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Gestion des risques de crédit en microfinance

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par Théodore MWENE- BATU
Institut supérieur de management des Grands Lacs Goma RDC - Gradué 2010
  

Disponible en mode multipage

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Epigraphe

Le riche domine sur les hommes sans ressources, et l'emprunteur est serviteur de l'homme qui prête.

Proverbes 22 : 7

DEDICACE

A la mémoire de mes parents, SANGO MWENE-BATU et BENGELE ZAINA pour nous avoir donné la vie et appris à aimer le travail, nos prochains, les études comme source de notre richesse et de notre épanouissement.

A notre chère épouse Lydie NEEMA pour ton affection, ton amour, tes sacrifices et tes soutiens tant moral, financier qu'affectif. Que mes enfants Dorcas PELO et Docile MAUWA trouvent ici un modèle pour leur avenir intellectuel à travers ce premier travail de grade.

A nos frères, MUKUKA MWENE-BATU, Fusch'as MWENE-BATU, Enock SANGO MWENE-BATU.

Theodore MWENE-BATU SANGO

REMERCIEMENTS

Le travail de fin d'études que nous vous présentons à travers ces écrits, augmente un plus sur notre formation intellectuelle et scientifique dans le cadre de management.

Nous tenons tout d'abord à remercier nos encadreurs de l'école primaire et secondaire qui nous ont appris les premières notions de science, base de notre fondation scientifique.

Nos remerciements vont tout droit à l'ensemble du son corps professoral de l'Institut Supérieur de Management de Grands Lacs tout entier qui s'est attelé à travers le cours, les travaux pratiques, le stage et autres gymnastiques intellectuelles qui ont ainsi forgé notre mentalité scientifique ce premier cycle à ISMGL/Goma.

Nos remerciements vont d'une manière particulière à l'endroit du Chef de Travaux Déogratias CHIMERHE MUNGUAKOKWA et le ....................., respectivement Directeur et Codirecteur de ce travail, sous leur direction que ce travail a été élaboré, sans ses judicieuses directives, observations et constante disponibilité, il nous aurait été difficile de bien orienter nos réflexions et présente cette étude accessible au lecteur.

Nos remerciements s'adressent directement à toute notre famille et ami dont ma chère épouse Lydie NEEMA, mes filles Dorcas et Docile SANGO, Jean-Pierre MUKUKA MWENE-BATU, Fusch'as MWENE-BATU, Enock SANGO MWENE-BATU, Rita, Honorine, BITU, Georgette, APAMU MWENE-BATU, ainsi que ma Belle Soeur NISHIMO NELELWA, KITUNDA KISOSE MWABY ainsi que son épouse, Richard KABONGO, Madeleine KABONGO, Marcel MUKUNA NGOY ainsi que son épouse Esther, Patrick KILUNGUSU MALISAWA, TAMBWE MANYANGA, Thierry BIKUBA pour leur contribution à mon éducation et à ma formation, leur soutien indéfectible, et leurs sacrifices inestimables. Nos remerciements s'en vont en plus à ma belle famille dont Maman MAUWA MUNYERENKANA, papa Léopold BIRINGANINE BULAKALI, qu'ils trouvent ici les sentiments de notre affection. Nos remerciements s'adressent également à nos collègues de promotions, Claude CHISHIBANJI, Pierrot LINJANJA, BIRINDWA GANYWAMULUME ; mes amis dont la famille HERI MATWALI, Thierry BIKUBA, Janvier WABENGA KANYANYA, Claude SONGHA auprès de qui nous avons reçu conseils et encouragement. Que tous nos collègues de travail, dont le Gérant Jacques NGAMA, Jean Bosco MALIYE, Djeph KAMATE, Adèle KAWA, Paulin KALENGA, Nicolas NIRERE, Victor BASHENGEZI, CHIBEYE NTAMWIRA,....................Qu'il trouve ici nos remerciements.

Theodore MWENE-BATU SANGO

PRINCIPAUX SIGLES ET ACRONYMES

AG : Assemblée Générale

BCC  : Banque Centrale du Congo

CA : Conseil d'administration

CC  : Commission de crédit

COOFIPEC  : Coopérative Financière de Peuple congolais

COOPEC  : Coopérative d'Epargne et de Crédit

CS : Conseil de Surveillance

IMF  : Institution de Microfinance

ISIG : Institut Supérieur d'Informatique de Gestion

ISMGL : Institut Supérieur de Management de Grands-Lacs

MECRE NDOSHO  : Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Ndosho

MECRECO  : Mutuelle d'Epargne et de Crédit du Congo

MECREGO  : Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Goma

MECRE KATINDO : Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Katindo

RDC  : République Démocratique du Congo

ROI : Règlement d'Ordre Intérieur

ULPGL  : Université Libre des Pays de Grands Lacs

P  : page

Op. cit.  : Cité avant

$  : Dollars

Pp  : pages

N°  : Numéro

CAB  : cabinet

NK  : Nord Kivu

US  : United states

%  : pourcentage

INTRODUCTION

De nos jours, on parle beaucoup de microcrédit, une innovation dans le monde de la Finance, qui a permis aux populations démunies dotées de capacités productives et créatives, longtemps exclues du système financier classique, de pouvoir accéder au marché du crédit et devenir des agents actifs dans l'économie.

Cette composante de la microfinance, longtemps méconnue se trouve, aujourd'hui, à la une de l'actualité. Grâce à cet instrument, un pauvre, qui faute de moyens ni de garanties, ne pouvait, auparavant, entreprendre aucune activité, peut se transformer, aujourd'hui, s'il en a la volonté et l'esprit créateur, en micro-entrepreneur en créant une activité génératrice de capitaux, ce qui constitue la réussite économique et de promotion sociale. Il est notoirement admis, de nos jours qu'avec le microcrédit, on peut briser le cercle vicieux de la pauvreté et promouvoir la croissance moyennant des coûts réduits, et avec de faibles sommes d'argents dans une multitude de secteurs.

Les résultats obtenus grâce à cet outil sur le terrain commandent aux chercheurs et théoriciens d'étudier les voies et moyens de sauvegarder cet outil, d'améliorer son intervention et de permettre aux organismes qui le gèrent de perdurer et de se développer. Il s'agit essentiellement de chercher les meilleures voies devant assurer la pérennité des institutions offrants ce service.

Le présent travail de fin de cycle s'inscrit dans ce cadre de recherche de viabilité financière d'une IMF. Partant du principe que pour perdurer et prospérer, l'institution doit gérer au mieux les risques auxquels elle est soumise, en particulier le risque de non remboursement des crédits octroyés, l'objectif de ce document consiste a montrer comment une institution de microcrédit peut évaluer les risques de non remboursement de ses clients, et par suite, d'améliorer la rentabilité et l'efficacité de l'institution, ce qui est de nature à garantir sa pérennité.

Hormis l'introduction et la conclusion générale, notre travail est subdivisé en trois chapitres :

Le chapitre premier parle exclusivement de la Mecre Katindo et ses risques financières;

Le second chapitre parle les généralités sur les concepts de base (les risques financiers, les institutions financières les coopératives d'épargnes et de crédit et la microfinance.); et

Le troisième et dernier chapitre concerne l'appréciation du niveau de risque au sein de la Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Katindo «Mecre Katindo».

1. ETAT DE LA QUESTION

Toute Institution de Microfinance (IMF) est vulnérable aux risques. Quand bien même les IMF ne peuvent pas éliminer tous les risques auxquels elles sont exposées, avec un processus efficace de gestion des risques, elles peuvent réduire de façon significative leur vulnérabilité.

En tant Manager-gestionnaire, et par l'honnêteté scientifique, nous avons le devoir moral d'apporter une solution aussi infime soit-elle à cette problématique. Dans le domaine de notre étude, certains travaux antérieurs ont été déjà réalisés. Nous ne sommes certainement pas les premiers à porter notre intérêt sur ce sujet. A titre illustratif nous citions ULEKU OYAKA qui avait parlé sur la problématique des crédits octroyés aux membres des coopératives d'épargnes et de crédit, cas de la COOFIPEC Goma. Il a montré que la non maitrise de la gestion rationnelle par les membres et le choix non approprié des activités génératrices des recettes posent problème aux IMF, en outre, le retard d'octroi de crédit par les IMF posent aux membres à devenir opportunistes dans les activités. Le délai de remboursement ne tient pas compte de la rentabilité des activités mises en place par les membres et afin le manque de supports des bénéficiaires et leur suivi au quotidien.

2. PROBLEMATIQUE

Le système financier (les banques, les institutions financières non bancaires, le marché financier...) représente l'un des piliers du succès de la relance et/ou de la consolidation des activités économiques d'un pays. Il constitue en effet le cadre idéal qui permet de recueillir les ressources financières auprès des agents économiques à capacité de financement (c'est-à-dire les résidents et les non-résidents à même de constituer une épargne) et, ensuite, de les transférer moyennant certaines garanties aux agents qui manifestent un besoin de financement (c'est-à-dire les demandeurs de crédits qui accusent un certain déficit en ressources financières). Il peut s'agir des entreprises privées faisant face à des difficultés de trésorerie, mais qui doivent assurer leurs investissements en capital, remplacer ou améliorer leurs équipements, rémunérer les facteurs de production, innover, etc.

La micro-finance donne accès à des services financiers et non financiers à des personnes qui ont de faibles ressources et qui désirent obtenir de l'argent pour démarrer ou développer une activité génératrice et/ou rémunératrice de recette. Pour se pérenniser et être viables, les institutions de micro-finance doivent mettre en place des instruments de gestion des risques à lesquelles elles seront confrontées.

Si les institutions de micro-finance sont entrain de naitre et de croire, d'autres part contre sont entrain de fermer leurs portes ou carrément sont entrain d'être liquidé par l'institution de tutelle qu'est la banque centrale. Plusieurs causes sont à la base notamment, le manque d'un dispositif de contrôle interne, la mégestion due aux décideurs des coopératives, manque d'expérience dans le domaine de la gestion des IMF et bien sûr le mauvais octroi de crédit, cette dernière activité étant considérée comme le pilier de toute coopérative.

Le système financier est dès lors une nécessité et est au coeur de la vie économique et du processus de croissance. Des particuliers mais aussi des associations ou des collectivités locales, elles sont quotidiennement confrontées à la prise de décision pour prévenir les risques.

Par conséquent, le dysfonctionnement et/ou la paralysie des IMF peut s'avérer fatal au développement économique et bien entendu, à l'amélioration du bien-être social. C'est ainsi qu'en cas de difficultés de fonctionnement du secteur financier dans un pays, la nécessité de poursuivre les activités économiques par des opérateurs économiques les conduit très souvent à procéder par des substitutions, en développant des méthodes appropriées pouvant leur permettre de couvrir les insuffisances constatées dans le système financier formel. Les actions des agents économiques prendront deux directions :

- les agents qui disposent des moyens financiers, de l'épargne (les entreprises d'abord), vont profiter de l'incapacité des institutions financières formelles à honorer les demandes des crédits des opérateurs économiques en se substituant à elles, et ce, en finançant directement et/ou indirectement ces agents à besoin de financement.

- les agents qui n'ont pas de moyens suffisants (entreprises et ménages), n'ayant pas d'autres sources de financement, seront obligés de négocier leur financement avec les premiers, et ce, quel que soit le taux d'intérêt. Il se développe dès lors, à cause du dysfonctionnement des institutions financières formelles, des activités informelles de substitution relevant à la fois tant de la «finance directe» que de «l'intermédiation financière informelle». Tel est le cas de l'intermédiation financière en RDC à l'heure actuelle.

Le système bancaire classique est considéré comme pratiquement sinistré, subissant les séquelles de la crise économique et politique qui sévit en République Démocratique du Congo depuis les années 90.

Il a été constaté la faillite de banques commerciales contrôlées par l'Etat, l'essoufflement de celles à capitaux privés, la fermeture de plusieurs coopératives ou simplement la liquidation de ces dernières par la BCC.

Dans le monde des affaires, le crédit est un instrument incomparable, c'est un levier essentiel des affaires. Sans lui les entreprises voire même les ménages seraient incapables de se développer ; avec lui les possibilités de la production et des échanges deviennent infinies, c'est le principal facteur du progrès d'une nation mais aussi de l'humanité.

Parmi les principales attributions des banques figure celle de la collecte de l'épargne dans le publique. L'épargne, dans son sens général, est considérée comme une partie du revenu qui, pendant une période donnée, n'est pas consacrée à la consommation.1(*)

Les néoclassiques considèrent l'épargne comme une consommation différée dans le temps. L'individu accepte de renoncer à une consommation immédiate et l'épargne ainsi réalisée lui permettra d'augmenter son revenu et sa consommation.

Pour ce courant de pensée, l'épargne apparaît ainsi comme le moteur de tout développement car elle permet de financer les investissements d'après la loi des débouchés.2(*)

Le système financier moderne classe les institutions financières d'une façon générale en quatre catégories. Elles partent de l'institut d'émission ou la banque centrale, aux banques de dépôts ou banques commerciales agréées; les banques d'affaires ou banques de développement (qui octroient des crédits à moyen et long terme) jusqu'aux institutions financières non bancaires ou institutions spécialisées3(*). Certaines de ces dernières ont été créées dans le but de la mobilisation de l'épargne (même les plus minimes) et l'octroi de petits crédits. C'est dans cette dernière catégorie que se situe la Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Katindo (Mecre Katindo) qui fait l'objet de notre étude.

Eu égard à ce qui précède, les questions centrales de cette recherche se résument en ce sens:

ü Existe-il un risque financier pour au sein de la Mecre-Katindo quand elle octroie du crédit?

ü Quelles sont les raisons qui expliquent le retard et/ou le non remboursement de prêts?

ü Existe-il une liaison entre les crédits et les dépôts?

3. HYPOTHESES

L'hypothèse est une proposition de réponse à la question posée, c'est une affirmation provisoire concernant la relation entre deux ou plusieurs variables.4(*)

- Il nous semble que le risque financier au sein de la Mecre Katindo serait lié au non remboursement du crédit;

- Il se pourrait que les mécanismes de gestion des créances soient efficaces.

- Il serait possible que l'évolution des dépôts soit à la base de l'évolution du crédit.

4. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Notre choix pour ce thème ne relève pas d'un hasard; il est justifié par le fait que le métier de banquier est un métier noble mais présentant beaucoup des risques compte tenu de la complexité des opérations bancaires. Ainsi, le présent travail présente un intérêt réel au point qu'en plus d'apporter des éclaircissements sur le rôle d'une institution financière non bancaire, il s'atèle à l'analyse du risque financier que court cette dernière dans l'exercice de ses fonctions. Ainsi, les institutions de micro-finance dans leur ensemble et la Mutuelle d'Epargne et de crédit de Katindo (Mecre Katindo), de manière particulière, trouveront ici, un outil pour renforcer des stratégies pour la maîtrise des risques liés à l'octroi de crédit.

5. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

5. 1. Méthodes

La méthode est une démarche intellectuelle exigée par le schéma théorique appropriée à elle en vue d'expliquer une série des phénomènes observés.5(*)

Dans le cadre de ce travail, nous avons fait recours aux méthodes ci-après :

- La méthode analytique : pour analyser les documents et formulaires utilisables pour la demande d'un crédit ;

La méthode statistique : Celle-ci nous a permis de généraliser nos résultats obtenus sur l'entreprise d'étude (Mecre Katindo) à l'ensemble d'institutions financiers non bancaires.

- La méthode inductive : Celle-ci nous a permis de généraliser nos résultats obtenus sur l'entreprise d'étude (Mecre Katindo) à l'ensemble d'institutions financiers non bancaires.

En ce qui concerne des techniques de recherche, consistant aux différents instruments utilisés pour récolter les informations (données), nous avons fait recours aux techniques documentaires (en récoltant les informations dans différents ouvrages, lois, sites Internet...) ainsi qu'aux questionnaires et entretien avec les membres.

5.2. Techniques

En guise de méthodologie pour notre travail, nous avons fait recours aux techniques de questionnaire, d'entretien et de documentation.

La Technique documentaire  pour consulter les ouvrages et autres document en rapport avec notre sujet de recherche.

La technique de questionnaire pour nous permettre d'obtenir des informations auprès de nos enquêtés à travers un questionnaire.

La technique d'interview pour bien mener un entretien avec le personnel de la Mecre Katindo pour plus d'éclaircissements sur des mesures préventives

6. DELIMITATION SPATIO - TEMPORELLE

Notre étude porte sur les risques de crédit que courent les institutions financiers non bancaires en prenant en particulier le cas de la Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Katindo «Mecre Katindo», lors du traitement des opérations d'octroi du crédit, pour une période allant de 2008 à 2010.

Dans l'espace, ce travail concerne seulement la Mecre Katindo.

7. OBJECTIFS DU TRAVAIL

L'objet de ce travail se résume en ces termes :

- encourager une bonne gestion et la transparence. Ceci renforce l'efficacité des IMF

- permettre à la COOPEC d'avoir une très bonne qualité de portefeuille, une minimisation des risques de pertes sur créances ou de mauvaise gestion des fonds.

8. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l'introduction et la conclusion générale, notre travail est subdivisé en trois chapitres :

Le chapitre premier parle exclusivement de la Mecre Katindo et ses risques financières;

Le second chapitre parle les généralités sur les concepts de base (les risques financiers, les institutions financières les coopératives d'épargnes et de crédit et la microfinance.); et

Le troisième et dernier chapitre concerne l'appréciation du niveau de risque au sein de la Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Katindo «Mecre Katindo».

8. DIFFICULTES RENCONTREES

Lors de notre investigation, nous nous sommes heurtés à quelques difficultés que nous avons essayées de surmonter pour rendre la réalisation de ce travail effective, à savoir:

- Le manque de temps vu que nous sommes employé c'est-à-dire sous la direction d'un employeur, ce qui nous empêcher d'assister assidument aux cours ;

- Le problème de moyens financiers n'était pas en reste

- la maladie qui a affecté notre assistance à certaines séances des cours très important, car nous devrions voyager loin de Goma pour nous faire soigner.

CHAPITRE I

APERÇU GENERAL DE LA MECRE- KATINDO

I.1 PRESENTATION DE LA MECRE-KATINDO

I.1.1 Historique6(*)

La naissance des mutuelles d'épargne et de crédit de Goma, MECREGO remonte à 2001, alors que Monsieur Deo Katulanya Isu, promoteur de l'Institut Supérieur de l'Informatique et de Gestion (ISIG), eu l'idée de créer une structure financière qui allait accompagner la population de Goma dans sa lutte contre la pauvreté et en vue de promouvoir le développement.

Pour réussir sa mission, cette structure devait être gérée par la population elle-même et compter ses propres ressources. Sur base d'un crédit de l'initiateur de l'idée et avec l'appui de Monsieur Cléon Mufungizi ajoutés à la collaboration d'un ancien gérant de la coopérative d'épargne et de crédit Imara, Monsieur Paul Mitsindo Mutaka, la première coopérative dénommée MECREGO voit le jour le 07 Avril 2001 dans la ville de Goma.

Son arrêté d'agrément fut signé par le gouverneur du Nord Kivu le 30 juin 2001 à Goma portant le n° 01/33/CAB/G-P-NK/2001 autorisant le fonctionnement de ladite institution.

La Mecre Katindo quant à elle, étant une filiale de la MECREGO, fut créée le 07 mai 2002 selon la loi portant agrément de la constitution des entreprises ou des institutions de Micro Finance, elle fut agréée par la loi portant le n° 005/200005/2002 du 07 mai 2002 relative à la constitution

I.1.2 Dénomination sociale

La dénomination sociale adoptée est celle de Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Katindo, en sigle « Mecre Katindo» constituée pour une durée indéterminée prenant cours à la date de son agrément par la BCC.7(*)

I.1.3 Siège social

Le siège social de la Mecre-Katindo/Coopec est situé dans la commune de Goma sur l'avenue Sake n°31. II peut être transféré à tout lieu sur proposition du Conseil d'Administration et après approbation de la BCC.

I.1.4 Objet social

La Mecre Katindo a pour objet social de :

- collecter l'épargne de ses membres sous toutes ses formes ;

- consentir les crédits à ses membres ;

- promouvoir l'entraide entre les membres.

I.1.5 Capital social

Le capital social initial de la Mecre Katindo est fixé à 1.196.000Fc, il est constitué de 23 parts sociales, chacune valant 52.000FC, ces parts sociales sont libellées en numéraire.

Les parts sont intégralement libérées. Elles sont nominatives, non négociables et saisissables. En cas de perte de la qualité de membre, la Mecre Katindo rembourse les parts sociales suivant la valeur comptable issue du bilan et des comptes d'exploitation et selon l'ordre de priorité prescrit par le règlement.

Les parts sociales ne sont cessibles qu'entre membres et après approbation du Conseil d'Administration. Elles peuvent être rémunérées dans les limites fixées par l'Assemblée Générale.

I.1.6 Zone d'intervention

La zone d'intervention de la Mecre-Katindo s'étend dans les limites administratives de la province du Nord Kivu. Elle peut être élargie à d'autres parties de la RDC sur décision de l'Assemblée Générale et après approbation de la BCC.

I.1.7 Réalisations

Depuis son ouverture, la Mecre-Katindo a donné naissance à deux succursales qui ont déjà acquis leur autonomie :

- la Mecre-Mabanga,

- la Mecre-Virunga.

De plus, deux guichets ont été ouverts : celui de Ndosho et celui de Trois Paillotes, étant sous la supervision de la Mecre Katindo/coopec.

En outre, la Mecre-Katindo est parvenue à acheter le bâtiment qu'elle louait précédemment et compte dans ses avoirs un véhicule Nissan 4×4 et 3 motos pour le déplacement de ses agents ainsi que le recouvrement.

I.1.8 Ressources financières

Les ressources financières de la Mecre-Katindo proviennent des :

- Droits d'adhésion ;

- Parts sociales ;

- Cotisations et souscriptions des membres ;

- Dons, legs et subventions de l'Etat ou d'une autre institution nationale ou internationale ;

- Intérêts sur les micros crédits consentis.

I.2 OBJECTIFS ET ORGANISATION

I.2.1 Objectifs

La MECRECO en général, et en particulier la Mecre-Katindo a pour objectif de mettre en oeuvre des principes de la coopération, de promouvoir les intérêts économiques et sociaux de ses membres, notamment :

- Protéger ses membres contre les revers de fortune, les conséquences du chômage, la maladie, et l'indigence en leur enseignant les bienfaits inappréciables de l'économie et de la prévoyance par la coopération ;

- Faire naître l'esprit d'initiative et de travail local, agricole, industriel ou autre, par l'emploi prudent de l'épargne au développement socio-économique du milieu où elle a été produite ;

- Leur venir en aide par des prêts à rembourser au moyen des remises partielles et/ou autres conditions acceptables ;

- Promouvoir des personnes qui ont montré un esprit d'initiative et d'honnêteté afin d'accroître leurs activités par des prêts conséquents et bien suivis ;

- Assurer aux membres emprunteurs des garanties morales de premier ordre ;

- Combattre l'usure au moyen de la coopération ;

- Répandre parmi les membres, la connaissance pratique des principes élémentaires de la science économique ;

- Leur enseigner le respect des engagements ;

- Créer et accroître la confiance mutuelle entre le droit ;

- Initier ses membres à l'exercice de la démocratie et aux usages du droit écrit ;

- Lutter contre la pauvreté par l'organisation, et l'appui aux personnes déshéritées ;

Soulager la misère des personnes vulnérables par un appui en affectant aux activités les concernant une partie du trop perçu.

I.2.2 Organisation et fonctionnement

I.2.2.1 Organigramme

Assemblé Générale

Comptabilité

Conseil d'Administration

Conseil de Surveillance

Commission de crédit

Gérance

Trésorière

Chargés des opérations

Chauffeur

Visa

Réceptionniste

Sentinelle

Caissières

Agents de crédit

Source : Statut de la Mecre-Katindo/coopec.

I.2.2.2 Fonctionnement

Ø Assemblée Générale

C'est l'organe suprême de la Mecre-Katindo composé de tous les membres. Elle se réunie une fois par an. Elle est chargée de (d'):

- Orienter la politique interne et externe de la Mecre-Katindo/coopec,

- Prendre connaissance du rapport annuel du Conseil d'Administration et du Conseil de Surveillance,

- Nommer les commissaires aux comptes,

- Donner mandat au Conseil d'Administration d'étudier les possibilités de créer de nouvelles agences,

- Déterminer les critères et modalités d'élection des membres du CA et des membres des autres organes,

- Décider de l'affiliation ou désaffiliation à une Coocec,

- Prendre toute décision sur la bonne marche de la Mecre-Katindo/Coopec sur proposition du CA.

Ø Collège des Fondateurs

C'est un organe composé de tous les membres signataires des statuts. Il est le dernier recours de Mecre-Katindo/Coopec. Ses membres sont garant de la bonne marche de la Mecre-Katindo/Coopec.

Ø Conseil d'Administration

Le conseil d'administration est un organe composé de cinq administrateurs minimum. Toutefois, un nombre impair plus élevé, sans être supérieur à neuf, peut être prévu. Le CA admet ou refuse les demandes des personnes et sociétés ou organismes qui désirent devenir membre et règle les gestions des transferts et des retraits des membres. Il est aussi chargé de :

- décider de la démission ou de l'exclusion des membres,

- Nommer et révoquer le gérant,

- Détermine ses devoirs et fixe son traitement sous réserve de dispositions de la législation en vigueur ;

- Voter le budget de fonctionnement et d'investigation ;

- Se prononcer en appel, sur les décisions de la Commission de Crédits à l'endroit d'un membre ;

- Fixer la politique concernant l'épargne et le crédit et approuver le budget ;

- Contrôler l'exécution du budget et le suivi de la politique des prêts ;

- Assurer le respect des prescriptions légales, règlementaires et statutaires ;

- Favoriser le travail des inspecteurs et de toute mission de contrôle dépêchée par la Banque Centrale, par la Coocec ou par la fédération selon le cas ;

- Promouvoir par toute mesure utile, l'éducation économique, sociale et coopérative des membres ;

- Proposer des solutions pour un règlement à l'amiable des différends ;

- Mettre en application les décisions de l'AG ;

- Arrêter les états indiquant la situation de la Mecre-Katindo/Coopec à la clôture de l'année sociale et propose le partage trop-perçu ;

- Régler tout ce qui concerne son fonctionnement intérieur ;

- Suspendre et révoquer sans appel tout dirigeant. Il accomplit tous les actes nécessaires et prend toutes les dispositions qui ne sont pas à la compétence exclusive de l'AG ;

- Rendre compte de la gestion des prêts au CA chaque mois ;

- Examiner toutes les demandes de crédits, vérifier la solvabilité et les garanties morales et matérielles offertes et se prononcer sur leur admissibilité ou sur leur rejet ;

- Prendre toutes les mesures nécessaires à la bonne gestion des fonds prêtés par la Mecre Katindo/Coopec et vieller à l'accomplissement fidèle des engagements pris par les membres emprunteurs et à la rentrée des créances ;

- Connaître exactement l'emploi que l'emprunteur se propose de faire du prêt sollicité et refuser si le prêt est destiné à un fait inutile, extravagant, nuisible ou dangereux ;

- Autoriser l'extension des activités (guichets) et en informer la Banque Centrale ;

- Elle évalue avec le plus grand soin les valeurs morales de l'emprunteur et évalue sa capacité à remplir ses obligations.

Ø Conseil de surveillance

Il est composé de trois membres qui sont désignés par le CA. Il est chargé de :

- Veiller au contrôle périodique de la Mecre Katindo/Coopec par les organes compétents,

- Recevoir les plaintes des membres et les soumettre aux organes compétents,

- Entreprendre les vérifications ou inscriptions des comptes, livres et opérations de la Mecre Katindo/Coopec,

- Vérifier les avoirs et les engagements de la Mecre Katindo/Coopec,

- Soumettre ses recommandations au CA,

- S'assurer que les règles de déontologie applicables à la Mecre Katindo/Coopec sont respectées.

- Il s'assure que les opérations sont en conformité avec les statuts les ROI et les décisions de l'AG au niveau de différents organes.

- Fait le rapport des observations et adresser ses recommandations au CA.

Ø Commission de Crédit

La Commission de Crédit est un organe composé de trois membres élus par l'Assemblée Générale de la Mecre Katindo/Coopec parmi les membres de la Mecre Katindo/Coopec. La Commission de Crédit se réunit une fois le mois et a la responsabilité de gérer la distribution et le remboursement du crédit. Les décisions de cette commission sont prises à l'unanimité.

Ø Gérance

Cet organe est chargé :

- De la gestion quotidienne de la Mecre Katindo/Coopec.

- Il représente la Mecre Katindo/Coopec sous l'autorité directe du CA.

- Il a la signature sociale de la Mecre Katindo/Coopec sur résolution du CA.

- Il tient ou fait tenir sous sa responsabilité la comptabilité de la Mecre Katindo/Coopec.

- Dresse les inventaires, le bilan et le compte d'exploitation.

- Il prépare la situation financière de la Mecre Katindo/Coopec suivant les instructions en matière et les normes comptables.

- Il paye les dépenses prévues dans le budget de la Mecre Katindo/Coopec et sollicite l'autorisation spéciale du CA pour d'autres dépenses.

- Il gère le personnel et propose au CA sur les questions d'engagement. Il propose au CA la nomination et les révocations des employés.

- Il représente sur demande du CA la Mecre Katindo/Coopec dans les actes judiciaires et extrajudiciaires.

Il est secrétaire du CA et de la CC avec voix consultative.

CHAPITRE DEUX

GENERALITES SUR LES CONCEPTS DE BASE

En accordant des crédits, l'institution financière prend plusieurs types de risques qui sont déterminés soit par la qualité de l'emprunteur (insolvabilité), soit par l'évolution économique générale (risque de taux et de change), soit encore par la structure financière de l'institution.

Ce chapitre traite des concepts de base. Apres avoir parlé du risque financier dans la première section, nous parlerons dans la seconde des institutions financières, dans la troisième des intermédiaires financiers et dans la quatrième de la microfinance.

II .1 QU'EST-CE QUE LA GESTION DU RISQUE ?

Il s'agit de toutes les techniques dont va faire usage l'homme pour se protéger contre les effets néfastes lors de la réalisation du risque8(*).

Le risque est l'exposition à une forte probabilité de perte9(*). Le risque est un élément aléatoire pouvant entrainer des dommages10(*). Le risque n'est pas une mauvaise chose en soi. Parfois, c'est important de prendre des risques pour atteindre des objectifs louables qui valent vraiment la peine. Ceci est particulièrement vrai dans les IMF où les Chargé de prêts prennent chaque jour des risques en prêtant de l'argent aux personnes sans historique en matière de crédit, ou qui ne tiennent aucune comptabilité de leurs activités commerciales ou qui n'ont pas de garantie à offrir. Le risque est indispensable pour la bonne marche des activités de microcrédits mais il est très important de prendre plutôt des risques calculés. La gestion du risque, ou la prise de risques calculés, réduit la probabilité de réaliser des pertes et minimise le degré de la perte au cas où celle-ci arriverait.

La gestion de risque implique la prévention des problèmes potentiels et la détection anticipée des problèmes réels quand ceux-ci arrivent. En tant que telle, la gestion de risques doit suivre les trois étapes ci-après :

1. Identifier les Vulnérabilités : Avant de gérer des risques au sein d'une organisation, il est important d'identifier au préalable les faiblesses, limites et menaces actuelles et potentielles de l'organisation. Un aspect important de gestion de risques est de prévoir les risques probables de l'organisation à court, moyen et long terme.

2. Concevoir et mettre en oeuvre des systèmes de contrôles : Une fois que l'IMF a identifié ces points vulnérables, elle peut concevoir et mettre en exécution des mesures de contrôles pour amoindrir ces risques. Par exemple, le recours préalable à une garantie physique peut représenter une solution alternative pour minimiser les risques sur créances dans un environnement financier particulier alors que la caution solidaire peut être un recours approprié dans d'autres environnements.

3. Suivre l'efficacité des systèmes de contrôle en place : Une fois le système de contrôle en place, les IMF doivent pouvoir suivre et apprécier son degré de fonctionnalité et son efficacité. Les outils de suivi consistent avant tout en un indicateur de performance que les Directeurs et Administrateurs doivent établir et suivre afin de s'assurer de la bonne gestion de l'IMF.

C'est très important de noter que les IMF ne pourront pas complètement échapper à l'ensemble des risques auxquels elles sont exposées. Tout effort d'anticipation et de gestion de l'ensemble des risques potentiels générerait d'importants coûts d'opportunité et exposerait ainsi l'IMF à d'autres catégories de risques. La gestion de risques requiert également la recherche d'équilibre approprié entre les coûts engagés et l'efficacité du système de contrôle, ainsi que leurs effets nets sur la clientèle et le personnel de l'IMF.

II. 2 LES RISQUES FINANCIERS

C'est les plus spécifiques à l'activité bancaire et financière et plusieurs de ces risques font l'objet de suivi réglementaire.

II. 2.1 Définition du risque financier

La notion du risque peut être définie comme un engagement portant une certitude dotée d'une probabilité de gain ou de préjudice, que celui-ci soit une dégradation ou une perte.

Le risque financier c'est le risque de perdre de l'argent suite à une opération financière (sur un actif financier) ou à une opération économique ayant une incidence financière (par exemple vente à crédit ou en devise étrangère.11(*)

Le risque est donc défini comme un phénomène aléatoire correspondant à une situation où le futur (un état du monde) n'est prévisible qu'avec des probabilités par opposition, d'une part, à l'incertitude qui correspond à un futur totalement imprévisible (échappement au calcul) et, d'autre part, à la certitude qui permet une prédiction, c'est-à-dire une prévision affectée d'une probabilité égale à 1.12(*) Le risque est toujours permanent à une activité économique. C'est ainsi que dans la théorie classique et néoclassique, « l'assomption du risque est présenté comme la justification du profit de l'entrepreneur de l'intérêt du capitaliste».

Le risque dépend de l'activité économique en cause et de l'environnement dans lequel opère l'entreprise, ainsi on peut rencontrer des formes diverses de risques, ce qui fera l'objet du point suivant.

II.2.2. Les différents types de risques

La banque et particulièrement les coopératives d'épargnes et des crédits et les IMF sont confrontées à des risques d'origine diverse. Ainsi, l'on distingue quatre types de risques à savoir : risques institutionnels, risques opérationnels, risques de gestion financière et risques externes12(*).

II.2.2.1 Risques Institutionnels

Le succès d'une institution de microfinance est défini comme la capacité de cette dernière à fournir, de façon indépendante, des services financiers à un nombre important de personnes à faibles revenus, et ce de façon durable. L'évaluation des risques par rapport à cette définition expose l'organisation à trois niveaux de risques institutionnels : risques liés à la mission sociale, risques liés à la mission commerciale et risque de dépendance.

II.2.2.2 Risques opérationnels

Le risque opérationnel est la vulnérabilité à laquelle est confrontée l'IMF dans sa gestion quotidienne ainsi que la qualité de son portefeuille (risque de crédit), le risque de fraude et le vol (risque de sécurité).

II.2.2. 3 Risques de Gestion Financière : Actif et Passif

La vulnérabilité financière d'une IMF se résume aux risques réels subis par ses emplois (actifs ou patrimoine) ou ses ressources (passifs ou dettes). Elle est composée de risques liés aux taux d'intérêts, des risques de liquidité et risques de change avec les devises étrangères. Le risque de taux d'intérêt s'élève quand les termes et les taux d'intérêts de l'actif et passif de l'IMF sont mal négociés. Les IMF implantées dans des environnements inflationnistes sont particulièrement vulnérables à ce type de risque. Le risque de liquidité est la possibilité d'emprunter des ressources financières exigibles à court terme pour faire face à des besoins de financement immédiats tels les décaissements des prêts, les paiements de factures ou remboursement de dettes.

II.3 Risques de gestion financière

Une institution de micro finance peut disposer d'un personnel et d'un système de gestion et de contrôle très performant, mais elle pourrait cependant être confrontée à d'énormes problèmes provenant de son environnement. Les risques externes échappent le plus souvent au contrôle interne de l'IMF concernée, cependant il est nécessaire que ces risques soient perçus comme des défis auxquels l'IMF doit faire face au risque d'être exposée à de faibles performances. Il s'agit notamment de la concurrence (implantation d'autres IMF, banques Commerciale et autres institutions de crédit), la démographie (taux de mortalité, taux scolarisation mobilité de la population..), environnement physique (inondation, éruption volcanique, cyclone, sécheresse,..), la macroéconomie (dévaluation, inflation).

II. 3. 1 Le risque de crédit

Crédit, en économie, terme désignant des transactions en nature ou en espèce effectuées en contrepartie d'une promesse de remboursement dans un délai généralement convenu par avance13(*).

Le risque est inhérent à toute activité humaine, notamment lorsqu'on fait des affaires. Dans les métiers de la banque, le risque est un élément que l'on vit au quotidien. En effet l'activité principale de la banque étant de distribuer du crédit, le risque de non remboursement est omniprésent.

Le crédit est une opération récurrente surtout dans notre environnement ou la liquidité est presque chose inexistante chez les clients (entreprise, particulier). En effet, ceux-ci ont toujours des besoins à satisfaire comme le financement de leur exploitation ; de leur consommation le paiement des salaires et impôts ; etc.

Par conséquent la relation banque client s'exprime mieux dans les facilités c'est pourquoi la banque doit fixer des limites pour contrecarrer les excès et le défaut pouvant survenir durant la relation. En général, le principal défaut supporté par la banque est le risque de crédit qu'il doit circonscrire par une bonne définition et une bonne analyse à fin d'en avoir une mesure assez correcte lorsqu'elle prête à tel ou tel client (particulier ou entreprise)

Cette première partie cherche par conséquent à démontrer que le risque de crédit est fonction du crédit accordé et l'analyse de ce risque à un rôle primordial dans la gestion du risque de crédit

Le risque de crédit est le plus connu et constitue la plus grave des vulnérabilités d'une institution de microfinance. C'est la détérioration de la qualité du portefeuille crédit qui cause les pertes et créée des charges énormes en gestion de la défaillance. Ce risque aussi connu comme le risque de défaillance, est lié à l'incapacité du client de respecter les termes du contrat de prêt14(*).

Le risque de crédit est le risque que l'emprunteur ne rembourse pas sa dette à l'échéance fixée. S'il était à l'origine une préoccupation pour les seuls organismes bancaires, il concerne pourtant toutes les entreprises (notamment via les créances qu'elles accordent à leurs clients qui sont les formes de prêt à court terme), et nombreuses aujourd'hui amenées à l'intégrer dans leur gestion afin de le minimiser. Ce risque est en effet lourd de conséquence pour toute entreprise. Toute dette non remboursée est économiquement une perte sèche que supporte le créancier.15(*)

Un seul crédit ne pose pas un risque énorme parce que le pourcentage sur le portefeuille total est insignifiant. Néanmoins, la défaillance peut facilement s'étendre d'un petit nombre de crédits à une portion importante du portefeuille. Cet effet de contamination peut être aggravé par le fait que les portefeuilles de microfinance se limitent souvent à certains secteurs d'affaires. Par conséquent, un grand nombre des clients peuvent être exposés à une menace externe commune un peu comme une maladie dans un bétail. Ces facteurs créent une certaine vitalité dans le maintien de la qualité du portefeuille augmentant ainsi l'importance des mesures de contrôle de risque de crédit à prendre.

Les IMF doivent en permanence faire preuve de rigueur et prudence à l'égard de leur approche du risque de crédit ce qui constitue l'une des valeurs intrinsèques de la gestion des risques. En effet, il n'est pas impossible en matière d'octroi de crédit de voir certains préteurs modifier l'affectation du crédit en fonction de la croissance ou du ralentissement de l'économie.

Toutefois, ces pratiques peuvent être au mieux déstabilisante voire désastreuse. C'est pourquoi, les demandes de crédit doivent sans équivoque faire l'objet d'une analyse minutieuse. Les décisions sont prises et rendues en toute transparence par des experts en risque de crédit, parfaitement compétents, s'appuyant sur des normes et des méthodes éprouvées. La constance en matière d'octroi de crédit doit être l'une des priorités des préteurs (IMF, COOPEC, ...) que ce soit en période de prospérité qu'en période de crise.

II.3.2. le risque de liquidité

Très souvent, le risque de liquidité intervient quand la banque ne dispose pas de liquidités suffisantes pour couvrir les besoins inattendus comme par exemple les retraits massifs des dépôts ou de l'épargne des clients. C'est donc l'absence d'un matelas de sécurité qui fait courir à la banque ce risque.

On peut définir encore le risque de liquidité sous la forme d'un état d'illiquidité extrême pouvant conduire à la faillite d'un établissement bancaire. Des pertes importantes pouvant être à l'origine de cette situation, il peut s'en suivre des retraits massifs de fonds ou la fermeture de lignes de crédits d'autres banques ce qui peut provoquer la crise de liquidité. Il y a dans ce cas une crise de confiance du marché à l'égard de l'établissement concerné.

La troisième acception du risque de liquidité pour une banque est relative à sa capacité de lever des ressources sur le marché à un coût normal pour couvrir ses besoins. Cette capacité dépend essentiellement de la situation de liquidité du marché et de celle de l'établissement de crédit lui-même. Il y a ici crise de confiance des prêteurs à l'égard de l'établissement considéré.

Une quatrième cause, souvent exogène à l'établissement, peut être à l'origine du risque de liquidité. Il peut s'agir notamment d'une grave crise économique, une réglementation contraignante ou restrictive entraînant des fermetures sur certains segments de marché ou de catastrophe.

Mais la solidarité entre les banques et l'intervention des banques centrales permet d'éviter ces situations extrêmes en raison du risque systémique qu'elles pourraient engendrer.

II.3.3 Risque de taux

Le risque de taux est celui causée par la modification de l'équilibre entre l'offre et la demande de capitaux. C'est donc celui supporté par l'institution financière qui détient des créances et/ou dettes à taux fixe du fait de l'évolution ultérieure des taux d'intérêt.

II.3.4 Risque de change

Dans un système de taux de change flottant, dès qu'une entreprise ou un individu réalise une opération qui implique une entrée ou une sortie de devises dans les mois ou les années à venir, il supporte un risque de change car l'entreprise ou l'individu ne connaît pas à l'avance le cours de cette devise et donc la contrepartie de ses flux en devises dans sa monnaie.

Ce type de risque de change est désigné sous les termes « risque de change de transaction ou de conversion ». Les variations des taux de change ont des effets sur les états comptables et, en particulier, sur les résultats comptables des entreprises.

Le risque de change apparaît dès lors qu'un prix en devises ou une opération financière en devises est établie ou accepté par une entreprise. Le risque est que le cours de la devise considérée varie par rapport au cours existant à l'instant de la négociation.
Se couvrir contre le risque de change permet de connaître aujourd'hui avec certitude la contrepartie dans sa monnaie, des flux en devises futurs.

II.3.5 Risque d'insolvabilité

Situation d'une personne, d'une société ou d'un État qui n'est pas en mesure de payer ses dettes.16(*)

Tout crédit est une anticipation de recettes futures. Tout crédit comporte le risque que ces recettes ne se produisent pas et qu'aucun remboursement ou bien seulement un remboursement partiel n'ait lieu à l'échéance.

Ce risque appelé risque d'insolvabilité est essentiel dans l'activité de l'institution financière dont une des fonctions est la distribution de crédits. L'appréciation du risque d'insolvabilité est donc une première importance et on peut schématiser ainsi le comportement de l'institution conférée à ce risque: un crédit n'est accordé que si le banquier estime que la probabilité de remboursement excède celle de non remboursement.

Il est celui propre à l'institution et concerne la survie de l'institution financière. Il est présenté ici en dernier car il est en général la conséquence de la manifestation d'un ou plusieurs des risques précédents et que l'institution n'a pu prévenir.

Comment apprécier la capacité d'un emprunteur à rembourser le crédit ? L'étude des documents financiers produits par l'emprunteur qui s'attache aux critères de développement du demandeur, est la méthode la plus utilisée. Cette méthode rencontre vite une limite : comment apprécier le risque d'insolvabilité lorsque l'emprunteur est un simple particulier et qu'il ne peut fournir aucun bilan ou compte de résultat ?

L'analyse de ce risque consiste pour l'essentiel à étudier les fonds propre de l'institution financière sur les quels, comme dans toute entreprise, viennent s'imputer les pertes. L'analyse s'intéresse donc : au montant des fonds propres; et au-delà des données comptables, il convient de considérer avec attention les prévisions dont il n'est pas aisé d'apprécier la vraie nature, dette plus au moins exigible ou provision occulte constituée en franchise d'impôt; au montant du fonds de roulement afin de vérifier la couverture des actifs immobilisés par les capitaux permanents; au ratio de solvabilité qui, faute de données précise, peut être évalué par le rapport des capitaux propres au total de bilan.

II.4 LES INSTITUTIONS FINANCIERES

II.4.1 Aperçu historique sur les institutions financières17(*)

Les banques sont les agents du crédit. Leur fonction originelle était de changer la monnaie et de fournir des bonnes pièces métalliques.

On peut faire remonter l'origine de la banque à Babylone, où, dès le IIe millénaire av. J.-C., le prêt sur marchandises (particulièrement les grains) se pratiquait déjà dans l'enceinte des temples. Avec l'apparition de la monnaie, vers le VIIe siècle avant notre ère, les opérations de prêts et de dépôts ont pris un nouvel essor : après s'être exercées dans un cadre religieux, elles relèveront, à l'époque classique, de la compétence de personnages laïcs, les trapézites. Sous l'Empire romain, des banquiers privés, les argentarii, jouent un rôle semblable, mais ajoutant à leurs activités l'avance de fonds pour le compte de leurs clients, moyennant intérêt. Jusqu'au Moyen Âge, les activités de banque ne concerneront essentiellement que des opérations de caisse, le crédit restant rare.

Au moyen âge, les banques furent des agents de crédit; leur fonction originaire étant d'échanger de la monnaie et de fournir les pièces métalliques. Le mot banque vient de «BANCO», mot italien qui signifie table car les premiers banquiers étaient des changeurs de monnaie. La monnaie était jadis la seule représentation du capital. Les premières banques du moyen-âge ont été créées dans les villes commerçantes comme VENISE (Italie) en 1157 et GENEVE (Suisse) 1407, la banque d'Amsterdam en 1619.

Avant le 2e quart du 19esiecle, les banques étaient des entreprises particulières comme les firmes commerciales et industrielles, maison appartenant et dirigée par un homme, une famille qui a acculée dans le commerce une fortune et à décidée de se consacrer aux affaires financiers. Le 18e, 19e siècle et le temps contemporain peuvent être considérés comme période de développement des banques.

II.4.2 Rôle économique des institutions financières

La fonction économique des banques est double:

- concentrer l'épargne flottant (en dehors du circuit bancaire) c'est-à-dire permettre à ceux qui ont un excédant de trésorerie de rentabiliser cet excédant en accordant du crédit à ceux qui ont moins ;

- répartir les capitaux en vue de financement du commerce ou de l'industrie.

Le rôle que joue les banques dans la vie économique d'un pays est primordial.

En effet, l'activité économique d'un pays est dominée par l'organisation financière qui épaule les grandes entreprises et concours au développement harmonieux du commerce, de l'industrie et à l'épanouissement de l'activité générale du pays.

La banque sert d'intermédiaire financier entre agent économique à capacité de financement et ceux qui ont besoin de financement. Elle intervient dans tout ce qui touche au mouvement des capitaux.

En considérant la fonction économique des banques, on doit admettre que celle-ci doit réaliser 3 objectifs:

- elles doivent tout d'abord fournir un crédit suffisant;

- elles doivent ensuite fournir du crédit à bon marché et

- elles doivent aussi généraliser la distribution du crédit dans tout le pays.

II.4.3 Sortes d'institutions financières18(*)

Le système financier moderne classe les institutions financières à 4 catégories: les instituts d'émission, les banques de dépôt, les banques d'affaires et les institutions financières non bancaires.

II.4.3.1 L'institut d'émission

L'institut d'émission ou la banque centrale est une institution publique ayant comme mission de maintenir et garantir la stabilité de la monnaie nationale. Il assure à l'économie les moyens de paiement pour l'approvisionnement du marché intérieur et pour le paiement des biens d'équipements indispensable au développement des activités productives du pays. Il réglemente la distribution par les banques commerciales du crédit aux entreprises et aux particuliers.

II.4.3.2 Les banques de dépôts

Elles sont des entreprises qui font profession habituelle de recevoir du public sous forme de dépôt ou autrement des fonds remboursables à vue, à terme fixe ou avec préavis; fonds qu'elles emploient pour leur propre compte à des opérations de banque, de crédit ou de placement.

II.4.3.3 Les institutions financières non bancaires ou spécialisées

Les institutions financières non bancaires sont généralement des institutions parapubliques qui interviennent soit directement pour leur propre compte, soit comme intermédiaire dans le refinancement d'un crédit à taux bonifié (crédit national). Leurs ressources proviennent généralement d'emprunt obligataires émis dans le public ou de dépôts effectués auprès d'autres institutions (caisse d'épargne pour la caisse des dépôts).

Les institutions financières non monétaires sont des organes spécialisées dans le financement des activités économiques bien déterminées. Elles collectent l'épargne auprès du public et la prête mais elles n'émettent ni la monnaie fudiciaire ni scripturale. Ces sont donc les organismes qui font essentiellement le commerce de crédit.

On peut classer les institutions financières selon les catégories suivantes :

II.4.3.3.1 Les institutions financières acceptant des dépôts de types bancaires

Les banques commerciales, élément le plus important dans le système financier congolais. Ces banques détiennent l'essentiel de la masse monétaire. Parmi ces banques nous pouvons citer la BCDC, BC,..19(*).

II.4.3.3.2 Les institutions financières acceptant des dépôts de types non bancaires

Il s'agit des associations d'épargne et de prêt, des banques d'épargne mutuelle et des unions de crédit. Ex. : les COOPEC.

II.4.3.3.2 Les institutions d'épargne contractuelle

Elles comprennent les fonds de communs en placement- et les fonds fiduciaires. Le fonds de commun émettent de placement détiennent des titres et émettent des actions dont la valeur dépend des titres qui détiennent le fonds de placement. D'autres fonds de commun de placement se sont crées pour détenir des titres à court terme monétaire. Au Congo, on disposait de deux banques de développement jusqu'à 2003 à savoir la société financière de développement (SOFIDE) et la banque de crédit agricole (BCA).

II.4.3.3.3 Les coopératives d'épargne et de crédit (COOPEC)

Il s'agit du mouvement le plus structuré et le plus développé de l'intermédiation financière participative. Une coopérative d'épargne et de crédit est une institution financière démocratique et à but non lucratif. Elle est organisée et contrôle par ses membres, qui s'associent pour regrouper leur épargne et se faire mutuellement des prêts à des taux raisonnables.

L'objectif des Coopec est d'abord de développer le sens de l'épargne au niveau des membres, notamment par un effort permanent d'éducation et de taux d'intérêt attractifs. Il est ensuite de sécuriser cette épargne par une bonne organisation et une gestion prudente des placements et de crédits. Il est aussi de favoriser l'accès, à un coût raisonnable, à certaines formes de crédit et autres services financiers adaptés.

Les coopec constituent un bon exemple du secteur intermédiaire dans le domaine financier. Ces institutions disposent d'une existence officielle, avec en général une reconnaissance juridique, ce qui les distingue du secteur autonome. L'Etat leur accorde souvent des exemptions fiscales.

Les Coopec privilégient la fonction épargne et ne font en principe du crédit qu'à partir de l'épargne collectée. Elles montrent donc qu'il est possible de mobiliser de l'épargne en milieu populaire, en général pour des raisons de sécurité et de liquidité beaucoup plus que de rémunération, et que dans ces conditions la motivation des paysans dans le remboursement du crédit provenant de leur propre épargne est beaucoup plus forte que si les fonds viennent de l'extérieur.

II. 5 LA MICROFINANCE

II.5.1 Définition

Pour beaucoup de personnes et pour le grand public en particulier, la microfinance se confond avec le microcrédit. Elle désigne les dispositifs permettant d'offrir de très petits crédits (microcrédit) à des familles très pauvres pour les aider à conduire des activités productives ou génératrices de revenus leur permettant de développer leurs très petites entreprises.20(*)

Avec le temps et le développement de ce secteur particulier de finance partout dans le monde, y compris dans les pays développés, la microfinance s'est élargie pour inclure désormais une gamme de services plus large (crédit, épargne, assurance, transfert d'argent etc.) et une clientèle plus étendue également. Dans ce sens, la microfinance ne se limite plus aujourd'hui à l'octroi de microcrédit aux pauvres mais bien à la fourniture d'un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier classique ou formel.

Ce qui intéresse les bénéficiaires est avant tout l'accès au crédit et de manière secondaire le taux d'intérêt. Généralement ils n'emprunteront que pour financer des activités qui supportent les taux proposés.

II.5.2 Nouveau champ spécifique, la microfinance

Au cours de ces dernières années, il apparaît de plus en plus que les banques classiques ne sont pas véritablement intéressées à ce public de petites exploitations ou entrepreneurs ruraux et urbains et que leurs techniques ne se sont pas adaptées pour servir ce segment de clientèle. Par ailleurs, le secteur autonome/informel est toujours aussi vivant et adapté mais ses moyens sont limités et ses services sont souvent coûteux ou risqués. Ce secteur est en croissance et est objet de nombreuses interventions, réflexions ou manifestations. Il faudra cependant faire attention aux effets de mode et risques de croissance trop rapides pouvant entraîner des lendemains qui déchantent.36

Le microcrédit se révèle plus utile pour ceux qui ont identifié une opportunité économique et qui sont en situation de faire fructifier cette opportunité s'ils ont la possibilité de se procurer une petite somme d'argent au moment où ils en ont besoin. Ainsi, les personnes pauvres qui travaillent dans des économies stables ou en croissance qui ont démontré leur capacité à conduire les activités proposées dans un esprit d'entreprise et leur engagement à rembourser leurs dettes, sont les meilleurs candidats pour le microcrédit.

L'univers des clients potentiels s'élargit cependant de manière exponentielle si l'on prend en compte le concept plus large de la microfinance. Par exemple au niveau de l'épargne ou de la sécurisation des petites économies, il est encore difficile aujourd'hui dans beaucoup des pays d'ouvrir un simple compte dans une institution bancaire faute de remplir toutes les conditions exigées (carte d'identité, dépôt minimum qui est souvent un maximum pour les populations pauvres etc.).

De plus, les banques n'ont pas souvent besoin de guichets ou d'agences que dans les capitales ou les villes secondaires importantes, ce qui donc exclu directement une bonne partie de la population.

Pourquoi les institutions de microfinance appliquent-elles des taux d'intérêts si élevés à leur clientèle?

Fournir de services financiers à des personnes à revenus modestes revient cher particulièrement en proportion des montants des transactions concernées.

C'est d'ailleurs l'une des principales raisons pour lesquelles les banques n'octroient pas de petits prêts.

En microfinance, les agents de crédit doivent en effet rendre visite au client à son domicile ou sur son lieu de travail, évaluer sa solvabilité sur la base d'entretiens avec la famille, le voisinage, et une fois le prêt accordé, effectuer un suivi fréquent par le biais des visites pour renforcer la culture de remboursement.

Les coûts de gestion d'une multitude de petits prêts sont donc très importants, ce qui oblige les institutions à appliquer un taux d'intérêt généralement plus élevé que celui du secteur bancaire. L'expérience prouve aussi que les clients sont prêts à payer des taux d'intérêts assez élevés pour s'assurer un accès permanent au crédit.

Les risques financiers, les institutions financières et la microfinance constituent les concepts de base que nous venons d'analyser au cours de ce chapitre.

Comme le terme le précise bien, le risque financier est l'incertitude qui règne autour du crédit octroyé, des créances dont l'échéance est douteuse.

En traitant des institutions financières, nous avons surtout souligné le double rôle économique de celles-ci, à savoir : la concentration de l'épargne flottant et la répartition des capitaux. Disons qu'il existe au Congo RDC d'autres institutions financières non bancaires qui évoluent dans le secteur informel. Exemple les tontines, les mutuelles, etc.

Nous avons évoqué les intermédiaires financiers qui s'interposent entre les agents économiques en ajustant l'offre et la demande des capitaux. C'est sous ce même angle que nous avons traité de la microfinance, un nouveau champ spécifique dans le secteur financier qui élargit l'univers des intermédiaires financiers.

La direction et le conseil d'administration d'une IMF doivent considérer chacun des risques identifiés sous ce chapitre comme des points vulnérables. C'est leurs responsabilités d'évaluer le niveau d'exposition de l'institution aux risques et de s'assurer qu'un système de contrôles des normes est mis en place pour minimiser les risques de l'IMF.

CHAPITRE TROISIEME 

GESTION DES CREANCES(RISQUES) A LA MECRE-KATINDO

Le présent chapitre concernera la description de la gestion des risques financiers que court la MECRE-KATINDO à partir des opérations qu'elle réalise avec sa clientèle (ses membres).

III.1. Conditions d'ouverture d'un compte21(*)

- Etre de bonne conduite, vie et moeurs; témoigné par un parrain c'est-à-dire un ancien membre d'une des MECRE.

- Déposer 2 photos passeports en couleur au secrétariat,

- Payer les frais d'adhésion qui s'élèvent à 12 $US, 25 $US ou 55 $US. La Mecre Katindo/Coopec récupère 10 $US comme achat part sociale, 1 $US comme frais d'ouverture de compte ou coût livret d'épargne (fiche d'épargne) et 1 $US restant comme achat carnet pour le compte de 12 $US; 10 $US comme achat part sociale, 8 $US comme frais d'ouverture de compte ou coût livret d'épargne (fiche d'épargne) et $US restant comme achat carnet pour le compte de 25 $US; 10 $US comme achat part sociale, 35 $US comme frais d'ouverture de compte ou coût livret d'épargne (fiche d'épargne) et 10 $US restant comme achat carnet pour le compte de 55 $US22(*);

- déposer deux photos passeport: l'une est à mettre sur la fiche et l'autre sur la demande d'adhésion;

- déposer le spécimen de signature. S'agissant d'un compte collectif (groupe) ou familial, autant de signatures doivent être déposées qu'il n'y a de personne susceptibles d'effectuer le retrait;

- l'identification complète de l'épargnant (client).

NB : Peuvent aussi être admis comme membres de la Mecre Katindo/Coopec, les écoles, les coopératives d'autres secteurs ainsi que les sociétés civiles et commerciales en général.

III.1.2 Sortes de crédits octroyés à la mecre katindo23(*)

Au sein de la MECRE, les types de crédits suivant sont organisés :

a) Le Crédit individuel:

Le détenteur d'un compte au sein de la MECRECO peut demander un crédit. Pour cela il fait une planification d'utilisation et introduit sa demande en bonne et due forme. Le remboursement du capital est étalé de manière égale sur une échéance tandis que les intérêts sont dégressifs jusqu'à l'échéance. Il est accordé pour une période maximum de 12 mois pour les crédits ordinaires et 2 mois pour les crédits express

Il est prévu trois types de crédit individuel :

- Crédit individuel ordinaire à la production : l'octroi de fonds de crédit n'a pas un caractère urgent. Le demandeur (personnes physiques, morale ou une entreprise) est membre de la MECRE. il doit absolument disposer d'un compte régulièrement mouvementé. Il doit présenter les moyens de paiement et présenter des garanties suffisantes (titre de propriété reconnu par l'Etat, salaire).

- Crédit individuel ordinaire à la consommation : l'octroi de fonds de crédit n'a pas un caractère urgent. Les demandeurs sont des employés d'une entreprise privée ou publique qui a signé un contrat de domiciliation de salaire à la MECRE.

Dans ce type de crédits on retrouve le crédit au personnel des institutions : il s'agit d'un crédit octroyé pour fidéliser l'institution et le personnel. Ce type de crédit a l'avantage de stimuler l'épargne de la part des travailleurs.

- Le Crédit Express : est un crédit individuel ordinaire à la production et exceptionnellement pour des cas acceptés par le comité de gestion, après avis du Président du CA, dont l'utilisation de fonds a un caractère urgent. Le bénéficiaire accepte dans ce cas de rembourser le capital et les intérêts y relatifs dans une période ne dépassant pas deux mois.

L'activité concernée doit être économiquement rentable, l'étude du dossier doit démontrer la capacité de l'activité du membre emprunteur à rembourser le prêt dans le délai imparti. Le membre doit avoir bien remboursé au moins un cycle de crédit.

- Les Crédits aux enseignants : il s'agit du crédit accordé aux enseignants des écoles publiques, privées et conventionnés.

b) Le Crédit aux groupes

- le crédit aux groupes à caution solidaire : Il s'agit d'un micro crédit octroyé au groupe de solidarité (caution solidaire) dans le but ultime de renforcer les activités génératrices de revenu des membres du groupe. La composition du groupe varie entre 4 et 10 personnes.

- Le crédit aux caisses villageoises : ce type de microcrédit est accordé au regroupement généralement de femmes pauvres, issues du milieu rural, qui ont accepté d'unir leurs forces pour améliorer leur niveau de vie en initiant des activités génératrices de revenus. La caisse villageoise est membre de la MECRE.

c) Le crédit agricole 

Il s'agit d'un micro crédit accordé aux paysans agriculteurs pour renforcer leurs activités agricoles et ainsi augmenter leurs rendements. Ce crédit se donne selon les étapes du cycle cultural. Il est entièrement remboursé à la fin du cycle mieux par le canal des organisations ou associations paysannes.

III.2 LA GESTION DES RISQUES OPERATIONNELS ET SYSTEME DE CONTROLE

Les risques Opérationnels est la vulnérabilité à laquelle est confrontée l'IMF dans sa gestion quotidienne qui peut provoquer la destruction de ses actifs. Comme risque principal, le risque opérationnel a rapport à la perte d'argent à travers les crédits défaillants, les fraudes et les vols.

III. 2.1 Types de risques opérationnels

1. Risque de crédit 

2. Risque de fraude 

3. Risque de sécurité 

Pour réduire la vulnérabilité aux risques opérationnels, les IMF élaborent des politiques et procédures qui servent de système de contrôle interne à l'organisation. Ces mesures de contrôles sont préventives et détectrices. Les contrôles préventifs empêchent les résultats indésirables de se produire.

Ainsi, les exemples des mesures préventives suivantes peuvent se révéler efficaces :

- Engagez un personnel crédible et compétent qui peut prendre de bonnes décisions dans l'octroi de crédits ;

- S'assurer que les crédits sont couverts par des garanties appropriées;

- Bien définir les tâches du personnel pour éviter des erreurs ou des cumuls de fonctions qui peuvent conduire à des erreurs intentionnelles ou non ;

- Demande d'autorisation pour éviter des irrégularités des dépenses des ressources financières;

- Développer une procédure d'enregistrement efficace pour décourager des opérations irrégulières ;

- Mettre en place assez de mesures de sécurités comme serrures, gardes, coffres-forts

Pour protéger l'argent en espèces et les autres actifs.

Les contrôles de détection permettent d'identifier des effets indésirables quand ceux- ci se produisent. Quelques exemples des mesures de détection :

- Rapprochement des relevés bancaires avec les reçus ;

- Suivi systématique du tableau de bord de gestion des crédits en vue de réduire sensiblement les risques de compromission du portefeuille.

- Définition et mise en oeuvre des politiques de gestion de la délinquance pour réduire les risques de créances irrécouvrables ou de défaillance fatale.

- Suivi et évaluation des performances du personnel pour s'assurer que les politiques et procédures définies sont convenablement suivies ;

- Des visites de terrains aux clients pour s'assurer que le solde de leurs encours de crédit de même que d'épargne correspondent aux données enregistrées dans les livres comptables de l`IMF.

Pour arriver à une combinaison appropriée de mesures de contrôle préventives et détectrices il faut avoir un sens aigu de jugement. Les mesures de contrôles préventifs évitent les problèmes potentiels mais les mesures de contrôle détectrices sont généralement plus faciles à exécuter. Par exemple, c'est plus facile de réconcilier des relevés bancaires chaque mois que d'empêcher les employés d'empocher les remboursements.

Il existe aussi une autre complication importante à considérer. Les IMF ne peuvent pas éliminer les pertes liées au risque opérationnel. Certains crédits tomberont toujours en impayés ou certains personnels seront toujours sujets aux tentations. Les mesures de contrôles conçus pour diminuer ces pertes liées au risque opérationnel ont besoins d'être bien analysé pour leur rentabilité - certaines mesures de contrôles peuvent coûter plus cher.

Risque de Crédit

Le risque de crédit est le plus connu et constitue la plus grave des vulnérabilités d'une institution de microfinance. C'est la détérioration de la qualité du portefeuille crédit qui cause les pertes et créée des charges énormes en gestion de la défaillance. Ce risque aussi connu comme le risque de défaillance, est lié à l'incapacité du client de respecter les termes du contrat de prêt.

Un seul micro crédit ne pose pas un risque énorme parce que le pourcentage sur le portefeuille total est insignifiant. Mais puisque la plupart des micro- crédits ne sont pas garantis, la défaillance peut facilement s'étendre d'un petit nombre de crédits à une portion importante du portefeuille. Cet effet de contamination peut être aggravé par le fait que les portefeuilles de microfinance se limitent souvent à certains secteurs d'affaires. Par conséquent, un grand nombre des clients peuvent être exposés à une menace externe commune un peu comme une maladie dans un bétail. Ainsi ces facteurs doit pousser les gestionnaires de l'IMF à prendre des mesures de contrôle de risque de crédit pour réduire ce dernier.

La gestion du risque de crédit peut se présenter sous deux aspects : Les mesures préventives que les prêteurs prennent avant l'octroi du crédit et les mesures d'encouragement après le déboursement pour permettre le remboursement dans les délais. Avant d'octroyer un crédit, le créancier peut réduire le risque de crédit en prenant certaines mesures de contrôle qui réduisent la défaillance ou la perte potentielle lors de la conception du crédit, telles que l'enquête sur l'historique du client, l'orientation du client sur les attentes et les procédures de l'IMF. Une fois que le crédit est octroyé, la gestion du risque client transforme les mesures de contrôles qui réduisent la perte potentielle en mesures de contrôles qui réduisent des pertes réelles. Par conséquent, les procédures de gestion de la défaillance sont des composantes clés dans la gestion des risques de crédit. Cette section traite les quatre mesures clés de contrôles de risque de crédit : 1) la conception du produit 2) le choix du client 3) les comités de crédit et 4) la gestion de la défaillance.

1) La conception d'un produit de prêt

Les IMF peuvent contourner une partie importante du risque de défaillance en développant des produits qui tiennent compte des besoins des clients. Les produits clients comprennent la taille du crédit, le taux d'intérêt, le délai (l'échéancier) de remboursement, les conditions de garantie et toutes autres exigences spécifiques. Les produits de crédit doivent être développés pour répondre à l'objectif pour lequel le crédit est destiné. Par exemple, un crédit destiné à ravitailler une quincaillerie aura un échéancier de remboursement différent et utilisera un mode de garantie différent d'un crédit destiné à l'achat d'une machine à coudre.

Une fois qu'un client établit un historique de crédit avec l'IMF, cette dernière augmente souvent la flexibilité en termes de crédit pour rendre le produit plus approprié aux besoins du client. Ce changement reflète un équilibre entre le risque et les mesures de contrôle. Des nouveaux clients sont classés comme risque élevé. Une fois qu'un historique de crédit est établit avec l'IMF on pourrait le considérer comme moins de risque et l `IMF peut réduire ses gardes fous.

2) L'analyse de l'historique des clients

Le premier pas pour limiter le risque crédit implique le choix des clients pour s'assurer qu'ils ont la volonté et la capacité de rembourser le prêt. En analysant le profil du client par rapport au crédit, les institutions de microfinance utilisent généralement la règle des cinq composantes ci-dessus24(*) :

Si l'un de ces éléments est mal analysé, le risque de crédit augmente. Pour limiter le risque, les institutions développent des politiques et procédures pour analyser chaque élément.

Ces cinq composantes ci-dessus sont pertinentes pour toute sorte d'institution de crédit. Le poids accordé à chaque élément peut varier selon la méthodologie (i.e. groupe de solidarité, banque villageoise ou prêt individuel), la taille du crédit et selon le fait que le client soit nouveau ou ancien. Ce n'est pas tous ceux qui sollicitent un prêt qui sont des clients à faible risque. Quelle que soit la méthodologie de crédit, les agents de crédits sont supposés prendre de sages décisions de crédit. Tout demandeur de prêt ne constitue pas uniquement un bon risque de crédit pour l'IMF.

Indépendamment de la procédure d'octroi de prêts mise en place, les chargés de prêts doivent étudier avec minutie les dossiers de prêt et prendre de bonnes décisions d'octroi. Malheureusement, dans certaines institutions de microfinance, le personnel de crédit agit beaucoup plus comme des administrateurs de prêts. Si tout le dossier de prêts est établi, et que les demandeurs de prêt ont accompli toutes les modalités ou exigences préalables en terme de rencontres (information et formation) et d'épargne, ils devraient pouvoir bénéficier automatiquement de prêt. Le non respect de ces conditions et procédures engendre nécessairement une mauvaise qualité du portefeuille. Les chargés de prêt et leurs superviseurs immédiats doivent tenir grand compte des cinq "C" au moment de la décision d'octroi, ils devront être tenus responsables de ces décisions.

Caractère : En microfinance, le caractère est le seul moyen important pour faire l'historique des nouveaux clients. En étudiant le caractère des clients, l'IMF saura d'avantage si le client a l'intention de rembourser. Les clients avec un caractère exemplaire trouveront un moyen pour rembourser leurs crédits si leur affaire échouait.

L'analyse des caractères des clients varie suivant de la méthodologie d'octroi de prêt. Concernant les méthodologies de groupes de caution solidaire, le groupe sélectionne les membres qui sont motivés et qui ont un caractère exemplaire puisque les membres du groupe garantissent le crédit réciproquement. Avec le crédit individuel à part l'interview des voisins, les chargés des prêts aussi doivent s'assurer que l'information fournie par le client est vraie. Cela peut se faire de la manière suivante :

ü Analyser les références personnelles et sociales pour évaluer la réputation du demandeur ;

ü Utiliser des groupes de solidarités dans lesquels les clients choisissent les autres membres qu'ils trouvent honnêtes et à qui ils font confiance ;

ü Garder une liste noire pour les clients qui ne sont pas sérieux et éviter de leurs donner de crédits ;

ü Interviewer le client pour comprendre sa motivation pour bénéficier d'un crédit ;

ü Contrôler l'historique de crédit chez les fournisseurs, d'autres organisations qui octroient des crédits ou avec une centrale des risques s'il y en a.

Capacité : Pour évaluer la capacité de remboursement d'un demandeur, les chargés de prêt procèdent à l'évaluation de son affaire et de son ménage.

Il est compliqué d'évaluer la capacité de remboursement d'un demandeur à revenu bas. Les estimations de revenu et dépenses ne pourront pas être fiables et souvent les demandeurs manquent de preuves ou documents financiers. Des chargés de prêts expérimentés élaborent des méthodologies pour améliorer la qualité des ces estimations en déterminant les fondements de ce fait et ensuite procèdent à examiner la validité de ses hypothèses.

Cependant, des variations importantes entre l'estimation et la trésorerie réelle du commerce peuvent subsister, même si le demandeur n'a pas l'intention de tromper le chargé de prêt. Pour surmonter ces défis certaines IMF en évaluant la capacité d'un client pour ses remboursements ne prennent pas en compte les effets de crédit sur le commerce du client.

Cela implique que le revenu net actuel de ce commerce est une partie du fond de commerce. Autrement dit le demandeur estime que le commerce génère assez de fond pour rembourser le crédit. Les IMF aussi octroient initialement des petits crédits et appliquent une procédure continue de recueillement des informations sur le client pour surmonter les défis d'évaluation de sa capacité de remboursement. Les crédits initiaux ont tendance à être plus petits que le besoin du demandeur parce que le chargé de prêt manque d'informations fiables pour évaluer sa capacité de remboursement. On demande aux clients de maintenir des informations de base de leurs activités concernant les revenus et les dépenses qui vont au retour aider les chargés de prêt à prendre des décisions de crédit fondées sur ces informations et tailler les crédits ultérieurs en tenant compte de la trésorerie de l'activité.

Quant aux petits crédits, il est approprié que le caractère du demandeur soit un élément d'historique clé. Au fur et à mesure que la taille du crédit s'augmente, il faut passer des informations « douces » comme le caractère aux informations plus difficiles comme la capacité. Pour prendre des décisions de crédit juste, il est donc nécessaire que les charges de crédit recueillent des informations à temps pour leur permettre de déterminer la capacité commerciale de leur client.

Le Capital: A part l'évaluation des flux financiers de l'affaire, pour déterminer sa capacité de remboursement de crédit, la plupart des IMF recueillent des informations sur l'actif et le passif de l'affaire et c'est à partir de cette information qu'elles établissent un simple bilan. Ceci permet au Chargé de crédit de déterminer si l'affaire est solvable et de savoir combien de fond de commerce est à la base de l'affaire.

Avec les plus petits crédits, cet élément est probablement le moins important, mais sa signification augmente au fur et à mesure que le crédit augmente. Dans certain cas, la taille de crédit est liée au capital de l'activité.

Certaines IMF font l'inventaire des actifs pour réduire le risque de crédit. Bien qu'elles ne le disent pas clairement, les chargés de crédit envoient un message au client en lui disant que s'il/elle manquait le remboursement ses actifs pourront être saisis. C'est une forme de garantie déguisée.

La Garantie: Une des raisons pour laquelle des institutions de microfinance ont vu le jour, c'est que les banques traditionnelles ne fournissent pas leurs services aux individus qui n'ont pas la garantie classique. La Mecre Katindo demande comme garanties les documents ci-après : fiche d'occupation parcellaire, contrat, certificat, attestation de retenue sur salaire signé par l'employeur du demandeur et le caution solidaire. Dans toutes les MECRE, l'épargne obligatoire exigée avant l'octroi de crédit est de 10% du montant demandé.25(*)

Les chargés de crédit rendent visite au demandeur de prêts pour observer l'affaire et évaluer les rapports entre le demandeur et ses clients et l'état dans lequel se trouvent les équipements. Les institutions de microfinance recueillent les informations par observation. Plutôt que de prendre des informations sur les apparences à travers cette interview, le chargé de crédit peut valider les réponses qui ne lui semblent pas réalistes ou qui ne sont cohérentes.

La procédure d'évaluation commerciale des clients et surtout leurs ménages aussi atteint cinq buts principaux. Premièrement, l'évaluation indique si le demandeur est solvable après avoir recueilli les données nécessaires sur son commerce, les dettes encours du demandeur, et le flux financier de son ménage. Deuxièmement, elle fournit l'information pour s'assurer que le produit est conçu en concordance avec le besoin de crédit du demandeur et de sa capacité. Troisièmement, l'évaluation permet au chargé de crédit de collecter des informations subjectives sur le caractère du demandeur de crédit en vue de déterminer de façon intuitive la crédibilité de ce dernier. Quatrièmement, cette procédure joue un rôle d'éducation du client concernant les aspirations et les mécanismes du prêteur. Cinquièmement, l'évaluation aide à créer une relation de travail positive entre le client et le chargé de crédit.

3) Les Comités de Crédit 

Etablir un comité de plusieurs personnes pour la prise de décisions d'octroi des crédits est une mesure essentielle de contrôle pour réduire le risque de crédit (et la fraude). S'il revient à un seul individu de prendre des décisions d'octroi de crédit, d'annulation de crédit ou de rééchelonnement, ce pouvoir peut être facilement abusé26(*).

Pour des prêts d'une importance considérable, il est recommandé que le comité soit composé de trois individus ou plus. Un comité de crédit typique est composé de cadres supérieurs et moyens. Les responsabilités du comité ne reposent pas seulement sur l'approbation des prêts mais aussi le suivi du progrès et leurs implications dans la gestion des défaillances de paiement au cas où un emprunteur a un problème de remboursement. Ce faisant le comité de crédit assume ses décisions.

En plus, les IMF doivent avoir des politiques écrites concernant l'autorité d'approbation des crédits27(*). Ces politiques doivent préciser les montants des crédits qui pourraient être approuvés avec l'apposition des deux signatures, les montants de crédits qui exigent l'apposition de plus de deux signatures et identifier qui a l'autorité pour approuver les crédits. Ces mesures réduisent les risques d'approuver les crédits au hasard.

En réalité, l'argent de l'IMF est risqué. Par conséquent les chargés de crédits et leurs responsables hiérarchiques doivent signer toutes les décisions de crédit et doivent s'assurer que le crédit sera remboursé.

Concernant les groupes de caution solidaire (crédit aux groupes), les membres de ce dernier souvent assument partiellement la fonction du comité de crédit. Puisque les membres du groupe garantissent le crédit de chacun des membres, leur implication dans la procédure d'approbation des crédits est importante.

Par conséquent les chargés de crédits et leurs responsables hiérarchiques doivent signer toutes les décisions de crédit et doivent s'assurer que le crédit sera remboursé. Les chargés de crédits ne doivent pas hésiter à 1) rejeter la demande de crédit d'un groupe de solidarité dont les membres ne se connaissent pas ou ne se font pas mutuellement confiance 2) encourager les membres sérieux du groupe à éliminer ceux qui sont moins sérieux et 3) promouvoir les petits prêts que les membres sont sûrs de rembourser. Pour se comporter de cette manière, le chargé de crédits a besoin des outils et une formation pour l'évaluation des activités commerciales et le comportement des clients pour faciliter la discussion en groupe et pour tester l'engagement de chaque membre du groupe.

4) La Gestion de la Défaillance

Certains prêts deviennent à la longue défaillants et inévitablement non-recouvrables. Pour réduire ces cas de défaillance une IMF doit recommande les six méthodes pour la gestion de défaillance ci-après:

1) Culture Institutionnelle: Une méthode essentielle pour la gestion de défaillance est d'entretenir une culture institutionnelle basée sur la tolérance zéro de retards et un suivi automatique des comptes accusant de retard de paiements. Les Institutions de Microfinance (IMF) peuvent également rappeler aux clients dont les comptes sont récemment devenus défaillants que leur jour de remboursement s'approche.

2) L'orientation des Clients: la première chose à faire pour développer une culture institutionnelle basée sur la tolérance zéro, est de communiquer directement ce concept à chaque nouveau client, lors de l'adhésion, avant qu'il ne reçoive le prêt. Un programme d'orientation doit simplement et clairement décrire les conditions des services offerts, ce qui est attendu de chaque client et les procédures à suivre en cas d'arriérés. Cette même orientation devra servir à instruire les nouveaux membres de l'IMF à la politique de la tolérance zéro, établir un esprit de professionnalisme et de sérieux dans les prestations de services à la clientèle cible.

3) Les primes d'encouragement au personnel : L'implication du personnel en vue de décourager la défaillance peut s'avérer efficace avec l'instauration d'un système de primes d'encouragement. Les primes devraient être plutôt basées sur la qualité du portefeuille que sur la quantité. Cela permettrait à chaque agent de crédit d'être responsable des prises des décisions dans l'octroi de crédits.

4) Les pénalités sur défaillances : Les clients doivent être pénalisés pour le retard de paiements. Ceci pourrait impliquer selon la performance, l'application des charges au prorata du nombre de jours de retard et limiter l'accès au renouvellement des prêts aux clients. Par exemple pour la MECRECO les taux de pénalité sont fixés de la manière suivante :

· 0,02% par jour pour les crédits aux groupes et caisses villageoises

· 0,03% par jour pour les crédits ordinaires

· 0,025% par jour pour les crédits salaires domiciliés

· 0,05% par jour pour les crédits express28(*).

5) Respects des termes de contrat : Une COOPEC va perdre contrôle de la qualité de son portefeuille si elle ne met pas les termes du contrat en vigueur. Les IMF ne doivent pas instaurer des politiques qu'elles ne pourront pas faire appliquer dans les contrats. Le refus de collaboration d'un client défaillant doit être sévèrement puni selon les procédures en vigueur chez l'IMF y compris l'utilisation de système judiciaire local s'il y a lieu29(*). Les clients doivent être sensibilisés des pénalités et procédures de défaillance avant même de recevoir leur crédit pour qu'ils sachent exactement à quoi ils ont affaire si le crédit n'est pas remboursé.

6) Le rééchelonnement du crédit : il arrive souvent que des emprunteurs aient la volonté mais ne soient pas en mesure de payer. Après s'être assuré que ceci est réellement vrai (c'est-à-dire s'assurer que les clients ne sont pas en train de jouer avec les sentiments), il serait approprié de rééchelonner un certain nombre de crédits. Ceci doit être fait dans des conditions exceptionnelles qui peuvent impliquer par exemple le prolongement de l'échéance de crédit et/ou la réduction en montant périodique à rembourser. Pour démontrer leurs transparences, les IMF doivent dans leur de qualité du portefeuille séparer les crédits réguliers (normaux) des crédits rééchelonnés.

Pour le suivi de la qualité du portefeuille, une IMF et ou COOEPC doit analyser les ratios de qualité du portefeuille mensuellement. Il s'agit du portefeuille à risque, le Ratio de perte sur crédit et le Ratio de réserve. En plus l'IMF doit maintenir un rapport régulier sur la balance âgée du portefeuille.

Les Risques de Fraude

Aucune institution de microfinance ne peut se prévaloir d'être à l'abri de fraude perpétrée par le personnel isolément ou de connivence avec le client. Dans toutes les opérations financières il y a risque de fraude. L'IMF ne peut prétendre éliminer la fraude, il faut la minimiser. Cette partie résume les types de fraudes et traite des mécanismes pour prévenir et détecter les fraudes.

Les Types de Fraude

La confection d'une liste complète des fraudes potentielles est impossible. Cependant, il est important de catégoriser les fraudes suivant les différentes étapes dans le processus d'octroi de crédit :

1) Déboursement des crédits,

2) Remboursement,

3) Procédures de garantie,

4) Activités de clôture.

Exemples de Fraudes en Microfinance

Décaissement

Remboursement

Garantie

Clôture

Le chargé de crédit octroie le crédit à un client «fictif».

Le chargé de crédit collecte les remboursements, délivre un reçu mais ne reverse pas l'argent.

Le chargé de crédit collecte les

garanties mais ne les dépose pas au magasin.

Le remboursement des épargnes forcées n'a pas été fait aux clients. Les emprunteurs ont

oublié des les réclamer.

Le caissier s'est octroyé le crédit

Les Agents collectant les remboursements ne les reversent pas à temps

Le magasinier a détourné les biens de garanties et a passé de fausses écritures dans les livres de stock

Le chargé de crédit collecte les prêts qui ont été déjà passés en perte pour son propre compte

Le chargé de crédit charge des frais non officiels aux clients.

Le chargé de crédit charge des pénalités non

officielles.

 
 

Les banques ou institutions financières ont pour fonction de fournir des crédits permettant de financer les investissements. Un pari toujours risqué.

Les contrôles réglementaires tentent de le limiter mais la concurrence, l'optimisme et l'appât du gain incitent les banques à assouplir leurs conditions d'octroi de crédits, ce qui tend à accentuer le risque de se retrouver face à des débiteurs insolvables. La fraude pure et simple et les détournements de fonds sont une autre cause de la faillite des banques.

Comme dans toute entreprise, une mauvaise gestion ou une politique de trésorerie inadaptée peuvent aussi provoquer la faillite. De fait, on dit que la mauvaise gestion joue un rôle primordial dans la plupart des échecs bancaires. Peut-être les directeurs de la banque ont-ils accordé des prêts non garantis à des amis ou à des membres de leur famille. Ou encore l'avidité et la tentation de s'enrichir rapidement les pousse à des investissements hasardeux.

Dans certains cas, la concurrence acharnée a incité des organismes bancaires à prendre des risques extraordinaires. Certaines banques ont sombré, victimes de l'extrême agressivité de leur propre politique de prêt. Devant la nécessité de se constituer une couverture en cas de problème et d'augmenter leurs liquidités, certaines banques s'efforcent d'appâter des déposants en offrant des taux d'intérêt exceptionnellement élevés, ou même font de nouveaux investissements dans des projets risqués.

Les banques de petite taille ne sont pas les seules à connaître ces problèmes qui entraînent les faillites. Certaines des institutions financières les plus importantes au monde sont aussi en mauvaise posture. Beaucoup ont consenti des prêts se chiffrant par millions de dollars, voire par milliards, aux pays du tiers monde qui ne peuvent à présent leur rembourser les intérêts, encore moins le principal. L'épidémie de faillites bancaires à laquelle nous assistons ces dernières années soulève des questions dans le monde entier. Notre confiance est-elle mal placée? Au fait, les banques sont-elles sûres?

La structure financière de la banque détermine donc l'importance des risques -taux et change- qu'elle prend. Se pose là le problème de la transformation pour les ressources.

Compte tenu de la préférence pour la liquidité de la part des épargnants, cette transformation est inévitable. Si elle importante, la banque augmente son risque de taux et, de plus, se crée un risque de liquidité au cas où les déposants demandent à retirer leurs fonds.

Globalement, les COOPEC apparaissent comme efficaces pour mobiliser l'épargne locale. Elles ont plus de difficultés en matière de crédit dans les pays en développement. C'est une formule qui, à certains égards, semble plus adaptée aux classes moyennes qu'aux plus pauvres.

L'accent mis sur l'épargne préalable limite en effet l'impact de la fonction crédit sur les membres ayant une faible capacité d'épargne.

Mais les pauvres ont aussi besoin de services financiers adaptés à leurs besoins spécifiques, faits sur mesure, en quelque sorte.

L'accès à des services financiers appropriés est l'une des dimensions fondamentales de l'exclusion sociale dans le monde.

Afin d'éviter la marginalisation des plus pauvres, les formes coopératives et mutualistes d'épargne et de crédit, dans toute leur diversité, ont un rôle essentiel et irremplaçable d'intermédiation financière à jouer.

APPRECIATION DU NIVEAU DE RISQUE AU SEIN DE LA MECRE KATINDO

Le présent chapitre est consacré à l'appréciation du niveau de risque au sein de la Mecre Katindo/Coopec est axé sur quatre points :

1o Analyse de l'épargne collectée par la Mecre Katindo/Coopec;

2o Analyse des crédits octroyés par la Mecre Katindo/Coopec;

3o Analyse des écarts entre les crédits octroyés et les montants de crédits effectivement remboursés par les clients : le risque financier ; et

4o Analyse corrélative entre épargnes collectées et crédits octroyés.

IV. 1 ANALYSE DE L'EPARGNE COLLECTEE PAR LA MECRE-KATINDO

Le principe qui porte à épargner est le désir d'améliorer notre sort. En effet, il est bien dit que l'épargne est un des points de départ d'un bien être collectif. Pour le peuple comme pour les individus, le même principe s'applique. C'est pourquoi la théorie économique faisait reposer le démarrage économique sur l'épargne. Ce rôle de toute épargne apparaît comme indispensable et irremplaçable à un multiple égard:

- seule l'épargne permet l'accumulation d'un capital physique et humain transformé en investissement productif, elle assure sur un revenu autonome et cumulatif pour aujourd'hui et pour demain;

- l'épargne favorise l'intégration des circuits financiers et économiques dans un même pays, de ce fait elle permet une croissance autoentretenue, plus harmonieuse et plus régulière;

- le développement autofinancé par l'épargne intérieure et autogérée, permet aux collectivités d'échapper à la paresse technologique encouragée par l'investissement étranger, lui seul conduit à la maîtrise de la filière technologique et à la créativité;

- par leur action auto éducative, la motivation et la gestion de l'épargne volontaire joue un rôle souvent plus important que les investissements eux-mêmes; la gestion communautaire de l'épargne forme les futurs hommes d'affaires, les futurs entrepreneurs; les futurs dirigeants et dirigeantes du pays, là se cristallise le premier et indispensable apprentissage de la démocratie économique et politique, qui dans les pays industrialisés n'a pas commencé autrement.

Ce rôle, une fois maîtrisé, on se rendra compte à l'envie qu'il n'y a ni miracle ni préférence génétique en économie. Le secret de la réussite réside dans le dégagement d'un surplus: en un mot l'épargne.

La question de mobilisation de l'épargne locale est bien importante, tant sur le plan social que sur le plan économique.

Tableau N°1 : Evolution mensuelle de l'épargne collectée par la Mecre Katindo/Coopec de 2008 à 2010

Source : les rapports annuels de la Mecre Katindo/Coopec de 2008 à 2010

De ce tableau, il ressort que 2007 est l'année à laquelle l'épargne collectée est importante (5781103$us), ce qui révèle une moyenne de 481750.58$us par mois. En 2006, l'épargne est de 5684957$us ; ce qui indique une moyenne de 473746.41$us par mois ; suivi de l'année 2005(4644555$us) pour une moyenne de 387046.25$us par mois ; et l'année 2004(2104880$us) pour une moyenne de 175406.66$ par mois. L'année 2003 se révèle avoir une faible épargne (443503$us) soit une moyenne de 36958.58$us.

En terme de pourcentage, le tableau d'évolution d'épargnes collectées révèle que :

L'année 2003 représente 2.37% d'épargnes totales réalisées sur cinq ans, l'année 2004 en représente 11.28%, l'année 2005 représente 24.89 %, tandis que les années 2006 et 2007 représentent respectivement 30.46 % et 30.98%.

La visualisation de ces données sur un graphique approprié, nous permettra d'apprécier l'évolution mensuelle d'épargnes collectées de chaque année et nous facilitera de voir les mois qui ont été plus performants en terme d'épargnes collectées.

Graphique no1 : Evolution d'épargnes collectées par la Mecre Katindo/Coopec de 2003 à 2007

Du graphique no1, il ressort directement que c'est l'année 2007 qui est l'année de la plus grande épargne collectée, le mois de mai constitue le mois auquel la Mecre-Katindo a collecté l'épargne la plus élevée de toute notre période d'étude (660010$us). C'est aussi le mois de mai à l'année 2006.

Quant à l'année 2005, c'est le mois d'août (593596$us). Ce sont les mois de novembre et décembre en 2004 et 2003 soit 510440$us et 127780$us.

L'évolution de la courbe est croissante. Cette croissance explique la tendance de l'épargne collectée par la Mecre Katindo/Coopec de 2003à 2007. C'est l'équation de la forme Y=ao+bt.

Nous constatons qu'au bout de 5 ans d'étude, que l'épargne réalisée par le public (paysans, petits commerçants, entreprises et administrations) s'est multipliée plus de 13 fois, soit

D'une façon générale, l'amélioration du niveau de l'épargne réalisée par la Mecre Katindo/Coopec à partir du deuxième semestre de l'année 2004 suit l'amélioration des conditions de vie socioéconomique de la population, surtout que cette période marque le début de la consolidation de paix après une longue période d'hostilité, de guerre et d'instabilité politique.

Dans le point suivant, nous avons voulu analyser l'évolution trimestrielle des crédits octroyés par la société pour en déduire à travers la droite de régression les crédits des prochaines années. Avant d'en arriver disons un mot sur l'importance de l'épargne.

Importance de l'épargne

Même si les expériences sont déjà anciennes, la formule des Crédit unions ou Coopec (Coopératives d'Epargne/Crédit) a surtout été développée au cours de ces vingt dernières années. L'épargne est apparue d'une part comme un service très apprécié, pour des raisons de sécurité et de liquidité par certaines catégories de la population, et d'autre part comme un essentiel de construction institutionnelle : le crédit se rembourse.

L'institution financière doit être considérée comme une entreprise, avec sa comptabilité performante et son souci d'une organisation et d'une gestion efficaces. Dans ce cadre, elle utilise les règles et ratios des analyses financières.

IV.2 ANALYSE DES CREDITS OCTROYES PAR LA MECRE-KATINDO

En précisant comme elle le fait deux faces de l'activité bancaire: réception des dépôts et emploi en opération de crédit, la définition légale nous permet de dégager les deux aspects du crédit bancaire:

- le crédit dont jouit une institution financière, né de la confiance qu'elle sait inspirer librement des fonds rassemblés pour elle;

- le crédit qu'accorde une institution financière, en utilisation de ses ressources.

Le crédit qu'accorde une institution financière sera fondé sur la confiance que les entrepreneurs sauront lui inspirer. Ainsi, les opérations de banque sont données par ce que les juristes appellent l'intuitus personae: le banquier ne travail qu'avec telle personne, et tel client qu'avec telle banque de son choix.

Le crédit a donc un rôle éminent dans la vie économique d'une société, car il veille sur son équilibre en régulant de manière indirecte le volume de la consommation et de l'investissement. Le déséquilibre entre le taux de production et de consommation conduit inévitablement à l'inflation et au chômage, ce qui explique l'importance de la politique de crédit dans une économie en crise.

Grâce aux crédits, les différents agents économiques disposent de moyens de paiement supplémentaires pour leurs transactions. Le crédit est donc une source de création monétaire.

Tableau N°2 Evolution de crédits octroyés par la Mecre Katindo/Coopec de ......

Source : Rapport annuels de la Mecre Katindo/Coopec

Par simple observation, nous remarquons que le crédit a connu une évolution croissante mais nous serons obligés de visualiser ces données sur un graphique pour donner un jugement de la tendance générale.

Graphique no2 : Evolution trimestrielle de crédits octroyés par la Mecre-Katindo/Coopec de 2008 à 2010

Source : Nos ajustements à partir des données du tableau no2.

Du graphique no2, il ressort que les crédits annuels de la Mecre-Katindo/Coopec ont connu une évolution à la hausse de 2008 à 2010, et une baisse de 2006 à 2007.

Nous remarquons que les crédits annuels de la Mecre-Katindo/Coopec sont multipliés par 2.7(en 2004) par rapport aux crédits de l'année 2003 ; ce qui traduit en pourcentage à une augmentation de 270.15-100=170.15%.

De 2004 à 2005, il y a eut une augmentation des crédits de 2.5 soit 250.5-100=150.5%.

De 2005 à 2006, une baisse de 2.96 et de 2006 à 2007, une augmentation de 1.453, soit 155.3-100=45.3%.

Tableau no3 : Tableau intermédiaire des calculs

IV.3 ANALYSE DES ECARTS ENTRE LES CREDITS OCTROYES ET LES CREDITS EFFECTIVEMENT REMBOURCSES : LE RISQUE FINANCIER

Tout crédit comporte le risque que ces recettes ne se produisent pas et qu'aucun remboursement ou bien seulement un remboursement « particuliers » à l'échéance. Un crédit n'est accordé que si le banquier estime que la probabilité de remboursement excède celle de non remboursement.

Le crédit peut être bon ou mauvais. Cela dépend de la manière dont on l'utilise. Avant de prendre une décision en matière de crédit, examinez soigneusement tous les facteurs en fonction de vos besoins et de vos valeurs.

Comment apprécier la capacité d'un emprunteur à rembourser le crédit ? L'étude des documents financiers produits par l'emprunteur qui s'attache aux critères de liquidité ou de surface financière et envisage les perspectives de développement du demandeur est la méthode la plus utilisée. Cette méthode rencontre vite des limites.

Dans sa publication intitulée « Savoir gérer son argent», l'Association des banquiers canadiens fournit des conseils sur les questions suivantes : utiliser intelligemment le crédit, la gestion du crédit, la demande de crédit, et que faire face à une crise financière ?.

L'entrepreneur, nous prenons ce mot dans le sens large que lui donnent les économistes, de personne ou société qui met en oeuvre les facteurs de production pour obtenir des biens économiques afin d'en retire profit ne possède pas toujours les capitaux suffisants pour atteindre le chiffre d'affaires auquel ses capacités ou les circonstances le mettent à même d'arriver.

Il peut profiter de la confiance que sa valeur morale, ses connaissances techniques et les biens qu'il possède lui ont permis d'inspirer, pour demander du crédit.

Faire crédit, c'est faire confiance ; c'est donner librement la disposition effective et immédiate d'un bien réel ou d'un pouvoir d'achat, contre la promesse que le même bien, ou un bien équivalent, vous sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger couru, danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service.

Le crédit introduit le facteur temps, doc l'incertitude, dans le mécanisme des échanges. Il l'introduit au moyen d'un acte de foi : le crédit est donc une notion purement subjective.

IV.4 ETUDE CORRELATIVE ENTRE EPARGNE COLLECTEE ET LE CREDIT OCTROYE PAR LA MECRE KATINDO/COOPEC

Les crédits et les dépôts sont des produits qui mettent en jeu des capitaux et ses capitaux sont la cause même de l'opération qui leur donne naissance. L'institution financière effectue ces opérations entant qu'intermédiaire financier donc pour son propre compte et sa situation primordiale est immédiatement affectée par l'offre de ces produits. Ainsi, une facilité de caisse un bon de caisse ou un dépôt à terme sont des produits appartenant à cette catégorie. L'évolution du coût de ces produits pose des problèmes assez complexes car à côté des traitements (coût d'étude de la demande de crédit, coût de maintien d'un dépôt à terme) il faut tenir compte des coûts et rendements des capitaux mis en jeu

Dans cette section, notre objectif est de vérifier s'il existe une liaison entre les crédits octroyés et l'épargne collectée par la Mecre Katindo/Coopec.

Pour s'y faire, nous allons construire un modèle en supposant l'épargne comme une variable explicative X et le crédit comme une variable expliquée Y.

Nous allons dans un premier point déterminer l'équation de la droite de régression avant de passer dans le deuxième point au calcul du coefficient de corrélation et dans le troisième point au test de ce dernier.

Tableau no 8: Tableau intermédiaire des calculs

1. l'équation de la droite de régression est de la forme :

Notre équation de tendance à la forme :

A partir de cette équation, nous pouvons estimer les montants de crédits que la Mecre Katindo/Coopec peut accorder connaissant le niveau prévisionnel d'épargne.

2. le coefficient de corrélation est trouvé par :

Nous avons un coefficient de corrélation positif entre l'épargne collectée et le crédit octroyé par la Mecre Katindo/Coopec. Les deux caractères varient dans un même sens. Le coefficient de détermination R, nous nous permet de saisir le pourcentage de validité du modèle.

Ce coefficient, entant un degré de liaison entre deux variables en corrélation, nous pouvons conclure que l'épargne collectée explique à % l'octroi de crédit par la Mecre Katindo/Coopec Cependant, dans l'objectivité de porter bon jugement sur la signification de cette liaison, testons ce coefficient de corrélation.

3. Test du coefficient de corrélation

Ce test nous permettra d'accepter ou de refuser notre hypothèse de liaison entre l'épargne collectée et l crédit octroyé par la Mecre Katindo/Coopec.

Bien que le volume du crédit octroyé par la Mecre Katindo/Coopec peut à un certain niveau de l'épargne collectée, d'autres facteurs peuvent expliquer le niveau de crédit octroyé tels que :

1o l'importance de la garantie : il faut une étude sérieuse et approfondie par l'institution sur les biens destinés en garanties :

2o les demandes de crédit : le crédit ne peut être octroyé qu'aux commerçants, particuliers et administrations ayant manifesté la volonté de recevoir ce crédit ;

3o les qualités de demandes pendant une période donnée : solvabilité, activité financée et solvabilité etc.

4o la prudence dans la gestion des fonds : l'institution doit éviter la mégestion, elle doit assurer la sécurité des fonds qui sont mises à disposition.

C'est à ces mots que nous bouclons ce travail par une conclusion générale qui suit.

CONCLUSION

Nous voici à la fin de cette étude qui a été orientée sur investigation qui a porté sur le risque financier dans une institution financière non bancaire, cas de la Caisse générale d'Epargne du Congo (Mecre Katindo/Coopec) de 2008 à 2010.

Si l'institution financière généra des informations privées sur les crédits qu'elle distribue, il est vrai que l'avantage comparatif dans la résolution des asymétries contribue à l'opacité informelle des actifs bancaires et, en conséquence, rend plus difficile une évaluation externe des institutions financières, de leur niveau ou de leur conditions de profitabilité.

Au départ nous avons voulu savoir :

1o s'il existe un risque financier au sein de la Mecre Katindo/Coopec quand elle octroi du crédit ;

2o si les mécanismes de gestion des contentieux sont efficaces et

3o s'il y a une liaison entre les crédits et les dépôts.

Pour chercher à remonter cette architecture nous nous sommes proposés les hypothèses suivantes :

a. que le risque financier au sein de la Mecre Katindo/Coopec serait lié au non remboursement du crédit ;

b. que les mécanismes de gestion des créances sont efficaces et

c. que l'évolution des dépôts est à la base de l'évolution du crédit.

De toute façon, pour la récolte des données et la vérification de nos hypothèses, la méthode historique et statistique ont été d'application. Quant à la technique, nous avons fait recours à la technique documentaire, au questionnaire et à l'entretien avec le gérant de l'entité.

Le but visé dans cette recherche revient à éclairer nos lecteurs, des risques que court une institution financière lorsqu'elle octroi du crédit.

Pour parvenir à éclairer cette situation, nous avons expliqué les notions comme : le risque financier, les institutions financières, les intermédiaires financiers et la microfinance. Ensuite, nous avons présenté la Mecre Katindo/Coopec en parlant aussi de la gestion des créances ; et enfin, procédé à l'appréciation du niveau de risque au sein de la Mecre Katindo/Coopec En accordant le crédit, l'institution financière court à des risques qui sont déterminés soit par la qualité de l'emprunteur, soit par l'évolution économique générale, soit encore par la structure financière de l'institution.

Bien qu'il existe un système bancaire, il faut vérifier s'il peut être intéressé par le public visé et quelles conditions. Dans l'immense majorité des cas, la réponse sera négative, les banques n'étant pas intéressées par des petits prêts dispersés sans garanties matérielles, donc coûteux à gérer et risqués.

En ce qui concerne la gestion des risques, l'institution demande le minimum des documents comptables en faisant l'analyse de quelques ratios, peut adapter les taux et les échéances de ses actifs et passifs en déterminant le niveau de risque qui lui parait acceptable. L'institution s'efforce ainsi d'adosser constamment leurs ressources longues à des emplois longs. L'institution peut aussi ajuster sa position de change devise après devise et se dote des sûretés réelles (hypothèques) ou personnelles (cautions).

Certes, les résultats du traitement des données statistiques des risques financiers démontrent :

- que les crédits ne sont pas mauvais pour la Mecre Katindo/Coopec et que le risque financier est lié d'une part au non remboursement des crédits. D'autre part, il est expliqué par la transformation d'échéances (risque d'illiquidité), la modification de l'équilibre entre offre et demande des capitaux (risque de taux), la variation du cours des devises (risque de change) etc.

- que l'écart moyen favorable (après incorporation des provisions) de $us, nous pousse à dire que les mécanismes de gestion de risques au sein de la Mecre Katindo/Coopec sont efficaces et

- qu'au seuil de 5% que l'évolution de l'épargne n'est pas à la base de l'évolution des crédits octroyés. D'autres facteurs peuvent expliquer le niveau de crédit tels que : l'importance de la garantie, les demandes de crédit, la qualité du demandeur etc.

En définitive, bien que les risques soient couverts par les provisions, il importe de savoir l'affectation de fonds que le client demande pour savoir si l'activité est rentable ou pas. L'institution doit renforcer sa politique mercatique ou de marketing car elle vit maintenant dans un environnement complémentaire et surtout qu'elle n'accorde pas facilement du crédit comme les microfinances.

Ne nous estimant pas être complet dans notre analyse et notre champ d'investigation étant orienté auprès d'une institution financière non bancaire, les recherches pourront être effectuées ultérieurement auprès d'autres institutions par quelqu'un d'autre muni d'un arsenal documentaire plus fourni pour approfondir tous les contours de la question en matière des risques financiers surtout que la prise des risques est au coeur ses activités d'institutions financières, elle a un impact considérable sur la rentabilité des établissements de crédit et que l'activité bancaire est une activité noble.

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ANNEXE II : QUESTIONNAIRE D'ENQUETE

* 1 LOBELA SALAKUTU E., Cours de Monnaie et crédit, ISMGL/GOMA, 2010-2011, p.48

* 2 LOBELA E, op. cit p.32

* 3 LOBELA E, Ibidem, pp. 18,19.

* 4 Déodatus NYAHUTWE Cours de méthodes de recherches en sciences de gestion, ISMGL/Goma, inédit 2010-2011 p, 17.

* 5 Déodatus NYAHUTWE, op. cit. p.34

* 6 Statut de la Mecre-Katindo/Coopec

* 7 La Mecre Katindo fut agréée par la BCC en date du 25 juillet 2006, sous le n° Gouv./D143/0974.

* 8 Adrien KAKURA, cours d'Assurance et Gestion des risques, ISMGL GOMA 2010-2011, p. 3

* 9 CARE, op cit. p. 2

* 10 Adrien KAKURA, op cit. p. 2

* 11 WIKIPEDIA, l'Encyclopédie libre 2011

* 12 CARE, op cit. 2001, p.6

* 13 ENCYCLOPEDIE Encarta 2009

* 14 CARE, Ibidem, p.38

* 15 WIKIPEDIA, l'Encyclopédie libre 2011

* 16 Dictionnaire encarta 2009

* 17 LOBELA E., Ibidem, p.17.

* 18 LOBELA SALAKUTU, Ibidem, p.15

* 19 Idem

* 20 Cgap

* 21 Statut de la MECRE KATINDO, p

* 22 La MECRE KATINDO vend aussi au membre qui le désire le carnet de procuration appelé chéquier. Son prix est fixé à 8 $US

* 23 Politique de crédit de la MECRECO, p.11

* 24 CARE, op. cit. p. 44

* 25 Politique de crédit MECRECO, op. Cit. p. 16

* 26 Au sein de la MECRE KATINDO, il existe une commission de crédit composée de 3 membres dont un président et deux membres de ladite commission qui se réunit pour examiner tous les dossiers de crédit.

* 27 Il existe à la MECRE KATINDO la politique de crédit qui explique les procédures et les conditions d'octroi des crédits.

* 28 Politique de crédit de la MECRECO, p.20

* 29 Au sein de la MECRECO, il existe des conseillers juridiques pour des tels cas.






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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe