WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les conséquences du commerce international sur le développement durable : cas de la Chine


par Yanis Zaoui
Université de Bordeaux - Master Economie internationale 2021
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

III. La Chine face aux conséquences intérieures du commerce international

A. Résultats obtenus et externalités du commerce international 1. Que traduisent ces résultats?

Les résultats de la partie économétrique nous ont permis d'effectuer des conclusions plus ou moins précises sur les effets du commerce et de mondialisation sur le développement durable. Le R-squared apparaissant dans le modèle de régression nous permet de connaitre la précision de notre modèle de régression et de déterminer la part d'incidence de la variable explicative commerce sur les 3 indicateurs choisis.

La variable expliquée PIB reflétant la dimension économique, nous a permis d'avoir une idée sur la relation commerce-PIB en Chine. Nos calculs nous ont permis de savoir qu'il y avait une forte corrélation entre ces 2 variables. En effet, à l'aide du test d'indépendance du Chi2 nous avons pu constater que les deux variables ont une relation de dépendance. La corrélation est forte et positive, ce qui signifie que si le commerce augmente, le PIB augmenterait dans le même sens. Pour le cas de la Chine, entre 1978 et 2019, en moyenne, l'augmentation d'une unité du commerce (c'est à dire de 1%) provoquerait une hausse de 121,4 milliard de dollars pour le PIB.

Or, nous avons vu que la variable commerce ne contribuait qu'à 26% de la variation du PIB. On ne peut donc pas dire que le commerce de la Chine a une énorme influence sur le PIB. La majeure partie (74%) est expliquées par d'autres variables omises dans le modèle de régression et qui aurait permis d'expliquer la variation du PIB de manière plus précise.

Pour l'ensemble de la période 1960-2019, on enregistre une moyenne annuelle de 27,12. Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de 310 %. En 2019, on enregistre la valeur de 36 % du PIB et c'est en 1960 qu'on enregistre la valeur la plus basse (9%).

Le développement du commerce extérieur de la chine explique ces résultats. En effet, suite à son ouverture sur le monde , la Chine s'est vu devoir répondre à une demande étrangère et intérieure impressionnante. Elle a connu un véritable boom industriel dû à l'augmentation de la production. Au cours de ces dernières années , la part de l'industrie dans le PIB du pays est passée d'un tiers à plus de la moitié, et celle de l'agriculture a chuté du quart à moins de 10%.

La Chine fabriquant des articles bon marché et ultracompétitifs grâce à ses coûts de production très bas, oriente également sa stratégie vers une montée en gamme en assimilant de nouvelles technologies et en s'attachant à former des ingénieurs et des ouvriers très qualifiés. Ses ventes à l'étranger, qui représentent 40% du PIB, en font le premier exportateur du monde.

Concernant l'aspect environnemental, les émissions de CO2 nous ont permis d'avoir une idée sur les conséquences du commerce sur l'environnement et plus particulièrement sur la pollution. De 1960 à 2016, les émissions de CO2 en Kt n'ont cessés de s'accroitre passant de 780 726 à 9 893 038 , dépassant les 10 000 000 de 2012 à 2015.

Nous avons effectué une corrélation simple pour les deux variables commerce et CO2 à partir de 1978 qui montrait une corrélation forte et positive entre les deux variables ce qui signifie que lorsque la variable commerce augmente, le CO2 augmenterait dans le même sens avec une relation

assez forte entre les deux. Le test d'indépendance du Chi2 appuyant le fait que les deux variables sont bien dépendantes.

Le commerce aurait donc une incidence sur l'augmentation de la pollution en Chine. En effet, d'après notre régression, la hausse du commerce de une unité provoquerait une hausse de 145 521 kt d'émissions de CO2. Le commerce servirait à expliquait tout de même 50% de la variation des émissions de CO2 ce qui est quand même un grand pourcentage.

En effet, ces dernières décennies, le pays a connu une croissance spectaculaire de son économie (comme nous avons pu le voir avec la variable PIB) mais également de sa forte industrialisation provoquant une hausse de sa consommation.

Aujourd'hui elle est le premier émetteur mondial de polluants atmosphériques tel que le dioxyde de carbone.

Selon une étude pilotée par une ONG américaine, respirer l'air de Pékin pendant un jour équivaut au fait de fumer deux paquets de cigarettes. La pollution atmosphérique dans le pays et plus particulièrement dans la capitale inquiète et est très problématique pour le développement durable du pays que ce soit économiquement, socialement ou encore pour l'environnement.

Pour terminer nous avons également essayer de mesurer les conséquences du commerce sur les inégalités sociales en utilisant l'indice de Gini.

La corrélation entre les variables commerce et Gini étant forte et positive, on pouvait comprendre que lorsque le commerce augmente les inégalités de revenus augmentaient.

Les inégalités de revenus n'ont cessés de croitre durant ces 40 dernières années, avec un pourcentage de 27,7 en 1981 et atteignant les 51% en 2018.

Les inégalités ont quasiment doublées depuis l'ouverture de la Chine au commerce international.

La régression portant sur les années 1981 à 2018, la constante est égale à 25,5 % ce qui signifie que si le commerce était nul, les inégalités de revenus seraient égales à 25,5%.

Beta 1, nous indique quant à lui qu'une augmentation d'une unité de la variable commerce provoquerait une hausse de l'indice de Gini de 33,4%, ce qui est énorme.

Toutefois le résultats R-squared nous permet de savoir que la variable commerce ne contribue qu'à 50% de l'évolution du coefficient de Gini.

On en a donc conclut que la part du commerce dans le PIB chinois a bien un rôle dans la variation de l'indic de Gini même si bien sur elle n'est pas la seule variable explicative.

Le commerce contribuerait donc au creusement des inégalités de revenus.

Effectivement, l'inégalité de la distribution des revenus en Chine a fortement augmenté ces dernières années. Peu développée, la Chine était encore très égalitaire au milieu des années 1980 concernant la distribution des revenus.

Depuis le développement du commerce extérieure de la Chine et sa forte industrialisation, les inégalités se sont accrues progressivement avec l'émergence d'une classe aisée, voire très riche, creusant ainsi l'écart entre ces derniers et les plus pauvres. La Chine était en effet en 2010 le pays qui comptait le plus de milliardaires après les États-Unis selon le classement du magazine Forbes.

2. Les externalités négatives sur l'aspect social et environnemental

a) Inégalités de revenus:

La réussite économique de la Chine s'est accompagnée par de fortes inégalités, notamment entre villes et campagnes, mais également au sein même des villes.

Pourtant, le développement profite à la population : selon la Banque mondiale, la Chine comptait 17,2 % de pauvres en 2010, ce chiffre a baissé jusqu'à atteindre les 3,1 % en 2017.

En Chine, les inégalités sociales liées à la croissance restent à un niveau élevé, selon les chiffres officiels. Comme nous avons pu le voir dans la partie empiriques, le coefficient de Gini a atteint les 0,51 en 2018 ce qui est important.

Cependant le pays a tout de même une place intermédiaire, entre les pays les plus égalitaires avec un indice de l'ordre de 0,2 (Danemark, Suède, Japon) contre 0,6 pour les plus inégalitaires (Brésil, Guatemala, Honduras).

Alors que le fossé entre les villes et les campagnes se creusent de plus en plus, l'ampleur de ces inégalités est une source de mécontentement au sein la population.

Le revenu annuel net des habitants ruraux s'est établi en 2016 à 12 363 yuans (environ 1 570 euros), tandis que celui en zone urbaine s'élevait en moyenne à 33 616 yuans par personne (près de

4300 euros).

Toutefois, les inégalités entre la Chine rurale et la Chine urbaine ne se limitent pas aux revenus.

En effet, les habitants urbains bénéficient plus souvent de logements sociaux et d'une couverture sociale plus grande, notamment pour la retraite.

Les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les agriculteurs, les retraités et les travailleurs migrants des zones rurales, qui ont fui les campagnes pour trouver un emploi dans les métropoles de l'est et du sud-est de la Chine vivant dans des villes avec des certificats de résident rural, privés de nombreux droits.

b) Aggravation de la pollution:

Cet élan économique et commercial depuis son ouverture sur le monde, s'est avéré être boulimique en ressources naturelles du fait de son industrialisation intensive pour rattraper son retard économique et technologique ainsi que l'accroissement de la consommation globale.

L'activité humaine d'exploitation des ressources naturelles impacte notre environnement.

Selon le centre de développement mondial, la Chine est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre dans le monde. Alors que le charbon représente 70% de l'énergie consommée en Chine, celle-ci étant le premier producteur mondial de charbon, la transformation de cette matière dans les usines est la plus grande cause de pollution dans le pays.

Pékin fait des efforts en sanctionnant les usines polluantes, cependant ce n'est pas assez pour diminuer la pollution.

L'Empire du milieu est le premier pollueur du monde avec ses industries de production mais est également l'auteur de pollution dans les autres pays.

Sa consommation boulimique en matière de ressources naturelles provoque des dégâts environnementaux. La Chine du fait de sa grande consommation, expose une demande d'importation trop importante en matière d'hydrocarbures, minière et alimentaire. Leur exploitation engendre une pollution dans son pays mais également dans les pays fournisseurs qui vont surexploiter leurs ressources pour répondre à ses besoins.

Bien que les importations chinoises aient augmenté de 6,5% en décembre, elles ont baissé de 1,1% tout au long de 2020, ce qui reflète à l'inverse, le niveau modéré de la consommation intérieure.

3. Covid-19 et commerce international : la Chine connait une rapide reprise de sa croissance économique

Il y a un peu plus d'un an, tous les regards étaient tournés vers la Chine, premier pays touché par la pandémie de Covid-19.

Cependant le pays a su maîtriser la pandémie de manière extrêmement ferme et efficace. Confinements drastiques, traçage numérique... la Chine a jusqu'aujourd'hui évité une deuxième vague massive en frappant fort sur chaque nouveau foyer d'infection.

Durant cette année de crise sanitaire mondiale, la Chine a encore accru sa part de marché dans le commerce international grâce à la forte hausse de ses exportations de produits médicaux et de matériels high tech liés au télétravail, suscitée par la pandémie.

Effectivement, les exportateurs chinois ont gagné des parts de marché depuis que la Chine a réussi à sortir de la pandémie. Ces parts s'établissent désormais à 25% dans le top 20 des exportateurs mondiaux, contre 20% avant le covid-19.

Poussée par la demande mondiale, les exportations chinoises ont explosé cette année, la balance commercial contribuant à la croissance du PIB, soutenue également par une baisse des importations du pays. Mais une augmentation aussi rapide ne fut observée lors des crises mondiales passées. Ne serait ce que durant le troisième trimestre 2020, le PIB de la Chine a augmenté d'environ 5%.

La demande mondiale de masques ayant connu un véritable boom, la Chine a profité de ce phénomène. En effet, le pays a exporté 224 milliards de masques entre mars et décembre 2020. La Chine a également profité de la forte demande

mondiale de produits électroniques liée au

développement du télétravail.

Alors que l'Europe tente de sauver son économie, fragilisée par la pandémie de Covid-19, la Chine consolide sa puissance avec la signature du plus vaste accord de libre-échange au monde.

C'est l'un des plus grands accords commerciaux jamais connu que la Chine a signé dimanche avec quatorze de ses voisins. Celui-ci associe d'anciens adversaires tel que le Japon et la Corée du Sud, des démocraties tout comme des régimes autoritaires, des pays asiatiques ainsi que d'ex-colonies occidentales telles que l'Australie ou la Nouvelle-Zélande.

Cette Asie constituant 30% de la population et du PIB mondial, a pour objectif de créer un marché unique sur les rives de l'océan pacifique, où les produits circuleront librement. Cette union constitue le troisième pôle régional de la planète, face à l'Europe, dont le grand marché date des années 1980, et aux Etats-Unis, associés au Canada et au Mexique dans les années 1990.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery