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La place de l'internet dans les pratiques professionnelles des enseignants de l'université de Ndjamena (Tchad)


par Joseph Ndjig-nan Dinza
Université de Yaoundé 1 - Master 2020
  

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7.1.1 La théorie de la compétence

Pour expliquer l'évolution du concept de compétence, Ouardia (2014, p.147) rapporte qu'au cours des années 80, le monde du travail a connu plusieurs mutations techniques, technologiques et économiques qui ont introduit massivement de l'imprévu et de la complexité et qui ont imposé d'abandonner le travail à la « chaîne » qui consistait à réaliser une suite de gestes sans faire intervenir aucune initiative personnelle du travailleur. Il s'en est servi afin de désigner chez les employés et dans les entreprises une capacité, devenue indispensable, à s'adapter à des situations professionnelles de plus en plus complexes, instables et événementielles.

Pour Diem-Quyen et Blais (2007, p. 237) l'émergence du concept de compétence et le développement progressif de l'approche par compétences en formation universitaire constituent une réponse à la préoccupation d'apporter une solution aux problèmes et aux limites identifiés dans le cadre de l'approche par objectifs. Originaire du milieu professionnel et entrepreneurial où elle a graduellement remplacé la notion de qualification dès la décennie 1970, la notion de compétence s'est depuis imposée en éducation. Essayant de comprendre ce qu'une personne compétente, Tardif, (2006 : 22) dit-il aussi que :

Une personne compétente est une personne qui sait agir avec pertinence dans un contexte particulier, en choisissant et en mobilisant un double équipement de ressources : ressources personnelles (connaissances, savoir-faire, qualités, cultures, ressources émotionnelles) et ressources de réseaux (banques de données, réseaux documentaires, réseaux d'expertise, etc.). Savoir agir avec pertinence, cela suppose d'être capable de réaliser un ensemble d'activités selon certains critères souhaitables.

Mapto, K.V, (2019, p. 102) pense pour sa part que la notion de la compétence s'est imposée dans presque toutes les sphères de la société. Elle poursuit que la compétence constitue depuis quelques années un des marqueurs de notre temps. Mais le problème de la définition de la compétence n'est pas unanime. D'après la littérature sur ce terme, chaque auteur entend donner une signification convaincante à la notion de la compétence. Jonnaert, P. et al (2004 p. 674) entendent par compétence la mise en oeuvre par une personne en situation, dans un contexte déterminé, d'un ensemble diversifié, mais coordonné de ressources ; cette mise en

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oeuvre repose sur le choix, la mobilisation et l'organisation de ces ressources et sur les actions pertinentes qu'elles permettent pour un traitement réussi de cette situation. Après avoir lu les différents écrits sur la compétence, Dumouchel (2016, p. 27) conclue qu'une compétence est « un savoir-agir mobilisant des ressources personnelles (i.e. savoirs, savoir-faire et savoir-être) et externes (ex : documentation, réseau professionnel) afin de résoudre un problème dans une famille de situations ».

En effet, l'approche par compétence oblige les enseignants à avoir des connaissances transversales pour aider les apprenants à mieux apprendre et à réinvestir leur savoir dans les situations complexes. Du coup, nous constatons qu'un référentiel des compétences que ça soit chez les apprenants ou chez les enseignants est apparu pour permettre à tous les enseignants d'avoir une connaissance de base. D'où la naissance de référentiels des compétences TIC en éducation. UNESCO (2003), définit dont la compétence informationnelle comme la reconnaissance des besoins d'information de l'usager et de ses capacités à identifier, à trouver, à évaluer, à organiser l'information ainsi que de la créer, de l'utiliser et de la communiquer efficacement en vue de traiter des questions ou des problèmes qui se posent. Ainsi, l'UNESCO a publié pour la première fois un référentiel des compétences en 2008 avec une longue collaboration avec ses partenaires, CISCO, Intel, ISTE et Microsoft. Et a réactualisé une nouvelle version de ces référentiels des compétences en 2011. Ce Référentiel est articulé autour de trois approches de l'enseignement : Alphabétisation technologique, Approfondissement des connaissances, Création de connaissances le concept des « sociétés du savoir ». Et c'est justement dans cette perspective que Mastafi, M (2015, p. 31) montre à propos que les conclusions de nombreuses recherches s'accordent sur l'importance de l'acquisition des compétences techniques de la part des enseignants dans la réussite de l'intégration des TIC en éducation. Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Française4 a également institué un référentiel de compétences nécessaires à l'usage pédagogique des technologies de l'information et de la communication, communes à tous les enseignants et les formateurs, et a instauré un certificat (i2e). Ce référentiel est structuré en deux grandes catégories : la première concerne les compétences générales relatives à l'exercice du métier d'enseignement et comprend la « maîtrise de l'environnement numérique professionnel » et la deuxième catégorie, quant à elle, concerne l'ensemble des compétences permettant l'intégration efficace des TIC dans l'enseignement. Nous précisons que nous n'allons pas prendre en compte

4 Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche français. (2010). Référentiel i2e. Repéré à http://www.c2i.education.fr/spip.php?article87

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l'ensemble de ce référentiel des compétences TIC, mais s'intéresser seulement à la compétence liée à la communication et à la recherche d'information.

Notons également le référentiel de compétences développées par la CREPUQ (2005) et l'Association of College and Research Libraries (ACRL). Pour ces deux institutions :

Les compétences informationnelles englobent de manière intégrée la recherche éclairée et réflexive d'information, la compréhension des procédés grâce auxquels l'information est produite et mise en valeur, l'utilisation de l'information pour générer de nouveaux savoirs et la participation éthique à des communautés d'apprentissage, (ACRL 2016, p.6).

L'Association des Directeurs & Personnels de Direction des Bibliothèques

Universitaires et de la Documentation5 a également établi un référentiel des compétences informationnelles tels que : identification et définition des besoins, production de connaissances, utilisation des outils numériques, évaluation et réutilisation des résultats, connaissance des règles éthiques, et des enjeux sociaux ou économiques associés pour permettre aux enseignants d'agir efficacement dans la situation pédagogique. Ainsi, la théorie de compétences va nous permettre plus précisément d'évaluer nos enquêtés à travers les référentiels des compétences que nous venons d'élucider. Cependant, nous n'allons pas prendre en considération tous ces référentiels définis dans d'autres contextes mais ceux qui sont mieux adaptés dans notre contexte tels que les compétences informationnelles et communicationnelles.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery