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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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1- Les tendances fruitées du Nord-Est

Dans le Nord de la France, on consomme surtout le genièvre. C'est une eau-de-vie94(*) très aromatique préparée avec les baies du genévrier. Née en Hollande, elle est apparue en France par Dunkerque pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les gens du Nord (les "Ch'tis") sont également de fervents buveurs de bière, reconnu par le label : "bières spéciales du Nord".

La région de la Champagne Ardenne se distingue par son très réputé champagne, mis au point au XVIIe siècle par le bénédictin Pierre dom Pérignon. Précisons que cette boisson "sera servit frais à une température d'environs 8° dans des flûtes qui mettent en valeur sa mousse et préserveront son bouquet ", et que "les amateurs préfèrent le déguster en début de repas"95(*). Le ratafia est aussi une spécialité de cette région.

Tout le Nord-Est de la France semble apprécier les eaux-de-vie de fruit. La Lorraine s'est spécialisée dans la production de mirabelle, suscitant quelques conflits entre Messins et Nancéens96(*). L'Alsace, quant à elle, fait pousser des cerisiers destinés à la fabrication du Kirsch (les cerisiers donnant les meilleures eaux-de-vie étant ceux qui poussent sur les flancs des Vosges). Les eaux-de-vie de prunes, de mûres, de fraises, de pêches et plus rarement de l'eau-de-vie de houx font aussi le renommée de la région. Fougerolles, en Franche-Comté, se proclame "la capitale du Kirsch" (élaboré à partir de guignes, de poires, de framboises, de baies...). Cette région montagneuse se distingue par ses nombreuses plantes au vertus médicinales et très aromatisées, tel que la liqueur97(*) de sapin. Pontarlier, continue L'atlas de la France gourmande, fut la capitale de l'absinthe. L'anis de Pontarlier (qui est une eau-de-vie de gentiane, à base d'anis verte, d'hypose, de mélisse...), lui succéda après son interdiction. Enfin, mise au point au XIXe siècle, la crème de cassis est la spécialité dijonnaise. On peut lui ajouter de l'eau-de-vie de vin ("mêlé-cass") ou du vin blanc ("vin blanc cassis") ou encore du bourgogne rouge ("communard").

2- Les vertus médicinales des plantes des hautes montagnes

En Savoie, "Le Vermouth de Chambéry", vin d'herbes datant du XVIe siècle, connu son essor au XVIIIe siècle par les piémontais et en 1821 grâce au distillateur Chavosse. Il mis au point un vermouth de sa composition.

Plus au sud, dans le Dauphiné et le Vivarais, c'est la "liqueur des Chartreuses" définit comme un "élixir de longue vie" qui caractérise la région. Décryptée au XVIIIe siècle, après un siècle de recherche, cette liqueur verte, composée de plus de 130 plantes, connut dés le XIXe siècle une "renommée mondiale".

Comme le Jura, on trouve du génépi dans les hautes montagnes. Ce sont ses vertus médicinales qui firent la renommée des Basses et Hautes Alpes, explique l'ethnologue Annie-Marie Topalov98(*) et Denise Delcour dans un ouvrage ethnobotanique99(*). Aujourd'hui, pour ses vertus apéritives et digestives, l'essence de la gentiane est un tonique amer entrant dans la composition de nombreux apéritifs, suggère le Larousse Gastronomique100(*).

* 94 _ Les eaux-de-vie distillées industriellement se consomment quelquefois en cocktail ou en apéritif (gin, vodka, whisky), alors que les eaux-de-vie naturelles, distillées de façon artisanale et à l'arôme prononcé se dégustent plutôt en digestif. (2000. Larousse Gastronomique, Op. Cit., p. 414).

* 95 _ GIRARD Sylvie, MEURVILLE Élysabeth de. 1990. Op. Cit., p.44.

* 96 _ GIRARD Sylvie, MEURVILLE Élysabeth de. 1990. Op. Cit., p. 51.

* 97 _ Tout comme l'eau-de-vie, la liqueur (boisson spiritueuse, obtenue par mélange d'alcool et d'eau-de-vie avec des aromates) se boit pure à la fin des repas, comme digestif, parfois allongée d'eau comme apéritif. (Larousse Gastronomique, 2000 : 622).

* 98 _ TOPALOV, Anne-Marie. 1998. La vie des Paysans Bas-Alpins à travers leur cuisine. De 1890 à nos jours. Aix-en-Provence : Édisud, p. 70.

* 99 _ DELCOUR, Denise. 2004. « Savoir Populaire alpins. Soigner le "coup de froid" dans le briançonnais ». In G. Bëtsch et H. Cortot (dir.) : Plantes qui nourrissent, plantes qui guérissent dans l'espace alpin. Éd. De la librairie des Hautes Alpes, p. 165.

* 100 _ 2000. Larousse Gastronomique. Op. Cit., p. 521.

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