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Les nouvelles hégémonies de la région Septentrionale. Le Royaume Tem du Tchaoudjo (1880- 1914 )

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par Akimou TCHAGNAOU
Université de Lomé Togo - Maà®trise 2007
  

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2-1-2. Le conflit contre les Anyanga.

En tout, deux conflits opposèrent le Tchaoudjo aux Anyanga.

Rappelons que le Tchaoudjo était un carrefour d'échanges et de ce fait, il jouissait des avantages que lui procurait sa situation géographique. Les transits du sel et de la cola faisaient la richesse du royaume qui se sentait menacer par l'attitude des Anyanga qui constituaient un obstacle sur la route du sel vers Atakpamé, Sagada et la côte en exigeant le payement de taxes1.

Ainsi, ceux qui refusaient de payer se voyaient arracher leurs charges par les Anyanga. Selon Kparaki2, les raisons militaires et économiques expliquent mieux ce conflit puisqu'il écrit en 1988 que : « sans doute, si on se réfère à l'époque, des raisons économiques et militaires expliquent clairement eu égard aux nombreuses routes commerciales de la kola, des esclaves, du sel, du fer, des fusils qui traversaient la région ».

Pour briser cet obstacle que constituaient les Anyanga, le Tchaoudjo dut leur déclarer la guerre.

La guerre devint inévitable du moment où les revendications populaires s'accentuèrent. Le souverain Ouro Koura n'hésita pas à déclarer la guerre qui devenait de plus en plus imminente.

1 - Gayibor NL (ss la dir), 1997, p348.

2 - Kparaki K, 1988, p61.

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Après que Ouro Koura eût jugé légitimes les revendications populaires, il se résolut à envoyer au chef Ogadja d'Agbandi, un messager.

Celui-ci lui remit une flèche. Ce qui signifie que « mon souverain vous déclare la guerre ». Pour répliquer à ce geste de Ouro Koura, le chef Ogadja après avoir convoqué les sages, décida d'envoyer à Ouro Koura trois balles. Le choix du chiffre trois est significatif. Ce qui veut dire que pour prévenir un homme, on lui adresse trois avertissements. Les Anyanga ayant compris que la guerre contre leur territoire était inévitable, ensorcelèrent la rivière Kaza de sorte que tous les chevaux tem en voulant la traverser se noient avec toute leur cavalerie.

Cette stratégie utilisée par les Anyanga fut payante. Ce fut donc le premier conflit qui vit la défaite du Tchaoudjo puisque les Tem furent repoussés par les Anyanga qui disposaient en plus d'armes à feu.

Aussi les Tem perdirent-ils beaucoup de soldats alors qu'on dénombrait moins de dix morts du côté Anyanga1.

Ce premier conflit se déroula en 1879 sous le règne du souverain Ouro Koura de Birini.

Cependant, le second conflit qui verra la victoire du Tchaoudjo eut lieu en mai 1893. Von Doering et le comte von Zech entendirent parler de cette victoire du Tchaoudjo sur les Anyanga lors de leurs passages dans la région à l'époque.

Ce second conflit se termina par un pacte signé par les deux parties (Tchaoudjo et Anyanga) à Aouta (Aouda actuel) en 1893. Ainsi, par ce pacte, chacun des deux camps2 décide de faire la paix et jure de ne plus agresser son prochain.

1 -Kparaki K, 1988, p66.

2 - Dofouli est représenté par son chef Goma et Tchaoudjo est représenté par son souverain Ouro-Djobo Boukari de Kparatao.

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Nous dirons que si le Tchaoudjo fut défait par les Anyanga en 1879 lors du premier conflit, cela s'explique par la médiocrité de son armée qui était sous équipée face à un adversaire mieux armé et qui a su adopter une stratégie conséquente contre sa cavalerie.

De plus sous Ouro Koura de Birini, les mercenaires djerma étaient encore absents dans la région.

En revanche, la victoire du Tchaoudjo lors du second conflit s'explique par le fait que durant cette période, il eut déjà au sein de son armée, des cavaliers djerma qui furent de véritables guerriers.

Elle s'explique aussi par l'accession au pouvoir du nouveau souverain Ouro-Djobo Boukari de Kparatao, qui aussi fut animé d'un sentiment de revanche contre ce petit territoire qui défit la force armée du Tchaoudjo.

Donc, les raisons d'ordre moral, stratégique et humain expliquent mieux cette victoire du Tchaoudjo sur les Anyanga en mai 1893.

A partir de cette date, le Tchaoudjo ne connut plus de défaite quel que soit le niveau de militarisation de l'adversaire.

2-1-3. Expédition militaire des sémassi à Alédjo Kadara (1885) Une année après l'arrivée des Allemands sur le territoire du futur Togo, période au cours de laquelle l'hégémonie du royaume était à son paroxysme sous Ouro-Djobo Boukari de Kparatao, le Tchaoudjo intervint militairement à Alédjo Kadara.

Il se posait un problème de succession au chef. En effet, à la mort de ce dernier, deux candidats s'étaient présentés aux élections. En cette période, les chefs étaient élus et ceux qui avaient plus de popularité remportaient les élections.

Ainsi, à la fin de celles-ci, le candidat le plus populaire fut élu et le candidat malheureux et ses acolytes protestèrent sous prétexte que les élections ont été mal organisées1.

Peu après, un groupe d'opposition né probablement du côté du candidat malheureux déclara la guerre au nouveau chef. C'est dans cette situation de crise que Ouro-Djobo Boukari mobilisa son armée pour intervenir à Alédjo Kadara pour rétablir la paix.

Le royaume joua un rôle déterminant dans cette crise en envoyant des cavaliers dans ce village pour soutenir le nouvel élu. Ces cavaliers furent conduits par Adam Méatchi.

On peut se poser la question sur cette intervention du royaume. Pourquoi Ouro Djobo Boukari s'était-il arrogé le droit de faire justice dans un village qu'il n'administrait pas ?

Il est évident que le royaume était puissant et de ce fait, il était reconnu comme tel dans tous les milieux tem.

Toutefois, les Mola n'avaient pourtant pas de relation de parenté avec Alédjo Kadara. Mais si le Tchaoudjo était intervenu comme médiateur dans ce conflit interne, c'était sûrement pour assurer sa suprématie « diplomatique » sur les autres chefs et par voie de conséquence, à étendre son hégémonie sur les autres contrées de la région.

Bref, l'intervention du royaume à Alédjo Kadara illustre l'une des manifestations de son rayonnement et de son impérialisme dans la région.

Par ailleurs, l'ambition du Tchaoudjo dépassait même les frontières du futur Togo.

En dehors des conflits externes, le Tchaoudjo exerça son hégémonie aussi sur les peuples frères.

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1 - C'est-à-dire qu'elles n'ont pas été transparentes donc le nouveau chef est illégitime.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway