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Production durable du cacao en Côte d'Ivoire.

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par Sika Gautier ADOMON
Université Jean Moulin Lyon 3 - DU 2014
  

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CHAPITRE II : LES FACTEURS DE LA CRISE DU CACAO

Ce chapitre montre les causes structurelles et sociales de la baisse de la production du cacao en Côte d'Ivoire. Il décrit d'une part les causes structurelles dues au vieillissement du verger, au mode de culture traditionnelle et à la réduction des parcelles et les facteurs socio économiques de la baisse, notamment la chute des cours mondiaux et la faiblesse des unités de transformation d'autre part.

SECTION I : LES CAUSES DE LA CHUTE DE LA PRODUCTION DU CACAO

Cette section est divisée en deux paragraphes. Le premier paragraphe évoque les défaillances structurelles comme les principales raisons de la chute de la production du cacao. En effet, le manque d'entretien du verger va occasionner son vieillissement et l'apparition de maladies. Le second paragraphe, quant à lui, aborde les aspects conjoncturels de la crise.

I) LES DÉFAILLANCES D'ORDRE STRUCTUREL

A) Un mode de culture traditionnel

L'expansion des champs de cacao s'est fait depuis l'indépendance par la destruction abusive du couvert forestier. En effet, selon les statistiques du ministère de la forêt, les plantations de cacao et de café ont contribué à 25% au déboisement des forêts, réduisant fortement les espaces culturales. Par ailleurs, plus de 60 % des plantations de cacao, ont été créées par un défrichement de forêt (TANO Maxime).

Malgré son rang de premier producteur mondial de cacao, le mode d'exploitation agricole est demeuré de type familial et non mécanisé. Les outils utilisés par les paysans sont demeurés identiques à ceux de 1960, c'est-à-dire la machette, la hache et la daba. La famille reste la principale source de main d'oeuvre, environ 94 % des producteurs ont eu recours à une main d'oeuvre familiale non payante constituée de l'épouse du producteur, des enfants et des autres membres de la famille qui travaillent dans les exploitations comme aides familiaux (Tano Maxime). Parfois, le métayage est la technique utilisée pour palier ou faire face à la cherté de main d'oeuvre. C'est un mode d'exploitation dans lequel l'emprunteur, le métayer, exploite une partie ou la totalité de la plantation moyennant une part de la récolte. Dans la zone de l'Est, 48,79 % des producteurs pratiquent le métayage. Au Sud-ouest, 37,28 % des planteurs ont confié une cacaoyère à un métayer (Kouadio Tano, 1987).

B) Le déplacement de la zone de production

Située au Sud-Est de la Côte d'Ivoire, entre 1950 et 1960, la zone de forte production de cacao (boucle du cacao) va se déplacer pour se retrouver actuellement à l'Ouest et au sud-Ouest du pays. Mais entre 1970-1980, la boucle du cacao était dans la région du Centre-Ouest. Ce phénomène observé aussi au Ghana dans les années 1970-1980 (François RUF) est, la conséquence du mouvement des planteurs à la recherche de nouvelles forêts. Ce processus correspond à la prise en compte par les planteurs du vieillissement de la première plantation, de la baisse des rendements et des revenus. L'histoire de la production cacaoyère a ainsi fonctionné. François Ruf (booms et crises du cacao) et Freud Ellen et alii (les champs de cacao), décrivent très bien cette situation. Au début du 20éme siècle, l'Amérique du sud fournissait les 2/3 de la production mondiale. Cette hégémonie sera inversée dans les années 60 par le continent africain, avec une production mondiale de 75%. A l'échelle d'un pays, ce phénomène était déjà remarquable en 1961 avec le Ghana qui supplantait le Brésil, premier producteur mondial de cacao. Depuis 1977, la Côte d'Ivoire lui a ravi cette place de leader mondial avec 40 % des parts de marché. De même, la Malaisie qui représentait jusqu'en 1985 le premier producteur de cacao du continent asiatique, a été supplantée par l'Indonésie en 1990 avec une part de marché estimée à 17 % de la production mondiale. L'autre conséquence de la chute des prix du cacao est le traitement irrégulier des champs de cacao. Par exemple, le nombre de pompages recommandés pour une exploitation cacaoyère de 4 hectares est de 4. Ce traitement doit s'effectuer en décembre, janvier, juillet et août (KOUADIO JM et alii). La prolifération des maladies (swollen shot24(*), pourriture brune des cabosses) a conduit beaucoup de producteurs à l'abandon leurs cacaoyers. Deux facteurs fondamentaux permettent d'expliquer la propagation des maladies dans les plantations. Il s'agit du vieillissement des vergers et de l'insuffisance de pesticides et de fertilisants pour le traitement dans les délais indiqués, des plantations.

* 24 Voir description de la maladie en annexe

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault