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Consommation d'électricité et croissance dans l'uemoa : une analyse en termes de causalité

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par Idrissa Yaya DIANDY
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - D.E.A Economie, Spécialité Macroéconomie Appliquée, option Economie Internationale 2007
  

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SECTION 2 : ELÉMENTS EMPIRIQUES

La connaissance de la direction de la causalité entre la consommation d'électricité et la croissance économique est d'une importance capitale si des mesures appropriées de politiques énergétiques et d'économies d'énergie doivent être conçues. Dans cette section, nous passerons en revue les travaux empiriques effectués pour dans ce domaine.

2.1. RETOUR SUR LA CAUSALITÉ ÉNERGIE-REVENU

Le lien entre la consommation d'énergie et le revenu est devenu une question récurrente depuis quelques années dans le débat du développement économique et de l'environnement. Cependant, un consensus quant à la nature de cette relation n'existe toujours pas. Jusqu'à présent, la causalité peut fonctionner dans les deux sens.

Ainsi, si c'est la consommation d'énergie qui détermine le revenu, cela indique que l'économie dépend de l'énergie de telle sorte que la consommation de celle-ci affecte directement le revenu, impliquant qu'une déficience dans l'approvisionnement d'énergie peut avoir des conséquences néfastes sur la croissance (Masih et Masih, 1998). En outre, si le mécanisme de causalité est inversé, cela suggère une économie moins tributaire à l'énergie. Ainsi, les politiques d'économie d'énergie mises en application peuvent avoir peu d'effet ou ne pas avoir de répercussion sur le revenu (Jumbe, 2004). Enfin, une absence de causalité dans l'une ou l'autre direction, soit l'hypothèse de neutralité (Yu et Choi, 1985), signifie que les politiques d'économie d'énergie n'affectent pas le revenu.

Kraft et Kraft (1978), dans une analyse de l'économie américaine entre 1947 et 1974, ont été les premiers à mettre en évidence l'existence d'une causalité unidirectionnelle qui montre qu'aux États-Unis, c'est le produit national brut qui détermine la consommation d'énergie. Ce résultat implique que les politiques d'économie d'énergie pourraient être mises en oeuvre sans affecter la croissance du produit national brut. Ainsi, dans ce cas de figure, une politique d'économie d'énergie peut être menée sans détériorer la dynamique économique. Cependant, Akarca et Long (1980) n'ont pu obtenir des résultats similaires quand ils ont réduit l'échantillon des données de Kraft et Kraft (1978), ce qui prouve que la période choisie peut fortement influencer les résultats (instabilité temporelle).

Des études empiriques ont été prolongées plus tard et ont couvert beaucoup de pays en voie de développement en vue d'aider à la mise en oeuvre de politiques énergétiques plus appropriées. Yu et Hwang (1984) ont réactualisé les données concernant les États-Unis pour la période 1947-1979 pour confirmer l'absence de relation de cause à effets entre le produit national brut et la consommation d'énergie en utilisant une série de tests élaborés par Sims (1972). Yu et Choi (1985), utilisant des données de cinq pays, ont confirmé l'absence de la causalité entre le PNB et la consommation totale d'énergie pour les USA, le Royaume-Uni et la Pologne, mais un lien causal du PNB sur la consommation d'énergie a été détecté pour la Corée du Sud et le contraire pour les Philippines.

Yu et Jin (1992) ont utilisé les tests d'Engle et Granger pour tester la cointégration entre la consommation d'énergie et le revenu pour les Etats-Unis sur la période 1974-1990 et ont abouti à l'absence de relation de long terme entre ces deux variables.

Dans le but de réactualiser les travaux dans ce domaine, qui utilisaient en général le test de causalité standard de Granger, Masih et Masih (1996), Glasure et Lee (1997) et Asafu-Adjaye (2000) présentent une revue entière des travaux récents couvrant ce sujet. Le but de ces recherches est d'évaluer la relation causale entre la consommation d'énergie et le revenu pour des pays en voie de développement, utilisant la cointégration et les techniques de correction d'erreur. Les résultats sont mitigés et parfois opposés.

Le tableau 6, résumé par Chien-Chiang Lee (2005), récapitule les résultats empiriques des essais de détermination de la causalité entre la consommation d'énergie et le revenu pour un certain nombre de pays en développement.

Tableau 6 : Causalité entre consommation d'énergie et revenu : quelques résultats empiriques

Auteur

Méthode Empirique

Période

Pays

Relation de

causalité

Yu et Choi (1985)

Test standard de Granger

1954-1976

Corée du Sud

Philippines

Revenu?Energie

Energie?Revenu

Morimoto et Hope (2004)

 

1960-1998

Sri Lanka

Energie?Revenu

Fatai et al. (2004)

Toda et Yamamoto (1995)

1960-1999

Inde et Indonésie

Thaïlande et les Philippines

Energie?Revenu

Energie?Revenu

Masih et Masih (1996)

Modèle à correction d'erreur

1955-1990

Malaisie, Singapour et les Philippines

Inde

Indonésie

Pakistan

Pas de cointégration

Energie?Revenu

Revenu?Energie

Energie?Revenu

Glasure et Lee (1997)

 

1961-1990

Corée du Sud et Singapour

Energie?Revenu

Masih et Masih (1998)

 

1955-1991

Sri Lanka et Thaïlande

Energie?Revenu

Yang (2000)

 

1954-1997

Taiwan

Energie?Revenu

Asafu-Adjaye (2000)

 

1973-1995

Inde et Indonésie

Thaïlande et les Philippines

Turquie

Energie?Revenu

Energie?Revenu

Energie?Revenu

Soytas et Sari (2003)

 

1950-1992

Argentine

Corée du Sud

Turquie

Indonésie et Pologne

Energie?Revenu

Revenu?Energie

Energie?Revenu

Pas de cointégration

Oh et Lee (2004)

 

1970-1999

Corée du Sud

Energie?Revenu

Paul and Bhattacharya (2004)

 

1950-1996

Inde

Energie?Revenu

Jumbe (2004)

 

1970-1999

Malawi

Revenu?Energie

Source : Chien-Chiang Lee (2005), «Energy consumption and GDP in developing countries: A cointegrated panel analysis», Energy Economics.

Bien que les résultats sont très varies, la tendance dominante est le cas de figure où la consommation d'énergie détermine la croissance.

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