WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'union européenne et le développement de l'Afrique.

( Télécharger le fichier original )
par Yannick NKODIA
Université de Lubumbashi - Licence 2015
  

Disponible en mode multipage

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

~ 1 ~

INTRODUCTION

Premier pourvoyeur d`aide sur le plan mondial, l'Union européenne s' impose comme un acteur clé du «développement» du sud. Le consensus en matière de coopération engage les Etats membres sur un socle de valeurs et des principes communs, et la promotion d'un nouvel équilibre Nord-Sud. La pratique fait parfois apparaître de profondes contradictions entre rhétorique humaniste et stratégies commerciales.

Le 20e sicle s`est achevé sur un constant des plus amères, celui de l'échec, total ou partiel des politiques d'aide au développement menées depuis quatre décennies.

Le diagnostic qui s`impose à la fin des années 1990 est sans concession : l'aide publique au développement (APD) n'a pas su s'adopter à un environnement institutionnel, économique et politique, en rapide mutation, de plus en plus modalisée, complexe et interdépendant. L'APD s'est montrée incapable de produire les effets globaux attendus sur la croissance économique et les grandes variables macroéconomiques et sociales des pays en développement, parce qu'elle est trop fragmentée, tient peu compte des réalités, besoins réels et spécificités locales, et manque souvent de cohérence tant dans ses objectifs que dans ses résultats (Lecomte , Naudet , 2000).La coopération avec les pays en développement remonte aux débuts de la construction européenne. Dès 1957, le traité de Rome prévoit un régime d'association des territoires d'outre-mer et colonies de certains Etats membres (France, Belgique ,Italie ,Pays-Bas) à la communauté économique européenne. En accédant à l'indépendance à partir des années 60, les anciennes colonies veulent garder «l'acquis» de cette association (accès privilégié de leurs produits de base sur le marché européen et aide financière). Ils négocient, sur des bases contractuelles, leurs nouvelles relations avec la CEE désireuse , de son cote , d'apporter son appui au développement des jeunes Etats.

1

-' 2 -'

I. L'Union européenne et l'aide au développement, une volonté historique.

1. Les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique(ACP)

Jusqu''au début des années 80, l'aide au développement européenne est essentiellement destinée aux pays d'Afrique, des Caraïbe et du Pacifique (ACP) à travers une succession d'accords. Elle est financée, principalement, par le Fonds européen de développement (FED) prévu par le traité de Rome. Le FED est alimenté par des contributions volontaires des Etats membres et constitue la principale ressource de l'aide européenne aux pays ACP.

*1958-1963 : mise en oeuvre du 1e Fonds européen de développement. A partir de 1963, les cycle des FED se succèderont environ tous les cinq ans, en suivant généralement ceux des accords /conventions de partenariat.

*1963-1975 : les accords des Yaoundé régissent les relations entre la CEE et un certain nombre de pays africains francophones. Dans le contexte de l'après - indépendance, ils établissent des rapports non seulement novateurs mais quasi révolutionnaires-révolution des esprits et des comportements- entre d'anciennes colonies et leurs ex-colonisateurs.

*1975-2000 : les conventions de Lomé étendent la coopération aux ex-colonies britanniques d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique puis à l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Elles ont été longtemps considérées comme un modèle unique de véritable partenariat Nord-Sud.

*Juin 2000 : signature de l'accord de Cotonou. Conclure pour 20 ans, l'accord manque un tournant dans les relations entre la Communauté européenne(CE) et ses 78 partenaires d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, fondées sur la responsabilisation des pays ACP et leur appropriation des actions de développement.

Objectif : réduction de la pauvreté et intégration des pays ACP dans l'économie mondiale.

*2000 : lancement d'un dialogue plus structuré avec l'Afrique pour bâtir un partenariat stratégique avec le continent entier (Afrique subsaharienne et Afrique du Nord). Le Caire accueille le premier sommet des chefs d'Etat UE-Afrique.

2

*2007 : le 2e sommet, à Lisbonne, adopte la nouvelle stratégie conjointe Europe-Afrique.

*2008-2013 :10? FED.

 
 
 

~ 3 ~

2. Asie et Amérique latine

*1976 : lancement d'un programme d'assistance financière et technique avec les pays en développement d'Asie et d'Amérique latine (règlement PVD- ALA).

*1994 : lancement de la stratégie asiatique de l'UE, renforcée depuis le premier sommet des chefs d'Etats UE- Asie, en 1996, à Bangkok.

*1995 : lancement du partenariat stratégique UE- Amérique latine et Caraïbes, consolidé depuis le premier sommet des chefs d'Etat, à Rio en 1999.

*2007 : l'instrument de coopération au développement remplace l'ancien règlement PVD-ALA (et couvre également d'autres zones géographiques).

3 .Pays méditerranéens et Moyen-Orient

Vers la fin des années 70, la CEE commence à établir des accords bilatéraux de coopération avec les pays du basin méditerrané.

*1995 : lancement du «processus de Barcelone» pour encadrer ces relations. Objectif à terme : établir une zone de paix, de stabilité et de libre-échange euro-méditerranéenne.

*1996-2006 : le programme MEDA finance la coopération avec les pays tiers méditerranéens.

*2007 : création de l'instrument européenne de voisinage et de partenariat qui remplace MEDA (et finance aussi la coopération avec les pays voisins d'Europe orientale).

*2008 : création de l'Union pour la méditerranée regroupant 43 pays de l'UE et du sud de la méditerranée.

4. Les pays voisins de l'Est

*Novembre 1989 : chute du mur de Berlin. Le démantèlement de l'URSS et l'effondrement du bloc communiste entraînent une extension des périodes géographiques de l'Union notamment vers les pays voisins de l'Est.

*1991-2006 : TACIS est le principal programme d'aide de l'UE aux pays de la CEI, ex-républiques soviétiques.

3

*2007 : lancement de l'instrument européen de voisinage et de partenariat (qui remplace, entre autres, TACIS). Le démantèlement du bloc communiste constitue, par ailleurs, le point de départ du processus de réunification du continent européen.

~ 4 ~

*2000-2006 : mise en place de PHARE et d'autres programmes d'assistance aux pays d'Europe centrale et orientale, candidats à l'adhésion à l'UE.

*2004-2006 : adhésion de 12 nouveaux Etats membres (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie et Roumanie).

*Janvier 2007 : le nouvel instrument d'aide de préadhésion (IAP) remplace les anciens programmes d'aide aux pays candidats (Turquie, Croatie, Balkany occidentaux).

5. Les nouveaux défis de l'aide européenne.

a. La réforme de l'aide

*2000 : lancement d'une vaste réforme de l'aide extérieure de l'Union, associant une révision stratégique de la politique de développement et une rationalisation de la gestion pour adapter les moyens aux nouvelles priorités et à réaliser l'efficacité de l'aide.

*Janvier 2001 : création de l'office de coopération EuropAid.

*2005 : adoption du consensus européen pour le développement qui dote l'UE pour la première fois d'une politique commune de développement basée sur un socle commun de valeurs, d'objectifs et de moyens.

*2007 : adoption d'un code de conduite volontaire sur la «division du travail» pour améliorer la cohérence et la complémentarité entre les interventions communautaires et celles des Etats membres. Une attention particulière est accordée aux « oubliés» de l'aide aux Etats fragiles.

b. Des objectifs mondiaux

L'UE a mis la lutte contre la pauvreté au coeur de sa politique de coopération dans le cadre, notamment des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Définis au sommet du Millénaire des Nations unies à New York, en 2000, les OMD consistent en huit objectifs à réduire la pauvreté de moitié dans le monde à l'horizon 2015.

4

? 2002 : a Monterrey, la communauté des donateurs s'engage à augmenter le volume de son aide pour le porter à 0,7% du revenu national brut en 2015. L'objectifs est atteint à ce jour par cinq pays, tous européens dont quatre Etats membres (Danemark, Suède, Pays-Bas, Luxembourg) et la Norvège.

~ 5 ~

? 2005 : l'UE souscrit à la déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide. La déclaration représente le plus grand effort jamais entrepris jusqu'alors pour améliorer la coordination de l'aide, accroitre la maîtrise des pays bénéficiaires sur leurs politiques, mieux aligner les aides sur les priorités des pays partenaires, renforcer la transparence concernant l'utilisation des ressources affectées au développement et instaurer une gestion axée sur les résultats. Tout en souscrivant à la déclaration, l'UE s'engage à poursuivre 4 objectifs supplémentaires pour améliorer la qualité de son aide en se donnant des objectifs chiffrés et mesurables.

? Septembre 2008 : le troisième forum de haut niveau d'Accra sur l'efficacité de l'aide au développement adopte un programme d'action destiné à amplifier et accélérer les réformes mises en oeuvre par la déclaration de Paris.

c. Les priorités européennes de l'aide au développement.

