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Tests technico-économiques sur la plateforme gazeifieur: de l'étude de la ressource à  l'utilisation du gaz dans un moteur pour la production d'électricité

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par Aristide DEJEAN
Institut international d'ingénierie de l'Eau et de l'Environnement (2iE) - Ingénieur énergétique et génie des procédés  2013
  

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II. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

1. La gazéification : Etat de l'art

1.1. Principe de la gazéification

La « gazéification » désigne une transformation thermochimique consistant à décomposer par la chaleur un solide combustible carboné (charbon, biomasse) hétérogène en présence d'un réactif gazeux (gaz carbonique, vapeur d'eau puis oxygène/air) dans le but d'obtenir un mélange gazeux combustible. La réaction de gazéification se passe dans des conditions de température très élevées (plus de 1000°C). Le gaz de synthèse obtenu, appelé « le syngas » (pour « synthetic gas »).

Ce syngas peut être potentiellement utilisé :

· comme source de production de chaleur ;

· comme source de production d'électricité;

· comme source de production d'hydrogène, de méthanol et de méthane par traitement chimique ;

· comme source de production de carburant de synthèse par le procédé Fischer-Tropsch

1.2. Les réactions chimiques de la gazéification

La gazéification consiste en une transformation thermique d'un solide combustible (charbon, bois etc..) en présence d'un composé gazeux appelé agents gazéifiant (O2,air,CO2, vapeur d'eau) .Il est possible aussi d'utiliser un mélange de plusieurs agents gazéifiant afin d'obtenir du gaz avec des propriétés particulières. Par exemple, la gazéification à l'oxygène produit un gaz dont le pouvoir calorifique est nettement supérieur à celui d'un gaz où l'agent gazéifiant est l'air. Le but de cette transformation est généralement de convertir le solide en un mélange gazeux combustible.

Pour parvenir à la production du syngas, plusieurs réactions préalables sont nécessaires. L'ensemble de ce processus est appelé gazéification. Il nécessite, à partir d'une matière organique, d'obtenir au préalable dans le réacteur de la vapeur d'eau (H2O), du carbone (C) et de produire une chaleur suffisante pour la réaction finale de gazéification. Quatre étapes successives, fortement couplées, sont nécessaires, la troisième produisant la chaleur requise par les trois autres. Les étapes sont décrites brièvement ci-après :

Ø 1ère étape : séchage de la matière pour produire de la vapeur d'eau

Cette étape se déroule à des températures comprises entre 100°C et 160°C. Sous l'effet de la chaleur, l'eau contenue dans la matière organique s'évapore. Le combustible carboné résultant est sec et de différentes natures (charbon, biomasse, etc.). Dans le cas de produits non homogènes, une phase préalable (tri, broyage) est nécessaire avant d'introduire cet intrant dans le gazéifieur.

Ø 2e étape : pyrolyse de la biomasse pour obtenir du coke (résidus de carbone) et des gaz de pyrolyse

Cette étape sans oxygène (anaérobie) se déroule à des températures situées entre 120°C et 600°C. Elle est dite «  auto thermique  » car elle ne produit ni ne consomme d'énergie. En augmentant progressivement la température en l'absence d'oxygène, la matière séchée se décompose et les atomes de carbone s'associent entre eux. Il se forme alors :

· du carbone réducteur presque pur (coke ou résidus de carbone)  ;

· un mélange de gaz oxydants condensables et non-condensables composés majoritairement de monoxyde de carbone (CO) et d'hydrocarbures (CH4) ;

· des goudrons et des matières volatiles condensables issues de vapeurs de composés organiques (acides acétiques, aldéhydes).

Autrement dit les principes de la pyrolyse à savoir la cinétique de pyrolyse, la répartition gaz/solide formée ainsi que les composantes chimiques des produits résultant dépendent fortement de nombreux paramètres ou la température, la vitesse de montée en température, la granulométrie et la nature du combustible sont les grandeurs les plus influentes.

Ø 3e étape : oxydation des gaz de pyrolyse pour générer une chaleur suffisante à la gazéification

Cette étape se déroule en présence d'oxygène à des températures comprises entre 1200°C et 1500°C. Les matières volatiles issues de la pyrolyse s'oxydent. Cette combustion dégage la chaleur nécessaire aux deux étapes précédentes et à l'étape suivante de la gazéification. Elle nécessite un fort apport en oxygène.

Ø 4e étape : la réduction ou «  gazéification  » du carbone pour produire le syngas

Cette étape se déroule à des températures comprises entre 800 °C et 1200°C.Enl'absence d'oxygène, le coke obtenu lors de la phase de pyrolyse réduit la vapeur d'eau et le gaz carbonique obtenus dans l'étape précédente respectivement en hydrogène et en oxyde de carbone pour former du syngas, combustible composé en proportions variables du Monoxyde de carbone (CO) et du Dihydrogène (H2) , du Méthane (CH4).

Figure 1 : Processus de gazéification,[1]

Les mécanismes de la gazéification définies ci-dessus couplés aux phénomènes de transferts thermiques et massiques mis en jeux sans oublier les propriétés du combustible(granulométrie, densité, porosité etc..) sont des facteurs qui vont conditionner la technologie des réacteurs adaptés à chaque procédé de gazéification de la biomasse.

1.3. Nature des gaz produits

Lors de la gazéification la partie organique du combustible est transformée principalement en monoxyde de carbone (CO) et en dihydrogène (H2) et dans des proportions plus faibles en méthane CH4.Selon le type de réacteur mais surtout de d'agent gazéifiant la somme H2 +CO varie dans de fortes proportions et peut représenter par exemple jusqu'à 80% dans le gaz de synthèse obtenus par gazéification à l'oxygène.

Ces gaz contiennent aussi divers gaz inertes : vapeur d'eau (H2O) , azote (N2) et dioxyde de carbone (CO2), en proportion variable en fonction des procédés et de la matière première ; ainsi de divers composés à l'état de traces, dont les proportions sont directement liées à la nature du combustible tels que le Chlorure d'hydrogène (HCl) ,Fluorure d'hydrogène (HF), Ammoniac (NH3), Cyanure d'hydrogène (HCN), les métaux lourds volatils à basses températures, etc...(Cirad forêt,2001)[ 2 ]

Enfin une part plus ou moins importante de composés hydrocarbonés, les goudrons résultant de la pyrolyse, peuvent être présents dans le gaz ceci en fonction du type de réacteurs utilisés et primordialement de la nature de la matière première.

Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) du gaz et sa composition est fonction de :

v la nature du combustible,

v la nature et la proportion de l'agent gazéifiant

L'utilisation de l'air comme agent gazéifiant tend à faire baisser le PCI du gaz, du fait de la forte proportion d'azote dans le gaz. Le PCI du gaz obtenue varie de 3 à 6 MJ/Nm3.

Dans le cas où l'agent gazéifiant est de la vapeur d'eau, on peut obtenir un gaz à forte teneur en hydrogène. Le PCI d'un tel gaz peut varier de 10 à 15 MJ/Nm3.(Gai et Al,2012)[ 3 ]

v et évidemment du type de réacteur.

Ce PCI peut être exprimé grâce à la formule suivante :

PCI (MJ/m3) = 0,126 * CO (%) + 0,108* H2 (%) + 0,358* CH4 (%)

Le tableau ci-dessous illustre la nature du PCI dépendamment des facteurs précités :

Gazéification à l'air

Lit Fixe co-courant

Lit fixe contre-courant

Lit fluidisé circulant

Humidité biomasse

% mh1

6-20

n.d

13-20

Particules

mg/Nm3

100 - 8 000

100 - 3 000

8 000 - 100 000

Goudrons

mg/Nm3

10 - 6 000

10000 - 150000

2 000 - 30 000

PCI du gaz

MJ/Nm3

4,0 - 5,6

3,7 - 5,1

3,6 - 5,9

H2

% vol

15 - 21

10 - 14

15 - 22

CO

% vol

10 - 22

15 - 20

13 - 15

CO2

% vol

11 - 13

8 - 10

13 - 15

CH4

% vol

1 - 5

2 - 3

2 - 4

Cn Hm

% vol

0,5 - 2

n.d

0,1 - 1,2

N2

% vol

différence

différence

différence

Tableau 1 : Composition moyenne du gaz en fonction du type de procédé [2]

1.4. Les différents procédés de gazéification

Le choix d'un type de procédé est guidé par la taille de l'installation, le solide combustible carboné utilisé, l'usage du gaz produit et la maturité des technologies. Il existe plusieurs procédés de gazéification (Procédis, 2004[4]).

1.4.1. Le procédé à lit fixe

Il peut être soit à co-courant soit à contre-courant

Figure 2: Gazogène à contre-courant (a gauche) et a co-courant (à droite)

§ À co-courant (downdraft)

Les différentes étapes de la réaction de gazéification sont successivement réalisées de haut en bas dans le réacteur. La matière organique est d'abord introduite à son sommet. De l'air est injecté à mi-hauteur pour amorcer la combustion et fournir de la chaleur à l'ensemble du réacteur. L'augmentation progressive de la température permet d'obtenir les différentes réactions entrainant les gaz produits vers la zone la plus chaude du réacteur. Le syngas est récupéré au niveau du socle du réacteur du gazogène. Il en résulte alors une faible concentration en goudrons beaucoup plus faible que pour les procédés a contre-courant.la conversion thermo chimique est alors plus aboutit. Ce type de gazeifieur est utilisés exclusivement pour de la biomasse relativement sec (15% d'humidité),ce qui est notre cas au niveau du Centre Songhaï.  

§ À contre-courant (Updraft)

L'air est injecté à la base du réacteur et le syngas est récupéré sous son sommet, au-dessus de la zone de pyrolyse et présente de ce fait une teneur en goudron importante mais est faiblement chargé en particules. Le combustible solide est quant à lui complètement converti en gaz et en goudron. Les procédés à contre-courant peuvent être utilisés pour des combustibles solides très humides (% H 60%) et sont relativement peu sensibles à la taille de la matière première. Ce type de gazeifieur rencontre des difficultés pour le traitement des goudrons des gaz produits d'où l'intérêt de ne pas l'utiliser pour la production d'électricité (encrassement et corrosion des installations) mais plutôt privilégier une valorisation thermique. Ce procédé doit assurer une dégradation complète des goudrons.

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard