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La redéfinition du rôle géopolitique Vénézuelien


par Nicolas Lehoucq
Institut d'étude des Relations Internationales Paris - Licence en Relations Internationales 2006
  

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« Hasta la revolucion, siempre » Che Guevara.

Cette citation fameuse de Che Guevara semble aujourd'hui prendre un nouvel élan par le biais du nouveau président vénézuelien Hugo Chavez. En effet, ce dernier tente aujourd'hui de mettre en place la révolution bolivarienne changeant par là même radicalement la politique étrangère du Venezuela. Avant de nous plonger dans cette évolution, regardons la situation de ce pays d'Amérique Latine à la fin du 20e siècle et les raisons de l'accession au pouvoir d'Hugo Chavez.

En 1998, soit 168 ans après l'accession à l'indépendance un écart abyssal sépare une minorité de nantis du reste du peuple ; un quart de la population active est au chômage. Ceci semble révoltant quand on sait que le Venezuela est le deuxième exportateur mondial de pétrole à l'époque et qu'il a reçu sur les vingt-cinq dernières années, au titre de la vente d'hydrocarbures, environ 300 milliards de dollars, soit l'équivalent de vingt plans Marshall réunis. C'est dans ce contexte que Hugo Chavez remporte les élections le 6 Décembre 1998 avec 56,24% des voix porté par un programme social.

Depuis lors, l'enfant de Sabaneta du haut de ses 51ans est devenu un phénomène politique irrésistible à l'échelle latino-américaine. Sa popularité, principalement auprès des populations modestes dont il est lui-même issu, tient en un programme politique visant à s'éloigner du modèle néolibéral et par là même résister à la mondialisation. La redistribution de la dépense publique en faveur des secteurs populaires lui accorde un soutient lui permettant de mener cette politique d'indépendance.

Comparé parfois au Général de Gaulle dans son idée d'indépendance, Hugo Chavez s'inspire principalement de Simon Bolivar qui avait libéré l'Amérique du Sud du joug espagnol et qui souhaitait bâtir une « grande patrie » dans le sud du continent américain.

Depuis son accession au pouvoir, la ligne directrice de la politique étrangère vénézuelienne a bien changé. En effet, le partenariat avec les Etats-Unis a totalement était remis en question et on peut même affirmer que Hugo Chavez mène une véritable « guerre » au système américain. Pour ce faire, le président vénézuelien utilise ce qui est pour sûr actuellement, l'objet de toutes les convoitise américaines : le pétrole. L'or noir est devenu l'instrument essentiel des relations extérieures du Venezuela comme l'affirme le ministre des affaires étrangères M. Rodriguez qui institua son mandat en disant « la politique internationale du Venezuela a une composante très forte en matière d'hydrocarbures ». Grâce à cette rente pétrolière importante Hugo Chavez a pu mettre en place un autre principe de la diplomatie bolivarienne : la coopération sud/sud qui correspond à son souhait de promouvoir un monde multipolaire. « Nous ne voulons pas dépendre d'un seul pays. Nous utilisons notre pétrole pour ouvrir des marchés et nouer de nouvelles alliances ».

Dans la mise en oeuvre de sa politique, le président vénézuelien n'hésite pas à choquer, embarrasser, voire même passer en force. Il mène une politique ouvertement anti-Bush allant jusque l'accuser personnellement de tentative d'assassinat, il cultive ses relations avec des gouvernements mis au banc de la communauté internationale comme avec son ami Fidel Castro.

Tout ceci nous amène à de nombreuses interrogations : premièrement comment agit-il dans la pratique notamment dans sa politique anti-américaine ? Quelle est sa nouvelle politique pétrolière ? Quelles en sont ou seront les répercussions ? Sa politique se limite-t-elle au pétrole ? Quel est l'impact de sa politique sur le monde ? Où veut-il en venir ? Mais également cette politique est-elle viable ? Hugo Chavez est-il un feu local ou un brasier global potentiel ?

Nous répondrons bien sûr à l'ensemble de ses interrogations en nous attachant aux faits mais également en extrapolant sur l'évolution de la situation. Nous verrons si Hugo Chavez est un simple agitateur éphémère ou s'il a effectivement les moyens de sa politique.

Pour cela nous étudierons dans un premier temps la situation du Venezuela : quels sont les faits marquants de son histoire ? Quelles sont ses ressources ?... Puis nous définirons précisément le programme politique de Hugo Chavez en comprenant ses aspirations, ses actes nationaux et leurs apports... Dans une troisième partie nous analyserons la nouvelle politique pétrolière du Venezuela depuis l'élection de Hugo Chavez : l'utilisation du pétrole comme une arme, le rôle fort à l'OPEP, les nouvelles alliances stratégiques.... Nous finirons par l'étude des idées fortes de Hugo Chavez notamment son projet pour l'Amérique latine, ses liens intimes avec Fidel Castro et le rôle que ce dernier peut avoir sur le président vénézuelien...

I. La situation du Venezuela : histoire, ressources et enjeux géopolitiques.

A. Les traits caractéristiques majeurs du Venezuela

Géographiquement, le Venezuela se situe sur la côte septentrionale de l'Amérique Latine ; une vaste plaine drainée par le fleuve Orénoque prend place en son centre et le sud ouest du pays est occupé par le plateau des Guyanes. Sa population totale est de 25,1 millions de personnes dont 87% sont urbanisées.

L'histoire vénézuelienne est marquée au fer rouge par les idées fortes et son souhait d'indépendance ; en 1881 sous la conduite de Simon Bolivar le Venezuela fut la première colonie espagnole à rejeter l'autorité de Madrid. C'est en 1821, lors de la bataille de Carabobo que la Grande Colombie (Colombie, Venezuela et Equateur) prend définitivement son indépendance mettant fin à la domination espagnole. Cette Grande Colombie s'effondra en 1830 donnant ainsi naissance au Venezuela avec à sa tête José Antonio Paez suivi par la suite de Guzman Blanco. C'est en 1908 avec l'arrivée au pouvoir du général Juan Vincente Gomez que l'industrie pétrolière se développe. La démocratisation du Venezuela amorcée en 1935, marque en coup d'arrêt en 1945 et 1948 par un enchaînement de coups d'Etat militaire. Le retour de la démocratie se fera en 1958 avec l'élection de R. Betancourt.

Dans les années 60, le Venezuela deviendra membre fondateur de l'OPEP ; sur le plan national une lutte anti-guérilla se développe. En 1973, le Venezuela décide de nationaliser l'industrie pétrolière ; malgré cela une situation économique de plus en plus désastreuse prend place. Le paroxysme est atteint en 1983 avec la chute du prix du baril qui amène une réduction des dépenses sociales créant un gouffre de plus en plus large entre les nantis et les autres. Ceci entraînera de violentes manifestations notamment les émeutes de la faim en 1989 à Caracas. Les années suivantes sont marquées par la corruption qui ne cesse de s'étendre et dégoûte la population.

Dans ce contexte, Hugo Chavez remporte les élections en 1998 avec un programme social et une promesse d'honnêteté. En Avril 2002, Chavez est renversé par un putsch, il retrouve son siège le lendemain après les protestations nationales et internationales. Ceci le conforte dans son image « d'ami du peuple ».

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