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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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II - Le paradoxe religieux : l'impact sur la relation à l'alcool

La culture occidentale a subi une vague d'influence en matière d'alcoolisation. L'alcool fut d'abord un médium pour vénérer les dieux, puis un remède fréquemment prescrit par les médecins ou un réconfort pour le travailleur de force. Aujourd'hui, il est d'un côté diabolisé en tant que "fléau social", d'un autre côté il a les faveurs de la gastronomie. Hier comme aujourd'hui, nos pratiques subissent des influences, voire des pressions. La religion, la politique et la médecine se nourrissent les unes des autres pour faire véhiculer des valeurs sociales communes32(*). Un facteur marquant joue dans l'évolution des pensées, celui de la religion. Puisque que la bibliographie s'y est souvent référée, je tenterai, ici, de comprendre quel a été le rôle de la religion, dans une société où le culte voué à Dieu est intimement lié au vin. L'influence de la doctrine chrétienne, dans notre société, eut un impact relatif sur les attitudes, les habitudes et les ressentis. Il semblerait que la morale instaurée par la religion s'accorde avec les pratiques actuelles de l'apéritif, dans son cadre le plus traditionnellement répandu.

A - Du rituel d'hospitalité ...

La place de la religion dans le boire et le manger est une approche incontournable de la recherche. En effet, les moines étaient réputés (de manière positive contrairement aux sorciers) pour leur connaissance des vertus des plantes. Les breuvages apéritifs, autrefois consommés à des fins thérapeutiques, entraient dans leur composition. Les moines et des membres du clergé, étaient aussi présents dans le domaine viticole.

a- Le vin, la boisson privilégiée

Sociologues, anthropologues ou historiens accordent une place relative à l'influence de l'Église dans le déroulement de notre lien avec la boisson alcoolisée et, dans un premier temps, avec le vin. Les Romains ont importé la culture du vin, mais c'est la liturgie eucharistique qui le fait connaître. Le vin devient la boisson chrétienne par excellence. Robert Chapuis nous révèle que la christianisation de la Gaule s'exprime sous la forme d'une "croisade du vin" (boisson chrétienne) "contre la bière" (boisson symbole du paganisme)33(*). Les chrétiens s'allient donc avec succès au vin. Les évêques deviennent très tôt les premiers viticulteurs des cités, veillant à la fois à l'entretien du vignoble et au commerce du vin. Le siège épiscopal du Moyen Âge se fonde alors dans ces lieux viticoles où l'on peut accomplir l'office divin. Il est une source de revenu importante. Il est aussi un lieu d'hospitalité où en échange de services rendus dans les vignes, le voyageur peut faire une halte et se restaurer. Le rôle du vin prend une fonction importante d'"utilité sociale"34(*). Il est de coutume de l'offrir à l'hôte. Plus l'invité est une personne appartenant à une catégorie élevée, plus on est fier de l'accueillir avec son meilleur vin, que l'on nommait "le vin d'honneur". Le vignoble, pour le monastère, revêtait alors un titre de gloire. Aussi, la renommée d'un vin était attribuée grâce à plusieurs arguments et le plus grand honneur pour un vignoble était qu'il soit le fournisseur du roi.

* 32 _ Ce que nous analyserons plus en profondeur dans la dernière partie.

* 33 _ CHAPUIS, Robert. 1989. Op. cit., p. 51.

* 34 _ CHAPUIS, Robert. 1989. Ibid., p. 52.

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