WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Lasers - production et applications


par Amine Alida
Université Ibn Zohr - Licence Bac+3 2021
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

17

Chapitre 3

Types et principe de fonctionnement

3.1 Introduction

Dans ce chapitre, nous présentons en détail le fonctionnement des lasers les plus utilisés aujourd'hui. Ce sont tout d'abord les lasers à semi-conducteur, notamment grâce à leur utilisation pour les télécommunications. Puis les lasers à gaz, les plus utilisés dans l'industrie avec l'exemple de laser Ar+. Enfin nous réservons un paragraphe aux autres types du laser comme le laser chimique, les lasers à fibre et finalement le laser à électrons libres.

3.2 Lasers à semi-conducteur 3.2.1 Histoire

L'année même où Theodore Maiman réalisait le premier laser, les français Georges Duraf-fourg et Maurice Bernard du CNET, déterminaient théoriquement les conditions nécessaires au fonctionnement d'un laser à semi-conducteur.

De nombreux laboratoires, aux États-Unis vont alors se lancer dans la course à la réalisation de ce laser. L'équipe de Robert Hall, des laboratoires aux États Unis, parvient la première, en novembre 1962, à réaliser un laser émettant des impulsions infrarouges. Il faudra attendre encore 8 ans pour obtenir le premier laser continu.

3.2.2 Principe de fonctionnement

Le fonctionnement du laser à semi-conducteur basait sur l'insertion dans une cavité un milieu amplificateur, dans lequel on réalise une inversion de population grâce d'un mécanisme de pompage. Ici, le milieu amplificateur est un semi-conducteur, c'est-à-dire un matériau possédant une conductivité électrique intermédiaire entre un isolant et un métal.

Dans un semi-conducteur, les électrons peuvent occuper deux ensembles de niveaux d'énergie distincts, séparés par une région inoccupée. La bande inférieure, regroupant les niveaux non excités, est la bande de valence. La bande supérieure, celle des niveaux excités, est la bande de conduction.

La zone intermédiaire porte le nom: La bande interdite, La largeur Eg de la bande interdite joue un rôle analogue à la distance entre deux niveaux discrets d'un atome, et elle fixe donc la longueur d'onde du rayonnement.

Réaliser l'inversion de population permet donc à peupler la bande de conduction en dépeuplant la bande de valence. Autrement dit, l'électron, lorsqu'il est dans la bande de valence, est lié à la structure cristalline. Lorsqu'il est excité, il devient un électron libre et laisse un trou libre dans la structure cristalline. Pour se désexciter, un électron doit nécessairement trouver un trou pour reprendre sa place autour d'un atome : on dit qu'il se recombine avec un trou.

FIGURE 3.1 - Représentation schématique des bandes d'énergie dans un semi-conducteur.

Si l'on applique une différence de potentiel directe aux bornes de la jonction, les électrons et les trous vont migrer vers la zone de contact. Le nombre des électrons et des trous augmente et la recombinaison électron-trou est favorisée. Les photons ainsi créés constituent une source de lumière non cohérente : c'est le principe des LED. Pour obtenir un rayonnement cohérent, c'est-à-dire un laser, il suffit de placer la jonction P-N dans une cavité et de s'assurer que le pompage - soit le courant électrique - est suffisant pour compenser les pertes : c'est le principe de fonctionnement de la diode laser.

3.2.3 La longueur d'onde du rayonnement

La largeur Eg de la bande interdite joue un rôle analogue à la distance entre deux niveaux discrets d'un atome, et elle fixe donc la longueur d'onde du rayonnement (fig. 3.2).

18

FIGURE 3.2 - Transitions radiatives de bande à bande dans les semi-conducteurs.

hc

Eg = = (3.1)
ë

hc

ë =

(3.2)

Eg

avec Eg est le gap énergétique et ë la longueur d'onde du rayonnement.

On remarque que la longueur d'onde est inversement proportionnelle à l'énergie du gap.

Donc on peut varier la gamme spectrale de fonctionnement, qui peut être large, entre 0,3 et 30 um suivant le type de matériau semi-conducteur retenu (fig. 3.3). On peut ajuster la largeur de la bande interdite en utilisant des alliages et/ou des structures à puits quantiques.

19

FIGURE 3.3 - Choix du laser à semi-conducteur en fonction de la longueur d'onde.

3.2.4 Principaux avantages

· Le rendement élevé qui peut atteindre 50

· La puissance. Dans l'infrarouge proche, on obtient facilement plusieurs centaines de mW avec un courant de l'ordre de grandeur de 1A.

· Fonctionnement à la température ambiante. Aujourd'hui, la plupart des lasers à semiconducteur fonctionnent à température ambiante ~ 24°C. Toutefois certains d'entre eux, notamment ceux à bande interdite étroite qui émettent à des longueurs d'onde plus élevées, sont maintenus à basse température, entre 10 et 20 K, pour limiter le peuplement de la bande de conduction par simple excitation thermique.

3.2.5 Exemple : Laser (Al)GaAs

(Al)GaAs est le système de matériaux semi-conducteurs composés le plus étudié et aussi le plus utilisé. La raison principale en est le faible décalage de réseau ?a/a de seulement 1.3x10-3 entre AlAs et GaAs. Cela rend la fabrication d'hétéro structures facile puisque les contraintes de contrôle de la composition ne sont pas très strictes. Alors que les dispositifs électroniques ne nécessitent généralement que des couches minces d'AlxGa1-xAs à faible teneur en Al (x < 0.3) où le décalage de réseau peut facilement être adapté de manière élastique, la notion d'AlGaAs dont le réseau est adapté à celui de GaAs n'est clairement pas vraie pour les lasers à diodes ayant des couches épaisses de gaine et de guide d'ondes à forte teneur en Al.

L'épaisseur critique de la couche au-delà de laquelle la formation de dislocations mal adaptées est attendue pour l'Al0.5Ga0.5As n'est que de 500 nm et pour l'AlAs de 220 nm. Ce fait doit être gardé à l'esprit, bien que l'AlGaAs se révèle être plus résistant à la relaxation de la déformation que prévu théoriquement. Une autre raison de la prédominance de l'AlGaAs est le fait que l'As est beaucoup plus facile à manipuler que le P, qui a une pression de vapeur beaucoup plus élevée et se présente sous différentes modifications, dont certaines peuvent s'enflammer spontanément.

20

3.3 Lasers à gaz

3.3.1 Principe de fonctionnement

Le milieu actif gazeux d'un laser peut être constitué d'ions, d'atomes, ou encore des molécules.

-- Lorsque les atomes actifs sont neutres ou ionisés, le pompage réalise l'inversion de population entre deux niveaux électroniques (fig. 3.4) et la transition est typiquement située dans l'ultraviolet, le visible ou encore l'infrarouge proche (0, 2um < ë < 1um).

-- Par contre, si le milieu est moléculaire, la gamme spectrale peut être beaucoup plus étendue. Elle dépend du type de transition impliquée dans l'effet laser : transitions électroniques (0, 2um < ë < 1um), vibrationnelles (5um < ë < 50um) ou enfin rotationnelles (20um < ë < 1000um).

FIGURE 3.4 - Illustration schématique de l'interaction matière-rayonnement. La fréquence du rayonnement émis ou absorbé dépend du type de la résonance mise en jeu: (a) atomique, (b) vibrationnelle, (c) rotationnelle.

Un laser à gaz est typiquement formé d'un tube renfermant le mélange gazeux, placé entre les miroirs d'une cavité résonante. C'est une décharge électrique qui réalise le pompage du milieu actif dans la plupart des cas. Cependant, certains lasers sont optiquement pompés. C'est le cas, en particulier, des lasers émettant dans l'infrarouge lointain comme par exemple le laser à difluorométhane (CH2F2).

On distingue principalement deux types d'excitation :

· l'excitation directe : les électrons produits et accélérés dans la décharge électrique, transmettent par collision une partie de leur énergie cinétique aux atomes du milieu actif qui atteignent ainsi le niveau supérieur de la transition laser;

· l'excitation indirecte : on ajoute au milieu actif des atomes plus facilement excitables que ceux qui sont à l'origine de l'émission laser, mais qui n'y participent pas directement. Les collisions assurent ensuite le transfert de l'énergie acquise.

3.3.2 Exemple : Laser à argon ionisé (Ar+)

Dans le laser à ions d'argon, les collisions électroniques ultérieures conduisent à l'ionisation des atomes d'argon et à l'excitation des ions d'argon. Les configurations des électrons sont les

21

suivantes :

· L'Argon Ar : 1s2 2p6 3s2 3p6 .

· L'ion d'Argon Ar+ : 1s2 2p6 3s2 3p5 .

· L'ion d'Argon excité (Ar+)* : 1s2 2p6 3s2 3p4 4p .

Différentes transitions 4p ? 4s entre les niveaux 3p44p et 3p44s (divisés en raison de l'in-teraction spin-orbite) donnent lieu à une émission laser cw (laser à onde continue) dans le bleu et le vert, avec de fortes lignes d'émission à 488 et 514 nm.

Une décharge gazeuse dans un tube en céramique (diamètre 1-2mm; longueur 1m; refroidi à l'eau) contenant le gaz argon (pression 0,1 mbar) pompe le laser à ions argon. En raison de la double excitation, l'efficacité du laser à ions argon est proportionnelle au carré de la densité de courant dans la décharge gazeuse. A une puissance électrique élevée (courant 10 A; tension 5 kV), la puissance de sortie est grande (20W). L'efficacité du laser est faible (= 0.1 %).

FIGURE 3.5 - Niveaux d'énergie du laser dans l'argon ionisé.

Niveaux d'énergie du laser dans l'argon ionisé.

Le pompage comporte deux étapes : les atomes subissent d'abord une ionisation par collision, puis les ions sont excités vers des niveaux élevés. Plusieurs collisions sont toutefois nécessaires pour atteindre les niveaux 3p44p de l'ion (fig. 3.5). Les deux niveaux de la transition laser étant très élevés par rapport au fondamental, ceux-ci sont pratiquement vides à température ambiante en absence de pompage. L'inversion de population est alors très facile à réaliser, d'autant que le niveau inférieur de la transition laser a une durée de vie courte.

3.4 Autres types 3.4.1 Lasers chimiques

Certaines liaisons chimiques permettent d'accumuler une quantité d'énergie qui peut être libérée au cours de leurs réaménagements. Les lasers chimiques permettent de convertir une partie de l'énergie stockée en rayonnement optique cohérent. Ils fonctionnent sur des transitions de rotation et vibration de molécules dont la plus connue est H(D)F. En restant sur le plan qualitatif, le principe de l'excitation consiste ici à provoquer la formation de molécules diatomiques vibrationnellement excitées (*) :

F+H2 ? H+(HF)*
F2+H ? F+(HF)*

22

Il faut fournir de l'énergie pour initier la réaction c'est-à-dire pour obtenir les agents chimiquement actifs H et F. Ces molécules se désexcitent en émettant des photons.

3.4.2 Lasers à fibre

Les lasers à fibre optique sont des lasers en verre. En comparaison avec d'autres lasers à l'état solide, les lasers à fibre sont flexibles et simples. Le milieu actif d'un laser à fibres est un verre qui est dopé avec des ions de terres rares. Les lasers à fibre optique ont de nombreuses applications dans les domaines de traitement des matériaux, la chimie, la médecine, la biologie.

3.4.3 Lasers à électrons libre

Dans un laser à électrons libres (FEL), un faisceau d'électrons se déplaçant à une vitesse proche de la vitesse de lumière est faite pour passer à travers le champ magnétique (fig. 3.6) généré par une structure périodique (appelé le onduleur). Le processus d'émission stimulé se produit l'interaction du champ électromagnétique du faisceau laser avec ces électrons relativistes se déplaçant dans la structure magnétique périodique. Comme dans tout autre laser, deux miroirs d'extrémité sont utilisés pour fournir pour l'oscillation laser. Le faisceau d'électrons est injecté dans la cavité laser, puis dévié la cavité à l'aide d'aimants de pliage appropriés.

FIGURE 3.6 - Structure de base d'un laser à électrons libres.

3.5 Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons parlé de certains types de lasers comme les lasers à semi conducteurs et les lasers à gaz et de leur fonctionnement. Nous avons également parlé d'autres types mais sans détails. Parce que si vous voulez détailler les choses, vous aurez besoin d'un chapitre pour chaque type, en particulier pour le laser à électrons libres car il est trop difficile à traiter. Vous devez tenir compte ses effets quantiques et relativistes qui rendent sa physique trop compliquée.

23

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille