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Etude sur l'ajustement de la balance commerciale du Rwanda. Période: 1990- 2006

( Télécharger le fichier original )
par Edmond Nkurikiyimana
Universite libre de Kigali - Bachelor degree en économie 2008
  

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-UNIVERSITE LIBRE DE KIGALI

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

DEPARTEMENT D'ECONOMIE

ETUDE SUR L'AJUSTEMENT DE LA BALANCE COMMERCIALE DU

RWANDA.

PERIODE : 1990-2006.

Mémoire présenté en vue de L'obtention du Diplôme de Licence en Economie Option : Monnaie et Banque

Par : Edmond NKURIKIYIMANA

Kigali, Septembre 2008

Directeur : CCA MUREKEZI GAJU Brigitte

DEDICACE

A notre regretté père

A notre mère

A nos frères et soeurs

A nos cousins et cousines

A tous nos amis

REMERCIEMENTS

Ce travail est le fruit de d'efforts des personnes auxquelles il nous tient à coeur d'adresser nos sincères remerciements.

Qu'il soit permis de nous acquitter d'un premier devoir : celui de notre regretté Père qui, dès notre naissance n'a cessé de penser à nous assurer un avenir meilleur. Que notre Mère trouve ici mes remerciements pour ses encouragements et son soutient tant moral que matériel.

Nous tenons aussi à exprimer nos sentiments de gratitude CCA MUREKEZI GAJU Brigitte qui malgré ses multiples occupations, a accepté de guider nos premiers pas dans le domaine de la recherche. Son entière disponibilité, ses riches conseils et la pertinence de ses remarques; nous ont éclairé tout au long de ce travail et nous ont été d'un soutient inoubliable. Qu'il trouve ici l'expression de notre profonde reconnaissance.

A tous les professeurs du Département d'Economie, leur contribution est restée sans égale. Ce travail est également le fruit de leurs efforts.

Que nos enquêtés trouvent ici également nos sincères remerciements pour la qualité de leur accueil et de leurs informations très utiles pour notre travail.

Nous tenons également à remercier notre famille pour son soutient moral et matériel. Son encouragement et ses privations volontaires ont fait de ce mémoire un succès.

Que nos sincères remerciements aillent tout droit à nos collègues, amis fidèles, avec qui nous nous sentons entourés.

Edmond NKURIKIYIMANA

iv

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

ACP-UE : Accord d'Afrique Caraïbe et Pacifique Avec Union Européen

ADF : Test de Dickey Fuller Augmenté

AGOA: Africa Growth Opportunity Agreement

APRM : Africa Peer Review Mechanism

BEAC : Banque des Etats de l'Afrique centrale

BNR : Banque National du Rwanda

CE : Concours à l'économie

CEPGL : Communauté Economique des Pays des grands Lacs

CF : Consommation Finale

CIF: Cost Insurance and Freight

CMLT : Coût Moyen de long Terme

COMESA: Common Market of Eastern and Southern Africa

CSLP : Cadre Stratégique de lutte contre la Pauvrette

DB : Déficit budgétaire

DBC : Déficit de la balance commerciale

DF: Test de Dickey Fuller

DSRP : Document Stratégique de Réduction de la Pauvrette

DTS : Droit de tirage Spéciaux

EAC: East African Community

ECM : Equation à Correction d'erreur

EICVM : Enquête intégré sur les conditions de vie des ménages
Eléctrogaz : Etablissement Publique de distribution d'électricité, eau et gaz

EPA : Economic Partnership Agreement

EX : Exportation

FASR : Facilité d'Ajustement Structurelle Renforcé

FBC : Formation Brute du Capital

F CFA : Francs De la Communauté Financière africaine

FMI: Fond Monétaire International

FOB: Free on Board

FRPC : Facilité de Réduction de la Pauvrette et la Croissance

GATT: General Agreement on Tariff and Trade

HOS : Hecksher -Ohlin- Samuelson

IC : Indice du Commerce

IDA : International Development Agency

IMP : Importation

IPC : indice des prix à la consommation

LN : Logarithme Népérien

MIFINECO: Ministère des finances et de l' Economie MINECOFIN: Ministry of Economic planning and Finance

NEPAD: New Partnership for Africa Development

NTPF: National Trade Plate Form

NX : exportation nette

PAS : Programme d'Ajustement Structurelle

PIB : Production Intérieure Brute

PPTE : initiative pour les Pays Pauvre Très Endettés

SOMIRWA : Société Minière du Rwanda

SRP : Stratégie de Réduction de la Pauvretté

TCH : Taux de Change

UDEAC : Union douanière des États de 'Afrique centrale

USA: United State of America

USD : United State Dollar

vi

LISTE DES FIGURES

FIGURE 1 FIRME EN CONCURRENCE MONOPOLISTIQUE SELON

CHAMBERLAIN 15

FIGURE 2 COMPORTEMENTS DES ENTREPRISES EN CONCURRENCE

MONOPOLISTIQUE 16

FIGURE 3 ÉVOLUTION DES IMPORTATIONS AU RWANDA DE 1990-2006..34

FIGURE 4 STRUCTURE DES IMPORTATIONS AU RWANDA DE 1990-2006

38

FIGURE 5 ÉVOLUTIONS DES EXPORTATIONS RWANDAIS DE 1990-2006 43

FIGURE 6 EVOLUTION DES INDICES DU COMMERCE EXTÉRIEUR 63

FIGURE 7 EVOLUTION DU COMMERCE EXTÉRIEUR AU RWANDA 67

vii

LISTE DES TABLEAUX

TABLE 1 LES PRINCIPAUX PRODUITS IMPORTÉS AU RWANDA DE 1990-

2006 33

TABLE 2 PROVENANCE GÉOGRAPHIQUE DES IMPORTATIONS DU

RWANDA (VALEUR CIF EN MILLION DE FRW) 40

TABLE 3 VALEUR DES PRINCIPAUX PRODUITS EXPORTÉS DE 1990-2006

EN MILLION DE FRW DE VALEUR FOB 42

TABLE 4 DESTINATION GÉOGRAPHIQUE DES EXPORTATIONS DU

RWANDA EN VALEUR FOB EN MILLION DE FRW 45

TABLE 5 ÉVOLUTION DE LA BALANCE COMMERCIALE DU RWANDA DE

1990-2006( EN MILLION DE DOLLAR AMERCAIN) 47

TABLE 6 EVOLUTION DE L'INDICE DU COMMERCE INTERNATIONAL 62

TABLE 7 EVOLUTION DE L'ÉLASTICITÉ D'AJUSTEMENT 65

viii

TABLE DES MATIERES

DEDICACE II

LISTE DES FIGURES VI

LISTE DES TABLEAUX VII

TABLE DES MATIERES VIII

INTRODUCTION GENERALE 1

1. CHOIX ET INTERET DU SUJET 1

2. DELIMITATION DU TRAVAIL 1

3. PROBLEMATIQUE 2

Les échanges ont été depuis l'antiquité une nécessité inévitable pour tout le monde. La mondialisation des échanges commerciaux (Organisées par le GATT (General Agreement on Tarif and Trade)) impose qu'une économie aussi forte soit elle, ne peut prétendre avoir une politique économique fondée sur l'isolement commercial par rapport du reste du monde.

ix

L'ouverture s'impose pour tous les pays et l'économie mondiale repose à présent sur un

ensemble complexe d'échange entre ses différents opérateurs. 2

4. HYPOTHESES DE LA RECHERCHE 6

5. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE 6

5. 1 Objectifs généraux 6

5.2 Objectifs spécifiques 7

6. CHOIX DE TECHNIQUES ET METHODES 7

7. PLAN DU TRAVAIL 7

CHAPITRE I CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL 9

I. 1.1 AVANTAGES ABSOLUS ET AVANTAGES COMPARATIFS 9

I.1.2 ECHANGES INTERNATIONAUX ET RENDEMENT CROISSANT 10

I.1.2.1. DIFFERENTS CAS DE RENDEMENTS D' ECHELLES CROISSANTS 10

I.1.2.1.1.LES ECONOMIES D' ECHELLE INTERNES 11

I.1.2.1.2.ECONOMIE D'ECHELLE EXTERNE 11

I.1.3. STRUCTURE DES MARCHES ET LE COMMERCE INTERNATIONAL 12

I.1.3. 1. Marché de concurrence pure et parfaite 12

I.1.3.2. Concurrence imparfait 12

I.1.3.2.1 Monopole 13

I.1.3.2. 2 Autres marchés contestables 13

Si il existe de la spécialisation international pour chaque monopole, chaque bien aura son seul producteur mondial, alors chaque nation continue à produire de façon marginale un bien dans lequel

il ne dispose pas un avantage comparatif. 13

I.1.3.3 Marché de concurrence monopolistique 14

I.1.3.3.1 DIFFERENCIATION VERTICALE 14

I.1.3.3.2. DIFFERENTIATION HORIZONTALE 16

I.1.4 Climat géo - politico- économique et commerce international 17

I 2 COMMERCE EXTERIEUR DANS UN PAYS 17

I.2.1 Définition et nécessité d'exportation dans un pays 18

I.2.2 Définition et importance d'importation dans un pays 18

I.2. 3 SOLDE COMMERCIAL 19

I.2. 3.1.Approche Traditionnel ou méthode de contrôle de change 19

I.2. 3.2.Approche monétaire ou méthode de contrôle des flux des capitaux 20

I.3 POLITIQUE ECONOMIQUE DU COMMERCE EXTERIEUR 21

I .3.1 Libre échange 21

I .3.1.1. Conditions du libre échange 21

I .3.1.1.1 Rendement croissant et compétition des marchés 21

I .3.1.1.2.Préférence des consommateurs et leur pouvoir d'achat 21

I .3.1.1.3.Equilibre budgétaire de l'état 22

I.3.2. Protectionnisme 22

I.4. POLITIQUE ECONOMIQUE ET AJUSTEMENT DU COMMERCE EXTERIEUR 23

I.4. 1. Politique de change et ajustement du commerce extérieur 24

I.4. 2. Politique monétaire et ajustement du commerce extérieur 24

I 5 DIFFICULTES ET CONDITIONS DU COMMERCE EXTERIEUR 25

I 6 PROBLEMATIQUE D'AJUSTEMENT DE LA BALANCE COMMERCIALE EN AFRIQUE 25

III .1 LE CONTROLE DE CHANGE ET DEFICIT DE LA BALANCE COMMERCIALE AU

RWANDA 70

x

I 6 1 Libéralisation des marchés au Cameroun 25

AWOUMOU J D, LA LIBÉRALISATION DES MARCHÉS ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE EN AFRIQUE: LE CAS DU SECTEUR AGRICOLE AU CAMEROUN, MÉMOIRE ONLINE.COM CONSULTÉ LE 7/06/2008. 25

I .6 .2.Programme d'ajustement structurel en Afrique Subsaharienne 27

I.6.2.1 Impact du PAS sur les économies subsaharienne 29

I 6 3 Intégration régionale en Afrique Occidentale et centrale 30

CHAPITRE II BALANCE COMMERCIALE ET PROGRAMME

D'AJUSTEMENT AU RWANDA. 32

II 1.Apreçu Générale sur les échanges extérieurs au Rwanda 33

II .1.1 Importation au Rwanda 33

II.1.1.1 Structure des importations 38

II.1.1.2 Provenance géographique des importations 40

II .1.2 Exportation au Rwanda 42

II.1.2.1 Principaux produits d'exportation 42

Table 3 Valeur des principaux produits exportés de 1990-2006 En million de FRW de Valeur FOB 42

II .1.3 solde commerciale 46

II.2 PROGRAMMES D'AJUSTEMENT AU RWANDA 48

II.2.1 PROGRAMME D'AJUSTEMENT STRUCTUREL AU RWANDA DE 1990 à 1993 49
II 2 1 2 IMPACT DU PROGRAMME D'AJUSTEMENT STRUCTUREL SUR LA BALANCE

COMMERCIALE 51

II 2 2 PROGRAMME DE LIBERALISATION DES MARCHES de 1995 à 2002 51

II 2 .2.2 Evolution sectorielle et perspectives 52

II .2 .2.2.1 Evolution du secteur agricole 52

II .2 .2.2.2 Secteur secondaire 53

II 2 .3 LIBERALISATION DES MARCHES ET LA BALANCE COMMERCIALE 55

II 2 .2.3.1 Balance commerciale 55

II 2 .2.3.1.1 Exportations 56

II 2 3 FACILITE DE REDUCTION DE LA PAUVRETTE ET CROISSANCE 57

(FRPC ) DE 2002 à 2006 57

II 2 3.1 FRPC Au Rwanda 57

II 3 DYNAMISME D'AJUSTEMENT AU RWANDA 61

II 3.1 Analyse de l'évolution de l'indice du commerce international 61

II 3.2.Elasticité d'ajustement 64

II .3.3 Analyse des courbes en J au Rwanda 66

VU L'ALLURE DE CETTE COURBE NOUS CONSTATONS QUE LE CHANGEMENT DU TAUX DE CHANGE AU RWANDA AGIT NÉGATIVEMENT SUR LES TERMES DE L'ÉCHANGE. CECI EST DÛ QUE LES PRODUITS EXPORTÉS N'ONT PAS DE SUBSTITUTION AU RWANDA. 67

CHAPITRE III ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS 70

xi

III 1.1 Spécification du Modèle 70

III . 1. 2 . Stationnarité des variables 72

III.1.3 Estimation du relation à long terme 77

La relation à long terme est 77

LNDBC=a1 lnpib+a2lntch+a3lnipc 77

(0.0002) (0.1688) (0.0023) 77

III. 1. 4 Cointegration des variables 77

III.1.5 Estimation Du Modèle à Correction d'Erreur 78

Les variables du modèle peuvent avoir les fluctuation au cours du temps c'est pour cette raison que nous analysons cette fluctuation à court terme pour dégager les statistiques permettant de déterminer le

temps qu'il faut pour observer les chocs qui peuvent frapper les variables du modèle. 78

Alors le modèle ECM est : 79

Alors le modèle général ECM à estimer est : 79

Lndbc=a0lnipc+a1lnpib+a3lntch+a4Rt (-1)+a5 79

Le modèle ECM estimé est : 79

Lndbc=1.3587lnipc-04032lnpib-04589lntch+0,376 dlndbc(-1) 79

-096Rt(-1) 79

III. 1.6 INTERPRETATION DES RESULTATS 79

III .2. CONTROLE DES CAPITAUX ET DEFICIT DE LA BALANCE COMMERCIALE 82

III .2.1.Spécification du modèle 82

III.2.2. Stationnarité des variables 84

III.2.3 Estimation de long terme 90

III.2.4 la Cointegration des variables 91

III.2.5 ESTIMATION DU MODELE A CORRECTION D'ERREUR 92

Les variable du modèle peuvent avoir les fluctuation au cours du temps c'est pour cette raison que nous analysons cette fluctuation à court terme pour dégager les statistiques permettant de déterminer le

temps qu'il faut pour observer le choc qui peut frapper les variable du modèle. 92

Alors le modèle ECM Estimé est : 93

III . 2. 6 INTERPRETATION DES RESULTATS 93

CONCLUSION GENERALE 95

1

INTRODUCTION GENERALE

1. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Dans une économie ouverte aux échanges internationaux, les recettes d'exportation sont des ressources essentielles pour le financement des importations des biens d'équipement nécessaires pour le développement du pays.

L'impact de toute politique économique sur le commerce extérieur notamment sur la balance commerciale, présente un intérêt dans la mesure où son état d'équilibre a une importance particulière ; mais aussi elle reflète la situation économique interne et parfois politique du pays.

Dans la plupart des cas, la balance commerciale reflète la santé économique du pays et rend compte de la capacité de celui-ci à s'intégrer dans les échanges mondiaux. Toute étude portant sur cette variable présente donc un intérêt particulier : Certaines politiques économiques sont applicables à certains pays avec succès et non à d'autres, et il ne faut pas tomber dans le piège d'administrer un même médicament à tous les malades présentant les mêmes signes sans considérer les particularités de chacun. Les résultats dépendent de façon cruciale de la nature de chaque pays. C' est pourquoi nous voulons voir si le déficit de la balance commerciale du Rwanda serait réduit à long ou à court terme en tenant compte des efforts de la politique économique actuelle ainsi à la structure de l'économie Rwandaise.

2. DELIMITATION DU TRAVAIL

Notre travail, comme tout autre travail scientifique doit être limité dans le temps et dans l'espace. Celui-ci s'étend sur une période allant de 1990 jusqu' en 2006. Les données antérieures peuvent nous en servir de comparaison et portera sur le cas du Rwanda et sur le commerce extérieur.

2

3,Idem P 35

3. PROBLEMATIQUE

Les échanges ont été depuis l'antiquité une nécessité inévitable pour tout le monde. La mondialisation des échanges commerciaux (Organisées par le GATT (General Agreement on Tarif and Trade)) impose qu'une économie aussi forte soit elle, ne peut prétendre avoir une politique économique fondée sur l'isolement commercial par rapport du reste du monde1. L'ouverture s'impose pour tous les pays et l'économie mondiale repose à présent sur un ensemble complexe d'échange entre ses différents opérateurs.

Ces échanges se traduisent par une circulation de marchandises entre un pays et ses partenaires commerciaux du reste du monde. Le commerce extérieur de chaque pays devient dès lors un secteur privilégié. L'économie devenant mondialisée, la bonne santé économique et sociale s'évolue par le passé de l'état et l'épanouissement de son commerce extérieur.

Le commerce extérieur n'a pas été profitable pour les économies en voie de développement à cause des chocs aussi bien interne qu'externe ou à cause de leurs structures (production, population, environnement....)2. Comme toutes ces contraintes rendent difficile l'intégration commerciale de ces économies, les gouvernements doivent mettre en oeuvre des politiques visant à améliorer leur niveau d intégration aux échanges internationaux.

Au lendemain de leurs indépendances, presque tous les pays africains spécialement subsahariens auxquels appartient le Rwanda, ont suivi les politiques commerciales orientées vers l'industrialisation3. C'est-à-dire l'industrie de substitution aux importations protégeant le secteur national contre les produits étrangers. Ils ont également suivi les politiques du taux de change sur un système

1 EVENEL S.J et Als., Economic Development and Multilateral Trade Cooperation, The world bank,2005,P 315.

2 BAD : Rapport sur le développement en Afrique, 1995 P 100

3

de contrôle de change et rationnement des devises ne faisant que favoriser la surévaluation de leurs monnaies4.

Vers les années 1980, la plupart des pays qui ont suivi ces politiques jugées d'inappropriés par les économistes classiques ont vu une situation de détérioration des termes d' échange principalement des produits primaires exportées alors que ces derniers constituaient la majorité du total des biens exportées5.

Le Rwanda ne s'est pas échappé à ces problèmes du déséquilibre extérieur en général et commerciaux en particulier. Même s'il avait connu une relative stabilité économique depuis son indépendance, il a vu sa situation économique se dégrader progressivement pendant la décennie 80-90 et particulièrement à partir des années 19856.C'est au cours de cette période que les signaux de la dégradation économique apparaissent avec la faillite de la seule société minière (SOMIRWA) qui procurait une part non négligeable des recettes d'exportation, tandis que les recettes d'autres produits restent insuffisantes à cause de la chute de leurs cours aux marchés mondiaux, l'épuisement de réserve de terres arables et la surévaluation de la monnaie. Cela a engendré une réduction importante des revenus traduite par une aggravation du déficit budgétaire et du déficit du compte courant extérieur7.

Le franc Rwandais est resté à parité fixe au dollar américain jusqu' en septembre 1983 et ensuite à parité fixe au DTS jusqu' en novembre 19908. En terme réel, le Rwanda a laissé sa monnaie s'apprécier fortement par rapport à celles de ses partenaires commerciales au cours d'une période ou ses termes d'échange se sont massivement détériorés.

4,idem P 105

5 MUHAYIMANA J.,Analyse de l' impact des politiques commerciales et du taux de change sur les termes de l' échange cas du Rwanda, ULK,2003,P 35

6 MIFINECO., Situation économique du Rwanda en 1985, Kigali1986,Pp 72-74.

7 MINIPLAN, Evolution de la Situation Economique du Rwanda de 1988-1991et tendance, Kigali, 1992,Pp9-15

8 NGIRABATWARE. A et Als ;La capacité de régulation monétaire au Rwanda, AERC, Kigali 1993,P 81

4

Les entreprises publiques déjà créées visant à remplacer des importations des produits fini, consistèrent à assembler des produits de coût total d'importation atteignit celui des produits fini parfois même le dépassait9.

Face à ces problèmes, l'Etat Rwandais s'est efforcé d'endiguer la dégradation de la situation économique en intensifiant ses interventions, mais cela n'a pas allégé la situation mais au contraire, ces interventions ont contribué à décourager l'initiative privée et à encourager le monopole parapublic10. Les difficultés financières ont fait leurs apparitions au début des années 80 mais la rupture de l'accord sur le café causa un effondrement des prix en juin 1989, ce qui précipita la crise financière11.

Le Rwanda avait besoin d'un apport de devise important qu'il ne pouvait obtenir sans programme soutenu par le FMI12. Le gouvernement hésita de s'engager dans la négociation avec les institutions de Breton Wood qui aboutirent à la signature d' accord le 30/ sept/1990. Le francs Rwandais fut dévalué de 40% par rapport aux monnaies étrangères et les mesures convenus furent appliqués au début de janvier/199113. Jusque là, la politique de change n'était pas encore utilisée comme instrument de la politique monétaire, alors il entra en vigueur pour la conduite des opérations dans le commerce extérieur. 14

Le programme d'ajustement structurel sous un « document cadre de la politique économique et financière. » couvrant une période de 3ans, fut approuvée par le conseil du FMI en avril 1991 et le crédit d'ajustement fut approuvé par le conseil de la banque mondiale en juin 199115. En juin 1992, une nouvelle dévaluation de 15% du franc rwandais aux monnaies étrangères fut opérée. Mais à cause de l'insécurité et l'instabilité politique de la période, le programme ait été suspendu16.

9 Banque Mondiale Rwanda : note de stratégie économique , Washington, Pp 8-15

10 VENDENRIE R Rwanda country Assistance Evaluation , OED, the world bank March 2004 P2

11 idem p 3

12 CATHERINE A , Economie Rwandaise, d' une économie de Subsistance à une économie de guerre, vers un renouveau, The World Bank, May 1998, P 8

13 MINIPLAN : op-cit P13

14 NGIRABATWARE. Op-cit, P81

15 CATHELINE A , Op.cit Pp 2-5

16 BNR : Rapport d' activités de 93-96 Kigali, 1998 P 10

5

En vue de reformer le secteur extérieur, le gouvernement Rwandais a adopté en 1995 le régime de change flottant et libéralise les échanges. Ce qui n'a pas donné des meilleurs résultats car la balance commerciale reste toujours déficitaire.

Pour palier à ce problème, le gouvernement cherche de nouveau comment ajuster sa balance commerciale17. C'est au cours de cette période qu'il y ait eu le renforcement et la promotion des produits exportés notamment des secteurs existants comme le café, thé et tourisme et encouragement du développement des nouveaux secteurs comme l'horticulture et l'artisanat.

Dans le but d'accéder au marché élargi, le forum NTPF ( National Trade Plate Form) fut établi en 2004 pour la préparation de l'intégration régionale et internationale de l'économie Rwandaise18. Alors fut membre de certaines communauté régionales comme le COMESA, EAC... le secrétariat de NEPAD fut commencé en septembre 2003 et le processus d' APRM a commencé en février 2004.Le Rwanda reste encore membre de la CEPGL19.

Au point de vue international, le Rwanda a négocié en mai 2000 les accords entre les entreprises des USA important les produits rwandais dit : AGOA (Africa Growth Opportunity Agreement) et en 2004 avec l'union européenne l'agrément de partenariat économique (EPA)20.

Tout ceci nous a conduit à formuler les questions ci-dessous et ces questions constituent les thèmes majeurs de notre recherche.

Quel est le facteur clé qui a empêché la réussite des programmes d'ajustement « Programme d'ajustement Structurel et Politique de libéralisation des changes » déjà appliqué au Rwanda ?

Les politiques commerciales d'intégration économique et de promotion d'exportation ainsi que les chocs à l'économie aboutiront-ils à retrouver les grands équilibres macroéconomiques et l'ajustement de la balance commerciale ?

17 MINECOFIN , Annual repport 2004 Kigali, 2005, Pp35-40

18 : Ibidem

19 : Ibidem

20 : Ibidem

6

Telles sont les questions auxquelles nous allons répondre au cours de cette étude.

4. HYPOTHESES DE LA RECHERCHE

Le programme d'ajustement structurel et la politique de libéralisation des changes ont échoué parce que leurs applications n'ont pas tenu compte de la situation économique du pays où l'importation joue un grand rôle dans la production. Alors la variation du taux de change à la hausse n'aboutit qu'à l'augmentation des coûts des facteurs.

La politique commerciale d'intégration et celle de promotion des exportations aboutiront à l'ajustement de la balance commerciale si elles seront appliquées de façon à augmenter la production intérieure des biens à exporter et à trouver leurs marchés.

Toute politique économique visant à soutenir les investissements intérieurs nous aidera à ajuster la balance commerciale du Rwanda

5. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

5. 1 Objectifs généraux

Au cours de cette étude, nous voulons analyser l'efficacité de la politique économique appliqué au Rwanda et sa capacité d'ajustement de la balance commerciale. Et en nous basant sur l'expérience internationale de vérifier, en tenant compte de sa structure économique, que la balance commerciale du Rwanda sera ajusté.

Le premier chapitre qui s'intéresse sur la notion du commerce international, l'analyse des facteurs explicatifs de ce commerce.

7

5.2 Objectifs spécifiques

Le présent travail se fixe comme objectif de :

-Décrire la structure du commerce extérieur du Rwanda et son évolution.

-Décrire les efforts d'ajustement de la balance commerciale du Rwanda depuis 1990 jusqu' à nos jours et de présenter leurs faiblesses et leurs points forts.

-Identifier et décrire les facteurs qui influencent le déficit de la balance commerciale du Rwanda.

-Montrer l'influence de la politique économique dans l'ajustement de la balance commerciale du Rwanda.

6. CHOIX DE TECHNIQUES ET METHODES

Au cours de notre étude, en vue de vérifier nos hypothèses, et d'atteindre nos objectifs, nous avons utilisé la technique documentaire qui nous a permis à analyser les documents, rapport et revue en rapport avec notre recherche. Quant aux méthodes nous avons utilisé la méthode économétrique qui nous a aidé à démontrer par des tests statistiques les facteurs qui peuvent influencer le déséquilibre de la balance commerciale au Rwanda. La méthode analytique qui nous a aidé à analyser les effets de la politique économique sur ces facteurs en vue de réduire ce déséquilibre. Ainsi la méthode comparative qui nous a aidé à comparer l'ajustement de la balance commerciale du Rwanda dans ses différents approches d'ajustements.

7. PLAN DU TRAVAIL

Ce travail est structuré de la façon suivante :

8

La seconde qui s'intéresse de la situation du commerce international au Rwanda et analyse des systèmes d'ajustement déjà appliqués au Rwanda.

La troisième chapitre portera sur les analyses empiriques sur les évolutions de la balance commerciale dans ses deux approches (de contrôle de change et contrôle des flux des capitaux) et compte tenu des résultats trouvés , nous porterons jugement sur l'approche d'ajustement pourra être la meilleur sur l'économie Rwandaise et ainsi les analyses des politiques économiques sur cette approche tout en tenant compte de la structure de notre économie et en fin une conclusion et quelques suggestions.

9

CHAPITRE I CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

Pour mieux comprendre la suite de notre recherche, il est nécessaire que nous analysons les facteurs pouvant expliquer le commerce international, le fonctionnement de ce commerce et celle de l' appareil économique dans un pays sans barrière commercial.

I 1. NECESSITES DU COMMERCE INTERNATIONAL

I. 1.1 AVANTAGES ABSOLUS ET AVANTAGES COMPARATIFS

La première explication du commerce international est celle d' Adam SMITH qui fonde les échanges internationaux sur les avantages absolus de coût (un pays exporte s'il produit moins cher que les autres)21. Cette analyse comporte une limite évidente : une nation ne disposant d'aucun avantage absolu ne peut participer au commerce international. Les théories traditionnelles, celle de RICARDO et du modèle HOS (Hecksher -Ohlin- Samuelson), en dépit de leurs différences considérables dans leurs explications des échanges internationaux reposent sur deux piliers communs : une définition identique de la nation et le recours au principe des avantages comparatifs22.

Les théories traditionnelles reposent sur démarche commune dans un premier temps on raisonne sur deux économies nationales fermées qui produisent deux biens (puis on généralise sur plusieurs nations et plusieurs biens). Les nations diffèrent entre elles, selon des critères propres à chacune des approches. Dans la version ricardienne, ce sont les techniques de production qui diffèrent alors que dans la version HOS ce sont les dotations relatives en facteur de production. Cette différence entre nation est fondamentale puis que c'est elle qui est à l'origine de l'échange. Alors un pays a un avantage comparatif dans la production d'un bien si le coût d'opportunité de la production de ce bien sont moins chers qu'en autres pays23.

21 KRUGMAN P et OBSTFELD M International economics, theory and policy, Princetown university press, Princetown,2003 P 9

22 Idem P 11

23 Idem P 12

24 DUNN R M et MUTT J , International economics 6 ThEdidition ,Routledge edition, Washington, 2004 P 27

10

En effet pour comprendre pourquoi deux nations vont échanger, il faut montrer qu'elles y ont intérêt et donc que leurs situations s'améliorent en passant de l'autarcie à l'économie ouverte. Non seulement de l'intérêt à tirer mais aussi de leur capacité de production.

I.1.2 ECHANGES INTERNATIONAUX ET RENDEMENT CROISSANT

L'hypothèse de rendement d'échelle constant est particulièrement importante pour établir les résultats traditionnels. La spécialisation internationale n'est déterminée que par des différences internationales dans les techniques de production (pour la théorie ricardienne) ou par des différences internationales dans les dotations relatives des facteurs de productions (pour la Théorie HOS).

Dans ces théories, la taille des nations n'a aucun impact sur la spécialisation internationale. Que se passe-t-il si les coûts de production diminuent avec les quantités produites, quelle que soit la forme précise de cette relation ? les conséquences sont nombreuses ,mais ne peuvent être abordées rigoureusement qu' après une définition du types de l' économie d' échelle envisagées, la spécialisation internationale est expliquée par les économie d' échelle ou bien celles-ci peuvent avoir un impact sur les gains en bien-être découlant de la spécialisation. De plus, la nature des rendements d'échelles croissants retenus a des implications sur l'existence de la concurrence au sein d'une économie.

I.1.2.1. DIFFERENTS CAS DE RENDEMENTS D' ECHELLES CROISSANTS

Le premier traitement des rendements d'échelle croissant est attribué à Marshall qui introduit la distinction fondamentale entre les économies d'échelle interne et externe à la firme24. Ces deux types d'économie d'échelle sont utilisé dans la théorie du commerce international et conduisent à des résultats distincts. La différence la plus notable provient de ce que l'implication première des économies d'échelle interne est la marche inéluctable vers le monopole.

25 ibidem

26 Idem P28

11

I.1.2.1.1.LES ECONOMIES D' ECHELLE INTERNES

Il est possible de qualifier de manière générale les rendements d'échelle variables qui sont interne à la firme en recourant à la formalisation en terme de fonction de production. Supposons pour retenir le cadre théorique de l'échange international que la firme mette en oeuvre des quantités de capital K et des quantités de travail L. Pour son produit, la fonction de production présente des rendements d'échelles croissants pour ces quantités de facteur de production. Si f ( ëk,ël) > ëf(k,l) avec ë>1 concrètement cela signifie par exemple qu' un accroissement de 10% des quantités de facteurs employés conduit à une augmentation de la quantité de biens produits de 15%. Ces rendements d'échelle croissant sont internes à la firme puisque c'est l'augmentation de la taille de celle-ci et elle seul qui conduit aux économies d'échelle. Selon les analyses traditionnelles elles peuvent provenir les performances réalisées par l'organisation interne de la firme ou encore l'existence d'un coût fixe. Les économies d'échelle, pour Marshall, ne peuvent exister quelque soit le niveau de production. Selon lui, la firme rencontre dans son développement trois phases de rendement d'échelle interne (croissant, constant puis décroissants)25 ce qui signifie la forme en U des courbe des coûts utilisées par l'analyse Micro-économique. Afin de simplifier l'exposé seul le cas extrême où les coûts de production diminuent de manière monotone lorsque la taille augmente est considéré par suite.

I.1.2.1.2.ECONOMIE D'ECHELLE EXTERNE

Les économies d'échelle externe à la firme mais internes au secteur sont, par définition de MARSHALL, dépendante du développement général du secteur au quel appartient la firme26. Lorsque de telles économies existent, toutes les firmes du secteur voient leurs coûts de production diminuer alors que les quantités globales produites augmentent. Le coût unitaire de production dépend alors de la taille du secteur mais pas de celle de la firme spécifique. C'est le cas par exemple lorsque les industries sont concentrées dans un lieu donné, ce qui

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permet le développement d'une offre de services utilisées par tous les producteurs et d'une offre de travail spécialisé. La référence classique est celle de la Silcon valley aux états unis pour les semi-conducteurs27. Les économies d'échelle externe sont compatibles avec la persistance de la concurrence.

La définition du commerce international est dû souvent au système de production envisagé par la nation. Non seulement la production obtenu après les économies d'échelle mais aussi la compétitivité prix de ces produits.

I.1.3. STRUCTURE DES MARCHES ET LE COMMERCE INTERNATIONAL

I.1.3. 1. Marché de concurrence pure et parfaite

Le marché de concurrence pure et parfaite est celui dont le profit du secteur, le prix étant fixe, est déterminé par la compétitivité de la quantité du bien écoulé sur le marché28. Selon OHLIN cité dans Nouvelle Théorie du commerce international29, les avantages découlant de la production à grande échelle peuvent être une explication des échanges internationaux.

Si de telles économies existent de manières significatives dans la production du bien donné, elles ont pour effet de favoriser, toutes choses restant égales par ailleurs,les nations qui produisent des volumes important de ce bien. Il en découle que l'entré sur le marché international des nouveaux producteur capable de produire à des coûts faibles peut être impossible.

Selon KRUGMAN30, la différence des coûts de production entre deux nations sur le marché conduit à ce que le dernier entrant offre soit des quantités inférieurs que celles du premiers ou soit à des prix inférieur de ses coûts de production. Ce qui conduit si la première alternative est acceptée à un duopole de Stackelberg ou bien la non rentabilité du dernier entrant si la seconde alternative est acceptée.

I.1.3.2. Concurrence imparfait

27 KRUGMAN et Als ; Economie internationale, 1995,P176

28 BERNARD Y Dictionnaire économique et financière, Edition du seuil, Paris 1975

29 RAINELL M ,Nouvelle Théorie du Commerce international, La Découverte,2001 P 35

30 KRUGMAN et Als, opcit,P200

31 RAINELL M,Opcit, P 42

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I.1.3.2.1 Monopole

Ce marché est d'une concurrence imparfaite où le monopoleur fixe le prix qui lui permet d'écouler sa production et de réaliser les profits.

L'existence du monopole sur un marché international est éphémère car en premier lieu, il existe un monopole potentiel dans sa production. Car le marché réalise des superprofits, d'autres firmes susceptibles de produire entrent sur le marché, donc un oligopole si la production est identique.

I.1.3.2. 2 Autres marchés contestables

Selon la théorie développée par BAUMOL31, le marché est contestable quand il est composé par les concurrents potentiels susceptibles d'entrer sans délai sur le marché parce que ces firmes n'ont pas d'avantages sur les entrants potentiels. Leur nombre dépend de la demande qui leur est adressée et la fonction des coûts. Si ces firmes présentent les économies d'échelles internes, pour une demande donnée, le marché est un monopole. Mais au contraire du monopole traditionnel,par menace des nouveaux entrants potentiel, la quantité à offrir par ce monopole sera fixe après la rencontre de la courbe des coûts moyen avec celle de la demande.

Si l'économie est ouverte, la fonction de demande du bien considéré est identique dans les divers pays. En revanche, les coûts de productions se différent en raison des dotations factorielles relatives de ces pays. L'infériorité des coûts de production fait que l'équilibre de l'un soit non soutenable, dès qu'il existe un commerce international sans barrière aux échanges entre les deux pays et en raison d'économie d'échelles internes, le prix d'équilibre s'établit à un niveau inférieur. Ceci a comme conséquence que le monopoleur d'un seul pays sera seul capable d'approvisionner le marché dans divers pays.

Si il existe de la spécialisation international pour chaque monopole, chaque bien aura son seul producteur mondial, alors chaque nation continue

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à produire de façon marginale un bien dans lequel il ne dispose pas un avantage comparatif.

I.1.3.3 Marché de concurrence monopolistique

Le marché de concurrence monopolistique est une forme de compétition où les produits sont de nature identique mais la différenciation s'opère lors de leur commercialisation. Après la parution de l'oeuvre intitulé la théorie de la concurrence monopolistique par CHAMBERLAIN en 193332, la différenciation des produits et devenue un thème qui s'est très rapidement popularisé et qui a été intégré dans l'analyse des marchés.

La différenciation des produits selon l'analyse Chamberlain est dite vertical car elle porte sur la qualité des produits. Une autre forme de différenciation dite horizontal a été développeée par HOTELLING en 1929 et consiste à une spécification des produits33. Ces deux modalités connaissent des prolongements dans l'étude du commerce international.

I.1.3.3.1 DIFFERENCIATION VERTICALE

Dans l'analyse de la concurrence monopolistique de Chamberlain34, les consommateurs peuvent traiter les produits comme différents soit pour des raisons subjectives (un vendeur est bien accueillant qu'un autre) soit par des raisons objectives ( il existe une différence physiques entre deux produits ). Dans ces deux cas, l'effet est la même : le vendeur dispose un monopole relatif sur son produit limité par l'existence des produits substituables.

Une firme en concurrence monopolistique selon Chamberlain est confrontée de deux courbes de demande :

La demande adressé à la firme notée par DD'

32 Ibidem

33 Idem P 45

34 idem P46

15

La demande adressé aux firmes fabriquant des produits substituables notée par dd'

Les deux courbes sont de pente négative mais elles se coupent en raison de leurs différences en pentes.

Figure 1 Firme en concurrence monopolistique selon Chamberlain

D

d

p

Po

 

d'

 

 

Q

Qo

La solution de tangence suppose que les firmes considérées ont un coût moyen à long terme (CMLT) qui représente les économies d'échelle interne. Toutes les

Source : RAINELL M, Nouvelle théorie du commerce international, La découverte,2001 P46

La courbe DD' représente l'augmentation des quantités vendues au delà de Qo que pourrait réaliser la firme en diminuant son prix en dessous de Po en supposant que ses concurrents suivent le mouvement. En revanche, la courbe dd' décrit la variation des ventes lorsque l'entreprise a diminué son prix tandis que ses concurrents conservent leurs prix inchangé. De ce fait, l'entreprise qui aurait dû diminuer son prix conquière une partie de la demande adressée à ses concurrents. L'équilibre de ce marché à long terme est conduit à l'aide de ces deux courbes dans le raisonnement de Chamberlain dite « solution de tangence ».

35,idem P 49

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firmes appartenant aux mêmes groupes vendent des quantités égales aux mêmes prix. Si une des firmes diminue son prix jusqu'à son optimum (où son CMLT coupe la courbe DD') le nouveau prix P1 sera inférieur à Po ( P1< Po ) ce qui traduit la diminution de la demande pour les firmes concurrentes et l' augmentation de la demande pour la firme qui a diminué son prix.

Figure 2 comportements des entreprises en concurrence monopolistique

p

D

d

d*

Po

CMLT

d*'

Qo

Q

Q1

D'

'

P1

d'

Source : RAINELL M, Nouvelle théorie du commerce international, La découverte,2001 P48

I.1.3.3.2. DIFFERENTIATION HORIZONTALE

Dans le cadre du commerce international les biens sont produits dans différentes économies et un produit peut être obtenu auprès d'un fournisseur national ou étrangère. La double demande conduit à une double de la production qui en raison d'existence des économies d'échelle, est à l'origine de l'apparition des superprofits qui entraînent l'entrée des nouveaux concurrents jusqu' à ce que les profits soient annulés35.L'accroissement du nombre des biens produits conduits à une diminution de la distance les séparant, ce qui implique que toutes les firmes

36 KRUGMAN Op.cit P11-25

37 COI E.K. et HARRIGAN. J a hand book of international trade; Blackwell publishing;Victoria 2003p353

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doivent modifier les produits qu'elles offraient. Puisque la forme générale du commerce international est expliquée de même que son niveau de spécialisation, ceci implique une diminution du prix .c' est à dire le coût de production, d' autre part l' accroissement des gammes produits offerts ce qui permet au consommateur d' obtenir des produits combinant les caractéristiques les plus proches de leurs goûts.

Vu la contribution des marchés dans le commerce international, voyons l'impact de la politique et la situation géographique des économies qui vont échanger.

I.1.4 Climat géo - politico- économique et commerce international

Selon KRUGMAN les activités économiques sont reparties dans diverses régions à cause des rendements croissants ; les coûts de transport ; la demande. Si il existe des économies d'échelles suffisamment fortes, les producteurs sont incités à approvisionner le marché national à partir d'une localité où la demande est importante. Une fois la localité est choisie, elle a tendance à être stable et auto renforcée36.

En d'autres termes, le fonctionnement du commerce international ne s'explique qu'à partir de ce qui se passe à l'intérieur de la nation. Ainsi la spécialisation internationale est expliquée par les spécialisations locales. La constitution du macro- agent très particulier qu'est la nation conduit à faire l'impasse sur ses composantes, qu'elle agisse sur les agents économiques ou de démembrement territoriaux des nations comme des régions. Ceci est valable lorsque on suppose que la spécialisation internationale est due à la dotation factorielle des facteurs de production37.

I 2 COMMERCE EXTERIEUR DANS UN PAYS

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I.2.1 Définition et nécessité d'exportation dans un pays

C'est la quantité des biens et services vendus par un pays à d'autres pays étrangers. Elle a une importance remarquable dans le développement d'un pays dans le sens où elle permet d'acquérir les devises étrangères nécessaires au financement des importations des biens d'équipements indispensable au développement du pays. En plus de cette fonction essentielle, ces devises facilitent le règlement des dettes entre les pays et constituent une réserve de change pour les banques centrales38.

Le rôle des exportations dans le processus de croissance économique se manifeste à travers le mécanisme multiplicateur du commerce international. Les revenus obtenus dans le secteur des industries ou des activités exportatrices tendent à se diffuser dans l'ensemble de l'économie et à provoquer un accroissement plus que proportionnel du revenu global. La hausse de la production favorise à son tour des investissements induits par le mécanisme d'accélération39.

L'expansion des industries exportatrices suscite la réaction des industries auxiliaires, en amont et aval. Il y a aussi la formation du capital fixe résultant de la constitution ou le développement d'infrastructures, en particulier dans le domaine de transport et communication.

I.2.2 Définition et importance d'importation dans un pays

C'est la quantité des biens et services achetés par un pays à d'autres pays étrangers. Elles sont importantes dans le sens où aucun pays ne peut produire tous les biens qu'elle a besoin pour le bien être de sa population40. Les différences des pays en dotation factorielle, en climat, en technologie, en ressources naturelles poussent les pays à produire à des coûts différents. Alors les pays recourent aux importations des biens qu'ils ne peuvent pas produire ou qu'ils produisent à des coûts non compétitifs.

38KRUGMAN et OBSTFELD,International economics 6thEdition,Prince town university press,Princetown,2003 p286

39 HANS V. A Guide to International Monetary economics, Third Edition, MPDBooks LTD, P 189

40 KRUGMAN et OBSTFELD Op-cit, 2003 P290

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I.2. 3 SOLDE COMMERCIAL

Le solde commercial est défini comme étant la valeur de la différence entre les

quantités exportés et les quantité importés. Il est dite encore balance
commerciale ou exportation nette parce qu'il est le résultat du commerce entre les économies différentes entre elles41.

Il existe deux façons de trouver la balance commerciale42

I.2. 3.1.Approche Traditionnel ou méthode de contrôle de change

Elle s'obtient par le solde des transactions des biens.

Les importations sont généralement enregistrées en valeur CIF ( Cost insurance and freight) tandis que les exportations sont enregistrées en valeur FOB ( Free on Board) exclus les coûts accessoires sus mentionnés .

Si les exportations excèdent les importations, il y a un surplus commercial, si les importations excèdent les exportations, il y a un déficit commercial.

La balance commerciale n'enregistre que les transactions effectuées entre les agents économiques domiciliés dans un pays d'une part et à l'étranger d'autre part. Elle a été considérée depuis longtemps comme un critère de santé économiques43. Son excédent tel que son déficit soit interprété prudemment car un pays peut avoir besoin d'importer beaucoup pour soutenir son rythme de croissance.

Une solde négatif veut dire que (?X-?M)<0 où ?X est la somme des valeurs exporté

?M est la somme des valeurs importés

Comme l'équilibre macroéconomique est

PIB = ?CF+? FBC+(?X-?M) Où PIB est la production intérieure brute

41 Ibidem

42 JARUSLAV V, International trade: Theory and economic policy, HOMEWOOD INC 1964,P25

43 MATUSZ S.J et TARR .D , Adjusting to trade policy reform,the word bank July 1999 .P15

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?CF est la valeur des consommations finales

? FBC est la formation brute du capital

Alors une déficit de la balance commercial implique que PIB < ?CF+? FBC

En terme réel, la consommation et l'investissement intérieur dépassent la capacité de production d'un pays. Alors le pays doit faire de ce que les investissements des équipements soient financés soit par les nouveaux importations ou soit par l'épargne étrangère.

Enfin, un déficit de la balance commerciale induit une accumulation des engagements envers l'extérieur. C'est à dire une augmentation de la dette extérieure, sans tenir compte du service de la dette.

I.2. 3.2.Approche monétaire ou méthode de contrôle des flux des capitaux

Cette approche donne responsabilité du déficit à un excès d'émission monétaire dans un pays. Selon cette approche, il y a lien entre l'offre de la monnaie et le déficit extérieur44.

Un déficit extérieur entraîne une perte de réserve de change qui aboutit à son tour à une diminution de l'offre de la monnaie un excédent extérieur entraîne une augmentation des réserves de change qui aboutit à son tour à une augmentation de l'offre de la monnaie.

Ceci veut signifier que toute expansion du crédit à l'économie par la banque centrale au delà du niveau des encaisses que désirent les agents, entraîne une diminution des réserves de change, qui réduit à son tour l'offre de la monnaie, jusqu' à ce que les encaisse liquides retrouvent le niveau voulu. Les agents économiques se défont des encaisses non désirés en achetant des biens et titres à l'extérieur45. Donc le déficit est le résultat direct de l'émission excessive de la monnaie par rapport à la demande. Selon cette approche, le déséquilibre de la

44 Ibidem

45 HANS V Op.cit P 186

21

balance commerciale n'est que la manifestation d'un déséquilibre plus profond du marché monétaire d' où son équilibre ne se retrouve qu'à une réduction de l'offre de la monnaie ou du crédit à l'économie et à l'état.

I.3 POLITIQUE ECONOMIQUE DU COMMERCE EXTERIEUR

I .3.1 Libre échange

Le libre échange est une politique économique qui consiste à une libre circulation des marchandises entre les pays. Cette politique consiste à un laisser faire des marchés tant des biens et services, de change, de facteurs de production....

Elle favorise la concurrence entre les entreprises des pays, de ce fait elle a comme avantage de combler l'écart éventuel entre l'offre et la demande, ainsi la tension inflationniste. Ainsi elle permet encore aux consommateurs d'acquérir les biens à des prix moins élevés, et aux entreprises d'éviter de gaspiller des ressources, se maintenir face à la concurrence et à orienter leurs ressources vers les branches les plus performantes46.

I .3.1.1. Conditions du libre échange

I .3.1.1.1 Rendement croissant et compétition des marchés

L'offre sur le marché dépend de la production et la demande sur le marché. Selon Chamberlain, l'élasticité de la demande pour une entreprise en concurrence monopolistique doit être égale à l'élasticité de substitution des variétés47.Alors l'absence de rendement croissant, une nouvelle demande ne sera pas satisfaite, cela entraînera une préférence aux biens substituables.

I .3.1.1.2.Préférence des consommateurs et leur pouvoir d'achat

L'utilité du consommateur dépend de la consommation qui à son tour dépende de la disponibilité des biens sur le marché, la préférence et le pouvoir d'achat du

46 CHOI E. K. et HARRIGAN J, op. cit, Black well publishing, Victoria 2003 Pp213-251 47TARR. D.G et RUTHERFORD T.F; Trade liberalisation and endogenous growth in small open Economy; The world bank, Sept 1998 P 14

-Les inégalités des situations entre les entreprises nationales et les entreprises des puissances économiques inégal avec les leurs.

22

consommateur. Ces biens proviennent soit de la production domestique à peine d'être substitués par les importations et vice versa, à cause de la limite du budget du consommateur tous en fonction de leur prix .

Ceci peut être résume selon la quantification de COBB-DOUGLAS

U=(? Ät Ctö) 1/ö où ö désigne l' utilité marginal procuré par la consommation supplémentaire d' une nouvelle unité des biens.

Et Ct=f(CDt4'd CM 1-4'd) où 4' désigne l'élasticité de substitution des biens domestiques face aux biens importés.

La décision de consommation de tel ou tel outre bien dépendra non seulement de son prix mais aussi du niveau de satisfaction procuré face au pouvoir d'achat du consommateur.

I .3.1.1.3.Equilibre budgétaire de l'état

La provision en biens et services publics est faite pour fournir une certaine utilité aux consommateurs. Ces biens sont acquises soit par la production domestique (GDt) ou soit par importation (GMt) et leurs acquisitions dépendent du budget de l' état.

Donc Gt=f(GDt 4'd GM 1-ád )

Ce budget est une perception d'impôt et taxe que l'état acquis pour financer ses activités de fonctionnement.

En cas de libre échange c'est les prix qui règnent les marchés car chaque pays s'approvisionne où les prix sont compétitifs.

I.3.2. Protectionnisme

Le protectionnisme est une politique économique qui consiste à protéger les marchés par les barrières tarifaires ou non tarifaire. Les raisons de ceci sont :

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-La protection des secteurs de production menacée par les importations des biens finaux étrangères afin de sauvegarder l'emploi.

-La concurrence déloyale.

Les principaux moyens utilisés par le protectionnisme sont :

-Les droits de douane : sont des impôts applicables aux marchandises à leurs entrées et à leurs sorties du pays. ils comprennent les droits d'entrées et droit de sorties et droit de transit. Leur ensemble forme les tarifs douaniers.

-Les prohibitions : sont des introductions qui frappent certaines importations ou exportations.

-Les contingentements : sont des interdictions limitant les quantités des importations ou exportations.

-Les subsides : sont des aides financières que l'état accorde à ses exportateurs pour les permettre de se faire face à la concurrence internationale afin de vendre aux bas prix. Il en de même pour les producteurs.

-Les restrictions de payement : regroupent toutes les mesures destinées à limiter les moyens de paiement à la disposition des importateurs nationaux.

-Le contrôle des change : est un moyen exercé par l'autorité monétaire du pays pour éviter la variation du cours de la monnaie nationale en vue de lutter contre la spéculation, protection des réserves de change et d'influencer les investissements étrangères dans le pays.

I.4. POLITIQUE ECONOMIQUE ET AJUSTEMENT DU COMMERCE EXTERIEUR

Dans le cadre du commerce international, les politiques économiques ont pour objet d'influencer les quantités des biens et services exportés ou importés. Elles revêtent le plus souvent la forme de protection des entreprises nationales contre la concurrence étrangère, soit en imposant une taxe sur les importations en provenance de l'étranger (tarif douanière) ou en limitant la quantité des biens qui peuvent être importé (contingentement).

48 Idem P16

24

Cette politique ne modifie pas ni le niveau de l'épargne ni de l'investissement. Car le déficit commercial traduit un excèdent d'importation sur les exportations, on devrait s'attendre à ce que la réduction des importations permette de réduire le déficit de la balance commerciale. Cependant, la tendance nous montre que les

politiques du protectionnisme entraînent une appréciation du taux de change réel48.

I.4. 1. Politique de change et ajustement du commerce extérieur

Elle est une des politiques économiques utilisées pour agir aux équilibres tant internes qu'externes. Elle intervient pour modifier ou défendre la parité. Elle utilise les techniques de dévaluation et dépréciation monétaire. La dévaluation de monnaie se fait en cas des parités fixe pour corriger la défaillance du marché tandis que la dépréciation se fait en cas de parités flexibles par le jeu d'offre et demande. Ces techniques connaissent des effets directs sur le commerce extérieur. Le premier est qu'ils influencent les quantités importées et exportées, car une fois la monnaie est dévaluée ou dépréciée, les importations deviennent chères et les exportations moins chères. Si l'économie est dans l'état des rendements croissants avec possibilité de substitution, elle va en profiter pour équilibrer sa balance courante. Ces techniques permettent aussi l'entrée des capitaux qui soutiennent les investissements intérieurs à cause du faible coût des facteurs productifs.

I.4. 2. Politique monétaire et ajustement du commerce extérieur

Elle est une des politiques économiques utilisées par les autorités monétaires afin de défendre la monnaie nationale contre les effets destructeurs de l'économie. Elle s'occupe spécialement des valeurs nominales des taux d'intérêt. Elle a un caractère plus financière que monétaire. Elle est utilisée pour faire face à l'inflation et à la stabilisation des marchés de change et elle révèle l'intervention

25

étatique dans l'activité économique. Cette politique a des effets néfastes si le pays exporte les biens à forte élasticité prix, capable d'être substitués49.

I 5 DIFFICULTES ET CONDITIONS DU COMMERCE EXTERIEUR

Les entreprises exportatrices et importatrices sont confrontées à des difficultés sur les marchés étrangers qu'elles ne rencontrent pas sur les marchés nationaux. La vente à l'étranger est confrontée par des mesures tarifaires et non tarifaires limitant l'entrée de certains produits, malgré les diverses mesures de libéralisation du commerce mondial. Le moyen le plus couramment utilisé est le protectionnisme qui, dans son sens étroit, consiste à protéger la production nationale contre la concurrence étrangère. Dans son sens le plus large, le protectionnisme peut être défini de manière à couvrir toutes les conceptions qui visent à faire l'Etat de contrôler l' ensemble des échanges avec l' extérieur. A côté de ces mesures des autorités politiques, il y a lieu de souligner les problèmes relatifs à la préférence des consommateurs, au système de distribution, à la promotion des ventes, aux conditions des ventes, à la concurrence, aux coûts de transport et enclavement, de l' insuffisance de la production, et faible capacité de production, du marketing des produits exportés, absence des recherches nécessaires pour l'augmentation de la qualité, la compétitivité des produits, les subventions de certains pays sur leur producteurs, la gamme restreint des produits à exporter etc....

I 6 PROBLEMATIQUE D'AJUSTEMENT DE LA BALANCE COMMERCIALE EN AFRIQUE

I 6 1 Libéralisation des marchés au Cameroun50

49 LIPSEY et CHRYSTAL, Economics 8 Th Edition, OXFORD UNIVERSITY PRESS Pp 617

50 AWOUMOU J D, La libéralisation des marchés et le développement durable en Afrique: le cas du secteur agricole au Cameroun, Mémoire online.com consulté le 7/06/2008.

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Le Cameroun est un pays d'Afrique centrale où le secteur agricole occupe près de 60% de la population active et représente à peu près de 30% du PIB et 15% des recettes budgétaires du pays. La crise économique qui a frappé le continent africain à partir de la fin des années 80 n'a pas épargné le Cameroun. . Le Produit Intérieur Brut (PIB) évoluait vers une tendance haussière de façon à atteindre 15% de croissance annuelle en 1981. La hausse des exportations du fait du boom pétrolier avait maintenu la balance commerciale en excédent jusqu'en 1985 ; toutefois à la suite des plusieurs facteurs endogènes et exogènes le Cameroun va rentrer dans une phase de turbulence économique dont il n'est pas encore sorti. Les indicateurs de performance économique ont commencé à décliner dès l'année 1986. L'augmentation de l'inflation va compromettre la compétitivité industrielle du Cameroun ; ce recul de la compétitivité associé à la dépréciation du dollar américain et à la chute des cours des matières premières conduira à la crise économique. C'est ainsi que le PIB enclenche une décroissance dès 1987 ; il passe d'un taux de +6,9% en 1985/1986 à une baisse moyenne de -4,3% par an jusqu'en 1992. Le revenu moyen par habitant en 1993, ne représentera plus que la moitié de ce qu'il était en 1986. Cette crise économique généralisée a frappé de plein fouet le secteur agricole. Le comité technique de suivi des programmes économiques affirme que de 1989-1990, on note une chute progressive de la production agricole, notamment d'exportation ; les recettes d'exportation d'origine agricole évoluent à la baisse de 1986-1993. En conséquence, le budget de l'Etat enregistre des déficits; il se chiffre à 104 Milliards en 1985/1986 ; la balance de paiement est négative à hauteur de 44,7 Milliards en 1987/1988. En somme la crise économique est consommée dès 1987 et la tendance va s'aggraver dans les années suivantes. Après des tentatives d'auto ajustements, les autorités camerounaises se tournent vers les bailleurs de fonds internationaux notamment le FMI et la banque Mondiale pour injecter un nouveau souffle par le biais de l'emprunt. Ces derniers dressent un bilan de la situation économique camerounaise et propose un réajustement de l'économie. Pour les économistes de Bretton Woods, la crise de solvabilité des pays africains comme le Cameroun est due à une combinaison de trois facteurs : la faiblesse de l'épargne locale du

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fait des taux d'intérêts réels négatifs ; l'interventionnisme étatique conduisant à évincer l'investissement privé de la production et à maintenir une distorsion des prix ; enfin, une surévaluation des taux de change qui fragilise les exportations. La combinaison de cet ensemble de faiblesses structurelles, militera en faveur d'une solution de nature structurelle. Ce changement de politique économique se fera par le biais des programmes d'ajustement structurel (PAS) conclus avec les institutions de Bretton woods. Ils préconisent une réduction du rôle de l'Etat dans la sphère économique et la promotion des lois du marché. Les PAS sont guidés par les trois principes inspirés du consensus de Washington : l'austérité budgétaire, la libéralisation des marchés et la privatisation des services publics. En ce qui concerne le domaine agricole, les PAS ont permis l'adoption en 1990 d'une nouvelle stratégie de développement basée sur la libéralisation et la privatisation des activités de production et de commercialisation. Cette réforme du secteur agricole fonctionne d'après les principes suivants : une fixation des prix laissée aux forces du marchés(donc plus de responsabilisation des acteurs) ; une retrait des interventions étatiques dans la filière production - commercialisation des produits agricoles ; et l'établissement des règles de compétions qui garantissent un accès du marché égalitaire à tous les acteurs locaux et étrangers .L'ambition que cette nouvelle politique agricole affichait était de parvenir à : une meilleure offre de service à moindre coûts, une allocation optimale des ressources pour une production efficace, une responsabilisation accrue des acteurs et une promotion de l'esprit d'entreprise . Malgré le regain de croissance observé depuis 1997 au Cameroun, le niveau de vie des populations s'est détérioré. D'après les statistiques de l'Enquête camerounaises auprès des ménages, 40,2% des camerounais vivraient en dessous du seuil de pauvreté en 2003. Cette pauvreté est majoritairement concentrée dans les zones rurales à forte vocation agricole. Depuis la libéralisation on a assisté à une dévalorisation

I .6 .2.Programme d'ajustement structurel en Afrique Subsaharienne51

51 http://www.liberation Afrique,Bilan du Programme d' ajustement Structurel en Afrique subsaharienne,htm. Consulte le 07/06/2008

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Le programme d'ajustement structurel vise à une libéralisation des marchés et de la privatisation qui sont des techniques de laisser faire de l'économie. Cette liberté du PAS a confisqué le pouvoir décisionnel des populations au profits des bailleurs de fond. C'est le cas des accord de libre échange entre les pays riche et pays pauvre ACP-UE qui consacrent l'abolition des tarifs douaniers à l'entre et la sortie. C'est encore le cas de la zone franche d'exportation où les produits sont transformés hors taxe dans les conditions deprolable du Travail. L'ouverture des marchés considérée comme un heureux évènement par les forces capitalistes, qui, dominent le marché, a vu un grand mouvement des exportations du Sud vers le Nord et la chute des valeurs brutes d'exportations du fait de la grande fluctuation des prix fixés dans les bourses de WALL STREET, Chicago et Londres. Mais, la baisse des prix à l'exportation coïncide avec la hausse des prix des produits manufacturés importés du Nord vers le Sud ; ce qui engendre d'énormes déficits de la balance commerciale.

le niveau du déficit était nul en 1980, il passe en 6 ans, de 1990 à 1996 pour l'Afrique subsaharienne à 20 fois plus (de 600 millions à 11,5 milliards). Cette situation est sous-tendue par le dumping pratiqué par les pays industrialisés du Nord dont la production est subventionnée grâce au protectionnisme économique avec des tarifs élevés appliqués sur les exportations du Sud.

Le but des exportations du Tiers-monde qui était de procurer les devises nécessaires au remboursement des dettes centralisées est mis en échec en raison de la multiplication du taux d'intérêt qui met bon nombre de pays en situation d'insolvabilité chronique. Seul un petit groupe d'une vingtaine de pays ne sont plus boudés par les investisseurs (Nigeria, Afrique du Sud, Gabon, Cameroun, etc.) grâce généralement à leur production pétrolière.

Les pays pauvres sont enfermés dans un cycle d'endettement chronique du fait de la baisse de leurs recettes, d'exportations : baisse du prix du cacao de 48 %, thé 36 %, coton 46 % en 1999 par rapport à 1997 d'où leur besoin de recherche des devises en contractant de nouveaux prêts pour rembourser les dettes antérieures et aggraver lourdement leurs déficits. C'en est fini de l'engouement des capitalistes autrefois secoués par les menaces d'un développement alternatif,

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sous la bannière communiste qui se précipitaient pour octroyer aux pays du Tiers-monde des prêts colossaux et finançaient des projets pharaoniques sous des dictatures sanguinaires : cas des barrages d'Inga (ex Zaïre), Narbada (Inde), etc.

Le caractère extraverti des économies du Sud, expose les populations aux crises alimentaires renforçant leur dépendance à l'aide internationale. La faillite de producteurs locaux et des entreprises nationales a pour corollaire le faible niveau d'échange entre les pays pauvres malgré l'existence de cadres institutionnels régionaux ou continentaux. On assiste à la prolifération du secteur informel dépourvu de professionnalisme, d'appui et d'encadrement nécessaires.

I.6.2.1 Impact du PAS sur les économies subsaharienne

La mondialisation de l'économie s'appuie sur plusieurs leviers dont le principal est le PAS actuellement responsable du dysfonctionnement des économies des pays pauvres et de leur endettement endémique. Les colmatages camouflés dans le cadre des SRP( Stratégie de Réduction de la Pauvreté) ou des PPTE ( initiative pour les Pays Pauvre Très Endettés) sont loin de correspondre aux remèdes appropriés dans des pays contraints au surendettement dont une grande part va au remboursement des dettes antérieures qui méritent d'être abolies ou plusieurs fois déjà payées. Pire, le remboursement de la dette réduit les capacités des Etats dans les domaines d'éducation et santé dont les budgets sont ramenés à leur portion congrue.

La destruction des entreprises locales remplacées par les multinationales provoque une grande crise de l'emploi, du revenu et de la consommation dans les pays pauvres. La politique promotionnelle des investissements capitalistes, hors taxes, dépossède les Etats de leurs ressources au profit du rendement des capitaux placés. L'inviolabilité de la propriété privée au détriment de l'Etat conduit à l'appropriation du patrimoine par quelques individus qui ont érigé un sanctuaire économique.

30

Les effets dramatiques endurés par les travailleurs se sont traduits par la diminution de leur pouvoir d'achat avec des mesures telles que la dévaluation, la révision à la baisse des grilles salariales et indemnités ou la remise en cause de leur carrière par des mises en retraites anticipées. La jeunesse est privée d'espoir faute de recrutement à la Fonction publique et la disparition des entreprises locales; ce qui a pour conséquence de réduire la force et le poids des syndicats déjà condamnés à engager des luttes permanentes sur plusieurs fronts dans un environnement peu propice au dialogue social.

Du cote commerce extérieur il y a à remarquer une dégradation des termes de l'échange, la valeur des exportations diminue à cause du protectionnisme des pays riches tandis que les importations connaissent une augmentation de leurs valeurs du fait de manque de substitution et que les matières premières sont importés ce qui aggrave le déficit de la balance commerciale.

I 6 3 Intégration régionale en Afrique Occidentale et centrale52

L'intégration régionale a peu progressé ces dernières décennies en Afrique. Le pourcentage de commerce intra régional est de 9% en Afrique occidentale et seulement de 4% en Afrique centrale. Comme le dit ; TIEGO TIEMTORE53 ; l'objectif de cette intégration est d'ajustement des économies par la mise en oeuvre des stratégies globale articulé autour de la modification de la parité du franc CFA.

Cependant, la dévaluation du Franc CFA et ses conséquences sur la politique française en Zone franc modifient la signification de ces nouveaux projets d'intégration régionale en Afrique centrale tout en leur conférant une portée

différente. La principale politique d'accompagnement de la dévaluation,
l'intégration régionale (en Afrique de l'Ouest comme en Afrique centrale) se voit dotée d`un nombre plus important encore de fonctions : fonction de contrôle de la maîtrise de l'inflation et des salaires et plus généralement de contrôle des politiques économiques ; fonction d`assainissement des finances publiques ;

52 HIBOU B , Bilan de l' Intégration Régionale en Afrique, Université de Versailles,mars,2006

53 TIEMTORE T. , Intégration Régionale en Afrique, cas de l UEMOA,IRERIE, Paris 2007, P25

31

fonction de convergence de ces politiques publiques et particulièrement des politiques budgétaires ; fonction d'harmonisation du droit et des règles ; fonction implicite de reconstruction des États ou du moins des administrations et de lutte contre la fraude et les détournements, etc.

L`Afrique centrale n'a jamais été intégrée. L`histoire de l'UDEAC (Union douanière des États de 'Afrique centrale) est celle de 30 ans d`échecs : échec de l'harmonisation des investissements et de la répartition des coproductions ; échec de la mise en oeuvre d'un véritable tarif extérieur commun et d`une politique commerciale et fiscale commune ; échec de l'harmonisation des politiques économiques ; échec de l'accroissement des échanges communautaires, etc. Et les flux d'échanges informels lient principalement les pays de 1'UDEAC à des pays n'appartenant pas à ces unions (Nigeria principalement mais également Zaïre, Soudan, voire Afrique du Sud via les pays limitrophes). Ce défaut d'intégration régionale n'a jamais remis en cause le fonctionnement de la Zone franc et plus particulièrement de la BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale) même si l'on présente aujourd'hui la Zone franc comme l'exemple d`intégration réussie en Afrique, il faut reconnaître que ce système de coopération monétaire est un dispositif où priment les relations bilatérales entre le pays leader et chacun des autres pays. Et dans le cas de la BEAC, la présence de la France a joué un rôle fondamental dans son fonctionnement.

Avec la résurgence des conflits armés et des guerres civiles en Afrique de l'Ouest et du Centre, l'intégration régionale a même reculé. La guerre en Côte d'Ivoire a engendré une grande perturbation du commerce intra régional ainsi que des échanges avec les pays tiers. De même, le conflit au Congo Brazzaville et la paralysie du chemin de fer pendant de longues périodes ont déstabilisé les échanges avec les pays voisins.

Tous ces faits montrent que le processus d'intégration régionale est caractérisée depuis longtemps par une crise structurelle et que la nouvelle approche de l'intégration mise en place dans le cadre de la zone franc au milieu des années 1990 n'a pas apporté les remèdes appropriés.

32

CHAPITRE II BALANCE COMMERCIALE ET PROGRAMME D'AJUSTEMENT

AU RWANDA.

Dans ce chapitre nous allons analyser l'évolution du commerce extérieur, les programmes d'ajustement déjà applique au Rwanda ainsi que le dynamisme d'ajustement.

33

II 1.Apreçu Générale sur les échanges extérieurs au Rwanda

Le commerce extérieur rwandais se caractérise par un déséquilibre permanent de sa balance commerciale étant donné que le pays importe plus qu'il exporte. L'enclavement géographique pèse lourdement sur l'approvisionnement et la vente des produits sur le marché intérieur ou extérieur.

Les coûts de transport deviennent exorbitants, ceci exerce une forte influence sur le commerce extérieur. Les exportations du pays se limitent à une gamme restreinte des produits dont les quantités par types sont elles- mêmes insuffisantes, voire insignifiantes sur le marché mondial. Il suffit qu'il y ait de bonnes récoltes par exemple du café au Brésil, pour que les recettes d'exportation rwandaise diminuent fortement en valeur.

Les importations nombreuses et chères portent essentiellement sur les produits finis. Des rares industries qui commencent à s'implanter dans le pays posent les problèmes d'insuffisantes productions, incapables de remplacer les importations soit en quantité et en qualité.

La situation du commerce extérieur du Rwanda telle que décrite ci-dessus exigent de prendre des mesures d'orientation, de redressement et permettant d'améliorer la compétitivité des biens produits localement.

II .1.1 Importation au Rwanda

Table 1 Les principaux produits importés au Rwanda de 1990-2006

34

En valeur CIF en million de USD

Catégori e

Biens

de

consommatio n

Biens

d'équipemen t

Biens

d'approvisionnemen t

Energie et

lubrifiant

TOTAL

1990

79,2

58,4

96,8

44,7

279,1

1991

86,2

53,7

128

39,3

307,2

1992

90,2

69

92,4

37

288,6

1993

133,2

72

91

35

331,2

1994

362,8

36

22,8

23,6

445,2

1995

113,1

49,8

41,1

21,8

225,8

1996

120,2

54

54,6

26,7

255,5

1997

173,4

61,7

70,5

32

337,6

1998

132,9

60,2

65,7

34,8

293,6

1999

167,2

55,4

47,9

40,9

311,4

2000

137,3

33

43,3

62

275,6

2001

143,7

30,6

43,75

41,2

259,25

2002

124,4

37,9

45,3

40,4

248

2003

134,1

40,7

43,8

40,5

259,1

2004

147,1

52,2

39,5

68,6

307,4

2005

131,1

109,8

111,1

78,1

430,1

2006

166,54

126,8

146,15

115,1

554,59

Source : :-BNR, Rapport sur l'évolution économique et financière du Rwanda 1993-1996, 1997-1998, 1999,2000

- BNR , Rapport annuel 2004 , 2005, 2006

Figure 3 évolution des importations au Rwanda de 1990-2006

35

Evolution des importations de 1990-2006

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

importation

450

400

350

300

250

200

Année

A partir de ce graphique nous constatons que les importations ont connu une évolution à la hausse entre 1990 et 1994.Evaluées à 227,5 millions de US $ en 1990, elles sont passées près de 268 et à 367,4 millions de US $ respectivement en 1993 et 1994.

Cette augmentation est un effet direct des appuis financiers reçus dans le cadre du PAS (Programme d' Ajustement Structurel) qui a permis un accroissement considérable des réserves de change. Par ailleurs, la crise que traversait le pays a entraîné des aides humanitaires considérables pour compenser la chute de la production intérieure. En effet, en 1993, l'extension du conflit armé au Nord, région réputée très agricole, suivi d'un déplacement massif de la population, a été à la base d'importations de biens de consommation à un niveau jamais enregistré auparavant. Au cours de cette année, il a été importé un peu plus de 195 mille tonnes de biens de consommation, contre 77,3 mille tonnes en 1992, 71 et 68,9 mille tonnes respectivement en 1991 et 1990. Après le génocide en 1994, le pays a également reçu d'importantes aides humanitaires pour la population sinistrée.

36

Suite à la baisse sensible de ces aides après le retour à la paix, les importations ont diminué en 1995 pour revenir à 194,1 millions de US $, bien que le commerce d'importation ait connu un redressement considérable, stimulé par les réformes économiques opérées au cours de cette année. En 1996, grâce à la normalisation de la situation sociopolitique et économique, un nouvel accroissement des importations (+10%) a été enregistré, les portant ainsi à une valeur de 213,4 millions de US $.

En 1997, les importations ont enregistré une hausse de 27%, pour s'établir à une valeur de 277,42 millions de USD, avant de connaître une diminution de 16,1% en 1998. Cette diminution a concerné pratiquement toutes les catégories de biens importés, la plus forte a été enregistrée au niveau des biens de consommation finale. Traditionnellement, les importations sont dominées par les biens destinés à la consommation finale. Sur la période 1997-1998, ceux-ci ont représenté en moyenne près de 60% de la valeur CIF totale des importations. D'une valeur estimée à 121,66 millions de USD en 1996, les importations de biens de consommation ont connu une forte augmentation de 42 ,5% l'année suivante, avant d'afficher la plus importante diminution (-23,3%) en 1998 par rapport aux autres catégories d'importations.

Cependant, il y a lieu de remarquer que cette diminution des importations de biens de consommation finale n'a pas concerné les produits alimentaires. En effet, pour répondre à un déficit de la production agricole connu en 1997 et au début de 1998, ces importations ont augmenté de 7,3%, passant de l'équivalent de 53,54 en 1997 à 57,44 millions de USD l'année suivante, aux dépends des autres biens de cette catégorie, dont la valeur des importations a chuté de 37%. S'agissant des biens d'équipement, les importations réalisées au cours de 1997 ont considérablement augmenté (+14,2%) par rapport à 1996, avant de connaître une légère baisse en 1998 pour revenir à 60,17 millions de USD. Les importations des biens d'approvisionnement en 1997 s'élevaient à 70,52 millions de USD, soit une augmentation de 29% par rapport à 1996. En 1998, elles ont fléchi de 7%, pour s'établir à 65,7 millions de USD. Les importations d'énergie et de lubrifiants n'ont pas diminué par contre en 1998. En effet, estimées à 26,72 millions de USD en

37

1996, elles ont augmenté de 19,6% et de 9% respectivement en 1997 et en 1998 car les produits pétroliers constituent la plus importante source d'énergie importée.

En 1999, les importations ont sensiblement baissé revenant d'une valeur 297,9 à 257,2 millions de USD Soit (-13,7%). La valeur des importations de biens d'équipement et de biens d'approvisionnement a accusé une forte diminution s'établissant respectivement à 44,8 et à 38,8 millions de USD, contre 60,2 et 65,7 millions de USD en 1998, soit des baisses respectives de 25,2% et 40,9%. Quant aux importations de biens de consommation, leur valeur a enregistré une légère augmentation de 1,7%, s'établissant à 135,2 millions de USD contre 132,9 millions de USD en 1998. Pour sa part, la valeur des importations du groupe « énergie et lubrifiants » a connu une diminution de 5%, fléchissant de 34,8 millions de USD à 33,1 millions de USD d'une année à l'autre.

Pour la période allant de 2000 à 2003 les importations de biens de

consommations, autres que les produits alimentaires, ont enregistré une diminution de 31,5%, entraînant celle de toutes les importations de biens de consommation (17,9%), revenant de 167,2 millions à 134,1 millions de USD. La part de ces dernières dans les importations CIF a donc fléchi en 2000, se situant à 45,2% contre 52,8% en 1999. Comme les années précédentes, les produits alimentaires ont dominé ce type d'importations. Quant aux importations de biens d'équipement, elles ont chuté de 40,4% pour revenir à 40,7 millions de USD contre 55,4 millions en 1999. Les importations de biens d'approvisionnement ont également chuté, mais dans une moindre mesure, revenant de 47,9 millions de USD en 1999 à 43,8 millions de USD en 2003, soit une diminution de 9,6%.

Par contre, les importations de la catégorie « Energie et lubrifiants » ont poursuivi leur tendance à la hausse observée depuis 1996. Elles ont enregistré une augmentation de 51,6% en 2000, s'élevant à 62 millions de USD contre 40,9 millions de USD en 1999. Cette situation est principalement liée à la hausse des prix des produits pétroliers sur le marché international. Les importations non classées ailleurs qui se sont élevées à 27,9 millions de USD, suite à la prise en

38

compte pour la première fois des importations d'électricité et de celles qui

transitent par des postes douaniers frontaliers.

Pour la période de 2004 à 2006 La valeur CIF des importations enregistrées a connu un accroissement de 18,6% en 2004 de 30.3% en 2005 et de 31,4% en 2006, en s'élevant à 582Millions de USD contre 259,3 millions de USD l'année2003. Cette augmentation est imputable notamment aux accroissements importants des importations des produits pétroliers, consécutivement à la flambée des cours mondiaux du pétrole. Egalement, l'on a enregistré une augmentation sensible des importations des biens d'équipement, notamment les groupes électrogènes et leurs accessoires pour faire face à la pénurie énergétique et les produits alimentaires pour couvrir le déficit alimentaire enregistré suite à la baisse de la production vivrière local. La valeur CIF des importations enregistrées sur les postes d'entrée secondaires, en l'occurrence les postes frontaliers des pays limitrophes, est estimée à 7,3% de la valeur totale des importations. En y ajoutant la valeur des importations de l'électricité par l'Eléctrogaz estimée à 10,0 millions de USD.

II.1.1.1 Structure des importations

Figure 4 structure des importations au Rwanda de 1990-2006

39

1990

1992

1994

1996

1998

2000

2002

2004

2006

400.00

350.00

300.00

250.00

200.00

150.00

100.00

50.00

0.00

Biens de consomm

Biens d'équipe

Biens d'approvi

ement Energie

lubrifiant

Source : Nous même

Mis à part le cas particulier de l'année 1994, où la production a été quasiment nulle à cause du génocide, il apparaît que la structure des importations a été marquée par un accroissement quasi-continu de la part des biens de consommation dans la valeur totale au cours de la période 1990-2006. Elle est en effet passée de 28% au début de cette période à 50% du total en 1995, 55 % en 2001 enfin de revenir à 30% en 2006. En revanche, la part des biens d'approvisionnement a connu une évolution inverse, revenant de 42,4% du total de la valeur des importations en 1991, à 32% en 1992, à 27% en 1993 et à 18% en 1995, avant de se redresser à 21% en 1996 et 1997 et de baisse à 13% en 2004 et de revenir à 26% en 2005.

Pour leur part, les importations de biens d'équipement ont vu leur valeur croître régulièrement, sauf en 1991. Elles sont passées de 21% en 1990 à 22% en 1993, pour garder pratiquement le même niveau jusqu'en 1998 et se redresse jusqu'à12% en 2001 après avoir une progression jusqu'à 26% en 2005.

40

S'agissant enfin de la catégorie « énergie et lubrifiants », leur importance a évolué à la baisse, représentant successivement 16%, 13% et 9% du total des importations respectivement en 1990, 1992 et 1997 et se redresse jusqu'à 22% en 2004 et à 18% en 2006.

Au cours de cette période les biens de consommation représente 47% des importations totales de la période soit 2276 millions de USD contre 4854 millions de USD de tous les importations de la période tandis que autres importations

représentent respectivement 21%, 18% et 14% en Approvisionnement,
équipement et énergie.

II.1.1.2 Provenance géographique des importations

Table 2 Provenance Géographique des importations du Rwanda (Valeur CIF

en Million de Frw

Année

Europe

COMESA

Reste d'Afrique

Asie

Amérique

1990

4311.72

1495.06

247.8

1544.6

82.6

1995

17232.8

23597.9

1732.6

19111.8

3090.5

1996

25135.3

12358.2

2732.4

17633.

2075.1

 
 
 
 

3

 

1997

39430.8

23625.6

3385.5

30031.

2850.7

 
 
 
 

2

 

1998

48227

19298.9

3654.3

27842.

3402

 
 
 
 

8

 

1999

24364.7

15497

2971

30023.

4849.7

 
 
 
 

8

 

2000

28467.6

30189.5

3701.9

17310.

3312.8

 
 
 
 

8

 

2001

41656.8

19461.6

5630.8

46120.

9572.9

 
 
 
 

1

 

2002

37500.6

23918.7

6261.9

411134

5087.8

2003

37890.4

30013.6

9794.9

18424

1482.9

2004

43231.6

46569.6

10914.8

25248.

9696.2

 
 
 
 

3

 

2005

66617.3

61787.6

15782.9

36250.

7991.8

 
 
 
 

5

 

2006

67042.3

87395.04

13782.2

43505.

8822.8

 
 
 
 

7

 

TOTAL

481109.3

395208.3

80593

354181

63317.9

Source :IMF , International Trade statistics, 2006

41

- MINECOFIN, Indicateur du Développement du Rwanda, 2003

- EAC, EAC Trade report,2007

La provenance géographique des importations du Rwanda demeure essentiellement l'Europe avec, en moyenne, une part de l'ordre de 40% de la valeur totale. La part des importations en provenance des pays Africains qui était de 23% en 1990 a considérablement augmenté, pour atteindre près de 39% en 1996, suite notamment à l'intensification des échanges commerciaux avec les pays du COMESA, parmi lesquels le Kenya vient largement en tête.

Les importations provenant du continent Asiatique se maintiennent en troisième

Position, bien que leur part ait continuellement diminué, revenant de 20,8% en 1990 à 16,7% en 1994 et à 16,4 % en 1996. Celles en provenance d'Amérique ont, dans l'ensemble, varié entre 2% et 4%, bien qu'ayant atteint 7,5% durant la période 1993-1994. De 1995 à 2005 les importations de provenance européenne représente 35.18% de la valeur total des importations de la période et vient en premier place. En second vient le continent asiatique avec 30.79% de la valeur total importé l'Afrique devient en troisième place avec 26.60% dont 22.56% sont en provenance des pays du COMESA le reste ne représente des parts respective de 4.73% pour l' amerique et 0.16% pour l' oceanie.

42

42

II .1.2 Exportation au Rwanda

II.1.2.1 Principaux produits d'exportation

Table 3 Valeur des principaux produits exportés de 1990-2006 En million de FRW de Valeur FOB

Année

Café

Thé

cassitérite

Wolfram

Pyrèthre

Quinquina

Colombo-Tantalite

Peaux

TOTAL

1990

65,6

21,1

3,6

0,5

1,9

0,4

2,1

2,6

97,8

1991

57,6

22,3

0,7

2,5

2,2

0,2

0

1,8

87,3

1992

35,2

20,8

2,7

0,3

1,8

0,3

0

2,3

63,4

1993

37,7

18,5

1,5

0,2

0,4

0,2

2,2

2,5

63,2

1994

17,4

5,8

0,5

0

0,3

0

0,5

1,3

25,8

1995

38,2

3,7

0,9

0,1

0,6

0

0,7

2,4

46,6

1996

43

9,3

0,8

0,2

0,3

0,1

1,3

3,2

58,2

1997

45,3

20,6

1

0,1

1,7

1,7

2,7

0

73,1

1998

28,1

22,9

0,4

0,2

0

0,9

2,5

0

55

1999

26,5

17,5

1,2

0,1

0,3

0

4,6

0

50,2

2000

22,5

24,3

0,9

0,3

0

0

11,3

0

59,3

2001

19,3

22,7

1,1

0,4

1,8

0

41,1

0

86,4

2002

14,6

22,2

1,4

0,5

1

0

13,9

2,6

56,2

2003

15

22,5

4,4

0,2

1,2

0

6,37

3,7

53,37

2004

32,2

21,5

15,8

0,4

0,6

0

12,9

3,3

86,7

2005

38,2

24,3

17,8

2,5

0

0

16,8

4,7

104,3

2006

54

32,1

15,8

9,5

1,9

0

11,1

1,9

126,3

TOTAL 590,4 332,1 70,5 18 16 3,8 130,07 32,3

1193,17

Source : :-BNR, Rapport sur l'évolution économique et financière du Rwanda 1993-1996, 1997-1998, 1999,2000 - BNR , Rapport annuel 2004 , 2005, 2006

43

Figure 5 évolutions des exportations rwandais de 1990-2006

Evolution des exportations

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Année

exportation

150

125

100

75

50

Source : :-BNR, Rapport sur l'évolution économique et financière du Rwanda 1993-1996, 1997-1998, 1999,2000

- BNR , Rapport annuel 2004 , 2005, 2006

Les exportations du Rwanda sont, à plus de 80%, constituées par le café et le thé. Le sous-secteur des mines qui était une importante source de recettes d'exportation pour le pays est en crise depuis les années 80 après la faillite de la SOMIRWA (Société Minière du Rwanda). Sa production est demeurée marginale au cours de la période 1990-2006.

Entre 1990 et 1993, les exportations ont évolué à la baisse, revenant respectivement de 97.8 millions de Frw à près de 63.2 millions de Frw, avant leur amenuisement en 1994. Elles ont cependant enregistré un relèvement sensible en 1995 et 1997, sous l'effet notamment de la reprise de l'activité économique, de la hausse des prix du café sur les marchés mondiaux et de la libéralisation progressive du commerce extérieur. En 1998 les exportations ont connu une baisse marquée par une importante fluctuation des prix de plusieurs produits sur

44

les Marchés internationaux. Leur valeur est passée de 73.1 millions de Frw en 1997, pour revenir à 55 millions de Frw en 1998 soit une baisse de 33%. Cette baisse a continué jusqu' en 1999 avant d'entamer une reprise en 2000 et 2001 où la valeur exportée a atteint 59.3 millions de Frw en 2000 et 86.4 Millions de Frw en 2001. Cet accroissement a résulté, en grande partie, de l'augmentation des exportations de thé et de certains minerais, notamment le colombo- tantarite.

La valeur des exportations enregistrée en 2004 a été des plus exceptionnelles, ayant atteint 86.7 millions de Frw, ceci provient des bonnes performances enregistrées au niveau des exportations du café et des minerais, stimulés par l'amélioration sensible des cours de ces produits sur les marchés internationaux. Les recettes d'exportations ont en effet connu une forte augmentation de 55,3% entre 2004 et 2003, imputable à la hausse exceptionnelle de 114,7% de la valeur des exportations de café et de 163,9% pour les minerais.

En revanche, les exportations de thé, de peaux et de pyrèthre n'ont pas connu les mêmes performances, leur valeur totale ayant baissé de 7,2% entre 2003 et 2004.

en 2005 la valeur des exportations a atteint 104.3 millions de Frw, le niveau le plus élevé jamais réalisé au cours de la période récente. Ceci est dû à l'amélioration des cours du café sur les marchés internationaux et de la qualité du café rwandais. En 2006 à part des performances réalisés en 2005 La valeur des exportations de biens a atteint 126.3 millions de Frw , soit un accroissement de 14.19%. En plus des exportations de café et de thé qui génèrent environ 60% des recettes totales, les recettes des exportations de produits miniers connaissent des performances remarquables, plaçant en 2005 et 2006 les recettes d'exportations des minerais à la deuxième place après celles de café et avant celles de thé.

Au Rwanda on exporte le plus souvent les produits du secteur primaire à qui leur exploitation est quasi inexistant : il s'agit de la cassitérite qui occupe 5.9% de la valeur importé de 1990 à 2006, des peaux avec 2.7%, du wolfram avec 1.5%, du thé avec 27.8% , du café, pyrèthre, quinquina et du Colombo-tantalite avec respectivement 49.4%,1.3% , 0.3% et 10.9% des valeurs importés durant la période de 1990 à 2006.

S'agissant de la destination géographique des exportations, l'Europe Occidentale,

45

Nous constatons que les principaux produits exportés sont des produits primaires dont l'évolution de leurs valeurs ne dépend pas de leurs compétitivités mais de leurs quantités ou la manques de produits substituables sur le marché. Notons que ces produits à l'exception le thé, sont exportés sans subir aucune transformation.

II.2.2 Destination géographique des exportations

Table 4 Destination Géographique des exportations du Rwanda En Valeur FOB en million de Frw

Région

Europe

COMESA

Autres pays d' Afrique

Asie

Amerique

1990

5319.44

1172.92

413

850.78

503.86

1995

3503.9

11694.5

32.9

18.2

27.2

1996

2430.6

704.2

87

2.1

118

1997

2957.7

11488.1

283

219.1

0.2

1998

1552.4

8369.4

297.9

0.5

16.2

1999

3156.2

14188.8

184.2

5.4

101.6

2000

3775.1

8755.8

94.3

0

356.8

2001

4811.5

14590.4

2470.7

1391.3

2096.9

2002

8393.9

9756

213.9

3438.7

700.9

2003

2767.1

23372.55

1585.04

1515.19

32.238

2004

6814.5

45992.1

1951.95

306.075

329.175

2005

66979.8

24566.69

3307.16

1349.63

1600.599

2006

46804.7

26249.2

3868.88

1912.52

2811.24

TOTAL

159267

200900.7

14789.9

11009.5

8694.912

Source :IMF , International Trade statistics, 2006

- MINECOFIN, Indicateur du Développement du Rwanda, 2003 - EAC, EAC Trade report,2007

46

Principalement l'Union Européenne, occupe la première place avec, en moyenne, près de 75% de la valeur de toutes les exportations de la période de 1990- 1994. Les plus grands pays importateurs des produits rwandais sont l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Le continent Asiatique vient en deuxième position avec une part de l'ordre de 10%. Le Pakistan reste le plus grand client du thé rwandais avec 40 à 50% des exportations de ce produit, qui est presque le seul exporté vers l'Asie.

Les exportations du Rwanda vers d'autres pays Africains sont restées très faibles au cours de la période 1990-1994, avec une part ne dépassant pas 5%. Enfin, les exportations du Rwanda vers le continent américain sont demeurées Insignifiantes, se situant entre 0% et 3%. De la période de 1995-2006 la grande partie des produits exportés sont orientés dans les pays du COMESA notamment le Burundi, la Tanzanie, l'Ouganda et le Kenya dont la valeur représente 65.05% de toute les importation de la période. En Europe on y a exporté une valeur de 30,581.3 millions de francs rwandais soit 25.01% de la valeur de la période de 1995 à 2006. Tandis que le reste de l'Afrique, l'Asie et l' amerique représente respectivement 3 %,4.15% et 2.79%.

Nous remarquons que la partenariat commerciale du Rwanda avec d'autre pays africains reste seulement sur l'exportation des produits qui n'ont pas une grande valeur ajouté à l'économie et qui ces pays vendent pour des raisons d'exploiter et de développer leur secteur industrie tandis que autre produits exportés représentent en grands partie des réexportations en vers ces pays. Du cote des importations le Rwanda importe beaucoup les produits de consommations et en grande partie en Europe ceci nous fait remarquer l'effet de VEBLEN. Ceci aurait un grand impact sur l'échec de l'intégration du pays dans la communauté Est Africaine car les consommateurs rwandais ne préfèrent pas les biens en provenance de ces pays autant que le pays est en train de s'équiper pour pouvoir exporté ses produits après leurs exploitations.

II .1.3 solde commerciale

47

Table 5 évolution de la balance commerciale du Rwanda de 1990-2006( En

Million de Dollar Amercain

Année

exportation

importation

Balance commerciale

1990

103

227.5

-124.5

1991

95.8

228.3

-132.5

1992

68

241

-173

1993

67.9

267.8

-199.9

1994

32

367.4

-335.4

1995

51.2

194.1

-142.9

1996

61.7

218.4

-156.7

1997

92.9

277.4

-184.5

1998

64.1

232.6

-168.5

1999

62

248.8

-186.8

2000

69

222.1

-153.1

2001

93.6

225

-131.4

2002

67.4

204.1

-136.7

2003

63.1

217.7

-154.6

2004

97.9

257.9

-160

2005

2006

125

142.7

354.2

439.4

-229.2

-296.7

Source :-BNR, Rapport sur l'évolution économique et financière du Rwanda 1993-

1996, 1997-1998, 1999, 2000,2004, 2005, 2006

Nous remarquons à partir de ce tableau que la balance commerciale s'est détériorée d'année en année jusqu'en 1994, passant de 124,5 millions de US $ en 1990, soit 4,8% du PIB, à 199, 9 millions de US $ en 1993, représentant 10% du PIB. Par la suite cependant, la normalisation de la situation sociopolitique, l'augmentation progressive des recettes d'exportation du café et du thé grâce à la hausse de leurs cours mondiaux et du volume exporté, ainsi que la décélération de la croissance des importations,ont considérablement contribué à l'amélioration de la balance commerciale. En 1995, le déficit de la balance commerciale a sensiblement diminué, s'établissant à 142,9 millions de US $ contre près de 199,9 millions de US $ en 1993. Bien qu'il y ait eu une légère détérioration de 6%, il est

II.2 PROGRAMMES D'AJUSTEMENT AU RWANDA

48

resté modéré en 1996.Ainsi le taux de couverture des importations par les exportations a fortement baissé entre 1990 et 1994, tombant de 45% en 1990 à 28% en 1992 et à 9% en 1994. Il s'est redressé par la suite pour atteindre 26% en 1995 et 28% l'année suivante, ce niveau demeurant toutefois très préoccupant.

En 1997 la balance commerciale s'est détériorée de 17,5%. Cependant, en dépit de la baisse de la valeur des exportations (31,0%), elle s'est améliorée l'année suivante passant de -184,5 millions de USD en 1997 à -168,5 millions de USD en 1998, soit une réduction de 8,7% du déficit commercial suite à la diminution de 16,2% des importations réalisées au cours de cette année. Le taux de couverture des importations par les exportations est resté très faible au cours de cette période, il est en effet passé de 28% en 1996 à 33% en 1997, à 27% en 1998 et à 30.7% en 1999, niveaux qui restent de loin inférieurs au taux de 45% enregistré en 1990

La période de 2000 à 2003 a été marqué par évolution remarquable des exportations de 11.3% en 2000 et 36% en 2001 ceci est le résultant de la performance réalisée dans la production du café et l'exportation des minerais notamment le colombo-tentalite. Du cote des importations on a enregistre un baisse de la valeur de 10.7% en 2000, de 1% en 2001 et 9% en 2002. ainsi le taux de couverture des importations par exportation est passe de 31.1% en 2000 , de 42% en 2001, 33% en 2002 et 29% en 2003.

En dépit d'une performance exceptionnelle enregistrée en 2004 , 2005 et en 2006 au niveau des exportations, la balance commerciale s'est davantage détériorée par rapport à l'année 2003, en raison d'une augmentation plus importante de la valeur des importations cause d'une grande partie par l' augmentation du cours de pétrole . Le déficit commercial s'est en effet détérioré de 3% pour passer à un déficit de 160,0 millions de USD en 2004, de 43 % pour passer à 229,3 million de USD en 2005 et de 29% pour passer à 296 million de USD en 2006, contre 154,7 millions de USD en 2003.

49

II.2.1 PROGRAMME D'AJUSTEMENT STRUCTUREL AU RWANDA DE 1990 à 1993

Pour tenter de redresser l'économie et de stimuler certaines restructurations, le Rwanda accepte en 1990 un Plan d'Ajustement Structurel de la Banque Mondiale et du FMI qui vise à stabiliser l'économie et à la rendre plus compétitive vis-à-vis de l'extérieur. Pour réaliser ces objectifs, le PAS opte pour une dévaluation du franc rwandais jusqu'alors surévalué, il supprime les taxes à l'exportation exceptées les taxes sur le café que le gouvernement rwandais maintient jusqu'en 1992 et, enfin, il impose des quotas d'importations.

Deux dévaluations du franc se succèdent pour, d'une part augmenter en monnaie locale le prix des exportations et stimuler ainsi la production intérieure à l'exportation et pour, d'autre part, freiner les importations en les rendant relativement plus chères en monnaie locale et stimuler la production locale de produits de substitution aux importations. En novembre 1990, a lieu une première dévaluation du franc rwandais de 40% suivie d'une seconde de 15% en juin 1992. Les effets attendus de ces deux dévaluations visaient principalement à stimuler les exportations de café qui représentaient entre 60 et 80% des exportations dans les années 8054.

Contrairement aux attentes, la dévaluation ne joue pas son rôle de stimulant au niveau du secteur productif et elle n'induit pas la hausse attendue du prix du café au producteur car les mesures mises en place entrent en contradiction avec les objectifs. En effet, le Programme d'Ajustement Structurel (PAS) prévoit supprimer le système de stabilisation du prix au producteur que le Rwanda a adopté pour préserver et garantir le revenu des petits producteurs de café, favorable aux producteurs depuis la chute du cours en deçà du niveau de revenu garanti, mais défavorable à l'Etat qui finance l'écart par des subsides. Supprimer le système stabilisateur a comme objectif de répercuter les effets positifs de la dévaluation sur la hausse relative du prix du café en monnaie locale à concurrence du taux de dévaluation mais aussi d'assainir le budget de l'Etat en supprimant les subsides

54 Banque Mondiale : Rwanda, la note de stratégie économique, The World bank,1993 P 15

50

aux producteurs de café. Or, cette mesure n'a pas été envisagée dans le contexte international de chute du cours du café.

Le PAS impose des quotas pour freiner les importations qui, loin de baisser, augmentent après le déclenchement de la guerre en octobre 1990. Le déficit externe s'aggrave.

La dette extérieure envers les principaux créditeurs (Banque Mondiale et FMI) s'accroît et passe de 158 millions en 1980 à 1 milliard de dollars en 1996 et la dette domestique du Rwanda passe de 1 milliard de francs rwandais en 1982 à 5,6 en 1994 en passant par un pic de 6,9 milliards en 199055.

Au niveau interne, le déficit budgétaire de l'Etat, contenu jusqu'en 1986, s'accroît de 21,4 milliards de francs rwandais en 1990 il double en trois ans et il atteint à 41,3 milliards en 1993 . Le déficit résulte à la fois d'une diminution des recettes fiscales et d'une flambée des dépenses. Lorsque chute le cours du café, les recettes provenant des taxes à l'exportation se réduisent. Les dépenses s'envolent: le Rwanda augmente la taille de son armée, restreinte jusqu'alors, et il accroît ses dépenses pour la propagande électorale. Le PAS prévoyait une contraction des dépenses mais il est contré par une situation de guerre et un processus de démocratisation.

La communauté internationale finance le déficit budgétaire, Certaines dépenses courantes ou en capital sont financées sous forme d'emprunts plutôt que sous forme de dons. Le taux d'investissements productifs passe de 23% du PIB en 1980 à 12% en 199056. En moyenne, l'investissement n'est financé qu'environ pour un tiers par l'épargne domestique, tandis que l'autre partie est financée par l'aide étrangère.

Les effets négatifs de la dévaluation se font sentir dès 1991 lorsque les prix à la consommation flambent. Le taux d'inflation atteint près de 20% en 1991 puis baisse aux alentours des 10% en 1992 et 1993 alors que sa moyenne durant les années 1980 et jusqu'en 1990 est restée relativement basse (4,7%/an). Ceci

55 CHATHELINE A, Op-cit P23

56 Ibidem

51

confirmer notre première hypothèse disant que l'application du programme d'ajustement structurelle n'a pas tenu compte de la structure économique du pays.

II 2 1 2 IMPACT DU PROGRAMME D'AJUSTEMENT STRUCTUREL SUR LA BALANCE COMMERCIALE

Contrairement aux effets attendus de la dévaluation de la monnaie lors du PAS l'indice de valeur des importations a connu une augmentation de 74.9% en 1990 jusqu' à 158.8% en 1993. Ceci est dû principalement de la relèvement de l' indice des prix dans les pays de G5 qui sont les principaux fournisseurs du Rwanda pour les produits manufacturés et l' augmentation de la valeur des biens importés faute de leurs substitutions après la dévaluation de la monnaie. Tandis du côté des exportations leurs valeurs ont connu petite évolution de 67.7% à 72 .1% ceci est dû aux performances réalisées dans la production du thé de 1990 à 1992. Ceci veut dire que la valeur des importations a augmenté à cause de la dévaluation combine de l'augmentation des prix à la production tandis que les exportations ne connaissent qu'une légère augmentation de la quantité. Ces croissances marquent l'évolution du déficit de la balance commerciale car l'augmentation de la valeur importée dépasse celle de la valeur exportée. De ce fait le déficit, de la balance commerciale durant cette période connaît une évolution à la hausse de 52 .5%.

En effet,le processus de libéralisation de l'économie rwandaise a été réalisé trop rapidement et le gouvernement n'a pas pu contrôler ses instruments pour protéger les paysans et éviter les conséquences sociales des dévaluations brutales successives et de la hausse des prix à la consommation.

II 2 2 PROGRAMME DE LIBERALISATION DES MARCHES de 1995 à 2002

La période après-guerre est marquée par la reprise et l'élargissement du processus de libéralisation de l'économie entrepris sous le PAS au début des années 1990. Les mesures prises par le nouveau gouvernement visent principalement à stimuler les activités du secteur privé, promouvoir les

52

exportations, améliorer la compétitivité internationale. Au mois de mars 1995, le gouvernement a opté pour une libéralisation des prix du café à l'exportation et a supprimé les mesures de stabilisation, et il a opté pour un taux de change de la monnaie librement déterminé par le marché et des taux d'intérêt déterminés en partie par le marché et en partie par le taux de réescompte. Il s'est engagé également à réduire son rôle dans les entreprises parastatales, à renforcer sa gestion budgétaire et à réorienter vers le développement des secteurs sociaux et agricoles ses dépenses budgétaires affectées dans un premier temps pour rétablir et maintenir la sécurité au Rwanda.

II 2 .2.2 Evolution sectorielle et perspectives

Le PIB réel du Rwanda a baissé de 52% sur la période 1990-1994. En 1994, il perd 49% de sa valeur en 1993 et il n'a repris que 25% entre 1994 et 1995. Selon les prévisions, il augmenta encore de 24% en 1996 et mais, en 1997, il n'atteignit que 70% de son niveau de 1990 et, en 1998, il ne le recouvra que 92% (en termes réels). Entre 1996 et 1998, son taux de croissance annuel fluctuera autour de 15% par an. La croissance provient principalement du secteur secondaire (entre 23 et 28% par an), tandis que la croissance du secteur primaire oscillait entre 10 et 12% et que le secteur tertiaire, après une croissance attendue de 14,4% se stabilisa avec une croissance de 12,4%57.

II .2 .2.2.1 Evolution du secteur agricole

Le secteur agricole en particulier ne recouvre que deux tiers de son niveau de 1993 et ne couvre pas les besoins du pays. Selon la Banque Mondiale, une aide alimentaire est donc nécessaire58

Or, la situation alimentaire diffère d'une région à l'autre et l'insécurité alimentaire des ménages résulte davantage de la rupture des réseaux d'offre de semences et

57 CHATHELINE A, Evolution économique du Rwanda en 1996-1997, The World bank, 1999 P 2

58 Idem, P3

59 Idem P5

60 Ibidem

53

de travail rémunéré plutôt que d'un manque et d'une perte de semences. L'insécurité alimentaire touche différemment les régions plus ou moins marquées par la guerre et les déplacements de population ainsi que certains groupes de la population (veuves, orphelins, enfants non accompagnés mais aussi paysans ayant accueilli des populations déplacées ou ayant été pillées par celles-ci, ou encore des personnes trop éloignées des centres de distribution de l'aide humanitaire).

Les prix varient d'une région à l'autre, ou même d'une sous région à l'autre. Les fortes hausses de prix des céréales et des haricots reflètent une situation de rareté temporaire mais non permanente des semences indigènes adaptées devant provenir d'autres régions.

Le Rwanda doit faire face au problème structurel de son agriculture. Selon le gouvernement rwandais, la situation catastrophique de l'agriculture résulte du morcellement excessif des terres et des bas rendements dus principalement à la surexploitation des terres arables depuis les années 80. Les populations rurales ne peuvent donc plus générer suffisamment de surplus pour investir dans des améliorations quantitatives et qualitatives. En 1996 le gouvernement envisage une réforme du secteur agricole grâce à l'utilisation des semences sélectionnées, de fertilisants organiques et minérales, de produits phytosanitaires et d'outils appropriés59. L'objectif est une croissance de 11,5% par an. Pour atteindre ces objectifs et pour rendre efficaces les mesures nécessaires pour augmenter la productivité, le gouvernement rwandais envisage une réforme de la législation foncière et également peut-être même des réformes radicales comme une villagisation de la population et/ou une redistribution des terres60.

II .2 .2.2.2 Secteur secondaire

Le gouvernement rwandais fonde la reprise économique du pays sur la relance et le développement du secteur secondaire. Mais les taux de croissance avoisinants

61 Idem P 7

54

25%/an semblent optimistes par rapport aux performances antérieures du secteur (où les taux de croissance étaient négatifs en 1991, 1993 et 1994 sauf en 1992)61.

Le développement du Rwanda repose sur celui du secteur privé. Les mesures de libéralisation devraient permettre au secteur privé de transformer une économie de production tournée jusqu'à présent exclusivement vers le marché intérieur en l'orientant vers l'exportation. Le jeu de la libre concurrence sur les marchés internationaux devrait stimuler les activités d'entreprises qui ont des avantages comparatifs dans la région. Le Rwanda espère ainsi diversifier ses exportations, augmenter leur volume, rétablir son équilibre extérieur, réduire le rôle de l'Etat dans le secteur privé et privatiser certaines entreprises publiques permettraient de réduire ses dépenses budgétaires tandis que développer son secteur privé lui permettrait d'augmenter sa base fiscale et d'assainir son budget.

En outre, le développement du secteur privé représente l'unique solution pour absorber les surplus de main-d'oeuvre de l'agriculture engorgée, mais aussi pour absorber la nouvelle main-d'oeuvre des "anciens" réfugiés qui rentrent au pays et des futurs militaires démobilisés de l'armée qui devront être réintégrés dans la vie civile. L'avenir du Rwanda repose sur le développement du secteur des entreprises privées, clé pour lever certaines contraintes structurelles du pays.

Jusqu'à présent, le Rwanda a été rendu fragile par la baisse de prix du café. Diversifier ses exportations lui permet de diversifier ses risques, mais, à court terme, le Rwanda reste dépendant de sa production de café. Or, le niveau relativement bas des prix du café par rapport à celui des cultures vivrières n'incitera pas les producteurs à reprendre cette culture dont la qualité s'est détériorée pendant la guerre, parce qu'elle a été laissée sans soins parfois pendant plus d'un an.

Trouver des avantages comparatifs par rapport à d'autres pays de la région relève de la gageure. Les coûts de transport sont élevés pour ce petit pays enclavé, éloigné des accès maritimes, et ils grèvent lourdement les prix des biens intermédiaires importés. Le Rwanda trouverait des avantages dans la production

62 Idem P 12

63 Idem 15

55

de biens à haute valeur ajoutée où les coûts de transport seraient réduits. Les derniers changements sur l'échiquier politique pourraient offrir de nouvelles perspectives pour le Rwanda d'écouler sa production sur les marchés de ses pays voisins.

L'Etat avait protégé le développement d'une centaine d'entreprise dont la production visait à satisfaire avant tout les besoins d'une demande intérieure, relativement limitée par un pouvoir d'achat généralement faible, à l'exception de celui des expatriés et des 10% les plus riches de la population (commerçants et fonctionnaires). Les dévaluations successives et la levée des mesures visant à protéger ce secteur ont fragilisé ces entreprises face à la concurrence extérieure, à la hausse relative du coût des matières premières importées, tandis que la baisse du pouvoir d'achat de l'ensemble de la population rendait le marché intérieur plus étroit encore.

En 1995, seules 54 entreprises manufacturières sur 88 avaient repris leurs activités62. Aucune relance de ce secteur ne se profile à court terme, à moins que les investissements publics que la communauté internationale s'engage à financer n'induisent une reprise de la demande intérieure. Mais la relance et/ou la création de nouvelles entreprises orientées vers l'exportation dépend avant tout d'une stabilité sociopolitique du pays et de la région qui garantisse la sécurité des investissements. Or, celle-ci ne semble pas assurée pour le moment.

Par ailleurs, la communauté internationale ne semble pas accorder une place prépondérante au développement du secteur "production": le Programme d'Investissements Publics lui alloue 27,5 % de l'ensemble de fonds du programme qui se répartissent en 6,7% seulement pour le secteur de l'industrie, de l'artisanat et du commerce tandis que 20,5% sont destinés au secteur rural, mais un quart des financements manquaient lors de la conférence nationale63.

II 2 .3 LIBERALISATION DES MARCHES ET LA BALANCE COMMERCIALE

II 2 .2.3.1 Balance commerciale

56

La balance commerciale se détériore au début des années 80, aggravée par la chute du cours du café. Celle-ci se dégrade encore davantage entre 1991 et 1994 suite à l'effet combiné d'une baisse continue des exportations depuis 1990 et

d'une hausse des importations. La diminution de la valeur importé et
l'augmentation de la valeur exporté durant la période de 1995-2002 a cause une légère diminution du déficit de la balance commerciale de 4.36% de 149.2 million de dollar en 1995 à 136.7 million de dollar en 2002

II 2 .2.3.1.1 Exportations

Malgré une légère reprise en 1995, les exportations ne recouvreront en 1998 que 85% de leur niveau du début des années 1990. En 1995, elles représentaient 1/3 des importations. Elles se composent à 78% de café et 8% de thé. En 1998, la part du thé dans les exportations devrait augmenter pour atteindre la même proportion qu'en 1990, soit 22% par rapport au café qui compte pour 2/3 dans les exportations. A court terme, donc, ces deux cultures continuent d'assurer 84% des recettes extérieures et elles restent les principales ressources d'exportations du Rwanda.

Ces cultures ont subi de lourdes pertes lors de la guerre. Le manque de soins durant au moins un an compromet fortement les récoltes futures. Le cours international du café remonte depuis 1994 et atteint en 1995 un niveau équivalent à celui de 1985. Cette hausse stimulera à moyen et à long terme les producteurs de café si les cours se maintiennent. Ceci a conduit à une légère augmentation de la valeur exporté de13.6% durant cette période.

II 2 .2.3.1.2 IMPORTATIONS

Les importations connaîssent une évolution durant la période de 1995-1998 de 20% durant cette période et reste principalement les importations des biens de consommation en grande partie qui connaît une augmentation de 27.5 %durant cette période. Ceci est dû principalement au déclin de certain de nos productions qui nous oblige de recourir à leurs importation pour satisfaire le marché. La compétitivité prix des produits fabriqués au Rwanda a aussi chuté cause d'une

57

gamme élargie des produits substituable. Il s'agit ici de remarque les cas du Riz, du sucre, et d'autres produits agroalimentaires.

II 2 3 FACILITE DE REDUCTION DE LA PAUVRETTE ET CROISSANCE

(FRPC ) DE 2002 à 2006

Le 26 septembre 1999, le Comité intérimaire a souscrit au remplacement de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR) par une facilité nouvelle, la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC), qui vise à faire des efforts de réduction de la pauvreté des pays membres à faible revenu un élément décisif et plus explicite d'une stratégie économique renouvelée orientée sur la croissance64. La nouvelle facilité a pour objectif de «soutenir les programmes destinés à renforcer de manière substantielle et continue la position de la balance des paiements des pays membres à faible revenu éligibles et de contribuer à une croissance durable, qui conduit à des niveaux de vie plus élevés et à une réduction de la pauvreté». Les programmes soutenus par la FRPC, comme ceux de l'IDA, découleront du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et seront conformes à ce cadre, qui sera préparé par le pays emprunteur et avalisés par les Conseils des deux institutions, dans leurs domaines de compétence respectifs65.

II 2 3.1 FRPC Au Rwanda66

Le Rwanda a fait, avec l'aide de la Communauté internationale, des progrès significatifs dans la Reconstruction, la réconciliation et la justice sociale. Le Gouvernement a en effet adopté et mis en oeuvre, à partir de 1995, des programmes successifs de réformes économiques et structurelles et de renforcement de la gouvernance aussi bien politique qu'économique. Ces réformes ont été orientées, à partir de 2002, avec l'adoption du Document de Stratégie de Réduction de la pauvreté (DSRP) et la Vision 2020 à long terme de

64 IMF, Facilite pour la Réduction de la Pauvrette et la Croissance,Question d'ordre Operationel, htm consulté le 07/06/2008

65 Ibidem

66 BAD: Rwanda Country paper: Local governances and poverty reduction, Tunis, June 2006

58

développement, vers la satisfaction des besoins des populations les plus démunies du pays. Le bilan de la mise en oeuvre de ce DSRP appuyée par la Communauté des bailleurs de fonds a révélé que sur le plan économique le taux de croissance enregistré au cours de la période a été de 5,6%, ce qui est au-dessus de la moyenne sub-saharienne, mais en deçà des objectifs du DSRP et de la Vision 2020 qui sont de 6 à 7%. De manière générale, l'allocation budgétaire aux secteurs prioritaires et pro pauvres a augmenté sensiblement et les progrès ont été réalisés pour une meilleure choix des dépenses notamment pour les secteurs de l'éducation, la santé, l'agriculture et l'eau. Ces efforts se sont traduits par une amélioration de l'accès aux services sociaux, ce qui rend plausible l'atteinte de l'objectif de l'éducation universelle d'ici 2015. Ces quelques résultats encourageants ne se sont pas traduits par une réduction significative de la pauvreté, qui a été réduit seulement de 60,4% en 2001 à 56,9% en 2006, et sont donc insuffisants pour atteindre les objectifs à long terme de développement et de la réduction de la pauvreté de 50% esquissés dans la Vision 2020.

II 2 3 2.Evolution récente de l'économie II 2 3 2.1 Croissance économique

Depuis le rétablissement de la paix en 1995, une série de réformes a été mise en oeuvre, permettant l'instauration du climat de sécurité et de stabilité économique, ainsi que l'amorce d'une transition progressive de la reconstruction au développement. Le pays a ainsi enregistré un taux de croissance réel annuel moyen de 7,4% de 1995 à 2006. Par ailleurs, par sa taille et sa position géographique, l'économie rwandaise est particulièrement vulnérable aux chocs exogènes, tels que les conditions climatiques et les cours des principaux produits de base. Elle se caractérise par l'importance du secteur primaire, qui compte pour 41% du PIB, tandis que le secteur tertiaire représente 38% et le secteur secondaire, 21%. Ainsi, ces chocs exogènes ont affecté le secteur primaire et secondaire en 2003, où le taux de croissance n'a été que de 0,9%. C'est en 2005 seulement que le secteur agricole a pu retrouver une bonne production après deux années de stagnation. Ce qui a permis de ramener l'inflation à un chiffre. Dans les

59

autres secteurs les activités économiques ont repris dès 2004, avec 4% de croissance, et 6% en 2005, et 5,3% en 2006. Cette performance globale en matière de croissance économique a été rendue possible grâce à un taux d'investissements bruts global relativement élevé qui s'est accru, de 18,4% du PIB en 2003 à 21,4% en 2006, couverts notamment par les flux d'aide publique extérieures et par les capitaux privés étrangers. Les investissements bruts privés sont restés stables, avec 12,8% en 2006. L'épargne nationale qui s'est accru sensiblement, de -0,8% du PIB en 2003 à 3,8% en 2006, reste faible et crée une dépendance excessive du pays vis-à-vis des ressources extérieures pour son développement.

II 2 3.3 Impact de FRCP sur la balance commerciale

La balance des paiements se caractérise par les déficits chroniques des deux balances, commerciale et des services, reflétant les contraintes structurelles d'un petit pays enclavé. Le déficit du compte courant (transferts exclus) a ainsi été maintenu autour de 19% du PIB de 2003 à 2005, avec une amélioration en 2006 à 17,6%, grâce notamment à un accroissement substantiel des recettes d'exportation du café et l'accroissement des prix internationaux des métaux comme le cassitérite et le coltan. . Les réserves officielles ont été globalement maintenues en moyenne à 5,6 mois d'importations depuis 2003.

La situation économique du Rwanda se détériore depuis le début des années 80. La chute des cours de ses produits d'exportation, puis le déclenchement de la guerre en 1991 et le dérapage du PAS portent un nouveau coup à l'économie rwandaise structurellement affaiblie. Plus de la moitié de la population rwandaise vit en dessous du seuil de pauvreté. Le PIB accuse un taux de croissance négatif à partir de 1992. Le gouvernement table pourtant sur une reprise de l'économie à partir de 1995 et projette garder des taux de croissance supérieurs à 10%/an pour l'ensemble de ses secteurs, taux rarement atteints dans le passé.

60

Le gouvernement doit faire face au problème structurel de son agriculture. Quelques solutions s'offrent à lui pour désengorger l'agriculture et relancer la production agricole: intensifier l'agriculture, diversifier les sources d'emploi en dehors de l'agriculture (et développer le secteur privé générateur d'emplois) ou envisager des transferts de main d'oeuvre dans un cadre régional de libre échange et de coopération. L'évolution politique et militaire récente laisse à penser qu'une certaine unification régionale est sur le point de se réaliser. L'avenir dira si celle-ci apportera une solution aux problèmes économiques des différents pays et comment elle favorisera le développement de la région. La redistribution des ressources économiques et des revenus générés reste garante d'une lutte contre la pauvreté croissante de la majorité de la population et un facteur clé de stabilité.

La politique économique libérale vise à réorienter et diversifier son économie. Le nouveau gouvernement fonde sa reprise économique sur le développement d'un secteur privé principalement exportateur. La relance et le développement du secteur privé dépendent avant tout de la stabilité sociopolitique pour assurer des investissements. Or, la sécurité ne semble pas garantie: le montant des investissements extérieurs reste faible et les données révèlent une fuite de capitaux vers l'extérieur. Le secteur actuel des entreprises produit pour le marché intérieur principalement. Depuis la fin de la guerre, seule une partie des entreprises ont repris leurs activités. Ce secteur risque de disparaître complètement s'il n'est pas protégé et si le pouvoir d'achat de la population continue à baisser.

Malgré la priorité que semble accorder la communauté internationale et le gouvernement lui-même au développement de ce secteur comme moteur pour l'ensemble de l'économie, la part de financement consacrée à ce secteur reste faible (7%) dans l'ensemble du programme d'investissements publics de la communauté internationale.

Le nouveau gouvernement hérite d'une économie dévastée par la guerre et qui génère peu de ressources et de moyens pour faire face à ses besoins. Il consacre les deux tiers de ses recettes à sa défense.

61

La balance commerciale, négative depuis le début des années 80 se détériore une première fois en 1986 suite à la chute des cours du café et du thé, puis une seconde fois en 1991 après le déclenchement de la guerre et enfin en 1994. Elle se redresse en 1995, mais malgré une reprise des exportations prévue pour les années 1996, 1997 et 1998, elle restera largement déficitaire.

Le Rwanda dépend financièrement totalement de la communauté internationale pour reconstruire son économie et il reste totalement dépendant de l'aide extérieure pour les prochaines années à venir.

II 3 DYNAMISME D'AJUSTEMENT AU RWANDA

II 3.1 Analyse de l'évolution de l'indice du commerce international

L'indice du commerce mesure de combien à importer contre les exportations de la période. Ce ratio est trop important comme l'indiquent LIPSEY et CHRYSTAL67 sa croissance indique une avantage comparatif que tire une économie dans le commerce international tandis que sa décroissance implique une désavantage pour une économie en appliquant le commerce international.

L'indice du commerce est IC=(indice à l' export/ indice à l' import)*100

67 LIPSEY et CHRYSTAL, Economics 8 Th Edition,OXFORD UNIVERSITY PRESS Pp 614-615

62

Table 6 Evolution de l'indice du commerce international

année

Indice de valeur à l'import( Base des prix de1990)

indice de valeur à l' export ( Base

des prix de1990)

Indice du commerce

1990

74.9

67.7

90.4

1991

124.9

94

75.3

1992

127.4

72.1

56.6

1993

158.8

75.6

47.6

1994

57.6

30.7

53.3

1995

207.1

115.5

55.8

1996

262.9

149.5

56.9

1997

398.4

287

72.0

1998

402.8

216.2

53.7

1999

373.8

195.3

52.2

2000

367.6

208.4

56.7

2001

562.8

218.8

38.9

2002

434.4

217.9

50.2

2003

617.4

294.2

47.7

2004

724

477.8

66.0

2005

2006

990

1167.4

570.3

1123.4

57.6

96.2

Source :- BNR, Rapport sur l' évolution économique et financière du Rwanda 1993-1996,19971998.1999,2000,2005,2006

63

Figure 6 Evolution des Indices du commerce extérieur

EVOLUTION DE L' INDICE DU COMMERCE

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Année

Indice en %

100

40

90

80

60

70

50

Source : nous même à l'aide du logiciel MINITAB14

La hausse des prix à l'importation entre 1990 et 2006 n'a pas été accompagnée par celle des prix à l'exportation de façon à réaliser un équilibre des termes de l'échange. Cette période a été plutôt marquée par leur détérioration. Un léger redressement a été réalisé en 1993 jusqu'à 1997 et en 2001 jusqu' en 2004 suite à la baisse de l'indice des valeurs moyennes à l'importation.

64

La bonne performance des prix à l'exportation du café constatée en 1995 et 1996 n'a cependant pas été en mesure de rétablir l'équilibre des termes de l'échange qui sont maintenues en dessous de 100%.

Ceci nous montre que dans la pratique du commerce international le Rwanda n'en trouve aucun avantage comparatif. Cela est dû au fait qu'on exporte les produits dont on est pas capable d'exploiter comme le café, les minerais et en plus de ça on importe une grande quantité des biens de consommations et d'équipements que nos marché ne peut pas produire, de ce fait les substituer devient parfois impossible et on continue à exporter et à importer sans avantage à retirer dans ce commerce. De ce fait intégrer notre économie n'aura aucune importance car elle ne tire aucun avantage comparatif dans le commerce international et régional.

II 3.2.Elasticité d'ajustement

L'élasticité d'ajustement reflète la condition de stabilité de la balance commerciale. Il suit la condition de MARCHALL-LERNER et exprime qu'en un moment les

importations peuvent excéder les exportations dans le but de soutenir la
croissance de la production intérieur. De ce fait elle permet la croissance des exportations dans un pays de façon à compasser les importations et on retourne à l'ajustement de la balance commerciale68.

Elle doit toujours tendre vers 1 pour exprimer la substitution import- export. Elle s'obtient par un ratio

1

*

EX

 
 
 

Elasticité d'Ajustement = 1+ TCH IMP

Selon les calcul au Rwanda l'élasticité d'ajustement de 1990 à 2006 est de :

68 OBSTEFELD. M et ROGGOFF K ,Foundation of international macroeconomics , P 55

65

Table 7 Evolution de l'élasticité d'ajustement

Année

Exportation

Importation

Taux de Change

(Cotation à l'incertain et au USD)

Elasticité d'ajustement

1990

103

227.5

0.012107

0.44733162

1991

95.8

228.3

0.007994

0.4162956

1992

68

241

0.007519

0.28005202

1993

67.9

267.8

0.00693

0.25180243

1994

32

367.4

0.004545

0.08670442

1995

51.2

194.1

0.003359

0.26289846

1996

61.7

218.4

0.003287

0.2815835

1997

92.9

277.4

0.003282

0.33379995

1998

64.1

232.6

0.003024

0.27474958

1999

62

248.8

0.002861

0.24848517

2000

69

222.1

0.002323

0.30995089

2001

93.6

225

0.002184

0.41509348

2002

67.4

204.1

0.001954

0.32958643

2003

63.1

217.7

0.001861

0.28930996

2004

97.9

257.9

0.001732

0.37894831

2005

125

354.2

0.001403

0.35241348

2006

142,7

439,4

0.001824

0.32417

Source : Nous même

66

L'élasticité d'ajustement est reste faiblement inférieur à 1 au cours de cette étude ceci veut signifier qu'au Rwanda il n'y pas de capacité de substituer les biens que nous importons et encore que l' évolution des exportations reste rigide malgré l' évolution du taux de change. De ce fait notre balance commerciale aura un déficit auto régressif une fois qu'il y a eu une dévaluation de la monnaie. De ce fait pour équilibre notre balance commerciale il nous faut une politique visant à soutenir l'auto suffisance sur le marché national ceci consistera d'un investissement d'exploitation des produits primaires exportés sans subir aucune transformation. Ceci vient de confirmer notre deuxième hypothèse disant que le soutient des investissements nous aidera à ajuster la balance commerciale.

II .3.3 Analyse des courbes en J au Rwanda

L'analyse des courbes en J montre l'effet de la dévaluation et de la dépréciation monétaire suite à la variation du taux de change sur les termes de l'échange.

Selon LIPSEY et CHRYSTAL69, la dévaluation et la dépréciation de la monnaie ont un effet positif sur la balance commerciale car l'augmentation de la valeur des biens importés permet aux consommateurs de les substituer aux biens nationaux tandis que les exportations sont devenues meilleur marché à l'échelle internationale. De ce fait en premier lieu l'augmentation de la valeur importée creuse un déficit du compte courant qui sera compensé par l'effet de substitution des biens importés dont l'allure de la lettre J majuscule pour l'évolution de la balance commerciale.

Dans l'économie Rwandaise où la capacité de production est faible, la dévaluation de la monnaie cause l'augmentation de la valeur importée par le manque de substitution ceci induit l'augmentation des prix des biens importés et domestiques dont les matières Premiers sont importées.

69 LIPSEY et CHRYSTAL,op-cit P551

67

Figure 7 Evolution du commerce extérieur au Rwanda

-350

-100

Année

Balance commerciale

-150

-200

-250

-300

Courbe en J

Vu l'allure de cette courbe nous constatons que le changement du taux de change au Rwanda agit négativement sur les termes de l'échange. Ceci est dû que les produits exportés n'ont pas de substitution au Rwanda.

68

CONCLUSION PARTIELLE

Le second chapitre vient de nous montre les analyses théoriques de l'évolution de la balance commerciale au Rwanda, les programmes d'ajustement ainsi que le dynamisme d'ajustement de la balance commerciale du rwanda.

Du point de vu structure de la balance commerciale nous avons constaté que elle caractériser par un déficit structurelle quasi permanent expliqué par la croissance de la valeur des importations d'année par année. Cette croissance est dû à l'évolution des prix à la production dans les principaux fournisseurs du pays combiné avec la perte de valeur du francs Rwandais. S'agissant des biens importés, ils sont dominés par les biens de consommations finales qui représentent un pourcentage élevé de cette période soit 47% du total de la valeur importée de 1990 à 2006. Tandis que les principaux fournisseurs du pays sont le continents Asiatique avec 41.5% de la valeur importé et l'Europe avec 27.6% de la valeur total importés. Alors que les exportations demeurent les produits primaire dont le café qui représente 49.5% des valeurs exportés et le thé qui représente 27.8% des valeurs exportés. Et principalement envoyé dans les pays du COMESA avec 51% du total exporté et l'Europe avec 40% des valeurs exportés durant la période.

Cette effet d'importer les biens de consommations et d'exporter les biens primaire nous a fait remarquer une effet de Veblen pour les consommateur rwandais et celle d'importer une grande quantité dans les continent non limitrophe et dans les économie plus forte que la notre ferait un des handicap de la politique d'intégration régionale que notre pays a entamer.

S'agissant du programme d'ajustement structurel et le programme d'ajustement structurelle renforcer, ils n'ont pas tenu compte de la structure économique du pays qui dépend des importations de provenance Européen et Asiatique qui par

69

conséquent la dévaluations ou la dépréciation du francs rwandais n'aboutit qu'à l'augmentation de la valeur importé et faute de leur substitution et à l'augmentation de l'indice des prix. Ceci confirmer notre première hypothèse

Du cote de dynamisme d'ajustement nous avons constaté que le Rwanda ne tire aucune avantage dans le commerce international car l'indice de commerce et l'élasticité d'ajustement restent inférieur à un. Ceci nous indique que par obligation d'importer ajuster notre balance commerciale nous faut un investissement de transformations de nos exportations afin d'augmenter leurs valeurs. Ceci confirmer notre deuxième hypothèse.

Ceci ne sera valable qu' après la vérifications empiriques du rôle du taux de change dans la réductions du déficit de la balance commerciale ainsi que celle de l' offre monétaire et du crédit sur la production et la balance commerciale.

70

CHAPITRE III ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS

III .1 LE CONTROLE DE CHANGE ET COMMERCIALE AU RWANDA

DEFICIT DE LA BALANCE

III 1.1 Spécification du Modèle

Choix et intérêt des variables

Dans toute analyse scientifique le choix des variables clés à analyser est très important car il nous aide à bien spécifier notre modèle d'analyse. Dans le cadre macroéconomique, le modèle nous aide à rapprocher les statistiques à la théorie et à la réalité des choses70. Selon Nelson C Mark71, le choix des variables dans le cadre d'analyse macroéconomique doit tenir en compte du bien être sociale de la population donc l'optimum de Pareto. De ce fait les variables à tenir compte dans cette recherche sont :

Le taux de change : étant le prix relatif d'un bien entre deux économies différents entre eux. Dans le cadre du commerce international la variation du taux de change affecte la demande des biens sur les marchés internationaux de ce fait, il influence le niveau soit des importations et des exportations

L'indice des prix à la consommation

Le niveau des prix montre le niveau de la compétitivité de l'économie. Leur mode de fixation implique le système de marché à l'intérieur de l'économie, sa facilité au commerce et intégration commerciale

70 MARK N.C. ; international macroeconomics and Finance : Theory and empirical methods;Blackwell Publisher; Victoria, Décembre 2000,P262

71 Idem P 263

71

Le niveau de la production : elle nous montre la capacité de l'économie de produire, d'exporter, et de répondre à la demande adressé à cette dernière. Son niveau inférieur à la demande implique l'obligation d'importation.

Alors notre modèle se présente comme suit :

DBC= a0 + a1 TCH+a2 IPC +a3 PIB+£

Où DBC est le niveau du déficit de la balance commerciale

TCH est le taux de change nominal

IPC est indice des prix à la consommation

PIB est la production intérieure brute en terme réel

£ est le terme aléatoire

Lors qu'il s'agit d'une analyse d'évolution du déficit de la balance commerciale, le modèle logarithmique semble plus significatif et on analyse des séries chronologiques. Alors le modèle devient :

Ln DBC = a0+a1LnTCHt+ a2IPCt+ a3LnPIBt+£t Les signes attendu des paramètres

a1>0 car la relation taux de change et déficit de la balance commerciale est positive car la diminution du taux de change (la dépréciation de la monnaie), diminue le déficit de la balance commerciale car les exportations ont tendance à augmenter tandis que les importations ont tendance à la baisse à cause de leur renchérissement.

a2 >0 car l'augmentation des prix à l'intérieur du pays provoqué l'augmentation de la valeur des biens importés par substitution de la production intérieur devenu cher et freine le processus d' exportation par augmentation de leur prix le déficit de la balance commerciale s' aggrave.

a3 < 0 car l'augmentation de la production intérieur permet aux consommateurs nationaux de substituer les biens importés. Il permet aussi d'exporter l'excédent de la production non consommée aux marchés internationaux.

72

III . 1. 2 . Stationnarité des variables

Il peut arriver que les grandeurs macro-économiques ne soient pas stationnaires au même moment et ainsi ne puissent pas être incorporées dans un même modèle. C' est pourquoi avant d'estimer un modèle il faut d' abord tester la stationnarité de ces variables.

Une série chronologique est stationnaire si elle ne comporte ni tendance, ni saisonnalité et plus généralement aucun facteur n'évoluant dans le temps72.

Une série chronologique est non stationnaire si ses caractéristiques à savoir son espérance et sa variance se trouvent modifié dans le temps73

Pour tester la stationnarité nous utilisons les testes des racines unitaires ou test de Dickey Fuller (DF) qui permet de mettre en évidence le caractère de stationnarité d' une série chronologique. Il' y a les tests de DF simple qui tient compte que le terme d'erreur soit un bruit blanc d'où le test de Dickey Fuller Augmenté ( ADF ) qui tient cette hypothèse. Comme les tests de DF et ADF utilise utilisent 3 modèles pour testé chaque variable et permettent de blanchir les résidus en incluant un ou plusieurs termes autorégressifs différenciés.

Le modèle général des racines unitaire est :74

Xt= a1Xt-1+ + ap Xt-p +£t

Nous passons à l'analyse de stationnarité de chaque variable.

72 CREEL. M., Advanced econometric, Graduate econometric lecture note, Havard university press November 2002, Pp 208-215

73 KUERSTEINER G , Time series analysis, Courses note , lesson 2 ; Massachusetts Institute of Technology, Department of economics,

74 Ibidem

73

1 Etude de Stationnarité de LNDBC

ADF Test Statistic -4.391577 1% Critical Value* -4.7315

5% Critical Value -3.7611 10% Critical Value -3.3228

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNDBC,2)

Method: Least Squares

Date: 07/19/08 Time: 07:46

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficie

nt

Std. Error t-Statistic Prob.

D(LNDBC(-1)) -

1.230034

0.280089 -4.391577 0.0009

C 0.176917 0.183454 0.964364 0.3539

@TREND(1990) 0.000526 0.018040 0.029150 0.9772

R-squared 0.616526 Mean dependent var 0.008763

Adjusted R- 0.552613 S.D. dependent var 0.451165

squared

S.E. of regression 0.301771 Akaike info criterion 0.618557

Sum squared resid 1.092786 Schwarz criterion 0.760167

Log likelihood

1.639177

F-statistic 9.646424

Durbin-Watson stat 1.934802 Prob(F-statistic) 0.003180

Les modèles intercept, trend and intercept et none montrent que la variable LNDBC n'est pas stationnaire à niveau. En passant à la première différence cette variable devient stationnaire dans le modèle trend and intercept car la probabilité est significative (0,009) et la valeur ADF (-4.391577) est inférieure à la valeur critique au seuil de 5%

74

Etude de Stationnarité de LNIPC

ADF Test Statistic -3.445726 1% Critical Value* -3.9635

5% Critical Value -3.0818 10% Critical Value -2.6829

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNIPC,2)

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 09:31

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LNIPC(-1)) -0.944592 0.274134 -3.445726 0.0043

C 0.086404 0.049196 1.756319 0.1025

R-squared 0.477346 Mean dependent

var

-0.004439

Adjusted R- 0.437141 S.D. dependent var 0.214419

squared

S.E. of regression 0.160865 Akaike info criterion -0.692932

Sum squared 0.336410 Schwarz criterion -0.598526
resid

Log likelihood 7.196992 F-statistic 11.87303
Durbin-Watson 2.017037 Prob(F-statistic) 0.004344 stat

La variable LNIPC devient stationnaire dans le modèle intercept à la Première différence car la probabilité ( 0,0043) est significative inférieur à 10% et sa valeur ADF (-3.445726) est inférieur à la valeur critique au seul de 5% .

75

Etude de Stationnarité de LNPIB

ADF Test Statistic -3.634865 1% Critical Value* -3.9635

5% Critical Value -3.0818 10% Critical Value -2.6829

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNPIB,2)

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 10:10

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LNPIB(-1)) -1.005959 0.276753 -3.634865 0.0030

C 0.042564 0.059051 0.720800 0.4838

R-squared 0.504049 Mean dependent var 0.005436

Adjusted R- 0.465898 S.D. dependent var 0.308222

squared

S.E. of regression 0.225256 Akaike info criterion -0.019594

Sum squared 0.659623 Schwarz criterion 0.074813
resid

Log likelihood 2.146952 F-statistic 13.21224
Durbin-Watson 1.996476 Prob(F-statistic) 0.003023 stat

La variable LNPIB est devenu stationnaire à la premier différence dans le modèle intercept car la probabilité est 0.0005 inférieur à 10% et la valeur ADF est - 4.580833 inférieurs à la valeur critique à 5%. Ce variable a la même tendance que la variable endogène.

76

Etude de Stationnarité de LNTCH

ADF Test Statistic -4.639873 1% Critical Value* -3.9635

5% Critical Value -3.0818 10% Critical Value -2.6829

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNTCH,2)

Method: Least Squares

Date: 07/18/08 Time: 08:12

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficient Std. t-Statistic Prob.

Error

D(LNTCH(-1)) -1.246957 0.26874 -4.639873 0.0005

8

C 0.126967 0.05783 2.195323 0.0469

5

R-squared 0.623499 Mean dependent var 1.27E-05

Adjusted R- 0.594537 S.D. dependent var 0.309915

squared

S.E. of regression 0.197341 Akaike info criterion -0.284198

Sum squared 0.506267 Schwarz criterion -0.189791
resid

Log likelihood 4.131482 F-statistic 21.52842
Durbin-Watson 2.070279 Prob(F-statistic) 0.000463 stat

L'analyse de stationnarité nous montre que la variable LNTCH devient

stationnaire à la premier différence dans le modèle Trend and intercept sa probabilité est 0.0005 inférieur à 10% et sa valeur ADF (-4.639873) est inférieur à la valeur critique à 5%.

.Après l'analyse de stationnarité des variables nous voyons que les variables ayant la même tendance sont LNDBC, LNPIB,LNTCH, et LNIPC sont eux qui construiront notre modèle.

77

III.1.3 Estimation du relation à long terme

Dependent Variable: LNDBC Method: Least Squares Date: 08/08/08 Time: 09:57 Sample: 1990 2006

Included observations: 17

Variable

Coefficient Std. Error t-Statistic

Prob.

LNIPC

1.520420

0.408657 3.720523

0.0023

LNPIB

0.854829

0.175182 4.879676

0.0002

LNTCH

-0.636718

0.438774 -1.451131

0.1688

R-squared

0.740572

Mean dependent var 10.72087

Adjusted R-squared

0.703511

S.D. dependent var

0.633256

S.E. of regression

0.344813

Akaike info criterion

0.867157

Sum squared resid

1.664546

Schwarz criterion

1.014195

Log likelihood

-4.370838

Durbin-Watson stat

1.578571

La relation à long terme est

LNDBC=a1 lnpib+a2lntch+a3lnipc

LNDBC = 0.854829*LNPIB -0.636718*LNTCH + 1.520420*LNIPC

(0.0002) (0.1688) (0.0023)

III. 1. 4 Cointegration des variables

Plusieurs séries économiques consistent à mettre en relations les variables qui sont stationnaires dans différent modèle. Alors la Cointegration est considéré comme une méthode statistique qui vérifié la relation existante entre ces variables et que les résidus de cette relation soient stationnaires75.

Pour tester la Cointegration des variables on procède comme suit :

75 G. KUERSTEINER , Op- cit lesson 8

78

Estimer le modèle.

Notre modèle est : LNDBC= a1 LNPIB +a2 LN TCH+a3

On retire du modèle les résidus et on teste leur stationnarité. On s'en serve encore les tests ADF.

Stationnarité des résidus

ADF Test Statistic -3.116242 1% Critical Value* -2.7275

5% Critical Value -1.9642 10% Critical Value -1.6269

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(RESID01LT)

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 10:23

Sample(adjusted): 1991 2006

Included observations: 16 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient Std. Error t-Statistic

Prob.

RESID01LT(-1)

-0.805349

0.258436 -3.116242

0.0071

R-squared

0.391050

Mean dependent var 0.022826

Adjusted R-squared

0.391050

S.D. dependent var

0.417873

S.E. of regression

0.326088

Akaike info criterion

0.657164

Sum squared resid

1.595004

Schwarz criterion

0.705451

Log likelihood

-4.257315

Durbin-Watson stat

1.870844

D' après les résultats de cette analyse nous trouvons que les résidus sont aussi stationnaires à niveau dans le modèle none la probabilité est 0,0071 inférieur à 10% est sa Valeur ADF(-3.116242) est inférieur à ADF au seuil de 5%. Donc la relation à long terme est prouvée.

III.1.5 Estimation Du Modèle à Correction d'Erreur

Les variables du modèle peuvent avoir les fluctuation au cours du temps c'est pour cette raison que nous analysons cette fluctuation à court terme pour dégager les statistiques permettant de déterminer le temps qu'il faut pour observer les chocs qui peuvent frapper les variables du modèle.

79

Alors le modèle ECM est :

Dependent Variable: DLNDBC

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 15:07

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient Std. Error t-Statistic

Prob.

DLNIPC

1.358763

0.428586 3.170342

0.0100

DLNPIB

-0.403285

0.277427 -1.453662

0.1767

DLNTCH

-0.458962

0.355650 -1.290489

0.2259

RESID01LT(-1)

-0.961348

0.215742 -4.456005

0.0012

DLNDBC(-1)

0.376782

0.195278 1.929463

0.0825

R-squared

0.860779

Mean dependent var

0.149317

Adjusted R-0.825090

squared

S.D. dependent var

0.287131

S.E. of regression

0.197872

Akaike info criterion

-0.141187

Sum squared resid

0.391535

Schwarz criterion

0.094829

Log likelihood

7.255321

Durbin-Watson stat

2.199406

Alors le modèle général ECM à estimer est : Lndbc=a0lnipc+a1lnpib+a3lntch+a4Rt (-1)+a5 Le modèle ECM estimé est : Lndbc=1.3587lnipc-04032lnpib-04589lntch+0,376 dlndbc(-1) -096Rt(-1)

III. 1.6 INTERPRETATION DES RESULTATS

Les résultats empiriques nous montrent qu'à long terme, le coefficient du taux de change n'est pas significativement différent de zéro. Car la t de student calculé (1.451131) est inférieur à t tabulé au seul de 5% (2.828). Ceci veut signifier que les résultats attendus de la dévaluation monétaire ne sont pas ce qu'on trouve. Contrairement à la théorie économique la fluctuation du taux de change au Rwanda contribue à l'aggravement du déficit commercial ; ceci provient de la faiblesse des ressources intérieures pouvant être exploités et exportés aux

80

marchés de façon à profiter les avantages de la dévaluation. Notons encore que même les secteurs existants produisant les produits à exporter ne consistent que les produits primaires qui leur production ne dépend que le climat et d'autres de source rare tous de faible valeur ajoutée à cause de leur exploitation presque inexistant.

Du coté des importations, nous remarquons une insuffisance des matières premières qui conduit à une nécessité inévitable de les importer, ce qui conduit à une augmentation de la valeur importée sans augmentation de celle des exportations. Le manque des produits substituables aux importations devenues chères oblige les agents économiques rwandais d'importer ces produits. Quant aux facteurs externes il faut noter l'enclavement du pays ce qui induit l'augmentation des coûts de transport entre le pays et ses partenaires commerciales. Ceci est une des limites du théorème des élasticités critiques qui ne s'intéresse qu'aux effets - prix sur la demande, une dévaluation n' est efficace que si il existe des capacités d' offres disponibles, rentable et adapté à la demande. Vu l'insuffisance de la production au Rwanda la dévaluation de la monnaie se transforment en inflation ce qui a un impact défavorable sur la balance commerciale. Ceci confirme notre première hypothèse disant que la variation du taux de change à la hausse n'aboutit qu'à l'augmentation des prix.

Du coté du niveau de production, son coefficient est statistiquement différent de zéro et a un signe différent de son signe attendu, ceci signifie que l'augmentation de la production de 1% contribue à l'augmentation du déficit de la balance commerciale de 0.8%. Ceci provient que la préférence des consommateurs Rwandais consiste à des biens importés ceci implique que l'augmentation du revenu va de paire avec l'augmentation de la valeur des biens importés.

Du point de vue du niveau des prix, cette variable va toujours de paire avec le déficit de la balance commerciale. Ceci est dû au changement en prix sur la production qui, selon la théorie économique le changement en taux de change implique l'augmentation de la valeur des biens importés. De ce fait, faute de leurs substitutions soit en qualités et en quantités l'augmentation du taux de change implique l'augmentation de la valeur des biens importés et des prix des biens

81

secondaire nationale. Il s'agit ici des biens et services dont leur production dépend des matières premières importées.

S'agissant de l'équilibre, les résultants empiriques nous montre que les chocs à l'économie ne peuvent corriger le déséquilibre qu'à 0,96%. Ceci est un fait freinant l'ajustement de la balance commerciale du Rwanda car il est impossible de retrouver l'équilibre.

82

III .2. CONTROLE DES CAPITAUX ET DEFICIT DE LA BALANCE

COMMERCIALE

III .2.1.Spécification du modèle

Ce modèle résulte de l'approche monétaire de la balance de payement. Selon Nelson C Mark76 l'approche monétaire de la balance de payement est développée comme un outil d'ajustement en cas du régime de change fixe. Et après le système de dévaluation des institutions de bretton wood, s'est transformé en modèle de détermination du taux de change nominal. Il met en relation les variables monétaires et suppose la flexibilité des prix et est centré sur l'équilibre du marché monétaire national et du stock monétaire.

Choix des variables

Dans ce modèle les variables qui y sont analysés doivent comme on l'a déjà cité, tenir compte de l'équilibre de Pareto77 et sont :

- la parité du pouvoir d'achat : cette variable met en relation le stock monétaire détenu et les prix sur marché78. Elle est dite encore encaisse réel et indique les capacité d'un économie de s'approvisionner soit sur les marchés nationaux ou internationaux.

- le crédit à l'économie : Une expansion du crédit à l'économie entraîne une augmentation de la masse monétaire en circulation ce qui a comme conséquence de la dépréciation de la monnaie et la sortie des capitaux. Pour une économie à faible capacité de s'adapter à cette situation la valeur des importations augmente alors que celle des exportations diminue d'où l'aggravement du déficit de la balance commerciale.

- l'équilibre budgétaire : l'équilibre budgétaire est l'un des effets stabilisant d'une économie en cas de mobilité parfaite des capitaux79 . En cas d'absence de

76 MARK N.C., International Macroeconomics and Finance, Theory and empirical Method, Blackwell publishing, December 2002 Pp 79-105

77 Ibidem

78 Ibidem

79 MARK N.C. Op.cit P235

80 VISSER H., A guide to International Monetary Economics, 3 rd Edition,2004 Pp 55-67

81 MARK N.C. op.cit P236

83

mobilité, le financement du déficit budgétaire entraîne une dépréciation de la monnaie qui à son tour provoque le renchérissement des importations. Donc l'aggravement du déficit de la balance commerciale80.

- le taux d'intérêt : est l'un des stimulant de la croissance économie. Sa hausse n'explique que la dépréciation de la monnaie au lieu de la croissance économique. Cette dépréciation augmente la valeur des importations alors que la production des exportations diminue81.

Alors notre modèle est :

DBC = a0+a1M/P+a2CE+a 3DB+a4i+£

Où M/P désigne le niveau du pouvoir d'achat d'une économie. Elle reflète le niveau des encaisse réel détenu par l'économie, P désigne l'indice des prix à la consommation et M désigne la masse monétaire agrégat monétaire M1.

CE désigne le niveau du crédit à l'économie

DB désigne le niveau du déficit budgétaire qui est l'excèdent des dépenses publiques aux recettes publiques.

i désigne le taux d' intérêt créditeur

Lors qu'il s'agit d'une analyse d'évolution du déficit de la balance commerciale, le modèle logarithmique semble plus significatif et on analyse des séries chronologiques. Alors le modèle devient :

LN DBCt= a0 + a1LN (Mt/Pt)+ a2 LNCEt +a3 LNDBt+ a4it+ £t

Ou LNDBCt= a0 + a1 LNMt+ a2 LNIPC+ a3 LNCEt+ a4 LNDBt+ a5 it + £t Les signes attendus des coefficients

a1< 0 Car l'augmentation de l'offre de la monnaie entraîne une augmentation de la demande. Selon la théorie keynésienne, cette demande ne serait répondue à court terme qu'une augmentation de l'importation alors qu'à long terme cette

84

augmentation de la demande augmente la production intérieure qui tend à substituer les importations82.

a2>0 car l'augmentation des prix à l'intérieur d'une économie ouverte permet au consommateur de substituer les biens domestiques relativement chères aux biens importés.

a3 >0 car une expansion du crédit à l'économie entraîne une augmentation de la masse monétaire en circulation ce qui a comme conséquence de la dépréciation de la monnaie et la sortie des capitaux. Pour une économie à faible capacité de s'adapter à cette situation la valeur des importations augmente alors que celle des exportations diminue d'où l'aggravement du déficit de la balance commerciale83.

a4>0 car le financement du déficit budgétaire consiste à un emprunt qui est une augmentation de la masse monétaire à l'économie, ce qui abîme l'éviction des investissements donc la valeur exportée ou par la planche à billet qui est aussi une augmentation de la masse monétaire en circulation ce qui induit l'augmentation des prix qui permet aux consommateurs de substituer les biens intérieurs par les importations.

a5>0 car l'augmentation du taux d'intérêt débiteur explique la diminution des investissements et donc de la valeur exportée.

III.2.2. Stationnarité des variables

La stationnarité des variables est testé à partir des tests des racines unitaires de Dickey Furrer(DF) et Dickey Fuller Augmenté (ADF) dont le modèle général est

Xt= a1Xt-1+ + ap Xt-p +£t.

Nous passons à l'analyse de stationnarité de chaque variable

82 MANKIEW G. , Macroeconomie 3ème Edition , 2000,P48

83 MARK N.C. , op-cit Pp 236

85

Etude de stationnarité de LNDBC

ADF Test Statistic -4.571453 1% Critical Value* -3.9635

5% Critical Value -3.0818 10% Critical Value -2.6829

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNDBC,2)

Method: Least Squares

Date: 07/18/08 Time: 09:09

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LNDBC(-1)) -1.229825 0.269023 -4.571453 0.0005

C 0.181620 0.083870 2.165494 0.0495

R-squared 0.616499 Mean dependent var 0.008763

Adjusted R-squared 0.586999 S.D. dependent var 0.451165

S.E. of regression 0.289942 Akaike info criterion 0.485294

Sum squared resid 1.092863 Schwarz criterion 0.579701

Log likelihood -1.639708 F-statistic 20.89819

Durbin-Watson stat 1.934821 Prob(F-statistic) 0.000524

L'analyse de stationnarité nous montre que la variable LNDBC est stationnaire à la première différence car sa probabilité est 0,0005 alors que la sa valeur ADF (4.571453) inférieure à ADF critique au seuil de 5%.

Etude de Stationnarité de LNM

86

Etude de la stationnarité de LNCE

ADF Test Statistic -6.077448 1% Critical Value* -4.7315

5% Critical Value -3.7611 10% Critical Value -3.3228

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNCE,2)

Method: Least Squares

Date: 07/18/08 Time: 09:07

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

D(LNCE(-1))

-1.506472

0.247879 -6.077448

0.0001

C

0.447896

0.961162 0.465995

0.6496

@TREND(1990)

-0.023970

0.096154 -0.249286

0.8074

R-squared

0.754833

Mean dependent var

0.032165

Adjusted squared

R-0.713971

S.D. dependent var

3.007588

S.E. of regression 1.608508

Akaike info criterion

3.965347

Sum squared 31.04757

resid

Schwarz criterion

4.106957

Log likelihood

-26.74011

F-statistic

18.47307

Durbin-Watson stat

2.177955

Prob(F-statistic)

0.000217

L'étude de la stationnarité nous montre que la variable LNCE est stationnaire à la première différence car sa probabilité est 0,001 inférieure de 10% est sa valeur ADF (-6.077448) est inférieur à la valeur critique à 5%.

87

ADF Test Statistic -4.982445 1% Critical Value* -3.9635

5% Critical Value -3.0818 10% Critical Value -2.6829

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNM,2)

Method: Least Squares

Date: 07/18/08 Time: 09:11

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

D(LNM(-1))

-1.340356

0.269016 -4.982445

0.0003

C

0.186714

0.047042 3.969120

0.0016

R-squared

0.656310

Mean dependent var

0.014418

Adjusted squared

R-0.629872

S.D. dependent var

0.203026

S.E. of regression 0.123517

Akaike info criterion

-1.221307

Sum squared 0.198335

resid

Schwarz criterion

-1.126900

Log likelihood

11.15980

F-statistic

24.82476

Durbin-Watson stat

1.942920

Prob(F-statistic)

0.000251

Les modèles intercept, trend and intercept et none montrent que la variable LNM est stationnaire à la première différence dans le modèle intercept car sa probabilité est 0,003 inférieure à 10% et sa valeur ADF (-4.982445) est inférieure à la valeur ADF critique au seuil de 5%.

Etude de Stationnarité de LNDB

ADF Test Statistic -4.083710 1% Critical Value* -4.7315

88

5% Critical Value -3.7611

10% Critical Value -3.3228

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNDB,2)

Method: Least Squares

Date: 07/18/08 Time: 09:13

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

D(LNDB(-1))

-1.168967

0.286251 -4.083710

0.0015

C

0.529518

0.308330 1.717374

0.1116

@TREND(1990)

-0.076773

0.032708 -2.347191

0.0369

R-squared

0.582765

Mean dependent var

-0.069767

Adjusted squared

R-0.513226

S.D. dependent var

0.672982

S.E. of regression 0.469534

Akaike info criterion

1.502704

Sum squared 2.645545

resid

Schwarz criterion

1.644314

Log likelihood

-8.270280

F-statistic

8.380396

Durbin-Watson stat

2.107672

Prob(F-statistic)

0.005276

L'étude de stationnarité nous montre que la variable LNDB est stationnaire à la première différence dans le modèle trend and intercept. Sa probabilité est 0,0015 inférieure à 10% et sa valeur ADF (-4.083710) est inférieure de la valeur critique à 5%.

Etude de stationnarité de I

ADF Test Statistic -5.543468 1% Critical Value* -4.0113

5% Critical Value -3.1003

89

10% Critical Value -2.6927

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(I,2)

Method: Least Squares

Date: 07/18/08 Time: 09:15

Sample(adjusted): 1993 2006

Included observations: 14 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

D(I(-1))

-1.827673

0.329698 -5.543468

0.0002

D(I(-1),2)

0.397388

0.201909 1.968150

0.0748

C

0.335474

0.324040 1.035284

0.3228

R-squared

0.773714

Mean dependent var

-

 
 
 

0.017143

Adjusted squared

R-0.732571

S.D. dependent var

2.227477

S.E. of regression 1.151907

Akaike info criterion

3.308124

Sum squared 14.59579

resid

Schwarz criterion

3.445065

Log likelihood

-20.15687

F-statistic

18.80551

Durbin-Watson stat

2.102998

Prob(F-statistic)

0.000282

L'analyse de stationnarité nous montre que la variable I est stationnaire à la première différence dans le modèle intercept. Sa probabilité est 0,0002 inférieure à 10% et sa valeur ADF (-5.543468) est inférieure à la valeur critique au seuil de 5%.

Etude de stationnarité de LNIPC

ADF Test Statistic -3.445726 1% Critical Value* -3.9635

90

5% Critical Value -3.0818 10% Critical Value -2.6829

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LNIPC,2)

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 09:31

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LNIPC(-1)) -0.944592 0.274134 -3.445726 0.0043

C 0.086404 0.049196 1.756319 0.1025

R-squared 0.477346 Mean dependent var -0.004439

Adjusted R- 0.437141 S.D. dependent var 0.214419

squared

S.E. of regression 0.160865 Akaike info criterion -0.692932

Sum squared 0.336410 Schwarz criterion -0.598526
resid

Log likelihood 7.196992 F-statistic 11.87303
Durbin-Watson 2.017037 Prob(F-statistic) 0.004344 stat

L'analyse de stationnarité nous montre que la variable LNIPC devient stationnaire à la première différence. Sa probabilité est 0,0043 inférieure à 1% et sa valeur DF (-3.445726) est inférieure à ADF critique au seul de 5%.

Apres l'analyse de stationnarité nous trouvons que les variables LNDBC, LNM, I, LNCE et LNDB sont stationnaires à la première différence.

III.2.3 Estimation de long terme

Dependent Variable: LNDBC

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 09:21

Sample(adjusted): 1991 2006

Included observations: 16 after adjusting endpoints

les tests ADF .

91

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

LNIPC(-1)

1.306586

0.648887 3.013580

0.0417

LNM(-1)

-0.298091

0.605549 -4.492267

0.0332

LNDB

-0.299370

0.152508 -7.962976

0.0280

LNCE

0.110592

0.083124 5.330442

0.0129

I

-0.149544

0.087343 -1.712141

0.1177

C

7.386231

0.905602 8.156156

0.0000

R-squared

0.895669

Mean dependent var 10.78961

Adjusted R-0.843504

squared

S.D. dependent var

0.584866

S.E. of regression

0.231371

Akaike info criterion

0.190404

Sum squared 0.535324

resid

Schwarz criterion

0.480125

Log likelihood

4.476764

F-statistic

17.16978

Durbin-Watson stat

1.939022

Prob(F-statistic)

0.000127

Alors le modèle de long terme est :

LNDBC=1.3065LIPC-0.2980LNM-0.29937LNDB+0.110592LNCE

(0.00417) (0.0332) (0.0280) (0.0129)
-0.149544I+7.386231

(0.1177) (0.0000)

III.2.4 la Cointegration des variables

La Cointegration est une méthode statistique qui vérifie la relation existante entre les variables non stationnaire ou stationnaire au différent niveau en vérifiant la stationnarité des résidus.

Pour tester la Cointegration des variables on procède comme suit : Estimer le modèle.

Notre modèle est : LNDBC= a1LN_DB + a2 LN_CE + a 3I +a4LN_M + a5LN_IPC +a0

On retire du modèle les résidus et on teste leur stationnarité. On s'en serve encore

Les variable du modèle peuvent avoir les fluctuation au cours du temps c'est pour cette raison que nous analysons cette fluctuation à court terme pour

92

Etude de stationnarité des résidus

ADF Test Statistic -

4.320978

1% Critical Value* -2.7411

5% Critical Value -1.9658 10% Critical Value -1.6277

*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(RESIDLT)

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 09:30

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

RESIDLT(-1) -1.063594 0.246147 -4.320978 0.0007

R-squared 0.566991 Mean dependent 0.026794

var

Adjusted R- 0.566991 S.D. dependent 0.270876

squared var

S.E. of regression 0.178246 Akaike info -0.546966

criterion

Sum squared 0.444802 Schwarz criterion -0.499762
resid

Log likelihood 5.102243 Durbin-Watson 1.634906

stat

Compte tenu des résultats trouvés nous constatons que les résidus sont stationnaires à niveau dans le modèle none. Leur probabilité est 0,0047 inférieur à 10% et la valeur ADF (-3.313152) est inférieur à ADF critique au seuil de 5%. Donc la relation à long terme est prouvée.

III.2.5 ESTIMATION DU MODELE A CORRECTION D'ERREUR

93

dégager les statistiques permettant de déterminer le temps qu'il faut pour observer le choc qui peut frapper les variable du modèle.

Alors le modèle ECM Estimé est :

Dependent Variable: DLNDBC

Method: Least Squares

Date: 08/08/08 Time: 10:36

Sample(adjusted): 1992 2006

Included observations: 15 after adjusting endpoints

Variable

Coefficient Std. Error t-Statistic

Prob.

DLNDB

-0.063314

0.103481 -0.611838

0.5576

DLNDBC(-1)

0.332849

0.169952 1.958493

0.0859

DLNCE

-0.006636

0.027655 -0.239952

0.8164

DI

-0.192728

0.053657 -3.591843

0.0071

DLNM

0.135815

0.370688 0.366388

0.7236

DNIPC

0.789994

0.367571 2.149230

0.0639

RESIDLT(-1)

-1.289742

0.257914 -5.000670

0.0011

R-squared

0.814753

Mean dependent var 0.149317

Adjusted R-squared

0.675818

S.D. dependent var

0.287131

S.E. of regression

0.163483

Akaike info criterion

-0.479485

Sum squared resid

0.213815

Schwarz criterion

-0.149061

Log likelihood

10.59614

Durbin-Watson stat

1.965549

DLNDBC = -0.063*DLNDB + 0.332*DLNDBC (-1) - 0.006*DLNCE - 0.1927*DI + 0.1358*DLNM + 0.7899*DNIPC - 1.289*RESIDLT (-1)

III . 2. 6 INTERPRETATION DES RESULTATS

Compte tenu des résultats trouvés nous constatons que au seuil de confiance de 5% le déficit de la balance commerciale du Rwanda est dû à :

-L'augmentation de l'offre monétaire : cette variable influence la fluctuation des biens et services au Rwanda. Elle augmente le pouvoir d'achat des agents économiques ce qui a conséquence de l'augmentation de la demande. Faute de

94

production suffisante, cette nouvelle demande provoque à court terme

l'augmentation des prix sur le marché national. D'où les agents économiques préfèrent les biens importés rendus moins chèrs. Ceci est expliqué que la croissance monétaire au cours de cette période est supérieure à celle de la production (902% pour la croissance monétaire et 254% pour production intérieure) et l'indice de monétisation trouvé par M2/PIB restent toujours faiblement inférieur à 20%. Ceci confirme l'hypothèse monétariste de la neutralité de la monnaie. La différence entre ces deux croissances ne veut expliquer que l'augmentation des prix qui induit la préférence aux biens importés qui aggrave le déficit de la balance commerciale.

-L'évolution des prix : cette variable influence la valeur des biens importés et exportés de ce fait elle diminue la quantité des valeurs exportés rendue non compétitifs sur les marchés tant nationaux que internationaux alors que les valeurs importés subissent l'augmentation de leur demande d'où l' aggravement du déficit commerciale.

-Le déficit Budgétaire : le Financement du déficit budgétaire au Rwanda consiste à un crédit soit interne ou Externe qui est une augmentation de l'offre monétaire. Ceci a un effet néfaste sur les investissements privés d'où le niveau de la production. ceci réduise la valeur exportée et l'augmentation des valeurs importées.

-L'augmentation du crédit à l'économie : cette variable influence l'augmentation de la valeur importée et exportée. Du cote des importations, ceci est dû les agents économiques rwandais recourent au crédit pour financer leurs activités dans le commerce international. Notons que cette variable influence l'augmentation de la taille des entreprises qui dépendent du crédit dans leurs exploitations ce qui induit l'augmentation de l'importation des matières première à court terme et de la substitution à long terme.

95

Du point de vue exportation cette variable influence le développement des secteurs exportant au Rwanda. Il s'agit du secteur primaire qui occupe 40% du PIB et qui est financé à 3% du total du crédit. L'augmentation du crédit dans ce secteur permettra d'exploiter les biens à exporter. Ceci confirme notre deuxième hypothèse disant que l'augmentation de la qualité et la quantité de nos produits aboutira à l'ajustement de notre balance commerciale.

- S'agissant du retour à l'équilibre la probabilité de R(-1) est significatif est a son signe attendu. Ceci veut dire qu'on peut regagner l'équilibre commercial à travers les chocs. Son coefficient est -1.289. Il s'agit ici d' une politique visant à augmenter la valeur des biens exportés comme le café , la fixation des prix des services touristiques, d' amélioration de la qualité du thé, ou une autre stratégie visant à une auto suffisance dans la production des cultures vivrières. Notons que cette période renferme la mise en oeuvre de la première phase d'application des stratégies de réduction de la pauvrette d'où chaque ménage Rwandais doit avoir une production de 900 $ par an. Selon l'enquête sur les conditions de vie des ménages (ECVM) au Rwanda ; cette Stratégie vise que 88% des Rwandais vivant de l'agriculture seront capable de s'auto alimenter en l'an 2012 ceci réduira considérablement l'importation des biens de consommation finale qui représente une part non négligeable dans les valeurs importés au Rwanda.

CONCLUSION GENERALE

Vu l'importance de la balance commerciale dans l'orientation économique des pays, nous avons mené une réflexion sur les mesures d'ajustement de la balance commerciale du Rwanda en vue de trouver les causes pour lesquelles, au lieu de s'ajuster, elle continue à se déprécier malgré l'effort de la politique économique. Cette étude porte aussi une attention sur l'orientation économique actuelle du Rwanda en vu de voir si le déficit de la balance commerciale sera réduit avec ses politiques d' intégration économique, de promotion des investissements en vue de réduire la pauvrette.

96

Les résultats trouvés lors de cette analyse sont structurés dans trois chapitres essentiels :

Le premier chapitre porte sur le fonctionnement d'une économie ouverte. Il a explicité certaines notions du commerce international. Dans ce cadre il a donné la nécessité du commerce international, la nécessite du commerce extérieur dans un pays, impact de la politique économique sur l'ajustement de la balance commerciale et les difficulté et condition du commerce extérieur.

Le second chapitre porte sur l'état de la balance commerciale et son évolution pour la période de 1990- 2006 elle porte sur la structure des importations et exportations, leurs provenances et destinations géographiques et économiques. Elle nous a permit de spécifier les partenaires économiques de façon à voir comment à intégrer le pays dans les communautés internationales. Ce chapitre analyse aussi les programmes économiques appliqués au Rwanda en vue de voir leur influence sur l'ajustement de la balance commerciale. Il s' agit ici des effets directs du programme d' ajustement structurel, le programme d'ajustement structurel renforcé dans son volet de libéralisation des marchés et les effets indirectes que le programme de soutient des pays pauvre très endettées . Elle analyse aussi le dynamisme d'ajustement sur les trois indices clés de ce volet qui sont :

L'indice du commerce, les élasticités du commerce extérieur et l'évolution des courbes en J.

Le troisième chapitre porte sur les analyses statistiques des facteurs macroéconomiques qui influencent le déficit de la balance commerciale dans ses deux approches dont l'approche d'absorption qui consiste à une équilibre dans le marché des biens au niveau international et l'approche monétaire qui consiste à une équilibre macroéconomique intérieur et en fin les effets de cette équilibre interne sur la balance commerciale.

97

Les résultats trouvés se résument comme suit : en partant du deuxième chapitre nous avons trouvé que la grande partie des biens importés sont des biens de consommations qui représente 30% des valeurs importés à la fin de la période. Ceci nous fait remarquer une insuffisance de production alimentaire au Rwanda ce qui fait que pour répondre à la demande des consommateurs on fait recours aux importations. Ces biens sont comme le sucre, le riz, la farine de blé... la provenance géographique des importations est principalement l'Europe qui représente 40% des valeurs importés durant la période tandis que les pays Africain représente 22.5% ceci est le plus handicap de l'intégration du Rwanda dans les communautés africaines. Du coté des exportations le secteur primaire domine trop cette variable et on exporte trop en pays du COMESA et représente 65% de la valeur exportée lors de la période, ce qui veut dire que ces pays importent au Rwanda pour réexporté. Cette discordance d'importer les biens de consommations et d'exporter les biens de production primaire ne veut signifier que l'incapacité de transformer les biens que le pays produit.

Compte tenu des programmes d'ajustement elle sont appliqué sans tenir compte de la situation politico économique du pays ceci est constate à la page 55 de cette recherche, où les mesure d'application du programme d'ajustement structurel fait contradiction avec leurs objectifs.

Du point de vu de dynamisme d'ajustement nous avons constaté que le Rwanda ne profite pas de son commerce extérieur car son indice du commerce extérieur tend vers zéro ceci signifie que une dépréciation de la balance commerciale entraîne une dépréciation de l'économie Rwandaise. Ceci est constaté car les récentes enquêtes justifient que les pouvoirs d'achat des salaries rwandais en 2000 représente 25% de leurs niveaux de 1980 et de l'évolution de l'émission monétaire largement supérieur de la croissance économique. Et encore l'élasticité d'ajustement tend vers zéro. Ceci signifié que la croissance des importations est continuelle et dépassant celle des exportations ceci est du que une fois la monnaie est déprécié les coûts des facteurs augmentent et ce qui rende les exportations moins compétitifs.

98

S'agissant de la vérification empirique l'approche d'absorption semble non significative pour le commerce international au Rwanda car sa variable clé pouvant expliquer les raisons de ce commerce ne vérifie pas son signe attendu. Il s'agit ici du taux de change qui selon les théorie de la commerce international sa hausse limite la valeur des importations ce qui est un cas contraire au Rwanda où sa hausse tend à augmenter la valeur des importations faute de leurs substitutions, aussi le niveau des prix car les entrants intermédiaires sont l'importés ceci a des effets néfastes sur l'économie car en cas de dépréciation successive de la monnaie, pour éviter les tendances spéculative, la banque centrale entre sur le marché de change comme acheteur de la monnaie spéculé ce qui a tendance d' émission de la monnaie non proportionnel de la production. Du coté de la production elle ne contribue pas à l'amélioration du commerce extérieur malgré la performance dans la production des cultures industrielles et la hausse de leur cours mondiaux durant cette période les consommateurs rwandais continuent à préférer les biens importés ce qui nous a fait constater un effet de Veblen.

Ceci nous a montré les causes de l'échec des résultants attendus des dévaluations de 1990 et 1992 et la libéralisation des marchés qui est la contradiction des objectifs du programme et la situation que vie l'économie en question.

Tandis que du coté de l'approche monétaire on a trouvé les variables les plus proche de la politique économique. Elle regroupe les variables significatives pour la détermination du déficit de la balance commerciale de façon que leur manipulation pourrait aboutir à l'ajustement de la balance commerciale. Il s'agit ici :

- De l'offre monétaire et l'indice des prix, ceux-ci déterminent les encaisses réelles détenues par une économie donc le pouvoir d'achat des agents économiques. Ceci montre la capacité de ceux- ci d'importé et d'exporté car l'augmentation du taux de change suit à une évolution des pouvoir d'achat des agents économiques ne fait qu'augmenter la valeur importés seulement car l'augmentation des prix des

99

biens préfère par les agents économiques sont aller de paire avec leur pouvoir d'achat.

- Le déficit Budgétaire, cette variable influence la balance commerciale car elle freine le niveau de production car son financement implique le déséquilibre du marché monétaire.

Il diminue le niveau de l'épargne et implique sur l'éviction des investissements. S'il s'agit des services de la dette qui grave beaucoup les investissements publics

- Le niveau du crédit à l'économie : cette variable influence l'augmentation de la valeur importé et exporté. Du cote des importations, ceci est dû les agents économiques rwandais recourent au crédit pour financer leurs activités dans le commerce international. Notons que cette variable influence l'augmentation de la taille des entreprises qui dépendent du crédit dans leurs exploitations ce qui induit l'augmentation de l'importation des matières première à court terme et de la substitution à long terme.

Du point de vue exportation cette variable influence le développement des secteurs exportant au Rwanda. Il s'agit du secteur primaire qui occupe 40% du PIB et qui est financé à 3% du total du crédit. L'augmentation du crédit dans ce secteur permettra d'exploiter les biens à exporter.

-les perspectives économiques ont été autres facteurs principale dans la marché vers ajustement de nos économies ceci dépende beaucoup de l'orientation économique de notre pays. Pour le cas du Rwanda l'orientation économique de notre pays nous aiderons à ajuster notre balance commerciale. Ceci se ferait par des politiques du gouvernement de promouvoir les secteurs exportant et les stratégies de développement économique que le pays a entamer en vue de réduire la pauvreté. Ces stratégies sont entre autre la promotion des secteurs de production ce qui nous aidera à rapprocher les goûts des consommateurs Rwandais et de substituer les importations, l'exploitation des secteurs primaires dont l'agriculture qui abrite un grand nombre des Rwandais actifs. Le soutient des investissements dans le secteur primaire aura un effet positif sur la valeur des biens exporté car ce secteur domine les exportations.

100

De ce fait compte tenu de l'orientation économique du Rwanda où on envisage l'augmentation de la valeur des exportation en créant une zone de transformation des produits d'exportation et en envisageant la production de l'énergie et promouvoir les industrie agro alimentaire. Ceci nous montre que la balance commerciale du Rwanda pourrait être ajustée.

SUGGESTIONS

Tenant compte des difficultés d'ajustement de sa balance commerciale du Rwanda ; nous formulons des suggestions suivantes :

1. Que l'Etat rwandais revoie touts les domaines surtout le domaine socio-économique, politique et des ressources humaines afin qu'il y ait un contrôle de la qualité des biens produits et afin de transcender la compétition au niveau de la communauté internationale.

101

2. Qu'il y ait au Rwanda, un grand centre de documentation qui permet aux rwandais de connaître des programmes, avancement de processus et de mise en oeuvre des politiques économiques appliqués à leur économie. Le Rwanda doit continuer à améliorer l'environnement d'investissement en mobilisant, sensibilisant et en facilitant le secteur privé, le plus grand acteur de l'intégration économique.

3. Le Rwanda doit aussi développer et améliorer des infrastructures physiques pour faciliter l'acheminement des biens produits.

4. Sensibiliser les agents économiques Rwandais d'exploiter le maximum possible des opportunités du pays en consommation et investissements afin de substituer l'énorme quantité des produits finis importés.

5. Que le gouvernement rwandais encourage l'esprit d'entreprenariat et plaide en faveur des nouveaux entrepreneurs afin qu'ils accèdent facilement aux crédits bancaires.

6. Le domaine de notre recherche étant vaste, nous ne pensons pas avoir exploité et épuisé notre sujet. C'est pourquoi nous invitons les futurs chercheurs à nous compléter en orientant par exemple leur recherche sur l'impact du déficit de la balance commerciale sur l'économie réel, ou sur la dépendance économique d'un pays.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams