décisions, et donc une finalité en termes de « développement humain ».

Elle introduit aussi l'idée de sauvegarde de l'environnement qui constitue une des conditions essentielles du développement durable, qui doit être directement assumée par les populations concernées44.

Les approches d'éco-développement participatif se proposent d'associer les actions de développement directement productives ou les actions à caractère social à des activités de restauration de l'environnement.

43Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), Développement local et communautés rurales: approches et instruments pour une dynamique de concertation, Paris, Karthala, page 32.

44Idid.

L'éco-développement participatif pose ainsi le principe d'une sorte d'échange entre d'une part, des engagements des populations à long terme de l'environnement et, d'autre part, des avantages offrant une réponse plus immédiatement à certains de leurs besoins sociaux et économiques.45

De tels avantages peuvent par exemple inclure des incitations individuelles et développer des actions productives pour obtenir du crédit ou des incitations collectives pour bénéficier d'équipements sociaux ou d'infrastructures de service comme des chemins de desserte ou un approvisionnement en eau potable.

Cette dernière théorie met en lumière un développement du bas vers le haut et faisant appel aux ressources localement disponibles. Elle insiste sur la participation des populations à leur développement comme condition d'un développement qui contribue à l'amélioration des conditions de vie.

En somme, ce cadre théorique regroupant les théories du changement social, de la décentralisation et du développement local participatif met en exergue la société humaine en évolution dynamique.

Cette évolution est le fruit des rapports des populations dans des rôles divers et diversifiés d'acteurs de développement.

Ce cadre théorique donne place au volet méthodologique du travail qui met en exergue les méthodes d'analyse et les techniques d'investigation.

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45 Grigori LAZAREV et Mouloud ARAB (2002), op.cit., page 33.

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Chapitre II-CADRE METHODOLOGIQUE

Ce chapitre évoque la démarche méthodologique, c'est-à-dire l'ensemble des méthodes utilisées pour réaliser cette étude, ainsi que les différentes étapes qui l'ont rythmée.

II.1-Méthodes d'analyse des données.

Notre étude porte sur le développement local participatif dans le cadre de la décentralisation à Dimbokro. Il s'agit de déterminer les mécanismes de construction des rapports sociaux autour de la participation de la population de Dimbokro au développement local.

Dans cette recherche, la nature du thème nous impose la saisie, la compréhension des mécanismes, des actions menées avec la participation de la population.

Deux méthodes ont été mobilisées pour cette étude, à savoir la méthode dialectique de DE BRYUNE et la méthode stratégique de Michel CROZIER.

II.1.1- Méthode dialectique

« La dialectique est la plus complète, la plus riche et, semble-t-il la plus achevée des méthodes conduisant à l'explication en sociologie.

Elle part de la constatation très simple des contradictions qui nous entourent »46.

Méthode de critique et de controverse certes mais aussi méthode historique, comparative, fonctionnelle, la méthode dialectique n'est rien d'autre que la science des lois générales, du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

46 Madeleine GRAWITZ (1996), Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, Page 399.

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La méthode dialectique en effet considère que tout est le produit des contradictions et qu'un phénomène doit être appréhendé et analysé non isolement mais par rapport à la totalité qui est d'ailleurs en évolution constante.

Or, le progrès économique est un phénomène social, qui nécessite pour "sa saisie totale" une méthode qui, au-delà des chaos apparents, des faits, essaie de déterminer les rapports entre les différents éléments, compare, classifie et explique les faits.

L'application de la méthode dialectique nécessite la prise en compte des quatre lois qui la caractérisent:

- la loi du mouvement: la dialectique explique le mouvement, elle développe une logique trinaire.

Ici, le mouvement s'est opérationnalisé avec la politique de décentralisation à travers ses structurations qui vise désormais la participation des populations à leur développement.

- la loi de l'interaction: les phénomènes sont reliés entre eux, interdépendants et il faut toujours les replacer dans leur contexte socio-historique pour mieux les appréhender.

Pour atteindre le progrès social, le monopole n'appartient plus à l'Etat mais une place est accordée aux populations dans leur diversité culturelle.

C'est donc un partenariat pour le développement qui est de plus en plus envisagé. Cela fait donc place aux différents rapports dans la sphère du développement local.

- la loi de la contradiction: ce qui détermine le mouvement c'est le dynamisme interne, le mouvement s'engage lui-même en liaison avec l'unité des contraires.

Avec la politique de décentralisation, l'on s'attend à ce que les populations soient au début et à la fin de leur développement mais l'application de cette politique laisse apparaître des contradictions telles que la faible participation

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de la population à son développement et le surgissement des pesanteurs politiques.

- la loi du passage de la quantité à la qualité (la quantité et la qualité ne doivent pas s'exprimer ici en termes de valeur).

Cette loi stipule que le changement entraine une modification dans la nature du réel.

Par exemple, le changement démographique engendre une modification du comportement des individus.

Pour cette dernière loi de la méthode dialectique, en s'appuyant sur la participation au développement prônée par les institutions de Bretton Woods (Banque mondiale, FMI), les mentalités ont tendance à changer pour donner l'occasion aux populations de s'exprimer à partir des ressources localement disponibles.

Pour atteindre le développement local, la population doit être impliquée à travers non seulement la détermination et l'analyse de ses besoins mais aussi et surtout sa participation effective aux actions de développement.

La méthode dialectique a permis dans cette étude de déceler des contradictions dans le développement local participatif à partir de la décentralisation.

A cette méthode, a été associée celle dite stratégique de Michel CROZIER.

II.1.2- Méthode stratégique

Afin de mieux appréhender notre thème de recherche, nous l'avons aussi analysé dans la perspective actionnaliste et précisément avec la méthode stratégique de Michel CROZIER.

Dans leur ouvrage, l'Acteur et le système (1977), Michel CROZIER et Erghard FRIEDBERG centrent leur conception sur le jeu entre l'organisation et ses membres, leurs relations interindividuelles et leurs stratégies.

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Ce jeu est défini comme «un système d'action» grâce auquel les acteurs structurent leur relation de pouvoir tout en se laissant la liberté.

La participation comme mode d'action collective serait donc une solution toujours contingente au problème de la coopération et de la coordination, en vue de l'accomplissement d'objectifs communs.

En effet, l'analyse stratégique de Michel CROZIER a été utilisée pour faire ressortir les positions stratégiques occupées par chaque acteur dans l'arène du développement. Cette théorie postule que l'acteur est détenteur d'une marge de manoeuvre importante vis-à-vis des règles de l'entreprise.

La maîtrise d'une zone d'incertitude lui confère un certain pouvoir et ce pouvoir sera d'autant plus important que s'accroîtra la maîtrise de zones d'incertitude.

Dans le cas de notre travail, beaucoup d'acteurs interviennent dans le cadre du développement à Dimbokro et chaque acteur concerné essaie d'accroître ses potentialités vis-à-vis des autres pour contrôler un minimum de pouvoir possible. En ce sens, la mise en évidence des différentes positions occupées par les acteurs locaux peut nous aider à étudier leurs stratégies qui définissent leur motivation faible ou forte par rapport à la participation au projet et saisir les représentations qui les sous-tendent; et par voie de conséquence, saisir les effets de cette conflictualité plus ou moins diffuse.

Chez CROZIER, en effet, l'individu est rationnel et cherche à accroître « sa marge de manoeuvre ». Il met ainsi en scène des individus que l'on peut assimiler à des « homo strategicus » dont l'objectif est d'accroître leur propre pouvoir et de restreindre celui des autres.

Par ailleurs, le jeu des acteurs en situation de développement met en exergue une zone d'incertitude qu'il faut considérer.

Une zone d'incertitude est, un espace de pouvoir que maitrise un acteur stratégique, et qui fait l'objet d'enjeux, ou donne naissance aux stratégies des jeux d'acteurs.

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Ce concept met l'accent sur l'autonomie et le pouvoir, deux notions liées. Par exemple, le supérieur hiérarchique n'a pas 100 % de certitude que ses consignes seront suivies. Il y a des incertitudes que les subalternes vont interpréter ses consignes. Chaque acteur dispose donc, quelque soit l'endroit où il se trouve, d'une zone au sein de laquelle il rend son comportement incertain, imprévisible pour les autres acteurs.

C'est ce que CROZIER et FRIEDBERG (1977) nomment une « zone d'incertitude ».

Ainsi, accroître son pouvoir, c'est accroître la zone au sein de laquelle on peut avoir un comportement imprévisible, indéterminé.

Du point de vue d'une organisation dans sa totalité, vouloir faire disparaître de telles zones, rechercher la prévisibilité totale, serait non seulement impossible mais aussi inefficace.

Quand bien même on y parviendrait, on aboutirait à un système rigide, aux réactions stéréotypées, incapable de générer les réponses nouvelles adaptées aux changements de l'environnement.

Dans l'analyse stratégique, l'incertitude est définie par rapport au renforcement du jeu de l'acteur, c'est-à-dire comme une autonomie. L'incertitude est au coeur de toute situation organisationnelle en s'appuyant sur l'autonomie de l'acteur et la possibilité pour lui de faire des choix.

Il est clair que l'incertitude ne réside pas seulement dans le fonctionnement interne de l'entreprise, mais tout autant, et peut être beaucoup plus, dans les contraintes de l'environnement.

Ces contraintes peuvent être d'ordre économique, social, politique, etc. La zone d'incertitude dans le cadre de ce travail est perceptible au niveau de la population par sa dotation dans certains capitaux, à savoir le capital symbolique et le capital culturel.

La population doit pouvoir les utiliser pour le développement local.

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En somme, l'imprévisibilité de sa réaction représente ici une zone d'incertitude qu'il faut analyser et orienter pour l'atteinte des objectifs du développement local.

Nous venons de présenter brièvement les différentes méthodes d'approches indispensables à l'étude.

Mais, pour que cette démarche intellectuelle ait une portée scientifique, elle doit être soutenue par une démarche pratique, c'est-à-dire des techniques. Autrement dit, la méthode constitue une dimension de la recherche à laquelle les techniques servent d'appui.

Ceci nécessite une délimitation du champ d'étude.

II.2- Délimitation du champ de l'étude

« Définir la population, c'est sélectionner les catégories de personnes que l'on veut interroger (...), c'est déterminer les acteurs dont on estime qu'ils sont en mesure de donner des réponses aux questions que l'on pose »47. Ainsi, compte tenu de la spécificité du thème et surtout de la nature des informations recherchées ; deux aspects du champ d'étude ont été retenus. Ce sont le champ social et le champ géographique.

II.2.1-Champ social

Afin de mieux appréhender le champ social de notre étude, nous nous inscrivons dans la perspective bourdieusienne.

Contrairement à Emile DURKHEIM pour qui la société est un « tout», Pierre BOURDIEU48 insiste sur la division en groupes sociaux et estime que l'espace social est partagé en une multitude de champs sociaux (l'école, la politique, la religion, la culture, etc).

47 Alain BLANCHET et Anne GOTMAN (1992), L'enquête et ses méthodes : l'entretien, Paris, Nathan, pp. 50-52

48Marc MONTOUSSE et Gilles RENOUARD (1997), « la Sociologie de l'habitus de Bourdieu », in 100 fiches pour comprendre la Sociologie, Paris, Bréal, pp. 62-63.

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Les capitaux détenus par chaque groupe social en proportion inégale constituent des atouts pour se positionner dans un champ social.

Mais les atouts nécessaires varient en fonction des champs.

En effet, chacun des champs possède ses propres règles et ses propres critères de réussite. Ainsi, les qualités requises pour réussir à l'école ne sont pas identiques à celles exigées dans le domaine de la politique ou du sport.

Enfin de compte, BOURDIEU assimile un champ social à un marché sur lequel s'échangent des biens spécifiques.

Le champ est « un espace de jeu, un champ de relations objectives entre des individus ou des institutions en compétition pour un enjeu identique »49.

Le développement local participatif s'inscrit dans un champ social global où l'on identifie le champ économique et le champ culturel.

En effet, afin d'aboutir à un développement en terme de progrès social, il est incontournable de tenir compte des valeurs culturelles ou encore des aspirations des populations. Ainsi, le champ social du développement local participatif est le marché du développement. Ici, les structures décentralisées du département de Dimbokro, dans leur rôle d'aide au développement tendent de maintenir leur pouvoir de décision en s'appuyant sur leur dotation en capital économique et social.

Par contre, la population, qui, certes, est moins dotée en capital économique et social s'appuie sur sa dotation en capital culturel et cherche à faire partager sa propre conception de l'ordre social afin de rendre légitime les positions privilégiées qu'elle occupe en définissant les atouts exigés dans le champ social et en les monopolisant.

Ceci s'inscrit dans la période de 2003 à 2010, à partir des différents rapports entre le Conseil Général de Dimbokro et sa population.

49Pierre BOURDIEU (1980), Question de Sociologie, Paris, Editions de Minuit, Page 196.

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Par ailleurs, partant de notre préoccupation qui est de déterminer les mécanismes de construction des rapports sociaux autour de la participation de la population de Dimbokro au développement local. Il était important de s'intéresser aux groupes sociaux suivants qui interviennent dans le champ social de notre étude et y échangent des biens spécifiques.

Les responsables du Conseil Général de Dimbokro (le Bureau du Conseil, les différents Directions et Services, le Secrétariat Général) ont été approchés afin de saisir l'organisation et le fonctionnement de cette structure et analyser ses actions envers la population.

Les échanges avec des partenaires au développement, à savoir le Maire de Dimbokro, Chef de zone ANADER, responsable du centre d'alphabétisation ont permis d'avoir des informations données géographiques et humaines de la localité. Ils ont aidé à avoir des informations sur les données économiques et les actions réalisées et précisément la place occupée par les populations dans le processus de développement.

Pour les responsables des associations ou mutuelles de développement, la notabilité de certains villages, les planteurs, commerçants et artisans, il a été question d'avoir leurs opinions sur les actions de développement réalisées. Cela a concerné leur participation au développement de leur localité et l'analyse des interactions qui existent entre les populations et le Conseil Général Dimbokro.

En somme, le choix de ces catégories de personnes se justifie par le fait que chacune d'elle est impliquée dans le processus de développement économique et social du département de Dimbokro.

Notre intérêt pour ces groupes sociaux est que ceux-ci interviennent sur le marché du développement à partir de leur dotation en capitaux.

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II.2.2-Champ géographique

Le département de Dimbokro, lieu de notre étude, est situé au centre de la Côte d'Ivoire, à 242 km d'Abidjan. Il se trouve dans la région administrative du N'Zi dont il est le chef-lieu.

Ce chef-lieu partage la limite administrative avec le département de Bocanda au Nord, le département de Bongouanou au Sud, le département d'Arrah à l'Est et le District de Yamoussoukro et le département de Toumodi à l'Ouest. L'électrification dans le département de Dimbokro semble être insuffisante dans la mesure où seulement 13 villages sur les 72 sont électrifiés. Ce qui nécessite des actions de développement avec la participation des populations. L'espace végétal de Dimbokro appartient au domaine soudanais.

Il est caractérisé par une juxtaposition de forêts claires, de forêts denses et sèches et de savanes et offre des opportunités pour la culture d'autres spéculations telles que l'anacarde et la culture des vivriers.

En outre, sa position de carrefour, est un atout pour les échanges inter-villes. Le département de Dimbokro qui faisait partie de l'ancienne boucle du cacao, a actuellement besoin de stratégies de relance économique.

II.3-Techniques d'investigation

Les techniques sont des outils, mis à la disposition de la recherche et organisés par la méthode dans un but précis (Madeleine GRAWITZ, 1996 : 319).

En effet, l'usage de toute stratégie d'analyse n'est possible que lorsque le chercheur dispose d'un ensemble d'instruments adéquats c'est-à-dire des techniques d'enquête qui sont ses moyens d'actions.

Ainsi, cette étude allie l'approche qualitative dans sa version phénoménologique, et l'approche quantitative avec des questions fermées.

87

C'est donc le lieu de préciser les outils opérationnels utilisés pour mener cette étude.

Il s'agit successivement de la documentation, de l'enquête exploratoire, de l'entretien, du focus group ou entretien collectif et du questionnaire.

II.3.1- La documentation

Cette phase de notre recherche s'est faite en trois étapes.

La première focalisée sur la collecte et l'exploitation des ouvrages méthodologiques pour le cadrage du thème et ouvrages généraux et revues traitant le développement dans le monde en général, de l'Afrique subsaharienne et de la Côte d'Ivoire en particulier.

La deuxième a consisté à la consultation des ouvrages, mémoires, revues et rapports traitant la décentralisation, de la participation et du développement local.

Enfin, dans la troisième étape, nous avons consulté les ouvrages et toutes les publications concernant le département de Dimbokro.

Ce volet nous a permis d'avoir des données sur ce chef-lieu et un aperçu des actions réalisées par les structures décentralisées, les enjeux des apports existant et la participation de la population au développement local.

II.3.2-L'enquête exploratoire

L'enquête exploratoire a permis de prendre contact avec les autorités administratives de Dimbokro, qui ont donné leur accord pour la réalisation de cette étude dans leur localité.

Aussi avons-nous pris contact avec certains habitants de cette localité, à savoir des chefs de village et des responsables d'associations et mutuelles de développement pour un premier aperçu des actions de développement entreprises par les structures décentralisées et surtout leur participation effective à la conception, à la réalisation et au suivi de ces actions.

88

Par ailleurs, cette enquête exploratoire nous a permis de constater les initiatives de développement prises tant au niveau des structures décentralisées qu'au niveau de la population locale.

Les entretiens issus de cette enquête exploratoire ont été déterminants dans l'orientation des questions des guides d'entretien, des focus groups et du questionnaire. Les questions ont donc été réaménagées afin de mieux les adapter aux informations dont nous avons besoin.

L'enquête exploratoire a mis en lumière les aspects du phénomène auxquels le chercheur ne pouvait penser spontanément. En outre, elle a permis de compléter les pistes de travail.

II.3.3-L'entretien

Pour avoir de plus amples renseignements sur l'objet d'étude qui est d'analyser à partir de la décentralisation (processus de reconstruction des rapports de l'Etat avec les populations) la participation des populations au développement local, des entretiens ont été adressés aux responsables des structures décentralisées, aux différents acteurs et partenaires du développement.

Ainsi, les différents entretiens se sont essentiellement reposés sur les points suivants :

- objectifs et réalisation des actions de développement;

- stratégies de participation de la population à son développement;

- état des rapports existant entre les structures décentralisées et les populations;

- apport des partenaires au développement;

- obstacles à la participation de la population à son développement.

89

En complément à l'entretien semi-directif, un entretien collectif a été réalisé afin de saisir les points de vue de la notabilité de certains villages et des responsables d'associations et mutuelles de développement sur le sujet.

II.3.4-Le focus group ou l'entretien collectif

Dans le but d'avoir les points de vue plus approfondis de la population de Dimbokro sur son développement et sa participation, il nous a semblé opportun d'échanger avec ses différents représentants en entretien de groupes. Ainsi, les focus groups ont été réalisés avec les responsables d'associations et mutuelles de développement en raison de six (06) à huit (08) personnes.

Le même procédé a été utilisé avec la notabilité des dix villages retenus où cinq (05) à six (06) personnes ont répondu aux différentes questions.

Les différents entretiens se sont essentiellement reposés au niveau de la notabilité sur les conditions de réalisation des actions de développement, le rôle et la politique locale de développement et sur les rapports entre les structures décentralisées et les chefs de villages.

Au niveau des associations et mutuelles de développement, les échanges se sont centrés sur les stratégies et canaux de participation des associations au développement local.

Ils ont concerné l'apport des associations au développement, ainsi que les rapports entre les structures décentralisées et les groupements de la population locale. Ces échanges se sont achevés sur l'appréciation des actions de développement réalisées.

90

II.3.5-Le questionnaire

L'élément de base ou d'unité qui donne au questionnaire son sens et sa portée est la question elle-même. Cependant, il existe plusieurs formes de question selon l'usage qu'on veut faire des réponses et selon les degrés de précision que l'on désire dans les réponses. Dans le cadre de cette étude, quatre (04) types de questions ont été nécessaires pour le recueil des informations.

Il s'agit des questions de faits, des questions fermées, des questions ouvertes et des questions de type "cafétéria".

Les questions de faits sont celles qui concernent des faits, c'est-à-dire des éléments objectifs, observables et facilement identifiables.

On considère comme relevant de questions de faits, des renseignements tels que l'âge, le sexe, la profession, etc.

L'utilité de ce type de question a été l'identification des caractéristiques socio-démographiques des enquêtés.

Quant aux questions fermées, elles sont celles qui ferment le type ou le contenu des réponses possibles. Elles sont simples, discrètes et fixent à l'avance les modalités de réponses.

Dans cette étude, elles ont été plus utilisées non seulement pour faciliter le traitement des données mais aussi et surtout pour obtenir une précision sur les raisons de faire participer les populations dans le processus de leur développement et les rapports afférents à cette participation.

En effet, ces questions ont concerné des éléments simples à exprimer, objectifs et ouverts par des réponses de forme oui ou non.

A l'opposé des questions fermées, les questions ouvertes ont été plus qu'utiles pour permettre une ouverture des champs de réponses aux enquêtés. Ceci dans l'objectif d'obtenir des réponses nuancées et avoir des informations complémentaires.

91

En somme, les questions ouvertes ont permis dans cette recherche de recenser une variété de réponses relatives aux questions concernant les connaissances des populations sur le développement local et la décentralisation et aussi sur les stratégies de leur participation au développement.

Au-delà des questions fermées et ouvertes, les questions "cafétéria" sont celles qui présentent une sorte de carte de choix comme dans une "cafétéria".

On y propose une série de réponses possibles au choix, et qui sont susceptibles d'épuiser tout ce que le sujet peut avoir à répondre sur l'élément considéré. Ainsi, au-delà de l'ouverture faite à l'enquêté, une gamme de réponses lui a été proposée concernant les connaissances sur le développement local et de la décentralisation et la participation des populations à leur développement.

Au total, on peut retenir que grâce au questionnaire, des données quantitatives et qualitatives sur le sujet ont pu être obtenues.

Ainsi, il a essentiellement reposé sur les points suivants:

- caractéristiques sociodémographiques des enquêtés;

- connaissances des populations sur le développement local et de la décentralisation;

- canaux de communication et stratégies de participation de population au développement;

- état des rapports entre les structures décentralisées et la population et enjeux de desdits rapports.

Compte tenu du fait que le questionnaire est adressé à la population composée à la fois de lettrés et d'analphabètes, il a fait l'objet d'une administration directe et indirecte.

En plus de ces outils d'investigation, il y a l'échantillonnage qui est le processus au cours duquel il a été possible d'élaborer l'échantillon.

92

II.4-Echantillonnage

II.4.1-Identification des groupes stratégiques

Les groupes stratégiques sont l'ensemble des individus qui peuvent fournir des informations importantes et nécessaires servant à la réalisation de la recherche et aboutir à un résultat fiable. Dans cette étude nous avons identifié plusieurs catégories de personnes ressources qui sont en premier lieu la population locale (dont les différentes catégories sociales), les chefs coutumiers, les leaders communautaires, les élus locaux, l'équipe cadre et les agents de développement.

Des raisons expliquent le choix de ces catégories de personnes.

Les élus locaux sont des personnes capables de parler du processus du développement de leur communauté. Ils établissent les différents programmes de développement relatifs aux besoins de la population leur localité.

Ils font ainsi partie des acteurs les mieux indiqués pour donner les informations sur l'administration locale et le développement local.

Les chefs coutumiers et leaders communautaires quant à eux sont des responsables traditionnels et des personnalités influentes qui interviennent dans la gestion des affaires locales.

Les hommes sont des individus qui occupent une place de choix dans la société à travers leurs activités socio-professionnelles.

Ils ont de l'expérience et peuvent influencer considérablement les actions de développement.

Enfin, les femmes sont considérées comme la base de tout développement dans nos différentes communautés. Elles participent à la prise en charge de leur famille et prennent part au développement à travers leurs diverses activités.

93

En somme, ces groupes stratégiques se composent de responsables d'associations et mutuelles de développement, de la notabilité, de responsable des allogènes, des opérateurs économiques, des commerçants, des planteurs et cultivateurs et des vendeuses et artisans et des partenaires au développement du département de Dimbokro.

Au regard de ces rôles essentiels, ils ont été retenus parmi les groupes stratégiques.

II.4.2. Population

L'échantillon a été tiré à partir de la population-mère qui constitue la population du département de Dimbokro avec 81.158 habitants (RGPH, 1998).

Pour cette étude, les différents acteurs qui échangent des capitaux (socio-économique et culturel) sur le champ du développement local, à savoir la notabilité, les responsables d'associations et mutuelles de développement, les commerçants, les planteurs et cultivateurs, les vendeuses et artisans ont été interviewés. Ceux-ci ont constitué la population à l'étude.

II.4.3. Type d'échantillonnage

Pour réaliser cette étude, un échantillon de 384 personnes a été constitué et s'est opérationnalisé à partir de l'échantillonnage typique ou du choix raisonné.

La technique de sondage est l'approche accidentelle. Il s'agit d'une technique non probabiliste qui consiste à tirer les éléments disponibles et présents au moment de l'enquête jusqu'à épuisement de l'échantillon prévu.

Nous avons combiné l'échantillonnage typique et l'échantillonnage accidentel. L'échantillonnage typique est la constitution d'un échantillon de la population de recherche par la sélection d'éléments représentatifs de celle-ci.

94

L'échantillonnage accidentel est une constitution d'un échantillon de la population de recherche à la convenance du chercheur imposant le moins de contraintes possibles dans la sélection des éléments (Maurice ANGERS, 1996 : 236).

Ainsi, sur la base de la taille des trois cantons (Aïtou, Sakiaré et Languira) que compte Dimbokro, nous avons choisi dix (10) villages plus peuplés sur les 72 villages où nous avons interrogé la notabilité composée de cinq (05) à dix (06) personnes.

Le choix de ces dix villages se justifie par l'importance de la demande en infrastructures de développement due à la densité de leur population.

Ce sont Angouakoukro, Abigui et Trianikro pour le canton Aïtou ; Tangoumansou, N'Dayakro et Boré-Akpokro pour le canton Sakiaré et Soungassou, Ebimolossou, Ahua et Kangrassou-Alluibo pour le canton Languira.

Aussi, dans la mesure où en milieu rural, les différents groupements des populations sont des opportunités pour la population de s'organiser, de s'informer afin de participer au processus de son développement, nous avons échangé avec vingt responsables des associations et mutuelles de développement du département de Dimbokro.

Ces associations et mutuelles de développement ont été à cause de leur représentativité en termes d'effectif, de mobilisation des ressources humaine, matérielle et financière.

A Dimbokro, dix-sept associations et mutuelles ont un agrément prouvant leur existence officielle. Nous avons, au vu du nombre réduit de celles-ci, échangé avec certains membres de ces associations par des entretiens collectifs de six (06) à huit (08) personnes.

Trois autres associations, qui bien que n'étant pas déclaré, exercent des activités reconnues dans le cadre de l'amélioration des conditions de vie ont été ajouté à la liste pour donner le nombre de vingt.

Les autres catégories de personnes, à savoir les commerçants, les opérateurs économiques, les planteurs/cultivateurs, les vendeurs et artisan sont été choisies selon leur apport au développement socio-économique de Dimbokro.

Ainsi, certaines données ont été recueillies à partir de questionnaire avec les commerçants, les opérateurs économiques, planteurs/cultivateurs et les artisans et éleveurs.

Et, d'autres ont été obtenues à partir de focus groups avec la notabilité et les responsables d'associations et mutuelles de développement.

Afin de mener à terme cette étude, nous avons réalisé 190 questionnaires, 30 focus groups et 12 entretiens individuels.

Ainsi, avec la technique de saturation50, nous avons interrogé 384 personnes dont 194 personnes ont été interrogées à partir des entretiens collectifs et individuels et 190 personnes interrogées à partir d'un questionnaire.

De manière spécifique, la cible primaire autour duquel nous travaillons est composé de 372 personnes dont 182 personnes interviewées et 190 personnes dont 78 femmes et 112 hommes interrogées par questionnaire.

A cela s'ajoute les douze (12) personnes interviewées au niveau des structures décentralisées et des partenaires au développement.

95

50Le critère de saturation des données a été atteint à partir du moment où de nouveaux entretiens n'apportaient plus de nouvelles informations.

96

II.4.4-Récapitulatif de l'échantillon

Le nombre de chacun de ces acteurs diffère les uns des autres.

Les populations, qui constituent la cible primaire, dans leur catégorisation, sont plus nombreuses que les responsables locaux et partenaires au développement qui représentent la cible secondaire.

C'est pourquoi la taille de l'échantillon varie d'un groupe cible à l'autre.

II.4.4.1- Au niveau de la population locale Effectif de la population par sexe

- Hommes : 40.782 soit 50,25 % - Femmes : 40.376 soit 49,75 %

- Total : 81.158 soit 100%
Source : INS-(RGPH, 1998).

Effectif de la population par âge

- 0-14 ans : 34.897 soit 43%

- 15-49 ans : 43.014 soit 53%

- 60 ans et plus : 3.247 soit 4%

Total: 81.158 soit 100%

Source : INS-(RGPH, 1998).

Effectif de la population selon la tranche d'âge concernée par l'étude

- 15-49 ans : 43.014 soit 53%

- 60 ans et plus : 3.247 soit 4% - Total : 46.261 soit 57%

Source : INS-(RGPH, 1998)

Effectif de la population à l'étude selon la profession

- Planteurs/cultivateurs: 809

- Commerçants : 406

- Opérateurs économiques: 154

- Artisans : 40

- Éleveurs : 15

Soit un total de 1424 personnes.

Source : INS-(RGPH, 1998) et enquête de terrain 2010-2012.

Nous avons interrogé 10% de l'effectif des groupes cibles de grande taille (planteurs/cultivateurs, commerçants, opérateurs économiques) et la totalité pour les effectifs faibles (artisans, éleveurs).

Nous avons opté de cette manière afin d'avoir dans chaque catégorie sociale un nombre représentatif de personnes à interroger et aussi dans le souci d'avoir une diversité de point de vue sur la question.

Tableau n°6 : Répartition de l'échantillon de la population locale

Cible primaire

Nombre de
personnes
interrogées

Total des
catégories sociales
considérées

Eleveurs

15

15

Artisans

40

40

Opérateurs économiques

15

154

Commerçants

40

406

Planteurs et cultivateurs

80

809

Total

190

1424

97

Source : Réalisé par nous.

98

En complément, 30 focus groups ont été réalisés avec la notabilité de certains

villages et des responsables d'associations et mutuelles de développement de

Dimbokro.

Ces entretiens collectifs ont concerné 182 personnes 80 hommes et 102

femmes.

Cet effectif a été atteint grâce au nombre de personnes interrogées lors des

différents focus groups.

Au niveau de la notabilité des dix 10 villages:

- dix (10) villages x 06 personnes = 60 personnes;

- Total de personnes concernées : 60.

Au niveau des associations et mutuelles de développement:

- dix-huit (18) associations x 06 personnes = 108 personnes;

- deux (02) associations x 07 personnes = 14 personnes;

- Total de personnes concernées: 122.

II.4.4.2-Au niveau des structures décentralisées et des partenaires au développement

Tableau n°7 : Répartition de l'échantillon au niveau des structures décentralisées et des partenaires au développement

Cible secondaire

Nombre de personnes
interrogées

Responsables du Conseil Général de
Dimbokro

06

Mairie de Dimbokro

01

Secrétaire Général I de la préfecture
de Dimbokro

01

Responsable des allogènes

01

ANADER, zone de Dimbokro

01

District sanitaire de Dimbokro

01

Centre d'alphabétisation Saint Joseph
de Dimbokro

01

TOTAL

12

99

Source : Réalisé par nous.

100

II.5- Dépouillement

Pour ce volet de notre travail, nous avons procédé à une analyse de contenu pour les données qualitatives et à partir du logiciel EpiData 3.1 pour les données quantifiables.

L'analyse de contenu constitue une méthode de collecte de données. Dans le domaine des sciences humaines, ces méthodes s'alimentent de trois sources, à savoir l'utilisation de documents, l'observation par le chercheur et l'information fournie par les sujets (Benoît GAUTHIER, 2008).

Dans le cadre de cette étude, l'analyse de contenu porte sur les résultats des entretiens individuels et collectifs avec la notabilité de certains villages et des responsables d'associations et mutuelles de développement et sur les documents relatifs aux dispositions organisationnelles du Conseil Général de Dimbokro.

Les autres données collectées sur le terrain ont été saisies à partir des logiciels Word et Excel.

Elles ont été par la suite transférées dans le logiciel EpiData 3.1.

Ce logiciel, spécialisé dans la saisie et la documentation de données, permet des analyses statistiques et organise les données.

Des tables croisées, distribution et des listes peuvent être produites à partir de ce logiciel. EpiData permet de saisir des données de façon "contrôlée".

Nous avons par la suite exporté les données vers un fichier compatible, en l'occurrence le logiciel SPSS 16.0.

Ce logiciel aide à l'analyse des calculs statistiques à partir des données saisies dans un format structuré afin d'obtenir des tableaux de fréquences ou croisés pour en faire une étude avec des résultats escomptés.

Le logiciel SPSS 16.0 a été utilisé pour le traitement des résultats quantifiables de l'enquête. Il a permis de faire le point des données recueillies à partir des différentes questions.

101

II.6- Difficultés rencontrées

Au cours de la conduite de ce présent travail de recherche, nous avons des difficultés inhérentes à toute recherche de terrain ont été perceptibles. Elles sont liées aux moyens de transport pour sillonner les villages, à la méfiance, au refus de certaines personnes de répondre aux questions.

Pour sillonner les villages retenus pour l'enquête, nous avons eu des difficultés tant au niveau des moyens de transport qu'au niveau financier. Ainsi, dans la mesure du possible, avons-nous fait usage des voitures de transport, de la moto et du vélo. Et cela a nécessité des dépenses supplémentaires.

Ensuite, en dépit de l'autorisation officielle suivie d'explications des objectifs et intérêts de l'étude que nous présentons à chaque enquêté, certaines personnes ont refusé de répondre à nos questions sous prétexte qu'elles s'apparentent à une inspection auxquelles elles ne peuvent pas répondre au risque de divulguer des « secrets professionnels » ou ne voyant « aucun intérêt à répondre à des questions qui tout compte fait ne leur apporteront rien à l'amélioration de leurs conditions de vie ».

La fatigue ou la lassitude des populations soumises à une série répétée d'enquête qui porte à peu près sur les mêmes thématiques a constitué une des difficultés.

« "Haï", nous sommes fatigués avec vos enquêtes là qui ne finissent jamais », toujours on nous questionne mais rien ne change ici» disent-ils pour manifester leur indignation.

Toutefois, pour contourner ces obstacles, nous avons fait comprendre, dans la langue locale, aux enquêtés la nécessité d'avoir leur avis sur les questions posées. Cette stratégie nous a permis d'aller au terme de l'enquête.

102

Conclusion partielle

Cette première partie de la présente étude nous a permis d'évoquer les cadres théorique et méthodologique. Le chapitre dédié au « cadre théorique» nous a permis de construire l'objet d'étude, de préciser à partir d'une revue de littérature, la problématique, les objectifs de l'étude, la thèse et les hypothèses de recherche.

Il a été aussi question du modèle d'analyse, du cadre opératoire et de la référence théorique.

Le second chapitre, « cadre méthodologique », a fait la précision des démarches méthodologiques qui ont présidé à la collecte des données destinées à tester les hypothèses et à répondre aux questions de recherche. Dans le but d'une compréhension des actions de développement entreprises dans le département de Dimbokro et de la place qu'occupe la population dans le processus de développement, nous faisons par la suite une présentation du terrain et de l'objet d'investigation.

PRESENTATION DU

TERRAIN ET DE L'OBJET

D'INVESTIGATION

DEUXIEME PARTIE

103

104

La présentation du terrain d'investigation part de la carte des différentes régions de la Côte d'Ivoire, à celle de la région du N'Zi qui fait ressortir le chef-lieu de cette région (Dimbokro) qui est le département d'enquête. Celle-ci s'est terminée par une littérature concernant cette localité.

105

Carte n°1 : Localisation du département d'enquête

Source : Fraternité Matin n°14066 du 15 au 16 octobre 2011. Dessin: Groupessié

Carte n°2 : Département de Dimbokro

Source : BNETD-CCT, Septembre 2010. Conception : Isaac KOUAKOU Dessin: Groupessié

106

Carte n°3 : Relief et cours d'eau de Dimbokro

Source : ATLAS DE COTE D'IVOIRE, planche A 1. Conception : Isaac KOUAKOU Dessin: Groupessié

107

Carte n°4 : Végétation de Dimbokro

Source : ATLAS DE COTE D'IVOIRE, planche A 6a. Conception : Isaac KOUAKOU Dessin: Groupessié

108

109

Chapitre III- TERRAIN D'INVESTIGATION:

LE DEPARTEMENT DE DIMBOKRO

III.1-PRESENTATION

III.1.1- Aspect historique

Petit village créé par Kouassi Djegbo, Djegbokro est devenu aujourd'hui Dimbokro par déformation orale.

Poste administratif en 1903, Dimbokro est actuellement le chef-lieu de la région du N'Zi.

Selon le nouveau découpage administratif de la Côte d'Ivoire, Dimbokro est à la fois chef-lieu de la Région du N'Zi et chef-lieu du District des Lacs.

Le District des Lacs regroupe trois Régions (Région du Bélier avec pour chef-lieu Toumodi, Région du Iffou avec pour chef-lieu Daoukro et Région du N'Zi avec pour chef lieu Dimbokro).

C'est par décret n° 61 du 30 Janvier 1961 que Dimbokro a été érigée en sous préfecture et en chef-lieu de département par le décret n° 69-241 du 09 Mai 1969.

Compris entre 06° 39' de latitude nord et 04° 42' de longitude ouest et coincé entre le département de Bocanda au nord, le département de Bongouanou au sud, le département de Arrah à l'Est et le district de Yamoussoukro à l'Ouest, le département de Dimbokro s'étend sur une superficie de 1.601,3 km2.

Le département de Dimbokro est situé respectivement à 88 Km de Yamoussoukro, la capitale politique et administrative, et à 242 km par voie routière et à 185 km par voie ferroviaire de la capitale économique, Abidjan.

110

III.1.2- Hydrographie

Le département de Dimbokro est traversé du Nord au Sud par le fleuve N'ZI, un affluent du Bandama. Le N'Zi coule selon un tracé sinueux et comporte des affluents:

- le Kan à Krokokro ;

- l'Ourogo à Ahounianssou ;

- l'Ouabissi à N'Dayakro51.

Le département de Dimbokro dispose de vingt-deux retenues d'eau à usage hydro-agricole.

III.1.3- Géographie physique et humaine III.1.3.1- Géographie physique

Le département de Dimbokro présente un relief de plateaux étagés et de plaines. Ce relief qui se caractérise dans son ensemble par une certaine horizontalité, se distingue par endroits par des jaillissements de collines de faible hauteur. L'espace végétal du département de Dimbokro appartient au domaine soudanais et est caractérisé par une juxtaposition de forêts claires, de forêts denses et sèches et de savanes. Le climat est caractérisé par une saison des pluies dont le sommet se situe en Juin, en Septembre et dans la moindre mesure en Août et suivie par une saison sèche de Novembre en Mars.

Cela se traduit par une pluviométrie moyenne annuelle de 1078 mm52.

Le département de Dimbokro se trouve dans une sorte de cuvette avec un climat chaud et sec assorti d'une température la plus élevée du pays qui varie entre 30 et 38° C.

51Cabinet MENSO-Consultant (Septembre 2006), Etude diagnostique du réseau routier du département de Dimbokro, Menso-Dimbokro : Consultant/CGD, Page 04.

52Groupe Intercommunications/RCI (2005), Départements et Districts de Côte d'Ivoire, Abidjan, Groupe Intercommunications, Page 124.

111

III.1.3.2- Géographie humaine

La population du département de Dimbokro est estimée selon le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH, 98) à 81.158 habitants, soit une densité de 51 habitants/km2 vivant dans 14 quartiers et dans 72 villages.

La population du département de Dimbokro est regroupée en trois (03) cantons et quatre (04) tribus.

III.1.3.2.1-Les cantons

Les cantons du département de Dimbokro sont au nombre de trois (03).

Ce sont:

- le canton Hahoutou ou Aïtou, qui comprend seize (16) villages,

- le canton Agba-languira, qui comprend vingt-six (26) villages,

- le canton Sakiaré Haalis, qui comprend trente (30) villages.

III.1.3.2.2-Les tribus

Les tribus du département de Dimbokro sont les Agba-languiras, les Sakiaré Haalis, les Haoutous ou Aïtous, les Faafouets et les Nananfouets. L'analyse des chiffres de cette population révèle que les jeunes de moins de 20 ans et les hommes sont les plus nombreux. Les jeunes sont au nombre de 45.682 habitants soit 56,28% de la population totale. La grande partie de cette jeunesse est absorbée par les établissements scolaires que compte le département.

D'autres se retrouvent dans l'agriculture ou exercent des petits métiers tels que la cordonnerie, la menuiserie, la couture, la coiffure.

Avec 40.778 habitants, soit environ la moitié de la population départementale (50,24%), les hommes occupent la deuxième place, après les jeunes de moins de 20 ans, du point de vue de l'importance du nombre de la population.

112

Les hommes sont présents dans les différents secteurs d'activité : le primaire, le secondaire et le tertiaire.

La gent féminine du département de Dimbokro équivaut dans une certaine mesure, pour ce qui est du nombre de la population à la population masculine. Avec une population estimée à 40.380 habitants (49,75%) de l'effectif global du département, les femmes sont présentes dans l'agriculture, le petit commerce et les petits métiers du secteur informel.

En majorité Baoulés, la population du département de Dimbokro est composée d'une forte colonie de migrants allogènes (Dioula, Agni, Bété...) et d'une population étrangère peu nombreuse. Composée pour une large part de ressortissants des pays de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), cette population étrangère est estimée à 7.470 habitants représentant 09, 20% de l'effectif total du département. Les Burkinabés, avec 3.456 habitants constituent la communauté la plus nombreuse de la population étrangère du département de Dimbokro. Viennent ensuite les Maliens (1.891 habitants), les Nigérians (522 habitants), les Guinéens (323 habitants), les Nigériens (303 habitants), les Sénégalais (218 habitants), les Béninois (213 habitants), et les Mauritaniens (117 habitants)53.

III.1.4- Données économiques

III.1.4.1- Secteur primaire

Jadis, le département de Dimbokro produisait une grande quantité de café et de cacao qui lui a valu l'appellation de "la boucle du cacao".

Cela est devenu un souvenir et l'on a actuellement le regard tourné vers les cultures vivrières et d'autres spéculations.

53Groupe Intercommunications/RCI (2005), Op.cit., page 125.

113

III.1.4.1.1- Cultures d'exportation

Un regard sur la monographie de Dimbokro permet de mesurer l'ampleur de la dégradation du verger (café-cacao) qui autrefois était prospère sur le plan agricole.

En effet, les productions caféières et cacaoyères dans l'ancienne boucle du cacao (Dimbokro) étaient respectivement, lors de la campagne 1979-1980, de 18.350 tonnes et de 56. 800 tonnes (Boni DIAN, 1984 : 412).

Ces productions sont en baisse comme l'indique le tableau ci-dessous.

Tableau n°8 : Productions en tonnes du café et du cacao de 1999 à 2003.

Années de la

1999-2000

2000-2001

2001-2002

2002-2003

Campagne

 
 
 
 

Produits

 
 
 
 

Café

281

220

134

103

Cacao

314

271

282

301

Source : MINISTERE D'ETAT, MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2005 : 18-23.

Ainsi, la culture du binôme café-cacao ne fait plus la fierté de ce département, et donc la population est à la recherche d'autres perspectives de développement.

Néanmoins, les cultures telles que le palmier à huile, l'anacarde, l'hévéa sont en pleine évolution dans le département.

114

III.1.4.1.2- Cultures vivrières

Eu égard au fait que la production du binôme café-cacao est en baisse dans le département, la population s'est de plus en plus tournée vers la culture vivrière. Les cultures vivrières en vogue sont les tubercules (manioc, igname) et les céréales (riz, maïs) mais avec une dominance de la culture de l'igname. La production de ces vivriers n'est pas en grande quantité et est destinée particulièrement à la consommation.

III.1.4.2- Secteur secondaire

La politique gouvernementale visant à attirer les agents économiques mis en place dans les années 1970 a abouti en Avril 1974 à l'implantation de l'UTEXI à Dimbokro. Cette unité industrielle employait environ 920 personnes et un grand nombre de travailleurs journaliers. L'UTEXI de Dimbokro a été malheureusement fermée depuis 2002 à cause des problèmes de gestion et de ravitaillement.

Une nouvelle société dénommée OLAM s'est implantée depuis le 10 Novembre 2004 à Dimbokro. Les employés de cette unité industrielle sont payés par quinzaine et reçoivent entre 15.000 F CFA et 20.000 F CFA et donc entre 30.000 F CFA et 40.000 F CFA le mois.

Elle participe ainsi à l'économie du département en offrant particulièrement du travail à la gent féminine.

Cette unité industrielle indienne est spécialisée dans le traitement et le conditionnement des fruits de l'anacarde depuis les pommes jusqu'aux amandes. Par ailleurs, Dimbokro dispose d'une scierie.

115

III.1.4.3-Secteur tertiaire

Ce secteur est en reconstruction à cause de la fermeture de certains supermarchés comme la chaine avion et autres. Le commerce est en grande partie tenu par les migrants notamment les Libanais, les Sénégalais, Guinéens et par quelques ivoiriens qui se sont engagés dans ce domaine d'activité.

L'artisanat quant à lui n'est pas très développé mais il y a la présence très remarquée des potières de Kangrassou-Alluibo, village faisant partie du canton Languira et situé à sept (07) kilomètres de Dimbokro.

Une minorité d'artisans fabriquant de marmites se trouvent au quartier Sokouradjan de Dimbokro.

La ville de Dimbokro, chef-lieu de département, regorge bon nombre de réceptifs hôteliers. A côté des hôtels tels que la Villa des hôtes, le Manvy, l'Equinoxe, le Pétrolier, l'Auberge qui offrent de réelles commodités, une quinzaine de complexes hôteliers se trouve dans cette ville.

Les frais d'hôtel varient entre 1.500 F CFA et 40.000 F CFA.

III.2- Etat des lieux des infrastructures socio-économiques et culturelles

III.2.1-Au plan culturel et sportif

Au plan culturel et sportif, le département de Dimbokro dispose de quelques infrastructures, à savoir un stade nommé Samba Ambroise KONE, une salle de spectacle (le Manvy) et un foyer des jeunes (U.J.C.O.D.I).

III.2.2- Au plan éducatif

Le département de Dimbokro a en son sein une Direction Régionale de l'Education Nationale (DREN) dont dépendent, au niveau du secondaire deux établissements publics (le Lycée Moderne et le Collège Moderne de Dimbokro) et dix (10) établissements privés.

116

Les établissements primaires sont sous la direction de l'Inspection de l'Enseignement Primaire (IEP). Ils sont au nombre de soixante-quinze (75) dont trente sept (37) localisés en ville et trente huit (38) dans les villages.

III.2.3- Au plan sanitaire

Le dispositif sanitaire du département de Dimbokro est composé du Centre Hospitalier Régional (CHR) situé au chef-lieu de département et d'une douzaine de formations sanitaires et centres de santé présents sur l'ensemble du territoire départemental. Dimbokro, chef-lieu de département, dispose également une Protection Maternelle et Infantile (PMI), un Institut National d'Hygiène Publique (INHP), un Service de Santé Scolaire et Universitaire (SSSU), une Direction Départementale de la santé qui contient un centre de dépistage de la tuberculose. Nous avons entre autre, un Centre de Santé Urbain Communautaire: Notre Dame de l'Assomption (CSUS/NDA), un dispensaire urbain à la prison civile, trois cliniques privées (Sainte Rita, la voie de Dieu et Saint Raphaël), un cabinet dentaire, une infirmerie garnison, et des cliniques chinoises.

Trois ambulances sont disponibles dans le département de Dimbokro ; deux (02) au CHR dont une en épave et l'autre fonctionnelle mais très vieille, un (01) au centre de santé rural d'Abigui qui fonctionne difficilement.

La ville de Dimbokro regorge de trois (03) pharmacies notamment la pharmacie de Dimbokro, la pharmacie Yotiki et la Pharmacie la Grâce.

Au niveau rural, nous avons en premier lieu les Centres de Santé Ruraux (CSR), avec un dispensaire plus une maternité.

Ce sont les CSR de Soungassou, de Nofou et d'Abigui.

En second lieu, viennent les dispensaires ruraux. Ce sont ceux de Trianikro, de Bocabo, d'Angankonankro, Langba et N'Dayakro.

117

Tableau n° 9 : Ratios du District sanitaire de Dimbokro de l'année 2009

Corps médical

Public

Privé

Total

Ratios par habitant
ou par femme en âge de
reproduction

Médecins

09

02

11

01 pour 10.272

Infirmiers

34

00

34

01 pour 3.323

Sages-femmes

10

01

11

01 pour 2.304

Chirurgiens-
dentistes

02

01

03

01 pour 37.659

Pharmaciens

03

03

06

01 pour 18.832

Source: Direction Départementale de la santé de Dimbokro, entretien du12 Août 2010.

Au regard de tout ce qui suit et en considérant le tableau ci-dessus, l'on constate que les structures sanitaires et le personnel soignant sont insuffisants pour satisfaire les besoins en santé de la population du département de Dimbokro.

Aussi se pose-t-il le problème de la vétusté du plateau technique.

Or, il est de plus en plus constater que la santé est un élément fondamental du développement.

La santé est ainsi au coeur de la lutte contre la pauvreté et, en particulier de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Ainsi, les systèmes de santé fragiles et inéquitables notamment lorsqu'ils sont confrontés à une pénurie de ressources humaines ou lorsqu'ils sont dépourvus de moyens de financement durables représentent un obstacle à l'extension des programmes de lutte contre les maladies nécessaires pour atteindre les cibles prévues dans les objectifs du Millénaire pour le développement.

118

Cela peut empêcher les actions de lutte contre la réduction de la mortalité maternelle et infantile, ainsi que le combat contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme et la possibilité de rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement.

Par ailleurs, aucun développement ne peut se concevoir de manière durable sans le volet sanitaire.

C'est pour cela que des actions doivent être réalisées dans ce domaine.

III.2.4- Au plan sécuritaire

Comme dans toutes les grandes localités, le département de Dimbokro bénéficie au plan de la défense et de la sécurité d'un commissariat de police, d'une brigade de gendarmerie, d'un peloton mobile et d'un détachement de douane. Ces structures ont à charge la sécurité des personnes et des biens du département de Dimbokro.

III.2.5- Réseau routier et ferroviaire

Le département de Dimbokro dispose d'un réseau routier de 111 km dont 61 km de routes bitumées, 06 km de routes non bitumées et 44 km de pistes villageoises. La ville de Dimbokro, chef-lieu de département abrite l'aérodrome ainsi que la gare ferroviaire.

III.2.6- Electrification et adduction en eau potable

Au niveau de l'électrification, la ville de Dimbokro bénéficie de l'éclairage électrique, 13 villages sont électrifiés sur les 72 villages que compte le département de Dimbokro.

L'adduction en eau potable est existante avec les présences de la SODECI dans la ville de Dimbokro et l'hydraulique villageoise.

L'état des lieux des infrastructures socio-économiques et culturelles de Dimbokro permet de dire qu'il y a des acquis à ce niveau.

119

Néanmoins, au vue de la taille de la population du département estimée à 81.158 habitants selon le Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH, 98), et les besoins sociaux fondamentaux (électricité, eau potable, éducation) des populations, des actions en fonction des besoins immédiats des populations doivent être entreprises.

120

Chapitre IV- OBJET D'INVESTIGATION : CONSEIL GENERAL DE

DIMBOKRO

Le Conseil Général de Dimbokro a constitué notre objet d'investigation. Pour mieux l'appréhender et saisir son apport au développement local, un aperçu des Conseils Généraux et de la direction en charge de la décentralisation et du développement local en Côte d'Ivoire a été fait.

IV.1- INSTITUTION DES CONSEILS GENERAUX EN COTE D'IVOIRE

IV.1.1- Historique de la décentralisation

L'institution des Conseils Généraux en Côte d'Ivoire a une histoire qui a débuté dans les années 1960-1980 par la communalisation.

Celle-ci s'inscrit dans la poursuite de la politique de décentralisation entreprise par l'Etat ivoirien.

Cette politique de décentralisation a évolué en passant par la communalisation pour atteindre à partir de 2002 les Conseils Généraux (Noël TAHET, 2010 : 02-03).

Pour rendre plus perceptible cette politique de décentralisation, il a été adopté en Juillet 2003, la loi portant transfert et répartition de compétences de l'Etat aux collectivités territoriales.

« Cette dynamique de décentralisation vise le renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance et le rapprochement des pouvoirs de décisions des communautés de base à partir des effets conjugués de la décentralisation et de la déconcentration.

121

Elle concerne aussi le développement économique global du pays axé sur la gestion efficiente de l'économie locale et la lutte contre la pauvreté au niveau local54 ».

En effet, dans la perspective de la reconstruction post-crise, les collectivités apparaissent comme des acteurs incontournables dans les stratégies de consolidation de la paix et dans le processus de développement participatif.

La décentralisation a valeur de cadre de référence pour la mise en oeuvre d'activités régionales, qui apparaissent comme le ressort de la croissance économique de demain. Elle est aussi un outil de pédagogie sociale pour la mobilisation en milieu rural de l'ensemble des forces sociales sur les plans local et régional.

La décentralisation est un type d'organisation permettant de répondre de manière innovatrice et adéquate aux défis de la mondialisation en tenant compte à la fois des ressources et des priorités locales et régionales.

Elle permet à la fois de mobiliser les énergies de créativité locale et de canaliser les capacités d'ajustement accéléré des communautés tout en accroissant la participation d'un plus grand nombre de citoyens.

Pour mieux saisir la dynamique de la décentralisation en Côte d'Ivoire, il est important d'avoir une idée sur l'organisation et le fonctionnement des collectivités territoriales.

54MINISTERE DE L'ADMINISTRATION DU TERRITOIRE (Janvier 2007), les états généraux de la décentralisation et du développement local: les actes, République de Côte d'Ivoire, Abidjan, Page 03.

122

IV.1.2-Organisation et fonctionnement des collectivités territoriales

Il existe cinq (05) catégories de collectivités territoriales:

- La Commune composée de quartiers et de villages;

- La Ville regroupant plusieurs communes contiguës;

- Le Département constitué de sous-préfectures;

- Le District composé de communes et de sous-préfectures;

- La Région composée de départements.

Les organes des collectivités territoriales sont au nombre de trois : l'organe délibérant, l'organe exécutif, l'organe d'appui à l'exécutif, auxquels s'ajoutent un organe consultatif pour les collectivités supra urbaines.

L'organe délibérant est constitué d'un collège d'élus appelés Conseillers. Ainsi, l'on parle du Conseil Régional en ce qui concerne la Région; du Conseil du District pour le District; du Conseil Général pour le Département; du Conseil de la Ville pour la Ville et du Conseil Municipal pour la Commune.

L'organe exécutif est une personnalité qui préside le Conseil, exécute les décisions prises par celui-ci et gère l'administration de la collectivité au quotidien.

Il s'agit du Président du Conseil Régional pour la Région; du Gouverneur du District pour le District; du Président du Conseil Général pour le Département; du Maire de la Ville pour la Ville; du Maire de la Commune pour la Commune.

L'organe d'appui à l'exécutif est un collège restreint composé de l'exécutif et de ses (04 à 06) adjoints.

123

On parle du Bureau du Conseil Régional en ce qui concerne la Région; du Bureau du Conseil du District pour le District; du Bureau du Conseil Général pour le Département; de la Municipalité pour la Ville; et de la Municipalité pour la Commune.

A ces trois (03) types d'organes s'ajoutent pour certaines collectivités territoriales des organes consultatifs, obligatoirement et préalablement consultés sur les questions relevant des compétences de la collectivité territoriale (plans, programmes, budgets, etc.) et composés de personnes représentatives de la société civile. Il s'agit du Comité Economique et Social Régional pour la Région, du Comité Consultatif du District pour le District et du Comité Economique et Social Départemental pour le Département.

Chaque collectivité décentralisée dispose d'une administration coordonnée selon le cas par un Directeur de l'Administration (pour les Régions et les Districts) ou d'un Secrétaire Général (pour les Départements, les Villes et les Communes), et composée de plusieurs directions et services spécialisés.

L'exécutif de la collectivité territoriale est le chef de cette administration qu'il dirige au quotidien avec l'aide de ses adjoints.

L'importance de la décentralisation pour le développement local en Côte d'Ivoire est perceptible avec la présence d'une direction qui en a la charge.

Celle-ci est sous la tutelle du Ministère d'Etat, Ministère de l'Intérieur et de la sécurité.

Nous avons brièvement parlé de sa mission, son organisation et des attributions des différentes directions qui la composent.

124

IV.2- DIRECTION GENERALE DE LA DECENTRALISATION ET DU DEVELOPPEMENT LOCAL (DGDDL)

IV.2.1-Mission

Au terme du décret n°2011-388 du 16 Novembre 2011 portant organisation du Ministère d'Etat, Ministère de l'Intérieur, la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement local (DGDDL) a un certain nombre de missions.

Elle est chargée de l'organisation et de l'exercice des attributions de tutelle de l'Etat sur les collectivités territoriales et de la coordination et de la gestion des appuis techniques et financiers aux collectivités territoriales.

Elle a aussi pour responsabilité le renforcement des capacités des collectivités territoriales et des inspections et des contrôles des collectivités territoriales.

La DGDDL est chargée du suivi-évaluation du transfert des compétences de l'Etat aux collectivités territoriales et de l'assistance et de l'encadrement des collectivités territoriales dans les domaines de l'aménagement, de l'équipement et du développement local. Enfin, elle a aussi pour mission l'appui et le soutien des activités des collectivités territoriales en matière des coopérations décentralisées.

La DGDDL est dirigée par un directeur général aidé d'un directeur général adjoint et d'un assistant.

Elle est organisée suivant six directions avec chacune des responsabilités spécifiques.

125

IV.2.2-Organisation

La Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local

comprend six directions :

- la Direction de la Tutelle Administrative (DTA) ;

- la Direction de la Tutelle Economique et Financière (DTEF) ;

- la Direction du Personnel des Collectivités Territoriales (DPCT) ;

- la Direction de la Coopération Décentralisée (DCD) ;

- la Direction de la Coordination des Projets et des Programmes d'Appui

(DCPPA) ;

- la Direction du Développement Local (DDL).

IV.2.3-Attributions des directions

IV.2.3.1-Direction de la tutelle administrative

Elle est chargée du suivi du fonctionnement des organes des collectivités territoriales et du règlement des contentieux.

Le contrôle de l'égalité des acteurs des autorités décentralisées et le suivi des questions liées à la police administrative des collectivités territoriales, ainsi que le suivi des questions relevant de l'état civil et de la population font partie de ses responsabilités.

La direction de la tutelle administrative comprend deux sous-directions qui sont la sous-direction du contentieux et du contrôle de l'égalité et la sous-direction de la police administrative et de la population.

126

IV.2.3.2-Direction de la tutelle économique et financière

Cette direction est chargée de la mobilisation et de la répartition du concours financier de l'Etat aux collectivités territoriales.

Elle gère le suivi et du contrôle des programmes triennaux, des budgets et des comptes des collectivités territoriales, ainsi que le suivi et l'exploitation des rapports annuels sur la gestion financière des collectivités territoriales.

En outre, cette direction a pour mission du suivi de toutes les questions relatives à la fiscalité et aux services économiques des collectivités territoriales.

En dernier ressort, elle est chargée du suivi de toutes les questions relatives à l'accès des collectivités territoriales aux marchés financiers et à la mobilisation de financements extérieurs publics et privés.

Cette direction de la tutelle économique et financière comprend deux sous-directions, à savoir la sous-direction des marchés, des emprunts et des études économiques et la sous-direction des finances des programmes et des budgets.

IV.2.3.3- Direction du personnel des collectivités territoriales

Elle est chargée de la mise en oeuvre de la politique générale en matière de ressources humaines des collectivités territoriales et de la gestion centralisée du personnel des collectivités territoriales.

Par ailleurs, cette direction a pour mission l'identification des besoins de formation et la planification, la programmation et le suivi-évaluation de la formation et l'identification des besoins de formation.

Elle s'occupe aussi du contentieux relatif à la responsabilité des collectivités territoriales.

La direction du personnel des collectivités territoriales comprend deux sous-directions qui sont la sous-direction de la formation et des stages et la sous-direction de la gestion du personnel des collectivités territoriales.

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IV.2.3.4- Direction de la coopération décentralisée

Comme son nom l'indique, cette direction est chargée de la promotion de la coopération décentralisée et de la mise en oeuvre et du suivi de la politique de coopération décentralisée telle qu'initiée par le gouvernement.

Elle assume les responsabilités de la préparation, en liaison avec les services du ministère en charge des affaires étrangères, des contacts et rencontres entre élus des collectivités territoriales ivoiriennes et étrangères.

Cette direction s'occupe de l'organisation de la recherche de partenariats au profit des collectivités territoriales et de la réalisation prospective visant à l'identification de nouveaux partenariats en matière de coopération décentralisée. Elle gère le suivi de la gestion des appuis techniques et financiers accordés aux collectivités territoriales dans le cadre de la coopération décentralisée et de la préparation des bilans périodiques de la politique de coopération décentralisée.

La sous-direction des études et de la recherche de partenariat et la sous-direction des programmes de coopération décentralisée sont les deux sous-directions de la direction de la coopération décentralisée.

IV.2.3.5- Direction de la coordination des projets et programmes

d'appui

Elle est chargée de la préparation des projets et programmes d'appui à la décentralisation en liaison avec les bailleurs de fonds, de la mobilisation de la contrepartie de l'Etat et du suivi de la coordination et de l'évaluation de la mise en oeuvre des programmes et projets.

La direction de la coordination des projets et programmes d'appui comprend la sous-direction de la prospection et de la préparation des projets et la sous-direction du suivi-évaluation des projets.

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IV.2.3.6- Direction du développement local

Cette direction est chargée des études prospectives et technologiques au profit du développement des collectivités territoriales et du suivi de l'élaboration, de l'exécution, du contrôle et de l'évaluation des plans et programmes d'aménagement, de développement et d'équipement des collectivités territoriales. Elle se consacre aussi à l'assistance-conseil aux collectivités territoriales en matière d'aménagement, de développement et d'équipement, ainsi que la constitution et de la mise à jour d'une banque de données et d'un observatoire sur le développement des collectivités territoriales. Elle assume les responsabilités de suivi de l'exécution des fonds de développement et d'appui aux collectivités territoriales et le suivi et le contrôle des équipements et travaux des collectivités territoriales.

Le suivi des questions relatives aux services techniques et aux services chargés de la planification et du développement des collectivités territoriales et suivi de la gestion du patrimoine foncier, immobilier et mobilier des collectivités territoriales font partie des responsabilités de cette direction.

Enfin, les questions relatives à l'organisation et à la gestion des services sociaux et culturels des collectivités territoriales sont suivies par la direction du développement local.

La direction du développement local compte en son sein trois (04) sous-directions qui sont la sous-direction des études, de la planification et la programmation, la sous-direction du patrimoine, des équipements et des travaux, la sous-direction des services socio-culturels et du développement humain et la sous-direction de l'évaluation et de la performance.

Après l'aperçu des Conseils Généraux et de la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local en Côte d'Ivoire, qui nous a permis de situer le cadre général de la décentralisation et du développement local, en particulier, le cadre institutionnel et le fonctionnement du Conseil Général de Dimbokro a été abordé.

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IV.3- CADRE INSTITUTIONNEL ET FONCTIONNEMENT DU

CONSEIL GENERAL DE DIMBOKRO

Le Conseil Général étant l'organe délibérant du département, son institution, son organisation et son fonctionnement sont précisés par la loi n°2001- 477 du 09 Août 2001 relative à l'organisation du département.

Mais, c'est à partir du 07 Juillet 2002 que les Conseils Généraux ont commencé leur fonctionnement effectif.

IV.3.1- Organes du Conseil Général de Dimbokro

Le Conseil Général de Dimbokro est composé de différents organes qui

assurent au quotidien son fonctionnement. Ce sont:

- l'organe délibérant: Le Conseil;

- le bureau du conseil : le Président et les vice- présidents;

- l'organe exécutif: Le Président;

- l'organe consultatif: le Comite Economique et Social.

IV.3.1.1- Attributions et fonctionnement des différents organes IV.3.1.1.1-Organe délibérant : le Conseil

Le Conseil Général de Dimbokro est composé de 30 membres élus au suffrage universel direct et au scrutin de liste proportionnelle.

Le conseil se réunit en session ordinaire une fois par trimestre sur convocation de son Président. La convocation doit être envoyée par lettre adressée 15 jours avant la date de la réunion. La convocation doit comporter l'ordre du jour de la réunion, la date, l'heure et le lieu.

Les réunions du Conseil Général se tiennent dans ses locaux et sont présidées par le Président du Conseil Général. Mais, avec l'accord de l'autorité de tutelle, d'autres réunions peuvent se tenir dans d'autres locaux.

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Le Président peut désigner s'il est empêché un conseiller de son choix pour le remplacer.

D'autres réunions peuvent se tenir chaque fois que le Président le juge utile ou à la demande motivée de la majorité de ses membres ou encore sur ordre de la tutelle.

Le Conseil Général ne peut siéger qu'à la majorité de ses membres sauf cas de fausse majeure. Si un conseiller manque à plus de la majorité des sessions sans motif légitime, il est exposé à des sanctions.

Un conseiller peut mandater un autre conseiller de son choix en lui donnant pouvoir de voter à sa place.

Toutefois, aucun conseiller ne peut être porteur de deux mandats en une même session. Les sessions du Conseil Général sont publiques et la décision de la publication des procès verbaux incombe au conseil.

Le conseil crée en son sein six (06) commissions permanentes chargées d'étudier et de suivre les questions suivantes :

- planification, développement et coopération décentralisée;

- budget et finance;

- environnement, santé publique et action sociale;

- équipement, infrastructure et transport;

- sécurité et protection civile;

- éducation formation et culture.

D'autres commissions peuvent être créées par délibération du Conseil Général en fonction de ses tâches et des besoins. Les commissions siègent avant la tenue des sessions et envoient leurs questions au Secrétaire Général 24 heures avant la tenue de la réunion du Conseil.

Le conseil en tant qu'organe délibérant est chargé des prises de décisions importantes du département.

Il est chargé de voter le programme triennal et d'examiner ledit programme et de fixer les priorités. Il fait voter le budget annuel et ses modificatifs.

131

En outre, il est chargé de fixer les taux des taxes à instituer dans le ressort du territoire du Département et d'examiner le compte administratif du Président, le compte de gestion du payeur afin de donner son quitus sur la gestion annuelle du Président.

IV.3.1.1.2- Bureau du Conseil

Conformément à la loi n°2001-476 du 09 Août 2001 relative à

l'orientation sur l'organisation générale de l'administration territoriale, le

Bureau du Conseil se compose comme suit:

- le Président qui est également le Président du Conseil Général;

- un premier vice-président;

- un deuxième vice-président;

- un troisième vice-président;

- un quatrième vice-président.

Les quatre (04) vice-présidents sont classés dans l'ordre de désignation.

Le Bureau du conseil est chargé de :

- l'établissement de l'ordre du jour des réunions;

- la préparation du budget et du suivi de son exécution;

- du suivi de l'exécution des programmes d'actions et des opérations de

développement du département;

- des opérations préliminaires à l'attribution de marché par le conseil.

NB : Les quatre (04) vice-présidents ne résident pas de manière permanente dans le département.

Même si l'exercice du pouvoir en absence du Président du Conseil Général et de ses vice-présidents échoit au Secrétaire Général du Conseil Général, celui-ci est tenu d'informer le ou les Présidents au sujet de certaines décisions et des actions ponctuelles à mener.

La redynamisation de la politique de décentralisation réside donc dans le choix des pouvoirs et décideurs locaux.

132

Car, beaucoup parmi les administrateurs locaux sont des hauts cadres de l'administration centrale et des opérateurs économiques fortunés qui résident tous à la capitale.

Pour ce faire, le quotidien n'est assuré que par les agents de l'Etat en détachement auprès des collectivités locales, donc dépendants de l'administration centrale.

Aussi, est-il nécessaire que l'élu local s'imprègne, dans la mesure du possible, des réalités de sa population afin de mieux orienter les actions de développement. Il convient alors que le statut du personnel des collectivités soit clairement défini pour plus d'efficacité dans le fonctionnement de ces entités (Brou Emile KOFFI, 2008 : 99).

IV.3.1.1.3- Organe exécutif: le Président

Le Président du Conseil Général est élu à la première réunion du conseil pour un mandat de 05 ans. Il est chargé de préparer le budget du Conseil Général et de présider les réunions du conseil.

Il prépare et exécute les délibérations du conseil et ordonne les recettes et les dépenses du département.

En outre, il représente le département, gère le domaine du département et exerce les pouvoirs de police afférant à cette gestion. Il assure enfin la police lors des assemblées du conseil.

IV.3.1.1.4- Organe consultatif: le Comité Economique et Social

Le Comité Economique et Social du Conseil Général de Dimbokro est composé de doux (12) membres dont un président, un vice-président, un Secrétaire Général, un Secrétaire Général adjoint, et de sept (07) membres.

Il est composé des personnalités représentatives des activités économiques, sociales, culturelles et scientifiques et des personnalités reconnues pour leur compétence.

133

Le Comité Economique et Social se réunit deux (02) fois par an sur convocation du Président du Conseil Général.

Il donne son avis sur toute matière qui relève de sa compétence, soit sur saisine du Président, soit de sa propre initiative.

Il est obligatoirement consulté pour donner son avis sur le budget annuel, le plan de développement départemental et les plans d'aménagement ainsi que sur leur déroulement annuel.

IV.3.2-Services du Conseil Général de Dimbokro

Cinq (05) services administratifs travaillent quotidiennement pour le

fonctionnement du Conseil Général de Dimbokro. Ce sont:

- le Secrétariat Général;

- la Direction des Services Financiers et Comptables;

- la Direction des Services Techniques et des Moyens Généraux;

- la Direction du Développement Humain;

- et la Paierie du Département.

A ces services s'ajoute un service autonome qui est le Cabinet du Président du

Conseil Général.

IV.3.2.1-Secrétariat Général

Le Secrétariat Général est composé:

- d'un Secrétaire Général;

- d'une Secrétaire de Direction;

- et d'une secrétaire Adjointe;

Le Secrétariat Général est la plaque tournante des Services du Conseil

Général de Dimbokro.

Le Secrétaire Général est le chef des Services du département en l'absence du

Président et de ses vice-présidents.

134

A ce titre, il est chargé de la rédaction des procès verbaux des réunions du Conseil Général et la réception et l'expédition de courriers du Département. La rédaction des notes de service et circulaires et des convocations lors des sessions du Conseil Général sont à son actif.

IV.3.2.2- Direction des Services Financiers et Comptables

La Direction des Services Financiers et Comptables est le service qui assure la gestion financière du département. Elle est composée du Directeur des Services Financiers et d'un Comptable.

La Direction des Services Financiers et Comptables est chargée d'établir le budget détaillé du département par la centralisation des besoins quantitatifs des services retenus au budget en les ventilant par service et /ou par projet.

Elle établit aussi le plan de trésorerie du département par la détermination de l'excédent financier de l'exercice écoulé, l'élaboration de l'état d'exécution des recettes et des dépenses chaque mois, la centralisation les échéanciers de commande prévus par les chefs de services et pour les investissements à réaliser.

En outre, elle est chargée d'assurer le contrôle financier et budgétaire en vérifiant si la commande projetée figure au budget détaillé, en visant le bon de commandes après les contrôles et en vérifiant lors du mandatement d'une dépense, les disponibles de crédit par rapport au mandat antérieur et les disponibles en trésorerie. Elle procède à la liquidation des dépenses, compare les factures, bons de livraisons et bons de commandes, de soumet les factures aux services bénéficiaires pour contrôle et visa et arrête le montant de la facture.

C'est aussi cette direction qui tient la comptabilité des engagements en réalisant les études économiques et financières.

135

IV.3.2.3-Direction des Services Techniques

et des Moyens Généraux

La Direction des Services Techniques et des Moyens Généraux est un service essentiel pour le fonctionnement du Conseil Général car c'est elle qui donne forme aux projets de développement de la collectivité territoriale.

Celle-ci est composée d'un Directeur Technique, d'un Assistant et d'une Secrétaire. La Direction des Services Techniques et des Moyens Généraux est le service qui met en exécution les projets du Conseil Général.

Elle est le maître d'oeuvre des travaux du Conseil Général et est chargée à cet effet de l'établissement des conventions et de la passation des marchés pour les projets dont le coût est supérieur à trente millions (30. 000. 000 F CFA); Elle veille à l'exécution des travaux et au respect des dispositions contenues dans les conventions et marchés et fait des visites d'état des lieux pour en retour faire des propositions au Conseil.

Après contrôle, cette direction donne son quitus pour qu'un projet soit ordonnancé55.

IV.3.2.4-Direction du Développement Humain

La Direction du Développement Humain est le service du Conseil Général qui assure l'animation socio-culturelle et les activités de promotion humaine du département. C'est à partir de cette direction que les relations entre administrateurs et administrés se construisent dans le but du développement local.

Elle est composée d'un Directeur et d'une assistante.

La Direction du Développement Humain est chargée de l'assistance sociale. Elle suscite la création des institutions socio-éducatives et sensibilise et l'encadre des mouvements et associations de développement.

55 Donner ordre à un trésorier de payer une somme déterminée.

136

Cette direction favorise aussi l'insertion sociale des jeunes, la pratique des sports et fait la promotion du patrimoine culturel de la localité.

Elle suscite la création de centre de santé de proximité et mène des actions pour réduire les frais médicaux.

Dans le souci du mieux-être de la population, elle élabore des projets de développement.

IV.3.2.5-Paierie départementale

La paierie du Département est un service déconcentré de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique qui est sous la tutelle du Ministère de l'Economie et des Finances.

La Paierie du Département de Dimbokro est composée d'un payeur et de deux (02) comptables, qui tiennent les deux (02) comptabilités que sont la Comptabilité Territoriale et la Comptabilité d'Etat ou ASTER.

La Paierie a pour mission d'assurer la gestion financière et comptable du Conseil Général. Cette mission se décline en trois (03) volets :

- 1er volet: assurer la mobilisation des ressources du Conseil Général d'où l'exécution du budget en recettes;

- 2ème volet : l'exécution du budget en dépenses;

- 3ème volet: la conservation des pièces justificatives des dépenses et des recettes permettent la production d'un compte de gestion à soumettre au jugement de la Chambre des Comptes de la Cours Suprême.

Le Payeur est aussi un conseiller du Président du Conseil Général et suit un code de conduite qui constitue ses principes généraux.

Les principes généraux du payeur concernent un ensemble de règles visant à assurer la transparence dans les opérations de paiement.

Cela exige l'égal traitement des créanciers, l'organisation d'une gestion rationnelle et efficiente de la trésorerie, la réquisition du payeur et la sécurisation des opérations de règlement.

137

Le comptable doit éviter en ce qui concerne l'égal traitement des créanciers, toutes discriminations dans le traitement des dossiers de règlement en faisant preuve d'équité, d'objectivité et de rigueur dans l'exécution des dépenses publiques. Il doit respecter les règles majeures.

Le payeur dispose de cinq (05) jours francs pour effectuer les contrôles de prises en charge. En cas d'irrégularité, il rejette la dépense et notifie le rejet à l'ordonnateur.

L'ordre de la prise en charge des dépenses et de leur règlement est déterminé par l'ancienneté de la créance56.

La gestion rationnelle et efficiente de la trésorerie répond au souci de renforcer la crédibilité de l'Etat quant à sa capacité à honorer ses engagements vis-à-vis des opérateurs économiques.

Elle vise également à promouvoir la transparence dans la mobilisation et l'utilisation de la trésorerie en y associant les principaux acteurs de l'exécution de la dépense publique.

La mise en oeuvre de ces objectifs par le Payeur suppose d'une part la non-accumulation d'arriérés de paiements et d'autre part la mise en place d'un comité de trésorerie.

L'accumulation d'arriérés, en dépit d'une trésorerie adéquate est proscrite.

Le Payeur doit apurer avec célébrité la dette publique dès lors qu'il dispose d'une trésorerie suffisante.

Le Payeur est tenu de mettre en place un comité de trésorerie qui détermine les stratégies de mobilisation des ressources et fixe les priorités de règlements. En ce qui concerne la réquisition du Payeur, le comptable public doit vérifier la régularité des pièces justificatives de la dépense.

En cas d'irrégularité, il refuse de viser la dépense et en informe l'ordonnateur ou l'administrateur de crédit.

56 Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique de la Côte d'ivoire (Septembre 2001), le guide du Payeur, DGTCP, Page 06.

138

Lorsque le rejet donne lieu à un désaccord entre l'ordonnateur et le Payeur, seul le Ministre de l'Economie et des finances peut donner ordre au comptable par écrit de payer la dépense.

Le Payeur ne peut déférer à cet ordre que si le rejet porte sur l'omission ou l'irrégularité des pièces justificatives. Toutefois, le comptable ne doit pas procéder au paiement si le rejet en cause est motivé par l'absence de crédits disponibles ou l'absence de justification de service fait sauf pour les avances et les subventions.

Au sujet de la sécurisation des opérations de règlement, l'objectif recherché est de réduire le niveau de l'encaisse en numéraires et de sécuriser les opérations de paiement.

Ainsi, le comptable devra observer le paiement par virement et des règles relatives à l'acquit libératoire.

Le Payeur est tenu de privilégier le mode de règlement par virement. Aucune personne morale ne peut bénéficier de règlement en numéraires. De même aucun règlement ne peut se faire à la caisse pour toute dépense dont le montant excède 300.000 F CFA.

Les règlements à la caisse ne doivent se faire que sur présentation d'une carte nationale d'identité ou d'une carte de séjour en cours de validité.

Ne peuvent être admis comme pièces d'identité au guichet du Payeur les permis de conduire, les passeports et tout autre document57.

IV.3.2.6-Cabinet du Président

Le Cabinet du Président du Conseil Général de Dimbokro est un service autonome. C'est le service proche du Président du Conseil Général. Il est composé d'un Chef de Cabinet, de l'Assistant du Président et d'une Secrétaire particulière du Président.

57 Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique de la Côte d'ivoire (Septembre 2001), Op.cit. Page 07 à 08.

139

Les missions du Cabinet du Président sont de servir d'intermédiaire entre les services du Conseil Général, les services déconcentrés de l'Etat et les populations. Il coordonne les services du Cabinet et les relations extérieures en étudiant par exemple les correspondances confidentielles et générales.

Il prépare le programme d'activité du Président et reçoit les populations qui souhaitent rencontrer le Président et de rendre visite aux populations pour des échanges. Il établit aussi les réseaux de renseignements.

Le Conseil Général de Dimbokro tout comme les autres Conseils Généraux fonctionne en grande partie grâce à la subvention de l'Etat et aux impôts ristournés. Mais, tout ceci obéit à une phase d'élaboration et d'exécution du budget.

IV.4-ELABORATION ET EXECUTION DU BUDGET DU CONSEIL GENERAL DE DIMBOKRO

IV.4.1- Budget

Le budget d'une collectivité est la traduction financière annuelle du programme d'action et de développement de cette collectivité territoriale. Le budget comprend deux (02) titres, à savoir le budget de fonctionnement (Titre I) et budget d'investissement (Titre II).

Le budget s'équilibre globalement en recettes et en dépenses et chaque titre s'équilibre aussi en recettes et en dépenses.

Le budget de fonctionnement est l'ensemble des actions de fonctionnement qu'une collectivité envisage réaliser au cours d'une année donnée.

Il comprend toutes les charges liées au fonctionnement de la collectivité. Quant au budget d'investissement, il est la traduction financière annuelle de l'ensemble des opérations de développement de la collectivité.

Il est non seulement composé des projets d'investissement que le département compte réaliser au cours d'une année mais aussi des actions sociales à mener, à savoir les aides et subventions.

140

IV.4.2-Etapes d'élaboration du budget

IV.4.2.1-Budget de fonctionnement

L'élaboration du budget de fonctionnement consiste à évaluer les recettes en fonction des potentialités du département en prenant pour référence l'année antérieure. A titre d'exemple, la prévision des recettes d'un budget de l'exercice 2010 à la date du 30 Septembre 2009.

A cette date on a :

- Recettes recouvrées = 27. 000. 000 F CFA;

- Subvention de l'Etat = 165. 000. 000 F CFA;

- Prévision mensuelle = 27. 000. 000 : 12 = 3. 000. 000 F CFA par mois; - Prévision annuelle 2010 = 3 000 000 x 12 = 36 000 000 FCFA +

165 000 000 F CFA ;

- Prévision du budget de fonctionnement 2010 = 201. 000. 000 F CFA. La prévision totale des recettes fiscales de l'année 2010 s'élevait à 36. 000. 000 F CFA à laquelle s'ajoute la subvention de l'Etat de 165. 000. 000 F CFA. Ces deux montants cumulés donnent la prévision du budget de fonctionnement.

La prévision étant fonction de la situation économique, politique, sociale et culturelle, elle peut être excédentaire lorsque l'environnement est favorable (événements sportifs, culturels etc.) ou déficitaire lorsque les imprévues surviennent (délestages, grèves, etc.).

Le département de Dimbokro bénéficie pour son fonctionnement de 35% au titre des recettes fiscales recouvrées par les services de l'Etat dont le montant prévisionnel est de 68. 000. 000 F CFA. Il s'agit de l'impôt foncier, des patentes et licences, des vignettes-autos, de l'impôt synthétique, des taxes sur les exploitations forestières. A ces recettes s'ajoute la subvention de l'Etat qui s'élève à 165. 000. 000 F CFA.

141

Le budget de fonctionnement du Conseil Général de Dimbokro s'équilibre en recettes et en dépenses en la somme de 233. 000. 000 F CFA.

Les dépenses de fonctionnement sont constituées des charges liées au fonctionnement quotidien du Conseil Général. Elles sont appelées dépenses obligatoires car indispensables au fonctionnement du Conseil Général.

Elles sont classées selon différentes rubriques budgétaires qui sont:

- Barre 01 : salaires et indemnités;

- Barre 02 : charges sociales;

- Barre 03 : transports et frais de mission;

- Barre 04 : carburant et lubrifiant;

- Barre 05 : matériels et fournitures de bureau;

- Barre 06 : abonnement, eau, électricité, téléphone;

- Barre 07 : entretien et service de l'entreprise;

- Barre 08 : interventions et transferts.

Au niveau de la barre 08, lorsqu'on veut alimenter le fond d'investissement (FI), on fait un prélèvement de 10% sur les recettes de fonctionnement pris en dépense au compte 6441 et en recettes d'investissement au compte 02.

L'excédent de fonctionnement issu de la différence entre les recettes et les dépenses est enregistré au compte 742 intitulé fond de réserve ordinaire.

La barre 01 et la barre 02 ne peuvent être modifiées que lorsqu'il y a un recrutement ou un licenciement. Dans ce cas, le montant connaît une variation.

L'évaluation des dépenses de fonctionnement consiste pour chaque service d'établir son budget détaillé à travers lequel il exprime ses besoins. Tous les budgets détaillés sont centralisés par le Directeur des Services Financiers. Le Secrétaire Général convoque une réunion de direction ou d'harmonisation à l'issue de laquelle les besoins des services sont revus soit en hausse soit en baisse après discussion.

142

Cette réunion se termine par l'élaboration d'un avant-projet de budget en tenant compte de l'évaluation des recettes potentielles et des dépenses potentielles en fonction de la capacité financière de la collectivité.

Cet avant-projet de budget est transmis au Bureau du Conseil pour amendement. Après les amendements du Président et de ses vice-présidents, il est encore transmis à la commission budget et finance pour examen avant d'être soumis au vote du Conseil.

C'est après le vote du conseil et dans le cas où le budget est adopté qu'il devient exécutoire.

IV.4.2.2-Budget d'investissement

Le budget d'investissement est la traduction financière annuelle des opérations de développement prévues pour la première année du programme triennal. Le programme triennal ne comporte pas d'actions de fonctionnement sauf les charges récurrentes qui sont les charges de fonctionnement (frais de gardiennages, d'entretien, etc.) qui viennent se greffer à des opérations d'investissement.

Dans le programme triennal, les projets sont classés par priorités fixées par les conseillers sur les fiches d'opération. Alors que dans le budget annuel, les projets sont classés par compte et par catégorie d'investissement qu'il s'agisse de : Mobilier, Immobilier, Incorporel.

On les identifie selon le domaine d'activité :

- les projets de développement économique;

- les projets de développement de la production et du commerce; - les projets de développement éducatifs.

Les recettes d'investissement du Conseil Général de Dimbokro proviennent uniquement de la subvention de l'Etat. Cependant, il peut s'ajouter l'excédent de l'exercice antérieur.

143

Les dépenses d'investissement portent sur les projets à réaliser de l'exercice budgétaire en cours dans le programme triennal.

Toutefois, il peut avoir des cas d'urgences comme le décoiffement d'une école, d'un hôpital par un ouragan ou des situations de délestage où il faut nécessairement intervenir. Dans ce cas, on modifie le budget de l'exercice en cours afin de pouvoir prendre en compte ces situations imprévues par exemple pour l'achat d'un groupe électrogène, la réhabilitation de ces infrastructures endommagées.

Ces augmentations sont issues de l'excédent de l'année antérieure des projets qui n'ont pas pu être réalisés.

Mais, quelque soit le montant de l'augmentation, elle ne doit pas dépassée le montant total prévu sur les trois années du programme triennal.

A titre d'exemple, le budget du Conseil Général de Dimbokro de 2004 à 2009 a été présenté dans le tableau ci-dessous.

Tableau n° 10 : Budgets du Conseil Général de Dimbokro de 2004 à 2009.

Années

Fonctionnement

 

Investissement

 

Total

 
 

Montant (F CFA)

Part

(%)

Montant (F CFA)

Part

(%)

Montant (F CFA)

Part

(%)

2004

177 500 000

14.75

1 025 844 000

85.25

1 203 344 000

100

2005

252 769 000

19.18

1 065 172 000

80.82

1 317 941 000

100

2006

336 136 000

27.75

875 046 000

72.25

1 211 182 000

100

2007

294 982 000

34.96

548 791 000

65.04

843 773 000

100

2008

283 373 000

36.90

484 551 000

63.10

767 924 000

100

2009

233 000 000

24.69

767 924 000

75.31

943 790 000

100

Total

1 577 760 000

25.09

4 710 194 000

74.91

6 287 954 000

100

Moyenne

262 960 000

 

785 032 333.33

 

1 047 992 333.33

 

Source : Calcul effectué, à partir des comptes de gestion administrative

du Conseil Général de Dimbokro de 2004 à 2009 par (Koffi ATTA, 2013 : 97).

144

On remarque que la part de la section "investissement" dans le budget représente plus de la moitié du budget. Celle-ci oscille entre 63.10% et 85.25%.

A l'inverse, la part de la section "fonctionnement" oscille entre 14.75% et 36.90%.

Dans l'ensemble, la nomenclature des budgets du Conseil Général de Dimbokro respecte les normes qui voudraient que 2/3 du budget soient consacrés à l'investissement et 1/3 au fonctionnement.

On déduit donc que le Conseil Général de Dimbokro accorde une place importante à l'investissement.

IV.4.2.3-Budget modificatif

Le budget initial est d'abord modifié dans sa globalité avant de l'être par titre. Ainsi, le budget de fonctionnement (Titre I) peut être modifié s'il y a un excédent budgétaire, lorsque les recettes recouvrées sont supérieures aux dépenses effectuées.

Il faut rappeler que l'excédent issus de la différence entre les recettes et les dépenses sont inscrits au compte 742 : fonds de réserve ordinaire.

Quant au budget d'investissement, il peut être modifié si au cours de l'année antérieure il y a eu un excédent qu'il faut reconduire au budget de l'exercice en cours.

IV.4.3- Exécution du budget en recettes et en dépenses

L'exécution du budget est le suivi du budget déjà élaboré.

Le budget est exécuté en équilibre, en recettes et en dépenses.

Au Conseil Général de Dimbokro, les recettes du département sont composées de la subvention de l'Etat d'un montant annuel en fonctionnement de 165. 000. 000 FCFA et en investissement d'un montant de 340. 000. 000 FCFA.

145

A cette subvention s'ajoutent les recettes fiscales ristournées au Conseil Général. Ces recettes fiscales sont l'impôt foncier, l'impôt synthétique, les patentes et licences, les vignettes-autos et les Travaux d'Intérêt Général (TIG).

IV.4.3.1-Recouvrement des recettes

Les recettes fiscales du département de Dimbokro font l'objet de recouvrement indirect car elles ne sont pas recouvrées directement par les services du Conseil Général. Elles sont recouvrées par la Direction Générale des Impôts (DGI) de Dimbokro.

La DGI de la région du N'Zi verse les recettes recouvrées à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) à Abidjan.

La DGTCP d'Abidjan verse au Conseil Général de Dimbokro, 10% des vignettes-autos et 35% des autres impôts par l'intermédiaire de la DGTCP de Dimbokro à travers les avis d'opération qu'elle transmet à la Paierie Départementale. L'avis d'opération est un document comptable sur lequel se trouve mentionné, le montant de la décade des recettes.

IV.4.3.2-Exécution des dépenses

Le budget est exécuté en dépense selon trois phases qui sont la phase d'engagement des dépenses et la phase d'ordonnancement des dépenses qui constituent la phase administrative et la phase de paiement des dépenses qui est la phase comptable.

146

IV.4.3.2.1- Phase d'engagement des dépenses

L'engagement de la dépense est l'étape la plus longue de l'exécution des dépenses. L'engagement se définit comme l'acte par lequel un établissement public prend des engagements vis-à-vis d'un fournisseur ou d'un entrepreneur. Les engagements se font au fur et à mesure que les recettes rentrent (subvention et recettes fiscales).

A l'exception des dépenses obligatoires qui doivent être exécutées pour le fonctionnement du Conseil Général et donc indispensables, l'engagement des dépenses est fonction de la subvention de l'Etat de 165. 000. 000 FCFA.

Il faut donc diviser la subvention de l'Etat par 12 pour trouver le montant des dépenses à engager par mois.

Les recettes fiscales quant à elles viennent en addition de la subvention car elles ne peuvent faire l'objet d'un montant déterminé d'avance pour la simple raison qu'elles peuvent être déficitaires ou excédentaires en fonction de la situation économique, politique, sociale et culturel de la période.

On ne privilégie que la subvention de l'Etat par souci d'éviter de faire des surestimations ou des sous-estimations des dépenses car la subvention est déjà connue d'avance.

Ce qui facilite la tâche dans l'engagement des dépenses.

Les recettes fiscales sont prises en compte en fonction des recettes recouvrées. L'accent est donc mis sur le suivi de leur recouvrement.

Dans ce cas, la prévision budgétaire n'a pas trop d'importance, le plus important c'est le résultat des recouvrements.

147

IV.4.3.2.1.1-Critères d'engagement des dépenses

Pour engager une dépense, il faut prendre en compte:

- le prestataire de service le moins disant dont le produit ou le travail est de qualité;

- le prestataire de service qui est capable d'exécuter le plus rapidement possible les tâches.

IV. 4.3.2.1.2- Procédure d'engagement des dépenses

L'engagement des dépenses se fait par l'établissement d'un bon de commande pour les dépenses de fonctionnement où l'établissement d'une convention quand il s'agit de la réalisation d'un projet dont le coût est inferieur à 30. 000. 000 F CFA. Dans la convention, se trouvent mentionnées toutes les clauses du contrat, à savoir, l'objet de la convention, la date de démarrage et le délai d'exécution des travaux, le coût total des travaux, les acomptes58, les décomptes, les pénalités de retard, etc.

Pour la réalisation d'un projet dont le coût est supérieur ou égal à 30. 000. 000 F CFA, un dossier d'appel d'offre est établi et déposé à la Direction des Marchés Publics par le Directeur des Services Techniques.

NB : La Direction des Services Techniques et des moyens Généraux est le maître-d'oeuvre des travaux du Conseil Général. Elle est donc chargée du suivi de l'exécution des travaux du Conseil Général. Elle contrôle les travaux et donne des instructions à suivre par l'entrepreneur.

Le Directeur des Services financiers, signe le bordereau de livraison et le fait signer par les services qui en font la demande quand il s'agit de charge de fonctionnement et par le Directeur des Services Techniques quant il s'agit de travaux d'investissement.

58 Un acompte est le paiement partiel à valoir sur une somme due.

148

IV.4.3.2.1.3-Liquidation des dépenses

La liquidation est une étape de l'engagement des dépenses qui consiste

à vérifier la réalité sur la dette et d'arrêter le montant de la dépense.

La liquidation se fait par la réception de la facture avec le bordereau de

livraison. Il est ensuite, établi un mandat sur lequel se trouve mentionné:

- l'exercice budgétaire en cours;

- le titre du budget;

- l'imputation budgétaire;

- le numéro d'ordre du mandat;

- le numéro d'ordre du bordereau;

- l'objet de la dépense;

- le montant brut de la dépense en chiffre et en lettre;

- le nom du créancier;

- le numéro de la facture.

Le bordereau de livraison comporte la signature du Directeur Financier

et du fournisseur. Au dos de la facture sont mentionnés quatre (04) différents

cachets.

1er cachet: Certifie le service fait avec la mention du numéro de la prise en

charge;

2ème cachet : vu, bon à payer;

3ème cachet: vu, vérifié et liquidé avec la mention de la dépense en lettre, le

titre du budget et le compte d'où il est imputé;

4ème cachet : la mention du crédit avec:

- le crédit alloué

- les dépenses effectuées (montant en chiffre)

- le crédit disponible.

149

IV.4.3.2.2-Phase d'ordonnancement des dépenses

L'ordonnancement se définit comme l'acte administratif par lequel l'ordre est donné par le Président du Conseil Général au Payeur du département de payer la dette. Cette phase s'effectue par la transmission du mandat au Président après que le Secrétaire Général du département les ait visés. Le Président, après vérification, signe les mandats, les bordereaux d'émission et les factures qui sont en trois (03) exemplaires et accompagnés d'un certificat administratif montrant que la dépense a été effectivement engagée.

Les mandats, les factures et les bordereaux signés, sont retransmis au Directeur des Services Financiers pour le dispatching.

Les différents exemplaires sont repartis comme suit:

- un (01) mandat et une photocopie de la facture à la Direction Financière;

- deux (02) mandats, la facture originale et une photocopie à transmettre à la Paierie ainsi que les trois (03) exemplaires du bordereau d'émission.

IV.4.3.2.3-Phase de paiement des dépenses

Les mandats et bordereaux d'émission sont transmis à la Paierie.

L'agent du service de la comptabilité des collectivités territoriales dès

réception des mandats, exerce les contrôles ci-après :

- la qualité de l'ordonnateur;

- la disponibilité du crédit;

- l'exacte imputation de la dépense;

- la régularité des pièces comptables.

150

IV.4.3.2.3.1-Prise en charge

Il y a trois (03) phases de prises en charge des dépenses.

La première phase est la prise en charge budgétaire où l'agent du service comptabilité des collectivités territoriales procède à la prise en charge budgétaire sur le livre auxiliaire des dépenses (CT02) par compte et par barre. La deuxième phase est la prise en charge extra-comptable.

Elle se fait sur le bordereau d'émission des mandats (CT20) dans la « partie réservée au payeur départemental» et dans la partie « contrôle des prises en charges ». Et enfin, la troisième phase qui est la prise en charge comptable. Celle-ci se fait sur le grand livre centralisateur (CT01).

S'il s'agit d'une dépense de fonctionnement, elle est passée au :

Débit classe 6 Crédit du compte de tiers

CL6 CL4

S'il s'agit d'une dépense d'investissement, pour les dépenses non individualisées sur le CT01, elle est passée au :

Débit classe 09 Crédit Compte de tiers classe 4

CL 09 CL 04

IV.4.3.2.3.2-Paiement

L'agent du service comptabilité « Etat» établit le chèque ou les virements au vu de la main levée, de la situation fiscale, de la pièce d'identité du réel bénéficiaire en cours de validité, après retenue à la source de 10% sur les factures soumises à l'impôt synthétique et 15% sur les baux administratifs sauf celles des carburants.

Il procède ensuite à la comptabilisation du paiement en comptabilité ASTER ou Etat. Il sert le T29. La comptabilisation se fait comme suit:

- Paiement sans retenu sur facture

43 515.2

- Paiement avec retenu sur facture

43 390.302 515.2

(10% ou 15%)

151

Les mandats sont, par la suite, transmis au service de la comptabilité des collectivités territoriales. L'agent de ce service établit une fiche de liaison dépense (CT 100) au compte de tiers indiqué et procède à la comptabilisation de l'opération au (CT 01).

152

- Paiement des salaires

Débit compte de tiers, Classe 04 Crédit compte 560 de la collectivité

Compte de tiers CL 4 560

- Investissement

Débit compte 4690 Crédit compte 560 de la collectivité

4690 560

- Mandat antérieur à la gestion

Débit compte 4691 Crédit compte 560 de la collectivité

Compte 4691 560

L'agent de ce service procède enfin au classement des mandats de paiement de la journée par compte.

153

IV.4.3.2.4- Motifs de rejet d'une dépense par le payeur

Une dépense peut être rejetée par le payeur si :

- elle ne figure pas au programme triennal;

- l'intitulé n'est pas conforme à ce qui est prévu au programme triennal;

- le montant ne correspond pas à ce qui est prévu au programme triennal;

- il y a insuffisance de pièces justificatives.

NB : Au niveau des travaux d'investissement, les paiements se font par décompte. Sur chaque décompte une retenue de garantie de 07% est prélevée. Cette retenue de garantie est remboursable sur un délai de six (06) mois si des défaillances n'ont pas été constatées dans les travaux.

La procédure d'élaboration et d'exécution du budget du Conseil Général de Dimbokro suit une procédure reconnue des structures décentralisées en Côte d'Ivoire.

Au-delà de cette procédure d'élaboration de son budget, le Conseil Général de Dimbokro s'est fixé des objectifs en vue de l'amélioration des conditions de vie de sa population.

Les objectifs que cette structure s'est assignée pour sa population ont été présentés dans les lignes qui suivent.

154

IV.5-OBJECTIFS DU CONSEIL GENERAL DE DIMBOKRO

Les Conseils Généraux ont été créés pour le développement des départements et donc interviennent dans le cadre de la loi n°2003-208 du 07 Juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences aux collectivités territoriales.

Le séminaire organisé par le Conseil Général de Dimbokro en collaboration avec le cabinet CAFIC et CO en Juillet 2003 a permis de tracer les grands axes d'un programme d'insertion des jeunes et des femmes.

Ce programme était inscrit dans le cadre d'une nouvelle approche stratégique du développement du département qui se voulait une démarche réaliste et pragmatique avec pour point focal, la création de richesses à tous les niveaux à partir d'une organisation rationnelle, d'un renforcement permanent des capacités et d'une prise de conscience collective.

Pour ce faire, l'on s'est donné pour objectif primordial la création de la richesse à tous les niveaux, c'est-à-dire la production et la commercialisation de biens et services à même de générer des revenus conséquents pouvant permettre à la population de satisfaire ses besoins essentiels.

Ce qui suscitera l'épanouissement des jeunes à travers des actions de développement endogènes dans un environnement et un cadre de vie attrayant. Il devra constituer le creuset d'une nouvelle dynamique de développement du département avec la participation effective de toutes les composantes de la société et ce, dans un élan de solidarité, d'union et de fraternité pour lutter ensemble contre la misère et la pauvreté59.

Cette approche s'est articulée autour d'un certain nombre de points ou d'objectifs à partir desquels le Conseil Général de Dimbokro entend mener les actions de développement.

59Conseil Général de Dimbokro et CAFIC et CO (Juillet 2003), programme d'insertion socio-économique des jeunes du Département de Dimbokro, page 05.

155

Il s'agissait entre autre d'une nouvelle orientation de la politique agricole vers de nouvelles spéculations, le développement de l'entreprenariat et de la promotion du secteur informel.

Ses objectifs concernaient le développement de l'épargne pour accéder aux crédits et autres appuis financiers, la promotion de l'esprit coopératif à tous les niveaux et la promotion du cadre de vie et des infrastructures60.

Selon les propos du directeur de Cabinet du Président du Conseil Général de Dimbokro, il s'agissait de réaliser ou d'aider à réaliser un certain nombre de projets.

Des projets d'infrastructures socio-économiques (adduction en eau potable, ouverture et reprofilage de routes, électrification et aussi dans le domaine éducatif (construction d'établissements secondaires et des écoles primaires en milieu rural) sont à réalisés.

Le volet sanitaire tel que la construction des centres de santé et l'équipement des centres de santé dans les villages, le renforcement du plateau technique du CHR de Dimbokro était aussi envisagé.

En outre, des projets de développement de la production et du commerce (aide à la production et à la commercialisation des vivriers, soutiens technique et financier des coopératives de production et initiation de nouvelles cultures génératrices de revenu) étaient prévus61.

Les objectifs du Conseil Général de Dimbokro s'inscrivaient dans la dynamique du développement local. Néanmoins, il ya lieu de s'interroger sur les stratégies locales de participation de la population de Dimbokro lors de la traduction de ces objectifs en actions de développement.

Autrement dit, il s'agissait de définir et d'analyser la place occupée par la population locale dans l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi-évaluation des projets de développement.

60 Conseil Général de Dimbokro et CAFIC et CO (Juillet 2003), op.cit., page 6-16.

61 Extrait de l'entretien du 05 Juillet 2010 avec le Directeur du Cabinet du Président du Conseil Général de Dimbokro

156

Conclusion partielle

Cette présentation du terrain et de l'objet d'investigation, nous a permis de passer en revue le Conseil Général de Dimbokro dans son organisation et son fonctionnement ainsi que les objectifs qu'il s'est assigné pour l'amélioration des conditions de vie de la population.

Elle nous a permis aussi d'avoir un aperçu des infrastructures socio-économiques et culturelles qui existaient avant que la structuration de la décentralisation en Côte d'Ivoire n'aboutisse aux Conseils Généraux en Juillet 2002. Ces acquis, qui non seulement sont devenus vétustes, semblent être insuffisants pour la population qui a évolué depuis le recensement de 1998. La population de Dimbokro est estimée à 122. 544 (Projections INS, 2012). Ainsi, de nouveaux besoins se sont ajoutés à ceux exprimés par les populations dans les années 1960 et 1980.

Certes, les objectifs du Conseil Général de Dimbokro étaient supposés apporter le mieux-être à sa population. Or, le développement local par la décentralisation suppose la participation des populations au processus de leur développement.

L'analyse des différentes données recueillies sur le terrain nous a permis d'avoir un éclairage sur les actions de développement entreprises par le Conseil Général de Dimbokro.

Cette rubrique a été aussi l'occasion d'analyser l'appréciation de ces actions par la population locale, les rapports sociaux qui se construisent autour du développement du département de Dimbokro et surtout d'analyser la participation de celle-ci à son développement.

La partie du travail qui suit; la troisième partie a été réservée à l'analyse et à l'interprétation des données de l'enquête. Cette analyse s'est faite en quatre chapitres.

157

Le chapitre cinq a reposé sur l'analyse du profil sociologique des enquêtés (sexe et âge, niveau d'instruction et profession) ainsi que leur connaissance du développement local et du rôle d'une structure décentralisée.

Quant au chapitre six, il a été le cadre réservé pour dégager la politique et la matérialisation des projets de développement dans le département de Dimbokro.

Au chapitre sept, il a été question de la participation de la population de Dimbokro à son développement. Les stratégies locales de participation au développement, les canaux de communication utilisés et les rapports sociaux construits autour du développement ont constitué l'ossature de ce chapitre. Les éventuels obstacles à la participation de la population de Dimbokro à son développement ont été élucidés au chapitre huit.

Enfin, le chapitre neuf a fait l'exposé de quelques stratégies et perspectives d'amélioration de la décentralisation pour le développement local.

ANALYSE ET INTERPRETATION

DES DONNEES

TROISIEME PARTIE

158

159

Chapitre V : PROFIL SOCIOLOGIQUE DES ENQUETES ET CONNAISSANCES DIVERSES

V.1- PROFIL SOCIOLOGIQUE DES ENQUETES

V.1.1- Sexe et âge

Tableau n° 11 : Répartition des enquêtés selon le sexe et l'âge

Sexe
Age

Femmes

Hommes

Total
VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

15-19

05

02,63

08

04,21

13

06,84

20-24

06

03,16

09

04,74

15

07,90

25-29

05

02,63

10

05,26

15

07,89

30-34

08

04,21

08

04,21

16

08,42

35-39

10

05,26

10

05,26

20

10,52

40-44

09

04,74

08

04,21

17

08,95

45-49

09

04,74

20

10,53

29

15,26

50-54

10

05,26

15

07,89

25

13,16

55-59

07

03,69

12

06,32

19

10,01

60-64

05

02,63

05

02,63

10

05,26

65 et plus

04

02,10

07

03,69

11

05,79

Total

78

41,05

112

58,95

190

100

Source : Enquête de terrain, 2010-2012.

Les données du tableau n°11, ci-dessus ont porté sur le sexe et l'âge des enquêtés. L'âge des enquêtés variait de 15 à 65 ans et plus, réparti en tranches d'âge révolu de cinq ans.

La tranche d'âge la plus importante numériquement était celle de 45 à 49 ans, qui représentait 15,26% des enquêtés ; suivie des tranches d'âge de 50 à 54 ans, 35 à 39 ans, 55 à 59 ans, 40 à 44 ans, 30 à 34, 20 à 24 ans et 25 à 29 ans qui représentaient respectivement 13,16 % ; 10,52% ; 10,01% ; 08,95% ; 08,42 ; 07,90% et 7,89%.

160

Les tranches d'âge 15 à 19 ans, 60 à 64 et 65 et plus, représentaient respectivement 6,84% ; 5,26% et 5,79% des enquêtés.

L'un des atouts de développement d'une région est l'ensemble des ressources naturelles et humaines qu'elle dispose.

Autrement dit, le développement serait fonction au niveau des ressources humaines de la qualité de la main-d'oeuvre (âge et aptitude).

Or, les résultats de notre enquête nous ont révélé que les tranches d'âge 45 à 49 ans, 50 à 54 ans, 55 à 59 ans, qui représentaient (38,43%) des enquêtés constituent la force de travail actuel du département de Dimbokro.

Cet état de fait a mis en exergue l'exode de la population vers d'autres régions (Fresco, Soubré) encore propices à la culture du binôme café-cacao et pose ainsi la problématique de l'existence des "bras valides" capables de booster le développement de ce département.

Même si selon un des responsables de l'ANADER de la zone de Dimbokro, quelques personnes ont fait leur retour dans leur localité d'origine avec l'introduction de nouvelles spéculations telles que l'hévéa, l'anacarde et l'apiculture. Ce retour semble être encore timide.

En effet, selon les économistes, l'abondance des "bras valides" dans une société constitue un capital humain important pour le développement socio-économique.

C'est ce qui constitue l'espoir de développement des pays en voie de développement. Ainsi, afin de favoriser le retour à la terre des populations dans leur localité d'origine, il serait nécessaire d'établir des plans stratégiques de développement et spécifiquement pour le département de Dimbokro.

Il va s'agir de mettre à exécution le plan stratégique de développement établi avec le concours de l'ANADER depuis un certain temps62 tout en définissant les spéculations susceptibles d'intéresser la population, favoriser leur écoulement et garantir un meilleur prix de vente.

62 Extrait de l'entretien du 09 Janvier 2013 avec un des responsables de l'ANADER, zone de Dimbokro.

161

V.1.2- Niveau d'instruction

Tableau n° 12 : Répartition des enquêtés selon le niveau d'instruction

Sexes
Niveau

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Analphabète

36

18,95

45

23,68

81

42, 63

Primaire

14

07,37

30

15,79

44

23,16

Secondaire

10

05,26

20

10,53

30

15,79

Supérieur

08

4,21

10

05,26

18

09,47

Alphabétisé

10

5,26

07

03,69

17

08, 95

Total

78

41,05

112

58,95

190

100

Source : Enquête de terrain, 2010-2012.

Les données du tableau n°13, ci-dessus ont révélé que la majorité des individus enquêtés étaient analphabètes et représentaient 42,63% des répondants ; suivis de ceux qui avaient le niveau d'étude primaire, 23,16% ; ensuite viennent ceux qui avaient le niveau secondaire, 15,79%.

Le niveau d'instruction le moins représenté est celui du supérieur (09,47%). Les personnes ayant été alphabétisés représentaient 08,95% des enquêtés.

En effet, l'analphabétisme de la population d'enquête nécessite qu'un certain nombre de mesures soient prises.

L'analphabétisme semble constituer un frein à la participation de la population au développement dans la mesure où celle-ci a quelques difficultés pour saisir les messages véhiculés autour du développement local et y répondre favorablement.

Ce faible niveau d'instruction pourrait conduire à un manque ou à une carence dans la maîtrise de l'information. Il s'agit là d'une compétence que les responsables locaux doivent acquérir afin de mieux affiner leurs prises de décisions, notamment celles qui impactent sur le fonctionnement des affaires locales.

162

En effet, disposer d'un minimum de savoir lire et écrire, constitue le principal canal d'accès à certaines informations clés dans le processus de gestion des affaires locales (Amadou DIOP, 2008 : 206).

Une des conséquences de cette situation est que la population pourrait se sentir moins concernée par les actions de développement, si des efforts ne sont pas faits pour l'intégrer au processus de développement local à travers l'alphabétisation (simple ou fonctionnelle) pour qu'elle maîtrise les différents processus des projets de développement.

La formation revêt une importance majeure dans la prise en compte des trois dimensions environnementale, sociale, et économique du développement durable.

L'éducation en vue du développement durable vise donc à doter chaque individu des capacités qui lui permettront de participer activement à la construction de l'avenir en assumant ses responsabilités.

Le concept de l'«Education en vue du Développement Durable» (EDD) a été présenté pour la première fois au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, au chapitre 36 de l'Agenda 21. Puis, lors du sommet mondial sur le développement durable, organisé à Johannesburg en 2002, il a été décidé d'intégrer le développement durable à tous les niveaux du système éducatif 63. L'apprentissage de la lecture et de l'écrire est un processus de conquête de l'autonomie et une condition essentielle du développement et de la santé64. Néanmoins, cette situation pourrait trouver un début de solution par l'usage de la communication, surtout grâce aux émissions de sensibilisation en langues locales sur les ondes de la radio locale et aussi grâce à des sensibilisations de proximité.

63Extrait de l'article 121 du plan de mise en oeuvre du sommet de Johannesburg.

64Extrait du message du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, à l'occasion de la journée internationale de l'alphabétisation du 08 Septembre 2010.

163

V.1.3- Occupation professionnelle

Tableau n°13 : Répartition des enquêtés selon la profession

Sexes

Professions

Femmes

Hommes

Total VA

Total VR

VA

VR

VA

VR

Planteurs et cultivateurs

22

11,58

58

30,53

80

42,11

Commerçants

24

12,64

16

08,42

40

21,06

Artisans

22

11,58

18

09,47

40

21,05

Opérateurs économiques

05

02,63

10

05,26

15

07,89

Eleveurs

05

02,63

10

05,26

15

07,89

Total

78

41,06

112

58,94

190

100

Source : Enquêtes de terrain, 2010-2012.

Les données du tableau n°14, ci-dessus ont porté sur la profession ou l'activité principale des enquêtés. Ces données ont révélé que la majeure partie des enquêtés a comme activité principale l'agriculture, à savoir les planteurs ou cultivateurs représentant 42,11% des enquêtés, suivie des commerçants qui représentaient 21,06% ; ensuite viennent les artisans avec 21,05%.

Cette proportion suivie de celles des opérateurs économiques et éleveurs avec qui représentaient respectivement 07, 89% et 07,89%.

Les activités dominantes de nos enquêtés étaient donc dans les secteurs primaire et tertiaire traduisant ainsi la dominance de l'agriculture et du commerce sur les autres activités.

C'est par conséquent, dans ces domaines qu'il faut apporter le soutien nécessaire à la population locale sans toutefois ignorer les autres secteurs d'activités.

Autrement dit, les occupations diverses des populations doivent êtes planifiées dans le sens de leur donner des orientations, des opportunités pour mieux accroître leur entreprise.

Certes, la culture du binôme café-cacao ne connaît plus le même rendement comme dans les années 1960, mais d'autres spéculations telles que l'anacarde sont susceptibles de redonner l'"espoir " à la population du département de Dimbokro.

En effet, la présence d'OLAM IVOIRE à Dimbokro augure d'un meilleur lendemain. Cette unité industrielle qui transforme environ 5000 tonnes/an d'anacarde, soit 5% de la production nationale65 doit être un facteur d'encouragement de la population à faire des plantations d'anacardiers.

Ce parcours du profil sociologique des enquêtés, nous a conduit à l'analyse de leur connaissance du développement local et du rôle d'une structure décentralisée.

164

65 http://www.agriculture.gouv.ci, consulté le 09 Mars 2012 à 21 H 35 mn.

165

V.2-CONNAISSANCES DIVERSES

V.2.1- Connaissance du développement local

Tableau n°14 : Répartition des enquêtés selon leur connaissance du développement local

Sexes
Rôles

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Amélioration des conditions
de vie

20

10,53

20

10,53

40

23, 69

Appropriation des projets de
Développement par
la population locale

38

20

65

34,21

103

52, 63

Effort de tous pour le
développement local

14

07,37

20

10,53

34

17, 89

Sans réponse

06

03,15

07

3,68

13

05, 79

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquêtes de terrain 2010-2012.

Les données du tableau n°14, ci-dessus ont montré comment les enquêtés appréhendent le développement local.

Ainsi, pour 52,63% des enquêtés, le développement local est une appropriation des projets de développement par la population locale.

Pour 23,69% des enquêtés, parler du développement local c'est contribuer à l'amélioration des conditions de vie de la population.

L'effort de tous pour le développement est le sens que donnent 17,89% des enquêtés au développement local.

Enfin, 13 personnes soit 05,70% des enquêtés n'ont pas trouvé de réponse à cette question.

166

Pour les responsables d'associations et mutuelles de développement, ainsi que pour la notabilité de certains villages ; le développement local « est un développement qui intègre les acteurs locaux, leur savoir-faire dans les projets de développement ».

En regroupant les différentes définitions du développement local données par les enquêtés, nous obtenons 94,21% des répondants.

Leur réponse montre qu'ils ont une connaissance appréciable du développement local dans le sens de (Sebahara PAMPHILE, 2000).

Pour PAMPHILE, en effet, le développement local est « un processus consistant à mobiliser les énergies de tous les acteurs locaux en vue de la promotion économique, sociale et culturelle d'un territoire ».

Autrement dit, c'est un processus qui vise la participation des acteurs avec pour finalité, l'amélioration des conditions de vie des habitants d'une zone déterminée.

A ce niveau, nous pouvons conclure que la majorité des enquêtés ont une idée précise du développement local. Par conséquent, ils sont capables de situer leur responsabilité dans le développement local et ce qu'ils attendent dans ce domaine.

Par ailleurs, l'analyse a aussi concerné leur connaissance du rôle d'une structure décentralisée.

167

V.2.2- Rôle d'une structure décentralisée

Tableau n°15 : Répartition des enquêtés selon leur définition du rôle d'une structure décentralisée.

Sexes
Rôles

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Chercher des financements

25

13,16

20

10,53

45

23, 69

Aider et faire participer
la population locale à son
développement

35

18,42

65

34,21

100

52, 63

Accorder des subventions à
certaines personnes

14

07,36

20

10,53

34

17, 89

Sans réponse

04

02,11

07

03,68

11

05, 79

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

Les données du tableau n°15, ci-dessus ont montré que pour 52,63% des enquêtés, le rôle d'une structure décentralisée est d'aider et faire participer la population locale à son développement. Pour 23, 69%, elle est chargée de la recherche de financement. L'octroi des subventions à certaines personnes pour la réalisation d'activités est le rôle qu'assignent 17,89% des enquêtés à une structure décentralisée. Enfin, 5,79% des enquêtés n'ont pas trouvé de réponse à la question.

Pour les responsables d'associations et mutuelles de développement, ainsi que pour la notabilité de certains villages; « le rôle d'une structure décentralisée est d'aider au développement local grâce à une implication des populations à leur développement ».

Même si 52,63% des enquêtés, y compris les responsables d'associations et mutuelles de développement, ainsi que la notabilité de certains villages connaissent le véritable rôle d'une structure décentralisée, 41,58% des

168

enquêtés ont une connaissance approximative de cette structure et 05,79% des enquêtés ignorent son rôle.

En effet, pour mieux adhérer à la politique de développement d'une structure de développement et participer à ses actions, le premier niveau est de connaître véritablement la structure, ses domaines d'intervention, ses forces et faiblesses.

Le deuxième niveau serait la participation de la population aux actions de développement.

La vulgarisation d'une structure décentralisée est donc l'affaire des élus locaux qui doivent communiquer sur la structure et ses actions.

En effet, l'information et la communication sont essentielles à un développement agricole et rural durable.

Des investissements dans les systèmes d'information ruraux peuvent permettre d'accroître les niveaux des connaissances et des compétences de gestion des agriculteurs.

Ainsi, pour susciter une prise de conscience, diffuser des informations, partager des données d'expérience, modifier les attitudes et perfectionner les compétences, des processus de communication et d'apprentissage sont indispensables.

Si les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) se propagent rapidement dans de nombreux pays en développement, l'infrastructure des télécommunications de base demeure pour le moment déficiente.

Cela doit être corrigé en dotant les structures décentralisées de système de communications pour la vulgarisation des actions de développement.

Au-delà de la connaissance que les enquêtés ont du développement local et du rôle d'une structure décentralisée, il a été important de connaître les projets et politique de développement définis et adoptés par le Conseil Général de Dimbokro pour sa population.

169

Autrement dit, il a s'agi, à partir des projets de développement, de mettre en exergue les actions réalisées pour l'amélioration des conditions de vie de la population du département de Dimbokro.

L'appréciation par la population des actions de développement entreprises a été l'objet d'analyse.

170

Chapitre VI : POLITIQUE ET MATERIALISATION DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT

VI.1- POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT

Pour le Conseil Général de Dimbokro, il faut amener la population à l'autonomie financière. Et ce, à travers la formation professionnelle pour avoir une capacité en vue de l'exercice d'un emploi, à la création de micro-projets générateurs de revenus. Cette politique de développement se voulait ouverte non seulement à toutes les structures de développement du département mais aussi et surtout sur l'extérieur.

VI.1.1-Initiation à l'autonomie financière

VI.1.1.1-Formation professionnelle

Apprendre un métier requiert à terme des opportunités de travail et l'on peut à partir de la formation reçue s'installer à son propre compte.

C'est pourquoi le Conseil Général en collaboration avec le Cabinet Africain de Formation en Ingénierie Conseil et Commerce (CAFIC et CO) s'était engagé à la formation professionnelle des jeunes du département.

Les filières tertiaire et technique ont été les deux principales options qui s'offraient aux jeunes (filles comme garçons).

De 2004 à 2005, trois cent (300) parmi eux ont bénéficié d'une formation d'opérateurs de saisie, de maintenance informatique, de caissier, d'agent de pharmacie, tandis que trente autres se sont formés en électricité, en plomberie, en mécanique auto, en menuiserie, et en maçonnerie. Cette promotion, libérée au terme de six (06) mois de formation, se donne des moyens pour son insertion socio-professionnelle. Comme prévu dans le programme d'insertion socio-économique des jeunes du département, le Conseil Général de Dimbokro a prévu aider ces jeunes à s'installer.

171

C'est pour cela qu'il a été demandé aux personnes formées de se regrouper par spécialité dans la perspective de leur octroyer des financements afin de leur permettre de s'installer à leur propre compte.

Et un échéancier assez souple de remboursement des fonds alloués leur a été proposé.

Cela doit pouvoir se réaliser en pratique puisque bon nombre des personnes formées n'ont pas encore pu s'insérer dans la vie professionnelle.

VI.1.1.2-Création de micro-projets

Suite logique de la formation professionnelle, le Conseil Général avec ses partenaires dans le but d'inciter les jeunes du département de Dimbokro à l'auto-emploi, a fait un dépôt de garantie de 10 millions de francs CFA auprès de la Coopérative d'Epargne et de Crédit (COOPEC) en vue du financement effectif des projets en faveur des jeunes. Ainsi près de 200 jeunes ont-ils bénéficié de prêts allant de 200 à 500 mille Francs CFA.

Ceux-ci se sont lancés soit dans le commerce, soit dans l'agriculture.

Si le volet agricole a essuyé les affres climatiques et pluviométriques, le volet commercial a été plus ou moins reluisant malgré la crise économique.

Les bénéficiaires du fonds qui se sont lancés dans le commerce de friperie, de produits cosmétiques, du vivrier, de la restauration, d'articles divers de boutique ont pu s'en sortir avec quelques bénéfices leur permettant de rembourser le prêt en dépit des difficultés de respect des échéances mensuelles, fixées entre 15.000 F CFA et 25.000 F CFA, et donc jugées parfois trop lourdes pour des débutants en affaire.

L'un de nos enquêtés, une dame, qui a pu rembourser le prêt sollicité s'est réjouie en ses termes, « c'était difficile, mais j'ai pu rembourser doucement le prêt sollicité et je compte même monter un autre dossier pour une autre sollicitation financière »66.

66 Extrait de l'enquête de terrain, 2010.

172

A Dimbokro, la faiblesse du pouvoir d'achat constitue un problème dans le domaine du commerce.

Le revenu annuel par tête d'habitant est passé de 157.000F CFA en 1990 à 50.000F CFA en 2000 et à 30.000F CFA en 200367.

Et seuls, les fonctionnaires et dans la moindre mesure les élèves constituent les consommateurs potentiels dont il faut tenir compte dans sa politique commerciale en termes de besoins. Toute tentative ou initiation d'affaires ne prenant pas en considération les habitudes de consommation de cette frange de la population, semble être vouée à l'échec.

Par ailleurs, pour plus d'ouverture et de possibilité de financement, le Conseil Général de Dimbokro a encouragé l'institution de la Caisse d'Epargne et de Crédit de Dimbokro (CECD) dont l'objectif était d'éduquer à l'épargne afin d'aboutir à une indépendance économique, sociale et professionnelle.

Autrement dit, cette structure s'est chargée de la promotion des actions de développement par le financement des micro-projets à travers les micro-crédits.

Par ailleurs, quinze (15) jeunes, soutenus par le Conseil Général se sont fait former en élevage de volaille.

Si le Conseil Général de Dimbokro, dans sa politique de lutte contre la pauvreté et/ou du développement, recherchait l'autonomie financière des jeunes à travers la formation professionnelle et la création de micro-projets, il a fait de la collaboration une de ses stratégies de développement.

67 Conseil Général de Dimbokro et CAFIC et CO (Juillet 2003), Programme d'insertion socio-économique des jeunes du Département de Dimbokro, page 02.

173

VI.1.2-Collaboration avec des structures de développement

La décentralisation qui donne aux élus locaux les compétences et les moyens nécessaires au développement départemental et/ou régional n'occulte en aucun moment la collaboration.

En effet, pour mieux participer au développement du département de Dimbokro, peuplé de 81.158 habitants (RGPH, 1998), l'association pour atteindre cet objectif s'avérait être important.

Le Conseil Général de Dimbokro entretenait pour ce faire des rapports de collaboration, d'information, de consultation et d'échange de points de vue sur certains dossiers communs avec les structures telles que la Mairie, la Préfecture, la Sous-préfecture, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, l'ANADER. Au niveau des associations et groupements coopératifs du département, il leur apportait assistance et aide.

Afin d'atteindre le point focal de la nouvelle politique de développement du département de Dimbokro, le Conseil Général consultait les associations de développement et surtout leur apportait son soutien lorsque la nécessité s'imposait. C'est le cas de l'association BEKANSSI68 qui a bénéficié du soutien du Conseil Général lors de la mise sur pied de sa ferme avicole.

En effet, un forage de 80 mètres de profondeur, estimé à près de huit (08) millions de francs CFA a été réalisé grâce à l'appui du Conseil Général pour permettre aux femmes regroupées en association de mener à bien leurs activités.

Par ailleurs, des réunions et consultations ont été entreprises par le Directeur du Développement Humain dudit Conseil en vue d'apporter les directives et conseils nécessaires aux associations de développement de tout genre (les associations d'entraide, de lutte contre la pauvreté, de la protection

68 BEKANSSI : vocable en baoulé qui signifie ; on parle et je passe. Autrement dit, lorsque certaines personnes s'évertuent à critiquer leur prochain, moi, je travaille, je cherche à évoluer.

174

et de l'entretien de l'environnement).

En témoigne, la réunion du Comité de Pilotage de l'Environnement du Jeudi 09 Novembre 2006 convoqué par le Conseil Général de Dimbokro et regroupant le Maire de la commune de Dimbokro, le Président de l'Union des Jeunes de la Commune de Dimbokro (UJCODI), les responsables des associations, et ONG d'environnement, un représentant de l'Institut National d'Hygiène Publique et bien d'autres personnes.

Aussi, le Conseil Général était en collaboration, pour le volet de la formation professionnelle, avec le cabinet CAFIC et CO, sur qui il s'est appuyé à travers une convention de partenariat afin d'entreprendre des actions en faveur des jeunes et des femmes.

Cette convention de partenariat a aussi concerné la formation des jeunes du département dans les domaines de plomberie, menuiserie, électricité, maçonnerie.

Par ailleurs, l'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER), spécialiste du monde rural, a été et est un partenaire privilégié du Conseil Général de Dimbokro dans le processus d'amélioration des conditions de vie de la population du département de Dimbokro.

Ainsi, le 11 Mai 2006, une convention de partenariat a été signée entre l'ANADER et le Conseil Général de Dimbokro. A ce titre, l'ANADER a conduit un Projet pilote d'Appui de Création d'Exploitations Agricoles (PACEA).

Cette convention, qui a pris fin en 2008, a concerné quatre villages: Kangrassou-Yebouebo, Kangrassou-Abrizuenouan, Kadjabo et Bassa-Yébouessou. Trente-sept (37) exploitants ont été touchés par ce projet.

175

Dans ce domaine, les actions déjà entreprises étaient les suivantes :

- création de 47 hectares d'anacarde;

- mise en place de 42 hectares d'ignames dont la production de 2006 à 2007 était de 216,35 tonnes et 54.075 tonnes ont été commercialisées pour un chiffre d'affaire de 4.412.170 F CFA ;

- pose de 174 ruches piège pour l'apiculture;

- 08 poulaillers construits69.

Pour ce projet, l'ANADER a demandé à la population de faire les parcelles d'anacarde en y mettant de l'igname pour la première année et de l'arachide la deuxième année afin de disposer d'un peu de revenu jusqu'à la production de l'anacarde. Elle a souhaité, en effet, que ce projet porteur d'espoir s'étende progressivement à tous les villages du département.

Entre autres actions dont l'ANADER a participé à leur réalisation, étaient l'élaboration du projet de la mise en valeur des 22 retenues d'eau que contient le département pour les cultures maraîchères qui a été déposé au FDFP, la rédaction du Plan Stratégique de Développement Local et la co-rédaction de la Proposition de Plan de Développement Agricole du département avec le représentant du Conseil Général de Dimbokro (Patrice N'GORAN).

Tous ces projets et plans de développement doivent connaître leur exécution car leur réalisation effective et efficace pourrait aider la population de Dimbokro dans son développement économique et social.

En outre, l'ANADER poursuit la formation des groupements coopératifs aux techniques culturales, d'élevage et d'organisation avec le soutien du Conseil Général Dimbokro.

69 ANADER, zone de Dimbokro (Mai 2008), Projet d'Appui à la Création d'Exploitation (PACEA), Dimbokro, ANADER, page 3.

176

Dans cette même perspective, le Conseil Général Dimbokro a apporté son soutien financier aux centres d'alphabétisation qui oeuvrent à leur manière au développement local et à la lutte contre la pauvreté en donnant l'opportunité à certaines personnes de savoir lire et écrire en vue d'être plus efficace dans leur domaine d'activités.

A cet effet, le centre d'alphabétisation de l'Eglise Saint Joseph de Dimbokro a bénéficié de la part du Conseil Général un soutien financier à hauteur de 700.000 F CFA en 2007 et de 500.000 FCFA en 2008.

Mais malheureusement, ce centre n'a pas pu bénéficier de l'apport du Conseil Général pendant ces deux dernières années pour insuffisance de moyens financiers. Alors que ce centre joue un rôle important dans la relève économique du département de Dimbokro.

Même si les responsables de ce centre ont apprécié l'aide à leur apporter par le Conseil Général de Dimbokro, leur souhait c'est de pouvoir chaque année bénéficier de cet appui financier.

C'est ce qu'a signifié la responsable dudit centre : « nous sommes satisfaits de cette aide mais elle est insuffisante pour tout ce que nous avons à faire. C'est pour cela que nous souhaitons que le Conseil Général de Dimbokro continue de nous apporter son appui financier et technique »70.

En effet, les ressources financières du centre proviennent de la somme de 7.000 F CFA par an demandée à toute personne désireuse d'aller y apprendre et complétées par des éventuels dons. Cette somme représente les frais de scolarisation et elle sert à intéresser les enseignants et à acquérir les fournitures, cahiers et autres éléments nécessaires pour la formation.

Depuis la création dudit centre en 1990, environ 2.500 personnes ont été formées et y sont sorties. Les plus jeunes ont intégré le circuit normal et ont poursuivit les études au secondaire.

70 Extrait de l'entretien du 23 Juin 2010 avec deux responsables du centre d'alphabétisation de l'Eglise Catholique Saint Joseph de Dimbokro.

177

Les personnes formées dans les activités telles que la cordonnerie, la menuiserie se sont mieux insérées dans la vie professionnelle et ont une

meilleure gestion de leur activité. Par ailleurs, le rôle du centre va au-delà de leur apprendre à lire et à écrire. Il maintient le contact avec celles-ci en leur prodiguant des conseils pour la réalisation de leur projet71.

Par ailleurs, le Conseil Général collabore avec la Mairie, structure décentralisée de l'Etat, qui lui apporte son soutien.

Ainsi dans les activités scolaires et sportives, le Conseil Général de Dimbokro et la Mairie s'accordent pour le mieux-être de la population.

A la question de savoir quel devrait être le type de relation entre toutes les structures qui interviennent dans le développement économique et social du département de Dimbokro, le Maire de la commune de Dimbokro a signifié que toutes les structures de développement doivent travailler en collaboration.

Pour lui, « étant donné que toutes les structures qui oeuvrent pour le développement ont le même objectif qui est celui du mieux-être de la

population; elles doivent avoir le souci du développement dans une attitude de compréhension et de collaboration» (Entretien individuel, Maire de Dimbokro).

Dans ce domaine, la radio "la voix du N'Zi ", situé dans la cours de la Mairie contribue à la sensibilisation de la population au sujet du développement local.

Des émissions sur l'agriculture y sont faites en vue de sensibiliser la population sur les techniques culturales.

En somme, la Mairie et le Conseil Général de Dimbokro essaient d'intensifier leur relation pour participer au développement du département de Dimbokro.

71Extrait de l'entretien du 23 Juin 2010 avec deux responsables du centre d'alphabétisation de l'Eglise Catholique Saint Joseph de Dimbokro.

178

VI.1.3-Partenariat

Le développement local embrasse beaucoup de domaines et par conséquent fait appel à d'autres compétences ou expertises afin de pouvoir atteindre les objectifs.

A ce niveau, le principal partenaire du Conseil Général de Dimbokro est l'ANADER, structure étatique qui oeuvre pour le développement rural.

En vue d'attirer les partenaires nationaux et internationaux, le Conseil Général de Dimbokro s'est fait établir, avec l'appui de l'ANADER un Plan Stratégique de Développement Local (PSDL). Ce document est une sorte de "miroir" pour le Conseil dans sa quête de partenaires extérieurs.

Ce qui reste, c'est la mise à exécution de ce plan stratégique.

L'appui extérieur a été obtenu auprès de la Force Licorne qui a participé à la réhabilitation des écoles primaires publiques de Troumanbo, Djangokro, et l'achèvement de la cantine de l'EPP Kadjabo.

Le Conseil Général de Dimbokro a mis en exécution, depuis 2003, une nouvelle approche stratégique de développement du département de Dimbokro à travers la réalisation de certaines actions.

VI.2-MATERIALISATION DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT

VI.2.1- Au niveau du fonctionnement du Conseil Général

Pour rendre plus fonctionnel le Conseil Général de Dimbokro, il y a eu des réalisations telles que la construction du siège à Dimbokro, la construction des résidences du payeur, du secrétaire général et du gardien du siège, les études et suivis de projets, la dotation en véhicules de commandement et de liaison l'achat et/ou réparation d'autres engins. Il y a eu enfin l'équipement des différents bureaux.

En effet, la construction du siège du Conseil Général de Dimbokro a nécessité une enveloppe de 258.871.487 FCFA, selon le Président du Conseil Général de Dimbokro. Il poursuit en affirmant que « pour impulser le développement, le département de Dimbokro a besoin de partenaires extérieurs et cette édifice permettra d'attirer ceux-ci »72.

Photo n°1 : Siège du Conseil Général de Dimbokro.

La devanture

L'arrière plan

Source: Cliché Isaac KOUAKOU, enquête de terrain 2010.

179

72 Extrait de l'entretien réalisé par N'Dri Célestin, correspondant de Fraternité Matin/Régions et tourisme du Mardi 20 Décembre 2005 - Cahier gratuit N°77.

180

VI. 2.2-Infrastructures routières

Les travaux effectués dans le domaine des routes et transports ont concerné le reprofilage (lourd et léger), le traitement de points critiques et la construction de ponts, de dalots73 et/ou pose de buses74.

Pour désenclaver certains villages du département, environ 3000 kilomètres de routes ont été réhabilitées.

Cette priorité accordée aux routes était d'apporter l'appui nécessaire à la production agricole pour favoriser l'acheminement des récoltes à Dimbokro en vue de leur commercialisation.

Malgré cet effort, des actions dans le domaine des infrastructures routières restent à réaliser, comme en témoigne la voie d'accès au village de Wawrenou. Cette voie est impraticable pendant les saisons des pluies.

Photo n°2 : Voie d'accès au village de Wawrenou.

Source: Cliché Isaac KOUAKOU, enquête de terrain 2010.

73 Petits canaux situés sous la route, pour permettre l'écoulement des eaux.

74 Gros tuyaux que l'on pose à des endroits précis afin de permettre à l'eau d'écouler sans compromettre l'état des routes.

181

VI.2.3- An niveau de la santé

La construction des centres de santé, des logements du personnel soignant et l'équipement des bureaux et/ou résidences en mobiliers, matériels et fournitures et en matériels biomédicaux ont constitué l'essentiel des actions du Conseil Général de Dimbokro.

Cela a été perceptible à travers la construction des centres de santé de Langba, Bocabo, N'Dayakro et Trianikro.

A cela s'est ajouté la construction de trois (03) logements de quatre pièces chacun pour les sages-femmes et infirmiers dans les villages de Bocabo, Trianikro, N'Dayakro et Langba.

Le Conseil Général de Dimbokro a contribué à la construction du logement de l'infirmier d'Agnéré Koffikro à hauteur de deux millions et l'équipement des centres de santé de Langba, N'Dayakro, Kouakou-Ebinikro et Tangoumansou.

Dans ce domaine, il a été noté la réhabilitation et l'équipement de la maternité du CHR de Dimbokro en collaboration avec le FNUAP, la réhabilitation de la PMI de Komikro et les actions de dépistage volontaire du SIDA et de vaccination populaire avec l'ONG espagnole ARCO-IRIS.

Le centre de santé de Langba est l'exemple des actions sanitaires entreprises par le Conseil Général de Dimbokro.

182

Photo n°3 : Centre de santé de Langba

Source : Archives du Conseil Général de Dimbokro, enquête de terrain 2010. VI.2.4-Au niveau de l'éducation

Le Conseil Général de Dimbokro a consacré, dans ce domaine, ses actions à la construction de logements de maîtres, de classes avec ou sans bureaux, à la réhabilitation de classes avec ou sans bureaux et à l'équipement en tables-bancs et autres meubles.

A cet effet, des écoles primaires de trois classes chacune avec des bureaux ont été réalisées dans certains villages tels que Bendèkro, Koguina, Kouakou Lékikro, Tano-Akakro, Angouakoukro, Wawrènou, Aman Pokoukro, Soungassi, Ebimolossou, Agnéré-Koffikro.

La construction de cinq logements de quatre pièces chacun pour les maîtres a été également réalisée dans les villages de Kadjabo, Koguina, Angan-Konankro, Kouakou Lékikro, Agnéré-Koffikro, Abigui, Tano-Akakro et de Wawrènou.

Par ailleurs, le Conseil Général a réhabilité des bâtiments au Lycée Moderne de Dimbokro, des écoles primaires publiques à Trianikro, Kadjabo, Langba et Agnéré-Koffikro.

La photo ci-dessous témoigne des actions du Conseil Général de Dimbokro au niveau de l'éducation.

Photo n°4 : Foyer du Lycée Moderne de Dimbokro.

183

Source: Cliché Isaac KOUAKOU, enquête de terrain 2010.

184

VI.2.5- Au niveau de l'électrification et de l'adduction

en eau potable

Le Conseil Général Dimbokro a investi pour l'électrification et/ou la réhabilitation des installations dans sa localité. Entre autres actions, nous avons l'électrification des villages de Nofou, Krokokro et Bocabo.

Les villages de Kangrassou Alluibo, Agnéré-Koffikro, Trianikro ont bénéficié de l'extension et/ou renforcement du réseau électrique.

Les investissements en eau potable ont été la réalisation de l'hydraulique villageoise améliorée (HVA), de forages, de pompes à motricité humaine et la réparation de forages et/ou pompes.

Dans ce domaine, plus de 34 forages ont été réalisés avec la réhabilitation de certains en défaillance dans des villages.

Le village de Nofou a bénéficié spécifiquement d'un système d'Hydraulique Villageoise Améliorée (HVA).

Le village de Kangrassou-Alluibo a, quant à lui, bénéficié du soutien du Conseil Général de Dimbokro pour l'obtention de son système d'Hydraulique Villageoise Améliorée (HVA).

VI.2.6- Au niveau de l'agriculture et du commerce

C'est la création de plantations et/ou projets agricoles et de commerce qui ont constitué l'essentiel des actions à ce niveau.

Des actions ont ainsi été menées en collaboration avec l'ANADER de Dimbokro.

Ainsi, le Projet d'Appui à la création d'Exploitation Agricole (PACEA) a été initié et a concerné 40 jeunes de 04 villages (Kangrassou-Yobouebo ; Kangrassou-Mbrizouénouan ; Kadjabo ; Bassa Yobouessou), soit 10 jeunes par village et a duré de trois (03) ans.

Ce projet a permis de réaliser 37 hectares d'anacarde.

185

La production de l'igname a procuré un revenu annuel moyen de 58.000 F CFA par exploitant la première campagne et de 61.000F CFA la deuxième campagne. Ce qui équivaut à un quart (1/4) de la production commercialisée. Le reste de la production a servi à l'auto-consommation et à la bouture.

Par contre deux-tiers (2/3) de la production de l'arachide ont été vendues pour un revenu annuel de près de 42.000 F CFA.

Quant à l'apiculture, les résultats étaient porteurs d'espoir pour ces jeunes exploitants et onze exploitants se sont partagé 228.000 F CFA pour les premières récoltes75.

Pour le commerce, il a s'agi de l'octroi de prêt allant de 200.000 F CFA à 500.000 F CFA à près de 200 demandeurs pour leurs activités génératrices de revenu.

Ainsi, dame Yao DJE, qui a bénéficié de ce prêt à hauteur de 500.000 F CFA s'était exprimé en ses propos : « avec le prêt qui m'a été accordé, j'ai pu renflouer ma boutique. Malgré les difficultés, j'ai a pu rembourser totalement ce prêt. C'était parfois très dur de respecter les échéances parce que les gens n'ont plus d'argent. En réalité, ce projet m'a permis de rebondir quelque peu »76.

Par ailleurs, en vue de la mise en valeur des 22 retenues d'eau que contient le département de Dimbokro pour les cultures maraîchères, l'ANADER a rédigé un projet et déposé au FDFP.

Elle a de même rédigé le Plan Stratégique de Développement Local et co-rédigé la proposition de plan de développement agricole du département avec le représentant du Conseil Général de Dimbokro (Patrice N'GORAN)77.

Il est nécessaire de mettre à exécution ces plans conçus pour le développement de Dimbokro.

75 ANADER, zone de Dimbokro (Mai 2008), Projet d'Appui à la Création de l'Exploitations Agricoles (PACEA), Dimbokro, ANADER, page 4.

76 Extrait Fraternité Matin du Mardi 20 Décembre 2005, Cahier gratuit, n°77 et confirmé par l'entretien de terrain 2010.

77 Extrait de l'entretien du 08 Juillet 2010 avec un des agents de l'ANADER, zone de Dimbokro.

186

VI.2.7- Au niveau de la sécurité

La sécurité n'était pas en reste dans les préoccupations du Conseil Général de Dimbokro. Ainsi un don de radios de communication pour une valeur de 15 millions de francs CFA et d'un véhicule de type "4x4 " a été offert pour le renforcement des interventions des Forces de Défense et de Sécurité sur le terrain. Bien d'autres soutiens ont été accordés à ceux-ci notamment en carburant et en denrées alimentaires.

Par ailleurs, le Conseil Général de Dimbokro a accordé près de 10 millions de francs CFA à la jeunesse et aux femmes en vue de la création d'activités génératrices de revenus.

Autant d'efforts de réalisations au bénéfice des populations et surtout des jeunes car il s'agissait pour le Conseil Général de leur offrir le maximum de commodités, d'épanouissement moral et matériel en vue de les maintenir dans les villages.

L'objectif final étant de créer la richesse à partir du programme d'insertion socio-économique pour réduire la pauvreté, et freiner de ce fait l'exode rural dont le poids se faisait sentir au fil des années sur le territoire départemental de Dimbokro.

Les différentes actions sus-mentionnées ont été réalisées dans le but d'apporter un mieux-être à la population du département de Dimbokro.

Selon Marc MOUTOUSSE « Toute politique de développement doit avoir comme objectif principal la satisfaction des besoins essentiels c'est-à-dire ceux dont la satisfaction est nécessaire pour la survie (besoin physiologique: alimentation, habituellement) et les services de base (santé, éducation, assainissement, transport, adduction en eau potable). Ces besoins dits essentiels, ont trois caractéristiques: ils sont universels, quantifiables, et leur satisfaction à des effets positifs sur la croissance.

187

C'est pour cela qu'ils doivent être des préalables à toute politique de développement »78.

Cette vision du développement définie par Marc MOUTOUSSE semblait être la politique de développement adoptée par le Conseil Général de Dimbokro. En effet, sa politique de formation professionnelle, de création de micro-projets et de soutien financier étaient des projets, qui à terme, permettraient d'aboutir à l'autonomie financière de la population de Dimbokro.

Il s'agissait de donner à la population elle-même l'opportunité de participer au développement.

Par ailleurs, le fait de s'associer avec l'ANADER, structure spécialisée dans le développement rural, s'inscrivait dans un système de rapports nécessaires pour le développement local. Car, cette entreprise exige la mobilisation de ressources financière, matérielle, humaine.

Le soutien qu'apporte le responsable agricole du Conseil Général de Dimbokro à la population, dans l'orientation à l'apiculture semble capter l'intérêt d'une frange de la population du département de Dimbokro.

Il est donc souhaitable de continuer sur cette base en intégrant davantage les populations à leur propre développement.

Cet examen des activités a révélé que cette institution ne manquait pas d'arguments pour participer au développement économique et social de sa population, mais comment celle-ci a apprécié les actions réalisées et quelles étaient ses attentes en matière de développement?

78 Marc MOUTOUSSE (1990), Théorie du développement, Paris, Bréal, Page 160.

188

VI.3- PERCEPTION ET ATTENTES DE LA POPULATION VI.3.1- Appréciation des actions de développement

Tableau n°16 : Répartition des enquêtés selon leur appréciation des actions de développement entreprises.

Sexes

Types de relations

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Suffisantes

04

2,10

02

1,06

06

03,16

Insuffisantes

50

26,32

80

42,10

130

68,42

Moyennes

24

12,63

30

15,79

54

28,42

Total

78

41,04

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

Il ressort des données du tableau n°16 ci-dessus que 68,42% des enquêtés affirment que les actions de développement entreprises sont insuffisantes.

Pour 28,42% des enquêtés, ces actions sont moyennes. Enfin, seulement 03,16% des enquêtés disent que ces actions sont suffisantes.

« Il faut dire que le Conseil Général de Dimbokro s'est engagé dans l'amélioration des conditions de vie de sa population mais il s'est trouvé en face des difficultés telles que l'insuffisance des moyens financiers. En face donc des nombreux besoins de la population, ses actions restent encore insuffisantes ». (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

Pour les chefs de villages interviewés, « les actions réalisées sont insuffisantes au vue des nombreux besoins des populations ».

189

La réalité dans le département de Dimbokro est que les besoins en développement sont énormes.

En effet, passer d'une région faisant partie de la boucle du cacao à la situation actuelle dans laquelle est plongée la population semble préoccupant. Les infrastructures socio-économiques existantes sont devenues vétustes et les besoins dans ce domaine sont sans cesse croissants.

Des routes sont de plus en plus impraticables, des villages demeurent sans école ni électrification ni eau potable. La couverture sanitaire du département de Dimbokro est de même très insuffisante face aux besoins en santé des populations. Nos enquêtés reconnaissent certes l'effort de développement fait par le Conseil Général de Dimbokro de 2002 à 2010, mais celles-ci sont et demeurent pour le moment en deçà des attentes de la population.

Par ailleurs, pour ceux-ci la fermeture de l'unité industrielle UTEXI a aggravé les difficultés socio-économiques de la région dans la mesure où cette fermeture a provoqué des nouveaux pauvres79 qui sont venus s'ajouter aux autres.

Face à ce tableau, les actions entreprises par le Conseil Général de Dimbokro sont comme " une goutte d'eau dans la mer" qui ne sauraient être suffisants pour une population qui pourrait être estimée à près de 90.000 habitants.

Dans cette optique, il a été nécessaire de mettre en exergue les attentes de la population de Dimbokro en matière de développement.

79La pauvreté nouvelle est la forme de pauvreté que la Banque Mondiale désigne « the new poor». C'est une forme de pauvreté due le plus souvent à une rupture du niveau des revenus. Les caractéristiques de l'organisation sociale et les mutations politico-économiques sont porteuses de cette forme de pauvreté. Elle naît des événements qui prennent des proportions et produisent des conséquences qui auraient été moindres dans un autre contexte. Comme l'expliquent RIDDEL et ROBINSON, «les nouveaux pauvres sont ceux qui étaient au-dessus de la ligne de pauvreté mais qui depuis un certain temps ont rejoint le rang des pauvres en raison d'une récession économique ou des programmes d'ajustements structurels ».

190

VI.3.2- Attentes de la population

VI.3.2.1-Au niveau socio-économique et éducatif

Tableau n°17: Attentes des enquêtés en matière de développement

Sexes
Attentes

Femmes

Hommes

Total
VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Activités socio-
économiques

35

18,42

67

35,27

102

53,69

Organisation et soutien
technique à la
production agricole

20

10,53

25

13,15

45

23,68

Education

23

12,10

20

10,53

43

22, 63

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

Les données du tableau n°17 ci-dessus ont montré que 53,69% des enquêtés attendent que des activités socio-économiques soient entreprises ; 23,68% parlent de l'organisation et le soutien technique à la production agricole.

Le volet éducatif est évoqué par 22,63% des enquêtés. Ceci concerne la construction d'écoles et/ou des logements de maîtres et la réhabilitation de certaines écoles et de leur équipement.

En effet, la situation financière est un des problèmes majeurs de la population du département de Dimbokro; c'est pour cela qu'elle souhaite que des investissements soient faits dans les activités génératrices de revenus avec plus d'objectivité et de rigueur dans l'octroi des fonds.

Un de nos enquêtés s'est exprimé en ces termes: « je souhaite que les fonds accordés aux jeunes soient relancés et surtout que ceux qui se sont lancés déjà dans l'exercice d'une activité soient soutenus financièrement, matériellement et techniquement »80.

Les femmes productrices de manioc, d'aubergine, vendeuses de bananes et d'attiéké voudraient bénéficier non seulement de soutien financier mais aussi et surtout de soutien matériel et technique; c'est-à-dire de disposer de véhicules pour l'écoulement de leurs marchandises dans de meilleures conditions.

Elles souhaitent par ailleurs que le secteur de la commercialisation des produits vivriers et de l'exportation de l'attiéké au Burkina Faso soit mieux organisé.

« Nous avons besoins de soutien afin de tirer un meilleur profit de notre activité. Ceci nécessite une meilleure organisation pour la production en quantité de produits vivriers et leur commercialisation» (Entretien collectif, Coopérative Centrale de Vivriers de Dimbokro).

En effet, la Coopérative Centrale de Vivriers de Dimbokro (CCVD) qui a reçu de l'Ambassade de la Chine une broyeuse de manioc, produit en grande quantité de l'attiéké, un des dérivés du manioc qu'elle exporte au Burkina Faso.

Les femmes de cette association occupent trois wagons par semaines pour exporter leurs marchandises. Cependant, celles-ci, dans l'exercice de cette activité sont confrontées à des problèmes.

Elles connaissent peu et presque pas leurs partenaires commerciaux du Burkina Faso.

191

80Extrait de l'entretien de terrain, 2012.

192

Elles livrent une bonne partie de leur attiéké à crédit aux clients burkinabés, ainsi plusieurs créances demeurent irrécouvrées. De fois, ces colis s'égarent lors du transport par la SITARAIL81.

La satisfaction pour tout producteur de vivriers est de pouvoir écouler sa production.

Au contraire, l'insatisfaction est liée aux différents gaspillages et pertes de la production par faute de moyens de transport et/ou de tracasseries routières. Situation qui a pour corolaire le découragement et donc empêchant d'atteindre les objectifs de développement.

Si la population du département de Dimbokro apprécie les actions entreprises telles que l'électrification, les forages, la construction des centres de santé, des écoles dans les villages comme en ville; elle manifeste tout de même le souhait de voir l'unité industrielle, l'UTEXI réouvrir ses portes.

« A défaut de créer des activités génératrices de revenus, il faut songer à la réouverture de l'unité industrielle (UTEXI) afin d'alléger les charges de la plupart des femmes qui s'occupent en grande partie des charges de leur famille» (Entretien collectif, Coopérative Centrale de Vivriers de Dimbokro). Selon les femmes que nous avons interrogées, depuis la fermeture de l'UTEXI, ce sont elles qui s'occupent de leur famille.

En d'autres termes, ce sont elles qui supportent les charges familiales82.

Quant aux hommes qui sont obligés de faire des reconversions professionnelles, non sans difficulté, souhaitent également la réouverture de cette usine.

« En tout cas, depuis la fermeture de l'UTEXI, nous souffrons parce que le pouvoir d'achat est devenu très faible » souligne cet enquêté qui se montre optimiste pour ses projets.

81 Extrait de l'entretien du 08 Juillet 2010 avec un agent de l'ANADER de Dimbokro, membre du comité de gestion de la broyeuse de manioc.

82 Extrait de l'entretien du 27 Décembre 2012 avec la Coopérative Centrale de Vivriers de Dimbokro.

193

Par ailleurs, lors de nos moments de stage, au Conseil Général de Dimbokro, nous avons parcouru des courriers de demande d'aide ou de prise en charge scolaire portant en majorité la signature d'un ex-employé ou travailleur de cette unité industrielle; mettant ainsi en lumière les difficultés de cette catégorie de personnes.

En effet, pour le grand nombre de personnes que l'UTEXI employait et se situant entre 900 et 920 personnes sans compter les journaliers dont les élèves, sa réouverture pourrait relancer l'économie de la région du N'Zi.

En effet, l'existence des écoles, des centres de santé, de l'électricité dans certains villages engendre des dépenses additionnelles auxquelles la population doit pouvoir faire face. Tout ceci doit se faire avec la participation de la population à tout processus d'actions pour son mieux-être.

Cette préoccupation de la population doit nécessairement être traduite en action, car il est nécessaire que cette population puisse avoir les moyens financiers pour le paiement des frais de scolarité, de consultation et autres besoins quotidiens qui occasionnent des dépenses.

Dans cette perspective, la présence à Dimbokro de l'unité industrielle indienne "OLAM" spécialisée dans le traitement et le conditionnement des fruits de l'anacarde, depuis les pommes jusqu'aux amandes, contribue à améliorer les conditions de vie de la gente féminine.

Selon les propos du chef de zone-ANADER de Dimbokro, la population doit pouvoir rechercher son épanouissement, son développement dans d'autres domaines d'activités. Il souligne qu'il existe encore des opportunités de développement à Dimbokro à travers la culture de l'anacarde, les cultures annuelles telles que le manioc, le riz, l'igname, la banane plantain et surtout les cultures maraîchères dont la tomate, l'aubergine, le gombo83.

C'est dans cette optique que 23,68% des enquêtés évoquent le fait de pouvoir bénéficier de formation en technique agricole.

83 Extrait de l'entretien du 08 Juillet 2010 avec le chef de zone-ANADER de Dimbokro.

194

La majorité de la population s'adonnant aux activités agricoles, des actions doivent donc être menées dans ce sens afin de permettre à la population d'accroître sa production.

Le développement de ce secteur nécessite la planification des formations aux techniques culturales à l'endroit des regroupements des populations.

Il faudra aussi des appuis financiers, la négociation de l'achat des marchandises à des prix raisonnables, l'entretien des routes et des facilités d'écoulement des marchandises.

Ceci doit se faire dans un dynamisme de rapports sociaux avec pour objectif l'amélioration des conditions de vie de la population.

Le volet éducatif est certes en pleine évolution dans la région du N'Zi en général et en particulier à Dimbokro. Cela se justifie par la présence, que ce soit en zone urbaine ou rurale, des établissements publics ou privés.

Dans ce domaine, des actions ont été réalisées mais il y a encore des infrastructures éducatives à construire puisque bon nombre de villages n'en

disposent pas encore. Aussi, certaines de ces infrastructures méritent d'être réhabilitées et équipées. C'est à juste titre que 43 personnes soit 22, 63% des enquêtés souhaitent la poursuite des actions en matière d'éducation.

Sans toutefois oublier la réhabilitation de celles qui sont actuellement dans une situation de vétusté.

Par contre, les personnes du milieu rural qui ont pour principale activité la culture du vivrier, attendent, des structures décentralisées, des formations en alphabétisation fonctionnelle et une organisation efficiente du secteur de la commercialisation de la banane, de l'attiéké.

Ce qui leur permettra de mieux suivre leur production, de maîtriser les techniques culturales, les aléas climatiques, en vue d'une meilleure production et par conséquent tirer un meilleur profit de leurs activités.

195

Ce souhait est partagé par les femmes regroupées en associations, et vendeuses de bananes, d'attiéké, de fournitures scolaires et d'articles divers. En effet, savoir s'exprimer en français, calculer les prix des marchandises vendues et discuter avec le client sans problème sont les bases que cette catégorie de personnes voudrait avoir ou du moins bénéficier.

Selon la Conférence Internationale sur l'Education des Adultes (CONINTEA), qui s'est tenue du 14 au 18 Juillet 1997 à Hambourg en Allemagne, l'alphabétisation est « l'acquisition des connaissances et des compétences de base (de lecture et d'écriture) dont chacun a besoin dans un monde en évolution et un droit fondamental de la personne humaine ».

Dans cette perspective, l'alphabétisation fonctionnelle doit être une urgence dans la mesure où certaines populations enquêtées sont analphabètes. Or, l'analphabétisme se pose comme un frein au développement.

Une de nos enquêtés, Présidente d'une Association dénommée TABITHA, qui a chaque rentrée scolaire, fait la vente des fournitures scolaires a si bien mentionné l'importance de donner aux femmes qu'elle dirige les bases pour l'exercice de cette activité.

Elle le souligne ainsi: « notre souhait est d'aider les femmes en leur donnant l'opportunité de vendre nos articles et de bénéficier d'un petit revenu pour s'occuper de leur famille, mais parfois elles se sentent frustrées de ne pas pouvoir bien le faire en face d'un client qui ne parle que le français alors qu'elles s'expriment qu'en baoulé84».

Une personne qui n'est plus analphabète est définie comme une personne qui a acquis les connaissances et compétences indispensables à l'exercice de toutes les activités. Ainsi, à travers l'alphabétisation, celle-ci est capable de jouer efficacement un rôle dans son groupe et sa communauté et dont les résultats atteints en lecture, en écriture et en arithmétique sont tels qu'ils lui permettent de continuer à mettre ces aptitudes au service de son

84 Extrait de l'entretien du terrain du 20 Décembre 2010.

développement propre et du développement de la communauté et de participer activement à la vie de sa nation.

Ainsi, l'alphabétisation devient un moyen, un outil au service du développement économique.

Elle est un levier d'actions pour l'amélioration du mieux-être des populations. En effet, la connaissance de tous les contours de l'activité que l'on exerce permet d'être épanouit et d'en tirer un meilleur profit. Raison pour laquelle la nécessité d'une alphabétisation fonctionnelle doit être une réalité car cela participerait à une prise de conscience collective et un engagement total à rechercher les voies et moyens pour se prendre en charge.

Ces attentes ne pourront être traduites en actions de développement qu'en intégrant la population à toutes les initiatives de développement.

Par ailleurs, des besoins au niveau de la santé ont été exprimés par les enquêtés.

VI.3.2.2-Au niveau sanitaire

Tableau n°18 : Répartition des enquêtés selon les besoins sanitaires exprimés

Sexes

Besoins exprimés

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VA

VA

VA

VA

VR

Construction et équipement
des centres de santé

45

23,68

67

35,27

112

58, 95

Augmentation du personnel
soignant et du plateau
technique

33

17,37

45

23,68

78

41,05

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

196

Les données du tableau n°18 ci-dessus ont mis en exergue un aperçu

197

des besoins sanitaires exprimés par les enquêtés. La construction et équipement des centres de santé est le besoin exprimé par 58,95% des enquêtés.

Pour 41,05% des enquêtés, il faut augmenter le personnel soignant et le plateau technique.

« On dit souvent que la santé avant toute chose, nos besoins en santé restent énormes. En plus du fait que certains villages sont encore éloignés des centres de santé, il y a l'insuffisance du personnel soignant. Raison pour laquelle, il faut une augmentation à tous les niveaux » (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

Ces différents besoins exprimés mettent en exergue le souhait de la population de bénéficier d'un mieux-être en ayant recours aux centres de santé les plus proches et donc de l'importance de la santé dans le développement.

Au regard des ratios du District sanitaire du département de Dimbokro et surtout de la couverture sanitaire dudit département, beaucoup reste à faire dans ce domaine.

De plus en plus, le milieu du développement considère la santé comme une partie intégrante du développement humain. La santé est une condition essentielle de l'épanouissement d'une population et un des facteurs clés du développement d'un pays.

La déclaration de Rio sur l'environnement et le développement affirmait en 1992 en son premier principe que "les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature".

Dans cette optique, le programme d'actions Agenda 21 qui a suivi la conférence de Rio s'est fixé cinq objectifs prioritaires en matière de santé publique, tels que la satisfaction des besoins en matière de soins de santé primaires et la lutte contre les maladies transmissibles.

198

Ces dispositions prennent en compte la protection des groupes vulnérables, la santé des populations urbaines et la réduction des risques pour la santé occasionnés par la pollution et les menaces écologiques.

Ces mesures mettent ainsi en lumière le rôle important que joue la santé dans le développement aussi bien international, national que local.

Dans le cadre du développement durable, la santé est un objectif, mais également un préalable indispensable.

Il s'agit de procurer aux populations un bien-être physique et moral satisfaisant, ainsi que de leur garantir des conditions sanitaires qui leur permettent de contribuer aux activités productives et au développement de leur société.

A contrario, tout manquement à l'état sanitaire d'une population a des conséquences sur celle-ci, et donc, sur le processus de développement.

Il se traduit par un écart important entre une demande non satisfaite de services sanitaires et une offre de santé encore faible. La demande de services sanitaires, peut être appréciée à travers le nombre d'habitants et l'importance du budget affecté à la santé.

On distingue ainsi une demande notionnelle, estimée directement par une correspondance entre la taille de la population et ses besoins sanitaires d'une part, entre une demande effective et la capacité des populations à en supporter les implications financières d'autre part.

L'écart entre les demandes notionnelle et effective explique la précarité de l'état de santé des populations; cette précarité se reflète, dans le département de Dimbokro, à travers le niveau de l'offre de services sanitaires, l'impact des problèmes de santé et l'accessibilité aux services de santé.

La demande des ménages en infrastructures et services sanitaires dépend de leurs revenus, du niveau de tarification de ces services, ainsi que d'autres déterminants clés des décisions des ménages, à savoir: le coût total à supporter ainsi que la qualité des soins médicaux.

199

La politique gouvernementale en matière de santé aura un impact d'autant plus significatif lorsqu'elle mettra l'accent sur l'accessibilité de ces services et infrastructures.

L'impact des problèmes de santé sur la productivité du travail, sur la pauvreté en particulier, et sur le développement humain en général, est une donnée importante dans la mesure de la performance d'une économie.

En effet, les absences au travail pour cause de maladie peuvent être plus ou moins longues et affecter sérieusement la production et les revenus des ménages.

D'une manière générale, la maladie peut contribuer à appauvrir le ménage par l'imputation de ses revenus (journée sans travail donc sans gain) mais aussi de son patrimoine (vente de biens par nécessité pour soigner un malade) ou s'opposer au développement humain.

L'accessibilité des services de santé qui permet d'évaluer l'efficacité du système de santé renvoie à la notion de proximité géographique et aux moyens financiers des usagers pour faire face au coût du traitement qui inclut le paiement des soins et du transport pour se rendre à la structure souhaitée. Elle est appréhendée à travers la distance parcourue ou le temps mis pour accéder à un service, éléments déterminants de la fréquence des visites.

Ainsi, la meilleure santé conditionne les actions de développement.

En effet, avoir accès au centre de santé est un pas vers la réduction de la pauvreté car être en bonne santé permet de dégager l'énergie pour le travail qu'il soit bureaucrate, domestique ou champêtre.

C'est pour cela que le Conseil Général de Dimbokro doit de plus en plus intégrer la santé dans sa politique de développement en continuant de construire et d'équiper des centres de santé plus proches des populations.

Il s'agit de développer les programmes de santé existants et entreprendre de nouveaux investissements dans la santé publique, le renforcement des systèmes de santé et des ressources humaines pour la santé.

200

Par ailleurs, il faut inscrire les stratégies sanitaires au coeur des stratégies nationales de réduction de la pauvreté et de développement.

L'investissement dans la santé est essentiel à la productivité économique et au développement humain.

Amartya SEN (1999), économiste lauréat du prix Nobel de 1998, propose une analyse plus précise reconnaissant que la santé est essentielle au développement.

Il soutient que les pays à faible revenu devraient recourir à des procédés pilotés par le soutien et axés stratégiquement sur l'amélioration des soins de santé, de l'éducation et d'autres programmes sociaux (SEN, 1999 ).

La santé ne peut être considérée de manière isolée. Elle est étroitement liée à la qualité de l'environnement dans lequel les gens évoluent : pour vivre en bonne santé, les êtres humains ont besoin d'environnements sains.

Si le développement régional est défini en termes d'emploi et d'augmentation de la qualité de vie, les services de santé peuvent constituer un maillon de ce développement. Ils devraient être considérés comme un investissement et non un coût. Ainsi, en améliorant l'offre de soins, particulièrement dans les régions, on peut améliorer les conditions économiques de ces régions.

Le thème " services" de santé englobe un ensemble d'activités susceptibles de favoriser le développement économique non seulement en zone urbaine mais aussi dans les zones rurales. Leur répartition est en effet différente de celle des autres services de consommation.

Si certains services de santé doivent répondre à la contrainte de proximité par rapport à leur clientèle, d'autres services, spécialisés, ne sont pas obligés de suivre la distribution de la population; des régions moins peuplées ou périphériques mais bénéficiant d'avantages climatiques ou d'un environnement rural peuvent développer des services de santé spécialisés.

201

On peut donc parler d'une fonction créatrice d'emplois et entraînant un apport financier dans l'économie locale, ce qui stimule la croissance économique grâce aux multiplicateurs économiques.

A cet effet, nous considérons les services de santé (des services hospitaliers aux activités pharmaceutiques) comme des activités économiques « de base », car elles sont non seulement exportables mais elles constituent aussi une réponse à une demande extérieure.

Les services de santé ont ainsi un rôle à jouer dans l'investissement local, dans la qualité de vie et ils contribuent au processus de développement économique. Certains services de santé influencent le niveau de développement économique de régions où ils sont souvent le plus grand employeur.

Ainsi, dans la définition du développement régional en termes de création d'emplois et d'accroissement de la qualité de vie, les services de santé sont une activité de base qui contribue aux revenus locaux.

De là découle l'idée que les dépenses, destinées à améliorer la qualité des services de santé dans les régions, attireront d'autres activités et augmenteront le niveau de développement économique.

Au total, les politiques régionales de développement doivent investir dans les services de santé dans la mesure où ils se présentent comme des multiplicateurs économiques.

Au delà des attentes de la population de Dimbokro en matière de développement, comment participe-t-elle à son développement.

202

Chapitre VII: PARTICIPATION DE LA POPULATION DE

DIMBOKRO AU DEVELOPPEMENT LOCAL

VII.1-MECANISMES DE PARTICIPATION

VII.1.1-Politique locale de participation au développement Tableau n°19: Stratégies de participation de la population au développement selon les enquêtés.

Sexes

Stratégies

Femmes

Hommes

Total
VA

Total
VA

VA

VR

VA

VR

Regroupement de la population
et sollicitation des financements

40

21,05

55

28,95

95

50

Adhérer aux projets de
développement mis en place

25

13,16

31

16,32

56

29, 48

Retour à la terre en s'orientant
vers les nouvelles spéculations
(anacarde, hévéa, palmier à
huile)

13

6,84

26

13,68

39

20, 52

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

Selon la population enquêtée, les stratégies adoptées pour participer au développement sont les suivantes :

- le regroupement de la population et sollicitation des financements (50%) ;

- l'adhésion aux projets de développement mis en place (29,48%) ;

- le retour à la terre en s'orientant vers les nouvelles spéculations (anacarde, hévéa, palmier à huile) est la stratégie exprimée par 20,52% des enquêtés.

203

« Chacun essaie de participer au développement de Dimbokro grâce à ses activités, à l'acceptation d'y investir mais la manière la plus courante et plus productive est notre regroupement en association.

Par exemple, notre association BEKANSSI a une broyeuse de maniocs et une ferme avicole. Ces actions ont été possibles grâce à notre union » (Entretien collectif, association BEKANSSI de Sokouradjan).

« Les femmes de Dimbokro font assez d'effort pour améliorer leurs conditions de vie à travers leurs différentes activités. Elles ont besoin de soutien de tout genre (matériel, technique et financier).

Nous nous efforçons, à travers une organisation rigoureuse afin de bénéficier des financements.

En matière de regroupement les femmes sont moins retissantes que les hommes qui prennent pour argument leur appartenance politique.

Or, il s'agit du développement et non une affaire de politique. Il est temps que toute la population de tout bord politique comprenne la nécessité du regroupement qui peut nous permettre le redémarrage économique recherché » (Entretien collectif, association des soeurs unies de Belleville (Dimbokro)).

« La meilleure manière de participer au développement de Dimbokro est l'union de tous les fils et filles. Les cadres peuvent aider à l'installation des unités industrielles, certaines personnes peuvent faire leur retour à la terre car il y a des spéculations telles que l'anacarde, l'hévéa, le palmier à huile qui sont cultivables sur nos terres. Par ailleurs, les cultures maraichères sont des opportunités de relance économique ». (Entretien collectif, chefs des villages).

Les différents regroupements de la population en vue de pouvoir solliciter et bénéficier des financements pour leurs activités sont exprimés par la moitié des enquêtés (50%) et soutenus par les responsables des associations et mutuelles de développement ainsi que par les chefs des villages visités.

Avec l'évolution actuel des sociétés, le regroupement donne non seulement aux adhérents de s'exprimer et solliciter des soutiens que ne peut bénéficier une seule personne.

Mais, en ce qui concerne le développement local, l'adhésion aux différents projets de développement mis en place (29,48%) est une manière de comprendre et de s'impliquer dans l'amélioration des conditions de vie.

Enfin, et comme pour couronner les deux premiers stratégies, il faut accepter de repartir sur de nouvelles bases grâce à un retour à la terre en se tournant vers les nouvelles spéculations (20,52%).

En somme, ces trois stratégies sont liées et importantes pour que la population puisse participer à son développement.

Comment se concrétise cela lors des prises de décisions pour le développement?

VII.1.2-Participation aux prises de décisions

Tableau n°20: Participation de la population aux prises de décisions selon les enquêtés.

Sexes

Participation

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VA

VA

VR

VA

VR

Oui

20

10,53

60

31,57

80

42,10

Non

48

25,27

62

32,63

110

57,90

Total

78

35,80

112

64,20

190

100%

204

Source : Enquête de terrain, 2010-2012.

205

Il ressort des données du tableau n°20 que 57,90% des enquêtés disent ne pas participer à la prise de décision concernant les actions de développement de leur localité ; ils représentent la plus forte proportion des répondants.

Dans cette proportion, les femmes représentent 25,26% de l'ensemble des enquêtés et les hommes 32,64%.

Par contre, 42,10% des répondants déclarent participer à la prise de décision. Cette proportion est en majorité représentée par les hommes, 31,58% de la population à l'étude contre 10,52% seulement de femmes.

« Il s'agit des consultations pour connaître nos besoins concernant le développement. Parfois, il arrive que nous exprimons nos besoins par écrits que nous déposons au sein de la structure décentralisée85 », tel est le rôle que joue la population dans la prise de décision concernant le développement local.

« Oh, disons que nous sommes parfois convoqués par le responsable du développement humain ou le directeur de Cabinet du Conseil Général de Dimbokro pour parler du développement; il s'agit juste des informations sur les projets de développement à réaliser ».

On peut dire que nous contribuons au développement de notre localité; c'est vrai nous n'interviendrons pas du début jusqu'à la fin des projets de développement mais la consultation est l'occasion pour nous de donner notre avis sur le développement. (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

« En réalité, nous sommes parfois informés des actions de développement à entreprendre dans nos villages et nous en prenons acte. De fois, on nous demande au cours des rencontres de faire connaître nos besoins.

C'est en quelque sorte notre manière de participer au développement de Dimbokro» (Entretien collectif, chefs des villages concernés).

85 Propos d'un des enquêtés pour justifier leur rôle lors des prises de décisions, enquête de terrain 2012.

206

La consultation constitue certes le premier niveau de la participation de la population au développement local, mais il est nécessaire que celle-ci puisse participer aux autres phases (conception et planification, réalisation, suivi et évaluation) de la mise en oeuvre des projets de développement.

En effet, les citoyens et autres organisations de la société civile font l'objet de peu d'appui et de formation à même de leur permettre de comprendre et donc de participer valablement au processus.

En outre, les populations disposent de peu de moyens de contrôle et de suivi des décisions prises.

A cet effet, les collectivités décentralisées territoriales devront consulter régulièrement les populations, mieux les organiser et les responsabiliser en vue d'une appropriation des actions de développement initiées.

Dans cette perspective, les collectivités territoriales devront veiller à la mise en place et au fonctionnement effectif et régulier des commissions ainsi que des organes consultatifs institués par la loi qui sont le comité économique et social départemental et comité consultatif du District (Brou Emile KOFFI, 2008 : 98).

Pour atteindre cet objectif, il faut une forte implication des populations (populations locales, décideurs locaux, personnel de l'administration locale) à la prise de décision mais aussi au suivi et à l'évaluation des projets dont la vie dépend du niveau d'implication des populations bénéficiaires.

Ainsi, le développement local et la gouvernance territoriale fonctionneraient mieux si les acteurs prenaient en chargent toute les modalités qui sous-tendent un développement décentré et le volontarisme qui aurait dû en être le levier. Les différents acteurs impliqués doivent s'inscrire sur le chemin de sa traduction en réalité concrète et engagée86.

86Amadou DIOP (2008), Développement local, gouvernance territoriale: enjeux et perspectives, Paris, Karthala, page 8.

207

Il ne s'agit plus en effet, de tout concevoir et le présenter aux populations, mais il est question de plus en plus de leur donner les moyens nécessaires d'être les acteurs de leur développement.

Suivant le principe de l'approche participative, les projets de développement doivent répondre aux besoins et s'insérer dans les valeurs des populations bénéficiaires.

Autrement dit, l'élaboration des actions de développement doit passer par l'implication des populations bénéficiaires, à l'effet de définir leurs besoins, leurs priorités en matière de développement et les politiques ou les stratégies à mettre en place pour y faire face. Il s'agit, à travers ce principe, de mettre en oeuvre des dispositions de développement adaptées et susceptibles de contribuer de façon efficace au bien-être des populations bénéficiaires.

Il est donc question de l'implication véritable des membres des communautés d'accueil dans la mise en oeuvre des initiatives de développement et non par un tiers. Ce principe suppose une étroite implication des bénéficiaires à toutes les étapes de la mise en oeuvre des actions de développement qui leur sont destinées.

Il s'agit de les associer à l'identification, à la réalisation, au suivi et à l'évaluation de toute action de développement.

A cet effet, les membres des communautés d'accueil ne seront plus de simples bénéficiaires des projets de développement comme par le passé, mais des acteurs de leur développement.

Pour ce faire, les entités décentralisées devront consulter régulièrement les populations, mieux, les organiser et les responsabiliser en vue d'une appropriation des actions de développement initiées.

Dans cette perspective, ces entités devront mettre en place des structures de démocratie participative, notamment par la création d'une plateforme de collaboration regroupant l'ensemble des forces vives locales (ONG, associations, mutuelles de développement, secteur privé, syndicats, etc.).

208

Il s'agit là d'une stratégie de développement rural s'appuyant sur des démarches pratiques novatrices, de nature prospective, territoriale, expérimentale et contractuelle.

Les structures décentralisées doivent s'atteler à l'atteinte du principe de participation comme l'a souligné l'assistant du Directeur Technique et des Moyens Généraux du Conseil Général de Dimbokro : « il faut donner l'opportunité à la population d'être de véritables acteurs de développement en lui donnant des rôles spécifiques à jouer ».

Il s'agit d'oeuvrer pour atteindre comme le souligne Jacques VERON la dimension élargie du développement qui est désormais « social (associée à la réduction des inégalités, l'amélioration des statuts), humain (tournée vers la santé et l'éducation des populations) et durable (soucieux de la préservation de l'environnement) »87.

A ce propos, André CARVALLO, Directeur du PNUD en Côte d'Ivoire a souligné dans ses propos que "s'il est bien de pouvoir satisfaire les besoins en nourriture d'une population ou d'un groupe d'individus, aujourd'hui, il est encore mieux de donner à cette population ou à ce groupe d'individus les moyens qu'il faut pour se sortir durablement de la faim et de la pauvreté.88"

En somme, la population doit être impliquée du début jusqu'à la fin des projets de développement au sens où le perçoit (André DUMAS, 1983) à travers le tableau de participation au projet de développement qu'il a proposé.

87Jacques VERON, (1994), Population et développement, Paris, PUF, Page 69.

88Extrait du discours du 17 Octobre 2007 d'André CARVALLO, Directeur du PNUD en Côte d'Ivoire, lors de la 4ème Journée Nationale de la lutte contre la pauvreté.

209

Tableau n°21 : Participation des populations aux projets de développement selon André DUMAS.

Etapes

Participation des populations

concernées

Rôle des agents extérieurs
(pouvoirs publics,
experts)

Conception

Prise de conscience

Information

Identification et inventaire des
besoins

concertation

Mise en évidence des priorités et
adaptation du projet aux besoins

Etudes préliminaires et
études des incidences du
projet

Mise en place d'un cadre
institutionnel
(organes de la participation) et
détermination des responsabilités

Participation éventuelle

Recherche des moyens
(main-d'oeuvre, matériel et
financement)

Etudes techniques
(montage technique et
financier)

Réalisation

Mise en place du chantier
(préparatifs, construction)

Assistance technique

Fourniture de la main-d'oeuvre et des
matériaux

Formation de la main-
d'oeuvre, mobilisation des
ressources et fourniture et
des matériaux

Exécution du projet

Assistance technique et
contrôle de la réalisation

Fonctionnement

Gestion du projet

Evaluation d'experts

Maintenance du projet
(fonctionnement et entretien)

Assistance technique

Exploitation du projet
(organisation des utilisateurs et
participation aux avantages et aux
charges

Suivi du projet

Source : André DUMAS (1983), « participation et projets de développement» in tiers-monde, tome 24, n°95, pp. 513-536.

210

L'analyse du tableau de DUMAS fait ressortir l'importance de la participation des populations du début à la fin de tout projet de développement. Au niveau des trois phases (conception, réalisation et fonctionnement) qu'il développe, les populations ont un rôle bien déterminé à jouer. Elles sont donc au "coeur" du projet et s'en approprient.

En effet, le développement n'est qu'une des formes du changement social et ne peut être appréhendé isolement. L'analyse des actions de développement et les réactions populaires à ces actions ne peut être disjointe de l'étude des dynamiques locales, des processus endogènes.

Les acteurs sociaux circulent sans cesse entre le registre économique et le registre politique, sans parler du symbolisme, du langage ou de la religion. Les pratiques et les représentations des populations, face au changement en général comme face au développement en particulier, mobilisent tous les registres possibles, et aucun ne peut être à priori exclu ou disqualifié d'avance, ni l'économique (avec les rapports de production et ses modes d'action économiques), ni le politique (avec ses rapports de domination et ses stratégies de pouvoir), ni le social, le symbolisme ou le religieux (Jean-Pierre OLIVIER DE SARDAN, 1995 : 06 et 17).

Mettre les acteurs sociaux, au premier plan dans les projets n'est pas un appel à la bonne volonté, ni un plaidoyer commandité par l'éthique (...). C'est une requête reposant sur des fondements théoriques, adressée aux dirigeants, aux planificateurs et aux experts techniques pour que soit reconnue la place centrale de ce qui est le facteur principal dans les processus de développement: la participation populaire (Michael CERNEA, 1998 :51).

Ainsi, la participation tient-elle compte de l'identité culturelle, des besoins, des expériences et des contributions des populations locales tant dans la vulgarisation, la mise en oeuvre et l'évaluation des programmes de développement, que dans leur conception et leur élaboration (Srinivas MELKOTE et Leslie STEEVES, 2001).

211

Le besoin pour un individu d'avoir son mot à dire dans les décisions importantes qui touchent sa vie est tout aussi essentiel pour son développement.

Selon les personnes enquêtées pour cette étude, il ya des entités qui doivent représentées la population lors des prises de décisions concernant le développement.

Tableau n°22 : Les entités représentant la population lors des prises de décisions concernant le développement selon les enquêtés

Sexes

Structures

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Groupements des
populations locales

45

23,68

68

35,79

113

59, 47

Chefs des communautés
villageoises

20

10,53

35

18,42

55

28, 95

Leaders d'opinions

13

6,84

9

4,74

22

11, 58

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain, 2010-2012

Dans le tableau n°22, ci-dessus, les entités, qui selon les enquêtés doivent les représenter sont les groupements des populations locales (59,47%), les chefs des communautés villageoises (28,95%) et les leaders d'opinions (11,58%).

« C'est ce dont nous parlons, les groupements de la population, à savoir les chefs de villages, les responsables d'associations ou mutuelles de développement, et ceux des associations de jeunes et de femmes peuvent jouer ce rôle.

212

Mais, il faudrait que ceux-ci aient pour seule motivation le développement de leur localité et donc faire fi de leur appartenance politique qui peut faire détourner de l'objectif» (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

En un mot, le souhait de la population est qu'elle soit représentée lors des échanges sur son développement, à savoir l'analyse des besoins, la planification et l'exécution de ces projets ainsi que leur suivi et évaluation.

En effet, les structures de développement n'interviennent pas sur un terrain neutre, elles y trouvent les populations avec leur culture et leur manière de faire et de concevoir le développement avec qui ces structures doivent collaborer.

Par ailleurs, la population locale a toujours eu ses propres manières de s'informer, de s'organiser pour poser des actions collectives de développement. Car, l'appartenance des habitants au village, aux groupements légitime leur intervention dans l'espace social.

Le développement local consiste donc à prendre en considération une diversité d'initiatives parmi lesquelles il convient de mentionner celles des groupements populaires.

Il s'agit de considérer les différentes stratégies que les acteurs locaux mettent en oeuvre pour participer au développement de leur localité.

Stratégies qui se résument dans la plus part du temps à leur regroupement en association pour leur mieux-être.

Le développement oblige à "une recherche des cohérences ou des ruptures de cohérence", en passant du point de vue de l'analyse à celui de l'action.

Car, elle diffère sensiblement selon que l'on se range dans la catégorie des théoriciens qui portent leur attention surtout sur les "facteurs de développement" ou celle des "stratèges opérationnels" qui s'intéressent quant à eux plutôt au jeu des acteurs, des institutions qu'ils animent et des actions qu'ils mènent.

213

L'acteur individuel est un agent libre qui garde sa capacité de calcul et de choix. Il a sa capacité d'élaborer des stratégies qui, de son point de vue, sont rationnelles (Michel CROZIER et Erghard FRIEDBERG, 1977 : 96).

Tout changement proposé pour l'épanouissement des individus, le développement de leurs activités ou l'amélioration du climat ou des performances de l'ensemble qu'ils constituent, passe par la transformation de ces systèmes.

L'acteur est donc engagé dans un système d'action concret et doit "découvrir, avec la marge de liberté dont il dispose, sa véritable responsabilité" (Michel CROZIER et Erghard FRIEDBERG, 1977 : 202 et 388).

Ainsi, l'action humaine est un processus actif où les hommes apprennent à se servir d'instruments matériels et culturels mis à leur disposition pour résoudre les problèmes, les contraintes et les opportunités des différentes situations qui se présentent à eux.

L'action organisée est un construit social qui aide les hommes à trouver des solutions aux problèmes d'action collective en vue d'objectifs communs mais qui, simultanément, oriente leur comportement, circonscrit leur liberté d'action, conditionne les résultats.

Cette action est perceptive, à Dimbokro par l'existence des associations et mutuelles de développement qui sont mises en oeuvre pour le mieux-être de ses membres et allant de la population.

Planifier des actions communes de développement, nécessite un système de communication qui est partie prenante de la participation des usagers aux prises de décisions.

La communication permet de saisir les informations afférentes au développement et aux opportunités nouvelles qui pourraient s'ouvrir aux populations.

214

La population a donc mis en lumière les canaux d'information et de communication qui sont jusque là utilisés par les structures décentralisées et expose ceux au travers desquels elle souhaiterait recevoir les informations dans le cadre du développement de sa localité.

VII.1.3- Usage de la communication

Tableau n°23 : Canaux de communication utilisés

Sexes

Canaux de

communications utilisés

Femmes

Hommes

Total

Total

VA

VR

VA

VR

VA

VR

Communication de
proximité

35

18,42

65

34,21

100

52,63

Radio communautaire

25

13,16

27

14,21

52

27, 37

Par le biais des
représentants de la
population

18

9,47

20

10,53

38

20, 00

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

Les données du tableau n°23, ci-dessus ont révélé que trois canaux de communication sont utilisés pour informer et sensibiliser la population de Dimbokro sur le développement local.

Le canal de communication et d'information le plus utilisé selon les enquêtés est celle dite de proximité qui représente 52,63% des répondants.

Il s'agit des différentes rencontres d'informations et de sensibilisation des agents de la structure décentralisée avec la population locale dans le cadre du développement local.

215

Ensuite, vient la communication à travers la radio communautaire (la voix du N'Zi) avec un pourcentage de 27, 37%.

Enfin, des informations reçues par l'intermédiaire des représentants de la population locale, à savoir les chefs de villages, les responsables d'associations représentent un pourcentage de 20% des enquêtés.

A Dimbokro, la communication traditionnelle et celle dite moderne sont utilisées de manière concomitante.

« Nous continuons de faire passer les informations à travers des

acteurs (griot ou crieur public, ...), dans les espaces sociaux (arbre à palabre, relais des chefs de villages, des responsables d'associations). L'information de bouches à oreilles dans les marchés ou autres lieux publics est aussi utilisée. Cela existe depuis longtemps et nous sert toujours. Aussi, passons-nous de temps en temps par les radios de proximité et le téléphone mobile pour d'autres informations », propos d'un des chefs de villages » (Entretien collectif, chef de villages).

Un autre enquêté souligne que « les deux types de communication sont complémentaires mais il faut savoir les utiliser, surtout qu'ils structurent nos rapports sociaux ».

D'ailleurs, poursuit-il, « quand les chefs des villages, ou responsables des jeunes ou associations reçoivent les informations à la radio ou lors des séances de formation, ils réunissent les concernés ou la population pour partager l'information » (Entretien collectif, chef de villages).

Partir vers les populations pour connaître leurs besoins et chercher à les aider dans le cadre de l'amélioration de leurs conditions de vie est une des stratégies pouvant capter l'attention de celles-ci sur le développement.

Mais, cette stratégie doit tendre à la définition des attentes des populations en les associant à tout processus de développement.

216

Dans les zones rurales, la radio communautaire est utilisée comme

moyen de communication pour diffuser vers des auditoires vastes et éloignés, des informations essentielles sur la météo, la santé, la production agricole et animale, la commercialisation des produits, ainsi que sur la protection et la conservation des ressources naturelles.

Comme le souligne un des enquêtés, responsable d'une association de développement « nos autorités continuent, comme à leur habitude, de nous donner des informations sur le développement en fonction de leur moyen. Dans nos villages, les griots continuent de véhiculer les informations premières pour réunir la population afin de diffuser les informations reçues» (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

« Oui, à ce niveau, il n'y a pas de problème », argumente un autre enquêté, « je peux dire que l'information reçue par l'intermédiaire de nos responsables (chefs de villages, présidents d'associations) joue son rôle dans le développement de Dimbokro puisque nous ne manquons pas de mieux informer nos membres ».

Mais, poursuit-il, « il faut que les experts ou développeurs nous fassent confiance et nous associent aux différentes étapes de réalisation des projets de développement en nous formant par exemple ».

« Depuis l'installation de la radio « la voix de N'Zi », nous écoutons des émissions sur l'agriculture. Nous recevons surtout en baoulé ou en dioula des conseils sur les techniques culturales et sur les nouvelles opportunités du développement de notre localité » (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

L'apport de la radio communautaire dans le champ du développement à Dimbokro est perceptible à travers des émissions animées par le responsable du développement agricole qui se tiennent tous les Mercredis de11 heures à 12 heures.

217

Cette émission dénommée « le monde agricole », qui se tient en français est bien répertoriée dans le tableau ci-après montrant quelques émissions que cette radio propose à ces auditeurs.

Tableau n°24 : Emissions de la radio « la voix du N'Zi »

Jours

Heures

Intitulés des émissions

Mercredi

11h -12h

Le monde agricole

Jeudi

10h 30 - 11h

Insertion professionnelle

11h -12h

La santé au quotidien

Vendredi

10h - 11h

La vie des communautés

11h -12h

Espace Education

Par ailleurs, les informations reçues par l'intermédiaire des représentants de la population locale, à savoir les chefs de villages, les responsables d'associations représentent la communication de base dont se sert les populations dans leur habitude d'échanges sur la vie sociétale.

Ainsi, la capacité organisationnelle et communicationnelle des communautés, nous permet de parler des types de communication traditionnelle tels que la communication sonore, par les acteurs (griot ou crieur public, ...), dans les espaces sociaux (arbre à palabre, relais des chefs de village, des responsables d'associations, de bouche à oreilles dans les marchés ou autres lieux publics), par les chants et musique, la communication sacrée de l'initiation, la parenté à plaisanterie. Cette communication de base, dans sa diversité abondante possède une dimension humaine qui constitue et devra constituer encore pour l'avenir un moyen efficace de cohésion sociale (Rachel ZONGO, 2013 : 465).

218

Avec les avancées technologiques dans le champ de la communication et l'information, ces trois canaux d'informations nous semblent acceptables pour donner des informations sur le développement local.

En somme, quel que soit le canal de communication utilisée, il est important que la population puisse avoir les informations nécessaires à son développement afin de savoir comment elle pourrait y participer.

Ainsi, dans le but d'accroître leur participation, la population a exposé les canaux de communication à travers lesquels elle souhaite avoir des informations sur son développement.

Tableau n°25 : Canaux de communication souhaités par les enquêtés

Sexes

Canaux de

communications souhaités

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Radio

18

09,48

30

15,78

48

25, 26

Ateliers de formation

50

26,32

65

34,21

115

60, 53

Echanges lors des sessions
publiques

05

02,63

07

03,69

12

6, 32

Distribution de brochures

05

02,63

10

05,26

15

7, 89

 

Total

78

41,06

112

58,94

190

100%

Source : Enquête de terrain, 2010-2012.

Il ressort des données du tableau n°25 ci-dessus que 60,53% des enquêtés souhaitent avoir des informations sur le développement local à travers des ateliers de formation.

Les émissions à la radio de proximité sont la préférence de 25,26% des enquêtés. 07, 89% optent pour la distribution des brochures.

Enfin, seulement 06,32% des enquêtés préfèrent les échanges lors des sessions publiques.

219

« Recevoir les informations sur le développement à travers des ateliers de formations est plus bénéfique que les autres canaux de communication dans la mesure où non seulement nous recevons concomitamment les informations et la formation » (Entretien collectif, responsables des associations et mutuelles de développement).

« Nous souhaitons jouer notre rôle de relais des informations reçues de nos autorités à notre population. Mais, les canaux tels que la radio et les ateliers de formation sont très importants et nécessaires pour notre développement » (Entretien collectif, chefs de villages).

La réception des informations sur le développement local lors des ateliers de formation est le souhait de la majorité des enquêtés, à savoir 60,53% des personnes interrogées. Cela joue ici deux rôles: ces ateliers de formation seront non seulement des cadres de diffusion des informations sur le développement local, les actions entreprises par les structures décentralisées et les perspectives à venir mais aussi et surtout des moments de formation aux différentes phases de réalisation des projets de développement et voire aux techniques culturales.

Pour Abdoulaye NIANG «l'information ne permet pas seulement une acquisition de connaissance sur les faits de la réalité, mais elle est une source de pouvoir pour les membres de l'association qui maîtrisent sa circulation, car permettant (...) de réduire le pouvoir d'influence sur l'organisation de certains membres rivaux »89.

Parmi les moyens de communication qui doivent être privilégiés dans le cadre de ces stratégies, on peut citer la radio rurale, qui est amenée à se développer rapidement, et les supports de communication traditionnelle et communautaire, proches des populations et maîtrisés par elles.

89 Abdoulaye NIANG (Janvier 2001), «L'implication associative au développement local et ses enjeux sociaux», in revue sénégalaise de Sociologie, N° 04/5, page 96.

220

Très populaire, la radio rurale présente l'intérêt d'être à la fois un instrument d'enquête et d'investigation, un outil d'information souple, rapide et efficace (car utilisant les langues parlées par ses auditeurs), un vecteur d'expression et de témoignage pour les populations et un support capable de relayer certaines formes traditionnelles de communication.

Le développement local va de paire avec la communication participative qui consiste à l'utilisation des techniques et des médias de communication pour aider les gens à prendre conscience de leur situation et des options à leur disposition pour toute action de changement.

Ce type de communication permet de résoudre le conflit social et de travailler vers un consensus, de planifier l'action de changement et du développement durable, d'aider les populations à saisir les connaissances et les qualifications en vue d'améliorer leurs conditions de vie et celles de leur communauté et améliorer l'efficacité des établissements publics (FAO, 2002). Elle consiste en l'utilisation de façon planifiée et organisée des techniques et des moyens de communication (médiatiques ou non médiatiques) pour promouvoir le développement, à travers un changement d'attitudes et/ou de comportements, en diffusant l'information nécessaire et en suscitant la participation active et consciente de tous les acteurs y compris des bénéficiaires au processus.

La communication locale qui est donc la caractéristique de la spécificité des groupes cibles. Ainsi, de façon générale, deux niveaux de communication sont à considérer, à savoir la communication interne et la communication externe.

La communication interne est celle qui concerne l'institution elle-même, ses agents et ses services (personnels) ainsi que les élus.

La logique de cette communication est de motiver les agents, par l'information, l'écoute, le travail en commun, l'esprit d'équipe.

221

Elle est devenue une discipline managériale qui implique la nécessaire mise en place d'une stratégie avec des objectifs, des cibles, des moyens et un contrôle. Elle a besoin d'être pensée et organisée.

En dehors de sa sphère de compétence interne, la structure décentralisée doit développer une politique de communication avec l'ensemble de ses partenaires tant au niveau national qu'international.

La communication externe est la plus complexe car l'habitant est tout à la fois usager, électeur, contribuable, "être social", acteur local, citoyen.

La communication externe s'occupe également de la « promotion » ou du

« marketing territorial » qui intéresse investisseurs et touristes.

Elle concerne l'attractivité et l'image du territoire et vend la collectivité à l'extérieur.

Renforcée, professionnalisée, prête à s'adapter aux bouleversements économiques et techniques et aux réformes institutionnelles lancées, la communication des collectivités locales joue un rôle croissant non seulement en informant sur les services locaux et en valorisant les territoires mais aussi en construisant un espace de citoyenneté porteur des débats et acteurs de l'évolution que connaît la société.

Il est important de rappeler ici que, même si elle rend compte de l'activité d'une administration, et que les structures décentralisées sont des relais d'informations de l'Etat, la communication locale n'est ni une communication gouvernementale, ni un système de propagande électorale dans la mesure où le contrôle du réel est en permanence exercé par les citoyens.

Cela permettra à la population d'accroître ses potentialités et d'être acteur de son développement.

Au total, les trois canaux d'informations (les ateliers de formation, l'utilisation de la radio de proximité, la distribution des brochures), souhaités par les enquêtés sont tous importants dans la mesure où l'on pourra les utiliser concomitamment.

222

Mais, il serait nécessaire de traduire si possible les brochures en langues locales ou de les imager pour une compréhension de la population locale.

Ces canaux d'information doivent permettre à la population d'être mieux informée sur son développement et de savoir quelle attitude adoptée face au défi du développement.

En effet, dans les projets de territoire, le principe de gouvernance locale rend compte d'une certaine efficience collective.

Les agents, associés à la prise de décision, s'organisent sur le mode de la coopération.

Amenés à partager des informations de diverses natures, ils détiennent une meilleure connaissance des individus et de leurs intentions ainsi que de leur environnement socio-économique. Par ce biais, ils améliorent la qualité de leurs choix, ce qui leur permet de prendre véritablement part au dispositif d'actions et d'augmenter leur degré de maîtrise du territoire.

Au-delà de la seule transmission de l'information, les processus de construction territoriale relèvent du partage d'informations.

Ils s'inscrivent dans une dynamique collective d'apprentissage visant à l'élaboration d'un socle commun de connaissances, d'une culture commune. Cette accumulation de connaissances, résultat d'un construit social, facilite et renforce les stratégies d'actions collectives, au coeur des logiques de développement territorial (Valérie ANGEON, Patrick CARON et Sylvie LARDON, 2006).

Au surplus, les structures décentralisées doivent être dotées de système de communication. Ce système doit être structuré de telle sorte que la population puisse être représentée et jouer un rôle de relais des informations. Car, la population locale a toujours eu ses propres moyens de communication qui doivent être utilisés dans la mesure où elle se reconnaît dans ceux-ci et permettent une diffusion commune des informations.

223

Il s'agit entre autre des crieurs publics, des échanges avec les représentants de la population sur convocation des chefs de village, des chefs de quartiers ou des responsables d'associations.

A ce stade, la première hypothèse opérationnelle qui stipulait que le regroupement de la population et la communication sont des mécanismes qui impactent l'atteinte des objectifs de la gestion du territoire local a été vérifiée.

Cela nous permet d'analyser les rapports entre Conseil Général de Dimbokro et sa population.

224

VII.2-RAPPORTS STRUCTURE DECENTRALISEE-POPULATION

VII.2.1-Etat des rapports existant

Tableau n°26: Types de relations existant entre la population et la structure décentralisée

Sexes

Types de relations

Femmes

Hommes

Total
VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Consultation

49

25,79

78

41,05

127

66,85

Collaboration

04

2,10

02

01,05

06

03,15

Aucune

25

13,16

32

16,84

57

30

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquêté de terrain, 2010-2012.

Il ressort des données du tableau n°26 que 127 enquêtés, soit 66,85% affirment qu'il existe entre eux et la structure décentralisée un rapport de consultation.

Cette consultation s'est par exemple matérialisée par des rencontres avec les responsables des associations et mutuelles de développement, les chefs de villages et autres leaders communautaires.

Ainsi, en 2009 à NOFOU, une rencontre s'est tenue et chaque village, représenté par six (06) personnes, a participé à l'analyse des différents besoins en atelier.

Enfin, seulement 06 personnes, soit 3,15 % des enquêtés évoque un rapport de collaboration.

225

« Nous sommes tenus de collaborer avec la population puisque tout ce qui est fait en matière de développement lui est destiné.

Par exemple, nous consultons la plupart des responsables des associations et mutuelles de développement pour avoir leur avis sur certains projets de développement. Parfois, nous partons vers les populations pour des échanges sur les actions de développement réalisées ou à mener» (Entretien individuel, directeur du développement humain du Conseil Général de Dimbokro).

« Peut-on vraiment faire quelque chose sans la population?

Elle est souvent consultée et certains responsables d'associations et des chefs de villages viennent nous voir pour exposer leurs besoins ». (Entretien individuel, responsable du développement agricole du Conseil Général de Dimbokro).

Cette collaboration se résume à des consultations pour avis, des

informations, des visites de terrain que le Conseil Général de Dimbokro effectue avant la mise sur pied des projets dans l'optique d'avoir l'approbation et l'adhésion de la population concernée par le projet à exécuter.

Celle-ci (la collaboration) peut aller jusqu'à la fourniture par la population de nourriture, de main-d'oeuvre et de l'hébergement des agents.

Il ne s'agit pas d'une collaboration dans toutes ses dimensions puisqu'un rôle spécifique n'est pas attribué à la population.

Pour 30% des enquêtés, aucune relation n'existe entre eux et ces structures. Pour ces enquêtés, ce n'est ni une collaboration véritable qui existe ni une consultation en terme de mieux impliquer la population à son développement.

226

Or, les rapports sociaux qui se nouent à l'occasion des projets de développement constituent des ressources supplémentaires qui permettent aux personnes en situation de précarité d'engager des stratégies de survie qui seraient moins probables dans un contexte différent (Touzri ABDELFATTAH, 2007 : 297).

VII.2.2-De la consultation au partenariat

Tableau n°27 : Types de relations souhaités par les enquêtés

Sexes

Types de relations souhaitées

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Partenariat

52

27,37

87

45,79

139

73, 16

Franche collaboration

26

13,68

25

13,16

51

26,84

Total

78

41,05

112

58,95

190

100%

Source : Enquête de terrain, 2010-2012.

Il ressort des données du tableau n°27 ci-dessus que 73,16% des enquêtés souhaitent qu'un rapport de partenariat puisse exister entre eux et les structures décentralisées. Alors que pour 26,84% des enquêtés, une franche collaboration doit être privilégiée.

« Nous attendons que les structures décentralisées travaillent en étroite collaboration avec la population puisqu'elle est bénéficiaire des actions de développement. Nous sommes disposés à cela, dans la mesure où nous luttons pour notre développement » (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

« Nous sommes tous là pour aider la population donc c'est la collaboration qui convient pour cela. Ensemble, "main dans la main", nous pouvons mieux faire » (Entretien collectif, chefs des villages).

227

Ce souhait de la population se perçoit dans l'effort du responsable du développement agricole d'aider les apiculteurs dans leur activité.

Ceci est justifié par les propos des apiculteurs.

« Le responsable du développement agricole nous apporte son expertise par rapport à notre activité. Cette activité réserve un avenir meilleur pour le département de Dimbokro ; c'est pour cela que nous voulons sensibiliser nos frères pour qu'ensemble nous nous attelons à cela pour l'amélioration de nos conditions de vie ».

En tout cas les associations les mieux organisées sont soutenues par le Conseil Général de Dimbokro (Entretien collectif, Association des apiculteurs de Soungassou).

Au demeurant, le souhait de la population est qu'elle puisse jouer un

rôle dans son développement. C'est pour cela qu'elle évoque le partenariat et/ou la franche collaboration.

C'est aussi pour l'acteur social de mettre en jeu sa stratégie de développement. L'acteur social est défini par la nature du rapport social dans lequel il est engagé. Cet acteur peut être individuel ou collectif.

Dans tous les cas, un rapport social se présente comme une coopération conflictuelle d'acteurs qui coopèrent à une production mais qui entrent inévitablement en conflit en raison de leurs positions inégales dans la coopération ou, ce qui revient au même, de leur emprise inégale sur les enjeux de leur coopération (Raymond QUIVY et Luc VAN CAMPENHOUDT, 1995).

Cette coopération ou partenariat doit se faire dans la mesure où les différents acteurs souhaitent jouer au moins des rôles bien définis à partir de leur dotation en capitaux.

En outre, le développement territorial, en suscitant l'émergence d'un projet collectif, place les acteurs au coeur de la gouvernance des territoires.

228

Il exprime la volonté de prendre en compte les besoins des populations locales et de répondre à leurs aspirations. Les intérêts des communautés locales s'expriment à travers la formalisation d'un projet territorial qui prend forme au sein d'une architecture institutionnelle particulière.

Ainsi, les nouvelles formes de recomposition territoriale doivent être des lieux d'établissement de relations entre acteurs locaux, ce qui leur vaut d'être assimilés à des espaces de solidarité et de proximité en vue d'un développement territorial durable.

Cela suppose des coordinations locales dans la mesure où les dynamiques d'évolution différenciées que connaissent les territoires sont liées aux comportements des acteurs. Le faisceau de relations qu'entretiennent ces derniers, les réseaux qu'ils mobilisent, le poids du temps long avec ses implications en termes d'apprentissage collectif, importent dans l'analyse des trajectoires des territoires (Valérie ANGEON, Patrick CARON et Sylvie LARDON, 2006).

En ce sens, le territoire est le résultat de jeux d'acteurs en relation les uns avec les autres.

L'analyse montre que les relations entre acteurs, au-delà des systèmes d'intérêt et des jeux d'alliance et de concurrence qui en résultent, sont conditionnées par des systèmes de valeurs. Ces règles (entendues ici au sens large) normalisent leurs comportements. Elles ne sont pas nécessairement formalisées, elles peuvent être tacites.

Ces règles partagées correspondent à un ensemble d'« institutions invisibles » qui facilitent les capacités d'anticipation des agents (ils éclairent les autres sur leurs intentions d'actions) et régulent leur liberté de conduite et d'action.

Favorisant une meilleure compréhension entre les agents, encourageant la transparence et la circulation d'informations, ces règles facilitent la coopération.

229

Elles permettent, par ailleurs, de déboucher sur des régularités de comportement et préviennent les défections ou les comportements opportunistes.

Elles contribuent ainsi à stabiliser ou à renforcer les liens entre les agents en favorisant le développement de signes qui limitent les problèmes d'asymétrie, d'information, d'incertitude et les dissensions.

Les rapports sociaux doivent être structurés autour de l'enjeu du développement local par la participation de tous, en sachant que « toute opération de développement est ipso facto processus de structuration d'un champ politique spécifique, la situation du développement constituant une arène induisant ou ravivant des luttes d'influence et des jeux de pouvoir entre groupes sociaux préexistant à l'intervention et entre groupes statiques se cristallisant à cette occasion ».90

Tout changement programmé pour améliorer les conditions d'existence d'un milieu social donné et favoriser l'autonomie des agents économiques et sociaux (définition de l'action de développement proprement dite) induit des enjeux spécifiques économiques, financiers, institutionnels, culturels, politiques qui sont l'objet de stratégies diverses, souvent concurrentes, de la part des différentes catégories d'acteurs concernés.

L'arène politique spécifiquement constituée par la configuration développementiste (le champ des relations interactives entre « développeurs » et « développés ») se trouve immergée et imbriquée dans le champ politique préexistant localement.

De ce point de vue, l'analyse socio-anthropologique de la société locale concernée apparait comme l'une des conditions sine-qua-non d'une intervention adaptée, porteuse d'une dynamique durable.

Elle apporte une certaine connaissance utile des structures et des enjeux locaux de pouvoir et met en évidence un second niveau, caché, de complexité

90 Alain MARIE (2005), La coopération décentralisée et ses paradoxes, Paris, Karthala, Page 205.

politique, celui des interférences et des hybridations entre le politique « moderne» (représenté par l'administration, les leaders politiques locaux, les militants les plus actifs, les élites citadines, les hommes d'affaires, les dignitaires religieux, les fondateurs de quartiers urbains) et le politique (détenteurs de chefferies, notables « traditionnels », chefs de quartiers, chefs de terre autochtones, chefs de cultes, propriétaires coutumiers du sol, leaders de communautés, allogènes).91

C'est par l'implication de toutes ces catégories de personnes aux différents projets de développement que les objectifs du développement local seront durablement atteints.

Le constat est qu'après plusieurs décennies d'expérimentation, la volonté politique reste en deçà des voeux de donner aux collectivités locales les possibilités de « dessiner» les contours de leur destin92.

La deuxième hypothèse opérationnelle qui soulignait que les relations de partenariat existantes entre les structures décentralisées et la population de Dimbokro constituaient un facteur influençant du développement local a été partiellement vérifiée dans la mesure où c'est la consultation qui est plus perceptible dans les relations entre ces deux entités.

Dès lors, quels sont les obstacles à la participation de la population de Dimbokro à son développement?

230

91 Alain MARIE, Op cit, page 206.

92 Amadou DIOP (2008), développement local, gouvernance territoriale: enjeux et perspectives, Paris, Karthala, page 8.

231

Chapitre VIII-OBSTACLES A LA PARTICIPATION AU DEVELOPPEMENT

VIII.1-Obstacles externes

De nombreux obstacles freinent l'émergence et le renforcement de dynamiques locales de développement. Il s'agit d'obstacles extérieurs qui naissent d'un environnement socio-politique peu ouvert aux initiatives d'acteurs locaux et/ou d'un contexte économique peu incitatif.

Ils peuvent aussi être liés à la nature d'interventions censées favoriser les dynamiques locales mais qui dans leur mise en oeuvre restent peu conformes aux attentes des acteurs locaux.

VIII.1.1-Effets des troubles

S'agissant de cette réalité dans le département de Dimbokro, les responsables des structures décentralisées reconnaissent que les crises socio-politique et post-électorale de 2002 et 2010-2011 ont eu des répercutions négatives sur la planification et la conduite des actions de développement.

« A Dimbokro, nous avons débuté les actions envers la population en 2003, une année après la crise socio-politique de 2002. Les choses n'ont pas été faciles en terme de mobilisation des ressources humaines, matérielles et surtout financières » (Entretien individuel, responsable du développement humain du Conseil Général de Dimbokro).

Il poursuit en montrant les conséquences négatives des crises sur le développement local.

« Comme conséquence des troubles, l'Etat arrivait difficilement à tenir ses engagements en matière de subvention des entités décentralisées.

Pendant ses périodes, le ralentissement des activités des populations ne permet pas au Conseil Général d'encaisser l'ensemble des recettes.

232

Ces recettes fiscales sont l'impôt foncier, l'impôt synthétique, les patentes et licences, les vignettes-autos et les Travaux d'Intérêt Général (TIG).

Ces recettes constituent un complément à la subvention de l'Etat» (Entretien individuel, responsable du développement humain du Conseil Général de Dimbokro).

La population reconnaît pour sa part les effets négatifs de la crise sur le développement de sa localité.

« Le constat est clair, les crises socio-politique et post-électorale de 2002 et 2010-2011 ont crée beaucoup de torts à la population qui attendait améliorer ses conditions de vie à travers les actions du Conseil Général de Dimbokro. Cela a freiné les actions de développement» (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

« Vraiment la "guerre " n'est pas bonne et nous avons tous constaté qu'elle a ralenti tout développement. Les structures qui souhaitaient épauler le Conseil Général de Dimbokro se sont résignées à cause de l'insécurité qui régnait en son temps» (Entretien collectif, chefs des villages).

Par ailleurs, pour Koffi ATTA, la crise socio-économique à des effets sur le développement à trois niveaux.

« La crise économique a accru d'abord les besoins et attentes des populations du département de Dimbokro.

Ensuite, les ressources mobilisées par le Conseil Général de Dimbokro, qu'elles soient humaines, matérielles et financières, sont insuffisantes. Enfin, et par voie de conséquence, les investissements entrepris sont en deçà des espérances » (Koffi ATTA, 2013 : 88).

C'est dire que le développement en question n'est possible que dans un environnement apaisé.

233

VIII.1.2-Baisse de la pluviométrie

Entre autre obstacle, il ya la baisse de la pluviométrie dans le département de Dimbokro. Ceci a pour corollaire l'appauvrissement des sols cultivables.

« Malgré la volonté des certains fils de Dimbokro qui font leur retour à la terre, ceux-ci sont parfois découragés par les aléas climatiques » (Entretien individuel, responsable du développement agricole du Conseil Général de Dimbokro).

« Dans ces moments, le département de Dimbokro enregistre moins de pluie et cela a des incidences négatives sur la production agricole.

Alors, bon nombre de la population est orientée dans le secteur agricole» (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

« La baisse de la pluviométrie à Dimbokro nous inquiète par moment dans la mesure où la majeure partie de la population cultive la terre.

Néanmoins, nous nous donnons du courage pour notre développement » (Entretien collectif, chefs des villages).

En effet, la pluviométrie à Dimbokro est passée de 1236,7 mm de pluie en 2008 à 990,6 mm de pluie en 2012 (MINISTERE D'ETAT, MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2012 : 10).

Cette baisse de la quantité de pluie a une influence sur la capacité de production agricole de la région.

Ainsi, la production du binôme café-cacao a baissé, et est passée de 75.150 tonnes à la campagne 1979-1980 (Boni DIAN, 1984 : 413) à 404 tonnes pendant la campagne 2002-2003 (MINISTERE D'ETAT, MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2005 : 18-23).

234

VIII.1.3-Etat des routes

Malgré les actions réalisées par le Conseil Général de Dimbokro, des efforts restent encore à faire et un des domaines à explorer est la route.

En effet, sans l'ouverture des voies d'accès des villages à la ville, la population dont l'activité est l'agriculture ne pourra pas tirer un meilleur profit de ses activités.

« Nous avons besoins de soutien afin de tirer un meilleur profit de notre activité. Ceci nécessite l'entretien des routes afin de faciliter l'écoulement de nos marchandises ».

(Entretien collectif, Coopérative Centrale de Vivriers de Dimbokro).

« Cet état de fait est très important, sans des routes praticables, les efforts de certaines personnes seraient vains. Il est donc nécessaire d'accroître les actions à ce niveau » (Entretien individuel, responsable de l'ANADER-zone de Dimbokro).

La route joue un rôle important dans le développement socio-économique d'un pays.

Les routes rurales permettent de désenclaver les zones de production en améliorant l'écoulement des marchandises vers les villes réduisant ainsi les coûts de transport, améliore l'accessibilité aux services de base (services de santé, les écoles), et l'accès aux marchés des produits agricoles.

En effet, un mauvais réseau routier ou un manque de routes a un effet néfaste sur l'activité économique et les conditions de vie des populations.

Aussi, un réseau routier mal entretenu, entraîne une augmentation du coût de transport qui conduit à son tour à l'augmentation des prix des produits alimentaires.

En sachant que la population participe aussi au développement de sa localité au travers de ses activités, ces facteurs constituent des freins à son épanouissement.

Hormis les obstacles externes à la population, d'autres difficultés sont liées directement à elle dans ces pratiques et capacités.

VIII.2-Obstacles internes

Il y a aussi des obstacles internes à la société locale dont l'organisation sociale préexistante et la culture freinent parfois les initiatives qui sont toujours au départ portées par quelques individus.

Ces obstacles rendent difficiles l'émancipation de certains groupes sociaux. L'accès réduit à l'information, à la formation, l'affaiblissement de références sociales et culturelles peut aussi empêcher ou ralentir une réaction organisée des sociétés locales.

Les limites intrinsèques à la population du département de Dimbokro sont perceptibles à trois niveaux, à savoir l'absence de cadre d'expression, l'analphabétisme et le manque de compétences adéquates.

Tableau n°28: Raisons limitant la participation de la population aux différentes phases de réalisation des projets de développement.

Sexes
Raisons

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VA

VA

VR

VA

VR

Absence de cadre
d'expression

27

14,21

40

21,05

67

35, 26

Analphabétisme

18

9,48

34

17,89

52

27, 37

Manque de compétences adéquates

25

13,16

26

13,68

51

26, 84

Sans raison

8

4,21

12

6,32

20

10, 53

Total

78

41,06

112

58,94

190

100%

235

Source : Enquête de terrain 2010-2012.

236

Il ressort des données du tableau n°28, ci-dessus que 35,26% enquêtés ont affirmé qu'ils ne participent pas à la conception, à la planification, à la mise en oeuvre et au suivi et évaluation des projets de développement à cause de l'absence du cadre d'expression.

Pour 27, 37% des enquêtés, cela est dû à l'analphabétisme de la population. Quant à 26,84% des enquêtés, cela est dû au manque de compétences adéquates. Tandis que 10,53% des enquêtés n'ont évoqué aucune raison de leur non participation.

VIII.2.1- Absence de cadre d'expression

Les enquêtés (35,26%) ont mentionné l'absence du cadre d'expression comme la première raison limitant la participation de la population de Dimbokro à son développement.

Il s'agit d'un cadre d'échange où chaque acteur (sans distinction de classe sociale, d'appartenance ethnique, religieuse et politique) pourra librement donner son avis sur le développement local. Il est question de l'opportunité donnée à chaque acteur social d'opiner sur les actions menées et les perspectives de développement socio-économique et culturel de sa localité. Ceux-ci évoquent l'inexistence d'un cadre de discussion permettant à la population de s'exprimer sur les actions de développement et de faire des propositions.

Le cadre de concertation officiellement institué où puissent se rencontrer les différents acteurs (administration, services techniques, intervenants extérieurs mais aussi les producteurs, les opérateurs économiques privés, etc...) fait le plus souvent défaut.

En effet, en dehors des sessions publiques et parfois pendant les consultations sporadiques offertes aux populations, les échanges autour du développement sont rares.

Par ailleurs, lorsque les opportunités leur sont offertes, l'existence des pesanteurs politiques freinent la participation de tous aux échanges.

Dans nos sociétés en général et à Dimbokro en particulier, l'on a parfois du mal à dissocier la politique du développement.

Dans ces conditions, c'est soit l'absentéisme, soit le manque d'intérêt qui est entretenu, freinant ainsi la participation de tous au développement du territoire local.

« La politique a tendance d'influencer négativement le développement en question, puisque certains conseillers refusent de participer aux réunions convoquées par le Conseil Général de Dimbokro en prenant comme argument le fait de ne pas être du même bord politique que le Président ou tout autre membre » (Entretien individuel, le Secrétaire Général I de la Préfecture de Dimbokro).

Ainsi, une frange de la population a-t-elle tendance à politiser les actions et opérations de développement menées par le Conseil Général de Dimbokro. C'est ce que souligne le Secrétaire Général I de la Préfecture de Dimbokro en ses propos: « les membres du Conseil Général de Dimbokro qui sont dans l'opposition ne participent pas aux réunions pour apporter les contradictions nécessaires »93.

L'analphabétisme de la population est une des limites à sa participation à toutes les phases de réalisation d'un projet de développement.

237

93 Extrait de l'entretien du 10 Août 2010 avec le Secrétaire Général I de la Préfecture de Dimbokro.

238

VIII.2.2-Analphabétisme

Comme deuxième raison qui freine la participation de la population de Dimbokro à son développement, 27,37% des enquêtés ont souligné l'analphabétisme.

Ainsi, l'alphabétisation, l'éducation primaire, la formation de base et les services de vulgarisation ont un impact positif immédiat sur la productivité des exploitants.

Un agriculteur qui a suivi quatre années d'études élémentaires aura certainement une productivité qui pourrait s'accroître par rapport à celle du cultivateur qui n'a pas fait d'études du tout.

Par ailleurs, plus il est instruit, plus son revenu a des chances de s'accroître lorsqu'il utilise des technologies nouvelles et s'adapte rapidement aux changements technologiques.

Cela ne manque pas d'avoir des effets bénéfiques pour l'ensemble de la population, particulièrement en renforçant les capacités des populations rurales.

Cette disposition est confirmée par un cultivateur qui a suivi les cours d'alphabétisation fonctionnelle en ses propos; « depuis que j'ai fait cette formation, j'arrive à suivre moi-même la vente de ma production et je m'en sors mieux. Je remercie les formateurs ».

Ainsi, disposer d'un minimum de savoir lire et écrire, constitue le principal canal d'accès à certaines informations clés dans le processus de gestion des affaires locales (Amadou DIOP, 2008 : 206).

Résultante de l'analphabétisme, le manque de compétences adéquates est selon 26,84% des enquêtés la troisième raison qui freine la participation de la population du département de Dimbokro à toutes les phases de réalisation des projets de développement.

239

VIII.2.3-Manque de compétences adéquates

Le monde en évolution nécessite que chaque acteur social puisse avoir des compétences dans son domaine d'intervention.

Le manque de compétences adéquates dont fait cas les enquêtés met ici en lumière les compétences indispensables à la population pour qu'elle puisse participer à toutes les phases de réalisations des projets de développement.

En effet, les raisons comme l'absence de cadre d'expression ou d'échanges, l'analphabétisme et le manque de compétences adéquates sont un ensemble d'éléments qui freinent la participation de la population au développement local.

Or, nous soulignons avec Michael CARNEA que « les bénéficiaires qui participent à la planification d'un projet sont mieux informés et prennent davantage la réussite du projet à coeur que ceux qui se voient soudainement attribués des biens auxquels ils n'ont pas du tout contribué »94.

Ainsi, la création de cadres formels d'échanges sur le développement, l'alphabétisation fonctionnelle et la formation aux différentes phases de réalisation d'un projet de développement doivent-elles être mises sur pied et proposées à la population.

Car, l'éducation se pose être un des piliers du développement humain et un élément d'importance majeure dans le développement agricole.

Au terme de ce chapitre, la troisième hypothèse opérationnelle qui soulignait que les manques de compétence adéquate et de cadre d'expression ainsi que l'analphabétisme constituaient un frein à la participation de la population du département de Dimbokro à son développement a été confirmée.

94Michael CERNEA(1998), La dimension humaine dans les projets de développement, Paris, Karthala, page 490.

240

Conclusion partielle

L'analyse des actions de développement entreprises, les rapports sociaux qui se construisent autour du développement en Côte d'Ivoire en général et dans le département de Dimbokro en particulier montre que l'atteinte du développement local nécessite un ensemble de dispositions.

Cela exige un cadre macro et micro-économique structuré, une gestion bien définie et transparente des ressources publiques qui passe par une bonne gouvernance économique et judiciaire.

Tout ceci doit s'accompagner d'une réduction des inégalités de revenus et des discriminations dans l'accès aux services sociaux entre milieu rural et milieu urbain, le renforcement du capital humain et social, le renforcement de la décentralisation et la participation des acteurs dans la formulation et la mise en oeuvre des politiques et stratégies de développement.

La décentralisation dans le département de Dimbokro est certes en oeuvre, et les structures décentralisées tentent d'atteindre les objectifs à travers les différentes actions de développement mais pour le moment la population n'est pas encore maître ou acteur de son développement.

En effet, les premières actions entreprises à l'endroit de la population, à travers la décentralisation, ont constitué des débuts de solutions dans l'amélioration des conditions de vie, mais n'ont pas abouti à la totalité des résultats escomptés dans la mesure où ni les fonds de soutien accordés aux jeunes et aux femmes, ni les diverses formations professionnelles n'ont pas permis à la population de se prendre en charge et avoir le mieux-être recherché.

Aussi, l'approche du développement local participatif, qui met en avant l'acteur social dans les prises de décision n'est pas encore exécutée dans toutes ses dimensions.

241

Certes, des efforts ont été faits, des actions tout azimut telles que la construction et/ou l'équipement des centres de santé, des écoles, l'ouverture et/ou reprofilage des routes, l'électrification et/ou l'extension du réseau électrique de certains villages ont été réalisées sur le territoire départemental. Mais, malgré ces différentes actions, la population de Dimbokro souffre encore.

Car les actions réalisées manquent de précisions et ne permettent pas à la population de générer des revenus pour son mieux-être.

Au contraire, cela engendre des dépenses supplémentaires auxquelles cette population doit faire face.

Par ailleurs, la population est très peu impliquée dans son développement et sa participation au progrès social est seulement limitée à la consultation et à des taches superficielles.

Il faut donc une meilleure planification du développement dans le département de Dimbokro à travers des états généraux du développement de cette localité qui ne doivent pas rester dans les « tiroirs ».

Ces résultats doivent être suivis et actualisés par rapport à l'évolution de la population et ses éventuels besoins.

Ces manquements sus-mentionnés nous amènent à proposer des modalités d'amélioration de la décentralisation pour le développement local impliquant de plus en plus les populations.

242

Chapitre IX : STRATEGIES ET PERSPECTIVES POUR L'AMELIORATION DU DEVELOPPEMENT LOCAL

IX.1-RENFORCEMENT DE LA PARTICIPATION DE LA

POPULATION AU DEVELOPPEMENT

De façon concrète, selon la population, sa participation aux projets de développement serait plus qu'une réalité à travers un certain nombre de dispositions.

IX.1.1-Accentuation de l'entretien des routes

La route, dit-on précède le développement. A Dimbokro, des actions au niveau des infrastructures routières doivent se poursuivre.

Aucun développement ne peut se bâtir sans que des efforts soient faits dans ce domaine dans la mesure où l'économie ivoirienne repose sur l'agriculture.

« C'est vrai que notre localité n'est plus productrice du café et du cacao comme dans le passé mais les cultures vivrières peuvent aider la population à améliorer ses conditions de vie. Nous sommes parfois confrontés au problème d'écoulement des denrées alimentaires à cause de l'état de nos routes. Il faut toujours oeuvrer à l'entretien des routes ». (Entretien collectif, Association pour le Développement des Cultures Vivrières Intensives).

Ceci est soutenu par un des agents de l'ANADER-zone de Dimbokro responsable en ses propos

« L'état de certaines routes constitue une entrave réelle et énorme dans la liaison des villages à la ville et empêche les producteurs d'écouler leurs produits sur le marché de la ville.

Par ailleurs, ceci occasionne des décès en cas de maladies graves qui nécessitent l'évacuation du malade dans un centre de santé le plus proche.

243

Il est donc important d'axer des actions dans ce domaine dans la mesure où l'on encourage la population au retour de la terre » (Entretien individuel, agent de l'ANADER-zone de Dimbokro).

En effet, l'agriculteur qui écoule facilement sa production agricole chercherait à améliorer sa capacité productive par l'acquisition de nouvelles techniques de production. Cela donnerait aussi aux ménages, toutes les opportunités nécessaires leur permettant de faire les meilleurs choix sur les marchés.

Au total, les responsables locaux sont donc interpeler sur cette réalité qui freine la participation de la population de Dimbokro à son développement.

IX.1.2-Développement de la communication

La population enquêtée, a indiqué, par ordre de préférence les canaux de communications au travers desquels elle souhaite recevoir les informations sur son développement. Ce sont respectivement les ateliers de formation (60,53%), la radio (25,26 %), la distribution de brochures (07,89%) et les échanges lors des sessions publics (06,32%).

Il s'agit à travers ces canaux de mettre de façon régulière à la disposition des populations toutes les informations sur le développement et/ou des actions réalisées ou à réaliser. C'est donc permettre au grand public d'améliorer ses connaissances sur le phénomène afin de mieux comprendre les actions menées ou envisagées.

Bien plus, « les structures décentralisées doivent initier des rencontres trimestrielles avec ceux qui sont au quotidien des réalités de la population, à savoir les chefs des villages, les responsables des associations et mutuelles de développement et tout autre groupement de la population » (Entretien individuel, responsable des allogènes de Dimbokro).

A côté des canaux de communication, se trouve le volet de la formation qui permet d'accroître ses compétences en vue de mieux participer au développement local.

244

IX.1.3- Formation

Tableau n°29 : Propositions pour accroître la participation de la population au développement.

Sexes

Propositions

Femmes

Hommes

Total VA

Total
VR

VA

VR

VA

VR

Compter sur les capacités
de la population locale

30

15,79

37

19,47

67

35, 26

Faire la formation pour accroître les compétences

48

25,27

75

39,47

123

64, 74

Total

78

41,06

112

58,94

190

100%

Source : Enquête de terrain, 2010-2012

Les données du tableau n°29, ci-dessus montrent que 64,74% des enquêtés suggèrent pour accroître leur participation que des formations leur soient données.

Ces formations permettront à la population d'avoir des connaissances sur les différentes phases d'exécution d'un projet de développement afin qu'elle puisse participer à celles-ci.

Selon la population, la formation pourrait lui donner l'opportunité d'accroître ses compétences afin de mieux participer à son développement. Ceci est bien exprimé par 64,74% des enquêtés qui estiment que le regroupement de la population par centre d'intérêt (agriculture, artisanat, commerce, etc.) en vue de recevoir des formations pour accroître leurs compétences permettra à celle-ci de faire entendre plus sa voix et d'influencer la mise en oeuvre des politiques en sa faveur.

245

Ceci est renchérit par des responsables interviewés :

- « Nous pensons qu'avec un encadrement des personnes regroupées en association, la population pourra mieux participer au développement de Dimbokro.» (Entretien collectif, Association des institutrices de Dimbokro).

- « Nous, jeunes restés dans notre localité, souhaitons bénéficier des financements pour la création d'activités génératrices de revenus et aussi des formations dans certains domaines afin de mieux nous prendre en charge. Certes, individuellement chacun veut participer au développement mais se regrouper serait la meilleure option car dit-on "l'union fait la force" » (Entretien collectif, Union des Jeunes de la Commune de Dimbokro).

Cette formation doit s'étendre à toutes les catégories sociales sans distinction d'appartenance ethnique et politique, et selon les différents domaines d'activités.

Pour 35,26% des enquêtés, il est nécessaire que les structures

décentralisées comptent sur les capacités de la population locale.

« Nous sommes à mesure de participer au redémarrage économique de notre localité, il suffit que ces structures nous sollicitent pour que nous apportons notre expertise95 », propos d'un enquêté, ingénieur en bâtiment à la retraite.

« Nous pensons qu'il faut revoir les choses afin de donner plus de place

à la population de participer à son développement».

On peut par exemple regrouper la population par secteur d'activités et lui donner toute la latitude d'être acteur de son développement.

Plus elle sera responsabilisée, mieux elle sera consciente de son rôle

pour l'amélioration de ses conditions de vie et s'engagera davantage. (Entretien collectif, chefs des villages concernés).

95 Extrait de l'entretien du 27 Décembre 2012.

246

« En tout cas, les associations mieux structurées et organisées peuvent véritablement aider au développement si plus de responsabilités leur sont accordées » (Entretien collectif, responsables d'associations et mutuelles de développement).

En effet, le département de Dimbokro a des cadres et des compétences diverses qu'il va falloir les intégrer et les responsabiliser dans les actions de développement de leur localité.

Par conséquent, ceux-ci doivent se départir de la politique lorsqu'il est question du développement de leur localité comme le souligne l'association des soeurs unies de Belleville. « Il s'agit de notre propre développement et non une affaire de politique. Il est temps que toute la population de tout bord politique comprenne la nécessité du regroupement qui peut nous permettre le redémarrage économique recherché » (Entretien collectif, association des soeurs unies de Belleville de Dimbokro).

Des rôles spécifiques doivent être donnés à la population locale afin qu'elle participe à son développement au lieu d'être un simple réceptionnaire des projets de développement.

Autrement dit, il faut considérer l'approche ascendante à partir de l'utilisation des ressources existantes qui se matérialise par le développement d'un partenariat local et la participation des habitants.

Ceci, dans la mesure où le développement local est un processus d'initiatives communautaires à la base, par les actions des acteurs locaux en fonction des demandes collectives locales d'amélioration des conditions de vie (Omer Kambalé MIREMBE, 2005 : 252).

L'amélioration des conditions de vie de la population et son implication à tous les projets de développement nécessite que des actions soient faites tant au niveau des élèves de Dimbokro qu'au niveau du milieu rural.

Dans tous les domaines de la vie sociétale, la formation est la voie qui conduit aux possibilités d'actions.

247

Son importance dans cette étude est qu'il permet de donner à un ensemble de personnes, en fonction de leurs projets et activités des moyens de mieux les réaliser.

Il s'agit ici des conditions d'étude des élèves de Dimbokro et de l'alphabétisation fonctionnelle.

IX.1.3.1-Appui aux conditions d'étude des élèves de Dimbokro

Autant les écoles privées naissent de manière croissante, autant faut-il penser à aider les nombreux élèves en leur offrant un cadre de vie et d'étude décent, agréable, propice, capable d'accroître le taux de réussite.

A cet effet, la construction d'un foyer d'élèves dans le périmètre du Lycée Moderne de Dimbokro doit être envisagée. Une étude minutieuse du coût des chambres à faire louer aux élèves devra être faite et surtout ce foyer devra disposer de toutes les commodités pour de bonnes études.

A terme, ceci permettra de réduire la distance que les élèves orientés, surtout au Lycée, auront à parcourir et éviter de subir la chaleur ardente due à une température qui varie entre 30 et 38°C.

Cela réduira de même les charges financières de certains parents d'élèves et leur souci de trouver, pour leurs enfants, des tuteurs en ces moments de crise. Aussi, les frais générés de la location des chambres constitueront-ils pour le Conseil Général de Dimbokro des fonds pour le financement d'autres projets générateurs de revenus.

248

IX.1.3.2-Elargissement de l'alphabétisation fonctionnelle

« C'est vrai, notre localité a perdu sa noblesse d'antan, mais de nouvelles opportunités sont disponibles pour nous. Avec un peu d'encadrement on peut s'en sortir. Moi, je me suis orienté dans l'élevage d'agoutis »96.

« Nous pensons qu'avec un encadrement des personnes regroupées en association, la population pourra mieux participer à son développement.» (Entretien collectif, Association des institutrices de Dimbokro).

Dans toute activité de développement, les personnes concernées doivent gravir les niveaux successifs de compétences et élaborer, avec les responsables financiers et institutionnels, une méthode pédagogique qui leur permet d'acquérir une compétence, de l'appliquer en vue de tirer un meilleur profit de cette activité. Les habitants locaux peuvent assumer des fonctions et des responsabilités, il suffit simplement de leur donner quelques compétences et connaissances dans le domaine d'intervention.

L'alphabétisation se pose comme un atout majeur dans toute activité de développement.

Ainsi, faut-il au-delà de la formation professionnelle à laquelle s'est attelé le Conseil Général de Dimbokro dans son cadre d'actions; envisager l'alphabétisation fonctionnelle, c'est-à-dire, une formation par secteur d'activité pour une meilleure gestion des activités. Cela est une nécessité car l'analphabétisme est un frein pour le développement. C'est pour cela que le Conseil Général de Dimbokro doit soutenir l'ANADER dans le domaine de la formation aux techniques culturales, d'élevage et d'organisation de groupements, ainsi que les centres d'alphabétisation qui exercent sur le territoire départemental.

96 Extrait de l'entretien du 13 Août 2010.

249

L'alphabétisation fonctionnelle est une alphabétisation qui va au-delà du simple apprentissage de la lecture, du calcul et de l'écriture.

Elle s'accompagne de l'acquisition de compétences véritablement adaptés aux besoins et au vécu quotidien de l'alphabétisé et de sa communauté.

L'alphabétisation fonctionnelle permet aux bénéficiaires d'avoir confiance en eux-mêmes, à prendre plus d'initiatives et exercer ainsi un contrôle de leurs conditions de vie. Elle tient aussi compte de l'habitat, de l'hygiène et de l'environnement, d'où sa multi-sécularité, et qui fait d'elle une alphabétisation intégrale.

Elle implique pour l'individu une ouverture à d'autres compétences indispensables à son autonomie et à sa participation à la vie de sa société. L'UNESCO résume en disant que l'alphabétisé, est celui qui peut « lire l'utilisation des engrais ou une ordonnance, consulter l'horaire des bus ou tenir le compte d'un commerce97 ».

Spécifiquement, ce type de formation doit concerner les jeunes de Dimbokro qui ont pour activité la fabrication du charbon de bois.

« Les quelques personnes qui sont restées sur place exercent une pression sur les terres se traduisant par une baisse des rendements des cultures. En effet, l'exploitation des arbres pour la fabrication du charbon de bois est devenue la seule source de revenu de certains jeunes du département de Dimbokro afin d'avoir de moyens financiers pour subvenir à leurs besoins. Cependant, ce secteur manque

d'organisation.

L'abattage abusif et incontrôlé des arbres peut causer la dégradation de l'environnement du département et avoir des incidences sur le climat.

97 UNESCO (Juillet à Septembre 2002), L'éducation aujourd'hui, bulletin du secteur de l'éducation de l'UNESCO, N° 02, page 04.

250

Il importe donc d'organiser ce secteur et de sensibiliser les jeunes sur les dangers que peut représenter l'abattage abusif des arbres et allant la destruction du couvert forestier.

Il serait profitable de sensibiliser ces jeunes au reboisement de la forêt

pour le maintien de l'équilibre environnemental» (Entretien individuel, responsable du développement agricole du Conseil Général de Dimbokro).

En effet, il existe de nombreux liens entre l'alphabétisation et la santé. L'apprentissage et la maîtrise de la lecture et de l'écriture sont des instruments qui permettent aux femmes et aux hommes d'acquérir les compétences et la confiance nécessaire pour prendre mieux soin de leur santé. Les enfants dont les parents savent lire et écrire ont de meilleures chances de grandir en bonne santé et de recevoir une éducation adéquate. L'alphabétisation a donc des effets bénéfiques sur la santé de l'individu, mais aussi et surtout sur la famille et sur la communauté tout entière.

Les programmes d'alphabétisation intégrant une dimension sanitaire peuvent contribuer de manière décisive à instaurer durablement de meilleures conditions de santé, tout comme les initiatives en matière de santé qui comportent un volet d'alphabétisation.

L'apprentissage de la lecture et de l'écrire est un processus de conquête de l'autonomie et une condition essentielle du développement et de la santé98.

En somme, l'alphabétisation aide à éliminer la grande pauvreté et accroit les chances de chacun tout en promouvant l'égalité des sexes et la gestion durable de l'environnement.

Dans cette optique, la promotion de la femme est un atout pour le développement local car les femmes représentent une force de production indispensable pour la vie économique (NATIONS UNIES, 1998).

98 Extrait du message du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, à l'occasion de la journée internationale de l'alphabétisation du 08 Septembre 2010.

251

IX.1.4- Promotion de la femme

« Les femmes de Dimbokro sont actives dans la mesure où elles cherchent sans relâche à améliorer leur conditions de vie.

Les cultures vivrières contribuent au développement de notre localité. Par ailleurs, avec l'existence de quelques retenues d'eau, les femmes

pourront mieux faire en s'orientant vers les cultures maraîchères.

Des actions d'encadrement et d'encouragement doivent être menées de plus en plus à son endroit » (Entretien collectif, Coopérative Centrale de Vivriers de Dimbokro).

Ce fait est par ailleurs souligné par l'ANADER, spécialiste du monde rural. « A Dimbokro, les femmes sont impliquées dans plusieurs secteurs d'activités tels que le commerce, l'agriculture et l'artisanat. Il faut pour ce faire mettre l'accent sur cette frange de la population afin qu'elle participe activement au développement de sa localité» (Entretien individuel, agent de l'ANADER, zone de Dimbokro).

Dans un monde d'opulence et d'inégalités, les libertés jouent un rôle essentiel pour combattre la misère et l'oppression. Elles sont à la fois la fin ultime du développement et son principal moyen.

Loin de s'opposer, liberté économique et liberté politique se renforcent.

Elles favorisent l'action des individus, et notamment des femmes, dont l'émancipation est un facteur décisif de changement et de développement. Parce qu'il n'entraîne aucune rémunération, le travail quotidien des femmes à la maison est souvent négligé dans le décompte des contributions respectives de chacun à la prospérité familiale.

Dès lors qu'elles travaillent à l'extérieur et rapportent un salaire, leur participation gagne en visibilité.

Ainsi, la liberté de rechercher et d'occuper un emploi hors du foyer peut contribuer à la réduction des privations relatives ou absolues subies par les femmes.

252

Il est aussi établi que le taux de fertilité baisse à mesure qu'évolue le statut des femmes. Ceci n'est pas surprenant, car les jeunes femmes sont de plus en plus handicapées par les grossesses à répétition et les soins à donner aux jeunes enfants.

Ainsi, tout ce qui favorise leur autonomie, leur capacité d'expression et de décision tend à espacer les naissances.

Cette réduction du taux de fertilité dépend de deux facteurs, à savoir l'éducation et l'emploi des femmes.

Au-delà, tous les éléments qui ont une incidence sur l'émancipation des femmes contribuent à la baisse du taux de fertilité.

Aussi, toutes les atteintes à l'environnement liées à la pression démographique, qui affectent la vie des hommes aussi bien que des femmes, sont en relation étroite avec la question spécifique de la liberté des femmes à l'égard de leur rôle de génitrice.

L'amélioration de la situation des femmes présenterait sans aucun doute de grands avantages sur le plan social et se traduirait probablement par des avantages économiques substantiels pour la localité et allant pour le pays. Afin d'améliorer la situation des femmes, il faut leur ouvrir des possibilités d'accroître les moyens dont elles disposent en leur permettant d'avoir accès au crédit et aux services de vulgarisation agricole.

Par ailleurs, elles doivent bénéficier d'un traitement équitable dans les secteurs salariés du marché du travail en améliorant leur accès aux services sociaux de base tels que l'éducation, la santé, l'aide à la nutrition et des programmes portant sur la démographie (Ismail SERAGELDIN, 1989 : 2425).

En effet, dans toute société, chaque personne joue des rôles et remplit des fonctions diverses.

Ces rôles sont liés à des comportements que chacun adopte et aux attentes que les autres ont de chacun.

253

Ces attentes sont fonctions du contexte socio-culturel et de l'environnement particulier de chaque acteur social.

Chaque individu, femme ou homme, remplit trois rôles dans la société, à savoir le rôle productif, rôle reproductif et le rôle communautaire.

Le rôle productif comprend le travail exécuté contre paiement en nature ou en espèce. Il comprend la production de marchandises ayant une valeur d'échange ou la production de subsistance ou domestique qui a une valeur d'usage mais aussi une valeur d'échange potentielle.

Pour les femmes impliquées dans la production agricole, ceci comprend leur travail comme fermières indépendantes, comme femmes de paysans et comme travailleuses auxquelles on paie un salaire.

Le rôle reproductif quant à lui comprend la responsabilité de mettre au monde et d'élever les enfants ainsi que les tâches domestiques entreprises par les femmes qui sont nécessaires pour que soient garantis l'entretien et la reproduction biologique mais aussi le soin et l'entretien de la force de travail (le mari et les enfants en âge actif) et de la future force de travail (bébés et enfants en âge scolaire).

Le rôle reproductif rempli par les hommes (éducation des garçons par exemple) est généralement moindre et/ou considéré comme non prioritaire.

Enfin, le rôle communautaire ou rôle dans la société comprend des activités d'administration de la communauté qui assurent à celle-ci services et cohésion.

Ce rôle est assumé par les pouvoirs publics, par des groupements ou des personnes. C'est ce rôle que l'on endosse lorsqu'on s'exprime en tant que citoyen(ne).

C'est pour toutes ces raisons qu'il faut permettre à chacun de pouvoir jouer son rôle dans sa société d'appartenance.

Etant donné qu'il est de plus en plus admis que la femme constitue un meilleur investissement, le Conseil Général de Dimbokro, dans sa politique de

254

développement doit faire une promotion de la femme en permettant aux jeunes filles d'être instruites grâce à des facilités de scolarisation et des encouragements de tout genre.

Celles-ci seront certainement dans de meilleures conditions d'étude si des internats leur sont construits.

En effet, les femmes participent à la relance économique du département de Dimbokro par la culture du vivrier et le commerce d'articles scolaires, d'alimentation et d'entretien, de bananes plantains, de manioc et d'attiéké.

L'organisation du secteur de la culture du vivrier et celui du commerce pourront permettre aux femmes d'accroître leurs revenus, d'améliorer leurs conditions de vie et donc de mieux participer à la relève économique de leur localité.

Cette promotion doit spécifiquement s'étendre aux potières du village de Kangrassou-Alluibo, village du canton Languira situé à sept (07) kilomètres de Dimbokro.

Cette activité des femmes de ce village est non seulement une activité génératrice de revenu mais aussi elle participe à la promotion du patrimoine artisanale et culturelle du département de Dimbokro.

C'est pour cela qu'il serait nécessaire d'oeuvrer à une meilleure organisation de ces femmes afin de tirer un profit conséquent de leur activité.

La vulgarisation de la poterie de Kangrassou-Alluibo pourrait participer au développement socio-économique de la population dudit village et allant du département de Dimbokro.

Par ailleurs, le domaine de l'artisanat pourrait se développer en créant par exemple un cadre permanent d'exposition dans le but d'attirer des investisseurs étrangers.

255

Des associations féminines existent dans le département de Dimbokro, il suffit simplement de leur apporter le soutien nécessaire pour qu'elles puissent être des canaux de participation au développement économique et social de leur localité.

Ainsi, répondre aux besoins pratiques des populations, c'est améliorer les conditions de vie concrètes, c'est résoudre des besoins quotidiens et immédiats.

Il s'agit souvent d'alléger et d'améliorer des tâches dans le cadre de la division sexuelle du travail selon des rôles féminins et masculins actuels.

« La participation intégrale des femmes dans les domaines économique, social, politique et culturel est un indicateur important du progrès dynamique des peuples et de leur développement »99.

En plus, il faut oeuvrer dans le sens du partenariat afin d'élargir les opportunités pour le développement local.

IX.2- PARTENARIAT ET DEVELOPPEMENT LOCAL

« Il ne faut pas occulter le fait que le manque ou l'insuffisance des moyens financiers freine la réalisation des actions de développement à l'endroit de la population. A ce niveau, la voie du partenariat est à emprunter pour atteindre les objectifs de développement ». (Entretien individuel, directeur de cabinet du Président du Conseil Général de Dimbokro).

Le développement local prône certes l'utilisation des ressources localement disponibles mais cela ne suppose pas une option d'autarcie.

Il est question de collaborer avec tous les acteurs de la localité et partant avec d'autres partenaires pour le développement.

« Il faut dire que le Conseil Général de Dimbokro fait son effort afin d'aider la population pour l'amélioration de ses conditions de vie.

Les besoins en développement des populations sont nombreux et cela

99 Nations Unies (1976), Rapport de la conférence mondiale de la femme, Mexico, 19 Juin au 02 Juillet 1975, Doc. E/CONF., 66/34.

256

nécessite assez de moyens financiers. La seule subvention de l'Etat, qui d'ailleurs nous parvient parfois tard, ne peut cerner les investissements en développement. Nous en sommes conscients, c'est pour cela que le Président multiplie ses contacts à la recherche de partenariat » (Entretien individuel, directeur de cabinet du Conseil Général de Dimbokro).

IX.2.1-Au plan local et/ou national

Le développement local s'inscrit dans un vaste champ qu'il est

nécessaire d'opter pour des partenariats au niveau local ou national avec des structures ou organismes ayant des expériences dans le domaine du développement local.

Ceci est d'ailleurs relevé par la population enquêtée qui souhaite qu'il puisse exister entre elle et les structures décentralisées un partenariat (73,16%) et une franche collaboration (26,84%).

« Les structures de développement qui exercent à Dimbokro poursuivent certes des objectifs bien définis. Mais, pour atteindre les objectifs du développement local et surtout avec l'insuffisance des moyens financiers pour la réalisation de grands projets de développement, il faut mettre l'accent de plus en plus sur le partenariat, la franche collaboration avec les structures locales.

Il n'est plus question de s'asseoir et dire que les moyens sont insuffisants. On demande aux élus locaux d'entreprendre des actions au-delà de leur territoire, et d'être imaginatifs.

Il poursuit en affirmant « qu'il faut faire des ouvertures vers les pays asiatiques: Inde, Iran, Chine, qui sont prêts à aider les pays du tiers monde, et en particulier les pays africains » (Entretien individuel, Directeur des services financiers et comptables du Conseil Général de Dimbokro).

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La prise en compte des besoins et attentes des populations est, tout comme leur implication, une modalité indispensable de l'application du principe de la participation pour la mise en oeuvre des initiatives de développement.

Après la prise de conscience de la nécessité de l'approche participative dans la mise en oeuvre des projets de développement, prise de conscience consécutive à l'échec des précédentes politiques de développement, l'implication des bénéficiaires des actions de développement est apparue comme le gage de la prise en compte de leurs besoins et attentes dans la réalisation des projets de développement .

C'est pour cela qu'il est nécessaire de donner l'opportunité aux populations de définir leur priorité en matière de développement, sans toutefois négliger la révision de ces besoins.

Sans nul doute, c'est souvent au niveau local que l'approche du développement durable centrée sur les besoins humains se précise, car c'est à ce niveau là que des décisions sont prises au jour le jour par des particuliers et des groupes de personnes, décisions qui touchent leurs moyens d'existence, leur santé, voire leur survie. Dans un contexte local, les particuliers et les communautés sont mieux placés pour identifier les principaux tendances, défis, problèmes et besoins, d'arrêter leurs propres priorités et préférences, de déterminer les compétences et les capacités qui font défaut.

En effet, pour qu'un projet puisse avoir un impact direct sur l'amélioration des conditions de vie des populations, il faut que le projet en question soit défini en fonction des priorités de celles-ci.

Il ne s'agit pas d'une définition de priorité à partir de constats qui pourrait avoir des limites dans l'avenir mais les populations concernées doivent elles-mêmes définir leurs priorités à travers une organisation locale.

La définition des priorités doit constituer le premier volet de l'identification des projets de développement à réaliser au sein d'une communauté, mais il faut, lorsque toutes les conditions seront réunies pour la mise sur pied de ces

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projets, procéder à un réexamen des besoins des populations.

Il s'agit de réapprécier ces priorités avec les populations afin de faire les éventuels réaménagements.

C'est une manière d'être plus proche de celles-ci et de les impliquer à leur propre développement dans la mesure où les besoins sociaux ou les priorités des populations peuvent connaître des changements en fonction de la situation du moment. Cela veut dire que les projets privilégiant les aspects techniques, doivent être nécessairement conçus en fonction des conditions locales du milieu tout en prenant en compte des besoins des populations et les modes traditionnels d'exploitation.

Pour ce faire, l'expertise des structures locales de développement telles le BNETD, AGEPE, AGEFOP, FNS, FDFP et les ONG, doit être convoquée lorsque le besoin se ferait sentir.

Puisqu'aucun développement durable ne peut se faire en dehors de la population, le Conseil Général de Dimbokro doit poursuivre la sensibilisation aux fins d'amener celle-ci à considérer la participation à son développement comme un impératif et lui donner l'opportunité de le faire.

A cet effet, les populations (jeunes et vieillards, hommes et femmes) doivent savoir que vouloir se développer, nécessite un certain nombre de sacrifices dont le regroupement en associations ou mutuelles de développement.

Il faut se constituer en associations pour bénéficier du soutien des organismes internationaux.

Favoriser l'organisation des populations pauvres en associations ou en communauté est un aspect essentiel de la nouvelle conception de l'Etat.

En dehors du secteur public, de nombreux acteurs, groupes de proximité, syndicats, universités, associations d'usagers, ONG et associations de quartier influent sur la gestion des affaires publiques. Ces groupes peuvent, entre autres, obliger les élus locaux à être comptables de leurs actes.

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Constituant ce qu'on appelle la « société civile », ils peuvent aussi rechercher, parallèlement à l'administration, un mode de gouvernement plus à l'écoute de la population et plus efficace100.

Le PNUD fait également de cette mesure un axe fondamental de la nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté.

Ainsi, la gouvernance est-elle considérée comme le " maillon manquant et l'organisation des pauvres est perçue comme le "fondement de la réussite". En effet, la fonction primordiale de la société civile est de promouvoir les intérêts des pauvres.

Selon le PNUD, « ce dont les pauvres ont besoin, c'est une capacité organisationnelle accrue, plus de pouvoir pour influencer l'orientation de leur vie. L'assistance extérieure doit tendre à mettre en place cette capacité et ne doit pas se limiter à fournir des biens et services101.

Il s'agit donc de faciliter la croissance des organisations des pauvres en levant les obstacles juridiques ou autres qui empêchent la formation d'associations, et en fournissant un cadre administratif et judiciaire qui les soutienne.

La finalité est d'instaurer des partenariats entre les divers segments de la population, entre les structures décentralisées et la population, et d'engager un débat public sur les questions de développement économique et social.

Il est question de mettre en valeur la perception d'intérêts communs entre les pauvres et les non-pauvres.

L'objectif est d'introduire, au sein du débat public, l'idée que la réduction de la pauvreté est un bien public et qu'elle peut favoriser le mieux-être des non-pauvres. L'essor de la société civile doit permettre, à terme, de tisser une alliance stratégique avec l'Etat102.

Les organisations de la société civile et de l'Etat doivent poser les bases institutionnelles de la coopération pour le bien commun.

100 Banque Mondiale (1999), Rapport sur le développement dans le monde : le développement au seuil du XXème siècle, BM, Paris, Page 129

101 PNUD (2000a), Vaincre la pauvreté humaine, Paris, Economica, Page 87.

102 PNUD (2000a), Op.cit., Page 74.

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Les institutions doivent être participatives, crédibles, comptables, afin que les populations puissent voir les avantages de la coopération.

Cet appel doit être saisi par tous les associations et mutuelles de développement, ONG et tout autre groupement de la population agissant sur le territoire départemental de Dimbokro.

C'est donc le lieu de mieux structurer les différents groupements de la population autour d'un objectif commun qui est celui de l'amélioration des conditions de vie. Ainsi, les associations de la population de Dimbokro telles TABITHA, BEKANSSI, BEKANTI, les soeurs unies de Belleville et le groupement des apiculteurs de Soungassou, qui oeuvrent pour le mieux-être de leurs membres et donc de la population, doivent agencer leurs différentes actions sur la base du partenariat.

C'est à juste titre que la Présidente de l'Association BEKANSSI, parlant de l'importance des groupements, souligne que « les bailleurs de fonds font plus confiance aux groupements qu'à l'individu ; j'encourage donc mes soeurs à nous rejoindre ».

Dans cette perspective, l'on doit savoir que le développement n'a pas de bord politique. Il faut pouvoir donc faire fi de son appartenance politique et accepter de s'unir avec d'autres personnes pour réaliser des activités génératrices de revenus.

Par ailleurs, l'état traditionnel des associations n'est plus à l'ordre du jour. Il s'agit d'évoluer et quitter cet état qui consistait à faire des cotisations pour juste s'entraider en cas de malheur (décès) et d'évènements heureux (mariage, naissance) et atteindre un regroupement avec des projets de développement bien définis à réaliser.

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A cet effet, les cadres du département de Dimbokro doivent s'investir dans son développement à travers les mutuelles de développement, qui bien structurées et des objectifs définis, pourront faire intervenir les organismes internationaux à relever le défi du redémarrage socio-économique de la région jadis prospère.

Ces cadres, qui dans l'exercice de leur tâche professionnelle, ont acquis des expériences de gestion, de management des hommes et des projets, et ont eu l'occasion de connaître d'autres pays, d'autres modes de développement, doivent se mettre au service de leur localité.

Ceux-ci ont donc la capacité d'analyser la situation de développement, de comprendre, de proposer des solutions, de mettre en oeuvre et d'encadrer les autres. Il leur suffit de prendre leur responsabilité et d'avoir le souci du développement économique et social de leur région.

« Seules la sensibilisation, la culture de l'écoute et de la formation peuvent permettre d'atteindre cet état de fait. Car nous sommes en face d'une population désespérée, qui pense que rien ne peut la faire sortir de la situation qu'elle vit; elle qui, jadis était prospère » (Entretien individuel, responsable du développement humain du Conseil Général de Dimbokro).

Or, comme l'a si bien souligné l'agent de l'ANADER de Dimbokro, « l'espoir est permis à travers la production de l'anacarde, des produits vivriers et maraîchers » (Entretien individuel, agent de l'ANADER, zone de Dimbokro).

Il appartient donc à la population de saisir cette nouvelle opportunité et avoir des idées positives.

Par ailleurs, le partenariat doit s'étendre au-delà du local pour atteindre l'international non pas en terme de transposition de modèle de développement mais dans le sens des acteurs de développement échangeant des expertises.

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IX.2.2-Au plan international

L'organisation des coopératives et groupements agricoles doit être structurée autour des formations et des renforcements de capacités en techniques culturales et en comptabilité simplifiée.

Cela permettra à la population de participer à son développement. Dans cette optique, un partenariat doit être tissé avec des experts israéliens, qui peuvent apporter leur expertise dans ce domaine et aussi aider à mettre en valeur les 22 retenues d'eau du département de Dimbokro pour la culture des maraîchers.

Par ailleurs, un projet a été rédigé et déposé au FDFP dans la perspective de la mise en valeur de ces retenues d'eau103.

En outre, les deux faîtières des collectivités territoriales, qui sont l'Union des Villes et Communes de Côte d'Ivoire (UVICOCI) et récemment l'Association des Régions de Côte d'Ivoire (ARCI) 104doivent multiplier les contacts avec les élus locaux du Sud et du Nord dans le cadre de la coopération décentralisée.

La charte européenne à l'appui et à la bonne gouvernance locale, rédigée le 15 Novembre 2008 et celle des journées européennes à Bruxelles reconnaissent que l'autorité locale et celle territoriale apparaissent aujourd'hui comme des acteurs clés du développement.

Cette charte a souligné la nécessité de l'efficacité de la coopération décentralisée et de l'appui à la bonne gouvernance.

Les principes de cette charte sont portés par des convictions qui relèvent que la gouvernance démocratique locale et la décentralisation sont des moyens efficaces de la lutte contre la pauvreté, permettent d'atteindre les objectifs du

103 Extrait de l'entretien du 08 Juillet 2010 avec un des responsables de l'ANADER-zone de Dimbokro.

104Le Mercredi 25 Septembre 2013, les gouverneurs des districts et les présidents des conseils généraux de départements se sont réunis en assemblée générale, pour prononcer la dissolution de l'Association des Districts et Départements de Côte d'Ivoire (ADDCI). Cette dissolution s'est faite à l'unanimité des 20 membres de l'ADDCI présents, pour laisser place à la nouvelle structure qu'est l'Association des Régions de Côte d'Ivoire (ARCI). Cela conformément à l'ordonnance n°2011-262 du 28 Septembre 2011 qui supprime les conseils généraux de Côte d'Ivoire.

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millénaire, de respecter les droits de l'homme, les droits économiques, sociaux et culturels.

En effet, la coopération décentralisée qu'elle soit bilatérale ou multilatérale oeuvre pour la mise en place de nouveaux instruments, des stratégies et modalités de coopération, susceptibles de faciliter le changement institutionnel et d'optimiser les possibilités, de promouvoir les objectifs de développement stratégique, tels que la réduction de la pauvreté ou le développement économique local.

La coopération décentralisée envisagée sous l'angle du rapport de partenariat Nord-Sud entre deux entités territoriales offre aux collectivités locales des pays du Sud d'accroître leurs opportunités.

Celles-ci, lorsqu'elles sont appréhendées dans le contexte de la décentralisation comme processus d'accompagnement de l'effort démocratique, contribuent à l'amélioration des conditions de vie des populations, à travers une prise en charge autonome de leur capacité de décision et de gestion.

Ainsi, la coopération décentralisée bilatérale est susceptible d'accompagner le processus de démocratisation par les initiatives qu'elle peut susciter au niveau local.

Seule une nouvelle approche des problèmes urbains comme ruraux par les pays intéressés et par la communauté internationale permettra de prendre en main ces transformations.

Ce n'est pas au niveau central que ce sera possible, mais en favorisant plutôt les initiatives et les contributions des habitants et des communautés de bases, et en s'appuyant sur des collectivités locales aux pouvoirs et aux moyens renforcés.

264

On attend de la coopération décentralisée qu'elle puisse stimuler ce mouvement et qu'elle sache proposer des modes d'intervention nouveaux adaptés aux réalités et aux défis que les collectivités locales du Sud ont à relever.

En complément aux initiatives des agents locaux du développement, les collectivités locales du Sud sont destinées à devenir des moteurs privilégiés de la coopération décentralisée.

En effet, le passage d'une coopération d'assistance à une coopération décentralisée réorientée autour d'un objectif de développement approprié et durable exige l'intervention nécessaire d'opérateurs professionnels qui soient en permanence présents sur le terrain de manière à suivre la mise en oeuvre des projets afin de les mettre à l'abri des détournements et de coordonner les différents intervenants extérieurs et locaux dans leurs rôles respectifs.

Cette « professionnalisation » de la coopération décentralisée implique que les différents acteurs interviennent chacun dans son domaine de compétence.105

En outre, une coopération décentralisée n'a de sens que si elle s'inscrit dans une perspective de durabilité. Les projets doivent non seulement aider à résoudre les problèmes courants mais également permettre aux populations locales de les inscrire dans les perspectives de développement du village ou du territoire à long terme et dans le développement durable du pays.

La coopération décentralisée ne devrait donc pas se traduire par des coûts sur l'environnement et sur la santé que les populations souvent démunies devront payer par la suite.

Les actions de coopération décentralisée n'ont de sens, que si elles contribuent à développer des capabilities106 dans le sens d'Armatya SEN, à transférer des savoirs-faire dans la gestion des questions liées à

105 Alain MARIE (2005), La coopération décentralisée et ses paradoxes, Paris, Editions Karthala, Page 201.

106 Les capabilities désignent l'ensemble des actes que tout individu devrait être capable d'accomplir (Armatya SEN, 1985, 2000).

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l'environnement et à assurer des revenus pérennes aux générations actuelles ainsi qu'aux générations futures.

Ainsi, des regroupements fonctionnels apparaissent indispensables pour la réalisation d'économies d'échelles et d'infrastructures de développement.

Des jumelages peuvent également être institués afin de permettre aux différentes collectivités territoriales d'échanger leur expérience en matière de développement.

En somme, les modalités de la coopération entre les collectivités devront faire l'objet d'une étude associant, la tutelle et les collectivités à travers les élus locaux et les élites locales ainsi que les partenaires au développement.

IX.3-MODALITES D'AMELIORATION DE LA DECENTRALISATION

IX.3.1-Instauration de débats nationaux sur

l'administration locale

Pour que la décentralisation puisse être véritablement au service du développement, il importe que la nation s'accorde des valeurs et se donne des repères dans l'administration de son territoire. Ainsi, la décentralisation et la déconcentration doivent-elles oeuvrer en synergie pour garantir la cohésion du territoire dans l'optique du développement.

La réflexion mérite donc d'être poursuivie, approfondie et élargie pour aboutir à des solutions répondant davantage aux aspirations des populations tout en contribuant à la construction et à la consolidation de la cohésion sociale et de l'unité nationale.

266

IX.3.2-Réalisation effective du transfert de compétences et les mesures d'accompagnement

La décentralisation a certes fait des progrès au cours des deux décennies, cependant, des manquements sont à considérer.

L'absence de décrets d'application de certaines compétences transférées aux collectivités territoriales et le faible niveau de contrôle et d'appui conseil des services de tutelle laissent apparaître des interrogations. Aussi, le manque de précision dans la nature des rapports entre les services de l'Etat et les collectivités territoriales constitue une contrainte majeure à la création d'une dynamique de développement local107.

Il est donc nécessaire de procéder à l'application des textes pour que les administrations de l'État transfèrent effectivement les compétences aux collectivités territoriales.

Des séminaires ont déjà été organisés à cet effet pour sensibiliser les ministères.

Au demeurant, l'une des solutions à l'efficacité des collectivités demeure l'allocation de ressources budgétaires par l'État et la réalisation de ressources propres. Dans ce cadre, l'attention doit être mise sur la nécessité d'une répartition équitable des ressources, sans autres considérations que la recherche du développement.

Il s'agit de réformer le cadre des collectivités pour répondre au besoin de développement local qui s'avère aujourd'hui primordial.

Il convient ainsi d'institutionnaliser le lien entre la décentralisation et l'aménagement du territoire.

A cet effet, la région devra s'inscrire dans une dynamique d'équipement et de développement par la prise en compte des ressources naturelles et des potentialités socio-économiques.

107 REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE (Janvier 2009), Document de stratégie de séduction de la pauvreté : stratégie de relance du développement et de réduction de la pauvreté, Abidjan, page 76.

267

En définitive, si l'on veut que les collectivités locales soient des lieux d'enracinement de la démocratie à la base et le moteur d'un développement local durable, il faut procéder à des aménagements qui responsabiliseraient davantage ces collectivités et leur permettraient de se prendre véritablement en charge.

Des efforts restent donc à faire pour que le principe de transfert de compétences de l'Etat aux collectivités soit effectivement source de progrès et de réelle autonomie.

Cette démarche que l'on peut considérer comme intrinsèquement liée à la qualité de la démocratie locale met à contribution les différents acteurs majeurs que sont les populations, les élus locaux et l'Etat.

Car, seule une réelle interaction entre toutes ces parties prenantes permettra d'envisager des lendemains meilleurs pour le processus de décentralisation et partant pour le renforcement de la démocratie à l'échelon local et le développement local.

IX.3.3-Amélioration de l'autonomie financière des collectivités territoriales

En plus des ressources humaines, il convient d'améliorer l'autonomie financière des collectivités. Pour ce faire, l'Etat devra mettre en place une stratégie de répartition des subventions qui tient compte du déficit d'équipements dans les collectivités, du renforcement des capacités des collectivités en matière d'élaboration d'études prospectives des ressources locales, de la répartition claire des ressources collectées au niveau local et de la fiscalité locale.

Cette action viserait à améliorer leur capacité contributive au budget local.

En outre, l'Etat doit prendre des mesures incitatives pour attirer les investisseurs privés et appuyer les initiatives locales en matière d'entrepreneuriat.

268

L'Etat devra également renforcer les capacités d'intervention des services déconcentrés.

Ainsi, importe-il de définir clairement des responsabilités respectives des administrations centrales et locales et de doter les services déconcentrés de moyens humain, technique et financier nécessaires à l'appui-conseil et au contrôle des activités des collectivités décentralisées, ainsi qu'à la mise en place des bases de données.

Dans cette perspective, la traçabilité des ressources devra aller au-delà des aspects financiers et comptables pour établir un lien entre les niveaux d'exécution financière et de réalisation effective des activités ou de réalisation physique des infrastructures.

Ainsi, la promotion de la culture de l'audit interne et externe, de la gestion des ressources publiques doit être développée afin de corriger les éventuelles faiblesses.

On entend par décentralisation financière, la répartition des ressources publiques et l'organisation des rapports financiers entre l'Etat et les collectivités locales. Ce concept recouvre la définition d'un champ de ressources propres pour les collectivités locales, l'identification d'un champ de ressources partagées entre l'Etat et les collectivités locales, et les transferts des ressources du budget de l'Etat à celui des collectivités locales (François Paul YATTA, 2000).

La définition d'un champ fiscal propre aux collectivités locales se retrouve dans la plupart des lois de décentralisation. Dans les pays francophones d'Afrique, cette fiscalité propre s'appuie sur les quatre impôts de locaux de base : le foncier bâti, le foncier non bâti, la taxe d'habitation et la patente.

A ces impôts locaux peuvent s'ajouter des taxes spécifiques liées au contexte du développement des différentes localités.

Afin d'aboutir à une décentralisation financière, il faut dans un premier temps instaurer le dialogue entre l'Etat et les collectivités locales.

269

Dans un second temps, il s'agit de définir une stratégie qui relie étroitement les performances locales dans la mobilisation des ressources et qui bénéfice des concours et subventions de l'Etat.

Enfin, les Etats doivent faire des échanges sur les expériences positives en matière de décentralisation financière.

Les décentralisations africaines suivent des trajectoires différenciées selon l'histoire, le système politique, la culture administrative et financière, et les moyens d'action propres à chaque pays.

Il en résulte une somme d'expériences intéressantes à partager, avec comme principe de base la recherche de la plus grande autonomie possible des collectivités locales.

Le recensement, la capitalisation et le partage de ces expériences doivent permettre de créer progressivement une intelligence partagée de la décentralisation financière en Afrique.

L'échange devrait également concerner les instruments de gestion des finances locales et viser à terme, l'harmonisation de tels instruments au niveau des différentes zones économiques et monétaires, tel que cela est actuellement envisagé dans les pays membres de l'UEMOA et de la CEMAC108.

IX.3.4-Information et participation au développement

Dans le but d'assurer une citoyenneté locale active et constructive, il apparaît nécessaire, de favoriser l'appropriation du concept de décentralisation par les populations, à travers la compréhension et la prise de conscience de ses enjeux et de ses perspectives. Les stratégies de mise en oeuvre doivent également être communiquées aux citoyens pour leur adhésion et leur participation individuelle et collective.

108François Paul YATTA (2000), Op.cit, page 09.

270

A ce niveau, de véritables centres de communication doivent être mis en place au sein des structures décentralisées.

La société civile doit être représentée dans ces centres de communication avec des rôles bien identifiés.

Ainsi, la communication de proximité répondrait bien aux besoins des diverses phases et étapes du cycle de l'approche participative en ce sens qu'elle est utilisée à l'échelle des villages ou au niveau du terroir.

Elle a pour objet d'accompagner et de renforcer chacune des étapes et des phases de la démarche, à travers un certain nombre d'outils d'information, d'analyse, de dialogue, de formation, de gestion ou de suivi.

Ces outils et méthodes sont généralement utilisés par des agents ayant une fonction d'appui, d'animation ou d'encadrement des communautés villageoises, à savoir les agents vulgarisateurs, les enseignants, les animateurs d'Organisations Non Gouvernementaux (ONG) ou de projets, responsables de groupements ou d'associations.

Les supports qui sont souvent utilisés sont, entre autres, des supports audios ou visuels, des boîtes à images, vidéo, cartes de villages.

Chacun de ces outils a une fonction précise dans la mise en oeuvre des différentes étapes de l'approche participative. Le choix de ces outils dépend du but recherché, de l'environnement économique, technique et socio-culturel dans lequel ils sont employés, ainsi que des aptitudes et des qualités d'animation des encadreurs et des animateurs qui les utilisent.

L'exploitation de ces outils sera d'autant plus efficace qu'ils auront été produits localement, en interaction avec les communautés villageoises, les associations et ONG et que les techniciens, vulgarisateurs et animateurs auront été formés à leur utilisation sur le terrain.

Le plus souvent, les communautés villageoises, disposent des systèmes d'outils et de réseaux traditionnels de communication.

271

Ceux-ci sont issus de la tradition villageoise, conçus et gérés directement par les communautés pour répondre à leur besoin d'information, d'éducation, de divertissement, de débat, de développement et de gestion des conflits locaux. Les règles de la communication traditionnelle ou communautaire varient selon le contexte historique et culturel dans lequel se situent ces communautés.

Les manifestations les plus courantes de cette forme de communication sont : les assemblées villageoises, le théâtre, les chansons, les proverbes, les devinettes, les récits, les contes, les visites inter-villageoises, les crieurs publics. Généralement, ce type de communication est très vivant en milieu rural et joue un rôle important dans les dynamiques villageoises.

Dans une démarche participative, les communautés villageoises doivent pouvoir mobiliser leurs propres outils de communication, tout en conservant leur contrôle sur la conception et la diffusion des messages véhiculés.

Aussi, pour le développement rural, est-il important de tenir compte de la capacité des institutions locales, pas comme un alternatif, mais plutôt comme un complément des institutions nationales.

Les décisions locales pouvaient être meilleures si les pouvoirs locaux adoptaient une vue d'ensemble, tout comme les décisions au niveau central pouvaient être meilleures si les autorités centrales prenaient en considération les réalités locales (Norman UPHOFF, 1997 : 11).

Afin d'assurer une participation véritable des groupes marginalisés, les décideurs doivent prendre en considération les niveaux divers de cohésion sociale, de capital social, de capital institutionnel, et de la capacité d'exécution, et s'organiser à répondre promptement, avec des moyens suffisants, aux besoins et aux occasions locales.

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Dans ce contexte, les libertés publiques locales doivent être une priorité de chaque État central qui doit veiller à ce que les collectivités locales acquièrent leur autonomie à travers la délégation à elles faites de leurs droits fondamentaux.

Il est évident que la décentralisation n'est pas la seule solution qui résoudrait tous les problèmes de développement qui se posent en Côte d'Ivoire, mais elle en constitue une.

Pour le développement local, la décentralisation est supposée apporter aux populations les outils de décision et de gestion nécessaire pour leur implication dans la résolution des questions de développement.

Il est aujourd'hui établi dans la sphère du développement que la gestion durable des projets doit se concevoir avec la participation populaire.

Cette idée est prônée par les institutions internationales telles que la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

Or, il n'y a pas de participation populaire sans dialogue, sans partage des informations et des expériences, sans échanges des savoirs et des techniques. Il est donc question d'établir, renforcer et promouvoir des structures et procédures institutionnelles pour assurer la participation de la société civile à la conception, à l'exécution et à l'évaluation des processus décisionnels et des programmes. Il faut de même garantir le droit de tous les intéressés à transmettre aux autorités compétentes leurs commentaires sur les activités proposées, avant la prise d'une décision officielle et prévoir la possibilité pour les organisations, les communautés et les particuliers, d'exprimer leurs idées et d'échanger des informations et des connaissances traditionnelles en matière de gestion de l'environnement et de développement.

Cela faciliterait leur participation effective à la formulation, l'adoption et la mise en application des décisions qui affectent leur vie.

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IX.3.5-Formation des élus locaux et institutionnalisation d'une fonction publique territoriale

La formation des élus locaux constitue une priorité pour la réussite de la décentralisation. Celle-ci sera un cadre de recyclage face à la réalité du développement local.

Le renforcement des capacités en ressources humaines passe, d'abord, par la formation des agents des collectivités décentralisées et des administrations déconcentrées à la mise en place de programmes de développement et la promotion des services de proximité de qualité (eau potable, électrification, routes, état civil, assainissement, marché public, etc.).

Ainsi, des sessions de formation financées par l'État et/ou les associations des collectivités territoriales ainsi que par les partenaires au développement peuvent contribuer à l'amélioration des performances des élus locaux.

Car, ces élus doivent non seulement maîtriser la gestion locale mais aussi et surtout être attentifs à l'environnement national et international, avec ses opportunités et ses évolutions.

Aussi, la qualité, la continuité et l'efficacité du service public local commande la mise en place d'une fonction publique locale appropriée.

Par ailleurs, il faut soustraire les agents des collectivités aux pressions, menaces et incertitudes politiques.

Le service public local doit être assuré, au bénéfice de l'ensemble des populations et des usagers, sur la base de la neutralité, de l'impartialité et de l'égalité. Le service public a la vocation d'être un moteur de la cohésion sociale en rassurant les citoyens par la pertinence et la qualité de ses interventions, dans le respect de la dignité humaine.

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Conclusion partielle

Il s'agit d'améliorer l'existant en matière de décentralisation et du développement local tout en considérant les aspirations des uns et des autres. C'est donc une nécessité si l'on tient à ce que la décentralisation puisse contribuer au développement socio-économique des régions que les leçons issues des différentes études, débats et états généraux soient mis en pratique. En effet, la réalisation effective du transfert de compétences et des mesures d'accompagnement doit être une des stratégies pour atteindre les objectifs escomptés. Ceci sera plus pertinent à partir de la définition objective, réglementaire et sociologique de la structuration de la décentralisation.

La communication autour du développement entre les acteurs locaux et les différents partenaires de développement doit servir d'approche permettant la participation de tous au développement.

Faire comprendre l'essence du développement local par la décentralisation aux élus locaux par des séances de formation ou de renforcement de capacité est une des voies pour répondre aux besoins des populations dans la dynamique des sociétés ivoiriennes.

Ainsi, au-delà de la coopération inter-collectivités au niveau national, la décentralisation facilite aussi les relations directes avec l'environnement international. Des actions de partenariat peuvent donc être entreprises pour ouvrir des opportunités de projets en vue du développement local.

Il appartient à l'État de créer les conditions favorables à la recherche de ce partenariat à travers la stabilité nationale et l'entretien de liens d'amitié, de solidarité et de confiance avec l'extérieur.

Les structures décentralisées doivent oeuvrer de même dans le domaine du partenariat qui se présente être indispensable pour le développement local.

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CONCLUSION

Notre réflexion sur le développement local et la décentralisation en Côte d'ivoire s'est axée sur le thème « le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du N'Zi (Dimbokro)».

L'objectif général de l'étude était de déterminer les mécanismes de construction des rapports sociaux autour de la participation de la population de Dimbokro à son développement.

A cet effet, nous avons pu recueillir les données tant auprès du personnel des structures décentralisées (Mairie, Conseil Général de Dimbokro) qu'auprès des structures de développement (ANADER, associations), de la Préfecture, de la direction départementale de la santé, du Centre d'Alphabétisation de l'Eglise Saint Joseph et de la population du département de Dimbokro.

Comment les rapports sociaux qui se construisent autour de la participation des populations concourent-ils au développement local? Autrement dit, quelle est la configuration sociale de la participation de population de Dimbokro au développement local?

Pour répondre à cette question, une hypothèse générale selon laquelle les rapports sociaux qui se construisent autour de la réalisation des projets de développement déterminent le succès du développement local a été envisagée. Cette hypothèse principale s'est donc opérationnalisée à travers trois hypothèses secondaires. Selon la première hypothèse, le regroupement de la population et la communication sont des mécanismes qui impactent l'atteinte des objectifs de la gestion du territoire local.

La seconde indiquait que les relations de partenariat existantes entre les structures décentralisées et la population de Dimbokro constituent un facteur influençant du développement local.

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Enfin, selon la troisième hypothèse, le manque de compétences adéquates et l'absence de cadre d'expression ainsi que l'analphabétisme constituent un frein à la participation de la population au développement local.

Ainsi, l'analyse du profil sociologique des enquêtés (sexe et âge, niveau d'instruction et profession) ainsi que leur connaissance du développement local et du rôle d'une structure décentralisée a constitué la première approche de la question. Ensuite, la politique et matérialisation des projets de développement pour le mieux-être de la population Dimbokro ont été abordés. Evoluant, la perception et attentes de la population en matière de développement ainsi que sa participation au développement local pour l'amélioration de ses conditions de vie ont été examinées.

L'analyse du sujet s'est achevée par quelques stratégies et perspectives d'amélioration de la décentralisation pour le développement local.

Cette analyse s'est faite en s'appuyant sur deux méthodes, à savoir la méthode dialectique et la méthode stratégique.

La méthode dialectique nous a permis de déceler les contradictions dans la participation de la population du département de Dimbokro à son développement dans le contexte de la décentralisation et les actions de développement entreprises.

Cette antinomie est perceptible entre les théories du développement local participatif et celle de la décentralisation qui voudraient que les populations participent à leur développement et de ce qui se présente dans la pratique. Concernant le département de Dimbokro, cette participation se limite à la consultation de la population qui ne lui permet pas de jouer un véritable rôle dans son développement.

L'approche stratégique a été utile pour l'analyse des comportements des acteurs et bénéficiaires des actions de développement, leurs stratégies de participation au développement et les zones d'incertitudes qui sont perceptibles par le jeu des bénéficiaires ou de la population locale.

277

La stratégie de participation de la population de Dimbokro à son développement est son regroupement en association et la sollicitation individuelle ou collective de fonds pour la création des activités génératrices de revenus.

L'incertitude perceptible dans cette localité, est la réticence de certains responsables des réunions et actions de développement en se basant sur les appartenances politiques pour légitimer leurs actes.

Cette étude a allié l'approche qualitative et l'approche quantitative.

Les analyses ont été menées suivant les techniques de l'analyse de contenu et de l'analyse quantitative en s'appuyant sur les logiciels de traitement de données et d'analyse tels qu'EPIDATA 3.1 et SPSS 16.0.

L'étude nous a permis d'avoir un aperçu des actions de développement entreprises dans le cadre de la décentralisation et la manière dont la population de Dimbokro participe à son développement.

La première hypothèse qui stipulait que le regroupement de la population et la communication sont des mécanismes qui impactent l'atteinte des objectifs de la gestion du territoire local a été vérifiée; dans le sens où cette disposition qui représente une des bases de participation de la population au développement local est utilisée à Dimbokro.

En effet, les stratégies de participation de la population de Dimbokro sont perceptibles à travers le regroupement de la population et sollicitation de financements (50%), l'adhésion aux projets de développement mis en place (29,48%) et le retour à la terre (20,52%) en s'orientant vers les nouvelles spéculations telles que anacarde, hévéa, palmier à huile.

Cette première stratégie lui ouvre la voie pour participer à son développement.

Dans cette perspective, la communication de proximité est la plus utilisée selon les enquêtés avec un taux de 52,63%.

278

Il s'agit des différentes rencontres d'informations et de sensibilisation des agents de la structure décentralisée avec la population locale dans le cadre du développement local.

Ensuite vient la communication à travers les ondes de la radio "la voix du N'Zi" avec un pourcentage de 27,37%.

Enfin, des informations sont reçues par l'intermédiaire des représentants de la population locale, à savoir les chefs de villages, les responsables d'associations pour un pourcentage de 20% des enquêtés.

La deuxième hypothèse quant à elle supposait que les relations de partenariat existantes entre les structures décentralisées et la population de Dimbokro constituent un facteur influençant du développement local.

Cette hypothèse n'a pas été totalement vérifiée à Dimbokro, dans la mesure où c'était le rapport de consultation (66,85%) qui était plus perceptible à travers les données de cette étude. Ainsi, selon 57,90% des enquêtés, la population ne participe pas à la prise de décision concernant les actions de développement de leur localité.

Par contre, 42,10% des répondants ont déclaré que leur participation au développement se limitait à la consultation.

Leurs propos le résument ainsi :

« Il s'agissait des consultations pour connaître nos besoins concernant le développement. Parfois, il arrivait que nous nos besoins étaient exprimés par écrits et déposés au sein de la structure décentralisée»109 .

La consultation constitue certes la voie de participation de la population au développement, mais cela doit tendre vers un partenariat puisque la population locale est bénéficiaire des actions de développement.

109 Propos d'un des enquêtés pour justifier ce qu'ils font concrètement lors des prises de décisions, enquête de terrain 2012.

279

La troisième hypothèse, qui faisait remarquer que le manques de compétences adéquates, l'absence de cadre d'expression ainsi que l'analphabétisme constituent un frein à la participation de la population au développement local, a été vérifiée.

En effet, il a été constaté que l'absence de cadre d'expression (35,26%), le manque de compétences adéquates (26,84%), et l'analphabétisme (27,37%), freinent la participation de la population du département de Dimbokro à son développement.

A ce niveau, l'alphabétisation fonctionnelle et la création de cadre formel d'échange sont des solutions à exploiter.

Par ailleurs, en passant par la construction des centres de santé, des écoles, la réhabilitation de certaines routes et pistes villageoises aux forages; des actions de développement sont réalisées pour la population.

Ainsi, de par la politique de développement du Conseil Général de Dimbokro qui consistait à conduire la population à l'autonomie financière à travers la formation professionnelle et la création de micro-projets, il s'est engagé dans la dynamique du développement local.

Le partenariat qu'il entreprenait avec l'ANADER, spécialiste du monde rural augure certes un lendemain meilleur pour la population de Dimbokro, mais celle-ci est parfois consultée et donc ne participe pas en tant que tel au processus de son développement.

Il s'agit ici de la participation de la population à toutes les phases de réalisation d'un projet de développement.

Pour cette difficulté, la culture de l'écoute et la sensibilisation doivent être privilégiées.

Au demeurant, le développement local à partir de la décentralisation est une entreprise qui nécessite la participation de tous.

280

Cela exige non seulement assez de moyens financiers mais aussi et surtout, la population doit être intégrée à son propre développement économique et social, tout en dissociant la politique du développement.

Aussi, la franche collaboration avec les structures locales de développement doit être une "des locomotives" du développement local et oeuvrer davantage pour la coopération décentralisée.

Enfin, la recherche de moyen financier et matériel exige que des partenariats avec les organismes de développement soient signés, afin d'être plus ou moins indépendant de la subvention de l'Etat.

En somme, il est ressorti de cette étude que les actions de développement entreprises dans le département de Dimbokro constituaient une première solution au développement de cette localité, malgré le fait que la population de ladite localité n'est pas totalement actrice de son développement. Elle n'est pas véritablement intégrée au processus de son développement.

Dans ces conditions, le développement par les entités décentralisées se trouve être porteur d'écueils reconnus aux précédentes initiatives de développement, ceux relatifs à la non implication des communautés d'accueil et à la non insertion de leurs besoins et attentes dans les préoccupations des initiatives de développement.

Il est donc nécessaire, à ce stade de leur mise en oeuvre, avec les structurations en cours, de réviser le mécanisme de leur fonctionnement et le processus participatif dans la mesure où la décentralisation n'est pas une simple affaire technique ou administrative, elle implique un véritable débat de société.

La présente étude ne prétend pas avoir épuisé les recherches sur le développement local participatif à Dimbokro car elle contient des lacunes.

Elle aurait été plus convenable d'appréhender ce phénomène du point de vue de l'ensemble des villages du département de Dimbokro et aussi des cadres de cette localité.

281

Dans ce contexte, les études suivantes doivent être menées :

- une étude nationale sur la dynamique des communautés et les rapports sociaux dans le cadre de la décentralisation pour le développement local;

- acceptation et implication des cadres dans le développement de leur localité;

- la promotion de la femme pour le développement local.

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ANNEXES

306

LES GUIDES D'ENTRETIEN

ANNEXE I

307

GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE
AUX AUTORITES ADMINISTRATIVES

308

Groupes cibles: Responsables des structures décentralisées.

I-OBJECTIFS ET REALISATION DES ACTIONS DE DEVELOPPEMENT

1- Quels sont les projets de développement élaborés à l'endroit de la population? 2-Quelles sont les actions de développement que vous avez entrepris?

3-Celles-ci répondent aux attentes de la population?

4-Les populations adhèrent à la réalisation de ces actions de développement? 5-Si oui, comment le savez-vous?

6-Si non, pourquoi?

7-Pensez-vous que ces actions sont suffisantes pour le développement de Dimbokro ? 8-Si non pourquoi et que comptez-vous faire?

II- PARTICIPATION DE LA POPULATION AU DEVELOPPEMENT LOCAL

1- Quelles sont vos stratégies pour faire participer la population à son développement?

2- Faites-vous participer la population aux différentes phases de réalisation des projets de développement, à savoir l'analyse des besoins, la conception et à la planification des projets, leur mise en oeuvre et leur suivi et évaluation?

3- Si oui, de quelle manière la population prend-t-elle part à ces différentes étapes ?

4- Si non, pourquoi?

5- Quelles sont les limites de la participation de la population à ces différentes étapes ?

6- Est-il nécessaire qu'elle participe à toutes ces étapes?

7- Si non, pourquoi?

8- Si oui, que comptez-vous faire pour qu'elle joue son rôle lors de ces étapes?

9- Les différentes actions entreprises ont été faites avec la participation de la population?

10- Si oui, quel rôle a-t-elle joué?

11- Si non, quelles sont les obstacles liés à sa participation?

12- Quelles sont les initiatives de la population pour participer à son développement?

13- Par le moyen de quels canaux de communication donnez-vous des informations concernant le développement local à la population ?

14- Tenez-vous compte des habitudes communicationnelles de la population?

15- Quelles sont les voies de solutions pour une participation optimum de la population de Dimbokro à son développement ?

III-RELATIONS ENTRE LES STRUCTURES DECENTRALISEES ET LA POPULATION

1- Quel genre de relation entretenez-vous avec les autres structures de

développement?

2 -Comment vos rapports se matérialisent lors de la réalisation des projets de

développement?

3- Quel type de rapports avez-vous avec la population locale?

4-Ce type de rapport permet à la population de participer à son développement?

5-Si oui, de quelle manière?

6-Si non, pourquoi?

7- Accordez-vous des responsabilités à la population ?

8-Si oui, lesquelles ?

9-Si non, pourquoi ne lui donnez-vous pas des rôles spécifiques à jouer ?

10-Selon vous, quel genre de rapports doit-il existé entre vous et les différents

groupements de la population?

IV-DIFFICULTES RENCONTREES

1- Rencontrez-vous des difficultés dans l'exercice de votre fonction?

2- Si oui, elles sont de quel ordre?

3- Ces difficultés ont-elles des impacts sur la réalisation de vos activités?

4- Si oui, quelles sont les stratégies que vous adoptez afin de contourner ces difficultés et atteindre vos objectifs?

309

Merci pour votre collaboration.

GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE

AUX PARTENAIRES DE DEVELOPPEMENT

Groupes cibles : ANADER-zone de Dimbokro, Responsables du Centre d'alphabétisation de l~Église catholique saint joseph de Dimbokro.

I-RAPPORT ENTRE STRUCTURES DECENTRALISEES ET PARTENAIRES AU DEVELOPEMENT

1- Quel genre de rapport entretenez-vous avec le conseil général?

2- Qu'apportez-vous dans la matérialisation de vos rapports?

3- Qu'attendez-vous des structures décentralisées?

4- Vos rapports actuels avec les structures décentralisées contribuent véritablement au développement local?

5- Si oui, donnez les raisons.

6- Si non, pourquoi et que comptez-vous faire?

II- PARTICIPATION DE LA POPULATION AU DEVELOPPEMENT LOCAL

1- La population participe-t-elle à son développement?

2- Si oui, quel est son rôle?

3- Comment se perçoit sa participation?

4- Selon vous, quelles sont les stratégies adoptées par les structures décentralisées pour faire participer la population à son développement?

5- Y a-t-il des possibilités de renforcement de la participation de la population à son développement?

6- Si oui, lesquelles?

7- Quelles sont les initiatives de la population pour participer à son développement?

III-APPORT DES PARTENAIRES AU DEVELOPPEMENT

1- Quelle est votre contribution au développement de Dimbokro ?

2- Comment procédez-vous pour aider la population dans son développement?

3- Les populations adhèrent-elles aux opportunités que vous les offrez?

4- Si oui, qu'est-ce qui les motive?

5- Si non, quelles sont les raisons de leur réticente?

6- Que comptez-vous faire pour mieux contribuer au développement de Dimbokro ?

310

Merci pour votre collaboration.

311

GUIDE D'ENTRETIEN DESTINE A LA NOTABILITE

Groupes cibles: La notabilité des villages retenus.

I-CANTONS: 1-Aïtou 2-Sakiaré 3-Languira

II-VILLAGE, précisez

III-CONDITIONS DE REALISATION DES ACTIONS DE DEVELOPPEMENT 1-Quelles sont les structures décentralisées que vous connaissez?

3-Donnez leur rôle.

2-Comment les structures décentralisées procèdent-elles avant la réalisation des projets de développement dans votre localité?

3-Ya-t-il des obstacles culturels empêchant la mise en oeuvre des projets de développement ? 4- Si oui, citez-les.

5-Avez-vous des exigences avant l'acceptation des projets de développement dans votre localité?

6-Si oui, lesquelles et pourquoi?

7-En tant qu'autorité locale, comment faites vous pour exprimer vos besoins de développement?

IV-ROLE ET POLITIQUE LOCALE DE DEVELOPPEMENT

1-Quel rôle joue la chefferie dans le développement de Dimbokro ?

2- Quelles sont les habitudes de développement de la population de Dimbokro ?

3-Avez-vous déjà participé à des réunions convoquées par les autorités des collectivités

territoriales (Maires, Présidents des conseils généraux) ?

4-Si oui, c'était à quelle occasion?

5-Avez-vous eu droit à la parole?

6-Si oui, sur quel sujet avez-vous donné votre avis?

7-Comment la population s'organise-t-elle pour participer à son développement?

8-Quels sont les secteurs d'activités dans lesquels la population s'oriente?

9-La population est-elle représentée lors des prises de décision concernant le développement

10-Si oui, par qui ou quelles structures?

11-Selon vous, ces structures représentent-elles dignement la population locale?

12-Quels sont les canaux de communication utilisés pour vous donnez des informations sur le

développement local?

13-En tant qu'autorité locale, que comptez-vous faire pour accroître la participation la

population à son développement?

V-RAPPORTS ENTRE LES STRUCTURES DECENTRALISEES ET LES CHEFS DE VILLAGES

1-Quel genre de relation entretenez-vous avec les structures décentralisées ?

2-Comment vos rapports se matérialisent lors de la réalisation des projets de développement? 3-Le type de rapports que vous entretenez, vous permet-il d'être des acteurs de votre développement?

4-Si oui, que faites-vous concrètement?

5-Si non, pourquoi et que comptez-vous faire pour changer les choses?

6-En tant que chef de village, quel genre de rapports souhaitez-vous voir avec les structures décentralisées?

4-Que représentent les interactions entre les chefs de villages et les structures décentralisées?

5-Les actions de développement réalisées répondent-elles à vos attentes ?

6-Si oui, donnez les raisons.

7-Si non, pourquoi?

8-Quelle est votre satisfaction concernant les actions de développement réalisées?

9-Pensez-vous que votre localité pourra-t-elle retrouver son essor d'antan?

10-Si oui, quelles sont les stratégies que vous comptez mettre en place?

11-Quelles sont vos propositions pour améliorer ces relations, et aussi votre participation au

développement local?

312

Merci pour votre collaboration.

GUIDE D'ENTRETIEN DESTINE

AUX GROUPEMENTS DE LA POPULATION DU DEPARTEMENT DE DIMBOKRO

313

Groupes cibles : Population de la région du N'ZI (Dimbokro), en particulier les responsables et membres des associations et Mutuelles de développement.

Village/Commune&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& Association ou mutuelle&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..

I- STRATEGIES ET CANAUX DE PARTICIPATION DES ASSOCIATIONSAU DEVELOPPEMENT

1-Par quelles manières contribuez-vous au développement de Dimbokro ?

2-Comment procèdent les responsables des structures décentralisées pour vous faireparticiper

au développement ?

3-Quelles sont les structures qui représentent la population locale lors des prises de décision

concernant le développement?

4-Par quels moyens recevez-vous des informations concernant le développement local ?

5-A quelle occasion donnez-vous votre avis sur le développement?

Si non, pourquoi?

6-Quels sont les canaux de communication par lesquels des informations sur le

développement local vous sont-ils données?

7-De quelles manières participez-vous au développement de votre localité?

8-Que doit faire la population pour mieux participer à son développement?

9-Selon vous, quelle est la stratégie pour faire participer davantage la population à son

développement?

II-APPORT DES ASSOCIATIONS AU DEVELOPPEMENT

1-Quels sont les actions de développement que vous entreprenez ?

2-Ces actions permettent-elles d'améliorer les conditions de vie de vos membres et allant de la

population locale?

3-Si oui, citez quelques exemples.

4-Comment se déroule la réalisation de vos projets de développement?

5-Recevez-vous des soutiens pour la réalisation des projets de développement?

6- Si oui, quel genre de soutien (financier, matériel, technique)?

III-RAPPORTS ENTRE LES STRUCTURES DECENTRALISEES ET LES GROUPEMENTS DE LA POPULATION LOCALE

1-Quel genre de rapports entretenez-vous avec les structures décentralisées ?

2-Comment ces rapports se matérialisent lors de la réalisation des projets de développement? 3-Le type de rapports qui existe entre vous et les structures décentralisées, vous permet-il de participer au développement local?

4-Si oui, de quelle manière?

5-Si non, pourquoi?

6-Quel genre de rapports doit-il exister entre les groupements de la population et les structures décentralisées?

IV-APPRECIATION DES ACTIONS DE DEVELOPPEMENT REALISEES

1- Les actions de développement réalisées répondent-elles à vos attentes?

2-Si oui, donnez les raisons

3-Si non pourquoi?

4-Quelles appréciations pourrez-vous apporter aux actions de développement qui on été

jusque là entreprises?

5- Les actions réalisées ont-elles apporté un changement dans les conditions de vie des populations ?

Si oui, à quel niveau?

6- Quelles sont vos attentes en matière de développement local?

7-Quels sont les besoins de la population au niveau des infrastructures socio-économiques? 8-Selon vous, qu'est ce que les relations de la population avec les structures décentralisées peuvent-elles apporter au développement local?

314

Merci pour votre collaboration

ANNEXE II

LE QUESTIONNAIRE

315

QUESTIONNAIRE DESTINE A LA POPULATION
DU CHEF-LIEU DE LA REGION DU N'ZI

316

Groupes cibles : Population du chef-lieu de la région du N'ZI (Dimbokro).

I-CARACTERISTIQUES SOCIALES DES ENQUETES 1-Sexe

00- Hommes..... 01-Femmes......

2-Ages

1. 15-19 ans......

2. 20-24 ans......

3. 25-29 ans......

4. 30-34 ans......

5. 35-39 ans......

6. 40-44 ans......

7. 45-49 ans......

8. 50-54 ans......

9. 55-59 ans......

10. 60-64 ans......

11. 65 ans et plus

3-Niveau d'instruction

01-Non scolarisé............

02-Primaire..................

03-Secondaire...............

04-Supérieur.................

05-Alphabétisé...............

4-Situation professionnelle

01-Fonctionnaires...

02-Cultivateurs/Planteurs

03-Commerçants.........

04-Eleveurs...............

05-Autre

(Précisez).................................................................................

II-CONNAISSANCES DES POPULATIONS SUR LA DECENTRALISATION ET LE DEVELOPPEMENT LOCAL

1-Selon vous, qu'est ce que la décentralisation?

1. Développement à partir des ressources localement disponibles.................

2. Exercice de compétences transférées de l'Etat à des entités locales dont les responsables sontélus..............................................................

3. Je ne sais pas........................................................................

4. Autre (précisez).....................................................................

2-Quelles sont les structures décentralisées que vous connaissez?

1. La commune.........

2. Le département......

3. La région.............

4. Le District............

5. Je ne sais pas.........

317

3-Quel est le rôle d'une structure décentralisée ?

1. Chercher des financements.............................................

2. Aider et faire participer la population locale à son développement

3. Autre (précisez).........................................................

4- Selon vous, qu'est ce que le développement local?

1. Amélioration des conditions de vie des populations d'un territoire en les dotant d'équipements, de revenus, de services sociaux essentiels et en leur procurant des emplois..........................................................................................

2. Appropriation des projets de développement par les populations locales...............

3. Je ne sais pas....................................................................................

4. Autre (précisez)..............................................................................

III-STRATEGIES ET PARTICIPATION DE LA POPULATION AU DEVELOPPEMENT LOCAL

III-1. STRATEGIES ET CANAUX DE PARTICIPATION

1-Que doivent faire les autorités des structures décentralisées pour que la population puisse effectivement participer au développement local ?

1. Donner régulièrement les informations concernant les actions menées.........

2. Ignorer les populations dans les prises de décisions................................

3. Mettre des représentants de la population dans des comités et les rendre actifs......................................................................................

4. Autres (précisez).....................................................................

2-Selon vous, quelles sont les structures qui doivent représenter la population locale lors des prises de décision concernant le développement?

1. Les associations mutuelles /ou groupements des populations locales............

2. Les chefs de communautés villageoises.............................................

3. Les leaders d'opinions..................................................................

4. Les partis politiques....................................................................

5. Les dirigeants des ONG...............................................................

6. Les responsables des syndicats et fédérations.......................................

7. Autres (précisez)........................................................................

3-Selon vous, par quels moyens la population peuvent-elles avoir des informations et donner leur avis sur la question du développement local ?

1. Une émission radiodiffusée sur la décentralisation et le développement local...

2. L'organisation d'ateliers...............................................................

3. Les échanges lors des sessions publiques.............................................

4. La mise en place d'un numéro vert...................................................

5. La distribution de brochures sur la décentralisation et le développement local...

6. Autres (à précisez)....................................................................... 4-Avez-vous déjà participé à des réunions convoquées par les autorités des structures décentralisées ?

1. Oui

2.

Non 5-Si oui, c'était à quelle occasion?

1. Lors d'un atelier d'information et de formation.....................

2. Lors des sessions publiques.............................................

3. Lors d'une rencontre de restitution des actions de développement

4. Autre (précisez).........................................................

318

6-Si non, pourquoi?

1. L'occasion ne s'est pas encore présentée à moi...........................

2. Le chef du village représente notre communauté........................

3. Un Président de la mutuelle du village représente notre communauté

4. Nous sommes représentés par le responsable de notre association...

5. Autres (précisez)............................................................

7-De quelle manière la population participe-t-elle à son développement?

III-2. PARTICIPATION DE LA POPULATION AU DEVELOPPEMENT LOCAL

1-Vos opinions et attentes sont-elles prises en compte dans l'analyse des besoins par structures décentralisées ?

1. Oui.......

2. Non......

2-Si oui, comment procédez-vous pour que celles-ci soient prises en compte?

1. Par l'intermédiaire de nos leaders.........................

2. Par l'intermédiaire de nos associations/mutuelles......

3. Je ne sais pas................................................

4. Autre, précisez.............................................

3-Si non, pourquoi vos opinions et attentes ne sont-elles pas prises en compte?

1. Manque d'entente............................................

2. Volonté de l'autorité de tout imposer.....................

3. Je ne sais pas...................................................

4. Autre (pécisez).................................................................. 4- Qu'est ce qui limite votre participation à l'analyse de vos besoins?

1. Analphabétisme............................

2. Mésentente..................................

3. Querelles politiques........................

4. Manque de mécanisme d'expression......

5. Je ne sais pas.................................

6. Autre (précisez)...................................................................................... 5-Participez-vous à la conception et à la planification des projets de développement?

1. Oui......

2. Non.....

6-Si oui, comment procédez-vous?

1. Par l'intermédiaire de nos leaders..................

2. Par l'intermédiaire de nos associations/mutuelles

3. Je ne sais pas..........................................

4. Autre, (précisez).......................................

7-Si non, pourquoi ne prenez-vous pas part à la conception et à la planification des projets de développement?

1. Manque de compétences adéquates...............

2. Volonté de l'autorité de tout imposer............

3. Je ne sais pas........................................

4. Autre (précisez)..............................................................................

319

8-Qu'est ce qui limite votre participation dans la conception et la planification des projets de développement?

1. Analphabétisme..........................................

2. Mésentente................................................

3. Querelles politiques.......................................

4. Manque de mécanisme d'expression...................

5. Je ne sais pas.............................................

6. Autre (précisez)......................................................................................

9- Participez-vous à la mise en oeuvre des projets de développement?

1. Oui.......

2. Non......

10-Si oui, comment procédez-vous?

1. Par l'intermédiaire de nos leaders...........................

2. Par l'intermédiaire de nos associations/mutuelles.........

3. Autre, (précisez)....................................................................................... 11-Si non, pourquoi ne prenez-vous pas part à la mise en oeuvre des projets de développement?

1. Manque d'entente.............................................

2. Manque de compétences adéquates........................

3. Notre incapacité supposée d'accomplir de tette tâche...

4. Je ne sais pas...................................................

5. Autre (précisez).................................................................................... 12-Qu'est ce qui limite votre participation à la mise en oeuvre des projets de développement?

1.

Analphabétisme..........................

2. Mésentente................................

3. Querelles politiques......................

4. Manque de mécanisme d'expression...

5. Je ne sais pas..............................

6. Autre (précisez)...........................

13- Participez-vous au suivi et évaluation des projets de développement?

1. Oui.......

2. Non......

10-Si oui, comment procédez-vous?

1. Par l'intermédiaire de nos leaders...........................

2. Par l'intermédiaire de nos associations/mutuelles.........

3. Autre, (précisez)....................................................................................... 11-Si non, pourquoi ne prenez-vous pas part au suivi et évaluation des projets de développement?

1. Manque de compétences adéquates........................

2. Notre incapacité supposée d'accomplir de tette tâche...

3. Je ne sais pas...................................................

4. Autre (précisez)....................................................................................

12-Qu'est ce qui limite votre participation au suivi et évaluation des projets de développement?

1. Analphabétisme

2. Mésentente

3. Manque de mécanisme d'expression

4. Manque de formation pour répondre à l'attente

5. Je ne sais pas

6. Autre (précisez)......................................................................................

13- Avez-vous déjà participé à la réalisation d'un projet de développement du début jusqu'à la fin, c'est-à-dire de l'analyse des besoins jusqu'à la mise en oeuvre et au suivi et évaluation des actions de développement en passant par leur conception et planification?

1.

Oui

2. Non

14-Si oui, quelles sont ces actions?

1.

Construction d'une école

2. Reprofilage des routes villageoises

3. Construction d'un centre de santé

4. Aucune

5. Autres (précisez)
15-Si non, pourquoi?

1. La population définit seulement ses priorités

2. Le suivi et évaluation est rarement confié aux populations locales

3. Autre (précisez)

4. Je ne sais pas

320

16-Comment faire pour faire participer davantage les populations à leur développement?

1. Compter sur les capacités des populations locales....................................

2. Faire de la formation pour accroître les possibilités des populations locales.......

3. Autre (précisez)...........................................................................

4. Je ne sais pas...............................................................................

17- Quels sont les canaux de communication utilisés pour vous donnez des informations sur le développement local?

1. Communication de proximité......................................................

2. Radio communautaire...............................................................

3. Par le biais des représentants de la population....................................

4. Autre (précisez).....................................................................

IV-RELATIONS ENTRE LES STRUCTURES DECENTRALISEES

ET LES POPULATIONS

1. Quel genre de relation entretenez-vous avec les structures décentralisées?

1- Consultation...........................................................................

2- Collaboration.........................................................................

3- Autres (précisez) ...............................................................
2 - Comment vos rapports se matérialisent lors de la réalisation des

projets de développement?

1- Par des séances de travail pour définir les priorités............................... 2-Par des informations sur les projets à réaliser..................................... 3-Par les apports financiers, matériels et humains.................................. 4-Autres (précisez).....................................................................

321

3-Le type de rapports que vous entretenez, vous permet-il d'être des acteurs de votre développement?

1- Oui....................................................................................

2- Non....................................................................................

4-Si oui, de quelle manière?

5-Si non, pourquoi?

6-Chaque entité joue-t-elle convenablement son rôle en rapport à vos relations?

1-Oui....................................................................................

2-Non....................................................................................

 

7-Si oui, donnez les raisons ?

8-Si non, pourquoi?

9-Quel genre de rapports souhaitez-vous avoir entre vous et les structures décentralisées? 1-Consultation... 2-Collaboration... 3-Concurrence... 4-Autre (précisez)

V-REPRESENTATION DES RAPPORTS DE LA POPULATION AUX STRUCTURES DECENTRALISEES ET AUX PROJETS REALISES

1-Est-il important d'avoir des rapports de travail avec les structures décentralisées?

1-Oui....................................................................................

2-Non.................................................................................... 2-Si oui, donnez les raisons

3-Si non, pourquoi?

322

4-Que doivent servir les rapports que vous avez avec les structures décentralisées?

1-De participer au développement&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& 2-De se mettre en concurrence&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& 3-Rien du tout&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& 4-Autres (précisez)&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

5-La réalisation des projets de développement est-elle utile pour vous?

1-Oui&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.

2-Non&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.

6-Si oui, donnez les raisons

7-Si non pourquoi?

8-La manière de conduire les projets de développement est-elle à votre convenance?

1-Oui&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.

2-Non&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

9-Si oui, donnez les raisons.

10-Si non, que doit-on faire?

11-Concrètement, qu'est-ce que les projets réalisés vous apportent?

1-Amélioration des conditions de vie&&&&&&&&&&&&& 2-Se prendre en charge&&&&&&&&&&&&&&&&&& 3-Rien du tout&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& 4-Autres (précisez)&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

VI-ENJEUX DES INTERACTIONS ENTRE LES STRUCTURES DECENTRALISEES ET LA POPULATION

1-Que revêtent les interactions entre vous et les structures décentralisées?

1-Définir un cadre d'échange pour le développement&&&&&&&&&&&&& 2-Etre des partenaires au développement&&&&&&&&&&&&&&&&&... 3-Atteindre la participation de tous au développement local&&&&&&&&&&&. 3-Permettre l'autonomie financière des populations&&&&&&&&&&&&&& 4-Autres (précisez)&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..

2-Selon vous, qu'est ce que vos relations avec les structures décentralisées peuvent-elles apporter au développement local?

3-Quelles sont vos attentes dans le domaine du développement local?

4-Quelles sont vos propositions pour améliorer votre participation au développement local?

323

Merci pour votre collaboration

NOUVEAU DECOUPAGE

ADMINISTRATIF DE LA

COTE D'IVOIRE

ANNEXE III:

324

325

La Côte d'Ivoire compte actuellement :

· 02 Districts autonomes (Abidjan, Yamoussoukro)

· 12 Districts

· 31 Régions

· 107 Départements

· 197 Communes

· 510 Sous-préfectures

Montagnes Man

Cavally Guiglo

Guemon Duékoué

San Pedro San Pedro

Gbokle Sassandra

Bas-Sassandra San Pedro

Districts Chefs lieux Districts Régions Chef-lieu Région

Lacs (Côte d'Ivoire) Dimbokro

Bélier Toumodi

Iffou Daoukro

N'Zi Dimbokro

Comoé Abengourou

Indénié-Djuablin Abengourou

Sud-Comoé Aboisso

Moronou Bongouanou

Région des Lagunes Dabou

Goh-Djiboua Gagnoa

Denguélé Odienné

Tiassa-Agnégy Agboville

Massan Adzopé

Grands Ponts Dabou

Goh Gagnoa

Loh-Djiboua Divo

Folon Minignan

Kabadougou Odienné

Tonkpi Man

Sassandra-Marahoué Daloa

Haut Sassandra Daloa

Marahoué Bouaflé

Région des Savanes (Côte d'ivoire)

Korhogo

Poro Korhogo

Tchologo Ferkessédougou

Bagoué Boundiali

Nawa Soubré

Vallée du Bandama Bouaké

Hambol Katiola

Gbèkè Bouaké

Woroba Séguéla

Béré Mankono

Bafing Touba

Worodougou Séguéla

Bounkani Bouna

Zanzan Bondoukou

Gontougo Bondoukou

Source : www.gouv.ci : Portail Officiel du gouvernement de la Côte d'Ivoire, consulté le 28 Décembre 2013.

APERÇU DE QUELQUES

REALISATIONS DU CONSEIL

GENERAL DE DIMBOKRO

ANNEXE IV :

326

327

Annexe IV.1-Les actions en chiffres

RiEtion du N'Z] Cornue République de Côte d'ivoire

V

aruo- Disc ipl iu e-Trav:ii

Conseil Général dc Dimbt kro

Direction u Diveloppezueo t tiu,,,ain

Tel : 30-62-47-30d 47-50 BP 1002

ACTIONS DE DE VEL OPPE: ENT DU DEPAR TEMENT

AU TITRE DE L'14NNEE 2009

 

Libelléa

Montants en F CFA

Aides scolaires accordées aux familles démunies

(100 familles)

2 000 000

Subvention a I`é.uipe locale dénommée N'ZI FOOT

2 000 000

Tournoi de Football du département regroupant 50 équipes des villages ! Cross populaire

2 000 000

Veillée oecuménique initiée par le Conseil en collaboration avec les communautés religieuses

2 000 000

Appui aux groupes artistiques AWALEZi.et.SEICEDi de l'Da akro'Vacances- culture)

1 500 000

Contribution a l'organisation de l'opération du village le plus

· ro ire du Dé F artement

500 000

 

. . .ui A la Radio la Voix du N12.1

400 000

Aide au titre des activités culturelles (arbre de Noel ; fête des Meres, fête du travail)

2 000 000

Aide aux associations féminines et mouvements de jeunesse (Jeunesse artisanale, croix rouge, Scoutz, les femmes de Alofou, les sieurs unies de Belleville, TABITHA Association I-ehoukahoua des femmes d'Ahouniu -

t 800 000

Contribution it ro I artisation du tour cliste de 'EST 300 000

Subvention a la mutuelle du . - rsonnel du Conseil Général t 000 000

Aide a l'Amicale des Anciens des Lycées et Collèges de 150 000 __I

Dimbokro Etudiant â Yamoussoukro

A .ui a la coo
·
· rative centrale de vivrier de Dimbokro 500 000 1

Aide aux ind i: ents 500 000

Aide sociale (Création de projet) _ 700 000

Aide aux handicas -_ 500 000

Appui au centre d'alphabétisation des Soeurs de la Charité de 00 000 -

Sainte Anne

TOTAL - I S 350 0110

Fait a Dimb-okro, le 20 Mai 2008

Directeur du Développeuicut Humain WOUESSAN Manin

328

500 000

Activités culturelles (arbre de Noel, fête des ères, f tc du travai l )

Libellés

Aides scolaires accordées aux families démunies (prise en charge scolaire)

Subvention â l'équipe locale dénommée NIZI FOOT

Montants en F CFA

500 000

Region âu N' I Coinoé République dc ôtL' w'hi irc

Union-Discipliue-Tra ail

Direction u Développement Humain Tel : 30-62-47-30 47-50

BP 1002

ACTIONS DE DEVELOPPEMENr DU DEPA T ?l'lENT AV TITRE DE L A NE 010

Appui l'organisation du tour cycliste de I'EST 200 000

Autres activités sportives 300 000

TOTAL =2 900000

Fait â Dirbokro le 13 Novembre 200

Directeur u l ireloppenient Humain

Conseil Général de Dirbokro

Aides aux indigents, personnes handicapées, personnes âgées

500 000

800 000

329

Annexe IV.2-Les actions en images

Annexe IV.2.1-Les infrastructures éducatives

ANGOUAKOUKRO

Logement de maître réalisé par le Conseil Général de Dimbokro en 2007.
Convention n° : 2007 006 / CG-DIMB. / DSTMG

Bâtiment d'école primaire de trois classes réalisé par le Conseil Général de Dimbokro en 2005.
Convention n° : 2005 07 004 / CG-DIMB. / DSTMG

AGNERE KOFFIKRO

Premier logement de maître réalisé par le
Conseil Général de Dimbokro en 2008.
Marché n° 2008 02 80 26

Deuxième logement de maître réalisé par le
Conseil Général de Dimbokro en 2008.
Marché n° 2008 02 80 26

330

WAWRENOU

Logement de 4 pièces pour maître réalisé par le Conseil Général
de Dimbokro en 2005.

Convention n° : 2005 09 009 / CG-DIMB /DSTMG

Bâtiment d'école primaire de 3 classes avec bureau et magasin réalisé
par le Conseil Général de Dimbokro en 2008.

Marché n° 2008 02 80 28

331

KOGUINA

Bâtiment d'école primaire de 3 classes avec bureau et magasin réalisé par le Conseil
Général de Dimbokro en 2006.
Convention n° : 2006 013 / CG-DIME. / DSTMG
Observations :
rien à signaler

332

Annexe IV.2.2-Les infrastructures sanitaires

BOCABO

Panneaux solaires

Centre de santé intégré de type II réalisé par le Conseil Général de Dimbokro depuis en 2004.
Marché n° 2004 12 007 / CG-DIMB / DSTMG
Observations
: L'eau de ruissellement s'attaque à la fondation du bâtiment.
Ce centre de santé a été équipé d'un système d'électrification par énergie solaire.
(Convention n° 2010 08 /CG-DIMB. / DSTMG)
Envisager de petits travaux de réparation de fondation pour stopper l'érosion.

Logement pour infirmier réalisé par
le Conseil Général de Dimbokro en 2004.
Marché n°2004 12 004 / CG-DIMB. / DSTMG
Observations
: Le logement pour infirmier a été équipé d'un
système d'électrification par énergie solaire. Rien à signaler

333

LANGBA

Centre de santé intégré de type II réalisé par le Conseil Général de
Dimbokro en 2006.
Convention n° : 2006 016 /CG-DIMB. / DSTMG
Observations :
rien à signaler.

334

Annexe IV.2.3-Les infrastructures routières et électrification

AXES DJANGOKRO - N'DAYAKRO - DJANGOKRO - BANGOKRO

Travaux de reprofilage réalisés par le Conseil Général de Dimbokro
sur les axes Djangokro-Bangokro-Koudianikro et Djangokro-N'Dayakro.
Marché n° : 2010-0-2-0471/04-15
Observations :
envisager un reprofilage léger

VUE DE L'INSTALLATION ELECTRIQUE DE KANGRASSOU ALLUIBO

Annexe IV.2.4- Les actions socio-économiques

BROYEUSE DE KOMIKRO

Abri pour une broyeuse réalisé par le Conseil Général de Dimbokro en 2009.
Observations: Cette broyeuse est en panne depuis 2012.

TANGOUMANSOU

Soutien du Conseil Général de Dimbokro aux jeunes de Tangoumansou à la culture du riz

335

ANNEXE V :

VUE DE LA RADIO LA VOIX

DU N'ZI DE DIMBOKRO

336

337

LA RADIO « LA VOIX DU N'ZI » DE DIMBOKRO

Localité : Dimbokro, région du N'Zi Fréquence : 89.8 FM

Nom du responsable : Mairie de Dimbokro

Date de création : 25 Septembre 1999

y' QUELQUES PROGRAMMES D'EMISSION

Mercredi: 11h -12h: Emission: Le monde agricole, en français

Jeudi: 10h 30 - 11h: Emission: Insertion professionnelle 11h -12h: Emission: La santé au quotidien

Vendredi: 10h - 11h : Emission: La vie des communautés 11h -12h : Emission: Espace Education y' IMAGES DE LA RADIO

338

EXTRAITS DE FRATERNITE

MATIN SUR DIMBOKRO

ANNEXE VI :

339

340

Annexe VI.1-Déficit pluviométrique et ses effets sur la production agricole

341

Annexe VI.2-Reconstitution de l'économie par la culture de l'anacarde

Annexe VI.3-Reconversion professionnelle d'un fils du département de

Dimbokro

343

Annexe VI.4-Interview du Président du Conseil Général de Dimbokro

344

TABLE DES MATIERES

Pages

SOMMAIRE Erreur ! Signet non défini.

DEDICACE 3

REMERCIEMENTS 4

ACRONYMES ET ABREVIATIONS 7

LISTE DES TABLEAUX 9

LISTE DES CARTES 11

LISTE DES PHOTOS 12

INTRODUCTION 13

Première partie : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE 17

Chapitre I-CADRE THEORIQUE 18

I.1- Construction de l'objet d'étude 18

I.1.1- Justification et intérêt du thème 18

I.1.2-Approche conceptuelle 20

I.1.2.1-Développement local participatif 20

I.1.2.2-Décentralisation 21

I.1.3-Revue critique de la littérature 22

I.1.3.1-Intégration des groupes cibles au développement 22

I.1.3.2-Affirmation des groupes concernés 24

I.1.3.3-Renforcement du développement local 27

I.1.4-Problématique 32

I.1.5-Objectifs de l'étude 44

I.1.5.1-Objectif général 44

I.1.5.2-Objectifs spécifiques 44

I.1.6-Thèse de l'étude 44

I.1.7- Hypothèses de recherche 45

I.1.7.1- Hypothèse conceptuelle 45

I.1.7.2-Hypothèses opérationnelles 45

I.2- Modèle d'analyse 46

I.2.1- Définition des concepts clés 46

I.2.1.1- Développement local 46

I.2.1.2- Rapports sociaux 49

I.2.1.3- Participation 50

I.3-Cadre opératoire et référence théorique 56

I.3.1-Cadre opératoire 56

I.3.2-Référence théorique 60

I.3.2.1-Théorie du changement social 60

I.3.2.2- Théorie de la décentralisation 65

I.3.2.3-Théorie du développement local participatif 70

Chapitre II-CADRE METHODOLOGIQUE 78

II.1-Méthodes d'analyse des données 78

II.1.1- Méthode dialectique 78

II.1.2- Méthode stratégique 80

II.2- Délimitation du champ de l'étude 83

II.2.1-Champ social 83

II.2.2-Champ géographique 86

II.3-Techniques d'investigation 86

II.3.1- La documentation 87

II.3.2-L'enquête exploratoire 87

II.3.3-L'entretien 88

II.3.4-Le focus group ou l'entretien collectif 89

II.3.5-Le questionnaire 90

II.4-Echantillonnage 92

II.4.1-Identification des groupes stratégiques 92

II.4.2. Population 93

II.4.3. Type d'échantillonnage 93

II.4.4-Récapitulatif de l'échantillon 96

II.4.4.1- Au niveau de la population locale 96

Tableau n°6 : Répartition de l'échantillon de la population locale 97

II.4.4.2-Au niveau des structures décentralisées et des 99

partenaires au développement 99

II.5- Dépouillement 100

II.6- Difficultés rencontrées 101

345

Conclusion partielle 102

346

Deuxième partie : PRESENTATION DU TERRAIN ET DE L'OBJET

D'INVESTIGATION 103

Chapitre III : TERRAIN D'INVESTIGATION : le département de Dimbokro 109

III.1-PRESENTATION 109

III.1.1- Aspect historique 109

III.1.2- Hydrographie 110

III.1.3- Géographie physique et humaine 110

III.1.3.1- Géographie physique 110

III.1.3.2- Géographie humaine 111

III.1.3.2.1-Les cantons 111

III.1.3.2.2-Les tribus 111

III.1.4- Données économiques 112

III.1.4.1- Secteur primaire 112

III.1.4.1.1- Cultures d'exportation 113

III.1.4.1.2- Cultures vivrières 114

III.1.4.2- Secteur secondaire 114

III.1.4.3-Secteur tertiaire 115

III.2- Etat des lieux des infrastructures socio-économiques et culturelles 115

III.2.1-Au plan culturel et sportif 115

III.2.2- Au plan éducatif 115

III.2.3- Au plan sanitaire 116

III.2.4- Au plan sécuritaire 118

III.2.5- Réseau routier et ferroviaire 118

III.2.6- Electrification et adduction en eau potable 118

Chapitre IV : OBJET D'INVESTIGATION : Conseil Général de Dimbokro 120

IV.1- INSTITUTION DES CONSEILS GENERAUX EN COTE D'IVOIRE 120

IV.1.1- Historique de la décentralisation 120

IV.1.2-Organisation et fonctionnement des collectivités territoriales 122

IV.2- DIRECTION GENERALE DE LA DECENTRALISATION ET

DU DEVELOPPEMENT LOCAL (DGDDL) 124

IV.2.1-Mission 124

IV.2.2-Organisation 125

IV.2.3-Attributions des directions 125

347

IV.2.3.1-Direction de la tutelle administrative 125

IV.2.3.2-Direction de la tutelle économique et financière 126

IV.2.3.3- Direction du personnel des collectivités territoriales 126

IV.2.3.4- Direction de la coopération décentralisée 127

IV.2.3.5- Direction de la coordination des projets et programmes d'appui 127

IV.2.3.6- Direction du développement local 128

IV.3- CADRE INSTITUTIONNEL ET FONCTIONNEMENT DU

CONSEIL GENERAL DE DIMBOKRO 129

IV.3.1- Organes du Conseil Général de Dimbokro 129

IV.3.1.1- Attributions et fonctionnement des différents organes 129

IV.3.1.1.1-Organe délibérant : le Conseil 129

IV.3.1.1.2- Bureau du Conseil 131

IV.3.1.1.3- Organe exécutif: le Président 132

IV.3.1.1.4- Organe consultatif: le Comité Economique et Social 132

IV.3.2-Services du Conseil Général de Dimbokro 133

IV.3.2.1-Secrétariat Général 133

IV.3.2.2- Direction des Services Financiers et Comptables 134

IV.3.2.3-Direction des Services Techniques 135

et des Moyens Généraux 135

IV.3.2.4-Direction du Développement Humain 135

IV.3.2.5-Paierie départementale 136

IV.3.2.6-Cabinet du Président 138

IV.4-ELABORATION ET EXECUTION DU BUDGET DU CONSEIL

GENERAL DE DIMBOKRO 139

IV.4.1- Budget 139

IV.4.2-Etapes d'élaboration du budget 140

IV.4.2.1-Budget de fonctionnement 140

IV.4.2.2-Budget d'investissement 142

IV.4.2.3-Budget modificatif 144

IV.4.3- Exécution du budget en recettes et en dépenses 144

IV.4.3.1-Recouvrement des recettes 145

IV.4.3.2-Exécution des dépenses 145

IV.4.3.2.1- Phase d'engagement des dépenses 146

IV.4.3.2.1.1-Critères d'engagement des dépenses 147

IV. 4.3.2.1.2- Procédure d'engagement des dépenses 147

IV.4.3.2.1.3-Liquidation des dépenses 148

IV.4.3.2.2-Phase d'ordonnancement des dépenses 149

348

IV.4.3.2.3-Phase de paiement des dépenses 149

IV.4.3.2.3.1-Prise en charge 150

IV.4.3.2.3.2-Paiement 151

IV.4.3.2.4- Motifs de rejet d'une dépense par le payeur 153

IV.5-OBJECTIFS DU CONSEIL GENERAL DE DIMBOKRO 154

Conclusion partielle 156

Troisième partie : ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNEES 158

Chapitre V : PROFIL SOCIOLOGIQUE DES ENQUETES ET

CONNAISSANCES DIVERSES 159

V.1- PROFIL SOCIOLOGIQUE DES ENQUETES 159

V.1.1- Sexe et âge 159

V.1.2- Niveau d'instruction 161

V.1.3- Occupation professionnelle 163

V.2-CONNAISSANCES DIVERSES 165

V.2.1- Connaissance du développement local 165

V.2.2- Rôle d'une structure décentralisée 167

Chapitre VI : POLITIQUE ET MATERIALISATION DES PROJETS

DE DEVELOPPEMENT 170

VI.1- POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT 170

VI.1.1-Initiation à l'autonomie financière 170

VI.1.1.1-Formation professionnelle 170

VI.1.1.2-Création de micro-projets 171

VI.1.2-Collaboration avec des structures de développement 173

VI.1.3-Partenariat 178

VI.2-MATERIALISATION DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT 178

VI.2.1- Au niveau du fonctionnement du Conseil Général 178

VI. 2.2-Infrastructures routières 180

VI.2.3- An niveau de la santé 181

VI.2.4-Au niveau de l'éducation 182

VI.2.5- Au niveau de l'électrification et de l'adduction en eau potable 184

VI.2.6- Au niveau de l'agriculture et du commerce 184

VI.2.7- Au niveau de la sécurité 186

VI.3- PERCEPTION ET ATTENTES DE LA POPULATION 188

VI.3.1- Appréciation des actions de développement 188

VI.3.2- Attentes de la population 190

VI.3.2.1-Au niveau socio-économique et éducatif 190

VI.3.2.2-Au niveau sanitaire 196

Chapitre VII: PARTICIPATION DE LA POPULATION DE DIMBOKRO

AU DEVELOPPEMENT LOCAL 202

VII.1-MECANISMES DE PARTICIPATION 202

VII.1.1-Politique locale de participation au développement 202

VII.1.2-Participation aux prises de décisions 204

VII.1.3- Usage de la communication 214

VII.2-RAPPORTS STRUCTURE DECENTRALISEE- 224

POPULATION 224

VII.2.1-Etat des rapports existant 224

VII.2.2-De la consultation au partenariat 226

Chapitre VIII : OBSTACLES A LA PARTICIPATION AU DEVELOPPEMENT.231

VIII.1-Obstacles externes 231

VIII.1.1-Effets des troubles 231

VIII.1.2-Baisse de la pluviométrie 233

VIII.1.3-Etat des routes 234

VIII.2-Obstacles internes 235

VIII.2.1- Absence de cadre d'expression 236

VIII.2.2-Analphabétisme 238

VIII.2.3-Manque de compétences adéquates 239

349

Conclusion partielle 240

350

Chapitre IX : STRATEGIES ET PERSPECTIVES POUR L'AMELIORATION DU

DEVELOPPEMENT LOCAL 242

IX.1-RENFORCEMENT DE LA PARTICIPATION DE LA 242

POPULATION AU DEVELOPPEMENT 242

IX.1.1-Accentuation de l'entretien des routes 242

IX.1.2-Développement de la communication 243

IX.1.3- Formation 244

IX.1.3.1-Appui aux conditions d'étude des élèves de Dimbokro 247

IX.1.3.2-Elargissement de l'alphabétisation fonctionnelle 248

IX.1.4- Promotion de la femme 251

IX.2- PARTENARIAT ET DEVELOPPEMENT LOCAL 255

IX.2.1-Au plan local et/ou national 256

IX.2.2-Au plan international 262

IX.3-MODALITES D'AMELIORATION DE LA DECENTRALISATION 265

IX.3.1-Instauration de débats nationaux sur l'administration locale 265

IX.3.2-Réalisation effective du transfert de compétences et

les mesures d'accompagnement 266

IX.3.3-Amélioration de l'autonomie financière des collectivités territoriales 267

IX.3.4-Information et participation au développement 269

IX.3.5-Formation des élus locaux et institutionnalisation

d'une fonction publique territoriale 273

Conclusion partielle 274

CONCLUSION 275

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE 282

WEBOGRAPHIE 305

ANNEXES 306

Annexe I : LES GUIDES D'ENTRETIEN 307

Annexe II : LE QUESTIONNAIRE 315

Annexe III:NOUVEAU DECOUPAGE ADMINISTRATIF DE LA COTE D'IVOIRE 324

ANNEXE IV : APERÇU DE QUELQUES REALISATIONS DU CONSEIL 326

GENERAL DE DIMBOKRO 326

Annexe IV.1-Les actions en chiffres 327

Annexe IV.2-Les actions en images 329

Annexe IV.2.1-Les infrastructures éducatives 329

Annexe IV.2.2-Les infrastructures sanitaires 332

Annexe IV.2.3-Les infrastructures routières et électrification 334

Annexe IV.2.4- Les actions socio-économiques 335

ANNEXE V : VUE DE LA RADIO LA VOIX DU N'ZI DE DIMBOKRO 336

ANNEXE VI : EXTRAITS DE FRATERNITE MATIN SUR DIMBOKRO 339

Annexe VI.1-Déficit pluviométrique et ses effets sur la production agricole 340

Annexe VI.2-Reconstitution de l'économie par la culture de l'anacarde 341

Annexe VI.3-Reconversion professionnelle d'un fils du département de Dimbokro 342

Annexe VI.4-Interview du Président du Conseil Général de Dimbokro 343

351

TABLE DES MATIERES 344

352

RESUME:

Perçue en règle générale comme un système de dévolution du pouvoir par le centre (l'Etat) vers la périphérie (les collectivités et leur territoire), la décentralisation fait la promotion du développement local.

Débuté par le premier axe qu'est la communalisation en 1980, la décentralisation ivoirienne connaitra entre autres, le Conseil Général à partir des élections de Juillet 2002 et dès 2003, celui de Dimbokro est devenu opérationnel. Jadis, faisant partie de " la boucle du cacao ", et donc un maillon essentiel de la croissance et du développement économique de la Côte d'Ivoire, le département de Dimbokro a perdu cette place au détriment d'autres localités comme Soubré et Fresco. L'institutionnalisation des Conseils Généraux mettant l'accent sur la participation locale devrait permettre au département de Dimbokro d'amorcer son redémarrage économique.

Dans notre étude, nous avons utilisé l'approche qualitative dans sa version phénoménologique en s'appuyant sur des entretiens individuels et des focus groups, et un questionnaire pour le volet quantitatif.

Ainsi, dans l'objectif de déterminer les mécanismes de construction des rapports sociaux autour de la participation de la population de Dimbokro au développement local, la méthode dialectique et l'analyse stratégique ont permis d'atteindre un certain nombre de résultats.

Les résultats auxquels nous avons abouti montrent que la consultation est la configuration majeure de la participation de la population de Dimbokro à son développement.

L'étude a aussi mentionné que le manque de cadre d'expression dû à l'influence politique, le manque de compétences adéquates et l'analphabétisme d'une frange de la population constituent des obstacles à la participation de la population de Dimbokro à son développement.

Néanmoins, le regroupement de la population et la communication sont des mécanismes de participation capables d'oeuvrer à l'atteinte des objectifs de développement de Dimbokro.

Dans le but donc d'assurer une citoyenneté locale active et constructive, il apparaît nécessaire, de favoriser l'appropriation du concept de décentralisation par les populations, à travers la compréhension de ses enjeux et ses perspectives.

Mots clés : Décentralisation, développement local, participation, communication.

ABSTRACT:

The decentralization makes the local development promotion. It is perceived as the system of devoutness at central power (the state) to the periphery (the communities and their territory).

The decentralization in Côte d'Ivoire began by the first implement that was the township in 1980 then followed by the county council from July, 2002 elections. Since 2003, the General Council of Dimbokro became operational.

Dimbokro was formerly, part of the «cocoa buckle» and was an essential link at the growth and the economic development of the Côte d'Ivoire. Dimbokro department had lost this place to the detriment of others localities such as Soubré and Fresco. The institutionalization of the General councils stressed on the local participation should enable the department of Dimbokro to begin its economic recovery.

In this research we used the qualitative approach in its phenomenological version based on individuals' interviews and focus groups, and a questionnaire for the quantitative section.

Thus, in the objective to determine the mechanisms of the relationship construction about the participation of the population of Dimbokro to the local development, the dialectical method and the analysis strategy have enabled to reach results.

The results shown that the consultation is the principal configuration at the participation of the population of Dimbokro on its development. The research mentioned also that the lack of expression frame owing the political influence, the frame of the competences appropriates and the illiteracy of one fringe of the population constitute some obstacles to the participation of Dimbokro's population to its development.

Nevertheless, the grouping together of the population and the communication constitute some mechanisms of participation able to strive Dimbokro objectives' development.

With a view to assure an active and constructive local citizenship, it is necessary to favour the appropriation of the decentralization notion by the populations, through the understanding to its stakes and its prospects.

Key words: Decentralization, local development, participation, communication.







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