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Etude sur l'ajustement de la balance commerciale du Rwanda. Période: 1990- 2006

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par Edmond Nkurikiyimana
Universite libre de Kigali - Bachelor degree en économie 2008
  

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II 2 2 PROGRAMME DE LIBERALISATION DES MARCHES de 1995 à 2002

La période après-guerre est marquée par la reprise et l'élargissement du processus de libéralisation de l'économie entrepris sous le PAS au début des années 1990. Les mesures prises par le nouveau gouvernement visent principalement à stimuler les activités du secteur privé, promouvoir les

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exportations, améliorer la compétitivité internationale. Au mois de mars 1995, le gouvernement a opté pour une libéralisation des prix du café à l'exportation et a supprimé les mesures de stabilisation, et il a opté pour un taux de change de la monnaie librement déterminé par le marché et des taux d'intérêt déterminés en partie par le marché et en partie par le taux de réescompte. Il s'est engagé également à réduire son rôle dans les entreprises parastatales, à renforcer sa gestion budgétaire et à réorienter vers le développement des secteurs sociaux et agricoles ses dépenses budgétaires affectées dans un premier temps pour rétablir et maintenir la sécurité au Rwanda.

II 2 .2.2 Evolution sectorielle et perspectives

Le PIB réel du Rwanda a baissé de 52% sur la période 1990-1994. En 1994, il perd 49% de sa valeur en 1993 et il n'a repris que 25% entre 1994 et 1995. Selon les prévisions, il augmenta encore de 24% en 1996 et mais, en 1997, il n'atteignit que 70% de son niveau de 1990 et, en 1998, il ne le recouvra que 92% (en termes réels). Entre 1996 et 1998, son taux de croissance annuel fluctuera autour de 15% par an. La croissance provient principalement du secteur secondaire (entre 23 et 28% par an), tandis que la croissance du secteur primaire oscillait entre 10 et 12% et que le secteur tertiaire, après une croissance attendue de 14,4% se stabilisa avec une croissance de 12,4%57.

II .2 .2.2.1 Evolution du secteur agricole

Le secteur agricole en particulier ne recouvre que deux tiers de son niveau de 1993 et ne couvre pas les besoins du pays. Selon la Banque Mondiale, une aide alimentaire est donc nécessaire58

Or, la situation alimentaire diffère d'une région à l'autre et l'insécurité alimentaire des ménages résulte davantage de la rupture des réseaux d'offre de semences et

57 CHATHELINE A, Evolution économique du Rwanda en 1996-1997, The World bank, 1999 P 2

58 Idem, P3

59 Idem P5

60 Ibidem

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de travail rémunéré plutôt que d'un manque et d'une perte de semences. L'insécurité alimentaire touche différemment les régions plus ou moins marquées par la guerre et les déplacements de population ainsi que certains groupes de la population (veuves, orphelins, enfants non accompagnés mais aussi paysans ayant accueilli des populations déplacées ou ayant été pillées par celles-ci, ou encore des personnes trop éloignées des centres de distribution de l'aide humanitaire).

Les prix varient d'une région à l'autre, ou même d'une sous région à l'autre. Les fortes hausses de prix des céréales et des haricots reflètent une situation de rareté temporaire mais non permanente des semences indigènes adaptées devant provenir d'autres régions.

Le Rwanda doit faire face au problème structurel de son agriculture. Selon le gouvernement rwandais, la situation catastrophique de l'agriculture résulte du morcellement excessif des terres et des bas rendements dus principalement à la surexploitation des terres arables depuis les années 80. Les populations rurales ne peuvent donc plus générer suffisamment de surplus pour investir dans des améliorations quantitatives et qualitatives. En 1996 le gouvernement envisage une réforme du secteur agricole grâce à l'utilisation des semences sélectionnées, de fertilisants organiques et minérales, de produits phytosanitaires et d'outils appropriés59. L'objectif est une croissance de 11,5% par an. Pour atteindre ces objectifs et pour rendre efficaces les mesures nécessaires pour augmenter la productivité, le gouvernement rwandais envisage une réforme de la législation foncière et également peut-être même des réformes radicales comme une villagisation de la population et/ou une redistribution des terres60.

II .2 .2.2.2 Secteur secondaire

Le gouvernement rwandais fonde la reprise économique du pays sur la relance et le développement du secteur secondaire. Mais les taux de croissance avoisinants

61 Idem P 7

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25%/an semblent optimistes par rapport aux performances antérieures du secteur (où les taux de croissance étaient négatifs en 1991, 1993 et 1994 sauf en 1992)61.

Le développement du Rwanda repose sur celui du secteur privé. Les mesures de libéralisation devraient permettre au secteur privé de transformer une économie de production tournée jusqu'à présent exclusivement vers le marché intérieur en l'orientant vers l'exportation. Le jeu de la libre concurrence sur les marchés internationaux devrait stimuler les activités d'entreprises qui ont des avantages comparatifs dans la région. Le Rwanda espère ainsi diversifier ses exportations, augmenter leur volume, rétablir son équilibre extérieur, réduire le rôle de l'Etat dans le secteur privé et privatiser certaines entreprises publiques permettraient de réduire ses dépenses budgétaires tandis que développer son secteur privé lui permettrait d'augmenter sa base fiscale et d'assainir son budget.

En outre, le développement du secteur privé représente l'unique solution pour absorber les surplus de main-d'oeuvre de l'agriculture engorgée, mais aussi pour absorber la nouvelle main-d'oeuvre des "anciens" réfugiés qui rentrent au pays et des futurs militaires démobilisés de l'armée qui devront être réintégrés dans la vie civile. L'avenir du Rwanda repose sur le développement du secteur des entreprises privées, clé pour lever certaines contraintes structurelles du pays.

Jusqu'à présent, le Rwanda a été rendu fragile par la baisse de prix du café. Diversifier ses exportations lui permet de diversifier ses risques, mais, à court terme, le Rwanda reste dépendant de sa production de café. Or, le niveau relativement bas des prix du café par rapport à celui des cultures vivrières n'incitera pas les producteurs à reprendre cette culture dont la qualité s'est détériorée pendant la guerre, parce qu'elle a été laissée sans soins parfois pendant plus d'un an.

Trouver des avantages comparatifs par rapport à d'autres pays de la région relève de la gageure. Les coûts de transport sont élevés pour ce petit pays enclavé, éloigné des accès maritimes, et ils grèvent lourdement les prix des biens intermédiaires importés. Le Rwanda trouverait des avantages dans la production

62 Idem P 12

63 Idem 15

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de biens à haute valeur ajoutée où les coûts de transport seraient réduits. Les derniers changements sur l'échiquier politique pourraient offrir de nouvelles perspectives pour le Rwanda d'écouler sa production sur les marchés de ses pays voisins.

L'Etat avait protégé le développement d'une centaine d'entreprise dont la production visait à satisfaire avant tout les besoins d'une demande intérieure, relativement limitée par un pouvoir d'achat généralement faible, à l'exception de celui des expatriés et des 10% les plus riches de la population (commerçants et fonctionnaires). Les dévaluations successives et la levée des mesures visant à protéger ce secteur ont fragilisé ces entreprises face à la concurrence extérieure, à la hausse relative du coût des matières premières importées, tandis que la baisse du pouvoir d'achat de l'ensemble de la population rendait le marché intérieur plus étroit encore.

En 1995, seules 54 entreprises manufacturières sur 88 avaient repris leurs activités62. Aucune relance de ce secteur ne se profile à court terme, à moins que les investissements publics que la communauté internationale s'engage à financer n'induisent une reprise de la demande intérieure. Mais la relance et/ou la création de nouvelles entreprises orientées vers l'exportation dépend avant tout d'une stabilité sociopolitique du pays et de la région qui garantisse la sécurité des investissements. Or, celle-ci ne semble pas assurée pour le moment.

Par ailleurs, la communauté internationale ne semble pas accorder une place prépondérante au développement du secteur "production": le Programme d'Investissements Publics lui alloue 27,5 % de l'ensemble de fonds du programme qui se répartissent en 6,7% seulement pour le secteur de l'industrie, de l'artisanat et du commerce tandis que 20,5% sont destinés au secteur rural, mais un quart des financements manquaient lors de la conférence nationale63.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon