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Le droit à  l'alimentation dans les ménages de Kinshasa. Etude descriptive de quelques foyers de Lemba Terminus en RDC

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par Sylvain NKATE TSHIESESE
Université de Kinshasa RDC - Diplôme d'études approfondies 2005
  

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THEME / LE DROIT A L'ALIMENTATION DANS LES MENAGES DE KINSHASA. Etude descriptive de quelques foyers de Lemba Terminus

Introduction Générale

Le droit à l'alimentation est un droit universel qui appartient à chaque personne et à chaque groupe humain vivant sur terre. C'est un droit humain reconnu à toutes les échelles (national, régional, et international).

Au sommet mondial sur l'alimentation, en 1996, les chefs d'Etat de 185 pays et la communauté européenne ont réaffirmé, dans la déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale, le droit de chaque être humain d'avoir accès à une nourriture saine et nutritive conformément au droit à une nourriture adéquate et au droit fondamental de chacun d'être à l'abri de la faim.

Dès sa constitution, les Nations Unies ont identifié l'accès à une nourriture suffisante à la fois comme un droit de l'individu et une responsabilité collective. La déclaration universelle des droits de l'homme (1948) proclamait que" toute personne a droit à un niveau suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation".

Près de 20 ans, plus tard, le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC, 1966), approfondit ses concepts, en soulignant "le droit de toute personne à une nourriture adéquate et en précisant le droit fondamental de chaque être humain à être libéré de la faim".

Selon le premier objectif des OMD (objectifs du Millénaire pour le développement), le nombre de personnes de ceux qui souffrent de faim est à réduire de moitié d'ici 2015 et à 850 millions de personnes souffrent de faim dont 815 millions dans les pays en développement soit 40 millions de plus qu'il y a 10 ans.

Mais hélas, bien que reconnu dans le monde, le constat général est amer lorsqu'on parcourt des chiffres et des données sur l'alimentation mondiale (surtout des pays en développement comme la République Démocratique du Congo).

Plusieurs causes expliquent cette situation de crise ou de carence alimentaire dans le monde: sécheresse, inondations, problèmes de terre, des conflits sociaux ne permettant pas d'intenses activités agricoles et agropastorales diversifiées.

Nous retenons que les causes de la sous-alimentation et les conséquences qu'elle peut engendrer sont nombreuses et complexes. Nous pensons les résumer en complétant les injustices sociales, les exclusions politiques ou économiques, les multiples discriminations, les catastrophes naturelles, etc.

Néanmoins, il est logique d'en faire une analyse profonde et multisectorielle, en dépit d'une situation alimentaire sombre. Ce droit permet dans les pays où il est effectif de sauver des populations en détresse. Ces dernières se trouvent pour la plupart des cas dans les situations d'urgences alimentaires.

Il ressort de tous les constats que nous pouvons faire sur la situation alimentaire dans le monde que le droit à l'alimentation de nombreuses personnes est violé, et plusieurs personnes sont sous alimentées et n'ont pas accès à une alimentation saine comme le confirment Christophe Golay et Molik Ozden (2005).

Ce droit n'est pas effectif dans beaucoup de pays, pourtant il est reconnu par les Nations Unies comme un droit fondamental. La République Démocratique du Congo n'est pas épargnée par tous ces problèmes liés aux multiples crises alimentaires. Sa situation alimentaire est sujette à caution et demeure très difficile à l'heure actuelle où les populations urbaines croupissent dans la misère en se nourrissent mal.

Cependant, beaucoup de facteurs démontrent que la situation chaotique que la RDC a connue (conflits, changements de régime politiques, instabilité politique). Ces problèmes ont placé le pays dans les situations sans précédentes de précarité et d'urgence alimentaire, économique, sociale, agricole, etc.

Pour le cas particulier de l'agriculture, de nombreux agriculteurs ont du abandonner leurs terres et leurs moyens naturels de subsistance (pêche, élevage) pour se refugier ailleurs. Il est clair qu'il leur faudra beaucoup de temps pour qu'ils retrouvent leur stabilité sociale et foncière afin de rentrer sur leur terre.

Et pourtant, ce retour pose encore des problèmes dans certaines parties du pays à cause des îlots ou foyers d'insécurité persistante (surtout dans la partie Est du pays). Aussi, le rétablissement de l'ordre économique est loin d'être atteint.

Aucun secteur de développement rural ou urbain ne peut être relancé durablement sans un retour à la paix politique et sociale. Pour ces quelques raisons avancées, l'alimentation générale pose encore de sérieux problèmes en termes de production agricole, animale, agroalimentaire, etc.

Beaucoup de régions sont restées enclavées, des terres pillées et abandonnées jusqu'à ce jour et des lignes d'approvisionnement agricoles interrompues, les trafics sur des cours d'eau ralenties.

Nous pouvons donc conclure avec Jean Ziegler, que la population congolaise est aujourd'hui affamée et la situation alimentaire est dans l'impasse. Celui-ci estime que plus de la moitié de la population est directement ou indirectement touchée par la faim.

1. PROBLEMATIQUE

Le droit à l'alimentation n'est pas une option politique que la République Démocratique du Congo peut choisir de suivre ou non. Il est plutôt une obligation qui doit être respectée et appliquée pour le respect des conditions alimentaires des populations habitant les villes tout comme les campagnes.

En réalité, l'effectivité du droit à l'alimentation pose sûrement des problèmes dans la plupart de pays pauvres où les problèmes alimentaires font partie des conséquences du sous développement. C'est la même situation en République Démocratique du Congo en général, et dans la quasi totalité de ses villes, y compris les principaux quartiers et les principales communes. La misère et l'apparence des crises alimentaires sont flagrantes.

De ce fait, beaucoup de questions peuvent être posées pour ce qui concerne le respect et l'application du droit à l'alimentation en RDC et surtout dans les quartiers choisis comme support pour cette étude.

Ainsi, notre analyse répondra aux questions suivantes:

-le droit à l'alimentation est-il reconnu en RDC comme un droit fondamental ?

-y a t il des instruments nationaux de reconnaissance du droit à l'alimentation en République Démocratique du Congo ?

-existe-t-il d'autres droits qui sont en relation ou qui incluent le droit à l'alimentation?

-quels sont les principaux types d'aliments consommés par les habitants de Kinshasa et ceux de Lemba Terminus?

-la consommation alimentaire justifie-t-elle le respect du droit à l'alimentation de la population de la ville de Kinshasa en général et de Lemba Terminus en particulier ? -quelles sont les principales conséquences de l'application ou de non application du droit à l'alimentation à Lemba Terminus?

Les réponses à toutes ces questions permettront de comprendre comment le droit à l'alimentation est appliqué dans les ménages de Lemba Terminus en particulier et dans ceux de Kinshasa en général.

2. Hypothèses de Recherche

Le droit à l'alimentation n'est pas respecté et protégé effectivement dans les ménages de différents quartiers de la ville de Kinshasa en particulier, et en République Démocratique du Congo en général. La principale justification en est que les populations urbaines et villageoises consomment mal en quantité et en qualité les aliments qu'ils se procurent difficilement.

Il y a inaccessibilité à une alimentation suffisante et de qualité expliquée par une détérioration du pouvoir d'achat d'une population dont les conditions de vie sont déjà difficiles pour s'alimenter dignement.

La situation alimentaire générale sombre est aggravée par l'insuffisance des productions agricoles (produits de l'élevage, de la pêche, de l'agriculture,...), ainsi que par les retombées de multiples crises sectorielles multiformes que la RDC a connues ces dernières années. Les conséquences d'une sous alimentation sont donc nombreuses, surtout du point de vue sanitaire.

3. Objectifs de Recherche

3.1. Objectif général

Cette étude analyse quelques facteurs de la consommation alimentaire des habitants de Kinshasa, afin de tirer des conclusions sur l'effectivité de l'application du droit à l'alimentation en République Démocratique du Congo.

Elle ressort logiquement les conséquences sanitaires du non application de ce droit dans les ménages de la capitale et dans tous les autres milieux de vie du pays.

3.2. Objectifs spécifiques

A travers la même étude, nous comptons également: -sensibiliser les couches de populations de la ville de Kinshasa en général et de Lemba Terminus en particulier, pour la reconnaissance et le respect de leur droit à l'alimentation.

-éveiller tous les esprits en matière des droits à la vie, droit à la santé, droit à une nourriture saine et équilibrée, et de tous les autres droits qui sont intimement liés au droit à l'alimentation.

-conscientiser les dirigeants pour la promotion et le respect de la qualité de la vie à travers la promotion d'une alimentation digne pour une population en pleine croissance.

-pousser toutes les institutions éducatives, sociales, administratives, religieuses à prendre en compte tous les problèmes d'alimentation pour les quartiers d'étude et la ville de Kinshasa.

Objet et Intérêt de recherche

Le but de cette étude est de se rendre compte de l'effectivité du droit à l'alimentation en République Démocratique du Congo en général, et dans les quartiers de Lemba Terminus en particulier. Les éléments qui permettront de tirer des conclusions constitueront également une étude approfondie, c'est le cas de la lutte contre l'insécurité alimentaire et la lutte contre la faim.

Le droit à l'alimentation (droit à la nourriture) est un thème très important, intéressant et d'actualité dans la mesure où son contenu serait vital pour les hommes à cette époque où la crise alimentaire mondiale est effective avec toutes les conséquences qui y sont liées. Ce droit est reconnu dans le monde depuis l'adoption de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948.

En réalité, le respect de ce droit par les nations, par les organisations (intergouvernementales, internationales, nationales, etc.) est un tremplin pour le bien être et l'émergence d'une société humaine digne de ces valeurs.

Face au défi alimentaire en RDC, un sujet qui traite de l'alimentation devrait être placé au rang de priorité absolue. Une telle analyse permettra à travers ses propositions de mobiliser les esprits et les moyens financiers, matériels afin d'améliorer les conditions de vie et rendre effectif le droit de bien se nourrir des populations de Kinshasa et de tout le pays.

5. Méthodes, Techniques de Recherche et Echantillonnage

Méthodes et Techniques

Pour cette étude, nous avons utilisé la méthode descriptive appuyée principalement par les techniques de collecte de données, de l'observation sur terrain, de l'interview, et des statistiques (la plupart de nos résultats étant chiffrés et présentés sous forme des tableaux).

La consultation des documents été également très importante car nous nous sommes servis d'une abondante documentation écrite (générale, écrite, visuelle). C'est la technique documentaire.

5.2. Echantillonnage

Nous avons considéré le 1/10 de la totalité des parcelles (soit 450 parcelles) de l'ensemble de toutes les parcelles des quartiers de Lemba Terminus. Nous sommes donc descendus dans chacune de ces parcelles pour interroger les ménages au sujet de certains facteurs déterminant ou expliquant leur réalité alimentaire. Il s'agit donc d'un échantillon probabiliste aléatoire que nous avons utilisé.

6. Structure et circonscription du travail

Ce travail est divisé en trois chapitres et les enquêtes ont couvert le site de Lemba Terminus qui comprend 5 quartiers administratifs qui représentent chacun une aire de santé dans la zone de santé de Lemba faisant partie du district de Moamba.

Délimiter notre sujet d'étude est une contrainte de la recherche scientifique. En effet toute démarche scientifique exige un découpage de la réalité. Il n'est pas possible d'étudier, de parcourir tous les éléments influents jusqu'aux extrêmes limites de la terre comme le pense Roezsohazy (1971).

C'est pourquoi, la présente délimitation permet si facilement de travailler en profondeur au lieu d'être superficiel comme le pense Man H. que la délimitation permet à l'auteur de mener sa recherche avec suffisamment d'efficacité et de lucidité.

Le premier chapitre analyse les généralités en rapport avec le droit à l'alimentation en République Démocratique du Congo en générale, sa définition, son effectivité et la sécurité alimentaire dans la ville de Kinshasa d'où font partie les quartiers d'étude.

Le deuxième chapitre analyse et interprète les données de terrain. Il étudie la consommation alimentaire de la population afin de tirer des conclusions relatives au respect ou à la violation du droit à l'alimentation des populations de la ville de Kinshasa et de la République Démocratique du Congo en ce moment où les multiples crises constituent les sujets d'actualité. Il ressort également les causes du respect ou du non respect de l'application du droit à l'alimentation dans les ménages de Kinshasa et de Lemba Terminus. Les résultats sont interprétés d'une manière générale sur base des données présentées dans les tableaux.

Enfin, le troisième chapitre présente les propositions pour le respect et l'application du droit à l'alimentation dans les différents ménages de la République Démocratique du Congo en général, et dans les quartiers de la ville de Kinshasa en particulier.

Concernant l'alimentation, la déclaration universelle sur l'éradication de la famine et la malnutrition dans son article 1 déclare que: "chaque homme, femme, et enfant a le droit inaliénable d'être libéré de la faim et de la malnutrition afin de se développer pleinement et de conserver ses facultés physiques et mentales".

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