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à‰tude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne: secteur Malouma-Ekata.

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par Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA
Ecole Nationale des Eaux et Forêts du Gabon - Ingenieur des Techniques des Eaux et Forets  2005
  

Disponible en mode multipage

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ECOLE NATIONALE DES EAUX ET FORETS

*******************

DIRECTION DES ETUDES

*******************

 

DEPARTEMENT DE LA FAUNE ET DES AIRES PROTEGEES

ETUDE DE LA CHASSE VILLAGEOISE DANS LE MASSIF FORESTIER DE MWAGNE : SECTEUR MALOUMA-EKATA

Pour l'obtention du Diplôme d'Ingénieur des Techniques des Eaux et

Forêts

Rédigé et soutenu par :

LIBESHY MOUNDENDA Alyas Aimé,

Etudiant en 3e Année d'Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts.

Sous la direction de :

M. David Allogo Obague,

Chef du Département Faune et Aménagement des Aires Protégées à l'ENEF.

 

ENEF, juin 2005.

 

M. Pauwel De Wachter,

Conseiller Technique Principal du Projet Minkébé, WWF Gabon ;

M. Jean Paulin Edou Edzang,

Conservateur du Parc National de Mwagné.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 2

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Table des matières

Résumé 6

Epigraphe 7

Dédicaces 8

Remerciements 9

Introduction 10

I. contexte et problématique 11

II. Présentation du cadre d'étude : Le Projet DFC/WWF-Minkébé 13

II.1. But 13

II.2. Bailleurs de fonds 14

III. Méthodologie 16

III.1. Entretiens préliminaires 16

III.2. Récolte des données 16

III.2.1. Enquêtes directes 16

III.2.2. Enquêtes indirectes 16

III.3. Les moyens mis en oeuvre 16

III.3.1. Les moyens humains. 16

III.3.2. Les moyens matériels. 17

III.4. Les difficultés rencontrées. 17

IV. Présentation du milieu d'étude 18

IV.1. Situation géographique 18

IV.2. Hydrographie 18

IV.3. Climat. 18

IV.4. La végétation 19

IV.5. La faune 19

IV.6. Présentation du parc national de Mwagne 19

IV.7. Présentation des villages Ekata et Malouma 19

IV.7.1. Malouma 19

IV.7.2. Ekata 20

IV.8. Les activités économiques 20

IV.8.1. Le commerce 20

III.8.2. L'agriculture 21

III.8.3. La pêche 21

V. Analyse de la chasse dans le secteur Malouma-Ekata 23

V.1. extension spatiale de la chasse 23

V.1.1. Malouma 23

V.1.2. Ekata 23

V.1.3. Les campements de chasse 23

Malouma 24

V.2. Signes de présence animale 25

V.2.1. Eléphant (Loxodonta africana). 25

V.2.2. Les grands singes. 25

V.3. La filière de la chasse villageoise 26

V.3.1. Les Chasseurs 26

Secteur 26

V.3.2. Les moyens de chasse utilisés 27

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 3

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

V.3.3. Les types de chasse 29

V.3.4. Le portage 30

V.3.5. Le prélèvement 30

Artiodactyle 30

Carnivore 30

V.3.6. La vente 32

V.4. Conflit Homme/animal 34

Recommandations. 35

Conclusion 36

Références 37

Bibliographie 37

Sites Internet. 38

Sources orales. 38

Annexes 39

Annexe1 : Les animaux intégralement et partiellement protégés au Gabon 39

Annexe 2 : Photographies de quelques animaux. 40

Annexe 3 : Photographie d'une carabine 458 et d'un calibre 12. 41

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 4

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 

Liste des Tableaux

 

Tableau1 : Répartition de la population par nationalité

.20

Tableau 2 : Prix de quelques produits commercialisés

..20

Tableau 3 : Prix des produits agricoles

...21

Tableau 4 : Campements du secteur Malouma-Ekata

24

Tableau 5 : Indices de présence d'éléphants

...25

Tableau 6 : Indices de présence de gorilles

26

Tableau 7 : Indices de présence de Chimpanzés

26

Tableau 8 : Répartition des chasseurs par village et par nationalité

26

Tableau 9 : Indices de rencontre de pièges

.28

Tableau 10 : Fusils de chasse d'Ekata

.28

Tableau 11 : Indices de rencontre de douilles

.29

Tableau 12 : Espèces prélevées

...30

Tableau 13 : Coût de quelques espèces

..32

Liste des Figures

Figure 1 : Répartition des chasseurs par nationalité 27

Figure 2 : Répartition des espèces prélevées par ordre 31

Figure 3 : Répartition des espèces prélevées par statut 32

Liste des annexes

Annexe 1 : Les animaux intégralement et partiellement protégés 39

Annexe 2 : Photographie de quelques animaux prélevés .40

Annexe 3 : Photographie d'une carabine 458 et d'un calibre 12 .41

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 5

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Liste des sigles et abréviations

CARPE : Programme Régional de l'Afrique Centrale pour l'Environnement

CARPO : Central Régional Programme Office (Programme Régional pour l'Afrique Centrale)

CAWHFI: Central Africa World Heritage Forest Initiative

CNPN : Conseil National des Parcs Nationaux

DFC : Direction de la Faune et de la Chasse

DGIS : Coopération Néerlandaise

DIARF : Direction des Inventaires, des Aménagements et de la Régénération des Forêts

ECOFAC : Ecosystèmes des Forêts d'Afrique Centrale

ENEF : Ecole Nationale des Eaux et Forêts

EU : Européan Union (Union Européenne)

MINEF : Ministère de l'Economie Forestière

UNF : UN Fondation

UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

WCS: Wildlife Conservation Society

WWF: World Wildlife Fund (Fonds Mondial pour la Nature)

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Résumé

Le présent travail rentre dans le cadre du suivi et de la gestion de la chasse villageoise dans les zones périphériques du Parc National de Mwagné. Il s'est déroulé en cinq semaines de terrain, dans deux villages différents : Malouma et Ekata.

Le terroir de chasse du secteur Malouma est estimé à 360 km2 et celui d'Ekata s'étend sur une superficie estimée à 740.23 km2. Ces terroirs ne sont pas uniformément exploités par les chasseurs.

Les plus grandes distances parcourues pour la chasse sont 10.7 km à Malouma et 18.7 à Ekata. Pendant que la distance moyenne pour atteindre un campement est de l0.11 km.

Les chasseurs sont en majorité des jeunes dont l'âge varie entre 19 et 40 ans. Ils sont pour la plus part des gabonais indigènes et quelques Congolais.

Les moyens de chasse les plus utilisés sont le piège et le fusil.

Les types de chasse identifiés sont la chasse de subsistance et la chasse commerciale. Les intérêts de cette chasse sont la recherche de la protéine animale très appréciée et les revenus économiques.

Les espèces les plus prélevées sont de l'ordre des Artiodactyles (74%) et des rongeurs (13%). Les prix varient de 800 à 15.000 FCFA selon les espèces.

Le seul centre urbain d'écoulement des produits issus de la chasse est Mekambo. Les acheteurs sont principalement des commerçantes de viande de brousse installées au marché de Mékambo et les particuliers fortunés.

En ce qui concerne la présence animale, les éléphants sont abondants alors que les grands singes sont très rares mais semblent repeupler le secteur.

Enfin, le conflit homme/animal est un phénomène très fréquent dans le secteur surtout au village Malouma où la fréquence des dégâts causés par les éléphants est de une fois tous les deux mois.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 6

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 7

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Epigraphe

« La richesse de notre patrimoine et de notre culture reste la base des valeurs morales du peuple gabonais.

