![]() |
Frantz Fanon et l'intégration régionale en Afrique Centrale: défis et perspectives de la CEEACpar Vinny-Toussaint Dark Nkouma Emane ISM Dakar - Master sciences politiques et relations internationales: option diplomatie et geostrategie 2024 |
A- Vulnérabilités économiques et financièresL'analyse des vulnérabilités économiques et financières de la CEEAC révèle des faiblesses structurelles qui entravent considérablement le processus d'intégration régionale. Ces vulnérabilités, ancrées dans les caractéristiques économiques des États membres et leurs capacités financières limitées, créent un environnement peu propice à la mise en oeuvre effective des politiques communautaires. La structure économique des pays membres de la CEEAC se caractérise par une dépendance excessive aux matières premières, phénomène qui trouve ses racines dans l'héritage colonial et la persistance des relations économiques asymétriques. En Afrique centrale, le modèle économique extractiviste, hérité de la période coloniale, continue de dicter les orientations de développement de la sous-région. Cette dépendance se manifeste par la prédominance des hydrocarbures et des ressources minières dans les exportations de la plupart des États membres. 127Jacques Didier Lavenir Mvom , " La politique de sécurité collective en Afrique Centrale", Harmattan, 2024, 128 Ibib. 55 La volatilité des cours mondiaux des matières premières expose les économies de la CEEAC à des chocs externes récurrents. Les fluctuations des prix des commodités créent une incertitude permanente qui compromet toute planification économique à moyen et long terme. Cette instabilité se répercute directement sur les budgets nationaux, les recettes d'exportation constituant une part prépondérante des ressources fiscales dans des pays comme l'Angola, le Gabon ou la République du Congo. Cette situation perpétue la vulnérabilité des économies face aux chocs exogènes et limite les possibilités de création d'emplois dans les secteurs à plus forte valeur ajoutée. La fragilité des finances publiques des États membres constitue un obstacle majeur au bon fonctionnement de la CEEAC. Les budgets nationaux, tributaires des recettes d'exportation, subissent de plein fouet les fluctuations des marchés internationaux. Cette situation se traduit L'institution fait face à un problème de sous-financement chronique qui s'aggrave au fil des temps. Le taux de recouvrement des contributions des Etats membres est en baisse régulière. Il est passé de 73% en 2013 à 11% en 2017 par des arriérés de cotisations récurrents qui paralysent partiellement l'organisation régionale129. Ces retards de paiement privent l'organisation des ressources nécessaires à la mise en oeuvre de ses programmes et affectent sa crédibilité auprès des partenaires techniques et financiers. Les projets structurants, comme les corridors de transport ou les interconnexions énergétiques, souffrent particulièrement de cette insuffisance de financement. Cette situation perpétue l'enclavement de certaines régions et limite les échanges commerciaux intra-communautaires. La dépendance excessive vis-à-vis des financements extérieurs constitue un autre problème majeur. L'externalisation du financement crée une dépendance qui peut influencer l'orientation des priorités régionales. Les mécanismes de financement innovants restent sous-exploités. Pourtant, comme le montre l'expérience d'autres communautés économiques régionales, de tels instruments pourraient renforcer l'autonomie financière de la CEEAC.La faiblesse des systèmes bancaires et financiers régionaux limite également les possibilités de mobilisation de ressources. La Banque de Développement des États de l'Afrique Centrale (BDEAC), principale institution financière de 129 Le 360 Afrique. CEEAC : un trou de 40 milliards francs CFA dans les caisses.2018. https://afrique.le360.ma/autres-pays/economie/2018/02/16/19024-ceeac-un-trou-de-40-milliards-francs-cfa-dans-lescaisses19024/#:~:text=Le%20taux%20de%20recouvrement%20des%20contributions%20des,%C3%A0%20c et%20effet%20%C3%A0%20l'ouverture%20de%20l Consulté le 14/10/2025 à 21h 56 la sous-région, dispose de capacités d'intervention insuffisantes au regard des besoins. Son capital, d'environ 2,5 milliards de dollars , apparaît modeste comparé à celui d'autres banques sous-régionales africaines130. |
|