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Analyse- diagnostic et typologie des exploitations maraichères de la vallée de Toro-commune rurale de Barmou ( département de Tahoua )au Niger

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par Hassane Sanda Gonda
Université Abdou Moumouni de Niamey Niger - Diplôme d'études supérieures spécialisées spécialité protection de l'environnement et amélioration des systèmes agraires sahéliens 2012
  

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République du Niger

UNIVERSITE ABDOU MOUMOUNI

FACULTE D'AGRONOMIE

Centre Régional d'Enseignement Spécialisé en Agriculture

(CRESA)

Mémoire de fin d'étude

Pour l'obtention du Diplôme d'Etude Supérieur Spécialisé (DESS)

Spécialité : Protection de l'environnement et amélioration des systèmes agraires sahéliens

Analyse-diagnostic et typologie des exploitations maraichères de la vallée de Toro-Commune rurale de Barmou/Département de Tahoua

Présenté et soutenu par :

SANDA GONDA Hassane

Sous la direction de : Membres du jury

Dr YAHAYA Abdou, FA/UAM Président : BALLA Abdrourahamane

Dr MAHAMADOU Chaibou, FA/UAM Maitre de conférences, FA/UAM

Encadreur-terrain : Assesseur : BARAGE Moussa

M. Sabit Mailoukou, AT/PSO PromAP/Tahoua Maitre de conférences, FA/UAM

Promotion 2012

Table des matières

Table des matières 2

Table des figures 5

Table des tableaux 6

SIGLES ET ABREVIATIONS 7

DEDICACES 8

REMERCIEMENTS 9

Avant-propos 10

Résumé 11

Summary 12

Introduction générale 13

Chapitre I. Cadre théorique de l'étude 15

1.1. Problématique 15

1.1.1. Contexte et justification 15

1.1.2. Revue de la littérature 16

1.1.3. Définition des concepts 19

1.2. Objectif principal de l'étude 19

1.3. Objectifs spécifiques 20

1.4. Hypothèses 20

Chapitre II : Présentation de la zone d'étude 21

2.1. Localisation 21

2 .2. Aspects physiques 22

2.2.1. Géomorphologie et sols 22

2.2.2. Hydrologie et ressources en eau 23

2.2.3. Climat 24

2.2.3.1. Précipitations 24

2.2.3.2. Températures et évapotranspiration 25

2.3. Aspects humains 26

2.3.1. Caractéristiques socio-démographiques 26

2.3.2. Activités socio-économiques 26

2.4. Présentation de la structure d'accueil 27

2.4.1. Objectif du PromAP 28

2.4.2. Mise en oeuvre de la première phase 28

Chapitre III : Matériels et méthodes 29

3.1. Recherche documentaire 29

3.2. Travaux de terrain 29

3.2.1. Choix des villages à enquêter 29

3.2.2. Echantillonnage 29

3.2.3. Enquêtes 30

3.2.4. Visites de terrain 30

3.3. Analyse et traitement des données 30

3.4. Limite de l'étude 31

Chapitre IV : Résultats et discussions 32

3.1. Résultats 32

3.1.1. Profil des chefs d'exploitation 32

3.1.2. Caractérisation des ressources de l'exploitation 34

3.1.2.1. Foncier 34

3.1.2.2. Equipement agricole 35

3.1.2.3. Main d'oeuvre 36

3.1.2.4. Fertilisation 36

3.1.3. Caractérisation des activités économiques 38

3.1.3.1. Maraîchage 38

3.1.3.2. Formation des revenus 38

3.1.3.3. Niveau des revenus des exploitations maraîchères 39

3.1.3.4. Système d'élevage 40

3.1.3.5. Commercialisation 41

3.1.4. Niveau d'encadrement et d'organisation 42

3.1.5. Typologie des exploitations maraîchères 44

3.1.5.1. Brève description de la méthode AFCM 44

3.1.5.2. Analyses statistiques 45

3.1.5.2.1. Analyse Factorielle des Correspondances Multiples 45

3.1.5.2.2. Classification Ascendante Hiérarchique 48

3.1.5.3. Interprétation des types d'exploitations 51

3.2. Discussions 52

Conclusion générale 54

Recommandations 55

Bibliographie 57

Annexes 59

Table des figures

Figure 1: Carte de la localisation de la commune rurale de Barmou. 22

Figure 2: Variation interannuelle de la pluviométrie à la station de Tahoua (1985-2012). 25

Figure 3: Répartition des exploitations selon les animaux élevés 40

Figure 4: Représentation des individus et des variables sur le plan 47

Figure 5: Classification Ascendante Hiérarchique (CAH) 49

Figure 6: Diagramme des indices de niveau 49

Table des tableaux

Tableau 1: Répartition des chefs d'exploitation selon le sexe et la situation matrimoniale 32

Tableau 2: Proportion des exploitants en fonction de leur expérience 33

Tableau 3: Mode d'acquisition de la terre 34

Tableau 4: Répartition des exploitations selon la superficie exploitée en culture de contre-saison 35

Tableau 5: Distribution des exploitations selon la nature des équipements hydrauliques 35

Tableau 6: Pourcentage d'exploitations selon le type de main d'oeuvre 36

Tableau 7: Pourcentage des exploitations selon le type de fertilisant utilisé et la fréquence des apports 37

Tableau 8: Les raisons d'utilisation du fumier 37

Tableau 9: Autres activités pratiquées par les maraîchers 39

Tableau 10: Revenus et charges moyens par exploitants et par village 39

Tableau 11: Les exploitations selon les systèmes d'élevage 41

Tableau 12: Différents procédés de vente des produits maraîchers 41

Tableau 13: Problèmes de production, de conservation et de commercialisation 42

Tableau 14: Pourcentage des exploitations selon les acquis et les besoins en formation en maraîchage 42

Tableau 15: Pourcentage des exploitations selon les appuis reçus 43

Tableau 16: Pourcentage des exploitations selon les problèmes techniques de production 44

Tableau 18: Inertie des axes et leurs proportions cumulées 46

Tableau 19: Troncature des classes 50

Tableau 20: Types d'exploitations et leurs caractéristiques 50

SIGLES ET ABREVIATIONS

ACA: Appui Conseil Agricole

ACM: Analyse des Correspondances Multiples

AFCM: Analyse Factorielle des Correspondances Multiples

AFC: Analyse Factorielle des Correspondances

APAC: l'Association des Professionnelles Africaines de la Communication

EXFAM: Exploitations Familiales

FAO: Food and Agriculture Organization

FIT: Front Inter Tropical

GAMOUR: Gestion Agroécologique des Mouches de légumes de La Réunion

GIZ : Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit

LUCOP : programme Lutte Contre la Pauvreté

LUCOP TAN: programme Lutte Contre la Pauvreté Tahoua Nord

ONG: Organisation Non Gouvernementale

PDC: Plan de Développement Communal

PRODEX : Projet de Développement des Exportations des produits et des marchés agro-sylvo-pastoraux au Niger

PromAP: Promotion de l'Agriculture Productive

PUSADER : Projet d'Urgence pour l'appui à la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural

SMEV: Schéma de Mise En Valeur

DEDICACES

A la mémoire de mon père, que son âme repose en paix.

A ma mère, mes frères et soeurs.

REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail, nous tenons à exprimer notre gratitude aux personnes qui, par leur encadrement, leur conseil et leur soutien ont permis son plein aboutissement. Il s'agit notamment de : Dr YAHAYA Abdou et Dr MAHAMADOU Chaibou pour avoir encadré ce travail et ce, malgré leurs multiples préoccupations. Leurs conseils et suggestions nous ont été d'une très grande importance.

Mes remerciements vont à l'endroit de tous les enseignants de la faculté d'agronomie, en l'occurrence tous les intervenants au niveau du DESS/CRESA.

A mes camarades de promotion.

Je tiens à remercier très sincèrement M. Soumana Moumouni, Coordinateur PromAP/Tahoua, M. Sabit Mailoukou AT/PSO, notre encadreur terrain ainsi que toute l'équipe technique sur place et tout le personnel d'appui pour leur collaboration et le climat qui a régné durant toute la durée de notre stage.

Merci aussi à M. HABOU Rabiou, doctorant en biologie à la FAST/UAM qui nous a beaucoup aidés dans le traitement des données.

A toute la population des villages visités, particulièrement au chef du village de Toudoun Souya qui nous a hébergés lors de notre séjour mais qui est décédé peu de temps après notre départ, paix à son âme. A tous, je souhaite beaucoup de courage dans leurs activités.

Je ne pouvais oublier mes amis avec qui nous sommes devenus des véritables frères. Tous ont contribué d'une façon ou d'une autre à la réalisation de ce travail. Ils sont formidables. Ne pas les remercier serait ingrat de ma part.

Avant-propos

Le présent rapport de stage a été rédigé après un séjour de six (6) mois sur le terrain ayant permis de faire des constats et de réaliser des enquêtes.

Le stage a été effectué dans le cadre d'une coopération entre la Faculté d'Agronomie et le programme PromAP (Promotion de l'Agriculture Productive).

Les activités du programme PromAP se focalisent sur la petite irrigation c'est-à-dire le développement d'une assistance technique pour la promotion de la petite irrigation au Niger. Le programme est prévu pour une durée de six ans en deux phases de trois ans chacune.

L'objectif global du PromAP est d'améliorer durablement la contribution de l'agriculture nigérienne à la croissance économique et à la sécurité alimentaire.

Les interventions du PromAP sont principalement orientées vers les producteurs et productrices mais en prenant en compte le contexte de la décentralisation. Elles s'inscrivent donc dans une articulation entre l'approche communautaire et l'approche communale. C'est pourquoi, avec toutes les communes d'intervention, un processus d'identification et de choix des sites d'intervention a été conduit sur la base des priorités de développement (PDC) et d'autres critères appropriés (potentialités en terres et eaux).

Résumé

Ce travail est consacré à une étude sur l'analyse des exploitations maraichères de la vallée de Toro, zone située dans la commune rurale de Barmou/département de Tahoua. Il s'agit en fait de caractériser ces exploitations maraichères aux plans socio-économique et technique en vue de déboucher sur des groupes homogènes, conditions nécessaires pour un éventuel appui-conseil ciblé.

L'étude s'est déroulée dans quatre (4) villages de la commune : Toro, Toudoun Souya, Doli et Doutchin Fara, tous riverains de la vallée de Toro.

Un échantillon de quatre vingt et un (81) exploitations maraîchères choisies de manière raisonnée a été enquêté. La méthode d'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples a permis de distinguer quatre (4) types d'exploitations maraîchères. Les critères utilisés à cet effet sont : les données démographiques, les caractéristiques techniques et les données économiques. Les différents groupes sont : type I composé des exploitations dont les chefs sont les plus âgés ; type II exploitations qui, en plus du maraîchage pratique l'arboriculture et qui manque de route pour acheminer leur production; type III constitué des exploitations qui ont les plus grandes superficies et une longue tradition dans la pratique du maraichage ; type IV composé des exploitations essentiellement familiales et relativement moins équipées.

L'analyse révèle que les exploitations maraichères de la vallée sont en général sous-équipées et manquent cruellement d'accès à l'approvisionnement en intrants agricoles.

Mots clés : Maraîchage, typologie, vallée de Toro, exploitation.

Summary

This work is devoted to a study on the analysis of market gardening farms in the Toro Valley area in the rural commune of Barmou/Tahoua. The purpose of this work is in fact to characterize these farms gardening to socio-economic and technique in order to result in homogeneous groups, necessary conditions for a possible targeted support.

The study took place in four (4) villages of the commune: Toro, Toudoun Souya, Doli and Doutchin Fara, all are constituents of the Toro valley.

A sample of eighty-one (81) vegetable farms selected in a rational manner was investigated. The method of Factorial Analysis of the Multiple Correspondences allowed us to distinguish four (4) types of vegetable farms. The criteria used for this purpose are: demographics, technical characteristics and economic data. The different groups are: type I composed farms whose heads are oldest, type II farms, in addition to the practical arboriculture horticulture and which misses road to convey their production type III contain the farms which have the largest surfaces and extensive experience, type IV mainly family farms and relatively less equipped.

The analysis reveals that gardening farms in the valley are generally under-equipped and lack access to agricultural inputs.

Keywords: Vegetable, typology, Toro Valley, exploitation.

Introduction générale

Le Niger bénéficie d'une large expérience en matière des politiques agricoles et des programmes de développement rural. L'agriculture est perçue comme un secteur pourvoyeur de nourriture, générateur de revenus et un instrument de lutte contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire. L'augmentation de la productivité agricole est considérée comme impérative pour un meilleur développement économique.

Or, l'agriculture n'arrive pas malgré tout à jouer ce rôle primordial qui lui est assigné. La question est alors comment faire pour quelle puisse pleinement et véritablement remplir cette mission ?

C'est alors pour répondre à cette question que le programme PromAP a été élaboré dans la région de Tahoua, zone à vocation agro-pastorale en vue d'orienter les producteurs vers l'intensification de la production agricole. Cette intensification passe par un développement de l'irrigation puisque la zone s'y prête car disposant d'importantes vallées qui sont des zones à fort potentiel irrigable. L'irrigation permet de combler les déficits alimentaires des cultures pluviales et d'augmenter efficacement les revenus des agriculteurs. En effet, selon Sabra (2011), « la petite irrigation apparaît comme un secteur prometteur car sa conception simple, son faible coût, sa souplesse d'application ainsi que ses bénéfices socio-économiques en font une alternative efficace aux grands périmètres irrigués ».

Le programme PromAP se propose donc d'orienter les producteurs de la vallée de Toro vers la pratique du maraîchage en hivernage tout en le renforçant en contre saison.

Cependant, pour une meilleure action à leur endroit, la connaissance des besoins de chacun d'eux ou du moins des groupes d'individus assez proches s'avère nécessaire puisqu'ils n'ont pas tous les mêmes préoccupations. C'est dans ce cadre que s'inscrit le présent travail.

Cette étude vise donc à analyser les dynamiques d'organisation et de fonctionnement des exploitations maraîchères de la vallée dans l'optique de faciliter la prise en compte de la diversité des exploitations en vue d'un éventuel appui conseil ciblé. Une classification ou typologie a été par la suite élaborée en fonction des caractéristiques propres des différents groupes.

Pour FONTAINE (2009), citant Jollivet (1965, cité par Capillon, 1993) : « une typologie ne se résume pas à son aspect descriptif. L'objectif de la typologie est d'identifier les éléments significatifs à comparer et leur donner un sens dans une construction d'ensemble compréhensive ».

Le présent document rendant compte des résultats de l'étude est ainsi structuré :

ü le premier chapitre traite du cadre théorique c'est à dire de la problématique, des objectifs, de l'hypothèse ;

ü le second chapitre portant sur la présentation de la zone d'étude donne la localisation, les grands traits physiques (à savoir la géomorphologie, l'hydrologie et le climat) et humains ;

ü le troisième chapitre abordant la méthodologie qui a servi de base à ce travail ;

ü enfin, le quatrième chapitre présentant les résultats et les discussions.

Chapitre I. Cadre théorique de l'étude

Le cadre théorique couvre la problématique (contexte et justification), revue de littérature, définition des concepts, les objectifs et la méthodologie à partir desquelles l'étude est bâtie.

1.1. Problématique

1.1.1. Contexte et justification

Les autorités nigériennes ont, depuis plusieurs décennies, déployé des multiples efforts en vue de lutter contre la pauvreté et ont fait de l'amélioration des conditions de vie des populations leur priorité à travers notamment l'autosuffisance alimentaire. Mais force est de constater que le pays reste toujours dépendant d'une agriculture artisanale, elle-même tributaire des aléas climatiques. De manière générale, une tendance à la baisse de la productivité agricole a été observée au niveau du monde rural, se traduisant ainsi par la baisse des revenus réels des producteurs et l'augmentation du déficit alimentaire. Pourtant, les potentialités existent. C'est le cas de la région de Tahoua, objet de cette étude.

En effet, le département de Tahoua dispose d'énormes potentialités en ressources naturelles. Cette région est pauvre en ressources en eau de surface ou du moins de cours d'eau permanents. Elle dispose cependant d'un nombre important des vallées aménagées et non aménagées au moyen d'environ deux cents dix huit (218) seuils d'épandage de crue (SABRA, 2011). En ce qui concerne les ressources en eau souterraine, le département dispose d'importantes nappes alluviales peu profondes localisées dans les vallées (3 à 15 m de profondeur). A côté de cette disponibilité des ressources en eaux souterraines existe un énorme potentiel en terres irrigables notamment au niveau des innombrables vallées dont regorge la zone. Ce capital en terres constitue un tremplin vers une intensification agricole puisque ces sols de vallées se prêtent non seulement aux cultures vivrières (pluviales) mais aussi et surtout aux cultures maraîchères.

Il s'agit aujourd'hui de savoir les conditions à travers lesquelles ces potentialités peuvent être exploitées pour permettre une amélioration substantielle de productivité et donc de production agricole débouchant sur la satisfaction des besoins alimentaires des producteurs.

C'est l'objectif visé par le programme Promotion de l'Agriculture Productive (PromAP) qui oeuvre pour la mise en place de système de cultures s'étendant sur toute l'année. Ce qui, en plus de la satisfaction des besoins alimentaires entrainerait l'augmentation des revenus des producteurs et ses corollaires à savoir l'amélioration de leur condition de vie et la lutte contre la pauvreté. Les actions de PromAP consistent en des appuis à ces producteurs.

Or pour ce faire, une répartition en classes ou types des exploitations maraîchères a été jugée nécessaire.

Face donc à la diversité des exploitations, des questions se posent telles que : quelles sont les critères qu'il faut retenir pour construire leur typologie ? Quelles en sont leurs dynamiques de fonctionnement et d'organisation ? D'où la nécessité de conduire une étude afin d'orienter les futures actions du PromAP notamment en matière d'appui conseil agricole. C'est la justification de la présente étude dont le thème est : Analyse-diagnostic et typologie des exploitations maraichères de la vallée de Toro-commune rurale de Barmou/Département de Tahoua.

1.1.2. Revue de la littérature

Il s'agit dans cette partie de recenser et d'analyser un certain nombre des travaux qui abordent le thème de la présente étude ainsi que ceux qui touchent à la zone retenue.

Cependant, cette liste n'est pas exhaustive puisqu'il n'a été sélectionné que ceux qui semblent les plus importants.

La région de Tahoua a fait l'objet de nombreux travaux notamment sur le plan socio-économique et agronomique. Ceci nous permet de bénéficier de beaucoup d'informations sur la zone et de capitaliser la majorité d'entre elles.

C'est ainsi SABRA (2011) a réalisé un travail consistant à caractériser dix huit (18) vallées de la zone d'intervention de LUCOP TAN dans la région de Tahoua, à inventorier toutes les potentialités qu'elles offrent en matière d'irrigation et à faire des propositions dans le cadre d'une éventuelle mise en valeur. Pour ce faire, un travail de collecte des données sur le terrain combiné à des consultations des documents tels que les SMEV, les PDC, et les différents rapports finaux d'ACA a été conduit. L'auteur débouche sur l'élaboration d'une fiche de caractérisation pour chaque vallée qui est une sorte de carte d'identité de celle-ci. Et c'est finalement sur la base de ces fiches qu'a été opéré le choix des sites potentiels pour une future intervention de LUCOP.

Au Sud-Benin, ASSOGBA (2008) analyse l'offre des produits maraîchers puisqu'elle n'arrive pas à satisfaire la demande. Pour cela, il procède à une caractérisation des différents types d'exploitation par la méthode d'enquête au près d'un échantillon 136 producteurs maraîchers répartis dans deux zones agro-écologiques différentes. Ceci permettra une meilleure performance des politiques de développement de ce secteur. Au total, trois (3) types d'exploitations ont été identifiés. L'analyse a aussi montré qu'il y a une faible participation des femmes dans la production maraîchères et une disparité plus ou moins grande en terme de superficie entre les exploitations, une expérience moyenne des maraîchers qui est de 17 ans, une pénurie foncière, un gaspillage de la main d'oeuvre et un niveau d'équipement très bas.

Dans la région de Kita au Mali cette fois-ci, VALENTINE (1998) se propose de faire une analyse-diagnostic des systèmes agraires passés et actuels d'un village. Elle a mené Plusieurs types d'enquêtes afin d'appréhender la dynamique historique des systèmes agraires et de caractériser la structure et le fonctionnement des systèmes actuels. La caractérisation a porté sur les composantes agroécologique et agroéconomique de ces systèmes. C'est sur la base de l'analyse agroéconomique que l'auteur a abouti à une typologie et une analyse économique des exploitations ; ce qui lui a ainsi permis de bien comprendre la dynamique actuelle dont la tendance est orientée vers un développement de plus en plus différencié des exploitations.

OUMAR D. et al (2008) analysent, dans le cadre d'un projet de recherche dénommé « Comprendre les exploitations agricoles familiales pour élaborer des politiques agricoles avec les paysans (EXFAM) », les exploitations agricoles familiales de la vallée du fleuve Sénégal en vue de faciliter la prise en compte de la vision et des stratégies paysannes dans l'élaboration des politiques agricoles. Pour ce faire, une typologie des exploitations a été élaborée ainsi qu'une description rigoureuse des différents systèmes de production. Il ressort de cette étude que les revenus issus des activités non agricoles sont, en général, destinés à l'achat de biens de consommation ; les superficies moyennes cultivées restent faibles ; les exploitations sont pour la plupart sous-équipées et l'élevage est largement pratiqué. L'analyse de tous ces résultats technico-économiques est d'une importance capital en ce qui concerne les activités d'appui conseil agricole aux producteurs.

La même étude a été effectuée mais cette fois-ci au niveau du Sénégal Oriental et de la Haute Casamance par GOULE G. (2008) et al. et a abouti à des résultats assez proches. Les auteurs ont souligné cependant un appauvrissement des exploitations agricoles familiales malgré une pluviométrie abondante et des sols riches et diversifiés.

Ces deux études sont semblables à celle que nous entreprenons notamment sur le plan méthodologique.

Une étude similaire a été menée par FONTAINE (2009). Mais pour cet auteur, l'objectif poursuivi dans la réalisation du diagnostic des exploitations maraîchères est de connaître avant le transfert des technologies agroécologiques élaboré par le projet GAMOUR, les stratégies actuelles de lutte des agriculteurs contre la mouche des légumes. Il ressort de cette étude que les exploitations se différentient par leur fonctionnement global et leur pratique agricole (stratégie de lutte) et que les différents types d'exploitation appliquent différentes stratégies dans la lutte contre la mouche des légumes.

Quant à LANDAIS (1996), c'est face à une demande sociale en forte évolution qu'il préconise des nouvelles méthodes de typologie d'exploitations agricoles. Selon lui, ces questions de typologie doivent s'adapter au contexte actuel caractérisé par la globalisation des problèmes et la montée de l'incertitude et de l'imprévisibilité. C'est pourquoi l'auteur présente et compare deux nouvelles méthodes entre elles et par rapport à la méthode dite désormais classique.

EMMANUEL M. et al. (2002) abordant dans le même sens, distinguent deux sortes de typologie. Les typologies de structure qui sont des véritables photographies ayant pour objectif essentiel la caractérisation de la diversité des situations rencontrées, offrant ainsi un cadre pour des analyses sur des ensembles homogènes. Les typologies de fonctionnement, elles, s'attachent à l'étude des processus. Elles se veulent plus opérationnelles et servent d'outils d'analyse pour la définition et l'exécution des actions de recherche et de développement. Il est à noter cependant que toutes ces deux méthodes présentent des limites concernant la collecte et la fiabilité des données ainsi que les méthodes de traitement utilisées influencées par le choix des critères discriminants et des variables à analyser.

Mais BROSSIER et al. (1977) pensent que, pour des telles analyses, il faut aussi prendre en compte des projets et des situations des agriculteurs. Ceci permettra de construire une typologie qui tienne compte de la dynamique d'évolution des exploitations.

Malgré de légères différences entre les objectifs assignés à ces études, une place de choix est accordée à la typologie des exploitants pour l'atteinte de ces derniers. Qu'il s'agisse de l'appui-conseil aux producteurs, de l'élaboration d'une politique agricole ou de transfert de technologie, la méthode est toujours la même, il faut une caractérisation sur le plan socio-économique et technique des exploitations agricoles. La majorité de ces auteurs sont unanimes que la connaissance de différents types de producteurs permet de conduire des actions ciblées dans le cadre d'une éventuelle assistance à l'endroit de ces derniers.

La méthode utilisée par les différents auteurs servira beaucoup à la réalisation de la présente étude. Certaines de ces travaux sont la base sur laquelle elle est conduite car très proches de la thématique abordée.

1.1.3. Définition des concepts

Exploitation agricole : plusieurs définitions de l'exploitation agricole existent dans la littérature. Par exemple, selon la définition néoclassique l'exploitation agricole est un centre de décision et a un objectif unique : optimiser son profit en combinant productions et facteurs de productions (Diop, 2008).

L'exploitation maraîchère désigne une unité économique dans laquelle le maraîcher réalise des combinaisons plus ou moins complexes de productions et de facteurs de production (terre, travail, Capital) en vue de produire des biens alimentaires (légumes) destinés pour la plupart au marché et aussi d'accroître son profit (Babatoundé, 2008).

La typologie est un modèle de représentation (tableau ou graphe) de la diversité des exploitations composant une agriculture locale reposant sur la distinction de types d'exploitations agricoles à partir de critères qui peuvent être fonctionnels et/ou structurels et/ou encore de performances (CIRAD, 1990).

Un type désigne un ensemble d'individus présentant des "distances" proches entre eux. La variance inter-individus doit être la plus faible possible pour maximiser l'homogénéité du groupe (Babatoundé, 2008).

1.2. Objectif principal de l'étude

L'objectif principal de cette étude est de réaliser le diagnostic des exploitations maraichères, la finalité étant une meilleure connaissance de ces dernières. Il s'agit en fait de les caractériser aux plans socio-économique et technique en vue de déboucher sur un classement en groupes homogènes, conditions nécessaires pour un éventuel appui-conseil ciblé.

1.3. Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques de l'étude sont des étapes intermédiaires de la réalisation de l'objectif principal. Il s'agit de :

ü caractériser les exploitations maraîchères.

ü classer les différentes exploitations maraichères en un nombre limité de catégories, ou types, relativement homogènes et contrastées : typologie.

ü faire ressortir et expliquer les différences entre les exploitations.

1.4. Hypothèses

Pour atteindre les objectifs assignés à cette étude nous avons formulés deux hypothèses :

ü La caractérisation des exploitations maraichères permet une meilleure compréhension de ces dernières,

ü En dépit de leur diversité, ces exploitations présentent des similitudes et peuvent être groupées en classes homogènes.

Chapitre II : Présentation de la zone d'étude

Ce chapitre traite de la localisation de la zone d'étude et de ses caractéristiques physiques et humaines.

2.1. Localisation

La région de Tahoua est localisée dans le centre ouest du Niger, en longitude entre 04° 52' et 6° 41' Est et en latitude entre 13° 40' Nord (frontière du Nigeria) et 18° 50' Nord (frontière du Mali).

Elle est limitée au Nord-Ouest par la république du Mali, à l'Est par les régions d'Agadez et Maradi, au Sud par la république Fédérale du Nigeria et à l'Ouest par les régions de Dosso et de Tillabéry. Elle couvre une superficie de 113.371 Km² soit 8,95 % du territoire national.

Elle est subdivisée en huit (8) départements dont celui de Tahoua englobant la commune rurale de Barmou (figure 1) au sein de laquelle se trouve située la vallée de Toro, objet de cette étude. La commune rurale de Barmou est entourée par les communes de Affala à l'ouest, Kalfou à l'est, Kao au nord et Tahoua I et II au sud.

La vallée de Toro elle-même fait parti du grand ensemble dénommé vallée de Toukoukout qui regroupe les villages de Barmou, N'goy, Kofalelan, Albaraka, Toukoukout, Toudoun Souya, Doutchin Fara, Doli, Toro et Tigart.

Figure 1: Carte de la localisation de la commune rurale de Barmou.

2 .2. Aspects physiques

2.2.1. Géomorphologie et sols

Le relief du département de Tahoua est marqué par la présence d'un vaste plateau de grès ferrugineux qui s'abaisse du nord-est vers le sud-ouest, l'Ader-Doutchi. L'érosion a taillé des vallées encaissées pour former un relief composé des plateaux, de versants abrupts, de glacis et de bas-fonds.

Quant aux sols de cette région, ils sont très influencés par la géologie du massif de l'Ader qui se caractérise par une diversité des roches sédimentaires. Néanmoins, on observe une bonne corrélation entre les unités géomorphologiques et les types de sols. Ainsi, 5 grands ensembles morpho-pédologiques peuvent être distingués:

- les sols minéraux bruts, lithosols des sommets de plateaux : sols peu évolués, variables selon la nature du substrat (calcaires, ferrugineux gréseux),

- les sols subarides des glacis, peu épais,

- les sols alluviaux des zones d'épandage des vallées,

- les sols hydromorphes des bas-fonds inondés

- et les sols ferrugineux tropicaux des formations dunaires.

Notons enfin que la terre est le premier facteur de production.

2.2.2. Hydrologie et ressources en eau

Les ressources en eau de la région sont constituées par les eaux de surface et les eaux souterraines.

La région de Tahoua est drainée par trois réseaux hydrographiques moyens, affluents du fleuve Niger. Schématiquement, ces réseaux sont orientés Est-Ouest à Nord-Est/Sud-Ouest Il s'agit du Sud au nord:

- de la Tarka (Bouza, Madaoua) alimentant la Sokoto River au Nigeria,

- de la Maggia (Bouza, Konni) constituant le haut bassin versant du dallol Maouri,

- de Badaguichiri, de Keïta (Keïta) et du Tadiss (Tahoua) qui se joignent à l'Azawagh (Tchintabaraden) pour former le dallol Bosso.

Ces réseaux sont fortement dégradés à l'exception des hauts sous bassins de la Maggia et de Keïta situés dans la zone stricto sensu de l'Adar-Doutchi-Maggia marquée par des pentes sensibles. Pour le reste, les réseaux se sont largement fossilisés. Les écoulements s'y observent en tronçons discontinus débouchant sur des plaines d'épandage ou des chapelets de mares où ils s'infiltrent ou s'évaporent. Ces écoulements sont épisodiques sur quelques heures à quelques jours à la suite des précipitations orageuses.

Concernant les eaux souterraines, à l'échelle de la région, quatre grands groupes de systèmes aquifères peuvent être distingués:

- l'aquifère du Continental Intercalaire/Hamadien présent sur toute la région;

- les aquifères du Crétacé marin et du Paléocène dans des réservoirs spatialement variés (Turonien à Tchinbaraden, Sénonien à Bouza, Madaoua et Keïta, Paléocène dans la moitié Est de la région);

- l'aquifère du Continental terminal (Konni, Illéla et Tahoua) ;

- enfin les nappes des formations quaternaires alluviales sont souvent des nappes d'inféroflux qui deviennent souvent captives à l'Ouest et alluviale dans les vallées).

2.2.3. Climat

Dans la région de Tahoua règne un climat tropical semi-aride dont la succession des saisons est régulée par le déplacement du front intertropical (FIT). L'importance du climat ici est qu'il permet de parcourir les paramètres qui influencent le plus directement la phénologie des végétaux au cours de l'année, celle des cultures en particulier, qui sont sans doute la pluviométrie, la température et l'évapotranspiration potentielle. Le site d'observation n'étant pas loin de la ville de Tahoua, les données de cette station ont servi à l'analyse de tous les éléments du climat.

2.2.3.1. Précipitations

Au Niger, la saison des pluies ne dure que 3 à 4 mois (juin, juillet, août, septembre), le reste de l'année étant caractérisé par une longue saison sèche.

Dans la région de Tahoua, le cumul pluviométrique est compris entre 200 et 500 mm. Le nombre moyen de jours de pluie est de 35 jours à Tahoua.

Ces précipitations ont une forte intensité et présentent un caractère torrentiel. Ce qui fait qu'elles ruissellent rapidement et sont donc moins profitables aux plantes. Elles sont caractérisées par une forte variabilité temporelle et spatiale mais l'essentiel du total pluviométrique est enregistré en juillet et en août avec 50 à 80% du total annuel.

Pour la station de Tahoua, sur la période allant de 1985 à 2012, la moyenne interannuelle est de 364 mm. L'année la plus arrosée (1994) avec un total de 599,2 mm correspond à près de trois fois l'année la plus sèche (2004) qui a enregistré 205,5 mm. Cela confirme les irrégularités inter annuelles des précipitations et sa variabilité temporelle.

La courbe des cumuls annuels se présente en dents de scie alors que celle de la moyenne mobile avec pas de cinq (5) ans fait ressortir une période sèche (1985 à 1987) et deux périodes humide (1988 à 2003 et 2005 à 2012) (fig 2).

Figure 2: Variation interannuelle de la pluviométrie à la station de Tahoua (1985-2012).

2.2.3.2. Températures et évapotranspiration

Les données de la station de Tahoua ont servi à l'analyse des températures et de l'évapotranspiration. Pour les températures ce sont les données de 1971 à 2010 qui ont été utilisées et ceux de 1970 à 2000 pour l'évapotranspiration.

Les températures maximales moyennes annuelles varient au cours de cette période de 34,8° C en 1992 à 37,5° C en 1973. Quant aux minimales, elles varient de 21,3° C en 1977 à 23,5° C en 2010. Les variations interannuelles dépassent rarement 2°C alors que l'amplitude thermique annuelle dépasse 15°C.

La variation de l'évapotranspiration elle, va de 2164 mm en 1998 à 4252,8 mm en 1983.

Selon SABRA (2011) : « les caractéristiques climatiques semi-arides (déficit hydrique ~2000 mm/an) caractérisées par une courte saison pluvieuse de 3 à 4 mois, une forte variabilité spatio-temporelle des précipitations et une évapotranspiration importante rendent l'apport d'eau indispensable à la croissance des cultures de contre-saison. La forte insolation et les températures toujours > ~10°C sont réciproquement favorable aux cultures ».

2.3. Aspects humains

2.3.1. Caractéristiques socio-démographiques

De 166 330 habitants en 1977, la population du département de Tahoua est passée à 240 184 habitants en 1988 contre 345 851 habitants en 2001 (RGP/H 1977, 1988 et 2001). En 2010, cette population est estimée à 485.064 habitants (projection INS) avec un taux d'accroissement de 3,21 %. La densité de la population est de 50 habitants/km² répartie dans 261 villages administratifs, quartiers et 18 tribus. La population est essentiellement jeune (48,5 % ont moins de 15 ans) et rurale (87,9% vivent dans les zones rurales).

Pour le bassin versant de Toukoukout, sa population passerait de 14.088 habitants en 2001 à 21.896 habitants en 2015 (SABRA, 2011).

Selon toujours le même auteur, les modes d'acquisition ou d'accès à la terre pour les cultures de contre saison varient selon les villages. L'héritage constitue le mode dominant d'accès à la terre (environ 75%). L'accession aux terres par l'achat vient en seconde position (20%) et confirme la forte pression que subit le foncier dans ce bassin. Les autres modes comme le métayage, la location et le prêt existent dans plusieurs villages mais dans une moindre mesure.

2.3.2. Activités socio-économiques

Les principales activités pratiquées par la population sont l'agriculture, l'élevage et l'agro foresterie. Cependant il existe d'autres activités non négligeables comme l'artisanat, l'exode et le commerce.

L'agriculture est de loin la principale activité économique des ménages puisqu'elle fournit l'essentiel des besoins pour la consommation alimentaire des ménages et pourvoit en partie aux besoins financiers de ces derniers. Deux types sont pratiqués au niveau de la vallée. Il s'agit de l'agriculture pluviale et l'agriculture de contre saison. Les principales cultures pluviales sont le mil, le sorgho et le niébé. La campagne de contre saison démarre en Décembre pour prendre fin en Avril-Mai. Les différentes spéculations sont l'oignon, le chou, la pomme de terre, la laitue, la tomate et le poivron.

Les types d'élevage pratiqués par ordre d'importance sont : l'élevage extensif, semi extensif et intensif (embouche). Les caprins et les ovins constituent les principales espèces élevées par les populations. Les cultures agro forestières pratiquées sont entre autre : les manguiers, les citronniers, le neem, le hener, le goyavier...

2.4. Présentation de la structure d'accueil

Pour appuyer les efforts de l'Etat nigérien dans la lutte contre la pauvreté en milieu rural dans le département de Tahoua, la coopération Allemande intervient dans ce département à travers le programme PromAP.

Ainsi, dans le souci de contribuer efficacement à l'augmentation des revenus des ménages ruraux, et pour mieux s'aligner sur les priorités nationales, la coopération Allemande souhaite accroitre ses appuis dans le domaine agricole et notamment dans l'irrigation à travers ce nouveau programme.

Le programme PromAP qui fait suite au programme régional LUCOP-TAN a démarré le 1er Janvier 2012. Sa zone d'intervention couvre cinq (5) départements et quatorze (14) communes dont Affala, Bambèye, Barmou, Kalfou, Takanamat et Teberem dans le département de Tahoua ; Azeye, Akoubounou, Abalak et Tabalak dans celui d'Abalak ; Tillia dans le département de Tillia ; Badiguichiri, Illéla et Tajaé dans le département d'Illéla.. Placé sous la tutelle politique du Ministère du Plan, de l'Aménagement du Territoire et du Développement communautaire, il est mis en oeuvre par les deux institutions de la coopération allemande, à savoir la GIZ et la KfW. Du point de vue organisation administrative, ledit PromAP comprend une coordination avec une équipe technique (composée de plusieurs unités thématiques).

Les activités du programme PromAP s'inscrivent dans une logique de continuité de l'ancien LUCOP mais elles se focaliseront sur la petite irrigation c'est-à-dire le développement d'une assistance technique pour la promotion de la petite irrigation au Niger. Le programme est prévu pour une durée de six ans en deux phases de trois ans chacune (2012 à 2014 et 2015 à 2017).

2.4.1. Objectif du PromAP

L'objectif global du PromAP est d'améliorer durablement la contribution de l'agriculture nigérienne à la croissance économique et à la sécurité alimentaire.

2.4.2. Mise en oeuvre de la première phase

L'objectif de la première phase du PromAP est de valoriser le potentiel économique de la zone à travers la petite irrigation.

Les composantes de la première phase du PromAP sont :

i) Composante 1 : Conseil à la politique sectorielle de l'agriculture de la petite irrigation  dont l'objectif est: améliorer les conditions de cadre politiques, institutionnelles et juridiques pour l'agriculture de la petite irrigation durable ;

ii) Composante 2 : Renforcement des capacités des prestataires de services pour la petite irrigation dont l'objectif est : améliorer les services rendus par les prestataires étatiques et privés dans le domaine de la petite irrigation ;

iii) Composante 3 : Appui aux producteurs exploitants de la petite irrigation qui a quant à elle pour objectif : améliorer la production et la commercialisation dans la petite irrigation.

Aussi dans le contexte des systèmes agro-écologiques dominés par l'existence des vallées à potentiel irrigable (utilisés aussi par l'élevage) et une situation foncière pas bien clarifiée, un processus de réflexion avec les utilisateurs et les communes pour décider de comment valoriser ce potentiel irrigable devient-il une nécessité absolue. Ce qui explique cette notion de planification spatiale sous le vocable de schéma ou plan d'actions de mise en valeur du potentiel des sites d'intervention. C'est donc dans la droite ligne de mieux aider et appuyer les accompagnateurs des communes et des producteurs sur la question que la présente thématique (Analyse-diagnostic et typologie des exploitations maraîchères) trouve toute sa justification car il s'agit de caractériser et de classer les exploitations agricoles de la zone d'étude.

Chapitre III : Matériels et méthodes

La méthodologie est ici l'ensemble des procédures à travers lesquelles les données nécessaires à l'étude ont été recueillies. Elle a consisté en une recherche documentaire, des travaux de terrain et le traitement des données.

3.1. Recherche documentaire

La recherche documentaire consiste à la collecte et à l'analyse critique de la littérature existante afin de faire un état des lieux de la thématique abordée et de prendre connaissance des études récentes et anciennes. Cette étape a permis d'avoir une vue large sur le sujet. Les informations ont été récoltées au niveau de la documentation de PromAP/Tahoua, dans les bibliothèques, au niveau des institutions, sur le net, etc.

3.2. Travaux de terrain

Sur le terrain, des activités ont été réalisées dont le choix des villages à enquêter, l'échantillonnage, les enquêtes et les visites de terrains.

3.2.1. Choix des villages à enquêter

Ce choix a été fait de concert avec la coordination PromAP/Tahoua en tenant compte de leur zone d'intervention. Ainsi, c'est au niveau de la grande vallée de Toukoukout qui regroupe les villages de Barmou, N'goy, Kofalelan, Albaraka, Toukoukout, Toudoun Souya, Doutchin Fara, Doli, Toro et Tigart que quatre (4) d'entre eux ont été choisis. Il s'agit de : Toro, Toudoun Souya, Doutchin Fara et Doli. Ces quatre villages sont tous riverains et exploitent la même vallée dite de Toro.

3.2.2. Echantillonnage

Pour les quatre villages retenus, au total donc quatre vingt et un (81) exploitants ont été choisis au hasard. Mais le souci de faire représenter chaque village a prévalu puisque le PromAP intervient à l'échelle village. Sur les cent soixante dix (170) exploitants que comptent les trois villages de Doli, Toudoun Souya et Doutchin Fara réunis et qui sont tous membre d'une même coopérative dénommée Mai Zaman Kanta, 20% ont été enquêtés, soit trente quatre (34) exploitants dont onze (11) à Doutchin Fara et à Doli et douze (12) à Toudoun Souya. Quatre femmes par village ont été interviewées. Pour le village de Toro, il y a cent six (106) femmes chefs d'exploitation et deux cent soixante six (266) hommes. Le taux de 20% a été appliqué pour les femmes, soit vingt et une (21) femmes contre celui de 10% pour les hommes, soit vingt et six (26).

3.2.3. Enquêtes

Les enquêtes se sont déroulées dans les quatre (4) villages. Ce sont elles qui ont permis de connaître la diversité des exploitations. Un questionnaire a été élaboré à cet effet. Il se compose de plusieurs rubriques (cf. annexe 1).

Le questionnaire a été administré aux producteurs des différents villages retenus.

3.2.4. Visites de terrain

La visite du terrain s'est déroulée en plusieurs phases. Les toutes premières sont celles qui ont permis la prise de contact avec le milieu et l'identification des critères à retenir dans l'élaboration du questionnaire de l'enquête. C'est également au cours de cette période que le questionnaire a fait l'objet d'un test afin de s'assurer que tous les aspects de l'étude ont été pris en compte. Ce n'est qu'après ce test que le questionnaire a été corrigé et finalisé.

D'autres visites sont intervenues après l'enquête pour des besoins de complément d'informations.

3.3. Analyse et traitement des données

L'analyse des données a été faite avec les logiciels Excel et SPSS. Elle a porté sur les fréquences, les analyses descriptives et les tableaux croisés de variables. Ce qui a permis de caractériser les différentes exploitations.

Quant à la typologie, elle a été réalisée à l'aide de l'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM) et la Classification Ascendante Hiérarchique (CAH) avec le logiciel MINITAB. Pour procéder à la typologie des exploitations maraîchères, douze (12) variables ont été retenues. Il s'agit de : âge, expérience maraichage, superficie du jardin, main d'oeuvre, moyen de captage, coût de charges/campagne, revenu/campagne, technique de vente, difficultés de commercialisation, problèmes de production, autres activités économiques, revenus issus des autres activités économiques.

3.4. Limite de l'étude

Les résultats de l'étude ont comme limites le fait que la période au cours de laquelle est intervenue l'enquête sur le terrain c'est-à-dire la saison pluvieuse n'est pas celle du déroulement de l'activité de maraîchage, objet de cette étude. Il a fallu donc faire appel à la mémoire des paysans. Mais ce biais à été atténué à la lumière des études antérieures conduites dans la zone par OUSSEINI (2006), YABI (2010), SABRA (2011).

Chapitre IV : Résultats et discussions

4.1. Résultats

4.1.1. Profil des chefs d'exploitation

La moyenne d'âge des chefs d'exploitation interrogés est de 47 ans avec un écart-type de 10,32, variant de 18 à 80 ans.

Bien que la majeure partie des exploitations (50, soit 61,7%) sont détenus par des hommes, on note une proportion assez importante (31, soit 38,3% des exploitations) des femmes comme chefs d'exploitations. La femme accède à cette fonction de chef d'exploitation de deux façons : soit à la suite du décès de son mari (21% des cas enquêtés), soit à un âge avancé du mari pour assurer cette responsabilité (14,8% des cas étudiés). Le tableau 1 affiche les données relatives à la répartition des chefs d'exploitation selon le sexe et la situation matrimoniale

Tableau 1: Répartition des chefs d'exploitation selon le sexe et la situation matrimoniale

Villages

Situation matrimoniale

Total

Célibataire

Marié

Divorcé

Veuf

Toro

Sexe

Masculin

Effectif

1

25

 

0

26

% du total

2,1

53,2

 

0,0

55,3

Féminin

Effectif

1

6

 

14

21

% du total

2,1

12,8

 

29,8

44,7

Doli

Sexe

Masculin

Effectif

 

8

 

0

8

% du total

 

72,7

 

0,0

72,7

Féminin

Effectif

 

1

 

2

3

% du total

 

9,1

 

18,2

27,3

Toudoun Souya

Sexe

Masculin

Effectif

 

8

0

 

8

% du total

 

66,7

0,0

 

66,7

Féminin

Effectif

 

3

1

 

4

% du total

 

25,0

8,3

 

33,3

Doutchin Fara

Sexe

Masculin

Effectif

1

7

 

0

8

% du total

9,1

63,6

 

0,0

72,7

Féminin

Effectif

0

2

 

1

3

% du total

0,0

18,2

 

9,1

27,3

Vallée

Sexe

Masculin

Effectif

2

48

0

0

50

% du total

2,5

59,3

0,0

0,0

61,7

Féminin

Effectif

1

12

1

17

31

% du total

1,2

14,8

1,2

21,0

38,3

Total

Effectif

3

60

1

17

81

% du total

3,7

74,1

1,2

21,0

100,0

La situation matrimoniale fait ressortir 74,1% de mariés, 1,2% de divorcés, 21% de veufs et 3,7% de célibataires. Ces derniers deviennent chefs d'exploitation du fait de pères décédés. Cependant, des disparités existent entre les villages et entre les sexes. Ainsi, on remarque que la totalité des veufs sont des femmes et il y en a aucune dans le village de Toudoun Souya. C'est toujours ce village qui comptabilise la totalité des divorcés. Aussi, à Doli et à Toudoun Souya, aucun enquêté n'est célibataire (tableau 1).

Le nombre de ménages par exploitation familiale varie de 1 à 4 avec une moyenne de 1,16 et un écart-type de 0,486.

La population moyenne d'une exploitation maraîchère est d'environ de trois (3) personnes avec un minimum d'une (1) et un maximum de huit (8) personnes. Relativement aux tranches d'âge, la moyenne est de deux (2) personnes de 0 à 14 ans et également deux (2) de plus de 15 ans (actifs agricoles).

Quant à l'expérience des exploitants, 65,4% ont entre 2 et 10 ans de pratique du maraîchage (39,5% entre 2 et 5 ans, 25,9% entre 5 et 10 ans), 21% et 13,6% en ont respectivement 1 et plus de 10 ans (tableau 2). Ici aussi des disparités existent entre les femmes et les hommes. En effet, ces derniers sont les plus expérimentés de par leur proportion surtout en ce qui concerne les 11,1% qui ont une expérience de plus de 10 ans contre 2,5% seulement pour les femmes. Cette différence se remarque aussi pour toutes les autres classes sauf pour les 2 à 5 ans d'expérience où on assiste à une certaine égalité.

Tableau 2: Proportion des exploitants en fonction de leur expérience

Villages

Expérience du maraîcher (%)

1 an

2-5 ans

5-10 ans

Plus de 10 ans

Toro

23,4

48,9

23,4

4,3

Doli

27,3

45,5

18,2

9,1

Toudoun Souya

25,0

8,3

33,3

33,3

Doutchin Fara

 

27,3

36,4

36,4

Vallée

Sexe

Masculin

14,8

19,8

16,0

11,1

Féminin

6,2

19,8

9,9

2,5

Total

21,0

39,5

25,9

13,6

4.1.2. Caractérisation des ressources de l'exploitation

Cette caractérisation concerne le foncier, l'équipement agricole et la main d'oeuvre.

4.1.2.1. Foncier

Les maraîchers accèdent à la terre de plusieurs façons. L'héritage est le mode d'acquisition des terres le plus répandu avec 79% de l'échantillon. Viennent ensuite le prêt avec 11,1% et l'achat avec 9,9%.

Ici aussi, des différences existent selon le sexe du maraîcher. Le constat est que les femmes n'achètent pas de terre (tableau 3). Ceci est du au fait qu'elles n'exercent pas des activités qui leur permettent de disposer de revenus conséquents pour pouvoir acheter un terrain. Le prêt n'est pas non plus important pour cette catégorie de la population. L'achat est dominant dans le village de Doli car c'est là qu'on rencontre relativement le plus grand nombre de commerçants (tableau 3).

Tableau 3: Mode d'acquisition de la terre

Villages

Mode accès terre (%)

Héritage

Prêt

Achat

Toro

89,4

6,4

4,3

Doli

36,4

18,2

45,5

Toudoun Souya

83,3

8,3

8,3

Doutchin Fara

72,7

27,3

 

Vallée

Sexe

Masculin

43,2

8,6

9,9

Féminin

35,8

2,5

 

Total

79,0

11,1

9,9

La superficie exploitée (jardin) est aussi très variable. La proportion des exploitants qui mettent en valeur une superficie supérieure à 1 ha est nettement dominante (46,9%) suivie des 34,6% correspondant à ceux qui exploitent de 0,5 à 1 ha et enfin 18,5% de ceux qui utilisent moins de 0,5 ha (tableau 4).

Tableau 4: Répartition des exploitations selon la superficie exploitée en culture de contre-saison

Villages

Superficie jardin (%)

inf 0,5 ha

0,5 à 1 ha

sup 1 ha

Toro

9,9

27,2

21,0

Doli

3,7

1,2

8,6

Toudoun Souya

2,5

2,5

9,9

Doutchin Fara

2,5

3,7

7,4

Vallée

18,5

34,6

46,9

4.1.2.2. Equipement agricole

Globalement, au niveau de la vallée, les exploitations sont sous équipés. Néanmoins, le moyen de captage couramment utilisé est le forage concernant 50,6% des exploitants. Le puisard vient en second position avec 25,9%. L'importance de ce dernier taux s'explique par le fait que les ménages ne disposent pas de moyen conséquent leur permettant d'acquérir les moyens les plus adaptés. Les puits modernes ont la plus faible proportion (9,9%) en rapport avec les coûts de leur réalisation. Des combinaisons comme puisards-forages (9,9%) et puisards-puits cimentés (3,7%) existent pour optimiser l'apport en eau. Le moyen de mobilisation de cette eau sur l'ensemble de la vallée reste le captage. L'exhaure quant à elle est faite soit manuellement (28,4%) soit à l'aide d'une motopompe (71,6%). L'intérêt accordé au forage et à la motopompe démontre combien la population est tournée vers la modernisation de leur activité. Mais cette notion de modernisation est à relativiser au regard des systèmes de distribution de l'eau qui est incontestablement dominé par les canaux de terre utilisés par 87,7% des exploitations maraîchères. La part du réseau californien est très faible (12,3%). Là aussi, il faut le prendre avec beaucoup de prudence puisqu'il s'agit généralement d'un réseau disparate car dans la plupart des cas une bonne partie est faite en terre.

Le tableau 5 donne la représentation des exploitations selon la nature des équipements hydrauliques.

Tableau 5: Distribution des exploitations selon la nature des équipements hydrauliques

 

Moyen de captage (%)

Source d'eau (%)

Moyen d'exhaure (%)

Moyen de distribution (%)

Puisard

Puits moderne

forage

Puisard+Puits cimenté

Puisard+

Forage

Captage

Main

Motopompe

Canaux de terre

Réseau californien

Village

Toro

13,6

3,7

32,1

2,5

6,2

57,5

14,8

43,2

50,6

7,4

Doli

1,2

 

8,6

1,2

2,5

13,8

1,2

12,3

9,9

3,7

Toudoun Souya

6,2

2,5

6,2

 

 

15,0

6,2

8,6

14,8

 

Doutchin Fara

4,9

3,7

3,7

 

1,2

13,8

6,2

7,4

12,3

1,2

Vallée

25,9

9,9

50,6

3,7

9,9

100,0

28,4

71,6

87,7

12,3

4.1.2.3. Main d'oeuvre

La vallée de Toro est caractérisée par l'inexistence d'exploitations maraîchères mécanisées et par conséquent très exigeantes en main d'oeuvre du fait notamment de la multiplicité des travaux que demande l'activité. Au nombre de ces travaux, on peut citer la préparation du jardin, le semi-repiquage, le sarclo-binage. Mais pour l'essentiel, cette main d'oeuvre est de type familial avec quelques variantes telles que familiale et entraide, familiale et salariée. Leur ensemble représente 95,1% du total avec 46,9%, 35,8% et 12,3% respectivement pour les types familial, familial et entraide, familial et salarié (tableau 6). La part de la main d'oeuvre salariée reste très faible (4,9%). Cependant, elle est seulement observée à Doli où on enregistre les producteurs les plus relativement riches.

Concernant les travaux pour lesquels cette main d'oeuvre est destinée, le couple préparation jardin et semi-repiquage engrange la plus grande part avec 63%. La préparation de jardin à elle seule n'en demande pas beaucoup (2,5%) et cette dernière est présente seulement à Toro où il y a le plus grand nombre d'exploitants et où la tradition maraîchère est la plus ancienne. La proportion de la main d'oeuvre au niveau des exploitations qui l'affecte à tous les travaux du jardin est estimée à 34,6%.

Tableau 6: Pourcentage d'exploitations selon le type de main d'oeuvre

 

Type main d'oeuvre (%)

Main d'oeuvre pour type de travaux (%)

familiale

familiale+

entraide

familiale+

salariée

Salariée

Préparation jardin

Préparation jardin+

Semis et repiquage

Tous travaux

Village

Toro

28,4

22,2

7,4

 

2,5

30,9

24,7

Doli

4,9

2,5

1,2

4,9

 

8,6

4,9

Toudoun Souya

9,9

4,9

 

 

 

12,3

2,5

Doutchin Fara

3,7

6,2

3,7

 

 

11,1

2,5

Vallée

46,9

35,8

12,3

4,9

2,5

63,0

34,6

4.1.2.4. Fertilisation

Les maraîchers de la vallée de Toro pratiquent la fertilisation à des degrés différents. Cette fertilisation est soit organique, soit minérale ou les deux à la fois. Les 2/3 des exploitants (66,7%) font appel à la fertilisation minérale et organique simultanément. Ceux qui pratiquent seulement la fertilisation organique correspondent à 14,8% tandis que l'engrais minéral est utilisé par 18,5% de l'échantillon (tableau 7). Les principaux engrais qu'on retrouve au niveau de la vallée sont le NPK (15-15-15) et l'urée. Plus de 85% des producteurs associent ces deux types d'engrais.

L'amendement est fait en général 2 à 3 fois par an et ce par l'écrasante majorité des maraîchers soit 75,3%. Le manque de disponibilité oblige les 23,5% à pratiquer la fertilisation une fois par an selon l'avis même des producteurs. Enfin, une très faible proportion (1,2%) n'en pratique pas du tout. Ceci est du notamment à l'inaccessibilité de l'engrais par ces derniers.

Tableau 7: Pourcentage des exploitations selon le type de fertilisant utilisé et la fréquence des apports

 

Fertilisant utilisé (%)

Fréquence de l'apport (%)

Minéral

Organique

Minéral+

organique

1 fois/an

2-3 fois/an

rarement

Villages

Toro

8,6

13,6

35,8

9,9

46,9

1,2

Doli

4,9

1,2

7,4

4,9

8,6

 

Toudoun Souya

4,9

 

9,9

3,7

11,1

 

Doutchin Fara

 

 

13,6

4,9

8,6

 

Vallée

18,5

14,8

66,7

23,5

75,3

1,2

En ce qui concerne le fumier, diverses raisons poussent les producteurs à l'utiliser. Certains estiment qu'il permet une bonne conservation de l'oignon. Cette catégorie a le taux le plus faible (19,4%). D'autres pensent qu'il permet d'ameublir le sol (32,8%). Et enfin la grande majorité (47,8%) l'utilisent parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acquérir l'engrais minéral (tableau 8). Cela dénote quelque peu la situation de pauvreté dans laquelle végètent ces exploitants.

Il faut noter que tous les maraîchers utilisent les produits phytosanitaires et affirment qu'ils ne parquent pas d'animaux dans leurs jardins.

Tableau 8: Les raisons d'utilisation du fumier

 

Pourquoi fumier? (%)

Manque d'argent

Ameublir le sol

Bonne conservation de l'oignon

Villages

Toro

25,4

19,4

14,9

Doli

6,0

4,5

1,5

Toudoun Souya

7,5

4,5

 

Doutchin Fara

9,0

4,5

3,0

Vallée

47,8

32,8

19,4

4.1.3. Caractérisation des activités économiques

4.1.3.1. Maraîchage

Dans toute la vallée, le maraîchage est pratiqué en saison sèche. Cependant, le PromAP est en train d'introduire sa pratique en hivernage à travers des producteurs dits « paysans-pilotes ». Ceux-ci n'ont pas été pris en compte dans cette étude puisqu'ils bénéficient de suivi régulier en appui conseil par le projet. Les différentes cultures pratiquées sont le chou, la laitue, la tomate, la pomme de terre, le poivron, l'ail et l'oignon. Cette dernière est la culture dominante puisque les exploitants maîtrisent mieux sa production mais aussi et surtout à cause de sa commercialisation. C'est donc elle qui procure le plus de revenu financier aux maraîchers. Les autres sont essentiellement destinées à l'autoconsommation. Les producteurs utilisent aussi bien les variétés locales qu'exotiques sans pour autant dans la plupart des cas, faire la différenciation entre les deux.

4.1.3.2. Formation des revenus

En dehors du maraîchage, les producteurs pratiquent diverses activités. L'activité la plus exercée et d'ailleurs par toute la population, est l'agriculture pluviale. Mais son apport dans la formation du revenu n'a pas été pris en compte dans cette étude. Parmi les autres activités pratiquées, l'arboriculture vient en première position avec 21% des enquêtés, puis le commerce (12,3%), ensuite l'exode (3,7%) et enfin l'artisanat (2,5%) (Tableau 9). Les femmes exercent ces activités dans des proportions très inférieures à celles des hommes. En plus, aucune d'entre elles ne pratique ni l'artisanat et encore moins l'exode. Ces deux activités sont l'apanage des hommes.

La pratique de ces différentes activités n'entrave en rien celle du maraîchage ; elles se font soit concomitamment, soit après les travaux maraichers.

Signalons enfin que plus de la moitié de l'échantillon (54,4%) affirme qu'elle ne pratique aucune autre activité génératrice de revenu.

Tableau 9: Autres activités pratiquées par les maraîchers

Villages

Activités pratiquées (%)

Aucune

Arboriculture

Commerce

Artisanat

Exode

Arboriculture

+commerce

Arboriculture

+artisanat

Toro

63,8

17,0

12,8

2,1

2,1

 

2,1

Doli

27,3

9,1

18,2

9,1

9,1

27,3

 

Toudoun Souya

58,3

16,7

16,7

 

 

 

8,3

Doutchin Fara

36,4

54,5

 

 

9,1

 

 

Vallée

Sexe

Masculin

27,2

18,5

4,9

2,5

3,7

2,5

2,5%

Féminin

27,2

2,5

7,4

 

 

1,2

 

Total

54,3

21,0

12,3

2,5

3,7

3,7

2,5

4.1.3.3. Niveau des revenus des exploitations maraîchères

Le bon fonctionnement des exploitations est tributaire du revenu tiré des diverses activités pratiquées. C'est lui qui permet aux maraîchers de s'assurer l'achat d'aliments, d'intrants agricoles, de biens d'équipement...

Le tableau 10 présente les recettes par campagne maraichère, celles issues des autres activités et les charges par campagne et ce, en fonction des villages. Il ressort de ce tableau que ce sont les producteurs de Doli qui enregistrent les recettes les plus importantes par campagne maraîchère avec 597 273 Fcfa/exploitants. Ils sont aussi ceux qui enregistrent les charges les plus élevés (198 000 Fcfa/exploitant). Les producteurs de Toudoun Souya se placent en seconde position, ceux de Toro où la pratique du maraîchage est la plus ancienne viennent en troisième position.

Tableau 10: Revenus et charges moyens par exploitants et par village

Village

Revenus (recettes maraichères)

Revenus des autres activités

Charges maraichères

Toro

333532

117176

137202

Doli

597273

261429

198000

Toudoun Souya

376167

266000

129875

Doutchin Fara

185364

163750

106364

Vallée

Masculin

468300

206724

173320

Féminin

173677

58375

86742

Total

355543

174649

140185

Globalement, au niveau de la vallée de Toro, le maraîcher moyen de l'échantillon a des recettes moyennes par campagne maraichère de 355 543 Fcfa, des charges moyennes de 140 185 Fcfa soit un revenu moyen de 215 358 Fcfa (355 543 Fcfa - 140 185 Fcfa). Le revenu moyen pour les autres activités est de 174 649 Fcfa (figure 5). Cependant, des disparités existent entre les sexes car aussi bien le revenu par campagne que celui provenant des autres activités des hommes sont trois (3) fois supérieurs à celui des femmes.

4.1.3.4. Système d'élevage

Après l'agriculture (agriculture pluviale et maraîchage), l'élevage est la seconde activité des exploitants de la vallée de Toro. En effet près de la moitié de la population de l'échantillon (49,4%) affirme être en train de pratiquer cette activité.

Les principales espèces élevées sont les bovins (2,5%), les ovins (32,5%), les caprins (10%), les asins (7,5%) (Figure 6). Ici aussi, des associations d'espèces existent. La volaille est élevée par tous les exploitants.

Figure 3: Répartition des exploitations selon les animaux élevés

Le type d'élevage le plus répandu autour de la vallée reste essentiellement sédentaire puisqu'il est pratiqué par 95% des enquêtés contre seulement 5% pour le type semi-transhumant (tableau 11).

Tableau 11: Les exploitations selon les systèmes d'élevage

 

Pratique élevage(%)

Type élevage (%)

Animaux élevés (%)

oui

non

Sédentaire

Semi-transhumant

Bovin

Ovin

Caprin

Asin

Village

Toro

24,7

33,3

50,0

 

2,5

12,5

5,0

7,5

Doli

7,4

6,2

12,5

2,5

 

2,5

2,5

 

Toudoun Souya

7,4

7,4

12,5

2,5

 

10,0

2,5

 

Doutchin Fara

9,9

3,7

20,0

 

 

7,5

 

 

Vallée

49,4

50,6

95,0

5,0

2,5

32,5

10,0

7,5

4.1.3.5. Commercialisation

Pour commercialiser les produits maraîchers, les exploitants de la vallée font recours à plusieurs procédés. Certains acheminent le produit directement au marché (3,7%), d'autres passent d'abord par la conservation avant l'écoulement sur le marché (23,5%) et enfin d'autres ont en plus de cela des contrats avec les grossistes et c'est la proportion la plus importante (44,4%) (Tableau 12). Une autre catégorie est celle qui n'amène presque rien au marché. Il s'agit des producteurs qui, après la récolte conservent les produits et attendent l'arrivée des grossistes avec qui ils ont contracté. Enfin, 1,2% seulement ne récoltent qu'à l'arrivée des grossistes. Ceux-là ne pratiquent pas la conservation.

Tableau 12: Différents procédés de vente des produits maraîchers

 

Techniques pour vendre (%)

Marché

Contrat avec grossiste

Conservation

+Marché

conservation+

contrat avec grossistes

Conservation+Marché+

contrat avec grossistes

Village

Toro

1,2

1,2

8,6

18,5

28,4

Doli

1,2

 

3,7

6,2

2,5

Toudoun Souya

1,2

 

6,2

 

7,4

Doutchin Fara

 

 

4,9

2,5

6,2

Vallée

3,7

1,2

23,5

27,2

44,4

Cependant, des problèmes existent parmi lesquels le plus important est le pourrissement des produits qui concerne 71,6% de l'échantillon. En dehors du pourrissement, certains producteurs font face la surproduction (2,5%) (Tableau 13). Cette notion de surproduction est à relativiser car il s'agit en fait d'un seul producteur qui se caractérise par les investissements qu'il engage à la production (cf typologie). D'autres enfin estiment qu'ils ne rencontrent aucun problème (8,6%) sans doute parce que leur production n'est assez importante.

En demandant aux enquêtés leurs difficultés dans la commercialisation des produits, ils affirment être confrontés à des situations comme la fluctuation du marché (38,3%), le manque de route pour l'écoulement des produits (30,9%), la non maîtrise de la technique de conservation (30,8%) et la mévente (12,3%) (Tableau 13).

Tableau 13: Problèmes de production, de conservation et de commercialisation

 

Problèmes de production et de conservation (%)

Difficultés de commercialisation (%)

Surproduction

Pourrissement

aucun

Surproduction+

pourrissement

Fluctuation du marché

manque de route

conservation

mévente

Village

Toro

 

46,9

1,2

2,5

14,8

25,9

17,3

 

7,4

Doli

 

11,1

 

1,2

7,4

2,5

3,7

 

1,2

Toudoun Souya

2,5

7,4

2,5

 

9,9

 

4,9

2,5

Doutchin Fara

 

6,2

4,9

1,2

6,2

2,5

4,9

 

1,2

Vallée

2,5

71,6

8,6

4,9

38,3

30,9

30,8

12,3

4.1.4. Niveau d'encadrement et d'organisation

Tous les exploitants enquêtés sont membres d'une coopérative. 40,7% seulement d'entre eux affirment qu'ils ont reçu une formation en maraîchage. Ceci explique les divers besoins en formation exprimés par les maraîchers. En effet 61,7% de ces derniers veulent être formés sur la pratique même du maraîchage. D'autres désirent bénéficier d'une formation en technique de conservation des produits. Leur taux s'élève à 23,5%. Une dernière catégorie est celle qui souhaite avoir des connaissances sur le traitement phytosanitaire. Ceux là correspondent à une proportion de 11,1% de l'échantillon (tableau 14).

Tableau 14: Pourcentage des exploitations selon les acquis et les besoins en formation en maraîchage

 

Formation maraîchage (%)

Besoins formation (%)

Exploitants ayant reçu une formation

Exploitants n'ayant bénéficié d'aucune formation

Technique de conservation

Pratique maraichage

Traitement phytosanitaire

aucun

Village

Toro

23,5

34,6

19,8

30,9

7,4

 

Doli

7,4

6,2

1,2

8,6

1,2

2,5

Toudoun Souya

1,2

13,6

1,2

12,3

1,2

 

Doutchin Fara

8,6

4,9

1,2

9,9

1,2

1,2

Vallée

40,7

59,3

23,5

61,7

11,1

3,7

Néanmoins, plus de la moitié des enquêtés (66,7%) bénéficie de l'appui d'au moins une structure. Les structures qui viennent en appui aux exploitants de la vallée de Toro sont l'Etat et les ONG à travers les projets. Parmi ces ONG, on peut citer celles qui leur viennent le plus en aide et qui sont : la FAO, le LUCOP, le PRODEX et le PUSADER.

Les différents domaines dans lesquels interviennent ces structures sont assez diversifiés mais c'est surtout l'approvisionnement en semences et en engrais qui occupe la part la plus importante avec 59,3% des enquêtés consernés. L'appui en entretien-jardin ne concerne que 11,1% des enquêtés. La proportion des producteurs qui bénéficie en même temps de l'approvisionnement et de l'entretien de la part des structures d'appui est de 29,6% (tableau 15).

Tableau 15: Pourcentage des exploitations selon les appuis reçus

 

Appui d'une structure (%)

A quel niveau? (%)

Exploiatants bénéficiaires d'appui

Exploitations ne bénéficiant pas d'appui

Entretien jardin

Approvisionnement

Entretien+

approvisionnement

Village

Toro

40,7

17,3

1,9

42,6

16,7

Doli

6,2

7,4

1,9

1,9

5,6

Toudoun Souya

8,6

6,2

5,6

5,6

1,9

Doutchin Fara

11,1

2,5

1,9

9,3

5,6

Vallée

66,7

33,3

11,1

59,3

29,6

Malgré tous ces appuis, les producteurs de la vallée continuent à être confrontés à des multiples problèmes dans la pratique de cette activité. Le problème le plus crucial est incontestablement celui de la clôture des parcelles exploitées. En effet, le manque de clôture expose les cultures de 34,6% des exploitations à l'invasion des animaux qui errent au niveau de la vallée occasionnant du coupdes dégats catastrophiques sur les cultures. Une autre contrainte qui n'est pas de moindre et qui concerne 32,1% des exploitations est celle liée au manque d'intrants. Les maraîchers estiment que ces deux contraintes limitent considérablement leur capacité de production. 13,6% ont enfin évoqué le manque de produits phytosanitaires (tableau 16). On remarque qu'il y a des producteurs qui font face à des combinaisons des problèmes cités ci-dessus. Il s'agit de 6,2% qui vivent le manque des intrants et des produits phytosanitaires, 3,7% pour la clôture et les produits phytosanitaires et 9,9% pour la clôture et les intrants.

Tableau 16: Pourcentage des exploitations selon les problèmes techniques de production

 

Problèmes rencontrés (%)

Phytosanitaire

Intrants

Clôture

Phytosanitaire

+Intrants

Phytosanitaire

+clôture

Intrants

+clôture

Village

Toro

7,4

24,7

12,3

4,9

1,2

7,4

Doli

1,2

2,5

9,9

 

 

 

Toudoun Souya

3,7

1,2

7,4

1,2

1,2

 

Doutchin Fara

1,2

3,7

4,9

 

1,2

2,5

Vallée

13,6

32,1

34,6

6,2

3,7

9,9

4.1.5. Typologie des exploitations maraîchères

Compte tenu de la diversité des exploitations maraichères de l'échantillon, une typologie a été effectuée pour constituer des groupes homogènes. L'intérêt d'une typologie est de résumer la diversité des individus dans une population à partir de quelques critères permettant ainsi de distinguer un nombre relativement restreint de classes qui s'avère être plus manipulable dans la description de différents caractères liés à ces individus. Les analyses appliquées pour l'élaboration de cette typologie sont l'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM) et la Classification Ascendante Hiérarchique (CAH).

4.1.5.1. Brève description de la méthode AFCM

L'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM) est une méthode factorielle de la statistique descriptive multidimensionnelle. Elle découle de l'Analyse Factorielle des Correspondances (AFC), une méthode factorielle qui s'applique à deux variables (questions) d'une population constituée de N individus. Le mot « multiple » employé pour l'AFCM signifie donc que l'on dispose de plusieurs caractéristiques sur la population au lieu de 2 pour l'AFC. Par conséquent la démarche adoptée pour l'analyse et les concepts utilisés restent les mêmes.

En effet, l'AFC vise à rassembler en un nombre réduit de dimensions la plus grande partie de l'information initiale en s'attachant non pas aux valeurs absolues mais aux correspondances entre les variables. Son objectif est d'analyser la liaison existant entre deux variables qualitatives (si on dispose de plus de deux variables qualitatives, on aura recours à l'Analyse des Correspondances Multiples).

Le tableau de départ est un tableau contenant les résultats d'une enquête. Il se présente avec en lignes N individus enquêtés et en colonnes P variables (questions posées à ces individus) décrivant les individus. Chacune de ces questions peut posséder ou non plusieurs modalités de réponses.

Notons que les méthodes factorielles sont les méthodes les plus classiques de la statistique descriptive multidimensionnelle. Elles consistent à rechercher des facteurs en nombre restreint et résumant le mieux possible les informations contenues dans les tableaux des données.

Elles aboutissent à des représentations graphiques de ces informations contenues dans les tableaux des données (des individus comme des variables) et résumées par des droites de régression appelées axes factoriels ou composantes. Ces représentations graphiques sont sous forme de nuage de points (ou diagramme de dispersion) présentés sur plusieurs dimensions. La méthode d'interprétation visuelle occupe une grande part.

Cependant on peut se servir des différents chiffres générés par l'ordinateur comme les contributions, les coordonnées et les corrélations. L'analyse repose sur la description des différents axes factoriels en relation avec les modalités des variables représentées dans les différents plans factoriels.

4.1.5.2. Analyses statistiques

Deux types d'analyses statistiques ont été appliqués aux données recueillies sur le terrain. Il s'agit de l'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM) et de la Classification Ascendante Hiérarchique (CAH).

3.1.1.1.1. Analyse Factorielle des Correspondances Multiples

Avant d'entamer l'analyse proprement dite, il est important de voir la contribution de chaque axe et la part d'inertie restitué par chacun d'eux (tableau 17).

Tableau 17: Inertie des axes et leurs proportions cumulées

Axes

Inertie

% d'inertie

% d'inertie cumulé

F1

0,0598

34,60

34,60

F2

0,0383

22,20

56,79

F3

0,0155

8,96

65,76

Le plan principal est celui formé par les axes 1 et 2 qui concentrent le maximum d'information (56,79% d'information générale) et ce plan qui a été considéré pour cette analyse. Néanmoins, le résidu d'information (43,21%) reste dispatché dans les autres plans formés par la combinaison de différents axes pris 2 à 2. Remarquons la faible contribution de l'axe F3 qui n'est que de 8,96%.

L'axe factoriel 1 explique 34,60% de l'information contenue dans le tableau de données analysées. Les variables (annexe 2) qui contribuent le plus à la formation de cet axe ainsi que leurs contributions respectives sont : âge (Ag) 0,6%, technique pour vendre (TV) 1,1%, difficultés de commercialisation (DC) 1,7%, autres activités économiques (AE) 6,3%, revenus issus des autres activités économiques (RA) 86,3%.

Quant à l'axe factoriel 2, il explique 22,20% de l'information et les variables (annexe 2) qui concourent à sa formation et leurs contributions respectives sont : expérience maraichage (EM) 3%, superficie du jardin (SJ) 2,3%, main d'oeuvre (MO) 3%, moyen de captage (MC) 24,5%, coût de charges/campagne (CC) 9,2%, revenu/campagne (RV) 13%, problèmes de production (PP) 41% (figure 6).

Figure 4: Représentation des individus et des variables sur le plan

Les individus statistiques (exploitations) qui contribuent à la formation des axes sont :

pour l'axe 1, du côté positif : ce sont les exploitations

· dont les chefs d'exploitation ont un âge compris entre 51 à 8O ans

· ces exploitations ne tirent aucun revenu issu des autres activités économiques.

et du côté négatif : il s'agit des exploitants

· qui pratiquent le commerce en plus du maraichage

· ils acheminent directement leurs produits au marché et parfois après conservation

· ils sont confrontés à un problème de fluctuation du marché

pour l'axe 2, du côté positif :

· ils disposent d'un forage comme moyen de captage

· ils ne disposent pas des produits phytosanitaires, des intrants et de clôture de leur site.

et du côté négatif :

· ce sont des exploitants qui ont 5 à 10 ans d'expérience

· ils exploitent plus d'1 ha

· ils utilisent une main d'oeuvre familiale et entraide

· ils ont des coûts de charge s'élevant entre 101 000 et 250 000 Fcfa

· ils ont un revenu maraicher compris entre 501 000 et1 000 000 Fcfa.

3.1.1.1.2. Classification Ascendante Hiérarchique

L'analyse de la table de contingence (fig. 8) permet de distinguer trois (3) classes d'exploitations. Mais en fonction de l'abondance des individus de la première classe et de la répartition des variables qui la caractérisent, on peut la subdiviser en deux (2) types. Ceci nous amène à considérer quatre (4) types d'exploitations pour l'analyse (fig. 7).

Figure 5: Classification Ascendante Hiérarchique (CAH)

Figure 6: Diagramme des indices de niveau

Le diagramme d'indice de niveau indique un gain important de la variance inter classes (gain d'informations). On observe qu'en passant du deuxième au troisième histogramme, le gain d'inertie est très faible (08,96%) alors le gain précédent d'information représente 22,20% d'inertie. Ce niveau de rupture nous permet ainsi de subdiviser intuitivement notre population statistique en trois grandes classes (groupes).

On peut alors classer les exploitations maraichères en fonction de leurs caractéristiques en 3 classes. Remarquons aussi que la classe 1 peut à son tour être subdivisée en 2 groupes selon également les ressemblances des caractéristiques (tableau 19).

Tableau 18: Troncature des classes

Classes

Effectifs

N° de l'exploitation maraichère

 

Types

1

I

44

1, 2, 11, 10, 69, 56, 60, 64, 34, 9, 37, 76, 15, 20, 35, 78, 6, 21, 29, 18, 19, 65, 36, 54, 57, 58, 32, 41, 62, 63, 70, 74, 80, 73, 40, 51, 44, 50, 45, 71, 46, 47, 53, 81

II

12

12, 17, 13, 14, 25, 26, 48, 38, 49, 42, 52, 39

2

III

18

3, 67, 75, 4, 30, 59, 8, 66, 27, 61, 77, 31, 72, 16, 68, 55, 22, 43

3

IV

7

5, 7, 33, 23, 28, 79, 24

Les principaux types décrits avec leurs principales caractéristiques sont donc :

Tableau 19: Types d'exploitations et leurs caractéristiques

Type

Principales caractéristiques

I

dont les chefs sont âgés de 51 à 80 ans, amènent leur production sur le marché ou la conserve avant et ont des contrats avec les grossistes.

II

fluctuation du marché et manque de route pour acheminer la production, pratique l'arboriculture et manque des produits phytosanitaires.

III

ont en moyenne 10 ans d'expérience, exploitent une superficie de plus d'1 ha, ne tirent aucun revenu des autres activités.

IV

utilisent une main d'oeuvre essentiellement familiale, sont équipés d'un puisard, coûts de charge moyen de 52 500 Fcfa et ont un revenu maraicher de 300 000 Fcfa.

4.1.5.3. Interprétation des types d'exploitations

Le type I : ce type d'exploitations est détenu par des producteurs qui ont un âge compris entre 51 et 80 ans. Ce qui démontre une certaine maturité des chefs d'exploitation. En effet, ce groupe comprend les exploitants les plus âgés de l'échantillon. Ils ont en général plus de 5 ans de pratique.

Aussi, ces agriculteurs conservent les produits du maraîchage avant de les revendre soit sur le marché, soit aux grossistes, des gens qui viennent généralement de la ville de Tahoua pour acheter de grosses quantités d'oignon. Rappelons aussi que l'oignon est la culture la plus commercialisée. Cependant, puisqu'il est question de conserver les produits, la non-maîtrise de cette technique aboutit au pourrissement d'une partie importante de la production.

Le type II : la seconde activité économique pratiquée par ce type, après le maraîchage, est l'arboriculture. Sa rentabilité procure des revenus substantiels à ces producteurs.

Néanmoins, ce type renferme des exploitants qui font face à divers problèmes. Il s'agit en fait des problèmes liés à la fluctuation de marché et au manque de route pour l'acheminement de leur production. Une autre contrainte qui limite leur activité est celle de l'accès aux produits phytosanitaires.

Le type III : représente des producteurs qui exploitent les plus grandes superficies. Une exploitation de ce type a en effet une superficie de plus d'un hectare (1 ha) emblavée. Ce sont les superficies les vastes de l'échantillon. En plus, ce groupe comprend les exploitants qui bénéficient de la plus grande expérience en maraîchage. Ils ont en moyenne 10 ans de pratique du maraichage.

C'est aussi le type dont les agriculteurs ne tirent aucun revenu des autres activités économiques sans doute parce qu'ils n'exercent aucune. Mais il faut noter que certains producteurs ont entamé la pratique de l'arboriculture ; encore faudrait il attendre que les arbres atteignent leur maturité pour pouvoir profiter des éventuels revenus qu'ils pourraient générer.

Le type IV : ces exploitations utilisent une main d'oeuvre essentiellement familiale mais bénéficient quelques rares fois de l'entraide. C'est ce qui fait d'elles des exploitations dites de type familial.

En ce qui concerne l'équipement agricole, ces agriculteurs sont les moins équipés car possédant dans leur exploitation comme seul moyen de captage, un puisard.

Mais ce type renferme des exploitations assez performantes puisqu'en engageant en moyenne 52 500 Fcfa comme dépenses dans les activités du maraichage, ils en tirent un revenu moyen annuel de 300 000 Fcfa.

4.2. Discussions

L'élaboration de la typologie de fonctionnement sur les exploitations maraichères de la vallée de Toro a nécessité l'utilisation d'une méthode basée sur le recueil d'informations factuelles. Il s'agit d'informations recueillies et traitées pour mettre en évidence des relations entre les variables. Elle fournit ainsi un cadre qui peut être utilisé dans l'étude des problèmes techniques liés à la production agricole, dans l'élaboration de gammes de solutions adaptées aux besoins et aux moyens des différents types d'exploitations en présence et dans la conception des actions de développement.

Ainsi, dans cette étude toutes les exploitations maraichères de l'échantillon ont été caractérisées. Cette caractérisation a consisté à l'identification du maraicher, comment il pratique son activité et quelle est sa stratégie de commercialisation et son niveau d'organisation.

Les résultats sont presque semblables à ceux trouvés par DIOP (2006) dont l'analyse a révélé une faiblesse de la main d'oeuvre, une vétusté du matériel agricole, une faiblesse du niveau d'équipement et de la superficie cultivée par actif sauf que ici le matériel agricole est quasi inexistant et que les infrastructures et le niveau d'instruction n'ont pas été pris en compte. Aussi, ces exploitations restent dominées par le genre masculin comme démontré par OUMAR et al. (2008).

Une typologie des exploitations a par la suite été élaborée sur la base des variables qui ont été les plus discriminantes selon leur nature et leur pertinence. Ces variables sont : âge, expérience maraichage, superficie du jardin, main d'oeuvre, moyen de captage, coût de charges/campagne, revenu/campagne, technique pour vendre, difficultés de commercialisation, problèmes de production, autres activités économiques, revenus issus des autres activités économiques.

La méthode utilisée pour établir la typologie est l'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM). Cette dernière a permis de déboucher sur quatre (4) types d'exploitations. Un nombre identique de types d'exploitations a été retrouvé par FONTAINE (2009) en utilisant la même méthode mais qu'il a couplée à une analyse des stratégies de lutte contre les mouches.

Au contraire DIOP (2006), OUMAR et al. (2008), GOULE et al. (2008) ont trouvé chacun trois (3) types d'exploitations en utilisant respectivement l'analyse factorielle discriminante, la classification par nuées dynamiques et la classification sur facteurs hiérarchique.

Les méthodes utilisées pour concevoir la typologie des exploitations dépendent donc des données existantes, de leur fiabilité et des moyens disponibles pour procéder à une collecte supplémentaire. Il y a donc en conséquence, des problèmes de choix des variables à observer ou mesurer, d'échantillonnage.

Conclusion générale

Cette étude fait ressortir les caractéristiques socio-économiques des exploitations de la vallée de Toro et les classe en différents types.

L'analyse révèle globalement que les exploitations maraichères de la vallée sont en général sous-équipées et manquent cruellement d'accès à l'approvisionnement en intrants agricoles. Ils font également face à d'énormes problèmes de conservation et de commercialisation. On assiste alors à une situation assez préoccupante pour les maraichers ; d'où une faible productivité et des insuffisances dans la valorisation. Ceci confirme notre première hypothèse.

La typologie des exploitations basée sur l'Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM) montre quant à elle quatre types d'exploitations maraichères qui se discriminent par un certain nombre de variables qui sont : âge, expérience maraichère, superficie du jardin, main d'oeuvre, moyen de captage d'eau, coût de charges/campagne, revenu/campagne, technique pour vendre, difficultés de commercialisation, problèmes de production, autres activités économiques, revenus issus des autres activités économiques. Il s'agit des :

· type I : exploitations dont les chefs sont les plus âgés ;

· type II : exploitations qui, en plus du maraîchage pratique l'arboriculture et qui manque de route pour acheminer leur production ;

· type III : exploitations qui ont les plus grandes superficies et expérience maraichère ;

· type IV : exploitations essentiellement familiales et relativement moins équipées.

La seconde hypothèse de cette étude vient ainsi d'être vérifiée.

Au vue de la situation préoccupante de ces exploitations, des efforts d'intensification et de modernisation doivent être faits pour augmenter le revenu des producteurs.

La présente étude qui a permis d'identifier et de caractériser les différents types d'exploitations maraîchères de la vallée de Toro contribuera à coup sûr, à une meilleure compréhension des orientations à donner aux actions de conseil agricole en direction des producteurs et par la suite, à l'élaboration de politiques plus efficaces pour le développement du maraîchage au Niger.

Recommandations

A la lumière des résultats de cette étude, des recommandations ont été formulées. Il s'agit en fait des mesures à prendre pour accroître la productivité et/ou permettre une bonne valorisation des produits selon le type d'exploitation maraichère.

Type I

ü intensifier l'utilisation de semences améliorées ;

ü permettre aux exploitants de s'équiper en matériel agricole au moyen des prêts ou des ventes promotionnelles;

ü intégrer le maraichage et l'élevage pour augmenter la disponibilité en fumure organique ;

ü renforcer les capacités techniques et organisationnelles par la formation des producteurs ;

Type II

ü intensifier l'utilisation de semences améliorées ;

ü permettre aux exploitants de s'équiper en matériel agricole au moyen des prêts ou des ventes promotionnelles;

ü intégrer le maraichage et l'élevage pour augmenter la disponibilité en fumure organique ;

ü organiser une campagne de commercialisation pour éviter le bradage des récoltes à vils prix ;

ü désenclaver les zones de production par la création des pistes pour faciliter l'écoulement des récoltes ;

Type III

ü intensifier l'utilisation de semences améliorées ;

ü permettre aux exploitants de s'équiper en matériel agricole au moyen des prêts ou des ventes promotionnelles;

ü intégrer le maraichage et l'élevage pour augmenter la disponibilité en fumure organique ;

ü promouvoir l'arboriculture afin d'augmenter le revenu agricole des maraichers ;

Type IV

ü intensifier l'utilisation de semences améliorées ;

ü permettre aux exploitants de s'équiper en matériel agricole au moyen des prêts ou des ventes promotionnelles;

ü intégrer le maraichage et l'élevage pour augmenter la disponibilité en fumure organique ;

ü allouer des crédits aux exploitants par la création des structures financières agricoles.

Bibliographie

· BABATOUNDE R. A., (2008). « Typologie des exploitations maraîchères au Sud-Bénin », mémoire pour l'obtention du titre d'Ingénieur Agronome, Option Economie Socio-Anthropologie et Communication pour le développement, Université d'Abomey-Calavi de Benin. En ligne (www.memoireonline.com). 

· BROSSIER J. et PETIT M., (1977). Pour une typologie des exploitations agricoles fondée sur les projets et les situations des agriculteurs, in: Économie rurale. N°122. pp. 31-40. En ligne( http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_00130559_1977_num_122_1_2520).

· COMMUNE RURALE DE BARMOU, (2008). Schéma Directeur de Mise en Valeur des ressources naturelles, bassin de Toukoukout.

· DIOP O., (2006). « L'exploitation agricole face aux besoins de la famille paysanne dans la région de Kaolack au Sénégal », mémoire pour l'obtention du titre d'Ingénieur Agronome, option Economie Rurale, Ecole Nationale Supérieure D'agriculture (ENSA-THIES) du Sénégal. En ligne.

· EMMANUEL M. et al. (2002). Typologies des exploitations agricoles dans les savanes d'Afrique centrale. Un regard sur les méthodes utilisées et leur utilité pour la recherche et le développement, Actes du colloque, 27-31 mai, Garoua, Cameroun. En ligne (hal.inria.fr/docs/00/14/08/23/PDF/T408Mbetid.pdf).

· FONTAINE A., (2009). « Diagnostic des exploitations maraichères du projet GAMOUR », Master 2 Génie Urbain et Environnement, Université de La Réunion, 80p. En ligne (gamour.cirad.fr/site/index.php?).

· GOULE G. et al., (2008). Caractérisation et typologie des exploitations agricoles familiales du Sénégal, Tome 2, Sénégal Oriental et Haute Casamance, Etudes et documents Vol. 8, N° 4, Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), 37p. En ligne (www.bameinfopol.info/IMG/pdf/Expl._Fam_2.pdf).

· LANDAIS E., (1996). Typologies d'exploitations agricoles. Nouvelles questions, nouvelles méthodes, in Économie rurale N°236, pp. 3-15. En ligne ( http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_00130559_1996_num_236_1_4819).

· MFOULOU R., (2003). Situation actuelle du Recensement général de la Population et de l'Habitat (RGP/H-2001), Projet NER/00/P51-RGPH, 7p. En ligne ( http://niger.unfpa.org/docs/Rap).

· OUSSEINI et al. (2006). Etude de faisabilité socio-économique de l'aménagement de dix (10) sous bassins versants au moyen de seuils d'épandage de crues dans le département de Tahoua, rapport d'étude réalisé pour le compte de la Coopération Nigéro - Allemande, Lutte contre la Pauvreté Tillabéri et Tahoua Nord (LUCOP), Antenne de Tahoua, 225p.

· OUMAR D., MOUSSA B. F., AMADOU A. F. (2008). Caractérisation et typologie des exploitations agricoles familiales du Sénégal, Tome 1, Vallée du fleuve Sénégal, Etudes et documents Vol. 8, N° 1, Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), 37p. En ligne ( www.bameinfopol.info/IMG/pdf/Expl._Fam_1.pdf).

· SABRA A. A., (2011). Caractérisation des vallées de Tahoua et proposition de système irrigue dans le cadre de la petite irrigation privée, rapport d'étude réalisée pour le compte de la GIZ/Tahoua, 83p.

· VALENTINE F., (1998). Analyse-diagnostic des systèmes agraires passés et actuels d'un village de la région de Kita au Mali, Institut national agronomique, Paris-Guignon (INA P-G), 16p. En ligne ( www.fao.org).

· YABI A. J. (2010). Impacts économiques des interventions du LUCOP en matière de valorisation des ressources naturelles : Cas de la région de Tahoua pour la campagne agricole 2008-2009, rapport d'étude réalisé pour le compte de la Coopération Nigéro - Allemande, Lutte contre la Pauvreté Tillabéri et Tahoua Nord (LUCOP), Antenne de Tahoua, 91p.

Annexes

Annexe 1

Fiche d'enquête : Echelle exploitation

Date : Village :

N° Exploitation :

I. Caractéristiques socio - démographiques

1. Nom du chef de l'exploitation :

2. Ethnie : Age : Sexe : H F

3. Situation matrimoniale : célibataire marié divorcé veuf

4. Nombre de ménage dans l'exploitation :

5. Nombre d'adultes (plus de 15 ans) dans l'exploitation :

6. Nombre des jeunes (0 à 14) dans l'exploitation :

II. Caractéristiques du système de production agricole

1. Le maraîchage

1.1. Le foncier

a. Quel est le mode d'accès à la terre ?

héritage don prêt achat location

b. Depuis quand pratiquez-vous la culture maraîchère ?

1an 2-5ans 5-10ans plus 10ans

c. En quelle saison la pratiquez-vous ? hivernage saison sèche toute l'année

d. Quelle est la superficie de votre jardin ? = 0,5 ha 0,5 à 1 ha = 1 ha

e. Quels sont les produits maraîchers que vous cultivez ?

Tomate oignon chou poivron laitue Autres

f. Quelle est la culture dominante dans votre jardin et pourquoi ? .........................

1.2. La main d'oeuvre

a. Quelle main d'oeuvre  utilisez-vous?

Familiale salariée entraide

b. Pour quels travaux ou activités ?

Préparation jardins semis et repiquage sarclo-binage récolte

c. A combien s'élève-t-elle ?

1.3. L'équipement/matériel

a. Quels types de matériels utilisez-vous ?

Manuel attelé motorisé

b. Comment arrosez-vous vos jardins ?

captage retenue d'eau autres

c. De quel moyen de captage disposez-vous?

moyen de captage

puisard

Puits traditionnel

Puits cimenté

forage

nombre

 
 
 
 

d. Quel moyen d'exhaure utilisez-vous ?

main animal motopompe

e. Par quoi est faite la distribution ?

canaux de terre réseau californien 

1.4. Pratiques culturales

a. Quel type de fertilisant utilisez-vous ?

minéral Organique

b. Apportez-vous du fumier dans vos champs ? Oui non

Si oui, pour quelles raison ?..........................................................................................................

..............................................................................................................................................................................................................................

c. Quelle est la fréquence de l'apport ?

1 fois/an 2-3fois/an rarement

d. Les animaux sont-ils parqués dans les jardins ? oui non

Si oui, quelles sont les raison ?.....................................................................................................

................................................................................................................................................................................................................................ 

e. Quel type d'engrais minéral utilisez-vous ?..............................................................................

f. Utilisez-vous des produits phytosanitaires ? oui non

g. Quelles variétés de semences utilisez-vous ?

 
 

semence traitée

 
 

variétés

origine

oui

non

coût d'acquisition

Quantité utilisée

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

h. Estimation des charges de l'exploitation pour chaque campagne ?........................................

i. Estimation de la production par campagne :

spéculations

quantités

autoconsommées

vendues

revenu

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1.5. Commercialisation

a. Quelles techniques utilisez-vous pour mieux vendre vous produits ?

marché conservation  transformation contrat avec des grossistes

b. Avez-vous de problème de: surproduction mévente pourrissement

c. Quelles les principales difficultés de la commercialisation de vos produits maraichers ?

..................................................................................................................

1.6. Niveau d'encadrement et organisation

a. Faites-vous partie d'un groupement maraîcher ou d'une coopérative ? oui non

Si oui, nommez le et depuis quand existe t-il ?.............................................................................

b. Existe t-il une structure qui vous appui dans la production ? oui non
Si oui, nommez la et à quel niveau de la production elle vous appui ?........................................

Entretien jardin approvisionnement conservation des produits autres

c. Obtenez-vous des prêts financiers pour la production ? oui non
Si oui, de la part de quelle structure et à combien s'élève t-il ?....................................................

d. Avez-vous bénéficiez de formation technique pour mieux pratiquer le maraichage ?

oui non

e. Dans quels domaines avez-vous besoins de formation et d'appui conseil ?......................

..............................................................................................................

d. Quelles sont vos difficultés rencontrées dans la production ?

problème phytosanitaire problème d'eau qualité des intrants clôture

2. L'élevage

a. Pratiquez-vous l'élevage ? oui non

b. Si oui, quel type d'élevage pratiquez-vous ?

sédentaire semi-transhumant transhumant

c. Quels sont les animaux que vous élevez ?

bovin ovin caprin asin camelin volaille

3. Autres activités économiques

a. Pratiquez-vous une autre activité économique ? oui non

Si oui la quelle? arboriculture commerce artisanat exode

b. Comment vous l'organisez ?

..............................................................................................................................................................................................................................

c. Estimation du revenu tiré des autres activités par campagne : ...................................

Annexe 2

Dictionnaire des variables

Variables

Modalités

Signification

V1 =Age : Ag 

Ag1

Ag2

Ag3

Ag4

18-30

31-40

41-50

51-80

V4=Expérience maraîchage : EM

ExpMar1 

ExpMar2 

ExpMar3 

ExpMar4 

1an

2-5ans

5-10ans

Plus de 10ans

V5=Superficie du jardin : SJ

SupJard1 

SupJard2 

SupJard3 

= 0,5 ha

0,5 à 1 ha

= 1 ha

V6=Main d'oeuvre : MO

MO1 

MO2 

MO3 

MO4 

Familiale

Familiale+entraide Familiale+salariée

Salariée

V7=Moyen de captage : MC

MoyCapt1 

MoyCapt2 

MoyCapt3 

MoyCapt4 

MoyCapt5 

MoyCapt6 

MoyCapt7 

Puisard

Puits traditionnel

Puits cimenté

forage

MoyCapt1+MoyCapt3 MoyCapt1+MoyCapt4 MoyCapt3+MoyCapt4

V9=Coût des charges par campagne : CC

CoutCharg1  CoutCharg2 

CoutCharg3  CoutCharg4  CoutCharg5 

5 000-30 000

31 000-100 000

101 000-250 000

251 000-400 000

401 000-800 000

V10=Revenu par campagne : RV

Rev1

Rev2

Rev3

Rev4

Rev5

20 000-100 000

101 000-250 000

251 000-500 000

501 000-1 000 000

1 000 000-3 000 000

V11=Techniques utilisée pour mieux vendre : TV

TechVent1 

TechVent2

TechVent3 

TechVent4 

TechVent5

TechVent6 

TechVent7 

Marché

Conservation

Transformation

Contrat avec grossiste TechVent1+TechVent2 TechVent2+TechVent4 TechVent1+TechVent2+TechVent4

V12=Difficulté commercialisation : DC

DiffCom1 

DiffCom2 

DiffCom3 

Fluctuation du marché

Manque de route

Conservation

V14=Problèmes rencontrés dans la production : PP

PrbleProd1

PrbleProd2

PrbleProd3

PrbleProd4

PrbleProd5

PrbleProd6 PrbleProd7

PrbleProd8

Phytosanitaire

Eau

Intrants

Clôture

PrbleProd1+PrbleProd3 PrbleProd1+PrbleProd4 PrbleProd3+PrbleProd4 PrbleProd1+PrbleProd3+PrbleProd4

V15=Autres activités économiques : AE

ActivEco0  ActivEco1  ActivEco2 

ActivEco3 

ActivEco4 ActivEco5

ActivEco6

ActivEco7 

aucun

Arboriculture

Commerce

Artisanat

Exode

ActivEco1+ActivEco2 ActivEco1+ActivEco3 ActivEco1+ActivEco4

V16=Revenu tiré des autres activités : RA

RevActEco0 

RevActEco1 

RecActEco2 

RevActEco3 

RevActEco4 

0

10 000-50 000

51 000-150 000

151 000-400 000

401 000-800 000






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