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La redéfinition du rôle géopolitique Vénézuelien


par Nicolas Lehoucq
Institut d'étude des Relations Internationales Paris - Licence en Relations Internationales 2006
  

Disponible en mode multipage

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« Hasta la revolucion, siempre » Che Guevara.

Cette citation fameuse de Che Guevara semble aujourd'hui prendre un nouvel élan par le biais du nouveau président vénézuelien Hugo Chavez. En effet, ce dernier tente aujourd'hui de mettre en place la révolution bolivarienne changeant par là même radicalement la politique étrangère du Venezuela. Avant de nous plonger dans cette évolution, regardons la situation de ce pays d'Amérique Latine à la fin du 20e siècle et les raisons de l'accession au pouvoir d'Hugo Chavez.

En 1998, soit 168 ans après l'accession à l'indépendance un écart abyssal sépare une minorité de nantis du reste du peuple ; un quart de la population active est au chômage. Ceci semble révoltant quand on sait que le Venezuela est le deuxième exportateur mondial de pétrole à l'époque et qu'il a reçu sur les vingt-cinq dernières années, au titre de la vente d'hydrocarbures, environ 300 milliards de dollars, soit l'équivalent de vingt plans Marshall réunis. C'est dans ce contexte que Hugo Chavez remporte les élections le 6 Décembre 1998 avec 56,24% des voix porté par un programme social.

Depuis lors, l'enfant de Sabaneta du haut de ses 51ans est devenu un phénomène politique irrésistible à l'échelle latino-américaine. Sa popularité, principalement auprès des populations modestes dont il est lui-même issu, tient en un programme politique visant à s'éloigner du modèle néolibéral et par là même résister à la mondialisation. La redistribution de la dépense publique en faveur des secteurs populaires lui accorde un soutient lui permettant de mener cette politique d'indépendance.

Comparé parfois au Général de Gaulle dans son idée d'indépendance, Hugo Chavez s'inspire principalement de Simon Bolivar qui avait libéré l'Amérique du Sud du joug espagnol et qui souhaitait bâtir une « grande patrie » dans le sud du continent américain.

Depuis son accession au pouvoir, la ligne directrice de la politique étrangère vénézuelienne a bien changé. En effet, le partenariat avec les Etats-Unis a totalement était remis en question et on peut même affirmer que Hugo Chavez mène une véritable « guerre » au système américain. Pour ce faire, le président vénézuelien utilise ce qui est pour sûr actuellement, l'objet de toutes les convoitise américaines : le pétrole. L'or noir est devenu l'instrument essentiel des relations extérieures du Venezuela comme l'affirme le ministre des affaires étrangères M. Rodriguez qui institua son mandat en disant « la politique internationale du Venezuela a une composante très forte en matière d'hydrocarbures ». Grâce à cette rente pétrolière importante Hugo Chavez a pu mettre en place un autre principe de la diplomatie bolivarienne : la coopération sud/sud qui correspond à son souhait de promouvoir un monde multipolaire. « Nous ne voulons pas dépendre d'un seul pays. Nous utilisons notre pétrole pour ouvrir des marchés et nouer de nouvelles alliances ».

Dans la mise en oeuvre de sa politique, le président vénézuelien n'hésite pas à choquer, embarrasser, voire même passer en force. Il mène une politique ouvertement anti-Bush allant jusque l'accuser personnellement de tentative d'assassinat, il cultive ses relations avec des gouvernements mis au banc de la communauté internationale comme avec son ami Fidel Castro.

Tout ceci nous amène à de nombreuses interrogations : premièrement comment agit-il dans la pratique notamment dans sa politique anti-américaine ? Quelle est sa nouvelle politique pétrolière ? Quelles en sont ou seront les répercussions ? Sa politique se limite-t-elle au pétrole ? Quel est l'impact de sa politique sur le monde ? Où veut-il en venir ? Mais également cette politique est-elle viable ? Hugo Chavez est-il un feu local ou un brasier global potentiel ?

Nous répondrons bien sûr à l'ensemble de ses interrogations en nous attachant aux faits mais également en extrapolant sur l'évolution de la situation. Nous verrons si Hugo Chavez est un simple agitateur éphémère ou s'il a effectivement les moyens de sa politique.

Pour cela nous étudierons dans un premier temps la situation du Venezuela : quels sont les faits marquants de son histoire ? Quelles sont ses ressources ?... Puis nous définirons précisément le programme politique de Hugo Chavez en comprenant ses aspirations, ses actes nationaux et leurs apports... Dans une troisième partie nous analyserons la nouvelle politique pétrolière du Venezuela depuis l'élection de Hugo Chavez : l'utilisation du pétrole comme une arme, le rôle fort à l'OPEP, les nouvelles alliances stratégiques.... Nous finirons par l'étude des idées fortes de Hugo Chavez notamment son projet pour l'Amérique latine, ses liens intimes avec Fidel Castro et le rôle que ce dernier peut avoir sur le président vénézuelien...

I. La situation du Venezuela : histoire, ressources et enjeux géopolitiques.

A. Les traits caractéristiques majeurs du Venezuela

Géographiquement, le Venezuela se situe sur la côte septentrionale de l'Amérique Latine ; une vaste plaine drainée par le fleuve Orénoque prend place en son centre et le sud ouest du pays est occupé par le plateau des Guyanes. Sa population totale est de 25,1 millions de personnes dont 87% sont urbanisées.

L'histoire vénézuelienne est marquée au fer rouge par les idées fortes et son souhait d'indépendance ; en 1881 sous la conduite de Simon Bolivar le Venezuela fut la première colonie espagnole à rejeter l'autorité de Madrid. C'est en 1821, lors de la bataille de Carabobo que la Grande Colombie (Colombie, Venezuela et Equateur) prend définitivement son indépendance mettant fin à la domination espagnole. Cette Grande Colombie s'effondra en 1830 donnant ainsi naissance au Venezuela avec à sa tête José Antonio Paez suivi par la suite de Guzman Blanco. C'est en 1908 avec l'arrivée au pouvoir du général Juan Vincente Gomez que l'industrie pétrolière se développe. La démocratisation du Venezuela amorcée en 1935, marque en coup d'arrêt en 1945 et 1948 par un enchaînement de coups d'Etat militaire. Le retour de la démocratie se fera en 1958 avec l'élection de R. Betancourt.

Dans les années 60, le Venezuela deviendra membre fondateur de l'OPEP ; sur le plan national une lutte anti-guérilla se développe. En 1973, le Venezuela décide de nationaliser l'industrie pétrolière ; malgré cela une situation économique de plus en plus désastreuse prend place. Le paroxysme est atteint en 1983 avec la chute du prix du baril qui amène une réduction des dépenses sociales créant un gouffre de plus en plus large entre les nantis et les autres. Ceci entraînera de violentes manifestations notamment les émeutes de la faim en 1989 à Caracas. Les années suivantes sont marquées par la corruption qui ne cesse de s'étendre et dégoûte la population.

Dans ce contexte, Hugo Chavez remporte les élections en 1998 avec un programme social et une promesse d'honnêteté. En Avril 2002, Chavez est renversé par un putsch, il retrouve son siège le lendemain après les protestations nationales et internationales. Ceci le conforte dans son image « d'ami du peuple ».

B. les ressources vénézueliennes

Le Venezuela : « terre de l'or noir », les ressources sont en effet impressionnantes : 100 à 270 milliards de barils de brut extra lourd se situent dans la ceinture de l'Orénoque. Le pays possède donc les plus grands gisements pétroliers connus après ceux de Moyen Orient. Le pétrole vénézuelien est visqueux, difficile à extraire mais de nouvelles technologies sont en voie d'élaboration. A l'heure d'aujourd'hui le Venezuela produit 600 000 barils par jour de ce seul brut extra lourd. Et selon Georges Buresi, directeur général de la filiale vénézuelienne du groupe Total « c'est dans ces réserves de brut extra lourd que réside l'enjeu stratégique de l'avenir... selon des hypothèses, ces réserves pourraient être comparables à celles de l'Arabie Saoudite ». Rappelons rapidement que le Venezuela est à ce jour le quatrième exportateur mondial de pétrole. Ci-dessous, la localisation des principaux sites pétroliers et oléoducs.

En plus de ces formidables réserves pétrolières, le Venezuela détient des ressources de charbon, bauxite, fer et or.

A. l'économie vénézuelienne

Malgré ses fortes ressources pétrolières, l'économie vénézuelienne n'est pas une économie rentière comme l'est l'Arabie Saoudite, de ce fait les impôts restent maintenus ce qui confère une grande importance à l'avis du peuple. En effet, les pétromonarchies du golfe sont souvent devenues des Etats rentiers via l'industrie pétrolière, ce qui leur a permis de mettre fin aux impôts, comme en Arabie Saoudite par exemple ; le but de la manoeuvre étant de conférer une grande autonomie politique au gouvernement ne « devant » pas rendre de compte à la population qui ne participe plus au budget de l'Etat. Le Venezuela quant à lui n'a pas supprimé les impôts, le gouvernement doit donc rendre des comptes à la population ce qui explique le fait que Hugo Chavez mettra un point d'honneur à redistribuer la rente pétrolière au plus démunis, nous verrons cela dans notre deuxième partie.

Le Venezuela est en vérité un paradoxe économique : alors que son économie est l'une des plus fortes d'Amérique Latine, sa situation financière est très mauvaise. En effet des années d'interventionnisme étatique et de corruption ont fait perdre aux cadres du public leur sens des responsabilités et leurs crédibilités. Un programme de privatisation et de réduction des dépenses de l'Etat a donc été mis en oeuvre. Les promesses du président Chavez pour venir à bout des excès, pour diversifier l'économie en diminuant la dépendance par rapport aux exportations de pétrole brut, pour assurer la promotion des industries nationales de transformation... ont été diversement appréciées par les investisseurs qui préféreraient des réformes d'avantage favorables au marché.

L'analyse de la situation vénézuelienne révèle deux choses : premièrement que le territoire vénézuelien est doté de formidables ressources et que son histoire porte la marque d'un grand peuple ; mais deuxièmement la situation du Venezuela à partir des années 1980 nous démontre les grandes difficultés que rencontre ce pays. L'arrivée du président Chavez a donc apporté du sang neuf et un nouvel espoir ; analysons désormais le programme « populiste » de Hugo Chavez.

II la définition du programme politique de Hugo Chavez : pour les plus démunis !

A . Les références bolivariennes du mouvement

Le mouvement qui porta Hugo Chavez à la tête de l'Etat vénézuelien est né en 1982, pendant la « crise ». Il s'agissait alors d'une cellule clandestine ; en 1987 le mouvement, qui ne cessait « d'établir de nouvelles cartes de membres », pris le nom de Mouvement Bolivarien Révolutionnaire. Dès lors l'objectif du groupe était clair : il souhaitait une révolution, une transformation politique, sociale, économique et culturelle inspirée par les idées de Simon Bolivar. Le MBR établi alors « l'arbre aux trois racines » qui est en quelque sorte sa source idéologique. Cet arbre est composé d'une racine bolivarienne (ses idées, sa vision géopolitique de l'intégration de l'Amérique latine), d'une racine zamorienne (référence à Ezequiel Zamora, le « général du peuple souverain » et de « l'unité civico-militaire ») et d'une racine robinsonienne (en référence à Simon Rodriguez, le maître de Bolivar, sage de l'éducation populaire, de la liberté et de l'égalité). Cet arbre aux trois racines avait avant tout un contenu symbolique et il offrait un sens intégrateur et reconstructeur de l'histoire nationale et continentale.

Dans ce mouvement politique l'importance était donnée à la morale et à la communication par des images fortes. Le socialisme du 21e siècle doit avoir comme première caractéristique une morale, une conscience, une éthique. Dans cette idée les références à Che Guevara sont nombreuses. Une autre référence plus inattendue est le Christ. Hugo Chavez aime affirmer que le premier socialiste fut le Christ ; il explique que le socialisme doit ce nourrir des courants les plus authentiques du christianisme. Cette idée du socialisme, Hugo Chavez la défend à merveille : « le socialisme doit défendre l'éthique, la générosité. Bolivar fut un exemple : il a tout abandonné pour être utile à son pays. Il faut rappeler aussi que le Christ a dit à un homme riche qui voulait aller au paradis : vends tout ce que tu possèdes et partage-le entre les pauvres ».

Nous notons ici que le mouvement de Hugo Chavez porte de grands principes, toutefois quand il a remporté les élections et lorsqu'il s'est installé à la présidence de la République, son gouvernement ne disposait pas réellement d'un corps doctrinal systématique, ni de lignes directrices claires qui auraient pu constituer un projet pour le pays, ni d'organisations politiques en mesure de suppléer à ces carences. En vérité lors de sa prise de pouvoir le projet n'était perçu que comme l'expression d'un nationalisme militaire, traditionnel et conservateur ; ceci lui valut d'ailleurs d'être caractérisé par les intellectuels soit comme un populiste militaire de type ou de tendance autoritaire, soit comme un néo-populiste néolibéral. Son projet dans la pratique est donc apparu « sur le tas », il s'est dessiné dans la confrontation politique et avec l'expérience du pouvoir.

A. Le programme économique

Selon ses propres termes, le président Chavez souhaite s'éloigner du modèle néolibéral et résister à la mondialisation. Il faut selon lui « rechercher le point d'équilibre entre le marché, l'Etat et la société. Il faut faire converger la main invisible du marché et la main invisible de l'Etat autant que nécessaire ». Soulignons tout de même que la propriété privée, les privatisations et les investissements étrangers restent garantis même si cette garantie s'inscrit dans « la limite de l'intérêt supérieur de l'Etat », qui veillera à conserver sous son contrôle des secteurs stratégiques dont la vente signifierait un transfert d'une partie de la souveraineté nationale. Les propos d'Hugo Chavez peuvent être ici considérés comme vague voir même obscurs ; en effet quelle est sa définition de « la limite de l'intérêt supérieur de l'Etat » ? Nul ne le sait.

B. le référendum

Le jour même de son accession au pouvoir (Janvier 1999), Hugo Chavez annonça l'organisation d'un référendum de consultation populaire sur la convocation d'une assemblée constituante. Par le fait d'avoir obtenu un vote favorable au référendum et à l'assemblée constituante son leadership personnel fut augmenté, le plaçant en situation d'influer fortement sur l'orientation de la nouvelle constitution.

De plus, le président Chavez joui aujourd'hui d'une forte popularité dans son pays avec plus de 70% d'opinion favorable ce qui l'assure, si la situation ne change pas, d'être réélu aux prochaines élections présidentielles.

C. les réformes nationales et leurs bilans

Le titre de notre seconde partie souligne que la politique mise en place par Hugo Chavez était orientée envers les plus démunis. En introduction nous avions noté que son élection fut essentiellement le fait d'une mobilisation des plus démunis ; et on peut dire que le président Chavez leur rend l'ascenseur. Cet ascenseur, à défaut d'être social, se matérialise par une redistribution généreuse et orientée de manière intelligente. En effet, en 2004 quelques 3,7 milliards de dollars sont allés au financement d'infrastructures et de « missions » créées au bénéfice des catégories défavorisées (contre 600 millions de dollars en 2003) ; ce nouveau programme social fut nommé « Barrio Dentro » (littéralement : à'intérieur du quartier). L'alphabétisation, l'apport de soins (notamment via de 15 000 médecins cubains envoyés par Fidel Castro en échange de pétrole) cet apport de soin étant basé sur une médecine préventive dans les milieux populaires jusque là abandonnés, la création d'une chaîne de supermarchés populaires, l'accès au baccalauréat et aux études supérieures pour les plus démunis.... Tous ces exemples démontrent l'énorme chantier mis en oeuvre par Hugo Chavez. Ceci continuera tant que les finances suivront.

Le président vénézuelien a donc mis en place un programme social optimiste mais pour l'assurer il a besoin d'un budget considérable. C'est pourquoi il a mis un point d'honneur à remodeler l'industrie pétrolière. Mais assurer ses finances n'est pas le seul objet de cette modification de la politique pétrolière.

III Le pétrole comme arme de pression et d'indépendance

A. La gestion de la rente pétrolière

« Rendre le pétrole au peuple » : tel est le mot d'ordre affiché par Hugo Chavez lors de son élection. Ceci passera par « une redistribution de la dépense publique en faveur des secteurs populaires » avait il annoncé. Nous avons pu noter dans la partie précédente que en effet son programme politique était essentiellement basé envers les plus démunis.

Ceci est d'abord passé par la reprise en main de la compagnie pétrolière nationale : la PDVSA. En effet, partant du bilan que la part des recettes perçues sur les exportations et versées par la PDVSA à l'Etat s'était constamment amenuisée, passant de 70,6% en 1981 à 38,6% en 2000, Hugo Chavez a réformé en profondeur cette compagnie. Pour cela, depuis Novembre 2004 M. Rafael Raminez Carreno cumule les mandats de ministre de l'énergie et du pétrole ; et de président de la PDVSA. Ceci a eu un effet quasi immédiat car en 2004 sur un chiffre d'affaires de 60 milliards de dollars, la contribution de la PDVSA au budget national s'est élevée à 11,4 milliards de dollars soit environ 50% des recettes fiscales.

Toutefois « en dessous de 29 dollars le baril, la PDVSA ne pourra plus fournir un tel effort financier » ceci nous explique pourquoi Hugo Chavez tente aujourd'hui de maintenir un prix du baril le plus haut possible via une pression sur l'OPEP. Son plaidoyer en faveur d'une remontée du prix du pétrole et allé, en Mars dernier, jusqu'à s'opposer à une augmentation des quotas de l'OPEP contribuant au reflux des prix. N'oublions pas au passage que l'OPEP fut fondée sur une idée du ..... Venezuela ; ceci lui confère un rôle primordiale et historique dans l'organisation comme le souligne les dirigeants de l'Arabie Saoudite. De plus on peut dire que le président Vénézuelien fait d'une pierre deux coups car en maintenant un prix du baril haut il s'assure de fortes recettes fiscales et il continue sa politique anti-américaine car les Etats-Unis restent à ce jour les principaux importateurs de pétrole. En effet, les Etats-Unis sont très dépendants du pétrole et plus particulièrement de son prix qui peut rapidement faire chuter le Dow Jones ou ralentir la croissance américaine.

B. La diversification des débouchés pétroliers

Sa politique contre le système américain via le pétrole ne s'arrête d'ailleurs pas là, en effet Hugo Chavez mène aujourd'hui une diplomatie pétrolière tous azimuts. Il a ces derniers mois signé de nombreux accords cadres de coopération notamment avec l'Argentine, le Brésil, la Chine, l'Espagne, l'Inde, l'Iran, la Libye, le Nigeria, la Qatar, la Russie, l'Uruguay... En analysant cette liste, nous pouvons affirmer que la plupart de ces accords ont une forte connotation politique :

§ L'Argentine de Kirchner fut le théâtre il y a peu de temps d'une crise économique et financière majeure orchestrée par le FMI. Cet accord de coopération avec le Venezuela peut donc l'aider à se relancer. Par la même cet accord la place dans le giron du Venezuela dans l'optique d'un projet d'une « grande patrie » en Amérique Latine.

§ Dans le même ordre d'idée, le Brésil avait acquis dans les années 1990 une quasi indépendance au pétrole notamment par le biais d'énergies alternatives comme l'éthanol, le gaz non liquéfié. J'ai moi-même pu noter lors d'un séjour au Brésil que les voitures étaient dotées de moteur pouvant fonctionner via ces trois sources d'énergie et qu'un simple sélecteur permettait d'activer le gaz ou l'éthanol. Mais ce système innovant fut totalement remis en question par la banque mondiale. En effet le président Lula cherchant à obtenir une annulation partielle de la dette brésilienne, la banque mondiale lui a proposé un deal consistant à annuler une partie de la dette s'il ne poursuivait pas sa politique d'indépendance pétrolière. Bien sûr ceci fut officieux mais quand on sait que ce sont les USA qui dominent la banque mondiale (aujourd'hui il s'agit de M Wolfowitz) on peut se demander si le pétrole n'est pas une arme de contrôle des USA contre les pays du sud. L'accord de coopération proposé par Hugo Chavez a de nouveau l'ambition de préparer la « grande patrie » d'Amérique Latine en ramenant le Brésil dans les bras du Venezuela.

§ Les pays comme l'Inde, la Chine ou encore la Russie sont en revanche des pays constituant les principales puissances en devenir du 21e siècle. En signant ces accords de coopération, Hugo Chavez limite l'influence américaine sur sa politique pétrolière. Notons au passage que selon les estimations les besoins en pétrole Chinois vont exploser au cours des vingt prochaines années. D'ailleurs le ministre du pétrole vénézuelien M. Ramirez a déclaré que « l'objectif est de diversifier les débouchés pétroliers, avec une prédilection pour l'Inde et la Chine ». Pour ce qui est de la Russie, un accord d'Octobre 2004 fait que les ventes de pétrole russe sur le continent américain sont honorées par les Vénézueliens et de même les ventes de pétrole vénézuelien en Europe sont assurées par la Russie. Dans la pratique, quand un Etat américain achète du pétrole russe c'est un pétrole vénézuelien qui lui est livré, ceci pour diminuer les coûts de transport.

§ Quant aux pays comme l'Iran et la Libye, les accords ont bien sûr pour but de choquer la communauté internationale car il s'agit de pays en marge ; même si la Libye a récemment adoucie sa politique en mettant une politique anti-terroriste en oeuvre.

Il n'empêche que la diversification prendra du temps car elle implique, d'une part, la construction de nouvelles infrastructures de transports, comme un oléoduc traversant le Panama pour ouvrir une voie vers la côte pacifique et, d'autre part, l'adaptation des raffineries destinataires, chinoises ou indiennes, aux spécificités du brut lourd vénézuelien. D'ailleurs le ministre du pétrole a souligné que « tout en cédant les actifs les moins rentables, nous maintiendrons notre présence sur le marché nord américain, qui est l'un de nos marchés les plus importants »

En réaction à cette politique de diversification, le grand voisin américain s'efforce se son côté de diversifier ses sources d'approvisionnement en Afrique et en Asie Centrale. Bien sûr on ne peut s'empêcher de se remémorer les discours tenu par Bill Clinton bien avant que Hugo Chavez n'entre en scène, en effet le président des Etats-Unis avait alors affirmé que « comparé aux autres grands pays pétroliers comme l'Irak, l'Iran, l'Arabie Saoudite ou la Russie, le Venezuela est accessible et relativement stable ». Avec l'apparition du facteur d'indépendance, le Venezuela n'est plus l'allié d'antan.

C. Le pétrole comme point d'appui privilégié de la coopération Sud Sud.

Le pétrole est une arme redoutable mais il sait également favoriser l'intégration latino américaine, c'est en effet une excellente monnaie d'échange comme en témoigne le modèle de l'accord conclu avec Cuba, qui reçoit 80 000 barils de brut par jour à prix préférentiel. Le régime castriste paie en effet 80% sur six mois et les 20% restant sont « payés » sous forme d'échange. Notons que les dettes accumulées par Cuba ne font l'objet d'aucune relance de la part du Venezuela ; mais quand on sait que Hugo Chavez a personnellement accumulé par cette convention plus de 200 millions de dollars, on comprend que les impayés ne soient pas son principal souci. Quand on connaît la promesse qu'avait fait Hugo Chavez, en 1998 au moment des élections, de bannir la corruption du milieu politique on peut se demander quelles seront les répercussions si ce scandale vient à éclater aux oreilles de la population vénézuelienne.

Un autre aspect de cette coopération Sud Sud via le pétrole réside dans le souhait émis par Hugo Chavez de créer une compagnie pétrolière pour l'Amérique Latine : la Petrosur. Prenant place dans le projet de l'ALBA (nous développeront ce point dans notre 4ième partie), Petrosur envisage de rassembler les entreprises pétrolières publiques d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, de l'Uruguay, du Venezuela et de l'Equateur. Ceci pour créer les moyens d'éliminer le déficit énergétique des autres pays d'Amérique latine.

Le pétrole est donc la principale arme mais également le principal atout du président Chavez ; malgré tout, il ne se borne pas qu'à cela. En effet, ses idées et ses alliés marquent aussi son écho politique.

II. Hugo Chavez : des idées fortes, des alliés pour choquer et des ennemis définis

A. Le Venezuela au secours de l'Amérique Latine ou la remise en cause de la pax americana

La diplomatie bolivarienne vise à accorder la priorité à la coopération Sud Sud. Ceci correspond à la volonté de construire un monde multipolaire. Pour cela Hugo Chavez soutient les pays d'Amérique Latine comme par exemple l'Argentine. Dans ce pays, depuis son accession au pouvoir en 2003, le président Kirchner a su rester ferme sur la négociation de l'énorme dette de son pays face au FMI. Par le biais de l'envolée du prix du baril de pétrole, Hugo Chavez dispose aujourd'hui d'un véritable « trésor de guerre » qu'il met au service de la « solidarité bolivarienne ». Pour aider son ami Kirchner il a notamment racheté une tranche de 538 millions de dollars de la dette argentine et il s'est engagé à fournir 500 autres millions de dollars de contrats à l'Argentine. Cette aide lui permet d'établir une image de porte parole et de défenseur de l'ensemble du continent Sud Américain, mais également de créer un pouvoir de reconnaissance et donc de pression sur les autres pays d'Amérique Latine. En effet bien souvent en politique la reconnaissance passe par la détention d'un nouveau pouvoir d'influence.

Le président Chavez se dote également d'alliés pour choquer : le terroriste Carlos, les FARC, Fidel Castro.... En effet un des premiers acte officiels de Chavez comme président fut d'adresser une lettre de solidarité à Carlos dit « le chacal ». Pour ce qui est des FARC, la Colombie a récemment dénoncé le fait que le président Chavez accueille des FARCS dans son pays et que le Venezuela est aujourd'hui devenu une base arrière des révolutionnaires colombiens. Notons par la même occasion que le Washington Post déclara le 14 Janvier 2005 que de source sure le gouvernement vénézuelien fournirait des armes achetées auprès de Fidel Castro aux FARCS, le tout sous couverture de la Russie via le général Pavel Gratchev. Ces ventes d'armes seraient gérées par Raul Castro et Adan Chavez. Ceci a d'ailleurs créé une situation de crise entre le président Hugo Chavez et son homologue colombien Alvaro Uribe, cette dernière fut résolue par l'intervention de Fidel Castro.

Pour ce qui est de son lien avec le régime cubain, nous avons noté l'échange de pétrole contre des médecins cubains dans notre deuxième partie et soulignons que cet apport de 80 000 barils de pétrole à prix préférentiel a permis le renforcement de l'industrie cubaine et un allègement de sa crise économique. Remarquons également que le 15 Décembre 2004 Chavez et Castro ont signé un accord d'intégration économique qui lève les barrières douanières entre les deux pays. Mais le plus pertinent dans cette « union » est de savoir qui « porte la culotte » ? Chavez serait-il un pion de Castro, lui-même pion de la Russie ? Ou le président vénézuelien utiliserait-il simplement Castro afin de booster sa communication ? Les rencontres entre les deux hommes sont d'une fréquence inhabituelle pour deux chefs d'Etat et le fait que l'ambassadeur du Venezuela à Cuba soit le propre frère de Hugo Chavez : Adan Chavez, ne fait qu'accentuer l'impression d'une relation quasi familiale. De plus, depuis les tentatives de putch de 2002 contre le président vénézuelien ce dernier a confié sa propre sécurité à la Direction Générale d'Intelligence cubaine. Cette décision ne manqua pas d'énerver les USA et la secrétaire d'Etat américaine Condeleezza Rice affirma que « Hugo Chavez constitue une force négative dans la région qui prend fait et cause pour le régime de Fidel Castro et supprime ses opposants ». En réponse, le gouvernement vénézuelien a demandé aux Etats-Unis de respecter « le droit des peuples à l'autodétermination » en soulignant que les élections furent libres au Venezuela. De son côté l'objectif de Fidel Castro est clair, il tente par le biais de Chavez de déstabiliser les régimes pro américains de la région et de radicaliser les gouvernements progressistes jugés trop timorés aux yeux du « lider maximo ». Par ailleurs Castro tente de mettre en avant Chavez comme son successeur : « on dit que je vais mourir bientôt et qu'une fois le chien mort la rage disparaîtra avec lui... c'est vite oublier que le Venezuela s'est transformé en chien ».Toutefois ne voyons pas ici une marque de domination de Fidel Castro bien au contraire, en effet ce dernier a reconnu que le modèle castriste dépendait aujourd'hui de la révolution bolivarienne.

En vérité le grand vainqueur de cette alliance Castro- Chavez semble être la Russie. Cet ennemi géopolitique éternel des Etats-Unis semble aujourd'hui pouvoir influer sur le Venezuela via Cuba. En effet, nous savons que le pays le plus influent sur Cuba reste encore la Russie ; en extrapolant on peut donc supputer que la Russie a par pays interposés une grande influence sur le président vénézuelien.

B. Face à la FTAA Hugo Chavez sort l'ALBA.

Le principal projet des Etats-Unis envers le continent Américain pour le début du 21e siècle résidait dans la FTAA (Free Trade Area of the Americas). Ce projet avait pour but de créer une zone de libre échange s'étendant du Canada à l'Argentine, comme le souligna l'ancien secrétaire d'Etat américain Colin Powell « cette zone garantira aux entreprises américaines le contrôle d'un territoire allant de l'Arctique à l'Antarctique et son libre accès, sans aucun obstacle, à nos produits ». Toutefois plusieurs points avaient fait retarder les négociations. En effet certains pays freinaient l'avancée de peur des répercussions que pourrait avoir une telle zone. L'exemple du Mexique, qui subit depuis dix ans les effets de l'accord de libre échange nord américain (ALENA), était dans tous les esprits. En effet par l'ALENA, le Mexique a vu sa sécurité alimentaire remise en question et d'exportateur il est devenu importateur de produits d'une agriculture américaine productiviste et subventionnée. Face à cet exemple, des négociations sur les subventions agricoles américaines avaient été entreprises sans effet. De plus, beaucoup d'intellectuels ont soulevé l'intérêt énorme de cette FTAA pour les Etats-Unis ; en effet adossé à la FTAA on retrouve le traité interaméricain d'assistance militaire (TIAR) ; on sait également aujourd'hui que la principale utilité de la FTAA pour les USA réside dans le fait de pouvoir établir des couloirs de communications entre l'Atlantique et le Pacifique pour les produits nord-américains, mais aussi de contrôler un pays charnière entre l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud : le Panama.

Face à cela, lors du sommet des Amériques du 4 Novembre se déroulant à Mar de Plata, Hugo Chavez a pris la tête d'une liste de 5 pays en affirmant qu'ils n'étaient par prêts à créer la plus grande zone de libre échange au monde : la FTAA. Parmi les pays dissidents on retrouve l'Argentine avec « son économie à genoux », le Chili avec son équilibre économique précaire, le Pérou dont les politiques sociales sont mises à mal par le néolibéralisme... Par ce report de la FTAA, c'est le MERCOSUR qui est remis en selle notamment depuis l'arrivée au pouvoir en Argentine de Nestor Kirchner et l'appui du Venezuela et du Chili. Mais Hugo Chavez a d'ors et déjà un nouveau plan à proposer pour encore plus détruire le rêve américain.

Ce plan réside en quatre lettres : ALBA, et il inquiète les Etats-Unis. Lancée par le président Chavez et inspirée de la lutte du liberator Simon Bolivar pour libérer l'Amérique du sud du joug espagnol et bâtir une grande patrie dans le sud continent, l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA) a un objectif plus ambitieux que celui des organisations économiques actuellement existantes : vaincre la pauvreté et réduire les inégalités sociales qui meurtrissent les pays de la région. Les gouvernements vénézuelienne et cubain ont d'ailleurs déclaré conjointement que « l'ALBA ne se réalisera pas sur la base de critères mercantiles, ni en fonction des intérêts égoïstes des entreprises ou encore d'un bénéfice national réalisé au détriment des autres peuples ». L'Alba est donc conçue comme une zone d'un autre style, elle s'oppose radicalement aux autres zones tel que l'ALENA ou UE. En effet il est clair que l'ALBA ne prévoit pas une suppression des droits de douane, allant jusqu'à les considérer comme un moyen de protéger les appareils de production latino-américains. L'ALBA prétend au contraire s'attaquer aux principales faiblesses du continent : l'insuffisance énergétique et le monopole de l'information. Ses projets sont la création de la plus grande industrie pétrolière du continent : Petrosur, une chaîne de télévision de l'Amérique Latine et une banque régionale qui regrouperait l'ensemble des réserves des pays de la région et qui créerait un fond de développement autonome.

C. Les réserves au bercail !

Les tensions entre Washington et Caracas furent ravivées dernièrement par la décision d'Hugo Chavez de transférer les placements à l'étranger du Venezuela des Etats-Unis en Europe. Cette décision fut prise le 1e Octobre dernier et représente quelques 25 à 30 milliards de dollars. Il ne s'agit là que de la première étape de l'opération car le but ultime du président vénézuelien est de transférer une importante partie de ses investissements vers l'Amérique latine. Hugo Chavez souhaite par la même une banque centrale continentale intégrée à l'ALBA ayant pour but de fournir des fonds de développement aux pays de la région. En pratique, le Venezuela a vendu ses réserves de devises étrangères, qui se présentaient sous forme de bons du Trésor américain pour les placer en dépôt dans des banques européennes, plus particulièrement suisses. Chavez a par ailleurs déclaré que « le Venezuela avait dû retirer ses réserves internationales des banques américaines suite aux menaces dont le Venezuela est victime » ; il souligne également que « la majorité des réserves monétaires internationales sont dans des banques du nord, cela est une absurdité ».

On peut dire ici que le président Chavez attaque les Etats-Unis là où ils sont les plus sensibles. A l'heure actuelle, les USA sont un « océan de dettes » à la merci d'un mouvement de contagion de retrait des investisseurs étrangers. L'ensemble du monde craint un retrait brutal qui porterait un coup fatal à l'Amérique et qui conduirait à l'effondrement de l'économie américaine et mondiale. Malgré tout le coup porté par le Venezuela reste assez maigre en comparaison du volume général.

D. Le système américain comme ennemi mais pas les américains eux même : une communication à toute épreuve

Un atout fort de Hugo Chavez réside dans sa communication. En effet il n'hésite pas à dénoncer et accuser ouvertement ses ennemis comme il le fit contre le gouvernement Bush et la CIA. Lors de son discours aux Nations Unies, devant l'ensemble de l'assemblée générale, il affirma que les Etats-Unis avaient à plusieurs reprises tenté de l'assassiner ou de le renverser. Hugo Chavez déclara que les Etats-Unis étaient impliqués dans le coup d'Etat d'Avril 2002 qui échoua, dans la grève patronale de deux mois et le sabotage pétrolier qui en résultat en 2003. Il souligna par ailleurs que ce sabotage coûta 14 milliards de dollars à l'économie vénézuelienne. Par cette déclaration on peut noter que le principal danger qui guette Hugo Chavez est celui d'un renversement orchestré par la CIA. En effet, en étudiant l'histoire de la région on s'aperçoit que les Etats-Unis ont mainte fois financé et formé des rebelles dans l'optique d'un renversement des régimes « gênants » ;

Par ailleurs dans sa confrontation directe avec le président GW Bush, le président vénézuelien utilise la même ligne de communication. En effet les références religieuses sont fortes dans chacun des « camps ». Hugo Chavez n'hésite pas tout comme GW Bush a citer la Bible notamment les passages tel que « aimez vous les uns les autres » ou encore « aimez votre prochain comme vous-même ». Dans cette surenchère moraliste, on peut dire que l'un et l'autre cherche à trouver une légitimité de leur action dans la religion. Il semble toutefois que l'un et l'autre aient oublié les 10 commandements notamment : « tu ne tueras point » et «  tu ne convoiteras point ».

L'Habileté de Hugo Chavez se note également dans sa capacité à distinguer le système américain et les américains eux mêmes. En effet, il aime faire entendre que son opposition est contre l'administration américaine et non contre le peuple américain ; pour cela il utilise une politique de communication à toute épreuve. Il a par exemple accueilli en Août 2003 Jesse Jackson afin de célébrer l'anniversaire du discours de Martin Luther King de 1963 et en Septembre dernier il a proposé de livrer du pétrole et une aide financière aux victimes du cyclone Katrina.

E. Une idée mondiale : son discours aux Nations Unies

Pour terminer, nous analyserons le discours que Hugo Chavez prononça le 19 Septembre 2005 devant l'assemblée des Nations Unies. Lors de ce discours, le président vénézuelien s'attaque de nouveau à l'ordre du monde tel qu'il est établi aujourd'hui. Il réaffirme sa conviction dans les Nations Unies et les met en exergue de rendre notre monde plus humain et équitable.

En pratique Hugo Chavez demande l'élargissement du conseil de sécurité en y intégrant des pays développés et en voie de développement ; et par là même il souhaite la suppression du droit de veto qu' il défini comme « un vestige élitiste ». Pour lui, le droit de veto représente l'inverse de la démocratie. Il souhaite également le renforcement du rôle du secrétaire général des Nations Unies. Notons ici que l'opposition de plus en plus virulente des Etats-Unis contre le secrétaire général Kofi Annan a certainement joué en faveur de ce dernier auprès de Hugo Chavez. Le souhait d'un renforcement du rôle du secrétaire général est également dû au principe que le secrétaire général est toujours issu d'un pays hors des grands Etats et que donc il est plus à même de prendre en compte les souhaits des pays en développement. Une autre idée développée par Hugo Chavez réside dans le fait que les Nations Unies devraient avoir une terre propre sur lequel on édifierait « l'équilibre de l'univers » dont parlé Bolivar en 1825. Le président vénézuelien affirme par la même que ce sol pourrait être offert par le continent sud américain. Dans son discours Hugo Chavez s'attaque directement aux USA en se déclarant contre la guerre préventive tout en appuyant sur le fait que l'on doit lutter contre le terrorisme par d'autres moyens.

Le discours du président Chavez se conclut par un message révolutionnaire : « Simon Bolivar, le père de notre patrie et notre guide dans notre révolution, a juré de ne jamais donner repos à son bras, à son âme, tant qu'il ne verrait pas une Amérique libre. Ne donnerons pas de repos à nos bras, à nos âmes, tant que nous n'aurons pas sauvé l'humanité ».

Conclusion :

Nous avons introduit notre dossier par une citation de Che Guevara, nous conclurons donc par une deuxième que le Che fit dans les années 1960 envers les Etats-Unis: «créer un, deux, trois, plusieurs Vietnam pour contrer l'Empire ». Cette vieille idée n'a jamais quitté les castristes, aujourd'hui elle resurgit en Amérique Latine. Mais est-elle concevable ? 

Après l'ensemble des points que nous avons analysé ci-dessus une question basique reste cependant ouverte : un projet contre hégémonique est-il viable dans le monde actuel ? Peut-on réellement accroître de manière significative les marges d'autonomie ? La pax americana est-elle durablement remise en question ?

Il est vrai que dans le contexte de mondialisation, de globalisation on ne voit pas réellement la possibilité de se mettre totalement en marge du système. Malgré tout par le pétrole, le Venezuela détient un véritable atout dans cette partie de Tarot mondial. Mais comme on le sait dans ce jeu de cartes, l'important est d'avoir certes des cartes maîtresses mais également d'avoir des alliés suffisamment stables et solides pour aider quand la donne sera moins généreuse. Or la stabilité passe par la liberté du peuple, la démocratie. Les principaux alliés hors Amérique Latine du Venezuela sont la Russie où les oligarques ne sont pas l'exemple de l'égalité, la Chine qui reste le pays où les exécutions par les autorités sont les plus nombreuses ou encore Cuba où le peuple n'attend que la mort du « lider maximo »... ceci ne fait pas réellement figure d'exemple. Quant à l'Amérique Latine, elle reste une poudrière comme en témoigne son histoire faite de coups d'Etats et de dictatures...

En vérité on peut se demander si la meilleure carte qu'a Hugo Chavez, ce fameux « bout » qu'il faut obtenir pour gagner au Tarot, ne réside pas dans la vieille Europe. En effet, nombreux observateurs ont noté qu'il y a en quelque sorte un renversement des influences dans les back yards. Les Etats-Unis prennent pied de plus en plus dans l'ancien pré carré européen à savoir l'Afrique (notamment en Côte d'Ivoire) ; quant à l'Europe et plus particulièrement la France, elle multiplie les gestes envers l'Amérique Latine. Reste à savoir si le président osera prendre la main européenne. De plus que lui réserve l'avenir ; dans sa partie de Tarot il ne peut savoir ce que contient le « Chien ».

Bibliographie

Ammar, Alain, cuba nostra. Paris, Plon, 2005

Adler, Alexandre, le rapport de la CIA. Paris, Robert Laffont, 2005

Lander, Edgardo, Mouvements et pouvoir de gauche en Amérique latine. Paris, Syllepse, 2005

Capital, l'encyclopédie du monde 2005. Paris, Nathan, 2004

Chauprade, Aymeric, Géopolitique : constantes et changements dans l'histoire. Paris, Ellipses, 2003

Internet :

www.monde-diplomatique.fr

www.lefigaro.fr

www.voltairenet.org

www.un.org

www.banquemondiale.org

www.lexpress.fr

ANNEXES :

 

Discours du Président vénézuélien Hugo Chavez lors de la 60e Assemblée
générale de l'ONU à New-York, le 15 septembre 2005.

Excellences, amies et amis, bonjour:

L'objet original de cette réunion a été totalement détourné. On nous à
imposé au centre du débat un bien mal nommé processus de réformes qui
relègue à l'arrière plan le plus urgent ; ce que les peuples du monde
revendiquent avec urgence, comme l'adoption de mesures capables
d'affronter les véritables problèmes qui font obstacle à nos pays dans
leur développement et pour la vie.

Cinq années après le Sommet du Millénaire, la cruelle réalité est que la
grande majorité des objectifs assignés, malgré le fait qu'ils étaient déjà
forts modestes, ne seront pas atteints.

Nous avions prétendu réduire de moitié les 842 millions de personnes
affamées dans le monde pour l'année 2015. Au rythme actuel, cet objectif
se réaliserait en l'an 2215, allez savoir qui d'entre nous sera encore là
pour le célébrer, si tant est que l'espèce humaine parviendra à survivre à
la destruction qui menace notre environnement.

Nous avions proclamé notre intention de parvenir en 2015 à l'enseignement
primaire universel. Au rythme actuel, l'objectif serait atteint après
l'année 2100, préparons-nous donc à le célébrer...

Ceci, amies et amis du monde, nous amène de manière irréversible à une
bien amère conclusion : les Nations Unies ont épuisé leur modèle, et il ne
s'agit plus simplement de procéder à une réforme. Le XXIe siècle exige des
changements profonds qui ne seront seulement possibles qu'avec une
refondation de cette organisation. Tout le reste ne sert à rien, il faut
le dire car c'est la pure vérité.

Ces transformations, auxquelles nous faisons référence au Venezuela,
doivent être menées, selon nous, en deux temps : dans l'immédiat actuel et
dans celui des rêves et de l'utopie. Le premier est marqué par les accords
dérivés du vieux schéma, nous ne le rejetons pas, nous apportons y compris
des propositions concrètes à court terme à l'intérieur de ce modèle. Mais
le rêve de la paix mondiale, le rêve d'un monde débarrassé de la honte de
la faim, de la maladie, de l'analphabétisme et l'extrême misère a besoin -
en plus de racines - d'ailes qui lui permettent de s'envoler. Nous avons
besoins d'ailes pour voler, nous savons qu'il y a une terrible
globalisation néolibérale, mais il existe également la réalité d'un monde
interconnecté que nous devons affronter non comme un problème, mais comme
un défi. Nous pouvons, sur base des réalités nationales, échanger nos
connaissances, les compléter, intégrer des marchés, mais il nous faut en
même temps comprendre qu'il y a des problèmes qui n'ont plus de solution
nationale : un nuage radioactif, les prix mondiaux, les pandémies, le
réchauffement climatique, le trou dans la couche d'ozone ne sont pas des
problèmes nationaux.

Afin d'avancer vers un nouveau modèle de Nations Unies qui fasse réalité
et sien le « Nous » des peuples, il y a quatre réformes urgentes et
vitales que nous présentons à cette Assemblée. La première est
l'élargissement du Conseil de sécurité, tant pour les membres permanents
que non-permanents, en y intégrant de nouveaux pays développés et en voie
de développement. La seconde est la nécessaire amélioration des méthodes
de travail afin d'augmenter la transparence et non la diminuer, afin
d'augmenter le respect et non le diminuer, afin d'augmenter l'inclusion.
La troisième est la suppression immédiate - nous le répétons depuis 6 ans
- du droit de veto dans les décisions du Conseil de sécurité, ce vestige
élitiste est incompatible avec la démocratie, il est incompatible avec
l'idée même d'égalité et de démocratie. En quatrième lieu, il faut
renforcer le rôle du Secrétaire générale, ses fonctions politiques dans le
cadre de la démocratie préventive doivent êtres consolidés. La gravité des
problèmes appelle à des transformations profondes, les réformettes sont
insuffisantes pour atteindre ce « Nous » qu'espèrent les peuples du monde.
Au-delà de ces quelques réformes, nous appelons, au Venezuela, à une
refondation des Nations Unies, pour reprendre les paroles de Simon
Rodriguez, le Robinson de Caracas : « Il faut inventer ou errer ».

En janvier de cette année 2005, nous avons été au Forum social mondial à
Porto Alegre où différentes personnalités ont demandé que le siège des
Nations Unies quitte les Etats-Unis si les violations de la légalité
internationale par ce pays se poursuivaient. Aujourd'hui, nous savons que
les armes de destruction massive en Irak n'ont jamais existé. Le peuple
étatsunien a toujours été très rigoureux avec l'exigence de la vérité
pour ses gouvernants, les peuples du monde aussi. Or, il n'y a jamais eu
d'armes de destruction massive et cependant, et par-dessus les Nations
Unies, l'Irak a été bombardé, occupé et il continue à être occupé. C'est
pour cette raison que nous proposons à cette Assemblée que les Nations
Unies quittent un pays qui ne respecte pas les résolutions de cette
Assemblée.
(...)

Nous pensons qu'il est temps de penser à la création d'une ville
internationale en dehors de la souveraineté d'aucun Etat et disposant de
la force morale de représenter les Nations du monde. Mais cette cité
internationale devra rééquilibrer cinq siècles de déséquilibre. Le nouveau
siège des Nations Unies doit être dans le Sud. « Le Sud existe aussi ! » a
dit Mario Benedetti. Cette ville, qui pourrait déjà exister ou que nous
devrons inventer, pourrait se situer au croisement entre différentes
frontières ou sur un territoire qui symbolise le monde. Notre continent
est disposé à offrir ce sol sur lequel édifier l'équilibre de l'univers
dont a parlé Bolivar en 1825.

Mesdames et Messieurs, nous affrontons aujourd'hui dans le monde une crise
énergétique sans précédent dans laquelle se combinent dangereusement la
croissance de la consommation énergétique, l'incapacité d'augmenter
l'offre d'hydrocarbures et la perspective d'une réduction des réserves
probables de combustibles fossiles. Le pétrole a commencé à s'épuiser.

En l'an 2020, la demande quotidienne de pétrole sera de 120 millions de
barils, un niveau qui, même en ne tenant pas en compte une future
croissance, fera que l'ont consommera en 20 années tout le pétrole que
l'humanité a utilisé jusqu'à aujourd'hui, ce qui signifiera,
inévitablement, une augmentation des émissions de CO2 qui, comme on le
sait, augmentent la température de notre planète.

Katrina été un douloureux exemple des conséquences pour l'Homme d'ignorer
ces réalités. Le réchauffement des océans est, en effet, un facteur
fondamental dans la croissance et la force des ouragans que nous avons pu
observer ces dernières années. Nous profitons de l'occasion pour
transmettre à nouveau notre douleur et nos condoléances au peuple des
Etats-Unis, qui est un peuple frère des peuples d'Amérique et des peuples
du monde.

Il est pratiquement et éthiquement inadmissible de sacrifier l'espèce
humaine au nom du maintien démentiel d'un modèle socio-économique aux
capacités destructives sans cesse croissantes. Il est suicidaire d'étendre
et d'imposer ce modèle comme un remède infaillible aux maux dont il est,
précisément, la principale cause.

Il y a peu, Monsieur le président des Etats-Unis a assisté à une réunion
de l'Organisation des Etats Américains afin de proposer à l'Amérique
latine et aux Caraïbes d'augmenter leurs politiques de marché, l'ouverture
de leurs marchés, c'est à dire le néolibéralisme, alors que ce dernier est
justement la cause fondamentale des grands maux et des grandes tragédies
que vivent nos peuples : le capitalisme néolibéral, le Consensus de
Washington, qui ont généré un degré de misère, d'inégalité et de tragédie
infinie aux peuples de ce continent.

Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin, Monsieur le Président,
d'un nouvel ordre international. Souvenons-nous de l'Assemblée générale
des Nations en 1974 - certains qui sont ici n'étaient pas encore nés ou
étaient encore très jeunes.

En 1974, il y a 31 ans, furent adopté une déclaration et un programme
d'action sur le Nouvel ordre économique international, ensemble avec un
plan d'action de l'Assemblée générale le 14 décembre 1974 : la Charte des
droits et des devoirs économiques des Etats et qui fut approuvée par une
majorité écrasante de 120 votes pour, 6 contre et 10 abstentions - c'était
au temps où l'on votait aux Nations Unies car aujourd'hui on ne vote pas,
on approuve des documents comme celui-ci, que je dénonce au nom du
Venezuela, comme nul, non avenu et illégal car il a été approuvé en
violant les normes des Nations Unies. Ce document n'est pas valide ! Il
faudra le discuter, le gouvernement du Venezuela va le faire connaître au
monde, car nous ne pouvons pas accepter la dictature ouverte et effrontée
au sein des Nations Unies, ces choses doivent êtres discutées et c'est
pour cela que je fais un appel très respectueux à mes collègues chefs
d'Etats et de gouvernements.

Je viens de me réunir avec le président Nestor Kirchner et ce document
nous été remis cinq minutes avant - seulement en anglais ! - à nos
délégués et il a été approuvé avec une massue dictatoriale que je dénonce
à la face du monde comme illégale, nulle et illégitime.

Ecoutez-moi bien, Monsieur le Président, si nous acceptons cela, alors
nous sommes perdus. Eteignons la lumière et fermons les portes et les
fenêtres ! Ce serait un comble: accepter la dictature ici, dans cette
assemblée.

Aujourd'hui plus que jamais, disions-nous, nous devons reprendre les
choses qui sont resté en chemin, comme la proposition approuvée dans cette
Assemblée en 1974 d'un Nouvel ordre économique international. Pour
rafraîchir les mémoires, citons simplement l'article 2 du texte de cette
charte qui confirme le droit des Etats à nationaliser les propriétés et
les ressources naturelles qui se trouvent entre les mains d'investisseurs
étrangers et qui propose également la création de cartels des producteurs
de matières premières. La Résolution 3.102 de mai 1974 exprimait la
détermination de travailler de manière urgente afin d'établir un Nouvel
ordre économique international basé : - écoutez-moi bien, je vous le
demande - « sur l'équité, l'égalité, la souveraineté, l'interdépendance,
l'intérêt commun et la coopération entre tous les Etats, quels que soient
leurs systèmes économiques et sociaux, afin de corriger les inégalités et
les injustices entre les pays développés et les pays en voie de
développement et qui assure aux générations présentes et futures la paix,
la justice et un développement économique et social accéléré à un rythme
soutenu ».

L'objectif du Nouvel ordre économique international était de modifier le
vieil ordre économique conçu à Bretton Woods...

Je crois que le Président des Etats-Unis a parlé ici pendant quelques 20
minutes hier, d'après ce que l'on m'a dit, je demande donc, Excellence,
l'autorisation de terminer mon allocution. (...)

Aujourd'hui, nous, les peuples, et dans notre cas le peuple du Venezuela,
nous réclamons un nouvel ordre économique international, mais un nouvel
ordre politique international est également nécessaire. Nous ne permettons
pas qu'une poignée de pays tentent de réinterpréter impunément les
principes du Droit International afin d'épauler des doctrines comme la «
Guerre préventive ». Quelle menace que cette guerre préventive ! Et
aujourd'hui on parle de la « Responsabilité de protéger ». Mais il faut se
poser la question : qui va nous protéger et comment on a va le faire ?

Je crois que l'un des peuples qui a le plus besoin de protection est le
peuple des Etats-Unis, comme cela a été douloureusement démontré avec la
tragédie de Katrina, car ce peuple n'a pas de gouvernement capable de le
protéger des désastres annoncés de la nature.

A moins de nous protéger les uns les autres, ces concepts sont très
dangereux, ils sont marqués du sceaux de l'impérialisme, de
l'interventionnisme, et ils tentent de légaliser le non-respect de la
souveraineté des peuples, le respect plein et entier des principes du
Droit international et de la Charte des Nations Unies qui doivent
constituer, Monsieur le Président, la pierre angulaire des relations
internationales dans le monde d'aujourd'hui et la base du nouvel ordre que
nous souhaitons. (...)

Il est certes urgent d'affronter de manière efficace le terrorisme
international, mais certainement pas en l'utilisant comme prétexte pour
déclencher des agressions militaires injustifiées et qui violent le Droit
international, de telles méthodes ont été intronisées après le 11
septembre. Seules une étroite et véritable coopération et la fin du double
langage, comme certains pays du Nord le pratiquent avec la question du
terrorisme, pourront en finir avec ce terrible fléau.


Monsieur le Président :

En à peine 7 années de Révolution bolivarienne, le peuple vénézuélien peut
exhiber d'importantes conquêtes sociales et économiques.

Un million 406 mille Vénézuéliens ont appris à lire et à écrire en une
année et demie. Nous sommes plus ou moins 25 millions et dans quelques
semaines notre pays pourra se déclarer libre de l'analphabétisme. Trois
millions de Vénézuéliens étaient auparavant exclus de l'éducation pour
cause de misère, ils ont depuis lors été incorporé dans l'enseignement
primaire, secondaire et universitaire.

17 millions de Vénézuéliens et de Vénézuéliennes - presque 70% de la
population - reçoivent, pour la première fois dans l'histoire, une
assistance médicale gratuite, y compris des médicaments et, dans quelques
années, tous les Vénézuéliens auront un accès gratuit à une attention
médicale digne de ce nom.

On fournit aujourd'hui plus de 1 million 700 mille tonnes d'aliments à
prix modiques à quelques 12 millions de personnes, presque la moitié de la
population. Un million d'entre eux en reçoivent gratuitement, de manière
transitoire. Ces mesures ont généré un haut niveau de sécurité alimentaire
pour les plus nécessiteux.

Monsieur le Président, on a créé plus de 700 mille postes de travail qui
ont réduit le taux de chômage de 9%, tout cela au beau milieu d'agressions
internes et externes, y compris un coup d'Etat militaire concocté à
Washington, et un coup d'Etat pétrolier également conçu à Washington. Tout
cela a été obtenu malgré les conspirations, les calomnies du pouvoir
médiatique, et la menace permanente de l'Empire et de ses alliés, qui va
jusqu'à encourager l'assassinat présidentiel. Le seul pays au monde où
quelqu'un peut s'offrir le luxe de promouvoir l'assassinat d'un chef
d'Etat sont les Etats-Unis, comme cela s'est passé il y a peu avec un
révérend appelé Patt Robertson, très ami de la Maison Blanche, qui a
demandé publiquement mon assassinat sans être inquiété. Ceci est un délit
international ! Du terrorisme international !

Nous allons lutter pour le Venezuela, pour l'intégration latino-américaine
et mondiale.

Nous réaffirmons ici dans cette assemblée notre foi infinie en l'Homme,
aujourd'hui assoiffé de paix et de justice afin de survivre comme espèce.
Simon Bolivar, le père de notre patrie et notre guide dans notre
révolution, a juré de ne jamais donner de repos à son bras, à son âme,
tant qu'il ne verrait pas une Amérique libre. Ne donnons pas de repos à
nos bras, à nos âmes, tant que nous n'aurons pas sauvé l'humanité.






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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon