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La place de l'internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'université de Ndjamena (Tchad)


par Joseph Ndjig-nan Dinza
Université de Yaoundé 1 - Master 2020
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE DE YAOUNDE1

THE UNIVERSITY OF YAOUNDE 1

CENTRE DE FORMATION ET DE RECHERCHE DOCTORALE EN SCIENCES HUMAINES, SOCIALES ET EDUCATIVES

POST GRADUATE SCHOOL FOR SOCIAL AND EDUCATIONAL SCIENCES

UNITÉ DE FORMATION ET DE RECHERCHE DOCTORALE EN SCIENCES DE L'EDUCATION ET INGENIERIE EDUCATIVE

DOCTORAL UNIT OF RESEARCH AND TRAINING IN EDUCATION AND EDUCATIIONAL INGENIEERING SCIENCES

FACULTY OF EDUCATION

FACULTÉ DES SCIENCES DE L'ÉDUCATION

DEPARTMENT OF FUNDAMENTAL TEACHINGS IN EDUCATION

DÉPARTEMENT DES ENSEIGNEMENTS FONDAMENTAUX

LA PLACE DE L'INTERNET DANS LES PRATIQUES
PROFESSIONNELLES DES ENSEIGNANTS DE L'
UNIVERSITE DE
N'DJAMENA (TCHAD)

Mémoire présenté en vue de l'obtention du diplôme de Master en Enseignements Fondamentaux en Education

Spécialité : Technologie de l'Information et de Communication et Education (TICE)

Par
NDJIG-NAN DINZA Joseph
Licence en Philosophie
Matricule : 17R3859
Sous la direction de
Béché Emmanuel
Maître de conférences

Session de juin 2020

i

SOMMAIRE

RESUME ix

ABSTRACT x

INTRODUCTION GENERALE 1

1. Contexte et problème de l'étude 2

2. Problématique 6

3. Questions 14

4. Objectifs 14

5. Hypothèses 15

6. Pertinence et portée de la recherche 15

7. Cadre méthodologique 17

CHAPITRE 1: ÉTAT DES LIEUX DES TIC (INTERNET) DANS l'ENSEIGNEMENT

SUPERIEUR DU TCHAD 32

1. Présentation générale du Tchad 32

2. Description du système d'enseignement supérieur au Tchad 33

3. Le développement des TIC et de l'Internet au Tchad 40

CHAPITRE 2 : LES OPINIONS DES ENSEIGNANTS ENQUETES SUR LA NOTION

D'INTERNET 57

1. Les caractéristiques des enseignants enquêtés 58

2. Définition de l'Internet selon les enseignants 61

3. Ce que pensent les répondants des contenus d'Internet 63

4. Choix des enseignants entre ressources obtenues à l'aide de l'Internet et la

bibliothèque 67

5. Les avantages de l'Internet chez les répondants 68

6. Les inconvénients de l'Internet chez les répondants 68

7. Les opinions des enseignants sur la notion d'Internet 69

II

CHAPITRE 3 : UTILISATION DE L'INTERNET CHEZ LES ENSEIGNANTS DE

L'UNIVERSITE DE N'DJAMENA 77

1. Accès aux technologies et à l'Internet 77

2. La fréquence d'utilisation de l'Internet 83

3. Les temps passés sur l'Internet 84

4. Les activités que font les enseignants enquêtés sur le Net 85

5. La publication électronique 93

6. Formation à la mise en ligne des cours 95

7.La veille informationnelle 96

CHAPITRE 4 : LA MAÎTRISE ET LES COMPETENCES EN INTERNET 99

1. Les niveaux de maîtrise envers les pratiques d'Internet 100

2.Compétences en Internet 110

3.Les obstacles qui empêchent les enseignants d'utiliser davantage l'Internet 115

Conclusion générale 118

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 125

III

« Si on ne veut pas se faire submerger par l'Internet, il faut toujours partir d'une question et être très claire par rapport à cette question pour aller chercher la réponse. On peut ensuite sauter d'une page à l'autre, mais il faut être très précis sur ce qu'on veut au départ »

Bullat-Koelliker, C. (2003).

iv

À
La mémoire de ma fiancée Maïdjonré Jeanne,
(Dans mon coeur tu seras toujours vivante).
Que Dieu tout puissant t'accorde sa miséricorde.

V

REMERCIEMENTS

La présente étude n'aurait pas été possible sans le bienveillant soutien de certaines personnes. Et je ne suis pas non plus capable de dire dans les mots qui conviennent, le rôle qu'elles ont pu jouer à mes côtés pour en arriver là. Je rends d'abord grâce à Dieu, le Tout-Puissant, de m'avoir donné la vie et la santé pour la réalisation de cette étude.

Mes premiers remerciements vont d'abord à mon Directeur de mémoire, le Professeur Béché Emmanuel, pour avoir accepté de diriger ce mémoire. Ayant cru en mon projet, il m'a soutenu tout au long de mon parcours de chercheur débutant. Il a su m'encourager et me motiver à continuer malgré les embûches. Son soutien m'a été essentiel. Je le remercie pour l'aide, le soutien constant et le temps précieux qu'il a pu consacrer à la direction de mon travail. Je le remercie pour son encadrement scientifique et ses conseils avisés.

Je tiens à remercier Dr Mapto Kengne Valèse pour ses conseils, orientations et critiques féconds qui ont contribué à l'approfondissement de mes réflexions sur l'objet de mon mémoire. Je remercie aussi le professeur Bios Nelem Christian, pour ses orientations : elles ont été fondamentales pour cette étude. Ma reconnaissance va également à l'endroit de Monsieur Aka'a Raphaël Landry. Sa disponibilité au Département nous a toujours permis de répondre à nos problèmes, quelle que soit leur nature. Dans cette rubrique, je profite pour adresser un sincère remerciement à mes camarades de promotion avec qui nous avons interagi tout au long de nos recherches respectives.

Je salue au passage la disponibilité des enseignants de l'Université de N'Djamena, qui ont accepté de participer à cette étude. Je rends un hommage particulier à monsieur Djininboh Gabriel et Dr Dieudonné Vaïdjiké pour leur soutien multiforme. Je suis particulièrement reconnaissant à mes oncles maternels qui n'ont cessé de me soutenir financièrement et moralement. Je pense notamment aux messieurs Boumi Raouda, Yomassem et Monbé Golbé. Je voudrais qu'ils voient en ce travail le couronnement de tous leurs efforts.

J'exprime une pensée particulière à la famille Dinza en générale et à mes très chers grands frères Gouakaine Boumi et Golwa Dinza qui, sans eux, ce travail n'aurait jamais pu être réalisé. Je suis reconnaissant de leur soutien indéfectible et de tout le sacrifice qu'ils ont consenti. En même temps, je témoigne ma reconnaissance et ma gratitude à ma nouvelle famille de Yaoundé, qui m'ont considéré comme un membre de leur famille. Il s'agit de la famille Amana, dont Madame Ampo Pascaline m'a apporté un soutien inestimable.

Enfin, mes remerciements finaux vont à l'endroit des amis et parents qui m'ont soutenu tout au long de ce travail. Je pense à Djandri Dinza, Moussa Fay, Allaramadji Jerom, Ndou Malloum, Kenfack Dzefack Eddy Giresse, Kouakaine Adoum, Doh-kot Epaye Alifa, Ramadan Idogo Azina, Baïyabé Bertand Laye, Tchoutezo Feugap Aghokeng Francklin, Emessiene Augustine Annick, Bonen John Thierry, Yanyahbé Danzoumbé Maye et MFabo Mbakop William.

vi

LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES

ACRL: Association of College and Research Libraries

ADETIC : Agence de Développement des Technologies de l'Information et de la

Communication

APC : Approche par Compétence

ARCEP : Autorité de Régulation des Communication Electroniques et des Postes

AUF : Agence Universitaire de la Francophonie

i2e : Compétence Informatique et Internet Niveau 2, Enseignant

CNESP : Commission Nationale de l'Enseignement Supérieur Privé

CNF : Campus Numérique Francophone

CNRD : Centre National de Recherche p our le Développement

CONFOFOR : Commission Nationale de Formation des Formateurs

CREPUQ : Conférence des Recteurs et des Principaux des Université du Québec

ENA : Environnement Numérique d'Apprentissage

EPES : Etablissements Publics d'Enseignement Supérieur

FOAD : Formations Ouvertes et à Distance

FONAREST : Fond National d'Appui à la Recherche S ci e n t i fi q u e et Technique

GSMA : Association Internationale d'Opérateur de Téléphonie Mobile

IFADEM : Initiative Francophone pour la Formation à Distance des Maîtres

MESRI : Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et l'Innovation

MPTIC : Ministère des Postes, des Nouvelles Technologies de l'Information

OCDE : Organisation de Coopération et Développement Economiques

OIF : Organisation Internationale de la Francophonie

OQLF : Office Québécois de la Langue Française

OTRT : Office Tchadien de Régulation des Télécommunications

RESEN : Rapport d'Etat du Système Educatif National

SITIC : Salon International des Technologies de l'Information et de la Communication

SMSI : Sommet Mondial de la Société de l'Information

TICE : Technologies de l'Information et de Communication et Education

TIT : Télécommunications Internationales du Tchad

UIT : Union Internationale Télécommunications

VII

LISTE DES TABLEAUX

 
 

Tableau 1 : Nombre des questionnaires distribués aux enseignants

31

Tableau 2 : Tarifs d'Internet au Tchad : Airtel et Tigo

.48

Tableau 3 : Tarifs d'Internet d'Airtel Gabon et Niger

48

Tableau 4 : Les matérielles technologiques de l'Université de N'Djamena

52

Tableau 5 : Genre de répondants

57

Tableau 6 : Age de répondants

59

Tableau 7 : Montrant les effectifs des enseignants enquêtés selon leur filière

60

Tableau 8 : Années d'expérience des répondants

61

Tableau 9 : Préférence entre ressources de l'internet et la bibliothèque

67

Tableau 10 : Les opinions des enquêtés sur l'avenir de l'Internet

70

Tableau 11 : L'Internet permet d'améliorer la communication entre les gens

73

Tableau 12 : Difficultés d'abandonner l'Internet quand on commence par l'utiliser

73

Tableau 13 : Quand on a l'Internet à la maison, on regarde moins la télé

74

Tableau 14 : Internet dans la société de demain

75

Tableau 15 : Montrant l'accès à l'ordinateur

77

Tableau 16 : Sexe de répondants croisé avec possession d'ordinateur portable

.78

Tableau 17 : Montrant l'accès au téléphone portable

.79

Tableau 18 : Sexe de répondant croisé avec accès à Internet

80

Tableau 19 : Montrant la fréquence d'utilisation d'Internet

83

Tableau 20 : Temps mis sur l'Internet par jour

..84

Tableau 21 : Sexe de répondant croisé avec les activités que l'on peut faire sur l'Internet...86

Tableau 22 : La publication électronique

94

Tableau 23 : Formation relative à la mise ligne des cours

95

Tableau 24 : Veille informationnelle

97

Tableau 25 : Maitrise de logiciel de création d'un site web

102

Tableau 26 : Maitrise de l'environnement numérique d'apprentissage

.104

Tableau 27 : Maitrise de moteur de recherche

107

Tableau 28 : Maitrise de catalogue et les bases des données

109

Tableau 29 : Compétence en outils de communication

114

Tableau 30 : Obstacles empêchant les enquêtés d'utiliser l'Internet

.116

VIII

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Sexe de répondants croisé avec type de téléphone .79

Figure 2 : Sexe de répondants croisé avec les moyens de connexion Internet préférés .81

Figure 3 : Expérience en enseignement croisé avec logiciel de création de pages web 103

Figure 4 : Sexe de répondant croisé avec environnement numérique d'apprentissage 105

Figure 5 : Expérience en enseignement croisé avec moteurs de recherche .108

ix

RESUME

Ce mémoire étudie la place de l'Internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena, en mettant en évidence les utilisations qu'ils en font, leurs opinions et leurs compétences numériques. Malgré le développement de l'Internet au Tchad et les discours qui appellent à l'usage de l'Internet à l'Université, on connait très peu sur le mécanisme chez les enseignants de l'Université. L'hypothèse générale que nous avons posée, est que les enseignants de l'Université de N'Djamena n'exploitent pas toutes les possibilités que leur offre l'Internet, du fait de leur ignorance et de leur faible maîtrise de l'outil. Pour l'examiner, nous avons mobilisé le Concems-Based Adoption Model (Hall et Hord, 2001) et le modèle de Moersch (1995, 2001) intitulé le Level of Technology Implementation (le LoTI). Tous ces deux modèles théoriques mesurent les niveaux d'implantation des TIC en classe par les enseignants. Nous avons aussi recouru à la théorie des compétences pour évaluer les compétences des enseignants de l'Université de N'Djamena à utiliser l'Internet. Du point de vue méthodologique, nous avons opté pour une démarche quantitative. Nous avons ainsi utilisé un questionnaire intégrant des questions ouvertes que nous avons adressées à 79 enseignants. Nos résultats montrent que les enseignants de l'Université de Ndjamena ont une opinion favorable à l'usage de l'Internet dans leurs pratiques professionnelles. Ils utilisent plus l'Internet pour la communication que pour la recherche et la publication scientifiques. Mais, plus de 60% d'entre eux ne possèdent pas des compétences techniques essentielles qui leur permettent d'intégrer l'Internet dans leurs pratiques professionnelles.

Mots clés : Internet, pratiques professionnelles, compétences numériques, utilisation, opinion.

ABSTRACT

This dissertation studies the place of Internet in the professional practice of lecturers at the University of N'Djamena, by highlighting the use they make of it, their opinion and their digital skill. Despite the development of Internet in Chad and the speech calling for its use in the university, very little is known about the mechanism among university lecturers. The general hypothesis that we posed is that the lecturers of the University of N'Djamena do not exploit all the possibility offered them by Internet, due to their ignorance and their poor mastery of the tool. To examine it, we used the Concems-Based Adoption Model (Hall and Hord, 2001) and Moersch's model (1995, 2001) called the Level of Technology Implementation (LoTI). Both of these theoretical models measure the level of ICT implementation in a classroom by lecturers. We also used skill theory to assess the skill of lecturers at the University of N'Djamena in the use Internet. From a methodological point of view, we opted for a quantitative approach. We therefore, submitted 79 lecturers to a questionnaire made up of open questions. Our findings reveal that lecturers at the University of Ndjamena have a favorable opinion of the use of Internet in their professional practice. They use Internet more for communication than for scientific research and publication. Lastly, more than 60% of them do not have the essential technical skill which could permit them to integrate Internet into their professional practice.

X

Keywords: Internet, professional practices, digital skills, use, opinion.

1

INTRODUCTION GENERALE

L'Internet dont on parle aujourd'hui de plus en plus, a envahi tous les secteurs de l'activité humaine, y compris celui de l'éducation. L'Internet est ainsi apparu comme un moyen important de développement et de réduction de la pauvreté de façon durable. Il est aussi l'un de moyen le plus utilisé de ces dernières années en ce qui concerne la recherche d'information dans les Universités. Bien que présent et utilisé dans presque tous les pays du monde, le niveau de développement de l'Internet reste inégal d'une région à une autre, d'un pays à un autre, entre le Nord développé et le Sud en voie de développement. L'Afrique reste le continent le plus défavorisé en matière de télécommunications et d'accès aux technologies de l'information et de l'Internet, Djeumeni, T.M. (2010). Des études révèlent des tendances d'évolution prometteuses mais aussi des ruptures et de fortes inégalités. Ces inégalités proviennent du fait que d'autres pays ont les possibilités d'avoir les infrastructures adaptées pouvant accueillir l'Internet et d'autres pays surtout l'Afrique central souffre d'énormes problèmes qui empêchent les pays de penser aux infrastructures de hautes qualités. Ces problèmes sont entre autres : la pauvreté, les problèmes sécuritaires et sanitaires, manque d'électricité (le cas du Tchad par exemple) et de l'eau potable etc. Au Tchad, malgré des efforts consentis par le gouvernement en faveur de la technologie de l'information et de la communication (TIC), le pays reste l'un de pays le plus faible en matière de numérique. Cependant, nous pouvons dire sans se tromper que l'Internet est omniprésent dans toutes les sociétés, même s'il est reparti inégalement. Depuis l'introduction de l'Internet au Tchad en 1997, le pays a déployé l'un des plus grands plaidoyers politiques en faveur du développement des nouvelles technologies en ces dernières années. Le Tchad accuse un grand retard au niveau de l'intégration des TIC dans le processus enseignement-apprentissage. L'introduction et l'utilisation de ces outils dans la pratique de classe et la gestion de l'école reste embryonnaire dans le système éducatif tchadien, comme en témoigne l'absence d'espaces numériques d'enseignement et d'apprentissage dans la quasi-totalité des établissements primaires, secondaires et universitaires au Tchad.

Malgré que l'Internet semble définitivement entré dans la société tchadienne et est utilisé à des différentes fins, on peut toujours s'interroger sur son impact dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université. Reconnu pour sa diffusion et ses partages d'information, l'Internet mérite une analyse profonde en contexte universitaire pour savoir ce que font les enseignants de cette technologie.

2

1. Contexte et problème de l'étude

Le choix de ce sujet est consécutif au dynamisme et à la prolifération des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) dans les systèmes éducatifs de nos jours. D'après notre constat, l'Internet a pris une place prépondérante dans notre quotidien, il est considéré comme la plus grande « base de données » où on peut trouver 1'information la plus diversifiée. En ce sens, Karsenti, T. et Dumouchel, G. (2011, p.177) affirment que « les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont aujourd'hui un élément incontournable en éducation ». Dans le même sens, Ham et Cha (2009) cité par Karsenti, T. et Dumouchel, G. (ibid, p.9), ont noté que la majorité des sociétés partagent l'idée qu'elles sont un des thèmes clés en politique éducative pour créer un système d'éducation qui est en mesure de préparer adéquatement ses futurs citoyens à vivre dans la société du savoir ou de l'information. C'est justement ce que nous voyons de nos jours en politique éducative.

La prolifération des TIC est également confirmée par l'Agence Française de Développement (AFD), Agence Universitaire de la Francophonie(AUF), Orange et UNESCO (2015), lorsqu'ils stipulent qu'une minorité de gens disposait, avant les années 2000, d'un accès aux moyens de communication de type téléphone fixe, mais aujourd'hui le mobile fait partie intégrante du quotidien d'une large majorité. Les TIC sont observées un peu partout dans les sociétés africaines : Afrique du Sud, Rwanda, Ghana, Cameroun, Kenya etc., (Béché, E. 2013 ; Karsenti, T., et all. 2011) et à un certain degré dans tous les niveaux d'éducation, du préscolaire à l'Université, dans les secteurs formels et non formels. Elles sont utilisées à des fins diverses : la formation des apprenants soit en classe ou en ligne (e-learning), soit pour offrir la formation à distance (Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), Initiative Francophone pour la Formation à Distance des Maîtres (IFADEM)) aux enseignants et à d'autres adultes. Cependant, d'après les multiples formules éducatives en vigueur, (karsenti, T. 2015) les TIC sont enseignées de plus en plus comme une discipline à part entière ou comme initiative à l'informatique, alors que leur intégration dans les pratiques pédagogiques pour améliorer la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage s'impose.

Depuis 2014, l'UNESCO affirmait déjà que les téléphones portables, les tablettes et l'ordinateur ne cessent de gagner du terrain et offrent une forte valeur ajoutée pour enseigner et apprendre la lecture et l'écriture, en particulier lorsqu'une connexion Internet est disponible. Force est néanmoins de reconnaître les défis urgents qui se posent aux pays du monde entier dans ce domaine en raison de l'expansion rapide de ces technologies, des investissements financiers qu'elles impliquent et de la nécessité d'avoir une vision claire et

3

précise du rôle que les enseignants ont à jouer pour exploiter toute la puissance des TIC, que ce soit aussi bien en classe ou en dehors de la classe.

De ce fait, en contexte africain, l'UNESCO dans son bulletin d'information (2015, p.24), reconnait que l'utilisation des TIC dans le secteur de l'éducation en est encore à un stade embryonnaire dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Néanmoins, de nouvelles avancées et prises de position concernant les TIC dans l'éducation sont faites presque quotidiennement sur le continent. Ainsi, au Tchad, nous observons aussi un peu partout l'utilisation quotidienne des ordinateurs et surtout des téléphones mobiles connectés à de fins personnelles. Cela a été confirmé par l'Union Internationale Télécommunications (UIT) dans le Rapport mesure la société de l'information, (2015, pp.10-11) :

Le taux de la pénétration de la téléphonie mobile en Afrique centrale est d'environ 57 % de la population et le nombre d'utilisateurs du téléphone mobile se situe au-delà de 50 % de la population de l'Afrique centrale. Les taux de pénétrations à l'Internet s'élèvent à une moyenne de 30 % d'utilisateur pour 100 habitants. Mais l'espace Web dans la sous-région se limite surtout à de la consultation d'informations et la messagerie1.

Notons également le travail d'analyse de Mian Bi (2012) et aussi celui d'Attenoukon et

al. (2015) qui mettaient en exergue que les étudiants africains disposent en plus d'équipement TIC, de téléphones mobiles de différentes marques qu'ils peuvent s'en servir pour se connecter et rester informer. Une étude menée par Agence Française de Développement, Agence universitaire de la Francophonie, Orange & UNESCO publiée en 2015, menant une réflexion sur le potentiel des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'amélioration de la qualité de l'éducation de base en Afrique et plus précisément en Afrique Subsaharienne a montré que depuis la fin des années 2014, le nombre d'appareils mobiles en circulation est supérieur à celui des personnes sur terre et l'Afrique compte près de 700 millions de détenteurs de téléphone portable, soit davantage qu'aux États-Unis et en Europe. C'est dans cette même lancée qu'Orange et UNESCO (2014) affirment que :

Avec d'ores et déjà un taux de pénétration près de 70 %, ce qui se profile à court terme est le désenclavement des régions les plus isolées et la diffusion de services qui changent la vie des populations. Si, pour l'instant, seuls 16 % des Africains bénéficient d'une connexion à Internet, le plus faible taux mondial, là aussi des solutions technologiques vont améliorer la situation à moyen terme.

1 Union Internationale Télécommunications (UIT 2015), Rapport Mesure, la société de l'information, P.10-11

4

Et ce qui amène Onguéné E. L-M et Fotsing, J. (2016, p.127) à dire qu'il est impensable que l'Internet et les nouvelles technologies soient inconnus chez les Africains. Et selon ces auteurs, les chiffres les plus actuels attestent d'une forte pénétration de l'Internet et du téléphone mobile dans nos pays. Et disent-ils que cette croissance se confirme précisément au Nigéria où, entre juillet 2012 et juin 2013, la télé-densité a grimpé de 13,3 %. Au début de l'année 2013, cette télé-densité est passée à 81,2 %. En avril, le chiffre a explosé à 85.2 %. En effet, dans le cadre de ce travail, il s'agit des possibilités qu'offre l'Internet dans le domaine de l'éducation en général et chez les enseignants de l'Université de Ndjamena/Tchad en particulier. Signalons de passage que le Tchad fait partie des dix (10) pays les plus pauvres du monde d'après le Programme d'analyse des systèmes éducatifs de la Conférence des Ministres de l'Education des Etats et Gouvernement de la Francophonie (COFEMEN 2009-2010). Et selon le classement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD, 2012), il se situe au 184e rang sur 187 pays en termes d'indice de développement humain (IDH). Ainsi, avec une population estimée à 15 millions d'habitants, le Tchad, comme la plupart des pays d'Afrique connaissent un fort taux de pénétration des TIC, essentiellement des téléphones mobiles dans son territoire. Et bien que 70% des Tchadiens vivent dans la zone rurale, les deux principaux opérateurs (Airtel et Tigo) du pays à travers le Rapport de l'Association Internationale d'Opérateur de Téléphonie Mobile rédigé par Deloitte, L. L. P. (2016, p.3), montrent clairement que : « Le taux de couverture réseaux est à 80 % de la population. La pénétration de téléphonie mobile est passé de 140 000 abonnés uniques en 2006 à plus de 4 000 000 en 2016 ». Ainsi, nous constatons que l'utilisation de téléphone mobile devient de plus en plus un modèle dans toute l'étendue du territoire. Sur ce, nous pensons qu'étant un enseignant de l'Université, l'utilisation du numérique pourra prendre une place importante. Ainsi, chacun doit en faire des bons usages pour faciliter ces taches et rester en phase de l'évolution du monde. Cependant, il y'a peu des informations concernant l'utilisation des TIC et surtout de l'Internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université du Tchad en générale et de N'Djamena en particulier. Dans ce contexte, il faut le dire et reconnaitre que le gouvernement tchadien a entrepris des nombreuses actions en faveur de l'utilisation des TIC dans son plan de développement. Ainsi, conscient de cette situation, a entrepris dès 1998 des réformes du secteur des télécommunications ayant conduit à une plus grande libéralisation permettant au secteur privé de jouer un rôle moteur dans ce secteur. Dans le domaine de l'éducation, nous avons la création de l'Université Virtuelle du Tchad (UVT) par la Loi N°13/PR/2005 du 16/09/2005. En 2009, l'Etat a offert un lot de mille cinq cent (1500) ordinateurs portables aux enseignants du supérieur. Et en 2012, le Président

5

de la République a fait un don de cinq mille neuf cent soixante-huit (5968) ordinateurs portables aux étudiants des institutions supérieures. Cependant, la répartition de ces ordinateurs se faisait suivant les critères d'excellence. Il faut aussi dire que d'après le rapport de l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des postes (ARCEP), qu'en fin 2018, le Tchad comptait 1,7 millions d'utilisateurs Internet soit une augmentation de 69% par rapport à 2013. Malgré le développement de l'Internet au Tchad mais d'un Internet aux prises avec les difficultés socioéconomiques et techniques, et malgré les discours qui appellent à l'usage de l'Internet à l'Université, on connait très peu sur le mécanisme chez les enseignants ; en fait, en contexte tchadien, il n'y a pas de recherche capable de renseigner sur l'utilisation de l'Internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena. Aussi semble-t-il que l'utilisation de l'Internet chez les enseignants n'est pas encore structurée et donc souffre d'un manque de formation adéquate pour une utilisation optimale des TIC en générale et l'Internet en particulier. Il n'y a aucune obligation formelle de la part des enseignants à faire usage de l'Internet dans les pratiques pédagogiques. La plupart de ces enseignants sont encore attachés aux pratiques de l'apprentissage traditionnel. Pour ce faire, on peut noter des pratiques rudimentaires chez certains enseignants. Alors qu'aujourd'hui, avec l'utilisation massive des téléphones mobiles et quelques fois des ordinateurs, l'Internet pourrait s'imposer aux enseignants en général et aux enseignants du supérieur en particulier. En ce sens que l'Internet est un moyen qui peut aider les enseignants à renouveler leur pratique d'enseignement et éventuellement à développer leurs compétences. Car, Paul Renaud soulignait dans la revue Université en mars 1997, cité par Tago, H., et all (2007) qu'en Afrique francophone par exemple, on constate qu'il y a très peu de bibliothèques, notamment universitaires, très peu de centres de documentation, et qu'ils sont tout à fait insuffisants en termes de contenus. Cela est aussi un constat réel, en ce qui concerne le Tchad. C'est pourquoi nous pensons comme Pascal Renaud que les TIC (revues, publications électroniques, ressources scientifiques disponibles sur Internet) permettent de pallier un peu cette pénurie d'ouvrages qui affectent la communauté universitaire. Avec ce manque de bibliothèques bien équipées, le recours à l'Internet pourrait remplacer celles-ci. Car, l'Université de N'Djamena ne dispose pas une bibliothèque adéquate permettant aux enseignants de tirer pleinement profit. Aussi, avec le phénomène de la « globalisation ou mondialisation » que le monde traverse, les enseignants du supérieur ne doivent pas rester à la marge, car le numérique s'impose dans toute la société. Mais l'autre constat, c'est l'idée des paradigmes d'apprentissage en éducation, principalement celle de l'approche par compétence (APC) que le monde traverse, justifie également le choix de ce sujet.

6

L'Approche par compétence vise à former et à introduire l'apprenant socialement (Perrenoud 2005, Tardif 2006 et Roegiers 2000), car l'école a changé sa facette, qui autre fois était le développement de la connaissance chez l'individu au profit de la vie professionnelle ou la vie pratique Perrenoud (2005). Ainsi, pour répondre aux exigences de monde économique ou dans le domaine de travail, l'apprenant doit acquérir plusieurs sources des savoirs afin de les mobiliser dans la vie pratique. C'est ce qui amène Lebrun, (2001) à dire que plusieurs approches pédagogiques actives sont réactualisées par le développement des technologies informatiques et leur utilisation quant à la recherche et l'accès à l'information, aux possibilités d'interaction et de communication, et aux outils de production de connaissances, de modèles, de concepts, permettant de contribuer à la réalisation des supports de projets personnels. Il s'agit entre autres de l'apprentissage par résolution de problèmes, l'apprentissage coopératif, la pédagogie par projet, l'apprentissage contextualisé ou encore la pédagogie inversée. C'est pourquoi nous pensons que, nous ne pouvons parler de la compétence lorsque l'enseignant peut accéder à la recherche d'informations dont l'accès est facilité par le Web et l'utilisation des outils de communication pour le travail en groupe à distance. C'est en ce sens que, cette recherche va consister à analyser les manifestations ou l'utilisation de l'Internet chez les enseignants de l'Université de N'Djamena qui ont bénéficié pour la première fois des ordinateurs depuis 2009, pouvant facilement utiliser pour se connecter. Nous avons préféré orienter notre étude sur le processus d'enseignement apprentissage notamment dans la recherche de l'information, et de la communication qui selon nous, sont les éléments clés pour permettre aux enseignants de mobiliser différents types de ressources pour développer leurs compétences.

2. Problématique

Parmi les grandes révolutions qu'a connues l'humanité au cours de l'histoire, notons également la révolution numérique. Les technologies de l'information et de la communication (TIC) ont révolutionné presque tous les aspects de notre vie privée et professionnelle, Organisation de Coopération et Développement Economiques (OCDE 2015). Ainsi, nul n'ignore le développement vertigineux du numérique tant dans le domaine de la vie courante que le domaine de l'enseignement. Le « numérique », appellation courante pour désigner ce phénomène technologique se présente toujours plus comme une nécessité dans une société dans laquelle les changements rapides, l'augmentation des connaissances et également les demandes d'une éducation de haut niveau s'imposent. Le moteur de cette révolution est l'Internet. Dans sa thèse, Dumouchel, G. (2016, p. 195) pense que face au nouvel écosystème informationnel dominé par Google, Wikipédia et les médias sociaux, certains affirment que le rôle de

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l'enseignant est appelé à évoluer en passant de transmetteur univoque des connaissances à celui de médiateur de l'apprentissage.

Notons que nous avons fait une recension des écrits portant sur les technologies de l'information et de communication en éducation et principalement sur l'Internet et ses potentialité dans les revues ou les bases de données tels que : Revue Internationale des Technologies en Pédagogie Universitaire (RITPU), Science et Technologies de l'Information et de Communication pour l'Education et de la formation ( STICEF), Réseau International Francophone des Etablissements de Formation de Formateurs (RIFEFF), Distances et médiations des savoirs, Revue canadienne de l'apprentissage et de la technologie, et surtout la revue Frantice.net etc. Ces revues ont été repérées à l'aide des moteurs de recherches appropriés pour une recherche scientifique.

En effet, il est devenu aujourd'hui un impératif d'affirmer que les TIC sont un indispensable outil au quotidien des Africains, Karsenti, T. (2014). Difficile d'y souscrire il y a une dizaine d'années, on en vient maintenant admettre avec évidence l'implication de ces outils dans de nombreux domaines d'activité de la vie, Onguéné E. L-M et Fotsing, J (2016, p.127). A cet effet, l'intégration de TIC dans l'éducation était au centre de plusieurs travaux de recherche et nombreux sont des chercheurs qui pensent que l'intégration des TIC produit une valeur ajoutée à l'enseignement. C'est le cas de Djénéba, T. (2008, p.3) qui dit à propos que l'intégration des TIC devient un phénomène incontournable, singulièrement dans le secteur de l'éducation, où leur utilisation semble pouvoir favoriser l'accès à l'information, faciliter la construction des connaissances et l'acquisition de savoirs, ainsi qu'accroître la réussite éducative et l'employabilité des jeunes. Raison pour laquelle, l'utilisation des TIC en éducation est importante pour tous les systèmes d'enseignement qui souhaitent se développer. Qu'il s'agisse des politiciens ou des experts et praticiens de l'éducation, tout le monde ou presque s'accorde aujourd'hui pour assigner aux technologies de l'information et de la communication le rôle de moteur pour l'amélioration de l'enseignement et de l'apprentissage à l'école. C'est en ce sens que Tchameni N., S. (2007, p.2), dit qu'il est difficile de nos jours d'imaginer une école moderne sans les technologies de l'information et de la communication. L'auteur conclue en montrant que les nouvelles technologies font maintenant partie de notre quotidien et ce n'est peut-être pas exagéré de relever que personne ne peut désormais rester insensible au phénomène de l'intégration des TIC dans l'éducation, au risque de devenir un « analphabète du modernisme ». En Afrique, l'UNESCO a contribué d'une manière ou d'une autre à la promotion des TIC dans l'éducation. Selon cette institution les technologies de l'information et de la communication peuvent contribuer à l'accès universel à l'éducation, à la mise en oeuvre d'un

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apprentissage et d'un enseignement de qualité et aussi au développement professionnel des enseignants et même sur le plan de la gestion de l'administration, le TIC est indispensable. Les travaux de Karsenti, T. et all (2011, p.1), montrent aussi que les recherches sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) en contexte éducatif africain ont dès leur commencement généré leurs lots d'intérêts et de pessimisme. En termes de potentiel, les TIC représentent par exemple l'avantage de démultiplier les ressources disponibles pour l'enseignement et l'apprentissage à partir d'un seul outil (c'est-à-dire un ordinateur connecté à Internet). Et ils poursuivent plus loin que : « Le recours aux TIC enrichit aussi la documentation des enseignants et la planification des cours ». Par ailleurs l'intégration des TIC dans l'éducation a été une réussite dans plusieurs pays tels que : les USA, Canada, Chine, France et voire certains pays africains comme le Ghana, Afrique du Sud, (Karsenti et collin 2013 ; Béché, E. 2017). Mais dans d'autres pays par exemple, cas de l'Afrique centrale en générale et le Tchad en particulier, beaucoup des efforts restent à faire pour que ces pays bénéficient pleinement des potentialités des TIC.

Notons cependant que, malgré les obstacles qui entravent la bonne implémentation des outils technologiques en éducation, l'humanité est entièrement affectée par la technologie, de telle sorte que nous parlerons de la civilisation des machines au lieu de la civilisation humaine. C'est ainsi que nous assistons à une prolifération importante des outils technologiques tels que les ordinateurs, les télévisions, les téléphones mobiles et les différents appareils électroniques qui envahissent le monde. Pour ce 21e siècle, l'ensemble des compétences associées aux technologies de l'information et de la communication (TIC) sont jugées importantes pour l'intégration des individus à la société et pour la compétitivité des nations, California Emerging Technology Fund, (2008) ; Anderson, (2010). Etant donné que la performance des étudiants dépende de la performance des enseignants comme le montrent Tagne, G. et Gauthier, C. (2014, p.2), « toutes les données disponibles convergent et indiquent que la qualité des enseignants est le premier facteur d'explication des différences de niveaux entre les élèves ». C'est ici que, la bonne utilisation des TIC par les enseignants du supérieur est indispensable. Aussi Pascal Codjo Dakpo, et al (2008) ne nous rappellent-ils pas que : « Le contexte de la mondialisation, caractérisé par le vertigineux développement des TIC, et le développement d'une société de savoir oblige l'Afrique à prendre une part active dans l'appropriation des nouvelles technologies ».

Néanmoins, la réussite d'intégration des TIC n'est pas chose facile, car elle demande la contribution de tous les acteurs de l'éducation. Pour Mastafi, M. (2015, p. 29), plusieurs conditions sont requises pour la réussite de tout projet d'intégration des TIC en éducation. Et il

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poursuit que, l'intégration des TIC dans les établissements scolaires passe tout d'abord par l'installation de matériels et équipements technologiques, ainsi qu'un éventail complet de logiciels et de contenus éducatifs. En Afrique par exemple, karsenti, T. (2009) pense que l'obstacle principal rencontré au niveau de l'usage des TIC en éducation réside dans le manque de logiciels, d'ordinateurs, d'électricité, etc. Parmi les questions dont on devrait se préoccuper et qui entravent le processus d'intégration des TIC à l'école, nombreux sont des auteurs (Shafika, Broekman et Mogale, 2005 ; Karl et El Sharkawy, 2004 ; Djeumeni, 2010 ; Bakhoum, 2002) qui mentionnent le manque d'outils, la logistique inopérante, l'insuffisance ou le défaut d'infrastructure technologique. En fait, il n'existerait pas dans la plupart des États africains un potentiel infrastructurel apte à accueillir la connexion, à assurer une couverture nationale, et à supporter les coûts. Mais Tchameni, N., S. (2007, p.18-24) va montrer que la situation des TIC en Afrique est le reflet du développement économique du continent. Car, la plupart des pays africains seraient confrontés à l'accès limité aux TIC du fait de la cherté des installations, de l'utilisation et de l'entretien des infrastructures nécessaires, mais aussi à cause du manque d'expertise locale et des médiocres connaissances informatiques des groupes d'utilisateurs. L'absence d'équipements technologiques appropriés serait de nature à compromettre le déploiement pédagogique des TIC dans les institutions d'enseignement. Justement au Tchad, les infrastructures en matière des TIC est un manque qu'il faut relever. C'est pourquoi Tchameni, N., S. (ibid.) croit qu'à ce niveau, les TIC butteraient donc sur le manque d'infrastructures comme la pénurie de ligne téléphonique ou le réseau de télécommunications indigent, disparate, inadéquat et obsolète, la fluctuation des tensions électriques, les délestages et pannes d'électricité récurrentes, les infrastructures technologiques limitées, le manque de maintenance du matériel technologique existant, les routes en piteux état, etc. Mais faut-il rester bras croisés et attendre à ce que toutes les conditions soient réunies ou se lancer dans les préliminaires pour pouvoir avancer dans ce sens ?

Karsenti, T., et all (Op, cit), font remarquer que l'intégration des TIC dans les systèmes éducatifs africains reste difficile et limitée, ce qui donne lieu à des positions diverses. Certains s'y résignent et attendent le moment où les systèmes éducatifs africains seront « prêts » à intégrer les TIC, comme si ces dernières constituaient une étape fixe dans un plan de développement préétabli et minuté. Paradoxalement, on peut se demander quand arrivera le temps d'intégrer pédagogiquement les TIC si aucune initiative, même préliminaire, n'est faite en ce sens. Or, aujourd'hui qu'on le souhaite ou non, qu'on le prouve ou non, les technologies sont omniprésentes dans toute la société, dans les grandes villes comme dans les zones reculées notamment grâce aux téléphones mobiles. En ce sens, l'éducation aux numériques devrait être

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au centre de toute réforme en éducation. Alors que pendant plusieurs années on s'est demandé si les technologies influaient sur la réussite scolaire des élèves, il s'agit désormais de chercher quels usages des technologies doivent être mis en place afin de favoriser une plus grande réussite éducative de chacun : car l'enjeu majeur est bien là, Karsenti et Collin (2013). Certes, on peut supposer que certaines technologies ont un potentiel cognitif plus élevé que d'autres. Il n'en demeure pas moins au bout du compte, que ce sont surtout les usages qu'en font les enseignants et les élèves qui seront déterminants, c'est ce que pensent également karsenti, T. et Collin, S. (2013, p.1). Les travaux de Pelgrum, W.J. et Law, N. (2004, p. 19), sur les TIC et l'éducation dans le monde stipulent que : « L'introduction des ordinateurs dans le système scolaire a fait naître de grands espoirs : rendre éducation plus efficace et plus motivant », aussi, nous mentionnons que dans une société dite « société d'information2 », les systèmes éducatifs doivent revoir les programmes d'enseignement afin de préparer les jeunes pour entrer dans cette société. Pour cela, ils doivent préparer les enseignants à un apprentissage tout au long de la vie. La thèse que nous pouvons développée en ce sens est la suivante :

sous l'effet des TIC, de nombreuses sociétés deviendrons des sociétés de l'information, dans ces sociétés de l'information, les citoyens devront posséder des compétences nouvelles qui n'ont pas encore (ou pas suffisamment) été développées et acquises dans les systèmes éducatifs traditionnels ; des innovations éducatives sont nécessaires pour développer ces compétences nouvelles (avec l'aide des TIC) et trouver un nouvel équilibre entre anciens et les nouveaux éducatifs, Pelgrum et Law, (Ibid).

Malgré ces défis immenses permettant une intégration des TIC en éducation en contexte africain, l'Internet est plus que présent dans toutes les sociétés africaines. Ainsi, les enseignants des Universités doivent voir en Internet comme le premier moyen d'accès à l'information. Car au Canada, Karsenti, T. et Dumouchel, G. (2010) ont montré que : « Cela fait déjà plus d'une décennie que le Web est devenu la première source d'accès à l'information ». Cela prouve que l'Internet constitue un objet d'étude majeur auprès des enseignants de l'Université. Faisant une analyse de la plus-value des TIC, l'UNESCO (2011, p.3) stipule également que l'information et le savoir prennent une importance grandissante dans les sociétés modernes. Il y a donc, pour ces sociétés, nécessité :

2 L'expression « société de l'information » est souvent associée à d'autres expressions comme « économie du savoir », « société apprenante », etc.

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- De former une population active pourvue de compétences en matière de TIC permettant de traiter l'information, ainsi que d'un esprit créatif et d'aptitudes à la réflexion et à la résolution de problèmes dans le but de générer des connaissances ;

- De permettre aux citoyens de disposer de connaissances et de ressources permettant de gérer efficacement leur propre vie et de mener une existence riche et satisfaisante (...) ; ainsi l'utilisation d'Internet tend à se déployer dans les foyers mais bien plus encore au sein des institutions.

Pour Joubert (2013, p.3), l'Internet répond à la préoccupation de la mondialisation et il pense que « Dans cette contrainte de chacun à demeurer inséré et relié dans un environnement changeant, les TIC offrent la possibilité d'accéder aux informations et aux savoirs devenus nécessaires. Evoluer et s'adapter aux transformations dont les enjeux sont planétaires, est le défi de la vie d'aujourd'hui ». Lorsque les TIC sont mis au service de la pédagogie, selon Brahami M-M-A (2015, p.12) les TIC permettent d'apprendre, de comprendre, d'entreprendre, de motiver, de partager, d'interagir, de communiquer, d'échanger, de collaborer, d'exposer, de transmettre et de distribuer le savoir. Pour montrer l'importance des TIC en éducation, Dubois A-C. (2004, p. 5), pense pour sa part que la véritable révolution technologique dans le domaine de l'information réside dans l'apparition d'Internet, réseau informationnel de couverture mondiale modifiant fondamentalement le paysage documentaire actuel. Ainsi dit-elle, que l'ordinateur et les réseaux sont ainsi devenus de formidables vecteurs de l'information, permettant de traiter rapidement une masse considérable d'informations accessible simultanément dans des lieux différents.

Il y a déjà une dizaine d'année que Brown cité par Karsenti, T. et all, (2002, p.1) indiquait que le plus important changement en éducation est la croissance phénoménale d'Internet et, en particulier, la version graphique d'Internet communément appelée le Web qui a modifié de façon durable nos modes de communication mais surtout le contexte de l'enseignement. Karsenti et Dumouchel, cité par Karsenti, T., Dumouchel, G. et Vassilis K, (2014) poursuivent dont que : « Cela fait déjà plus d'une décennie que le Web est devenu la première source d'accès à l'information ». Ainsi quand un individu se connecte à l'Internet, il se relie à un vaste réseau d'ordinateurs qui couvre le monde entier. L'homme peut ainsi profiter d'un accès pratiquement illimité à des documents éducatifs et qui permettent d'enrichir ses connaissances. L'Internet nous offre donc des possibilités d'entrer à une gigantesque source de connaissance telles que les dictionnaires en ligne, les encyclopédies, les journaux, les livres etc. Pour Grari, Y. (2015, p.71) « le web en général offre aussi aux enseignants les possibilités de

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dialoguer, d'échanger et de partager leurs expériences, il permet entre collègues d'actualiser les connaissances ». Et d'après cette dernière :

Dans les établissements, par exemple l'élève ne peut pas renouveler son livre chaque année comme il ne peut pas non plus s'offrir tous les livres nécessaires à sa scolarité ou à sa formation. A cet effet, le travail sur l'Internet apparaît comme un complément enrichissant pour pallier au manque de l'apprentissage en présentiel. L'élève pourra profiter aussi des manuels numérisés ainsi que de l'évolution de fonction documentaire sur web.

Denis et Leclercq, cité par Beche, E. (2017), montrent aussi qu'en permettant l'accès

aux informations et leur traitement automatique, leur utilisation à l'école produit une réelle valeur ajoutée dans la recherche, la production documentaire, la collaboration, la communication, la gestion de la formation, l'expérimentation, la résolution des problèmes et la programmation. L'Internet nous permet d'après Piron, F. (2016) d'élargir grandement le champ de nos recherches ; nous pouvons trouver des informations éducatives, des documents, des images, des vidéos pour constituer nos travaux de recherche sans bouger chez nous et sans frais supplémentaire notamment dans les sites libres. Pour elle, il existe des millions de ressources scientifiques en libre accès, sur le web. Ce qui sous-entend que si les enseignants sont conscients des possibilités qu'offre l'Internet, ils seront compétents dans l'exercice de leur métier. Les enquêtes d'une étude menées par Karsenti, T. et Collin, S. (Op, cit), rapportent que le plus grand avantage, c'est « l'accès facile à une quantité impressionnante d'informations rendues disponibles pour les élèves. Cela est vraiment incroyable pour eux. Les élèves peuvent très facilement, explorer et découvrir une quantité impressionnante d'informations, très facilement accessibles, et souvent de qualité ».

Pour Ezzahri, S. et all (s.d)

allié à l'ordinateur, l'Internet constitue un support nouveau

et performant pour la diffusion de l'information. L'un de ses avantages est la possibilité qu'il

offre de chercher dans le Web, riche en informations scolaires et parascolaires, de dialogue et

de communication immédiate avec d'autres internautes, ce qui dépasse la relation individuelle

entre le lecteur et le livre ainsi que la relation traditionnelle entre l'élève et le professeur. En 2013, Ladage, C. et Ravestein, J. ont mené une enquête auprès des enseignants du secondaire pour savoir ce qu'en font les enseignants avec les TIC et particulièrement l'Internet. D'après cette enquête, ils ont conclu que les variables tels que : discipline, genre, âge... jouent sur les usages des outils numériques et sur la place qu'ils leur accordent dans leurs pratiques professionnelles. Dans le même ordre d'idée, une étude menée par Duquesnoy, M. (2014) sur les usages professionnels de l'Internet chez les enseignants du primaire, a montré que « de

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nombreux facteurs, tels l'âge ou le niveau de diplôme, influencent fortement son usage et la fréquence » et selon cette étude, la préparation des cours aux discussions sur les réseaux socio-numériques, les usages professionnels d'Internet par les enseignants du primaire sont variés mais sont aussi divergents d'un individu à l'autre. Faisant une analyse des usages pédagogiques d'Internet à l'école à partir du regard des élèves de différents degrés scolaires Coen, P-F et all (2013) affirment « qu'il y a plus de 20 ans qu'est né Internet. L'avènement de ce réseau mondial et les possibilités nouvelles qu'il offrait par ses nombreuses applications (recherche d'informations, messageries électroniques, navigation sur des milliers de sites, partage de fichiers, etc.) ». Ravestein, J., Ladage, C. et Johsua, S. (2007), stipulent pour leur part que, les activités de recherche documentaire informatisée sur Internet se développent aujourd'hui largement dans tout le système éducatif et de formation, vivement encouragées par les institutions jusqu'à faire partie des référentiels de compétence comme le « Brevet Informatique et Internet ». C'est justement en ce sens que l'Association des Directeurs & Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation3 a établi les référentielles des compétences informationnelles pour permettre aux enseignants d'agir efficacement dans les situations pédagogiques. Cette référentielle prend en charge non pas uniquement les compétences documentaires mais l'ensemble des compétences nécessaires à la maîtrise de l'information : identification et définition des besoins, production de connaissances, utilisation des outils numériques, évaluation et réutilisation des résultats, connaissance des règles éthiques, et des enjeux sociaux ou économiques associés.

Nombreuses sont les recherches qui démontrent l'intérêt d'Internet pour l'appropriation des connaissances, aussi bien en groupe classe qu'en dispositif de formation à distance. Karsenti, T. et Collin, S. (2013, p.96) rapportent que notre société a basculé dans l'ère de Google, dans un déluge d'informations, où les technologies rendent possible une vision numérique du monde, manipulable à volonté de son ordinateur, voire de son téléphone intelligent. S'inscrivant dans cette lignée, notre travail s'intéresse à cette autre situation d'apprentissage qu'est juste la place de ce « noble outil » (Internet) dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena. Car Piron, F. (2016) reconnaissait et se posait déjà la question de savoir comment bien exploiter la richesse documentaire du web scientifique libre, c'est-à-dire les millions d'articles scientifiques, de thèses et de mémoires qui sont en ligne et accessibles à tous ? Rares sont les étudiants et

3Association des Directeurs& Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation (1012). Référentiel de compétences informationnelles pour réussir son parcours de formation dans les établissements d'enseignement supérieur.

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étudiantes, voire même des enseignants d'Afrique qui bénéficient d'une formation solide dans ce domaine. Et estime-t-elle qu'avoir un ordinateur avec un bon logiciel de navigation et une bonne connexion stable sont des conditions nécessaires pour effectuer une recherche documentaire, mais elles ne sont pas suffisantes. Alors compte tenu de la présence de l'Internet au Tchad et à l'Université, nous pensons que les enseignants du supérieur pouvaient s'approprier de l'Internet, qui est accessible à tous, pour mieux préparer leur cours. C'est pourquoi « Internet » apparait comme un élément essentiel qui mérite une attention particulière.

Tout au long de ce travail nous allons aborder le sujet qui selon nous, est important afin de connaître ce que c'est l'Internet et son usage en tant qu'outil indispensable dans les pratiques enseignantes et précisément les enseignants de l'Université de N'Djamena/Tchad.

3. Questions

Au niveau de la formulation des questions de recherche, nous avons distingué et développé la question principale ainsi que les questions spécifiques.

3.1 Question principale

Quelle est la place de l'Internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena ?

Pour analyser cette place, nous mettons l'accent sur les variables suivantes : opinion, utilisation, maîtrise et la compétence.

3. 2 Questions de recherche

Que pensent les enseignants de l'Université de N'Djamena de l'Internet et de son utilisation à de fins professionnelles universitaires ?

Que font les enseignants de l'Université de N'Djamena de l'Internet dans leurs pratiques professionnelles ?

Quelles sont les niveaux de maîtrise et de compétences réelles des enseignants de l'Université de N'Djamena à faire usage de l'Internet dans leurs pratiques professionnelles ?

4. Objectifs

Pour réaliser cette étude, nous avons fixé des objectifs pouvant conduire ce travail. Sur

ce, nous avons un objectif général et trois objectifs spécifiques.

4.1 Objectif général

L'objectif général de la recherche est de déterminer la place de l'Internet dans les

pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena.

4.2 Objectifs spécifiques

Récolter des données sur les impressions liées à l'utilisation de l'Internet par les

enseignants de l'Université de N'Djamena.

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Identifier les différentes utilisations et pratiques de l'Internet par les enseignants de l'Université de N'Djamena.

Définir le niveau de maîtrise et de compétences en Internet des enseignants de l'Université de N'Djamena.

5. Hypothèses

Pour répondre aux questions de recherches, nous avons formulé des hypothèses, réparties comme suit : hypothèse principale et les hypothèses de recherche.

5. 1 Hypothèse principale

Nous formulons l'hypothèse selon laquelle, malgré les efforts des politiques publiques visant à intégrer les TIC dans les Universités d'Etat, les enseignants de l'Université de N'Djamena n'accordent pas de l'importance à l'utilisation de l'Internet dans leurs pratiques professionnelles.

5. 2 Hypothèses de recherche

Au-delà de l'hypothèse de base suivant laquelle les enseignants de N'Djamena n'accordent pas de l'importance à l'utilisation de l'Internet dans leurs professions enseignantes, trois autres hypothèses qui entretiennent une relation hiérarchique peuvent se formuler :

- Les enseignants de l'Université de N'Djamena ont un regard méfiant quant à l'utilisation de l'Internet dans leur profession ;

- Les enseignants de l'Université de N'Djamena utilisent plus l`Internet pour communiquer au détriment de la recherche et de la documentation ;

- Les enseignants de l'Université de N'Djamena n'ont pas les compétences nécessaires pour utiliser efficacement l'Internet dans leurs pratiques professionnelles.

Pour répondre à ces questions, nous allons à partir des théories retenues, vérifier si l'Internet s'effectue réellement chez les enseignants et identifier le niveau d'intégration de l'Internet chez les enseignants et ensuite définir le niveau de maitrise et de compétences notamment avec le modèle théorie de Hall, et Hord (2001), Moersch (1995) et la théorie des compétences.

6. Pertinence et portée de la recherche

Plusieurs raisons expliquent la mise en oeuvre de la présente étude sur la place de l'Internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena. Les prochaines sous-sections élaborent donc sur la pertinence tant sociale que scientifique de celle-ci.

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6.1 Pertinence sociale de la recherche

Etant un outil omniprésent dans toute société, l'Internet offre un écosystème informationnel marqué notamment par la surinformation, la désinformation, la marchandisation de la recherche d'information et la libre diffusion d'information. De fait, les compétences informationnelles sont reconnues comme étant à la fois nécessaires et utiles pour réussir dans diverses sphères de la vie contemporaine (voir Commission européenne, 2013 ; OCDE, 2009 ; UNESCO, 2005). Le résultat de cette recherche va amener les enseignants à reconnaitre l'importance de posséder les compétences en Internet dans leurs pratiques professionnelles pour pouvoir aider les apprenants à développer une culture numérique. De plus, cette nouvelle connaissance pourra être profitable aux responsables de programme et au corps professoral pour la planification de cours qui pourront eux aussi, en tenir compte de la présence de l'Internet dans le milieu social et universitaire. Car, nous avons constaté que les enseignants de l'Université de N'Djamena parlent peu de l'Internet aux étudiants parce qu'ils ne savent pas que l'Internet est un outil indispensable pour l'avenir. La connaissance de leur limite quant à la recherche de l'information, production des travaux en ligne leur permettra de mieux se prendre pour relever ce défi.

En fait, comme nous l'avons mentionné précédemment, plusieurs enseignants ne perçoivent pas que l'Internet constitue la plus grande bibliothèque de ce 21e siècle. Donc, ils ne conçoivent pas d'emblée que la connaissance des atouts de l'Internet puisse leur faire gagner du temps et efficacité. Cependant, pour être efficace dans sa pratique enseignante, il leur faut la connaissance des compétences à développer en Internet.

6.2 Pertinence scientifique de la recherche

Faire de recherche en éducation est chose la plus courante dans les Universités et dans certaines institutions. Généralement les auteurs pensent améliorer les pratiques éducatives à travers les recherches. D'ailleurs Van Der Marin (2004) pense que, quels que soient les buts poursuivis par les chercheurs, les résultats de la recherche peuvent être utilisés selon une finalité positive, soit l'amélioration des conditions d'existence, ou selon une finalité négative, soit l'accroissement des biens ou du pouvoir personnel au détriment des biens et du pouvoir des autres. C'est en ce sens que les recherches en intégration des TIC dans l'enseignement peuvent être comprises.

La présente étude nous paraît intéressante à plus d'un titre. Elle est à notre connaissance, la première au Tchad à s'intéresser aux utilisations, et aux perceptions d'Internet chez les enseignants du supérieur. Nos recherches ne nous ont pas permis d'identifier ni au Tchad, ni dans la sous-région une étude analogue sur la question. De ce point de vue, ces résultats

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pourraient par ailleurs servir le Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l'Innovation pour un meilleur déploiement de l'Internet dans l'enseignement et surtout de sa généralisation. Nous sommes aussi persuadés que nos travaux de recherche aideront tous les acteurs qui désirent améliorer davantage la stratégie de communication envers le public universitaire, à mieux définir ses approches et enfin à mieux élaborer ses programmes de formation aux TIC. Enfin le dernier intérêt, réside dans le fait que les résultats de l'étude permettraient de mieux connaître et comprendre les pratiques informationnelles des enseignants de l'Université de Ndjamena. La présente recherche apportera des données supplémentaires aux recherches déjà effectuées sur ce sujet dans le monde. Cette présente recherche contribuera également à comprendre la situation de l'Internet et éventuellement les difficultés qui empêchent son utilisation à l'Université de N'Djamena.

7. Cadre méthodologique

Cette partie présente les considérations d'ordre méthodologique qui ont conduit à déterminer la place de l'Internet chez les enseignants de l'Université de Ndjamena. Nous allons présenter respectivement le cadre théorique de ce travail, en opérationnalisant les concepts constitutifs du sujet. Nous allons en fin décrire les techniques de nos collectes des données (l'échantillonnage, caractéristiques des répondants), et montrer comment nos données ont été traitées et analysées.

7.1 Cadre théorique

Dans cette section, nous avons mobilisé deux modèles et une théorie pour vérifier si l'Internet s'effectue réellement chez les enseignants, en procédant à l'identification du niveau d'intégration de l'Internet chez les enseignants. Nous nous référerons aux auteurs qui ont élaboré des modèles théoriques dans lesquels, ils identifient les étapes du processus d'intégration des TIC dans l'enseignement pour comprendre l'évolution de l'innovation. Deux modèles seront analysés : celui de Moersch (1995) et celui de Hall et Hord (2001). En fin, la théorie des compétences est retenue pour nous permettre de savoir si nos enquêtés sont compétents quant à l'utilisation professionnelle de l'Internet.

7.1.2 Modèle théorique de Hall, et Hord (2001)

Le « Concems-Based Adoption Model » (CBAM) est un modèle élaboré initialement en 1973 par Hall, Wallace et Dossett, et est repris par Hall et Hord (2001) cité par Lefebvre, S. (2005). Ce modèle permet de comprendre le processus d'implantation d'une innovation puisqu'il témoigne d'une évolution des préoccupations et des utilisations des individus au regard d'une innovation. Les préoccupations dont il est question ici, concernent la façon dont des individus se sentent par rapport à l'innovation et la façon dont ils la perçoivent. Les niveaux reliés au

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concept de préoccupation sont au nombre de 7 : 0 - Éveil, 1- Information, 2 - Personnel, 3 - Gestion, 4 - Conséquences, 5 - Collaboration et 6 - Réorientation.

En se référant à la description de Lefebvre, nous pouvons dire que pour la présente recherche, l'innovation correspond à l'Internet. La description des niveaux 1 à 6 a donc dû être adaptée aux technologies. Voici la description détaillée de ces six niveaux selon Lefebvre : - Niveau 0- Éveil : Ce niveau est celui de l'enseignant qui n'a aucune connaissance des TIC ou qui n'est aucunement ou très peu intéressé par les TIC (Lefebvre, 2005).

- Niveau 1- Information : L'enseignant de ce niveau est « conscient que les TIC existent et recherche de l'information sur leurs caractéristiques. Il s'interroge, exprime ses sentiments et ses intérêts », (Lefebvre, 2005, p.49).

- Niveau 2 - Personnel : Le niveau 2 est celui de l'enseignant qui se préoccupe de l'effet que les TIC pourraient avoir dans son enseignement. Il se questionne sur les compétences préalables à l'utilisation des TIC et au rôle qu'il aura à jouer s'il intègre les TIC dans son enseignement, (Lefebvre, 2005).

- Niveau 3- Gestion : L'enseignant de ce niveau a effectué des expérimentations avec les TIC. Il « exprime son manque d'habiletés à tenir compte des aspects organisationnels que nécessite » l'intégration des TIC (Lefebvre, 2005, p.50).

- Le niveau 4- Conséquences : Témoigne, quant à lui, de préoccupations liées à l'impact de l'innovation. L'individu qui se situe à ce niveau exprime le besoin de s'assurer que tout est en place pour fonctionner efficacement avec l'innovation. Il recherche une confirmation que l'utilisation qu'il fait de l'innovation est pertinente et efficace.

- Niveau 5- Collaboration : L'aspect collaboration est au centre du niveau 5. La préoccupation de l'enseignant de ce niveau est de connaître ce qui se fait ailleurs avec les TIC et d'échanger avec d'autres sur son expérience liée à l'utilisation des TIC. Pour rendre plus efficace l'utilisation qu'il fait des TIC, l'enseignant de ce niveau souhaite collaborer avec d'autres utilisateurs de son milieu ou d'autres milieux, (Lefebvre, 2005).

- Niveau 6- Réorientation : À ce niveau, l'enseignant démontre un intérêt pour les nouveaux développements dans le domaine des TIC. L'enseignant de ce niveau est prêt à effectuer des changements majeurs qui peuvent aller jusqu'au remplacement des TIC utilisées pour une alternative plus efficace, (George, Hall et Stiegelbauer, 2006, traduction libre).

Parallèlement à ces niveaux des préoccupations, des niveaux d'utilisations d'une innovation nous permettent de savoir exactement le niveau d'utilisation de l'Internet par nos répondants. Selon Hall et Hord (tiré de Lefebvre, 2005) les niveaux d'utilisation sont entre

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autres : 0- Non-utilisation, 1- Orientation, 2- Formation initiale, 3- Automatismes, 4-Indépendance, 5 = Intégration, 6= Renouveau.

Le niveau 0, est le niveau de la non-utilisation de l'innovation. Au niveau 1, la personne recherche de l'information relative à l'innovation en vue de prendre une décision par rapport à l'utilisation de l'innovation. Au niveau 2, elle se prépare à utiliser l'innovation. Le niveau 3, est le niveau où les premières utilisations de l'innovation s'effectuent. Au niveau 4, ce que fait l'individu avec l'innovation montre sa bonne maîtrise de celle-ci. La connaissance qu'il a de l'impact de l'innovation transparaît aussi dans la façon dont il l'utilise. Au niveau 5, l'individu recherche de l'information auprès de ses collègues sur ce qu'ils font et développe des projets afin de coordonner ses efforts avec les leurs. Finalement, au niveau 6, l'enseignant revoit la façon dont il exploite l'innovation afin d'accroître l'impact de cette dernière. Il identifie donc de nouveaux buts, de nouvelles façons de faire, des nouveautés dans le domaine de l'innovation. Pareillement aux préoccupations, les utilisations faites de l'innovation par l'individu se modifient tout au long du processus d'intégration d'une innovation.

Il faut cependant préciser que le modèle de Hall, et Hord (2001) est conçu pour tout autre innovation et non exclusivement de TIC, mais c'est un modèle qui peut aider à comprendre ce qui se passe dans le processus d'implantation d'Internet par les enseignants en termes de préoccupations et d'utilisations, Lefebvre (2005, p.57). L'évolution des préoccupations va nous permettre de savoir ce que pensent les répondants de l'Internet, son avantage et aussi son inconvénient. Le niveau d'utilisation va également nous aider à localiser la place de l'Internet chez les enquêtés. A cause de sa pertinence, le modèle CBAM est le modèle retenu pour la présente recherche.

7.1.3 Modèle théorique de Moersch

Inspiré du modèle théorique de Hall et Hord (1987), cité par Raby, C. (2004, p. 24), Moersch (1995, 2001) a développé un outil pour mesurer les niveaux d'implantation des TIC en classe par les enseignants, c'est ce qu'il appelle « le Level of Technology Implementation (le LoTI) ». Ainsi, Moersch définit sept niveaux par lesquels l'enseignant évolue lorsqu'il développe son expertise à intégrer les TIC en classe. Autrement dit, ces étapes sont des cheminements à travers lesquels l'enseignant en processus d'intégration des TIC peut progresser : non-utilisation, sensibilisation, exploration, infusion, intégration, expansion et raffinement, cité par Raby, C. (2004).

Selon Raby (2004), le niveau 0, est celui de la non-utilisation, niveau où l'enseignant a la perception d'un manque de temps ou d'accessibilité des TIC, perception qui le freine dans son processus d'intégration des TIC. Le niveau 1, présente plusieurs vécus possibles : un contact

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indirect avec les TIC présentes dans l'environnement par exemple, (programme de dénombrement flottant utilisant les TIC, cours d'informatique offert le midi, etc.) une utilisation des TIC pour la gestion de classe ou une utilisation des TIC comme support à un enseignement magistral. Au niveau 2, l'enseignant engage ses élèves dans l'utilisation des TIC où il les emploie comme complément à son enseignement lors d'activités de renforcement, d'enrichissement, lors d'exercices répétitifs, de jeux ou pour la recherche d'information (connaissances) sur un contenu à l'étude. L'utilisateur est au niveau 3, lorsqu'il emploie les TIC de façon ponctuelle, pour traiter l'information. Le niveau suivant (4), celui de l'« intégration », constitue un moment charnière difficile à franchir. L'enseignant utilise alors les TIC, non pas de manière isolée, mais en engageant ses élèves dans un contexte d'apprentissage riche au sein duquel ils recourent aux TIC (c'est-à-dire les applications multimédia, les télécommunications, les bases de données, la feuille de calcul, le traitement de texte) pour identifier et résoudre des problèmes réels liés à un thème central ou à un concept. Lors du niveau 5, les TIC sont utilisées principalement pour permettre à l'élève d'entrer en contact avec le monde extérieur, ceci s'effectue dans un contexte de résolution de problèmes réels liés à un concept ou à un thème central. Au niveau 6, l'enseignant utilise les TIC comme processus, produit ou outil dans le but de permettre à l'élève de rechercher de l'information, de trouver des solutions à des problèmes réels, de développer un produit en lien avec des problèmes réels et significatifs pour lui.

Ainsi présenté le modèle de Moersch, nous pouvons cependant relever les insuffisances de ce modèle qui selon plusieurs auteurs, n'échappe pas aux critiques. Dans sa thèse, Raby (2004, p.27) pense que la première limite du modèle de Moersch est le fait qu'il est difficile d'obtenir de l'information pour savoir si le développement de ce modèle a été effectué à partir de données empiriques ou de sa propre expérience en milieu scolaire. Aussi semble-t-il que le modèle de Moersch est linéaire et Raby doute du fait que chaque enseignant dans le processus d'introduction des TIC, suivent nécessairement tous les étapes. Autre limite, selon Veillette, H. (2009, p. 33), le niveau d'implantation 1 du modèle d'implantation de Moersch, celui de la sensibilisation, est imprécis puisqu'il comprend plusieurs comportements de l'enseignant très différents allant du contact indirect avec les TIC et une utilisation des TIC pour la gestion de classe. De plus, Moersch ne mentionne pas, dans son modèle, l'utilisation des TIC à des fins personnelles, souvent préalable ou complémentaire à une utilisation « professionnelle » ou « pédagogique » des TIC. Alors que Hadley et Sheingold (1993) cité par Raby soulignent, dans leur étude sur des enseignants expérimentés dans l'utilisation des TIC, que dans leur échantillon, plus de huit enseignants sur dix disposaient d'un ordinateur à la maison pour leur usage personnel.

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Ces deux modèles vont nous aider à mieux cerner comment les enseignants de l'Université de N'Djamena conçoivent et utilisent l'Internet. Et cela va finalement nous permettre de localiser la place de l'Internet chez les utilisateurs (les enseignants de l'Université de Ndjamena).

7.1.1 La théorie de la compétence

Pour expliquer l'évolution du concept de compétence, Ouardia (2014, p.147) rapporte qu'au cours des années 80, le monde du travail a connu plusieurs mutations techniques, technologiques et économiques qui ont introduit massivement de l'imprévu et de la complexité et qui ont imposé d'abandonner le travail à la « chaîne » qui consistait à réaliser une suite de gestes sans faire intervenir aucune initiative personnelle du travailleur. Il s'en est servi afin de désigner chez les employés et dans les entreprises une capacité, devenue indispensable, à s'adapter à des situations professionnelles de plus en plus complexes, instables et événementielles.

Pour Diem-Quyen et Blais (2007, p. 237) l'émergence du concept de compétence et le développement progressif de l'approche par compétences en formation universitaire constituent une réponse à la préoccupation d'apporter une solution aux problèmes et aux limites identifiés dans le cadre de l'approche par objectifs. Originaire du milieu professionnel et entrepreneurial où elle a graduellement remplacé la notion de qualification dès la décennie 1970, la notion de compétence s'est depuis imposée en éducation. Essayant de comprendre ce qu'une personne compétente, Tardif, (2006 : 22) dit-il aussi que :

Une personne compétente est une personne qui sait agir avec pertinence dans un contexte particulier, en choisissant et en mobilisant un double équipement de ressources : ressources personnelles (connaissances, savoir-faire, qualités, cultures, ressources émotionnelles) et ressources de réseaux (banques de données, réseaux documentaires, réseaux d'expertise, etc.). Savoir agir avec pertinence, cela suppose d'être capable de réaliser un ensemble d'activités selon certains critères souhaitables.

Mapto, K.V, (2019, p. 102) pense pour sa part que la notion de la compétence s'est imposée dans presque toutes les sphères de la société. Elle poursuit que la compétence constitue depuis quelques années un des marqueurs de notre temps. Mais le problème de la définition de la compétence n'est pas unanime. D'après la littérature sur ce terme, chaque auteur entend donner une signification convaincante à la notion de la compétence. Jonnaert, P. et al (2004 p. 674) entendent par compétence la mise en oeuvre par une personne en situation, dans un contexte déterminé, d'un ensemble diversifié, mais coordonné de ressources ; cette mise en

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oeuvre repose sur le choix, la mobilisation et l'organisation de ces ressources et sur les actions pertinentes qu'elles permettent pour un traitement réussi de cette situation. Après avoir lu les différents écrits sur la compétence, Dumouchel (2016, p. 27) conclue qu'une compétence est « un savoir-agir mobilisant des ressources personnelles (i.e. savoirs, savoir-faire et savoir-être) et externes (ex : documentation, réseau professionnel) afin de résoudre un problème dans une famille de situations ».

En effet, l'approche par compétence oblige les enseignants à avoir des connaissances transversales pour aider les apprenants à mieux apprendre et à réinvestir leur savoir dans les situations complexes. Du coup, nous constatons qu'un référentiel des compétences que ça soit chez les apprenants ou chez les enseignants est apparu pour permettre à tous les enseignants d'avoir une connaissance de base. D'où la naissance de référentiels des compétences TIC en éducation. UNESCO (2003), définit dont la compétence informationnelle comme la reconnaissance des besoins d'information de l'usager et de ses capacités à identifier, à trouver, à évaluer, à organiser l'information ainsi que de la créer, de l'utiliser et de la communiquer efficacement en vue de traiter des questions ou des problèmes qui se posent. Ainsi, l'UNESCO a publié pour la première fois un référentiel des compétences en 2008 avec une longue collaboration avec ses partenaires, CISCO, Intel, ISTE et Microsoft. Et a réactualisé une nouvelle version de ces référentiels des compétences en 2011. Ce Référentiel est articulé autour de trois approches de l'enseignement : Alphabétisation technologique, Approfondissement des connaissances, Création de connaissances le concept des « sociétés du savoir ». Et c'est justement dans cette perspective que Mastafi, M (2015, p. 31) montre à propos que les conclusions de nombreuses recherches s'accordent sur l'importance de l'acquisition des compétences techniques de la part des enseignants dans la réussite de l'intégration des TIC en éducation. Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Française4 a également institué un référentiel de compétences nécessaires à l'usage pédagogique des technologies de l'information et de la communication, communes à tous les enseignants et les formateurs, et a instauré un certificat (i2e). Ce référentiel est structuré en deux grandes catégories : la première concerne les compétences générales relatives à l'exercice du métier d'enseignement et comprend la « maîtrise de l'environnement numérique professionnel » et la deuxième catégorie, quant à elle, concerne l'ensemble des compétences permettant l'intégration efficace des TIC dans l'enseignement. Nous précisons que nous n'allons pas prendre en compte

4 Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche français. (2010). Référentiel i2e. Repéré à http://www.c2i.education.fr/spip.php?article87

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l'ensemble de ce référentiel des compétences TIC, mais s'intéresser seulement à la compétence liée à la communication et à la recherche d'information.

Notons également le référentiel de compétences développées par la CREPUQ (2005) et l'Association of College and Research Libraries (ACRL). Pour ces deux institutions :

Les compétences informationnelles englobent de manière intégrée la recherche éclairée et réflexive d'information, la compréhension des procédés grâce auxquels l'information est produite et mise en valeur, l'utilisation de l'information pour générer de nouveaux savoirs et la participation éthique à des communautés d'apprentissage, (ACRL 2016, p.6).

L'Association des Directeurs & Personnels de Direction des Bibliothèques

Universitaires et de la Documentation5 a également établi un référentiel des compétences informationnelles tels que : identification et définition des besoins, production de connaissances, utilisation des outils numériques, évaluation et réutilisation des résultats, connaissance des règles éthiques, et des enjeux sociaux ou économiques associés pour permettre aux enseignants d'agir efficacement dans la situation pédagogique. Ainsi, la théorie de compétences va nous permettre plus précisément d'évaluer nos enquêtés à travers les référentiels des compétences que nous venons d'élucider. Cependant, nous n'allons pas prendre en considération tous ces référentiels définis dans d'autres contextes mais ceux qui sont mieux adaptés dans notre contexte tels que les compétences informationnelles et communicationnelles.

7.2 Définition des concepts

Avant de préciser et de définir clairement notre objet, il nous semble utile de revenir sur le champ plus large dans lequel il s'inscrit tout en s'en particularisant, par ailleurs. Nous poursuivons en pointant ses spécificités dans le champ de la recherche et la complexité qui peut entourer son analyse et son exploitation. Pour mieux cerner notre sujet, et l'orienter vers l'objectif de ce travail, nous faisons d'abord un contour sur la notion des technologies de l'information et de la communication, dont l'Internet constitue un élément. Autrement dit, pour opérationnaliser nos concepts de base, il serait nécessaire d'expliquer ou conceptualiser la notion des TIC avant de passer aux notions qui constituent notre sujet.

5 Association des Directeurs& Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation (2012). Référentiel de compétences informationnelles pour réussir son parcours de formation dans les établissements d'enseignement supérieur.

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7.2.1 Les Technologies de l'information et de la communication

L'expression « Technologie de l'information et de la communication » est la transcription d'une locution anglaise utilisée dans diverses instances internationales qui correspond à peu près au domaine de la télématique. Il fait l'objet de différentes définitions selon le point de vue de la source utilisée ou selon l'époque de la définition.

Le Grand dictionnaire terminologie de l'Office Québécois de la langue française (OQLF) définit les technologies de l'information et de la communication comme étant :

Un ensemble des technologies issues de la convergence de l'informatique et de la techniques évoluées du multimédia et des télécommunications, qui ont permis l'émergence de moyens de communication plus efficace, en améliorant le traitement, la mise en mémoire, la diffusion et l'échange de l'information6.

Toutes ces définitions sont incomplètes car les domaines de TIC sont très complexes et difficiles à saisir son contour. Dans les mêmes ordres d'idées, la convention internationale fixée par OCDE, dit que, les technologies de l'information et de la communication (TIC) englobent les secteurs d'économies suivants :

- Secteurs producteurs de TIC (fabrication d'ordinateurs et de matériels informatique, de télévision, radios, téléphone ...) ;

- Secteurs distributeurs de TIC (commerce de gros de matériel informatique...) ;

- Secteurs des services de TIC (télécommunications, services informatiques, services audiovisuels...).

Tchameni (2007) estime pour sa part que les TIC sont des outils qui permettent de vaincre la distance, d'accéder au village planétaire, au savoir encyclopédique. Lorsqu'elles sont mises au service de la pédagogie, les TIC permettent d'apprendre, de comprendre, d'entreprendre, de motiver, de partager, d'interagir, de communiquer, d'échanger, de collaborer, d'exposer, de transmettre et de distribuer le savoir.

Par TICE, on entend non seulement la mise en place de réseaux et d'équipements dans les diverses couches éducatives, mais également l'utilisation de ces technologies pour des fins de développement éducatif, économique, sociétal et culturel (Karsenti et Larose, 2002). Ce sont essentiellement des moyens au service de l'apprentissage (Tardif, 1998). Pour l'UNESCO (2004 :13) « les TIC sont définies comme la combinaison des technologies issues de l'informatique

6 Le Grand dictionnaire terminologie de l'Office Québécois de la Langue française (OQLF). En ligne à partir de http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/.

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avec d'autres technologies apparentées, (en particularité) les technologies de la communication ». Basque (2005) entend par TIC :

Un ensemble de technologies fondées sur l'informatique, la microélectronique, les télécommunications (notamment les réseaux), le multimédia et l'audiovisuel, qui, lorsqu'elles sont combinées et interconnectées, permettent de rechercher, de stocker, de traiter et de transmettre des informations, sous forme de données de divers types (texte, son, images fixes, images vidéo, etc.).

Ainsi, tous ces auteurs réfèrent ici à un ensemble de technologies qui, une fois combinées, peuvent permettre non seulement le traitement de l'information, mais aussi la transmission de celle-ci (Shafika, Broekman et Mogale, 2005).

Nous retenons que dans le cadre éducation, les TIC sont de moyens technologiques comme l'ordinateur, les cédéroms, les bandes vidéos éducatives, les ressources d'apprentissage en ligne (technologies de l'information), le courrier électronique, les sites Web, les vidéoconférences (technologies de la communication) ainsi que les diverses techniques d'adaptation qui sont disponibles pour répondre aux besoins d'accès des apprenants et apprenantes ayant des besoins spéciaux (Grégoire, Bracewell et Laferrière, 1996; Rossé, 2001). Mais dans le cadre de cette recherche, nous définissons la notion de TIC selon les travaux de Basque (2005) et renvoie essentiellement à l'ordinateur, à l'Internet et aux téléphones mobiles. Nous constatons que ces technologies semblent aujourd'hui les plus utilisées dans les contextes des Universités africains.

7.2.2 L'Internet

Notons que l'Internet, l'invention majeure du 20e siècle, est issue de cette envie propre à l'homme qui, depuis la nuit des temps, a souhaité communiquer au-delà de ses propres moyens d'expression physique, au-delà du geste et de la voix. Alors nous nous demandons : qu'est-ce que l'Internet ?

Parlant de définition de d'Internet, le petit Larousse (2015), définit l'Internet comme un réseau télématique international, issu du réseau militaire américain Arpanet (conçu en 1969) et résultant de l'interconnexion d'ordinateurs du monde entier utilisant un protocole commun d'échanges de données (IP pour Internet protocol). Dans les mêmes ordres d'idées ; Viennot, L. (2006), avance ses arguments que, littéralement, « Internet » vient du néologisme anglais « Internetting » qui désigne le fait d'interconnecter des réseaux. L'Internet est donc un réseau de réseaux. Et Viennot se posait la question de savoir : « Comment ça marche ? ». Aussi poursuit-il que l'information circule sous forme de paquets acheminés indépendamment les uns des autres. Pour cela, chaque paquet contient un identifiant de la destination : son adresse IP.

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La manière d'allouer les adresses IP et la manière d'acheminer les paquets sont intimement liées, c'est ce qui permet de faire fonctionner plusieurs centaines de milliers de réseaux connectant ainsi plusieurs centaines de millions de machines entre elles. Cet ensemble de procédés et de produits de la technologie, de techniques de communication s'impose à une société qui devient « informatisée ».

Aujourd'hui, les avancées de l'informatisation sont en augmentation permanente et les potentiels contenus d'Internet semblent illimités. Les aboutissements de ces croissances sont difficilement prévisibles. Elles reposent sur la conjugaison des caractéristiques liées à Internet en matière de « multimédia » et des applications de « l'hypertexte », dont une brève définition s'impose. D'après Jérôme Colombain, l'hypertexte est un « procédé permettant de consulter un document de manière non-linéaire, en cliquant sur des images ou des mots-clés appelés liens hypertexte ou hyperliens, menant à d'autres documents ». L'Internet, le réseau des réseaux, dessert des millions de personnes à chaque instant. Il possède en disponibilité interne, et quasiment en instantané, un nombre indéfini de documents accessibles et utilisables de différentes manières : lecture, écriture. C'est en ce sens que l'Internet révèle un intérêt capital dans ce travail.

7.2.3 Les pratiques professionnelles des enseignants

Pour Agnès Cavet (2007, p.2), la profession enseignante est une activité qui fait appel à des savoirs savants. Elle poursuit que cet exercice requiert un savoir de plus haut niveau et une capacité d'abstraction, nécessaires pour retrouver le général, le principe, derrière le particulier de chaque individu (étudiant). Selon elle, la profession est également une activité qui se professe, c'est-à-dire qui s'enseigne par la voie de l'explication orale des savoirs et des pratiques, ce qui implique une rationalisation s'opère par passage à l'écrit, lequel permet à la fois la capitalisation des savoirs et leur large diffusion. Il semble clair que nous assistons aujourd'hui à un mouvement généralisé de restructuration scolaire auquel souscrivent plusieurs pays. Ainsi, l'enseignement est profondément affecté par la crise du savoir dans notre société moderne avancée ou, comme on dit volontiers aujourd'hui « postmoderne ».

Etre enseignant de nos jours, c'est être capable de renouveler chaque jour et d'être également acteur d'un système éducation en évolution. S'adapter au profil de chaque étudiant, pour lui permettre de développer son potentiel et lui transmettre les valeurs de citoyenneté ; faire évoluer ses cours grâce au numérique et en actualisant ses propres connaissances. C'est en ce sens que Tardif, M. et Lessard, M (2000) disent à propos que le travail enseignant représente une activité professionnelle complexe et de haut niveau, qui fait appel à des connaissances et des compétences dans plusieurs domaines : culture générale et connaissances

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disciplinaires; psychopédagogie et didactique; connaissance des élèves, de leur environnement familial et socioculturel; connaissance des difficultés d'apprentissage, du système scolaire et de ses finalités; connaissance des diverses matières au programme, des nouvelles technologies de la communication et de l'information; savoir-faire en gestion de classe et en relations humaines, etc.). La complexité de la profession enseignante au cours de ces années a amené des pays développés à vouloir licencier les enseignants qui ne peuvent plus s'adapter à l'évolution de connaissances dans le domaine de l'enseignement. On s'attend à ce que 30 % à 40 % des enseignants nord-américains prennent leur retraite au cours de la présente décennie (Tardif, M. et Lessard, M, (2000, p.2), même observation en France. Pour ces auteurs, guidé par l'ambition de favoriser la réussite des étudiants, dont il a la responsabilité, l'enseignant doit mobiliser des compétences didactiques et pédagogiques dans l'enseignement d'une ou plusieurs disciplines mais également relationnelles. Ainsi, comme tous les autres métiers, l'enseignant s'apprend tout le long de sa vie, pour approfondir ses savoirs, faire évaluer ses méthodes, s'approprier des innovations ou acquérir de nouvelles compétences. C'est en ce sens que Tardif et Lessard pensent que la pratique professionnelle doit être nourrie, en lien avec le référentiel de compétences des enseignants (l'enseignant doit acquérir les compétences nécessaires à l'utilisation des TIC donc l'Internet pour l'accomplissement de ses tâches académiques). Pour cela, l'enseignant doit bénéficier de la formation continue ; dispensée par l'Education nationale ou tout d'autre organisation. Aujourd'hui un grand nombre de systèmes éducatifs sont engagés dans des réformes plaçant la formation des enseignants au coeur de toute préoccupation (Fonkoua, P. (2007) ; Karsenti, T. (2016) ; Karsenti, T. ; Garry, R.-P. ; Bechoux, J. ; et Tchameni Ngamo, S. (2007).

Tardif et Lessard (2001, p.1) de renchérir que l'évolution de l'enseignement répond aussi aux transformations de la société elle-même, car celle-ci s'est complexifiée à tous les points de vue. Elle exige des nouvelles générations une formation de plus en plus longue, tant sur le plan des normes qui président à l'organisation de la vie sociale et à l'exercice de la citoyenneté que sur le plan des compétences nécessaires au renouvellement des fonctions socioéconomiques. Cette évolution s'accélère et les conditions économiques, sociales et culturelles dans lesquelles évoluent les enseignants changent à vue d'oeil, les forçant à s'adapter sans cesse à des problèmes inédits et à relever de nombreux et nouveaux défis. De ce fait, le monde de l'éducation est en perpétuel mouvement. Ce mouvement créé par le monde des entreprises, oblige les décideurs politiques à voir dans l'éducation, un moyen qu'il faut valoriser pour le renforcement de l'économie national.

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En dernier ressort nous pouvons dire que, les TIC semblent tout à fait incontournables et les enseignants doivent apprendre à les utiliser à des fins pédagogiques. Elles peuvent cependant, transformer le rôle de l'enseignant, en déplaçant son centre de la transmission des connaissances vers leur assimilation et leur incorporation par des étudiants de plus en plus compétents pour réaliser de manière autonome des tâches et des apprentissages complexes.

7.3 Techniques et collecte des données

Nous aborderons cette problématique en nous appuyant sur la documentation existante, les résultats d'un travail de terrain consistant à la fois sur une enquête quantitative afin de collecter les informations auprès des enseignants qui constituent cette recherche. Après quelques entretiens avec les enseignants de l'Université de N'Djamena, les enquêtés nous ont fait savoir qu'ils ne pourront pas avoir des vocabulaires adéquats pour répondre à notre entretien si c'était le cas. C'est pourquoi la démarche mise en oeuvre est focalisée sur le recueil, par voie des questionnaires. Pour ce faire, l'étude est organisée en quatre étapes distinctes : élaboration du questionnaire, collecte et traitement de données collectées, pour aboutir à un résultat qui sera transcris dans chacun de chapitre que nous allons développer au court de ce travail.

7.3.1 Recherche quantitative

Van Der Marin (1999, p.111) pense qu'il n'y a pas une forme de recherche qui ne prenne appui sur un matériel quelconque. Toute recherche porte non seulement sur un problème, mais nécessite une forme d'« inscriptions » qu'il s'agit d'examiner, de condenser, de traiter avant de les interpréter. Un des problèmes porte non seulement sur les procédures qui permettent de produire le matériel, soit la question du rapport entre les indices produits et les concepts (validité) ou les objets (fidélité) dont ils sont des traces, mais sur la pertinence du matériel produit. En effet, quelle que soit la qualité de l'instrumentation, encore faut-il produire un matériel qui puisse apporter des réponses qui se rapportent aux questions que l'on pose, et qui s'y rapportent sans biais, c'est-à-dire sans que ce matériel ait été produit de façon à fournir un support à des réponses toutes faites d'avance. Pour Honoré Mimché7, dans le domaine de la recherche en sciences humaines et sociales les enquêtes quantitatives consistent toujours à faire répondre des individus à un questionnaire standardisé dans lequel les différentes modalités de réponse à chaque question sont prévues d'avance, de manière à pouvoir facilement analyser les réponses en totalisant les scores de chacune. L'enquête quantitative dénombre donc les comportements, les pratiques et les opinions des individus. Pour y parvenir, l'enquête repose

7 Honoré MIMCHE (2017). Méthode de recherche en sciences humaines et sociales : la recherche quantitative, notes de cours, p. 08- 14

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sur un échantillon représentatif de l'ensemble de la population. Le choix de cette méthode se justifie par le fait que lors de notre préenquête, les enseignants nous ont fait savoir qu'ils ne pourront pas nommer ce qu'ils font sur l'Internet. Mais nous pouvons leur soumettre à des énoncés dont ils pourront apprécier la valeur selon leur utilisation. C'est pourquoi nous avons exploré la littérature sur l'utilisation de l'Internet pour pouvoir constitué un questionnaire que nous avons jugé basique pour les enseignants de l'Université en général. Tout de même cela ne nous a pas empêché de constituer assez des questions ouvertes pour récolter leurs opinions sur la notion d'Internet.

7.3.2 Les questionnaires

Le questionnaire est un outil spécifique aux enquêtes quantitatives. Il est composé de questions auxquelles l'enquêté doit répondre. Le questionnaire permet d'apporter des réponses aux interrogations qui ont motivé l'enquête. Il permet de recueillir des informations standardisées et quantifiables sur une population donnée. Les questions posées dans le questionnaire visent à obtenir des informations en relation avec les objectifs de l'étude ou pour vérifier des hypothèses. Notre choix d'une méthodologie d'enquête par questionnaire visait différents objectifs. Tout d'abord, celui-ci permettait de dresser un état des lieux des usages d'Internet chez les enseignants du supérieur de l'Université de N'Djamena. De plus, il nous offrait de précieuses données sur le profil des usagers et leurs pratiques. Le mode de passation du questionnaire devait tenir compte des disparités existant dans l'usage d'Internet. Notre questionnaire est constitué d'un total de trente-deux (32) questions (ouvertes et fermées) reparties en six parties.

La première partie, intitulée `'Caractéristiques sociodémographiques», est composée de questions à choix unique, portant sur l'identification de l'auteur à savoir : sexe, âge, l'expérience en enseignement, discipline d'enseignement. La deuxième partie, intitulée `'Accès aux technologiques», est composée de questions, à choix unique et à choix multiple, portant sur les possibilités d'accès à Internet par les différents moyens ou matériels technologiques, tels que : l'accès à un ordinateur, l'accès à un téléphone et ensuite à l'Internet lui-même. La troisième partie, intitulée `'Utilisation d'Internet» est composée des questions relatives à l'utilisation des outils de base d'Internet par les enseignants. C'est ici que nous avons proposé plusieurs activités qu'un enseignant chercheur peut utiliser pour la réalisation des taches académiques tels que : la visite des sites Internet, la recherche d'information pour les intérêts personnels et pour les travaux académiques, soumission des articles à l'évaluation, la mise en ligne des cours etc. La quatrième partie intitulée `'maitrise d'Internet» est composée essentiellement des questions qui cherchent à localiser la place des pratiques d'Internet tels

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que : le logiciel de de création de page web, les moteurs de recherche, les catalogues et les bases de données, la recherche des informations etc. La cinquième partie intitulée `'compétence en Internet», quant à elle, se limite à la recherche de l'information et communication à travers quelques applications : courrier électronique, forum de discussion, messagerie instantanée et également les obstacles qui empêchent la meilleur utilisation d'Internet. La dernière partie intitulée `'opinion sur l'Internet» est composée des questions essentiellement fermées, qui exprime certaines opinions sur la potentialité d'Internet tels que : l'Internet est révolutionnaire, c'est agréable de rechercher les informations avec l'aide de l'Internet que dans une bibliothèque, il faudrait contrôler ce qu'il y'a sur l'Internet. Nous précisons que ces questions ont été construites à partir d'une revue de littérature de questionnaires similaires : Fournier, H. (2007) ; Dumouchel, G. & Karsenti, T. (2013) ; Piette, J. et all (2001) ; Dumouchel, G. (2016).

7.3.3 Collecte des données

Nous avons effectué la collecte de nos données dans les établissements publics et auprès des enseignants du supérieur. L'échantillon a été construit de façon probabiliste et est composé de 96 enseignants (21 femmes et 75 hommes) appartenant aux trois campus dont dispose l'Université de N'Djamena (Campus de Farcha, Campus de Toukra et Campus d'Ardepdubal). Ces enseignants ont été répartis sur les différents cycles d'enseignement, issus de différentes disciplines, appartenant aux différentes tranches d'âge et exerçant tous à l'Université.

Pour réaliser et mener à bien cette collecte de données, nous avons distribué personnellement et en présentiel le questionnaire auprès des enseignants. Toutefois notre recherche ne s'est pas déroulée sans difficulté. Le plus grand problème auquel nous nous sommes heurtés, c'est la distance qui existe entre les différents Campus. L'autre problème que nous avons rencontré et qui serait un obstacle majeur à la collecte de ces données, c'est le non-respect des rendez-vous pour la récupération des questionnaires pour la plupart des enseignants. Ce qui nous a obligés à faire assez de tour dans les différents campus. Il faut cependant signaler que la plupart des enseignants enquêtés, dispensaient un peu partout des cours dans les Universités que compte le Tchad. Ce qui nous a amené à prolonger la durée de cette enquête de terrain pour atteindre deux (2) mois allant du 20 septembre à 20 novembre de l'année 2019. Tout compte fait, sur 96 questionnaires distribués, 79 ont été récupérés et bien remplis (soit 82,29%).

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Tableau 1 : nombre des questionnaires distribués aux enseignants

Spécialités

Effectifs

Histoire

5

Lettre moderne

9

Sociologie

6

Anthropologie

6

Droit

6

Anglais

5

Sciences de l'éducation

8

Sciences du langage

6

Philosophie

4

Communication

4

Géographie

6

Sciences économiques

6

Physique

7

Biologie

8

Mathématiques

7

Chimie

4

Total des questionnaires distribués

96

Total des questionnaires validés

79

7.3.4 Analyse de données

Les données recueillies ont été codées et préparées à l'aide du logiciel SPSS 20. Ainsi, nous avons opté pour une analyse descriptive des différentes variables. Ensuite, afin de tester l'influence de certains facteurs comme, le genre, et les expériences en enseignement pour comprendre l'influence de ces variables sur les compétences envers certaines pratiques d'Internet et sur l'acquisition des compétences des enseignants. Plusieurs croisements ont été réalisés. En fin pour les questions ouvertes, nous avons juste fait une analyse des contenus. Cela nous a permis de faire des synthèses des discours des enquêtés par rapport aux énoncés soumis à leurs appréciations.

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CHAPITRE 1 : ÉTAT DES LIEUX DES TIC (INTERNET) DANS l'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DU TCHAD

L'objectif de cette recherche académique a été de dresser un portrait d'utilisation de l'Internet par les enseignants de l'Université de N'Djamena face au développement généralisé de l'Internet et de son implantation massive dans la société et dans les Universités. Pour cette partie, nous allons nous s'intéresser au chapitre de TIC au Tchad, en présentant le système d'enseignement supérieur dans sa généralité et en suite faire un état de lieu des TIC au Tchad. En fin nous allons élucider la place des TIC dans l'enseignement au Tchad.

1. Présentation générale du Tchad

Pays sahélien, le Tchad est situé au coeur de l'Afrique, avec une superficie de 1 284 000 km2 dont deux tiers sont désertiques (zone Borkou, Ennedi, Tibesti). Du Nord au Sud, le pays s'étend sur 1700 km et l'Ouest à l'Est sur 1000 km, avec comme pays limitrophes le Soudan à l'Est, la République Centrafricaine et le Cameroun au Sud et le Niger et le Nigéria à l'Ouest. Le pays est fortement enclavé et dépendant des ports de Douala au Cameroun et de Harcourt au Nigeria pour ses échanges commerciaux avec l'extérieur. C'est le cinquième pays le plus vaste d'Afrique. Exe colonie française, le Tchad compte 23 région, divisées en départements donc les langues officielles sont l'Arabe et le Française, langue héritée de la colonisation comme les restes des pays colonisés. La population tchadienne comptait 11 175 915 habitants en 2009 (dont 50,7 % de femmes), estimée aujourd'hui près de 15 millions d'habitant. Près de la moitié de la population (47 %) est concentrée sur 10 % de la superficie totale. Cette population est dans une large proportion rurale puisqu'en 2009, elle représente 78,3 %. Le taux d'alphabétisation est 33,6%, (l'UNESCO et du PNUD 2013) derrière l'Ethiopie (35,9%). Selon RESEN (2016) le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant est passé de 314 000 F CFA en 2005 à 357 000 F CFA en 2011, soit une croissance moyenne annuelle de 2,16 %. La recette de l'Etat est de 1 173,6 milliards, soit une augmentation moyenne de 99,4 milliards par an depuis 2000 en raison de l'exploitation de pétrole. La dépense estimée en éducation en 2012 représente 10,4 % du budget général de l'État selon les ministères responsables. Et reparti comme suit : l'enseignement fondamental (primaire et collège) constitue 47,7 %, l'enseignement primaire est estimé à 38,7%, sous-secteur de l'alphabétisation et de l'éducation non formelle est 1,6 %, du budget total de l'éducation.

La république du Tchad est un pays dont le niveau de revenu est l'un des plus bas du monde, 38 % de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté en 2011.

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2. Description du système d'enseignement supérieur au Tchad

L'enseignement supérieur au Tchad a débuté en 1971 avec la création de l'Université de N'Djamena et depuis lors, il s'est diversifié et développé. La deuxième institution, l'Université Roi Fayçal, sera créée en 1 9 9 2 . En application des directives relatives à la mise en place du système LMD dans l'espace CEMAC, l'enseignement supérieur Tchadien qui s'est arrimé à ce système en 2009, comprend désormais trois cycles de formation : la Licence, le Master et le Doctorat, même si le dernier cycle n'est pas encore généralisé jusqu'aujourd'hui.

Le rythme de création des établissements universitaires s'est accéléré à partir de 2002, avec l'ouverture progressive de nouveaux établissements dispensant un large éventail de connaissances. L'action des pouvoirs publics sera utilement complétée et renforcée à partir de 1989 par des initiatives privées d'enseignement supérieur, s'investissant dans les formations techniques et professionnelles. Le système a connu une expansion fulgurante ces quinze dernières années rapprochant l'offre à la demande. En effet, le Tchad ne comptait en 2000/2001, que 6730 étudiants dont 14,5% de filles, repartie essentiellement dans 07 établissements d'enseignement supérieur, à caractère ou d'utilité publics. Ceux relevant du privé étaient très peu développé. En 2015, on dénombre plus de 43000 étudiants dont 19% des filles repartie dans plus de 140 établissements. Le public constitué de 10 Universités, 06 instituts et 04 écoles normales, absorbe environ 77% d'étudiants et le privé, avec plus de 130 établissements absorbe environ 23% d'étudiants. Le système compte également 04 organismes sous tutelle en charge des recherches, des oeuvres universitaires, des fonciers et des examens et concours du supérieur. Le tout piloté par une administration centrale. L'action combinée des pouvoirs publics et des opérateurs privées a entraîné l'augmentation de l'offre des formations universitaires et, partant, l'augmentation fulgurante de la population estudiantine, estimée à 45749 étudiants en 20178. Les établissements du service public de l'enseignement supérieur regroupent environ 80% de la population estudiantine totale.

Les diverses dispositions législatives cohérentes, étalées dans le temps, ayant favorisé ce développement et leur mise en oeuvre progressive, se lisent à travers des indicateurs tels que : la diversification de l'offre universitaire à travers la création de nouveaux établissements; l'ouverture de l'enseignement supérieur aux initiatives privées; la réforme LMD ; la création d`Ecoles doctorales ; l'instauration de droits universitaires dans

8 Plan Intérimaire de l'Education au Tchad (PIET) 2018- 2020

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les Universités publiques et la suppression des bourses d'étude.

En dépit des progrès visibles, les institutions universitaires restent confrontées à de nombreux problèmes dont la persistance peut, à terme, nuire à la performance de l'institution, notamment : la pertinence et la qualité des enseignements ; l'insuffisance qualitative et quantitative du corps enseignant, constitué en majeure partie d'assistants ; une recherche scientifique embryonnaire ; des infrastructures pédagogiques insuffisantes ; des ressources financières insuffisantes et affaiblies par le poids des oeuvres universitaires.

Les difficultés auxquelles est aujourd'hui confronté l'enseignement supérieur au Tchad sont susceptibles de compromettre son développement et le rôle qu'il est censé jouer dans la transformation socioéconomique du pays. Ces difficultés relèvent de trois catégories de défis : le défi de l'accès et de l'équité : l'accès dans le supérieur est très faible, avec de fortes inégalités en défaveur des filles et dans la répartition géographique des institutions universitaires, avec une forte concentration dans la capitale. Par ailleurs, on note une faiblesse de politique volontariste pour les étudiants vulnérables ou issus des milieux défavorisés ; le défi de la qualité : la mise en oeuvre partielle du système LMD ; l'inadéquation de l'offre d'enseignement avec les besoins du marché de travail : alors qu'à l'échelle de la planète, la tendance des formations est à la professionnalisation, au Tchad, la formation théorique universitaire représente encore 82% des enseignements ; la faible utilisation des TIC ; le défi de la gouvernance : l'absence d'un dispositif d'assurance-qualité pouvant permettre une autoévaluation des institutions ; un déséquilibre dans la répartition des enseignants permanents dans les établissements publics; l'insuffisance des ressources financières allouées aux Universités; une gestion déficiente du bilinguisme français-arabe.

2.1 Les Universités publiques

L'enseignement supérieur au Tchad a connu une croissance accélérée ces dix dernières années. La première institution d'enseignement supérieur au Tchad a été ouverte en 1971, avec la création de l'Université du Tchad, aujourd'hui dénommée Université de N'Djamena. Le nombre d'institutions d'enseignement supérieur publiques et privées est passé de 07 à plus de 130 entre 2001 et 2015, soit un accroissement moyen annuel de l'ordre de 22,7%. Le public est constitué de 10 Universités (Université Roi Fayçal, Université Adam Barka d'Abéché, Université de Moundou, Université de Doba, Université Polytechnique de Mongo, Université de Sarh, Université d'Ati, Université de Pala et Université Virtuelle) et 06 instituts nationaux universitaires à caractère professionnels (Institut National Supérieur des Sciences et techniques d'Abéché, Institut National Supérieur de Pétrole de Mao, Institut National Supérieur des Arts et Métiers de Biltine, Institut National Supérieur d'élevage de Moussoro, Institut National

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Supérieur du Sahara et du Sahel d'Iriba, Institut National Supérieur des Sciences agronomiques et technologies agroalimentaires de Lai) et on dénombre 04 écoles normales supérieures (Ecole Normale Supérieure de Ndjamena, Ecole Normale Supérieure des Sciences Exactes et Appliquées de Bongor, Ecole Normale Supérieure d'Abéché et l'Ecole Normale Supérieure d'Enseignement Technique de Sarh).

2.2 Les établissements privés d'enseignement supérieurs

Depuis 1989, de nombreux établissements privés d'enseignement supérieurs sont venus renforcer l'offre publique. Au Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI), ces institutions sont placées sous la supervision de la Direction de l'Enseignement Supérieur, et d'un organe de contrôle, la Commission Nationale de l'Enseignement Supérieur Privé (CNESP). Les données disponibles répertorient 130 structures de formation (même si plus de la moitié n'est pas fonctionnelle) offrant des formations de niveau BTS et Licence. Cette catégorie d'enseignement supérieur absorbe une population d'environ 10.000 étudiants.

2.3 Les institutions publiques d'enseignement supérieur sous la double tutelle ou hors tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et l'Innovation

Il existe au Tchad, des institutions publiques accueillant des formations post-baccalauréat, créées par certains départements ministériels pour répondre à leurs besoins particuliers de formation professionnelle. Ces établissements sont placés soit sous la double tutelle académique du MESRI et technique des départements ministériels spécialisés, ou hors tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et l'Innovation. Il s'agit de : Ecole Nationale des Travaux Publics (ENSTP), cet établissement créé en 1965 est placé sous la double tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur et du Ministère des Infrastructures et des Equipements ; Ecole Nationale Supérieure des Technologies de l'Information et de la Communication (ENASTIC), établissement spécialisé dans les domaines des Communications électroniques, créé en 2015 par l'ordonnance N° 005/PR/2015 du 02 mars. L'Ecole est placée sous la double tutelle du Ministère des Postes et des Nouvelles Technologies de l'Information et du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation qui en assure l'organisation académique et pédagogique ; l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), créée en 1963 par le Décret-loi N°99/PR/SGG du 20 mai ; École Nationale des Agents Sanitaires et Sociaux (ENASS), créées par le Décret N°137 du 12 août 1964. Réformes : Décret N°104/PR/MSP/84 du 19 mars 1984 et Décret N°001/PR/9 du 10 janvier et l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS)

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2.4 La Demande en enseignement

Les attentes sociales, notamment au niveau individuel, sont globalement identiques dans l'ensemble du secteur. Il s'agit principalement d'une demande d'employabilité et de développement personnel, même si la mission initiale de l'Université comme principale pourvoyeuse de main d'oeuvre pour l'administration, et la perception de la fonction publique comme source d'emploi demeurent. C'est probablement dans ces schèmes qu'il convient de rechercher les raisons qui attirent une partie des bacheliers vers l'Université, alors même que les formations qui y sont dispensées ne leur conviennent pas nécessairement.

Pour quantifier la demande, on peut se fonder sur l'effectif annuel des bacheliers. En dépit de quelques améliorations notables, le taux de réussite au Baccalauréat reste faible, de 9% en 2012, il est passé à 18% en 2014, il a légèrement remonté en 2019 à 23%. Même si les statistiques disponibles ne permettent pas de faire ressortir l e n o m b r e d e s

nouveaux inscrits à l'Université, l'augmentation constante des inscriptions tend à prouver que les Universités d'Etat absorbent l'essentiel du nombre des bacheliers. Les statistiques du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation indiquent que le taux de transition du secondaire au supérieur était de 33% en 2014. En effet, environ 60% postulant à une inscription à l'Université ou candidats à divers concours ne sont pas admis. Il s'ensuit une déperdition qui précipite l'entrée des jeunes diplômés dans le monde du travail et au maintien de la faible qualité du capital humain tchadien. Du point de vue qualitatif, l'insuffisance du niveau d'acquisition des élèves s'observe au sortir du secondaire à travers le faible taux de réussite aux examens au niveau du supérieur.

La demande en matière d'enseignement supérieur se caractérise également par une

forte concentration d'étudiants dans les filières littéraires (61%) au détriment des facultés à vocation scientifique. Le Rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur le système éducatif tchadien, publié en juin 2018 relève que ...plus des 2/3 des diplômés proviennent des filières littéraires et la majorité est composé de licenciés qui n'ont pas d'autres choix que l'enseignement (parfois sans vocation) par le biais de la fonction publique ou des instituts privés9. Il s'agit d'un problème ancien, déjà relevé en 2002 dans le rapport Merlin, (2002, p.97)10 et décrit comme « caractéristique de l'enseignement supérieur, dont les filières à dominante scientifique, très minoritaires par rapport aux autres filières, voient leur développement limité par le nombre réduit de bacheliers scientifiques».

9 Rapport d'enquête parlementaire, sur le système éducatif tchadien et la politique nationale de la jeunesse, juin 2018, p.64.

10 Christian Merlin : Le développement des filières scientifiques dans l'enseignement secondaire et supérieur in Éducation et formation au Tchad : Recueil d'études thématiques, pp. 97-98, Publié en 2002 par l'UNESCO.

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Effectué dans un contexte d'embellie économique, notamment caractérisée par l'implantation d'entreprises étrangères et le développement de nouveaux métiers liés à la modernisation du pays, le rapport insistait également sur la nécessité pour le Tchad d'orienter l'évolution des compétences vers la maîtrise accrue des disciplines scientifiques :

D'abord parce que se développe de manière universelle une « société de l'information » reposant sur la maîtrise de technologies de plus en plus élaborées. Ensuite parce que les entreprises établies au Tchad auront de plus en plus besoin de diplômés issus de la Faculté des sciences exactes et appliquées, des filières professionnalisées, ainsi que des diplômés des instituts universitaires à finalité scientifique et technologique. (Rapport Merlin, p.98). Cependant, dix-sept (17) ans après la publication du Rapport Merlin, le déficit

de la demande des formations à caractère scientifique est persistant et les statistiques indiquent toujours l'attraction, dès l'enseignement secondaire, des élèves pour les filières littéraires, schéma qui se reproduit par la suite à l'Université. Il paraît dès lors difficile à l'enseignement supérieur de répondre de manière satisfaisante aux besoins d'une économie en cours de transformation.

2.4.1 La Demande et l'offre en recherche et innovation

Le corps enseignant des Universités créées par l'Etat présentaient les caractéristiques ci- après au cours de l'année académique 2016-2017 : un effectif total de 2.336 enseignants, avec 3% de femmes (concentrées à N'Djamena); 2% d'enseignants de rang magistral ; 70% d'assistants; 1.346 permanents nationaux; 944 vacataires nationaux et 46 étrangers11. (L'Université de N'Djamena dispose un effectif de 1003 enseignants donc 953 hommes et 50 femmes). Ces caractéristiques vont déterminer la recherche scientifique dans le milieu universitaire, car très peu qui font la recherche.

Ainsi, il existe une autre attente sociale spécifique aux Universités : c'est la recherche universitaire. Ce volet de l'enseignement supérieur qui rassemble les activités basées sur l'approche scientifique, disciplinaire, pluridisciplinaire et transdisciplinaire, la recherche appliquée, la recherche- développement et la recherche-action, a également une dimension politique. Pour l'Etat tchadien, la recherche est d'abord porteuse d'espoir à travers la contribution que les travaux des enseignants-chercheurs peuvent apporter au développement du pays. Au-delà des frontières nationales, la recherche effectuée par des enseignants-

11 Rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur le système éducatif tchadien, p. 63 et Annuaire statistique de l'enseignement supérieur, p.87

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chercheurs, dans le respect des normes internationalement reconnues, peut également contribuer au rayonnement du pays. L'article 44 de la loi 1612 confirme les aspirations de l'Etat en la matière, en précisant que les orientations politiques en la matière doivent répondre « aux objectifs de développement socio-économique et aux besoins prioritaires de la nation exprimés à travers les instances politiques, les partenaires socio-économiques, les collectivités territoriales et la communauté des chercheurs».

Dans la réalité, la recherche est pratiquée par une poignée de chercheurs ou d'enseignants-chercheurs, disposant, ainsi le précise le Rapport de la commission d'enquête parlementaire13, ...de faibles ressources financières et dans des conditions précaires, bien illustrées par l'insuffisance et le très faible niveau d'équipement des

laboratoires qui existent. Cette s i t u a t i o n est r e nfo r c é e par des
financements de la recherche tournée essentiellement vers les primes accordées (1,7 milliards FCFA) aux chercheurs qui, dans leur écrasante majorité, ne pratiquent aucune activité de recherche. Ce qui permet de définir la recherche au Tchad comme un système généreux, mais improductifs
. Mais les ressources nécessaires à l'accompagnement de la recherche restent insuffisantes, avec des conséquences visibles sur l'offre universitaire.

La production de la recherche s c i e n t i f i q u e peut, en théorie, êt r e quantifiée par le biais de différents indicateurs, par exemple le nombre de thèses soutenues,

l e nombre d'articles publiés dans des revues scientifiques, le nombre de colloques et de conférences organisés, ou encore le nombre de brevets déposés par les Universités. Au Tchad, la recherche est peu soutenue et l'ensemble du domaine se caractérise par une insuffisance d'infrastructures et une absence de programmes pertinents orientés vers le développement durable.

Au-delà du cadrage juridique, les activités de recherche sont animées par le Centre National de Recherche pour le Développement (CNRD)14, chargé de la publication des revues scientifiques et de la vulgarisation des résultats de la recherche. Même si plus de 1500 chercheurs sont théoriquement affiliés à ce pôle, les résultats restent peu visibles, en raison notamment de l'insuffisance des ressources financières allouées à la recherche. Le système universitaire national ne dispose que de deux revues

12 Loi N°16/PR/2006 Portant Orientation du Système Educatif Tchadien.

13 Rapport de la commission parlementaire sur l'éducation, p. 67

14 Cette structure était initialement connue sous le nom de Centre National d'Appui à la Recherche (CNAR)

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scientifiques (Centre National de Recherche pour le Développement et Cahiers Tchadiens de Sciences Humaines). Il s'ensuit, au plan organique, l'absence de groupes de recherche structurés, et les supports de diffusion et de vulgarisation des résultats demeurent insuffisants. Au plan des infrastructures, l'on constate l'absence ou l'insuffisance de laboratoires, et même un très faible accès à la documentation en ligne du fait de l'accès très limité à la connexion Internet, b i e n que le CNRD dispos e d'une bibliothèque numérique contenant plus de 25.000 ouvrages. Les insuffisances en matière de recherche se ressentent également au niveau de la structuration du corps

enseignant, de faible qualification, composé de « 2% d'enseignants de rang
magistral ; 70% d'assistants
», souvent titulaires d'un Master ou de diplômes équivalents. L'encadrement des étudiants inscrits au cycle doctoral demeure insuffisant, d'où la difficulté pour les titulaires du Master de finaliser leurs études, en dépit de la création du CONFOFOR15. Il s'agit d'un plan Triennal de formation d e formateurs mis en oeuvre à partir de 2012. Dotée de ressources financières conséquentes, soit 3 268 690 500 FCFA pour trois ans, sur les 4 043 000 000 FCFA initialement prévus par le Projet16, la Commission, actuellement en veilleuse était notamment chargée de l'attribution de bourses d'études, de l'équipement des laboratoires et de l'organisation des missions des chercheurs sur le terrain. Ce fonds a notamment permis la création de deux Ecoles doctorales e t l'octroi d'appuis financiers à de nombreux enseignants-chercheurs pour des études au Tchad, en Afrique ou en Europe.

L'insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines dans les Universités compromet fortement, non seulement la qualité de l'enseignement supérieur au Tchad, mais aussi la contribution de la recherche universitaire au développement du pays. Ces carences pourraient être corrigées par la mise en place d'une instance de coordination, en l'occurrence, « le Fond National d'Appui à la Recherche Sc i e n t ifi q u e et Technique (FONAREST) ».

2.4.2 Demande et l'offre en enseignement

Même si l'offre globale de formation a été dopée par l'arrivée de l'enseignement supérieur privé, le service public qui tire plus de 80% de ses ressources des subventions de l'Etat, absorbe encore 72% d'étudiants.

15 Commission Nationale de Formation des Formateurs Créée par Arrêtée N°071/PR/PM/MERFPS/SG/2013 du 11 mars 2013. Ce fonds a bénéficié à 874 postulants : 129 étudiants en Master ; 595 doctorants, 66 bourses postdoctorales, 84 chercheurs ont bénéficié d'équipements ou de la prise en charge de leur descente sur le terrain.

16 Dotation réduite de 774 309 500 F CFA, en raison des difficultés liées à la conjoncture économique.

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L'offre universitaire tchadienne a connu une évolution fulgurante au cours des dix dernières années. A la suite de l'Université de Ndjamena et à la faveur des évolutions observées, et parfois en les anticipant, le pays a créé sur l'ensemble du territoire, d'autres établissements publics d'enseignement supérieur, auxquels se sont ajoutés depuis 1989, des Etablissements d'enseignement supérieur privé.

Aujourd'hui, l'ensemble de ces établissements absorbe une population de 45000 étudiants, âgés à plus de 95% entre 18 et 25 ans. Les établissements publics d'enseignement supérieur (EPES) accueillent 72% de cette population, tandis que 28% d'étudiants sont inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur privé (EESP).

Dans l'ensemble, les universités d'Etat offrent dans leurs établissements facultaires, des formations classiques dans les domaines ci-après : Sciences Exactes et Appliquées ; Sciences de la Santé ; Sciences de l'Education et de l'Administration ; Sciences économiques et gestion ; Lettres, Langues, Arts et Communication ; Sciences Juridiques et Politiques ; Sciences Humaines et Sociales et l'Ingénierie ;

Pour ce qui est de l'Université de N'Djamena, il y'a Sept Facultés qui sont : Langues, Lettres, Arts et Communication ; Sciences Humaines et Sociales ; Sciences Juridiques et Politiques ; Sciences Economiques et de Gestion ; Sciences de l'Education ; Sciences Exactes et Appliquées ; Sciences de la Santé Humaine. Avec une population estudiantine de 11 800, (Annuaire statistique 2015).

En ce qui concerne le personnel enseignant, il faut signaler qu'il comprend une très forte proportion de vacataires. Pour la qualité de l'enseignement, il eût été préférable que cette proportion s`inverse au profit des professeurs permanents. Sur le plan des diplômes, les détenteurs d'un doctorat ou d'un DEA sont minoritaires. Cette situation risque de perdurer si des mesures énergiques ne viennent en modifier la tendance. La recherche sans laquelle il est difficile de se réclamer d'une institution d`un enseignement supérieur est quasi-inexistante. Mais le grave problème auquel tous les enseignants de l'Université du Tchad se trouvent confrontés est celui des salaires, peu élevés et irrégulièrement versés. Cette situation est la conséquence de la crise économique qui frappe sévèrement le Tchad depuis plusieurs années.

La menace d`une démotivation du personnel de l`Université du Tchad se profile, risquant de provoquer par ses effets induits une baisse du niveau de l'enseignement.

3. Le développement des TIC et de l'Internet au Tchad

Comme d'autres pays Africains (Afrique du Sud, Cameroun, Algérie etc.) le gouvernement tchadien, avait compris la nécessité de se mettre aux TIC pour pallier certaines insuffisances infrastructurelles du pays, pour une intégration économique profitable. C'est

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pourquoi, dès 1996 le Tchad, avaient adopté l'initiative AISI (African Information Society Initiative ou Initiative Société Africaine à l'Ere d'Information) qui visait à développer les infrastructures de télécommunications, condition nécessaire pour l'intégration de l'Afrique dans la « Société de l'Information ». Cette orientation fut confirmée en 2001 par le lancement du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique)17 dont les TIC apparaissent comme un des axes majeurs. Pour Djimet, S. (2014), conscient de son enclavement, de sa dépendance vis-à-vis de ses voisins pour son accès à la mer, de la faiblesse de ses infrastructures de communication et surtout des avantages tant sur le plan de l'emploi que sur le plan de la desserte que pourraient procurer les technologies de l'information et de la communication, le Tchad a adhéré à toutes les initiatives allant dans le sens du développement de celles-ci. En plus de ces initiatives, le Tchad souhaitait également participer en tant qu'acteur au Sommet Mondial de la Société de l'Information (SMSI). Ce qui augmentait davantage son désir de se mettre aux TIC.

Ne pouvant pas se soustraire à tous ces normes en vigueur, le gouvernement tchadien a commencé dès 1998, des réformes du secteur des télécommunications, par la Loi N° 009 du 17 août 199818 qui va se consacrer à la privatisation et la création d'un cadre juridique et réglementaire approprié. Ainsi, le Ministère des Postes des Nouvelles Technologies de l'Information (MPTIC) est responsable de la formulation des politiques d'exploitation des TIC au niveau national. Il revient au MPTIC d'établir et fixer, en consultation avec les acteurs du secteur ainsi qu'avec les acteurs de développement au Tchad en général, les politiques en la matière tel que cela est décrit dans le document de stratégie TIC (MPTIC 2007) et le PND. La même loi conduit à la fusion et à la redénomination des sociétés chargées, sur le plan technique et réglementaire, de la mise en route technologique du Tchad et aussi procédé à une libéralisation susceptible de permettre au secteur privé de jouer un rôle moteur pour l'entrée du Tchad dans la Société de l'Information par les TIC. Il faut à cet effet dire que, la promulgation de la Loi 009/PR/98 du 17 août 1998 sur les télécommunications, a d'une part créé la Société des Télécommunications du Tchad (Sotel Tchad) en son Article 47 et d'autre part, créé un organe de régulation des télécommunications en l'occurrence l'Office Tchadien de Régulation des Télécommunications (OTRT), Article 5719. Ce sont ces deux organes qui sont chargés de la mise en route du Tchad vers les technologies de l'information et de la communication. La

17 http://doc-aea.aide-et-action.org/data/admin/synthese_du_projet_nepad.doc

18 Loi no 009 du 17 août 1998, Article 47 : Il est créé par la présente loi un Opérateur principal sous la forme d'une société d'Etat dénommée SOTEL TCHAD qui reprendra la mission d'exploitation des Réseaux et Services de télécommunications exploités par l'ONPT et la Société TIT.

19 Loi no 009 du 17 août 1998, Article 57 : Il est créé par la présente loi, un organe chargé de la régulation du secteur des Télécommunications dénommé Office Tchadien de Régulation des Télécommunications, en abrégé O.T.R.T.

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Sotel Tchad va avoir pour mission d'assurer aux Tchadiens les services des télécommunications de base aussi bien sur le plan national qu'international. Elle est une société d'Etat à caractère commercial issue de la fusion des activités des télécommunications de l'Office National des Postes et Télécommunications (ONPT)20 et de la société des Télécommunications Internationales du Tchad (TIT). La Sotel Tchad est chargée de l'exploitation du réseau de télécommunications de base (service fixe), de l'Internet et aussi de la téléphonie cellulaire. Pour Djimet (2014), c'est par les activités de la Sotel Tchad que le Tchad est entré dès 1997 dans l'ère de l'Internet. De ce fait, l'Internet constitue, la première étape de l'entrée du Tchad à l'ère des technologies de l'information et de la communication.

Au vu de ces réalisations, nous pouvons dire que le gouvernement du Tchad a fait des technologies de l'information et de communication l'une de ses priorités ces derniers années. C'est pourquoi la promotion et l'intégration des TIC dans l'éducation, est soulignée dans tous les plans nationaux de développement. Le Gouvernement du Tchad avait fixé le « développement des TIC » comme l'un des 8 objectifs prioritaires du Plan National de Développement 2013-2015, (PND 2013)21. Les objectifs de ce plan étaient entre autres : intégrer le Tchad dans le réseau international haut débit en fibre optique ; vulgariser l'emploi des technologies de l'information et de communication en milieu urbain et rural ; créer les télé-centres communautaires polyvalents et finaliser la réflexion sur la stratégie nationale des TIC. Aujourd'hui, le PND reconnaît qu'il reste beaucoup à faire pour renforcer son exploitation des TIC au profit des objectifs de développement national étant donné que « l'absence de services efficaces TIC » compromet la généralisation (PND 2013, p. 22). Le PND confirme le peu de développement du réseau filaire, une avancée « timide » dans l'exploitation de l'Internet et un manque de textes réglementaires adaptés et l'absence de réseaux à large bande passante. Cependant, jusqu'aujourd'hui, ces difficultés perdures. Aussi est-il que la volonté manifeste de hauts dirigeants à mieux rentabiliser le développement des TIC dans tous les secteurs de la vie active notamment celui de l'éducation a toujours été au centre des préoccupations politiques. C'est dans ce sens qu'il existe une Direction des NTIC au Ministère de l'Education Nationale et raison pour laquelle, le Tchad a organisé un Salon International des Technologies de l'Information et de la Communication (SITIC) à N'Djaména du 09 au 12 Septembre 2014. Le thème était si évocateur : « Les TIC, moteurs du développement durable ».

20 L'Office National des Postes et Télécommunications du Tchad (ONPT) étaient l'opérateur national de télécoms. Il était une structure qui, jusqu'en 1998, gérait la téléphonie filaire et la télégraphie à l'intérieur du Tchad.

21 Plan National de développement 2013-2015, p.46.

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En effet, au Tchad, nous avons un ministère des Postes et de Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication qui s'occupe de diffusion de TIC dans l'ensemble du pays. C'est ainsi que son organe en occurrence l'Agence de Développement des Technologies de l'Information et de la Communication (ADETIC) a été créée pour faciliter la diffusion de TIC. ADETIC est Placée sous la tutelle du Ministère des Postes et des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. ADETIC a été créée par la loi N° 012/PR/2014 du 14 mars 2014 pour accélérer le développement du secteur des TIC, aux fins de favoriser leur accès, appropriation et utilisation aussi bien aux secteurs public et privé qu'à la population et à la société civile. A ce titre, elle s'occupe de l'ensemble des programmes et projets de développement en vue de moderniser l'ensemble du pays par l'usage des TIC. L'ADETIC a pour mission : de conseiller, d'orienter et d'accompagner le gouvernement dans sa politique de développement des Nouvelles Technologies. Élaborer et suivre la mise en oeuvre de la stratégie nationale de développement des TIC ; identifier les besoins communs des services publics en matière d'équipements informatiques et logiciels ; veiller à l'harmonisation des standards technique et proposer des référentiels techniques ; et enfin favoriser l'interopérabilité entre les systèmes d'information ;

L'ADETIC en a vite compris que les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont en perpétuelles mutation car leurs périmètres ne cessent de s'élargir avec comme effet l'offre de nouveaux biens physiques (équipements de traitement de l'information et des télécommunications tels que les téléphones, les ordinateurs, les tablettes tactiles les livres numériques, etc. et le développement de nouveaux service, logiciels, applications mobiles, jeux vidéo, etc.). Dans le cadre de son plan d'action triennal (2018-2020), l'ADETIC a programmé réaliser plusieurs projets structurants : la finalisation du câblage et l'interconnexion des Institutions de l'Etat ; construction d'un Datacenter national en vue de la sécurisation des données de l'Etat et financer de projet d'appui à la gestion des Finances Publiques (PAGEFIP) à travers l'informatisation des services des Douanes, des Impôts, du Trésor Public, ainsi que des Domaines ; projet pilote de Gestion Electronique des Documents (MPTIC, SGG, et la Présidence) ; projet de système de messagerie électronique (e-mail) pour la communication des agents de l'Etat avec extensions; implantation des centres communautaires multimédias dans les provinces non desservies; financement du projet de gestion électronique du parc automobile et du patrimoine immobilier de l'Etat et le financement du projet d'informatisation de la gestion des courriers administratifs au Tchad. Notons que certains projets ont été déjà mis au point tels que la création de six (6) télé centres qui ont été construits et équipés dans les villes de Mongo, Abéché, Bongor, Doba, Biltine et celui

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Amdjarass qui vient d'être inauguré, dimanche, 31 mars 2019. Selon le ministre des Postes et des Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication, Dr Idriss Saleh Bachar, la construction de ces centres, entre dans le cadre de la mission de l'ADETIC qui est de vulgariser l'Internet au Tchad et créer plusieurs opportunités grâce aux nouvelles technologies. Pour ce faire, le Centre communautaire multimédia vise à offrir des emplois directs et indirects aux jeunes à travers le développement et la promotion de l'inclusion numérique des provinces et des villes secondaires et tertiaires avec les principales villes du Tchad. Il permet aussi d'autonomiser les handicapés physiques en leur offrant des ateliers de recharge des batteries, de réparation des terminaux téléphoniques et des cabines téléphoniques autour du centre. « Nous voulons que les TIC soient le moteur du développement au Tchad ». En ce qui concerne le projet de système de messagerie électroniques (e-mail) pour la communication des agents de l'Etat, il faut se dire qu'au total 20 ministères et institutions étatiques tchadiens ont bénéficié de la création des sites Internet et d'adresses électroniques professionnelles pour leurs agents.

En fait, les TIC constituent des « impératifs stratégiques » pour améliorer la qualité des enseignements et des apprentissages et de rendre plus performant le système de formation et de collecte des données sur les enseignements et les apprenants. Pour atteindre cet objectif, le recours aux TIC et leur intégration dans la formation initiale, la formation continue, la formation à distance et la collecte des données deviennent une nécessité.

3.1 L'utilisation d'Internet au Tchad

Au Tchad, l'Internet a vu le jour le 19 novembre 199722. Dénommé `'tchadnet'', son réseau était de classe C. Il était raccordé au Backbone Internet de France télécom à Bagnolet et Passtourel en région parisienne. Il offrait entretemps plusieurs services à savoir : les courriers électroniques ; l'hébergement des sites web, les créations de Nom et du domaine, et la connexion à haut débit (liaison spécialisée). C'est l'opérateur national des télécoms TIT, ancêtre de la Sotel Tchad qui introduit l'Internet au Tchad via une connexion X25 avec Paris et ce, en coopération avec France Câble et Radio (FCR). Avec au départ une passerelle de 64 kilobits/s à sa création en 1997, l'Internet tchadien ne permettait aux 43 abonnés que tout au plus d'envoyer et de recevoir des courriers en fin d'année 199723. Avec la demande de connexion de plus en plus croissante, la Sotel Tchad a négocié le passage successivement à 128 kilobits/s, 512 kilobits/s puis 3,5 mégabits en 2005 pour desservir les 3200 abonnés. L'accès au haut débit n'était pas encore généralisé au Tchad du fait que des technologies comme l'ADSL ne sont pas encore déployées. L'accès à l'Internet se faisait essentiellement par connexion aux satellites via

22 Société des Télécommunications du Tchad, Sotel Tchad ; Atelier de Formation cc TLD du 7 au 10 novembre 2005 à Dakar.

23 Atelier Mondial sur les Indicateurs d'Accès Communautaires aux TIC, Mexico, 16 au 19 Novembre 2004.

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les stations terriennes. En fin 2004, il y avait 3000 abonnés Internet qui se partageaient une bande passante de 3,5 MB/s.

En 2015 Koumde (Consultant en TIC et Manager du Bureau d'Enregistrement DNS au Sotel Tchad) et Kobobe Onsou24 (Directeur de la veille Technologique des Etudes et des Projets à l'ARCEP) pendant le premier forum tenu, du 08 au 09 décembre dans la Maison de la Femme sur la Gouvernance de l'Internet au Tchad sur le thème de : « L'Ecosystème l'Internet au Tchad », ont fait un état de lieu sur l'utilisation d'Internet. Pour Koumde, l'avènement de l'Internet au Tchad date de 1997 d'après et le coût d'accès de l'Internet de 1997 à 2004 était 45.000 FCFA ; présentant le type de connexion au Tchad comme suit : RTC, Tawali, ADSL, Fibre optique, WIFI, Airtel, Tigo et USAT.

Kobobe Onsou quant à lui estime que 1 169 000 utilisateurs Internet déclarés enfin décembre 2014 soit une: augmentation de 69% par rapport à 2013; le nombre d'utilisateurs Internet représente 22% de l'ensemble des abonnés du secteur ; le Chiffre d'Affaire (CA) Internet s'élève à 9,1milliards de FCFA en 2014, contre 6,5 milliards en 2013, soit une augmentation de 41%; il ne représente que 5% de l'ensemble du CA du secteur de la télécommunication; et l'Internet mobile représente au total 77% de l'ensemble des CA Internet; la bande passante Internet est passée de 49 Mb en 2011 à 242 Mb en 2014, elle a été multipliée par 5; le marché de l'Internet au Tchad a généré 9,1milliards de FCFA en 2014 dont 77% provient de l'Internet mobile (Airtel et Tigo). Le chiffre d'affaires Internet a augmenté de 41% par rapport à 2013. La bande passante des opérateurs ne permet pas d'offrir le haut débit aux utilisateurs.

En effet, pour examiner l'utilisation de l'Internet au Tchad aujourd'hui, nous nous inspirons directement des études de l'office tchadien de régulation des télécommunications (OTRT) ou encore appelé Autorité de Régulation des Communication Electroniques et des Postes (ARCEP), qui dresse un état des lieux du secteur des télécommunications à partir des années 2011 à 2019. Cet observatoire est un outil au service du régulateur utile aussi pour les opérateurs et aux autres acteurs du secteur, il est aussi un outil qui permet de faire des analyses de marché des télécommunications. En fait, il est difficile de quantifier précisément le phénomène multi-utilisateurs d'Internet au Tchad estime l'ARCEP. Un utilisateur d'Internet peut être client chez plusieurs Fournisseurs d'Accès Internet. De même, chaque abonné des FAI traditionnels (Albideynet, Pestabist et Saonet) est considéré comme un seul utilisateur, alors que, derrière chaque abonné, il y a une dizaine d'utilisateurs, la plupart de ces abonnés étant

24 Rapport de la première édition du forum sur la gouvernance de l'Internet au Tchad (igf Tchad 2015). http://www.igf.td.

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des entreprises. De plus, un modem peut être utilisé par plusieurs personnes et les smart phones peuvent être utilisés comme routeur wifi. Les utilisateurs Internet connectés aux FAI étrangers opérant clandestinement sur le territoire tchadien, notamment dans les localités frontalières, ne sont pas pris en compte. Il en est de même pour les institutions et les particuliers ayant leurs propres VSAT et qui ne sont connectés à aucun FAI.

Le Tchad comptait 1,7 million d'utilisateurs Internet en fin 2018. Ce nombre d'utilisateurs a baissé de 25,39 % entre 2017 et 2018, soit une perte de 592 537 clients, du fait, de la coupure d'utilisation des réseaux sociaux par les autorités politiques. Pourtant, entre 2016 et 2017, ce nombre avait augmenté de 77,5 % soit 1 019 253 nouveaux clients. De 2013 à 2018, le nombre d'utilisateurs Internet de Tigo est au-dessus de celui des autres opérateurs, atteignant 1,24 million en 2017 ; Airtel compte moins de 1 million sur la même période (environ 930 000 en 2017). Par contre fin 2018, on note que le nombre d'utilisateurs Internet de Tigo a chuté au point d'être dépassé par Airtel. Ainsi, en fin 2018, Airtel totalise environ 880 000 utilisateurs d'Internet tandis que Tigo compte 860 000 utilisateurs environ. Airtel détient donc environ 20 000 utilisateurs d'Internet de plus que Tigo en fin 2018. En 2018, Airtel et Tigo représentent respectivement 50,7% et 49,1 % de l'ensemble des utilisateurs de l'Internet au Tchad. Le nombre d'utilisateurs de l'Internet mobile représente donc la quasi-totalité de l'ensemble des utilisateurs Internet. Le taux de pénétration de l'Internet (Internet user per 100) qui est estimé en faisant le rapport entre le nombre d'utilisateurs Internet et la population totale du pays est passé de 15 % en 2015 à 11,7 % en 2016. La croissance du nombre d'utilisateurs Internet a été très rapide au cours des quatre dernières années, avec un taux de croissance annuel moyen d'environ 20,3 %. Entre 2017 et 2018, Airtel, Tigo, Internet Mobile et les FAI ont vu leur nombre d'abonnés chuter respectivement de 4,7 %, 31,2 % et 19,9 % et de 100 %.

3.1.1 Le coût d'accès à l'Internet

Les coûts d'accès à l'Internet au Tchad restent l'un des plus élevés de la sous-région. Cette situation s'expliquait autrefois en partie par la faible capacité de l'opérateur historique à offrir, en nombre suffisant des lignes téléphoniques aux fournisseurs d'accès Internet. À la mise en marche du service Internet au Tchad en 1997, les prix des connexions inspirés de ceux pratiqués dans l'ensemble de la sous-région ont été fixés au départ à 60 FCFA/minute. En 2002, cette tarification a été ramenée à 40 FCFA/minute. Mais dans les cybercafés, ces prix étaient à 100 FCF la minute. Suite au moult plaintes d'internautes et de détenteurs des cybercafés,

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relatives à la cherté des prix, en avril 2005, à l'occasion de FEST'AFRICA25, les coûts de connexion ont été réduits à 750 FCFA/ heure26 avec un débit amélioré. En raison de la cherté et de la difficulté d'accès aux infrastructures de télécommunications de base comme les lignes téléphoniques et aux infrastructures connexes telle que l'électricité, rares sont les Tchadiens qui peuvent avoir la capacité financière et le courage d'installer l'Internet dans leurs foyers. Les tarifs de connexion Internet n'ont pas beaucoup évolué au Tchad entre 2015 et 2017.

En effet, chez Airtel, certaines offres de 2015 ont disparu en 2017, cependant on note une hausse des prix, car en 2015, 1G coûtait 10000 FCFA, tandis que 1G a coûté 12000 FCFA en 2017 ; ensuite 5G, qui coûtait 30000 FCFA en 2015, a coûté 35000 FCFA en 2017. Chez Tigo, il y a eu aussi une hausse des prix, car en 2015 on avait 70Mb à 1000F ; 120 Mb à 1500 FCFA et 256 Mb à 2500 FCFA contre 70 Mb à 1200, 120 à 2000 FCFA et 256 à 3000 FCFA et 2017. D'après ORTT, ces augmentations des tarifs Internet des opérateurs sont une conséquence de la mise en place d'une taxe de droits d'accise en 2017.

Entre 2017 et 2018, il y a eu des nouvelles offres chez Airtel avec l'avènement de la 4G. en 2017, nous avons dit que 1G coûtait 12000 FCFA pour une validité de 30 jours alors qu'en 2018 on peut souscrire 7G au même prix et avec une même validité. Suite à la baisse des prix décidé par Airtel, Tigo a créé des nouvelles offres pour Internet. Au lieu de 256 Mb à 3000 FCFA, pour 30 jours en 2017, Tigo offre la même période de validité et au même prix, 300 Mb en 2018. En 2018, Tigo va donc proposer 14G à 20000FCFA pour 30 jours de validité, soit 4G de plus pour trois fois moins cher qu'en 2017.

25Fest'Africa : Festival de littérature et des arts africains, créé en 1994 par le Tchadien Nocky Djedanoum, est une foire d'exposition aux dimensions pluridisciplinaires : peinture, théâtre, écriture, photographie, musique, technologie, etc., qui se tient chaque année à N'Djamena.

26 Tchad et Culture N° 203, janvier 2002, p. 15.

Tableau 2 : Tarifs d'Internet au Tchad : Airtel et Tigo

Source : AREP 2019, p.98

A titre de comparaison, en 2018, Airtel Gabon pour une validité de 30 jours, offre 1G à 4000 FCFA, tandis qu'Airtel Niger en cette même année, pour une même durée de validité, offre 1 G pour deux fois moins cher que le Gabon (2000 FCFA). On constate que 1G coûte 2000 FCFA pour deux jours au Tchad, 4000 FCFA pour 30jours au Gabon et 2000 FCFA pour 30 jours au Niger (tableau 5). Cette stratégie vise à fidéliser les clients et garder une part importante du marché de l'Internet. Il faut remarquer que de nos jours, tous les opérateurs tendent à ne plus offrir de connexions illimitées aux clients afin d'augmenter leur rentabilité. Mais l'Internet coûte encore très cher au Tchad, surtout pour les petits utilisateurs qui achètent les petites capacités, car les prix sont restés inchangés en bas de l'échelle.

Tableau 3 : Tarifs d'Internet d'Airtel Gabon et Niger

Source : AREP 2019, p.99

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L'évolution des tarifs de connexion Internet n'a pas été très significative entre 2014 et 2018 au Tchad, par rapport aux autres pays d'Afrique Subsaharienne. La comparaison des prix de connexion Internet au Tchad à ceux des autres pays, montre que la connexion Internet au Tchad est 4 fois plus chère que celle du Niger, 2,6 fois plus chère que celle du Burkina Faso, environ deux fois plus chère que celle de la Côte d'Ivoire.

Pour répondre à la cherté de la connexion mobile au Tchad, nous pouvons citer le Rapport final écrit par Deloitte L.L.P (2016) pour le compte de la GSMA. Dans ce rapport, il est clairement montré que les services mobiles au Tchad sont soumis à de nombreuses redevances, dont certaines sont spécifiques au secteur mobile. En tout, plus de 25 redevances distinctes s'appliquant aux opérateurs mobiles ont été identifiées, dont 13 sont spécifiques au secteur. Le nombre d'impôts et de redevances spécifiques au secteur est plus élevé que dans un certain nombre d'autres pays africains, dont la Tanzanie ou la République démocratique du Congo, avec respectivement 9 et 5 impôts et redevances spécifiques au secteur. Ces redevances peuvent limiter l'utilisation des appareils et des services mobiles. Les conséquences de ces contraintes fiscales sur les consommateurs ou les opérateurs dépendent des conditions du marché spécifique et de la nature de la redevance. Certaines redevances sont absorbées par les opérateurs sous forme de baisse de profits, que d'autres affectent les consommateurs en faisant augmenter les prix. Il peut s'agir aussi d'une combinaison des deux. D'après le rapport, de faibles niveaux d'utilisation de la téléphonie mobile et d'Internet peuvent exister lorsque de nombreux citoyens ne peuvent pas se permettre d'accéder aux services mobiles. Les données de l'Union internationale des télécommunications (UIT) suggèrent que le coût des services mobiles au Tchad est relativement élevé par rapport aux revenus. Pour les 20% de Tchadiens qui gagnent le moins, le coût d'un abonnement mobile représente 87% de leur revenu mensuel, sans compter les coûts de l'appareil ou les coûts de l'accès mobile Internet27. De même, la cherté du prix de connexion à l'Internet fait que, ce dernier a très peu de clients : en fin 2013, seuls 14.689 consommateurs sont abonnés à l'Internet fixe, tandis que 675.387 autres ont utilisé l'Internet mobile, soit 6% de la population globale du Tchad. Beaucoup d'utilisateurs d'Internet au Tchad profitent de l'Internet des administrations au lieu de chercher à s'abonner, du fait de la cherté du coup d'accès à l'Internet. Jusqu'aujourd'hui, pour avoir accès à l'Internet illimité d'un mois au Tchad, il faut débourser 50.000 F CFA, soit le tiers du salaire d'un travailleur moyen de la fonction publique.

27 Analyse Deloitte basée sur le rapport de l'UIT (2015) « Measuring the Internet Society » et les données de la Banque mondiale. Le panier de référence se compose de 30 appels émis par mois et de 100 SMS

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3.1.2 Une alternative d'utilisation de réseaux mobiles au Tchad : Orange, MTN et Nexttel

Au Tchad, le Net suscite un véritable engouement de la part des jeunes qui, en dépit du prix d'accès encore élevé (de 500 à 1000 F/heure à N'Djaména, alors qu'il est autour de 200F/heure à Kousséri au Cameroun). Pour ce faire, la proximité de la ville de N'Djamena, la capitale tchadienne à la ville camerounaise de Kousseri, les deux villes sont séparées par un fleuve d'à peine 300 mètre. C'est pourquoi il y a une interpénétration réciproque des réseaux de télécommunications mobiles tchadiens dans la ville camerounaise de Kousseri et du réseau camerounais dans la ville tchadienne de N'Djamena surtout dans les quartiers situés au périphérique (Farcha, Gueli, Walia etc.).

Pour des raisons de coût de communication moins onéreux des réseaux camerounais à l'époque, certains Tchadiens voulant appeler à l'extérieur ou voulant appeler leurs correspondants au Cameroun, n'hésitent pas de se connecter à partir de N'Djamena sur le réseau camerounais disponible dans une partie de la capitale pour communiquer. Djimet, S. (2014) rapportait entretemps que, non seulement une traque était engagée contre ces « communicateurs pirates », mais aussi, l'Office Tchadien de Régulation des Télécommunications, a saisi à cet effet dès 2002 sa consoeur camerounaise l'Agence de Régulation des Télécommunications (ART) aux fins de trouver une solution à ces problèmes d'interpénétration de réseaux. Ainsi, au terme de six années de discussions, les deux parties sont parvenues à élaborer un projet d'accord de coordination de fréquence aux frontières Tchad-Cameroun,28 signé le 3 septembre 2009 à Maroua. Et dont les résolutions fixent les pénétrations des signaux de part et d'autre de la frontière arrêtées respectivement à 500 m pour la zone N'Djamena-Kousseri et 2000 m pour les zones comme Bongor-Yagoua, Figuil-Léré29.

Aujourd'hui, on observe encore une grande partie de la population connectée à l'Internet se dirige vers les villes camerounaises frontalières à la recherche soit de la communication moins couteuse ou de l'Internet. Ce constat est aussi une réalité chez les enseignants désirant faire de recherches ou toute autre chose sur les réseaux. Cependant, il faut reconnaitre que ce problème ne pourrait être définitivement résolu, lorsque le Tchad aura réglé le coût d'accès non seulement à l'Internet mais aussi à la communication à l'international.

28 A.N.T, Réglementation des fréquences des téléphones sans fil : `N'Djamena et Kousseri s'interpénètrent au mobile', in Le Progrès, no 2738 du jeudi 10 septembre 2009, p. 3

29 Dipombé Payebé, ` Tchad-Cameroun, un accord régit les questions de fréquences aux frontières', en OTRT-Bulletin d'informations no35, octobre 2009, p. 6.

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3.2 Les TIC dans l'enseignement supérieur du Tchad

Le Tchad a adhéré à la conception commune et aux concepts fondamentaux énoncés dans la Déclaration de principes du Sommet Mondial sur la Société de l'Information tenu en mai 2004 à Genève dont le plan d'action vise à atteindre progressivement les objectifs de la Scolarisation Universelle (ODD), en favorisant l'utilisation des produits, réseaux, services et applications qui reposent sur les technologies de l'information et de la communication (TIC). C'est ainsi que le Président de la République, Idriss Deby Itno, a instruit en 2009 le Gouvernement, à travers les ministères en charge de l'éducation, à opter pour la mise en oeuvre des politiques nationales d'intégration des TIC dans l'enseignement et la formation, à tous les niveaux de gestion du système éducatif tchadien.

Au Tchad, les TIC en générales sont enseignées comme une matière dans les Universités. Mais souvent enseignées en niveau 1 dans d'autres filières comme initiation à l'informatique. L'Internet quant à lui est limité et ne concerne que les administrateurs. Le taux de pénétration de l'Internet dans les milieux universitaires est encore inférieur à 1%, et le pays accuse un grand retard au niveau de l'intégration des TIC dans le processus enseignement-apprentissage. L'introduction et l'utilisation de ces outils dans la pratique de classe et la gestion de l'école reste embryonnaire dans le système éducatif tchadien, comme en témoigne l'absence d'espaces numériques d'enseignement et d'apprentissage dans la quasi-totalité des établissements primaires, secondaires et universitaires au Tchad, ainsi que des programmes validés d'enseignement des TIC.

Sans être le remède miracle aux problèmes actuels que rencontre l'école tchadienne, il n'en demeure pas moins que l'outil informatique fait aujourd'hui partie intégrante de l'environnement psycho-cognitif de l'enfant et du quotidien de l'adulte. A ce titre, les TIC peuvent efficacement contribuer à apporter les réponses adéquates pour le développement du système éducatif du Tchad.

Dans le domaine de l'éducation, nous avons la création de l'Université Virtuelle du Tchad (UVT) par la Loi N°13/PR/2005 du 16/09/2005. En 2009, l'Etat a offert un lot de mille cinq cent (1500) ordinateurs portables aux enseignants du supérieur, même nombre pour l'année 2014. Et en 2012, le Président de la république a fait un don de cinq mille neuf cent soixante-huit (5968) ordinateurs portables aux étudiants des institutions supérieures. Cependant la répartition de ces ordinateurs se faisait suivant les critères d'excellence. Et aujourd'hui, l'on dénombre un nombre important des matérielles technologies dans toutes les universités du Tchad. En se référant aux annuaires statistiques du ministère de l'enseignement supérieur au Tchad, les universités du Tchad disposent des outils tels que les ordinateurs, imprimantes,

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photocopieurs, caméra et les vidéos projecteurs, dans toutes les facultés. Le tableau suivant présente la répartition des matérielles informatiques dans les facultés de l'Université de N'Djamena.

Tableau 4 : les matérielles technologiques de l'Université de N'Djamena

facultés

ordinateurs

imprimante

photocopieurs

caméras

Vidéos projecteurs

Sciences Exactes et

Appliquées ;

170

10

 

4

26

Sciences de la Santé ;

28

 

16

 

28

Sciences de l'Education

14

4

 
 

12

Sciences économiques et

gestion ;

34

6

 

8

10

Lettres, Langues, Arts et

Communication ;

14

6

 
 

14

Sciences Juridiques et

Politiques ;

12

4

 
 

13

Sciences Humaines et

Sociales ;

14

4

 

2

12

Total

286

34

16

14

115

Source : direction des études, de la statistique et de l'informatique (2015)

3.2.1 Les Campus Numériques Francophone (CNF/AUF)

Il est intéressant de comprendre la mission de l'AUF dans le monde avant de parler de Campus Numériques Francophone dont il est question. Ainsi l'AUF est une Agence Universitaire de la francophonie qui a pour mission de promouvoir une francophonie universitaire solidaire, engagée dans le développement économique et social des sociétés. Elle apporte un appui à ses membres pour les aider à relever les trois défis auxquels ils sont confrontés : défis de la qualité (de la formation, de la recherche et de la gouvernance universitaire) ; défis de l'employabilité, défis du développement global et local. Elle intervient dans dix régions du monde dont l'Afrique centrale et le Grand lacs, qui couvre le Tchad. De ce faire, le campus numérique francophone (CNF) est une implantation de l'Agence universitaire de la francophonie au service des établissements d'enseignements supérieur et universitaire de sa zone d'opération. Ce Campus est dont la représentation de l'AUF au Tchad. Il est créé à la suite de l'accord-cadre du 05 mars 1999 entre l'AUF et l'Etat tchadien, ratifié le 30 septembre 2005 par un accord de siège. Le CNF de l'AUF de Ndjamena est situé au rez-de chaussée du rectorat de l'Université de N'Djamena. Car, pour fonctionner, le campus numérique bénéficie soit d'une convention d'hébergement avec l'établissement d'enseignement supérieur et de recherche membre de l'Agence qui l'accueille, soit d'un accord de siège avec l'État.

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Espace d'apprentissage et de pratiques du numérique dans l'enseignement supérieur et universitaire, le campus numérique est conçu pour recevoir et permettre aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs de se former au numérique. Il est un espace dédié au service en faveur de la communauté universitaire, pour la formation et l'accès à l'information scientifique et technique (IST) et l'appropriation des technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE). Il a pour vocation de s'appuyer les projets mis en oeuvre par l'AUF et à assurer le relais des besoins exprimés afin de guider leur adaptation. Nous signalons que le CNF offre divers services à la communauté universitaire et extra-universitaire :

- Les formations ouvertes et à distance (FOAD) et les cours en ligne ouverts et massifs (CLOM/MOOC), www-foad-mooc.auf.org ;

- Formations permanentes (recherche documentaire, publication scientifique en ligne) ;

- Les formations transfert : administration de système et de réseaux ; conception, création

et gestion de système d'information ; développement des technologies éducatives.

Organisés à la demande des établissements membres de l'AUF. www.tranfer-tic.org;

- Un accès à des ressources documentaires de niveau universitaire, et la consultation

d'ouvrages de base et de référence ;

- Un équipement de visioconférence pour les soutenances (mémoires/thèses et les

conférences scientifiques et techniques locales ou internationales par visioconférence ; - L'hébergement des sites Web des partenaires ainsi que la mise en ligne des contenus

pédagogiques et scientifiques.

? Quelques réalisations de CNF

- Auto-évaluation de l'Université de N'Djamena (améliorer la qualité des structures institutionnelles d'enseignement et de recherche) ;

- Mise en oeuvre du projet IFADEM (Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres. A Abéché, Bongor et Mongo. 2000 maîtres concernés. Initiative conjointe de l'OIF, l'AUF et de l'Union Européenne);

- Mise en route des volontaires internationaux de la Francophonie.

Il est également à préciser que depuis sa création, le CNF a plus de 1500 abonnés, 73 ateliers de formations avec plus de 800 bénéficiaires, 14 bourses de mobilités (Masters et Doctorat), près de 30 manifestations scientifiques (chose qui est rare en milieu Universitaire au Tchad en générale) pour n'est cité que ceux-là.

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3.2.2 Initiation pour la formation à distance des maîtres (IFADEM)

IFADEM est une initiative francophone de formation à distance des maîtres. Historiquement, c'était au cours de sommet de la Francophonie de Bucarest en 2006 que les chefs d'Etats et de gouvernements ont demandé à l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de mettre en commun les moyens dont elles disposent pour soutenir les politiques nationales de modernisation des systèmes éducatifs dans les pays membres. Cette demande a conduit l'AUF et l'OIF à développer l'Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM). Cette collaboration a permis de lancer l'IFADEM dès 2008 dans 4 pays puis d'étendre peu à peu l'initiative. Actuellement, l'IFADEM est déployée dans 11 pays (Bénin, Burundi, Côte d'Ivoire, Haïti, Liban, Madagascar, Mali, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Togo) et est mise en oeuvre en 2016 au Burkina Faso, au Cameroun, aux Comores et au Tchad. Au Tchad, l'accord-cadre a été élaboré par le ministère de CCI et a été signé le 18 novembre 2016 à Paris, par le Ministre de l'Education nationale et de la Promotion civique, le Directeur de l'Institut de la Francophonie pour l'Education (IFEF), représentant l'Administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Recteur de l'Agence Universitaire de la Francophonie. Il reprend les éléments définis dans la phase préparatoire (public cible, zone concernée, usage de la technologie, etc.) et détaille les engagements des parties signataires. Cependant l'atelier co-construction de l'initiative (Phase d'expérimentation) au Tchad s'est déroulé le 18 et 19 juillet 2016 à N'Djamena.

Dans tous les pays participants à l'IFADEM, l'AUF dispose de campus numériques francophones qui jouent un rôle d'appui local aux ministères de l'Éducation de base et ont su mobiliser leur expérience dans le domaine de l'ingénierie de la formation ouverte et à distance (FOAD) en s'appuyant sur l'expertise des universités membres de l'AUF. Cet appui scientifique a permis, depuis presque 10 ans, d'accompagner l'IFADEM dans sa stratégie et son exigence de qualité impliquant de nombreuses démarches d'évaluation.

Assez rapidement, l'OIF et l'AUF ont donc opté pour la formation ouverte et à distance (FOAD) avec un usage des TIC par les formateurs. Les objectifs ont ainsi été reformulés comme suit : renforcer les compétences professionnelles des instituteurs avec peu ou sans formation initiale. Les maîtres communautaires de niveau 1 et plus les instituteurs adjoints stagiaires. (2000 enseignants choisis dans la zone d'inspections départementales de l'éducation et de la promotion civique (IDENPC) ont suivi un parcours de formation entre le 18 janvier et le 17 novembre 2018) ; inauguration de l'espace numérique de N'Djamena au deuxième trimestre de 2019 (chose faite) ; Création d'un dispositif d'hébergement de ressources éducatives dans les

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espaces numériques ; émission radio-éducatives suivant les thématiques contenus dans le livret de formation élaborée pour les enseignants et les directeurs d'école publique ; signature de convention entre IFADEM-Tchad et l'Université Virtuelle de N'Djamena pour la médiatisation des contenus de formation et l'extension du dispositif sur l'ensemble du territoire.

A en croire IFADEM 2019, les résultats d'une étude sur l'état des lieux du patrimoine technologique et infrastructurel dans les trois régions concernées ont conduit à l'idée d'implanter les espaces numériques au sein des écoles normales d'instituteurs (ENI) de ses régions. Les instituteurs-élèves auront également l'accès à distance aux ressources qui sont logées, de prendre en main la disposition de formation à distance, ils doivent suivre les formations par le biais d'une vidéo-conférence, ils auront un accès aux contenus pédagogiques qui seront proposés sur la plate-forme de formation en ligne. Il faut aussi dire que chacun des espaces doivent disposer d'une vingtaine d'ordinateurs connectés à l'Internet et à une capacité d'accueil de 100 apprenants. Malgré tous ces efforts, le Tchad reste l'un des pays où les TIC sont à son premier balbutiement.

Par ailleurs, le World Economic Forum (2013), a montré dans son Rapport qu'en couvrant le nombre record de 144 pays, le rapport fait autorité et représente une des meilleures évaluations d'ensemble pour calculer l'impact des TIC sur la compétitivité des nations et la prospérité de leurs citoyens. Pour le mesurer, l'indice `'Networked Readiness index» (NRI) calcule la disponibilité d'un pays à exploiter pleinement les TIC en termes de : infrastructures TIC, coût d'accès et disponibilité des compétences requises pour un usage optimal ; acceptation et utilisation des TIC par les gouvernements, l'économie et la population ; contexte économique et climat novateur, cadre politique et réglementaire, impact économique et social des TIC. De ce fait, World Economic Forum (2013), dans son Rapport sur les TIC (Global Information Technology Report), qui selon l'analyse de l'impact et influence des TIC sur la croissance économique et l'emploi dans le monde hyper connecté, place le Tchad en dernier rang sur 144 pays étudiés.

Conclusion

Le défi global du pays est de réussir l'intégration rapide des nouvelles technologies à l'école non pas seulement comme matière d'enseignement mais comme outil au service de l'enseignement et de l'apprentissage. Dans l'environnement actuel à dominante multimédia où évoluent les enfants, il est indéniable que les TIC s'imposent comme un moyen efficace de transferts de connaissances et de développement des compétences essentielles. Il ne s'agit donc pas de se plier à un phénomène de mode, mais bien de préparer des hommes de demain capables d'apporter une contribution décisive au développement socio-économique du pays. L'objectif

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global retenu vise à introduire dans l'école les nouvelles technologies (le multimédia) afin de permettre aux enseignants d'innover au niveau pédagogique, dans le cadre d'un système d'enseignement/apprentissage centré sur l'élève. Au-delà de l'école, le projet contribuera à édifier une société de l'information inclusive. Pour relever les défis cités plus haut, il s'agira plus concrètement, à travers un partenariat public-privé dynamique et proactif, de doter progressivement les établissements scolaires et les structures de formation d'un espace TIC dont les objectifs sont : initier et former les élèves, les étudiants et les enseignants aux nouvelles technologies, permettre l'accès aux logiciels éducatifs et à la formation à distance aux élèves, aux étudiants et aux enseignants, favoriser leur accès à l'Internet et à toutes ses ressources en matière de recherche, formation et apprentissage. L'implantation et la mise en oeuvre d'un logiciel de gestion des établissements scolaires et universitaires afin d'automatiser leur fonctionnement d'une part, et d'autre part, d'avoir une maîtrise des effectifs en vue de sécuriser les examens, constituent l'autre versant de la stratégie à moyen terme.

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CHAPITRE 2 : LES OPINIONS DES ENSEIGNANTS ENQUETES SUR LA NOTION D'INTERNET

Rappelons que l'un des objectifs de la recherche consistait à récolter des données sur les opinions que développent les enseignants de l'Université de N'Djamena vis-à-vis de l'Internet. La question fondamentale guidant l'ensemble de la recherche est : quelle est la place de l'Internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'Université de N'Djamena ? Cette question peut être décomposée en une question de recherche qui est la suivante : que pensent les enseignants de l'Université de N'Djamena de l'Internet et de son usage à de fins professionnelles universitaires ?

L'étude du champ des « pensées de répondants » va consister à évaluer l'image que les enseignants de l'Université de N'Djamena font d'Internet, qu'ils soient connectés une fois ou non avec le réseau. L'étude va donc chercher à mesurer l'impact du discours des enseignants du supérieur sur la définition qu'ils se font d'Internet. Le chapitre s'articule autour de la compréhension de l'Internet par les enquêtés. Il sera donc question dans ce chapitre, présenter les caractéristiques des enseignants enquêtés, en montrant les limites de chaque caractéristique. Et nous parlerons des avis des enseignants sur les informations que contient l'Internet. Cela va donc aboutir aux choix des enseignants vis-à-vis des ressources obtenues à l'aide de l'Internet et à l'aide de bibliothèque. La question des avantages et des inconvénients de l'Internet selon les enquêtés seront également traités. Et en fin élucider les opinions des enseignants sur la notion de l'Internet et principalement sur son devenir.

Pour aborder cette partie de ce travail, nous allons nous référer aux théories qui ont été convoquées pour comprendre la place de l'Internet chez les enseignants de l'Université. Ainsi, nous partons particulièrement du modèle théorique de Hall et Hord (2001), « Concems-Based Adoption Model » (CBAM). Cependant, ce chapitre va seulement prendre en compte le niveau de préoccupations des enseignants vis-à-vis du dispositif (Internet). Les préoccupations dont il est question ici, concernent la façon dont des individus se sentent par rapport à l'Internet et la façon dont ils le perçoivent. Dans cette perspective, tous les enseignants de l'échantillon ont été interrogés, qu'ils soient utilisateurs ou non-utilisateurs d'Internet (précisons par avance que 7,59% des enseignants de l'échantillon ont déclaré n'avoir jamais utilisé Internet). Ils ont d'abord répondu à une question ouverte, et ensuite, une vingtaine d'affirmations leurs ont été soumises.

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1. Les caractéristiques des enseignants enquêtés

Nous élucidons dans cette partie les caractéristiques des enseignants de l'Université de N'Djamena, qui ont participé à cette étude. Cette présentation s'appuie sur les résultats de la méthode d'analyse descriptive des enseignants cibles.

1.1 Les variables sociodémographiques

La première variable qui nous intéresse est la variable « sexe de répondant ». Nous partons du principe que les enseignants de l'Université de N'Djamena ont un accès ou non à l'Internet à l'Université et dans n'importe quel endroit qu'ils se trouvent, en se servant de l'ordinateur, de téléphones mobiles ou encore dans les ateliers informatiques. Ainsi comme toute Université du monde, l'Université de N'Djamena dispose des enseignants qui sont à la fois des sexes masculins et féminins. Cependant, l'enseignement supérieur ne compte pas assez des femmes (50 femmes au total). C'est pourquoi notre échantillon, est composé majoritairement des hommes. Ainsi, nous obtenons le pourcentage suivant pour les deux sexes : les hommes constituent 76,0% et les femmes 24,0%. Le tableau ci-après présente la répartition de sexe des enquêtés.

1.2 Répartition du Genre des répondants

Tableau 5 : genre de répondants

Genre

Effectif

Pourcentage Valide

Masculin

60

76,0

Féminin

19

24,0

Total

79

100,0

Source : enquête de terrain 2019

Le tableau ci-dessus présenté, démontre que la majorité des répondants ou des participants sont les hommes (76% et 24%sont les femmes). Ceci confirme clairement le caractère de la population enseignante des universités d'Etats du Tchad, qui est constituée en majorité des hommes. Au regard de la population enseignante au Tchad en général, le nombre des hommes sont plus important que les femmes. Ce constat commence depuis l'école primaire. Ce nombre diminue au fur-à-mesure que nous passons du cours primaire au collège et du lycée à l'Université. En regardant RESEN (2016, p.1016), les filles sont largement plus défavorisées comparativement aux garçons dans l'analyse des taux bruts de scolarisation, quel que soit le niveau d'études. Au primaire, le taux brut de scolarisation des filles est à peine supérieur à la moitié de celui des garçons. L'écart se creuse pour les niveaux secondaires, toujours en défaveur des filles. Au collège, les filles ont un taux brut de scolarisation 3 fois moins élevé que les garçons et, au lycée, elles ont un taux 4,7 fois inférieur à celui des garçons. Au niveau supérieur,

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les femmes tendent à disparaitre dans l'enseignement. En revanche, dès l'âge de 15 ans, l'écart se creuse. De plus, la différence augmente avec l'âge. C'est pourquoi au niveau de l'enseignement supérieur, les enseignantes sont peu nombreuses. Il faut donc dire que l'enquête a pris en compte cette précarité de femme et nous sommes intéressés beaucoup à cette population défavorisée que la population masculine.

1.3 Répartition de l'Age des répondants

Tableau 6 : âge de répondants

Age des répondants

Effectifs

Pourcentage valide

34 ou moins

35 à 44

45 à 54

55 ou plus

Total

Moyenne d'âge Ecart type

8

10,1

37

46,8

23

29,1

11

13,9

79

100,0

 

35- 44 ans

 

,860

Source : enquête de terrain, 2019

En observant le tableau ci-après, il ressort que les participants ont majoritairement l'âge de 35 à 44, soit 46,8 %. Et ceux ayant l'âge de 34 ou moins sont minoritaires. Cela confirme le fait qu'au Tchad, après la licence, les jeunes n'ont pas accès directement en cycle de masters dans le pays. Ainsi, ceux qui désirent continuer les études supérieures, doivent se rendre dans les pays voisins (majoritairement au Cameroun). Et comme le Tchad fait partie des pays pauvres, comme nous l'avons indiqué ci-haut, les jeunes licenciés se voient obligés de se verser dans le marché de travail avant de continuer plus-tard les études supérieures. Jusqu'aujourd'hui, nombreuses sont les filières qui n'ont pas le cycle masters. C'est pourquoi quand un enseignant commence à donner un cours à l'Université, il a au-moins 35 à 44 ans, comme le démontre la moyenne d'âge des répondants de cette étude et avec un écart type de 0,860. Le prochain tableau présentera la filière principale d'enseignement des répondants.

1.4 La Filière principale d'enseignement

Ici, nous avons tenu compte des toutes les filières que compose l'Université de N'Djamena. Sauf compte tenu de l'indisponibilité des enseignants dans le campus, certaines filières n'ont pas assez des représentants. Le tableau suivant présente le nombre des questionnaires distribués dans chacune des filières enquêtées.

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Tableau 7 : montrant les effectifs des enseignants enquêtés selon leur filière

Filières

Effectifs

Pourcentage valide

Lettre moderne Mathématiques Philosophie

Physique

Sociologie

Chimie

Anglais

Biologie

Anthropologie

Sciences économiques Histoire

Sciences de l'éducation Géographie Communication Droit

Sciences du langage

Total

9

11,4

6

7,6

4

5,1

7

8,9

6

7,6

3

3,8

6

7,6

4

5,1

5

6,3

6

7,6

3

3,8

7

8,9

5

6,3

3

3,8

2

2,5

3

3,8

79

100,0

Source : enquête de terrain, 2019

Trois filières sont les plus représentés sur ce tableau. Il s'agit de la filière lettre moderne, représentant 09 enseignants avec un pourcentage valide de 11,4 % ; la filière Science de l'éducation et la physique, ayant chacune d'elle également 07 enseignants pour un pourcentage valide de 8,9 %. Les filières les moins représentées sont entre autres la chimie, histoire, la communication, la science du langage et le droit. L'inégalité des répondants dans chacune des filières peut être justifiée d'une part par le fait que certaines filières n'ont pas assez des enseignants (Sciences du langage et la Chimie par exemple), et même celles qui en ont, ces enseignants ne sont pas permanant à l'Université (c'est le cas de Droit où les enseignants exercent majoritairement un travail hors de l'Université). D'autre part, le non-respect de rendez-vous pour la récupération de questionnaire est également l'une de la cause de cette disparité. Certains enseignants sont également des étudiants en thèse dans d'autres universités, du coup, nous n'avons plus des possibilités pour récupérer les questionnaires.

1.5 Expérience en enseignement

A ce niveau, nous avons posé une question qui a permis aux enseignants d'indiquer dans un intervalle gradué de 5ans. La question est la suivante : Combien d'années d'expérience en

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enseignement comptez-vous au total ? Le tableau suivant montre les années d'expérience des enquêtés.

Tableau 8 : années d'expérience des répondants

 

Effectifs

Pourcentage valide

Valide

0 à 5 ans

23

29,1

6 à 10 ans

33

41,8

11 à 15 ans

18

22,8

16 à 20 ans

3

3,8

21 à 25 ans

2

2,5

Total

79

100,0

Source : enquête de terrain, 2019

Il ressort de ce tableau que 41,8% répondants ont une expérience comprise entre 6 à 10 ans. Nous pouvons justifier ce chiffre à partir de deux raisons majeures : premièrement, ces dernières années, il y a une demande importante de la formation au Tchad et c'est ce qui a amené l'Université de N'Djamena à s'éclater en créant plusieurs filières surtout vers les dix dernières années. Ainsi, l'Université a recruté des nouveaux enseignants qu'ils soient jeunes ou âgés pour faire fonctionner ces filières nouvellement crées. Et en second lieu, il faut donc dire qu'au Tchad, la réalité nous montre qu'avec la création des autres Université dans les provinces, les enseignants les plus expérimentés sont déployés et responsabilisés dans ces différentes Universités quel que soit leur grade (assistant ou chargé du cours). Raison pour laquelle seulement 2,5% enquêtés ont une expérience de 21 à 25 ans dans l'enseignement dans les trois campus où l'enquête s'est déroulée. Ceux-ci sont en partie les responsables dans leur département (en majorité chef des départements).

2. Définition de l'Internet selon les enseignants

Les définitions dont- il est question ici, sont les manières dont les enseignants comprennent le mot Internet. Dans cette partie, notre objectif est de décrypter les informations et opinions qui composent les discours que les enseignants de l'Université partagent autour de la définition de l'Internet. Une telle étude pouvait être qualitative, mais comme cette étude se limite par son caractère quantitatif, nous avons ici laissé les répondants de donner librement leurs suggestions de réponses grâce aux questions ouvertes, c'est pourquoi l'analyse de contenu sera nécessaire ici. Ainsi donc, la question qui a permis aux répondants de donner leurs avis est la suivante : « Pour vous, l'Internet c'est quoi ? Expliquez en quelques mots ».

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En identifiant le contenu, nous avons repéré deux principaux aspects ou concepts clés qui reviennent dans la totalité du discours. Il s'agit de l'Internet comme moyen de communication et l'Internet comme un moyen de recherche d'information. Le deuxième terme que l'on rencontre couramment dans les propos de nos interlocuteurs est le terme "moyen". Un « moyen », c'est ce qui sert pour parvenir à une fin. L'étude réalisé par Kitumu, M. (2019, p. 174) auprès de l'ensemble des personnelles de l'Université de Congo montre également que l'Internet est utilisé par les enseignants plus comme un « moyen de communication et de recherche d'information » et ces enseignants utilisent plus précisément les outils comme la messagerie (Email), des réseaux sociaux et des moteurs de recherche. Et même dans leur recherche sur `'les jeunes et Internet : Représentations, usages et appropriations,» Bevort, E. et Bréda, I. (2001, p. 37) ont trouvé que parmi la diversité des activités possibles, la dimension communicative tient une place considérable. Sur les 506 réponses analysées, 150 (soit près de 30%) commencent par : « C'est un moyen de communiquer... » Ou par : « C'est un moyen de communication... ». Selon leur étude, certains jeunes vont jusqu'à résumer leur représentation en une phrase : « Internet, c'est la communication envers le monde entier », « Internet, c'est communiquer facilement dans le monde entier », « Internet, c'est s'ouvrir au monde ».

Il faut donc dire que cette compréhension de l'Internet sera le fondement même de l'utilisation de l'Internet chez les répondants. Nous répertorions ici quelques discours qui attestent notre analyse :

- Internet est un instrument ou moyen de communication qui nous permet d'être en connexion avec les autres dans le monde. Il nous permet également de mener de recherches pour nos activités. (Sociologie) ;

- C'est un moyen de connexion avec le monde et d'avoir la communication avec celui-ci. (Sciences de l'éducation) ;

- Un moyen de communication et de la recherche. (Chimie) ;

- Internet est un outil qui facilite la vie aux personnes qui l'utilisent (communication et recherche de l'information à temps réel. (Mathématique) ;

- C'est un outil de travail qui aide à la recherche de l'information et à communiquer (Anglais) ;

- D'après moi, l'Internet est un moyen, une voie par laquelle, je communique et s'informer de ce qui se passe dans le monde. (Physique) ;

- L'Internet est un moyen important pour la recherche et la communication professionnelle. (Philosophie) ;

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- Lieu de rencontre et d'échange d'information ; c'est une source d'information de toute sorte et en fin c'est une bibliothèque de très grand format. (Droit) ;

- C'est un moyen de communication électronique qui nous permet de cueillir les informations et suivre nos recherches en ligne. (Biologie)

- L'Internet constitue une source d'accès à l'information et de communication. (Anthropologie) ;

- Une interconnexion des ordinateurs entre eux et qui permet la communication et la recherche d'information. (Physique).

Les données présentées permettront d'ailleurs de le montrer. La récurrence de « L'Internet comme moyen de communication et de la recherche d'information » dans les discours sur la notion d'Internet traduit en fait, le contexte et la politique d'intégration des technologies dans le milieu universitaire au Tchad. Car les enquêtés connaissent effectivement l'Internet comme un outil facilitateur de la recherche d'information et de la communication. Cela corrobore justement aux différents appels internationaux et les chercheurs sur l'importance de l'Internet en éducation, (UNESCO 2011 et les compétences informationnelles ; l'Association des Directeurs & Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation a également établi les référentielles des compétences informationnelles ; le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche française et sa référentielle de compétence ; karsenti, T. ; Dumouchel, G. ; Beché, E. Onguené, E-L-M...). Ladage, C. et Ravestein, J. (2013, p. 18) ont montré aussi dans leur étude que le rapport des enseignants enquêtés à l'Internet est affirmé principalement pour poser des questions et communiquer (courriels).

Nous pouvons donc dire que les répondants accordent un intérêt particulier à l'Internet et c'est ce qui traduit dans leur discours. L'aspect communicationnel et recherche d'information occupent une place centrale dans les réponses fournies par les enseignantes et enseignants chercheurs (es). Les représentations sont liées à ce qu'Internet leur permet réellement de faire dans leurs activités surtout sur les possibilités que le réseau leur offre.

3. Ce que pensent les répondants des contenus d'Internet

Les contenus dont il est question ici, concernent les informations qui sont diffusées à travers l'Internet. Car dans un contexte de surabondance d'informations (infobésité) ou encore, ce que d'aucun nomme les « infos-pollutions » (Dumouchel, Op. cit, p.8) et de diversité de ses supports, les processus de recherche documentaire et de validation de l'information requièrent la reconnaissance de fausse et la bonne information sur le Net. C'est en ce sens que Ravestein, J.et al. (2007, p. 73) pensent que nombreux sont ceux qui se sentent perdus sur le web, pris de

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vertige ou effrayés par le nombre important de documents qu'il contient. En effet, l'Internet donne accès à des millions et des milliards de documents de nature variée, couvrant tous les sujets ou presque, c'est pourquoi l'évaluation de document sur l'Internet est fondamentale pour une utilisation éducative.

Pour ce qui est de notre recherche, les répondants sont également conscients de la nécessité de bien évaluer les ressources obtenues en ligne. 66 enseignants sur 74 qui ont répondu à la question soit un pourcentage de 89, montrent qu'il faut prendre les informations provenant de Net avec réserve et 8,10% des répondants pensent plutôt que toute les informations obtenir à partir de l'Internet sont fausse. Et 2,70% des répondants pensent que toutes informations tirées à partir de l'Internet sont des bonnes informations. C'est ce qui traduit dans les propos tels que :

- Il convient de traiter avec méfiance certains contenus, et d'éviter de croire aveuglement aux contenus et donc la nécessite de savoir discerner ,
·

- Prendre avec réserve des informations trouver sur l'Internet ,
·

- Certaines informations sont erronées ,
·

- Ces informations doivent être prises avec beaucoup de réserve ,
·

- Prendre quelque fois les informations de l'Internet avec beaucoup de réserve, car

beaucoup de fake news ,
·

- On ne doit pas valider systématiquement toutes les informations puisque certaines sont fausse ,
·

- Il y'a des bonnes et de mauvaises information sur le net ,
·

- Relativement scientifique. Il faut faire un tri ,
·

- Elles sont très utiles mais attention aux fakes news.

Nous constatons que certains répondants lancent un appel à la méfiance vis à vis des informations trouvées sur Internet. Internet en tant qu'objet technique suscite la crainte chez les uns, audace et curiosité chez d'autres. Crainte surtout chez certains enseignants d'Université qui continuent toujours à croire que, pour pouvoir utiliser Internet, il faut nécessairement avoir des compétences solides en informatique. Ceux-ci sont conscients de la plu value de l'Internet mais ils émettent des réserves à l'égard des informations que contient l'Internet. Nous pouvons donc dire qu'ils se situent au niveau 1, de préoccupation envers une innovation de Hall et Hord (2001). Mais d'autres pensent que toutes les informations véhiculées par l'Internet sont erronées. Et n'accordent pas assez d'importance à l'Internet pour la recherche de l'information. Cette dernière tranche, se situe au niveau 0 de préoccupation de Hall et Hord. Car ils ont un faible intérêt pour cette innovation et nous pouvons dont dire qu'il serait difficile pour eux

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d'utiliser l'Internet ou sauf au prix d'une formation appropriée. Nous retrouvons ce point de vue auprès de six enseignants enquêtés, qui confirment ce raisonnement : « toutes les informations que contient l'Internet sont fausses et souvent erronées ».

L'étude mené par Kitumu, M., B-B. (2019, p. 213), auprès des personnels de l'Université au Congo, confirme aussi ces conceptions de réticence envers l'Internet : ... Pour d'autres, Internet n'est pas une panacée. Le monde, la communication ou encore le réseautage existait déjà avant Internet. Il est donc toujours possible de rester connecté au monde sans Internet. Autant qu'il est aussi possible de faire de la recherche sans nécessairement recourir à Internet. Même si cette catégorie de répondant de notre étude est minoritaire, nous pouvons dire que cela témoigne la nécessité de soutenir ces personnes pour utiliser efficacement les informations provenant du web. Ces personnes sont au niveau « 0- éveil » envers une innovation de Hall et Hord (2001). Ce niveau est celui de l'enseignant qui n'a aucune connaissance des TIC ou qui n'est aucunement ou très peu intéressé par les TIC, (Lefebvre, 2005).

Il y'a également ceux qui pensent que toutes informations tirées de l'Internet sont vraies : « ma perception des informations livrées par l'Internet est positive. Autrement dit, j'accorde de crédit à toute information contenu dans l'Internet ». Ceux-ci aussi sont placé au niveau « 0 - éveil », puisqu'ils ne savent pas que l'Internet peut véhiculer n'importe quelle information. D'ailleurs, aujourd'hui avec la naissance du web 2.0, Dumouchel, G. & Karsenti, T. (2013, p.13) ont montré que les internautes sont désormais en mesure de créer et de partager facilement du contenu et d'interagir avec celui-ci, notamment en utilisant des outils comme les blogues et les micros blogues, qui permettent d'écrire et de communiquer rapidement de l'information sur le Web, et les wikis qui permettent d'élaborer du contenu de façon collaborative et continue. Donc chacun peut rester chez soi et publier les informations sur le Net comme il entend. C'est en ce sens qu'il faut bien évaluer les informations sur l'Internet avant de s'en servir. C'est dans la même ordre d'idée que la CREPUQ (2005) a mis sur pied ces critères pour bien évaluer l'information : proximité de l'information contenue dans un site Web avec le sujet de recherche, quantité d'information dans le site, type de site, type d'information, date ou mise à jour de la publication du site, auteur du site, présentation ou apparence visuelle du site, organisation à l'origine du site, références et hyperliens dans le site, origine géographique du site, langue du site. C'est ainsi que nous avons ensuite posé une autre question sur les critères de validation de l'information sur l'Internet. La question était formulée comme suit : « parlez-nous des critères de validation de l'information sur Internet (quels sont selon vous les critères d'un bon site » ?

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A cette question, le traitement de questionnaires révèle que presque la totalité des répondants disent qu'ils n'ont pas une connaissance sur les critères d'un bon site, seulement trois (3) répondants sur 74 qui ont répondu à la question, soit un pourcentage de 4,05%, qui ont montré comment reconnaitre un bon site. Nous retrouvons cela dans ces propos :

- Pour savoir que, c'est un bon site Internet, il faut connaitre l'auteur du site, vérifier la même information sur d'autres supports si possible ,
·

- Pour reconnaitre un bon site, il faut chercher à savoir si le site à une renommée ,
·

- Pour reconnaitre un bon site, il faut que l'administrateur du site soit bien connu et fiable sur le plan scientifique.

La majorité de la population étudiée n'a ni une méthodologie ni stratégies adéquates face à la recherche d'information. Or, en France (MESR, 2010) il parait évidant que les enseignants doivent pouvoir « Rechercher, produire, indexer, partager et mutualiser des documents, des informations, des ressources dans un environnement numérique », « Prendre en compte les enjeux et respecter les règles concernant notamment : la recherche et les critères de contrôle de validité des informations » et « Concevoir des situations d'apprentissage et d'évaluation mettant en oeuvre des démarches de recherche d'information ». Dumouchel (2016) reconnait aussi à propos que, cette réalité représente cependant des défis majeurs en termes d'évaluation et d'utilisation de l'information chez les enseignants en contexte québécois. Dans le même ordre d'idée, Kitumu, M. (2019, p.174) montre également dans son étude que chaque répondant, consulte les sites selon ses besoins, et fait recours aux sites qui semblent le mieux pour répondre à ses attentes. Mais, leur consultation est en règle générale orientée vers des sites d'informations scientifiques (générales ou spécialisées) et des sites de formations (payants ou en accès libre). Et Kitumu en conclue que, les différents enseignants interrogés affirment consulter plus les sites d'informations scientifiques afin d'accéder à un contenu nécessaire à l'exercice de leur profession. Cela nous laisse indifférent du fait que, les enseignants enquêtés de l'Université de N'Djamena n'arrivent pas à énumérer les critères d'évaluation d'un bon site, autrement dit un site scientifique. La majorité des enseignants enquêtés sont également incapables de nommer trois sites de leur choix.

Pour conclure, nous pouvons juste émettre une nouvelle l'hypothèse selon laquelle, l'encadrement et la formation des enseignants du supérieur à la recherche des informations et documentaire sur Internet sont susceptibles d'améliorer la pratique de l'Internet à l'Université de N'Djamena. Car les enseignants enquêtés ne font pas la distinction entre les sites qu'ils utilisent et n'ont pas la connaissance des critères de validation d'un bon site.

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4. Choix des enseignants entre ressources obtenues à l'aide de l'Internet et la bibliothèque

En ce qui concerne le choix des répondants entre les ressources obtenues à partir de l'Internet et à partir de la bibliothèque physique, nous pouvons se servir directement de l'analyse descriptive issue de notre base de données. Le tableau ci-dessous présente le résultat obtenu de notre enquête.

Tableau 9 : préférence entre ressources de l'Internet et la bibliothèque

 

Effectifs

Pourcentage valide

Internet

Bibliothèque Total

13

17,80

60

82,19

73

100,0

Source : enquête du terrain 2019

Au regard du tableau 9, la plupart des répondants préfèrent utiliser la bibliothèque physique pour constituer leur documentation avec 82,19 %. Or Karsenti cité par Dumouchel, G. (2014, p.7) a montré depuis 2005 que, l'Internet a permis non seulement d'obtenir des ressources qui étaient jusque-là difficilement accessibles, mais aussi de faire en sorte que l'on apprenne plus uniquement du livre et de l'enseignant à l'école. Nous pensons donc que ce fort pourcentage, renforce le fait que les enquêtés ne connaissent pas des critères de validation d'une information obtenue à partir de l'Internet. Nous disons ici que même si les enquêtés ont majoritairement défini l'Internet comme un outil de recherche d'information, ils ne savent pas comment tirer profit de l'Internet. D'ailleurs 89% des répondants dans la section précédente ont montré qu'il faut prendre les informations provenant de net avec réserve.

Nous pouvons dire à propos que ces enseignants ont comme tradition, rechercher les informations dans les bibliothèques et non sur l'Internet pour leurs travaux académiques. D'où la nécessité de les formés à la recherche documentaire dans les web scientifiques. Alors que, conscient de la précarité de la bibliothèque en Afrique francophone, Renaud, P. (1997) soulignait qu'en " Afrique francophone, par exemple, il y a très peu de bibliothèques, notamment universitaires, très peu de centres de documentation, et qu'ils sont tout à fait insuffisants en termes de contenus. Alors les TIC (revues, publications électroniques, ressources scientifiques disponibles sur Internet) peuvent servir de moyen inévitable pour acquérir les informations. Plus grave encore, les campus de l'Université de Ndjamena ne disposent pas tous de bibliothèque. Et même s'ils en ont, les contenus de ces bibliothèques sont déplorables.

5. 68

Les avantages de l'Internet chez les répondants

Cette partie de notre travail concerne les discours que rapportent les enseignants enquêtés sur les avantages de l'Internet. Il s'agit pour nous d'examiner le contenu de leurs discours sur les avantages de l'Internet. Une fois de plus, les enseignants de l'Université de N'Djamena, assimilent l'Internet à un moyen de communication et à la recherche d'information. Dans leur quasi-totalité, les universitaires portent un regard positif sur Internet. Les opinions sont globalement favorables : "Outil efficace pour la recherche d'information, rapide et peu coûteux pour communiquer avec les collègues, les amis...", voilà en quoi peut se résumer les avantages selon les propos entendus. C'est ce qu'on observe dans les propos qu'ils accordent à l'Internet :

- L'Internet est un excellent moyen de communication : il nous permet de rester en contact avec nos amis et nos contacts du monde entier, de leur parler en temps réel, de partager (grâce aux réseaux sociaux) nos goûts et nos souvenirs, nos expériences, de se faire de nouveaux amis ».

- L'Internet favorise une nouvelle forme de commerce (le commerce électronique) qui

permet d'acheter n'importe quel article dans le monde entier. En plus, il favorise l'accès à beaucoup de services (réservations, administrations électronique, banques électroniques, bibliothèques numériques, etc.).

Parlant des avantages de l'Internet, l'un de répondant de l'étude mené par Kutumu

(Op.cit. p.215) confirme l'avantage de l'Internet dans la recherche de l'information, lorsqu'il dit : « C'est vrai que la recherche était possible avant l'invention d'Internet. Mais, cette technologie a sérieusement facilité la vulgarisation de la science. Il suffit d'un clic et tu as toute la documentation. Il est facile pour moi de mener à bien ma recherche doctorale ».

6. Les inconvénients de l'Internet chez les répondants

Par rapport à ce que nous avons examiné, les opinions des répondants nous permettent de dire que les répondants voient dans l'Internet un lieu où tout le monde profite pour s'enrichir. C'est ce qu'on lit dans un tel propos : « L'Internet peut être utilisé par de mauvaises personnes qui cherchent à arnaquer, à tromper, à voler d'autres personnes ». Et certains pensent que les enfants, en particulier, sont des victimes potentielles faciles qui doivent utiliser l'Internet sous la surveillance des adultes, (Les pédophiles sévissent sur le net). D'autres encore estiment que, toutes les données qui circulent sur le Net ne sont pas éthiques et favorables : il y a des sites pornographiques, des sites extrémistes, des virus, des hackers, des pirates, des spams, les réseaux criminels, etc. Ils pensent également que le Net peut aussi rendre accessibles des données dangereuses : des terroristes apprennent sur le Net comment fabriquer des engins

69

explosifs, comment subtiliser des informations sensibles. Sur Internet, on n'est pas à l'abri des regards, des informations personnelles peuvent être divulguées par soi-même ou par un tiers, ce qui peut nuire à la personne, d'autant plus que le Net a une mémoire d'éléphant (il est difficile d'effacer ces informations personnelles par la suite).

Il y a une grande quantité d'information sur l'Internet qui rend difficile pour les gens de faire la différenciation entre les informations valides et fausses informations. Il existe également des matériaux sexuellement explicites, tels que les films, les photos, les récits et les clips, ce qui pourraient facilement tomber entre les mains de jeunes enfants et de personnes innocentes, au moins que des filtres et des dispositions de sécurité soient mis en place.

C'est en ce sens que, dans le monde entier, de nombreuses initiatives ont été apportées afin de maximiser les avantages de l'utilisation de l'Internet et de limiter les inconvénients pour que les gens qui utilisent l'Internet soient protégées en ligne. Ces initiatives prennent la forme de politiques et de législations gouvernementales, et recouvrent le filtrage des demandes, la protection de mot de passe ainsi que le développement de systèmes de gestion à contenu spécial. Au Tchad, l'Assemblée nationale a adopté le 2 décembre 2018, le projet de loi portant la ratification de la convention de l'Union Africaines sur la cyber-sécurité et la protection des données à caractère personnel, tient compte des exigences de respect des droits des citoyens, garantis en vertu des textes fondamentaux de droit interne et protégés par les conventions et les traité internationaux relatif aux droit de l'Homme particulièrement la charte africaine des droits de l'Homme et des peuples.

7. Les opinions des enseignants sur la notion d'Internet

Recueillir les opinions des individus sur un fait particulier nécessite une approche qualitative, c'est-à-dire laisser ces personnes d'exprimer librement leurs opinions sur le sujet demandé. Mais ici nous avons préféré cibler quelques pratiques que nous avons jugées importantes pour la présente étude tels que le caractère révolutionnaire de l'Internet ; l'Internet permet d'améliorer la communication entre les gens ; utiliser Internet, ça s'apprend très facilement ; c'est souvent difficile de trouver ce qu'on cherche sur Internet ; pour utiliser Internet, il faut bien connaître l'informatique ; à l'avenir, les gens vont presque tout acheter sur Internet ; pour travailler dans la société de demain, il faudra maîtriser Internet etc. Il est toutefois important de reconnaître que le fait que les opinions telles qu'elles sont exprimées par les répondants doivent être considérées comme des réactions à des affirmations qui leur ont été suggérées, des affirmations qui sont, à certains égards, volontairement caricaturales de certains aspects d'Internet. Pour ces premières affirmations soumises aux impressions des enseignants, nous avons souhaité analyser et discuter les deux choix de réponses suivants : plutôt d'accord

70

et tout à fait d'accord. Mais ces deux réponses seront comprises comme des opinions positives ou simplement des opinions qui partagent l'énoncé.

7.1 Les opinions relatives aux pratiques fondamentales d'Internet

Cette partie de notre travail, concerne les différentes opinions que l'on peut se faire de l'Internet quant à son avenir, et le fait que c'est souvent difficile de trouver ce qu'on veut sur Internet. Ce tableau présente le résultat des enquêtés qui ont un regard positif des énoncés. Tableau 10 : les opinions des enquêtés sur l'avenir de l'Internet

 

Plutôt d'accord, tout à fait d'accord

Pourcentage

Internet, c'est révolutionnaire

27

41

86,07

L'Internet, c'est une perte de temps

11

06

21,51

Une fois qu'on a commencé à l'utiliser, on ne peut plus s'en passer

40

29

87,34

c'est souvent difficile de trouver ce qu'on cherche sur Internet

28

35

79,7

pour utiliser Internet, il faut bien connaître l'informatique.

45

23

86,1

A l'avenir, les gens vont presque tout acheter sur Internet.

42

17

74,7

D'ici quelques années, il sera aussi naturel d'avoir Internet à la maison que d'avoir le téléphone ou la télévision.

45

16

77,3

Source : enquête du terrain 2019

Globalement, il ressort de ce tableau que, les enseignants ont une opinion extrêmement positive d'Internet. Ainsi, 86,07% sont d'accord avec l'affirmation selon laquelle Internet est « révolutionnaire » (voir tableau précédant). Quelques enseignants seulement avouent que l'Internet, c'est une perte de temps, soit 21,51%. Nous pouvons dire à propos qu'il y'a parmi les répondants, les enseignants qui n'ont pas l'accès à l'Internet. Mais les répondants considèrent majoritairement que l'Internet présente une utilité certaine, et plus de la moitié d'entre eux (87,34) avouent qu'il leur serait désormais difficile de s'en passer. Ceci montre que même si les enseignants de l'Université de N'Djamena préfèrent les documents obtenus à partir de la bibliothèque, ils utilisent l'Internet pour d'autres fins et sont conscients que l'Internet est important à certain égard. Cela confirme encore une fois qu'ils ont besoin d'une formation pour la recherche documentaire. C'est justement ce que nous constatons pour cette énoncée « c'est souvent difficile de trouver ce qu'on cherche sur Internet ». Car 63 sur 79 enseignants affirment qu'il est difficile d'avoir ce que l'on veut sur l'Internet. Nous constatons plutôt que plusieurs enseignants insistent, en effet, sur la difficulté qu'ils ont de trouver l'information juste sur

71

Internet. Bien qu'ils considèrent que c'est une « ressource illimitée », « qu'on trouve tout sur Internet », ils admettent éprouver souvent des difficultés à se retrouver sur les autoroutes de l'information, et cela serait particulièrement vrai chez les utilisateurs occasionnels ou les débutants. Il serait également l'une des raisons qui conduits les enseignants à se servir massivement de document manuel que contient la bibliothèque au lieu d'utiliser les ressources obtenues en ligne (voir le tableau 9). Nous pouvons aussi à ce niveau dire que les répondants ont un problème lié à la technique de recherche de l'information scientifique. C'est ce que confirme la pensée Piron, F. (2018) lorsqu'elle dit qu'avoir un ordinateur avec un bon logiciel de navigation et une bonne connexion stable sont des conditions nécessaires pour effectuer une recherche documentaire, mais elles ne sont pas suffisantes. Rares sont les étudiants et étudiantes d'Afrique ou d'Haïti qui bénéficient d'une formation solide dans ce domaine.

Majoritairement, les répondants sont d'accord ou tout à fait d'accord avec l'énoncée selon laquelle pour utiliser Internet, il faut bien connaître l'informatique. Soit un pourcentage de 86,1 qui confirment que la maitrise de l'informatique pourrait être un atout pour une meilleure utilisation de l'Internet. Or dans un rapport de l'enquête menée au Québec dans le cadre du projet de recherche international auprès des jeunes et Internet (représentation, utilisation et appropriation) soumis par Jacques Piette, J. et ses collègues (2001.p.36), les auteurs ont montré plutôt que deux jeunes sur dix seulement affirment que la maitrise de l'informatique est nécessaire pour utiliser l'Internet. Mais les autres élèves pensent qu'« Il n'est pas nécessaire de connaître l'informatique pour savoir utiliser Internet parce qu'il, s'agit de deux domaines différents. Par exemple, grâce à l'informatique on peut faire des pages Internet, mais il n'est pas nécessaire de savoir créer des pages Internet pour visiter des sites ». Pour notre part, nous pouvons donc dire que, la maîtrise de l'informatique pourrait être un atout pour un meilleur usage de l'Internet mais la non maîtrise de celui-ci ne devait pas empêcher d'utiliser l'Internet. Car l'on peut se servir de sa tablette pour bien naviguer et chercher tout ce qu'il a besoin. Mais une majorité des enseignants enquêtés pensent que l'Internet pourrait un jour s'imposer dans tous les domaines de la vie. C'est qui ressort de la lecture du tableau 10. Plus de la moitié confirme l'énoncée « à l'avenir, les gens vont presque tout acheter sur Internet », soit un pourcentage de 74, 7. Ce qui montre que les enquêtés croient à une généralisation d'Internet qui tendrait à devenir un bien de consommation courante dans l'ensemble des foyers au même titre que le téléphone ou encore la télévision. Enfin, ces perceptions révèlent une conception d'Internet qui est directement liée aux principaux types d'usages en place, à savoir : la communication en ligne et le divertissement au détriment de l'utilisation pour l'enseignement-apprentissage. C'est justement ce que l'on constate à la lecture du tableau 10.

72

Car 77,3 répondants expriment une opinion positive à l'énoncé « d'ici quelques années, il sera aussi naturel d'avoir Internet à la maison que d'avoir le téléphone ou la télévision ». En général, en ce qui concerne les utilisations fondamentales de l'Internet, pour le bien-être de l'homme en milieu universitaire, la réaction des enquêtés sont globalement positives quant aux différentes énoncées.

7.2 Internet permet d'améliorer la communication entre les gens

Aujourd'hui, l'utilisation de l'Internet pour la communication est devenue un impératif dans les pays hyper connectés (France, Canada, USA...). En Afrique centrale, d'autres pays peinent à avoir une connexion stable. C'est exactement le cas du Tchad, qui, depuis un certain temps (entre 2018 et 2019), les internautes étaient privées de la fonction communicative de l'Internet. Ce problème est selon les autorités politiques, engendré par la question de la sécurité que traverse la sous-région. Or la communication entre les hommes a été améliorée avec l'Internet. Malgré cette rupture temporaire causée par la politique, notre étude montre clairement que la totalité de la population d'étude, confirme qu'elle utilise assez souvent l'Internet pour la communication. Et ce qui est remarquable, ils pensent que l'Internet permet de communiquer mais d'améliorer celle-ci. C'est ce qu'on observe à partir du tableau suivant (tableau 11). Sur 79 répondants, 91,64% sont d'accord ou tout à fait d'accord que l'Internet est un moyen permettant d'améliorer la communication entre les gens. Dans son article « L'Internet et la démocratie numérique. L'individualisation de la propagande », Saly-Rousset (2016, p.87), explique comment le développement du réseau Internet a provoqué le bouleversement encore jamais vu auparavant en matière de diffusion d'idées. Pour cet auteur, l'humanité jouit désormais d'une toute nouvelle manière de percevoir le monde qui est le sien. L'auteur renchérit qu'un simple téléphone portable peut permettre de transmettre des images dans le monde entier, transformant ainsi le regard d'un individu lambda. Et plus encore l'Internet a su influencer sur la structure et le fonctionnement des sociétés, la culture a trouvé de nouvelle forme pour s'exprimer, les idées également préconçues sur l'étranger ont changé grâce à la rapide diffusion d'image venant de partout dans le monde. Les valeurs également ne sont plus les mêmes, qu'il y'a vingt ans encore. La terre également s'est ainsi transformée en un vaste réseau de communication aux transmissions électroniques ininterrompues. Ainsi, comme la faculté de transmettre des idées augmente, il devient également plus facile, d'influer ou même de manipuler autrui. L'étude menée par Teklea, A. et Tafalla, G. (2012,) confirme aussi ce résultat, car 62,8% des répondants de leur étude, considèrent que l'Internet influence la communication entre les hommes. Tout ceci montre qu'avec l'Internet les relations entre les hommes ne sont plus les mêmes. Finalement l'Internet est devenu une sorte de troisième planète

73

comme l'a affirmé l'ancien Président de la république française (Nicolas sarkozy) lors de l'assemblé de G8. Car, le nombre croissant des personnes sur l'Internet et surtout dans les réseaux sociaux confirme cela. Seulement 8,9% de notre population d'étude qui soit plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord avec l'énoncée. Nous pouvons donc dire que ces personnes n'ont pas l'accès à l'Internet ou ils n'ont pas encore découvert l'Internet.

Tableau 11 : l'Internet permet d'améliorer la communication entre les gens

 

Effectifs

Pourcentage valide

tout à fait en désaccord

1

1,3

plutôt en désaccord

5

6,3

Valide plutôt d'accord

28

35,4

tout à fait d'accord

45

57,0

Total

79

100,0

Source : enquête du terrain 2019

7.3 Une fois qu'on a commencé à utiliser Internet, on ne peut plus s'en passer

Cet énoncée nous permet de s'appuyer sur l'importance de l'outil chez les utilisateurs. Internet, faut-il rappeler, est un outil phénoménal, un outil où après la première utilisation, l'utilisateur ne peut plus s'en passer. C'est pour quoi beaucoup des recherches ont montré que même pendant les heures de cours, les élèves utilisent l'Internet pour communiquer avec leurs amis. Le tableau suivant confirme ce postulat (tableau 12), car plus de la moitié des répondants sont plutôt d'accord ou tout à fait d'accord pour qui, quand on commence à utiliser l'Internet, on ne peut plus s'en passer. Soit 69 sur 79 enseignants enquêtés croient qu'il est difficile de s'en passer de l'Internet quand on commence par l'utiliser. Une étude menée par Teklea, A. et Tafalla, G. (2012) auprès de professionnelle d'une entreprise confirme également le résultat de cette enquête. Pour ce qui est de leur étude, 68,2% des enquêtés pensent sans hésiter que l'Internet est un outil qu'ils ne peuvent plus s'en passer.

Tableau 12 : difficultés d'abandonner l'Internet quand on commence par l'utiliser

 

Effectifs

Pourcentage valide

tout à fait en désaccord

1

1,3

plutôt en désaccord

9

11,4

Valide plutôt d'accord

40

50,6

tout à fait d'accord

29

36,7

Total

79

100,0

Source : enquête du terrain 2019

74

7.4 Quand on est abonné à Internet à la maison, on passe moins de temps à regarder la télévision

De ce tableau 13, nous remarquons que les enquêtés pensent que, dès que l'on a l'Internet à la maison, le temps à la télévision sera réduit. Ici nous avons pensé qu'avoir l'Internet à la maison, la technologie comme la télévision passera au second plan dès qu'on est abonné à l'Internet. Ce constat est de plus en plus visible dans des pays hyper connectés tels que les USA, la France, le Canada etc. Or, les enquêtés de la présente étude confirment le caractère révolutionnaire de l'Internet et trouvent en lui, le remplacement de la télévision. Il faut reconnaitre que l'Internet n'est ni un radio émetteur, ni la télévision, ni un moyen de communication, mais il est plus que ces technologies. Il peut faire tout ce que, ces technologies peuvent faire. Cela prouve à suffisant que si un individu arrive à maitriser complètement l'Internet, il peut s'en passer de toutes les technologies citées. Car, l'Internet pourrait accomplir toutes ces tâches.

Tableau 13 : quand on a l'Internet à la maison, on regarde moins la télé

 

Effectifs

Pourcentage valide

tout à fait en désaccord

13

16,5

plutôt en désaccord

13

16,5

Valide plutôt d'accord

34

43,0

tout à fait d'accord

19

24,1

Total

79

100,0

Source : enquête du terrain 2019

7.5 Pour travailler dans la société de demain, il faudra maîtriser l'Internet

Le tableau ci-dessous montre que la majorité des enquêtés connaissent que dans l'avenir, le marché de travail serait conditionné par la maitrise de l'Internet. Nous pouvons cependant dire que même si les enseignants enquêtés utilisent majoritairement l'Internet pour la communication, ceux-ci sont tous convaincus que tôt ou tard l'utilisation de l'Internet pourrait être une condition sine qua non pour être employé dans les entreprises. Bensaude, A. (1999, p.38) l'avait déjà prédit lorsqu'il stipulait que l'introduction de la technologie dans le domaine de travail va modifier la méthode et les rapports de travail dans l'avenir. Il peut selon lui être perçu comme un outil entrainant un rejet lorsqu'on aura besoin de travailler dans une entreprise de demain. Car les entreprises auront à mettre à la disposition du personnel de l'entreprise un ensemble intégré de fonctions « électronique » tels que de communication et d'échange d'information (courrier électronique, forums de discussion électroniques, bibliothèques de documents électroniques, gestion d'agenda partagés, moteurs de recherche, agents

75

électroniques, processus administratif électronique ...). Cependant, l'auteur conclue que les entreprises de demain ne doivent pas se laisser emporter par la technologie au détriment de l'être humain s'ils souhaitent connaître le développement durable. Les répondants de cette étude pensent également que l'Internet sera la clé pour pouvoir travailler dans la société de demain. Tableau 14 : Internet dans la société de demain

 

Effectifs

Pourcentage valide

plutôt en désaccord

5

6,3

plutôt d'accord

28

35,4

Valide

tout à fait d'accord

46

58,2

Total

79

100,0

Source : enquête du terrain 2019

Conclusion

Il ne faudrait toutefois pas en conclure que les enseignants enquêtés partagent tous l'opinion favorable à l'Internet dans leur vie professionnelle. Nous avons rencontré des enseignants pour qui, l'Internet est très loin de leur centre d'intérêt. Même pendant l'enquête, ces enseignants, ont d'abord en premier lieu, refusé de participer à l'enquête pour des raisons qu'ils n'utilisent pas l'Internet. Et nous avons pu convaincre certains en leur demandant de contribuer en donnant leurs opinions.

Parmi eux, certains disposent même d'un ordinateur portable et d'un téléphone intelligent, mais ils ne se servent pas de ces outils pour naviguer sur le Net. Pourtant, même dans ces cas, Internet est vu de manière globalement positive, en raison de sa commodité et du potentiel énorme qu'il recèle en termes de ressources et principalement d'accès à différents modes de communication.

Cette opinion positive peut cependant fort bien cohabiter avec des évaluations par ailleurs très sévères de différents aspects d'Internet. Certains jugent ainsi la communication à travers l'Internet comme une forme de communication qui n'a pas assez d'importance. D'autres, qui aiment beaucoup causer sur l'Internet, voient en Internet comme une technologie qui améliore la communication entre les hommes. Certains estiment que les ressources traditionnelles, comme le livre version papier, offrent toujours un degré d'efficacité supérieur

dans la recherche d'informations sérieuses. La plupart des enseignants expriment
spontanément très peu de craintes ou d'appréhension concernant la généralisation d'Internet dans le monde du travail et du divertissement. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'ils considèrent

76

de manière sereine l'impact d'Internet sur les diverses sphères de l'activité sociale. La conception de l'Internet chez les répondants nous renvoie ici à une double position, c'est-à-dire qu'il soit défini en termes d'avantages ou de méfaits. Mais on constate que les enseignants sont aux antipodes de ces prises de positions extrêmes sur le caractère « révolutionnaire » de l'Internet. Sur ce, reconnaitre que l'Internet est un moyen qui peut aider à la construction de savoir s'impose. Et même si les enseignants enquêtés ne perçoivent pas le côté positif de l'Internet, dans la généralité, nous admettons avec Karsenti, T. et all (2014 p. 72, lorsqu'ils disent : « Ne pas être à l'origine de la technologie n'est pas gênant. Mais il est désagréable de ne pas utiliser les nouvelles possibilités ».

En dernier ressort nous pouvons donc dire que les répondants se situent globalement au niveau 1 de préoccupation envers une innovation de Hall et Hord, décrit dans le tableau 1. Car, ils sont tous conscient de l'existence de l'Internet, cependant, individuellement chacun tente de voir comment utiliser efficacement l'Internet pour pouvoir bénéficier pleinement de ces potentiels. D'où la nécessité d'un formation qui se fait sentir à ce niveau.

77

CHAPITRE 3 : UTILISATION DE L'INTERNET CHEZ LES ENSEIGNANTS DE L'UNIVERSITE DE N'DJAMENA

L'objectif de ce troisième chapitre est de dresser les différents types d'utilisation d'Internet par les enseignants. La question qui a guidé cette partie de la recherche est la suivante : que font les enseignants de l'Université de N'Djamena de l'Internet dans leurs pratiques professionnelles ?

Ce chapitre se penche sur les modalités d'usages, c'est-à-dire les pratiques de l'Internet. Poissenot, C. (2000, p.1) soulignait dans son étude que le fait d'être connecté à Internet n'indique en rien les usages que les utilisateurs en font ni ce qu'ils en pensent. Donc ce chapitre va partir des différentes pratiques d'Internet que nous avons eu à recenser dans les littératures sur l'utilisation de l'Internet, pour pouvoir déterminer la place de l'Internet chez les enquêtés. Car Piron, F. (2016) prévenait lorsqu'elle dit dans son guide de la recherche documentaire, qu'avoir un ordinateur avec un bon logiciel de navigation et une bonne connexion stable sont des conditions nécessaires pour effectuer une recherche documentaire, mais elles ne sont pas suffisantes. On constate que posséder l'ordinateur en est une chose et l'utiliser dans le sens de la connexion à l'Internet, en est une autre. C'est pourquoi plusieurs questions peuvent être posées : les enseignants enquêtés possèdent-ils les moyens nécessaires permettant d'accéder à l'Internet ? Quelles sont les activités qu'ils mènent sur l'Internet ? font-ils de publication scientifique sur Internet ? Bref, nous voulons savoir quelles sont leurs pratiques actuelles sur l'Internet ?

1. Accès aux technologies et à l'Internet

Dans cette section nous allons nous appesantir sur les technologies en contexte tchadien, c'est-à-dire les technologies qui permettent aux usagés d'accéder à l'Internet. Il s`agit principalement de l'ordinateur et de téléphone portable.

1.1 Accès à l'ordinateur

Ici, nous voulons savoir si les répondants ont un accès à l'ordinateur dans leur environnement respectif.

Tableau 15 : montrant l'accès à l'ordinateur

ordinateur

Effectif

Pourcentage Valide

Valide oui

79

100,0

Source : enquête de terrain 2019

Le tableau ci-dessus montre que tous les participants de cette enquête ont tous au-moins accès à un ordinateur. Nous dénotons un pourcentage valide de 100 %. Ceci démontre suffisamment que le corps enseignant surtout de l'enseignement du supérieur de la République

78

du Tchad a suffisamment la possibilité d'accéder aux outils informatiques, leurs permettant de faciliter la préparation des activités universitaires. Nous reprécisons que l'accessibilité dont il est question ici, peut-être dans n'importe quel endroit, c'est-à-dire l'on peut ne pas posséder un ordinateur mais peut avoir accès à l'ordinateur. C'est pourquoi ce chiffre n'est pas étonnant, car aujourd'hui, les ordinateurs sont un peu partout où l'on se trouve (cyber café, domicile, l'Université etc.). Or en contexte universitaire, les enseignants ont comme obligation d'utiliser l'ordinateur pour leurs travaux universitaires, même s'ils n'ont pas la connexion, ou n'ont pas la possibilité d'accès à la connexion. Le prochain tableau présentera les nombres des enseignants qui possèdent un ordinateur selon le sexe des répondants.

Tableau 16 : sexe de répondants croisé avec possession d'ordinateur portable

Effectif

 

Possédez-vous un ordinateur portable ?

Total

 

Oui

Non

 

sexe de répondants masculin

52

8

60

féminin

8

11

19

Total

60

19

79

Source : enquête de terrain, 2019

Ce tableau croisé nous permet de connaître le nombre total des répondants possédant un ordinateur portable et de dégager la différence qui existe entre les genres. Ainsi, on constate que la majorité des répondants possèdent un ordinateur. Sur 79 enseignants enquêtés, 60 ont leur propre ordinateur. Nous pouvons dire que ce nombre est conformément lié à la volonté de chef de l'Etat, qui dans les années passées, distribuait l'ordinateur à tous les enseignants de l'Université (2009 à 2015). Mais avec la crise que connait le pays depuis 2016, suite à la chute du prix de baril de pétrole, l'Etat n'a plus investi dans ce domaine. Nous pouvons donc penser que les enseignants qui n'ont pas un ordinateur à leur compte, sont ceux qui seraient venus à l'enseignement supérieur à partir de 2016 ou encore ceux qui n'accordent pas assez d'importance à l'ordinateur. En ce qui concerne la répartition des ordinateurs par sexe, nous constatons que chez les hommes, sur 60 enquêtés, 52 ont un ordinateur portable, soit 86,66 % des hommes possédant un ordinateur. Chez les femmes, on ne constate qu'un faible tôt de possession d'ordinateur. Sur 19 femmes enquêtées, nous remarquons seulement que 8, ont un ordinateur portable, contre 11 qui n'en possèdent pas, soit un pourcentage de 42,10. Cette grande disparité confirme le fait que les femmes sont réticentes aux technologies. Le rapport sur le développement de numérique de l'UIT 2019, confirme aussi que dans la plupart des pays à travers le monde, les femmes sont toujours moins nombreuses que les hommes à profiter des possibilités de transformation offertes par les technologies numériques.

1.2 Accès au téléphone

Comme pour le cas de l'accès à l'ordinateur, cette section permet de savoir si les enquêtés ont un accès à un téléphone portable.

Tableau 17 : montrant l'accès au téléphone portable

Avez-vous un téléphone portable?

Effectifs

Pourcentage valide

Valide oui

79

100,0

Source : enquête de terrain 2019

De ce tableau, il est à noter que 100 % des participants (enseignants) possèdent un téléphone portable. La forte représentativité de téléphone portable par rapport à l'ordinateur met en évidence la place de choix qu'occupe le téléphone portable surtout comme moyen de communication entre collègues, les proches, les amis et les familles chez nos répondants. Cela peut être aussi expliqué par le fait que le téléphone est un outil presqu'incontournable qu'aujourd'hui. Il est difficile de nos jours, voire impensable qu'un enseignant de l'Université ne détient pas un téléphone mobile. Pour comprendre la place de téléphone chez les répondants nous avons sollicité poser une seconde question sur la qualité de téléphone utilisé par les répondants. Car, tous les téléphones n'ont pas la capacité de connecter à l'Internet. C'est ce qu'on observe de figure 1.

Figure 1 : sexe de répondants croisé avec type de téléphone

79

Source : enquête de terrain 2019

80

Il ressort de cette figure que le téléphone de modèle androïde est beaucoup plus utilisé par les corps enseignants de l'Université de N'Djamena. Car, 75,94% des enquêtés utilisent le téléphone androïde. Contre seulement 3 enseignants qui utilisent le téléphone simple, c'est-à-dire un téléphone qui n'a pas la capacité de supporter les applications et qui ne peut se connecter à l'Internet. Par ailleurs, même si ce téléphone peut dans d'autre mesure servir pour la connexion, son utilisation est restreinte. Tandis que le téléphone androïde est un téléphone qui a un système d'exploitation mobile crée par Google. Il équipe la majorité des téléphones portables du moment (smartphones). Son principal concurrent est Apple avec l'iPhone. Android est un système qui, vous permettant de télécharger des applications (navigateur Internet, GPS, Facebook...). L'Android équipe également les tablettes.

En ce qui concerne le genre, nous constatons que les femmes qui ont participé à l'enquête en générale, utilisent le téléphone androïde, soit 100%. Ces chiffres confirment de manière éloquente la perspective de mode d'utilisation des réseaux sociaux (Facebook et Whatsapp) aujourd'hui. Alors qu'au tableau précédant, les femmes ne détenaient pas assez d'ordinateur (confère Tableau 16). Chez les hommes, les types de téléphones sont partagés même si le téléphone androïde prend le déçu avec un pourcentage de 68,33, suivi d'iPhone (18,33%) et 3 personnes seulement utilisent le téléphone simple.

1.3 Accès à l'Internet

Tableau 18 : sexe de répondant croisé avec accès à Internet

sexe de répondant

Avez-vous un accès à

Internet?

Total

Oui

non

Masculin

57

3

60

Féminin

17

2

19

Total

74

5

79

Source : enquête de terrain, 2019

La question d'accès à l'Internet ne se pose pas assez chez les universitaires du Tchad, surtout chez les enseignants. Généralement on constate que même si les enseignants n'utilisent pas les fonctions avancées de l'Internet, ils ont accès à l'Internet. C'est en ce sens qu'on note prêt de la totalité, soit exactement 93% de la population étudiée ont accès à Internet. Ceci pourrait s'expliquer par la prolifération des réseaux de téléphones mobiles dans la ville de N'Djamena et également par le fait qu'étant un enseignant du supérieur, il serait difficile de ne pas avoir accès à l'Internet. En ce qui concerne les femmes, on constate également un pourcentage de 89,47, qui ont la possibilité d'accéder à l'Internet. Seulement 3 femmes

81

enquêtées n'ont pas accès à l'Internet. Cela confirme aussi le rapport de l'UIT, 2019 qui stipule que globalement, la proportion de femmes utilisant l'Internet dans le monde est de 48%, tandis que celle des hommes est de 52%. Même si cette fracture diminue dans la Communauté des Etats indépendants et en Europe, elle se creuse toujours au Tchad et surtout à l'Université de N'Djamena.

Figure 2 : Sexe de répondants croisé avec les moyens de connexion Internet préférés

Sexe de répondants

Source : enquête de terrain 2019

La lecture de la figure 2, montre que les répondants ont un choix partagé ou équilibré entre utilisation de l'ordinateur et le téléphone pour se connecter. Même si on constate que l'ordinateur est utilisé pour la connexion à seulement 43,87%, contre 56,16% des répondants qui ont prioritairement comme choix, le téléphone mobile. Il faut cependant dire que partout dans le monde, l'utilisation de téléphone mobile est devenue un phénomène exceptionnel. Les hommes ont trouvé en téléphone, le moyen le plus facile pour accéder à l'Internet. Non seulement ils permettent de connecter facilement, mais aussi ces téléphones ne consomment pas assez de méga-bite pour la connexion. C'est pourquoi le Rapport Digital annuel, publiée

82

par la plate-forme de la gestion des médias sociaux « Hootsuite » et l'agence digitale « We Are Social30 » révèle qu'aujourd'hui, le smartphone est le moyen le plus utilisé pour se connecter à l'Internet, avec 52 % de part trafic web contre 46% pour l'ordinateur (plus de 5,19 milliards de personnes dans le monde utilisent le téléphone portable). L'utilisation massive de téléphone mobile pour la connexion est engendrée par le nombre des personnes sur les réseaux sociaux. Car, aujourd'hui plus des personnes passent leur temps sur l'Internet à cause des réseaux sociaux. D'ailleurs dans son rapport annuel, OTRT/Tchad (2013, p.93), confirme qu'au Tchad le nombre d'utilisateurs de l'Internet mobile représente plus de 95% de l'ensemble des utilisateurs Internet. Cela montre qu'au Tchad, le téléphone mobile a permis aux internautes de bénéficier réellement de la connexion à l'Internet.

En ce qui concerne le genre de répondants, toutes les femmes qui ont participé à l'enquête, utilisent prioritairement le téléphone mobile pour se connecter (100%), contre 43,85% des hommes qui utilisent le téléphone portable pour la connexion. Au figure 1, nous avons également relevé que toutes les femmes enquêtées, possèdent le téléphone androïde, et ce qui peut aussi justifier les raisons de leur choix de connexion (téléphone portable). Ainsi, nous disons que, moins les enseignantes de l'Université possèdent les ordinateurs, plus elles ont les téléphones androïdes pour se connecter à l'Internet. Cela peut être justifié par le fait que le téléphone joue plusieurs rôles (en ce qui concerne son utilisation). D'abord, les enquêtés se servent de téléphone pour les appels et pour la connexion en suite. Autre argument que nous pouvons avancer, c'est le poids de ces deux outils (ordinateur et téléphone). Porter un téléphone portable semble plus facile que transporter l'ordinateur. Cela peut également être très important pour comprendre pourquoi les enquêtés ont choisi massivement d'utiliser le téléphone au détriment de l'ordinateur.

Nous avons ensuite cherché à savoir combien d'argent, les répondants dépensent pour se connecter à l'Internet. Cette question ouverte nous a permis de recueillir les coûts que chaque enseignant utilise pour s'offrir l'Internet. Puis, nous avons calculé la moyenne de tous les chiffres avancés par les enseignants. Le résultat montre que la moyenne de dépenses utilisées par les enseignants de l'Université de N'Djamena est de 1250F par jour, uniquement pour les enseignantes et enseignants n'ayant pas abonné(e)s au campus numérique de la francophonie. Pour ceux qui ont un abonnement au campus numérique, ils utilisent juste 500F pour 200MB en dehors de campus numérique, pour se connecter aux réseaux sociaux et pour des recherches inattendues. Deux enseignants, ont également mentionné 12000F par mois. Ceux-là, il faut

30En ligne à partir de https : wearesocial.com, blog

83

préciser qu'ils ont un abonnement mensuel de 7G, valable un mois. Ainsi indiquer, cela permet de savoir si la cherté de la connexion à l'Internet au Tchad, est un obstacle pour les internautes tchadiens en général et les enseignants enquêtés en particulier. Tout compte fait, nous pouvons dire que, par rapport à d'autres utilisateurs en Afrique (Cameroun, Nigeria, Sénégal, Ghana etc.) le coût d'accès à l'Internet au Tchad ne permet pas aux internautes de se connecter en tout moment sur le réseau pour s'auto-former et acquérir les compétences informationnelles comme l'on espérait. Toutefois, il faut dire qu'en ce qui concerne les enseignants de l'Université, ils ont l'obligation de s'abonner au campus numérique et peuvent par d'autres occasions se rendre dans les cyber-cafés pour se connecter afin de bénéficier des avantages qu'offre l'Internet.

2. La fréquence d'utilisation de l'Internet

Nous avons aussi sollicité comprendre la fréquence d'utilisation d'Internet chez les enquêtés. Cela va nous permettre de savoir si les enquêtés sont des « grands utilisateurs » d'Internet, c'est-à-dire s'ils ont commencé à se servir d'Internet il y a plusieurs années.

Tableau 19 : montrant la fréquence d'utilisation d'Internet

Parmi les 4 phrases suivantes, choisissez celle qui vous ressemble le plus

Effective

Pourcentage valide

Je n'ai jamais utilisé Internet, mais j'ai déjà vu quelqu'un le faire.

4

5,1

J'ai déjà utilisé, moi-même, Internet 1 ou 2 fois.

7

8,9

Valide

 
 

J'ai déjà utilisé, moi-même, Internet plusieurs fois (plus de 2 fois)

68

86,1

Total

79

100,0

Source : enquête de terrain 2019

En ce qui concerne l'utilisation de l'Internet, 86,1% des enseignants affirment qu'ils ont déjà utilisé Internet plusieurs fois ou plus de deux fois. 5,1% n'ont jamais utilisé Internet, mais ils ont au moins vu quelqu'un l'utilisé. Nous pouvons préciser que, pour tous ceux qui ont dit n'ayant pas utilisé mais ont vu quelqu'un le faire, n'ont plus à démontrer leur fréquence d'utilisation. Ainsi, un enseignant est considéré comme « non-usager » lorsqu'il déclare n'avoir « jamais » utilisé Internet. Car, l'objectif de cette enquête consiste à savoir ce que les enseignants font d'Internet, les restes des observations subséquentes seront basées uniquement sur les usagers d'Internet, qu'ils soient usagers réguliers ou occasionnels. Ainsi, les très peu nombreux non-usages (6 répondants c'est-à-dire 7,59% de la population totale) ont été exclus de l'échantillon pour les restes des activités. Cependant, les enseignants ayant utilisés l'Internet semblent l'utiliser plusieurs fois, soit plus de 90% des enseignants qui l'utilisent assez souvent ou très souvent. Aussi, les répondants ont pour la plupart, utilisé l'Internet pour la première fois

84

dans un atelier informatique, soit 46,8 %. Seulement 13, 9% utilisaient l'Internet pour la première fois à l'école. Étant donné qu'assez des répondants utilisaient l'Internet dans les ateliers informatiques, on peut penser raisonnablement que les comportements des utilisateurs qui sont identifiés dans cette enquête reflètent les modes d'utilisation et les habitudes de navigation effectifs des enseignants de l'Université plutôt qu'une série régulière d'usages ponctuels. Et, c'est ce qu'on avait constaté au niveau de leurs impressions sur l'Internet. Ces enseignants ne connaissent qu'Internet comme, un outil incontournable pour la communication. C'est pourquoi la recherche d'information demeure quelque chose utilisée mais pas fréquemment par les enseignants enquêtés. À l'instar des autres médias, Internet fait donc désormais partie de l'univers culturel des enseignants de l'Université de Ndjamena. Il appartient, comme la télévision, le téléphone, la radio, le cinéma ou la vidéo, à la panoplie des moyens techniques de diffusion et de communication qui sont désormais à la disposition de ceux qui ont les moyens de se les offrir. Toutefois il importe de se rappeler, comme nous l'avons souligné dans la section portant sur les opinions des enseignants que, nombreux ceux qui pensent qu'il faut prendre les informations provenant de l'Internet avec réserve. Nous nous sommes en suite intéressés au `'temps passé sur l'Internet.»

3. Les temps passés sur l'Internet

Le temps que nous passons sur l'Internet nous permet de découvrir d'autres applications d'Internet. Et cela va également nous aider à savoir l'importance de cet outil auprès des enquêtés, c'est-à-dire le fait de mettre trop de temps sur l'Internet, permet aux enseignants de se familiariser très rapidement à la recherche même si ces derniers n'ont pas suivi une formation sur l'utilisation de l'Internet.

Tableau 20 : temps mis sur l'Internet par jour

Temps passé sur Internet

Effectifs

Pourcentage valide

0 à 1h

21

28,8

1h à 1h 30mn

35

47,9

Valide 2h à 2h 30mn

10

13,7

3h ou plus

7

9,6

Total

73

100,0

Moyenne 1h à 1h30mn

 
 

Source : enquête de terrain 2019

Au regard de ce tableau, 47,9% des répondants passent d'une heure à une heure et demi (1h à 1h30) de leur temps sur Internet pour effectuer des recherches ou de communiquer. 13,7%

85

des répondants passent entre 2h et 2h 30mn de leur temps pour la recherche et la communication sur Internet. Nous remarquons également que 9,6 % des enseignants passent entre 3h et plus de leurs temps sur Internet. La moyenne de temps passés sur Internet s'élève à 1h à 1h30mn. Nous constatons que ce temps est loin de la moyenne mondiale des temps passés sur l'Internet publiée par la plate-forme de la gestion des médias sociaux Hootsuite et l'agence digitale We Are Social, qui montrent que la moyenne quotidienne de navigation est de 6h 45mn par jour (les internautes philippines passent en moyenne 9h et 45mn par jour en ligne, contre seulement 4h et 22mn par jour au japon.

Ainsi, nous disons que malgré qu'il y'a effectivement utilisation de l'Internet, les répondants sont encore très limités, comme nous aurons l'occasion d'en faire état dans la section sur les usages d'Internet dans le cadre académique. Mais le branchement d'Internet dans les Universités devrait se traduire, croyons-nous, par le développement d'une pratique « régulière » à moyen terme. Même si, dans bien des cas, les Universités du Tchad n'ont pas encore de stratégie systématique d'intégration étendue d'Internet comme outil pédagogique, on peut raisonnablement supposer qu'Internet va s'imposer assez rapidement comme ressource de toute première importance, quand vient le moment de chercher de l'information pour la réalisation de travaux académiques. Le fait qu'un nombre de plus en plus important des enseignants utilisent Internet pendant leur enseignement devrait également avoir un très important effet sur leur professionnalisme, qui se verrons forcer de garantir, un plus grand accès aux ressources en ligne pour répondre aux besoins de formation de tous les étudiants.

4. Les activités que font les enseignants enquêtés sur le Net

En ce qui concerne les activités que font les utilisateurs d'Internet, nous avons ciblé quelques activités qui sont fréquemment utilisées par les internautes soit dans le cadre de la recherche académique, et la communication, soit pour des intérêts personnels. Ainsi donc, de manière générale, nous constatons que la très grande majorité des enquêtés pratiquent des activités reliées à la communication. En conséquent, malgré qu'il y a un manque crucial en ce qui concerne la documentation physique, c'est-à-dire dans les bibliothèques, très peu des enseignants de l'Université font de l'Internet, un moyen qui pourrait combler le manque de la documentation que l'on s'observe à l'Université de N'Djamena. Alors qu'en réalité, ces enseignants devront être conscient du fait qu'ils n'ont pas des bibliothèques bien documentées et cela devrait leur laisser le choix d'utiliser massivement l'Internet pour la recherche d'information. La lecture et l'interprétation du tableau 21, permettra donc d'avoir une vision d'ensemble de ce que font les enseignants sur l'Internet.

86

Tableau 21 : sexe de répondant croisé avec les activités que l'on peut faire de l'Internet. En général, quand je vais sur Internet...

Réponse

Jamais

Rarement

A l'occasion

Souvent

Très souvent

Sexe

je visite des sites Internet (des pages Web)

Masculin

8,77%

26,31%

36,84%

21,05%

7,01%

Féminin

0%

56,25%

31,25%

12,5%

0%

 

Je cherche des informations pour mon intérêt personnel

Masculin

5,50%

19,29%

40,35%

28,07%

8,77%

Féminin

0%

0%

50%

50%

0%

 

Je cherche des informations pour mes travaux académiques

Masculin

1,75%

17,54%

33,33%

26,31%

21,05%

Féminin

0%

56,25%

37,5

6,25%

0%

 

J'utilise les outils de recherche (exemples: Yahoo!, Lycos, Alta Vista, Google)

Masculin

12,28%

10,52%

42,10%

21,05%

14,03%

Féminin

18,75%

31,25

50%

0%

0%

 

je laisse des commentaires sur les sites que je visite

Masculin

54,38%

26,31%

14,08%

5,26%

0%

Féminin

75%

25%

0%

0%

0%

 

Je communique en direct avec d'autres utilisateurs d'Internet (exemples: chat, etc.)

Masculin

5,26%

5,26%

17,54%

47,36%

24,56%

Féminin

0%

0%

0%

37,5%

62,5%

 

J'envoie des messages par courrier électronique (e-mail)

Masculin

3,50%

3,50%

66,66%

17,54%

8,77%

Féminin

0%

6,25%

93,75%

0%

0%

 

Je réponds à des sondages ou à des questionnaires

Masculin

75,43%

15,78%

5,26%

3,50%

 

Féminin

87,5%

6,25%

6,25%

0%

 
 

Je télécharge (download) des jeux vidéo, des images ou des logiciels

Masculin

42,10%

43,85%

8,77%

8,77%

0%

Féminin

62,5%

18,75%

18,75%

0%

0%

 

je commande ou j'achète des produits (exemples: disques, revues, livres, article etc.)

Masculin

77%

7, O1%

12,28%

3,50%

0%

Féminin

100%

0%

0%

0%

0%

 

je soumets mes articles pour l'évaluation avant la publication

Masculin

73,68%

10,52%

7,01%

7,01%

1,75%

Féminin

87,5%

0%

12,5%

0%

0%

 

je mets mon cours en ligne

Masculin

73,68%

17,54%

5,26%

1,75%

0%

Féminin

100%

 
 
 
 
 

Je me suis fait de nouveaux amis sur Internet

Masculin

1,75%

5,26%

12,28

40,35%

40,35%

Féminin

0%

0%

0%

62,5%

37,5%

Total 73

Hommes 57 Femmes 16

Source : enquête de terrain 2019

87

Au regard de ce tableau, nous constatons que les enseignants de l'Université, particulièrement ceux qui ont fait l'objet de cette enquête, n'ont pas l'habitude de visiter les sites Internet. Seulement 33,55% visitent souvent et 7,01% des répondantes visitent très souvent les sites Internet. Ce qui laisse croire que, les enseignants enquêtés n'ont pas assez de confiance à l'Internet ou ils utilisent l'Internet pour d'autres fin, même si 68,09% des répondants visitent les sites Net occasionnellement. Or, avec le nombre des sites que contient l'Internet aujourd'hui quel que soit leur nature, la visite des sites Net s'impose du-moins aux enseignants. Aujourd'hui, on compte plus d'un milliard de sites Internet et avec une augmentation très rapide également comme l'utilisation des réseaux sociaux. Ainsi, il faut savoir que plus de 44,4 millions de noms de domaines sont enregistrés dans le monde chaque année soit environ 123 000 par jour31.

Pour ce qui est de recherche de l'information pour son intérêt personnel, notons que les répondants font généralement les recherches pour leurs propres intérêts. Nous pouvons dont dire qu'après avoir observé le tableau 21, 40,35% et 28,07% des enseignants (sexe masculin) utilisent occasionnellement l'Internet pour leur propre intérêt. Et en ce qui concerne les femmes, nous observons qu'elles utilisent majoritairement l'Internet pour leurs propres intérêts, le tableau 21, montre effectivement que 50% des femmes utilisent occasionnellement et 50% utilisent souvent l'Internet pour la recherche des informations pour leurs propres intérêts.

Quant à la recherche des informations pour les travaux académiques, Bégault, B. (2007, p. 6) pense que la pratique informationnelle peut être considérée comme l'ensemble des actions et des choix de l'individu lors d'une phase de recherche d'information provoquée par un besoin d'information. Pour ce qui est de cette recherche, nous pouvons dire qu'en général, les répondants ne font pas souvent ou très souvent la recherche de l'information pour leurs travaux académiques. Même si nous avons vu dans les propos que les enseignants ont tenus sur leur représentation d'Internet que la fonction recherche et communication sont intimement liée à Internet. Bien qu'ils ont également montré que l'Internet a aussi comme avantages, la recherche de l'information, les enseignants ne connaissent pas que l'Internet constitue un accès à une ressource puissante et efficace en terme de recherche d'information, et qui peut contenir « tout le savoir du monde ». Il est dès lors, anormal de constater qu'ils ont des hésitations à se tourner vers Internet comme première source d'information documentaire. Sur ce, seulement 26,31% et 21,05 des hommes utilisent souvent ou très souvent l'Internet dans le cadre de leurs

31Spécialisée en Web Marketing et Inbound marketing depuis 2001, l'agence web Nolimit est à l'origine de la création et du suivi de plus de 624 projets web et plus d'un millier de campagnes publicitaires sur Facebook et sur les sites partenaire Google. En ligne à partir de : https://www.nolimitmaroc.com

88

recherches académiques. Tandis que chez les femmes, ce constat est encore grave, car seulement 6,25% des répondants de cette catégorie, utilisent l'Internet pour la recherche de l'information dans le cadre de l'enseignement apprentissage. En regardant ces chiffres, nous pouvons dire sans hésiter que si ces femmes se connectent souvent, elles ne le font pas souvent dans le cadre académique. Car, plus de la moitié, affirme qu'elle n'utilise pas l'Internet dans le cadre des travaux universitaires. Alors que ces femmes ont majoritairement les téléphones androïdes (confère figure 1), choses qui facilitent la connexion à l'Internet. Cela montre à suffisance qu'il n'y a aucune obligation formelle qui oblige les enseignants a utilisé l'Internet pour leurs activités académiques. Où notre hypothèque selon laquelle ces enseignants n'ont pas suivi une formation ou séminaire adéquate pour valoriser et montrer l'importance de l'Internet mérite d'être confirmée. Sinon, il serait illogique de dire que les enseignants de l'Université n'utilisent pas l'Internet dans le cadre de leurs travaux académiques. Mais le tableau 21 le montre clairement que 56,25% de la population féminine, qui enseigne pourtant à l'Université ne font pas recours à l'Internet quand il s'agit de rechercher de l'information pour constituer les travaux académiques. Or, il y a cela presque neuf (9) ans que Karsenti et Dumouchel (2011, p. 180) ont effectué une recension des études empiriques publiées entre 2002 et 2010 touchant aux compétences informationnelles des futurs maîtres au Québec. Ce faisant, ils ont constaté que les futurs enseignants québécois ont majoritairement et prioritairement recours aux TIC (c'est-à-dire Internet et les moteurs de recherche) pour obtenir de l'information dans le cadre de leurs études, tant dans leurs cours que lors de leurs stages d'enseignement. Même si après évaluation de leurs pratiques réelles, Karsenti et Dumouchel (2013, p. 13) ont constaté plus de lacunes que de forces dans les compétences informationnelles des enquêtés, ces enseignants font assez souvent recours à l'Internet pour la recherche d'information.

Ce qui est encore horrible, la population féminine dans l'ensemble, affirme qu'elle n'utilise pas souvent ou très souvent les moteurs de recherche tels que Yahoo, Erudit, Wikipédia, Alta Vista, Google, Google Scholar etc. Alors que ces moteurs de recherches sont des outils qui permettent aux « hommes avertis » de l'Internet de bénéficier des informations scientifiques que contiennent ces moteurs de recherche. Une fois de plus, nous pouvons dire que hormis Google qui peut être la porte d'entrer des toutes les informations quelque soient leurs natures et présente également les contenus des autres moteurs de recherche, les moteurs de recherche tels que cités, sont susceptibles de permettre aux enseignants d'avoir des informations spécifiquement scientifiques. Mais, 50% de la population féminine, affirme qu'elle n'utilise seulement à l'occasion ces moteurs de recherche. Et 31,25% déclare qu'elle n'utilise rarement ces moteurs de recherche. En ce qui concerne la population masculine, nous

89

constatons qu'elle utilise mieux les moteurs de recherche que les femmes. Car 21,05% et 14,03% déclarent qu'ils utilisent souvent et très souvent les moteurs de recherche pour avoir les informations scientifiques. Seulement 12,28% n'utilisent jamais les moteurs de recherche. Au contraire une étude menée par Traoré, B-S. (2008, p.70) auprès des enseignants et étudiants de l'Université de Mali, montre que les universitaires maliens utilisent de façon majoritaire (94,3%) les moteurs de recherche. De la même manière, l'étude menée par Karsenti et Dumouchel (2013, p.15) auprès de futurs enseignants au Québec, montre que parmi les futurs enseignants interrogés, 85,7 % ont affirmé utiliser souvent, très souvent ou toujours les moteurs de recherche généralistes comme Google lorsqu'ils cherchent de l'information dans le cadre de leurs études. Nous pouvons donc dire que même si en réalité, les contextes ne sont pas les mêmes, l'étude réalisée par karsenti et Dumouchel ne sont pas auprès des enseignants dits « chercheurs » de l'Université. Aussi leur étude date de 2013, donc plus de 6 ans de plus que notre étude, et dont notre résultat pouvait être plus positif en faveur de l'utilisation d'Internet que leur étude. Et comme les répondants de notre étude peinent à utiliser les moteurs de recherche, ils ne pourront pas laisser les commentaires sur les sites consultés. Même en contexte africain, Kitumu, M. (2019, p. 174) dans son étude auprès des personnelles de l'Université de Congo, montre que sur l'ensemble de deux catégories (scientifiques et académiques), qu'il a orienté son étude, une importante utilisation des moteurs de recherche, soit 86,75% pour les scientifiques et 49,33% pour les académiques. Ce qui prouve qu'au Tchad, la réalité des enseignants du supérieur est plus loin de leurs collègues des autres pays. C'est ce qui traduit dans le tableau 21. Toutes les femmes enquêtées n'ont jamais laissé un commentaire après avoir consulté un site Net. Et ce constat et le même chez les hommes, malgré que 5,26% déclarent laisser souvent les commentaires sur les sites consultés. Et donc, nous pouvons dire à propos que la formation à la recherche d'information pourrait permettre aux enseignants qui ne sont pas informés des différents moteurs ou bases de données, de les utiliser davantage pour leur recherche.

Cependant, c'est formidable quant à la communication en direct avec d'autres utilisateurs d'Internet. En observant le tableau 21, nous constatons que les répondants en général sont dans la logique des internautes du 21e siècle. Ainsi, nous confirmons l'hypothèse selon laquelle aujourd'hui plus des internautes se connectent juste pour communiquer avec d'autres utilisateurs, avancés par Karsenti et d'autres chercheurs. Il faut également rappeler que nos répondants avaient déjà confirmé lorsqu'ils définissaient le mot Internet en assimilant celui-ci à un outil de communication. Car, chez la population féminine, 37,5% utilise souvent et 62,5% utilise très souvent l'Internet pour communiquer en direct avec d'autres utilisateurs. Nous

90

pouvons donc dire que ces chiffres sont significatifs puisque cette population détenait tous les téléphones androïdes (confère figure 1) et elle avait également en générale, préféré la connexion à partir de téléphone mobile. Chez les hommes, 5,26% et 5,26% utilisent jamais ou rarement l'Internet pour communiquer. Nous pouvons qualifier ceux-ci des « petits utilisateurs » d'Internet. Mais nous constatons que la majorité des enseignants et enseignantes envoient le message à travers le mail. Cependant, la plupart envoient occasionnellement le message par ce canal. Soit un pourcentage de 66,66, c'est-à-dire que dès que le besoin se fait sentir, ils utilisent le courrier électronique pour se communiquer. Alors que la population féminine le fait presque tous, c'est-à-dire 93,75% utilisent le courrier électronique occasionnellement. En générale, nous pouvons donc dire que les enseignants enquêtés utilisent majoritairement l'Internet pour la communication. Le fait que la majorité utilise occasionnellement le courrier peut être expliqué par le fait que l'on ne peut faire plus des choses sur le mail, car son utilisation est asynchrone. Il n'a pas assez des fonctionnalités comme Facebook ou d'autres réseaux de communication. C'est pourquoi les enseignants enquêtés, globalement utilisent le mail occasionnellement pour communiquer un message. Du coup, nous pouvons dire que même si ces enseignants n'utilisent pas assez l'Internet pour la recherche, ils le font plus pour la communication. C'est pourquoi pour l'énoncé tel que « Je me suis fait de nouveaux amis sur Internet », c'est formidable de voir que la majorité des répondants confirme qu'elle le fait souvent ou très souvent. Chez les femmes, elles ont à 100% qui affirment qu'elles se font souvent des amies sur le Net, même si chez les hommes, quelques-uns disent n'avoir jamais eu des amis sur le Net, soit 1,75%. Ce qui suppose que dans l'ensemble, les répondants connaissent l'Internet dans sa fonction communicationnelle ou sociale. L'autre constat le plus frappant, c'est la participation au sondage ou aux enquêtes en ligne. Les enquêtés n'ont pas pour la plupart utilisé ce type de service qu'offre l'Internet. Cette affirmation s'est concrétisée lorsque nous avons voulu soumettre le questionnaire de cette présente étude en ligne. Les enseignants nous sont clairement dits que si c'est en ligne, ils ne pourront pas remplir. Et comme on avait constaté, ils n'ont pas assez développé les pratiques élevées de l'Internet et se contentent seulement de communiquer et faire des recherches non-avancées sur le Net. Ainsi donc, 87,5% et 75,43%, n'ont jamais répondu à des sondages ou à des questionnaires en ligne et même ceux qui affirment le faire rarement, nous ne sommes pas convaincus qu'ils le font réellement. Cela parait aussi identique pour l'énoncé « Je télécharge (download) des jeux vidéo, des images ou des logiciels ». Car, pour cet énoncé, 8,77% des hommes seulement le font souvent, et aucune femme télécharge souvent les jeux, vidéo, des images, moins encore le logiciel. Alors qu'aujourd'hui, You tube est devenu le deuxième site le plus visité dans le monde après Google

91

selon les classements d'Alexa32, notamment grâce aux vidéos qui circulent sur You tube. Chez les enseignantes enquêtées par exemple, il est étonnant de dire que 62,5% n'ont jamais téléchargé quelque chose sur Internet, que ce soit vidéo, image, jeux, ou des logiciels. Nous n'allons pas aussi dire que tous les outils numériques cités ne font pas partis de priorités de nos répondants, car il est inadmissible que cela puisse paraitre. Posséder un ordinateur et n'est jamais bénéficier des avantages qu'offre l'Internet, en ce qui concerne le téléchargement des vidéos éducatives pour s'auto-apprendre ou pour illustrer son enseignement ; les images pour illustrer le cours et tout autre téléchargement qui pourront contribuer à la construction de connaissance. Ceci montre que nos répondants ne sont pas des « grands utilisateurs » d'Internet. Et ne connaissent que l'utilisation de service comme les réseaux sociaux. Mais le constat le plus remarquable, c'est le cas de l'énoncé « je commande ou j'achète des produits (exemples : disques, revues, livres, article etc.) ». Les répondants n'achètent à peine les documents électroniques. Dans la généralité, 12,28% seulement affirment qu'ils achètent à l'occasion les documents numériques sur Net. Chez les femmes, sur 16 qui ont répondu à la question, on constate qu'aucune d'entre elle ne fait les achats en ligne. Cela témoigne que les répondants sont à majoritaires novices dans l'utilisation de l'Internet. Ceci peut être justifié par le fait que ces enseignants ne font pas des publications scientifiques dans leur discipline respective et se contentent juste d'utiliser l'Internet pour la communication. Sinon comment admettre qu'étant enseignant de l'Université, 77% des hommes et 100% des femmes affirment qu'ils n'ont jamais commandé ou acheté des produits sur l'Internet ?

Pour ce qui est de cet énoncé « je soumets mes articles pour l'évaluation avant la publication » il faut déjà comprendre que si la plupart des enseignants ne font pas des achats sur le Net, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent franchir la barrière qui existe entre le Tchad et d'autres pays. Déjà nous avons vu au chapitre 1 que la publication scientifique est presque inexistante dans les Universités du Tchad. Ainsi, nous comprenons aisément que cela constitue un défi majeur pour l'Etat tchadien et pour les acteurs eux-mêmes. Ou bien, nous pouvons émettre l'hypothèse selon laquelle le manque des enseignants au grade « chargés de cours et des professeurs titulaires » sont les causes de l'absence de publication scientifique dans les Universités du Tchad en générale et Université de Ndjamena en particulière. Alors qu'en réalité, même les assistants des Universités doivent publier les articles scientifiques dans leur domaine. Même si nous n'avons pas eu les données qui nous permet de dire exactement les chiffres quant aux financement de l'Etat dans le domaine de recherche, nous savons au moins que l'Etat a

32 Alexa est une entreprise qui réalise un classement de tous les sites mondiaux, et ce classement est réalisé en fonction du nombre de visiteurs unique et du nombre de page vue par chaque visiteur. En ligne à partir de : www.alexa.com/topsites

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l'obligation de financer les recherches et d'ailleurs l'Etat le fait assez souvent. C'est pourquoi, au Tchad, dès que les enseignants de l'Université ne perçoivent pas ces « primes de recherche », les cours sont souvent perturbés puisqu'ils revendiquent en tout moment cette prime. Alors que ces derniers ne soumettent presque pas les articles ou tout autre document en ligne. Seulement 7,01% des enquêtés disent avoir soumis souvent et 1,75% très souvent les articles avant la publication. Or chez les femmes enquêtées, la majorité ne soumet pas les articles avant la publication (87,5%). Seulement 12,5% dit avoir soumis les articles avant la publication. Il faut dire que les énoncés qui ont été conçus, suivent un certain niveau de complexité, c'est-à-dire plus nous entrons en profondeur de nos énoncés, plus nous constatons que les petits utilisateurs de Net ne font presque plus ces activités. C'est pourquoi aux énoncés qui suivent, les résultats sont toujours négatifs du point de vue de l'utilisation de l'Internet. Et comme la plupart de répondant ne soumet pas leur article en ligne avant la publication, l'énoncé selon laquelle « je mets mon cours en ligne », ne nous surprend plus, car il présente un résultat similaire. Ainsi, 73,68% déclarent qu'ils n'ont jamais mis leurs cours en ligne. Pour cet énoncé, nous pouvons dire qu'en réalité, pour mettre son cours en ligne, il faut au moins suivre une petite formation appropriée à la mise en ligne de cours ou un enseignant qui aurai suivi son parcourt en technologie ou encore c'est lorsqu'il a une grande expérience en technologie. Et, en ce qui concerne la population féminine, et comme le précédant, les enseignantes affirment à 100% qu'elles n'ont jamais mis leurs cours en ligne. Ainsi, le degré de « sophistication » de l'usage du Net ou du surf jusqu'à des activités plus « sérieuses », comme la recherche à l'aide des outils de recherche, achat des documents ou encore la soumission des articles pourrait dépendre autant des habitudes de l'usager et de son niveau de scolarisation que de sa familiarisation avec le nouveau média.

En effet, l'objectif de ces figures et de ces tableaux est de savoir si les moyens d'accès, utilisés par les enseignants et les enseignantes leur permettaient, malgré leurs diversités, de bénéficier des services d'Internet sans trop de difficultés. En d'autres termes, le fait qu'il y ait une prédominance du téléphone par rapport à l'ordinateur et à la tablette chez les enseignantes ou encore une préférence de l'ordinateur par les enseignants comme matériels d'accès à Internet, n'affecte pas significativement l'utilisation de cette technologie chez les enseignants questionnés. Cependant, il se dégage une différence significative au niveau de finalité de l'utilisation d'Internet. Les enseignantes utilisent l'Internet plus pour la communication, peu d'entre elle fait de la recherche d'information. Alors que chez les hommes, les finalités de l'utilisation sont partagées, c'est-à-dire l'utilisation varie selon l'utilisateur.

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5. La publication électronique

Avant d'entrer dans le résultat de l'enquête, nous précisons qu'en ce qui concerne la publication scientifique, le Rapport de la commission parlementaire sur l'éducation, a fait un état de lieu et dans ce rapport (p.67) il est clair que même si l'Etat a déployé un prime à la hauteur de 1,7 milliards pour aider les enseignants pour leurs travaux scientifiques, le rapport conclue que dans la réalité, la recherche est pratiquée par une poignée de chercheurs ou d'enseignants-chercheurs. La majorité ne pratique aucune activité de recherche. Or dans son article où elle montre comment la publication électronique a succédé la publication de « correspondance par échanges de lettres », Bégault, B. (2007, p. 2) montre que dans les années 90 l'ensemble du système de communication de la science se trouve affecté par le recours à l'Internet à différents niveaux selon les disciplines. Car, le support papier s'est vite dépassé par certaines pratiques éditoriales en ligne. Pour Mehrezi, M. (2010, p. 32), ses limites se multiplient si on le compare avec le support électronique. Justement à cause de sa lenteur, car attendre plusieurs mois pour publier un article dans la revue scientifique à comité de lecture et aussi les compétences en informatiques sont plus performantes que les compétences du support traditionnel. Le système éditorial de l'information sur papier est compliqué et parfois fragile. Ainsi, afin de résoudre les problèmes de lenteur de diffusion des connaissances, d'impartialité, de priorité et de plus grande visibilité des travaux de recherche, le périodique scientifique, alors désigné par « journal », fut créé comme une alternative au livre. C'est en ce sens qu'aujourd'hui, les chercheurs sont conscients que les fonctions de la revue papier, communication, archivage etc. doivent être conservées dans la version électronique. En cela, il est commun de dire qu'à l'ère de la globalisation, un enseignant chercheur ne peut pas se soustraire quant à la publication électronique. Mais en Afrique en générale, la publication est l'activité la moins pratiquée, cependant elle est mieux pratiquée dans d'autres Universités africaines tels que : Cameroun, Sénégal, Tunisie etc. Alors que Bégault (ibid), nous montre que les différents travaux en sociologie des sciences ont montré le rôle fondamental de la communication scientifique dans le travail du chercheur. Selon elle, « L'article, la publication est à l'origine de la reconnaissance d'un scientifique par ses pairs », qui se traduit par « publier ou périr » pour tout chercheur. La publication d'un article n'est pas pour le chercheur seulement un moyen de communiquer les connaissances qu'il a construites, de faire connaître une découverte et de procéder à des échanges entre chercheurs, mais c'est aussi le moyen d'obtenir l'aval d'un comité de lecture qui garantit le niveau scientifique des travaux et permet d'être reconnu en tant que membre de sa communauté. Cette réalité, sera traduite dans la présente recherche, car en

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observant le tableau 22, nous ne sommes plus surpris par le fait que, plus de la moitié des répondants n'a jamais fait une publication électronique.

Tableau 22 : la publication électronique

Effectif

Sexe de répondant

Avez-vous déjà publié un travail scientifique

Total

 

Oui

Non

 

Masculin

11

46

57

Féminin

2

14

16

Total

13

60

73

Source : enquête de terrain 2019

De ce tableau, il en ressort que 75,7% des répondants affirment ne jamais avoir publié un travail scientifique sur Internet. Seulement 24,3% affirment avoir publié des articles scientifiques sur Internet. Ceci confirme à suffisance le manque de connaissance dans le domaine de la publication scientifique des enseignants du Tchad qui ont fait l'objet de l'enquête. Il faut dire que nous sommes témoin du fait qu'au Tchad en général, dans les grandes Universités (N'Djamena, Moundou, Abéché), les enseignants ne font presque pas la communication scientifique, ni des conférences débats sur une problématique bien définie. En ce qui concerne le genre de répondants, 2 femmes sur 16 affirment publier un travail scientifique. Cela témoin aussi la réalité des enseignants supérieurs au Tchad en général. Chez les hommes, 11 personnes sur 57 ont au moins publié un document scientifique. Alors que depuis 1997 et 2002, Annaïg Mahé et Ghislaine Chartron, cité par Béatrice Bégault, ont réalisé une étude qualitative sur le Campus de Jussieu, à Paris, auprès de chercheurs et de doctorants et auprès de chercheurs du Commissariat à l'Energie Atomique afin de déterminer les usages des revues électroniques. Et le résultat montre que les publications périodiques électroniques sont connues et utilisées par un grand nombre de chercheurs. Pour cette recherche menée en 2019, les enseignants de la grande Université du Tchad, ne font presque pas la publication électronique. Il faut encore préciser que la suite de cette question était de préciser la nature du document publié. C'est ainsi que nous avons pu savoir exactement ce que ces enseignants ont publié sur l'Internet. Parmi les 11 enquêtés qui ont publié les documents scientifiques, 4 ont publié leur thèse de doctorat, les livres et les articles scientifiques en ligne. 3 autres répondants ont publié les livres et leurs mémoires de Masters, et 4 autres ont seulement publié leurs mémoires de master. En général, nous constatons que la majorité de ces enseignants ont comme

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la publication scientifique, le mémoire et leur thèse de doctorat. Or, le mémoire et la thèse sont des travaux des recherches académiques, c'est-à-dire pour chaque étudiant en master ou en thèse doit dans la stricte obligation produire un mémoire ou une thèse à la fin de sa formation. Du coup, il revient à dire que, ces enseignants ne sont pas des chercheurs au sens du terme. Car, hormis leur thèse et mémoire (travaux académiques), ils ne font plus la recherche et la publication s'arrête à ce niveau.

Mais, nous pensons que la formation des enseignants pouvait améliorer la qualité de l'utilisation de l'Internet et surtout les connaissances de l'utilité de l'Internet, c'est pourquoi nous avons posé une question pour savoir si certains enseignants ont suivi une formation. La question est celle qui suit : avez-vous reçu une formation relative à la mise en ligne des cours, à la rédaction d'articles en ligne ? A cette interrogation, nous pouvons rappeler qu'au Tchad, la formation qui avait eu lieu en faveur des enseignants, est celle organisée par le Campus Numérique de la Francophonie. Le CNF faisait une formation permanente pour la recherche documentaire, publication scientifique en ligne, mais la formation s'effectue selon les besoins exprimés. De ce fait, sur l'ensemble des enseignants qui ont participé à cette étude, la majorité n'a pas suivi une formation, en ce qui est de la publication électronique (tableau 23)

6. Formation à la mise en ligne des cours

Dans cette section, nous voulons savoir si les répondants ont suivi une formation pour leur permettre de mettre leur cours en ligne. Car, pour mettre un cours en ligne, il faut au préalable avoir une bonne maitrise des outils technologiques notamment de l'Internet. Le tableau ci-dessous montre le résultat obtenu de répondants.

Tableau 23 : formation relative à la mise en ligne des cours

Valide

Effectifs

Pourcentage valide

Oui

4

5,5

Non

69

94,5

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain 2019

De ce qui précède, il en ressort que 94, 5% des répondants affirment n'avoir jamais reçu une formation relative à la mise en ligne des cours et à la rédaction d'articles en ligne. Ce qui justifie le faible niveau de connaissance en Internet chez les enseignants enquêtés. Seulement 5,5% affirment avoir déjà reçu des formations relatives à la mise en ligne des cours, à la rédaction d'articles en ligne. Et ceux ayant suivi une formation, ont tous précisé qu'ils ont bénéficié de formation offerte par le Campus Numérique de la francophonie. Et ensuite, nous

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nous sommes intéressés à une autre question trop technique de l'utilisation de l'Internet pour la recherche de l'information. Il s'agit de la veille informationnelle.

