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La francophonie et la médiation dans la crise ivoirienne de 2002 à  2010.

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par Sika Gautier ADOMON
Université Jean Moulin Lyon 3 - Master 2 2014
  

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C) METHODE DE TRAVAIL

1) Source et la recherche documentaire

Les données de notre étude proviennent de sources primaires (documents officiels) et de recherche documentaire (bibliothèque et internet). Nous présenterons nos sources avant d'entamer la démarche utilisée pour répondre à notre question centrale.

Les documents officiels concernent la Charte de la Francophonie et les Déclarations de Bamako et de Saint Boniface, l'Accord politique de Ouagadougou, les actes du Symposium international de Bamako +5et les communiqués du conseil permanent de la francophonie, les rapports du comité consultatif de l'OIF sur la crise ivoirienne.

La recherche documentaireest relative à la quête de l'information en bibliothèque ou en ligne pour améliorer notre compréhension sur la résolution des conflits et particulièrement, la médiation de la Francophonie. Dans ce sens, l'ouvrage « Médiation et facilitation dans l'espace francophone: Théorie et Pratique » nous a été d'une grande utilité ainsi que les actes de la retraite sur la médiation francophone du 15 au 17 février 2007 à Genève.

2) La démarche méthodologique

Notre démarche consistera à montrer que l'OIF a opéré une mutation pour devenir un acteur des relations internationales. Organisation à vocation culturelle, cette évolution de la Francophonie vers la dimension politique s'est effectuée à partir du Sommet de Hanoï et s'est renforcée avec la Déclaration de Bamako sur « la démocratie, l'état de droit et les droits de l'Homme », et la Déclaration de Saint Boniface sur « la prévention des conflits et la sécurité humaine ». L'OIF se dote ainsi de normes et de valeurs qui encadrent son action. Cette volonté de changement est le fruit d'actions concertées des deux francophonies (avec f et F), tirant ainsi sa source de la théorie institutionnaliste.En effet, « une organisation intergouvernementale s'institutionnalise quand elle se renforce à travers des textes, dispose de ressources fonctionnelles et incarne quelque chose de plus que les Etats pris individuellement16(*) ».Pour Stéphane Roussel, le terme « institution ici désigne des règles ou des normes permanentes, formelles ou informelles qui prescrivent des comportements aux acteurs, encadrent leurs activités et conditionnent leurs attentes ou leurs calculs. Elles sont généralement, mais pas exclusivement, le produit de la volonté des acteurs, et ceux-ci se plient aux contraintes qu'elles imposent en toute conscience17(*) ». Partant de cette définition, nous pouvons affirmer à la suite de David Morin18(*) que « la Francophonie constitue donc l'institutionnalisation de la francophonie (sans majuscule), au sens où l'OIF constitue une communauté culturo-politique institutionnalisée des sociétés « ayant le français en partage ».

Ainsi, à travers les Déclarations de Bamako et de saint Boniface, la Francophonie apparaît comme un acteur de résolution des conflits, disposant de principes et de mécanismes de prévention et de réaction.Dansson rôle d'acteur politico-sécuritaire, la Francophonie intervient à différents moments d'une crise. Elle accompagne les états membres,à travers des mesures structurelles, dans l'amélioration de l'état de droit et la démocratie. A l'éclatement d'une crise, la Francophonie envoie des missions auprès des autorités et des protagonistes. Cette mission vise à rétablir les conditions de dialogue entre les parties afin de trouver une solution consensuelle.La Francophonie fait aussi de la consolidation de la paix, à travers l'accompagnement des processus électoraux et l'observation électorale. Toutefois, elle peut prononcer des mesures coercitives à l'endroit d'un état membre, lorsqu'il y a rupture de démocratie et violations massives des droits de l'homme. Par contre, la Francophonie n'intervient pas dans les opérations de maintien de la paix, mais elle encourage les états membres à envoyer des contingents.

Notre étude se situe dans le cadre des actions de prévention et de réaction de l'OIF, et les actions qu'elle a pu mener en rapport avec la médiation et la consolidation de la paix.

Concernant la médiation, nous avons indiqué, que le contexte mondial favorise plusieurs tiers dans l'intervention d'un conflit en vue de trouver une solution. De plus en plus, nous assistons à la mise en place des groupes de contact ou des mécanismes de suivi des accords. Cette technique qui a l'avantage de réunir tous les intervenants, peut être source de conflit quand les intérêts des médiateurs sont divergents. Car, certains médiateurs peuvent se servir du conflit pour accroitre leur influence.

Notre analyse s'est basée sur l'étude de Milena DIECKHOFF19(*) « la médiation internationale dans la résolution des conflits : un regard théorique ». Elle analyse la médiation sous l'angle des théories des relations internationales. Au regard de la théorie réaliste, elle est perçue comme un moyen d'exercice du pouvoir, car la médiation envisage le conflit comme inhérent aux relations internationales. Dans son approche du Hard realism, Louis Kriesberg20(*), voit dans l'intervention du tiers dans les résolutions des conflits comme un fait des grandes puissances. En outre, le contexte actuel favorise l'intervention d'une multitude d'acteurs, de nature très différente. En effet, « la liste des médiateurs potentiels dans les crises et les conflits internationaux est vaste : un État, un groupe d'États, des organisations gouvernementales internationales, des organismes privés transnationaux, des individus privés, ou n'importe quelle combinaison entre ces acteurs21(*) ». Cette profusion de médiateurs diverses est de nature à créer une concurrence entre eux. Mais « une puissance moyenne ou d'une organisation internationale, interviendra uniquement pour promouvoir ses propres intérêts dans la résolution du conflit22(*) ». Quant aux interventions des organisations internationales,régionales« leurs motivations devraient êtrede promouvoir des valeurs universelles et au premier chef la paix »23(*).

L'intervention de la Francophonie dans la médiation de la crise ivoirienne, si elle vise à promouvoir ses valeurs de paix, de diversité culturelle, de partage et de dialogue, elle est perçue comme un fait des grandes puissances, au vue de sa structure de financement.

En conclusion, notre travail vise à montrer que l'OIF a su faire sa transformation.D'organisation à vocation culturelle, elle s'est imposée sur la scène internationale comme un acteur politique majeur. A cette dimension politique, s'associe une fonction sécuritaire, de recherche de la paix, depuis la Déclaration de Bamako, renforcée par celle de Saint Boniface. Ainsi, elle est fondée à intervenir dans le règlement des conflits qui éclatent au sein de ses états membres. Mais, cette intervention, à côté d'autres acteurs peut être source de conflit, à cause des intérêts divergents des médiateurs. En outre, l'action de la Francophonie peut être perçue comme celle des grandes puissances.

* 16 Frédéric RAMEL, Note de cours de Francophonie et Relations internationales, 2014-2015

* 17 Stéphane ROUSSEL, « l'insertion de la coopération et des institutions internationales dans la logique de l'anarchie », GLOBE, revue de recherche et d'études universitaires en sciences politiques, n°5 Hiver 1995,p.51

* 18 MASSIE Justin et MORIN David, « Francophonie et opérations de paix. Vers une appropriation géoculturelle », Etudes internationales, vol.42, n°3, 2011 p.315.

* 19 DIECKHOFF Milena, « La médiation internationale dans la résolution des conflits : un regard théorique" Fiche n° 6 de l'IRSEM, janvier 2011, http://www.irsem.defense.gouv.fr/ consulté le 6 janvier 2015, 14 p., 706 ko

* 20KRIESBERG (Louis) «The growth of the Conflict Resolution Field», in Chester A. CROCKER et alii, Turbulent peace: The Challenges of Managing International Conflict, Washington: United States Institute of Peace Press, 2001, p. 407-426

* 21idem

* 22 Touval SAADIA et al dans « la médiation internationale dans la résolution des conflits : un regard théorique » de Milena DIECKHOFF

* 23 Jonathan Wilkenfield et al dans « la médiation internationale dans la résolution des conflits : un regard théorique » de Milena DIECKHOFF

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