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Activité anti-oedémateuse de l'extrait aqueux des feuilles de petiveria alliacea ; de moringa oleifera et de ocimum gratissimum


par Dona Géraud Enock Gbedinhessi
Université d'Abomey-Calavi - Licence Professionnelle 2017
  

Disponible en mode multipage

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    Institut National de la Jeunesse, de L'Education Physique et du Sport(INJEPS)

    Université D'Abomey-Calavi (UAC)

    MEMOIRE

    POUR L'OBTENTION DE LA LICENCE PROFESSIONNELLE EN
    SCIENCES ET TECHNIQUES DES ACTIVITES PHYSIQUES ET
    SPORTIVES (STAPS)

    OPTION : Education Physique et Sportive (EPS)

    Activité anti-oedémateuse de l'extrait aqueux des

    feuilles de Petiveria alliacea ; de moringa oleifera et de Ocimum gratissimum

    Réalisé et Présenté par :

    GBEDINHESSI Dona Géraud Enock

    Encadré par : Sous la Supervision du

    Dr Wilfrid K. D-D AGBODJOGBE Pr Pierre H. DANSOU

    Assistant Professeur titulaire CAMES

    Décembre 2017

    DEDICACE

    A

    Mon Père Thomas F. GBEDINHESSI et à ma Mère Denise G. ALOHOUTADE

    II

    REMERCIEMENTS

    Au Directeur du Laboratoire de la Physiologie de l'effort (LAPEF) de l'INJEPS, Professeur Pierre H. DANSOU, Titulaire de CAMES, pour tout ce qu'il a fait pour l'institution et pour notre formation en particulier ;

    Au Docteur Wilfrid K. D-D AGBODJOGBE, Enseignant Chercheur à l'Institut National de la Jeunesse de l'Education Physique et du Sport (INJEPS) qui a dirigé ce travail. L'accueil, la générosité, l'encouragement, la rigueur et le soutien dont vous avez toujours fait preuve durant le suivi de ce travail nous ont énormément fascinés. Vous étiez pour moi un modèle, soyez rassuré ici de ma reconnaissance et mon estime ;

    Au Docteur Alban HOUGBEME, pour sa disponibilité ses conseils et la qualité du suivi. Recevez toute ma gratitude et ma reconnaissance ;

    Au Doctorant Clément GANDONOU du Laboratoire de Pharmacognosie et des Huiles Essentielles pour la franche collaboration dont il a fait preuve ;

    Au personnel administratif de l'INJEPS dirigé par le Professeur Kossivi ATTIKLEME, Titulaire de CAMES ;

    A tous les enseignants de l'INJEPS qui n'ont ménagé aucun effort pour contribuer à notre formation ;

    A mes Frères et Soeurs, recevez ce mémoire comme preuve de ma profonde gratitude pour les soutiens et efforts consentis durant ma formation ;

    A tous les stagiaires de l'annexe du Laboratoire de Pharmacognosie et des Huiles Essentielles sis à Porto-Novo et surtout OUSSA ZANNOU Noëlie pour leur franche collaboration et le tutorat sans lesquels ce document ne serait réalisé ;

    A nos collègues et amis pour les sympathiques moments que nous avons passés ensemble. La route est longue mais l'arrivée sera belle ;

    Mes remerciements sont particulièrement adressés aux honorables membres du jury qui ont accepté apprécier ce document afin de le rendre plus utile pour la communauté scientifique.

    III

    SOMMAIRE

    LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS . Iv

    LISTE DES TABLEAUX v

    LISTES DES FIGURES vi

    LISTE DES PHOTOS . vii

    INTRODUCTION 1

    REVUE DE LITTERATURE 4

    HYPOTHESES ET OBJECTIFS 18

    CADRE, MATERIEL ET METHODES 20

    RESULTATS 29

    DISCUSSION . 34

    CONCLUSION ET PERSPECTIVE . 37

    REFERENCES 39

    TABLE DES MATIERES . 45

    ANNEXES a

    iv

    LISTE DES SIGLES

    LAPEF : Laboratoire de la Physiologie de l'Effort

    INJEPS : Institut National de la Jeunesse, de l'Education Physique et du Sport

    CBRST : Centre Béninois de la Recherche Scientifique et Technique

    V

    LISTE DES TABLEAUX

    Tableau I : Exemples de plantes médicinales douées d'activités anti-inflammatoires . 10

    Tableau II : Récapitulatif des réactions spécifiques de chaque classe de composé chimique

    lors du screening phytochimique . 25

    Tableau III : Échelle de toxicité aigüe des produits chimiques 26

    Tableau IV : Echelle de toxicité aigüe de Hodge et Sterner .. 26

    Tableau V : Résultats des analyses phytochimiques .. 30

    Tableau VI : Rendement de décoctions de feuilles de Petiveria alliacea, de moringa

    oleifera et de Ocimum gratissimum........................................................................... 31

    Tableau VII : Effet de l'extrait aqueux des feuilles de : Petiveria alliaccea, Moringa oleifera et Ocimum gratissimum sur l'oedème de la patte de rat induit par le formol

    1% 33

    vi

    LISTES DES FIGURES

    Figure 1 : Mécanisme d'action des glucocorticoïdes 9

    Figure 2 : Mécanisme d'action des AINS . 9

    Figure 3 : Carte de la ville de Porto-Novo 21

    VII

    LISTES DES PHOTOS

    Photo 1 : la feuille de Petiveria alliacea 11

    Photo 2 : la feuille de Moringa Oléifera 14

    Photo 3 : la Feuille de Ocimum Gratissimum 16

    Photo 4 : Rat wistar . 23

    INTRODUCTION

    2

    L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) éprouve aujourd'hui d'énormes difficultés à couvrir la santé pour tous, en raison de la persistance et la recrudescence des maladies chroniques [1]. Parmi ces maladies chroniques, on peut citer les maladies inflammatoires. L'inflammation est une réaction de défense de l'organisme à diverses agressions qui peuvent être d'origine physique, chimique, biologique (réponse immunitaire) ou infectieuse [2]. Tout organisme normal peut alors souffrir de l'inflammation. Elle peut se manifester par divers symptômes tels que l'oedème (tuméfaction ou tumeur), la douleur et la chaleur ou la fièvre. Pour le traitement, les anti-inflammatoires stéroïdiens (glucocorticoïdes) et non stéroïdiens (AINS) comme l'aspirine sont largement prescrits en raison de leur efficacité dans la prise en charge de la douleur, de la fièvre, de l'inflammation et des troubles rhumatismaux [2].

    Cependant, leur utilisation thérapeutique à long cours est souvent associée à des effets indésirables tels que les ulcères gastro-intestinaux et l'insuffisance rénale [3]. Ces effets indésirables sont généralement liés à l'inhibition des isoenzymes cyclo-oxygénases (COX1 et COX 2) par les AINS classiques. La COX1 est constitutive et joue un rôle physiologique en maintenant l'intégrité des tissus, tandis que la COX2 est inductible, sa synthèse est stimulée par le TNF et l'interleukine1. L'apparition des AINS sélectifs de la COX2 appelés coxibs vient réduire les effets secondaires gastrointestinaux, mais ils induisent un risque cardio vasculaire [4].

    Dans ce contexte, le recours aux ressources naturelles et plus particulièrement aux plantes médicinales devient une importante alternative à explorer avant de découvrir des médicaments efficaces à moindre effets secondaires [5].

    Plusieurs plantes anti-inflammatoires ont été identifiées telles que Cymbopogon citratus (DC.) Stapf, Eucalyptus camaldulensis Dehn, Eucalyptus citriodora, Dissotis rotundifolia, Cissus quadriagularis, Sterculia setigera Del, Aframomum melegueta K. Schum, Citrus aurantifolia Christm et Panzer [6]. Le répertoire de ces plantes a été élargi et a ressorti trois plantes plus utilisées par la population de la Commune de Porto-Novo. Il s'agit de : Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum.

    Ces plantes pourraient être utilisées en lieu et place des produits pharmaceutiques devenant de plus en plus chers pour la population indigène. Malheureusement, malgré leur grande utilisation par les populations, les feuilles de dPetiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum ont fait très peu, objet de travaux scientifiques au Bénin.

    La présente étude a pour objectif de donner des bases scientifiques à l'utilisation de ces trois plantes en médecine traditionnelle.

    3

    De ce point de vue, nous nous posons la question de savoir si ces plantes utilisées sont faiblement toxiques et ont réellement un effet anti-oedémateuse ? Ainsi, se justifie l'importance de notre étude sur l'activité anti-oedémateuse des feuilles de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum.

    La présente étude est organisée comme suit : après l'introduction, nous aurons la revue de littérature suivie des hypothèses et objectifs de travail, la description du matériel et des méthodes, la présentation des résultats et enfin la discussion suivie de la conclusion et perspectives.

    REVUE DE

    LITTERATURE

    5

    L'ossature de cette revue de littérature se présente : en primo la clarification des concepts et enfin, les généralités sur les plantes utilisées comme anti inflammatoire.

    I. CLARIFICATION DES CONCEPTS

    I.1. La Plante médicinale

    Une plante est un organisme vivant qui utilise la photosynthèse pour fabriquer sa propre nourriture en puisant dans le sol et dans l'air les éléments nécessaires. Elle est constituée de cellules dont leur taille et leur forme varient. La plupart sont composées de racines, tiges, feuilles et d'écorces. Ce sont des plantes à fleurs qui se reproduisent par graines. L'utilisation de ces plantes en phytothérapie, améliore la santé des populations [7].

    I.2. La Phytothérapie

    La phytothérapie, du grec «phyton» qui signifie végétal et «therapein» ; soigner, est étymologiquement l'art de soigner par les plantes. La phytothérapie emploie les principes actifs végétaux regroupant les substances végétales. Ainsi, un médicament à base de plantes, ou phytomédicament, est un médicament dont les substances actives sont exclusivement des substances végétales ou préparations à base de plantes, seules ou en association [8]. Les préparations à base des plantes végétales sont des produits homogènes obtenus par décoction, trituration, infusion, macération etc. [8].

    I.3. La décoction

    La décoction est l'extraction d'une substance contenue dans une plante aromatique ou médicinale ayant une valeur thérapeutique. Il faut faire bouillir la plante dans de l'eau pour récupérer les principes actifs. On obtient ainsi une décoction. Cette méthode est utilisée en herboristerie, en cuisine et en brasserie (préparation de la bière) [9].

    I.4. L'infusion

    C'est la méthode d'extraction la plus courante. L'infusion consiste à verser de l'eau bouillie à 80° sur des feuilles ou des fleurs et à les laisser infuser pendant quelques minutes. Cette méthode permet d'extraire les principes actifs des plantes ainsi que leurs arômes [10].

    I.5.

    6

    La macération

    La macération est une méthode d'extraction très semblable à celle de l'infusion mais celle-ci est plus longue. Elle consiste à laisser reposer la ou les plantes dans un liquide, de l'eau, de l'alcool, de l'huile ou même du vinaigre, afin d'en extraire les principes actifs [9].

    I.6. La trituration

    La trituration, action de triturer, est une dispersion d'un principe actif, réduit en poudre, dans l'excipient, qui est lui-même pulvérulent ; poudre résultant de cette opération [10]

    I.7. L'inflammation

    L'inflammation est une réponse adaptative engendrée en réponse à des stimuli nocifs telle qu'une infection ou une agression tissulaire. Elle nécessite une régulation fine, généralement bénéfique, elle conduit à l'élimination d'éventuels pathogènes et au retour à l'homéostasie du tissu lésé. Une régulation défectueuse peut engendrer des dommages irréversibles. Une réponse insuffisante conduit à une immunodéficience pouvant entrainée une infection secondaire ou même un cancer. Mal contrôlée, l'inflammation peut conduire à des dommages tissulaires irréversibles locaux ou généralisés, parfois à un choc septique entrainant dans les cas les plus graves le décès [11,12].

    La réponse inflammatoire est associée au système immunitaire, qui peut être divisé en deux branches interconnectées. L'immunité innée, plus ancienne, présente chez tout organisme pluricellulaire. Les cellules du système immunitaire inné possèdent des récepteurs PRR et des voies de signalisation hautement conservés pour détecter et réagir face à une infection ou à une blessure. La détection de ces signaux exogènes d'origine microbienne, les PAMPs, ou endogènes, les alarmines [13], va conduire à l'initiation de la cascade inflammatoire et à l'activation d'une réponse immunitaire acquise ou adaptative [12,14]. La réponse inflammatoire se déroule en quatre étapes : la reconnaissance des signaux de danger, le recrutement de cellules sur le site d'infection, l'élimination du pathogène et la résolution de l'inflammation conduisant à un retour à l'homéostasie et à la cicatrisation du tissu lésé [12]. En absence d'une résolution, s'installe une inflammation chronique.

    I.8. L'inflammation aigue

    Il s'agit de la réponse immédiate à un agent agresseur, de courte durée (quelques jours voire semaines) ou d'installation souvent brutale et caractérisée par des phénomènes

    7

    vasculoexsudatifs intenses. Les inflammations aiguës guérissent spontanément ou avec un traitement, mais peuvent laisser des séquelles si la destruction tissulaire est importante [14].

    I.9. L'inflammation chronique

    Elle est définie par la présence de lymphocytes, macrophages et plasmocytes dans les tissus. Dans de nombreux cas, la réponse inflammatoire chronique peut persister pendant plusieurs mois ou années. Elle est considérée comme être causée par l'engagement persistant des réponses de l'immunité innée et acquise, comme dans la polyarthrite rhumatoïde, rejet de l'allogreffe chronique, dans la bérylliose et dans l'inflammation granulomateuse. Il est prouvé que les macrophages dans ces lésions produisent une série de médiateurs pro-inflammatoires qui activent les fibroblastes pour fixer le collagène et activer les autres macrophages et lymphocytes pour libérer des médiateurs responsables des réponses inflammatoires. L'inflammation chronique est initialement déclenchée par des réponses vasculaires qui impliquent l'apparition de molécules d'adhésion sur la surface des cellules endothéliales qui vont spécifiquement entrainer l'adhésion des lymphocytes et des monocytes, et permettent leur transmigration dans le compartiment extravasculaire [14]. Tout comme dans la réponse inflammatoire aiguë, les lymphocytes et les monocytes subissent un processus d'activation qui favorise l'adhérence et la transmigration de ces cellules dans le compartiment extravasculaire. En tout type de réponse inflammatoire, les différences entre les types de molécules d'adhésion exprimées sur les cellules endothéliales détermineront le type de leucocytes qui migrent [14].

    I.10. Mécanisme d'installation de l'oedème

    Fuite de liquide du compartiment vasculaire vers le compartiment interstitiel, due à :

    - une augmentation de la perméabilité capillaire (ex : choc septique, choc anaphylactique)

    - une augmentation de la pression hydrostatique capillaire (ex : insuffisance cardiaque)

    - une baisse de la pression oncotique ou osmotique plasmatique (ex : hypoalbuminémie par

    dénutrition)

    - une obstruction régionale lymphatique [15]

    I.11. Pathologies inflammatoires

    De nombreuses maladies inflammatoires sont liées à des mécanismes considérés comme dysimmunitaires, à savoir les maladies auto-immunes systémiques et localisées, les maladies auto-inflammatoires, les affections inflammatoires de mécanisme indéterminé notamment, des affections iatrogènes ou paranéoplasiques dont le mécanisme n'est pas auto-immun [14].

    8

    I.12. Anti-inflammatoires

    I.12.1. Anti-inflammatoires non stéroïdiens

    Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont une des classes thérapeutiques les plus utilisées dans le monde en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires, anti-pyrétiques et antalgiques. Actuellement, il y a plus de 50 différents AINS sur le marché mondial. Le mécanisme d'action des AINS a été précisé par les travaux de Vane [16]. Il repose en grande partie sur l'inhibition compétitive, réversible ou non, de la cyclooxygénase, enzyme qui permet la production de prostaglandine à partir de l'acide arachidonique. Cette caractéristique commune à tous les AINS conduit à une diminution de la production des prostaglandines, importants médiateurs de l'inflammation. Même si d'autres modes d'action existent, cette activité explique largement les propriétés pharmacologiques et thérapeutiques des AINS, mais aussi une partie de leurs effets secondaires en raison des fonctions physiologiques des prostaglandines [16]. Ainsi, la production exagérée de prostaglandines en situation pathologique participe à l'inflammation et à la douleur, alors que sa production basale permet l'homéostasie tissulaire. L'inhibition de la synthèse des prostaglandines par les AINS doit donc s'accompagner d'effets favorables et délétères [17].

    I.12.2. Anti-inflammatoires stéroïdiens

    Elles constituent une vaste famille de médicaments dérivés du cortisol, principal glucocorticoïde surrénalien. Les glucocorticoïdes sont des substances dérivées du cholestérol, dont la production est stimulée par l'ACTH libérée selon un cycle nycthéméral par le lobe antérieur de l'hypophyse.

    Dans les tissus cibles, les glucocorticoïdes se fixent à leurs récepteurs des glucocorticoïdes (GR) du cytoplasme de la cellule. Après quoi, le complexe récepteur-ligand formé pénètre dans le noyau cellulaire où il se fixe à de nombreux éléments de réponse aux glucocorticoïdes dans la région du promoteur des gènes-cibles. Le récepteur, ainsi fixé à la molécule d'ADN interagit avec les facteurs de transcription basiques, provoquant une augmentation de l'expression génique de gènes-cibles spécifiques. Ce processus est appelé transactivation et conditionne la plupart des effets secondaires métaboliques et cardiovasculaires des glucocorticoïdes.

    Le mécanisme opposé est appelé transrépression. Le récepteur hormonal activé interagit avec des facteurs de transcription spécifiques et prévient la transcription des gènes-cibles. Les

    glucocorticoïdes sont capables d'empêcher la transcription de tous les gènes immuns, incluant celui codant IL-2 [18].

    Les glucocorticoïdes ordinaires ne font pas de différence entre la transactivation et la transrépression, et influencent à la fois les gènes immuns "voulus" et ceux "non voulus" régulant les fonctions métaboliques et cardiovasculaires [19].

    I.12.3. Anti-inflammatoires d'origine végétale

    Les composés phytochimiques qui se retrouvent dans le règne végétal sont très diversifiés et leur spectre d'activité est tout aussi large. Certains de ces composés phytochimiques ont des propriétés anti inflammatoires. Beaucoup sont présumés agir en bloquant les voies de la cyclooxygénase et la lipoxygénase ainsi que par d'autres mécanismes.

    Figure 1. Mécanisme d'action des glucocorticoïdes [18].

    9

    Figure 2. Mécanisme d'action des AINS [16].

    10

    Exemples de plantes anti-inflammatoires

    Tableau I. Exemples de plantes médicinales douées d'activités anti-inflammatoires [18].

    Noms scientifiques

    Familles

    Parties
    utilisées

    Noms communs

    Utilisations

    Z. officinale

    Zingiberaceae

    Rhizome

    Gingembre

    Arthrose, migraine, rhumatisme

    H. orientalis

    Ranunculaceae

    Racines

    Lenten-rose

    OEdèmes, rhumatisme

    U. dioica

    Urticaceae

    Feuilles,
    Racines

    Ortie

    Rhinite allergique, eczéma

    goutte, rhumatismes

    L. officinalis

    Rosaceae

    Feuilles

    Laurier

    Fièvre, pharyngite, hémorroïdes

    C. longa

    Zingiberaceae

    Rhizome

    Curcuma

    Rhumatismes, lupus systémique, psoriasis, infections rénales

    N. oleander H. procumbens

    Apocynaceae

    Pédaliacées

    Fleurs

    Tubercule

    Laurier rose

    Griffe du
    diable

    Douleurs, maux de tête

    Arthrose, lombalgie, neuvralgie, maux de tête, fièvre

    O. biennis

    Onagraceae

    Graines

    Onagre bisannuelle

    Rhumatismes

     

    Pterocarpu erinaceus

    Fabaceae

    Feuilles et Racines

    le Vène,

    Palissandre du Sénégal

    Paludisme, fièvre, rhumatisme

    II- GENERALITES SUR LES PLANTES UTILISEES COMME ANTI INFLAMMATOIRE

    II.1. GENERALITES SUR PETIVERIA ALLIACEA (HERBE AUX POULES) II.1.1. Aspect botanique

    Petiveria alliacea est une plante de la Famille des phytolaccacées (phytolaccaceae, pokeweed). Communément appelée Herbe aux poules, douvant-douvant en français ; Guinea-hen weed, Congo root, gully root, pipi root, garlique weed, skunk root en anglais ; Mucura, anamu, erva de tipi, guine en portuguais ; zoroma en fon ; amlan nyanvun en goun ; oju saju en yoruba et ewe iso en nago, elle est une plante herbacée érigée ou sous-arbrisseau atteignant 1 m de haut, à odeur d'ail ; tiges minces, anguleuses, brièvement poilues lorsque jeunes, glabres par la suite. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules linéaires, de 1,5-2 mm de

    11

    long ; pétiole de 0,5-1,5 cm de long ; limbe elliptique à ovale ou oblong, de 5-15 (-20) cm X 2-5(-8) cm, base cunéiforme, apex aigu a longuement acuminé, glabre à peu et brièvement poilu. Inflorescence : grappe terminale ou axillaire, mince, pendante, de 10-30(-40) cm de long, parfois ramifiée ; bractées de 1,5-2,5 mm de long. Fleurs bisexuées, zygomorphes, 4-mères ; pédicelle de 2-3 mm de long ; sépales libres, oblongs, de 3-4 mm de long, arrondis, verdâtres ou blancs à roses ; pétales absents ; étamines 4-8, insérées de façon irrégulière, filets d'environ 2 mm de long ; ovaire supère, oblong, brièvement poilu, à 4 crochets, 1-loculaire, stigmate sessile, latéral. Fruit : akène étroitement oblong de 6-8 mm de long, strié, apex 2-lobé, à crochets recourbés, contenant 1 graine (photo1) [20]

    Photo 1. Feuille du Petiveria alliacea II.1.2. Répartition géographique

    Sur son aire de répartition naturelle, Petiveria alliacea est présent dans les forêts humides et les endroits perturbés ouverts, depuis le niveau de la mer jusqu'à 1500 d'altitude. En Afrique de l'Ouest, on le trouve à la lisière des forêts et dans les endroits perturbés à proximité des habitations. Petiveria alliacea est indigène de l'Amérique tropicale, et a été introduit en Afrique de l'Ouest et en Inde. Il s'est naturalisé dans certains endroits du Bénin et du Nigeria. Au Benin, nous l'avons découvert à Djavi (Adjarra) où nous avons effectué la récolte pour les travaux d'expérimentation de notre étude [21].

    II.1.3. Usages

    Au Bénin, de façon empirique, la macération de feuilles de Petiveria alliacea est appliquée sur le ventre pour déclencher des contractions en cas d'accouchement difficile ; le liquide des

    12

    feuilles est instillé en gouttes nasales ou en collyre pour soigner les violents maux de tête et en gouttes nasales pour soigner la sinusite [22]. La décoction de feuilles se prend en bain ou en bain de vapeur en cas d'oedème. Elle s'applique aussi sur les abcès. Au Nigeria, les guérisseurs yoroubas utilisent la plante entière lors de cérémonies rituelles. En Amérique tropicale, Petiveria alliacea est un remède couramment utilisé. On lotionne la tête avec une purée de feuilles allongée d'eau pour traiter les céphalées et pour déclencher l'accouchement. La décoction de feuilles appliquée en externe sert d'analgésique contre les douleurs musculaires et de traitement des maladies de peau. L'infusion d'écorce écrasée se boit pour traiter les coliques, les rhumatismes, le cancer, la syphilis, les rhumes, la fièvre, la bronchite et l'asthme [22]. Les racines râpées et trempées dans de l'alcool de canne à sucre ou la décoction de racine se prennent pour traiter les rhumatismes, les maladies vénériennes et les vers intestinaux et aussi pour leurs vertus antispasmodiques, sudorifiques et diurétiques dans les cas d'infections de l'appareil urinaire. La racine écrasée mélangée à du citron s'applique sur les morsures de serpent [22]. A Cuba, on applique le jus des feuilles ou de la plante entière pour soigner les problèmes de peau, l'arthrose et les maux de dents et il se prend pour traiter le diabète. Les Colombiens mastiquent les feuilles pour en revêtir leurs dents et prévenir les caries. La plante entière se prend en décoction pour traiter le diabète, le cancer, les fausses couches, les oedèmes et pour purifier le sang. Au Brésil, les feuilles de Petiveria alliacea sont utilisées pour soigner la malaria et les rhumatismes. Elle l'est aussi comme insecticide. La plante s'emploie aussi couramment en magie [22].

    Cette plante est utilisée en tant qu'analgésique et anti-inflammatoire [22]. Elle est employée aussi contre l'arthrite, l'affaiblissement de la mémoire et induit les avortements. En dosage élevée, elle est toxique et doit être utilisée avec précaution lorsqu'on l'utilise de façon interne [22]. Les feuilles sont utilisées sous forme de cataplasme à usage externe pour les maux de tête, les douleurs rhumatismales et d'autres types de douleur et aussi comme un insecticide [22]. Dans la médecine des plantes au Guatemala, il est utilisé comme remède traditionnel contre la sinusite (par inhalation de la poudre faite à base de la racine de la plante). La décoction faite à base de feuilles est à usage interne pour soigner les ennuis digestifs, et le fait d'avoir des gaz et de la fièvre [23]. La décoction à base de feuilles est employée de manière externe comme analgésique pour les douleurs musculaires et les maladies de la peau. En Haïti, l'extrait fait à base de feuilles ou de racines d'anamu écrasées est inhalé pour soigner les migraines et une macération de ces feuilles est utilisée comme analgésique en faisant des bains de bouche pour les douleurs dentaires. Elle serait aussi utilisée contre la rétention d'eau

    13

    et pour son action sur les émonctoires. Elle est, en outre, vésicante, antispasmodique et vermifuge. Les racines ont été signalées comme odontalgiques. A Porto-Rico, on donne la décoction de la plante aux nouvelles accouchées, pour prévenir les accidents des suites de couches [22]. L'infusion des feuilles est recommandée pour accélérer et faciliter l'accouchement et contre l'asthénie. Les feuilles servent à la préparation de bains aromatiques provoquant une sudation générale qui aboutit à une baisse de température dans les fièvres rebelles à caractère infectieux. On utilise aussi cette préparation en lavement contre les fermentations intestinales. Le jus des feuilles fraîches et écrasées sert à la désinfection des plaies. La dose employée est de 30 g par litre d'eau en décoction, à prendre par verre toutes les heures. En homéopathie, les indications de Petiveria alliacea sont : les paralysies, la paraplégie avec engourdissements, la sensation de froid à l'intérieur, froid dans les os [23].

    II.2. GENERALITES SUR MORINGA OLEIFERA II.2.1. Aspect botanique

    Moringa oleifera Lam. (Synonyme : Moringa pterygosperma Gaertner) appartient à la famille monogénérique des arbustes et arbres des Moringaceae qui comprend environ 13 espèces [24]. Moringa est un arbre pérenne, à croissance rapide, qui peut atteindre 7 à 12 mètres de hauteur et dont le tronc généralement droit (20 à 40 cm de diamètre) atteint 1,5 à 2 mètres de haut avant de se ramifier, bien qu'il puisse parfois atteindre les 3 mètres. Les branches poussent de manière désorganisée et la canopée est en forme de parasol. Les feuilles, alternes et bi ou tripennées, se développent principalement dans la partie terminale des branches. Elles mesurent 20 à 70 cm de long et sont recouvertes d'un duvet gris lorsqu'elles sont jeunes. De plus, elles ont un long pétiole avec 8 à 10 paires de pennes composées chacune de deux paires de folioles opposés, plus un à l'apex, ovales ou en forme d'ellipse, et mesurant 1 à 2 cm de long. Les fleurs mesurent 2,5 cm de large et se présentent sous forme de panicules axillaires et tombantes de 10 à 25 cm. Elles sont généralement abondantes et dégagent une odeur agréable [25,26].

    Elles sont blanches ou de couleur crème, avec des points jaunes à la base. Les sépales, au nombre de cinq, sont symétriques et lancéolés. Les cinq pétales sont minces et spatulés, symétriques à l'exception du pétale inférieur, et entourent cinq étamines. Les fruits forment des gousses à trois lobes, mesurant 20 à 60 cm de long, qui pendent des branches. Lorsqu'ils sont secs, ils s'ouvrent en trois parties.

    14

    Chaque gousse contient entre 12 et 35 graines. Les graines sont rondes, avec une coque marron semi-perméable. La coque présente trois ailes blanches qui s'étendent de la base au sommet à 120 degrés d'intervalle. Un arbre peut produire 15000 à 25000 graines par an. Une graine pèse en moyenne 0,3 g et la coque représente 25% du poids de la graine [25]

    Photo 2. Feuille du Moringa oleifera II.2.2. Répartition géographique

    Originaire du sous-continent indien (Afghanistan, Inde, Pakistan, Sri Lanka), Moringa oleifera est aujourd'hui cultivé sur une répartition pantropicale. Elle est cultivée en Afrique et dans les régions tropicales comme Madagascar. Elle présente un comportement "envahissant" à Cuba [25]. Elle est répartie beaucoup plus au sud Bénin, à l'Ouest et à l'Est.

    II.2.3. Usages

    L'extrait aqueux des feuilles de Moringa oleifera à des doses de 100, 200 et 300 mg/kg de poids corporel a montré une activité antihyperglycémiante [27]. Aux mêmes doses [28], l'extrait brut des feuilles de Moringa oleifera a une importante action sur la baisse du taux de cholestérol dans le sérum de rats soumis à un riche régime en graisse ; cette action pourrait être attribuée à la présence d'un phytoconstituant bioactif, c'est-à-dire le â-sitostérol [29]. Les fruits de Moringa font baisser le taux de cholestérol sérique, de phospholipides, de triglycérides, de LDL (low density lipoprotein), de VLDL (very low density lipoprotein) et réduisent le profil lipidique du foie [30].

    La racine de Moringa oleifera, à cause du principe actif (la pterygospermine), est une antibactérienne et anti fongique puissante [31]. L'extrait aqueux et d'éther de pétrole de

    15

    l'écorce de la racine se sont avérés responsable des activités antibactériennes et antifongiques [32,33].

    L'extrait aqueux des feuilles de Moringa oleifera possède une activité antioxydante due à la présence de différentes variétés d'antioxydants comme l'acide ascorbique, les flavonoïdes, les composés phénoliques et les caroténoïdes [34]. Des travaux effectués sur les feuilles de Moringa oleifera ont montré qu'elles peuvent traiter le SIDA [35].

    Les fleurs et les feuilles de Moringa oleifera ont aussi une activité anthelminthique [36]. Elles servent à traiter des inflammations, des maladies musculaires, de l'hystérie, des tumeurs, l'agrandissement de la rate et réduisent le taux de cholestérol dans le sérum [37]. L'extrait éthanolique de Moringa oleifera a montré un maximum d'action contre la bactérie responsable de la fièvre typhoïde [38].

    II.3. GENERALITES SUR OCIMUM GRATISSIMUM II.3.1. Aspect botanique

    Ocimum gratissimum est une espèce de plantes de la famille des Lamiaceae. De nom scientifique Ocimum gratissimum, appelée en anglais (wild basil, tree basil, East Indian basil, clove basil); français (Menthe gabonaise); Tchayo en Fon, Efinrin en Yoruba, elle est une plante herbacée aromatique, vivace, 1-3 m de haut ; tige érigée, rond-quadrangulaire, très ramifié, glabre ou pubescent, boisé à la base, souvent avec de l'épiderme épluchant en bandes. Les feuilles en face ont de pétioles de 2-4,5 cm de long, minces, pubescents ; elle a de petites fleurs. Le fruit est composé de 4 oeufs secs et à 1 graine enfermés dans le calice [39, 40].

    Photo3. La feuille d'Ocimum gratissimum avec des fleurs

    16

    II.3.2. Répartition géographique

    O. gratissimum se trouve dans les régions tropicales et subtropicales, sauvages et cultivées. Sa plus grande variabilité se produit dans l'Afrique tropicale (d'où elle provient probablement) et en Inde. En Asie du Sud-Est, il est cultivé principalement comme culture de jardin domestique, mais seul au Vietnam, il est cultivé à l'échelle commerciale [41].

    II.3.3. Usages

    O. gratissimum est cultivé à cause de sa contenance en l'huile essentielle (feuilles et tiges). En Indonésie (Sumatra), un thé est fabriqué à partir de feuilles, tandis qu'en Thaïlande, les feuilles sont appliquées comme arôme. En Indonésie, le type Eugenol de O. gratissimum est utilisé dans le lavage cérémonial des cadavres et est planté dans les cimetières. En Inde, O. gratissimum, nommé «ram tulsi », est largement utilisé dans les cérémonies et les rituels religieux. La plante entière et l'huile essentielle ont de nombreuses applications en médecine traditionnelle, en particulier en Afrique et en Inde. La décoction de la plante est utilisée pour le traitement des troubles d'estomac, des maux de tête et de la grippe. Les graines ont des propriétés laxatives et sont prescrites contre la gonorrhée. L'huile essentielle est appliquée contre la fièvre, les inflammations de la gorge, des oreilles ou des yeux, la diarrhée et les maladies de la peau. Il est testé comme antibiotique. L'huile essentielle est également un insectifuge important [41].

    La revue documentaire minutieusement effectuée nous a permis de constater que Petiveria alliacea, Moringa oleifera et Ocimum gratissimum ont été objet de plusieurs études scientifiques mais très peu sur l'activité anti-oedémateuse.

    HYPOTHESES &

    OBJECTIFS

    18

    Hypothèses

    La réponse à la problématique posée dans cette recherche nous amène à émettre les hypothèses suivantes :

    - les feuilles du Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum sont faiblement toxiques.

    - les feuilles du Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum ont un effet anti-oedémateuse ;

    Objectif Général : La présente étude a pour objectif de donner des bases scientifiques à l'utilisation des feuilles du Petiveria alliacea; de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum. Au cours de l'étude, l'activité anti-oedémateuse des décoctions issues des feuilles ont été évaluées sur le rat wistar.

    De façon spécifique, il s'agit de :

    - déterminer la toxicité aigüe de l'extrait aqueux des feuilles de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum ;

    - vérifier l'activité anti-oedémateuse des feuilles du petiveria alliacea, de moringa oleifera et de Ocimum gratissimum.

    MATERIEL &

    METHODES

    20

    I. CADRE DE L'ETUDE

    Il s'agit d'une étude transversale de type expérimentale. Elle a été réalisée :

    Au laboratoire de physiologie de l'effort de l'INJEPS (LA.P. EF), Porto-Novo.

    A l'annexe du laboratoire de pharmacognosie de la FSS et la FAST situé dans l'enceinte du Centre Béninois de Recherche Scientifique et Technique (CBRST), annexe de Porto-Novo.

    PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

    Figure 3. Carte de la ville de Porto-Novo [42]

    situé au sud du Bénin à 30 km de Cotonou, la ville de Porto-Novo est localisée entre 6°30 de latitude nord et 3°30 de longitude Est. Elle est limitée au Nord par la commune d'Avrankou, au Sud par la commune de Sèmè-kpodji, à l'Est par la commune d'Adjarra et à l'Ouest par la commune des Aguégués. Porto-Novo a gardé, malgré les aléas de l'histoire et l'ascension de la ville de Cotonou, son statut de « Capital du Bénin ». Elle couvre une superficie de 52 km2 soit 0,05% du territoire national et compte 223.551 habitants [43].

    21

    Le climat est subéquatorial où l'année se divise en quatre saisons dont deux saisons sèches (mi-Novembre à mi-Mars et mi-Juillet à mi-Septembre) et deux saisons de pluie (mi-Mars à mi-Juillet et mi-Septembre à mi-Novembre) qui sont d'ailleurs des périodes favorables pour la récolte des plantes [44].

    Sur le plan pluviométrique, une moyenne de 1200 mm est enregistrée à Porto-Novo durant ces dernières années, le niveau le plus élevé de tout le pays. De Décembre à Janvier, souffle l'harmattan, un vent froid et sec qui crée une forte amplitude thermique pendant la journée. La municipalité de Porto-Novo a un relief très peu accidenté et dispose de trois types de sol : les sols des plateaux, les sols de bas de pente et les sols des bas-fonds [44].

    Ville du 17è siècle créée autour de trois chasseurs yoruba, elle est devenue progressivement la cité au trois noms : « Hogbonou », « Adjatchè » et « Porto-Novo ». Cinq arrondissements y sont installés : Houèzoumè, Attakê, Djassin, Houinmè et Ouando. De nos jours, il existe une mosaïque d'ethnies qui cohabite à Porto-Novo. Les Goun et fon sont majoritaires (66%), suivis des Yoruba (25%) et des Adja, Mina et Toffin (4%). Les autres ethnies sont composées de Bariba, Dendi, Yom-Lokpa, Otamari et Peulh etc (5%). Ce brassage ethnique est aussi à la base de la diversité des activités économiques de la ville. En effet, les commerçants Yoruba ont développé l'activité commerciale alors que les Goun et les Fon s'investissent beaucoup dans l'agriculture et le transport. Quant aux autres ethnies, elles se retrouvent dans la fourniture des services, dans les buvettes et restaurants et dans les divers [44].

    La vie spirituelle de la municipalité de Porto-Novo est animée par plusieurs religions. Chacune d'elles prêche pour la culture de la paix, de la tolérance mutuelle et de la cohésion locale et nationale. Trois catégories de religions peuvent être distinguées : la religion traditionnelle (29,20%), la religion chrétienne (45,70%) et l'islam (25,10%). L'identité culturelle propre à la ville de Porto-Novo repose sur le triptyque des croyances ancestrales et le syncrétisme religieux que constituent la croyance en Dieu suprême, créateur de l'univers et le culte des ancêtres connu sous l'appellation « Vodoun » en Goun ou « Oricha » en Yoruba.

    II. MATERIEL

    II.1. MATERIEL VEGETAL

    Le matériel végétal est constitué des feuilles de Petiveria Alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum qui ont été séchées pendant trois semaines à l'abri du soleil et de l'humidité à l'annexe du laboratoire de pharmacognosie de la FSS et la FAST située dans l'enceinte du Centre Béninois de Recherche Scientifique et Technique (CBRST), annexe de Porto-Novo. Ensuite, elles ont été pulvérisées par broyage. La poudre obtenue a servi à la préparation des extraits.

    II.2 Matériel animal

    Des rats wistar de masse corporelle de 190 #177; 12 g (Photo 4) ont été obtenus à l'animalerie du Laboratoire de Cytogénétique de l'ISBA à Cotonou. Ils ont été nourris au son de blé, au tourteau de maïs et à l'eau courante de robinet.

    L'enceinte d'élevage a été régulièrement nettoyée pour garantir un développement optimal des animaux à l'abri de toute infection.

    Les animaux ont été gardés dans des cages métalliques grillagées de dimension (50 x 30 x 20

    cm3), munies de mangeoires et d'abreuvoirs. Le fond des cages est constitué par un système de tiroir amovible garni de copeaux de bois recueillant les fèces et les urines au travers d'une base en treillis.

    22

    Photo 4. Rat wistar Source: Kiki, 2017

    23

    II.3. EQUIPEMENTS-CONSOMMABLES-REACTIFS

    La liste des équipements, consommables et réactifs est disponible en annexes 2. III. METHODE

    Nos travaux se sont déroulés en trois phases : une phase préparatoire, une phase expérimentale et l'analyse statistique des données.

    III.1. PHASE PREPARATOIRE

    Elle consiste en : Récolte, séchage, broyage et obtention de l'extrait aqueux.

    III.1.1. Récolte, séchage, broyage

    Ces feuilles ont été récoltées en février 2017 à djavi dans la Commune d'Adjara et séchées pendant plusieurs jours dans un endroit sec et à l'abri des rayons solaires à l'annexe du laboratoire de pharmacognosie et des huiles essentielles (LAPHE) de la FSS et la FAST. Elles ont été broyées par des broyeurs « Of flour mills Nigeria, de type EL MOTOR N 1827 ». Cela a permis d'obtenir une poudre qui a servi à l'obtention de l'extrait aqueux à chaud de chacune d'elles.

    III.1.2. Obtention des extraits aqueux à chaud

    Les extraits sont obtenus par décoction de 50g de poudre de feuilles dans 500mL d'eau distillée bouillante pendant 30 minutes grâce à une plaque chauffante. Le mélange refroidi est ensuite filtré deux fois successivement avec du coton hydrophile.

    Le filtrat est enfin soumis à une évaporation à 50°C à l'aide d'un Rotavapor de marque Stuart type RE300 puis placé dans une étuve Memmet à une température de 50°C pour fignoler l'évaporation. Enfin, les extraits sont conservés à 4°C dans un réfrigérateur avant l'utilisation.

    III.2. ANALYSE PHYTOCHIMIQUE (SCREENING)

    Le screening phytochimique est basé sur les réactions (coloration et précipitation) différentielles des principaux groupes de composé chimiques contenus dans la feuille selon la méthode de Houghton et Raman [45]. Le protocole est en annexe 2.

    Tableau II. Récapitulatif des réactions spécifiques de chaque classe de composé chimique lors du screening phytochimique.

    Classe de Principe actif Réactifs Spécifiques Réactions (Observations)

    Alcaloïdes

    Tanins catéchiques Tanins galliques

    Flavonoïdes

    Anthocyanes

    Leucoanthocyanes Dérivés quinoniques

    Saponosides Triterpenoïdes

    Stéroïdes

    Cardénolides

    Dérivés cyanogéniques

    Mucilages

    Composés réducteurs Coumarines

    Dérivés anthracéniques Stupéfiants

    Opium

    Oses et holosides

    Dragendorff (iodobismuthate de

    potassium)

    Mayer (iodomercurate de potassium) Réactif de stiasny

    Saturation d'acétate de Na+ quelques gouttes de FeCl3 à 1%

    Shinoda (réaction à la cyanidine: HCL+Mg)

    Acide chlorhydrique à 5% + quelques gouttes d'ammoniaque diluée au demi Shinoda (alcool chloridrique) Born-Trager (réaction entre cycle quinoniques en milieu HNO3) Détermination de l'indice de mousse

    Liebermann-Buchard (anhydride
    acétique-acide sulfurique)

    Kedde (acide dinitrobenzoique 2% dans l'éthanol + NaOH (1N)

    Dinitrobenzène 1% dans éthanol + NaOH 20%

    Gugnard (papier imbibé d'acide picrique) Etude de la viscosité des infusés et décoctés. Alcool absolu

    Liqueur de fehling à chaud

    Ammoniaques à 25%

    Chloroforme + ammoniaque intense Hydroxyde de potassium à 5% dans l'alcool (réaction de Beam positive) Chlorure ferrique (FeCl3) à 25%

    Acide sulfurique + alcool saturé au Thymol

    Précipité rouge

    Précipité jaune

    Précipité rose

    Coloration bleue ou noire

    Coloration: orangée, rouge et violette

    Coloration rouge qui vire au bleue violacée ou verdâtre Coloration rouge cerise Coloration rose ou rouge violacée

    Positive si IM = 1cm

    Coloration violette à bleue ou verte

    Coloration rouge pourpre ou rouge au vin

    Coloration bleue

    Coloration orange ou marron Précipité floconneux après une dizaine de minutes

    Précipité rouge-brique

    Fluorescence intense sous UV à 365 nm

    Coloration rouge plus Coloration violette

    Précipité rouge

    Coloration rouge

    24

    25

    III.3. ETUDE DE LA TOXICITE AIGUE

    Tableau III. Échelle de toxicité aigüe des produits chimiques [46].

    DL50 pour le rat ou la souris mg/kg

    Classe de risque

    Orale

    Dermale

    Indications

    Solides Liquides

    Solides

    Liquides de risque

    Ia extrêmement dangereux toxique

    = 5

    = 20

    = 10

    =

    40 Très

    Ib très dangereux

    5-50

    20-200

    10-100

    40-400

    Toxique

    II modérément dangereux

    50-500

    200-2000

    100-1000

    400-4000

    Nocif

    III peu dangereux

    < 500

    < 2 000

    < 1 000

    < 4 000

    Attention

    Tableau IV. Echelle de toxicité aigüe de Hodge et Sterner [47].

    Classe de toxicité DL50 rat, sourismg/kg Dose pour un enfant de 12,50 kg

    Extrêmement toxique < 1 8 mg le fait d'en gouter

    Très 1 à 50 500 mg le fait d'avaler une petite
    gorgée

    Moyennement 50 à 500 5 g le fait d'avaler une cuillerée à café

    Faiblement 500 à 5000 60 g le fait d'en consommer un
    coquetier

    Pratiquement non 5000 à 15 000 180 g

    Relativement sans danger >15 000 >180g

    III.4. PHASE D'EXPERIMENTATION

    Seul l'extrait aqueux à chaud est utilisé pour la suite des travaux afin de nous conformer aux méthodes de préparation de la pharmacopée béninoise.

    26

    Evaluation de l'activité anti-oedémateuse

    Protocole expérimental

    Test de l'activité anti-oedémateuse

    L'oedème est provoqué par l'injection, dans l'aponévrose de la plante de la patte gauche des rats, de 0,1 mL de solution de formol à 1%. Par la méthode de l'immersion avec le dispositif de Bhatt [47] modifié, les mesures du volume de la patte gauche sont effectuées à 0, 30, 60, 120, 180, 240, 300 et 360 minutes après l'injection [48]. Trente minutes avant l'induction de l'oedème, les animaux à traiter reçoivent par voie orale 300 mg/kg et 500 mg/kg de poids corporel d'extrait de Petiveria alliacea, Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum sous un volume constant de 7 mL d'eau distillée. L'indométacine, à la dose de 100 mg/kg, est utilisée comme produit de référence.

    Les rats répartis en 6 lots de 5, ont été pesés puis mis à jeun 12 heures avant l'expérimentation.

    Le volume de la patte est déterminé par la méthode d'immersion ce qui provoque une augmentation du niveau d'eau. Ce niveau est ramené à sa position initiale dans la grande seringue 3 à l'aide d'autres seringues 1 et 2. Le volume de la patte qui correspondant à la quantité d'eau déplacée est directement lu sur la seringue 1.

    Les différents traitements ont été administrés par gavage : - Lot 1 : eau distillée à raison de 10 mL/kg (contrôle) ;

    - les lots 2, 3 et 3 : solution respective d'extrait aqueux de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum à la dose de 300 mg/kg ;

    - les lots 4, 5 et 6 : solution d'extrait aqueux de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum à la dose de 500 mg/kg ;

    - le lot 7 : solution d'indométacine à 100 mg/kg.

    ? Le volume de l'oedème VT à un temps tf donné est :

    VT = Vtf - Vt0

    Vt0 = le volume initial de la patte

    Vtf= le volume de la patte au temps tf

    ? Le pourcentage d'augmentation P du volume de la patte est donné par la formule :

    27

    P = 100 x VT / Vt0

    ? L'activité anti-oedémateuse a été évaluée par le calcul du pourcentage d'inhibition PI de l'oedème selon la formule :

    PI = 100 (Vte - Vtt) / Vte

    Vte = Volume de l'oedème chez les rats témoins Vtt = Volume de l'oedème chez les rats traités

    III.5. ANALYSES STATISTIQUES

    Nous avons fait dans un premier temps, un test ANOVA, pour comparer les valeurs. Dans un second temps, le test "t" de Student-Fischer avec un logiciel SPSS. Les différences sont hautement significatives, si t> 1,96 ; elles sont calculées par rapport aux témoins. Les chiffres qui figurent dans les tableaux représentent les moyennes des valeurs et les erreurs Standards Moyennes (EMS).

    RESULTATS

    29

    I. RESULTATS DE LA PHASE PREPARATOIRE I.1. Etude phytochimique

    Les résultats des analyses phytochimiques sont consignés dans le tableau V ci-dessous.

    Il ressort de l'analyse phytochimique des feuilles de Petiveria alliaccea, Moringa oleifera et Occimum gratissimum qu'elles renferment plusieurs composés chimiques tels que : Stérols, triterpènes, tanins hydrolysables, tanins condensés, non hydrolysables (composés polyphénoliques), mais aussi des hétérosides, flavonoïdes et des alcaloïdes.

    Tableau V. Résultats des analyses phytochimiques

    Groupes chimiques

     

    P. alliacea,

     

    M. oleifera

     

    O. gratissimum

    Alcaloïdes

     

    +

     

    +

     

    +

    Tanins catéchiques

     

    +

     

    +

     

    +

    Tanins galiques

     

    +

     

    +

     

    +

    Flavonoïdes

     

    +

     

    +

     

    +

    Anthocyanes

     

    +

     

    +

     

    +

    leucoanthocyanes

     

    +

     

    +

     

    +

    Dérivé quinoniques

     

    -

     

    -

     

    -

    Saponosides

     

    +

     

    -

     

    -

    Triterpénoides

     

    +

     

    -

     

    +

    Stéroides

     

    +

     

    -

     

    +

    Dérivé cyanogéniques

     

    -

     

    +

     

    +

    Mucilages

     

    -

     

    +

     

    +

    Coumarines

     

    -

     

    -

     

    -

    Composé réducteur

     

    +

     

    -

     

    -

    Anthracéniques libres

     

    -

     

    -

     

    -

    O-hétérosides

     

    +

     

    -

     

    -

    C-hétérosides

     

    +

     

    -

     

    -

    Hétéro cardiotoniques

     

    +

     

    -

     

    -

    H.E

     

    +

     

    +

     

    +

    Absent : (-)

     

    Présent : (+)

     
     
     
     

    I.2.

    30

    Rendement des extractions

    L'extraction aqueuse à chaud faite à partir de 50 g de poudre brute de la feuille du Petiveria alliacea, de moringa oleifera et de Ocimum gratissimum nous a permis d'obtenir les résultats suivants.

    A l'issue de l'extraction aqueuse à chaud faite à partir de 50 g de poudre brute de la feuille du Petiveria alliacea, de moringa oleifera et de Ocimum gratissimum, il a été obtenu 16%,13% et 7% respectivement pour les différentes poudres brutes de feuilles. Le plus grand rendement a été obtenu avec la poudre brute de la feuille de Petiveria alliaccea, suivi de celle de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum.

    Tableau VI. Rendement de décoctions de feuilles de Petiveria alliacea, de moringa oleifera et de Ocimum gratissimum

    Noms Scientifiques Parties utilisées Rendement %

    Petiveria alliacea 16

    Moringa oleifera F 13

    Ocimum gratissimum 7

    I.3. Etude de la toxicité aigue

    Aucun effet indésirable patent et aucun décès n'ont été enregistrés pendant les 14 jours d'observation clinique régulière des deux lots de dose séquentielle de 300 mg/kg et de ceux de 2.000 mg/kg de poids corporel de l'animal, ceci pour les extraits aqueux de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum.

    Lors du déroulement de l'expérimentation, l'absence d'effets indésirables à la dose séquentielle de 2000 mg/kg du poids corporel de l'animal a entrainé la fin de l'essai.

    31

    II. RESULTATS DE LA PHASE EXPERIMENTALE II.1. Evaluation de l'activité anti-oedémateuse

    Effet de l'extrait aqueux des feuilles de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum sur l'oedème de la patte de rat induit par le formol 1%

    L'administration de l'extrait aqueux des feuilles de Petiveria alliacea à la dose de 300 mg/kg prévient de manière significative (p<0,05) l'oedème de la patte de rat induite par le formol 1%. L'augmentation du pourcentage de l'oedème inflammatoire de la patte est de 22,9#177;3,1 ; 30,8#177;7,2 et 46,6#177;12,0 comparée au groupe contrôle traité avec l'eau distillée dont l'augmentation de l'oedème est de 28,1#177;2,0 ; 69,7#177;1,1 et 95,2#177;6,0 respectivement aux temps T1h, T3h et T6h après injection du formol 1%.

    A la dose de 500 mg/kg per os, l'extrait aqueux des feuilles de Petiveria alliacea montre une meilleure prévention de l'oedème de la patte induite par le formol 1% comparée à la dose de 300 mg/kg. Les pourcentages d'augmentation de l'oedème inflammatoire de la patte sont moins importants, ils sont de : 16,7#177;2,0 ; 20,3#177;1,1 et 17,1#177;0,01 respectivement aux temps T 1h, T 3h et T 6h après injection du formol 1% (Tableau VII).

    L'administration de l'extrait aqueux des feuilles de Moringa oleifera à la dose de 300 mg/kg prévient de manière significative (p<0,05) l'oedème de la patte de rat induite par le formol 1%. L'augmentation du pourcentage de l'oedème inflammatoire de la patte est de 23,9#177;4,1 ; 31,80#177;7,2 et 47,7#177;13,1 comparée au groupe contrôle.

    A la dose de 500 mg/kg per os, l'extrait aqueux des feuilles de Moringa oleifera montre une meilleure prévention de l'oedème de la patte induite par le formol 1% comparée à la dose de 300 mg/kg. Les pourcentages d'augmentation de l'oedème inflammatoire de la patte sont moins importants, ils sont de : 17,7#177;2,0 ; 21,2#177;1,1 et 28,25#177;0,2 respectivement aux temps T1h, T3h et T6h après injection du formol 1% (Tableau VII).

    L'administration de l'extrait aqueux des feuilles de Ocimum gratissimum à la dose de 300 mg/kg prévient de manière significative (p<0,05) l'oedème de la patte de rat induite par le formol 1%. L'augmentation du pourcentage de l'oedème inflammatoire de la patte est de 24,10#177;4,1 ; 32,1#177;3,2 et 48,8#177;13,2 comparée au groupe contrôle.

    A la dose de 500 mg/kg per os, l'extrait aqueux des feuilles de Ocimum gratissimum montre une meilleure prévention de l'oedème de la patte induite par le formol 1% comparée à la dose de 300 mg/kg. Les pourcentages d'augmentation de l'oedème inflammatoire de la patte sont

    32

    moins importants, ils sont de : 18,10#177;3,0 ; 21,3#177;2,1 et 28,4#177;0,3 respectivement aux temps T1h, T3h et T6h après injection du formol 1% (Tableau VII).

    Tableau VII. Effet de l'extrait aqueux des feuilles de : Petiveria alliaccea, Moringa oleifera et Ocimum gratissimum sur l'oedème de la patte de rat induit par le formol 1%.

    % d'augmentation du volume de la patte induite par le formol 1%

    Lots

    Doses

    0h

     

    1h

    3 h

    6h

    Contrôle

    10 mL/kg

    0

     

    28,1#177;2,0

    69,75 #177; 1, 1

    95,24 #177; 6,0

     

    300 mg/kg

    0

     

    22,94#177;3,1

    30,81#177;7,2*

    46,65#177;12,0

    EAPA

     
     
     
     
     
     
     

    500 mg/kg

    0

     

    16,73#177;2,0

    20,32#177;1,1*

    27,15#177;0,1

     

    300 mg/kg

    0

     

    23,94#177;4,1

    31,80#177;7,2

    47,75#177;13,1

    EAMO

     
     
     
     
     
     
     

    500 mg/kg

    0

     

    17,70#177;2,0

    21,22#177;1,1

    28,25#177;0,2

     

    300 mg/kg

    0

     

    24,10#177;4,1

    32,10#177;3,2

    48,87#177;13,2

    EAOG

     
     
     
     
     
     
     

    500 mg/kg

    0

     

    18,10#177;3,0

    21,36#177;2,1

    28,40#177;0,30

    Indométacine

    100 mg/kg

     

    0

    6,12#177;8,1

    19,08#177;7,2*

    37,86#177;7,0*

    Les données sont exprimées en moyenne #177; erreur standard à la moyenne (e.s.m.). Significativité à *P<0,05 par raort au contrôle. n=5

    EAPA = Extrait aqueux de Petiveria alliaccea EAMO = Extrait aqueux de Moringa oleifera EAOG = Extrait aqueux de Ocimum gratissimum

    DISCUSSION

    34

    L'objectif de notre travail était d'établir une base scientifique de l'utilisation de Petiveria alliacea, de Moringa Oleifera et de Ocimum gratissimum en médecine traditionnelle.

    La présente étude a prouvé que les décoctés des feuilles de ces trois plantes possèdent des propriétés pharmacologiques anti-inflammatoires. Selon l'échelle de toxicité de Hodge et Sterner [45] et de l'OMS [50], nos extraits sont faiblement toxiques et sont classés dans la classe III des substances chimiques.

    Les résultats du criblage chimique ont montré que les feuilles de : Petiveria alliacea, Ocimum gratissimum et Moringa oleifera renferment de stérols et triterpènes, de tanins hydrolysables et de tanins condensés, non hydrolysables (composés polyphénoliques), mais aussi des hétérosides, flavonoïdes et des alcaloïdes. Ces résultats sont également conformes à ceux obtenus par Akinmoladun et al. [26], Aissi et al. [51], Folkard et al. [52], Kpètèhoto et al. [39]. Les terpènoïdes sont potentiellement doués de propriétés anti-inflammatoires, antimycosiques et parfois analgésiques [53]. Les flavonoïdes, de par leurs activités antiradicalaires et chélatantes, sont doués de propriétés antioxydantes, antihypercholestérolémiantes, anti-aggrégant plaquettaires [52]. Les tanins sont des antimicrobiens, des antifongiques [53]. Ces composés, notamment les flavonoïdes, possèderaient une action inhibitrice sur l'inflammation [54,56] qui passerait par l'inhibition de la formation des principaux médiateurs pro- inflammatoires du métabolisme de l'acide arachidonique via l'inhibition des cyclo- oxygénases et lipooxxygénase [57,58].

    La présence d'alcaloïdes, des polyphénols révélés dans les différents extraits de la plante serait à l'origine de leurs utilisations comme anti inflammatoire [40]. Ces résultats permettent de valider l'usage de ces plantes dans le traitement des inflammations.

    L'oedème induit par l'injection du formol 1% est un modèle animal largement utilisé pour évaluer l'activité anti-inflammatoire des substances. L'injection du formol 1% provoque la libération de plusieurs médiateurs chimiques qui sont responsables du processus inflammatoire. Cette réponse inflammatoire est biphasique. La phase initiale qui dure environ une heure est due à la libération de l'histamine et de la sérotonine. La bradykinine est libérée au cours de la seconde phase et la biosynthèse des prostaglandines intervient au-delà de la troisième heure [54].

    L'administration per os des extraits aqueux des feuilles s'est révélée efficace, de façon dépendante à la dose (300 et 500 mg/kg), dans la prévention de l'oedème inflammatoire au formol 1%. Toutefois, cet effet anti-oedémateuse est faible sur la phase initiale de l'oedème mais important dans la phase tardive (6 h).

    35

    Les décoctés des feuilles ont inhibé l'oedème de manière dose-dépendante et à toutes les phases. Ainsi, les décoctés des feuilles pourraient avoir une action antagoniste à l'histamine, à la bradykinine, à la sérotonine et à la biosynthèse des prostaglandines. La forte inhibition de l'oedème a été observée à la troisième heure pour les différents extraits aqueux à la dose de 500 mg/kg.

    Cela suggère que l'action inhibitrice du décocté des feuilles s'exercerait davantage sur les cyclo-oxygénases qui sont responsables de la synthèse des Prostaglandines.

    Nos résultats et la nature biphasée de l'oedème de la patte induit par le formol 1% observés, permettent de proposer que l'activité significative dans la suppression de la deuxième phase de l'inflammation puisse être due aux médiateurs impliqués dans la phase tardive de l'oedème de la patte de rat. Ceci suggère une probable implication des voies de la cyclo-oxygénase et de la lipooxygénase dans l'activité de l'extrait aqueux des feuilles de Petiveria alliacea, Ocimum gratissimum et Moringa oleifera.

    CONCLUSION &

    PERSPECTIVES

    37

    Cette présente étude a montré que l'extrait aqueux des feuilles de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum sont faiblement toxiques et ont un effet anti-inflammatoire sur le modèle de l'oedème inflammatoire induit par le formol 1% chez le rat. Cette activité serait plus importante à dose élevée et pourrait être lié à l'inhibition des cyclo-oxygénases et lipoxygénases dans la phase tardive de l'oedème inflammatoire au formol 1%. Ces résultats justifient l'utilisation de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum en médecine traditionnelle africaine dans la prise en charge du processus inflammatoire.

    Les résultats obtenus lors de cette étude sont intéressants, mais des études complémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes moléculaires et cellulaires de ces effets. Ces études doivent être aussi orientées vers la détermination des principes actifs dans les extraits de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum et l'évaluation de leurs effets sur les signalisations impliquées dans le processus inflammatoire, ainsi que les enzymes impliquées dans la production des espèces oxygénées réactives.

    L'extrait aqueux de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum a des propriétés anti-inflammatoires. Les effets, dose et temps dépendant de ces extraits d'origine naturelle permettent de conclure qu'elle a également des propriétés anti-sérotoniques et antihistaminiques. Les propriétés anti-inflammatoires de Petiveria alliacea, de Moringa oleifera et de Ocimum gratissimum seraient liées à la présence de flavonoïdes et de saponines présents dans ces extraits qui ne sont pas toxiques. Les flavonoïdes sont en effet des antioxydants tandis que les saponines sont des inhibiteurs des prostaglandines. Selon la littérature, plus la DL50 est élevée, moins les extraits de la plante sont toxiques. Selon l'échelle de Hodge & Sterner [4 3], nos extraits sont faiblement toxiques et sont de la classe IV des substances chimiques. Toutefois, d'autres investigations devraient être entreprises pour garantir leur qualité, valider leur innocuité et leur efficacité.

    Une purification de l'extrait aqueux de la feuille la plus efficace pourrait permettre d'isoler le ou les principes actifs responsable (s) de ces effets. Et plus tard, la détermination des mécanismes moléculaires impliqués devrait suivre.

    En conséquence, des expériences ultérieures utilisant des fractions riches en saponosides et en flavonoïdes sont envisagées pour confirmer cette hypothèse et comprendre le mécanisme d'action des principes actifs de ces plantes.

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    TABLE DES

    MATIERES

    47

    1

    1E'TJI?4 IEE 4

    I. CLARIFICATION DES CONCEPTS 5

    1.1. Plante médicinale..............................................................5 1.2. La Phytothérapie...............................................................5 1.3. La décoction...................................................................5 1.4. L'infusion.......................................................................5 1.5. La macération..................................................................6 1.6. La trituration.......................................................................6

    1.7. L'inflammation 6
    1.8. L'inflammation aigue.........................................................7 1.9. L'inflammation chronique ..................................................7 1.10. Pathologies inflammatoires.................................................7 1.11. Anti-inflammatoires.........................................................8 1.11 .1. Anti-inflammatoire non stéroldiens ..................................8 1.11.2. Anti-inflammatoires stéroldiens.........................................8 1.11.3. Anti-inflammatoires d'origine végétale...............................9

    II- GENERALITES SUR LES PLANTES UTILISEES COMME ANTI-

    10

    INFLAMMATOIRE .............................................................

    11.1. FE TI VERIA ALLIA CEA............................................................10 11.2. MORINGA OLEIFERA.............................................................13 11.3. OCIMUM GRATISSIMUM................................................15

    48

    HYPOTHESES ET OBJECTIFS . 18

    MATERIEL ET METHODES 20

    I. CADRE DE L'ETUDE 21

    II. MATERIEL . 23

    II.1. Matériel végétal 23

    II.2. Matériel animal 23

    II.3. Equipements-Consommables-Réactifs 23

    III. METHODOLOGIE 24

    III.1. Phase préparatoire 24

    III.1.1. Récolte, séchage, broyage 24

    III.1.2. Obtention des extraits 24

    III.2. Analyse phytochimique (Screening) 24

    III.3. Etude de la toxicité aigüe . 26

    III.4. Phase d'expérimentation 26

    III.5. Traitement statistique 28

    RESULTATS . 29

    I. RESULTATS DE LA PHASE PREPARATOIRE 30

    I.1. Etude phytochimique . 30

    I.2. Rendement des extractions 31

    I.3. Etude de la toxicité aigüe 31

    II. RESULTATS DE LA PHASE EXPERIMENTALE 32

    49

    II.1. Evaluation de l'activité anti-inflammatoire . 32

    DISCUSSION 34

    CONCLUSION ET PERSPECTIVES . 37

    REFERENCES 39

    TABLE DES MATIERES . 45

    ANNEXES a

    ANNEXES

    b

    Annexe 1 : Equipements, consommables.

    Appareils utilisés au cours de nos expérimentations : Balance automatique de type METTLER 3000, Rotavapor R2000, Réfrigérateur (WESPOINT), Agitateur (VOLTEX), Agitateur va et vient, Plaque chauffante, Etuve (MEMMERT), Agitateur magnétique (KILA-WERKE), Extracteur de type Clavenger, Distillateur, Ultrason, Pléthysmomètre (APELEX 05-7150, Allinde, Bagneux, France).

    Instruments utilisés : Eprouvette, Tubes à essai stériles, Flacons en verre, Etiquettes, Marqueurs, Coton, Pipettes, Erlenmeyer, Bécher.

    Annexes 2 : Equipement utilisé au laboratoire et protocole expérimentale du screening

    Appareil et instruments : Erlenmeyer, Ballon à fond rond, Tubes à essais, Pipettes graduées, Plaque chauffante, Balance électronique, Eau de mer provenant de l'océan atlantique, Béchers pour recueillir le filtrat, Bocaux pour conserver les extraits, Chronomètre, Broyeur à couteau pour pulvériser les feuilles

    Réactifs : Acide chlorhydrique, Réactifs de Meyer, Ammoniaque 5%, Ether chloroformique, Chlorure ferrique à 1%, Réactif de STIASNY, Acétate de sodium, Poudre de magnésium, Alcool chlorhydrique, Chloroforme, Alcool éthylique, Acétate de plomb, Solution aqueuse de phosphate sodique, Sulfate de sodium anhydre, Acide acétique, Acide sulfurique, acide 2-[2-(2,6-dichlorophenyl) amnophényl] éthanoïque (diclofenac), formol 1%, d'acide acétylsalicylique.

    Protocole expérimental ayant trait au screening phytochimique

    1) Recherche des alcaloïdes

    Elle s'est faite grâce à deux tests :

    a. Test général en milieu acide

    On mélange 5g de la poudre à 25ml d'acide chlorhydrique dilué à 5%. Le mélange est macéré pendant 24heures. On recueille 1mL du filtrat auquel on ajoute 5 gouttes de réactif de MAYER. En cas présence d'alcaloïdes, on observe un précipité jaune ou louche dans le tube.

    C

    b. Extraction des alcaloïdes

    On met 5g de poudre dans 5mL d'ammoniaque dilué au demi. A ce mélange, on ajoute 25ml d'éther chloroformique et on laisse macérer pendant 24heures dans un flacon bouché. Le filtrat est séché sur du sulfate sodique anhydre et ensuite épuisé avec 5mL d'acide chlorodrique à 5% deux fois de suite. Au filtrat épuisé, on ajoute 5 gouttes de réactif de MAYER. En cas de présence d'alcaloïde, le filtrat précipite ou devient dans le tube.

    2) Recherche des composés polyphénoliques

    Dans un erlenmeyer, on met 5g de poudre auxquels on ajoute 100mL d'eau bouillante. Le mélange infusé est laissé 15 minutes sous agitation continue, puis filtré. Ce filtrat réparti en 2 portions servira aux recherches ci-après :

    a) Recherche des tanins

    A la première portion du filtrat, nous ajoutons quelques gouttes de chlorure ferrique à 1%. L'observation d'une coloration bleu-foncée, verte ou noire indique la présence des tanins.

    Recherche des tanins catéchiques

    A 30mL de la seconde portion, nous ajoutons 15mL de réactif de STIASNY et chauffons le mélange au bain-marie à 90°C pendant 15 minutes. L'apparition d'un précipité rose indique la présence des tanins catéchiques.

    Recherche des tanins galliques

    Après récupération du filtrat, celui-ci a été saturé d'acétate sodique additionné de quelques gouttes de chlorure ferrique à 1%. Une teinte bleue ou noire indique la présence de tanins galliques.

    b) Recherche de flavonoïdes

    A 5mL de la deuxième portion, nous ajoutons 5mL d'alcool chlorhydrique (réactif de SHINODA) et une pincée de poudre de magnésium : c'est la réaction de la cyanidine, dite réaction de SHINODA. L'apparition d'une coloration orangée (flavones), rouge (flavonols) ou violette (flavonones) indique la présence de flavonoïdes.

    c) Recherche des anthocyanes

    Nous additionnons quelques gouttes d'acide chlorhydrique à 5% à 1mL de la deuxième portion. Ce mélange est ensuite alcalinisé par ajout de quelques gouttes d'ammoniaque dilué

    d

    au demi. Une coloration rouge qui s'accentue et vire au bleu-violacé ou verdâtre indique la présence d'anthocyane.

    d) Recherche de leuco-anthocyane

    A 5mL de la deuxième portion, nous ajoutons 5mL du réactif de SHINODA. Le mélange est ensuite chauffé pendant 15 minutes au bain-marie à 90°C. L'observation d'une coloration rouge cerise ou violacée indique la présence de leuco-anthocyane.

    3) Recherche des dérivés quinoniques

    Dans un erlenmeyer, nous mélangeons 2mL d'HCI à 5% et 2g de poudre. A ce mélange, nous ajoutons 20mL de chloroforme et nous laissons en agitation continue pendant 24 heures. Après macération, nous ajoutons 5mL d'ammoniaque au mélange précédent : c'est la réaction de BORN-TRAGER. Une coloration rose ou rouge violacée indique une réaction positive.

    4) Recherche des saponosides

    Ils sont mis en évidence par l'indice de mousse qui est fourni par le degré de dilution d'un décocté aqueux de la drogue qui, dans des conditions déterminées, donne une mousse persistante.

    Le décocté de 1g de poudre est préparé pendant 30 minutes dans 100mL d'eau distillée avec une ébullition modérée. Le filtrat refroidi puis ajusté à 100mL est réparti dans 10 tubes à essais (hauteur 16cm x 16cm de diamètre) en série arithmétique de raison 1/10ème de concentration du décocté (successivement 1, 2, 3...10mL de décocté, ajuster le volume de chaque tube à 10mL avec de l'eau distillée). Après 30 agitations dans le sens de la longueur pendant 15 secondes (deux agitations par seconde, après avoir bouché avec le pouce), le tube est laissé au repos pendant 15 minutes. La hauteur de la mousse est mesurée. Si elle est =1cm dans l'un des tubes, la dilution dans ce tube est l'indice de mousse cherché. Sinon, l'indice est supérieur à 100 (négligeable).

    5) Recherche de triterpénïdes et de stéroïdes y compris les cardénolides

    Pour cette recherche, nous ajoutons à 1g de poudre 10mL d'alcool éthylique à 70°C et nous agitons pendant 30 minutes. A ce mélange, nous ajoutons 10mL d'eau distillée puis 2mL d'acétate de plomb à 10% à volume égal V/V. Après 15 minutes de repos, nous ajoutons au filtrat 2mLde solution aqueuse de phosphate disodiquephosphate disodique à 10%. Après 15000 minutes de repos, le filtrat est recueilli dans une ampoule à décanter et extrait à trois

    e

    reprises avec 5mL de chloroforme (CHCL3). Les solutions chroniques sont séchées sur du sulfate de sodium anhydre puis divisées en trois portions et évaporées à siccité (bain de sable).

    a) Recherche de triterpénoïdes

    La première portion est solubilisée par quelques gouttes d'acide acétique. Au mélange obtenu, nous ajoutons 3mL d'un mélange d'anhydride acétique-acide sulfurique. Une coloration violette, bleue ou verte indique la présence de triterpénoïdes.

    b) Recherche de stéroïdes

    A la deuxième portion, nous ajoutons 2gouttes d'une solution alcoolique à 2% d'acide dinitrobenzoique et 2 gouttes d'hydroxyde de sodium à 1N. L'apparition d'une coloration rouge pourpre ou rouge au vin indique la présence de stéroïdes. C'est la réaction de KEDDE (également pour les cardénolides).

    c) Recherche de cardénolides

    Réaction de RAYMOND pour les cardénolides : elle consiste à ajouter à troisième portion successivement 2 gouttes d'une solution alcoolique à 1% de métadinitronenzène et 2 gouttes de NaOH à 20%. Une coloration bleue indique une réaction positive.

    6) Recherche de dérivés cyanogénpoiques

    A 15mL d'eau distillée on ajoute 2g de la poudre puis bouché immédiatement et laissé en macération pendant 1 heure. Le col de l'erlenmeyer est recouvert de papier imbibé d'acide picrique et on chauffe pendant quelques minutes. L'apparition d'une coloration marronne indique le dégagement de HCN.

    7) Recherche des mucilages

    Nous avons introduit 1mL de décocté à 10% dans un tube à essai et ajouté 5mL d'alcool absolu. L'appariton d'un précipité floconneux indique la présence de mucilage après une dizaine de minutes.

    8) Recherche de coumarine

    A 20mL d'éther on ajoute 1g de poudre puis boucher immédiatement dans un petit erlenmeyer et laisser en macération pendant 24 heures. Le filtrat a été ajusté à 20mL avec l'éther. 5mL de filtrat ont été évaporés dans une capsule à l'air libre. Au résidu obtenu, nous avons ajouté 2mL d'eau chaude et partagé la solution dans deux tubes à essai. Dans l'un des

    f

    tubes, nous avons ajouté 0,5mL d'ammoniaque à 25%. Le second tube représente le témoin. Nous observons la fluorescence des deux tubes à essai sous UV à 365nm. Une fluorescence intense dans le test indique la présence de coumarines.

    Ou

    10g de poudres sont mis dans un erlen de 500mL. On y verse 180mL d'éthanol et 20mL d'eau distillée. On met l'erlen sous agitation magnétique pendant une nuit. Après filtration, la solution est concentrée à l'évaporateur rotatif jusqu'à siccité. L'extrait hydro-éthanolique concentré est traité, dans une capsule de porcelaine, avec une goutte de solution saturée de chlorhydrate d'hydroxylamine 10% et une goutte de solution alcoolisée de KOH (7,5% de KOH dans l'éthanol). Ce mélange est chauffé pendant 2 minutes. Après refroidissement, on ajoute une petite quantité d'HCI 0,5N et de FeCL3 1%. Un test positif consiste en une coloration violette.

    9) Recherche des composés réducteurs

    Le décocté à 10% est obtenu par ébullition modérée pendant 3 minutes d'un mélange de 50mL d'eau distillée et de 5g de poudre.

    Après refroidissement, le filtrat a été ajusté à 50mL avec de l'eau distillée. 5mL de filtrat sont introduits dans un tube à essai. Après le chauffage au bain-marie à 90°C pendant quelques minutes, on ajoute 1mL de réactif de fehling (liqueur de fehling A + liqueur de fehling B à volume égal). On réchauffe le filtrat quelques minutes après. L'observation d'un précipité rouge vif indique la présence de composés réducteurs.

    10) Recherche des dérivés anthracéniques a) Anthracéniques libres

    A 1g de poudre, on ajoute 10mL de chloroforme et on chauffe prudemment pendant 3 minutes au bain-marie. Après filtration à chaud, le mélange est complèté à 10mL avec le chloroforme. 1mL de l'extrait chloroformique est additionné de 1mL d'ammoniaque dilué à 1/2 puis agité. L'apparition d'une coloration rouge plus ou moins intense indique la présence d'anthracéniques libres.

    g

    b) Anthracéniques combinés

    O-hétérosides

    A une partie du résidu épuisé par le chloroforme, on ajoute 10mL d'eau distillée et 1mL d'acide chlorhydrique concentré. Le tube à essai maintenu au bain marie bouillant pendant 15 minutes est ensuite refroidi sous un courant d'eau. L'hydrolysat est obtenu après filtration et ajustement à 10mL. On prélève 5mL de l'hydrolysat qu'on agite avec 5mL de chloroforme. La phase organique soutirée est introduite dans un tube à essai et additionnée de 1mL d'ammoniaque dilué au Y2 puis agité (on garde la phase aqueuse). La présence d'anthracénique est révélée par la coloration rouge plus ou moins intense.

    Si la réaction est négative ou faiblement positive, on recherche les O-hétérosides à génines réduites. Pour ce faire on prélève 5mL d'hydrolysat qu'on additionne de 3 à 4 gouttes de FeCl3 (chlorure ferrique) à 10%. Le mélange chauffé au bain-marie pendant 5 minutes est ensuite refroidi sous courant d'eau puis agité avec 5mL de chloroforme. A la phase chloroformique soutirée et introduite dans un tube à essai, on ajoute 1mL d'ammoniaque au 1/2 puis on agite. Une coloration rouge plus ou moins intense signe la présence des O-hétérosides à génines réduites.

    C-hétérosides

    A la phase aqueuse conservée plus haut, on ajoute 1mL de FeCl3 à 10%. Le mélange est porté à ébullition au bain-marie bouillant pendant 30 minutes puis refroidi. Après agitation avec 5 minutes de chloroforme, la phase chloroformique est soutirée et recueillie dans un tube à essai. On y ajoute 1mL d'ammoniaque dilué à Y2 et on agite. Une coloration rouge plus ou moins intense signe la présence de génines de C-hétérosides.






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