Il y a 8 domaines prioritaires qui intéressent l'UE: 1. Le commerce et l'intégration régionale

Objectifs :

- renforcer les institutions et capacités des pays partenaires en vue de consolider leurs politiques commerciales et d'intégration régionale.

- les aider à mieux profiter de la libéralisation des échanges mondiaux.

2. Les infrastructures (transports et communications)

Objectifs :

- réaliser des infrastructures de transports et moyens de communications viables au niveau national, régional et transrégional.

- développer l' utilisation des technologies de l'information et des communications ; contribuer à combler la fracture numérique. Le «partenariat UE- Afrique pour les infrastructures» s'inscrit dans ces objectifs.

3. L'eau et l?énergie

L'initiative de l'UE dans le domaine de l'eau contribue aux objectifs

d'approvisionnement en eau potable de bonne qualité pour tous conformément aux OMD et aux objectifs du sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg.

5

L'initiative de l'UE pour l'énergie vise à améliorer l'accès à des services énergétique modernes, abordables, durables, efficaces et propres.

-' 6 -'

4. La gestion durable de l'environnement Objectifs :

- soutenir les efforts des pays partenaires pour intégrer la dimension environnementale dans le développement pour préserver leurs ressources naturelles et assurer leur gestion durable ;

- les aides à lutter contre le changement climatique avec un soutien particulier aux pays les moins avancés (PMA) et petits Etats insulaires ;

- contribuer à la prévention des catastrophes naturelles et à un système de surveillance globale de l'environnement.

5. Le développement rural, l'agriculture et la sécurité alimentaire Objectifs :

- améliorer la sécurité alimentaire des pays en développement et appuyer des approches stratégiques dans les Etats en situation de vulnérabilité chronique. L'accent est mis sur la prévention, les filets des sécurités et l'amélioration de l'accès aux ressources. Dans le domaine agricole et du développement rural, il s'agit de favoriser l'accès aux terres, à l'eau, aux financements, l'intensification de la production dans des conditions viable à long terme et la compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.

6. La gouvernance, la démocratie, les droits de l'homme et appui aux réformes économiques et institutionnelles

Objectifs :

- appuyer les institutions publiques et de la société civile, et contribue à améliorer la gouvernance globale. La communauté promeut, à l'intérieur des pays le dialogue avec la société civile, la décentralisation, le renforcement du rôle des parlements et des mécanismes nationaux devant mener à des élections libres et transparentes ;

- inciter au respect des droit de l`homme

- renforcer la lutte contre la corruption

- améliorer les normes fondamentales de travail,

6

- soutenir les reformes économiques et institutionnelles, y compris les stratégies de réductions de la pauvreté avec une attention particulière à l'amélioration de la gestion des finances publique.

 
 
 

~ 7 ~

7. La prévention des conflits et de la fragilité des Etats

Objectifs :

- Contribuer à la prévention des crises, des conflits et catastrophes naturelles

- renforcer les systèmes d'alerte précoce des pays partenaires et des organisations régionales. Dans les situations de crise déclarée, la CE contribue à assurer les services de base et à répondre aux besoins, en collaborations avec la société civil et les organismes des Nation unies et à plus long terme à mettre en place des institution viables.

8. Le développement humain (santé et éducation), la cohésion sociale et emploi Objectifs :

- apporter une aide substantielle aux efforts des pays partenaires pour atteindre les objectifs d'accès à la santé et à l'éducation pour tous. En matière de santé, la CE finance notamment des actions de la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose et de promotion des droits en matière de sexualité et reproduction. En matière d'éducation , les priorités vont à l'organisation d`un enseignement primaire et d'une formation professionnelle de qualité en remédiant aux inégalités avec une attention particulière à l'éducation des filles.

- contribuer à prévenir l'exclusion sociale,

- appuyer le dialogue, la protection sociale et les actions visant à contrer les inégalités entre les sexes, défendre les droits des peuples indigènes et protéger les enfants contre la traite des êtres humains, les conflits armés. - encourager la responsabilité sociale des entreprises, les investissements qui génèrent de l'emploi dans des conditions de travail définies par l'OIT.

7

-' 8 -'

II. Développement et coopération

Plus de la moitié des fonds visent à aider les pays en développement provient de l'Union européenne et de ses membres, ce qui fait que l'UE le principal pourvoyeur d'aide au monde. La plus grande partie de cette aide est destinée au pays les moins avancés et à faible revenu.

1/ Montant de l'aide développement de l'UE

En 2013, l'aide au développement au l'UE- prélevée sur les fonds européens et sur les budgets nationaux des Etats membres- totalisait 56,2 milliards d'euros.

Cette somme correspond a 0,43% du revenu national brut (RNB) de l'UE. Les pays de l'UE se sont engagés à atteindre l'objectif de 0,7% du RNB d'ici 2015.

2/ Eradique la pauvreté pour le nouveau millénaire

Eradique durablement la pauvreté est l'objectif prioritaire de la politique de développement de l'UE.

Le huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies sont essentiels à cet égard. Ils visent à réduire de moitié l'extrême pauvreté, à combattre l'épidémies des VHI/SIDA et à assurer l'enseignement primaire pour tous.

Si les nombres des personnes vivant dans la pauvreté absolue a diminué de 600 millions depuis 1990, les progrès réalisés pour atteindre d'autres OMD sont moins encourageants tels que ceux visant à réduire la mortalité maternelle et infantile et à assurer un approvisionnement en eau potable. L'UE a donc alloué un milliard d'euros supplémentaires pour aider 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique pour lesquels ils n'ont que peu progressé.

3/ Promouvoir le développement en 2015

L'UE a fait de 2015 l'Année européenne pour le développement. Cette campagne d'un an a pour but de montrer où va l'aide au développement de l'UE et comment elle contribue à lutter contre la pauvreté. Elle vise également à expliquer comment la lutte contre la pauvreté dans le monde profite à tous et à inciter un plus grand nombre d'Européens à participer aux activités de développement.

8

~ 9 ~

4/ Après 2005

L'actuelle série d'OMD expirera et sera remplacée par un nouveau cadre en 2005. En juin 2014, la commission a publié une communication intitulée «une vie décente pour tous de la vision a l'action collective» ce document définit le programme de l'UE après 2015 en vue d'éradiquer la pauvreté et de promouvoir un développement durable ainsi que la nécessité de mettre en place un nouveau partenariat mondial.

5/ Aider les pays et les populations à sortir de la pauvreté

Au fil des ans, l'UE a soutenu les efforts de nombreux pays pour éradiquer la pauvreté et bâtir un avenir meilleur pour leurs habitants .Il s'agit souvent d`un exercice de longue haleine.

La politique de développement de l'UE vise à permettre aux populations défavorisées des pays en développement de prendre en main leur propre développement. En d'autres termes ils s'agit: de traiter les causes de leur vulnérabilité notamment le manque d'accès à la nourriture, à l`eau potable , à l'éducation, à la santé, à l'emploi, aux terres, aux services sociaux, aux infrastructures et à un environnement sain, d'éradique les maladies et de favoriser l'accès à des médicaments bon marché afin de combattre des épidémies telles que le VIH/SIDA ; de réduire la dette des pays en développement, de sorte qu'ils puissent allouer davantage de ressources à des investissements publics essentiels au lieu de payer des intérêts aux riches bailleurs de fonds des pays industrialisés ; d'encourager l'autonomie et les stratégies de lutte contre la pauvreté ; de consolider le processus démocratique ; de mieux faire respecter les droits de l'homme , y compris l'égalité entre les femmes et les hommes ; d'encourager un environnement économique plus stable , propice à la croissance des entreprises et à la création d'emplois .

6/ Les accords de partenariat économique UE-pays ACP

Depuis les années 2000, l'Union européenne négocie avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) des accords de partenariat économique (APE) en substitution aux anciens accords de Lomé et de Cotonou.

Dans ce cadre, les pays du sud concernés seraient amenés à ouvrir leurs marchés à la plupart des produits en provenance de l'Union européenne.

9

Seul un accord régional de ce type a été signé à ce jour, en maison des fortes réticences exprimées tant par les sociétés civiles que les Etats : crainte de la concurrence sur leurs marchés agricoles, perte de recettes douanières essentielles aux budgets des Etats, absence de nouveaux avantages à l'entrée sur le sol européen.

- 10 -

L'Europe accentue sa pression en négociant des accords dits intérimaires individuellement avec certains pays. Les pays ne s'étant pas engagé activement dans la mise en oeuvre de tels accords intérimaires au 1e octobre 2014 se verront retirer tous les avantages dont ils bénéficient depuis trois décennies en termes d'accès au marché européen. L'Europe met par là même gravement en péril le développement de certains secteurs économique dans ces pays ainsi que les processus d'intégration régionale.

Concernant les accords de libre-échange entre l'Union européenne et les pays en développement, la C 2 A :

- Dénonce les risques importants de la libéralisation des marchés pour le développement des pays du sud et notamment les marchés agricoles et alimentaires, dans le cadre des APE, ainsi que les pressions exercées par l'UE en vue de la signature des APE et la mise en oeuvre des accords intérimaires qui constituent une menace pour les processus d'intégration régionale.

- Recommande a l'inverse que soit reconnu le droit des pays en développement de protéger leurs marchés des importations afin de garantir leur sécurité alimentaire et leur développement économique et social dans le cadre de stratégies régionales d'intégration. (1)

10

-- 11 --

III. L'Union européenne et l'Afrique : les défis de la cohérence

La cohérence des instruments de l'UE exige un effort politique et administratif de longue haleine. Sans les ressources humaines et financières appropriées, la cohérence ne prendra pas corps. La voie est donc ouverte aux dynamiques de réseaux et de partage d'expérience, aux phases d'expérimentation et aux tests de motivation politique. Comme dans d'autres domaines de l'action extérieure, la cohérence, si elle gagne en épaisseur, le fera au moyen des géométries variable. La clarification de la représentation politique de l'Union, si elle a bien lieu, devrait jouer un rôle clé d'impulsion à cet égard.

Les discussions de la gouvernance multipolaire et l'interdépendance financière économique et commerciale concernent aussi l'Afrique qui devient de plus en plus imbriquée dans la mondialisation. Les enthousiasmes suscités par le continent ne doivent pourtant pas faire oublier sa diversité. Les transformations en cours doivent inspirer une réorientation de la cohérence des politiques globales de l'UE en coordination avec d'autres niveaux d'action au plan régional et national.

L'Afrique depuis une décennie, est sur la voie d'une «structuration stratégique» dans tous les domaines des affaires internationales. Face à ces changements, l'UE a fait preuve de cohérence : elle a accompagné les institutions panafricaines et sous -régionales dans leurs projets tout en cherchant négocier des relations thématiques qui répondaient aux principes de ses traités. Des déficits de cohérence perdurent cependant : ambivalences des accord de partenariat économique, externalisation et durcissement-au moins rhétorique- sur les politiques migratoires, et surtout besoin de stratégies régionales plus concertées avec les autres organisations.

L'Afrique change vite, mais les institutions changent lentement, et les défis régionaux que l'UE se dit prête à relever avec cohérence concernent le long terme. Les innovations et les transformations, pour être cohérentes, devront s'inscrire et être évaluées dans la durée. Le remplacement des cadres de coopération Cotonou n'est donc qu'une étape intermédiaire vers la formulation de nouvelles cohérences à inventer en partenariat avec l'ensemble des acteurs africains qui comptent. Chez les puissances régionales qui représentent des marchés potentiels pour les produits européens, l'UE est partagée entre ses intérêts économiques et ses exigences politiques. Ceci dit, les investisseurs européens n'attendent pas l'Union européenne pour s'engager et tenter de gagner des parts de marché.

11

Le profil bas de la diplomatie de l'Union et des Etats membres leur permet d'avancer dans un climat qui n'est, à quelques exceptions près pour certains Etats membres, marqué par aucune tension politique majeure.

--' 12 --'

Dans la gestion de crise, que l'Union ait affaire à une anarchie sécuritaire généralisée ou à des leadeurs manipulateurs et autoritaires, l'une des conditions essentielles de la cohérence européenne dépend de la qualité des analyses de terrain produites par le personnel européen, indispensables pour un suivi exigeant des dossiers politico-militaires par une diplomatie collective. De plus, sans appropriation africaine, les efforts de gestion de crise de l'Union demeureront vains et se solderont par un échec.

Face aux crises politiques, la tendance est au multilatéralisme : l'UE n'agit plus seul mais en coordination avec d'autres. Elle participe à des groupes de contact internationaux plus ou moins efficaces, elle soutient des médiations régionales et des initiatives bilatérales africaines.

Les transformations des pays africains appellent donc à une approche à la fois normalisée et différenciée. Une approche qui s'émancipe des cadres cohérents existants pour se concentrer au cas par cas sur ceux qui comptent : les puissances régionales et les pays tiers qui assurent la responsabilité de leur gouvernance, présentant ainsi un double potentiel de stabilité et force de changement. En l'absence de tels interlocuteurs africains porteurs de stabilité et de changement, l'UE pourra oeuvrer à sa cohérence interne (par les instruments) mais sous garantie immédiate ou à court terre d'efficacité ou d'influence.

L'action extérieure européenne en Afrique subsaharienne reste dominée par les anciennes puissances coloniales dont les approches bilatérales atteignent leurs limites aussitôt que l'agenda implique d'autres acteurs géographiques. Face à l'africanisation des gestions de crise (CER, Union africaine), elles doivent marquer le pas et respecter les logiques d'appropriation. Dans ce cas, elles ont intérêt à s'allier aux autres européens pour faire valoir leur stratégie et s'appuyer sur les ressources financières, normatives et humaines de l'Union.

Au niveau global et régional, elles ne sont que parties aux processus d'harmonisation des normes et de régulation de l'aide publique au développement, des échanges commerciaux ou du maintien de la paix.

Là encore, leur expertise et leur expérience est incommensurablement appréciable, mais leur agenda bilatéral, s'il demeure ambigu ou contradictoire (critiques politiques ouvertes mais maintien de l'aide, européanisation de façade mais maintien d'une logique de sphère d'influence par exemple, risquera de les desservir tôt ou tard).

12

De la même manière, les institutions communautaires, malgré leurs atouts irremplaçables, sont pinsonnières de leurs propres procédures et incohérences administratives dont seuls les Etats, grâce à leur autorité politique, peuvent exiger la

 
 
 

--' 13 --'

rectification. Les solutions sont sans doute à trouver dans des initiatives de réseaux mêlant autorités et politiques, experts nationaux et des institutions de Bruxelles ou en délégation et experts extérieures. La nature hybride du SEAE, à cet égard, représente grande opportunité, pour autant que les efforts de diffusion de l'expertise et de professionnalisation du personnel soient accrus.

En définitive, les rapports de force à l'oeuvre autour des enjeux de cohérence favorisent ceux qui maîtrisent le plus précisément -généralement grâce à leur connaissance et leur expérience du terrain-les sujets euro-africains et qui sont les seuls à même de justifier la valeur ajoutée d'une approche sincèrement collective.(2)

1. Politique de développement subordonnée?

Dans ses déclarations de politique extérieure , l'UE ne cesse d'insister sur l'importance et la nécessité d'une plus grande cohérence et d'une articulation plus étroite entre les différentes politiques (commerce ,pêche , agriculture, politique migratoire, etc..) et stratégies communes , objectif qui est également clairement énoncé dans le consensus européen : « Nous réaffirmons notre engagement à promouvoir la cohérence des politiques pour le développement ,en garantissant à cette fin que l'UE tient compte des objectifs pour la coopération ou développement dans toutes les politiques qu'elle met oeuvre et qui sont susceptibles d'affecter les pays en développement , et que ces politiques soutiennent des objectifs en matière de développement» (2006,art . 9).

En principe donc, la recherche de la cohérence devrait aussi guider les autres valets de la politique extérieure de l'UE, dialogue politique et surtout politique commerciale.

En témoignent les nouveaux accords de partenariat économique (APE) que l'Union cherche à conclure avec les pays ACP et qui visent à faire aboutir le volet commercial des accords de Cotonou (2000) officiellement motivés par la lutte contre la pauvreté, les accords de Cotonou (3) ont marqué la fin d'une relation historique privilégiée avec les ACP, fondée depuis plusieurs décennies sur un régime commercial préférentiel (4), en programmant la suppression progressive des préférences , l'instauration d'une régime de réciprocité commerciale et la création de zones de libre-échange via un soutien a l'intégration régionale.

13

--' 14 --'

2. Nouvelles orientations internationales de l'aide publique au développement (APD)

Si les réponses de la communauté internationale se sont longtemps fait attendre, son réveil n'en a pas mains été «soudain» au sommet du Millénaire des Nations unies à New York, en 2000, 177 chefs d'Etat et de gouvernement adoptent solennellement les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), consacrant ainsi les stratégies officielles de lutte contre la pauvreté comme nouveau cadre mondial de référence pour les politiques de développement (Alternatives sud ,2006). Tout en s'accordant sur des objectifs chiffrés et des indicateurs mesurables assortis de délais, les pays développés y prendront également l'engagement ferme d'accroitre le volume d'aide et d'améliorer son efficacité , d'alléger la dette des pays les plus pauvres et d'offrir au sud de nouvelles perspectives commerciales dans le cadre d'un «partenariat mondial» Nord -sud renouvelé. S'ensuivront un nombre impressionnant de rendez -vous internationaux majeurs destinés à traduire ces promesses en actes et les bonnes intentions en politiques concrètes : conférence des Nations unies de Monterrey sur le financement du développement (2002), premier forum de haut niveau de Rome sur l'harmonisation et l'alignement des aides coorganisé par l'OCDE et la Banque mondiale (2003) , sommet mondial des Nations unies sur le développement durable de Johannesburg (2004), sommet du G8 de Gleneagles (2005) la pauvreté en Afrique , et surtout deuxième forum de haut niveau de Paris sur l'harmonisation et le renforcement de l'efficacité de l'aide (2005).

Outre la promesse d'accroître progressivement le volume d'aide, et de mettre la lutte contre la pauvreté et la réalisation des OMD au centre des priorités internationales, les donateurs finiront par s'accord sur cinq principes directeurs communs :

- appropriation

- alignement

- harmonisation

- gestion axée sur les résultats

- responsabilité mutuelle, dont la mise en oeuvre est supposée augmenter les effets de l'aide. Véritable pièce maîtresse de cette nouvelle architecture de l'aide, la déclaration de Paris formalisera ces nouvelles orientations , les déclinera en mesures concrètes à mettre en oeuvre , et leur adjoindra un cadre de suivi des engagements pris et des

14 indicateurs de progrès .

 

Les objectif sont clairement énoncés, il s'agit de permettre aux gouvernements du sud d'exercer le leadership dans la planification et l'exécution des

 
 

--' 15 --'

programmes d'encourager «une large participation d'acteurs nationaux très divers à la définition des priorités en matières de développement» et de favoriser ainsi une meilleure appropriation («ownership») locale des aides (Déclaration de Paris, art. 38).(5)

En fin, donateurs et partenaires doivent conjointement mettre sur pied des dispositions et mécanismes (contrôle parlementaire , droit de regard de la société civile , outils de communication ,et c... qui puissent «renforcer la responsabilité mutuelle et la transparence concernant l'utilisation (...) des ressources affectées au développement » et s'engager à «unir leurs efforts dans le cadre d'une approche participative afin de renforcer les capacités des pays à instaurer une gestion axée sur les résultats» (art.46)(6) vaste programme en somme, destiné à jeter les bases pour la décennie à venir d'un nouveau paradigme de la coopération au développement .

15

-' 16 -'

CONCLUSION

Nous sommes arrivés à la fin de notre étude qui s'est intitulée « L'Union européenne et la question du développement».

Comme cela a été démontré lord de l'analyse de cette étude, l'union européenne prône qu'il y ait développement d'abord dans des pays du sud tout en définissant une politique au développement bien établit pavant permettre à ces pays de bénéficier de l'aide de cette organisation. Ainsi, pour arriver à aider les pays dus sud de s'en sortir, l'UE a signé des accords de partenariat avec les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique(APC) tels que les accords de Lomé de 2000, les accords de Cotonou de 2000. Mais toutefois, les accords de Lomé sont en train d'être révisés suite aux réformes d'aide au développement.

Deuxièmement, l'Union européenne prône aussi le développement aux pays en développement, en mettant également certains mécanismes liés aux programmes des OMD(objectifs du Millénaire pour le développement. Ces OMD sont l'oeuvre des Nations unies ; les Nations unies ont mis cette stratégie ou ce programme pour réduire en moitié la pauvreté dans le monde et les priorités qui ont été prises par les Nations unies sont automatiquement insérées dans la vision de l'UE concernant le développement.

En effet, concernant ses programmes au développement, l'UE n'arrive pas vraiment à réaliser comme qu'elle voulait, son programme au développement, c'est pourquoi elle a reformé son aide au développement ; mais toutefois, en ce qui concerne certains secteurs comme le secteur de l'éducation ou de la santé, elle arrive qu'à même à gagner le pari surtout dans certains pays des ACP lors des interventions aux épidémies qui frappent certains de ces pays ACP. Mais certains secteurs posent toujours de problèmes comme le secteur de transport, de la gestion durable de l'environnement, de la bonne gouvernance, la démocratie et les droits du commerce et de l'intégration régionale.

Pour promouvoir le développement, l'UE a fait de 2015 l'année européenne pour le développement mais chose qui n'a pratiquement pas marché suite aux difficultés de manque de la cohérence. C'est grâce à ce manque de la cohérence que l'UE a lancé les défis de la cohérence, ainsi qu'il y a eu des réformes en matière d'aide au développement.

16

Toujours dans le cadre de promouvoir le développement, l'UE a donc alloué un milliard d'euros supplémentaires pour aider 79 pays d'Afriques, des Caraïbes et du Pacifique pour lesquels ils n'ont que peu progressé. Il y a eu aussi certains mécanismes comme l'appropriation ou la gestion axée sur les résultats qui bloquent la réussite de programme de l'UE d'aide au développement qui font douter

~ 17 ~

un grand nombre des pays des ACP voire même des pays en développement , que ces éléments permettent à l'UE d'asseoir sa suprématie ou son autonomie pour bénéficier plus au regard des autres tout en utilisation l'expression «réduire ou lutter contre la pauvreté» .

Dans le souci de mieux être convoquant étant donné que nous sommes des êtres humains, nous sommes tolérants si ce travail pratique arrive à subir des critiques et des encouragements ; car en défaut de temps, conscients que nous sommes, nous n'avons pas abordé tous les paramètres liés à cette étude. Donc, votre avis ou votre argument sera accepté et pris en compte.

17

-' 18 -'

BIBLIOGRAPHIE

1. Damien H, Cahier de Chaillot-n° 123,30 novembre 2010

2. CONCORD, «Scandaleux manque de progrès dans l'aide européenne promise aux pays en développement», communiqué de presse, 4 avril 2008.

3. «Consensus européen pour le développement», in journal officiel de l'UE, 22 février 2006.

4. La coordination nationale des ONG française de solidarité internationale, «Les accords de partenariat économique UE-pays ACP», texte en ligne sur : http://www.coordinationsud.org, consulté le 04 juin 2016.

5. Déclaration de Paris, article 38

6. Déclaration de Paris, article 46

7. http://www.iss.europa.euttr/ publications / detail - page / article/lue-et-lafrique-les-defis-de-la-coherence/.

8 .http://www.cetri.be/ aide-au-developpement-de-l-union

9. http://europa.eu/pol/dev/index-tr.htm

10. http://www.cainn . infa/revie-critique-international-2011-4-page-83.htm.

18

-' 19 -'

INTRODUCTION 1

1. LES PAYS D'AFRIQUE, DES CARAÏBES ET DU PACIFIQUE(ACP) 2

2. ASIE ET AMÉRIQUE LATINE 3

3 .PAYS MÉDITERRANÉENS ET MOYEN-ORIENT 3

4. LES PAYS VOISINS DE L'EST 3

5. LES NOUVEAUX DÉFIS DE L'AIDE EUROPÉENNE. 4

1. LE COMMERCE ET L'INTÉGRATION RÉGIONALE 5

OBJECTIFS : 5

2. LES INFRASTRUCTURES (TRANSPORTS ET COMMUNICATIONS) 5

OBJECTIFS : 5

3. L'EAU ET L'ÉNERGIE 5

5. LE DÉVELOPPEMENT RURAL, L'AGRICULTURE ET LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE 6

6. LA GOUVERNANCE, LA DÉMOCRATIE, LES DROITS DE L'HOMME ET APPUI AUX RÉFORMES

ÉCONOMIQUES ET INSTITUTIONNELLES 6

7. LA PRÉVENTION DES CONFLITS ET DE LA FRAGILITÉ DES ETATS 7

OBJECTIFS : 7

8. LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN (SANTÉ ET ÉDUCATION), LA COHÉSION SOCIALE ET EMPLOI 7

OBJECTIFS : 7

1. MONTANT DE L'AIDE DÉVELOPPEMENT DE L'UE 8

2. ERADIQUE LA PAUVRETÉ POUR LE NOUVEAU MILLÉNAIRE 8

3. PROMOUVOIR LE DÉVELOPPEMENT EN 2015 8

4. APRÈS 2005 9

5. AIDER LES PAYS ET LES POPULATIONS À SORTIR DE LA PAUVRETÉ 9

6. LES ACCORDS DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE UE-PAYS ACP 9

1. POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT SUBORDONNÉE? 13

2. NOUVELLES ORIENTATIONS INTERNATIONALES DE L'AIDE PUBLIQUE AU

DÉVELOPPEMENT (APD) 14

CONCLUSION 16

BIBLIOGRAPHIE 18

TABLES DE MATIERES 19

19

-' 20 -'

20






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Le don sans la technique n'est qu'une maladie"