7. La veille informationnelle

Avant de se prononcer sur le résultat de cette enquête, il serait pour nous important de s'accorder sur la notion de la `'veille informationnelle». Nous entendons par veille informationnelle, un processus de surveillance permanente, paramétrable et automatisable, qui permet à un utilisateur d'être informé des publications les plus récentes quant à ses domaines de recherche ou à son centre d'intérêt. Lardy, J-P (s.d) définit la veille informationnelle comme « l'ensemble des stratégies mises en place pour rester informé, en y consacrant le moins de temps possible en utilisant des processus de signalement automatique ». La veille informationnelle recouvre plusieurs domaines : la veille scientifique, technologique, économique, juridique, et la veille commerciale. Pour ce faire, en automatisant, l'utilisateur bénéficie d'un gain de temps considérable tout en disposant d'une information actualisée. Pour éviter d'être parasité par une information peu ou moins pertinente, l'utilisateur devra être précis quant aux critères de sélection de sa veille ou autrement appelé : son profil de recherche. Dans le domaine de la recherche scientifique, l'utilisateur peut faire sa veille à partir des moteurs de recherche qualifiée (Google sholar par exemple) ou à partir des certains sites, par exemple Academia.edu. Il y a plusieurs méthodes que l'utilisateur peut entreprendre :

- Alerte par courriel ;

- Abonnement à des lettres d'information ou les newsletters ; - Microblogage ;

- Agrégation de flux d'actualité.

Détailler ces différentes méthodes ne fait pas l'objet de cette étude, nous avons juste montré en quoi consiste la veille informationnelle dans le domaine de la recherche sur l'Internet. Alors, cette étude qui a pour souci de voir les différentes utilisations de l'Internet spécifiquement chez les enseignants ou encore les enseignants chercheurs de l'Université de Ndjamena, va plus loin, cherchant ainsi à comprendre le niveau d'appropriation d'Internet chez les enquêtés pour pouvoir leur aider à mieux utiliser l'Internet dans le cadre de leurs travaux scientifiques. Cependant, ces enseignants enquêtés ont du mal à utiliser l'Internet pour la recherche, ou pour d'autres finalités, si ce n'est que pour communiquer. Le tableau ci-dessous nous permet de faire une analyse de la question de la veille informationnelle chez les enseignants enquêtés. Le but du tableau 24, était de voir les effectives des enseignants participants à l'enquête qui font la veille informationnelle. Le but est de s'assurer si les enseignants utilisent réellement ce service que nous avons jugé utile pour un chercheur. Mais

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le résultat dans la généralité n'est pas aux attentes des « enseignants chercheurs » d'une Université d'Etat de ce 21e siècle.

Tableau 24 : veille informationnelle

Valide

Effectifs

Pourcentage valide

Oui

6

8,2

Non

67

91,8

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain 2019

En observant le tableau 24, sur 73 enseignants de sexes confondus qui ont participé à l'enquête, l'on note 6 enseignants soit un pourcentage de 8,2, qui font réellement les veilles informationnelles sur l'Internet. La majorité des enseignants ignore ce service. On note donc 91,8% des répondants qui ne font jamais la veille informationnelle. Et même ceux qui le font, une fois encore, il faut dire que cette recherche n'était pas pratique pour savoir exactement si les répondants qui ont déclaré qu'ils font réellement la veille informationnelle, la pratiquent vraiment et s'ils la maitrisent. Là encore, nous pouvons douter de leur compétence à réaliser une veille informationnelle.

Conclusion

Au vu de ces résultats, nous précisons encore que cette recherche a pour but, d'identifier les différentes pratiques de l'Internet chez les enseignants de l'Université de N'Djamena. Car, nous sommes dans un monde où l'Internet est omniprésent dans toute la société. Et en éducation l'Internet a modifié complètement le rapport des enseignants et le savoir, le rapport entre les enseignants eux-mêmes, voire entre les enseignants et étudiants. Du coup, les enseignants de l'Université sont dans l'obligation de se transformer dans ce `'monde du numérique». Malgré que les enseignants de l'Université de N'Djamena disposent un nombre important des ordinateurs portables et les téléphones mobiles, la connexion à l'Internet reste un défi majeur. Car, ces derniers ne bénéficient pas pleinement des possibilités qu'offre l'Internet. Il y'a également une différence significative entre les genres de répondants. Les hommes possèdent plus de l'ordinateur que les femmes, (86,66 % des hommes contre 42,10% des femmes). Cependant, toutes les enseignantes (femmes) enquêtés utilisent les téléphones version androïde mais ne font presque pas de la recherche de l'information. Seulement 33,55% visitent souvent et 7,01% des répondantes visitent très souvent les sites Internet. Mais la population féminine visite moins les sites nets que les hommes. Il faut en conclure que les enseignants ne savent pas

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tous que l'Internet constitue un accès à une ressource puissante et efficace en termes de recherche d'information, et qui contient de nos jours presque « tout le savoir du monde ». Ainsi, pour comprendre le niveau d'intégration de l'Internet chez les enseignants enquêtés, nous avons convoqué deux théories élaborées par Hall et Hord (2001) et celle développée par Moersch (1995, 2001). En ce qui concerne l'utilisation d'une innovation, Moersch a montré les différentes phases auxquelles, les chercheurs doivent s'y prendre pour comprendre le niveau d'intégration de l'innovation par les enquêtés. En rappelle, il y'a donc six (6) étapes à travers lesquels l'enseignant en processus d'intégration des TIC peut progresser : non-utilisation, sensibilisation, exploration, infusion, intégration, expansion et raffinement. Et quand nous rapprochons notre résultat au modèle théorique de Moersch, nous pouvons situer le niveau d'utilisation de l'Internet des enseignants au niveau 1 et 2. Au niveau1, l'utilisateur à un contact indirect avec l'Internet qui est donc présent dans l'environnement par exemple une utilisation de l'Internet pour la communication, ou comme un moyen pour télécharger les supports du cours. Et au niveau 2, l'Internet offre de complément à l'enseignant, c'est-à-dire renforcement, enrichissement, exercices répétitifs, jeux, recherche d'information. Et en ce qui concerne le niveau d'utilisation de Hall et Hord, les auteurs proposent également six (6) niveaux pour comprendre le niveau d'implémentation de l'Innovation : orientation, formation initiale, automatismes, indépendance, intégration, renouveau. Nous situons donc nos enquêtés au niveau 2 et 3. Au niveau 2, les enseignants se préparent à utiliser l'Internet, et les enquêtés doivent avoir une formation continue pour bien exploiter l'Internet. Au troisième niveau, c'est le niveau où les premières utilisations de l'Internet s'effectuent. Et donc les enseignants peinent à maîtriser l'Internet. Car, c'est au niveau 4, que les utilisateurs de l'innovation pourront bien la maîtriser.

En somme, dans un contexte où la profession enseignante universitaire passe surtout par le biais des TIC, les compétences en Internet sont indubitablement nécessaires à maîtriser. Le prochain chapitre se penchera sur les niveaux de maîtrise et des compétences des enquêtés.

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CHAPITRE 4 : LA MAÎTRISE ET LES COMPETENCES EN INTERNET

Aujourd'hui, il est tout naturel de penser que les enseignants du supérieur doivent être habiles avec les technologies afin de pouvoir s'en servir efficacement. Alors qu'au Tchad par exemple, certains enseignants des Universités sont incapables de nommer un moteur de recherche scientifique tel que Google Scholar et de vérifier effectivement si l'information trouvée sur Internet est une bonne information. Cependant, bien que la majorité des enseignantes et enseignants enquêtés aient du mal à utiliser l'Internet pour la recherche de l'information, ils présentent également les difficultés à obtenir ce qu'ils ont besoin. Nous nous posons dont la question de savoir quelle est le niveau de maîtrises et les compétences réelles de ces enseignants en vers quelques pratiques qu'un utilisateur d'Internet doit développer dans le domaine de communication et la recherche de l'information ? Car, nous avons vu au chapitre 1 que, l'Internet est entré au Tchad depuis 1997 et qu'il est devenu accessible à tout le monde en 2004. Cette réalité demeure peu intégrée dans les pratiques des enseignants de l'Université. Cette situation est problématique, plus particulièrement si nous considérons aujourd'hui que l'Internet est devenu « la source d'information » et également un moyen incontournable chez les enseignants de l'Université en général, comme nous l'avons vu dans le chapitre introductif de ce travail. Mais, pour naviguer efficacement sur le Web, il est nécessaire d'avoir la maîtrise et de posséder les compétences informationnelles pour pouvoir déterminer de quelle information on a besoin, de la trouver, de l'évaluer et de l'utiliser efficacement, (Karsenti et Dumouchel 2013 ; Fournier 2007 ; Dumouchel, 2016). C'est en ce sens qu'en d'autres contextes, les chercheurs et les services documentaires ont élaboré les compétences nécessaires pour une utilisation efficace de l'Internet : le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Française (2010) ; l'Association des Directeurs et Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation (2012) ; la CREPUQ (2005), UNESCO (2011). Pour ce faire, les compétences informationnelles doivent plus particulièrement être maîtrisées par les enseignants actuels et futurs lorsqu'ils ont besoin de faire carrière dans l'enseignement (Karsenti et Dumouchel, 2010 ; UNESCO, 2011).

Cette section de notre travail, va beaucoup plus chercher à identifier le niveau de maîtrises et de compétences envers certains outils que nous avons identifié dans la littérature sur la compétence en Internet. Ainsi, l'étude du champ de « maitrise et les compétences » va consister à préciser le degré et le type d'intégration d'Internet au sein des habitudes de la profession enseignante de l'Université de N'Djamena. L'étude visera notamment à identifier les niveaux de maitrise envers les pratiques d'Internet que nous avons jugés nécessaires pour la

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recherche et les partages de l'information. Ces pratiques sont identifiées une fois de plus grâce à la littérature traitant la question des maitrises de l'information (Dumouchel, 2016 et Fournier 2007). En ce qui concerne les compétences, nous nous intéressons particulièrement aux compétences qui relèvent de ces deux domaines : les outils de communication et pour la recherche d'information. En fin, nous mettons en lumière les obstacles qui empêchent les enseignants enquêtés à utiliser correctement l'Internet dans leur carrière enseignant.

1. Les niveaux de maîtrise envers les pratiques d'Internet

Richardson, J. et all (2017) dans leur manuel de maîtrise de l'Internet stipulent que bientôt 3,5 milliards d'utilisateurs, (4,5 milliards d'internautes en 2020), Internet constitue une source intarissable d'informations à découvrir et à partager. Mais la complexité du monde en ligne est telle qu'il n'est pas toujours facile d'y naviguer en sécurité. C'est pourquoi il faut en connaître les bases. Selon l'UNESCO (2007) ...Tout au long de la vie, plus on apprend et plus on connaît, mais surtout plus vite on maîtrise et adopte des capacités, habitudes et attitudes d'apprentissage efficaces, trouver comment, où, auprès de qui et quand rechercher et extraire l'information dont on a besoin mais qu'on n'a pas encore acquise - plus on maîtrise l'information. L'aptitude à appliquer et à utiliser ces capacités, habitudes et attitudes permet de prendre des décisions judicieuses en temps opportun pour faire face aux difficultés qui peuvent survenir sur les plans personnel et familial comme sur, les plans de la santé et du bien-être, de l'éducation, de l'emploi, de la citoyenneté et autre. C'est ainsi que l'UNESCO (2007 p.10-15) définit la maîtrise d'information en onze grande étape :

- Constater l'existence d'un besoin ou d'un problème dont le règlement satisfaisant nécessite de l'information ;

- Savoir comment identifier et définir avec précision l'information nécessaire pour satisfaire le besoin, régler le problème ou prendre la décision ;

- Savoir comment déterminer si l'information nécessaire existe ou n'existe pas et, dans le second cas, savoir comment créer ou faire créer l'information qui n'existe pas (on parle aussi ici de « création de nouvelles connaissances ») ;

- Savoir comment trouver l'information nécessaire lorsqu'on s'est assuré qu'elle existe.
- Savoir comment créer, ou faire créer, l'information dont on a besoin mais qui n'est pas

disponible ; on parle parfois à ce propos de « création de nouvelles connaissances » ;

- Savoir comment bien comprendre l'information que l'on a trouvée, ou savoir où

s'adresser pour obtenir de l'aide à cet effet si nécessaire ;

- Savoir comment organiser, analyser, interpréter et évaluer l'information, y compris la fiabilité des sources ;

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- Savoir comment communiquer et présenter l'information à autrui dans des formats et sur des supports appropriés et utilisables ;

- Savoir comment utiliser l'information pour résoudre un problème, prendre une décision ou satisfaire un besoin ;

- Savoir préserver, stocker, réutiliser, enregistrer et archiver l'information en vue de son utilisation future ;

- Savoir comment se défaire de l'information dont on n'a plus besoin et sauvegarder celle qui doit être protégée.

Dans l'« Introduction à la maîtrise de l'information », l'UNESCO rapporte que, la Proclamation d'Alexandrie, adoptée en novembre 2005 par le Colloque de Haut-Niveau sur la maîtrise de l'information et l'apprentissage tout au long de la vie, définit la maîtrise de l'information comme un moyen de « permettre aux gens, sur tous les chemins de la vie, de chercher, d'évaluer, d'utiliser et de créer l'information pour des objectifs personnels, sociaux, professionnels et éducationnels ». Ainsi, nous sommes partis de ces différents points de vue sur la maîtrise de l'Internet, pour évaluer le niveau de maitrises de nos enquêtés sur quelques pratiques d'Internet.

Nous rappelons que le questionnaire adopté comprend une question proposant aux enseignants, de juger globalement leur degré de maîtrise des TIC selon une échelle. Le participant est invité à exprimer un choix de réponse gradué selon le degré de maîtrise des outils technologiques : (1=Novice, 2=Moyen, 3= Bon, 4= Très bon, 5= Expert).

1.1 Un logiciel de création de site web (Frompage, wordpress etc.)

Comme son nom l'indique, un logiciel de création d'un site web est un outil permettant de créer et de modifier facilement les pages web. On utilise aussi l'expression de CMS (Content Management System), pour qualifier ce type d'outil, utilisé aujourd'hui par près de beaucoup des sites dans le monde. Autrement dit, ces logiciels permettent de disposer d'une interface en ligne à partir de laquelle il est possible de créer, modifier et organiser les pages web du site. Alors que le site lui-même, est composé d'un ensemble de documents structuré en « pages » hébergées sur un ordinateur connecté à Internet. Une page Web peut associer des textes, des sons, des images, des vidéos, et des liens vers d'autres pages (liens hypertextes). Aujourd'hui, n'importe qui peut publier de l'information sur le Web, on y trouve potentiellement tout. C'est en ce sens que Karsenti, T. et Dumouche, G. (Op. cit, p. 13) renchérirent qu'avec l'arrivée du Web 2.0, les internautes sont désormais en mesure de créer et de partager facilement du contenu et d'interagir avec celui-ci, notamment en utilisant des outils comme les blogues et les micro-blogues, qui permettent d'écrire et de communiquer rapidement de l'information sur le Web, et

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les wikis qui permettent d'élaborer du contenu de façon collaborative et continue. Malgré son importance en ce qu'il diffuse rapidement l'information dans le monde entier, nous avons observé qu'en général, les enseignants de l'Université de N'Djamena n'ont pas encore entré pleinement dans cette innovation qui envahie le monde en général et les chercheurs d'Universités en particulier (tableau 25).

Tableau 25 : logiciel de création d'un site web

 

Effectifs

Pourcentage valide

novice

52

71,2

moyen

14

19,2

Valide bon

4

5,5

Très bon

3

4,1

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain 2019.

De ce tableau, il en ressort que, dans la généralité les enseignants de l'Université n'ont pas la maîtrise de logiciel de création de page web. Comme nous avons vu dans les chapitres précédents, il semble identique pour le logiciel de création de page web. Il n'est donc pas étonnant de voir que 71,2% des enseignants de deux sexes, déclarent qu'ils sont novices dans cette pratique. Seulement 5,5% déclarent qu'ils ont une bonne maîtrise et 4,1% affirment qu'ils ont une très bonne maitrise de logiciel de création d'un page web. La forte représentativité de ceux qui n'ont pas la connaissance de cet outil, peut-être s'expliquer par le fait que les enseignants de façon générale n'ont pas suivi une formation dans le domaine de technologie ou n'ont pas suivi une formation continue dans ce domaine. Ceux qui ont la maîtrise de cet outil, nous pouvons émettre l'hypothèse qu'ils auront suivi la formation donnée par le campus numérique de la francophonie, car ceux-ci sont minoritaires. Et comme nous n'avons pas la certitude de cette famille de la population, nous avons croisé les expériences en enseignement avec le logiciel de création pour déterminer si l'ancienneté dans l'enseignement peut influencer la maîtrise de ce logiciel. Ainsi, la figure ci-dessous (figure 3) nous permet de voir la différence qui existe entre ces deux variables en termes de maîtrise de logiciel de la création d'une page web. Même si la plupart des enseignants enquêtés n'ont pas la maîtrise du logiciel, nous constatons que les enseignants qui n'ont pas assez d'expérience en enseignement maîtrisent mieux le logiciel de création d'une page web. Car, 9,09% de 0 à 5 ans d'expériences, affirment bon en logiciel et 10% des enseignants qui ont une expérience allant de 6 à 10 ans, se considèrent très bon. Cela nous permet de dire que, de ces deux tranches d'anciennetés en

enseignement (0 à 10 ans d'expériences), qu'ils ont la maîtrise par rapport à ceux qui ont fait des années dans l'enseignement. Car, de 11 à 15 ans d'expériences en enseignement, le niveau de la maîtrise diminue (5%). Alors que les restes d'années d'expériences, sont tous novices quant à la maîtrise de ce logiciel.

Figure 3 : expérience en enseignement croisé avec logiciel de création de pages web.

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Source : enquête de terrain 2019

1.2 Un environnement numérique d'apprentissage (DECclic, Moodle, etc.)

Le logiciel numérique d'apprentissage est un logiciel destiné à réaliser un scenario pédagogique. Son environnement est la structure technique que constitue l'application. Selon Desrosiers, C. (2013, p. 2), ces environnements, accessibles sur le Web (avec un téléphone cellulaire, une tablette tactile, un ordinateur, etc.), associent la présentation de contenus à un ensemble d'outils de communication et d'interactivité conçus spécifiquement pour soutenir l'enseignement et l'apprentissage. Développées d'abord pour la formation en ligne, les fonctionnalités de l'ENA permettent d'entrevoir de nouvelles possibilités pour l'enseignement en classe. De plus, la possibilité d'ajouter des activités en ligne, à exécuter en classe et à la maison, fait éclore une nouvelle forme d'enseignement : l'enseignement hybride. La question

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qu'il faut se poser pour faciliter cet apprentissage est celle de savoir comment planifier les activités ? D'où la nécessité de prendre connaissance de la description des fonctionnalités et des outils. Par exemple l'application la plus courante utilisée tel que moodle, offre des fonctionnalités qui complètent la plupart des programmes d'apprentissage et de développement professionnel. Le cours conçu dans moodle peut servir à la fois pour une formation en distance ou en présentiel. Il faut dire que, moodle est une plateforme complètement personnalisable, cours et activités illimités, possibilité d'offrir des formations synchrones et asynchrones, cours des vidéos conférences, suivi et analyse des performances d'apprentissage en temps réel, outils de communication, aussi la compatibilité avec les appareils mobiles etc. C'est dans cet esprit qu'il est nécessaire pour un enseignant de nos jours de maîtriser juste cet environnement pour répondre aux besoins de l'éducation actuelle. Malheureusement de tableau 26, nous constatons que la totalité des répondants n'ont pas la connaissance de cet outil.

Tableau 26 : maitrise de l'environnement numérique d'apprentissage

 

Effectifs

Pourcentage valide

novice

53

72,6

Valide moyen

19

26,0

bon

1

1,4

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain de 2019

L'observation du tableau ci-après, montre que la population étudiée dans son ensemble n'a pas la maîtrise de l'environnement numérique d'apprentissage. Cela atteste vraiment le faible niveau d'utilisation de TIC en général comme nous avons vu dans le chapitre précédant (chapitre 3). Alors, sur 73 enseignants répondant à la question, 53 ont déclaré qu'ils sont novices dans la compréhension de l'environnement numérique d'apprentissage. Soit 72,6% qui n'ont pas la maîtrise de l'environnement des applications apprentissages. 26% seulement qui considèrent qu'ils ont une connaissance moyenne des environnements des applications numériques d'apprentissage. Mais, ces enseignants ayant une connaissance moyenne de l'environnement numérique d'apprentissage, restent à déterminer s'ils peuvent réellement l'utiliser. Car il faut le rappeler, cette enquête était théorique et ne pouvant pas mesurer l'application réelle du logiciel numérique d'apprentissage. Sur l'ensemble des répondants, 1,4% seulement considèrent qu'ils sont bons dans la compréhension de la description de l'application. Nous avons croisé ensuite la variable `'sexe» et `'l'environnement numérique d'apprentissage», pour voir si le genre pouvait influencer la maîtrise de l'environnement

numérique d'apprentissage. La figure ci-après nous a permis de déterminer la différence qui existe entre les sexes de répondants sur la maîtrise de l'environnement d'apprentissage. Cependant, nous constatons que le sexe n'a pas une grande influence sur la maîtrise de l'environnement numérique d'apprentissage. Car, d'après la figure 4, 25% de la population féminin et 26% masculine considèrent qu'ils ont une maîtrise moyenne de l'environnement numérique d'apprentissage. Seulement chez les hommes, il y'a au moins 1,75% qui déclarent avoir une bonne maîtrise du logiciel d'apprentissage. Donc la majorité de ces deux populations n'ont pas la maîtrise de cet outil.

Figure 4 : Sexe de répondant croisé avec environnement numérique d'apprentissage

105

Source : enquête de terrain 2019

1.3 Les moteurs de recherche

Pour Ravestein, J. et all (2007), les activités des recherches documentaires informatisées sur Internet se développent aujourd'hui largement dans tous les systèmes éducatifs et de formations, vivement encouragées par les institutions jusqu'à faire partie des référentiels de compétence. Le moteur de recherche permet aux utilisateurs de naviguer selon les besoins qu'ils envisagent faire. Ainsi, avec les moteurs de recherche spécialisés, la recherche scientifique se fait avec aisance. Il suffit de connaître un moteur de recherche spécialisé de chaque domaine pour s'en servir. Le moteur de recherche est un outil entièrement automatisé qui utilise un robot

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pour collecter le contenu des pages Web et les stocker dans une base de données. Cet outil permet donc de rechercher en texte intégral dans les pages Web de plusieurs sites. Un moteur de recherche possède un robot (appelé aussi crawler ou spider)33 qui parcourt le Web. Les robots vont de liens en liens et stockent le contenu des pages qu'ils visitent dans un index. Le moteur offre une interface d'interrogation qui permet à l'utilisateur de saisir des termes de recherche. Le moteur va ensuite rechercher dans son index les pages contenant ces termes de recherche. Il les classe ensuite en fonction de certains critères de pertinence (occurrence des mots dans la page, présence des mots dans le titre de la page...).

La plupart des moteurs permettent de rechercher des images. Il suffit de cliquer sur l'onglet correspondant (Google, AltaVista, etc.) Ils indexent le contenu des fichiers HTML, PDF etc. et ils sont à utiliser si vous recherchez une information précise.

Il y'a également les métas moteurs qui permettent d'interroger simultanément plusieurs moteurs de recherche avec une même requête (du moins pour les métas moteurs de génération 2 et 3). Les résultats de la requête sont issus de plusieurs bases de données, ce qui permet une plus grande couverture de l'Internet. Il existe de très nombreux moteurs de recherche. A l'heure actuelle, le plus performant et le plus facile d'utilisation est Google. Cependant, Google peut répertorier n'importe quel site ou page web. D'où l'importance de connaitre les principaux critères de fiabilité des sources (pour des amples connaissances sur les critères de fiabilité d'un site web, voir Fournier, H. 2007 ; Karsenti et Dumouchel 2013). Car, un travail de recherche doit s'appuyer sur des informations fiables. Cela est particulièrement vrai lorsque les recherches portent sur des sites web. Toute information dont on ignore la provenance devrait a priori être écartée. Mais pour s'assurer et obtenir les informations scientifiques, il est conseillé d'utiliser les moteurs de recherche spécialisés. Ainsi, le moteur de recherche le plus connu par exemple en science sociale est Google Scholar ( https://scholar.google.com), que nous pouvons trouver des ressources payantes, mais aussi des ressources libres et accessibles. Et si nous revenons à notre enquête, nous constatons qu'en général, les enquêtés n'ont pas une bonne maîtrise des moteurs de recherche. Car 21,9% des enseignants ont signé novices dans le tableau ci-dessous. Et 45,2% considèrent qu'ils ont une maîtrise moyenne des moteurs de recherche. Seulement 26,0% sont bons et 5,5% très bons dans l'utilisation de moteurs de recherche. Nous pouvons toujours dire que le manque de formation de la part des enseignants que témoignent les enquêtés

33Ce document est une compilation de recherches menées par les organismes, institutions ou auteurs suivants : Longchamp Reuge, J., N. Pernet, http://www.eesp.ch/; Urfist de lyon, http://urfist.univ-lyon1.fr/risi/outils.htm et Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/

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eux-mêmes, constitue un frein qui empêche les enseignants de bénéficier des atouts de l'Internet.

Tableau 27 : maitrise de moteur de recherche

 

Effectifs

Pourcentage valide

novice

16

21,9

moyen

33

45,2

Valide bon

19

26,0

très bon

4

5,5

expert

1

1,4

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain 2019

En général, il faut reconnaître que même si les enseignants enquêtés utilisent quelques fois l'Internet pour la recherche de l'information nous pouvons dire qu'ils n'ont pas une stratégie efficace pour pouvoir bénéficier pleinement des possibilités qu'offre l'Internet dans le domaine de la recherche. Ces enseignants n'ont pas une grande connaissance de l'Internet. Ils ont une utilisation non structurée de l'Internet. Et certains enseignants comme le témoin la recherche, ignorent encore les avantages de l'Internet pour ce qui est la recherche des informations. Nous avons essayé de croiser la variable expérience en enseignement avec les moteurs de recherche pour savoir si les temps mis dans l'enseignement pouvaient changer la méthode de la recherche d'information. Nous avons pensé que plus l'enseignant a des expériences dans la recherche, plus il découvre et utilise efficacement l'Internet.

L'observation de figure 4, nous a permis de dégager la différence entre les expériences mis à l'enseignement, qui selon nous, peut être un facteur important pour comprendre la nécessité de maîtriser l'Internet. Ainsi, il ressort de cette figure que les enseignants qui ont une expérience comprise entre 6 à 15 ans, maîtrisent mieux la recherche de l'information que les restes. Cela peut être expliqué par le fait que ces enseignants cherchent à grimper dans le rang des enseignants chargés de cours, maître assistant ou maître des conférences. Car, nous avons vu dans le chapitre 1 que la majorité des enseignants du supérieur du Tchad (70%) sont des assistants. De ce fait, dès qu'ils font leurs entrées dans l'enseignement supérieur, ils se battent pour changer leurs grades et après avoir changé le grade, par exemple devenir un charger de cours, ils ne font plus la recherche et se contentent de cela durant toute leur carrière d'enseignant. C'est pourquoi nous avons seulement à 2% des enseignants du rang magistral au Tchad. Les enseignants ayant assez d'expériences dans le domaine de l'enseignement n'ont pas

du tout la maîtrise de la recherche de l'Information. De 21 à 25 ans ou plus, sont à 100% novices dans la recherche de l'information. Presque identique à ceux qui ont une expérience comprise entre 16 ans à 20 ans (66,66% des novices).

Nous pouvons donc dire qu'il existe une différence significative entre les expériences en enseignement et la recherche de l'information, car à un moment donné de leur carrière, les enseignants se lancent dans la recherche et comme tel, ils ont comme l'obligation de faire recours à l'Internet et quand ils deviennent les enseignants chargés de cours à l'Université, la recherche ne fait plus partie de leur travaux universitaires.

Figure 5 : expérience en enseignement croisé avec moteurs de recherche

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Source : l'enquête de terrain 2019

1.4 Le catalogue et les bases de données de la bibliothèque

Ils permettent de savoir si un document est disponible, si on peut l'emprunter ou le réserver. Lorsqu'ils sont informatisés, ces catalogues peuvent être interrogeables. Les catalogues peuvent contenir tout type de documents (livres, articles de revues, documents sonores, documents audiovisuels, documents multimédias) ou être spécialisés dans un type de support. Par exemple le CAT (catalogue Algérien des thèses) http://www.dist.cerist.dz/cat.php.

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Le catalogue est l'« Ensemble de données relatif à un domaine défini de connaissance et organisé pour être offert aux utilisateurs ». Cette définition indique les deux aspects complémentaires de la banque de données : d'une part, la constitution de celle-ci et d'autre part sa structuration pour l'utilisation. La banque de données est généralement produite par une institution, une société commerciale ou un service de documentation ; stockée sur un serveur ; et affichée sur le micro-ordinateur de l'utilisateur en réponse à une requête. Différentes natures de l'information sont prises en compte dans les banques de données : références bibliographiques, texte intégral, bases de connaissances (données factuelles ou numériques), images. En dernière ressort, les bases de données sont constituées d'un ensemble structuré de références bibliographiques sur un sujet, un domaine, un type de document, etc. Elles peuvent contenir une analyse, un résumé et de plus en plus souvent l'accès au texte intégral du document lui-même. Sa richesse en termes de l'information, sa maîtrise pouvait être un atout dans le domaine de la recherche universitaire.

Tableau 28 : maitrise de catalogue et les bases de données

 

Effectifs

Pourcentage valide

novice

51

69,9

Valide moyen

16

21,9

bon

6

8,2

Total

73

100,0

Source : l'enquête de terrain 2019

La lecture de ce tableau nous a permis de comprendre davantage combien de fois les enseignants ayant participé à l'enquête, n'ont pas la moindre maîtrise des outils technologiques. Qui pourtant, nous avons vu dans le chapitre introductif, un moyen qui a révolutionné tous les domaines de la vie et particulièrement l'enseignement. A en croire ce tableau, sur 73 enseignants qui ont participé à l'enquête, seulement 8,2% qui considèrent qu'ils ont une bonne maîtrise de catalogue et des bases de données de la bibliothèque. Ils sont majoritaires à se considérer novices dans ce domaine. Soit 51% de la population n'utilise pas ce service. 21,9% des répondants sont moyens et comme toujours si la recherche était pratique, nous pouvons savoir exactement si les quelques qui pensent maîtriser, le maîtrisent effectivement. L'analyse des données recueillies montre qu'une faible proportion parmi les interrogés estiment maitriser suffisamment tous les outils soumis à leur évaluation en général.

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2. Compétences en Internet

Dans cette section, on s'intéresse aux compétences qui relèvent de deux domaines : les compétences informationnelles, et les outils de communication.

L'étude du champ de la compétence informationnelle et de la recherche des informations consiste à examiner à travers les différents chapitres que nous avons eu à parcourir afin de déterminer les compétences réelles de l'utilisation d'Internet dans les deux domaines que nous avons cités. Car, pour naviguer efficacement dans une mer d'information électronique qui ne cesse de s'étendre, tous doivent posséder les compétences informationnelles nécessaires, c'est-à-dire d'être en mesure d'identifier l'information dont ils ont besoin, et de la trouver, de l'évaluer et de l'utiliser efficacement (Karsenti et Dumouchel 2011, p. 178). À ce propos, nous avons dit dans le cadre théorique de cette étude que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche français a institué un référentiel de compétences nécessaires à l'usage pédagogique des technologies de l'information et de la communication, communes à tous les enseignants et les formateurs, et a instauré un certificat (i2e) attestant l'acquisition de ces compétences. Et ce référentiel est organisé en deux grandes catégories de compétences. En premier lieu il s'agit des compétences générales relatives à l'exercice du métier d'enseignement et comprend la « maîtrise de l'environnement numérique professionnel », « le développement des compétences pour la formation tout au long de la vie » et « la responsabilité professionnelle dans le cadre du système éducatif ». En second lieu, il s'agit de l'ensemble des compétences permettant l'intégration efficace des TIC dans l'enseignement et comprend les compétences relatives à la capacité d'utilisation des outils permettant le travail collaboratif et en réseau, les compétences relatives à la « conception et la préparation de contenus d'enseignement et de situations d'apprentissage », les compétences relatives à la capacité de mettre en oeuvre l'usage pédagogique des TIC dans des situations d'apprentissage et les compétences relatives à la mise en oeuvre des TIC dans l'évaluation des apprentissages (Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche français, 2010). UNESCO (2003), définit la compétence informationnelle comme la reconnaissance des besoins d'information de l'usager et de ses capacités à identifier, à trouver, à évaluer, à organiser l'information ainsi que de la créer, de l'utiliser et de la communiquer efficacement en vue de traiter des questions ou des problèmes qui se posent.

Mais notre étude va juste s'attarder sur les compétences relatives à l'utilisation de l'Internet dans deux domaines à savoir : communication et recherche de l'information qui font parties des éléments de référentiel des compétences. Cependant, il semble que les enseignants enquêtés ne présentent pas assez des compétences en TIC en générale et en Internet en particulier, même si certains répondants, minimes qu'ils soient, utilisent quand-même l'Internet

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dans le cadre de leurs recherches. Tout de même, nous allons mesurer les compétences des enseignants en partant des différents chapitres que nous avons eu à parcourir. Nous précisons que nous allons aborder cette partie de notre travail en tenant compte de la définition de l'Internet comme l'ont défini les enquêtés (confère chapitre 2). Donc la compétence en Internet va seulement se limiter à deux domaines qui sont entre autres : l'Internet comme un outil de la recherche de l'information et l'Internet comme un outil de communication.

2.1 L'Internet comme un moyen de la recherche de l'information

Parmi les différentes fonctions de l'Internet, la recherche de l'information tient une place importante. Ainsi nombreux sont des institutions internationales (UNESCO, OCDE etc.) qui accordent une importance capitale à la notion d'information. « L'information est partout, accessible non plus seulement via les médias traditionnels, bien connus des professionnels de l'information, mais aussi via les réseaux sociaux, les blogs, les communautés d'utilisateurs sur Internet, etc. » (Association des Directeurs & Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation). Selon cette Association, que nous allons utiliser pour analyser les compétences de nos répondants, utiliser l'information de manière efficace et judicieuse, c'est d'abord savoir identifier et caractériser son besoin documentaire. C'est être capable de déterminer les sources pertinentes, les interroger, récupérer l'information et savoir l'évaluer. Ce référentiel corrobore avec celle acceptée par Karsenti, t. et Dumouchel, G. (2013, p.9) lorsqu'ils disent que « pour naviguer efficacement sur le Web, il est nécessaire de posséder les compétences informationnelles nécessaires, donc de pouvoir déterminer de quelle information on a besoin, de la trouver, de l'évaluer et de l'utiliser efficacement ». De ce fait, ces compétences sont de plus en plus perçues comme étant primordiales pour réussir dans la vie en générale et dans le domaine de l'éducation en particulier.

Nous n'allons pas analyser la performance de nos répondants avec le référentiel développé par la CREPUQ (2005) ni celui de l'Association of College and Research Libraries (ACRL, 2016). Car, ces références sont développées dans un contexte où la technologie est avancée et enseignée partout dans les établissements et en formation continue. Le référentiel que nous allons prendre en compte pour cette section, est celui de l'Association des Directeurs & Personnels de Direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation (ADPDBUD), que nous avons jugé important dans notre contexte. Ces compétences sont indispensables chez les chercheurs en général et chez les enseignants de l'Université en particulier. Mais elles sont aussi au coeur du bagage professionnel qui doit accompagner chacun tout au long de sa vie. Les compétences informationnelles, quant à elles, vont être « l'ensemble des habiletés requises à l'enseignant pour reconnaître son besoin de se documenter lorsqu'il

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survient, puis de trouver, d'évaluer et d'utiliser l'information adéquatement ». Pour dire que l'enseignant est compétant sur le plan informationnel, il doit donc apprendre à mobiliser ses ressources internes et les ressources externes dont il dispose, (suite à ses propres expériences et aussi grâce à la formation continue qu'il aurait reçue) et ce, de manière efficace dans le but de trouver, d'évaluer et d'exploiter l'information judicieusement tout au long de sa profession enseignante.

Ainsi, en ce qui concerne notre recherche, nous disons que, comme nous avons montré dans nos différents chapitres (chapitre 1, 2 et 3), les enseignants disposent des ordinateurs, donné par le Président de la République pour leur permettre de faire avec aisance la recherche, (cela se constate à travers le tableau 15 et 16, lorsque tous les enseignants enquêtés ont accès à un ordinateur et 75,94% possèdent un ordinateur portable). Il y a aussi le campus numérique qui oeuvre dans le domaine des TIC, permettant aux enseignants d'avoir les compétences nécessaires pour l'utilisation de l'Internet en donnant une formation permanente dans le domaine de la recherche documentaire et publication scientifique en ligne. Cependant, l'analyse des données recueillies montre qu'en général, les enseignants enquêtés n'ont pas les compétences techniques pour une meilleure utilisation de l'Internet. Ils ne savent ni déterminer les sources pertinentes, ni évaluer. Malgré la formation offerte par le campus numérique de la francophonie, quatre (4) enseignants seulement de notre échantillon déclarent avoir bénéficié de cette formation. Ce qui suppose que le campus numérique de la francophonie ne fait pas assez de sensibilisation ou des conférences dans le milieu universitaire pour montrer l'importance de se faire former en recherche documentaire ou la publication scientifique. Soit compte tenu de nombre important des enseignants au grade assistant, la recherche est moins pratiquée et cela peut entrainer un faible l'utilisation de l'Internet par les enseignants.

Les résultats soulignent que malgré l'influence de certains critères comme sexe, âge et les expériences dans l'enseignement sur les pratiques d'Internet des enseignants enquêtés, les compétences des enseignants en matière de l'Internet restent très inférieures au niveau requis pour la plupart d'entre eux. Sachant que toute recherche d'information se base d'abord sur la notion d'un besoin d'information (Dumouchel Op. cit, p 59), les répondants se rendent sur l'Internet pour combler les lacunes ou « d'incohérence dans leur connaissance ». Ici, nous ne pouvons pas encore parler de compétence, car il s'agit de l'état brut de la recherche, c'est-à-dire tout commence par un besoin d'information. Même si 89% des répondants, pensent qu'il faut prendre les informations provenant de net avec réserve. Seul un nombre minimal des enseignants ont les connaissances nécessaires pour rechercher les informations à travers l'Internet (4,05% qui ont montré comment reconnaitre un site). Nous pouvons donc dire que, si

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les répondants accordent une place importante à la recherche de l'information dans leur propos, c'est-à-dire lorsqu'un besoin se fait sentir dans le cadre de l'enseignement apprentissage, ils se rendent sur l'Internet, mais ils n'ont aucune stratégie avancée pour mener avec aisance la recherche (surtout le savoir évaluer dans un contexte de surabondance d'information). Cela témoigne exactement le fait qu'il y a moins des enseignants qui font réellement des recherches dans l'enseignement du supérieur au Tchad. Cela est compréhensible, lorsque la majorité des enquêtés n'ont pas suivi une formation dans le domaine de la recherche. D'ailleurs à titre d'exemple, dans un contexte comme au Québec où les TIC sont tellement avancées Karsenti, T. et all (2013, p.110) ont montré dans plusieurs études empiriques que les enseignants reçoivent peu de formations liées à leur transposition didactique (Dumouchel et Karsenti, 2013 ; Karsenti et UNESCO, 2011, 2013). Ce qui est étonnant, certains enseignants enquêtés même si le besoin est là, l'Internet n'est pas la voie sollicitée pour satisfaire ce besoin. Nous reconnaissons honnêtement que certains enseignants n'ont pas les besoins en information même s'ils se disent « enseignants chercheurs » et malheureusement, ces enseignants vont souvent en grève pour revendiquer ce droit à l'Etat. Ces enseignants se contentent des cours qu'ils ont reçus à leur époque pendant leur formation initiale, pour dispenser exactement le contenu. Ceux-ci n'ont plus besoin d'actualiser leur cours ni d'actualiser leurs connaissances dans leur domaine.

2.2 L'Internet comme un outil de communication.

Dans cette section, nous avons choisi quelques applications technologiques les plus utilisées par les enseignants en général, tels que : le courrier électronique, forum de discussion, et messagerie instantanée, qui facilitent la communication entre les enseignants et les étudiants.

Le courrier électronique (en anglais email ou e-mail) est un des services les plus utilisés sur Internet, permettant à un expéditeur d'envoyer un message à un ou plusieurs destinataires. De la même manière que le service postal classique, il suffit de connaitre l'adresse de son expéditeur pour lui faire parvenir un message. Par rapport au courrier papier, le courrier électronique est très rapide quant à la transmission du courrier, et le coût réduit, et il permet d'envoyer un courrier à plusieurs personnes simultanément.

En ce qui concerne le forum de discussion, Pillou, J-F(2013)34 pense que, le forum de discussion (en anglais « bulletin board ») est un espace web dynamique permettant à différentes personnes de communiquer. Le forum de discussion est généralement composé de différents fils de discussion (le terme « fil de discussion » est remplacé par sujet de discussion, post, thread, enfilade ou topic) correspondant chacun à un échange sur un sujet particulier. Selon

34 Pillou, Jean-Philippe (2013en ligne repéré à partir de https://www.commentcamarche.net

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l'auteur, chaque forum de discussion a un fonctionnement qui lui est propre. Pour Maniez, D. et Narvor, B. (2006, p.60) la communication dans un forum est souvent asynchrone, c'est-à-dire que les utilisateurs ne se répondent pas simultanément. Un forum de discussion permet des échanges entre les membres d'une même communauté.

En ce qui concerne la messagerie instantanée, il permet d'échanger des messages textuels ou des fichiers (images, vidéos, sons...) en temps réel entre plusieurs utilisateurs connectés à un même réseau. En anglais, on parle de `'chat». L'un des usages les plus rependus du `'chat» est la conversation entre amis. La messagerie instantanée est plus réactive que l'email, qui est un canal asynchrone (on n'attend pas que le destinataire d'un mail soit présent pour lui envoyer). La majorité des réseaux sociaux proposent ainsi cette fonctionnalité. Les applications les plus courent qu'on utilise sont entre autres : Messenger ou Facebook, Whatsapp, snapchat, viber etc. (Sur Facebook par exemple, dans la version desktop, la barre de droite indique les `'amis» actuellement connectés et avec qui il est possible d'engager une discussion en temps réel afin de favoriser l'échange entre leurs membres).

Tableau 29 : compétence en outils de communication

 

Effectifs

Pourcentage valide

Courrier électronique

38

52,1

Forum de discussion

4

5,4

Valide Messagerie instantanée

25

34,2

Aucune

6

8,2

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain

Précisons que la messagerie occupe une place de choix dans les usages d'Internet chez la population étudiée. Cet outil est le plus utilisé parmi les services de communication proposés sur Internet. L'usage de la messagerie est fortement lié au désir des internautes de communiquer, d'échanger avec les internautes à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Ce besoin de communication semble s'accentuer de jour en jour et attire beaucoup plus de gens vers Internet. Utiliser Internet devient un besoin permettant de garder un contact privilégié avec ceux qui sont physiquement éloignés. On dénote 52,1% des répondants se servent de courrier électronique pour communiquer avec les apprenants. La messagerie instantanée vient en deuxième position avec un pourcentage de 32,2. Et enfin le forum de discussion (5,4%). Nous remarquons que 8,2% ne se servent pas du tout, des outils que nous avons cités. Malheureusement nous n'avons pas laissé le champ libre aux répondants de donner leurs choix d'outil par exemple laisser une

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modalité autre à préciser, pour permettre aux répondants de nommer les outils de communication qu'ils utilisent en dehors de ce que nous avons proposé. Une autre étude effectuée par Kitumu, M., B-B. (2019, p. 186) auprès des enseignants congolais, conclue également que les enseignants enquêtés ont recours à quatre types d'outils pour échanger avec les étudiants. Il s'agit, entre autres des forums de discussions, des courriers électroniques, des listes de diffusions et des réseaux sociaux. Parmi les quatre types d'outils, les courriers électroniques et les réseaux sociaux sont les plus utilisés, autant chez les scientifiques que chez les académiques. Ils atteignent, pour les courriers électroniques, 25,30% des scientifiques et 50,67% des académiques. Pour les réseaux sociaux, on relève 56,63% des scientifiques et 38,67% des académiques.

Ainsi, si nous nous référons au référentiel des compétences conçues par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Française, et principalement à la fonction communicative de l'Internet qui sont entre autres : choisir et utiliser les outils les plus adaptés pour communiquer avec les acteurs et usagers du système éducatif (maîtrise de l'environnement numérique professionnel) ; s'exprimer et communiquer aux destinataires et espaces de diffusion : institutionnel, public, privé, interne, externe...(Responsabilité professionnelle dans le cadre du système éducatif). Nous disons que même si notre étude avait une dimension théorique, la majorité des enseignants enquêtés, utilisent l'Internet pour communiquer. Mais nous ne pouvons pas à travers cette étude dire qu'ils sont compétents en ce qui concerne la communication à travers l'Internet. Mais une chose est évidente, les répondants font de l'Internet, un moyen de communication et non pour la recherche d'information. Cela témoin aussi les nombres des téléphones androïde que disposent les enseignants enquêtés (96,20%) utilisent soit un téléphone de modèle androïde, soit un IPhone ou encore une tablette pour la navigation. Du coup, il est évident que ces enseignants considèrent beaucoup plus l'Internet comme un moyen de communication. Cela nous permet de dire qu'ils sont compétents en ce qui concerne la communication.

3. Les obstacles qui empêchent les enseignants d'utiliser davantage l'Internet

Le but de notre travail n'est pas celui d'identifier les difficultés qui empêchent l'utilisation de l'Internet, mais celui d'identifier les différentes pratiques et recueillir les opinions des répondants sur la notion de l'Internet. Mais pour comprendre en profondeur ce qui caractérise les discours de ces enseignants sur la notion de l'Internet, nous nous sommes amenés à voir ce qui pourrait être les obstacles qui empêchent les enseignants à utiliser normalement l'Internet. C'est en ce sens que nous avons énuméré quelques difficultés techniques qui peuvent freiner la bonne utilisation de l'Internet à savoir : les manques de formation et de connaissances

116

des ressources disponibles, difficultés d'accès à l'Internet, manque d'intérêt etc. Le tableau ci-dessous nous permet de voir clairement les obstacles qui empêchent les enseignants enquêtés d'utiliser pleinement les potentiels de l'Internet.

Tableau 30 : obstacles empêchant les enquêtés d'utiliser l'Internet

Effectifs

Pourcentage valide

J'utilise couramment l'Internet

7

9,6

Manque de formation pédagogique

4

5,5

Manque de formation technique

34

46,6

Manque de soutien technique

6

8,2

Manque d'intérêt

1

1,4

Manque de connaissances des ressources disponibles dans ma discipline

15

20,5

Difficultés d'accès à l'Internet

1

1,4

Manque de ressources pertinentes dans ma discipline

1

1,4

Niveau de connaissance trop faible de l'Internet

4

5,5

Total

73

100,0

Source : enquête de terrain 2019

D'après le tableau ci-après, la plupart des enquêtés affirment n'avoir pas suivi une formation technique pour l'utilisation de l'Internet. Cela vient justement corroborer notre hypothèse de départ, pour qui, les enseignants de l'Université de Ndjamena n'utilisent pas assez l'Internet parce qu'ils n'ont pas des compétences nécessaires. Sur ce, 46,6% déclarent, ayant un manque en formation technique, c'est pourquoi ils ont de la peine à utiliser efficacement l'Internet. Allant toujours dans le sens de la formation à l'utilisation de l'Internet, il y a également quelques-uns qui pensent qu'ils ont besoin d'une formation pédagogique et de soutien technique (5,5 % et 8,2%) pour continuer à utiliser davantage l'Internet dans le cadre de leur enseignement. Si nombreux sont ceux qui ont besoin d'une formation, nous remarquons que le manque de connaissances des ressources disponibles dans les disciplines des enquêtés constituent également un frein pour une utilisation fréquente de l'Internet. Ainsi, 20,5% des répondants ne savent pas que l'Internet contient assez des documents scientifiques dans leur discipline respective. Nous pouvons aisément comprendre cela par le fait que plusieurs enseignants n'ont pas suivi une formation à la recherche documentaire sur l'Internet. Il faut aussi dire qu'en observant le tableau, certains enquêtés considèrent qu'ils ont un niveau de connaissance trop faible de l'Internet, (5,5%).

117

Conclusion

L'objectif de ce chapitre est de définir à partir des données collectées, les niveaux de maîtrises et de compétences des enseignants enquêtés quant à l'utilisation de l'Internet. Ainsi, en ce qui concerne le logiciel de création de page web, la majorité des enseignants de deux sexes, déclarent qu'ils sont novices dans cette pratique (71,2%). Et nous avons constaté que les enseignants n'ayant pas assez des expériences en enseignement maîtrisent mieux le logiciel de création d'un page web. La plupart des enseignants enquêtés (72,6%) qu'il soit homme ou femme n'a pas la maîtrise de l'environnement numérique d'apprentissage. Et même les exceptions qui croient avoir une bonne maîtrise de l'environnement numérique, il reste à vérifier, s'ils le sont réellement. Mais pour l'utilisation de moteur de recherche, le résultat est modéré, car, 26,0% considèrent qu'ils sont bons et 5,5% très bons dans l'utilisation de moteurs de recherche. Ce constat reste le même pour ce qui est de catalogue et les bases de données de la bibliothèque. Car, seulement 21,9% des répondants se considèrent moyen dans l'utilisation de cet outil.

S'agissant des compétences des enseignants enquêtés en Internet et principalement dans les domaines que nous avons limité la présente recherche (recherche de l'information et de la communication), il est à noter que, la majorité n'a pas des compétences pour bien exploiter l'Internet. Ainsi, nous pouvons dire pour conclure qu'en ce qui concerne la recherche de l'information, l'analyse des données recueillies montre qu'en générale, la plupart des enseignants enquêtés n'ont pas les compétences techniques pour une meilleure utilisation de l'Internet dans le domaine de la recherche de l'information, (tableau 21). Car, ils ne savent ni déterminer les sources pertinentes, ni évaluer une information obtenue à partir de l'Internet. Et n'arrivent non plus à identifier les moteurs de recherche adéquate pour une recherche scientifique. Finalement avec les ordinateurs, et les nombres des téléphones mobiles et surtout la version androïde qu'ils possèdent, (confère tableau 15, 17 et figure 1) ces outils les servent juste de communication. C'est pourquoi, en ce qui concerne la communication à travers l'Internet, la plupart des enquêtés estiment avoir les compétences nécessaires pour le faire. Et donc la majorité se considère compétent pour ce qui est de communication sur l'Internet, notamment dans les services tels que : le courrier électronique, la messagerie instantanée. L'utilisation massive de l'Internet pour la communication, confirme le fait qu'aujourd'hui l'utilisation des réseaux sociaux est devenue chose courante dans les sociétés africaines. Et la plupart des internautes se connectent pour communiquer avec d'autres utilisateurs.

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Conclusion générale

Que pensent les enseignants de l'Université de N'Djamena de l'Internet et de son utilisation à de fins professionnelles universitaires ? Que font les enseignants de l'Université de N'Djamena de l'Internet dans leurs pratiques professionnelles ? Quelles sont les niveaux de maîtrise et les compétences réelles des enseignants de l'Université de N'Djamena quant à l'utilisation professionnelle de l'Internet ?

A travers ces questions nous avons tenté, tout au long de cette recherche, de déterminer et de comprendre comment les enseignants de l'Université de Ndjamena font usage d'Internet pour acquérir, transmettre et partager le savoir. Pour ce faire, nous nous sommes orientés vers une mise en évidence de la situation réelle des pratiques des enseignants de l'Université de N'Djamena. Une démarche empirique menée proposant une enquête par questionnaire (méthode quantitative) sur un total de 79 enseignants pour pouvoir déterminer la place de l'Internet chez les répondants. En nous engageant dans cette démarche, nous poursuivions les objectifs ci-après :

- Récolter des données sur les opinions liées à l'utilisation de l'Internet par les enseignants de l'Université de N'Djamena.

- Identifier les différentes utilisations et pratiques de l'Internet par les enseignants de l'Université de N'Djamena.

- Définir le niveau de maîtrise et les compétences en Internet des enseignants de l'Université de N'Djamena.

Les données quantifiables obtenues à l'issue du dépouillement statistique de notre enquête par questionnaire ont été renforcées par des questions ouvertes, qui nous ont permis de recueillir les discours des enseignants sur la notion de l'Internet et les informations qu'il contient. Renforçant à la fois notre compréhension du pourquoi les enseignants de l'Université de Ndjamena, n'utilisent pas assez l'Internet pour la recherche d'information, et plutôt pour la communication, ainsi que celle du pourquoi tel outil ou service et pas tel autre.

Nous nous sommes inscrits à partir de fait qu'en fin 2018, le Tchad comptait 1,7 millions d'utilisateurs Internet. Et la littérature sur cette problématique, nous renseigne que les enseignants du supérieur sont les grands utilisateurs de l'Internet notamment pour la facilité en recherche d'information et la communication (Karsenti et Dumouchel 2011 et 2013, Dumouchel 2016, le Ministère de l'Enseignement Supérieur Français, l'UNESCO 2003- 2011, OCDE 2001 etc.).

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Nous nous sommes partis du système d'enseignement supérieurs du Tchad en général, pour voir comment ce système a évolué dans le temps, et les éléments qui caractérisent ses évolutions. En spécifiant toujours le cas de l'Université de N'Djamena qui a fait l'objet de l'enquête. Car, pour déterminer les pratiques d'Internet chez les enseignants, il est important de savoir si le système d'enseignement supérieur du Tchad encourage la recherche scientifique et l'utilisation du numérique. Il découle de cette section que, malgré le fait que le gouvernement consacre un fond pour encourager la recherche scientifique, gage du développement d'un pays, les enseignants du supérieur ne font presque pas la recherche, (étude documentaire). A ce niveau, l'utilisation de l'Internet pour la recherche scientifique semble inexistante, puisque la grande partie des enseignants ne pratiquent pas les activités des recherches scientifiques. C'est justement ce que confirme l'enquête du terrain. Puis, nous avons fait un état de lieu de l'utilisation de la technologie dans la société tchadienne en générale et en éducation en particulière. Et il s'avère que le gouvernement du Tchad n'a jamais cessé de ménager les efforts pour une politique d'intégration des TIC dans tous les secteurs de la vie tchadienne, notamment avec la création du ministère des Postes et de Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, qui va dont s'occuper de diffusion de TIC dans l'ensemble du pays. C'est ainsi que son organe en occurrence, l'Agence de Développement des Technologies de l'Information et de la Communication (ADETIC) a été créée pour faciliter la diffusion de TIC. Jusqu'aujourd'hui, ADETIC s'occupe de l'ensemble des programmes et projets de développement en vue de moderniser l'ensemble du pays par l'usage des TIC. En éducation, la création de l'Université Virtuelle en 2005, la distribution des ordinateurs aux enseignants du supérieur à partir de 2009 et aux étudiants en 2012, font partis des oeuvres qui méritent d'être évoqués pour cette recherche. De même que l'accord-cadre du 05 mars 1999 entre l'AUF et l'Etat tchadien, qui va permettre à son représentant (campus numérique de la francophonie et IFADEM) de jouer un rôle moteur dans la formation et la généralisation des TIC dans l'enseignement au Tchad.

Ce travail de terrain ainsi réalisé nous a permis d'établir les conclusions ci-après sur la place de l'Internet chez les enseignants du supérieur de l'Université de N'Djamena :

En ce qui concerne les opinions relatives à la compréhension de la notion d'Internet, sa définition, son caractère révolutionnaire, ce qu'il permet la communication entre les gens, sa facilité d'utilisation, le fait qu'il est difficile de trouver ce que l'on cherche, etc., la population d'enquête partage un point de vue favorable à son égard. Cependant, il faut dire que les enseignants enquêtés ne partagent pas tous la même opinion favorable à l'Internet dans leur vie professionnelle. Il y a ceux qui pensent que, l'Internet est très loin de leur centre d'intérêt.

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Parmi eux, certains disposent même d'un ordinateur portable et d'un téléphone intelligent, mais ils les utilisent peu souvent pour se connecter. Pourtant, même dans ces cas, Internet est vu de manière globalement positive, en raison de sa commodité et du potentiel énorme qu'il recèle en termes de ressources et principalement d'accès à différents modes de communication. Cette opinion positive peut cependant fort bien cohabiter avec des évaluations par ailleurs, très sévères de différents aspects d'Internet. Certains jugent ainsi la communication à travers l'Internet comme une forme de communication qui n'a pas assez d'importance. D'autres, voient dans l'Internet, comme une technologie qui améliore la communication entre les hommes. Malgré le manque de bibliothèque dans les différents campus, la majorité estime que les ressources traditionnelles, comme le livre, offrent toujours un degré d'efficacité supérieur dans la recherche d'informations sérieuses. Nous avons vu également que la question des coûts liés à l'utilisation d'Internet représente un obstacle majeur à son accessibilité sur une grande échelle dans un avenir rapproché dans le cas du Tchad. En fin, nous pouvons conclure que la plupart des enseignants enquêtés expriment spontanément très peu de craintes ou d'appréhension concernant la généralisation d'Internet dans le monde du travail et du divertissement. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'ils considèrent de manière sereine l'impact d'Internet sur les diverses sphères de l'activité sociale. Même si la conception de l'Internet chez les répondants nous renvoie à une double position, c'est-à-dire qu'il est défini en termes d'avantages ou de méfaits, on constate que les enseignants sont aux antipodes de ces prises de positions extrêmes sur le caractère « révolutionnaire » de l'Internet. Et même si les enseignants enquêtés ne perçoivent pas tous, le côté positif de l'Internet, dans la généralité, nous admettons que ces enseignants sont dans la logique de Karsenti, T. et all (2014 p. 72, lorsqu'ils disent : « Ne pas être à l'origine de la technologie n'est pas gênant. Mais il est désagréable de ne pas utiliser les nouvelles possibilités ».

En ce qui concerne les différentes pratiques de l'Internet, l'analyse des résultats nous conduit à conclure que : les enseignants de l'Université de N'Djamena disposent d'un nombre important d'ordinateurs portables et de téléphones mobiles pouvant se connecter. Mais ces derniers ne bénéficient pas pleinement des possibilités qu'offre l'Internet. Il y'a également une différence significative entre les genres de répondants. Les hommes possèdent plus de l'ordinateur que les femmes, (86,66 % des hommes contre 42,10% des femmes). Cependant toutes les enseignantes (femmes) enquêtés utilisent les téléphones version androïde. C'est pourquoi le résultat montre que, 93% de la population étudiée ont accès à Internet par le biais de téléphone mobile. Et avec une moyenne de 1h à 1h30mn de temps passé par jour sur l'Internet par les enseignants enquêtés. Seulement 33,55% visitent souvent et 7,01% des

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répondantes visitent très souvent les sites Internet. Mais la population féminine visite moins les sites nets que les hommes. En ce qui concerne la recherche de l'information pour leurs intérêts personnels, le résultat est presque identique que la précédente activité. Les enseignants ne connaissent pas que l'Internet constitue un accès à une ressource puissante et efficace en termes de recherche d'information, et qui contient de nos jours presque « tout le savoir du monde ». Il est, dès lors, anormal de constater qu'ils ont des hésitations à se tourner vers Internet comme première source d'information documentaire. Sur ce, seulement 26,31% et 21,05 % hommes utilisent souvent ou très souvent l'Internet dans le cadre de leurs recherches académique. Tandis que chez les femmes, ce constat est encore grave, car seulement 6,25% des répondants de cette catégorie, utilisent l'Internet pour la recherche de l'information dans le cadre de l'enseignement apprentissage. En regardant ces chiffres, nous pouvons dire sans hésiter que si ces femmes se connectent, elles ne le font pas souvent pour la recherche afin d'actualiser leurs connaissances. Car, elles ne font presque pas recours à l'Internet pour se documenter. Aussi, les enseignants de deux sexes n'utilisent pas souvent les moteurs de recherche tels que Yahoo, Erudit, Wikipédia, Alta Vista, Google, Google Scholar etc. C'est également la même chose lorsqu'il s'agit de soumission d'article avant sa publication. Car la plupart des enquêtés ne font pas la publication scientifique, (75.7% des répondants affirment n'avoir jamais publié les articles scientifiques sur Internet). De même, 73,68% déclarent n'avoir jamais mis leurs cours en ligne. Et, en ce qui concerne la population féminine, comme le précédant, les enseignantes affirment à 100% qu'elles n'ont jamais mis leurs cours en ligne et n'ayant pas publié un travail scientifique en ligne.

De façon générale, le résultat de cette étude montre que la totalité des enquêtés utilisent l'Internet pour rester en communication avec d'autres utilisateurs. Donc la communication à travers l'Internet, est une réalité que l'on peut observer chez les enseignants participants de cette enquête. C'est pourquoi pour l'énoncé tel que « Je me suis fait de nouveaux amis sur Internet », c'est formidable de voir que la majorité des répondants confirment qu'ils le font souvent ou très souvent. Chez les femmes, elles ont à 100% qui affirment, qu'elles se font souvent des amies sur le Net, même si chez les enseignants, quelques-uns disent n'avoir jamais eu des amis sur le Net, soit 1,75%. Ceci pour dire que les enseignants enquêtés utilisent très peu l'Internet pour la majorité des activités que nous avons proposé et ne font presque pas la publication scientifique. Finalement, si l'on constate qu'il y a l'utilisation de l'Internet chez les enseignants de l'Université de N'Djamena, la communication à travers les réseaux sociaux prendra la première place. Car ces enseignants connaissent beaucoup plus l'Internet, en ce qu'il facilite la communication entre les personnes.

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En ce qui concerne la maîtrise envers certaines applications d'Internet que nous avons convoqué pour la présente enquête, les enseignants n'ont pas également la maîtrise nécessaire pour les utiliser. Pour le logiciel de création de page web, la majorité des enseignants de deux sexes, déclarent qu'ils sont novices dans cette pratique (71,2%). Et nous avons constaté que les enseignants n'ayant pas assez des expériences en enseignement maîtrisent mieux le logiciel de création d'un page web. La plupart des enseignants enquêtés (72,6%) qu'il soit hommes ou femmes n'ont pas la maîtrise de l'environnement numérique d'apprentissage, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas la connaissance de cette application. Et même les exceptions qui croient avoir une bonne maîtrise de l'environnement numérique, il reste à vérifier, s'ils le sont réellement. Mais pour l'utilisation de moteur de recherche, le résultat est modéré. Car, 26,0% considèrent qu'ils sont bons et 5,5% très bons dans l'utilisation de moteurs de recherche, alors que la majorité ne sont pas capables de nommer un moteur de recherche. Ce constat reste le même pour le catalogue et les bases des données de la bibliothèque. Car, seulement 21,9% des répondants se considèrent moyen dans l'utilisation de cette application.

En fin, en ce qui concerne les compétences des enseignants enquêtés en Internet et principalement dans les domaines que nous avons limité la présente recherche (recherche de l'information et de la communication), l'analyse des données recueillies montre qu'en général la plupart des enseignants enquêtés n'ont pas les compétences techniques pour une meilleure utilisation de l'Internet dans le domaine de la recherche de l'information. Car, plus de 50% ne savent ni déterminer les sources pertinentes, ni évaluer, voir même l'utilisation de Google. Cependant ils se voient compétent dans la communication à travers l'Internet. Et comme le suggèrent les résultats de la présente étude, l'utilisation de l'Internet par le biais du modèle théorique de Moersch (1995, 2001) : le « Level of Technology Implementation (le LoTI) » ; de Hall, et Hord (2001) : le « Concems-Based Adoption Model » (CBAM), et la théorie des compétences, démontrent clairement que la majorité de ces enseignants sont encore à la phase des premières utilisations de l'Internet dans leurs professions enseignantes.

Les limites de la recherche

En ce qui a trait aux limites de notre étude, notons tout d'abord que le nombre des répondants ne permet pas de tracer un portrait complet de l'utilisation de l'Internet par les enseignants de l'Université de N'Djamena. La deuxième limite de cette recherche est d'ordre matériel et financier. Elle justifie, d'une part, le temps pris dans la réalisation de ce mémoire et, d'autre part, la constitution de notre échantillon.

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La limite la plus importante à considérer et celle d'ordre méthodologique. Car nous aurions pu recourir à la méthode mixte, c'est-à-dire quantitative et qualitative pour obtenir les informations afin de déterminer exactement les différentes pratiques de l'Internet chez les enseignants. Mais l'orientation méthodologique arrêtée exigeait de nous qu'il faut s'en tenir à une seule méthode quantitative. Puisque nous sommes partis sur la base que les enseignants enquêtés n'ont pas des vocabulaires appropriés dans le domaine de l'Internet pour nommer ce qu'ils font de l'Internet. Cela est vrai lorsque nous avons laissé l'attitude aux enseignants de nommer trois sites qu'ils visitent souvent, mais aucun enseignant n'a pu le faire. C'est pourquoi nous avons proposé nous même les activités tirées de littérature sur l'utilisation professionnelle de l'Internet pour soumettre à nos répondants. Toutefois nous avons décidé de formuler assez des questions ouvertes pour recueillir les opinions des enquêtés.

Nous reconnaissons également que pour établir un profil complet des usagers afin de donner un meilleur aperçu de la situation générale des utilisations d'Internet à l'Université, il faut prendre en compte tous les acteurs de l'Université. Comprendre aussi comment les étudiants, qui sont la cible des activités pédagogiques, appréhendent les initiatives prises par les enseignants, interroger les autorités académiques sur leur perception de l'intégration technologique ou encore identifier et analyser les pratiques administratives, serait déterminant dans cette quête. A ces limites, ouvre une perspective sur de recherches futures devant prendre en compte ces autres acteurs du milieu universitaire. Car, l'appropriation d'Internet chez les enseignants du supérieur nécessite une politique (permanente) visant à récolter les besoins des usagers en générale.

Suggestions

Tout au long de ce travail, nous avons montré que les manques d'information, et la formation à l'utilisation de l'Internet sont les causes majeures qui empêchent la meilleure utilisation de l'Internet chez les enseignantes et enseignants enquêté(e)s. Ainsi s'il y a lieu de suggestion nous ne pouvons que partir de ces causes pour mieux suggérer.

De ce point de vue, on dénote que, les enseignants de l'Université de N'Djamena sont à la fois peu formés, n'ont pas aussi reçu les informations sur la plus-value de l'Internet et manquent également des infrastructures performantes pour accueillir l'Internet. C'est pourquoi ces enseignants ont du mal à se retrouver dans un monde où les universitaires doivent nécessairement publier les résultats de leur recherche sur l'Internet. Pour remédier à la situation, quelques pistes de solution peuvent être proposées. D'une part, il importe à l'Université de N'Djamena de chercher à augmenter le nombre de cours en formation continue portant

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spécifiquement sur les compétences TIC et les compétences informationnelles tels que prôné par l'Unesco (2011). D'autre part, il faudrait que les professeurs de l'Université soient davantage amenés à collaborer avec le Campus numérique de la francophonie qui oeuvre dans le domaine TIC en éducation et qui pourra organiser des formations aux compétences informationnelles. Aider aussi ces enseignants dans la recherche documentaire, publication scientifique en ligne. Il faut également que les enseignants qui ont déjà un peu des compétences en TIC, organisent des temps en temps des conférences scientifiques pour amener les autres enseignants à comprendre la nécessité de l'Internet dans la vie d'un enseignant de l'Université.

Enfin, alors que la recherche d'information représente l'activité liée aux TIC la plus utilisée dans le domaine de l'éducation, il est primordial de former les enseignants non seulement à connaître et mettre en pratique efficacement les diverses composantes propres aux compétences informationnelles, mais aussi à acquérir des approches didactiques adéquates en vue de les enseigner à leurs étudiants. Car, plus l'enseignant est informé, plus il informe les étudiants de l'importance de l'outil.

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ANNEXES

Questionnaires

Le but de l'enquête est de dresser un portrait de l'accès, de l'utilisation de l`Internet, la maîtrise et les compétences en Internet par les enseignantes et les enseignants du supérieur de l'Université de N'Djamena, tout en recueillant leurs impressions sur la notion d'Internet.

Indiquez vos réponses en cochant les cases qui correspondent à votre expérience et à votre opinion. Une dizaine de minutes sont nécessaires pour compléter ce questionnaire.

Vos réponses resteront anonymes et confidentielles.

Veuillez s'il vous plait retourner votre questionnaire !

xix

CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES

 
 

2- Age:

34 ans ou moins 45 ans à 54 ans

35 ans à 44ans 55ans ou plus

1- Sexe

2-

3- 1. Masculin 2.Féminin

4-

1-

3. Combien d'années d'expérience en enseignement comptez-vous au total?

0 à 5 ans 6 à 10 ans 11 à 15 ans 16 à 20 ans 21 à 25 ans 26 ans ou plus

4- Programme principal dans lequel vous enseignez (cochez une seule case)

Lettre moderne Mathématiques Philosophie Physique Sociologie

Chimie Anglais Biologie Anthropologie sciences économiques Histoire

Sciences politiques Sciences de l'éducation Géographie

Communication Droit Autre .

ACCÈS AUX TECHNOLOGIES

5- Avez-vous accès à un ordinateur?

Oui Non

6- Possédez-vous un ordinateur portable ?

Oui Non

7- Avez-vous un téléphone portable

Oui Non

8- Quel type de téléphone utilisez-vous ?

1. Androïde 3. IPhone 2.Tablette

Autres à préciser

 

UTIISATION D'INTERNET

9- Avez-vous un accès à Internet?

1. Oui 2.Non (Sinon passez à la
dernière session, question 31 )

10- De quel type est votre Internet?

1. ADSL 3. Clé Internet

2. Données mobiles 4. Fibre Optique

xx

11- Pour vous, Internet c'est quoi? Expliquez en quelques mots.

...........................................................................................................................

....................................................................................................................................

....................................................................................................................................

12- Parmi les 4 phrases suivantes, choisissez celle qui vous ressemble le plus. Cochez une seule case

1 Je n'ai jamais utilisé Internet et je n'ai jamais vu quelqu'un le faire.

2 Je n'ai jamais utilisé Internet, mais j'ai déjà vu quelqu'un le faire.

3 J'ai déjà utilisé, moi-même, Internet 1 ou 2 fois.

4 J'ai déjà utilisé, moi-même, Internet plusieurs fois (plus de 2 fois).

Si vous avez coché la case 1 ou la case 2, va directement à la dernière session " VOTRE

OPINION SUR INTERNET" page 06, sans répondre aux questions 13 à 30. Si vous avez coché la case 3 ou la case 4, répondez aux questions suivantes.

13- La première fois que j'ai utilisé Internet, c'était ...cochez une seule case

1-À la maison 2-À l'école 3-À la bibliothèque 5-Chez un ami

6-Dans un atelier d'informatique 7-Ailleurs, 8-Je ne m'en souviens pas

14- J'ai utilisé Internet pour la première fois il y a ... cochez une seule case

1-Moins de 1 mois 2-Entre 1 et 6 mois 3-entre 6 mois et 1 an 4-entre 1 an et plus

15- Jusqu'à maintenant, j'ai utilisé Internet ...cochez une seule case

1-une ou deux fois 3-assez souvent (régulièrement)

2-quelques fois (mais rarement) 4-très souvent (plusieurs fois par semaine)

xxi

Si vous avez coché la case 1 ou la case 2, allez directement à la section «" VOTRE OPINION SUR INTERNET" , page 6, sans répondre aux questions 16 à 30.

Si vous avez coché la case 3 ou la case 4, répondez aux questions suivantes.

 
 

16b- A combien estimez-vous le temps passé sur Internet pour vos loisirs par jour

0h à 30mn 1h à 1h30mn

2h à 2h 30mn 3h ou plus

16a- A combien estimez-vous le temps passé sur Internet pour vos recherches par jour

0h à 30mn 1h à 1h 30mn

2h à 2h 30mn 3h ou plus

 
 
 

17-Quels sont vos moyens de connexion internet préférés ?

Ordinateur Téléphone fixe Téléphone mobile

18- Voici plusieurs activités que l'on peut faire sur Internet.

Pour chaque activité, cochez la case qui décrit le mieux votre utilisation personnelle d'Internet : En général, quand je vais sur Internet...

1- je visite des sites Internet (des pages Web)

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

2- je cherche des informations pour mon intérêt personnel

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

3- je cherche des informations pour mes travaux académiques

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

4- j'utilise les outils de recherche (exemples: Yahoo!, Lycos, Alta Vista)

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

5- je joue à des jeux vidéo en direct avec d'autres utilisateurs d'Internet

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

6- je communique en direct avec d'autres utilisateurs d'Internet (exemples: CHAT, IRC, etc.)

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

7- j'envoie des messages par courrier électronique (e-mail)

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

8- je réponds à des sondages ou à des questionnaires

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

9- je cherche des images

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

12- je laisse des commentaires sur les sites que je visite

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent

13- je soumets mes articles pour l'évaluation avant la publication

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent
14-je mets mon cours en ligne

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent
15-Je me suis fait de nouveaux amis sur Internet

1 jamais 2 rarement 3 à l'occasion 4 souvent 5 très souvent
16- Si vous faites régulièrement une activité sur Internet qui n'est pas mentionnée ci-haut, précisez

laquelle:.........................................................................................................................................

18- Comment percevez-vous les informations qu'internet contient ? (que pensez-vous de ce contenus

en regard de la véracité de l'information ?)

19- Quelle est votre préférence entre les ressources documentaires obtenus à l'aide de ?

Internet Bibliothèque

20- Selon vous quels sont les avantages de l'internet ?

21- Selon vous quels sont les dangers de l'internet ?

 

22-A combien de FCFA estimez-vous le coût de votre utilisation d'Internet par jour ?

23- Mes 3 sites Internet préférés sont.

 

24-

xxii

Parlez-nous des critères de validation de l'information sur Internet (Quels sont selon vous les critères d'un bon site?) ....................................................................................................................................

....................................................................................................................................

....................................................................................................................................

....................................................................................................................................

25- Publication électronique

1. Avez-vous déjà publié un travail scientifique ? 1.Oui 2. Non si oui le quel

2. Avez-vous reçu une formation relative à la mise en ligne des cours, à la rédaction d'articles en ligne?

1.Oui 2. Non si oui laquelle? si non, seriez-vous prêt à en recevoir?

3. Produisez-vous des contenus en ligne ? (Cours article, livre) 1.Oui 2.Non si non pourquoi ?

4.Êtes- vous prêt à mettre vos cours, vos articles en ligne? 1.Oui 2. Non si non pourquoi

xxiii

26- Faites-vous de la veille informationnelle sur Internet dans votre domaine?

MAÎTRISE D'INTERNET

1. Oui 2. Non

Dans cette section, nous cherchons à connaître votre niveau de maîtrise ou de familiarité avec l'internet.

27- Comment considérez-vous votre niveau de maîtrise envers les pratiques d'internet suivantes:

1. Un logiciel de création de pages Web (Frontpage, Dreamweaver, Wordpress, etc.) ?

Novice Moyen Bon Très bon Expert

2. Un environnement numérique d'apprentissage (DECclic, Moodle, etc.)?

Novice Moyen Bon Très bon Expert

3. Les moteurs de recherche dans Internet ?

Novice Moyen Bon Très bon Expert

4. Le catalogue et les bases de données de la bibliothèque ?

Novice Moyen Bon Très bon Expert

5. La recherche des informations à travers l'internet ?

Novice Moyen Bon Très bon Expert

COMPETENCES EN INTERNET

Dans cette section, on s'intéresse aux compétences qui relèvent de 3 domaines : les compétences informationnelles, les outils de communication et de collaboration.

28- Avez-vous déjà créé un site Web pour un de vos cours?

Oui 2.Non

 

29- Avez-vous déjà créé un blogue pour un de vos cours ?

Oui 2.Non

29- Quelles TIC utilisez-vous pour communiquer avec vos étudiants en dehors des périodes de cours? (Vous pouvez cocher plusieurs cases)

1. Courrier électronique 4.Bleu Manitou (relevé de notes)

2. Forum de discussion 5.Messagerie instantanée (ex.:MSN)

3. Messagerie DECclic 6. Aucune

30- Pouvez-vous préciser :

Quels sont les obstacles qui vous empêchent d'utiliser davantage l'Internet ? (Cochez 3 cases maximum)

01.J'utilise couramment l'Internet 02.Manque de formation pédagogique 03.Manque de soutien pédagogique 04.Manque de formation technique 05.Manque de soutien technique 06.Manque de temps

07.Manque d'intérêt

08.Difficultés d'accès à l'internet

09.Manque de ressources pertinentes dans ma discipline 10.Manque de connaissances des ressources disponibles dans ma discipline

11.Niveau de connaissance trop faible de l'internet 12.L'obligation de revoir mes cours si je consulte l'internet

13.Autre

VOTRE OPINION SUR INTERNET

Voici plusieurs phrases qui expriment certaines opinions sur Internet.

31- Pour chaque phrase, cochez la case qui correspond le plus à votre opinion. Même si vous n'êtes jamais allé(e) sur internet, donnez votre opinion.

1. «L'Internet est révolutionnaire»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

2. «C'est plus agréable de recherche les informations à travers l'Internet qu'avec la bibliothèque»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

3. «Internet, c'est une perte de temps»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
4.«Internet permet d'améliorer la communication entre les gens»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
5. «Quand on est abonné à Internet à la maison, on se parle moins»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
6.«Utiliser Internet, ça s'apprend très facilement»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
7.«Une fois qu'on a commencé à utiliser Internet, on ne peut plus s'en passer»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
8.«C'est souvent difficile de trouver ce qu'on cherche sur Internet»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

i

9. «Internet est avant tout un moyen de divertissement»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
10.«Il faudrait contrôler ce qu'il y a sur Internet (exemples: sites Internet dangereux, racistes, violents,

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

11. «Pour faire une recherche, les livres sont plus efficaces qu'Internet»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

12. «Internet est une menace pour la langue française»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

13. «Quand on est abonné à Internet à la maison, on passe moins de temps à regarder la télévision»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

14. «Pour utiliser Internet, il faut bien connaître l'informatique»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

15. «Pour utiliser Internet, il faut bien connaître l'anglais»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord
16.«D'ici quelques années, il sera aussi naturel d'avoir Internet à la maison que d'avoir le téléphone ou la télévision»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

17. «À l'avenir, les gens vont presque tout acheter sur Internet»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

18. «Pour travailler dans la société de demain, il faudra maîtriser Internet»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

19. «Internet va remplacer la télévision»

1Tout à fait en désaccord 2 Plutôt en désaccord 3Plutôt d'accord 4Tout à fait d'accord

Ndjame/........./2019

xxv

Ndjamena / /2019

xxvi

TABLE DES MATIERES

SOMMAIRE i

DEDICACE iv

REMERCIEMENTS v

LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES vi

LISTE DES TABLEAUX vii

LISTE DES FIGURES viii

RESUME .ix

ABSTRACT x

INTRODUCTION GENERALE 1

1. Contexte et problème de l'étude 2

2. Problématique 6

3. Questions 14

3.1 Question principale 14

3. 2 Questions de recherche 14

4. Objectifs... 14

4.1 Objectif général 14

4.2 Objectifs spécifiques 14

5. Hypothèses... 15

5. 1 Hypothèse principale 15

5. 2 Hypothèses de recherche 15

6. Pertinence et portée de la recherche 15

6.1 Pertinence sociale de la recherche 16

6.2 Pertinence scientifique de la recherche 16

7. Cadre méthodologique 17

xxvii

7.1 Cadre théorique 17

7.1.2 Modèle théorique de Hall, et Hord (2001) 17

7.1.3 Modèle théorique de Moersch 19

7.1.1 La théorie de la compétence 21

7.2 Définition des concepts 23

7.2.1 Les Technologies de l'information et de la communication 24

7.2.2 L'Internet Erreur ! Signet non défini.

7.2.3 Les pratiques professionnelles des enseignantes 26

7.3 Techniques et collecte des données 28

7.3.1 Recherche quantitative 28

7.3.2 Les questionnaires 29

7.3.3 Collecte des données 30

7.3.4 Analyse de données 31

CHAPITRE 1: ÉTAT DES LIEUX DES TIC (INTERNET) DANS l'ENSEIGNEMENT

SUPERIEUR DU TCHAD 32

1. Présentation générale du Tchad 32

2. Description du système d'enseignement supérieur au Tchad 33

2.1 Les Universités publiques 34

2.2 Les établissements privés d'enseignement supérieurs 35

2.3 Les institutions publiques d'enseignement supérieur sous la double tutelle ou hors tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et

l'Innovation 35

2.4 La Demande en enseignement 36

2.4.1 La Demande et l'offre en recherche et innovation 37

2.4.2 Demande et l'offre en enseignement 39

xxviii

3. Le développement des TIC et de l'Internet au Tchad 40

3.1 L'utilisation d'Internet au Tchad 44

3.1.1 Le coût d'accès à l'Internet 46

3.2 Les TIC dans l'enseignement supérieur du tchadien 51

3.2.1 Les Campus Numériques Francophone (CNF/AUF) 52

3.2. 2 Initiation pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) 54

Conclusion 55

CHAPITRE 2 : LES OPINIONS DES ENSEIGNANTS ENQUETES SUR LA NOTION

D'INTERNET 57

1. Les caractéristiques des enseignants enquêtés 58

1.1 Les variables sociodémographiques 58

1.2 Répartition du Genre des répondants 58

1.3 Répartition de l'Age des répondants 59

1.4 La Filière principale d'enseignement 59

1.5 Expérience en enseignement 60

2. Définition de l'Internet selon les enseignants 61

3. Ce que pensent les répondants des contenus d'Internet 63

4. Choix des enseignants entre ressources obtenues à l'aide de l'Internet et la

bibliothèque 67

5. Les avantages de l'Internet chez les répondants 68

6. Les inconvénients de l'Internet chez les répondants 68

7. Les opinions des enseignants sur la notion d'Internet 69

7.1 Les opinions relatives aux pratiques fondamentales d'Internet 70

7.2 Internet permet d'améliorer la communication entre les gens 72

7.3 Une fois qu'on a commencé à utiliser Internet, on ne peut plus s'en passer 73

xxix

7.4 Quand on est abonné à Internet à la maison, on passe moins de temps à

regarder la télévision 74

7.5 Pour travailler dans la société de demain, il faudra maîtriser l'Internet 74

Conclusion 75

CHAPITRE 3 : UTILISATION DE L'INTERNET CHEZ LES ENSEIGNANTS DE

L'UNIVERSITE DE N'DJAMENA 77

1. Accès aux technologies et à l'Internet 77

1.1 Accès à l'ordinateur 77

1.2 Accès au téléphone 79

1.3 Accès à l'Internet 80

2. La fréquence d'utilisation de l'Internet 83

3. Les temps passés sur l'Internet 84

4. Les activités que font les enseignants enquêtés sur le Net 85

5. La publication électronique 93

6. Formation à la mise en ligne des cours 95

7.La veille informationnelle 96

Conclusion 97

CHAPITRE 4 : LA MAÎTRISE ET LES COMPETENCES EN INTERNET 99

1. Les niveaux de maîtrise envers les pratiques d'Internet 100

1.1 Un logiciel de création de site web (Frompage, wordpress etc.) 101

1.2 Un environnement numérique d'apprentissage (DECclic, Moodle, etc.) 103

1.3 Les moteurs de recherche 105

1.4 Le catalogue et les bases de données de la bibliothèque 108

2. Compétences en Internet 110

2.1 L'Internet comme un moyen de la recherche de l'information 111

xxx

2.2 L'Internet comme un outil de communication. 113

3. Les obstacles qui empêchent les enseignants d'utiliser davantage l'Internet 115

Conclusion .117

Conclusion générale 118

Les limites de la recherche 122

Suggestions 123

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 125

ANNEXES xix

TABLE DES MATIERES xxvivi






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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld