WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Crise de la société et mouvements sociaux: étude des mouvements estudiantins à l'Université de Lomé

( Télécharger le fichier original )
par Komi Mawunam VIAGBO
Université de Lomé - Maîtrise en sociologie politique 2007
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

I.6 La contestation de 1990 à 2004

L'année 1990 inaugure l'ère des vraies contestations ouvertes que le régime du général Eyadéma, installé depuis 1967 devrait affronter.

Au début de l'année 1990, le Mouvement National des Etudiants et Stagiaires du Togo (MONESTO), intensifie des protestations après une décision du gouvernement visant à suspendre le versement de toute bourse nationale à ceux qui manifestent contre le régime. Des manifestants furent arrêtés. A la suite d'une réunion le 02 avril 1990, l'étudiant Nayonne disparut. Avocats et professeurs fondèrent la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme le 20 juillet 1990. Cette Ligue accuse l'Etat de procéder à des arrestations et à des actes de torture à l'encontre des activistes de la démocratie...

D'autres nouveaux regroupements dont l'Association Togolaise de lutte contre la Torture (ATLT) de Jean Yaovi DEGLI et l'Association Togolaise pour la Liberté de la Presse (ATLP) virent le jour.

Le 05 octobre 1990, eut lieu le procès de deux étudiants DOGLO Agbelenko et LOGO Dossouvi, condamnés à cinq ans d'emprisonnement pour fabrication et distribution de tracts mensongers. Des jeunes, rassemblés devant le Palais de Justice, manifestèrent contre le verdict et exigèrent la fin de la dictature du Président Eyadéma en scandant l'hymne « Terre de nos aïeux » interdite à l'époque. La manifestation s'est transformée en émeutes entraînant morts et blessés. Ce jour fut baptisé « le vendredi noir », allusion faite aux fumées des pneus brûlés par les manifestants.

Le 12 mars 1991, les étudiants du campus universitaire de Lomé manifestèrent pour réclamer la reconnaissance des associations d'étudiants, la dissolution et l'interdiction des amicales étudiants à caractère tribal, l'interdiction formelle du port d'armes et instruments de violence sur le campus, le respect de l'autonomie universitaire vis-à-vis du pouvoir politique, l'attribution des bourses d'études universitaires non sur la base de considérations régionales mais sur les critères de conditions socio-économiques, de mérite et d'âge...

Ce mouvement de grève fut sévèrement réprimé et des étudiants furent arrêtés. Le 15 mars 1991, les femmes descendirent dans les rues de Lomé pour protester contre les mauvais traitements dont furent victimes leurs enfants. Le 16 mars, le Front des Associations pour le Renouveau (FAR), dirigé par Me AGBOYIBO, organisa un mouvement de soutien aux étudiants malgré l'interdiction du gouvernement. Des morts et blessés furent recensés après le face à face manifestants et forces de l'ordre. « La Nouvelle Marche » du lundi 18 mars 1991 dressa un bilan de deux morts et des dégâts matériels.

Tout ceci contraint le Président de la République à rencontrer les responsables du FAR dans la journée du 18 mars 1991. On assiste à la mise en place d'une commission mixte paritaire qui doit trouver des solutions aux questions qui sont l'objet des manifestations.

Le 04 avril 1991, les élèves de l'enseignement catholique manifestent à Lomé pour soutenir leurs enseignants dans leurs revendications salariales. Le 05 avril, deux des jeunes manifestants essayant de faire descendre la statue en bronze du chef de l'Etat, érigé devant la maison du RPT furent abattus par des militaires.

Vu les agitations du monde universitaire et scolaire, le 08 avril 1991, l'Université du Bénin et tous les établissements publics et privés d'enseignement et de formation professionnelle furent fermés sur toute l'étendue du territoire national. Ils ne seront ouverts que le 06 mai 1991.

Pour leur part, les chauffeurs de taxi entament le 08 avril, une grève pour protester contre la hausse des prix du carburant. Le lendemain, un arrêté interministériel ramena les prix de vente de carburant à leur niveau antérieur.

Le 09 avril, fut décrété un couvre-feu sur toute l'étendue du territoire national de 19 heures à 6 heures du matin.

Le 10 avril 1991, les manifestations atteignent Aného et Vogan. Ce même jour, le Conseil des ministres élargi au comité central du RPT se réunit. Un projet de loi autorise la création et l'organisation des partis politiques.

Le 11 avril 1991, le Chef de l'Etat, dans son message à la Nation lance le processus de création des partis : « Togolaise, Togolais, le processus devant nous conduire au multipartisme est désormais arrêté. Comme convenu, l'Assemblée Nationale examinera et votera les projets de loi portant amnistie générale et charte des partis afin que nous puissions les promulguer le 12 avril 1991. Ainsi, à compter du 12 avril, les partis politiques pourront se constituer et exercer leurs activités » (Extrait du discours à la Nation, « La Nouvelle Marche » du 12 avril 1991 : 3).

Ce 11 avril, 28 corps dont deux femmes enceintes et une, portant un enfant au dos, furent découverts dans la lagune de Bè à Lomé. Face à l'indignation totale, le pouvoir vote le 12 avril 1991, une amnistie générale, à la base de laquelle, certains Togolais jusque là « persona non grata » au Togo avaient désormais le droit d'y revenir.

Le 16 avril 1991, le Président de la République décrète un deuil national de 24 heures en mémoire de toutes les victimes, notamment celles dont les corps ont été retrouvés dans la lagune de Lomé. Auparavant, le 15 avril, la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme lance un mot d'ordre de grève de 48 heures, bien suivi par les conducteurs de taxi. Cette grève paralysa les activités à Lomé.

Tous ces faits ont été déterminants dans le processus de libéralisation politique au Togo. Ainsi le 16 mai 1991, lors d'une rencontre entre le Front de l'Opposition Réuni et le Président de la République, la question d'une Conférence Nationale fut soulevée. Le 25 mai, un comité préparatoire fut mis sur place. Ce comité prépara cette conférence qui débuta après plusieurs reports le 08 juillet 1991.

Le 10 juillet 1991, troisième jour après l'ouverture de la conférence, l'opposant Andoch BONIN, rentré d'exil de France fut arrêté. Les manifestations de rue réclament sa libération. La conférence a exigé et obtenu cette libération avant la suite des travaux. Un gouvernement de transition fut mis en place à la fin de la conférence nationale souveraine.

Du 23 au 24 octobre 1992, les membres du H.C.R, institution de la transition, furent pris en otage par des militaires.

Le 16 novembre 1992, une grève générale illimitée fut lancée pour exiger le respect de la transition. Le 25 janvier 1993, lors d'une visite de médiation des ministres allemands et français de la coopération, les Loméens organisèrent au jardin Fréau, une manifestation populaire en faveur de la démocratie. Un militaire fut tué dans le quartier Bè. Une expédition punitive des Forces Armées Togolaises (FAT) qui fit plusieurs morts et blessés dura du 25 au 31 janvier 1993.

Ces mouvements qui viennent d'être décrits ne sont que des exemples parmi tant d'autres mouvements connus par le Togo de 1990 à ce jour. C'est ainsi que de 1990 à 2005, il est difficile à l'Université de Lomé, d'affronter une année universitaire sans mouvement étudiant.

Les mouvements étudiants de l'année universitaire 2000-2001 ont mobilisé des étudiants autour de boycotts de cours, grèves... A travers ces manifestations, les étudiants réclamaient arriérés de bourses et aides scolaires. Dans son souci de résolution de la crise, le chef d'Etat d'alors, le Président GNASSINGBE Eyadéma se rendit avec des membres du gouvernement à l'Université de Lomé pour appeler les étudiants à la reprise des cours. Ces derniers ne suivirent pas cet appel. Une année blanche fut décrétée dans la plupart des grandes facultés. Les frais d'inscription et des oeuvres universitaires furent majorés. Les bourses furent supprimées, les tranches d'aides furent réduites (de 120000 F à 60000 F).

L'année universitaire 2003-2004 a aussi connu des séries de mouvements étudiants qui ont pris une ampleur inattendue le 30 avril 2004. En effet, ce 30 avril, les étudiants réclamant l'amélioration des conditions de vie à travers des manifestations sur le campus, ont réagi énergiquement à l'intervention policière qui vise la gestion de leurs mouvements. L'affrontement forces de l'ordre - étudiants a duré et a connu l'intervention des gendarmes et des unités d'élite de la garde présidentielle communément appelées « bérets verts ». Plusieurs blessés furent recensés parmi étudiants et forces de l'ordre. Des étudiants furent jugés et condamnés à 18 mois de prison ferme.

Ces deux séries de mouvements étudiants ne sont que des exemples types de mouvements étudiants et sociaux connus par le Togo.

Sans trop rentrer dans les détails, il est important, pour finir avec l'historique des manifestations protestataires au Togo, de mentionner qu'après le décès du président Eyadéma, et la prise de pouvoir par son fils Faure installé par l'armée au mépris des dispositions de la constitution, des séries de manifestions protestataires ont émaillé la scène politique togolaise.

Les différentes manifestations protestataires sont souvent organisées par des partis politiques, associations ou organisations de la société civile. Il urge donc de s'intéresser à la législation en matière d'association au Togo.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci