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Déterminants de l'investissement direct a l'étranger dans les pays en voie de développement : application faite a la RDC

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par Augustin Mwana MUHINDO NGELEZA
UNIGOM - Licence en gestion 2009
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE DE GOMA

« UNIGOM »

BP 204 GOMA

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

LES DETERMINANTS DES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS DU COMITE D'AIDE AU DEVELOPPEMENT DANS LES PED : APPLICATION FAITE A LA RDC, DE 1985 A 2005

Par : MUHINDO NGELEZA Mwana Augustin

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du Diplôme de Licence en Sciences Economiques et de Gestion.

Option : Gestion Financière

Directeur : GAKURU SEMACUMU J.B.

Professeur

Encadreur : WAKWINGA WABENGA Clément

Assistant

Année académique : 2008 - 2009

IN MEMORIAM

A la mémoire de :

KAHAMBU NGELEZA Alexandrine que la nature vous avait privé de vivre les fruits de nos succès scientifiques et de notre couronnement de notre diplôme de licence.

KIRIMBWE NGELEZA Jacobus qui nous reste encore d'une référence identitaire.

MARCELLIN SENGA vous qui ne cessez de nous exhorter pour la fin de nos études et finalement nous y sommes pendant votre absence : vous nous resterez inoubliables pour votre courage.

NGELEZA Norbert pour vos encouragements en vue de l'épanouissement de la famille.

A tous ceux qui nous ont déjà quitté laissant en nous un vide précédent.

MUHINDO NGELEZA Mwana Augustin

DEDICACE

A notre Oncle Joseph NGELEZA MUSAVULI

A notre Mère Marguérite MBALI

A notre Tante Véronique NGELEZA KATUNGU.

Au Père Assomptionniste Jean Pierre NDULANI.

A notre Tante Marie Claire KATETEYA

A papa Jean de Dieu MUHINDO.

Au Frère MUHINDO MUHANGI et toute la famille NDAVANGI.

A la future mère de nos enfants : L'amour et le bonheur sont à votre disposition.

A toute notre famille :

Nous vous dédions ce travail.

MUHINDO NGELEZA Mwana Augustin

REMERCIEMENTS

Nous voici au terme de notre travail qui met fin à nos études universitaires. Ce travail est le fruit de courage et de persévérance dont nous avons fait preuve durant notre parcours universitaire. Sur ce, nous ne manquerons pas de nous acquitter du noble devoir moral de remercier de près ou de loin tous ce qui nous ont aidé à réaliser ce rêve même si, dit-on que, les remerciements sont comme des fleurs fraîchement coupées et dont chacun sait qu'elles sécheront vites mais en revoir fait toujours plaisir. Les nôtres, pensons-nous, resterons longtemps dans les coeurs de leurs destinataires.

En première position, nous remercions l'Eternel Dieu Tout puissant pour ce bienfait à notre égard et surtout pour son immense et sa grande bonté via sa grâce.

Nous rendons hommage au Professeur GAKURU SEMACUMU, Recteur de l'Université de Goma pour avoir accepté la responsabilité de la direction de ce travail.

Nous remercions l'Assistant WAKWINGA WABENGA Clément pour avoir accepté sans hésitation d'encadrer ce travail malgré ses multiples occupations et qui s'est donné corps et âme.

Nos remerciements s'adressent au corps professoral de l'UNIGOM particulièrement celui de la FSEG pour la qualité de la formation dont nous avons bénéficié de leur part.

Nos sentiments de gratitude vont tout droit au CT Jean Pierre KISONIA pour ses conseils et sa contribution scientifique pour ce travail, a fait à ce qu'il présente cette allure : nous lui disons « merci » car son amour pour le travail bien fait nous marquera à jamais dans notre carrière des chercheurs.

Nous exprimons notre reconnaissance aux « Amis des Chants de la Paroisse Cathédrale » pour leurs soutiens moral, spirituel à l'occurrence de : Espérance KAJIBWAMI, Patrick SEBE et son épouse Lucie, KAPEKO G, Nicole BWANANDEKE, Anicet TSONGO et son épouse Consolée KANIKI, Innocent BUSHISHI, Soline KAMORI, Judith ZAWADI, MWENGE Micheline ; etc.

Il serait ingrat de passer sous silence de l'effort moral matériel que nous ont fournit papa Bernard, la mère MALEKANI et KAMALA NGELEZA.

Nous pensons à nos amis : Patient Sherty, Abu AYUBU, Alain MISEGE, Trésor KABUKULU, Etienne MALIRO, Gulain MAKUTIRO dont l'histoire de la vie estudiantine continuera à nous réserver des souvenirs inoubliables. En eux, nous associons nos camarades : Florence, SAFI, SERUBUNGO, Primo, MAHESHE, Denise, et autres qui ont accepté de partager leurs temps avec nous malgré nos défauts.

Nous exprimons de manière particulière notre reconnaissance à Trésor KITSONGO, Jimmy, Ezra, Rose REHEMA, Queen NDEZE et Anne Marie pour vos bonnes oeuvres qui vous accompagneront partout.

Qu'il nous soit permis de remercier le père Joseph NGELEZA MUSAVULI et la mère Marguerite pour leur esprit des parents et surtout leur soutien incontestable dans notre vie. Nous n'oublierons pas notre tante Marie-Claire KATETEYA ainsi que son mari JDD MUHINDO et aussi la Soeur Donnatienne Augustine pour leur encouragement qui ne cessait de nous réconforter quand nous étions dans le déserpoir.

Nous tenons à remercier le frère MUHINDO MUHANGI pour ses assistances et interventions ponctuelles quand nous en avions besoins durant notre parcours universitaire sans oublier toute la famille NDAVANGI. A lui, nous associons BABY.

Que nos sentiments de gratitude parviennent aux frères et soeurs Olive KASOKI, Jacques NGELEZA et son épouse Chantale, Josaphat, Jérémie, Eustache, Modeste, SOKI NGELEZA Julie, Clémentine et son Mari KATSUVA, Faustin KIRIMBWE, Gulain, Jackson MATWIRO.

Gulaine SAFARI reste pour nous un modèle, un guide et une amie indéfectible depuis notre arrivée à l'UNIGOM, nous lui exprimons ici notre reconnaissance, ainsi qu'à toute sa famille.

Nous faisons une mention particulière au Père Assomptionniste JP NDULANI pour ses conseils, assistances et sincère collaboration familiale. Nous n'avons pas oublié Denise MATHE.

Enfin, tout ce travail n'aurait pu avoir ce dénouement sans la patience, l'effort moral, spirituel et financier de notre tante Véronique NGELEZA KATUNGU. Votre amour maternel vous poussait jour et nuit à plus d'efforts pour nous faire un homme digne de son nom.

Que tous trouvent ici notre profonde reconnaissance.

MUHINDO NGELEZA Mwana Augustin

AVANT PROPOS

De nos jours, l'économie est devenue une science incontournable dans le processus de prise de décision dans un pays. Son importance dans le développement économique est indéniable. Raison pour laquelle la RDC, par le biais des universités en général, et l'UNIVERSITE DE GOMA en particulier, forme des économistes et gestionnaires à travers sa Faculté des Sciences Economiques et de Gestion. Cette formation dure cinq (5) ans et s'achève par la présentation d'un mémoire.

Ainsi, ce document dont le titre est « les déterminants des Investissements Directs Etrangers DU CAD dans les PED : application faite à la RDC, de 1985 à 2005 », témoigne la fin de notre cycle universitaire.

ABBREVIATIONS ET SIGLES UTILISES

% : Pourcentage

ANAPI : Agence Nationale pour la Promotion des Investissements

APD : Aide publique au Développement

BAD : Banque d'Afrique pour le Développement

CAD : Comité d'Aide pour le Développement

DSCRP : Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté

EBS : Exportation des Biens et Services

FMI : Fonds Monétaire International

FMN : Firmes Multinationales

FSEG : Faculté des Sciences Economiques et de Gestion

IBS : Importations de Biens et Services

IDE_ENTR : Investissements Directs Etrangers Entrants

IDH : Indicateur de Développement Humain

MCO : Méthode de Moindre Carré ordinaires

OCDE : Organisation pour le Commerce et le Développement

PAS : Programme d`Ajustement Structurel

PED : Pays en Voie de Développement

PIB : Produit Intérieur Brut

PNB : Produit National Brut

PNUD : Programme des Nations unies pour le Développement

RFS : Revenus des Facteurs et Services

R-D : Recherche - Développement

RDC : République Démocratique du Congo

RSA : République Sud Africaine

ULPGL  : Université Libre des Pays des Grands lacs

UNIGOM : Université de Goma

USA : United State American

0. INTRODUCTION GENERALE

La relance de l'activité économique et la réduction de la pauvreté dans les pays africains constituent les principaux sujets de préoccupation des Etats. En effet, le redémarrage des activités génératrices de revenus passe irrémédiablement par l'accroissement des investissements. La structure fragile de ces pays, du fait de leur pauvreté, ne leur permet malheureusement pas de puiser dans leurs ressources propres pour effectuer cet effort. Cela les contraint à faire appel à des capitaux privés étrangers qui, sous certaines conditions, sont appelées Investissements Directs Etrangers (IDE). Ainsi, comparativement à l'Europe, l'Asie et l'Amérique, l'Afrique n'est pas une destination de prédilection pour les IDE.

Face à cette réalité, il revient aux Etats africains de rechercher les facteurs qui déterminent les flux d'IDE dans leurs économies. En tant que pays de l'Afrique Centrale, la République Démocratique du Congo est aussi concerné. C'est dans cette logique que s'inscrit la présente étude dont le thème est intitulé : «Déterminants des Investissements Directs Etrangers du CAD dans les PED : application à la RDC à partir de 1985 à 2005».

0.1 ETAT DE LA QUESTION

Dans le domaine de notre étude, certains des travaux antérieurs ont été déjà réalisés et il s'avère nécessaire de les signaler car le débat sur les investissements et sur la croissance économique a connu ces dernières années une ampleur exceptionnelle, tant par les analyses théoriques et d'études empiriques qui ont donné lieu que sur l'importance des implications, en termes économiques dans les pays industrialisés, en transitions et en développement. En effet,

1. Dia KAMGNIA1(*) a publié en 2002 un article sur le comportement d'investissement privé au Cameroun : un resserrement de la contrainte financière.

Plus spécifiquement, son article cherchait à évaluer l'hypothèse selon laquelle la succession des défis budgétaires et l'accroissement régulier de la dette extérieure s'inscrit comme un facteur de resserrement au Cameroun. Cela a contribué à la chute de l'investissement privé.

L'analyse des résultats obtenus lui a permis de préciser les relations entre l'investissement privé et certains des déterminants. En particuliers, il confirme que la dette extérieure était déterminée comme un réducteur d'effets du crédit au secteur privé et les dépenses publiques pour l'investissement, plutôt que le déficit budgétaire, affectaient significativement l'investissement privé et tout choc sur l'investissement observé au cours d'une année donnée est entièrement résorbée au bout d'un an.

2. MAROUANE ALAYA2(*) décrit la nature des IDE en Tunisie, dont la caractéristique reste le dualisme incontestable. Il affirme que la compétitivité internationale est remise en cause par leur retard technologique et son observation est inquiétante.

Les résultats issus de sa recherche sont significativement positif des IDE sur quelques variables moteurs de la croissance à savoir les exportations, le capital humain et l'investissement domestique, sa contribution à la croissance économique de la Tunisie n'est pas pour autant significative.

Ses explications étaient focalisées à l'absence d'un réel apport technologique par les entreprises étrangères qui y sont implantées et coïncide avec la forte extraversion de termes approvisionnement, pour former un certain oasis dans le désert. Il affirme que les entreprises locales influent de façon décisive sur les avantages que ce pays tire de ces investissements. Il conclue en disant que les moyens de transférer des actifs incorporels et corporels des premières secondes existent réellement car les relations en amont sont vraiment tissées.

3. Nicolas MADARIAGA et Sandra PONCET3(*) étudient la question de l'impact des IDE sur les la récente performance de la croissance en Chine. Il prend en compte les différents problèmes économétriques potentiels émanant de la structure spatiale des données à travers des modèles empiriques appropriées.

Leurs analyses couvrent 196 villes chinoises sur la période 1990-2002. Il a estimé un modèle de croissance du revenu par tête qui incorpore explicitement ces effets de dépendance spatiale sous la forme d'indicateurs d'IDE et de revenu spatialement décalées. Leurs résultats révèlent que les villes chinoises bénéficient non seulement de leur propre ouverture financière mais aussi des flux d'IDE reçus par leur voisine.

4. Sébastien DESSUS et Remy HERRERA4(*) analysent les liens entre la croissance et l'investissement public au cours des années 80 à l'aide d'un modèle économétrique d'équation simultanées, estimé sur un échantillon de 28 pays en développement sur 11 ans (1981-81). Ce modèle décrit les déterminants de la croissance et de l'investissement public et privé. Le capital productif est un facteur positif de la croissance tout comme le capital humain ou le capital productif privé. Cependant, la formation du stock de capital public a généré des effets d'évictions au détriment du capital productif privé.

Leurs résultats suggèrent qu'un nombre important des pays de l'échantillon s'est éloigné d'une situation optimale pour la croissance de partage du capital disponible entre les secteurs publics et privés.

5. Yoshua SALVATORES5(*) analyse les effets des IDE sur la croissance économique en RDC. Son travail s'est évertué à montrer que les flux d'IDE contribuent à la croissance économique du pays d'accueil malgré quelques zones d'ombre en RDC. C'est autour de ces points centraux que s'articule son travail et l'idée centrale est qu'il ressort de cette analyse que les flux d'IDE cumulés représentent environ 10% du PIB de la RDC, même si la RDC ne compte que pour moins d'un pourcent de l'IDE mondial. Ainsi, sa conclusion est que les IDE créent très peu ou aucun effet d'entraînement sur l'économie, du fait de la peur née de l'aversion pour le risque des investisseurs potentiels.

Dans notre travail, nous tentons d'aborder un thème très différent de ce dernier (Yoshua KITUNDA) en présentant les déterminants des IDE_ENTR du CAD en RDC à partir de 1985 à 2005. Ainsi, nous ajoutons quelques variables explicatives de la croissance économique omises par notre prédécesseur en vue d'estimer une nouvelle corrélation entre IDE et d'autres variables exogènes qui à leur tour peuvent effectuer la croissance. Ainsi, croyons-nous, le risque de biais de simultanéité n'est plus probable car l'IDE peut absorber l'impact des variables omises et il convient pour nous de nous rendre compte des effets indirects, des canaux par lesquels les IDE agissent sur l'évolution de la production.

Notre objectif n'est plus le même ; il s'agit pour nous de déterminer la relation existant entre les IDE-et les facteurs les plus favorisants pour les investisseurs étrangers.

Ainsi, nous mettrons en exergue les facteurs à l'origine des entrées des IDE du CAD dans les PED. Un accent particulier sera mis sur les déterminants en RDC, d'autant plus qu'aucune littérature (à notre connaissance) sur le sujet n'est disponible à nos jours en RDC.

0.2 PROBLEMATIQUE

Avec l'échec des politiques économiques préconisées par les PED et afin de rattraper le retard qui les sépare des pays avancés et de garantir leur développement par l'ouverture à l'économie du marché, la libéralisation et la mondialisation des échanges, nous assistons de plus en plus au changement des stratégies économiques de plusieurs pays et essentiellement ceux en développement qui lèvent toutes les restrictions sur les IDE et mettent en place des mesures attractives financières et autres très agressives pour garantir les flux des investissements dans leurs pays. Nous constatons que ces derniers (Investissements Directs Etrangers) ont pris une importance non négligeable dans le phénomène de globalisation.

C'est ainsi que l'économie mondiale s'est complètement métamorphosée ces dernières années. Elle évolue dans un environnement de plus en plus enchevêtré où le libre échange, la libre circulation des capitaux et des biens deviennent des maîtres mots et où les IDE sont de plus en plus qualifiés comme le moteur principal de tout développement économique.6(*)

D'ailleurs dans les années 50 et 60, l'IDE était regardé avec beaucoup de méfiance par certains pays en voie de développement (PED). Il était considéré comme un facteur de dominance, et les firmes multinationales (FMN) étaient soupçonnées de réduire le bien être social par la manipulation des transferts des prix et la formation d'enclaves. Aujourd'hui, on assiste à un changement radical de l'attitude des PVD vis-à-vis de l'IDE.7(*) Cette attitude était liée par le fait que les FMN pouvaient détruire le secteur local en usant de leur puissance et en exerçant un effet d'éviction sur les entreprises locales.8(*)

Cependant, cette idée a été critiquée, comme on le lu dans les paragraphes qui suivent, par le fait que le comportement de suspicion était désormais remplacé par une politique de promotion visant à drainer des flux substantiels d'IDE.9(*) Il faut noter aussi que ce changement d'attitude a été en partie rendu possible grâce à un environnement, et une littérature économique abondante vantant les mérites de l'IDE.

Par ailleurs, la théorie économique basée sur une analyse néoclassique de la modernisation (particulièrement les modèles de LEWIS et KUZNETS), préconise que les IDE stimulent la croissance économique à travers la réalisation des ressources, l'accumulation de capital et le transfert technologique.

Parmi les PED, cependant, les apports des IDE sont inégalement répartis entre ceux d'Asie, ceux d'Amérique Latine et des Caraïbes et ceux d'Afrique. Ceux de cette dernière présentent une mauvaise image et particulièrement la RDC qui est réputée à travers les problèmes d'insécurité politique, non alignement et incapacités des forces des défense, insécurité alimentaire, malnutrition, pénurie des semences de qualité, la hausse de prix, les fraudes de transformation de la conservation des produits agricoles et de pêche, de désordre économique, d'instabilité politique, ...10(*)

La RDC faisant partie des pays les moins avancés et étant l'un de dix pays les plus pauvres du monde d'après les études menées sur les principaux indicateurs généralement utilisés pour mesurer le niveau de performance des pays dans divers domaines (économie, santé, éducation, alimentation, ...), son économie est l'une des économies les moins compétitives d'Afrique. Par exemple en 2003, selon le rapport publié par le PNUD,11(*) le taux de croissance économique était de 5,8% ; 26% seulement de la population congolaise avait accès à l'eau potable ; le taux d'alphabétisation infantile se situait à 129°/oo naissances ; le taux d'analphabétisation des jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans est de 69,9% ; l'espérance de vie à la naissance est tombée à 40,6 ans tandis que 32% des congolais souffrent de la malnutrition. Ces statistiques sont toutes décevantes pour le développement économique de la RDC.

Le rétablissement des équilibres macroéconomiques s'averre être le seul cadre susceptible de permettre à la RDC de faire face aux défis de la réduction de la pauvreté et à l'amélioration de développement économique de la RDC.

Pour essayer d'aborder cette situation chaotique, l'Etat congolais a axé ses actions sur la relance économique et sociale considérant les IDE comme un sous produit du développement économique d'un PED. Ce qui explique les démarches menées partout dans le monde pour faire face au problème de développement. A titre illustratif, citons l'ANAPI dans quelques pays étrangers notamment en Chine, au Japon, en Inde, aux USA, en Corrée du Sud, en France et en RSA pour inciter les IDE pendant la 3ème République.

L'ANAPI12(*) est un organisme qui constitue le guichet unique en matière d'investissements publics et privés en RDC dont la compétence, mission, organisation et fonctionnement sont déterminés par le président de la République.

Signalons, cependant, que malgré plusieurs décennies des programmes d'aides publiques au développement, les performances de la RDC restent mitigées. A l'instar d'autres pays africains, la RDC a subie une transition très difficile sous les programmes d'ajustement structurels et de stabilisation économique.

Cependant avant ces fameux programmes, la RDC s'était dotée des politiques économiques à travers le premier plan dit (1986-1990) de développement économique et social avec pour ambition un décollage économique effectif grâce à un rôle croissant de l'Etat en matière d'investissement et de distribution de revenu.

Malheureusement, ni le plan quinquennal de développement, ni le PAS n'ont pas permis à la RDC de résorber des déséquilibres macroéconomiques qui freinent son élan vers un décollage économique durable, pourtant après l'indépendance, la RDC laissait présager l'espoir d'un développement économique en pleine expansion.

En considérant tout ce qui précède, nous remarquons que la RDC, un des pays vastes de l'Afrique et plus peuplé, n'a pas le niveau de vie qui devrait correspondre à ses immenses ressources et malgré sa position géographique au coeur du continent africain, ne joue pas le rôle moteur pour expliquer le développement économique de l'Afrique entière ; elle apparaît au contraire comme un véritable frein pour le décollage de cette dernière.

Ainsi, notre étude tente d'analyser les attributs des IDE_ENTR en RDC en insistant sur leurs déterminants principaux tout en dégageant les rôles de ces investissements sur le développement économique.

Voici la question unique guidant notre recherche : Quels sont les principaux déterminants (facteurs) des IDE du Comité d'Aide au Développement entrant en RDC ?

En d'autres termes, il est question de voir si les déterminants des IDE entrants en RDC font réellement une cause de croissance économique. Est-ce que l'abondance des ressources en soi est-elle suffisante pour attirer les IDE en RDC ?

0.3 HYPOTHESES

A priori, nous pensons que les IDE_ENTR en RDC serait influencée par les facteurs :

§ Economiques qui comprennent la Produit Intérieur Brut, les dépenses de fonctionnement, les dépenses des ménages, les exportations, les importations des biens et services, l'épargne interne brute, la formation brute du capital, les revenus des facteurs et service ;

§ Politiques qui tiennent comptes de la stabilité et l'instabilité du pays.

Ainsi, nous nous efforcerons d'établir une relation entre les facteurs économiques et les facteurs politiques.

0.4 METHODES ET TECHNIQUES UTILISEES

Dans le cadre de ce travail, la méthode utilisée pour atteindre les objectifs fixés est :

· d'une part, hypothético-déductive en ce sens que l'étude par des hypothèses théoriques et empiriques déjà formulées par différents auteurs sur les déterminants des IDE_ENTR, pour les appliquer sur le cas particulier de la RDC ;

· d'une autre part, historique et économétrique. Historique parce que l'étude retrace l'histoire évolutive des variables concernées par l'étude. Econométrique parce que au délà d'une étude évolutive, l'analyse tente de ressortir la meilleure relation possible (du point de vue économétrique) qui existerait entre IDE_ENTR et ses déterminants.

Le logiciel E-Views 5.1 nous a aidé à faire l'analyse économétrique. La technique documentaire nous a été d'une très grande utilité pour la collecte des données. Ainsi, les données utilisées sont tirées de différents rapports de la BCC, de la World Table (2005) de la Banque Mondiale et des statistiques Financières Internationales (SFI) du FMI.

Le modèle utilisé est presque celui de ADJOVI & HOUANGNI de l'Ecole Nationale d'Economie Appliquée et de Management (ENEAM) de l' Université D'ABOMEY-CALAVI mais nous l'avons ajusté pour le problème spécifique de la RDC.

0.6 OBJECTIF ET INTERET DU SUJET

Le souci qui guide la réalisation de ce travail est de comprendre les rouages des IDE_ENTR du CAD en RDC.13(*)

L'objectif de l'étude est de rechercher les variables pertinentes qui expliquent les flux entrants d'Investissements Directs Etrangers RDC afin de proposer des mesures de politique et économique susceptibles d'améliorer l'attractivité de l'environnement économique congolais.

A cet effet, elle (étude) adopte une approche macroéconomique, pour des fins décisionnelles des autorités publiques en référence au critère de politique économique découlant des IDE.

Du point de vue scientifique, ce travail contient une base des données de base utiles aux futurs chercheurs désirant orienter leurs investigations dans les domaines d'investissements et du développement économique des PED (RDC).

0.5 SUBDIVISION DU TRAVAIL (CANEVA)

Outre l'introduction générale et la conclusion générale, l'ossature de ce travail comporte trois chapitres, dont :

Le premier chapitre fait l'objet d'une présentation sommaire de la revue de la littérature des concepts des investissements, de la croissance économique ainsi que quelques travaux antérieurs relatifs aux déterminants des IDE d'ailleurs. Dans ce même chapitre, nous procédons à la présentation de la littérature empirique (la revue de la littérature)

Le deuxième chapitre est consacré aux potentialités attractives de la RDC, ce qui nous permet de relever dans les parties essentielles, les facteurs d'attractivités poussant les investisseurs étrangers de venir investir en RDC. Nous présentons également la situation macroéconomique de la RDC en présentant sa croissance économique sous quatre cycles conjoncturels ou périodes. Par la suite, quelques indicateurs sociaux tels que la pauvreté, la santé et l'éducation qui a chuté sur toute l'étendue de la RDC. Ensuite, nous relevons les silences et autres éléments très implicites qui semblent étouffer l'entrée des IDE du CAD. Ceux-ci posent de sérieux problèmes du point de vue corruption, instabilité politique et gouvernementale, la non transparence institutionnelle, les guerres et le coup d'état sont réellement de situation des affaires et par conséquent réduisent les entrées des IDE (potentialités attractives de la RDC).

Dans le troisième chapitre, il est question d'analyser les différents déterminants des IDE_ENTR du CAD en RDC, avant de formuler un modèle pour leur appréciation et faire des suggestions de redynamisation des facteurs en considérant la nature des activités locales (analyse les déterminants des IDE entrant en RDC et donne le plus principal de tous).

CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE

Ce chapitre vise à clarifier les concepts utilisés dans ce travail, à faire une revue des théories économiques relatives aux IDE et à procéder à l'état des lieux sur les investissements directs étrangers en RDC.

Ainsi, nous allons commencer par préciser les concepts de base tels que l'investissement (public, privé), l'investissement direct étranger, l'investisseur et la typologie des firmes multinationales et les entreprises d'investissements directs.

Ensuite, nous allons donner les avantages et inconvénients des IDE_ENTR.

Enfin, ce chapitre se termine par la théorie de la croissance économique considérée comme une théorie capitale pour la richesse d'un pays.

I.1 PRECISION DES CONCEPTS

En économie, les Investissements Directs Etrangers (IDE) renvoient à un certain nombre de concepts, de réalités et de résultats issus de recherches qu'il convient de présenter.

I.1.1 Investissement

L'investissement est un grand moteur de la croissance. Le gonflement de l'investissement est une explication fondamentale de la croissance à long terme du PNB.14(*)

Il est une opération qui consiste pour une entreprise ou pour un pays à augmenter le stock, de moyen de production (machines, équipements de tous types, infrastructures, biens de tout ordre, mais aussi acquisition de connaissances et formation des hommes), avec pour perspective une production future. Il est brut ou net, selon qu'il prend en compte ou non l'usure et l'entretien des biens durables qui interviennent dans la production (si l'investissement brut est inférieur à cette usure, on dit alors qu'il y a désinvestissement).15(*)

Selon le Lexique économique,16(*) quatre sens d'investissement nous sont proposés :

- Dans son sens étroit, l'investissement est synonyme de l'acquisition de bien de production en vue de l'exploitation d'une entreprise et de dégager un niveau ou une augmentation de la capacité de production ;

- Dans son sens large, il est l'acquisition d'un capital en vue d'en percevoir ou d'en consommer le revenu ;

- Pour son sens particulier et familier, il est synonyme de placement, de mise en réserve d'un bien de consommation durable en vue de sa revente ou de sa consommation ultérieure ;

- Et enfin, sur le plan national, l'investissement constitue donc un renouvellement des équipements et l'augmentation apportée au cours d'une période du patrimoine d'un agent.

L'investissement est également déterminé par le prix relatif des facteurs, dès lors que la fonction de production est à facteurs substituables. En effet, si le prix du travail augmente par rapport au prix du facteur capital, l'entrepreneur substitue du capital au travail c'est-à-dire investit.17(*)

L'investissement, dans tous les cas, s'oppose de la consommation immédiate c'est-à-dire à la satisfaction des besoins par utilisation et éventuellement des biens et services. La définition large précédente permet de considérer comme investissement : l'achat d'un logement qui est un investissement des moyens de transport par les administrations publiques qui constituent l'investissement collectif, l'acquisition de fonds de commerce, brevet et de licence constitue l'investissement incorporel et enfin, les dépenses de recherches et de développement constituent l'investissement immatériel.

De toutes ces définitions, l'élément commun est l'affectation d'une finance pour l'acquisition de bien de production en vue de l'obtention d'un revenu pendant une période ultérieure. Ces biens de production peuvent être matériels ou immatériels selon qu'il s'agisse du domaine de la production industrielle ou du développement.

C'est ainsi qu'il y a un investissement pour le développement18(*) dont le but est d'accroître la capacité des pays en voie de développement à attirer des investissements plus nombreux et de plus grande qualité grâce au dialogue et au conseils sur les meilleurs pratiques avec le gouvernement des pays non membres pour garantir la mise en place de cadres d'actions cohérents.

La décision d'investir est déterminée par de multiples facteurs, nous en retiendrons quatre principaux, sans prétendre à l'exhaustivité : le profit, le taux d'intérêt, la demande anticipée et le prix relatifs des facteurs.

L'entrepreneur investit dès lors qu'il dispose des moyens financiers pour le faire. Nous retrouvons ici la logique selon laquelle «  les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain, qui sont les emplois d'après-demain ».

Il est ici implicitement supposé que l'entrepreneur recourt au financement interne de l'investissement, c'est-à-dire utilise sa propre épargne pour acquérir des biens de production.

Mais l'existence d'un profit ne signifie pas nécessairement que l'entrepreneur va procéder à un investissement, il peut en effet comparer le profit espéré de l'investissement avec ce qui lui apporte un placement financier. L'entrepreneur peut également procéder à un financement externe de l'investissement, en empruntant une certaine somme. Dans ce cas, il compare le prix d'un emprunt (le taux d'intérêt) avec ce que lui rapporte l'investissement, à savoir son taux de rendement (le taux de rendement de l'investissement est égal aux profits liés à l'investissement/coût de l'investissement). Si le taux de rendement est supérieur au taux d'intérêt, l'entrepreneur effectue l'investissement.

Les investissements ont plusieurs caractéristiques :

Il est considéré comme productif lorsque la valeur cumulée des biens et des satisfactions obtenues est suffisamment supérieure aux coûts engendrés. Il est considéré comme improductif, lorsqu'il concerne des biens et des services d'utilité publique (écoles, hôpitaux, etc.).

Il est également déterminé par le prix relatif des facteurs, dès lors que la fonction de production est à facteurs substituables. En effet, si le prix du travail augmente par rapport au prix du facteur capital, l'entrepreneur substitue du capital au travail c'est-à-dire investit.19(*)

Un investissement matériel concerne un bien de production. Il revint un caractère immatériel quand il concerne les services : formation, recherche-développement, innovation, marketing, technologies de l'information, publicité, etc., susceptibles d'apporter un développement futur.

L'aspect économique s'attache aux caractéristiques réelles de l'investissement, l'aspect financier ne considère que sa contrepartie financière.

Ainsi, on peut distinguer :

I.1.1.1. L'investissement public

C'est l'ensemble des dépenses engagées par l'Etat et les collectivités locales en équipement collectif, ce que l'on appelle aussi les infrastructures publiques. Ce sont des investissements coûteux qui ne peuvent pas tous être supportés par le secteur privé.

Pour les économistes, les infrastructures sont plus souvent définies comme des biens collectifs mixtes à la base de l'activité productive.20(*) Deux notions sous-tendent cette définition : celle des biens collectifs ou des biens publics, et celle des facteurs productifs.

La notion des biens publics, définit par Samuelson (1954) et Musgrave (1959) repose sur les critères de non rivalité et de non exclusion. Un bien est qualifié de non rival si son utilisation par un agent ne réduit pas la quantité disponible pour les autres agents. La non rivalité s'accompagne, en fait, de l'indivisibilité d'usage, c'est-à-dire d'une consommation en totalité de ses biens qui ne pourra être partagé entre divers utilisateurs. Les exemples traditionnels sont ceux de la justice, de la sécurité ou d'éclairage public. La non exclusion par le mécanisme du marché caractérise, de son côté, des biens dont aucun agent ne peut être exclu des bénéfices. Celle-ci découle de l'impossibilité de fractionner le service entre divers consommateurs. Ainsi, les caractéristiques intrinsèques de ces biens justifient l'intervention de l'Etat dans leur production ou leur réglementation.

Il y a aussi une forte notion de compétitivité attachée à l'investissement public puisque, en soignant et en développant ses infrastructures collectives, un pays va se faciliter la tâche pour attirer des capitaux étrangers qui vont, à leur tour, participer au développement économique du pays.

I.1.1.2. L'investissement privé

La soumission des principes du domaine privé au droit privé repose sur le caractère d'activités privées traditionnellement reconnu à la gestion du domaine privé assimilé à une gestion purement patrimoniale dénuée des finalités d'intérêt général.

I.1.2 Investissement Direct à l'Etranger (IDE)

L'Investissement Direct est tout investissement relevant du champ d'application envisagé par une entreprise nouvelle ou existante visant à mettre en place une capacité nouvelle ou à accroître la capacité de production de biens ou de prestation de services, à élargir la gamme des produits fabriqués ou des services rendus, à accroître la productivité de l'entreprise ou à améliorer la qualité des biens ou des services. Notons que l'Investisseur Direct reste toute personne physique ou morale, publique ou privée effectuant un investissement direct en RDC.

L'Investissement direct Etranger (IDE) désigne tout investissement dont la participation étrangère dans le capital social d'une entreprise dans laquelle l'investissement réalisé est au moins égale à 10 %. Un Investisseur étranger direct est toute personne physique n'ayant pas la nationalité congolaise ou ayant la nationalité congolaise et résidant à l'étranger et toute personne morale publique ou privée ayant son siège social en dehors du territoire congolais, et effectuant un investissement direct en RDC.21(*)

Selon l'OCDE22(*), un investissement direct est effectué en vue d'établir des liens économiques durables avec une entreprise, tel que notamment, les investissements qui donnent la possibilité d'exercer une influence sur la gestion de la dite entreprise au moyen :

- De la création ou de l'extension d'une entreprise ou d'une succursale appartenant exclusivement au bailleur de fonds.

- De l'acquisition intégrale d'une entreprise existante.

- D'une participation à une entreprise nouvelle ou existante.

- D'un prêt à long terme (5 ans et plus).

La notion de prise de contrôle est interprétée de la façon suivante : il y a présomption d'investissement direct au sens de l'OCDE s'il y a contrôle de 20% ou plus des actions ordinaires, « à moins qu'il puisse être établie que cela ne permet pas à l'investisseur d'avoir un pouvoir de décision effectif dans la gestion de l'entreprise » (W. Andreff).

Le manuel de la balance de paiement du Fonds Monétaire International (4ème édition 1977) donne une autre définition23(*) des investissements directs : « les investissements effectués dans une entreprise exerçant ses activités sur le territoire d'une économie autre que celle de l'investisseur, le but de ce dernier étant d'avoir un pouvoir de décision effectif dans la gestion de l'entreprise. Les entités ou les groupes d'entités associés non-résidentes qui effectuent les investissements sont appelés « investisseurs directs » et les entreprises, érigées ou non en société (respectivement filiales ou succursales) dans lesquelles ces investissements directs ont été effectués, sont distinguées par le terme `entreprises d'investissement direct' ».

D'après toutes ces définitions, les Investissements Directs ne créent pas de dettes pour le pays qui les reçoit, en ce sens qu'il n'y a aucune obligation juridique qui puisse contraindre l'Etat du pays d'accueil à en rembourser la valeur. Cela ne veut pas pourtant pas dire qu'ils ne créent pas des flux en retour, puisqu'ils sont le plus souvent effectués pour rapatrier des bénéfices vers la maison mère (sauf si des opportunités d'investissements rentables se présentent sur place). A ce flux de revenu, peut s'ajouter un flux de capital si l'investisseur décide de redéployer son capital vers d'autres pays.24(*)

Ainsi, nous constatons que l'IDE constitue le principal vecteur de la hiérarchisation de l'ensemble de l'économie mondiale.

I.1.3 L'investisseur direct et typologie des firmes multinationales

L'investisseur direct peut être une personne physique, une entreprise publique ou privée dotée ou non d'une personnalité morale distincte, un groupe de personnes physiques ou d'entreprises qui sont associées, un gouvernement ou un organisme officiel, qui possède (selon les critères cités précédemment) une entreprise d'investissement direct.

Les firmes multinationales communément nommées FMN sont des entreprises d'investissements directs ayant une envergure internationale. Elles occupent une place très importante dans les échanges internationaux, à tous les niveaux, aussi bien dans la production et l'exportation de produits primaires que de produits finis et de services. Elles étendent leurs ramifications dans plusieurs pays du monde, et pour cela elles ont une politique bien précise de localisation stratégique.

Dunning dans ses études sur les FMN distingue cinq (5) possibilités qu'exploitent les firmes pour choisir leurs lieux d'implantation. Dans le cadre de ses travaux en 1993, il considère cinq (5) types de firmes multinationales selon leur comportement productif :

- Les « Ressources Seekers » encore appelées « Chercheurs de Ressources ». Elles s'implantent dans une économie dans le but d'acquérir des ressources particulières, main-d'oeuvre par exemple, à moindre coût ou des ressources indisponibles dans son lieu de résidence.

- Les « Market Seekers » ou « Chercheurs de Grands Marchés ». Elles recherchent la rentabilité de l'approvisionnement sur le marché local. Généralement, elles tiennent compte de la taille du marché dans l'arbitrage entre exporter vers une économie à l'étranger ou s'y implanter.

- Les « Efficiency Seekers » encore appellées « Chercheurs d'Efficience » Elles recherchent l'efficacité de l'économie d'échelle et de la diversification des risques en s'implantant à l'étranger.

- Les « Strategy Asset ou capability Seekers » ou « Chercheurs de Compétitivité ». Ce sont des firmes qui achètent des actions à l'étranger dans le but de promouvoir leurs objectifs de long terme. Elles sont motivées par le renforcement de leur compétitivité ou par la baisse de compétitivité de leurs concurrents.

- Le dernier type regroupe les firmes qui adoptent des stratégies d'investissement pour échapper à des restrictions afin de soutenir l'activité d'autres filiales ou tout simplement des investissements passifs dans le but d'accroître le capital.

I.1.4 L'entreprise d'investissements directs

Une entreprise d'investissements directs peut être définie comme étant une entreprise dans laquelle un investisseur étranger détient plus de 10% des actions ou des droits de vote et peut exercer un contrôle sur la gestion de cette entreprise. Les entreprises d'investissements directs peuvent être regroupées en trois (3) catégories distinctes :

· Les filiales : On parlera de filiale dans le cas où une entreprise étrangère détiendra plus de 50% du capital.

· Les entreprises affiliées : Une entreprise est dite affiliée lorsqu'une entreprise non résidente détient une part du capital comprise entre 10 et 50%.

· Les succursales : Les succursales ont l'entièreté de leur capital soit 100% appartenant à une entreprise étrangère.

En recevant ces transferts d'actifs, ces entreprises d'investissements directs bénéficient d'un certain nombre d'avantages.

I.2 AVANTAGES ET INCONVENIENTS DES IDE

Comme nous l'avions présenté dans le paragraphe précédent, les investissements directs étrangers sont un des types de capitaux communément sollicités par divers Etats. Notons néanmoins que les IDE suscitent un engouement tout particulier en ce qui concerne les pays en développement. Les principales raisons qui motivent ce choix sont dues au fait que l'IDE :

- permet des transferts de technologie, en particulier sous forme de nouveaux types d'intrants de capital fixe ; ce que les investissements financiers ou le commerce des biens et services ne peuvent assurer.

- promeut la concurrence sur le marché intérieur des intrants.

- s'accompagne souvent de programmes de formation du personnel des nouvelles entreprises ; ce qui contribue au développement des ressources humaines du pays hôte.

- engendre des bénéfices qui contribuent à l'amélioration des recettes fiscales du pays bénéficiaire.

D'après Bosworth et Collins25(*) (1999), l'IDE produit une augmentation remarquable de l'investissement intérieur lorsque les entrées de capitaux de portefeuille semblent n'avoir pratiquement aucun effet sensible sur l'investissement et les prêts un impact mitigé.

Un autre point encourageant la prolifération des IDE est leur résilience aux perturbations économiques. En effet, les IDE sont le plus souvent sous forme de machines ou d'infrastructures, donc difficiles voire impossibles à rapatrier en cas de crise économique. C'est cet élément qui les distingue des investissements de portefeuille qui sont très volatils et sensibles à la conjoncture économique. L'IDE devrait donc augmenter l'investissement intérieur, favoriser la croissance économique et est tout adapté aux pays en développement.26(*)

Selon les recherches de Fontagné L. et Pajot M., (1999), les IDE améliorent la compétitivité des entreprises installées sur le marché intérieur du pays récepteur et ont un impact positif sur les échanges extérieurs, en particulier sur les exportations. Ils entraînent aussi des externalités positives par les effets de sous-traitance et d'exploitation du progrès technologique.

Tous ces éléments illustrent bien l'opportunité que représentent les investissements directs étrangers aux pays en développement. Cependant ces derniers doivent veiller à ne pas trop se leurrer quant aux avantages des IDE.

En effet, la forte proportion d'IDE dans les apports de capitaux peut être signe de faiblesse, et non de force pour le pays récepteur. Les IDE affluent beaucoup plus dans les économies dont les marchés financiers sont déficients comme les pays à haut-risque. Ainsi, les investisseurs ont l'opulence de s'ingérer librement dans le fonctionnement de l'économie du pays hôte et d'y opérer directement au lieu de s'en remettre au marché financier ou aux institutions juridiques. Or, la politique économique recommande aux pays désireux d'accroître leur capacité d'accès aux marchés internationaux de capitaux, de se concentrer sur la mise en place de dispositifs d'application crédibles.

De même, le transfert de contrôle engendré pas l'IDE n'arrange pas toujours l'économie résidente. En effet, avec les IDE, les investisseurs directs étrangers obtiennent des informations cruciales sur la productivité des entreprises qu'ils contrôlent. Ainsi, ils tendront à ne garder dans leurs portefeuilles que les entreprises très productives et à vendre les moins productives aux épargnants nationaux « non informés ». Comme dans d'autres cas de sélection adverse, ce processus peut conduire les investisseurs directs étrangers à surinvestir.

Un endettement excessif peut aussi limiter les avantages de l'IDE car l'investisseur peut rapatrier le nominal. Dans ce cas les gains liés à l'IDE seront réduits du montant de l'emprunt contracté dans le pays de l'IDE. De plus, l'IDE peut renforcer l'action des lobbys.27(*)

L'IDE fragilise aussi les économies naissantes. En effet, la prise de contrôle des entreprises nationales par des étrangers représente sur un certain plan un amoindrissement de la souveraineté de l'Etat récepteur.28(*)

L'importance des IDE n'étant plus à démontrer, il convient de s'intéresser aux théories et travaux qui ont porté sur eux.

I.3 LITTERATURE EMPIRIQUE SUR LES IDE

En 1973, Dunning a essayé d'expliquer pour la première fois, le flux d'IDE dans une économie. Tout en tenant compte du fait que l'environnement d'investissement dépend essentiellement de la stabilité politique, il a mis l'accent sur trois types de facteurs. Il s'agit : des facteurs de marché tels que la taille et la croissance mesurée par le PNB du pays récepteur; des facteurs de coûts tels que l'abondance de la main d'oeuvre, la faiblesse des coûts de production et l'inflation ; et des facteurs liés à l'environnement d'investissement tels que le degré d'endettement extérieur du pays et l'état de la balance des paiements.

Quatre ans plus tard, Dunning (1977) complète son analyse par une approche globale : « l'approche éclectique » axée autour du « paradigme O.L.I. ». D'après la théorie éclectique, les investisseurs directs étrangers recherchent trois types d'avantages à travers la décision d'implantation d'une firme. Il s'agit des avantages liés : aux dotations spécifiques induites (détention d'un brevet exclusif pour bénéficier d'une situation de monopole sur le marché) par la concurrence imparfaite (Ownership advantages), à la localisation des entreprises (Localization advantages) et, de ceux liés à la faiblesse des coûts de production (Internalization advantages).

Il est à noter que cette approche est beaucoup plus microéconomique car Dunning a analysé l'importance des flux d'IDE selon les intérêts des investisseurs.

De même, Mayer T. et Mucchielli J. -L. (1999) se sont intéressés à la localisation à l'étranger des firmes multinationales et en ont déduit quatre (4) facteurs déterminants : la demande du marché des biens, le coût des facteurs de production, le nombre d'entreprises locales et étrangères déjà installées sur place et la synthèse des différentes politiques d'attraction menées par les autorités locales. En d'autres termes, les entreprises recherchent les lieux où la demande est importante et là où les coûts de production sont faibles. Leur modèle explique la profitabilité (n) de chaque localisation par la formulation suivante :

n = 131 + 132 Coûts + 133 Nombre de firmes+ 134 Mesures incitatives

Plus tard en 1998, Wilhelms S. K. S. et Witter S. M. D. ont créé le concept d'adaptation institutionnelle à l'IDE, publié dans l'ouvrage intitulé « Foreign Direct Investment and its Determinants in Developping Countries ». La théorie élaborée intègre des variables microéconomiques (concernant l'investisseur), macroéconomiques (couvrant les caractéristiques de l'économie réceptrice de l'IDE) et des variables méso économiques (représentant les institutions liant l'investisseur et le pays hôte tel que les agences du gouvernement qui publient les politiques concernant l'investissement direct). Un des points qui distinguent cette conception des autres est qu'elle accorde plus d'importance aux variables dites "méso". Le concept d'adaptation institutionnelle à l'IDE ainsi développé par ces auteurs, met en corrélation quatre concepts dans le modèle suivant :

IDE = 130 + 131 G + 132 M + 133 E + 134 S.

G symbolisant le concept d'adaptation du gouvernement à l'IDE, M celui du marché, E celui de l'éducation et S pour le concept d'adaptation de la réalité socioculturelle. Ces quatre concepts constituent ce que les auteurs appellent le concept d'adaptation institutionnelle à l'IDE, et illustrent la capacité d'un pays d'attirer, d'absorber et de préserver les IDE.

Mentionnons entre autre Levis (1979) qui a réalisé une étude sur l'attraction des IDE portant sur 25 pays en développement d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine. Son choix à porté sur deux groupes de variables : les variables politiques et celles économiques. Le premier groupe est formé par : l'indice de compétitivité politique et les relations avec les pays de l'Ouest. Le second regroupe la croissance du PNB/Habitant, l'inflation, la balance des paiements, le taux d'investissement, le taux d'exportation, la pression fiscale et la consommation en énergie.

Schneider F. et Frey B. S. (1985) ont, à l'image de Levis, élaboré un modèle faisant appel à la fois aux variables d'ordres politiques et économiques qui modulent les flux d'IDE dans les quatre-vingt (80) pays les moins avancés du monde. Pour des raisons de qualité, les auteurs ont plutôt procédé à l'élaboration de trois (3) modèles : un modèle combinant des variables économiques, un autre modèle contient des variables politiques et enfin un modèle alliant les deux types de variables à la fois. Le dernier modèle s'est avéré le meilleur. A la suite d'une régression normée, les résultats ont montré que les flux d'IDE augmentent avec le PNB par habitant, le taux de croissance du PNB et évoluent inversement sous l'influence du taux d'inflation, du déficit de la balance des paiements, des coûts des facteurs de production et de l'instabilité politique. Pour finir, ils concluent que pour obtenir un bon modèle pour estimer les flux d'IDE dans les pays en développement, il faut tenir compte à la fois des facteurs économiques et politiques du pays récepteur des IDE.

Pour vérifier la viabilité de leur concept, ils ont engagé des études sur soixante-sept (67) pays en développement. Les variables sous-tendant leurs travaux sont regroupées en quatre (4) grandes lignes : en premier lieu, l'adaptation du gouvernement à l'IDE représentée par l'indice risque pays, ensuite le marché matérialisé par le PNB/habitant, le commerce extérieur, les recettes fiscales, le crédit accordé par les banques locales, l'utilisation commerciale de l'énergie. Par la suite viennent l'adaptation à l'éducation comprenant le facteur capital humain (inscription à l'école primaire) et pour finir, les réalités socio-culturelles .

Un nouvel élément venant compléter les études précédemment faites est celui de la définition de la théorie « push-pull ». En effet, celle-ci stipule que les flux de capitaux, et de ce fait les IDE sont principalement déterminés par des variables externes « push » et internes « pull ». Ainsi, aux éléments explicatifs des IDE liés à la localisation (Dunning) dits « pull », se complètent des facteurs externes « push ». Ces nouveaux éléments pris en compte donnent des modèles économétriques du type suivant :

IDEt =a +13 PLt-1+Ô PSt

PL est le vecteur des facteurs internes ou "Pull factors" et PS celui des facteurs externes ou "Push factors", a , 13 et Ô sont des vecteurs-coefficients et t est l'année.

Hernandez L. et al. (2001) ont recherché les déterminants des flux de capitaux privés de 1970 à 1990 pour des pays d'Asie de l'Est et d'Amérique Latine. Leur étude s'inscrit dans la pensée de l'école « pull-push ». Les études théoriques ont montré que ces variables pouvaient être regroupées en deux classes : les facteurs externes (push) et ceux internes. Les facteurs externes sont déterminés par le taux d'intérêt international réel (ex-post), le total des flux d'IDE à destination des autres pays en développement en pourcentage (%) du total des PIB des grands pays industriels, le niveau d'activité dans les pays industriels (PIB). Quant aux facteurs internes (pull), ils sont propres au pays d'accueil et comprennent le taux de croissance réel, le solde de la balance des paiements en pourcentage du PIB, les investissements en pourcentage du PIB, les exportations en pourcentage du PIB, le service de la dette extérieure en pourcentage du PIB et le taux d'appréciation du taux de change. Ces travaux ont inspiré l'étude des déterminants des flux d'IDE en Côte d'Ivoire, où Romalahy M. I. (2003) grâce à un Modèle à Correction d'Erreur, démontre dans son étude que dans la relation de long terme le PNB/habitant, le taux d'investissement privé, la variabilité du taux de change effectif réel, le taux d'ouverture commerciale et le ratio du service de la dette extérieure rapporté aux exportations agissent positivement sur les flux d'IDE tandis que le taux de croissance du PIB, le crédit à l'économie, le taux de pression fiscale et l'instabilité politique influent de façon négative. La dynamique de court terme montre que le taux d'intérêt français a un effet négatif, les signes sont les mêmes que ceux obtenus dans le modèle de long terme pour les autres variables, le taux d'ouverture commerciale, la variabilité du taux de change effectif réel et le service de la dette n'étant pas significatifs. Une autre étude, celle de Noukpo D. et Fotie H. (2003) a porté sur l'évolution et la répartition des IDE en Afrique Subsaharienne. Ces auteurs se sont attelé à définir les variables les plus explicatives des flux d'IDE. Les variables retenues a l'issue de leur étude par un Modèle à Correction d'Erreur sont les suivantes : les flux d'IDE en pourcentage du PIB avec un retard d'ordre 1, le taux d'intérêt du marché monétaire français, le taux d'ouverture avec un retard d'ordre 1, le taux d'investissement avec un retard d'ordre 2, le taux de croissance démographique avec un retard d'ordre 2, et la variable exportation de pétrole avec un retard d'ordre 2. Les variables les plus explicatives des flux d'IDE retenues sont le taux d'ouverture de l'économie et le taux de croissance.

En 1996, Fernández-Arias E. et Montiel P. J. ont proposé un cadre théorique pour l'étude des déterminants des flux de capitaux privés. Leur modèle théorique s'inscrit dans le cadre de l'école « pull-push » selon laquelle ce sont les facteurs internes, tels que l'environnement économique et financier des pays bénéficiaires, et les facteurs externes à savoir la situation financière des pays investisseurs, qui expliquent les flux d'IDE.

D'après ces auteurs la masse des capitaux en direction du pays récepteur (F) est définie par la relation suivante : F* = F*(g, c, v, S-1) : avec g l'environnement intérieur du pays, c la crédibilité du pays bénéficiaire, v les conditions financières du pays créditeur et S-1 le stock de la dette du pays hôte en début de période. La croissance de F est favorisée par g et c , et est inhibée par v et S-1.

En effet, plus le pays récepteur est endetté, moins il est solvable et intéressant pour les investisseurs étrangers. De plus l'amélioration du cadre macroéconomique ou de la capacité du pays à honorer ses engagements attire les capitaux privés.

En supposant les conditions financières du pays investisseur inchangées, ils différencient l'équation précédente et obtiennent le modèle de court terme suivant qui met en relation les différences premières : AF = AFg + AFc + AFv. Ces travaux ont inspiré Batana Y. M. (1999) qui a effectué des recherches sur les variables explicatives des flux de capitaux internationaux au Togo. Ses conclusions ont été que le taux d'investissement et les dépenses publiques ont un impact positif très significatif sur les flux de capitaux à l'opposé du degré d'ouverture qui a un impact négatif non significatif. De même, Kouadio Y. M. (2003) a conduit ses recherches sur les déterminants des flux de capitaux dans les pays de l'UEMOA. A l'issue de l'estimation du modèle, il retient que les facteurs internes sont les plus déterminants dans l'explication des flux de capitaux aussi bien à court terme qu'à long terme. Par ailleurs, ces facteurs lui ont aussi permis de tirer la conclusion selon laquelle l'après crise de la dette des années 1980 a été catastrophique pour la plupart de ces pays en matière d'attrait de capitaux privés.

Bhattacharya A. et al. (1997) dans leur ouvrage «External Finance for LowIncome Countries : Capital Flows to Sub-Saharan African, an Overview of Trends and Determinants» ont démontré que l'Afrique subsaharienne n'avait pas profité des flux de capitaux internationaux privés à cause du considérable risque qu'affichait le continent. A la suite des recherches faites auprès des banquiers et financiers travaillant à Londres et aux Etats-Unis, ils ont élaboré un modèle en se fondant sur des facteurs traduisant le risque tels que les conflits civils, l'instabilité macroéconomique, la faible croissance économique , les marchés intérieurs exigus, l'économie axée sur l'intérieur et la lourdeur de la réglementation, la lenteur de la privatisation, la médiocrité des infrastructures et finalement le niveau élevé des salaires et des coûts de production.

Nshimiyimana F. (1999) a effectué une étude comparative des IDE au Bénin et en Côte d'Ivoire. Après avoir relaté l'évolution des IDE dans ces deux pays, il s'est intéressé à la qualité de leur code d'investissement et de leur politique d'investissement respectifs. Il a, entre autres, procédé à l'analyse des facteurs sociaux, institutionnels (qualité de la main d'oeuvre, stabilité, légalité bon et fonctionnement de la justice), géographiques et des infrastructures.

Agenor P. -R. et al. (2000) ont réalisé sur les régions du Moyen-orient et de l'Afrique du Nord (MENA) une étude portant sur les facteurs explicatifs des IDE. Leur modèle s'est fondé sur 10 variables. En utilisant la méthode des variables instrumentales sur données de panel à effets fixes, ils ont retenu les variables suivantes : l'IDE avec un retard d'ordre un, le taux de croissance réel, l'investissement en pourcentage du PIB, le degré d'ouverture de l'économie (base 100 année 1990), le PIB réel par habitant, le service de la dette en pourcentage du PIB, le taux d'intérêt réel international (London Inter-Bank Offer Rate : LIBOR), la variation du taux d'inflation, l'indice risque politique (un indice élevé traduit un niveau de risque faible). Ils retinrent à la fin de leurs estimations que le taux d'investissement, le taux d'ouverture de l'économie, le service de la dette en pourcentage du PIB, le taux d'intérêt international, l'indice risque politique et la variation du taux d'intérêt ont une influence significative sur les flux entrants d'IDE. Les variables ayant les impacts les plus significatifs sont le taux d'investissement et le service de la dette en pourcentage du PIB.

Enfin, Morisset J. et Neso O. (2002) ont montré quant à eux que les procédures administratives complexes, nécessaires à l'établissement et au fonctionnement des affaires, découragent l'entrée des flux d'IDE.

I.5 CROISSANCE ECONOMIQUE

I.5.1 Notions de la croissance économique

I.5.1.1 Définition

Plusieurs économistes s'interrogent sur ce qu'ils savent vraiment de la croissance et sur la meilleure manière de définir une politique en l'absence de modèles fiables.29(*) On constate alors que la croissance économique reste un concept polysémique qui est une préoccupation centrale de la macroéconomie et une tendance de l'économie. On tend souvent à l'opposer au développement. Mais la différence est malaisée à établir. On limite généralement la notion de croissance à des critères uniquement quantitatifs alors que le développement inclurait aussi des phénomènes qualitatifs (éducation, emploi...) ; néanmoins, Rostow, dans les étapes de la croissance, ne lie-t-il pas intimement les critères quantitatifs aux critères qualitatifs ?

Selon Kuznets, la croissance économique d'un pays est une hausse de long terme de sa capacité d'offrir à sa population une gamme sans cesse élargie des biens économiques. Cette capacité de croissance est fondée sur les progrès techniques et les ajustements institutionnels et idéologiques qu'elle requiert.30(*)

A cet effet, on peut définir la croissance économique d'une nation comme un accroissement durable de la population et du produit par tête. Perroux affirme, quant à lui, que « la croissance est un phénomène irrégulier qui s'accompagne de changements dans les structures ». Schumpeter met aussi l'accent sur les effets de la croissance lorsqu'il la définit comme « un processus de destruction créatrice qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique en détruisant continuellement des éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs ».31(*)

Les analyses empiriques sur les déterminants de la croissance ont connu un développement important dans les années 1990, avec comme résultat étonnant que plus d'une cinquantaine de variables, allant de la R et D à la criminalité, la démocratie, la religion ou la culture, en passant par le degré d'ouverture sur l'extérieur, le développement financier et divers indicateurs de politique économique, ont une corrélation positive avec la croissance dans au moins une régression économétrique. Dans cette pléthore de déterminants, comment isoler les facteurs essentiels de la croissance ? Levine et Renelt [1992] montrent que la plupart de ces variables ne sont pas robustes, au sens où leur relations avec la croissance ne reste pas statistiquement significatives ou n'a pas le signe attendu quand d'autres variables sont ajoutées. La seule variable reliée de manière robuste à la croissance est le taux d'investissement, quels que soient le pays, la période et les autres variables considérées.32(*)

Cependant, l'investissement n'est pas une variable exogène par rapport à la croissance, et ces résultats sont donc à prendre avec précaution, car ils peuvent provenir d'un renversement de causalité. Barro33(*) montre ainsi que, si la croissance cause l'investissement au sens statistique, l'inverse n'est pas vrai. En fait, les analyses de causalité tendraient à prouver que l'investissement a un effet insignifiant sur la croissance, ce qui pose une nouvelle énigme : comment imaginer un modèle macroéconomique dans lequel l'investissement n'affecte pas la croissance ? Il faut alors se tourner vers la contribution des différentes composantes de l'investissement pour isoler les déterminants les plus robustes de la croissance.34(*)

La théorie de la croissance endogène prend quatre directions principales quant à ceux: la première, à la suite de Paul ROMER, affirme que le moteur de la croissance (le facteur résiduel) provient essentiellement de l'accumulation de connaissance, en prenant en partie la théorie du « Learning by doing » déjà formuler par Arrow en 1962. Romer affirme que c'est en produisant qu'une économie accumule spontanément les expériences et donc les connaissances. Plus la croissance est forte, plus l'accumulation d'expérience et de savoir-faire est forte, ce qui favorise la croissance. L'accumulation des connaissances a de nombreux effets externes. En produisant, une entreprise accumule des connaissances qui lui permettront d'être plus performante, mais qui serviront aussi aux firmes qui l'entourent, par effet d'imitation ou grâce au turn-over d'une main d'oeuvre ayant gagné en savoir-faire. L'accumulation des connaissances a donc une productivité privée (celle dont profite l'entreprise), mais aussi une productivité sociale (celle dont profite l'ensemble de l'économie et de la société) ;

La deuxième direction, ouverte par Robert LUCAS, privilégie l'accumulation de capital humain en concevant clairement que la productivité sociale de la formation est supérieure à sa productivité privée.

La troisième direction, également développée par Romer, étudie surtout l'accumulation du capital technologique. D'après cette troisième voie, largement inspirée par les travaux de Schumpeter, c'est l'innovation et la Recherche-Développement qui constituent le facteur résiduel : plus les efforts de R et D sont important, plus la croissance est forte ; plus la croissance est forte, plus les efforts de R et D peuvent être importants ; la dernière direction, établie par Robert BARRO, prend en compte les dépenses d'infrastructures publiques comme les autres accumulation, ces dépenses ont un effet cumulatif ; elles permettent d'augmenter la croissance qui, en élargissent l'assiette fiscale, induit un accroissement de recettes publiques et donc des dépenses publiques, facteur de croissance. Cette théorie conduit à démontrer la nécessité du maintien des investissements publics dans une conjoncture difficile. La tentation des gouvernements est souvent grande, en période de crise, de réduire les dépenses d'investissement pour pouvoir maintenir les dépenses courantes. Les théories de croissance endogène rejoignent ici les théories Keynésiennes : l'investissement public est nécessaire à la croissance.35(*)

Ainsi, la théorie de la croissance (au sens où nous l'entendons) n'a aucune utilité particulière pour l'économie du sous développement, et les pays sous développés n'ont pas joués le rôle dans son élaboration.36(*) La croissance est un processus complexe de transformation économique, sociale et politique et sa clé consiste à mettre en place des politiques nationales appropriées.

Elle est aussi une augmentation soutenue, pendant une longue période de la production d'un pays. Généralement, on retient le produit intérieur brut à prix constants comme indicateurs37(*). Il s'analyse comme étant la mesure de l'activité ou de la production. Elle est appréhendée à partir de variation du PIB réel, constat ou physique, soit encore à partir de l'évolution de la production industrielle. D'une manière non exhaustive, la croissance économique peut aussi être mesurée à partir des indicateurs suivants :

- indice de construction ;

- carnets de commande ;

- indice de confiance des consommateurs ;

- ventes de détails ;

- indicateur avancé tel que l'indice d'opinion des consommateurs, l'indice des anticipations des consommateurs, ... ;

- l'indicateur coïncident ;

- l'indicateur retardé ;

- le taux d'utilisation des capacités de production ;

- l'indicateur du climat des affaires.

La croissance dont il est question dans l'analyse de cycle n'a rien à voir avec celle de longue période appréhendée généralement à partir de la variation du PIB par tête. Cette dernière est la mesure des mouvements longs d'une économie résultant des déterminants réels de la croissance économique. Celle-ci se définie comme l'augmentation, après une accumulation soutenue sur le long terme d'un indicateur dimension, à savoir le PIB/tête

En termes simples, l'augmentation de l'activité ne signifie pas celle du bien être. Par contre, l'augmentation de la croissance à long terme actuellement mesurée par l'indice du développement (IDH celle du bien être). 38(*)

I.5.1.2. Mesure de la croissance économique

Le taux d croissance économique est mesuré par le pourcentage de variation annuelle du produit intérieur brut en volume.39(*)

La croissance économique se mesure grâce au produit intérieur brut ou au produit national brut40(*).

Il faut préciser que la mesure de la croissance économique se fait précisément à l'aide du taux de croissance du PIB. Il se calcule de la manière suivante:


I.5.1.3. Les facteurs de la croissance

Les miracles économiques de l'après seconde guerre mondiale ont stimulé les recherches des économistes portant sur l'étude de la croissance économique : l'analyse a porté d'abord sur les facteurs de la croissance, puis s'est élargie à des causes plus générales qui mettent en jeu des interactions difficilement évaluables.

I.5.1.4 Le rôle des facteurs

Pour expliquer la croissance économique et son dynamisme pendant les trente Glorieuse, la première idée qui vient à l'esprit est d'évoquer le rôle des facteurs matériels de la croissance : la terre, le travail et le capital.

La quantité de terre disponible dans un pays est constante, il est donc logique de ne tenir que les deux autres facteurs : travail (L) et capital (K).On peut s'attendre à ce que le pays à croissance rapide aient bénéficié d'une population active nombreuse et d'un effort d'investissement particulier.

Dans le vocabulaire économique, la fonction qui relie les différents niveaux de production à toutes les combinaisons techniquement possibles des facteurs est appelée « fonction de production ».41(*)

Pour simplifier, on représente cette fonction sous la forme d'une liaison technique entre les quantités produites (Q), le capital (k) et le travail (L) :

Q= f (L, K)

I.5.1.5 Introduction de progrès qualitatifs

Il est possible d'introduire d'autres éléments explicatifs dans l'analyse des facteurs de la croissance économique en remettant en cause l'hypothèse d'homogénéité des facteurs. En d'autres termes, les ressources humaines ne sont pas de simples quantités de travail, les équipements ne se renouvellent pas à l'identique : il existe dans l'évolution des facteurs, un aspect qualitatif.

Il se peut qu'une partie de la croissance soit due à l'amélioration de la qualité du facteur travail ( augmentation des compétences, des qualifications, de l'instruction) , l'économiste DENISON a montré que cet aspect constituait un facteur important du développement d'une économie ( 1/5e de la croissance des Etats-Unis sur la période 1929-1957 peut être ainsi expliqué) On peut tenir compte ainsi des migrations professionnelles entre les secteurs d'activité et de la qualité du facteur capital ( rajeunissement des machines et des équipements)42(*).

Néanmoins, la prise en compte de ces facteurs reste insuffisante pour expliquer la totalité du taux de croissance. Il reste un « résidu » important, qui est la part de la croissance non expliquée.

Ce résidu n'est d'ailleurs, selon l'expression d'ABRAMOVITZ, qu'une « mesure de notre ignorance ».

I.5.1.3 Le résidu

Un approfondissement de l'analyse économique a consisté à introduire le progrès technique comme facteur explicatif du résidu.43(*)

Ceci revient à ajouter au capital et au travail, un 3ème facteur de la production indépendant, puisque la production peut progresser même si des doses de travail et de capital utilisées restent constantes.

L'article fondateur de ce type d'analyse fut celui de SOLOW paru en 1957 qui analysait le doublement de la production par heure travaillée aux Etats-Unis sur la période 1909-1949. Ce doublement était attribué pour 90% au changement technique et pour 10% seulement à l'augmentation de l'usage du capital.

Du point de vue de l'analyse, il existe plusieurs possibilités pour prendre en compte le progrès technique :

Ø On peut considérer que l'intégration du progrès technique élève la seule productivité du travail et laisse constant le coefficient de capital. C'est la neutralité du progrès technique au sens de HARROD. La fonction de production devient :

A (t) étant le coefficient de l'évolution du progrès technique ;

Ø Q= f(L,A(t).K)

On peut estimer que l'intégration du progrès technique élève la seule productivité du capital et laisse inchangé le coefficient d'utilisation de la main d'oeuvre. C'est la neutralité du progrès technique au sens de SOLOW. La fonction de production devient :

Ø Q= A(t).f(L,K)

Enfin, on peut ajouter un 3ème facteur au travail et au capital, laissant inchangé le taux marginal de substitution entre capital et travail. C'est le progrès technique non incorporé aux facteurs.

La fonction de production s'écrit alors :

On peut écrire alors :

Le coefficient b apparaît comme la partie non expliquée du taux de croissance de l'économie.

I.5.1.4 Les déterminants de la croissance

On peut distinguer plusieurs types de déterminants de la croissance : richesse naturelle, environnement extérieur, population, innovation, investissement, connaissance, cohérence du développement. Les principales conclusions de Sala-i MARTIN, économiste espagnol de la croissance, confirme qu'il n'y a pas qu'un seul déterminant simple de la croissance économique.

Ce dernier avance par ailleurs que le niveau initial est la variable importante et la plus robuste, c'est-à-dire que dans la plupart des cas, plus un pays est riche, moins il croit vite. Cette hypothèse est connue sous le nom de convergence conditionnelle. Il considère également que la taille du gouvernement (administration, secteur public) n'a que peu d'importance, par contre la qualité du gouvernement a beaucoup d'importance. Les gouvernements qui causent l'hyperinflation, la distorsion du taux de change, des déficits excessifs ou une bureaucratie inefficace ont un très mauvais résultat. Il ajoute également que les économies plus ouvertes tendent à croître.

Enfin, l'efficience des institutions est très importante : des marchés efficients, la reconnaissance de la propriété privée et l'Etat de droit sont essentiels à la croissance économique. Il rejoint en cela la conclusion d'Hernando de Soto se fondant sur plusieurs indices de liberté économique. La revue sociale arrivait à la même conclusion et écrivait en 2003 que « le facteur le plus étroitement corrélés avec la prospérité, sont ceux qui garantissant un Etat de droit : droit de propriété, absence de corruption, système juridique efficace ».

L'histoire, notamment celle du 18ème siècle, semble quand même montrer que l'extension des libertés (liberté d'entreprendre, liberté de circulation des idées, des personnes et de leurs biens) est une condition de la croissance. Par exemple, il existe un certain nombre des cas où une population partageant les mêmes antécédents historiques, la même langue et les mêmes normes culturelles, a été divisé entre deux systèmes : l'un étant une économie de marché et l'autre une économie dirigée et centralisée (les deux Allemagnes, les deux Corée, la république populaire de Chine et le Taiwan).

Dans chaque cas, les zones ayant pratiqué l'économie du marché ont montré une bien meilleure performance. L'effondrement de l'URSS témoigne également des modèles économiques libéraux par rapport aux économies de type collectivistes.

I.5.2 Théories de la croissance

Les théories explicatives de la croissance sont relativement récentes dans l'histoire de la pensée économique. Ces théories ont conduit à mettre en avant le rôle primordial du progrès technique dans la croissance.

Sur le long terme ; seul le progrès technique est capable de rendre plus productive une économie (et donc de lui permettre de produire plus, c'est-à-dire d'avoir de la croissance). Toutefois, ces théories expliquent mal d'où provient ce progrès et en particulier en quoi il est lié au fonctionnement de l'économie.

I.5.2.1 L'école classique

Les économistes de l'école classique, écrivant pourtant au commencement de la révolution industrielle, pensaient qu'aucune croissance ne pouvait être durable, car toute production devrait, inexorablement, selon eux converger vers un état stationnaire.

C'est ainsi le cas de David RICARDO pour qui l'état stationnaire était le produit du rendement décroissant des terres cultivables ou encore Thomas MALTHUS qui le liait à son principe de population. Toutefois, Adam SMITH à travers son étude des effets de productivité induit par le développement de la division du travail, laissait entraîner la possibilité d'une croissance interrompue.

I.5.2.2 Schumpeter : l'innovation à l'origine de la croissance et ses cycles

A partir des travaux sur les cycles économiques de Kondratieff, Joseph SCHUMPETER a développé la première théorie de la croissance sur une longue période. Il pensait que l'innovation portée par les entreprises constituait la force motrice de la croissance. Il développa en particulier l'importance de l'entrepreneur dans les théories de l'évolution économique en 1913.

I.5.2.3 La croissance sur le fil du rasoir : Harrod et Domar

Après la seconde guerre mondiale, les économistes Harrod et Domar, influencé par Keynes, vont chercher à comprendre les conditions dans lesquelles une phase d'expansion peut être durable. Ainsi, s'il ne proposait pas à proprement parler une théorie de la croissance (expliquant son origine sur une longue période), le modèle de Harrod et Domar permet néanmoins de faire ressortir le caractère fortement instable de tout processus d'expansion.

En particulier, il montre que pour qu'une croissance soit équilibrée (c'est-à-dire que l'offre de production n'augmente ni moins - sous production- ni plus -surproduction- que la demande, il faut qu'elle respecte un taux précis) en fonction de l'épargne et du coefficient du capital (quantité de capital utilisé pour produire une unité) de l'économie. Or, il n'y a aucune raison que la croissance qui détend des décisions individuelles (en particulier des projets d'investissement des entrepreneurs), respecte ce taux. De plus si la croissance est inférieure à ce taux, elle va avoir tendance, non pas à le joindre mais à s'en éloigner davantage, diminuant progressivement (en raison du multiplicateur d'investissement).

La croissance est donc, selon une expression d'Harrod, toujours sur le fil du rasoir. Ce modèle, construit après guerre, et marquée par le pessimisme engendré par la crise de 1929, a toutefois été critiqué. Il suppose en effet que ni le taux d'épargne ; le coefficient de capital ne sont variables à court terme, ce qui n'est pas prouvé.

I.5.2.4 Le progrès technique comme résidu : modèle de Robert Solow

On considère généralement que le premier modèle macroéconomique de croissance est celui qu'a proposé Robert SOLOW sous le titre : « Une contribution à la théorie de la croissance économique »44(*) et qui lui a valu un prix Nobel d'économie. Ce modèle se fonde sur une fonction de production à deux facteurs : le travail et le capital. La production résulte donc exclusivement de la mise en combinaison d'une certaine quantité du capital (moyens de production) et de travail (main d'oeuvre).

Le modèle de Solow se fonde sur l'hypothèse que les facteurs de production connaissent un rendement décroissant, c'est-à-dire qu'une augmentation de ceux-ci dans une certaine proportion, engendre une augmentation dans une proportion plus faible de la production. Il pose également comme hypothèse que les facteurs de production sont utilisés de manières efficaces par tous les pays. En posant que la population connaît un taux de croissance que Solow qualifie de naturel (non influence par l'économie), le modèle déduit trois prédictions :

- Augmenter la quantité du capital (c'est-à-dire investir), augmente la croissance, avec un capital plus important, la main d'oeuvre augmente sa productivité (apparente) ;

- Les pays pauvre auront un taux de croissance élevé que les pays riches, ils ont en effet accumulé moins de capital et connaissent donc des rendements décroissants plus faibles, c'est-à-dire que toute augmentation de la production proportionnellement plus forte que dans les pays riches.

C'est la théorie de convergence de Solow que Bernard GUERRIEN45(*) explique en disant qu'à la longue, les économies vont vers les états similaires, quel que soit leur capital, le pays dans lequel celui-ci est plus faible rattrape les autres.

- En raison de rendement décroissant des facteurs de production, les économies vont atteindre un point où toute augmentation des facteurs de production n'engendrera plus l'augmentation de la production. Ce point correspond à l'état stationnaire. Solow note toutefois que cette troisième prédiction est irréaliste.

En effet, les économies n'atteignent jamais ce stade en raison du progrès technique qui accroît la productivité des facteurs. Autrement dit pour Solow, sur le long terme, la croissance provient du progrès technique. Toutefois, ce progrès technique est exogène du modèle, c'est-à-dire qu'il n'explique pas, mais le considère comme donnée (telle une manne tombée du ciel).

Somme toute, le modèle de Solow met en avant les interactions entre croissance du stock du capital et de la force du travail d'une part et du progrès technique d'autre part. Et il montre comment ces trois facteurs augmentent la production.46(*)

I.5.2.5 Progrès technique : les nouvelles théories de la croissance

Pour les théoriciens néoclassiques, rendre endogène le progrès technique, c'est le faire dépendre des variables du modèle, produit, capital, travail, etc47(*).

Les théoriciens récents cherchent précisément à rendre ces facteurs endogènes, c'est-à-dire à construire des modèles qui expliquent son apparition. Ces modèles ont étés développés à partir des années 1960, notamment par Paul ROMER et Robert BARRO. Ils se fondent sur l'hypothèse que la croissance génère par elle-même le progrès technique qui permet que ce rendement demeure constant. La croissance favorise l'accumulation du capital humain, c'est-à-dire les compétences possédées par la main d'oeuvre et dont dépend sa productivité.

En effet, plus la croissance est forte, plus il est possible d'accroître le niveau d'instruction de la main d'oeuvre en investissant notamment dans le système éducatif. D'une manière générale, la hausse du niveau d'éducation par des moyens publics ou privés est bénéfique.

Enfin, la croissance permet de financer des infrastructures publiques et privées qui stimulent la création des réseaux de communication efficaces favorisant par exemple l'activité productive.

La principale des conclusions de ces nouvelles théories est qu'alors même qu'elles donnent un poids important aux mécanismes du marché, elle en indique nettement les limites. Ainsi, il y a nécessité de créer des arrangements en dehors du marché concurrentiel. Ce qui peut expliquer une intervention de l'Etat dans la sphère économique. En particulier, ce retour de l'Etat se traduit par le fait qu'il est investi d'un triple rôle :

- encourager les innovations en créant un cadre apte à coordonner des externalités qui découlent de toute innovation, par exemple grâce à la protection qu'il offre aux innovateurs des brevets ;

- susciter celle-ci en investissant dans la recherche (notamment fondamentale et les infrastructures dont les externalités dépassent les profits que peuvent en attendre les acteurs privés) ;

- améliorer le capital humain en investissant dans le système éducatif. D'une manière générale, c'est le rôle des politiques structurelles de l'Etat, en particulier les investissements dans le capital public qui est ainsi souligné. Ces modèles sont toutefois frustrés en ce qu'il n'explique pas les mécanismes précis qui font que la croissance économique stimule le progrès technique. En particulier chacun des modèles de ces théories ne s'attachent qu'à un seul mécanisme liant progrès technique et croissance. Comme le note GUELLEC et RALE « le modèle général recouvrant l'ensemble des formes du progrès technique est sans doute trop complexe pour être élaboré, ce qui limite la portée des résultats obtenus puisque les interactions entre plusieurs formes existantes sont ignorées. »48(*)

I.5.3 Conséquences de la croissance

La production économique engendre dans certain cas des perturbations dans les équilibres écologiques. Augmenter la production des biens matériels ou des transports (pour répondre à l'accroissement démographique) peut aggraver ces perturbations. Le réchauffement climatique amène l'ensemble des économies du monde à prendre en compte leurs émissions de gaz à effet de serre et à rechercher au maximum une croissance propre.

Les critiques de la croissance insistent, enfin sur les déséquilibres qui peuvent naître de la croissance : bouleversement sociologique, politique et écologique. Ainsi, les exodes ruraux ou les nouveaux moyens de transport ont entraîné un exode rural et des transformations urbanistiques majeurs qui changent durablement les rapports sociaux. De plus, certaines critiques considèrent que la croissance, surtout à une minorité qui tire profit de cette augmentation de productivité, alors que la majorité subit cette transformation de façon souvent traumatique (car les impacts sur l'environnement socio familial peuvent être dramatiques à certains cas) et ne tire aucun bénéfice ni en niveau de vie encore moins en qualité de vie de la croissance économique.49(*)

I.5.4 La croissance et le développement

La relation qui existe entre la croissance et le développement est de cause à effet. Si l'on peut mesurer la croissance économique grâce à un indicateur synthétique tel que le PIB, celui-ci ne rend compte cependant que d'un aspect de la croissance : l'accroissement des quantités produites. Or dans le processus de la croissance, bien de transformation s'opèrent. C'est l'ensemble de ces transformations que l'on englobe sous le terme de développement.50(*)En voici quelques-unes : la structure de la population, la structure sociale, la structure de consommation.

En bref, il y a croissance sans développement, mais tout développement implique la croissance, c'est-à-dire le concept développement semble donc compléter une approche purement quantitative en termes de croissance.

Chapitre II :

POTENTIALITES ATTRACTIVES DE LA RDC

Dans ce chapitre, il est question de présenter les théories relatives à la politique d`attractivité pour les investisseurs étrangers en vue de venir investir en RDC à cause de toutes ses ressources (naturelles, minières, agricoles, humaines, etc.) ainsi que la présentation de la croissance économique théorique pour lq RDC.

Il se terminera par un ensemble d`obstacles pouvant freiner les entrées des investisseurs étrangers de venir investir au pays concerné par l'étude.

II.1 POLITIQUE D'ATTRACTIVITES

On peut définir l'attractivité des IDE comme un ensemble des politiques économiques, fiscales, douanières et institutionnelles que les autorités ont élaboré afin de rendre le territoire national attractif aux yeux des investisseurs. Ces politiques tiennent comptent des conventions internationales entre Etats, et respectent les principales clauses commerciales internationales en vigueur dans le monde. Elles ont été élaborées de manière à respecter les chartes des investissements en Afrique.

L'attractivité des investissements étrangers, surtout sous forme d'IDE, nécessite une reforme urgente du système d'imposition, plus spécialement de l'imposition des revenus (système de l'IGR). Ce dernier doit être revu à la baisse, afin d'accroître la consommation et l'épargne des couches moyennes, d'encourager les entreprises à ne pas recourir au secteur informel, d'encourager les entreprises à éviter l'évasion fiscale, d'encourager les IDE à opter pour la RDC.51(*)

Investir à l'étranger est alors une action de la précision. Le choix de la cible doit être mûrement réfléchi...

Viser la RDC en investissement revient à donner les moyens d'optimiser les investissements. Les raisons 52(*) en sont nombreuses, mais peuvent être synthétisées en 8, notamment que la RDC :

- reste le vaste marché au coeur de l'Afrique ;

- est un pays béni des dieux, terre aux multiples opportunités ;

- possède une main d'oeuvre abondante, qualifiée et à bon marché ;

- possède une conjoncture économique remplie de promesses : une économie en pleine expansion ;

- possède un environnement des affaires sécurisant et prometteur ;

- a des incitations pour le succès en matières des projets d'investissements liés aux avantages douaniers et fiscaux ;

- a un seul guichet unique en matière d'investissement qui est l'ANAPI restant le seul partenaire dévoué au service des investisseurs. Elle est appelée à leur apporter des assistances sous diverses formes, tant avant, pendant, qu'après l'agrément.

Ces 8 raisons d'investir en RDC attirent les investisseurs par le fait que la RDC est située en plein centre de l'Afrique et s'impose de part sa superficie de 2.345.000 Km² comme l'un des géants pays du continent africain,

· Son étendue territoriale et sa démographie n'ont aucune commune mesure avec ses neuf voisins avec lesquels elle partage 9.195 Km de frontière, à savoir : l'Enclave de Cabinda (7.270 Km²) et la République du Congo (342.000 Km²) à l'Ouest ;

· l'Ouganda (241.040 Km²), le Burundi (27.834 Km²), le Rwanda (26.340 Km²) et la Tanzanie (942.799 Km²) à l'Est ;

· la République Centrafricaine (622.436 Km²) et le Soudan (2.503.890 Km²) au Nord ;

II.1.1 Les codes d'investissements52(*)

La RDC est divisée à 11 provinces, y compris Kinshasa, la capitale politique et Administrative. Ces 11 provinces, selon le code d'investissement, sont réparties en trois régions économiques et sont classées en fonction de leur degré de développement économique et de divers sinistres subis. Ainsi, on a :

- la Région économique A composée par la ville de Kinshasa ;

- la Région économique B composée par la province de Bas-Congo, la Ville de Lubumbashi, la ville de Likasi, la ville de Kolwezi.

- la Région économique C composée par les provinces de (du) Bandundu, Equateur, Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental, Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Province Orientale, Katanga.

Tous les investisseurs nationaux et étrangers exerçant une activité licite, agréés ou non, bénéficient de l'ensemble de garanties générales. Ces investissements directs, nationaux et étrangers, réalisés en RDC dans les secteurs qui ne sont pas expressément réservés à l'Etat.

Les investissements admissibles en RDC sont ceux respectant les conditions ci après :

- être une entité économique de droit congolais ;

- porter sur un montant minimum équivalent à 200000$ américains ;

- s'engager à respecter la réglementation en matière de protection de l'environnement et de la conservation de la nature ;

- Garantir un taux de valeur ajoutée égal ou supérieur à 35%.

Ainsi, ils bénéficieront des avantages y afférentes pour une durée de :

· 3 ans lorsqu'ils sont réalisés dans la région économique A ;

· 4 ans lorsqu'ils sont réalisés dans la région économique B ;

· 5 ans lorsqu'ils sont réalisés dans la région économique C.

A l'exclusion de la redevance administrative, les investissements d'utilité bénéficient de l'exonération totale des droits et taxes à l'importation pour les machines, l'outillage et les matériels neufs, les pièces de ré-change de première dotation ne dépassant pas 10% de la valeur CIF desdits équipements a près présentation de leurs demandes approuvées par l'ANAPI qui est un organisme constituant un guichet unique en matière d'investissement publics en RDC dont la compétence, la mission l'organisation et le fonctionnement sont déterminés par le décret du président de la République. Elle est chargée d'une part, de recevoir des projets à agréer, de les instruire et de décider de l'agrément, et d'autre part, d'assurer la promotion des investisseurs tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger.

C'est ainsi que tout investisseur, souhaitant bénéficier des avantages est tenu de déposer un dossier de demande d'agrément en un exemplaire.

II.1.2 Les politiques économiques

Dans la foulée de la nouvelle politique économique du Gouvernement, le pays s'est doté depuis 2002 d'un nouveau Code des Investissements destiné à favoriser et à sécuriser les investissements, ainsi que d'autres textes légaux dont l'esprit est de favoriser le développement des affaires.

Le processus démocratique engagé pendant la Transition vient de connaître un aboutissement heureux avec l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes à tous les échelons pour la gestion du pays par les leaders démocratiquement élus (Président de la République, Députés Nationaux et Provinciaux, Sénateurs, Gouverneurs de Provinces, etc). La stabilité politique qui en résulte augure un avenir prometteur particulièrement en matière d'investissement.

Démocratiquement élu au suffrage universel direct, le Président de la République s'est engagé avec tout le Gouvernement à réaliser les cinq chantiers prioritaires annoncés, à savoir les infrastructures, la création des emplois, le logement, l'eau et l'électricité ainsi que les secteurs sociaux représentés par l'éducation et la santé. La RDC est donc prête à répondre à 5 sur 5 aux sollicitations des investisseurs nationaux et internationaux. Le pays s'est doté des structures d'appui solides pour les recevoir, les accompagner et les aider à y réaliser des affaires florissantes.

Il en reste plus qu'à aller en masse pour investir en République Démocratique du Congo, pays aux multiples potentialités, terre d'investissements.

Le Code des Investissements instaure l'égalité absolue de traitement entre tous les investisseurs nationaux et étrangers et simplifie par ailleurs la procédure d'agrément (30 jours), qui aboutit à l'octroi des avantages douaniers et fiscaux.

Les investissements réalisés en RDC sont sécurisés par plusieurs mécanismes prévus aussi bien par la Constitution que les lois particulières du pays. Il s'agit notamment de :

- la création d'un Guichet Unique en matière d'investissement : l'ANAPI.

- l'exclusion de la nationalisation et de l'expropriation ;

- la liberté de transfert à l'étranger des dividendes et autres revenus générés par les investissements ;

- l'interdiction de retrait par une disposition postérieure des garanties et avantages accordés par les Codes des Investissements, minier et autres ;

- le règlement des litiges suivant la convention CIRDI (Centre International de Règlement des Différends relatifs aux investissements), siégeant à Washington City ;

- la mise en place des tribunaux de commerce et des tribunaux de travail, au sein desquels siègent les représentants des hommes d'affaires.

Il y a aussi :

· l'adhésion de la RDC à la MIGA (branche de la Banque Mondiale) spécialisée dans l'assurance contre les risques politiques et autres risques non commerciaux, et bientôt à l'OHADA (Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique) ;

· l'adoption de plusieurs conventions bilatérales sur la protection et la promotion réciproques des investissements entre la RDC et des pays amis.

Ainsi, on peut affirmer que la RDC possède un environnement des affaires sécurisant et prometteur car elle commence à préparer son avenir.

II.1.3 Les politiques monétaires

Une conjoncture économique remplie de promesses : une économie en pleine expansion. A la faveur de l'option du libéralisme économique et d'importantes mesures consécutives prises par le Gouvernement, l'économie congolaise s'est engagée, depuis 2001, sur la voie de la stabilité et de la croissance. L'adoption d'un régime de change flottant, la réduction des taux de la fiscalité intérieure, la reprise de la coopération avec les institutions internationales, la libéralisation des secteurs minier, forestier et pétrolier ainsi que la promulgation de nouveaux Codes (des Investissements, Minier, Forestier, du Travail), constituent autant de dispositifs destinés à assurer la liberté du commerce et de l'industrie et la stricte protection du droit de propriété privée. Il s'en est suivi une notable évolution de la situation économique déclenchant l'éclosion des affaires au pays.

Le taux de croissance s'est chiffré à 5,8% en 2003 (contre 3,5% en 2002), 6,6% en 2004, 6,5% en 2005 et 7% en 2006.

L'hyper-inflation a été maîtrisée, le taux d'inflation ayant été ramené de 511,2% à 135,1% en 2001, 15,8% en 2002, 4,4% en 2003, 9,2% en 2004, 21,3% en 2005 et 18% en 2006. Le taux de change de la monnaie affiche dès lors une remarquable stabilité, qui contraste avec la situation du passé. Du coup, le pays est perçu de plus en plus comme l'une des meilleures destinations des investissements en Afrique, et où l'on rencontre de grandes firmes multinationales en activités.

Dans ce contexte nouveau, propice au développement des affaires, l'ANAPI a enregistré en 2003, 112 projets d'investissement (coût : 2.461.106.092 USD, devant créer 15.003 emplois), en 2004, 114 projets (coût : 2.247.161.548 USD, 17.647 emplois à créer), en 2005, 104 projets (coût : 835.554.485 USD, devant créer 12.472 emplois), et en 2006, 96 projets (coût : 1.782.497.681 USD, emplois à créer : 9.448). Au total, de 2003 à 2006, l'ANAPI a attracté 426 projets d'investissements, d'une valeur globale de 7.326.319.806 USD, devant générer 54.570 emplois.53(*)

La politique monétaire de la RDC demeure prudente et vise principalement la stabilité des prix dans le cadre d'un régime de change flottant et des préservations tant de la positivité que la flexibilité du taux d'intérêt. Le gouvernement congolais doit continuer d'appuyer l'indépendance de la BCC, seule responsable de la politique monétaire.54(*)

On affirme que la RDC a en présent une conjoncture économique remplie de promesses : une économie en pleine expansion.

II.1.4 Les infrastructures

La RDC possède une infrastructure très diversifiée, entre autres :

II.1.4.1 Les transports et voies de communication

- le transport par route ;

- les transports ferroviaires ;

- les transports fluviaux ;

- les transports maritimes ;

- les transports aériens.

On peut en outre observer qu'il y a des compagnies nationales et celles étrangères assurant ces transports.

Les lignes des organismes transporteurs sont les voies principales de la circulation des biens et des personnes, du commerce intérieur et extérieur.

Dans l'activité de ces lignes, l'ONATRA, la SNCC, détiennent les principaux maillons et font ainsi circuler dans le pays les biens produits sur son sous sol.

L'Office des routes pour sa part s'est vue attribuer un quadruple objectifs : l'entretien, l'aménagement, la modernisation et la préparation des programmes des travaux routiers et construction des routes.

Le pays est aussi asservi par des sociétés, compagnies et agences aériennes et maritimes étrangères comme HEWA BORA, ECHOFLIGHT, MANGOMATE, KAVATSI, etc.

La RDC possède deux grands ports maritimes situés sur l'estuaire du fleuve Congo : Boma et Matadi. Ces ports reçoivent les longs courriers (grands bateaux de mer) et des caboteurs (bateaux plus petits navigant à faible distance des côtes).55(*)

Le seul port de Matadi accueille environ 400 bateaux par an pour le déchargement de près de 1 million de tonnes des marchandises et le chargement d'un peu de 600 milles tonnes pour l'exportation.

Notons que les navires pétroliers accostent à Ango Ango, d'où de gros tuyaux (pipeline) amènent le liquide à Kinshasa dans de très grands réservoirs.

II.1.4.2 Les chemins de fer

a. Les grands axes économiques qui aboutissent à l'océan atlantique et l'océan Indien ; Lubumbashi-Matadi (via Ilebo). Seuls les tronçons Lubumbashi-Ilebo et Kinshasa-Matadi sont achevés. A Ilebo, les marchandises reprennent la voie fluviale puis le chemin de fer Kinshasa-Matadi.

Cette voie est la seule qui se trouve entièrement sur le territoire national.

Lubumbashi-Lobito (Angola). Cette voie a été fermée en Angola dépuis 1975.

Lubumbashi-Dar -Es-Salam sur l'Océan Indien par le lac Tanganyika.

Lubumbashi-Beira (Mozambique)- le cap (Afrique du Sud)

II.1.4.2 Les Chemins de fer complétant le réseau fluvial.

- Là où le réseau fluvial est interrompu par les chutes et rapides, des voies ferrées viennent le compléter : Kinshasa-Matadi, Kisangani-Ubundu, Kindu-Kongolo.

- Le chemin de fer partant de Mungbere et de Bondo reliele Nord agricole de la région de la province orientale à Bumba par Aketi.

Signalons encore deux lignes d'intérêt strictement local qui ont été : Boma-Tshela (exploitation forestière et agricole) supprimée en 1987 et Uvira-Kamanyola. L'ensemble des voies ferrées de la RDC couvre actuellement 5300km.

II.1.4.3 Poste et télécommunication 56(*)

Le département des postes télécommunication compte un grand nombre des fonctionnaires. Plus de 3000000 téléphones sont branchés sur le réseau public du pays.

Les communications inter villes se font par câble-radio. Il existait en 1990 deux stations de radio à Kinshasa et 208 stations à l'intérieur rien que pour les services publics.

Dans le domaine de la radio, on a créé des studios d'émission à Kinshasa et dans différentes régions pour l'émission de nouvelles, de musique.

La télévision a été inaugurée à Kinshasa en 1967 et la RDC dispose d'un réseau exceptionnel des stations terriennes qui permettent de capter cette télévision dans la plupart de grandes villes du pays.

En présent, plusieurs radios et télévisions sont éparpillées dans toute la République. Nous pouvons citées quelques unes très connues : RTNC, RAGA FM Et RAGA TV, OKAPI, RTGA, LA COLOMBE FM, DIGITAL CONGO, ...

II.1.5 Ressources naturelles

La RDC recèle en son sous sol des richesses naturelles d'une abondance et d'une variété inouïe, qui font d'elle un véritable « scandale géologique ». Elle constitue l'un des atouts majeurs du pays, car elle représente, à elle seule, en effet, plus de 45% de l'ensemble de la forêt équatoriale du continent, et renferme des essences fort recherchées telles que le limba (qui sert à la fabrication des meubles et de contres-plaqués), le teck (bois qui ne pourrit pas, est utilisé dans la fabrication des bateaux). D'autres bois sont notamment : afromosia, ébène, wenge, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki,...). Dans les régions de savane, on exploite surtout l'acacia et le samba.

La grande forêt équatoriale de la cuvette centrale couvre plus d'un million de kilomètre carré. La Mayumbe a jadis fourni la plus grande partie des exportations de bois, mais il ne dispose plus aujourd'hui de réserves exploitables. L'exploitation forestière reste par contre active à Nioki près de Kutu dans le Mai-Ndombe. Mais la société importante est la Siforzal, qui achémine à Kinshasa par voie fluviale des grumes provenant de l'Equateur et de la Province Orientale.

Dans les parcs nationaux, la coupe de bois est interdite. Ailleurs, le reboisement est un souci des autorités, car les forêts peuvent être épuisées en quelques années. Le feu de brousse est le grand ennemi des reboisements.57(*) La forêt constitue l'un des atouts majeurs du pays, car elle représente, à elle seule, en effet, plus de 45% de l'ensemble de la forêt équatoriale du continent, et renferme des essences fort recherchées (afromosia, ébène, wenge, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki,...).

Le pays est doté de plusieurs parcs et réserves naturelles abritant des espèces aussi rares que diverses telles que l'okapi, l'hippopotame blanc, le bonobo, qui font l'objet d'une grande attraction touristique.

Il est baigné par des fleuves, des rivières et des lacs offrant des vues imprenables et des paysages paradisiaques d'où émergent des volcans en activité ou éteints.

On peut y pratiquer toutes sortes de tourismes : balnéaire (sur la côte atlantique et au lac Munkamba), d'évasion (le long des fleuves et au travers des paysages multicolores), culturel (plus de 400 ethnies et langues traditionnelles), cynégétique, historique, sportif, etc.

Long d'environ 2.900 Km, le Fleuve Congo qui traverse le pays de part en part possède le débit le plus régulier et le plus puissant au monde (40.000 m3/seconde) après l'Amazone. Le potentiel énergétique de la RDC est essentiellement constitué d'importantes ressources hydroélectriques estimées à 774.000.000 Mwh, soit environ 100.000 Mw de puissance exploitable, dont plus de 44 % (soit 44.000 Mw) sont concentrés au seul site d'Inga.

Pendant que l'Afrique et le monde connaissent actuellement une crise énergétique sans pareille, la RDC peut produire de l'électricité en abondance, et il est prévu des grandes autoroutes d'électricité devant relier, à partir du pays (RDC), l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique Australe, l'Afrique du Nord et même l'Europe. Ainsi, la RDC possède un potentiel hydroélectrique du monde (370 000 000 000 Kw) suivi par celui de Timpa en Chine (240 000 000 000Kw).

L'essentiel de l'équipement énergétique comprend une trentaine des centrales disséminées dans presque toutes les régions et la ligne à très haute tension demeure INGA-SHABA.

Le réseau des centrales hydroélectriques occupe principalement les zones minières. Le Bas Congo et le Shaba sont les régions les plus équipées. Le Kasaï Oriental est doté de deux centrales mais le Kasaï Occidental et l'Equateur n'en ont qu'une.

La SNEL, Société Nationale d'Electricité, créée en 1970 est le plus gros producteur et fournisseur d'énergie électrique. Elle propriétaire de toutes les grandes centrales hydroélectriques et thermiques du pays. Elle détient 95% de l puissance installée en RDC.

Notre pays est couvert d'un vaste réseau de centrales hydroélectriques qui fournissent l'électricité nécessaire à l'éclairage et surtout aux exploitations minières et industrielles.

Le potentiel hydraulique de la RDC est fort impressionnant avec un bassin hydrographique de 3.680.000 Km², qui fait du pays l'une des plus grandes réserves d'eau douce du monde.

Notons que le Congo est dotée de sources d'énergie variées, mais d'inégale valeur :

1. Bois de chauffage et charbon de bois ;

2. produits pétroliers ;

3. houille (charbon) à Luena et Lukuga (Shaba) ;

4. le gaz méthane (Lac Kivu) ; les schites bitumeux (Kisangani) ; l'uranium à Shingolobwe Shaba) n'est pas exploité.

A part l'hydroélectricité, la RDC possède une hydrographie ayant des fleuves, des rivières et des lacs offrant des vues imprenables et des paysages paradisiaques d'où émergent des volcans en activité ou éteints. Ces fleuves et rivières sont entrecoupés de nombreux rapides et chutes. Ces derniers peuvent être captés pour faire tourner des turbines :

· Zongo à l'embouchure de l'Inkisi (Kisantu) ;

· La Lufira (Shaba) ;

· La Tshopo (Kisangani) ;

· La Ruzizi à Bukavu.

En d'autres endroits, l'eau de rivière est amenée dans une vallée encaissée où on l'on établit un barrage pour obtenir une chute artificielle qui fera tourner les turbines.

En fin, à défaut des chutes naturelles ou artificielles, l'on produit du courant électrique à l'aide d'un moteur Diesel.

II.1.6 Ressources minières

A côté de ses productions agricoles et forestières, le Congo (RDC) possède encore des exploitations minières très importantes. Le minerai est la forme brute et naturelle sous laquelle se trouvent les métaux dans le sol et le sous-sol. On distingue ainsi des mines à ciel ouvert (quand le minerai se trouve à faible profondeur) et des minerais souterraines.

Son secteur minier présente une extrême variété de minerais (bauxite, charbon, colombo tantalite (coltan), cuivre, cobalt, diamant, étain, fer, gaz méthane, manganèse, or, pétrole, schistes bitumeux, etc) - face à une demande mondiale qui a explosé (cas de la demande chinoise) - et qui n'attendent que leur exploitation.

La RDC est en effet le premier producteur mondial du cobalt et de diamant ; le quatrième producteur de cuivre et d'étain.

Les régions les plus au point de vue minier sont :

- le talus oriental du plateau des Grands Lacs.

- Le Shaba.

Le grand avantage des gisements miniers du Shaba pour l'exploitation industrielle contemporaine est de contenir, en plus du cuivre, du cobalt, de l'argent, de l'uranium, du plomb, du zinc et d'autres métaux.

L'extraction, le traitement et l'exportation des minerais sont assurés par des sociétés sous contrôle de l'Etat ou à économie mixte. La Gécamines (Sociétés Générales des Carrières et des Mines) occupe une place importante et particulière dans l'économie congolaise et exploite le cuivre et le cobalt, zaïre étain (50% Etat et 50% Géomines Belge, exploite la cassitérite. Son importance dépend de cours de cuivre et des autres produits miniers. Mais elle a parfois assuré à l'Etat 70% de ses recettes d'exportation en devises et 50% de ses recttes budgétaires (droits à l'exportation et taxe). En dehors de cette institution, il existe l'Office des mines de Kilo Moto une société d'Etat) et assure l'extraction de l'or ; la Société congolaise MIBA exploite le diamant.

Le pays ne compte pas seulement une industrie minière, les grandes villes comptent aussi des industries alimentaire, textile, chimique, cde montage (chanimetal) et des chantiers navals. L'industrie des télécommunications sans fil était d'abord sous le monopole de la compagnie Télécel. Depuis la libéralisation, elle se partage entre des sociétés comme Starcel Congo, Vodacom, Celtel, SAIT Telecom (Oasis), Congo Chine Télécoms, Sogetel, Supercell, Tigo etc.

II.1.7 Agriculture

Pour vivre en RDC, beaucoup de familles font leur petit champ. Dans ce champ, on y trouve du manioc, du riz, de maïs, des arachides, des légumes et des arbres fruitiers. Ces cultures servent à nourrir la famille, donc à faire vivre la population congolaise ; ce sont des cultures vivrières. Le petit agriculteur ne cherche qu'à pourvoir à ses besoins et à ceux des siens.

Près des grands centres surtout, les agriculteurs font de grands champs afin de ravitailler les citadins en manioc, bananes, arachides, légumes, etc.

Le sol étant généralement pauvre, seuls les endroits humides ou irrégulièrement irrigués permettent une culture intensive.

L'aliment de base est suivant les régions : les tubercules, les céréales, les haricots ou les bananes. S'y ajoutent fruits, légumes et épices.

L'huile de palme, de sésame ou d'arachide sert à la préparation des aliments. Les épices les plus répandus sont les : piment, poivre, noix de muscade et cenelle.

Les tubercules ou racines sont principalement le manioc, la patate douce et l'igname :

- le manioc constitue la base de l'alimentation de la plus grande partie de la population. On le rencontre surtout au Bas-Congo et dans les régions de for$et et de savane.

- La patate douce est cultivée un peu partout en RDC. La culture de l'igname tend à disparaître.

En ce qui concerne les céréales, les plus répandues restent :

- le riz, base de l'alimentation de plus de la moitié du genre humain, demande un climat chaud et beaucoup d'humidité. On le cultive surtout dans les vallées du Lomami, de l'Itimbiri et des Uélé, dans la cuvette et dans les régions du Maniema et de Bumba.

- Le sorgho et le millet sont cultivés dans le Maniema, l'Uelé, l'Ituri et le Tanganyika ; mais ces cultures sont fort peu importantes.

- Le maïs a une place importante dans l'alimentation, spécialement au Shaba et dans les deux Kasaï. Il est aussi cultivé dans les savanes du nord-est du pays et sur des terres défrichées dans la forêt. Une partie de la production est utilisée pour la fabrication de la bière.

Les autres cultures vivrières telles que :

- la culture des légumes s'est fortement développée autour des villes, Bas-Congo et au Kivu.

- Les plantations d'arbres fruitiers ont également été développées pour approvisionnement les marchés des villes.

- Le soja qui a le double avantage donner une graine très riche en éléments nutritifs et d'enrichir le sol où on les cultive. La graine peut être transformée en farine, qu'on peut mêler à celle de manioc ou de maïs et qui sert à la préparation de biscuits. Elle peut aussi âtre pressé pour donner un lait nourrissant. Sa culture est en expansion.

D'autres cultures sont des cultures industrielles : le palmier à huile, le caféier (arabica ou café de montagne et le robusta ou café de la cuvette centrale), le cacaoyer, la canne à sucre, le thé, le tabac, le coton, les fibres naturelles, sisal, caoutchouc, quinquina, pyrèthre.58(*)

Toutes ces théories agricoles montrent que la RDC possède un sol riche en différentes cultures. Nous constatons près de 60% de sa population habitent les zones rurales et vivent de l'agriculture traditionnelle, de la chasse et de la pêche.

II.1.8 Ressources Humaines

La RDC est l'un des pays les plus peuplés de l'Afrique, avec environ 60 millions d'habitants dont sa main d'oeuvre abondante, qualifiée et à bon marché. C'est là un atout considérable pour les affaires, ces 60 millions de consommateurs constituant un vaste marché vers lequel doivent converger les producteurs.

Plus de la moitié de la population congolaise se situe dans la tranche d'âge de 15 à 65 ans, et exerce une activité procurant un revenu.

Les Congolais sont très entreprenants dans les affaires ; on les trouve presque partout dans les grandes places d'affaires du monde, que ce soit à Londres, à Paris, à Hong Kong, à Dubaï, en Chine, en Thaïlande, à Anvers ou à Johannesbourg.

La qualification de la main d'oeuvre congolaise est éprouvée : toutes les sociétés installées en RDC reconnaissent sans complaisance la compétence des cadres congolais formés par des universités aussi bien locales qu'étrangères dans divers domaines. Les universités et les instituts supérieurs locaux déversent chaque année des milliers des jeunes diplômés de diverses qualifications.

Ainsi la RDC possède une main d'oeuvre abondante, qualifiée et à bon marché

Malgré ces 8 raisons évoquées ci haut, la RDC est classée parmi les pays les plus pauvres du monde, 167ème sur 175 pays d'après le dernier rapport sur le développement humain du PNUD. En effet, selon les indicateurs socio économiques, 80% de la population totale vit en dessous du seuil de la pauvreté.

II.2 SITUATION MACRO-ECONOMIQUE DE LA RDC

Dans cette partie, il convient de présenter en quelques lignes un aspect général de l'économie de la RDC.

II.2.1 La croissance économique en RDC59(*)

On peut ressortir quatre cycles conjoncturels majeurs depuis 1967. Le premier cycle s'étend sur la tranche 1967 à 1974 avec un taux de croissance moyen de 7%, le deuxième cycle va de 1975 à 1982 caractérisé par un taux de croissance moyen de -1,9%; la troisième période s'étend de 1983 à 1990. Celle-ci est marquée par l'ajustement structurel. Enfin vient la période qui va de 1991 à 2000 dont le taux de croissance moyen atteint -6,7%.

II.2.1.1 La période 1967 - 1974

Cette période se caractérise par une expansion de l'ordre de 7% en moyenne comme la plupart des pays africains, cette croissance est tirée par le cours favorables des matières premières notamment le cuivre, le cobalt, le diamant et d'autres produits des bases (produits agricoles) dont le pavs est tributaire.

La dépendance extérieure prédispose la RDC aux soubresauts du marché mondial. Il n'est donc pas un hasard que ces années aient été soutenues par une bonne tenue du cuivre sur le marché mondial et d'autant plus que l'économie est concentrée sur plus particulièrement du cuivre duquel vient plus de 60% des recettes d'exportation.

II.2.1.2 La période 1975 - 1982

A défaut d'ajustement de politiques économiques pour remédier à la détérioration des termes de l'échange, la conjugaison de la chute des cours de cuivre et le renchérissement du prix de pétrole va provoquer des déséquilibres successifs des balances de paiements. Des déficits budgétaires prennent place et seront financés par une forte expansion du crédit intérieur suivie d'un endettement extérieur.

Ces déficits et surtout leur mode de financement vont alimenter le processus inflationniste. Le PIB diminue sensiblement.

II.2.1.2 Les périodes 1983 ~ 1990 et 1991 - 2000

Si la présence du Fonds Monétaire Internationale et de la Banque Mondiale était perceptible depuis la fin des années 70% en RDC. C'est effectivement en 1983 que les programmes d'ajustement structurel furent appliqués afin d'infléchir positivement la tendance de l'économie congolaise. Durant cette période, on observe une modicité de la croissance due au corset relativement strict des mesures de redressement imposées à l'économie congolaise.

Mais comme la croissance observée durant cette période résulte des mesures dictées par l'environnement extérieur sans bénéficier d'une adhésion sincère émanent de l'intérieur, elle ne pouvait que calmer provisoirement la situation. C'est ainsi que rapidement en 1991 l'économie plonge dans une phase plus sombre que certains auteurs qualifient de déglingue économique.

L'année 1991 marque en effet le début d'une chute spectaculaire du PIB. Celui-ci décroît de l'ordre de -6% en moyenne entre 1991 et 2000.

II.2.2 La situation économique actuelle du pays60(*)

La dégradation de la situation économique de la RDC a été régulière depuis les années 1980. La détérioration a été si forte que le PIB s'est contracté de 5,5% en moyenne annuelle entre 1997 et 2000. Avec un taux de croissance réel de 3,3% en 2002, le pays renoue pour la première fois avec un taux positif, après des nombreuses années de déclin. Cette nouvelle tendance devra se confirmer en 2003 avec un taux de croissance projeté à 2.4%.

La légère contraction de la production en 2003 s'expliquerait par un faible taux d'exécution des dépenses d'investissements publics dû à des retards dans le décaissement des ressources extérieures et des difficultés de mobilisation de ressources financières intérieures au niveau du système bancaire. Ce phénomène avait déjà été observé en 2000 au moment où les investissements bruts avaient baissé de 4,5%. Mais une autre raison forte qui explique cette contradiction est le problème des approvisionnements en intrants, et surtout aux effets de la guerre. Tous les secteurs économiques ont été atteints par ces deux facteurs dont les effets se sont sentis par l'ampleur des distorsions au niveau tant de l'offre que de la demande. Avec l'arrêt de plusieurs activités, à part l'extraction clandestine de quelques pierres précieuses, la production qui devrait porter la croissance n'a pas joué ce rôle. De ce fait, les possibilités de réalisation des revenus par les ménages ont été fortement limitées ; ce qui a contribué à une généralisation de la pauvreté monétaire sur tout le territoire. Le PIB par habitant de la RDC n'a pas dépassé les 90 dollars US depuis de nombreuses années, et aux prix de 1995, il serait en moyenne de 70 dollars.

II.2.3 Les indicateurs sociaux

II.2.3.1. La pauvreté en RDC

D'après les données de la Banque Mondiale, le revenu journalier par tête d'habitant a dégringolé de 1,31 $ en 1973 à 0,91 $ en 1994 et à 0,30 en 1998. Cette évolution est le reflet de l'état de pauvreté généralisée dans le pays. Ainsi, près de 80% des 55 millions d'habitants mènent une vie en dessous de celle acceptée par l'humanité, c'est-à-dire avec 0,20 dollars américains, soit le cinquième de ce qui est universellement retenu comme seuil journalier de pauvreté.

II.2.3.2 La santé

Les armes qui crépitent depuis des années en RDC n'ont pas seulement endeuillé plusieurs millions de personnes mais elles ont détruit les infrastructures physiques et ont poussé l'Etat congolais à abandonner la plupart des installations sanitaires. Il est actuellement estimé que près de 37% de la population n'a pas accès aux soins médicaux. Le taux de mortalité est très élevé dans les zones rurales et périurbaines où la population vulnérable est la plus touchée, notamment les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de cinq ans.

II.2.3.2 L'éducation

La guerre qui dure depuis près de six ans a détérioré toutes les infrastructures scolaires du pays. Elle a aussi démotivé les enseignants et a ainsi fait chuter le niveau de l'éducation sur toute l'étendue du territoire. Selon les données du FMI, le pourcentage des enfants en âge d'aller à l'école (six ans) a régressé, passant de 22,5% en 1995 à 13,9% en 2001. Le taux d'alphabétisation varie d'une province à une autre et d'un genre à un autre. Ce taux a décru de 67.3% en 1995 à 65,3% en 2001.

En somme, la RDC n'a pas, contrairement à d'autres pays, augmenté sa richesse en bien et services. En effet à partir de 1975, le niveau de production diminue chaque année et quand il augmente en 1983 par exemple, il ne dépasse jamais +2,7% annuellement pendant que le taux d'accroissement naturel de sa population est de plus de 3%.

II.3 LES OBSTACLES A L'ENTREE DES IDE EN RDC

La RDC est l'un des pays où se posent de sérieux problèmes en matière de corruption, instabilité politique et gouvernementale, la non-transparence institutionnelle, le paiement ou la modification de la dette souveraine, les guerres et autres coups d'Etat sont des situations qui nuisent à l'environnement des affaires et par conséquent réduisent les entrées d'IDE. Ces changements peuvent compromettre des bénéfices d'exploitation comme la valeur des capitaux. Ainsi, le risque dans ce pays est multidimensionnel et omniprésent dans l'ensemble des transactions économiques internationales.

C'est pourquoi toutes ces théories présentées ci-dessus confirment les problèmes pour l'entrée des IDE dans ce pays.

II.3.1 Instabilité Politique

D'une manière générale, il existe une certaine unanimité quant au rôle des institutions sur l'attractivité des IDE dans les PED. La littérature fait ressortir quelques aspects prédominants : la qualité des institutions, le climat des Investissements (réformes), la corruption, le risque politique, et la bonne gouvernance.

Nous pensons avec LUCAS que l'instabilité politique est une préoccupation des investisseurs étrangers dans les PED. Cette instabilité se manifeste souvent par la confiscation des biens, la dislocation des structures de production, le changement dans la gestion macroéconomique et surtout l'environnement réglementaire.

II.3.1.1 La corruption :

Parmi les problèmes d'ordre institutionnel qui minent l'expression des IDE en RDC, la corruption est sans doute le facteur le plus marquant, surtout en ce qui concerne les secteurs minéraliers et pétroliers, ainsi que la passation des marchés publics. D'ailleurs certains travaux des auteurs, comme J. Morisset et O. Lumenga Neso,61(*) se penchent plutôt sur la corruption et la mauvaise gouvernance. Les auteurs soutiennent que la corruption augmente les coûts administratifs et par conséquent découragent l'entrée des IDE. D'autres études confirment la robustesse des facteurs politiques et institutionnels comme des déterminants que Wilhelms nomme « Institutional fitness » l'aptitude du pays d'accueil à attirer les IDE.

La corruption a fait l'objet de beaucoup de réflexions de la part des organisations internationales et des organismes spécialisés dans la défense des droits de la légalité. Ainsi, des organismes comme International Country Riste Guide (ICRG), transparency international (CPI) ont tous développés des indices de perception de la corruption qui ont régulièrement publiés à la fin de chaque année.

Pour ce qui est des Pays Africains au Sud du Sahara (PASS), Assiedu avance que la corruption est le plus gros facteur dissuasif pour l'implantation des IDE dans cette région. Au niveau de l'Afrique subsaharienne, il ressort du classement que publie l'exécutif de Transparancy International, que la RDC occupe le 6ème rang des pays les plus corrompu de la planète et le 8ème rang en ce qui concerne les pays africains. Ce constat n'a pas de quoi surprendre, du moment où le programme du gouvernement dénommé « changement des mentalités » n'a pu être exécuté qu'a hauteur de 20%. D'autre part, les dernières enquêtes sur la situation de ce fléau dans le pays ont identifié six secteurs prioritaires comme étant les plus affectés .Il s'agit, par ordre, de la justice, de la police, de la santé, de l'éducation, les milieux politiques et les douanes.

Les auteurs soutiennent que la corruption augmente les coûts administratifs et par conséquent découragent l'entrée des IDE. D'autres études confirment la robustesse des facteurs politiques et institutionnels comme des déterminants 8 Wilhelms nomme « Institutional fitness » l'aptitude du pays d'accueil à attirer les IDE.

Ainsi, le secteur public doit combattre la corruption, mettre sur pied un bon système fiscal, une bonne transparence, un droit des contrats, une sécurité des droits de propriété, une efficacité de la justice et une surveillance prudentielle.

II.3.1.2. Le risque pays62(*)

Certains auteurs mettent l'accent sur le risque pays dans la décision d'investir dans les pays. Ainsi, Cecchini (2002) tente d'expliquer la répartition inégale des IDE dans les PVD par le risque pays. Michalet (1997) soutient quant à lui que lorsque l'environnement légal et réglementaire est sans cesse modifié de manière arbitraire, et qu'il n'existe pas de juridictions capables d'en assurer le respect, les firmes sont amenées à limiter voire à suspendre leurs engagements financiers.

Un pays est d'autant plus attractif vis-à-vis des investisseurs étrangers qu'il présente le moins de risque possible. Le pays est dit à risque lorsqu'il peut y avoir un changement politique brusque, lorsqu'il y règne de corruption endémique et la non transparence institutionnelle, lorsqu'il peut suspendre le payement ou peut modifier unilatéralement sa dette, ou tout simplement lorsqu'il est en guerre. Ces situations peuvent compromettre des bénéfices d'exploitation comme la valeur de capitaux.

Ainsi, le risque pays peut prendre plusieurs facettes et reste très présent dans les transactions internationales. Selon BHATTACHARYA et al, le risque élevé que présente les investissements en Afrique subsaharienne, y compris la RDC, expliquerait pourquoi cette dernière n'a pas beaucoup bénéficiée de flux d'IDE.

Assiedu explique la faible attractivité des pays subsaharienne par le risque politique qui sévit dans cette région. Depuis l'accession de la RDC à l'indépendance au début des années 60, celle-ci a connu des périodes mouvementés jonchés de troubles sociaux et politiques. Ce climat n'est pas favorable à un afflux des IDE, et cela explique en partie la rareté de flux des capitaux extérieurs pendant un certain temps.

II.3.1.3. L'instabilité et déficit monétaire63(*)

La situation actuelle en RDC s'explique non seulement par la baisse des réserves de change mais aussi par le recours à la planche à billets. La baisse des réserves est effective depuis novembre dernier. Elle est consécutive non seulement à la non réalisation de recettes importantes attendues des miniers, des pétroliers mais aussi à l'expansion des dépenses en devises en rapport avec le conflit dans l'Est du pays et au paiement du service de la dette extérieure.

Selon la Note de conjoncture de décembre 2008 publiée par la Banque centrale du Congo, les finances publiques ont connu en deux mois à savoir novembre et décembre de l'année dernière, un déficit de 82,1 milliards de francs soit environ 117 millions de dollars. Ce déficit a été financé par la planche à billets. Dans le même temps, les recettes budgétaires ont reculé par suite de la baisse de l'activité. Au deuxième trimestre de l'année 2008, la RDC est entrée officiellement en récession. En effet, le taux de croissance du PIB a été négatif au cours de deux trimestres consécutifs. Soit -1,8% au cours du troisième trimestre de 2008 et -1,4% au quatrième trimestre.

Ce recul du PIB est consécutif notamment à une baisse d'activité dans les secteurs des mines, de l'énergie, de la construction, de la manufacture. Par suite du recul de l'activité économique, les recettes de l'Etat des mois de janvier et février de l'an en cours ont baissé respectivement de 12 % et 8,2 % par rapport aux périodes correspondantes de 2008.

Malgré cette réalité, les dépenses publiques n'ont pas été revues à la baisse. La loi de l'offre et de la demande jouant, on a assisté début janvier 2009 à une dépréciation accélérée du franc congolais face aux devises étrangères. Comme toujours, cela se traduit par l'inflation et par la baisse du pouvoir d'achat de la population. Face à ces difficultés, la Banque centrale du Congo avait pris des mesures correctives. Le taux directeur a été relevé à quatre reprises pour le porter à 65% l'an.

Par ailleurs, l'Institut d'émission a renforcé les mesures de surveillance et de supervision du système bancaire afin de prévenir les difficultés dans ce secteur et à intervenir pour sa sauvegarde. A la suite de ces mesures, le franc retrouva une stabilité relative et s'apprécia légèrement face au dollar américain. Après cette accalmie, le franc congolais a repris sa descente aux enfers. Comme l'économie est fort extravertie, il existe un lien mécanique entre la dépréciation de la monnaie nationale et le taux d'inflation. Actuellement, le pays ne vit que des importations. Quand les devises s'apprécient par rapport au franc, il y a un réajustement automatique des prix à la hausse. C'est ainsi que l'inflation, après s'être situé à 8,3% au mois de janvier 2009, a atteint pour le mois de février 5,7%. Sur les deux mois, le cumul d'inflation est de 14,5%.

II.3.1.4. Un pays à forte dépréciation monétaire64(*)

C'est ainsi que l'inflation de la RDC s'est situé à 8,3% au mois de janvier 2009, a atteint pour le mois de février 5,7%. Sur les deux mois, le cumul d'inflation est de 14,5%.

Selon la Banque centrale du Congo, en partant de l'hypothèse que cette évolution restera inchangée jusqu'à la fin de l'année, l'inflation se situera à 121,1% à fin décembre 2009. La RD Congo est donc entrain de renouer avec les cycles d'hyperinflation connus au cours des années 1990. Avec cette dépréciation continue du franc, la population qui vit déjà dans la précarité voit sa misère s'accroître suite à la hausse des prix des biens de consommation courante. Face à la crise financière internationale, la plupart des pays ont mis en oeuvre des plans d'urgence basés sur l'expansion monétaire pour relancer les économies nationales. En RDC, l'extraversion de l'économie, nécessite, paradoxalement l`application d'une politique d'austérité. A défaut, c'est la relance l'hyperinflation.

5.

II.3.1.5 Instabilité politique65(*)

 La RDC a été dirigé pendant 32 ans par un gouvernement autoritaire qui a progressivement détruit les capacités administratives de l'Etat. Cela a mené à la corruption comme seul moyen de fonctionnement. Ce gouvernement a pris fin lors d'une guerre qui impliquait six pays africains (Namibie, Zimbabwe, Angola, Uganda, Rwanda et RDC). Selon certains analystes, cette première guerre africaine a entraîné le pays dans le chaos, brisant les institutions politiques et freinant toute activité économique.

Le gouvernement de transitoire, qui regroupait les représentants des quatre mouvements rebelles, les milices progouvernementales Mai Mai, plusieurs parties politiques de l'opposition non armée et des représentants de la société civil, a été formé en juin 2003 avec un mandat de gouverner le pays pendant deux ans ou jusqu'aux prochaines élections. Ce gouvernement a décalé la date pour les élections à plusieurs reprises, pour cause de l'insécurité dans l'est du pays et des tensions politiques à l'intérieur de la coalition gouvernementale.

II.3.2 Problèmes de la RDC pour sa gouvernance

La RDC est le théâtre de l'une des pires crises humanitaires au monde. Bien que le pays soit sorti de ce que l'on a appelé «la Première guerre mondiale d'Afrique» en 2003 lorsque les anciens belligérants se sont réunis pour former un gouvernement de transition, des études de mortalité dont la crédibilité ne peut être remise en doute estiment que plus de 1000 personnes continuent de mourir chaque jour pour des raisons liées au conflit, en majorité de maladies et de malnutrition mais aussi du fait des violences qui se poursuivent. Une corruption rampante au sein du gouvernement de transition et la faiblesse de l'État permettent aux membres de groupes armés aussi bien que de l'armée nationale de perpétrer des abus contre les populations civiles.

Grâce à l'opération de maintien de la paix la plus importante et la plus coûteuse du monde, la MONUC, le pays a relevé les défis politiques et logistiques et a organisé ses premières élections libres et justes depuis 40 ans (en juillet 2006). Cependant, la RDC doit encore faire face à d'autres défis comme la création ou la reconstruction d'institutions étatiques qui répondent de leur action devant le peuple congolais et la formation d'une armée professionnelle intégrée qui protège les civils plutôt que de les maltraiter.66(*)

II.3.3 Politique d'endettement de la RDC

L'endettement de la RDC est considéré comme un obstacle aux IDE car il est une source d'incertitude, de la même manière que la politique économique est aussi incertaine avec un taux d'endettement élevé. Les risques combinés d'inflations et d'impositions réduisent l'investissement. En effet, le paiement du service de la dette réduit l'excèdent de des ressources domestiques susceptibles d'être consacré aux investissements.

Cette situation décrébilise l'image du pays à l'échelle internationale.

Ainsi, nous pensons avec Borestensztein, que pour les investisseurs domestiques, l'existence d'une dette très élevée réduit le rendement futur des investissements car une proportion très élevée du profit sera utilisée pour le paiement de la dette.67(*)

Un taux d'endettement modéré est considéré par les investisseurs comme un signe de bonne gestion, partant, susceptible d'attirer plus les IDE. La RDC est le pays qui a un taux d'endettement le plus élevé au monde, ses voisins font partie des pays très endettés.

II.3.4 Politique budgétaire : l'effondrement des dépenses publiques68(*)

L'évolution des recettes publiques lue dans un rapport montre que la chute en 1990-93 de produits commercialisés s'explique par l'hyperinflation : l'inflation était si grande que les taux de taxation ne pouvaient pas être ajustés à temps. A partir de 1996, les recettes se redressent toutefois de manière remarquable. Cette hausse se poursuit les années suivantes, bien que le niveau reste en dessous des 15 pour cent du PIB atteints dans les années 60. Notons qu'une importante réforme fiscale a eu lieu en 1998, qui tente d'inclure la contribution du secteur informel, probablement dans le but d'accroître les sources de financement de la guerre.

La composition des taxes se trouve payées par les comptoirs de diamant sont marginales : le diamant échappe facilement à la fiscalité. En ce qui concerne le poste « prêts et dons », soulignons que les institutions ont abandonné les prêts au cours de la décennie 1980-90. Le Congo ne payait pas les intérêts et s'engageait dans de nouveaux emprunts pour payer les acomptes sur les dettes précédentes, d'où l'explosion de la dette, évaluée à 9 milliards de dollars à la fin de 1990, et dont les responsables du pays pensent que le Congo ne devra jamais la rembourser. Le secteur public connaît un déficit permanent, planifié par le gouvernement.

Le montant des dons ne peut combler le déficit de l'État, qui recourt à la «planche à billets », nourrissant inévitablement l'inflation et le risque d'un écart croissant entre le taux de change fixe (officiel) et celui du marché parallèle.

L'un des effets néfastes du faible niveau des dépenses publiques est la chute du niveau de dépenses par habitant. En outre, l`État a complètement abandonné le financement des secteurs de la santé et de l'enseignement. Seuls les plus riches habitants des villes peuvent encore envoyer leurs enfants à l'école. Le taux de participation à l'enseignement primaire, jadis un des plus élevés d'Afrique, a très fortement diminué. En outre, ce taux est particulièrement bas pour les filles : la majeure partie des mères, en particulier celles qui habitent la campagne, seront analphabètes. Or l'influence de la mère sur la santé et l'éducation des enfants est prépondérante. C'est donc à une véritable régression en termes de développement humain que l'on assiste, dont les effets se feront sentir fortement chez les générations actuelles et futures.

II.4 AUTRES PROBLEMES DE LA RDC

Les difficultés croissante de la Gécamines l'ancienne Union Minière (belge) nationalisée , et finalement la cessation de ses activités au début des années 90, sont imputables à plusieurs causes : un assez faible contenu en cuivre du minerais katangais, surtout dans les anciennes mines, qui fait qu'il cesse rapidement d'être compétitif en cas de baisse prolongée des prix internationaux ; les taxes exorbitantes imposées jusqu'au début des années 1990 par l'État congolais, peu soucieux des problèmes de la société ; mais aussi une géographie difficile (le Katanga est une enclave éloignée des ports maritimes) qui rend nécessaires des infrastructures de qualité. Or celles dont s'est pourvu le Congo ont souffert à la fois d'être mal conçues négligeant plusieurs liaisons potentielles avec les économies voisines et de ne pas avoir été entretenues.

L'évacuation du cuivre-cobalt peut se faire par quatre chemins (voir Carte 1). Des deux voies qui s'ouvrent à l'Est, sur la côte Pacifique de la Tanzanie et du Mozambique, le Congo n'a jamais fait usage : le transport prenait trop de temps et les frais devaient être payés en devises. Surtout, la politique nationaliste, centrée sur les bénéfices immédiats pour le pays, a ignoré la dimension régionale. Dans le contexte d'une stratégie future, le Katanga devrait être relié, entre autres, au sud et aux ports du Pacifique.

Deux autres chemins relient le Katanga à l'océan Atlantique. Le premier reliait Lobito (Angola) par Benguela en 12 jours de train, avant la fermeture du chemin de fer en 1975. Les paiements des transports sur cette ligne se faisaient aussi partiellement en devises. Dans un contexte régional, ce calcul sur les paiements de devises ne devrait pas primer dans le choix d'une route. La suppression de cette voie ferrée, qui mit fin à une liaison naturelle et courte entre le Katanga et le Pacifique, est regrettable. Sa reconstruction éventuelle avec des fonds de la communauté internationale devrait figurer parmi des projets régionaux à discuter dans des commissions d'investissement transnationales, où le Congo et ces voisins se retrouveraient avec des représentants de la communauté internationale. L'enjeu n'est pas le chemin de fer en tant que tel, mais le dépassement des préoccupations nationalistes, et une approche transfrontalière des projets d'infrastructures. Celles-ci doivent être conçues par un ensemble de pays soucieux de mettre en valeur les richesses de toute la région.

Le deuxième chemin, la Voie Nationale, reliait le Katanga au port de Matadi. En 1981, le transport prenait 17 jours. La priorité attribuée par l'État congolais à cette voie a toujours été source de controverses. Le premier argument en sa faveur était que cette voie reliait les gisements de cuivre au port de Matadi. Un réseau de bonnes liaisons entre la capitale et une région lointaine comme le Katanga était à juste titre considéré comme important. En outre, les recettes du cuivre contribuaient à financer l'entretien de cette voie. Cet entretien était coûteux car la voie était très longue. La Voie Nationale passe par Ilebo, qu'un chemin de fer, « le train du cuivre », reliait aux mines de Kolwezi.

Un premier transbordement est donc nécessaire à Ilebo, puisque le chemin continue par voie fluviale jusqu'à Kinshasa. Là, après un deuxième transbordement, le cuivre continue sa route sur le chemin de fer Kinshasa-Matadi. L'exploitation des gisements du Katanga nécessitant l'importation de machineries lourdes, l'entière ligne devait être équipée pour cette capacité afin de permettre ces transports, et la Gécamines disposait des moyens pour financer cet entretien. La compagnie pouvait retenir 45 pour cent de ses recettes pour financer ces importations, et devait transférer les 55 pour cent restant à l'État. Cette ponction était excessive : la Gécamines fut affronter à des difficultés croissantes pour financer ses importations et s'endetta beaucoup. Tandis que les prix du cuivre commençaient à diminuer à partir de la deuxième moitié des années 1970, les prix des importations augmentaient simultanément, en particulier à cause de l'évaluation du dollar. Par conséquent, la compagnie ne réussit plus à entretenir ses installations sur le site et le long de la Voie Nationale. Pour résoudre ce problème, un plan quinquennal fut élaboré en 1983. Les investissements dans le cadre de ce plan expliquent la hausse de la courbe de production au cours de la deuxième moitié de la décennie 1980-90. La Banque Mondiale a largement contribué au financement de ce plan, accordant des dons et des nouveaux prêts à long terme au gouvernement et à la Gécamines.

Malgré cela, au début des années 90, les dettes de la Gécamines atteignaient 700 millions de dollars. Plus personne ne voulut alors intervenir : après les incidents qui s'étaient produits à l'Université de Lubumbashi en 1991, toute aide extérieure avait été suspendue. En 1992, le matériel roulant sur les chemins de fer reliant Ilebo à Kolwezi était devenu si vétuste et déficient qu'il fallait 36 jours pour faire le trajet.

Les trains auraient dû s'arrêter, même si la galerie de Kamoto ne s'était pas effondrée en 1993. Cette année marque ainsi la fin de la Gécamines, après dix ans de chute de la production.69(*)

CHAPITRE III :

ANALYSE DES EFFETS DETERMINANT LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS DU COMITE D'AIDE AU DEVELOPPEMENT EN RDC : DE 1985 A 2005

Dans ce chapitre, nous présentons la démarche suivie dans la réalisation de cette étude. Nous y décrivons les techniques et méthodologies de récolte et de traitement des données et présentons le modèle.

Le modèle est précédé par les différentes théories y relatives.

III.1 CONSIDERATIONS METHODOLOGIQUES

III.1.1 Types des données

En voulant mener une étude sur les déterminants des IDE du CAD en RDC, le souhait serait de traiter de tous les facteurs qui peuvent contribuer à l'essor de celle-ci. Cependant, le foisonnement de tous les facteurs nous a conduit à sélectionner les plus importants.

Un autre critère considéré dans le choix de ces facteurs concerne la disponibilité des informations sur les différents documents.

C'est ainsi que les facteurs que nous allons étudier sont les IDE du CAD (Comité d'Aide au Développement), les dettes extérieures (préteurs extérieurs, organisations internationales, préteurs privés et service de dette), le PIB, l'investissement privé, les indicateurs sociaux selon la scolarisation (dans le secondaire et dans le primaire), l'Espérance de vie à la naissance, accès à l'eau potable, la main-d'oeuvre, les dépenses publiques de fonctionnement et les dépenses publiques d'investissement (investissements publics).

III.1. 2 Méthodes et technique de récolte des données

Pour obtenir les informations utiles à la réalisation de cette étude, nous avons fait recours à la technique documentaire. Celle-ci nous a permis de rassembler les données relatives à l'évolution du niveau de la croissance économique et des autres variables explicatives de 1985 à 2005.

Ainsi, les différents rapports de la Banque Centrale du Congo nous ont fourni les données sur les dépenses publiques d'investissement, les dépenses publiques de fonctionnement ainsi que la rémunération des facteurs et services, les exportations des biens et services, les dépenses de fonctionnement, les épargnes internes brutes. Les rapports de la Banque Africaine de Développement nous ont fourni les données sur le PIB, les IDE du CAD, les aides publiques au développement (préteurs extérieurs, organisations internationales, préteurs privés et service des dettes), l'investissement privé, les indicateurs sociaux selon la scolarisation (dans le secondaire et dans le primaire), l'espérance de vie à la naissance, accès à l'eau potable, la main-d'oeuvre, les dépenses publiques de fonctionnement et les dépenses publiques d'investissement (investissements publics).70(*) Ensuite, les rapports de World Table (205) de la Banque Mondiale et des statistiques financières internationales du FMI nous aidé pour tirer les données relatives aux taux de change.

III. 1. 3 Technique de traitement des données

Le traitement des données de notre étude a été facilité par I'Ordinateur. A cet effet, nous avons utilisé deux logiciels. Le logiciel Ms Excel qui nous a permis d'effectuer des saisies des données de notre étude. L'E-views 5.1 nous a permis de traiter les données en vue d'en faire de commentaires

III.2 PRESENTATION DU MODELE D'ETUDE

III.2.1 Notions de modèle

Un modèle est une représentation schématisée d'une théorie pour rendre plus simple son analyse. C'est une présentation formalisée et structurée mais approximative et incomplète d'un ensemble d'éléments réels, ensemble choisi et délimité par le créateur du modèle. Les modèles représentant les phénomènes économiques sont appelés modèles économétriques. Il existe à côté de ceux-ci, d'autres types de modèle : le modèle comptable, les modèles théoriques, etc. L'objectif est, dans les cadres de modèles économétriques et au travers d'une mesure statistique, de permettre aux agents économiques (ménages, entreprises, Etat, ...), d'intervenir de manière plus efficace.71(*) Ainsi, un modèle économétrique est une formalisation ou une présentation formalisée d'un phénomène sous forme d'équations dont les variables sont des grandeurs économétriques.72(*)

En général, un modèle est issu d'une théorie qui suppose un lien de causalité. L'un des buts qu'il poursuit est d'ailleurs de simplifier la théorie en vue de vérifier sa cohérence. Il est ainsi, pour tester la validité d'une théorie par la confrontation aux faits.73(*)

Dans le langage économétrique, l'ensemble des équations d'un modèle tel découle de la littérature théorique est appelé forme structurelle de ce modèle. Pour être explicite, cette forme doit être spécifiée. Dans le point suivant nous essayerons de spécifier le modèle que nous allons étudier.

Ainsi, tout modèle est inévitablement une simplification de la réalité par lequel le modélisateur cherche à saisir les traits fondamentaux du système qu'il cherche à styliser.74(*)

Pour nous, le modèle est donc l'outil que nous utilisons pour comprendre les facteurs les plus déterminants des IDE_ENTR en RDC.

IIII.2.2 Essai de modélisation économétrique et spécification du modèle

Notre problème est de voir quel élément influe plus pour attirer les investisseurs étrangers du CAD. En d'autres termes, quels sont les facteurs déterminants IDE du CAD et qui sont les plus favorisant aux investisseurs directs à venir investir en RDC.

Nous formulerons notre modèle en tenant compte des réalités politiques économiques de la RDC.

Il existe ainsi, plusieurs travaux complémentaires à cette analyse. Un de leurs consiste effectuer une étude économétrique des effets des IDE en RDC (par YOSHUA KITUNDA) sans faire allusion aux variables déterminant les flux nets d'IDE et sans identifier les facteurs les plus explicatifs pertinents. Cela est dû, nous croyons, par l'absence des séries statistiques faibles sur la plupart des PED en général (pays africains surtout) et la RDC en particulier, qui empêche une étude économétrique rigoureuse. Cependant, nous adopterons dans cette étude des données de la RDC afin d'avoir des séries assez longues et représentatives. En fait, nous ferons une étude des données75(*) :

Tableau n°1 : Présentation des variables

Variable

Nom de la variable

Unité des
données brutes

Signe
attendu

Source

Variable expliquée

iIDE_ENTR

L'Investissement Direct Etranger
Entrant (CAD)

Millions de
dollars US

-

BAD

Variables explicatives

Externes

IB&S

LES Importations des Biens et Services

Millions de
dollars US

-

BAD

APD

Aide Publique au Développement nette provenance de toutes sources

Millions de
dollars US

 

CAD

Internes

PIB

Le produit Intérieur Brut courant ou croissance économique

Millions de dollars US

+

BAD

EB&S

Les Exportations des Biens et Services

Millions de
dollars US

+

BCC

Dfonct

Les Dépenses de Fonctionnement

Millions de
dollars US

+

BCC

Dmen.

Dépenses des ménages en consommation

Millions de
dollars US

+

BCC

EIB

L'Epargne Interne Brute

Millions de
dollars US

+

BCC

FBCF

La Formation Brute du Capital Fixe

Millions de
dollars US

+

FMI

RF&S

Les Revenus des Facteurs et Services

Millions de
dollars US

+

BCC

TCH

Le taux de Change (FC par $US)

Millions de
dollars US

+

FMI

Source : Elaborer par nous-mêmes à partir de nos données

Les séries utilisées portent sur 20 ans, soit la période allant de 1985 jusqu'en 2005.

Le choix des variables explicatives est élaboré selon l'étude de la littérature économique existante (détaillée dans les chapitres précédents).

Par ailleurs, il serait pertinent de rappeler le succès de la RDC à attirer les IDE du CAD indépendamment de ses ressources et de sa taille de marché. Pour cela, nous avons construit un indicateur qui permet d'éliminer l'effet du marché (mesurée par le PIB) et des ressources du pays sur les flux d'IDE du CAD.

Nous avons nommé cet indicateur «IDE_ENTR c'est-à-dire Investissements Directs Etrangers Entrant» en référence des pays du CAD. En effet, il permet de déterminer les facteurs dominants qui les déterminent.

La « croissance économique » est de fait notre variable principal, nous croyons qu'il est, a priori, le facteur le plus dominant pour déterminer les IDE_ENTR en RDC pour les pays du CAD. Ainsi, nous supposons que :

IDE_ENTR = f(PIB, R)

IDE_ENTR sont définis comme les flux nets d'investissements directs des pays du CAD en RDC.

PIB est le Produit Intérieur Brut

R est la valeur totale des ressources de la RDC (tous exprimées en $ EU sauf indication contraire).

Notre forme mathématique du modèle explicatif de l'entrée des IDE en RDC se présente comme suit :

IDE_ENTRt = P0 + P1 PIB + P2 EB&S+ P3 IB&S+ P4 Dfonct+P5 Dmen + P6 EIB + P7 IBS+ P8 FBCF+ P9 FBCF+P10 RF&S+ P11 TCH+ P12Dcap+ P13 APD+ Et

A partir de cette description mathématique théorique du phénomène que nous allons étudier, les valeurs numériques seront déterminées à la fin du chapitre.

III.3 PROCEDURE D'ESTIMATION DU MODELE DES DETERMINANTS DES IDE_ENTR EN RDC

III.3.1 Stationnarités des variables

III.3.1.1 Notions

Pour procéder à l'estimation de notre modèle nous allons, au préalable, nous rendre compte de la stationnarité des variables. Ceci est nécessaire car les variables économiques et financières sont rarement des réalisations de processus stationnaires. La non stationnarité peut bien concerner l'espérance que les moments de second ordre. Depuis Nelson et Plosser76(*), les cas de non stationnarité en moyenne sont analysés à partir de deux types de processus : Processus TS (trend stationary) qui représente les processus dont la non stationnarité est de nature déterministe et le processus DS (Difference Stationnary) qui représente les processus dont la non stationnarité est de nature stochastique.

Dans le premier cas, les données sont marquées par une tendance générale. Il sied alors d'introduire un Trend ou une tendance générale dans le modèle ; En présence du second cas, si les ordres d'intégration des variables sont différents, il faut les différencier en vue de les rendre stationnaires. Or mettre en relation des variables dont les ordres d'intégration sont différents, sans les rendre stationnaires, ne peut que conduire à des fausses régressions ou régressions fallacieuses.

En effet, les processus TS et DS sont caractérisés par des comportements très différents et il convient de les distinguer. Suite à un choc, un processus TS revient à son niveau pré-choc, alors qu'un processus DS n'y revient jamais. On comprend dès lors également que, d'un point de vue économétrique, l'identification et la caractérisation de la non stationnarité sont tout aussi fondamentales.

Pour ce faire, nous allons utiliser le test de Dickey-Fuller (DF) et le test de Dickey-Fuller Augmenté (ADF).

III.3.1.2 Procédure et application du test de stationnarité

Dickey et Fuller considèrent trois modèles de base pour la série Xt, t=1, 2, 3, ..., T :

Modèle [1] : Modèle sans constante ni tendance déterministe :

(1-L) Xt=t

Modèle [2] : Modèle avec constante ni tendance déterministe :

(1-L) (Xt -)=t

Modèle [3] : Modèle avec constante et tendance déterministe :

(1-L) (Xt - )=t

Dans chacun des trois modèles, on suppose que t est un bruit blanc :

~BB (0 ; 2 ), L est l'opérateur retard ; X t est la variable dont on teste la stationnarité ; , , et sont des paramètres.

Si =1, cela signifie qu'une des racines du polynôme retard est égal à 1. On dit alors qu'on est en présence d'une racine unitaire. En d'autres termes, Xt est un processus non stationnaire et la non stationnarité est de nature stochastique (processus DS). On teste l'hypothèse nulle de racine unitaire (Xt est intégré d'ordre 1, c'est-à-dire non stationnaire) contre l'hypothèse alternative d'absence de racine unitaire (Xt est intégrée d'ordre 0, c'est-à-dire stationnaire).

En pratique, on estime les modèles sous la forme suivante :

Modèle [1] : ÄXt=Xt +t

Modèle [2] : ÄXt=Xt-1 +õ+t

Modèle [3] : ÄXt=Xt-1 +õ+ät+t

Avec pour chaque modèle, =ñ-1 et ~BB (0 ; 2 ). On teste alors l'hypothèse nulle =0 (non stationnarité) contre l'hypothèse alternative  < (stationnarité) en se referant aux valeurs tabulées par Fuller (1976) et Dickey et Fuller (1979, 1981). Dans la mesure où les valeurs critiques sont négatives, la règle de décision est la suivante : si la valeur calculée de la t-statistique associée à est inférieure à la valeur critique, on rejette l'hypothèse nulle de non stationnarité. Si la valeur calculée de la t-statistique associée à est supérieure à la valeur critique, on accepte l'hypothèse nulle de non stationnarité.

Il est fondamental de noter que l'on n'effectue pas le test sur les trois modèles. Il convient en effet d'appliquer de Dickey-Fuller sur le seul des trois modèles. En pratique, on adopte une stratégie séquentielle en trois étapes :

Etape I : On commence par appliquer le test sur le modèle 3. On peut aboutir à deux résultats :

Si la tendance n'est pas significative, on passe au modèle 2.

Si la tendance est significative, on teste l'hypothèse nulle de racine unitaire :

Si n'est pas significativement différent de 0, Xt est stationnaire. Dans ce cas, il faut la différencier et recommencer la procédure sur la série en différence première.

Si est significativement différent de 0, Xt est stationnaire. Dans ce cas, la procédure s'arrête et l'on peut directement travailler sur Xt..

Etape II : Cette étape ne doit être appliquée que si la tendance dans le modèle précédent n'est pas significative. On estime le modèle 2 :

Si la constante n'est pas significative, on passe au modèle 1.

Si la constante est significative, on teste l'hypothèse nulle de racine unitaire :

Si n'est pas significativement différent de 0, Xt est non stationnaire. Dans ce cas, il faut la différencier et recommencer la procédure sur la série en différence première.

Si est significativement différent de 0, Xt est stationnaire. Dans ce cas, la procédure s'arrête et l'on peut directement travailler sur Xt.

Etape III : Cette étape ne doit être appliquée que si la constante dans le modèle précédent n'est pas significative. On estime le modèle 1 :

Si n'est pas significativement différent de 0, Xt est non stationnaire. Dans ce cas, il faut la différencier et recommencer la procédure sur la série en différence première.

Si est significativement différent de 0, Xt est stationnaire. Dans ce cas, la procédure s'arrête et l'on peut directement travailler sur Xt.77(*)

Ainsi, l a stationnarité des variables représente une solide garantie contre les régressions fallacieuses ou non cohérentes.

Si une variable Xt est stationnaire en niveau, on dira qu'elle est intégrée d'ordre zéro. Ce qui sera noté Xt~I (0).

De manière générale, on dit qu'une série est intégrée d'ordre « d », s'il faut la différencier « d » fois pour qu'elle soit stationnaire.

III.3.1 Le test de co-intégration

L'idée principale de la co-intégration est une spécification de modèles qui intègrent des croyances à propos des mouvements des variables les unes par rapport aux autres à long terme. Intuitivement, la co-intégration implique que, dans une relation d'équilibre de long terme entre différentes variables non stationnaires il est requis que ces variables ne devraient pas s'éloigner l'une par rapport à l'autre, Greene (1997).78(*)

La condition nécessaire de co-intégration est que les séries doivent être de même ordre ; en général d'ordre 1. Si les séries statistiques ne sont pas intégrées de même ordre, la procédure s'arrête ; il n'y a pas de relation de co-inintégration.

Tester la stationnarité des séries revient à tester leur ordre d'intégration. Pour savoir si les séries sont stationnaires, par rappel, on fait recours au test de Dickey-Fuller ou au test plus général de Dickey-Fuller amélioré.

Avant de conclure qu'il y a relation de co-intégration une fois vérifiée la condition nécessaire, on estime la relation de long terme : Yt=a+b Xt + ut

La relation de co-intégration est acceptée si et seulement si la combinaison linéaire de ces variables, en l'occurrence la série des résidus ut issus de cette régression de long terme, est stationnaire ; c'est-à-dire I(O).

La stationnarité du résidu est testée à l'aide des tests DF ou DFA sans trend ni constante.

Si le résidu de la relation de long terme est stationnaire, il n'y a pas de co-intégration. On est donc en présence d'une régression artificielle ou fallacieuse.79(*)

Individuellement, ces variables pourraient avoir des directions différentes à court terme, mais peuvent avoir une évolution semblable à long terme. Plus formellement deux ou plusieurs séries temporelles non stationnaires sont co-intégrées si une combinaison linéaire de ces variables est stationnaire, c'est-à-dire converge vers un équilibre au cours du temps.

Pour le cas de nos séries, il n'est pas possible de mobiliser ce test étant donné que nos variables ne sont pas intégrées de même ordre et la plupart sont stationnaires. En effet, pour appliquer le test de co-intégration entre deux ou plusieurs variables, il faut que la variable dépendante soit intégrée d'un ordre inférieur ou égal à toutes les variables indépendantes et qu'elle ne soit pas stationnaire en niveau c'est-à-dire intégré d'ordre zéro I (0). Or dans notre cas, les Aides publiques au développement (APD), les IDE, les dépenses en capital, les dépenses de fonctionnement, les importations des biens et services, le PIB, les revenus des facteurs et services sont toutes stationnaires d'ordre I (0). D'autres sont d'ordre un I(1).

Ainsi, (toutes les variables confondues)n les résultats sont les suivants :

APD ~ I(O) : sans tendance avec constante significative

IDE ~ I(O) : sans tendance et sans constante significative et sans retard

Dcap ~ I(O) : stationnaire avec tendance et avec constante

Dfonct~ I(O) : sans tendance mais avec constante

Dmén ~ I(1) : sans tendance ni constante (très moins significative)

EBS ~ I(1) : Stationnaire avec tendance et constante

EIB ~ I(1) : sans tendance ni constante

FBCF ~ I(1) : sans tendance ni constante

IBS ~ I(0) : sans tendance mais avec constante

PIB ~ I(O) : sans tendance ni constante

RFS ~ I(O) : sans tendance mais avec constante

TCH ~ I(2) : sans tendance ni constante

III.4 PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION DE DETERMINANTS DES IDE_ENTR EN RDC, de 1985 à 2005

III.4.1 Résultats sur les déterminants des IDE_ENTR en RDC

III.4.1.1 Les résultats des régressions

Comme déjà dit précédemment, nous avons procédé à l'estimation de notre modèle par la MCO (méthodes de Moindres carrés ordinaires); cela, grâce au logiciel E-Views 5.1.

Les résultats de la première estimation sont reportés dans le tableau80(*) n° 2 suivant :

Tableau n°2 : Estimation des paramètres du modèle

Dependent Variable: IDE

 
 
 

Method: Least Squares

 
 
 

Date: 08/20/09 Time: 10:26

 
 

Sample (adjusted): 1987 2005

 
 

Included observations: 19 after adjusting endpoints

 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

C

22.49656

64.35785

0.349554

0.7370

APD

0.048932

0.015952

3.067512

0.0181

DCAP

-0.050228

0.077600

-0.647260

0.5381

DFONCT

-0.102304

0.116241

-0.880107

0.4080

D(DMEN,1)

0.000458

0.051980

0.008805

0.9932

D(EBS,1)

-0.063552

0.025610

-2.481506

0.0421

D(EIB,1)

-0.066558

0.069527

-0.957297

0.3703

D(FBCF,1)

0.009774

0.017465

0.559606

0.5932

IBS

-0.029985

0.017092

-1.754362

0.1228

PIB

-0.009063

0.008372

-1.082440

0.3149

RFS

0.085632

0.047939

1.786287

0.1172

D(TCH,2)

0.695435

0.581350

1.196243

0.2705

 
 
 
 
 

R-squared

0.862666

Mean dependent var

44.42000

Adjusted R-squared

0.646855

S.D. dependent var

168.4521

S.E. of regression

100.1043

Akaike info criterion

12.31493

Sum squared resid

70146.15

Schwarz criterion

12.91142

Log likelihood

-104.9919

F-statistic

 

3.997327

Durbin-Watson stat

2.590622

Prob(F-statistic)

0.038465

Nous observons, à partir de ce tableau que nos variables endogènes ont un pouvoir d'explication élevée sur la variable exogène, R2 corrigé = 65% et R2 = 86%.

Ensuite, le test de Fisher montre que le modèle est globalement bon (F-statistic = 3,997>2).

Cependant, le test de Student montre qu'il y a plusieurs variables qui ne sont pas significatives. Nous allons procéder à l'annulation des ces paramètres un par un pour rester avec seulement ceux qui sont significatifs. Nous faisons la régression en annulant d'abord le paramètre le moins significatif.

Pour ne pas surcharger notre exposé, les résultats de ces régressions sont présentés en annexe. Nous ne présentons ici que la dernière étape qui correspond au modèle retenu.

Tableau n°3 : Estimation des déterminants des IDE

Variable Dépendente: IDE

 
 
 

Method: Least Squares

 
 
 

Date: 08/20/09 Time: 11:09

 
 

Sample(adjusted): 1986 2005

 
 

Included observations: 20 after adjusting endpoints

 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

 
 
 
 
 

APD

0.036056

0.010225

3.526083

0.0028

D(EBS,1)

-0.058409

0.009250

-6.314842

0.0000

IBS

-0.034452

0.011305

-3.047361

0.0077

RFS

0.054113

0.016919

3.198322

0.0056

 
 
 
 
 

R-squared

0.749688

Mean dependent var

45.65850

Adjusted R-squared

0.702755

S.D. dependent var

164.0528

S.E. of regression

89.44187

Akaike info criterion

12.00191

Sum squared resid

127997.6

Schwarz criterion

12.20106

Log likelihood

-116.0191

Durbin-Watson stat

2.198940

De cette estimation, nous remarquons que le modèle est amélioréet certaines variables sont exclues.

R² =0,70 et , cela signifie que les variables exogènes restantes expliquent la variance expliquée à 70%.

Le modèle retenu sans constante est globalement bon, le test de Fisher montre que Fcal (11,23) est supérieur à F-table (2).

Quatre variables sont retenues après éliminations des variables non significatives car leurs t-student est supérieur à la statistique t de la table : APD (3,53), DFONCT (-6,31), IBS (-0,05) et RFS (3,20).

La valeur du test T-student est 2.

Ces résultats indiquent que deux variables du modèle expliquent positivement l'évolution des IDE ; il s'agit des aides publiques au développement et les revenus des facteurs et services. Deux autres variables expliquent négativement les investissements directs étrangersn ce sont les exportations des biens et services.

Des facteurs économiques retenus, seuls 4 sont significatifs et se présentent dans le modèle suivant :

IDE_ENTR = 0,0306056 APD + 0,054113 RFS - 0,058409 EBS -0,34452 IBS

Les autres facteurs susceptibles de rendre compte de l'évolution des DIE8ENTR en RDC sont les facteurs politiques.

Nous présentons graphiquement l'évolution des IDE_ENTR pour monter les différentes phases (événements) politiques qui ont affecté son évolution.

Graphique n°1 : Evolution des IDE_ENTR en RDC

CONCLUSION GENERALE

Nous sommes au terme de notre étude qui a porté sur les déterminants des investissements directs étrangers du Comité d'Aide pour le Développement dans les cas des PED dont l'application est faite à la RDC.

En effet, depuis plus de trois décennies, les IDE deviennent de plus en plus incontournables dans les processus de développement des nations. Que se soient les Pays développés ou les Pays en Voie de développement, la cause aux IDE est devenu l'objectif majeur de la politique «économique des Etats, lesquels rivalisent d'idées dans l'attractivité envers les le Firmes Multinationales.

D'une manière générale, le continent africain attire peu les IDE et ainsi, notre problème est de savoir le cas de la RDC pour le principal déterminant des IDE. Ainsi, nous avons tenté d'expliquer les principaux déterminant des IDE en RDC et aussi vérifier les participations de chaque variable à ces derniers pour l'attractivité des IDE en RDC.

Pour y arriver, nous nous sommes proposé comme hypothèse : Considérant que la période sous étude est caractérisée par une série des facteurs pouvant favoriser le climat propice aux entrées des IDE pour le progrès, nous avons postulé que le PIB (croissance économique) aurait eu un impact significatif pour leurs entrées en RDC.

Pour entreprendre cette étude, nous avons subdivisé notre travail en trois différents chapitre, hormis l'introduction et la conclusion générale.

Le premier chapitre a fait l'objet d'une présentation sommaire de la revue de la littérature dont il fallait préciser les concepts des investissements, de la croissance économique ainsi que quelques travaux antérieurs relatifs aux déterminants des IDE ailleurs. Dans ce même chapitre, nous avons procédé à la présentation de la littérature empirique.

Le deuxième chapitre a été consacré aux potentialités attractives de la RDC, ce qui nous a permis de relever dans les parties essentielles, les facteurs d'attractivités poussant les investisseurs étrangers de venir investir en RDC. Nous avons également présenté la situation macroéconomique de la RDC en présentant sa croissance économique sous quatre cycles conjoncturels ou périodes. Par la suite, quelques indicateurs sociaux tels que la pauvreté, la santé et l'éducation qui a chuté sur toute l'étendue de la RDC. Ensuit, nous avons relever les silences et autres éléments très implicites qui semblent étouffer l'entrée des IDE_ENTR du CAD. Ceux-ci posent de sérieux problèmes du point de vue corruption, instabilité politique et gouvernementale, la non transparence institutionnelle, les guerres et le coup d'état sont réellement de situation des affaires et par conséquent réduisent les entrées des IDE.

Dans le troisième chapitre, il a été question d'analyser les différents déterminants des IDE_ENTR du CAD en RDC, avant de formuler pour appréciation des IDE_ENTR les suggestions de redynamisation des facteurs en considérant la nature des activités locales.

La présentation et le développement des données de ce travail nous ont conduit à recourir à la technique documentaire qui nous a servi pour la récolte des données dans différents documents des statistiques, des finances publics notamment : les rapports annuels de la Banque centrale du Congo et des rapports de la BAD.

Le traitement de ces données nous a été facilité par les logiciels Excel et E-Views.

Après traitement de données, nous avons abouti aux résultats suivants : les Revenus des facteurs et services constituent le principal déterminant des IDE_ENTR (CAD) en RDC en y participant avec 6,20%. Il est suivi par les Importations des biens et Services et enfin par les Exportations des Biens et Services. Ce qui est significatif.

Ainsi, les Revenus des Facteurs et Services (RFS) sont significativement différents de zéro car la probabilité est de 0,0062 < 0,05. ils influencent positivement sur les IDE_ENTR du CAD. Lorsque les revenus varient de 1 point, les IDE_ENTR varient de 0,06 points. Les Importations des Biens et Services (IBS) sont significatives car la probabilité est de 0,0296<0,05. Elles influencent les IDE_ENTR en RDC négativement car la variation de 1 point des IBS entraîne une diminution des IDE_ENTR de 0,03 points. Les Exportations des Biens et Services (EBS) sont significatives car la probabilité reste nulle (0<0,05). Elles influencent les IDE_ENTR en RDC négativement car la variation de 1 point des EBS entraîne une diminution des IDE_ENTR de 0 point.

Enfin, nous constatons que le modèle est bon dans son ensemble car R² a été nettement amélioré par rapport au premier modèle (de 64,7% à 93,6%).

C'est ainsi qu'après résultats, nous avons infirmé notre hypothèse car nous avons constaté que malgré cette série néfaste d'obstacles, les IDE_ENTR arrivent quand même s'installer en RDC suite d'abord aux Revenus de facteurs des biens et services, des exportations et des importations des biens et services de la RDC.

Il est quand même important de noter que dans ce travail, il n'a pas été fait recours aux avis des investisseurs étrangers quant aux raisons qui ont motivé leurs arrivées dans l'espace économique congolais. Il serait judicieux de mener l'enquête auprès de ces firmes multinationales et de reconnaître les secteurs les plus attractifs des IDE.

Pour conclure, deux ensembles de politiques économiques pourraient être examinées en même temps. On pourrait, d'une part, examiner spécifiquement la qualité des services et l'utilisation potentielle de l'infrastructure des transport existante et d'autre part, déterminer les besoins futurs en capital de l'infrastructure des transports par rapports à la croissance potentielle de l'économie et à la distribution spatiale des activités économiques en vue d'en solliciter des aides publiques pour le développement.

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

I. OUVRAGES SELECTIFS

1. BARRO, R., (1995), « Economic growth », Mc Graw-Hill, Cambridge, MA

2. BELLOC B., 1980, Croissance économique et adaptation du capital productif, Economica, Paris

3. Bosworth et Collins (1999), «Capital flows to developing economies : Implications for saving and Investments « Brookings paper on Economic Activity : 1, Brookings Institution

4. BOUBONAIS R. (2000), Econométrie, 3ème Ed. DUNOD, Paris

5. BOURBONNAIS, R. (1998), Econométrie, manuel d'exercices et corrigés, 2ème Edition, Dunod, Paris

6. BOURGUIGNON M.J et VANSTRAELEN P., Géographie du Zaïre, 5ème année primaire, CEEC, Kinshasa, 1990 (mise à jour par TSHIMALA NGALAMULUME)

7. COMBE E., (1996) Précis d'économie ; éd. PUF, Paris

8. CEA, (2004), Les économies de l'Afrique centrale, Madrid, Espagne

9. DESSUS S. et HERRERA R., Le rôle du capital public dans la croissance des PED au cours des années 80, Document de travail N°115, juillet 1997, OCDE.

10. Généreux J., Introduction à a politique economique, Editions le Seuil, Paris

11. GUELLEC & RALE, (2003), Les nouvelles théories de la croissance, La découverte, Paris

12. GUERRIEN B., (1999), La théorie économique néoclassique : Macroéconomie et Théorie de Jeux, La Découverte, Paris

13. HEILBRONER R.et THUROW L., (1986), Comprendre la macroéconomie, 8ème ed, Economica, Paris

14. HICKS J., Capital et croissance, 1965, cité par KURODA, Président de la BAD

15. LE BOLLOCH P., LE FIBLEC Y., (1999), Economie générale, Bertrand-Lacoste, Paris

16. LE BOLLOCH P., LE FIBLEC Y., (1999), Economie générale, Ed.Bertrand-Lacoste, Paris

17. MANKIW G., (1998), Principes de l'économie, Economica, Paris,

18. MANKIW G., (2001), Macroéconomie, De Boeck, Paris

19. MARIE THEODORE et CATHY W., (1999), Croissance et développement,

20. MARKUSEN J.R.et VENABLES A.J,(1995), Multinitional Firms and the New trade theory, Nber Working Papers, 5036

21. OLOUMI Z., (1997), Financement d'une entreprise dans les PED, La Découverte, Paris

22. OMAN, C, (2000), Policycompetition for Foreign Direct Investment, OECD Development centre, Paris

23. TEULON F., (2006), Croissance, crises et développement, PUF, Paris

24. VILLIEU P., (2007), Macroéconomie investissement, éd la découverte France, Paris

II. DICTIONNAIRES

1. D'ECHAUDEMAISON C., (2003), Dictionnaire d'économie et Sciences Sociales, 6ème Ed, Nathan

2. MEUNIER ET SOLLOGOND (2003), Economie de risqué-pays, La Découverte, Paris

3. SILEM et ALBERTINI, Lexique d'économie

III. MEMOIRES ET AUTRES PUBLICATIONS

1. ALI MAAL J., (2008), Impact de l'IDE sur la croissance économique, alimaalej yahoo.fr, 12 pages

2. BEAUJOLAIS, Cours d'économétrie, Inédit, L1, FSEG, UNIGOM, 2008

3. KAMGNIA D., Le comportement d'investissement privé au Caméroun: un resserrement de la contrainte financière, en 31 pages, Yaoundé Cameroun, Mars 2002

4. KAVOTA T., (2008), Le commerce extérieur et la croissance économique en RDC : de 1990 à 2005, Mémoire, UNIGOM, 57 pages

5. KIKANDI KIUMA, Croissance et convergence des économies de la CEEAC: cas du Cameroun, du Gabon et de la RDC, Mémoire Inédit, DEA, Douala, 2004

6. KISONIA J.P, Analyse de la demande de la monnaie en RDC, de 1975-2005, Mémoire Inédit, Université de Douala, FSEGA, 2005

7. MADARIAGA N.et PONCET S.., Impact des IDE sur la croissance : Application du cas Chinois, Université de Minnesota, Mimeo, 2002

8. MAROUANE A., (2004), IDE et croissance économique : Cas de la Tunisie, Séminaire Doctoral de GDRI EMMA, Université de Nice Sofia Antipolis, en 18 pages (alaya2@caramail.com)

9. YOSHUA K., Les effets des Investissements directs étrangers et la croissance en RDC, de 1990 à 2005, Mémoire inédit, FSEG, UNIGOM, 2008

IV. NOTES DE COURS

1. BOFOYA B.K., Cours d'économétrie, L1, FSEG, UNIGOM, 2008

2. KISONIA J. P., Cours d'économétrie, L1, FSEG, ULPGL, 2009

V. ARTICLES ET AUTRES DOCUMENTS

1. CEMAFI, « Analyse des Investissements publics porteurs de croissance et les difficultés de leur financement : Etude des cas de 5 pays méditerranéens partenaire de l'UE », Rapport final du projet de recherche FEM

2. DSCRP RDC, Juillet 2006

3. FMI, Perspective de l'économie mondiale, 10 pages

4. KURODA H., Les ressorts de la croissance, N°de la BAD, 2006,

5. Loungani P. et Razin A., 2001, Finances & Développement juin 2005

6. Manuel de la balance de paiement du FMI (4ème édition 1977)

7. MORISSET J., (2000), « Foreign Direct Investment in Africa : policies Also Matter», Policy Research Working Paper N°2481

8. OCDE : « Définition de référence détaillée des investissements directs », Paris, 1983

VI. WEBOGRAPHIE

1. http:// www. umoneton.ca/cf.docs

2. http://www.anapi.org/connaître la RDC, 8 raisons d'investir

3. http// : www.anapi.org/index.html (Nous aidons à créer et développer)

4. http:// www.wikipedia.org/RDC/Historique en date du 23 mai 2009

5. http// : www.wIkipedia.org/ Connaître la RDC

6. http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm

TABLE DES MATIERES

IN MEMORIAM I

DEDICACE II

REMERCIEMENTS III

AVANT PROPOS V

ABBREVIATIONS ET SIGLES UTILISES VI

0. INTRODUCTION GENERALE 1

0.1 ETAT DE LA QUESTION 1

0.2 PROBLEMATIQUE 4

0.3 HYPOTHESES 8

0.4 METHODES ET TECHNIQUES UTILISEES 8

0.6 OBJECTIF ET INTERET DU SUJET 9

0.5 SUBDIVISION DU TRAVAIL (CANEVA) 9

CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE 11

I.1 PRECISION DES CONCEPTS 11

I.1.1 Investissement 11

I.1.1.1. L'investissement public 14

I.1.1.2. L'investissement privé 15

I.1.2 Investissement Direct à l'Etranger (IDE) 15

I.1.3 L'investisseur direct et typologie des firmes multinationales 17

I.1.4 L'entreprise d'investissements directs 18

I.2 AVANTAGES ET INCONVENIENTS DES IDE 19

I.3 LITTERATURE SUR LES IDE 21

I.5 CROISSANCE ECONOMIQUE 27

I.5.1 Notions de la croissance économique 27

I.5.1.1 Définition 27

I.5.1.2. Mesure de la croissance économique 30

I.5.1.3. Les facteurs de la croissance 31

I.5.1.4 Le rôle des facteurs 31

I.5.1.5 Introduction de progrès qualitatifs 32

I.5.1.3 Le résidu 32

I.5.1.4 Les déterminants de la croissance 33

I.5.2 Théories de la croissance 35

I.5.2.1 L'école classique 35

I.5.2.2 Schumpeter : l'innovation à l'origine de la croissance et ses cycles 35

I.5.2.3 La croissance sur le fil du rasoir : Harrod et Domar 35

I.5.2.4 Le progrès technique comme résidu : modèle de Robert Solow 36

I.5.2.5 Progrès technique : les nouvelles théories de la croissance 38

I.5.3 Conséquences de la croissance 39

I.5.4 La croissance et le développement 40

CHAPITRE II : 41

POTENTIALITES ATTRACTIVES DE LA RDC 41

II.1 POLITIQUE D'ATTRACTIVITES 41

II.1.1 Les codes d'investissements 43

II.1.2 Les politiques économiques 44

II.1.3 Les politiques monétaires 46

II.1.4 Les infrastructures 47

II.1.4.1 Les transports et voies de communication 47

II.1.4.2 Les chemins de fer 48

II.1.4.2 Les Chemins de fer complétant le réseau fluvial. 48

II.1.4.3 Poste et télécommunication 49

II.1.5 Ressources naturelles 49

II.1.6 Ressources minières 52

II.1.7 Agriculture 54

II.1.8 Ressources Humaines 56

II.2 SITUATION MACRO-ECONOMIQUE DE LA RDC 57

II.2.1 La croissance économique en RDC 57

II.2.1.1 La période 1967 - 1974 57

II.2.1.2 La période 1975 - 1982 57

II.2.1.2 Les périodes 1983 ~ 1990 et 1991 - 2000 58

II.2.2 La situation économique actuelle du pays 58

II.2.3 Les indicateurs sociaux 59

II.2.3.1. La pauvreté en RDC 59

II.2.3.2 La santé 59

II.2.3.2 L'éducation 60

II.3 LES OBSTACLES A L'ENTREE DES IDE EN RDC 60

II.3.1 Instabilité Politique 60

II.3.1.1 La corruption 61

II.3.1.3. L'instabilité et déficit monétaire 63

II.3.1.4. Un pays à forte dépréciation monétaire 64

II.3.1.5 Instabilité politique 65

II.3.2 Problèmes de la RDC pour sa gouvernance 65

II.3.3 Politique d'endettement de la RDC 66

II.3.4 Politique budgétaire : l'effondrement des dépenses publiques 66

II.4 AUTRES PROBLEMES DE LA RDC 67

CHAPITRE III : 70

ANALYSE DES EFFETS DETERMINANT LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS DU COMITE D'AIDE AU DEVELOPPEMENT EN RDC : DE 1985 A 2005 70

III.1 CONSIDERATIONS METHODOLOGIQUES 70

III.1.1 Types des données 70

III.2 PRESENTATION DU MODELE D'ETUDE 71

III.2.1 Notions de modèle 71

IIII.2.2 Essai de modélisation économétrique et spécification du modèle 72

III.3 PROCEDURE D'ESTIMATION DU MODELE DES DETERMINANTS DES IDE_ENTR EN RDC 76

III.3.1 Stationnarités des variables 76

III.3.1.1 Notions 76

III.3.1.2 Procédure et application du test de stationnarité 77

III.3.1 Le test de co-intégration 79

III.4 PRESENTATION DES RESULATATS DE L'ESTIMATION DE DETERMINANTS DES IDE_ENTR EN RDC 81

III.4.1 Résultats sur les déterminants des IDE_ENTR en RDC 81

III.4.1.1 Les résultats des régressions 81

CONCLUSION GENERALE 85

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE 88

TABLE DES MATIERES 92

* 1 D. KAMGNIA, Le comportement d'investissement privé au Caméroun: un resserrement de la contrainte financière, en 31 pages, Yaoundé Cameroun, Mars 2002

* 2 A.MAROUANE, (2004), IDE et croissance économique : Cas de la Tunisie, Seminaire Doctral de GDRI EMMA, Université de Nice Sofia Antipolis, en 18 pages (alaya2@caramail.com)

* 3 N. MADARIAGA et S. PONCET., Impact des IDE sur la croissance : Application du cas Chinois, Université de Minnesota, Mimeo, 2002

* 4 S. DESSUS et R.HERRERA, Le rôle du capital public dans la croissance des PED au cours des années 80, Document de travail N°115, juillet 1997, OCDE.

* 5 K. YOSHUA, Les effets des Investissements directs étrangers et la croissance économique de la RDC, Mémoire inédit, UNIGOM, 2008

* 6 ALI MAAL J., (2008), Impact de l'IDE sur la croissance économique, alimaalej yahoo.fr, 12 pages

* 7 OMAN, C, (2000), Policycompetition for Foreign Direct Investment, OECD Development centre, Paris

* 8 J.R. MARKUSEN et VENABLES A.J,(1995), Multinitional Firms and the New trade theory, Nber Working Papers, 5036

* 9 C. OMAN, (2000), Op. Cit.

* 10 DSCRP RDC, Juillet 2006, p.61

* 11 Cité par T.KAVOTA, (2008), Le commerce extérieur et la croissance économique en RDC :de 1990 à 2005, Mémoire, UNIGOM, 57 pages

* 12 RDC, Code d'investissements, Loi n°004 du 21 février 2002, 7 pages

* 13 Tel que cité par J.P KISONIA, Analyse de la demande de monnaie en RDC, de 1970 à 2005, Mémoire Inédit, Université de Douala, FSEGA, 2006

* 14 R. HEILBRONER et L.THUROW, (1986), Comprendre la macroéconomie, 8ème ed, Economica, Paris, p.235

* 15 E. COMBE, (1996) Précis d'économie ; éd. PUF, Paris, PP 25-26

* 16 SILEM et ALBERTINI, Lexique d'économie, p.399

* 17 COMBE E., Op. Cit, p.28

* 18 OLOUMI Z., ( 1997), Financement d'une entreprise dans les PED, La Découverte, Paris, p.17

* 19 E. COMBE, Op. Cit p.28

* 20 www. umoneton.ca/cf.docs

* 21 R.D.C, Code des investissements, Loi n°004 du 21 février 2002

* 22 OCDE : « Définition de référence détaillée des investissements directs », Paris, 1983

* 23 Manuel de la balance de paiement du FMI (4ème édition 1977)

* 24 E. TOUSSAINT, A. ZACHARIE, Op. Cit. P. 205

* 25 Bosworth et Collins (1999), «Capital flows to developing economies : Implications for saving and Investments « Brookings paper on Economic Activity : 1, Brookings Institution, pp 69-143

* 26 Fontagné L. et Pajot M., (1999)

* 27 Loungani P. et Razin A., 2001, Finances & Développement juin 2005 ; p8

* 28 Loungani P. et Razin A., opcit, p16

* 29 H. KURODA, Les ressorts de la croissance, N°de la BAD, 2006, pp.7-19

* 30 S. KUZNETS cité par MARIE THEODORE et CATHY W., (1999), Croissance et développement,

APE, Paris, p.4

* 31 MONTOUSSE, Op. Cit P.65

* 32 VILLIEU P., (2007), Macroéconomie investissement, éd la découverte France, P.98

* 33 BARRO, R., (1995), « Economic growth », Mc Graw-Hill, Cambridge, MA

* 34 P. VILLIEU, Idem. P. 98

* 35 MONTOUSSE M., Op. Cit P.81

* 36 J. HICKS, Capital et croissance, 1965, cité par KURODA, Président de la BAD

* 37 C. D'ECHAUDEMAISON, (2003), Dictionnaire d'économie et Sciences Sociales, 6èmeEd, Nathan, P.123

* 38 FMI, Perspective de l'économie mondiale, 10 pages

* 39 J. genereux, Introduction à a politique economique, Editions le Seuil, Paris, p. 95

* 40 LE BOLLOCH P., LE FIBLEC Y., (1999), Economie générale, Bertrand-Lacoste, Paris, , P.160

* 41 F. TEULON, (2006), Croissance, crises et développement, PUF, Paris Pp 104-105

* 42 B. BELLOC, 1980, Croissance économique et adaptation du capital productif, Economica, Paris, P.161

* 43 F. TEULON, (2006), Op.Cit. P.107

* 44. B.GUERRIEN, (1999), La théorie économique néoclassique : Macroéconomie et Théorie de Jeux, La Découverte, Paris, p 43

* 45Idem, p 53

* 46G.MANKIW, (2001), Macroéconomie, De Boeck, Paris, p 95

* 47 B. GUERRIEN., op.cit5, p.53

* 48 GUELLEC & RALE, (2003), Les nouvelles théories de la croissance, La découverte, Paris, p 75

* 49 MANKIW G., (1998), Principes de l'économie, Economica, Paris, , p 657

* 50 P.LE BOLLOCH, LE FIBLEC Y., (1999), Economie générale, Ed.Bertrand-Lacoste, Paris, Pp 158-159

* 51 CEMAFI, « Analyse des Investissements publics porteurs de croissance et les difficultés de leur financement : Etude des cas de 5 pays méditerranéens partenaire de l'UE », Rapport final du projet de recherche FEM, p.40

26. http://www.anapi.org/connaître la RDC, 8 raisons d'investir

* 52 RDC, Code d'investissement, loi N°004 du 21 février 2002 en 7 pages

* 53 www.anapi.org/index.html (Nous aidons à créer et développer)

* 54 DSCRP, RDC, juillet 2006, p.65

* 55 M.J. BOURGUIGNON et VANSTRAELEN, Operate citate, pp56-59

* 56 M.J. BOURGUIGNON et VANSTRAELEN, Operate citate, p.59

* 57 M.J. BOURGUIGNON et VANSTRAELEM, Géographie du Zaïre, CEEC, Kinshasa, 1990, pp 36-41 (Mise à jour par TSHIMALA)

* 58 BOURGUIGNON Et VANSTRAELEN P., Géographie du Zaïre, 5ème année primaire, CEEC, Kinshasa, 1990, pp. 30-35 (mise à jour par TSHIMALA NGALAMULUME)

* 59 KIKANDI KIUMA, Croissance et convergence des économies de la CEEAC: cas du Cameroun, du Gabon et de la RDC, Mémoire Inédit, DEA, Douala, 2004, p. 19

* 60 CEA, Les économies de l'Afrique centrale, Madrid, 2004, p.270

* 61 J. MORISSET, (2000), « Foreign Direct Investment in Africa : policies Also Matter», Policy Research Working Paper N°2481

* 62 MEUNIER ET SOLLOGOND (2003), Economie de risqué-pays, La découverte, Paris.

* 63 http:// www.wikipedia.org/RDC/Historique en date du 23 mai 2009

* 64 Cfr www.wkipedia.org/ Connaître la RDC

* 65 www.wikipedia.org/RDC/Histoire de la RDC

* 66http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm

* 67 Cfr E. Borestensztein, J.DE GREORIO, and LEE (1990), op.cit p.315)

* 68 http://www.oecd.org/dev/pub/tp1a.htm

* 69

* 70 Toutes ces variables sont repises dans le Tableau n°1

* 71 BOURBONNAIS, R. (2000), Econométrie, 3ème édition, Dunod, Paris

* 72 Cités J.P KISONIA, Op.cit, p. 4

* 73 BOURBONNAIS, R. (1998), Econométrie, manuel d'exercices et corrigés, 2ème Edition, Dunod, Paris

* 74 Idem, p.4

* 75 Le choix des données a été principalement fait selon la disponibilité des données en annexe.

* 76 Cités par S. LARDIC et V. MIGON (2002), Econométrie des séries temporelles macroéconomiques et financières, Economica, Paris, 1998, P. 121.

* 77 Cfr J.P KISONIA, Cours d'économétrie, ULPGL, L1, FSEG, 2009

* 78 Idem

* 79 BOFOYA K. B., Cours d'Econométrie, L1, FSEG, UNIGOM, 2008

* 80 Tous les tableaux qui suivent et se trouvant en annexe ont été élaborés par nos soins grâce à l'analyse de données







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