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La gestion de l'eau au Bénin et ses impacts environnementaux. Cas de l'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa

( Télécharger le fichier original )
par Coovi Ledestin Juvénal HOUSSOU
Université d'Abomey- Calavi Bénin - Maà®trise professionnelle en gestion de l'environnement 2010
  

Disponible en mode multipage

Université d'Abomey-Calavi(UAC)

***********

Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines
(FLASH)
******************

Département de Géographie et Aménagement du Territoire
(DGAT)

***********************

Mémoire de maîtrise professionnelle Option : Gestion de l'environnement

DEDICACE

Je dédie ce mémoire d mes yarents your

Ceur soutien inconditionneC~ Que Dieu Ceur

accorde Ca Congévité your jouir des fruits de

Ceurs sacrifices !

REMERCIEMENTS

A la fin de la présente formation, je m'en voudrais de ne pas remercier le Département de Géographie et de l'Aménagement du Territoire (DGAT), de l'Université d'Abomey-Calavi (UAC), pour avoir initié la présente formation qui nous a permis de renforcer nos capacités d'intervention dans le domaine de la gestion de l'environnement. Mes remerciements vont également à tous les différents professeurs qui ont accepté, malgré les heures indues, d'animer les différentes sections de la formation.

Ce mémoire a été réalisé avec l'aide, le soutien et l'encadrement de certaines personnes. Qu'elles trouvent ici l'expression de ma profonde gratitude. Il s'agit notamment de :

· mon maître de mémoire, Maître-Assistant Expédit W. VISSIN : malgré ses multiples occupations académiques et professionnelles, il a fait montre d'une disponibilité inespérée pour me conseiller ;

· Messieurs et Mesdames les responsables de la Direction générale de l'Eau et de la direction départementale de l'énergie et de l'eau du Mono-Couffo , les Chefs des services techniques des Mairies de Lokossa, Houéyogbé et d'Athiémé, les cadres du programme PADDPA qui n'ont ménagé aucun effort pour m'aider au cours de mes enquêtes dans le cadre de cette recherche ;

· Jérôme DEGBE, Fêmi COCKER, Edid A. AMOUZOUNVI et Martinien DHOSSOU pour leur soutien et divers appuis

· Tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cette recherche.

SOMMAIRE

DEDICACES 2

REMERCIEMENTS 3

SOMMAIRE 4

SIGLES ET ABREVIATIONS 5

AVANT- PROPOS 7

RESUME 8

INTRODUCTION 9

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE ET DEMARCHE METHODOLOGIQUE 12

CHAPITRE II : PRESENTATION DU CADRE D'ETUDE ET ETAT DES RESSOURCES EN EAU 25

CHAPITRE III : STRATEGIES DE GESTION DE L'EAU ET LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX LIES A LA GESTION DE L'EAU 51

CHAPITRE IV : PRATIQUES ENDOGENES ET PROPOSITIONS DE MESURES POUR UNE
MEILLEURE GESTION DE L'EAU 75

CONCLUSION 89

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 91

ANNEXES 96

LISTE DES TABLEAUX 109

SIGLES ET ABREVIATIONS

ASECNA : Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne

AUE : Association des Usagers de l'eau

CeCPA : Centre Communal pour la Promotion Agricole

CENATEL : Centre National de Télédétection

CeRPA : Centre Régional pour la Promotion Agricole

CIENI : Centre International d'Études, de Négoce et d'Investissement d'Abidjan

CPU : Collège Polytechnique Universitaire

DDMEE : Direction Départementale des Mines de l'Energie et de l'Eau FLASH : Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

FSA : Faculté des Sciences Agronomiques

GIRE : Gestion Intégrée des ressources en Eau

INSAE : Institut National des Statistiques et de l'Analyse Economique

PADDPA : Programme d'Appui au Développement Participatif de la Pêche Artisanale

PNE : Partenariat National pour l'Eau

SH : Service de l'hydraulique (ancienne appellation des services de l'Eau actuels

UAC : Université d'Abomey - Calavi

UNAPECAB : Union Nationale des Pêcheurs Continentaux et Assimilés du Bénin

AVANT- PROPOS

La présente étude s'inscrit dans le cadre du mémoire de Maîtrise Professionnelle en Gestion de l'Environnement. Cette formation est organisée par le Département de Géographie et d'Aménagement du Territoire de la Faculté des Lettres Arts et Sciences Humaines de l'Université d'Abomey-Calavi (DGAT/FLASH/UAC).

En effet, créé depuis 1997, le cycle des maîtrises professionnelles offre aujourd'hui aux étudiants neuf filières de formation au nombre desquelles figure la gestion de l'environnement. Cette formation pluridisciplinaire de second cycle est couronnée par un stage pratique d'au moins six (06) mois dans une structure technique appropriée.

Dans le présent cas, c'est le Service de l'Eau de la Direction Départementale de l'Energie et de l'Eau du Mono-Couffo (DDEE-M/C), structure déconcentrée du Ministère de l'Energie et de l'Eau (MEE) qui a servi de cadre de stage. Ce service se charge de l'approvisionnement en eau potable des populations rurales et périurbaines et du suivi des ressources en eau souterraine. Le choix porté sur le service de l'Eau s'explique par son lien avec le sujet de notre étude intitulée : «La gestion de l'eau au Bénin et ses impacts environnementaux : cas de l'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa ». Cette étude ambitionne d'apporter une contribution à l'évolution de la recherche scientifique et de faire des propositions pour l'amélioration de la gestion des eaux dans la commune de Lokossa.

RESUME

La méconnaissance de l'ampleur des impacts environnementaux des différents modes de gestion de l'eau est un frein au développement local, notamment dans les pays africains. Ainsi, la présente recherche vise à étudier les impacts environnementaux des stratégies de gestion de l'eau dans la commune de Lokossa en particulier dans l'arrondissement de Houin. Pour atteindre cet objectif, l'approche adoptée repose sur l'échantillonnage à partir de la méthode aléatoire. La collecte des données a été réalisée à l'aide de la documentation existante, l'enquête de terrain et l'observation. Le traitement des données a été fait grâce aux divers logiciels de traitement de texte et de données de Microsoft Office 2007et du logiciel Arc-View. Il en ressort que la gestion actuelle des eaux affecte l'intégrité et la beauté du cadre de vie, la pérennité de la fourniture d'eau potable et conduit à une diminution progressive des revenus de la population. Il importe donc qu'une forte mobilisation soit réalisée à tous les niveaux pour un accès généralisé, rationnelle et sécurisé à l'eau pour un développement local réel.

Mots clés : Arrondissement de Houin - gestion des ressources en eau - impacts environnementaux - développement local.

ABSTRACT

Ignorance of the extent of environmental impacts of different modes of water management is an obstacle to local development, particularly in African countries. Thus, this research aims to study the environmental impacts of management strategies for water in the commune of Lokossa particularly in the district of Houin. To achieve this objective, the approach based on sampling from the random method. Data collection was performed using the existing literature on the subject, field survey and observation. Data processing was done through various software for word processing and data from Microsoft Office 2007and software Arc-View. It appears that the current management of water affects the integrity and beauty of landscape, sustainability of the supply of drinking water and led to a gradual decrease in the population's incomes. It is therefore important that a strong mobilization is performed at all levels for general access, efficient and secure access to water for a real local development.

INTRODUCTION

La question de l'eau est l'une des questions les plus stratégiques de notre temps et les plus difficiles parce qu'elle est associée à la vie et qu'elle n'est pas le produit de l'homme (TAZI SADEQ, 1998). Les usages de l'eau sont multiples et couvrent la totalité de l'activité humaine (AGCD, 1982). Il importe donc de circonscrire l'ampleur des impacts de la gestion de l'eau sur la population humaine puisqu'il est paradoxal de comprendre que l'eau dite `'source de vie» est actuellement la première cause de mortalité dans le monde à cause du manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement (CAMDESSUS et al., 2004). Ainsi donc, la gestion de l'eau est la source de nombreux problèmes sur la planète.

Au Proche Orient, par exemple, la pénurie d'eau est une réalité qui alimente aussi les tensions. Dans cette région, on est passé d'une situation de stress hydrique à une situation de pénurie, qui pourrait bien à l'avenir s'accentuer et devenir critique. La résolution des questions liées à l'usage de l'eau conditionne en partie les espoirs de paix. L'Etat hébreu n'a guère de ressources propres en eau, si ce n'est les nappes phréatiques palestiniennes de Cisjordanie qu'il exploite illégalement pour son propre profit. Il dépend essentiellement du Jourdain et de sources situées au Liban et en Syrie. Pour Israël, la protection « militaire » de ces sources d'approvisionnement n'est pas un vain mot (REKACEWICZ et DIOP, 2008). C'est pour régler ces genres de problèmes que dans l'espace politique européen, la mise en oeuvre progressive d'une Directive Cadre sur l'Eau retient l'attention pour les deux prochaines décennies. Cette Directive tente d'organiser de manière harmonieuse l'amélioration de la qualité des eaux destinées à l'alimentation des populations, le renforcement des normes environnementales, la protection des milieux naturels et une plus grande transparence dans les modalités de la gestion de la ressource : généralisation du

principe pollueur-payeur, gestion collective à l'échelle des grands bassins versants, récupération des coûts, transparence de la gestion des services d'eau, en particulier pour les services concédés au privé (VERVIER, 2004). En Afrique par contre, la gestion collective des risques naturels (inondations, sécheresse, salinisation des ressources souterraines) n'est pas encore une réalité et les populations continuent de lutter localement contre ces phénomènes sans grands succès.

Au cours de ces trente dernières années, les sécheresses et les inondations ont été à la fois plus fréquentes et plus sévères, entraînant des conséquences néfastes pour les écosystèmes. Le continent africain a été touché par près d'un tiers des catastrophes naturelles liées à l'eau qui se sont produites dans le monde (BOUGUERRA, 2003). Toutefois, l'Afrique est perçue comme le domaine de sécheresse alors que c'est l'excès d'eau qui pose problème (PLOYE, 2005). L'absence de politique concertée d'une gestion intégrée des ressources en eau dans la plupart des pays africains, fait de cette ressource l'une des principales causes des nuisances aux conditions de vie des populations des villes et des villages. Les problèmes d'inondation, d'érosion, d'assainissement et de maladies hydriques en sont les principales manifestations.

L'enjeu de la maîtrise de l'eau et de sa gestion avec efficacité et équité est planétaire. Toutefois, c'est à l'échelle locale que se gère l'eau (GIROULT et SEUX, 2002). C'est dans ce contexte sociétal que s'inscrit la rédaction du mémoire intitulé : «La gestion de l'eau au Bénin et ses impacts environnementaux : cas de l'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa ». Le présent document s'articule autour de quatre chapitres :

- le deuxième présente le cadre de l'étude et fait l'état des ressources en eau de l'arrondissement ;

- le troisième évalue les impacts liés aux stratégies de gestion de l'eau ;

- le dernier énumère les différentes stratégies endogènes d'adaptation et d'atténuation des impacts des populations et propose des mesures pour une meilleure gestion des ressources en eau.

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE

Tout programme de recherche doit être précédé de l'élaboration du cadre théorique à travers la documentation, la justification du choix du sujet, des méthodes de collecte, de traitement, d'analyse et d'interprétation des données. C'est le but que vise le présent chapitre.

1.1 Revue de la littérature et cadre théorique de la question 1.1.1. Clarification de quelques concepts

DURKHEIM (1986) a rappelé la nécessité pour le savant de définir les choses dont-il traite afin que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question. Cette vision à faciliter la conception de la présente rubrique qui s'inspire des points de vue de certains organismes et auteurs pour élucider quelques concepts.

1.1.1.1. Impact environnemental

Un impact environnemental est un`' changement d'un paramètre

environnemental, sur une période de temps déterminée et dans une aire définie, qui résulte d'une activité particulière, si comparé à la situation qui aurait lieu si l'activité n'existait pas» (WATHERN, 1988). Autrement dit l'impact environnemental `'désigne l'ensemble des modifications qualitatives, quantitatives et fonctionnelles de l'environnement (négatives ou positives) engendrées par un projet, un processus, un procédé, un ou des organismes et un ou des produits» (Définition de l'encyclopédie libre WIKIPEDIA). L'environnement comprenant aussi bien l'environnement biophysique et (ou) social causé ; l'aspect biophysique concerne tous les organismes vivants et le milieu physique naturel qui les soutient (terrestre, aquatique et atmosphérique) et l'aspect social porte sur la santé, la sécurité et le bien être des êtres humains.

1.1.1.2. Gestion de l'eau

L'eau est `'multidimensionnelle, complexe et en interaction avec d'autres ressources naturelles, les différents milieux et les communautés» (TAZI SADEQ, 1998). L'eau est donc une ressource multidimensionnelle dont les aspects sont variables lors des différentes étapes de son perpétuel cycle. Il importe alors qu'une réelle gestion doit englober toutes les étapes du cycle de l'eau comme tenu de leur interdépendance et de l'unicité même de la ressource eau. Les interactions entre les différentes phases sont profondes mais leurs caractéristiques sont très différentes et doivent être bien comprises pour apprécier les spécificités d'une gestion durable des eaux (MARTIN, 1996). Ainsi donc les différentes phases du cycle de l'eau révèlent que les sources d'eau sont au nombre de trois (KOUTOUDIO, 2004):

- les ressources en eau atmosphérique

- les eaux de surface

- les eaux souterraines.

La gestion de l'eau est donc entendue comme la gestion des eaux pluviales, des eaux de surface et des eaux souterraines. L'interaction des ressources en eau avec d'autres ressources naturelles et les différents milieux écologiques ont conduit à une prise de conscience internationale de la nécessité d'associer à la gestion des ressources en eau la prise en compte de la dimension environnementale de l'eau d'où la naissance du concept de gestion intégrée des ressources en eau.

1.1.1.3. Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE)

Ce concept qui est apparu dans les pays du Nord dans les années 80, n'a été consacré au plan international qu'à la suite des conférences internationales sur l'eau et l'environnement qui se sont tenues à Dublin et Rio de Janeiro en 1992. Mais le concept et sa mise en application n'avaient pas été clarifiés en détails.

Que faut-il intégrer et comment procéder à cette intégration? Ainsi, plusieurs définitions ont été proposées. AGARWAL, delos AGELES, BHATIA et al. (2000) ont définit la GIRE comme un processus qui favorise le développement et la gestion coordonnés de l'eau, des terres et des ressources connexes, en vue de maximiser, de manière équitable, le bien-être économique et social en résultant, sans pour autant compromettre la pérennité d'écosystèmes vitaux. Pour l'USAID des Etats-Unis : «La gestion intégrée des ressources en eau est un processus participatif de planification et de mise en oeuvre, fondé sur des données scientifiques solides, qui permet aux parties prenantes de déterminer ensemble comment répondre aux besoins à long terme de la société en matière de gestion des ressources en eau et des ressources côtières, tout en préservant les services écologiques essentiels et les avantages économiques. La gestion intégrée des ressources en eau contribue à protéger l'environnement mondial, favorise la croissance économique et le développement agricole durable, encourage la participation démocratique à la gouvernance et améliore la santé humaine»

Ces deux définitions mettent l'accent sur la non dissociation désormais de la gestion de l'eau des paramètres environnementaux dans un concept de développement durable.

1.1.2. Point des connaissances

De nombreuses études ont porté d'une manière ou d'une autre sur la gestion des
ressources en eau et (ou) ses impacts environnementaux. Quelques-unes de ces
études sont mises en relief afin de nous y appuyer pour mener à bien notre étude.

Les approches globales, cohérentes, concertées, intégrées, sont les mots-clés de
la mise en oeuvre de stratégies pertinentes et durables de gestion des eaux
pluviales (LAMI et al., 2006). Des études menées dans la région de Rhône-

Alpes en France sur les stratégies et techniques pour une meilleure gestion des eaux pluviales par LAMI et al., (2006) ont souligné l'importance de la maîtrise des eaux pluviales pour les élus locaux dans la planification et l'aménagement de leur territoire. Ils ajoutent aussi que l'un des enjeux de la gestion des eaux pluviales est la maîtrise des risques environnementaux. Pour ce faire, les interventions sur le cycle de l'eau et des aménagements spécifiques s'avèrent nécessaires. Pour la mise en oeuvre de ces interventions et aménagements, ABOKI J. (2006) dans le cadre d'une étude réalisée sur les eaux de ruissellement dans la conurbation Abomey-Bohicon, a présenté les travaux de l'ONG internationale `'ECOCITE» qui a fait réaliser une maquette en terre stabilisée par du ciment pour les deux communes. Cette maquette est un outil de visualisation qui doit faciliter le diagnostic et la concertation autour des eaux de ruissellement en vue de la mise en oeuvre des moyens de lutte contre l'érosion. La mise en oeuvre des moyens de lutte et de valorisation des eaux pluviales nécessite des populations, des élus locaux et des autorités gouvernementales un engagement participatif. L'implication et l'adhésion des populations à la base sont essentielles à tout programme de gestion des eaux pluviales, par exemple MIETTON M. (1986), lors d'une étude réalisée sur les méthodes et l'efficacité de la lutte contre l'érosion hydrique au Burkina, a constaté que la lutte contre l'érosion fut initialement le fruit d'efforts locaux. Une autre étude réalisée dans le même pays par ROOSE et al., (2002) sur les effets des actions incitatives de lutte contre l'érosion a conclu que les mesures les plus efficaces sont celles qui rendent les cultivateurs capables d'atteindre l'autonomie . Ces mêmes mesures peuvent avoir une influence positive sur le développement rural par l'extension des techniques de gestion agricole de l'eau, de la biomasse et de la fertilité des sols.

Il importe aussi de valoriser les eaux de pluviales car ceci contribue énormément à une meilleure gestion intégrée des eaux de surface.

Étant donné les nombreux bienfaits que nous procurent les eaux de surface sur les plans social, économique et environnemental, il est du devoir de tous de s'assurer de leur intégrité écologique. Mais malheureusement de nombreuses études menées jusqu'à ce jour sur de nombreux plans et cours d'eau ont montré que non seulement leur intégrité écologique mais surtout leur survie est menacée. Par exemple les études réalisées par FREDETTE en 2007 dans la région de Val-des- Monts au Québec sur la gestion des lacs de la zone ont expliqué les principaux problèmes affectant les lacs, ainsi que les causes et conséquences associées à ceux-ci. Des solutions ont été alors proposées aux autorités dans une approche « lac par lac », notamment l'utilisation d'outil composé des modèles de capacité de support des lacs afin de s'assurer que le bon développement soit fait à la bonne place. De même une autre étude menée sur la dynamique hydro-sédimentaire et les mutations des écosystèmes du lac Ahémé par AMOUSSOU en 2003 a présenté les systèmes traditionnels de gestion de ce lac qui sont basés sur les coutumes des populations. Face à la baisse de production halieutique du lac, le renforcement et la surveillance rigoureuse des stratégies endogènes positives et leur combinaison aux technologies de la production halieutique sont des approches d'une gestion intégrée et la durabilité des ressources halieutiques du lac Ahémé. AHOUANSOU MONTCHO S. (2003) est parvenu aux mêmes constats au terme de son étude réalisée sur l'écologie et la production du lac Toho au Bénin. Il propose l'élaboration et la bonne application d'un plan d'aménagement et de gestion rationnelle du lac.

Mais compte tenu de l'unicité de l'eau, la gestion des eaux de surface est intimement liée à celle des eaux souterraines. C'est pourquoi REKACEWICZ et DIOP (2008) précise que l'eau, dont la caractéristique est de se mouvoir rapidement en surface ou en sous-sol, est une ressource matérielle qui, à la différence de beaucoup d'autre, est découplée de la géographie politique. Elle est donc avant tout une ressource partagée qui nécessite une gestion

transfrontalière commune. « L'usage que l'on peut faire de l'eau en un lieu donné dépend de celui qui est fait en d'autres lieux (...) Elle fait fi des frontières qu'elle franchit sans passeport », rappellent WATKINS et GHOSH (2006).

La gestion des eaux souterraines est souvent considérée sous deux aspects : la gestion des aquifères et celle des ouvrages d'exploitation de ces nappes souterraines.

Ainsi pour BAHIR et MENNANI (2002), la gestion de l'eau souterraine s'applique à l'échelle du système de ressource en tant qu'un bien commun offert et déterminé par les conditions naturelles. Ce qui implique une condition entre les objectifs d'exploitation et les objectifs d'allocation et de conservation de la ressource dans l'intérêt général. Comme l'eau souterraine est interdépendante de 1'eau de surface, sa gestion s'intègre dans la gestion des eaux comme un tout. Une étude réalisée par BAHIR et MENNANI (2002), sur la problématique de la gestion des eaux souterraines au Maroc révèle le risque de pénurie absolue d'eau d'ici à 2025 si rien n'est fait pour mettre en concordance l'épuisement des ressources en eau avec l'accroissement de la demande en eau tous usages confondus. L'autre défi de la gestion de cette ressource est la dégradation des ressources en eau qui subissent différentes formes de pollution. De même, les travaux d'AUBRIOT (2006) sur les eaux souterraines et les eaux de surface en Inde du Sud soulignent la nécessité pour l'état, fournisseur d'eau, d'assurer aussi son rôle de protecteur de cette ressource précieuse afin d'en assurer l'accès équitable à toutes les couches de la population. Par contre le rapport de synthèse de la Direction de l'Hydraulique du Bénin (1999) sur la vision nationale de l'eau en 2025 a posé trois problèmes majeurs actuels du secteur de l'eau au Bénin. Il s'agit de la faible mobilisation sociale, du faible niveau de connaissance des ressources en eau disponible et de la dégradation relativement rapide des différents écosystèmes. Ce rapport préconise alors entre autres solutions, l'amélioration de la connaissance des ressources en eau souterraines et la prise

ne compte de la dimension environnementale dans la gestion des ressources pour pouvoir maîtriser les risques environnementaux.

Une bonne gestion des ressources souterraine doit s'intéresser à la gestion des équipements d'exploitation de ces nappes. Ainsi plusieurs auteurs se sont intéressés à la gestion de ces ouvrages dans beaucoup de pays. HOUNMENOU (2006) ayant effectué une étude sur la « Gouvernance de l'eau potable et dynamiques locales en zone rurale au Bénin », a conclu que la pratique de vente de l'eau (valorisation par le prix), est une réalité importée en zone rurale. Traditionnellement, l'eau n'est pas un bien marchand dans les villages et ne peut être échangée contre de la monnaie. La mise en oeuvre de cette forme de valorisation constitue dans plusieurs villages, une révolution à laquelle certains ménages ont, au départ, du mal à adhérer. Ils assimilent les organisations mises en place par les usagers de l'eau (AUE, comité de gestion) à des entreprises sociales de l'eau en milieu rural béninois. Mais cette gestion communautaire a montré ses limites et plusieurs se sont engagés dans un processus de réforme et de professionnalisation de la gestion de ces ouvrages, en témoigne l'article de DIOUF sur la gestion des forages ruraux au Sénégal, publié en 2006. Cet articule présente les résultats d'un projet de réforme de la gestion des forages ruraux qui a généré 1,6 milliard d'épargne locale en 3 ans.

En dehors de tout ce qui précède, LE BARBE et al. (1993), ont fait l'inventaire des ressources en eau de surface et évalue les paramètres nécessaires à leur mise en valeur.

Pour l'essentiel, les différents ouvrages ont abordés de façon globale la question de la gestion des ressources en eau, ce qui a permis de mieux cerner certains points clés et de mieux circonscrire le sujet. Il est donc clair que des études spécifiques sur la gestion de l'eau et ses impacts environnementaux n'ont pas été

effectuées dans cette localité. Les recherches envisagées dans le cadre du présent mémoire, permettront d'évaluer les effets de la mauvaise gestion des eaux sur le développement de la localité et de proposer des stratégies de gestion efficace afin de réduire les impacts environnementaux néfastes dues à l'absence ou la mauvaise gestion de la ressource.

1.2. Problématique et justification

La vie sur terre est possible grâce à l'existence de certaines ressources vitales dont l'eau, denrée de grande importance pour les êtres vivants. L'eau, une ressource salvatrice mais aussi destructrice puisqu'elle est à l'origine de plusieurs maladies et de conflits meurtriers. De même paradoxalement l'eau est souvent victime du gaspillage des usages humains et des atteintes à sa qualité. Ainsi donc depuis quelques décennies, la prise de conscience se généralise quant à la mauvaise gestion de la ressource eau. Il n'est plus un secret pour personne que la mauvaise utilisation de l'eau dégrade les conditions de vie des générations présentes et hypothèque celles des générations futures.

Le Bénin à l'instar des autres pays de la planète, s'est engagé à travers les principes directeurs de la Déclaration de Dublin (1992) et de Rio (1992), dans la mise en oeuvre de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).

Cet engagement fut confirmé en 1998 à travers la Déclaration de Kouhounou qui considère la GIRE comme partie intégrante des plans de développement du pays pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.

Dans la commune de Lokossa, le sigle GIRE intègre de plus en plus les discours tant des services déconcentrés et projets de l'état (DDMEE, CeRPA, PADDPA, DEPN) que de certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG).Nonobstant cet état de chose, l'eau prise dans son ensemble ne connaît pas encore d'actions coercitives pour sa bonne gestion. De plus toute l'attention

reste jusque là focalisée sur les captages de la ressource pour l'approvisionnement des populations en eau potable.

L'eau joue un rôle déterminant pour le développement. Il est indispensable d'accroître les investissements en faveur de la mise en valeur et de la gestion des ressources en eau.

VERVIER (2004) a démontré que la population mondiale ayant triplée au cours du 20ème siècle, l'utilisation des ressources renouvelables est devenue six fois plus importante. La question de l'eau apparaît comme un des grands enjeux politiques du 21ème siècle. Selon cet auteur, la crise mondiale de l'eau, est caractérisée par le fait que plus d'un milliard de personnes ont un accès insuffisant à l'eau potable salubre et que la moitié de la population mondiale ne dispose pas de l'assainissement approprié. L'accès à l'eau potable pour le plus grand nombre, la sécurisation des ressources souvent surexploitées et mal gérées, les problèmes de pollution dus à l'urbanisation, un développement industriel sans précédent dans les pays dits "émergents" sont autant de défis majeurs pour la gouvernance mondiale. Si les gouvernants ne prennent pas suffisamment de gardes fous, les stratégies de gestion actuelle de l'eau risquent de compromettre la vie des générations futures. Au Bénin, par exemple, toutes les dispositions doivent donc être prises pour que la loi sur l'eau soit fonctionnelle dans toutes ses dimensions.

La satisfaction des besoins en eau est non seulement fonction de sa disponibilité, mais aussi de sa qualité, fer de lance du développement économique et de l'épanouissement de l'Homme. Mais il se trouve que les ressources hydrographiques sont inéquitablement réparties dans l'espace. L'eau est abondante dans certains endroits et sous plusieurs formes, mais bien rare dans d'autres.

L'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa, cadre physique de la présente étude est un milieu heureusement pourvu des différentes types de ressources en eau mais qui paradoxalement est au centre de la préoccupante question des effets destructeurs de la gestion des eaux. Il ne suffit donc pas de disposer aujourd'hui de l'eau pour s'en estimer heureux !

Dans la commune de Lokosssa et particulièrement dans l'arrondissement de Houin, l'état de la ressource et sa reconstitution ne fait l'objet d'aucune inquiétude d'envergure. La gestion des eaux pluviales et des eaux de surface reste reléguée au second plan. Cet état de choses est source de sérieuses nuisances à l'environnement et affecte les conditions de vie des populations. L'arrondissement de Houin dont le taux de desserte en matière d'approvisionnement en eau potable est de 232.5% en 2008 (DDMEE, 2008) ne devrait plus avoir de problème d'eau potable d'ici l'horizon 2025. Mais la mauvaise gestion de l'eau potable ne garantit pas la pérennité de la fourniture d'une eau de qualité partout et pour tous. L'absence d'une bonne gestion des eaux pluviales et des eaux usées pose de sérieux problèmes d'érosion des voies et d'assainissement du cadre de vie des populations. Ainsi, on constate l'effondrement d'une dizaine de cases à chaque saison de pluies et le creusement de grands ravinements qui rendent l'accès aux différentes localités impossible avec des véhicules. Quant à la gestion actuelle des eaux de surface de la commune et principalement de l'arrondissement de Houin, elle est source de conflits sociaux entre les populations et d'appauvrissement de ces eaux.

Ce sont là autant de raisons qui justifient l'épineuse question des différentes stratégies de gestion de l'eau et leurs impacts sur la vie et l'environnement des populations. Mais le cas de l'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa n'est qu'un échantillon représentatif, une illustration typique du vécu quotidien des populations du Sud-Bénin contrairement aux populations du centre et du Nord-Bénin. En effet compte tenu du contexte hydrogéologique du

centre et du nord du Bénin, la disponibilité des eaux souterraines est limitée dans ces zones puisque les aquifères ne sont pas continues. Il serait donc intéressant, sur la base d'une investigation conduite au moyen d'une méthodologie de recherche appropriée, de faire une analyse de la situation pouvant déboucher sur des approches de solutions durables pour une meilleure gestion de l'eau et une amélioration des mécanismes d'atténuation des impacts environnementaux de cette gestion.

Il est facile de penser que les sociétés humaines ayant à portée de l'eau sous toutes ses formes sont les plus heureuses du monde. A partir de cette vision apparente, on pourrait croire que les populations de l'arrondissement de Houin sont plus heureuses que celles des zones dépourvues de ressources en eau souterraine et superficielle. Il faudra donc comprendre qu'il ne suffit pas d'avoir

de l'eau pour être épargné des difficultés existentielles présentes et futures. D'oüle bien fondé de la présente étude.

A partir d'une simple observation, on se rend compte aussi que l'eau du lac Toho pose des problèmes environnementaux à cause de sa pollution continue et du comblement dans cette zone très sensible avec une population exposée à diverses maladies d'origine hydrique et à la baisse des revenus issus des activités halieutiques. La réponse à la problématique de la gestion de l'eau et ses impacts, s'inscrit donc dans la logique des perspectives de solutions à ces différentes inquiétudes pour une avancée vers le développement.

Toutes les mauvaises pratiques de gestion des eaux dans l'arrondissement de Houin, affectent les populations et leur environnement immédiat. Les impacts environnementaux induits par la gestion actuelle des eaux, mériteraient donc d'être connus et circonscrits. Tous ces constats constituent des points de réflexions et justifient le choix du sujet intitulé : «La gestion de l'eau au Bénin et ses impacts environnementaux : cas de l'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa ».

A travers ce thème, nous nous proposons d'évaluer l'ampleur actuelle des impacts environnementaux de la mauvaise gestion des eaux dans la commune Lokossa et proposer des alternatives pour une réduction sensible des conséquences néfastes de la mauvaise gestion de l'eau.

1.3. Objectifs

Les objectifs à atteindre sont de deux ordres : 1.3.1. Objectif global

Le présent travail se propose d'étudier et d'analyser la gestion des eaux dans la commune Lokossa, notamment l'arrondissement de Houin et de proposer des stratégies de gestion efficace afin de réduire les impacts environnementaux néfastes dues à l'absence ou la mauvaise gestion de la ressource d'ici 2025.

1.3.2. Objectifs spécifiques Il s'agit de :

- Présenter les différentes stratégies de gestion des eaux dans

l'arrondissement de Houin

- Evaluer les impacts environnementaux de la gestion des eaux dans l'arrondissement de Houin,

- Mettre en exergue les méthodes et techniques de gestion des eaux dans la commune.

Afin d'atteindre les objectifs de recherche ci-dessus formulés, les hypothèses suivantes ont été émises:

1.4. Hypothèses

v' Il existe plusieurs stratégies de gestion des eaux dans l'arrondissement de Houin.

v' Les stratégies de gestion de l'eau ont des impacts néfastes sur l'environnement de l'arrondissement de Houin

v' Les méthodes et techniques de gestion de l'eau sont peu efficaces

Pour l'atteinte de ces objectifs, il importe d'adopter une démarche méthodologique adéquate et cohérente.

1.5. Approche méthodologique

La démarche méthodologique retrace les différentes étapes de l'étude à partir de la documentation jusqu'au traitement des informations. Elle comporte deux aspects que sont les données et les méthodes adoptées.

1.5.1. Données

Les informations quantitatives et qualitatives ont été collectées sur le terrain grâce aux questionnaires individuels adressés aux chefs de ménages d'une part et aux entretiens directs et semi directs avec les personnes ressources d'autre part.

Les données recueillies sont relatives à la politique de gestion des eaux, à l'ampleur de l'érosion et aux comportements des populations face aux phénomènes d'érosion et la baisse de la production du lac Toho.

1.5.2. Outils de collecte de données 1.5.2.1. Grille d'observation

Sur le terrain, les principaux aspects suivants ont été l'objet des observations faites :

- La topographie du site

- L'aspect du sol

- Les axes d'évacuation des eaux de ruissellement

- Les dégradations des infrastructures

- Les méthodes de lutte adoptées

- L'état des ouvrages d'approvisionnement en eau potable

- Les activités sur la berge du lac Toho.

Au cours de ces observations, nous avons soumis quelques habitants à une série de question.

1.5.2.2. Questionnaire et Guide d'entretien

Sur un support en papier rame format A4, un certain nombre de questions nécessaires à l'analyse des actions entreprises dans le cadre de la gestion des ressources en eau, l'impact environnemental de ces actions et le comportement des populations face à ces impacts.

Les informations recueillies ont été complétées par des prises de vue. 1.5.2.3. Photographie

Lors des enquêtes et des observations, des images de certains ouvrages d'eau et des endroits où les impacts environnementaux sont les plus perceptibles, ont été prises. Ces images ont été prises à l'aide d'un appareil photographique numérique puis traitées par le logiciel Microsoft office Picture Manager.

En dehors de tous ces outils, la référence à la carte de la commune de Lokossa et à la liste INSAE des villages et localités de l'arrondissement de Houin ont facilité la mise en oeuvre de certaines techniques pour recueillir les données.

1.5.3. Techniques de collecte de données 1.5.3.1. Recherche documentaire

L'étape documentaire nous permet de disposer des informations secondaires. Il s'agit de la revue de littérature scientifique existante sur le sujet d'étude. Ceci a permis de prendre connaissance de ce qui a été fait et de ce qu'il reste à faire. Ainsi, il a été identifié et lu certains ouvrages. Les nombreux sites « Internet » traitant des questions de l'eau ont été l'une des principales sources d'information. Ces informations secondaires nous ont permis de nous situer notamment sur la méthode à utiliser dans la collecte des informations primaires.

Les centres de documentation et structures visités et les types d'informations recueillies sont consignés dans le tableau I.

Tableau I : Récapitulation des centres de documentation et structures, et des types d'informations

N° d'ordre

Lieu

Type d'informations collectées

01

INSAE

Statistiques de populations

02

ASECNA

Données sur les précipitations

03

DG-

Eau/DDMEE Mono-Coufffo

Rapports, articles, vision et stratégie nationale dans le secteur de l'eau au Bénin

04

MSP

Statistiques sur les épidémies dans la zone d'étude

05

MEPN

Actions menées dans le cadre de l'assainissement de l'environnement

06

UAC (FLASH,
FSA et CPU)

Mémoires soutenus sur l'eau

07

Cybercafés

Articles, livres et mémoire en ligne sur la gestion des ressources en eau

 

Source : Enquête de terrain, Décembre 2009

1.5.3.2. Echantillonnage

La population étudiée est l'ensemble des ménages ruraux de l'arrondissement de Houin dans la commune de Lokossa, localisée dans le département du Mono, au sud-Ouest du Bénin. La taille de la population en 2002 (selon le RGPH-3) est de 6 362 habitants dont 3 238 femmes et 3 124 hommes. L'unité statistique est le ménage représenté par un seul répondant.

L'échantillonnage est une collecte représentative de données. C'est un tirage au sort à partir d'une base de sondage. La base de sondage est l'outil qu'on utilise pour avoir accès à la population, ce sont des listes d'espaces géographiques qui donnent indirectement accès à des unités. Ici les unités sont les ménages de l'arrondissement de Houin, (ensemble d'espaces géographiques) qui constituent ces unités, car c'est au sein des ménages que se vivent au quotidien les réalités des impacts de la gestion des ressources en eau. Il s'agit d'un tirage au hasard de n individus dans la population constituant le champ de l'enquête. Autrement dit, c'est un tirage de n ménages dans l'ensemble des ménages constituant l'arrondissement. La méthode aléatoire est indiquée pour cette étude, parce qu'elle s'adapte au présent cas, où la base de sondage est bien définie. Afin d'obtenir un échantillon bien représentatif, l'enquête a été faite dans vingt (20) des vingt-huit localités que compte cet arrondissement. La liste des localités enquêtées et le nombre d'enquêtés par localité sont résumés dans le tableau en annexe-1. En fonction de la densité de la population, de la présence des ouvrages hydrauliques et du niveau de dégradation du cadre physique, un certain nombre d'individus est retenu pour être questionné dans chaque village. Les individus sur lesquels se sont portées nos enquêtes ont été choisis en fonction de leur ancienneté dans le village et soit de l'ampleur de dégradation de leur environnement immédiat ou du lien de leur activité professionnelle avec le lac Toho. Au total trente et une (31) personnes ont été enquêtées en plus des responsables des services techniques de la mairie de Lokossa.

1.5.3.3. Enquête de terrain

L'enquête consiste à interroger à l'aide d'un questionnaire, un échantillon représentatif de l'ensemble de la population étudiée. Son intérêt est qu'elle permet de rassembler une grande quantité de données qui feront l'objet d'analyses statistiques.

Le questionnaire a été administré aux chefs de villages et aux chefs de ménages. Le guide d'entretien a permis d'orienter les échanges avec les personnes ressources, les autorités communales et les cadres du secteur de l'eau. Les informations recueillies ont été complétées par les observations faites.

1.5.3.4. Observation directe et participante L'observation sur le terrain s'est faite suivant deux formes :

- l'observation directe lors des investigations a permis de constater de visu l'érosion des infrastructures socio-communautaires et des cases ; les différents points d'eau et d'en apprécier l'hygiène qui existe autour.

- l'observation participante a plutôt permis de vivre les réalités du milieu à travers les difficultés d'accessibilité aux localités, l'approvisionnement en eau et le combat continuel des populations pour la sauvegarde de leurs cases contre l'érosion.

1.5.4. Méthodes de traitement des données

Les questionnaires remplis à l'issue de l'enquête sont dépouillés manuellement. Les données brutes sont traitées de manière à être significatives et valides. Ainsi, des opérations statistiques simples, tels que, par exemple, des pourcentages permettent d'établir des tableaux de résultats, des diagrammes, des figures, des modèles qui condensent et mettent en relief les informations apportées par l'analyse (BARDIN, 1977).

Deux méthodes de traitement des données ont été adoptées :

- les données qualitatives issues du dépouillement ont servi de support à l'analyse et le commentaire des résultats suite à un regroupement thématique ;

- les données quantitatives recueillies ont fait l'objet d'un traitement informatique. Divers logiciels de traitement de texte et de données ont été utilisés. Il s'agit de : Microsoft Word 2007 pour le traitement de texte,

Microsoft Excel 2007 pour les tableaux et la réalisation des graphiques, Microsoft office Picture Manager pour les photos.

Les informations planimétriques ayant servi à la réalisation des cartes, ont été relevées du fond topographique de l'IGN. La carte hydrographique de la commune de Lokossa en 2005 a été réalisée grâce aux images de Landsat (2005). Le logiciel Arc-View a été utilisé pour la réalisation des différentes cartes.

1.5.5. Méthodes d'analyse des informations recueillies

L'analyse a consisté à identifier à travers les informations collectées auprès des différents acteurs, les impacts de la gestion des différentes ressources en eau sur le niveau de vie des populations.

La méthode d'analyse des données qualitatives est l'analyse de contenu. Cette méthode d'analyse qui traite des questions ouvertes, « est une technique de recherche pour la description objective, systématique et quantitative, du contenu manifeste des communications, ayant pour but de les interpréter » (BERELSON, 1952). L'analyse de contenu est recommandée dans tous les cas où un grand degré de précision ou d'objectivité doit être atteint. Elle a pour objectif, à partir des informations contenues dans les discours des enquêtés, d'opérer des inférences valides et reproductibles conséquemment. En fait, il s'agit de réduire la multitude des mots des réponses fournies par les enquêtés aux questions ouvertes, à quelques catégories analytiques induites des discours analysés et à des unités thématiques dont la présence ou la fréquence ont permis de faire des inférences. L'analyse de contenu permet, en quantifiant ce matériel symbolique que sont les mots, les expressions, le langage, de comparer des groupes de fait. Au stade de la simple description, elle propose une mesure plus exacte de ce que l'on percevait globalement et intuitivement. Enfin, elle rend compte des différences jusqu'alors inaperçues.

Comme on le sait, la valeur de l'analyse de contenu dépend fondamentalement des hypothèses émises dans la recherche et des catégories qui les expriment. L'unité d'analyse est la plus petite unité de signification, élément du discours possédant un sens complet en lui-même. Le modèle d'analyse adopté ici est le modèle itératif qui postule qu'en l'absence de théorie, le chercheur construit au fur et à mesure une explication du phénomène étudié (YIN, 1992).

La principale difficulté liée à la réalisation de l'étude réside dans l'absence de données objectivement quantifiables sur certaines déclarations des interviewés relatifs à divers aspects des impacts environnementaux. Cette difficulté ne permet pas une évaluation de toutes ses incidences sur le développement des villages concernés. Malgré tout, la démarche adoptée permet d'avoir une vue globale sur les impacts de la gestion de l'eau et l'état de ces ressources en eau dans le cadre d'étude.

CHAPITRE II : PRESENTATION DU CADRE D'ETUDE ET ETAT DES RESSOURCES EN EAU

 

L'espace étant l'objet de la géographie, ce deuxième chapitre présente le milieu d'étude et prend en compte les aspects physiques et humains. De la même façon, il fait l'état des ressources en eau de la commune puisqu'en la matière, la connaissance du comportement de l'eau dans son milieu naturel est nécessaire.

2.1.1. Présentation du cadre d'étude

2.1.2. Situation géographique de la zone d'étude

La Commune de Lokossa, située dans la partie Sud-ouest du Bénin est distante de Cotonou de 106 km. Elle est située précisément au Nord-ouest du Département du Mono et est l'une des six (06) subdivisions administratives que compte ce département. D'une superficie de 260 km2, ce qui représente 16 % de la superficie du Mono (1605 km2) et 0,23 % de la superficie totale du Bénin (Mairie de Lokossa , 2004), elle est limitée par :

- la Commune de Dogbo au Nord,

- la Commune d'Athiémé et de Houéyogbé au Sud, - la Commune de Bopa à l'Est,

- et la République du Togo à l'Ouest.

Elle est divisée en cinq (05) arrondissements que sont : Agamé, Houin, Koudo, Lokossa et Ouèdèmè. La présente étude est menée principalement dans l'arrondissement de Houin. Cet arrondissement d'une superficie de 43,7 km2 est limité par l'arrondissement de Koudo au Nord, la commune d'Athiémé et de Houéyogbé au Sud, l'arrondissement de Lokossa à l'Ouest et la commune de Houéyogbé à l'Est comme le présente la figure 1.

Figure 1 : Situation géographique de la commune de Lokossa Source : Carte topographique IGN, 2009

2.1.3. Données Physiques, Climatiques et Humaines

Les caractéristiques des composantes de la Commune de Lokossa comprennent les facteurs édaphiques, climatiques et humains.

*Les facteurs édaphiques : Ils regroupent les éléments suivants : Le relief, le sol, et l'hydrographie.

- Le relief : La Commune de Lokossa se situe entre la plaine côtière et la transversale de Lonkli-Kétou. C'est une région de plateaux argileux dont l'altitude évolue de 50 à 60 mètres au dessus du niveau de la mer et de terre de barre dont l'altitude maximale dépasse rarement 200 mètres avec une dépression plus ou moins prononcée, ce qui donne à l'ensemble du relief un aspect bosselé avec par endroits des pentes allant de 2 à 5 % ( Mairie de Lokossa, 2004). Ce qui explique la vulnérabilité de l'arrondissement face aux eaux de ruissellement. L'arrondissement de Houin est constitué en grande partie d'une plaine alluviale avec un bas de versant le long du lac Toho.

- Le sol : Les sols ferralitiques subdivisés en sol ferralitique sur sédiment meuble argilo-sableux et en sol ferralitique sur grès et matériau colluvial sableux et argilo-sableux. Ce dernier s'érode très rapidement, non seulement à cause de sa constitution, mais surtout à cause de la pente (5 à 8%) (Mairie de Lokossa, 2004).

Les sols hydromorphes dont le plus important est le sol hydromorphe sur matériau alluvial sablo-limoneux à limono-argileux.

Ces deux types de sols ont une texture et une structure qui ne favorisent pas nécessairement une infiltration.

Il existe aussi dans la région des sources d'eaux inexploitées. Plusieurs marécages et zones humides constituent un espoir pour la riziculture dans l'arrondissement (voir figure 2).

Figure 2 : Hydrographie de la commune de Lokossa Source : Image Landsat TM de 2005

*Les facteurs climatiques: Ils regroupent la pluviométrie, la température et l'humidité relative.

- Climat : le climat est le type subéquatorial et caractérisé par la succession annuelle de quatre (04) saisons : deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses en alternance.

· Une grande saison pluvieuse : mars à août

· Une petite saison sèche : juillet à août

· Une petite saison pluvieuse : août à novembre

· Une grande saison sèche : novembre à mars.

La moyenne annuelle des pluies n'atteint que 976,3 mm avec une température moyenne annuelle de 28,6°C ; une humidité relative variant entre 55 et 95 % et une insolation moyenne de 2024h/an. La figure 3 montre l'évolution de la pluviométrie entre 1979 et 2009.

Figure 3 : Evolution de la pluviométrie de 1979 à 2009 (Station de Lokossa) Source : ASECNA, 2009

L'analyse de la courbe traduisant l'évolution de la pluviométrie pendant ces 28 dernières années montre qu'au cours des années 1983, 1992 et 1998 la courbe évolue en dessous de la moyenne -20 % donc des années déficitaires. En 1979, 1987 et 1989, la courbe se trouve au dessus de la moyenne +20 % ; ce sont donc des années excédentaires. Mais à partir de 2000, il y a eu normalement pluie seulement que la quantité de pluie tombée est en dessous de la moyenne. C'est une période de stress hydrique pour les cultures et de difficultés d'approvisionnement en eau pour les populations.

* Les données humaines

Sur la base du recensement de la population de 2002, la projection démographique de la population de Lokossa et de Houin, sont respectivement à 445 201 et 36 753 habitants à l'horizon 2025, toute chose étant égale par ailleurs (considérant constant le taux d'accroissement naturel dans le milieu). La formule ci-après a servi à faire les calculs de projection de population.

Pn = P0 (1+a)n, avec :

a : le taux d'accroissement de la commune 3.57% (INSAE 2002) Pn : la population à l'année projetée

Po : la population à l'année initiale

n : différence d'année entre l'année initiale et l'année de projection

Tableau II : Projection de la population de l'arrondissement de Houin par village à l'horizon 2025 :

Villages

Pop_2002 INSAE

Pop_

2008 estimée

Pop_

2010 estimée

Pop_

2015 estimée

Pop_

2025 estimée

1

DESSA

2001

2470

3270

5159

11560

2

HOUEDAHO

757

934

1237

1952

4373

3

HOUIN TOKPA

1249

1542

2041

3220

7215

4

KESSAWE

700

864

1144

1805

4044

5

LOGBO

615

759

1005

1586

3553

6

VEHA

1040

1284

1699

2681

6008

 

TOTAL:

6362

7852

10396

16403

36753

 

Source : INSAE, 2002 et projection à l'horizon 2025

Figure 4 : Evolution de la population de Houin de 2002 à 2025

La commune de Lokossa compte une population estimée en 2002 (INSAE, 2002) à 77 065 habitants et un total de 15 quartiers et 29 villages. L'arrondissement de Houin, par contre avait une population 6362 habitants avec un total de six (06) villages et vingt-huit (28) localités. En 2025, la population de l'arrondissement fera plus du triple de la population actuelle (Tableau II et Figure 4).

Les ethnies majoritaires de la commune sont : Les Kotafon (70 %) venus de Toffo et installés à Lokossa, Djèhadji, Atikpéta, ceux venu de Lon Aganmè, Avakpa, Togbin et Houngoh installés à Doukonta, Agamè, Koudo Ouèdèmè etc. Les Adja (26 %) venus de Tado ayant transité par le plateau. On y rencontre également plusieurs autres ethnies à savoir les yoruba (1,3 %) Dendi (0,2 %) Bariba (0,1 %) Otamari (0,1 %) et autres (Aïzo, Mina, Gen, Sahouè, Watchi, Hwéda, Nago, Peulh et Ibo).

Sur le plan religieux, les catholiques sont majoritaires avec un pourcentage de 59,8 % suivi des animistes 23 %. Le reste se partage entre les musulmans et les autres confections religieuses (Mairie de Lokossa, 2004). Les adeptes de ces diffréntes religions exercent diverses activités économiques dans la commune.

2.1.4. Milieu économique

Le milieu économique s'intéresse aux diverses activités économiques qui sont menées dans la commune.

2.1.4.1. Activités principales

L'agriculture et la pêche sont les principales activités rurales qui dominent l'arrondissement de Houin. De type traditionnel, l'agriculture est essentiellement consacrée à la production des cultures vivrières. Au nombre de ces cultures, on peut citer le maïs (Zea mays), le manioc (Manihot utilissima) et le riz (Oryza sativa). Il faut noter que le maïs occupe plus de la moitié des surfaces cultivées

car il est l'aliment de base. Mais la nature des sols, les inondations et les techniques culturales sont à la base des faibles rendements.

2.1.4.2. Activités secondaires

Elles relèvent du commerce, de l'élevage, et de l'artisanat. Le commerce détient

une place capitale dans la vie de la région et occupe surtout les femmes. La majorité des paysans ne disposent que de quelques caprins, ovins, porcins et volailles. L'activité principale des jeunes est la pêche continentale qui est surtout pratiquée sur le lac Toho, l'une des prinicipales ressources en eau de la commune.

2.2. Etat des ressources en eau

Les ressources en eau sont constituées par les eaux atmosphériques, les eaux de

surface et les eaux souterraines.

2.2.1. Ressources en eau atmosphérique

Les pluies représentent les eaux atmosphériques. Elles commencent en mars ou avril et prennent fin en novembre. Pendant ce temps, il tombe une hauteur annuelle d'eau variant entre 548,9 et 1376,3 mm à l'échelle de 30 ans (ASECNA, station de Lokossa). La saison sèche commence en décembre et finit en mars soit une durée de quatre mois. Les minima pluviométriques sont enregistrés de décembre à janvier avec une variation comprise entre 20,87 et 7,27 mm. Quant à la saison pluvieuse, elle dure huit mois soit d'avril à novembre. En cette période, les maxima pluviométriques varient entre 152,85 et 128,04 mm et s'observent entre les mois de juin et septembre.

2.2.2. Ressources en eau de surface

Les eaux de surface sont représentées par les formes d'écoulement que sont les

fleuves, les lacs, les rivières et les marigots. Dans l'ensemble, il faut remarquer que le réseau hydrographique de la région se résume au lac Toho et aux marigots environnants.

2.2.2.1. Présentation du lac Toho

Situé entre le plateau d'Agamé et le Nord-Ouest du plateau de Bopa, le lac Toho s'étend en moyenne pendant les basses eaux du 6°35' au 6°40 latitude Nord, de 1°45' au 1°50' longitude Est. D'une superficie de 9,6 km2 à l'étiage et de 15 km2 en période de crue, il a en moyenne 7 km de longueur ; 2,5 km de largeur méridionale et environ 500 m de largeur septentrionale (AHOUANSOU MONTCHO, 2003). Il a la forme d'un croissant orienté Sud-Nord et est entouré de trois arrondissements : Kpinnou dans la commune d'Athiémé, Zoungbonou dans la commune de Houéyogbé et Houin dans la commune de Lokossa.

Le lac Toho a deux importants tributaires qui sont le Diko et l'Akpatohoun. Le troisième, le chenal de Kpacohadji joue à la fois les rôles de tributaire et d'exutoire. Un écoulement du lac Toho vers la Sazué s'effectue par le chenal de Kpacohadji et celui de Kpinnou. Si du Mono, la Sazué ne reçoit pas beaucoup d'eau, le niveau du lac alimenté par le Diko et l'Akpatohoun devient supérieur à celui de la Sazué, ainsi le lac fournit de l'eau à cette dernière. Suivant la piste reliant Kpinnou à Don Agbodougbé, le chénal de Kpacohadji coule de l'eau dans des formations alluvionnaires et va communiquer avec la Sazué à environ 800 m de la route bitumée (AHOUANSOU MONTCHO, 2003).

2.2.3. Ressources en eau souterraine

Les ressources en eau souterraines sont constituées par les différents aquifères continus du sous-sol de l'arrondissement. Le niveau de la nappe phréatique varie de 2 à 9 mètres et le niveau des nappes captives de 73 à 140 mètres (DDMEE Mono-Couffo). Les nappes captives de l'arrondissement ont des débits très élevés variant de 20 à 30m3 par heure. Par exemple, la coupe du forage de Cèssehoukanmè (voir annexe 2), dans le village de Dessa, montre les différentes aquifères qu'on peut capter à dans l'arrondissement de Houin. Ces différentes nappes sont exploitées par des techniques endogènes de captage

(puits traditionnels, trou d'eau) et les techniques modernes de captage (puits modernes et forages).

2.2.3.1. Puits traditionnels

Un puits est une excavation en général cylindrique permettant d'atteindre et

d'exploiter le niveau aquifère le plus proche du sol. Ce type de puits est réalisé par les communautés elles-mêmes. Il est construit de manière sommaire avec un diamètre de l'ordre de 0,80 m (diamètre minimum pour permettre le passage de l'homme). Aucune norme technique n'est respectée. Une margelle en terre de barre ou en brique constitue le seul aménagement avec le support treuil ou poulie. L'absence de margelle et de dalle anti-bourbier peut favoriser l'infiltration des eaux de ruissellement dans les puits, polluant ainsi l'eau destinée à la consommation.

Photo 1 : Un puits traditionnel à Douimè (Vèha) Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

2.2.3.2. Puits modernes

La plupart des puits modernes ont été réalisés selon les normes : construction de

margelle, de dalle anti-bourbier, de cuvelage de captage avec buses et dalle de fond posé sur un lit de gravillon. La seule difficulté rencontrée au niveau de certains puits est l'absence de dalle de couverture favorisant l'entrée dans l'ouvrage des déchets de tout genre. Le puits ainsi laissé à ciel ouvert ne garantit

aucunement la potabilité de l'eau qu'il contient. Le constat aujourd'hui est que les puits à grands diamètres, du fait des mauvaises conditions de protection et des risques constants de contamination par les puisettes mal propres, les infiltrations et les chutes de déchets, non seulement sont loin de garantir la potabilité de l'eau pour les populations, mais constituent un danger pour ces dernières. Compte tenu de son coût élevé de réalisation et de la présence d'autres ouvrages comme les bornes fontaines et les forages, il n'y a que deux puits modernes dans l'arrondissement.

2.2.3.3. Forages

Les forages diffèrent des puits par leurs dimensions. En général, leur diamètre est plus petit et ils s'adressent à des profondeurs plus grandes quoique cette distinction présente des exceptions. Lorsque le niveau statique de l'eau dans le forage est inférieur au niveau du terrain naturel, une pompe à motricité humaine

est immergée pour permettre de faire sortir l'eau du forage. Il arrive des cas la pression de la nappe captive captée est très élevée et le niveau statique de

l'eau dépasse le terrain naturel et l'eau jaillit en permanence, ces genres de forages sont appelées des forages artésiens jaillissants. Lorsque ces forages sont bien aménagés, ils constituent des Postes d'Eau Autonomes (PEA).

Il est à noter pour le cas des forages artésiens, au nombre de cinq dans l'arrondissement, les aménagements nouvellement réalisés autour d'eux constituent un bel exemple de maîtrise de l'eau dans le cadre de l'approvisionnement en eau potable.

L'eau des forages pourrait ainsi être la plus potable. Mais là, il y a le problème des récipients qui sont utilisés ainsi que la manipulation fait de ces équipements.

Photo 2 : Forage artésien de Logbo, aménagé en 2009 Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

2.2.3.4. Adductions d'Eau Villageoises (AEV) et Postes d'Eau

Autonomes (PEA)

Une AEV (voir figure 5) est constituée de :

- un forage : ouvrage de captage de l'eau souterraine de petit diamètre (15 à 40cm en général) ;

- un système de pompage qui refoule l'eau dans un grand réservoir appelé château d'eau. Le pompage est effectué par un engin électromagnétique appelé pompe immergée ;

- un château d'eau : grand réservoir d'eau surélevé de 6 à 12m par rapport au sol et d'une capacité de 20 à 60m3 (voir plus) ;

- un réseau de tuyaux permettant d'amener l'eau du château jusqu'aux points de distribution : Bornes Fontaines (sources publiques) et branchements privés

- les bornes fontaines : elles comportent chacune deux robinets et sont réparties dans les villages en fonction de la population et des moyens dont disposent l'Etat et ses partenaires pour faire l'extension du réseau d'un hameau à un autre.

Ce type d'ouvrage est préconisé pour une population relativement importante (au moins 2000 personnes). Quant au PEA, le dispositif est presque identique à la seule différence qu'il n'y pas de bornes fontaines. L'eau est servie sur place aux populations par une rampe de 3 à 4 robinets. Pas donc de canalisation. Un PEA est réalisé pour une population se situant entre 1000 et 1500 personnes.

Figure 5 : Schéma d'une AEV Source : DDMEE Mono-Couffo, 2009

2.2.4. Répartition spatiale des points d'eau.

Tableau III : Bilan des points d'eau fonctionnels de l'arrondissement de Houin au 31 Décembre 2009.

 

FPM

PEA

PM

BF

Total
des
EPE

Besoin en
point
d'eau
(EPE)

Taux de
desserte

DESSA

0

1

1

11

27

10

283 %

HOUEDAHO

0

0

0

3

6

4

166.3 %

HOUIN TOKPA

0

1

0

4

12

6

194.6 %

KESSAWE

1

0

0

4

9

3

269.8 %

LOGBO

0

1

0

0

4

3

136.4 %

VEHA

0

0

1

6

13

5

262.3

Total

1

3

2

28

71

31

232.5 %

 

Source : DDMEE Mono/Couffo, 2009

Légende : PM : Puits Moderne FPM : Forage équipé de Pompe à Motricité humaine

BF : Borne Fontaine PEA : Poste d'Eau Autonome EPE : Equivalent Point d'Eau

1FPM = 1 EPE ; 1 PEA= 4EPE, ,1 BF= 2EPE, 1PM= 1EPE

La lecture du tableau III montre que le taux de desserte total en eau de l'arrondissement est de 232.5 % alors que celui de la commune est de 89.7%. Ce taux qui s'élève largement au-dessus des 100%, porte à croire que chaque habitant de l'arrondissement a de l'eau potable à portée de main, ce qui n'est pas forcément le cas dans la réalité. Ce taux est élevé à cause des conventions nationales dans le secteur de l'eau en ce qui concerne le calcul du taux de desserte, puisque celles-ci considèrent qu'un `'équivalent point d'eau» (EPE) dessert 250 habitants et qu'une borne fontaine (BF) équivaut à 2 EPE. En effet, sur les 71 EPE recensés, 68 correspondent à des bornes fontaines (BF) et des postes d'eau autonome (PEA) ; les bornes fontaines et les postes d'eau autonomes sont censées respectivement desservir 500 et 1000 habitants. Toutefois, la couverture de l'arrondissement par des ouvrages d'eau est

satisfaisante, ceux qui n'ont pas de l'eau à portée ont tous pratiquement un point d'eau moderne dans un rayon d'au plus 700 mètres. Le problème sera d'assurer une bonne gestion de ces ouvrages pour qu'ils desservent la population assez longtemps.

Figure 6 : Comparaison entre le besoin en eau potable de l'arrondissement et la disponibilité

actuelle en eau potable

Source : DDEE M-C et projection à l'horizon 2025

Sur la base des conventions du secteur de l'eau au Bénin et suivant les projections faites de la population de Houin, si une gestion adéquate est faite des ouvrages actuels, ils pourront desservir correctement toute la population de Houin jusqu'en 2015 à l'exception des villages de Logbo et de Houédaho où les besoins sont légèrement supérieurs de deux points d'eau par rapport aux points d'eau existants. (Voir Figure 6).

L'arrondissement de Houin dispose donc de différentes ressources pour divers usages, le problème de cet arrondissement est alors le choix et la mise en oeuvre de stratégies de gestion efficientes de ces ressources afin de limiter les impacts négatifs de la gestion de l'eau.

CHAPITRE III : STRATEGIES DE GESTION DE L'EAU ET LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX LIES A LA GESTION DE L'EAU

 

Les ressources en eau font l'objet de divers aménagements, d'utilisation, de conservation et de contrôle. Il s'agit des diverses stratégies de gestion de ces ressources. La mise en oeuvre de ces dernières entraine plusieurs impacts environnementaux. Le présent chapitre présente leur situation dans l'arrondissement de Houin, commune de Lokossa.

3.1. Stratégies de gestion des ressources en eau

Les modes de gestion de l'eau varient suivant les différentes sources d'eau. 3.1.1. Ressources en eau atmosphérique

Les ressources en eau atmosphérique sont essentiellement les eaux pluviales. Elles commencent en mars ou avril et prennent fin en novembre. La saison pluvieuse couvre donc huit mois sur douze dans l'année.

Les eaux de pluie, dans la commune de Lokossa et notamment dans l'arrondissement de Houin ne font pas encore l'objet d'une gestion efficace. Ainsi, au niveau des ménages, l'eau de pluie est recueillie par endroits, grâce à des gouttières, dans des jarres pour les usages domestiques. La grande partie des eaux pluviales qui tombent dans les villages de l'arrondissement, ne recevant aucune autre attention, se frayent elles-mêmes leur chemin pour rejoindre les bas fonds et le lac Toho, en érodant tout sur son passage. L'unique projet initié pour gérer les eaux pluviales qui se rejoignent au centre de l'arrondissement n'a pas encore atteint ces objectifs. En effet, ledit projet intitulé `'Projet

d'assainissement de Houin centre et de traitement du point critique d' Affangni(Route de Déssa)'' débuté depuis 2007 et qui devrait durer contractuellement

six (6) mois avait pour objectifs de réaliser des caniveaux latéraux de part et d'autres de la piste de Houin sur une longueur d'un (01) kilomètre et réaliser un pont au niveau de la localité d'Affangni où l'eau de ruissellement traverse la voie pendant la saison des pluies. Mais jusqu'à la fin du mois de décembre 2009,

les caniveaux n'ont pu être réalisés que sur 200 mètres et le chantier est abandonné par l'entreprise depuis des mois

A l'instar des milieux ruraux, de la commune de Lokossa, l'arrondissement de Houin souffre donc de l'absence d'une réelle stratégie des eaux pluviales. Ces eaux, après le ruissellement entre les cases et sur les voies, finissent par rejoindre les bas fonds et le lac Toho. Ces derniers qui constituent les ressources en eau de surface de l'arrondissement, reçoivent-ils une meilleure attention que celle accordée aux eaux pluviales ?

3.1.2. Ressources en eau de surface

Les eaux de surface sont représentées par les formes d'écoulement que sont les fleuves, les lacs, les rivières et les marigots. Dans l'arrondissement de Houin, la ressource essentielle en eau de surface est le lac Toho.

3.1.2.1. Gestion du lac Toho

Au Bénin, les populations riveraines des plans et cours d'eau ont traditionnellement élaboré des structures qui avaient pour but de protéger le capital écologique et d'en réglementer l'exploitation pour lui permettre de subsister et de prospérer (HOUNKPE, 1996). Ainsi, pour la gestion du lac Toho, le pouvoir traditionnel avait mis en place une réglementation sévère sur la pêche et la faisait bien respecter à travers la puissance de sept (7) fétiches à savoir : Sovi ou Houin-Yêhoué (origine : Houin), Zinsou-Sagbo (Tokpa), DégouèYêhoué (Dégouè), Toulabo (Agbodougbé), Dagbo-Hounsou

(Lac Ahémé), Danhounkoè (Logbo), Lombodo (Lokossa). Les engins, techniques et pratiques interdits sont les suivants :

- Adjohoun ou Djohoun (palangre), - Adjakpo (filet à un doigt),

- Adjagodo (nasse en grillage),

- Alotouè (pêche à mains),

- Filet épervier,

- Filet lesté,

- Transport de morts et de porcs sur le lac,

- Les femmes en période de menstruation ne doivent pas aller sur le lac, - Les casseroles et marmites ne doivent pas être lavées dans le lac.

Quiconque outrageait ces règles mourrait. Cela occasionnait des morts à tel point qu'il a été décidé d'anéantir certains de ces fétiches. Actuellement il n'en existe que deux : Danhounkoè et Houin-Yèhoué qui sont à la charge des chefs traditionnels de Houin constitués du groupe des Dènon et de celui des Houmbonon. De nos jours, il y aurait une mésentente entre les deux groupes qui auparavant faisaient périodiquement ou à chaque décès par noyade les cérémonies et rituelles aux divinités du lac. D'autres facteurs tels que la croissance démographique ont engendré un déséquilibre entre l'accroissement des besoins et la disponibilité des ressources, la défiance à la religion traditionnelle (Vodoun) du fait de l'adoption de nouvelles valeurs importées et/ou imposées par le régime (HOUNDEKON cité par ROCHE INTERNATIONAL (1999) et aussi la mort du dernier spécimen d'hippopotames du lac a livré ce dernier à une exploitation anarchique. En dehors du système traditionnel de gestion devenu inefficace, il existe un dispositif administratif décentralisé : les Comités des Pêches. Ils sont des structures légales reconnues par arrêté interministériel n°312/MDR/MISAT/DCAB/CC/CP portant institution, fonctionnement et attributions des Comités et Conseils de Pêche signé le 11 septembre 1997 (ROCHE INTERNATIONAL, 1999). A ce niveau aussi, à cause des maladresses, ceux du lac Toho ont failli à leur mission et sont suspendus jusqu'à

nouvel ordre, si bien que le lac Toho n'est actuellement sous aucun contrôle. Toutes ces situations ont occasionné un libre cours aux graves atteintes à ce lac. Il est à préciser qu'actuellement sous la direction du projet PADDPA, un comité de gestion de ce lac, sous la présidence du préfet des départements du MonoCouffo, est en train d'être mis sur pied.

Tout le long du lac, dans l'arrondissement de Houin, on a constaté des initiatives privées isolées de mise en valeur de la berge du lac avec la création de fermes piscicoles pour l'élevage et la commercialisation de poissons.

Malgré ces quelques initiatives privées, le lac Toho ne connaît pas encore une gestion concertée et efficace ni au plan local ni au plan intercommunal. Les actions entre les trois communes concernées par cette gestion tardent à trouver le consensus et une fonctionnalité qui devrait assurer la mise en valeur et une gestion intégrée de cette ressource.

3.1.3. Ressources en eau souterraine

Les ressources en eau souterraines sont les différentes aquifères qui sont exploitées par les techniques endogènes de captage (puits traditionnels) et les techniques modernes de captage (puits modernes et forages). La gestion des eaux souterraines sera vue sous deux angles : la gestion des nappes souterraines proprement dites qui incombe à l'état et celle des équipements hydrauliques de captage et d'exploitation de ces nappes qui revient à la mairie et la communauté.

3.1.3.1. Gestion des nappes d'eau souterraine

L'arrondissement de Houin, tout comme toute la commune de Lokossa se retrouve dans le bassin sédimentaire côtier, donc les nappes d'eau captées dans cet arrondissement sont des nappes continues qui s'étendent bien largement audelà des frontières de la commune. La gestion de cette eau revient donc au suivi de la quantité et de la qualité de cette ressource, ce suivi est fait par la direction générale de l'eau à travers les relevés périodiques des piézomètres installés et

l'analyse de l'eau des forages réalisés. Pour le suivi des nappes souterraines du département, la direction générale de l'eau a installé des piézomètres à Fongba (commune de Lokossa), Zouhouè (commune d'Athiémé), Gativé (commune de Comé) et à Badazouin (commune de Lokossa). Chaque fin de mois, le service de l'eau du Mono relevait le niveau statique, la température et la conductivité des différentes nappes suivies et envoie ces données à sa direction générale. Mais actuellement, ce sont des enregistreurs automatiques qui sont installés sur ces piézomètres pour ces relevés. Ces données permettent de suivre la quantité d'eau encore disponible pour les générations futures. Mais en ce qui concerne la qualité de l'eau disponible, la gestion qui est faite est très limitée puisque l'accès à ces nappes n'est pas encore contrôlé et la protection des périmètres de captages n'est pas encore une réalité. Ainsi toute contamination de ces nappes en amont, rendra toute l'eau disponible non potable voir dangereuse. Il faut noter que le vote du projet de loi portant gestion de l'eau et sa mise en application effective pourra apporter une solution à ce problème éventuel. Mais ce projet est encore en souffrance à l'assemblée nationale depuis juillet 2007.

3.1.3.2. La gestion des ouvrages hydrauliques

> Rappel de la situation avant décentralisation :

Les systèmes de gestion des ouvrages hydrauliques sont régis par le décret N° 96-317 du 2 août 1996, portant mode de constitution, d'organisation et de fonctionnement des Associations d'Usagers de l'Eau (AUE). Ce décret stipule que la DGH est le maître d'ouvrage. Elle élabore avec les Associations des Usagers de l'Eau une convention de cession et d'exploitation des équipements des systèmes d'eau potable. A l'exception de l'ouvrage de captage qui reste propriété de l'Etat, le reste de l'infrastructure devient, à la signature de la convention, propriété de l'AUE. Cette association élit un comité de cinq membres qui est la chargé de la gestion de l'ouvrage et qui doit rendre compte périodiquement à la population de sa gestion. Force est de constater que ces

comités n'ont pas pu, dans la plupart des cas assurer cette grande responsabilité à eux confiée par l'Etat, ce qui avait conduit à un taux de panne élevé sur les sur la plupart de l'ensemble des ouvrages du Bénin. Les responsables du secteur de l'eau ont décidé alors de passer à la gestion professionnalisée des ouvrages en lieu et place de la gestion communautaire.

> Situation après décentralisation :

La loi N° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin, en son article 93 stipule que la commune est responsable de la fourniture et la distribution de l'eau potable. C'est dans le souci de respecter ces dispositions légales en vigueur au Bénin que toutes les propositions ici présentées placent la commune au centre de la gestion des ouvrages communautaires. Ces propositions sont formulées à travers les quatre (04) options ci-après :

Option 1: Délégation par la commune de la gestion des Adductions d'Eau Villageoise à un fermier

Dans ce mode de gestion illustrée par la figure 7, les usagers sont constitués en association de consommateurs d'eau potable (ACEP). La Mairie devra signer un contrat d'affermage directement avec un opérateur privé (fermier). Dans ce système, la commune délègue toute la gestion au fermier. Celui-ci vend l'eau au prix fixé contractuellement. Le fermier est chargé du fonctionnement et de l'entretien du système de pompage. Il alimente un compte de renouvellement du système de pompage géré par la commune. En outre, il doit verser une redevance à la commune et une redevance au Service de l'eau dans le cadre de la loi sur l'eau.

Figure 7 : Option N°1 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin Source : Cellule Initiative-Eau/DG-Eau

Option 2: Contrat tripartite commune, Association des Usagers de l'Eau (AUE) et fermier

Ce mode de gestion, illustrée par la figure 8, est proche du principe de la double délégation. Cependant, les responsabilités de la commune y sont plus importantes. La commune, l'AUE et l'opérateur privé (le fermier) sont tous les trois signataires du contrat. Le fermier vend l'eau au prix fixé contractuellement. Le fermier est chargé du fonctionnement et de l'entretien du système de pompage. Il alimente un compte de renouvellement du système de pompage cogéré par la commune et l'AUE. En outre, il doit verser une redevance à la commune, à l'AUE et une redevance au Service de l'eau dans le cadre de la loi sur l'eau.

Figure 8 : Option N°2 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin Source : Cellule Initiative-Eau/DG-Eau

Option 3 : Délégation par la commune de la production à un fermier et de la distribution à une Association des Usagers de l'Eau (AUE)

Ce mode de gestion, illustrée par la figure 9, qui sépare clairement les responsabilités en termes de production et de distribution, permet à l'AUE de s'affranchir des contraintes techniques liées au fonctionnement et à la maintenance du système de pompage. Par ailleurs, ce système de gestion permet à l'opérateur privé de vendre l'eau en gros à l'AUE sans avoir à gérer les difficultés liées à la distribution en milieu rural (impayés, gestion des fontainiers, etc.).

contractuellement. Le fermier est chargé du fonctionnement et de l'entretien du système de pompage. Il alimente un compte de renouvellement du système de pompage géré par la commune. En outre, il doit verser une redevance à la commune et une redevance au Service de l'eau dans le cadre de la loi sur l'eau.

La distribution est déléguée par la commune à l'AUE. Ensemble, elles cogèrent un compte de renouvellement pour les travaux sur le réseau et les extensions.

Figure 9 : Option N°3 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin Source : Cellule Initiative-Eau/DG-Eau

Option 4 : Délégation par la commune de la gestion des Adductions d'Eau Villageoise (AEV) à une Association des Usagers de l'Eau (AUE)

Ce mode de gestion, illustrée par la figure 10, correspond au système actuellement mis en oeuvre à la différence que, désormais, c'est la commune et non l'Etat qui délègue la gestion de l'AEV à une AUE.

Dans ce cas, l'AUE gère le fonctionnement, l'entretien, le renouvellement des infrastructures et les extensions de l'AEV. Comme dans l'option précédente d'une gestion directe par la commune, il semble préférable que l'AUE passe un contrat avec une société privée afin d'assurer les tâches spécialisées liées à la maintenance du système de pompage. Il est aussi envisagé que l'AUE verse une redevance ou une taxe à la commune et une redevance au Service de l'eau dans le cadre de la loi sur l'eau.

Figure 10 : Option N°4 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin Source : Cellule Initiative-Eau/DG-Eau

- Cas des ouvrages de l'arrondissement de HOUIN :

L'arrondissement de Houin compte deux Adductions d'Eau Villageoise (AEV) : celle de Houin-Kessawe réalisée en 2006 et celle de Vèha-Déssa en 2009.Ces deux ouvrages couvre suffisamment cinq des six villages de l'arrondissement. Une bonne gestion de ces deux ouvrages et des autres forages de l'arrondissement assurera la pérennité de la disponibilité de l'eau potable pour toute la population jusqu'en 2015 (confère figure 6). L'AEV de Vèha-Déssa n'est pas encore mis en service parce que la procédure de sélection du fermier n'est pas encore achevée. Quant à celle de Houin, elle a été mise en service depuis le 07 juillet 2006 et continue encore à être gérée par la communauté. La mairie de Lokossa a commandité l'audit de cette AEV afin d'apprécier la gestion qui en est faite jusque là. Les conclusions de ce rapport ont démontré à la mairie que la façon dont est gérée l'AEV de Houin par le comité de gestion mis en place, ne garantit pas l'entretien lourd et le renouvellement des équipements. La commune de Lokossa a alors choisit l'option 1, délégation de la gestion à un fermier, pour la gestion future des adductions d'eau de l'arrondissement. Le rapport a révélé les constats suivants :

- les membres du comité ne sont plus unis pour la gestion de l'AEV

- près de 42% des recettes de l'AEV sont détournées, la situation comptable sur les 1272 jours (du 07 juillet 2006 au 31 décembre 2009) de gestion se présente comme suit :

Tableau IV : Bilan de gestion de l'AEV de Houin de 2006 à 2009

Années

 

Recettes

Dépenses

Montant détourné

Nombre de jours de gestion

Montant détourné/jour (F/j)

 

2006

2

398

155

 

758

560

 

639

595

 

177

3

614

 

2007

4

851

105

1

650

475

1

500

000

 

365

4

110

 

2008

4

257

975

2

674

930

1

610

000

 

365

4

411

 

2009

4

173

985

1

813

300

2

779

083

 

365

7

614

TOTAL

 

15

681

220

6

897

265

6

528

678

1

272

5

133

 

Source : Rapport de vérification de la gestion de l'AEV de Houin, Décembre 2009

Figure 11 : Evolution du montant détourné par le comité de gestion de l'AEV de Houin sur les recettes de 2006 à 2009.

Le tableau IV et la figure 11 présentent l'ampleur de la mauvaise gestion de cette adduction d'eau. Ceci prouve très bien qu'une communauté peut être bien équipée en points d'eau, sans être épargnée des problèmes d'approvisionnement en eau potable dans un futur proche. Les résultats de l'audit de la gestion de la seule adduction d'eau déjà en service dans l'arrondissement montre qu'une fois les dépenses de fonctionnement effectuées sur le réseau et le reste des fonds est distraire à d'autres fins au lieu d'être reversés dans le compte réservé pour l'entretien lourd , le renouvellement des équipements et la réalisation d'extension vers de nouvelles localités. Lorsqu'on ramène les montants détournés au nombre de jours de gestion, on

constate que ce montant a évolué de 3614F CFA/jour en 2006 à 7614FCFA/ jour en 2009. Ces valeurs sont d'autant plus inadmissibles lorsque ces faits se produisent dans un milieu où la quasi-totalité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté car le revenu mensuel par personne active s'établit à 14.766 F CFA (CIENI, 2007) soit 492.2 FCFA/jour. De plus, l'exploitant du réseau gaspille l'eau lors des pompages de l'eau dans le château ; puisqu'il ne suit pas le remplissage, il n'est souvent pas là pour arrêter le pompage dès que le château se remplit et alors le château commence par se déverser dans la nature pendant des heures avant qu'il ne soit alerté pour arrêter le pompage (Voir photo 3 et 4). Cet état de choses menace la disponibilité à long terme de l'eau potable pour la population.

Photo 3 et 4 : Gaspillage de l'eau du château d'eau de Houin, le trop plein inondant les alentours lors d'un pompage non suivi

Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

En plus de ces AEV, l'arrondissement dispose aussi de trois forages artésiens et d'un forage équipé de pompe à motricité humaine. Jusqu'en 2009, ces ouvrages n'ont pas pu connaître une gestion digne du nom puisque les forages artésiens ne disposaient pas d'aménagement adéquat pouvant permettre une bonne gestion de cette ressource. Ainsi, pendant plus d'une décennie, l'eau de ces forages ont coulé en permanence en créant des marigots artificiels. Pour

arrêter ce gaspillage de la ressource, le service de l'eau a aménagé en 2009 deux de ces forages.

Avant aménagement, l'eau a coulé ainsi de Après aménagement

1996 à 2008

Photo 5 : Forage artésien de Houin-Centre

Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

Le type d'aménagement réalisé a permis à la population de prendre l'eau suivant ses besoins et maintenir les alentours des forages dans un état de salubrité exemplaire. De plus la mise à disposition de compteur sur ces aménagements, permettra à la mairie de suivre de façon efficace la gestion des forages. Notons qu'actuellement ces ouvrages sont toujours gérés par la communauté sous le contrôle de la mairie mais dès que le processus d'affermage des AEV de Houin-Kessawe et Vèha-Déssa va aboutir, ces ouvrages seront confiés aux fermiers qui seront sélectionnés puisqu'ils se retrouvent dans le rayon des adductions d'eau villageoises.

On constate aisément que les différentes ressources en eau de l'arrondissement de Houin, ne connaissent pas toutes, des stratégies de gestion qui leur assurent leur rôle de bienfaiteur de la population. Il en ressort que ces manières de gérer actuellement l'eau, causent de serieuses nuisances à l'environnement.

3.2. Impacts environnementaux liées à la gestion de l'eau

Tout comme les modes de gestion de l'eau, leurs impacts sur l'environnement varient aussi suivant les différentes sources d'eau.

3.2.1. Ressources en eau atmosphérique

La principale nuisance de la mauvaise gestion des eaux atmosphériques est l'érosion hydrique. Après avoir défini ce phénomène et ses mécanismes, l'ampleur de ses effets sur le cadre de vie et le paysage sera présentée.

3.2.1.1. Définitions et mécanismes de l'érosion

L'érosion est l'usure et la transformation que les eaux et les actions atmosphériques font subir à l'écorce terrestre (Le ROBERT pour tous, 1995). L'érosion peut être naturelle ou accélérée. Elle est naturelle lorsque la perte de terre ne dépasse pas la vitesse de dégradation de la roche mère. C'est ce processus lent qui a donné le paysage de nos jours. Mais lorsque sous l'influence des actions anthropologiques, cet équilibre arrive à être bouleversé, on parle d'érosion accéléré. C'est de cette forme d'érosion que l'on parle souvent et c'est ce cas qui sévit le plus dans l'arrondissement de Houin. Le déplacement des particules du sol s'effectue sous l'effet de la force du vent ou de l'eau. Dans le premier cas, on parle d'érosion éolienne et hydrique dans le second.

Cette étude s'est appesantie sur le cas de l'érosion hydrique ou pluviale. L'érosion pluviale est l'ensemble des dégradations subies par le sol conséquemment au déplacement de ses particules par les eaux de ruissellement du plateau jusque dans les bas fonds et les plans d'eau, là s'effectue la sédimentation des particules emportées. Les facteurs qui sont à l'origine de l'érosion pluviale sont :

- le sol, sa stabilité structurale, sa pente et sa perméabilité caractérisent sa résistance à l'érosion

- la couverture du sol, la couverture végétale notamment celle au raz du sol sert de protection au sol. C'est donc les sols insuffisamment couverts comme celui du centre de l'arrondissement de Houin qui sont les plus vulnérables à l'érosion.

Le sol de l'arrondissement, notamment dans les agglomérations, n'a plus de couvert végétal et présente une certaine pente. Ce qui fait que les eaux de pluie ne s'infiltrent pas rapidement et une importante partie s'accumule et descend le long de la pente. Cet écoulement est grossi sur son trajet par d'autres écoulements superficiels qui lui font gagner de l'intensité qui creuse et dégrade facilement et rapidement le sol presque dénudé.

3.2.1.2. Conséquences de la gestion des eaux de pluie

La quasi-absence d'une stratégie de gestion des eaux de pluie, dans l'arrondissement de Houin, a laissé les habitations, les routes et même les arbres en proie à une érosion hydrique très accentué.

Dégradation d'agglomération Dégradation de piste rurale

Photo 6 et 7: Dégradation à Houin-Centre due à l'eau de ruissellement Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

Ainsi, toutes les pistes de l'arrondissement sont fortement érodées avec de très grands ravinements longitudinaux qui rendent la circulation très pénible dans l'arrondissement. Une grande portion de la piste principale qui traverse en long l'arrondissement est impraticable pour les véhicules non tout terrain et très difficile pour les engins. Une situation qui est aggravée par le passage des camions qui se rendent à la carrière de gravier de l'arrondissement de Houin, certains endroits deviennent alors impossibles d'accès avec des véhicules à quatre roues. Cet état porte un sérieux coup aux échanges commerciaux entre l'arrondissement de Houin et les autres régions. De plus, le coût des déplacements est très élevé pendant la saison pluvieuse comparativement à la saison sèche parce que les conducteurs de taxi-moto, réticents à aller sur ces pistes dégradées, augmentent le coût du transport.

Début de l'érosion ... 6 mois après

Photo 8 et 9 : Erosion très accélérée à Houin

Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

Tout comme les pistes, les arbres sont aussi victimes des effets de l'érosion. Ces arbres dont les racines renforcent le sol dans sa lutte contre l'érosion, finissent par céder aussi car la vitesse de déchaussement est très forte surtout pour les arbres situés dans le centre de l'arrondissement où la pente du terrain est élevée et le ruissellement très intense. Aussi environ 60 % (tableau V et figure 12) des

cases de l'arrondissement sont touchées par l'érosion, cet état de choses fragilise de plus ces habitations qui sont réalisées pour la plupart en matériaux précaires. Certaines finissent alors par s'écrouler. Tout ceci contribue à la dégradation de la beauté du paysage et du cadre de vie.

Tableau V : Proportion des cases érodées dans les villages de Houin

 

Nombre de

cases très

érodées

Nombre de cases peu érodées

Nombre de

cases non

érodées

Nombre de cases observées

DESSA

32

4

20

56

HOUEDAHO

12

2

7

21

HOUIN
TOKPA

24

3

5

32

KESSAWE

12

2

4

18

LOGBO

17

3

3

23

VEHA

6

3

17

26

HOUIN

103

17

56

176

 

Source : Enquête de terrain, 2009

Figure 12 : Proportion des cases érodées à Houin Source : Enquête de terrain, 2009

De plus, il y a une augmentation des cas de paludisme pendant les saisons
pluvieuses. Cette situation est presque normale dans les pays tropicalisés où la

saison des pluies est très favorable à la floraison des moustiques et par ricochet des cas de paludisme. Néanmoins, il y a des comportements qui aggravent la situation comme le constat qui est fait dans la plupart des villages de l'arrondissement, où l'eau de pluie stagne aux alentours des habitations dans des crevasses et des boîtes de conserves usagées.

La gestion des eaux de pluie, telle qu'elle se présente aujourd'hui porte un frein au développement local de cet arrondissement où la gestion des eaux de surface pose déjà des problèmes à la population.

3.2.2. Ressources en eau de surface

L'absence de zones protégées, l'inexistence de périodes de repos biologique, la non limitation de l'accès à la pêche sur le lac Toho et l'augmentation de la population a entraîné la surexploitation de ce plan d'eau. En 2003, le nombre de pêcheurs recensés sur le lac était de 2050 (AHOUANSOU MONTCHO, 2003), ceci donne une densité moyenne de 205 pêcheurs/km2 or celle de tout le Bénin est de 116.5 pêcheurs/km2 comparativement à la moyenne de 8,9 pêcheurs/ km2 établie pour l'ensemble des milieux de type lagunaire et/ ou estuarien de l'Afrique de l'Ouest et du golfe de Guinée et à la densité de 12 à 13 pêcheurs/ km2 généralement soutenable par ce type d'habitat(CIENI, 2007).

Les mauvaises pratiques et utilisations des engins prohibés et l'absence de toute initiative de reconstitution des ressources halieutiques du lac ont conduit à la baisse de la production halieutique. Il y a deux décennies la production du lac avoisinait les 1400 tonnes mais aujourd'hui cette valeur oscille entre 600 et 800 tonnes (figure 13). L'absence d'un système organisé de collecte des données sur les pêches et le manque de moyens financiers ne permettent aujourd'hui de disposer de statistiques récentes sur le lac.

Figure 13 : Evolution de la production du lac Toho Source : Direction des pêches

La baisse de la production du lac conjuguée avec l'augmentation de la population et par ricochet de l'effectif des pêcheurs, a induit la réduction sensible des revenus des ménages. Par exemple les écailleuses (photo 10) n'arrivent plus à vivre des revenus de leur travail, elles sont obligées d'y associer d'autres activités génératrices de revenus comme la vente des poissons fumés. Le rapport d'enquête de référence réalisée en 2007 par le Centre International d'Études, de Négoce et d'Investissement (CIENI SA) d'Abidjan dans le cadre du programme PADDPA a révélé que la quasi-totalité de la population de la zone vit en dessous du seuil de pauvreté car le revenu mensuel par personne active s'établit à 14.766 F CFA. En somme, la gestion actuelle du lac Toho ne garantit pas qu'à ce rythme que les générations futures pourront bénéficier de ce lac si rien n'est fait au plus tôt pour améliorer la situation.

Photo 10 : Les écailleuses au bord du lac Toho à Logbo (Houin)

Cliché : Juvénal HOUSSOU, 2009

En outre de nombreux cas de bilharzioses souvent recensés dans l'arrondissement à cause du fait que les jeunes se baignent dans le lac ou s'y plongent pour pêcher. Selon les statistiques du centre de santé de l'arrondissement de Houin, plus de 70% de la population ont contracté au moins une fois la bilharziose. Les populations de l'arrondissement subissent donc des pathologies dues à la mauvaise gestion aussi bien des eaux de surface que des eaux souterraines.

3.2.3. Ressources en eau souterraine

Le suivi qui est fait présentement des nappes d'eau souterraine est insuffisant, puisqu'il n'existe pas encore une estimation de la quantité d'eau des différents aquifères du sous sol béninois. Ceci pose le problème du faible niveau de connaissance des ressources en eau disponibles. Cette méconnaissance des nappes d'eau souterraines, bien que n'ayant pas encore un impact sur l'exploitation de ces nappes, pourrait bien constituer un handicap pour des projets d'exploitation de ces nappes à des fins industrielles à long terme.

En ce qui concerne les ouvrages hydrauliques permettant d'exploiter les nappes d'eau souterraines pour l'eau de boisson des populations de l'arrondissement, la gestion actuelle est source de pertes financières énormes et aussi de pertes d'eau

qui continuent sur le forage artésien de Vèha. Cet état de choses ne permet pas la réparation et le renouvellement des équipements de ces ouvrages, ce qui amènera à cours sûr l'interruption dans un futur proche de la fourniture de l'eau potable aux populations. Alors, les populations seront obligées de se retourner vers les sources d'eau alternatives et notamment l'eau du lac, et ainsi les populations seraient victimes des maladies hydriques.

Photo 11 et 12 : Conditions d'insalubrité dans lesquelles les populations s'approvisionnent au forage artésien de Vèha qui coule toujours 24H/24 depuis 1987

Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

Le forage artésien de Vèha qui n'a pas encore connu un aménagement adéquat comme les autres forages de l'arrondissement, continue de déverser des millions de mètres cubes d'eau chaque année dans le lac. Cet écoulement permanent du forage ne rend plus l'eau de ce forage hygiénique et potable à cause de l'état d'insalubrité des alentours du forage (photo 11 et 12). Cette insalubrité peut devenir source de nombreuses maladies. De plus l'eau qui coule du forage au lac n'est pas du tout mis en valeur sur son trajet, hormis une petite bananeraie sauvage qui est irriguée en partie et sans dispositif réel d'irrigation, aucune autre action de mis en valeur n'est entreprise.

L'absence de mise en valeur des ressources en eau et les insuffisances des

source de nombreux désagréments à la vie sociale et économique des populations. Face à cet état de choses les populations mettent en oeuvre certains moyens de lutte pour réduire les effets négatifs de cette situation sur leur vie.

CHAPITRE IV : PRATIQUES ENDOGENES ET PROPOSITIONS DE MESURES POUR UNE MEILLEURE GESTION DE L'EAU

 

Pour lutter contre les conséquences néfastes de la gestion de l'eau sur l'environnement et sur elles-mêmes, les populations mettent en oeuvre de nombreuses pratiques endogènes d'atténuation des impacts. Ces pratiques varient suivant les moyens disponibles, les ressources en eau et l'ampleur des impacts. Après la présentation de ces mesures d'atténuations, des propositions sont faites pour mieux contenir ces impacts environnementaux et si possible les éviter.

4.1. Ressources en eau atmosphérique

Les mesures d'atténuation des impacts des eaux de pluie tout comme les mesures proposées pour améliorer la lutte contre ces impacts, peuvent être classées en deux grandes catégories : celles qui sont mises en oeuvre au niveau de chaque ménage et celles qui nécessitent le concours et l'adhésion de toute la population concernée.

4.1.1. Pratiques endogènes de réduction des impacts

Les mesures d'atténuation des impacts de l'érosion hydrique varient suivant les infrastructures atteintes. Lorsqu'il s'agit des habitations, chacun s'évertue à protéger son logis et on observe la mise en oeuvre des mesures de lutte individuelle contre l'érosion. Or la meilleure façon de lutter contre l'érosion devrait constituer en l'association simultanée des mesures individuelles et collectives. Les mesures collectives qui s'imposent lorsque les infrastructures communautaires telles que les pistes et les ouvrages d'assainissement sont érodés, n'arrivent pas encore à être mise en oeuvre par défaut de coordination et du concours organisationnel et financier des autorités locales. Ainsi qu'il s'agisse des habitations ou des infrastructures communautaires, c'est surtout des mesures d'atténuation individuelles et isolées qui s'observent dans l'arrondissement de Houin.

4.1.1.1. Mesures d'atténuations individuelles

Face aux actions néfastes des eaux de pluie sur leurs habitations, les populations des villages les plus touchés par l'érosion s'emploient chacun de son côté à lutter individuellement contre les eaux de ruissellement. Ainsi divers aménagements sont mis à contribution, nous avons :

> Utilisation des gouttières

Les gouttières sont des aménagements destinés à canaliser les eaux de pluie qui tombent sur les toitures afin de les diriger soit vers des jarres ou une citerne. Elles sont souvent réalisées avec des feuilles de tôles ondulées et sont placées le long des toitures. Cet aménagement empêche l'eau de pluie de tomber, en grande masse, juste au pied des murs de soubassement des cases. Notons que cet aménagement n'est utilisé que pour les cases dont les toitures ont été réalisées en feuilles de tôles ondulées.

Il est donc peu utilisé dans les localités de l'arrondissement de Houin. Ce sont donc les ménages disposant d'un peu plus de moyens financiers qui utilisent les gouttières. A défaut d'empêcher l'eau de pluie de tomber au ras des murs de soubassement des cases, la plupart des ménages empêchent alors l'eau de circuler le long de ces murs en enrochant les murs ou en réalisant des fascines.

> Enrochement des murs et la réalisation de fascines

Ces deux types d'aménagement ont pour but d'éviter le déchaussement des murs des concessions. L'enrochement consiste à entreposer des pierres et des cailloux tout le long des murs (photo 14). Alors que la réalisation de fascines consiste à réaliser une ligne à base d'assemblage de branchages (photo 13). Cette ligne, parallèle au mur, est située à environ 30 à 50 cm de ce dernier. L'intervalle entre la fascine et le mur est rempli de terre végétale et de branchages. Ces deux dispositifs ont l'avantage de faciliter la pose de sédiments au pied des murs pour les renforcer tout en empêchent le déchaussement des murs. La réalisation de

ces dispositifs ne nécessitant pas une main d'oeuvre qualifiée ni de matériaux manufacturés, revient moins chère et est à la portée de toutes les bourses. De plus quand ils sont régulièrement entretenus et renforcés, ils se montrent bien efficaces dans la protection des murs de concession contre l'érosion. Ces dispositifs sont souvent réhabilités et renforcés par les populations avant chaque saison pluvieuse. Ceux qui n'ont réalisé aucun de ces dispositifs de lutte anti érosives, s'évertue néanmoins avant chaque saison de pluie à renforcer leurs murs en mettant suffisamment de la terre de barre au pied des murs pour éloigner l'écoulement un peu de leur mur. Ces quelques mesures individuelles sont limitées sans le concours de mesures collectives qui doivent lutter contre les eaux de ruissellement depuis l'amont jusqu'à l'aval, puisque lorsque l'eau de ruissellement s'accumule prend de volume et de la puissance, plus aucun dispositif anti érosif n'arrive à lui résister longtemps. Qu'en est-il alors de ces mesures collectives ?

Photo 13 et 14 : Mesures de lutte endogène contre l'érosion à Houin Source : Cliché Juvénal HOUSSOU, 2009

4.1.1.2. Mesures d'atténuations collectives

l'érosion des voies est très accentuée et menace leurs habitations. L'échec de la mise en oeuvre de ces mesures est dû à plusieurs causes que sont :

v' Le désintéressement de certaines populations, notamment ceux dont les habitations ne semblent pas encore être menacées par l'évolution de l'érosion des fossés longitudinaux des pistes

v' Le manque de sensibilisation des populations par les autorités locales

v' Le défaut d'un concours organisationnel et financier des autorités locales notamment communales.

Ceux dont les habitations sont menacées déposent des tas de pierres ou des sacs de sable dans les rigoles créées par l'érosion des fossés pour arrêter leur creusement et leur élargissement. Mais ces dispositifs finissent par devenir inefficaces, vu l'intensité et la quantité d'eau qui arrive à ces niveaux, il importe de réduire l'intensité de l'écoulement des eaux par des dispositifs installés à des intervalles réguliers depuis le début du ruissellement jusqu'à l'exutoire.

La mairie a démarré des travaux de construction de caniveaux au centre de l'arrondissement le long de la piste principale. Mais ces travaux démarrés depuis des mois ont été abandonnés. Toutes ces mesures méritent d'être renforcées et suivies pour pouvoir réduire sensiblement les impacts des eaux de pluie.

4.1.2. Propositions de méthodes et techniques pour une meilleure gestion des eaux de pluie

La gestion des eaux de pluie doit être une préoccupation de toutes les autorités (locales et déconcentrées) en charge de l'assainissement et de l'environnement car cette gestion fait appel à des mesures individuelles de lutte mais surtout des mesures collectives qui nécessitent un minimum d'organisation et de moyens financiers. L'érosion est un phénomène qui ne peut être éliminé, on ne peut que la réduire en agissant sur un certain nombre de facteurs que sont :

- le sol en augmentant sa résistance,

- les gouttes d'eau en les interceptant avant qu'elles n'atteignent pas le sol,

- la force du vent en la freinant localement,

- le ruissellement en empêchant l'accumulation de l'eau ou en freinant régulièrement le ruissellement.

Pour agir sur ces différents facteurs, plusieurs actions peuvent être menées aussibien individuellement au niveau des ménages que collectivement par les autorités locales.

4.1.2.1. Actions individuelles au niveau des ménages

Chaque ménage peut lutter contre l'érosion dans son cadre de vie en protégeant sa concession et son environnement immédiat. Pour ce faire, il va falloir que chaque ménage protège ses cases par le dispositif de fascines autour de sa concession. Ce dispositif étant moins cher et très facile à entretenir puisque les matériaux nécessaires (branchages et sable) à sa réalisation sont à la portée des populations rurales. Ensuite pour maîtriser les gouttes d'eau avant qu'elles n'atteignent le sol, les ménages doivent planter autour de leur concession quelques arbres et réaliser dans la mesure de leurs moyens des gouttières pour canaliser l'eau des toitures vers des jarres ou des citernes. En dehors de l'érosion, l'autre conséquence des eaux de pluie est la prolifération des moustiques source de paludisme.

Pour réduire la prolifération des moustiques, les ménages doivent maintenir leur
environnement immédiat propre en dégageant tous les objets (boîtes de
conserves, assiettes usagées, etc) capables de retenir de l'eau et en fermant les

petites crevasses autour des habitations. Mais ces mesures ne serviront à rien sielles ne sont accompagnées de l'usage de moustiquaires imprégnées. Puisque le

moyen le plus sûr d'éviter les piqûres de moustiques est de dormir sous moustiquaires, les mesures d'hygiène suggérées ne feront que diminuer l'effectif

des moustiques. Toutes les actions individuelles méritent d'être complétées par des mesures collectives de gestion des eaux pluie afin d'atteindre l'efficacité escomptée.

4.1.2.2. Actions collectives de gestion des eaux pluviales

La conjugaison des efforts est une nécessité absolue dans la gestion des eaux de pluie et notamment en ce qui concerne le ruissellement. Ainsi du niveau du village au niveau de la commune en passant par l'arrondissement, une organisation doit être mise en place en tenant compte des réalités de chaque milieu. Les mesures ne nécessitant pas de gros moyens financiers mais surtout une main d'oeuvre peuvent être mises en oeuvre sous la coordination du chef de village. Celles nécessitant de gros moyens doivent être planifiées et soumises aux autorités communales pour recherche de financement et mise en oeuvre.

Sans de grands moyens financiers, les populations peuvent s'organiser pour éviter que l'eau ne se concentre et gagne de la force, il faudra donc lutter contre l'érosion en nappe en dispersant le ruissellement. Le ruissellement en nappe qui se déroule entre les concessions peut être contenir et disperser par l'installation de lignes végétalisées à base de la citronnelle Andropogon gayanus par exemple. Ces lignes devront être installées sur le chemin d'écoulement de l'eau entre les cases et suivant des intervalles réguliers depuis l'amont jusqu'à l'aval. Il va falloir sensibiliser tous les habitants et surtout ceux qui sont en amont et qui ne subissent pas trop l'effet du ruissellement des eaux comme les autres, à la nécessité de conjuguer tous les efforts pour empêcher la dégradation du cadre physique de la localité. Lorsque l'adhésion à cette lutte commune est obtenue de la plupart des ménages, il faudra alors choisir les plantes non envahissantes à planter et réaliser les lignes végétalisées pendant la saison des pluies. L'usage de la citronnelle pour ces lignes est conseillé. En ce qui concerne, l'écoulement en rigole qui se déroule le long des pistes de l'arrondissement, les populations peuvent réaliser des fascines ou des barrières en cailloux à des intervalles

réguliers. La réalisation des fascines ne nécessite pas de moyens de financiers juste la participation de chaque ménage mais en ce qui concerne la barrière de cailloux, la difficulté d'approvisionnement en pierres nécessaires à la réalisation du dispositif pourrait poser problème sans le concours financier de la mairie ou d'autres partenaires. Le concours financier est donc indispensable pour la réalisation de dispositifs durables de lutte contre l'érosion.

La mairie devra chercher des financements pour continuer les caniveaux le long de la grande piste qui traverse l'arrondissement ou bien réaliser des fossés maçonnés car l'érosion en rigole est très accentuée le long de cette piste. Une solution doit être trouvée au projet de construction de caniveaux en souffrance dans l'arrondissement afin que les travaux finissent par être achevés. La mairie devra aussi réaliser l'entretien régulier de la piste principale de l'arrondissement notamment avant chaque saison des pluies en aménageant correctement les fossés longitudinaux et en donnant une pente transversale suffisante pour l'écoulement de l'eau vers les fossés. Ceci évitera l'écoulement de l'eau sur la chaussée de la piste ce qui crée de grands ravinements longitudinaux. Il faudra aussi installer une barrière de pluie sur cette piste et règlementer l'accès des camions à cette piste après des pluies. Si toutes ces mesures peuvent réellement être mises en oeuvre, toutes les eaux de pluie de l'arrondissement de Houin pourront être bien canalisées pour aller vers leur exutoire que sont les eaux de surface.

Il est préférable que les autorités communales fassent un plan d'assainissement pour toute la commune et en particulier pour l'arrondissement de Houin comme l'a déjà fait la municipalité de Sakété par exemple avec le concours de la coopération allemande (GTZ). Une fois, le plan d'assainissement élaboré et validé, la recherche de financement sera plus aisée afin de pouvoir résoudre les problèmes d'assainissement en général dans la commune de Lokossa.

Tout comme les eaux de pluie les eaux de surface nécessite aussi un plan de gestion dont la mise en oeuvre apportera assez de solutions aux problèmes environnementaux dus à gestion de l'eau.

4.2. Ressources en eaux de surface

4.2.1. Pratiques endogènes de réduction des impacts de la gestion

Face à l'ampleur croissante des conséquences de la gestion du lac Toho sur le niveau de vie de la population, les populations essaient d'apporter des solutions à la préservation des ressources du lac. Mais, devant l'impossibilité de réduire la précarité et d'améliorer leur cadre de vie, les pêcheurs s'enferment, malgré eux, dans l'individualisme et la recherche effrénée de solutions qui n'arrangent pas toujours tout le monde ; attitude généralement dictée par la résignation et le désespoir. C'est un peu le sauve qui peut qui conduit à des actes préjudiciables à la cohésion sociale et à l'esprit communautaire. Ainsi devant l'usage des techniques qui ruinent les potentialités halieutiques du lac, les chefs traditionnels essaient de redonner vie aux anciennes interdictions mais leurs initiatives sont annihilées par la division en leur propre sein puisqu'ils existent aujourd'hui deux groupes autour de deux fétiches installés par la population pour la protection et la gestion du lac. Actuellement le projet PADDPA travaille actuellement pour une synergie d'action entre les différents acteurs à travers le nouveau plan de gestion du lac Toho qui est en train d'être finalisé pour sa mise en exécution.

Les ressources du lac n'étant plus suffisantes pour la population riveraine, des initiatives privées de création d'étangs piscicoles existent pour compléter la production du lac. Ainsi, nous avons observé respectivement cinq (05) et deux (02) étangs piscicoles dans les villages de Logbo et de Vèha, tous alimenté par les eaux du lac.

Aussi, pour réduire la pression sur le lac, les pêcheurs pratiquement tous l'agriculture. Les cultures pratiquées sont essentiellement le maïs, le manioc et les légumes.

Toutes ces mesures atténuent l'ampleur des impacts de la gestion du lac Toho mais demeurent insuffisantes pour la survie des ressources de ce plan d'eau et l'amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

4.2.2. Propositions de méthodes et techniques pour une meilleure gestion des eaux

Pour appuyer les initiatives de réduction à la base des impacts de la gestion de l'eau, il va falloir rendre opérationnels les comités et organisations de gestion autour de ce lac. Ainsi les quatre comités de pêches créés autour du lac doivent être appuyés pour redevenir fonctionnels et jouer le rôle qui est le leur. En effet, ces comités ont pour rôle de sensibiliser les pêcheurs afin qu'ils respectent la réglementation et participent aux travaux d'aménagement des plans d'eau ; ils sont aussi chargés de régler les conflits entre les différents groupes de pêcheurs. Ils n'ont pas un pouvoir de répression. Si, après avoir organisé des séances de sensibilisation dans une zone, les pêcheurs continuent les mauvaises pratiques, ils informent la police qui intervient.

Le programme PADPPA tel qu'il est conçu devra contribuer à terme, à l'amélioration des conditions de vie des pêcheurs, à la lutte contre la pauvreté des pêcheurs, à la protection et la conservation des ressources halieutiques des plans d'eau et à la préservation des droits et à la réduction des conflits. Ce programme a élaboré un plan de gestion du lac Toho dont la mise en exécution et le suivi seraient salvateurs pour ce lac. La réussite de la mise en exécution efficiente des différents axes d'intervention de ce plan permettront d'atteindre les résultats suivants :


· le peuplement du lac grâce à l'alevinage et à la création de frayères

· Le respect de l'interdiction des engins inadaptés

· La lutte contre l'érosion des bassins versants.

Il faudra aussi penser à la mise en place d'un système de crédit approprié afin de faciliter le développement des activités génératrices de revenus aussi bien celles liées à la pêche que celles qui ne le sont pas.

Enfin il faudrait une meilleure collaboration entre le milieu scientifique et le milieu professionnel afin d'étudier et d'apporter des solutions durables aux problèmes de nos cours et plans d'eau. Aussi cette collaboration devra permettre de disposer des statistiques diverses sur le lac et d'une base de données permanente sur le lac.

Par ailleurs, pour réduire le nombre de cas de bilharziose dans l'arrondissement, il va falloir sensibiliser la population à maintenir le lac dans un état de salubrité acceptable en évitant de prendre le lac pour un dépotoir ou une poubelle. De plus, il faudra éviter au maximum de se baigner dans le lac ou d'y plonger pour d'autres activités.

La collaboration entre le milieu scientifique et professionnel est fortement souhaitable puisqu'elle sera d'une aide substantielle dans la lutte contre les impacts de la gestion des eaux et notamment des eaux souterraines.

4.3. Ressources en eau souterraines

4.3.1. Pratiques endogènes de réduction des impacts de la gestion

En ce qui concerne la gestion des nappes souterraines, qui est du ressort de l'état central, aucun projet n'a encore vu le jour pour permettre une meilleure connaissance de ces ressources notamment du point de la vue de la quantité. Pour la protection de la qualité de ces nappes, un projet de loi portant gestion de l'eau a été initié par la direction générale de l'eau et est en souffrance depuis

juillet 2007 à l'assemblée nationale. L'adoption et l'application permettraient un suivi de l'accès aux nappes souterraines et une protection des périmètres de captage. Contrairement aux nappes souterraines, plusieurs mesures ont été prises par rapport à la gestion des ouvrages d'exploitation des eaux souterraines afin de réduire leurs impacts.

Les pertes d'eau sur les forages artésiens ont été supprimées sur quatre des cinq forages. Lorsque des forages qui ont déversé des millions de mètres cubes d'eau dans la nature sur plus de deux décennies ont fini par connaître des aménagements adéquats en 2009, ce sont là des efforts louables de cas de gestion intégrée de l'eau car l'eau n'est pas une ressource inépuisable. Mais il reste encore le forage de Vèha qui continue de déverser environ 600 m3 d'eau par jour dans la nature, il va falloir que la mairie de Lokossa avec l'appui de la direction départementale de l'énergie et de l'eau recherche des financements pour réaliser un aménagement adéquat afin de supprimer cette perte d'eau. En dehors du problème des pertes d'eau, des mesures ont été trouvées pour l'amélioration de la gestion des ouvrages hydrauliques en vue de la pérennisation de la fourniture d'eau potable aux populations. Il s'agira de professionnaliser la gestion de ces ouvrages. Mais jusqu'à ce jour, cette professionnalisation n'est pas vraiment encore effective à cause de la réticence et de l'opposition de certaines populations à ce processus, préférant la gestion communautaire afin de continuer le détournement des fonds issus de la vente de l'eau. Il faut noter aussi l'initiative de la mairie qui a décider d'auditer la gestion de toutes les adductions d'eau villageoises de la commune afin de prouver aux populations la gestion catastrophique qui était faite de leurs ouvrages et gagner leur adhésion au processus de professionnalisation des ouvrages d'eau.

4.3.2. Propositions de méthodes et techniques pour une meilleure gestion des eaux souterraines

L'eau étant une ressource épuisable et bien que la quantité d'eau disponible ne pose pas encore de problème, il importe que le ministère en charge de l'eau initie un projet qui permettrait une meilleure connaissance des eaux souterraines du pays. Ainsi les nappes qui se rechargent régulièrement devront être distinguées des nappes fossiles qui sont emprisonnées et ne se rechargent pas afin de bien définir une politique de la gestion intégrée des aquifères du pays. La protection des périmètres de captage devra devenir une réalité et l'accès aux nappes souterraines règlementé et suivi, mais pour ce faire l'adoption et l'application de la loi portant gestion de l'eau urge. Ceci est d'autant très important que lorsqu'aujourd'hui les méthodes d'amélioration de la production agricole font appel à l'usage de beaucoup d'engrais, ces produits qui s'infiltrent dans le sol polluent souvent la nappe phréatique dans des proportions très variées et méconnues. Si le problème du suivi de la quantité et de la qualité des ressources arrive à trouver réellement une solution, il va falloir aussi pensé à la pérennité de la fourniture de ces eaux souterraines aux populations en mettant en place un système de gestion des ouvrages d'eau qui devrait assurer l'entretien, la réhabilitation et le renouvellement de ces équipements.

Le processus de professionnalisation actuellement en cours dans tout le Bénin, vient donc à point nommé car son effectivité pourrait permettre d'atteindre cet objectif. Mais dans l'arrondissement de Houin, comme dans toute la commune de Lokossa, ce processus a du plomb dans l'aile. Il va falloir que les autorités communales sensibilisent encore les populations sur les bienfaits de ce processus et fassent rendre gorge à ceux qui auraient détourné les fonds issus de la vente de l'eau. Aussi, il faudra écarter les considérations politiques de la gestion l'eau et ainsi l'effectivité du processus de professionnalisation de la gestion des ouvrages d'eau et une bonne gestion des fonds issus de la vente de

l'eau par la mairie assurera à coup sûr la disponibilité de l'eau potable pour les générations futures de l'arrondissement comme partout dans la commune.

CONCLUSION

En définitive, la gestion de l'eau dans l'arrondissement de Houin est source de nombreuses nuisances, présentes et futures, à la population et à son cadre de vie. Ainsi, la gestion des eaux pluviales affecte l'intégrité et la beauté du paysage, dégrade les voies et menace la stabilité des habitations. Les eaux souterraines, quant à elles, ne causent pas encore de problème sur le plan de la quantité mais c'est plutôt sur celui de la qualité de l'eau et de la gestion des équipements permettant d'exploiter ces eaux pour les besoins de la population que des inquiétudes pour le futur, subsistent. Et ainsi cette gestion ne garantit pas à ce rythme la continuité de la disponibilité de l'eau potable à la population à l'horizon 2025. La manière dont les eaux de surface sont exploitées et suivies, notamment le lac Toho, dans l'arrondissement et dans les autres communes limitrophes du lac, a conduit à une diminution progressive des revenus de la population, issus des activités halieutiques et aggrave les conditions de précarité dans lesquelles vivent les populations de l'arrondissement si rien est fait.

Pour réduire les impacts de la gestion de l'eau, les populations essaient d'apporter, chacun à son niveau et compte tenu du niveau d'acuité ressenti, les solutions qui leur semblent appropriées. Mais il faudrait plutôt aller vers des solutions d'ensemble et collectives puisque l'eau n'a pas de frontières. En ce qui concerne les eaux de pluie, l'élaboration d'un plan d'assainissement s'avère indispensable pour pouvoir mobiliser des financements afin de réaliser des infrastructures de canalisation et de drainage des eaux. En plus de ceci, avec l'appui des cadres de la mairie de Lokossa chargés de la gestion de l'environnement, chaque village devrait se mobiliser à l'approche des saisons de pluie pour la réalisation et/ou la réhabilitation des dispositifs anti-érosifs à des endroits bien indiqués pour maîtriser l'écoulement des eaux de pluie. Quant au lac Toho, la mise en exécution et le suivi du plan de gestion du lac élaboré par le programme PADDPA pourront permettre de redonner une nouvelle vie à ce plan d'eau pour une amélioration des conditions de vie des populations riveraines. Mais il faudra aussi sensibiliser les populations afin que ces actions de sauvegarde et de régénérescence du lac ne durent pas que le temps d'un projet mais qu'elles soient l'affaire des populations elles-mêmes qui devraient s'organiser de façon consensuelle pour une meilleure gestion du lac. Au même moment où les problèmes du lac sont en train de trouver des solutions durables, il faudrait aussi penser à la pérennité de la fourniture d'eau potable. Pour ce

faire, il faudra assainir la gestion actuelle des points d'eau et arrêter le gaspillage des eaux des forages artésiens qui coulent encore 24h/24. Ainsi, donc il faudra aménager le forage artésien non encore aménagé et rendre effective et fonctionnelle la gestion professionnalisée des ouvrages d'eau.

La gestion de l'eau a souvent été reléguée au second plan par les autorités communales de nos pays, elles n'interviennent trop souvent que lorsque les dégâts, notamment sur le milieu physique, causés par l'eau deviennent alarmants. Mais si tous les dommages sur la vie économique, sociologique et le milieu physique dus à la mauvaise ou à l'absence de gestion de l'eau en général pouvaient être évalués er ramenés au ratio de `' X franc/habitant/jour», on s'apercevra peut-être que dans nos milieux ruraux où la majeur partie de la population vivent avec moins d'un dollar par jour soit environ moins de six cents francs CFA par jour ; ces dégâts et leur réparation seraient à des dizaines de milliers de francs par habitant et par jour alors que la prise de mesures pour une meilleure gestion des eaux aurait permis d'utiliser ces fonds pour améliorer les conditions de vie de nos populations rurales. Ne faudra-t-il pas peut-être approfondi cette étude pour une meilleure prise de conscience de la nécessité d'une gestion préventive des ressources en eau par les autorités communales et gouvernementales ?

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23. DURKHEIM, E., (1986). Les règles de la méthode sociologique, PUF, Paris, 34p.

24. FREDETTE, P., (2007). La gestion des lacs au coeur du développement de Val-des- Monts, Fédération des Lacs de Val-des-Monts, Val-des-Monts, Québec, 143p. (incluant 13 annexes.)

25. GASTANY G. et MARGAT J., (1997). Dictionnaire français d'hydrogéologie, Orléans, 249p.

26. GBAGUIDI, A., (2007). Rapport d'enquête cadre sur la pêche
continentale et l'aquaculture

27. GIROULT E., (2002). Eau, environnement, santé : Un enjeu majeur pour le XXIè siècle. Editions René SEUX, Paris, 396 p.

28. HACHIMOU, I.,( 1980) . L'hydrologie du lac Toho et ses conséquences géographiques. Mémoire d'études et de recherches pour l'obtention de la maîtrise en Géographie. 67p. et annexes

29. HOUNKPE, C., (1996) Plan de gestion des plans d'eau continentaux du Sud-Bénin. PPL. 48p et annexes

30. HOUNKPE, C. et BONOU, C., (2001). Inventaire et caractérisation des écosystèmes humides des deux complexes Est et Ouest des zones humides du Sud-Bénin. 26p et annexes

31. KOUTOUDIO, S., Diagnostic des ressources naturelles et leur gestion dans la communaute rurale de Velingara Ferlo (Rep. Démocratique de Congo). Mémoire de maîtrise de l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

32. HOUNMENOU, G., Gouvernance de l'eau potable et dynamiques locales en zone rurale au Bénin, [En ligne], Dossier 6 : Les territoires de l'eau, mis en ligne le 12 mai 2006:
http://developpementdurable.revues.org/index1763.html)

33. LAMI, M. et al., (2006). Pour la gestion des eaux pluviales: Stratégie et solutions techniques, Certu, Lyon, 32p.

34. LE BARBE L. et al., (1993). Ressources en eaux superficielles de la République du Bénin, Paris, 540p.

35. MAIRIE DE LOKOSSA, (2004). Plan de Développement Communal de la commune de Lokossa, Période 2004-2008, Lokossa, 136p.

36. MARTIN, Y., (2006). Rapport sur la gestion durable des eaux souterraine, Paris, 74p.

37. MINISTERE DU DEVELOPPEMENT RURAL Arrêté n° /MDR/DP portant réglementation de la pêche sur lac Toho. 3p.

38. MISSION DE DECENTRALISATION, (2002): Recueil des lois sur la décentralisation, Cotonou, 174p.

39. MORVAN D. et GERARDIN F., (1995). Dictionnaire Le ROBERT pour tous, 1275p.

40. PADDPA, (2008). Plan de gestion de plan d'eau (PGPE) du lac Toho. 30p et annexes

41. PLOYE, F., (2005). L'effet de serre : science ou religion du XXI siècle ?, Paris,118p.

42. PROGRAMME MONDIAL POUR L'EVALUATION DES RESSOURCES EN EAU, (2006): Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des Ressources en eau, Mexico, 52p.

43. REKACEWICZ, P., ET DIOP, S., (2008) .Gestion de l'eau : entre conflits et coopération : http://blog.mondediplo.net/2008-01-14-Gestion-de-l-eauentre-conflits-et-cooperation

44. ROCHE INTERNATIONAL, (1999). Etude du Projet d'Aménagement des plans d'eau du Sud-Bénin. Volume I : Synthèse de l'état des lieux et Cadre de Développement. 3075, ch. Des Quartre-Bourgeois Sainte-Foy (Québec) Canada G1W4Y4. 559p.

45. ROOSE, E., LAMACHERE, M., et de NONI G., (2002).Les effets d'actions incitatives de lutte contre l'érosion en Afrique francophone et en Amérique latine, Montpellier, 17 p.

46. TAZI SADEQ, H., (1998). Gestion participative de la ressource en eau et stratégies de financement, Casablanca, 188 p.

47. VERVIER, P., 2004, Gestion de l'Eau et de la Sécheresse, in Prospective "Sociétés et environnements", 5-6 février 2004. Paris, INSU, pp. 63-73.

48. VILAND M., (1989). Eau et santé, 100 p.

49. VISSIN, E., (2008). Gestion Intégrée des ressources en eau. Notes de cours, FLASH, UAC, 45 p.

50. WATHERN, P. , (1988). Environmental impact assessment: theory and practice, Unwin Hyman, London, 332 p.

51. WATKINS, K., et GHOSH, A., (2006) Human Development Report 2006, Beyond scarcity : Power, poverty and the global water crisis, United Nations Development Programme (UNDP).

52. YIN, W., (1992). Méthodes d'analyses en sciences sociales. Presses de l'Université de Montréal, Montréal, 1992, 176p.

ANNEXES

Annexe 1 : Liste des localités enquêtées

VILLAGE

LOCALITE

Nombre de ménage
par localité

1

DESSA

HOUNNONHOUE

1

2

DESSA

KANSEHOUE

1

3

DESSA

KPAKPASSA

1

4

DESSA

MANONKPON

1

5

DESSA

SEKPOYOVO

2

6

DESSA

SESSEHOUKANME

2

7

DESSA

TIKINME

1

8

HOUEDAHO

HOUEDAHO

2

9

HOUIN TOKPA

GBAKOUME

1

10

HOUIN TOKPA

HOUIN TOKPA

4

11

HOUIN TOKPA

LOGOHOUE

1

12

KESSAWE

ELAVAGNON

1

13

KESSAWE

KESSAWE

2

14

LOGBO

LOGBO

2

15

LOGBO

LOGBOVI

2

16

VEHA

AGADJI

1

17

VEHA

DOUIME

2

18

VEHA

GBEDJI

1

19

VEHA

KAKPOHOUE

1

20

VEHA

VEHA

2

TOTAL

31

Annexe 2 : Coupe forage artésien de Cessehoukanmè

FICHE OUVRAGE MON-LOK-2010-P04

Localisation

Pays BénIn

Département Mono

Commune Lokossa

Arrondissement HouIn

Village Administratif Dessa

Localité SESSEH OUKANME

Hydrodynamique / Equipement

Débit de fin de foration 30 m3/h

Débit maximal d'essai

Rabattement final

Type de pompe

Date d'installation

Identification

Numéro S eau MON-LOK-2010-P04

Etat PosItIf

Longitude (X) 1°48.06,5"

Latitude (Y) 6040.44,1"

Altitude (Z)

Période de foration ~

Organisation

Financement / Projet

Maître d'Ouvrage Commune de Lokossa

Maître d'Oeuvre technique

Entrepreneur

Atelier

Foreur

Venue d'eau n°4
Qcum = 30 m3/h

144 m

Sabot

156 m

155 m

156 m

157 m

Coupe lithologique Coupe technique

Sable moyen blanc

3 m

Ciment

Venue d'eau n°1

Sable fin

2.5 m 2 m

Sable argileux

9 m

Argile jaunâtre

26 m

Argile noire

43 m

Venue d'eau n°2

50 m

Sable grossier jaunâtre

63 m

Argile sableuse jaunâtre

66 m

Remblai

Tube plein PVC 126/133 mm

Calcaire

Venue d'eau n°3 Rotary 165 mm

80 m

79 m

Sable moyen blanc

108 m

Argile noirâtre souple

130 m

134 m

140 m

Crépine PVC 126/133 mm Massif filtrant

151 m

Tube plein PVC 126/133 mm

165 mm

Annexe 3 : GUIDE D'ENTRETIEN AVEC LES AUTORITES (chef de village, autorités chargées de la gestion environnementale à la mairie)

Fiche N° :

Date :

Arrondissement : Village :

Localité :

Nom et prénoms de l'enquêté :

Statut/Fonction de l'enquêté :

1- Quels sont les cours d'eau et plans d'eau qui arrosent votre village/localité ? R :

2- Comment sont-ils gérés ? R :

3- Quelle est l'importance économique, historique, touristique et sociale de ces cours d'eau ?

R :

4- Existe-t-il des systèmes de canalisation des eaux de pluie dans votre village/localité ? Comment sont-ils entretenus ?

R :

5- Quels sont les impacts des eaux de pluie dans votre village/localité ?

R :

6- Quels sont les impacts de la gestion des cours d'eau dans votre village ? R :

7- Que faites-vous à votre niveau pour réduire ou éviter ces impacts ? R :

8- Existe-il une politique de gestion des eaux de pluie dans la commune? R :

9- Existe-il une politique de gestion des cours d'eau et des plans d'eau dans la commune ?

R :

10- Connaissez-vous le sigle GIRE ? R :

11- Existe-t-il des actions GIRE dans la commune ? Sont-elles sur des initiatives privées ou publiques ?

R :

12- Existe-t-il des conflits liés à la gestion actuelle des cours d'eau ? Quelles sont leur ampleur 2et leur fréquence ?

R :

13- Quelles en sont les principales causes ? R :

14- Quelles sont les solutions que vous apportez à ces conflits ? R :

Annexe 4 : QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX MENAGES

Fiche N° :

Date :

Arrondissement : Village :

Localité :

Nom et prénoms de l'enquêté :

Statut/Fonction de l'enquêté :

1- Quels sont les cours d'eau et plans d'eau qui arrosent votre village/localité ? R :

2- Comment sont les usages que vous en faites ? R :

3- Quelle est l'importance économique, historique, touristique et sociale de ces cours d'eau ?

R :

Quels sont les impacts des eaux de pluie dans votre village/localité ? R :

4- Quels sont les impacts de la gestion des cours d'eau dans votre village ? R :

5- Que faites-vous à votre niveau pour réduire ou éviter ces impacts ? R :

6- Quels sont les moyens de lutte que vous utilisez contre le ruissellement des eaux de pluie?

R :

7- Quelles sont les maladies qui prévalent dans votre village/localité ?

R :

8- Pensez-vous qu'elles sont liées à l'usage et la gestion des ressources en eau de votre village ?

R :

Annexe 5 : GUIDE D'ENTRETIEN AVEC LES RESPONSABLES MEDICAUX

Arrondissement :

Quartier / Ville / Village:

Nom et prénom(s) de l'enquêté(e) :

Sexe : M F e : Profession :

Niveau d'instruction : Primaire Secondaire Supérieur

1/ Comment appréciez-vous la qualité des eaux provenant de votre commune ?

2/ Avez-vous jamais enregistré des épidémies de choléra ou d'autres maladies graves d'origine hydrique ?

3/ Si oui, quand ?

4/ Quelles sont les maladies liées à l'eau que vous consultez le plus souvent ? (Nombre de cas si possible)

5/ Y a-t-il des cas de mort ?

6/ Si oui, quand et combien ?

7/ Comment traitez-vous l'eau que vous buvez en votre qualité d'agent de santé ?

8/ Quelles leçons donnez-vous à vos patients en matière de traitement d'eau

9/ Quelles difficultés rencontrez-vous en matière d'éducation sanitaire dans votre commune ?

10/ Quelles solutions envisagez-vous ?

TABLE DES MATIERES

DEDICACE 2

REMERCIEMENTS 3

SOMMAIRE 4

SIGLES ET ABREVIATIONS 5

AVANT- PROPOS 7

RESUME 8

ABSTRACT 8

INTRODUCTION 9

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE 12

1.1 Revue de la littérature et cadre théorique de la question 13

1.1.1. Clarification de quelques concepts 13

1.1.1.1. Impact environnemental 13

1.1.1.2. Gestion de l'eau 14

1.1.1.3. Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) 14

1.1.2. Point des connaissances 15

1.2. Problématique et justification 20

1.3. Objectifs 24

1.4. Hypothèses 24

1.5. Approche méthodologique 25

1.5.1. Données 25

1.5.2. Outils de collecte de données 25

1.5.3. Techniques de collecte de données 26

1.5.4. Méthodes de traitement des données 30

1.5.5. Méthodes d'analyse des informations recueillies 31

CHAPITRE II : PRESENTATION DU CADRE D'ETUDE ET ETAT DES RESSOURCES EN EAU 33

2.1.1. Présentation du cadre d'étude 34

2.1.2. Situation géographique de la zone d'étude 34

2.1.3. Données Physiques, Climatiques et Humaines 36

2.1.4. Milieu économique 42

2.1.4.1. Activités principales 42

2.1.4.2. Activités secondaires 43

2.2. Etat des ressources en eau 43

2.2.1. Ressources en eau atmosphérique 43

2.2.2. Ressources en eau de surface 43

2.2.2.1. Présentation du lac Toho 44

2.2.3. Ressources en eau souterraine 44

2.2.3.1. Puits traditionnels 45

2.2.3.2. Puits modernes 45

2.2.3.3. Forages 46

2.2.3.4. Adductions d'Eau Villageoises (AEV) et Postes d'Eau Autonomes (PEA) 47

2.2.4. Répartition spatiale des points d'eau. 49

CHAPITRE III : STRATEGIES DE GESTION DE L'EAU ET LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX LIES A LA GESTION DE L'EAU 51

3.1. Stratégies de gestion des ressources en eau 52

Les modes de gestion de l'eau varient suivant les différentes sources d'eau 52

3.1.1. Ressources en eau atmosphérique 52

3.1.2. Ressources en eau de surface 53

3.1.2.1. Gestion du lac Toho 53

3.1.3. Ressources en eau souterraine 55

3.2. Impacts environnementaux liées à la gestion de l'eau 66

3.2.1. Ressources en eau atmosphérique 66

3.2.2. Ressources en eau de surface 70

3.2.3. Ressources en eau souterraine 72

CHAPITRE IV : PRATIQUES ENDOGENES ET PROPOSITIONS DE MESURES POUR UNE
MEILLEURE GESTION DE L'EAU 75

4.1. Ressources en eau atmosphérique 76

4.1.1. Pratiques endogènes de réduction des impacts 76

4.1.2. Propositions de méthodes et techniques pour une meilleure gestion des eaux de pluie 79

4.2. Ressources en eaux de surface 83

4.2.1. Pratiques endogènes de réduction des impacts de la gestion 83

4.2.2. Propositions de méthodes et techniques pour une meilleure gestion des eaux 84

4.3. Ressources en eau souterraines 85

4.3.1. Pratiques endogènes de réduction des impacts de la gestion 85

4.3.2. Propositions de méthodes et techniques pour une meilleure gestion des eaux souterraines 87

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 91

ANNEXES 96

TABLE DES MATIERES 106

LISTE DES TABLEAUX 109

LISTE DES FIGURES 109

LISTE DES PHOTOS 109

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Récapitulation des centres de documentation et structures, et des types d'informations 28

Tableau II : Projection de la population de l'arrondissement de Houin par village à l'horizon 2025 : 41

Tableau III : Bilan des points d'eau fonctionnels de l'arrondissement de Houin au 31 Décembre 2009.

49

Tableau IV : Bilan de gestion de l'AEV de Houin de 2006 à 2009 63

Tableau V : Proportion des cases érodées dans les villages de Houin 69

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Situation géographique de la commune de Lokossa 35

Figure 2 : Hydrographie de la commune de Lokossa 38

Figure 3 : Evolution de la pluviométrie de 1979 à 2009 (Station de Lokossa) 39

Figure 4 : Evolution de la population de Houin de 2002 à 2025 41

Figure 5 : Schéma d'une AEV 48

Figure 6 : Comparaison entre le besoin en eau potable de l'arrondissement et la disponibilité actuelle

en eau potable 50

Figure 7 : Option N°1 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin 58

Figure 8 : Option N°2 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin 59

Figure 9 : Option N°3 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin 60

Figure 10 : Option N°4 de la gestion des Adductions d'eau villageoises au Bénin 61

Figure 11 : Evolution du montant détourné par le comité de gestion de l'AEV de Houin sur les recettes

de 2006 à 2009. 63

Figure 12 : Proportion des cases érodées à Houin 69

Figure 13 : Evolution de la production du lac Toho 71

LISTE DES PHOTOS

Photo 1 : Un puits traditionnel à Douimè (Vèha) 45

Photo 2 : Forage artésien de Logbo, aménagé en 2009 47

Photo 3 et 4 : Gaspillage de l'eau du château d'eau de Houin, le trop plein inonde les alentours nature

pendant un pompage non suivi 64

Photo 5 : Forage artésien de Houin-Centre 65

Photo 6 et 7: Dégradation à Houin-Centre due à l'eau de ruissellement 67

Photo 8 et 9 : Erosion très accélérée à Houin 68

Photo 10 : Les écailleuses au bord du lac Toho à Logbo (Houin) 72

Photo 11 et 12 : Conditions d'insalubrité dans lesquelles les populations s'approvisionnent au forage

artésien de Vèha qui coule toujours 24H/24 depuis 1987 73

Photo 13 et 14 : Mesures de lutte endogènes contre l'érosion à Houin 78











9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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