Ce bien commun est un gage de solidarité pour les générations futures de notre pays. »

Omar Bongo Ondimba

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Dédicaces.

A mes regrettés oncles et tante Martin Bouyissa, Fidèle Marombo et Adèle Kayi : Vous serez toujours présents dans mon coeur.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 8

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 9

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Remerciements

Nous tenons, de manière très particulière et chaleureuse à remercier toutes les personnes qui ont contribué, à quelque titre que ce soit, à l'élaboration du présent travail. Nous remercions particulièrement :

- Les responsables de l'ENEF pour les efforts consentis dans notre formation ;

- MM. Pauwel De Wachter et David Désiré Allogo Obagué respectivement Conseiller Technique Principal du Projet WWF-Minkébé et Chef du Département Faune et Aires Protégées à l'ENEF, pour avoir bien voulu diriger les travaux de cette étude ;

- Les responsables du Projet WWF-Minkébé pour avoir accepté de nous accueillir ;

- MM. Louis Sosthène Ndong Obiang et Jean Paulin Edou Edzang, Conservateurs respectifs du Parc National de Minkébé-Est et du Parc National de Mwagné, pour nous avoir encadré sur le terrain ;

- Mme Paola Mekui et M. Rufin Mickala, pour la réalisation des documents cartographiques ;

- Tous les agents du Projet WWF-Minkébé de Makokou pour leur chaleureux accueil ;

- La ligue des chefs de villages Malouma et Ekata, pour l'accueil qu'ils nous ont réservé dans leurs villages respectifs ;

- M. Max Ngoulabandé, Adjudant Chef de Gendarmerie à la retraite, pour sa précieuse assistance ;

- M et Mme Tsiouckaka, pour leur soutien moral, matériel et financier sans faille durant ma formation ;

- MM. Jonas Okomba et Aurélien Mboula, mes guides de terrain ;

- Mes parents Guillaume Moundenda et Monique Mayoko, pour toute l'affection qu'ils m'ont donné ;

- Toute ma famille, pour m'avoir toujours encouragé ;

- Tous mes collègues : J.J. Ekakamba, I. Ontoula, L. Obame Nguema, M. Mintsa, M. Kokangoye, M. Mve Akué..., pour la solidarité qui a prévalue pendant les trois ans de formation.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 10

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Introduction

L'aménagement d'un parc national nécessite une connaissance approfondie des ressources naturelles du milieu mais aussi des habitudes des populations riveraines ainsi que l'impact de leurs activités et réciproquement. C'est dans cet état d'esprit que le WWF, dans sa mission d'appuie à la mise en place des stratégies de conservation et de gestion rationnelle des ressources naturelles dans des grandes superficies en général, des parcs nationaux en particulier, nous a accueilli au sein de son Programme Nord-Est Gabon pour une étude relative à la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagné secteur Malouma-Ekata.

Les objectifs poursuivis par cette étude se résumaient à :

- Déterminer le terroir de chasse des populations riveraines ;

- Identifier les différents chasseurs, les espèces chassées et leur proportion ;

- Connaître l'organisation de la chasse et les moyens utilisés ;

- Connaître le circuit d'utilisation des produits de chasse ;

- Avoir une idée sur la présence des grands singes et des éléphants à travers certains indices.

L'atteinte de ces objectifs devrait nous permettre d'obtenir un certain nombre de résultats notamment :

- L'évaluation de l'intensité et la dynamique de la chasse villageoise dans le secteur Malouma-Ekata ;

- La détermination des types de chasse et des modes de commercialisation des produits de chasse ;

- La détermination des espèces les plus chassées dans la région.

L'importance d'une telle étude trouve sa justification dans l'élaboration d'un plan de zonage du Parc National de Mwagné. Elle est également nécessaire pour la mise en place des politiques de gestion de la viande de brousse et leur application.

Dans le présent document, nous présenterons d'abord le cadre et le milieu d'étude, ensuite nous ferons une analyse de la chasse dans le secteur Malouma-Ekata après avoir expliqué la méthodologie utilisée. Enfin, nous conclurons tout en faisant quelques recommandations relatives à la gestion de la chasse villageoise.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 11

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

I. contexte et problématique

La recrudescence sans précédent du commerce illicite de la viande de brousse devient une situation très préoccupante. Le besoin d'autoconsommation d'hier a cédé le témoin à une activité lucrative qui menace non seulement la survie de bon nombre d'espèces de faune sauvage, mais aussi les communautés villageoises des zones forestières. La menace se traduit par la pénurie du gibier autours des villages contraignant ainsi les villageois à un effort de chasse de plus en plus grand et coûteux ou à migrer vers des endroits plus giboyeux. Les réseaux de chasse sont animés par des personnes nanties au détriment des populations locales dépourvues et exploitées.

Toutes les espèces animales sont concernées, reptiles, oiseaux et surtout les grands mammifères. Les animaux les plus chassés dans les zones forestières sont les céphalophes et les primates. Une autre tendance qui se développe est celle orientée vers le gros gibier, les grands primates, les éléphants, les buffles etc. En effet, la règle du profit fait qu'à munition égale, il vaut mieux abattre un éléphant qu'un potamochère : Plus de viande, plus de profit.

Pourtant, il ne s'agit nullement d'interdire la consommation de la viande de brousse mais de mettre en place des stratégies pouvant garantir l'utilisation durable de la ressource et la pérennisation des espèces.

Pour cadrer avec cette logique, le projet met en oeuvre un système de gestion basé sur le modèle de 20 km de rayon de chasse au départ des routes publiques. Ce système permet de conserver les faunes intactes des coeurs des grands massifs forestiers qui seront la source d'un approvisionnement en faune des terroirs de chasse villageoise.

La carte ci-après représente la situation des grands massifs forestiers du nord est du Gabon selon le modèle de la chasse villageoise basée sur une zone tampon de 20 km.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 12

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 13

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

II. Présentation du cadre d'étude : Le Projet DFC/WWF-Minkébé

II.1. But

Le projet développe et met en oeuvre une stratégie pour la conservation des massifs forestiers du Nord Gabon. Il a démarré en 1997 et s'est initialement concentré sur le Massif Forestier de Minkebe. Ce Massif de 32,381 km2, situé dans l'écorégion nord-ouest du Bassin du Congo, figure parmi les forêts équatoriales les plus intactes de la planète. Minkébé contient peut-être 30.000 éléphants et environ 14.000 Km2, situés au coeur de la forêt, qui n'ont jamais été visités par l'homme. Depuis deux ans le projet élargit progressivement sa zone d'intervention. Ainsi le projet intervient maintenant également dans la zone de Mékambo (Massifs forestiers de Djoua Zadié, Djoua Est et Mwagne), au Sud de la route de Makokou-Ovan (Massif forestier de l'Ivindo), dans le secteur de Bitam (Forêt de Kom), dans le Massif Forestier des Monts de Cristal (zones de Medouneu, Larara, Engongome, Ndjolé, Kango).

La stratégie de gestion opérationnelle est axée sur deux bases provinciales - Oyem et Makokou - et des postes satellites, qui accueillent des équipes de surveillance en rotation. Les stratégies suivantes font partie du projet :

1. La nécessité de gérer des grands blocs forestiers, incluant aires protégées et concessions forestières, plutôt que seulement une aire protégée.

2. Déploiement efficace des moyens pour la surveillance en donnant priorité à la gestion des voies donnant accès au coeur de la forêt. Il s'agit des routes forestières et rivières navigables.

3. Raffinement des règles d'utilisation des ressources naturelles à travers des accords de cogestion intégrant tous les principaux concernés (exemple : gestion de la chasse dans les concessions forestières, gestion de l'orpaillage, gestion de la rivière Oua).

4. Un staff hautement qualifié et motivé y inclus une participation importante des cadres des Eaux et Forêts. Et le développement de la capacité de surveillance.

5. Une approche pragmatique qui vise à résoudre les problèmes plutôt qu'une approche trop focalisé sur les études.

6. Un staff basé dans les capitales provinciales (centres de services de conservation plutôt que dans des sites isolés). Ceci permet plus de mobilité et de flexibilité, moins de `burn-out', moins de pressions locales et un contact régulier avec les décideurs provinciaux ainsi qu'une communication aisée avec les responsables à Libreville.

Le projet est aussi un acteur actif dans la gestion concertée du Massif Forestier Tri-National du TRIDOM (Tri-National Dja - Odzala - Minkebe) qui couvre 150,000 km2 au Cameroun, au Congo et au Gabon. Le projet a un rôle très actif dans la recherche de financements pour cette initiative.

Notons que le Projet Minkebe administre aussi une composante congolaise dans la périphérie du Parc National d'Odzala, dans des forêts frontalières.

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

II.2. Bailleurs de fonds

1- Le projet a démarré en 1997 avec un financement de la coopération des Pays-Bas (DGIS). Le projet a également bénéficié de financements du gouvernement Américain (CARPE, USFWS), du WWF-US, WWF-NL, Mac-Arthur.

2- Présentement le Projet Minkébé qui s'étend sur les massifs forestiers de Monts de Cristal, Minkébé et Mwagné est financé par les contributions des bailleurs de fonds suivants : USAID/CARPE (Minkébé-Mwagné-Mont de Cristal, Odzala/Congo); EU (Projet Minkébé et Ntem); UNF/CAWFHI; WWF-NL, WWF International.

Carte : Zone d'intervention du Projet WWF/DFC/CNPN « Minkébé » : Un programme qui vise la conservation et la gestion durable des massifs forestiers du Nord Gabon ainsi que son intégration dans la gestion transfrontalière du TRIDOM (carte ci-dessous)

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 14

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 15

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 16

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

III. Méthodologie

Afin de mieux atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, nous avons élaboré un procédé méthodique qui s'articule autours des entretiens avec les populations locales, la récolte des données, les moyens mis en oeuvre et le traitement des données.

III.1. Entretiens préliminaires

C'est une étape nécessaire pour la mise en confiance des villageois. Il s'agissait pour nous de s'entretenir avec les chefs de villages, les groupes de chasseurs, les pêcheurs et les agriculteurs. Au cours de ces entretiens, nous avons mis à profit ces entretiens pour expliquer le but de notre étude afin de dissiper les inquiétudes et solliciter la collaboration des uns et des autres. Ces entretiens nous ont aussi permis de procéder au recrutement des guides de terrain et enquêteurs et à l'élaboration d'un plan de travail.

III.2. Récolte des données

La récolte des données s'est faite sur la base des enquêtes directes et indirectes.

III.2.1. Enquêtes directes

Ces enquêtes ont consisté a rechercher nous mêmes les informations sur le terrain c'est-à-dire au village et en forêt.

III.2.1.1.En forêt

En forêt, la récolte des données s'est faite au cours de nos excursions, marches d'observations et visites des pièges e t des campements. Nous avons ainsi collecté, à l'aide de nos fiches de terrain les données indispensables à notre étude.

III.2.1.2. Au village

Il s'agissait, à l'aide des assistants recrutés sur place, d'enregistrer les espèces prélevées, les prix des gibiers, les acheteurs et la destination.

III.2.2. Enquêtes indirectes

Cette forme d'enquête consistait à recueillir des informations à travers des discussions, des sondages et des indiscrétions. Cette méthode est très discrète et efficace pour obtenir des informations sensibles.

III.3. Les moyens mis en oeuvre

Comme tout travail de recherche, notre étude a nécessité beaucoup de moyens humains et matériels.

III.3.1. Les moyens humains.

C'est l'ensemble des personnes qui ont constitué notre équipe de travail.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 17

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

- Un étudiant de l'ENEF ; - Trois guides de terrain ; - Quatre enquêteurs ; - Deux porteurs.

III.3.2. Les moyens matériels.

Les matériels utilisés pour la réalisation de notre étude étaient les suivants :

- Un GPS Garmin 12 X L ;

- Une boussole ;

- Un appareil photo ;

- Une toile de tente ;

- Un matelas ;

- Deux sacs ;

- Une machette ;

- Des fiches de terrain ;

- Un carnet de notes ;

- Deux crayons papier ;

- Deux stylos ;

- Une lampe torche

- Des piles ;

- Un fond de carte ;

- Un véhicule 4X4 ;

- Un ordinateur ;

- Une imprimante.

III.4. Les difficultés rencontrées.

A l'instar des autres travaux de recherche, notre étude s'est heurtée à plusieurs difficultés entre autres :

- La méfiance des populations locales ;

- Le manque de collaboration des chasseurs ;

- La méfiance des chasseurs étrangers ;

- La peine à obtenir des informations sur la grande chasse ;

- Les mauvaises conditions climatiques ;

- Les moyens de communication.

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

IV. Présentation du milieu d'étude

IV.1. Situation géographique

IV.2. Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 18

Hydrographie

Le réseau hydrographique repose sur plusieurs cours d'eau dont les plus importants sont la Liboumba et la Zadié. On cite également les affluents Louayé, Lodié et Loué pour la Liboumba ; Moulé, Bikouloungou et Mouzayi pour la Zadié.

IV.3. Climat.

Le climat est de type équatorial pur. Il y a deux saisons de pluies (septembre-décembre, mars-juin) et deux saisons sèches d'intensité similaire qui intercalent les deux saisons de pluies. La pluviométrie est de 1500 mm/an au nord-est et au sud-ouest. La température se situe entre 23 et 24°c (Wilks, 1990).

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 19

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

IV.4. La végétation

Le secteur est recouvert par un épais manteau de la forêt équatoriale avec un paysage somptueux. On retrouve les marantacées et les afromomum.

IV.5. La faune

Le secteur est riche en éléphants et beaucoup d'autres espèces notamment la loutre à cou tacheté, le sitatunga, le buffle, le bongo, les panthères, les céphalophes et plusieurs espèces de singe (CNPN, 2004).

IV.6. Présentation du parc national de Mwagne

Situé à l'Est de Makokou entre les fleuves Louayé et Lodié, le parc a une superficie de 16475 ha et est frontalier avec le Congo dans sa partie Est. A l'intérieur se trouve une grande clairière (baï) associée à d'autres plus petites dans lesquelles on peut observer des espèces rares ou peu connues comme le bongo et les loutres. Le parc contient un grand nombre d'éléphants. Le Parc National de Mwagné fait partie du secteur franchissant les frontières et identifié comme priorité par le WWF et ECOFAC.

Quelques perspectives :

- Le dégagement des fleuves particulièrement la Lodié supérieure et chemin conduisant au baï de Mwagné ;

- L'établissement d'un camp de touristes et une plate-forme d'observation ;

- La prospection et le développement des petites baies les plus prometteuses pour le tourisme.

IV.7. Présentation des villages Ekata et Malouma

Malouma et Ekata sont deux regroupements de village qui appartiennent au canton Loué dans le Département de la Zadié dont le chef lieu est Mekambo. Ils ont la particularité d'être dans une zone frontalière au Congo et à la périphérie du Parc National de Mwagné.

IV.7.1. Malouma

Malouma, situé à 56 km de Mekambo, est un regroupement de trois villages : Melongo, Mbeyi et Mpetchalango. Il est dirigé par un chef de regroupement assisté de deux chefs de village. La population est estimée à 241 habitants dont un congolais. L'unique ethnie du village est le Mahongoué. Sa situation géographique est : 00°40,443' Nord et 013°52,445' Est.

Sur le plan structurel, le village Malouma dispose d'une école publique à cycle complet mais n'a pas d'infirmerie et pas d'hydrologique villageoise. Les maisons sont construites en terre battue, brique de terre, paille, tôle, planche et ciment.

Les obédiences religieuses sont l'alliance chrétienne et l'église catholique.

Malouma est le village le plus proche du Parc National de Mwagné (11.1 km en ligne droite dans son côté nord) faisant de ce village l'un des points d'entrée du parc.

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

IV.7.2. Ekata

Ekata, qui regroupe les villages Mandombo, Ekata et Maboula, est située à 69 km de Mekambo à la position géographique : 00°40,555' Nord et 014°17,772' Est.

Il est également dirigé par un chef de regroupement assisté par trois chefs de village. On y retrouve les ethnies Mahongoué, Boungom et Bakola (pygmées) mais également de nombreux sujets Congolais. Sa population est estimée à 669 habitants dont près de 75% de pygmées.

Tableau1 : Répartition de la population par nationalité

Nationalité

Nombre

%

Gabonais

653

97

Congolais

15

2

Nigériens

1

0.1

Total

669

100

Sur le plan structurel, Ekata bénéficie d'une école primaire à cycle complet et d'une case de santé. L'hydrologique villageoise est inexistante et les maisons sont construites essentiellement avec des matériaux locaux (paille, terre, brique de terre, écorce d'arbre). Quelques maisons sont en planche et tôles et une seule maison est en brique de ciment.

Les religions présentes sont l'alliance chrétienne, catholique et la vie profonde. Ekata est une zone de contact avec le congo. Les populations de ce village entretiennent des relations de fraternité et d'assistance mutuelle avec celles du village Oloba au Congo. Les moyens de transport pour ce rendre dans ce village sont difficiles, il n'existe qu'un seul régulier qui assure sa desserte.

IV.8. Les activités économiques

Les activités les plus pratiquées dans le secteur sont la chasse, l'agriculture, la pêche et le petit commerce.

IV.8.1. Le commerce

C'est un petit commerce qui se limite aux produits de base tels que l'huile, les conserves, le sel etc. les prix sont souvent élevés à cause des difficultés liées au transport. Les tenanciers des boutiques sont essentiellement des jeunes. Nous avons recensé quatre commerçants dont un nigérien.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 20

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 21

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Tableau 2 : Prix de quelques produits commercialisés

Produits

Quantité

Prix (CFA)

Sardine à huile

1boite

400/500

Sucre

Tas

100

Huile d'arachide

1 L

1500

Riz

1 kg

500

pétrole

1 L

600/700

Sel

1 kg

600

Tomate en boîte

1 boîte

200

Oignon

1

100/150/200

Maquerelle

1 boite

1000

Spaghetti

Paquet

500/600

Nouilles

Tas

100

Gâteau

1

25

III.8.2. L'agriculture

L'agriculture est une activité de base commune aux communautés des deux villages dans laquelle l'homme intervient pour les gros travaux de défrichement et de brûlis. Alors que la femme se charge de semer et d'entretenir les plantations. Cette agriculture est majoritairement vivrière. Les cultures principalement concernées sont la banane, l'arachide et surtout le manioc et le maïs dont l'essentiel de la récolte est destiné à la fabrication de vin de maïs encore appelé « Ngoss ». La vente de certains produits agricoles permet d'avoir des revenus mais une priorité est mise sur l'autoconsommation. Il existe encore quelques champs de cultures de rentes tels que le café et le cacao seulement ils ne sont plus entretenus depuis longtemps.

La vente se fait à domicile car il n'existe aucun marché pour la vente de ces produits agricoles. Tableau 3 : Prix de quelques produits agricoles

Désignation

Quantité

Prix (FCFA)

Manioc

Bâton

100/200

Banane

Régime

1000/2000

Banane douce

8 doigts

100

Vin de palme

1L

300

Vin de maïs

1L

1250/1000

Maïs

3

100

Ananas

1

300/500

Arachide

Tas

100

III.8.3. La pêche

Avec la présence de nombreux cours d'eau réputés poissonneuses (Zadié, Liboumba, Louayé, Loué...), le secteur devrait être un centre de production de poissons. Pourtant, constat fait sur le terrain, il n'en est rien ou presque. La pêche n'occupe qu'une très petite place dans les activités

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des populations. Durant notre étude, deux campements de pêche seulement ont été répertoriés, l'un à Louayé pour Malouma et l'autre à la Zadié pour Ekata. Des deux campements, il n'y a que celui de Louayé qui reçoit en permanence des pêcheurs qui produisent en moyenne 4 paniers de poissons toutes les deux semaines. Il dispose d'un débarcadère et de 4 pirogues. Au regard de la faible production et surtout des douilles et grande concentration des pièges observés près de ce campement, il y a lieu de penser que cette activité masque une activité de chasse. La production est insignifiante et est en grande partie destinée à l'autoconsommation. Ce qui suppose que la production mise en vente n'est pas importante d'où la quasi-absence du poisson dans l'alimentation des villageois.

En somme, l'activité de pêche dans le secteur est dépendante de la chasse. La plus part de ceux qui exercent la pêche sont souvent aussi des chasseurs à l'exception de quelques personnes qui en font une activité à part entière notamment à Malouma.

Le poisson est écoulé sur Mékambo ou vendu sur place en tas de 4 ou 5 poissons à 500 FCFA. Le tas de poisson frais est quant à lui vendu à 1000 FCFA. Les femmes font une petite pêche dans des petits cours d'eaux qui ne sont pas loin du village.

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 22

Alyas Aimé LIBESHY MOUNDENDA, Elève Ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts. ENEF, juillet 2005. 23

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V. Analyse de la chasse dans le secteur Malouma-Ekata V.1. extension spatiale de la chasse

La délimitation du terroir de chasse s'est fait à partir des points extrêmes des zones de chasse. Ceux-ci peuvent être la fin des lignes de pièges ou la fin des pistes de chasse.

V.1.1. Malouma

Le terroir de chasse de Malouma se délimite sur un rayon de 10.7 Km qui est la distance la plus longue parcourue par les chasseurs pour leur activité de part et d'autre de la route soit 360 Km2. Du côté du parc de Mwagné, la limite du terroir est matérialisée par le fleuve Louayé. Toutefois, il est probable que certains chasseurs traversent la rivière à l'aide des pirogues pour chasser dans le parc. Les différentes distances peuvent être parcourues en un seul jour sauf si la quantité de gibier obtenu est importante nécessitant de ce fait de fumer la viande dans un intermédiaire.

V.1.2. Ekata

Le terroir de chasse de Ekata s'étend sur une distance de 18.7 Km dans le secteur de la zadié c'est à dire jusqu'à la rivière Bikouloungou qui se trouve à 5 Km après la Zadié. De l'autre côté de la route, le terroir s'étend sur une distance de 12 km et est limité par la rivière Lindjé située à 8.5 km environ après Liboumba. Ce terroir représente donc 740.23 km2 en terme de superficie. La superficie du terroir de chasse du secteur Malouma-Ekata est estimée à 1100.23 Km2. Dans ce terroir on retrouve des lignes de pièges et des pistes de chasse ainsi que des campements.

Il est important de retenir que ce terroir de chasse du secteur n'est pas uniformément utilisé car certaines zones reçoivent une plus forte pression que d'autres.

V.1.3. Les campements de chasse

Les campements de chasse du secteur Malouma-Ekata sont des cabanes construites en bois et en feuilles de marantacées. La plus part des campements sont semi permanent et se trouvent près des cours d'eau. Ils permettent aux chasseurs de boucaner leurs gibiers lorsque la quantité est importante afin d'alléger le poids. Dans ces campements on retrouve des outils tels que les marmites, assiettes, cuillères etc. Des lits en bois sont construits de part et d'autre du feu et des fumoirs. De ces campements partent des pistes de quelques centaines de mètres qui permettent aux chasseurs de poser des pièges ou de faire la chasse au fusil. Nous avons recensé dans ce secteur 18 campements dont deux campements mixtes chasse/pêche à proximité de la Zadié et de Louayé. Le campement de Louayé est situé à quelques mètres d'un débarcadère situés sur Louayé équipés de 4 pirogues ce qui permet la traversée de cette rivière et donc l'accès dans le parc. Deux pêcheurs y vivent en permanence. On retrouve sur le site des plantations de maniocs, bananes et maïs ainsi que des arbres fruitiers.

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Tableau n° 4 : Quelques campements du secteur Malouma-Ekata

Village

Coordonnées géographiques

Distance GPS (Km)

Longitudes

Latitudes

Malouma

1

00°38,088'

013°51,784'

4,57

2

00°37,355'

013°50,142'

7,19

3

00°36,001'

013°49,795'

9,64

4

00°35,480'

013°50,079'

10,2

5

00°41,363'

013°47,960'

8,5

6

00°37,549'

013°53,428'

5,67

7

00°35'891'

013°54,402'

9,19

Ekata

8

00,73126°

014,30232°

5,87

9

00,74786°

014,30702°

7,76

10

00,77193°

014,30144°

10,4

11

00,78408°

014,28745°

11,8

12

00,79150°

014,27945°

12,8

13

00,80257°

014,28067°

14

14

00,83605°

014,25513°

18,2

15

00,83790°

014,25299°

18,5

16

00,61040°

014,27506°

8,06

17

00,60143°

014,27022°

9,18

18

00,59005°

014,26519°

10,6

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La distance moyenne pour atteindre un campement est d'environ 10.11 km du village ce qui est également le cas pour Konossoville, (P. Owono, 1999). Le campement le plus loin est à une distance de 10.2 km et 18.5 km respectivement à Malouma et à Ekata alors qu'à Konossoville le campement le plus éloigné est à 17 Km.

V.2. Signes de présence animale

Pour réaliser ce sondage sur la présence des éléphants et grands singes (Gorille et Chimpanzé), nous avons considéré comme éléments : Les observations directes, les crottes, les nids, les carcasses et les empreintes. Nous avons également tenu compte de manière non chiffrée des couloirs et pistes d'éléphants.

V.2.1. Eléphant (Loxodonta africana).

L'éléphant est reconnaissable par sa grande taille, sa trompe, ses défenses et sa couleur. L'éléphant vit et se déplace dans les forêts un peu ouvertes. Il ouvre des passages en forêt ce qui facilite le déplacement de beaucoup d'autres animaux. L'éléphant est herbivore. Il mange des branches, des écorces, des feuilles, de l'herbe et des fruits. Il peut faire des dégâts aux cultures (bananiers, maniocs canne à sucre etc.). Il mange entre 50 et 150 kg par jour. Son poids moyen est de 1950 kg pour la femelle et 2350 kg pour le mâle.

Tableau n° 5 : Indices de présence de l'éléphant

Zone

Signes

Crottes

Carcasses

Observation

Malouma

43

1

2

Ekata

93

1

1

Total

136

2

3

 
 
 
 

Les indices consignés dans le tableau ci-dessus nous révèlent des indices de rencontre de 0.89 crottes/km à Malouma et 3 crottes/km à Ekata pour le même nombre de carcasses. Ces chiffres augurent d'une présence évidente et abondante d'éléphants dans le secteur. Il convient tout de même de retenir que cette présence n'est pas également repartie dans tout le secteur. A Malouma cette présence est plus nette du côté du parc alors qu'à Ekata c'est du côté de la Zadié qu'elle est la plus forte. Ces zones recouvrent de grandes étendus de marantacées. C'est également dans ces endroits que nous avons rencontré des éléphants.

V.2.2. Les grands singes.

IV.2.2.1. Gorille (Gorilla gorilla)

C'est le plus grand de tous les singes. Il est caractérisé par sa couleur noire sur tout le corps et noir-brun sur la tête, une grosse tête, une face noire et de petites oreilles. Le gorille vit dans les forêts humides d'Afrique centrale, en pleine et en montagne. Les gorilles sont herbivores. Ils consomment des feuilles, des fruits, des écorces et des herbes. Son poids moyen est de 182 kg pour la femelle et 185 kg pour le mâle.

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IV.2.2.2. Chimpanzé (Pan troglodytes).

C'est un singe facile à reconnaître, il ressemble à l'homme avec des jambes plus courtes et le corps couvert de grands poils noirs. La face ne porte pas de poils et les oreilles sont grandes. Il vit dans les milieux où il y a des arbres. Il est omnivore et apprécie surtout les fruits. Son poids moyen est de 30 kg pour la femelle te 35.5 kg pour le mâle.

Tableau n°6 : Indices de présence de gorille Tableau n°7 : Indices de présence de Chimpanzé

zone

Signes

Crottes

Empreintes

Observation

Malouma

0

1

1

Ekata

0

0

0

Total

0

1

1

Zone

Signes

Crottes

Empreinte

Nids

obs.

Malouma

1

0

2

0

Ekata

0

0

0

0

Total

1

0

2

0

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Ces deux tableaux présentent les indices de présence de grands singes. Ils nous confirment ce que nous pensions déjà à savoir que l'épidémie d'Ebola a décimé ces espèces d'où leur rareté dans ce secteur. Néanmoins, dans la zone de Malouma il semble que ces espèces sont entrain de repeupler ce site. Il nous est arrivé de rencontrer un gorille et d'observer deux nids de chimpanzé dans ce site. Selon les dires des chasseurs de ce village, depuis un certain temps ils croisent de plus de gorilles et des chimpanzés. Dans la zone d'Ekata, il est très difficile de rencontrer un grand singe comme le prouvent nos tableaux. Il est à craindre qu'avec le retour de l'épidémie d'Ebola, les grands singes ne disparaissent complètement de ce secteur. D'autant plus que les chasseurs continuent à les chasser dès qu'ils en ont la possibilité. Il est à noter que nous avons observé les premiers indices de ces espèces à une distance de 8.84 km du village, de préférence à proximité des palmiers et des afromomum.

V.3. La filière de la chasse villageoise V.3.1. Les Chasseurs

Les chasseurs du village Malouma sont tous des indigènes du village et de nationalité gabonaise. Au village Ekata, les chasseurs sont des habitants du village mais de nationalité différente. Les plus grands chasseurs en terme de maîtrise sont les pygmées qui sont également utilisés pour la grande chasse notamment la chasse d'éléphant.

La majorité des chasseurs sont des jeunes dont l'âge est compris entre 19 et 35 ans. Il y a au minimum un chasseur par famille. La plupart des chasseurs ne disposent pas de fusils, ils utilisent des fusils appartenant à des particuliers résidant à Mékambo ou à des fonctionnaires retraités et autres cadres locaux disposant de moyens financiers pour s'en approprier.

Tableau n°8 : Nombre de chasseurs par village et par nationalité.

Nationalité

Secteur

Malouma

Ekata

Gabonais

17

62

Congolais

0

6

Autres

0

1

total

17

69

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Nous avons dénombré un total de 86 chasseurs dans le secteur Malouma-Ekata ce qui représente 9.45% de la population du secteur soit 7% pour le village Malouma et 10.3% pour le village Ekata.

Congolais

6%

Gabonais Congolais Autres

Repartition des chasseurs par nationalité

Autres

1%

Gabonais

93%

Figure n° 1 : Répartition des chasseurs par nationalité

Une analyse de la nationalité des chasseurs nous révèle qu'il y a des expatriés, composés en majorité des Congolais, représentent 10% des chasseurs à Ekata. Cela s'explique par la position géographique de ce village qui est à la frontière avec le Congo et dont les habitants ont beaucoup d'échanges avec ceux du village Oloba (Congo) favorisé par une perméabilité de la frontière due à l'absence d'un poste de contrôle gabonais. Les deux villages ne sont séparés que de 8Km soit 2h de marche. Cette situation est inquiétante car il constitue un facteur d'accroissement de la chasse illicite due à l'ignorance de la réglementation en vigueur au Gabon sur la faune et la chasse.

Il est très important de souligner que la chasse transfrontalière est difficile à gérer par l'administration gabonaise d'où l'intérêt d'une collaboration entre les deux pays pour essayer d'enrayer ce phénomène.

V.3.2. Les moyens de chasse utilisés

Lors de notre étude, nous avons pu constater que les moyens de chasse utilisés dans notre secteur cible sont essentiellement les pièges et les fusils. Toutefois, les autres moyens sont quelques fois utilisés notamment au village Ekata en l'occurrence le filet, la lance et les chiens.

Le piégeage est la forme de chasse la plus pratiquée pour la capture des espèces de taille moyenne (Céphalophes, potamochères etc.) alors que l'usage du fusil est fait pour la chasse des singes, les oiseaux et autres espèces difficiles à attraper à l'aide des pièges et aussi pour la chasse de nuit.

V.3.2.1. Le piégeage

On distingue trois grandes catégories de pièges : les pièges à patte, les pièges à cou et les pièges à appât. Lors de notre étude, nous avons essentiellement travaillé sur les pièges à patte car ce sont les plus fréquents en forêts, les autres sont rares et se retrouvent uniquement autours des champs.

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Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Cette technique est très pratiquée dans le secteur Malouma-Ekata car elle est à la fois plus efficace et plus économique. En effet, un rouleau de câble coûte 6000 Fcfa pour près de 60 pièges en moyenne et un piège peut avoir à son actif plusieurs captures. En outre cette technique ne nécessite pas beaucoup de tracasserie. Le chasseur peut avoir plusieurs lignes de pièges qu'il visite une fois tous les deux jours.

Tableau n°9 : Indices de rencontre de pièges

Villages

Nombre de pièges

Distances (km)

Nbre de pièges/km

Malouma

741

53.76

13.78

Ekata

367

30.4

12.07

Total

1108

84.16

13.16

Dans les deux villages nous avons pris un échantillon de 5 chasseurs. Ainsi nous avons une moyenne de 148.2 pièges/chasseur au village Malouma et 72.6 pièges/chasseur à Ekata. En tenant compte du nombre de chasseurs, on aura un total de 2520 à Malouma et 5009 à Ekata. Ce qui représente une moyenne de 7 pièges/km2 à Malouma et 6.7 pièges/km2. Cette densité est largement supérieure à celle de Diba au Congo (1.18 pièges/km2), (Vanwijnsberghe, 1999).

Ces résultats montrent que le nombre de pièges par chasseur à Ekata est proche de celui d'Assok-Begué (79 pièges), (Moro Eyi, 2001) et d'Ekom au Cameroun (71 pièges), (Delvingt, 1999). Ce qui n'est pas la même réalité à Malouma dont le nombre de piège par chasseur est largement supérieur.

V.3.2.2. La chasse au fusil

La chasse au fusil est moins utilisée que le piégeage à cause des procédures administratives et de son coût et elle nécessite plus d'effort physique. Dans beaucoup de cas, elle est toujours illégale. Les fusils utilisés appartiennent pour la plupart à des particuliers qui les remettent aux chasseurs. Au retour, le chasseur est récompensé en nature ou financièrement. Notons que cette chasse se fait la nuit et le jour.

Tableau n°10 : Fusils de chasse à Ekata

Nature

Nombre

Calibre 12

14

Carabine

02

14 mm

03

total

17

Au village Malouma nous avons pu recenser 17 fusils de chasse. Ces données ne sont pas de sources administratives. Tout comme au Congo et en Centre Afrique, l'arme la plus utilisée est le calibre 12 (Delvingt, 1999).

V.3.2.2.1. Les douilles

Les douillés contenu dans le tableau ci-dessous ont été observés sur notre parcours lors de nos excursions en forêt.

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Tableau n°11 : Indices de rencontre des douilles

Village

Nombre de douilles

km parcouru

Douilles/km

Malouma

48

53.76

0.89

Ekata

32

30.4

1.05

Total

80

84.16

0.95

La présence de douilles dans un secteur symbolise le degré d'utilisation des armes à feu pour la chasse. Ce degré est sensiblement le même pour les deux villages avec un léger avantage pour Ekata. Nous avons une moyenne de 0.95 douilles par Km ce qui reflète quand même une forte pression de chasse dans ce secteur. Il est clair que l'intensité de la chasse au fusil est encore plus élevée. En effet, plusieurs douilles sont dissimulées dans la forêt à cause de la grande mobilité que requière cette technique de chasse et elles n'ont pu être comptabilisées.

V.3.3. Les types de chasse

Compte tenu de l'absence ou de la pénurie des produits alimentaires autres que la viande de brousse dans le secteur, la chasse constitue une source de protéines animales et de revenus monétaires. Ainsi l'on distingue deux types de chasse : La chasse de subsistance et la chasse commerciale.

V.3.3.1. La chasse de subsistance

Durant notre séjour d'étude nous avons pu constater que les populations se nourrissaient à 90% de viande de brousse. Ce besoin en protéines animales accroît l'intensité de chasse dite de subsistance. Ainsi, dans chaque famille il y a un chasseur qui est presque contraint de chasser tous les jours pour pouvoir nourrir sa famille. Les gibiers qui sont par excellence destinés à l'autoconsommation sont les rongeurs, les carnivores, pholidotes, oiseaux et reptiles. Il est à noter que pour cette chasse, les distances parcourues en forêts sont réduites.

V.3.3.2. La chasse commerciale

La chasse commerciale est la chasse dont le gibier est destiné à la commercialisation. Celui-ci se présente sous deux formes : la viande fraîche et la viande boucanée. Dans le secteur, la chasse commerciale est pratiquée en grande partie par des pygmées sauf au village Malouma. C'est l'ordre des artiodactyles qui fournit le plus grand nombre d'animaux vendus. Pour ce type de chasse, les chasseurs parcourent de grandes distances et mettent plus de temps que lors des parties de chasse de subsistances.

Bénéficiant de sa proximité avec le Congo où il existe des réseaux de ventes des cartouches à des prix abordables et de la fréquence de véhicules par rapport à Malouma, Ekata constitue une planque tournante de la chasse commerciale.

V.3.3.3. La grande chasse

D'après nos investigations et observations, la grande chasse a considérablement baissé à Malouma grâce aux efforts consentis par le conservateur du parc de Mwagne. Cependant il semble que des chasseurs du village Komambela viennent exercer cette activité dans ce secteur. C'est à Ekata que l'exercice de la grande chasse est évident. Elle est pratiquée principalement

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par des pygmées à l'aide des carabines et des lances introduites dans le canon d'un fusil de type calibre 12 chargé. Cette activité est également pratiquée par des sujets congolais qui pénètrent depuis le Congo pour chasser dans la zone de la Zadié. Les chasseurs nous ont certifiés qu'ils rencontrent constamment ces chasseurs et nous avons également pu observer leurs pistes dans cette zone à 15 km du village. Certains trafiquants louent des carabines ou des fusils de guerres au Congo et les confient aux pygmées qui sont des spécialistes de cette chasse. Les éléphants sont d'abord chassés pour leurs pointes d'ivoire qui génère des revenus importants. Par crainte de l'administration des Eaux et Forêts, La viande est souvent laissée sur place après le forfait. Celle-ci est consommée par les villageois en cas de découverte et si elle est encore de bonne qualité.

La chasse des grands singes est pratiquement inexistante car ces espèces sont difficiles à rencontrer dans le secteur.

V.3.4. Le portage

Dans le secteur concerné par notre étude, le portage ne constitue pas une activité à part entière. Il est confondu dans l'activité de chasse. Les chasseurs portent eux-mêmes leurs gibiers ou se font aider par d'autres personnes, souvent des membres de leur famille. Pour diminuer le poids, ils boucanent une partie du gibier dans des campements satellites et transportent l'autre partie de viande en état frais à l'aide des sacs ou de hottes. Sur des longues distances, les chasseurs piègent en groupe pour s'entraider lors du transport du gibier.

V.3.5. Le prélèvement

Le tableau ci-dessous résume les prélèvements effectués dans le secteur Malouma-Ekata pendant une période de 23 jours, en nombre d'individus et par ordre.

Ce tableau nous montre que le taux de prélèvement journalier est environ de 27 individus soit 91.80 kg. Les espèces les plus prélevées sont Cephalophus callipygus, Cephalophus monticola et Atherurus africanus.

Tableau n° 12 : Espèces prélevées.

Ordre

Nom pilote

Nom scientifique

Quantité

Poids moy (Kg)

Poids total (Kg)

Artiodactyle

Céphalophe bleu

Cephalophus monticola

40

5,75

230

Céphalophe de bai

Cephalophus dorsalis

17

18,5

314,5

Céphalophe à dos jaune

Cephalophus sylvicultor

2

55

110

Céphalophe de peters

Cephalophus callipygus

49

17

833

Potamochère

Potamocherus porcus

6

72,5

435

Chevrotain aquatique

Hyemoschus aquaticus

2

11,5

23

Sous total

116

 

1945,5

Carnivore

Civette

Viverra civetta

5

13,5

67,5

Nandinie

Nandinia binotata

1

2,5

2,5

Sous total

6

 

70

Rodentia (Rongeurs)

Athérure

Atherurus africanus

18

2,75

49,5

Aulacode

Tryonomis swinderianus

2

2,5

5

Rat de Gambie

Cricetomys gambianus

1

1,2

1,2

Sous total

21

 

55,7

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Pholidote

Pangolin à écailles tricuspides

Manis tricuspis

2

1,5

3

Sous total

 

2

 

3

Testudinata

Tortue d'eau douce

Pelusio gabonensis

1

2,3

2,3

Sous total

1

 

2,3

Primates

Hocheur

Cercopithecus nictitans

1

5

5

Moustac

Cecopithecus cephus

3

3,5

10,5

Colobe noir

Colobus satanas

1

12

12

Sous total

5

 

27,5

Oiseaux

Pintade commune

Numida meleagris

6

1,2

7.2

Sous total

6

 

7,2

Total général

157

 

Si l'on considère la durée (23 jours) et le nombre de gibiers prélevés (157), on se rend compte que le taux de prélèvement journalier dans le secteur Malouma-Ekata (6,82) est légèrement supérieur à celui d'Assok-Begué (5), (Moro Eyi, 2001).

Artiodactyle Testudinata Rongeurs Oiseaux Carnivores Primates Pholidote

Repartition des espèces prélévées par ordre 1%

3%

4%

4%

13%

1%

74%

Figure n° 2 : Répartition des espèces prélevées par ordre

On remarque que :

- Les ordres Artiodactyles et Rongeurs sont largement majoritaires dans le secteur ; - Les ordres Testudinata et Pholidote sont minoritaires.

Cette répartition a également été obtenue par Vanwijnsberghe à Odzala en 1996.

La large prédominance des Artiodactyles et des rongeurs est due à l'utilisation massive du piégeage dans le secteur. La faible part des primates qui sont pourtant abondant dans la zone peut s'expliquer par la crainte de l'épidémie d'Ebola.

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Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Repartition des espèces prélévées par statut

Integralement protégés

Partiellement protégés

Non protégés

1% 5%

94%

La figure 3 révèle que parmi les espèces prélevées, les espèces intégralement protégées représentent 1 % et les animaux partiellement protégés représentent 5%. Ces taux peuvent être rassurant dans la perspective de la conservation de ces espèces. Toutefois nous pouvons nuancer ce sentiment d'espérance sachant que cela peut tout aussi bien signifier que ces espèces deviennent rares en forêt d'où l'intérêt d'un inventaire poussé sur la population de ces espèces.

V.3.6. La vente

Pour la filière de vente de gibier, on distingue trois niveaux en fonction du client :

- La vente directe aux villageois : Ce mode de vente est très courant. La viande ramenée de forêt est exposée le long de la route en gigot ou en entier. Mais il existe une autre technique de vente de la viande qui est très prisée par les villageois, c'est celle de découper la viande en des petits morceaux appelés vulgairement « qui va vite ». Ces morceaux sont vendus à 100 FCFA l'unité.

- Ecoulement par les chasseurs à Mékambo : Certains chasseurs écoulent eux même leur produit de chasse sur Mékambo où ils les vendent aux restaurateurs et aux particuliers. Ce mode de vente est difficile car la circulation des véhicules dans le secteur est rare.

- La vente à un revendeur : les chasseurs sont abonnés à des revendeurs qui périodiquement et sur rendez-vous se déplacent pour acheter la viande pour ensuite la

revendre au marché de Mékambo ou aux restaurateurs et aux particuliers fortunés.

Tableau n° 13 : Coût de quelques espèces

Espèces

Prix (Fcfa)

Céphalophe bleu

2.000

Céphalophe

Gigot

1.000

 

Entier

6.000/7.000

Potamochère

Gigot

2.000/2.500

 

Entier

15.000

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Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Singe moyen

2.000/2500

Athérure

2.000

Pangolin géant

10.000

Pangolin à écaille

1.500

Civette

1.500

Rat de Gambie

500

Pintade

800

Peau de panthère

15.000

Les prix ont été relevés dans les villages Malouma et Ekata.

Comparativement avec les prix pratiqués à Assok-Begué et relevés par Moro Eyi en 2000, ces prix sont plus faibles mais pratiquement les mêmes avec ceux pratiqués à Mbomo au Congo (Vanwijnsberghe, 1996). L'enclavement dans lequel se trouve le secteur Malouma-Ekata explique ces prix très bas.

Ces prix peuvent être revus à la baisse en cas de négociation ou en fonction de la qualité de la viande.

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

V.4. Conflit Homme/animal

Le conflit homme animal est un conflit qui survient après des dégâts matériels ou corporels causés par un animal sur l'homme ou ses biens. Le cas le plus récurent est celui de l'éléphant à cause de l'importance de ses dégâts et des conséquences qui en découlent. Dans notre secteur d'étude, c'est à Malouma où des dégâts d'éléphants ont été constatés. En effet, nous avons visités des champs dévastés par des éléphants et ce malgré le fait que les villageois ne parcourent pas de longues distances pour faire les plantations (2 km au maximum). Cette situation est d'autant plus probable que les premiers signes d'éléphant sont observables à partir d'une distance de 1.5 km du village. Ces dégâts ont pour corollaire la famine qui se manifeste par la pénurie de maniocs, bananes et autres produits alimentaires issus de l'agriculture. D'après les villageois, la fréquence des dégâts est estimée à une fois tous les deux mois.

Les dégâts corporels ne sont pas en reste. Il nous a été rapporté qu'en l'an 2001 un chef de regroupement du village Malouma était décédé suite à une charge d'un éléphant en forêt. Toute chose qui nécessite l'intervention des autorités compétentes pour enrayer ce phénomène au risque de voir les villageois se faire justice ouvrant ainsi une large porte aux braconniers. Signalons que des dégâts sont aussi causés par des rongeurs dans les champs de manioc, de bananes et d'arachides.

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Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Recommandations.

Bien qu'étant indispensable à la survie des populations du secteur Malouma-Ekata, la chasse villageoise telle qu'elle est pratiquée représente une grande menace sur la faune du massif forestier de Mwagné. Aussi, pour freiner ce phénomène récurrent et gérer de façon rationnelle les ressources fauniques dans ce massif forestier nous faisons quelques recommandations à l'endroit des différents acteurs de la gestion de ces ressources :

A l'administration des Eaux et Forêts :

- Instaurer des contrôles réguliers sur les axes routiers Mekambo-Malouma et Mekambo-Ekata ;

- Mener des campagnes de sensibilisation sur la chasse ; - Officialiser la limite de 20 km ;

- Limiter à 15 km la plus longue distance à laquelle peut se trouver un campement de chasse.

Au CNPN et le WWF :

- Former et mettre sur le terrain des écogardes pour le Parc National de Mwagné ;

- Faire des études de reconnaissance afin d'évaluer les ressources animales ;

- Instaurer des contrôles qui visent la grande chasse, y inclus la chasse transfrontalière ;

- Faire un monitoring à long terme de la chasse villageoise afin d'évaluer sa durabilité et sa dynamique spatiale

Au Ministère de l'Intérieur :

- Etablir un poste de contrôle à la frontière avec le Congo.

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

Conclusion

A l'issue de notre travail, il nous semble opportun de reconnaître que la chasse villageoise occupe une très grande place dans le cycle des activités des populations du secteur Malouma-Ekata. Elle représente pour elles une source de protéines abondantes et de qualité incontournable. En outre elle constitue la seule activité sûre qui leur garantie le minimum de ressources pécuniaires indispensables à la satisfaction de leurs besoins quotidiens.

Cette prépondérance de la chasse n'est pas sans conséquences :

- La pression de chasse est de plus en plus forte dans le secteur ;

- L'accroissement de la chasse d'éléphants motivée par sa grande rentabilité ; - La diminution de gibier dans les zones proches des villages.

Les espèces les plus menacées par la chasse sont les céphalophes et les rongeurs qui subissent une dégradation quantitative.

La proximité du secteur avec le Congo et l'absence d'un poste de contrôle à la frontière sont des facteurs importants dans l'augmentation de la pression de la chasse ne générale et de la grande chasse en particulier.

Par ailleurs, au regard des résultats obtenus dans notre étude, il nous convient de dire que la stratégie de gestion de la chasse villageoise basée sur le model des 20 km de part et d'autre de la route peut être appliquée à Malouma et à Ekata sans que cela ne gène les villageois.

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Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

 
 

Références

Bibliographie

- Bourobo-Djembi, F. (2004). Structure et présentation des rapports et mémoires. Cours de Méthodologie de la Recherche. ENEF, 11 pages ;

- Delvingt, W. (1997). Synthèse régionale des études réalisées durant la première phase du programme ECOFAC, au Cameroun, au Congo et en République de Centre Afrique. Rapport ECOFAC, 73 pages ;

- Gautier, A. et Colyn, M. Gautier, J.P. (1999). Histoire naturelle des primates d'Afrique Centrale, 161 pages ;

- Koumbi, P. et Mekui, P. (2003). Mission de reconnaissance dans le massif forestier de Djoua-Zadié, 22 pages ;

- Mabaza, G. et Mve Mebia, E. (2003). Caractéristiques socio-économiques et opportunités de conservation dans le massif forestier Djoua-Zadié ;

- Mabaza, G. (2003). Nécessité d'une gestion des ressources naturelles dans le Département de la Zadié (Mékambo) ;

- Mabaza, G. (2003). Suivi Ebola dans le département de la Zadié. Rapport de mission ; - Mabaza, G. (1999). L'identité culturelle du groupe Hongwé ;

- Moro Eyi, S. (2000). Suivi de la chasse commerciale dans la concession forestière de Bordamur : Périphérie Ouest de l'aire protégée de Minkébé, 30 pages ;

- NZAME, D. A. (2000). Problématique de la chasse dans les concessions forestières : Cas de Bordamur Woleu-Ntem, périphérie Ouest de l'aire protégée de Minkébé. Rapport de stage, 34 pages ;

- Ontoula, I. (2004). Etude de la chasse villageoise dans le secteur Makebé-Bakwaka. Rapport de stage, 35 pages ;

- Owono, P. (1999). Impact socio-économique et spatial de la chasse commerciale sur le terroir de Konossoville : Cas de la périphérie Ouest de la réserve de Minkébé. Mémoire de fin de cycle, 73 pages ;

- Steel, E. A. (1994). Etude sur le volume et la valeur du commerce de la viande de brousse au Gabon, 83 pages ;

Etude de la chasse villageoise dans le massif forestier de Mwagne : secteur Malouma-Ekata

- Vanwijnsberghe, S. (1996). Etude sur la chasse villageoise aux environs du Parc National d'Odzala, 168 pages ;

- White, L. et Edwards, A. (2000). Conservation en forêt pluviale africaine : méthodes de recherche. Wildlife Conservation Society, New York, 444 pages ;

- Willaert, J.F. ; Jeanmart, Ph. Et Doucet, J.L. Cahier de reconnaissance de quelques animaux de la forêt gabonaise, 39 pages.

Sites Internet.

- www.le priveonline.com ;

- www.gabonational parks.com.

Sources orales.

- M. Max Ngoulabandé ;

- Les chefs et Notables des villages Malouma et Ekata ; - Les chasseurs des villages Malouma et Ekata.

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Annexes

Annexe1 : Les animaux intégralement et partiellement protégés au Gabon.

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Annexe 2 : Photographies de quelques animaux.

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Annexe 3 : Photographie d'une carabine 458 et d'un calibre 12.






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