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Introduction d'une société à  la bourse des valeurs mobilières de Douala - Enjeux et procédures

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par Félix Zogning Nguimeya
Université de Douala - DESS Gestion financière et bancaire 2006
  

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INTRODUCTION GENERALE

Au sein des pays de la zone franc, le Cameroun, dont le PIB représente

pratiquement la moitié de celui de la zone BEAC1, a connu une grave crise financière en

1986/87, ce qui a amené les banques à limiter leurs engagements. C'est en fait une inversion de tendance un peu brutale par rapport au passé où elles avaient au contraire trop prêté, et surtout sans effectuer de sélection ni de suivi des projets. Pour éviter un effondrement de tout le système bancaire, un plan de restructuration a été mis en place en

1989. Grâce à ces réformes et au changement de politique monétaire, les banques sont redevenues plus liquides, mais elles n'ont pas pour autant accordé plus de crédit à l'économie.

Le crédit bancaire se trouvant ainsi fortement rationné et limité dans le temps

(crédits à long terme quasi-inexistants) et conditionné par certaines dispositions relatives

au système bancaire, le recours au Marché Financier pourrait être une alternative. Par l'appel public à l'épargne, il permet de mobiliser d'importantes ressources qu'il met à la disposition des entreprises.

La Bourse, fournissant un accès plus facile au capital des entreprises souhaitant se financer par l'émission de titres, devient alors incontournable. Dans un sens général, la Bourse est un lieu de rencontre entre les investisseurs (institutionnels, particuliers, entreprises, banques,... ayant les liquidités à investir contre une certaine rémunération) d'une part, et les entreprises à besoin de financement d'autre part (les banques et l'état jouant respectivement des rôles d'intermédiaire et d'arbitre).

L'introduction en bourse de titres de capitaux est une opération financière complexe se déroulant en deux phases. Il faudra dans un premier temps obtenir une décision d'admission positive de la part de l'entreprise de marché. Dans un second temps,

1 La politique monétaire de cette zone est dirigée par la Banque des Etats d'Afrique Centrale. Elle comprend le

Cameroun, la République de Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad.

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il faudra diffuser dans le public une quantité minimale de titres et obtenir la première cotation.

Il serait illusoire de penser que l'introduction pourra être réalisée sans une

importante préparation préalable. Il serait encore plus illusoire de s'imaginer qu'elle consiste simplement en l'inscription de la valeur sur une des lignes de cotation du système

de négociation mis en place par l'entreprise de marché.

Avant de pouvoir obtenir la première cotation, la société devra en effet réussir deux tests. Dans un premier temps, elle devra convaincre les autorités de marché de l'opportunité d'une telle introduction. Dans un second temps, c'est le marché lui-même qu'il conviendra de séduire. Il faudra en effet persuader les investisseurs et les épargnants d'apporter leurs capitaux, d'entrer dans la société et surtout d'y rester. S'il est exact que ce souci va devenir une préoccupation permanente de l'équipe dirigeante, il ne faut pas oublier que l'introduction en bourse sera pour eux la première expérience de cet exercice délicat. Dans de nombreux cas, la société souhaitant s'introduire en bourse est inconnue

du public. Il lui faudra donc faire sa promotion, se présenter au marché sous son meilleur

jour.

Par ailleurs, les mesures permettant de mettre en place une politique de communication financière et d'assurer la transparence de la société devront être prévues

en amont de l'introduction. La bonne évolution du cours du titre introduit est en grande partie dépendante de la qualité de la préparation de la société. Cette préparation

implique en général une profonde restructuration juridique qui peut durer plusieurs mois.

C'est en réalité tout l'environnement de la société qui va en être affecté : sa situation financière, ses relations avec son actionnariat, son statut juridique...

L'admission aux négociations d'une bourse des valeurs est en effet constitutive

d'une opération par appel public à l'épargne. La société va donc être amenée à épouser le statut d'émetteur faisant appel public à l'épargne et sera dorénavant tenue de respecter les obligations légales des sociétés cotées mais également de se soumettre aux usages des

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marchés financiers, les exigences des investisseurs étant souvent plus contraignantes et difficiles à réaliser que les obligations légales issues du droit des sociétés et du droit boursier.

Le recours à des conseils spécialisés apparaît donc comme nécessaire. On voit mal

en l'état actuel des choses en effet comment les dirigeants d'une société pourraient seuls parvenir à réaliser cette opération, étant étrangers aux usages du marché et aux règles de droit applicables à cette matière. Parmi ces conseils et prestataires de services, les intermédiaires financiers vont jouer un rôle majeur.

Ils pourront en effet jouer un rôle de coordination entre les différents conseils spécialisés

(agence de communication financière, commissaires aux comptes, cabinet d'avocat ...) et

mettre au service de la société leurs compétences en matière d'ingénierie financière.

Le visa de la CMF (Commission des Marchés Financiers) apposé le 12 Mai 2006 à la demande de la Société des Eaux Minérales du Cameroun pour introduction au Douala Stock Exchange enclenche après cinq années d'attente depuis la création du marché financier camerounais, le véritable décollage de la bourse des valeurs mobilières de Douala. Le Marché Financier étant en émergence en Afrique francophone et notamment

au Cameroun, bon nombre d'entreprises ignorent encore les avantages inhérents à la Bourse, ainsi que les procédures d'introduction à la cote. Une situation qui légitime notre thème : « Introduction d'une société à la Bourse des valeurs mobilières de Douala - Enjeux et procédures : Cas de la Société des Eaux Minérales du Cameroun ».

Dans le cadre de notre étude, il sera tout d'abord question pour planter le décor,

de rappeler le cadre réglementaire qui régit l'introduction en bourse et plus largement, les opérations d'appel public à l'épargne, de ressortir l'intérêt, les enjeux et les aménagements structurels préalables à une introduction en bourse, avant de se recentrer en seconde partie sur toute la procédure et l'ingénierie qui entoure l'introduction des titres de capital

à la cote d'une bourse, avec en filigrane le cas de la Société des Eaux Minérales du

Cameroun. Il sera également question, pour sortir, de faire des projections sur la vie de la société cotée.

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