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Accès à  l'eau à  Fonéko (Niger) dans le cadre de l'hydraulique rurale.

( Télécharger le fichier original )
par Yayé Moussa
Université Abdou Moumouni de Niamey Niger - Maitrise 2011
  

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2

République du Niger MESS/RS

 

UNIVERSITE ABDOU MOUMOUNI DE NIAMEY Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Département de Géographie

Accès à l'eau à Fonéko (Commune Urbaine de Téra) dans le cadre de l'hydraulique rurale

Mémoire de Maîtrise

Présenté et soutenu par
MOUSSA Yayé

Sous la direction de Membres du jury

Dr BONTIANTI Abdou Président

Chargé de recherche au GAME/IRSH/UAM Pr BOUZOU MOUSSA Ibrahim

Codirection Professeur UAM

Dr ALAIN Bonnassieux Assesseur

Laboratoire des Dynamiques Rurales/Université de Dr DAMBO Lawali

Toulouse2 Le Mirail Assistant UAM

ISSAKA Hamadou

Attaché de Recherches au GAME/IRSH

Année académique : 2010-2011

3

TABLE DES MATIÈRES

TABLE DES MATIERES 2

TABLE DES FIGURES 7

TABLE DES PHOTOGRAPHIES 8

TABLE DES TABLEAUX 9

SIGLES ET ABREVIATIONS 10

DEDICACE 12

REMERCIEMENTS 13

RESUME 14

ABSTRACT 15

INTRODUCTION GENERALE 16

CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE

18

1.1. Problématique 19

1.1.1 Contexte et justification 19

1.1.2 Les hypothèses et les objectifs de l'étude 23

1.1.2.1. Les hypothèses 23

1.1.2.2. Les objectifs 23

1.1.2.2.1. Les objectifs globaux 23

1.1.2.2.2. Les objectifs spécifiques 23

1.1.3 Clarification des concepts 23

1.1.3.1. Eau potable 23

1.1.3.2. Accès à l'eau potable 24

1.1.3.3. Hydraulique 25

1.1.3.4. Hydraulique rurale 25

1.1.3.4.1. L'hydraulique villageoise 25

1.1.3.4.2. L'hydraulique pastorale 25

1.1.4 Revue de littérature 26

1.2. Approche méthodologique 29

1.2.1 Recherche documentaire 30

1.2.2 Les travaux de terrain 30

1.2.2.1. L'observation de terrain 30

1.2.2.2. Les entretiens 30

1.2.2.3. L'enquête par questionnaire 31

1.2.2.4. Les matériels et outils informatiques utilisés 31

4

2.2.3. Les difficultés rencontrées 31

2.2.4 Justification du choix du sujet 31

CHAPITRE 2 : LE SECTEUR DE L'HYDRAULIQUE RURALE A TERA 33

2.1. Etat des lieux de l'hydraulique rurale dans le département de Téra 34

2.1.1. L'hydraulique villageoise 34

2.1.2. L'hydraulique pastorale 35

2.2. Etat des lieux de l'hydraulique rurale dans la Commune Urbaine de Téra 35

2.2.1. L'hydraulique villageoise 35

2.2.2. L'hydraulique pastorale 36

2.3. Les partenaires intervenant dans le secteur de l'hydraulique dans le

département de Téra 36

CHAPITRE 3 : FONEKO, UN VILLAGE DU LIPTAKO GOURMA 38

3.1. La localisation du village de Fonéko 40

3.2. Un milieu naturel peu favorable au stockage de l'eau 40

3.2.1. Le climat 40

3.2.1.1. Les précipitations 40

3.2.1.2. Les températures 41

3.2.1.3. L'évaporation et l'évapotranspiration 42

3.2.1.4. L'action du vent 43

3.2.2. La situation hydrogéologique 43

3.2.2.1. Les aquifères alluviaux (superficiels) 43

3.2.2.2. Les aquifère du socle discontinu 43

3.3. Historique du village et les activités agropastorales 44

3.3.1. Historique et peuplement du village 44

3.3.2. Les activités agropastorales 44

3.3.2.1. L'agriculture 44

3.3.2.2. L'élevage 45

CHAPITRE 4 : LES SOURCES D'APPROVISIONNEMENT EN EAU ET

LEUR MODE DE GESTION 46

4.1. Les sources d'approvisionnement en eau 47

4.1.1. La situation spatiale des points d'eau 47

4.1.2. Les mares 49

4.1.2.1. La mare de Salam 49

4.1.2.2. Le grand barrage (grande mare) 50

4.1.2.3. Le petit barrage (petite mare) 51

4.1.3. La rivière 52

4.1.4. Les puisards 53

4.1.5. L'utilité des points d'eau de surface pour les populations de Fonéko 54

4.1.6. Le puits cimenté 54

4.1.7. Les forages 54

5

4.1.8. Les points d'eau non opérationnels 55

4.1.9. Les dangers de pollution des points d'eau de surface 56

4.2. Les modes de gestion institutionnelle et économique des points d'eau à

Fonéko 57

4.2.1. Le mode de gestion institutionnelle de l'eau 57

4.2.2. La gestion des barrages 58

4.2.3. La gestion des forages 59

4.2.4. Le comité de gestion villageois des forages 59

4.2.5. Le mode d'accès aux points d'eau 60

4.2.6. L'usage de l'eau 60

4.3. Le mode de gestion économique des points d'eau 60

4.3.1. La vente de l'eau 61

4.3.2. Les recettes du comité de gestion 61

4.4. La recherche et le transport de l'eau 61

4.4.1. Les matériels de prise de l'eau 62

4.4.2. La corvée de l'eau 62

4.4.3. Le transport de l'eau 62

4.5. Les problèmes liés à la gestion des points d'eau villageois 64

CHAPITRE 5 : LES IMPACTS SOCIO-ECONOMIQUES LIES A LA

SITUATION DE L'EAU 66

5.1. Impacts sur la santé des populations 67

5.1.1. La qualité des eaux de consommation 67

5.1.1.1. Les techniques de purification des eaux de surface utilisées à Fonéko

68

5.1.1.2. Les maladies d'origine hydrique 69

5.1.1.3. Dates de contraction des maladies 72

5.1.1.4. La fréquence des maladies 72

5.2. Impacts sur les activités socio- économiques 72

5.2.1. Impacts sur la quantité d'eau consommée par des ménages et la

satisfaction des besoins humains fondamentaux 73

5.2.1.2. Des besoins humains fondamentaux non satisfaits 74

5.2.1.3. Estimation des besoins en eau des ménages 75

5.2.2. Un élevage mis en épreuve 75

5.2.3. La problématique de la construction des maisons 76

5.3. Les contraintes liées à la corvée de eau 77

5.3.1. Les tensions autour des points d'eau 77

5.3.2. La distance parcourue pour la recherche de l'eau 77

5.3.3. Le temps consacré à la recherche de l'eau 78

5.3.4. La question des moyens de transport 79

5.3.5. Le coût de l'eau 80

5.3.6. La disponibilité de l'eau dans le temps et dans l'espace 80

RECOMMANDATIONS ET CONCLUSION GENERALE 84

RECOMMANDATIONS 85

CONCLUSION 86

BIBLIOGRAPHIE 88

WEBLIOGRAPHIE 93

6

ANNEXES 94

7

TABLE DES FIGURES

Fig 1. Localisation de la zone d'étude 39

Fig 2. Les moyennes annuelles de la pluviométrie de Téra de 1979 à 2009 41

Fig 3. Les moyennes annuelles de la Température de Tillabéry de 1978 à 2008 42

Fig 4. La distribution spatiale des ponts d'eau villageois 49

Fig 5. Mode de transport de l'eau au niveau des points d'eau 63

Fig 6. Taux de fréquentation des sources d'eau du village 68

Fig 7. Les types de maladies hydriques identifiées auprès de certaines personnes d'après

les personnes interrogées 70

Fig 8. Les types de maladies hydriques dont ont été atteintes certaines personnes

interrogées 71

Fig 9. La satisfaction en termes de quantité 74

Fig 10. Flux des populations au niveau des points d'eau avant le tarissement des mares82 Fig 11. Flux des populations au niveau des points d'eau après le tarissement des mares 83

8

TABLE DES PHOTOGRAPHIES

Photo 1.Un troupeau des vaches sur le point d'être abreuvé au niveau d'un forage 45

Photo 2. La mare de Salam 50

Photo 3. Une femme s'approvisionnant en eau au niveau de la grande mare et en arrière

plan on voit des chèvres qui s'abreuvent 51

Photo 4. Un troupeau de vaches s'abreuvant dans le petit barrage 52

Photo 5. Vue de la kori en saison sèche 53

Photo 6. Une femme s'approvisionnant en eau au niveau d'un puisard creusé dans le

fond d'une mare tarie. 53

Photo 7. Des usagers au niveau de l'un des deux forages 55

Photo 8 forages non opérationnels Photo 9 puits cimentés non

opérationnels 56

Photo 11. Le gardien des forages devant sa hutte 59

Photo 12. quelques types de transport de l'eau 64

Photo 13. Construction inachevée à cause du problème de l'eau située dans l'enceinte de

l'école 76

Photo 14. Usagers en attente aux forages 79

9

TABLE DES TABLEAUX

Tableau 1. Situation de l'hydraulique dans le département de Téra en janvier 2009. 34

Tab 2. Années de contraction des maladies 72

Tableau 3 : conséquences du déficit de l'eau dans le village 73

Tableau 4. Quantité d'eau nécessaire par jour et par ménage 75

Tab 5. Temps consacré à la recherche de l'eau au niveau des forages 79

Tab 6. Période cruciale de la question de l'eau à Fonéko 81

10

SIGLES ET ABREVIATIONS

AEP : Adduction d'Eau Potable

BAD : Banque Africaine de Développement

CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique

CSI : Centre de Santé Intégré

DDH : Direction Départementale de l'Hydraulique

DG : Département de Géographie

DIEPA : Décennie Internationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement

FCFA: Franc de la Communauté Française d'Afrique

FE : Forage Emirats

FICOD: Fonds d'Investissement aux Collectivités Décentralisées

FLSH : Faculté des Lettres et Sciences Humaines

GAME : Département de Géographie et de l'Aménagement de l'Espace

GPS: Grobal Positionnement System/ Système de Positionnement Global

INS: Institut National de la Statistique

IRSH : Institut de Recherches en Sciences Humaines

LASDEL: Laboratoire d'Etudes et de Recherches sur les Dynamiques Sociales et

le Développement Local

OFDES: Office des Eaux du Sous-sol

OMD: Objectifs du Millénaire pour le Développement

OMS: Organisation Mondiale de la Santé

ONU: Organisation des Nations Unies

PC : Puit Cimenté

PDERLG: Projet de Développement de l'Elevage dans la Région du Liptako

Gourma

PEA : Poste d'Eau Autonome

PEM: Point d'Eau Moderne

PNUDH: Programme des Nations Unies pour le Développement Humain

PSE: Projet Sectoriel Eau

PVDT : Projet de Valorisation Dosso Tillabéri

11

RN: République du Niger

RN: Route Nationale

TCE : Taux de Couverture en Eau

UAM : Université Abdou Moumouni

UBT: Unité Bétail Tropical

UEMOA: Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

UGE: Unité de Gestion de l'Eau

UNICEF: Organisation des Nations Unies pour l'Enfance

US: United States

WEB: World Wide Web

12

DEDICACE

Ce présent mémoire est dédié à toutes les populations du monde rural sahélien qui n'ont pas encore un accès immédiat à l'eau potable.

13

REMERCIEMENTS

La réalisation de ce travail n'aurait pas été possible sans le précieux concours d'un certain nombre de personnes dont nous ne pouvons pas tous les citer nommément, qu'elles trouvent ici le sentiment de notre profonde gratitude. Mais, toutefois il s'avère nécessaire de citer quelques noms.

En effet, nos remerciements vont à l'endroit de tous les membres de notre famille pour leurs soutiens inlassables.

Ces remerciements vont à l'endroit du Docteur Bontianti Abdou notre directeur de mémoire, qu'il reçoit notre profonde reconnaissance, au Professeur Alain Bonnassieux qui sans hésiter et cela en dépit de ses multiples préoccupations à accepter de codiriger ce mémoire.

Nos remerciements s'adressent aux enseignants chercheurs du département de géographie pour leur brillante et rigoureuse formation à l'endroit des étudiants, nous les félicitons.

Nous remercions le Docteur Issaka Hamadou pour non seulement la lecture de notre mémoire ce qui a d'ailleurs permis de l`améliorer mais aussi pour son aide en cartographie. Nous le remercions pour la codirection de ce mémoire.

Nous remercions le doctorant Issa Abdou Yolehinza pour, ses encouragements, et surtout pour nous avoir proposé ce sujet de mémoire, qu'il trouve ici notre profonde gratitude.

Ces remerciements vont aussi à l'endroit de mes camarades et amis étudiants de la faculté nous pensons particulièrement à Ousseini Alfaga Ibrahim. A mes collègues de service : Younsa Hassane, Abdoulaye Seyni Ibrahim, Sambo Siddo Abdoulaye, Noma Ali, Madame Mansour née Rahina, Nassartebaye, Boubacar Seïdou pour leur totale disponibilité et leur sens élevé de sociabilité.

Nos remerciements s'adressent à Maman Mansour pour nous avoir conçu les cartes de ce mémoire.

Les directeurs des services départementaux de l'hydraulique, de l'élevage et les agents de la mairie de Téra trouveront ici nos sincères reconnaissances pour leur disponibilité et leur sens de compréhension.

Nous ne finirons pas cette page des remerciements sans pour autant adresser notre profonde gratitude au petit frère Habibou Tahirou pour notre prise en charge pendant tous les séjours à Téra à l'occasion de nos recherches de terrain.

Un remerciement particulier à toute la population du village de Fonéko Tedjo pour leur hospitalité, nous en sommes reconnaissant.

RESUME

Ce présent mémoire examine la question de l'accès à l'eau qui est aujourd'hui l'une des préoccupations majeures, voire les défis auxquels beaucoup de nations doivent faire face particulièrement celles du sahel1. En effet, au sahel la maitrise de l'eau est un enjeu capital pour la réussite de tout projet ou programme de développement durable. Au Niger, depuis les décennies passées plusieurs centaines des milliards de nos francs ont été injectés dans le secteur de l'hydraulique. Mais, en dépit de ces efforts consentis par l'Etat et ses partenaires, l'accès à l'eau pour les populations demeure toujours une préoccupation majeure surtout en milieu rural où l'eau considérée potable est pompée du sous-sol. Or l'exploitation de ces eaux du sous- sol demande un coût exorbitant. Ainsi près de la moitié de cette population rurale n'a pas encore des points d'eau modernes à leur portée. Le village de Fonéko Tedjo illustre bien cette problématique de l'accès à l'eau pour les populations. C'est un village dont les populations parcourent plusieurs kilomètres pour atteindre un point d'eau moderne ou fréquenter les points d'eau superficiels en dépit des risques réels de contamination de maladies. C'est dire là que les difficultés liées à l'accès à l'eau ont des conséquences préjudiciables sur le développement socio-économique du village.

Mots clés : Accès à l'eau potable, Fonéko Tedjo, Hydraulique

14

1 Région caractérisée par un déficit hydrique.

ABSTRACT

What this memo examines the issue of access to water, which is now one of the major concerns or challenges that many nations face particularly those in the Sahel2. Indeed, in the Sahel water control is a crucial issue for the success of any project or program development. In Niger, since the past decades hundreds of billions francs were injected in the water sector. But despite these efforts the government and its partners, access to water for populations remains a major concern especially in rural areas where drinking water is considered pumped from the basement. Yet the exploitation of these waters from the basement demand an exorbitant cost, and nearly half of the rural population do not have any modern water points within their reach. The village of Fonéko Tedjo illustrates this problem of access to water for people. It is a village whose people travel several kilometers to reach a modern water points or frequent water surface despite the real risks of disease contamination. That is to say that the difficulties related to access to water have adverse consequences on the socio-economic development of the village.

Keywords: Access to drinking water, Fonéko Tedjo, Hydraulic

15

2 Erea charactezed by a deficit water

16

INTRODUCTION GENERALE

Au Niger, l'accès à l'eau en quantité et en qualité aux populations est depuis toujours un souci majeur pour les populations comme pour les gouvernements. Des efforts considérables ont été consentis au cours des deux dernières décennies pour garantir aux populations un accès à l'eau. Depuis les années 1980, près de 230 millions d'Euros, soit près de 152 milliards de FCFA, ont été ainsi investis dans la seule hydraulique rurale pour équiper 17000 points d'eau3. Globalement quelques 31000 points d'eau modernes ont été construits pour un besoin de 470004. Cependant, en dépit des ces moyens colossaux investis dans ce secteur et les résultats escomptés, la problématique de l'accès à l'eau est toujours une actualité et un défi majeur pour les dirigeants surtout avec le rythme actuel de la croissance démographique (15.203.822 habitants, INS, 2010). Cette croissance rapide de la population entraine davantage l'augmentation des besoins en points d'eau modernes. En effet, en milieu rural où vivent 79,6% de la population (INS, 2010) et l'essentiel du cheptel, la question de l'eau se pose avec beaucoup plus d'acuité, car près de la moitié des populations n'ont pas accès à une eau salubre. Dans les zones rurales la totalité de l'eau potable est pompée du sous sol, ce qui demande beaucoup de moyens matériels et financiers, surtout dans les régions de socle. En effet, dans ces régions de socle, comme c'est le cas du département de Téra (socle du Liptako Gourma), la construction et la réussite de points d'eau modernes sont très aléatoires, le taux d'échec lors des constructions des points d'eau peut atteindre 60%5. Du coup le nombre des points d'eau sont loin de couvrir les besoins des populations. Cette situation d'insuffisance des points d'eau modernes amène les populations à parcourir plusieurs kilomètres pour s'approvisionner en eau au niveau des points d'eau modernes et à consommer directement ou indirectement les eaux des mares, rivières etc. malgré les risques évidents de contracter des maladies. Le village de Fonéko sur lequel porte ce mémoire illustre parfaitement cet état de fait. Ainsi, tout au long de ce travail nous allons essayer d'évaluer la disponibilité de l'eau dans le village, identifier et spatialiser les différents points d'eau, montrer les difficultés majeures liées à l'approvisionnement en eau, estimer les impacts socio-économiques surtout les risques sanitaires auxquels ces populations sont exposées en consommant les eaux non potables.

Le travail est ainsi reparti en cinq chapitres :

Le premier chapitre est consacré à la problématique et aux aspects méthodologiques.

3 www.pseau.org

4 www.afriqueavenir.org/.../l'acces-a-l'eau-potable-reste-encore-un-defi-au-niger

5 Direction Départementale de l'hydraulique de Téra, rapport annuel, 2009.

17

Le deuxième chapitre donne à un bref aperçu du secteur de l'hydraulique rurale dans le département de Téra en général et la commune urbaine de Téra en particulier.

Le troisième chapitre décrit la zone d'étude en abordant un certain nombre d'aspects naturels et socio-économiques en relation avec le sujet.

Le quatrième chapitre est consacré aux sources d'approvisionnement en eau et leur mode de gestion.

Et enfin, le cinquième chapitre traite des impacts socio-économiques engendrés par le problème de l'eau dans le village.

18

Chapitre 1 : Problématique et approche méthodologique

Ce premier chapitre situe notre travail dans un contexte théorique global en montrant la place qu'occupe la question de l'eau dans les politiques nationales, internationales et dans la production scientifique. Il traite aussi de la démarche scientifique adoptée pour réaliser l'étude.

19

1.1. Problématique

1.1.1 Contexte et justification

Aujourd'hui, l'un des défis majeurs auxquels est confronté le monde est certainement celui lié à l'eau (que ça soit sa maîtrise, sa gestion ou son accessibilité). Pourtant, les ressources en eau sont plus que suffisantes à l'échelle mondiale pour les besoins domestiques, pour l'agriculture, l'industrie. En vérité, le problème réside dans le fait que certaines personnes notamment les pauvres sont systématiquement exclus.6 En effet, 1,1 milliards de personnes soit 17% de la population mondiale vivent sans accès à l'eau potable dans le monde et 2,6 milliards de personnes manquent de bon assainissement soit deux personnes sur six7. Ainsi chaque année 1, 8 millions de personnes dont 90% d'enfants de moins de cinq ans meurent des maladies diarrhéiques, 88% de ces maladies diarrhéiques sont imputables à la mauvaise qualité de l'eau.8 L'eau non potable est ainsi responsable de 80% des maladies dans le monde et trois millions de personnes dont 90% sont des enfants de zéro à quatre ans, meurent chaque année dans le monde, victimes des maladies dues à l'usage de l'eau non sécurisée.9

Dans de nombreux pays, l'accès à l'eau, la distribution et les moyens d'assainissement adéquats reflètent la distribution des richesses. En effet, l'accès des ménages à l'eau courante avoisine les 80% pour les plus nantis de la population contre 20% pour les 20% les plus pauvres.10 En Amérique du nord et au japon, l'usage de l'eau par habitant dans les secteurs résidentiels est de 350 litres par jour, 200 litres en Europe contre 10 à 20 litres en Afrique subsaharienne et où les femmes doivent parcourir environ six kilomètres portant 20 kilogrammes pour aller chercher de l'eau11.

En Afrique subsaharienne, près de 340 millions de personnes n'ont pas encore accès à une eau potable12. Dans cette région, seuls 46% de la population rurale ont un accès à l'eau potable contre 81% en milieu urbain. Une grande partie de la population subsaharienne et à fortiori au Sahel est contrainte de boire l'eau des fleuves et des eaux stagnantes (mares), impropres à la consommation. Elle contracte ainsi des maladies d'origine hydrique telles que la bilharziose, le choléra etc.

6 Programme de Nations-Unies pour développement humain, 2006.

7 www.academiedel' eau.org

8 Organisation Mondiale de la Santé 2004.

9 www.unicef.fr/userfiles/L_Unicef_d_l'eau.pdf

10 Programme des Nations-Unies pour le développement humain, 2006.

11 www.academiedel' eau.org

12 www.sossahel.org

20

Au Niger, pays sahélien par excellence, la maitrise de l'eau est une composante fondamentale dans la réussite de tout projet ou programme de développement socio-économique durable. En milieu rural, la totalité des besoins en eau potable est satisfaite à partir des nappes souterraines dont l'exploitation demande beaucoup de moyens financiers et matériels, d'où la difficulté rencontrée par les différents régimes dans la construction des points d'eau modernes pour toute la population. Néanmoins, dès les années 1960, l'Etat s'est engagé dans la construction des points d'eau modernes à travers l'office des eaux du sous sol du Niger (OFEDS)13. La décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement en 1981 (DIEPA, 1981-1990)14 est intervenue dans ce contexte pour stimuler et soutenir les politiques nationales en matière d'eau et assainissement. En effet, dans le cadre de cette décennie, des objectifs ambitieux ont été formulés pour la desserte en eau potable par le Ministère du Plan dans le Plan de Développement Economique et Social du Niger (PDESN) : 1987-1991, ainsi :

? Tout village administratif, quelle que soit sa population, doit être pourvu d'au moins un Point d'Eau Moderne (PEM)15, Puits Cimentés ou forage avec hydro pompe à motricité humaine ;

? Tout habitant devait disposer de 25 litres d'eau par jour, ce qui correspond à un PEM pour 250 habitants ;

? Tout village ou hameau de plus de 250 habitants, même non administratif, doit donc être pourvu d'un PEM, s'il se trouve à plus de quatre kilomètres d'un PEM ;

? Les normes d'hydrauliques prévoyant une Adduction d'Eau Potable (AEP), s'applique à tout village de plus de 1500 habitants.

Dans le cadre de ce plan de Développement Economique et Social 1987-1991, 52,4 milliards16 ont été attribués au sous secteur hydraulique du Ministère des Ressources

13 C'est un établissement à caractère industriel et commercial crée en 1963, en vue de la réalisation des forages et des puits en milieu rural. Mais il a cessé de fonctionner depuis les années 1990.

14 La conférence des Nations-Unies sur l'eau de Mar Del Plata en 1977, a décrété les années 1981-1990, Décennie Internationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DIEPA). L'objectif assigné à ces dix années était de favoriser à tous, l'accès à l'eau potable et aux solutions d'assainissement améliorés.

15 Tout ouvrage réalisé ou aménagé dans le règle de l'art, qui fournit une eau de qualité acceptable avec un débit d'au moins 0,5 m3/heure (ordonnance n°93-014du 02 mars 1993, portant Régime de l'eau modifié par la loi n°98-041 du 07 décembre 1998.)

16 Programme hydraulique nationale, 2000.

21

Animales et de l'Hydraulique. Le nombre des PEM passent ainsi de 5120 en 1980 à 11055 en 1986 pour un besoin de 22000 en 1990, ce qui correspond à un taux de couverture national de 78%.17 Après les résultats appréciables de la DIEPA, toujours dans une perspective de maitrise de l'eau, le Niger a engagé une série de réglementations à travers notamment l'élaboration d'un Schéma Directeur de Mise en Valeur et de Gestion des Ressources en Eau, d'un Code Rural pour une gestion rationnelle des ressources naturelles, une politique de redéfinition du régime de l'eau avec les tables rondes entre gouvernement et partenaires techniques et financiers, la redéfinition des attributions de certains ministères intervenants dans les domaines de l'eau. La stratégie de la réduction de la pauvreté (2002) dans lequel est inscrit officiellement le Programme Spécial du président Tanja. En effet, dans le cadre de ce programme, 25 stations de pompages pastorales, 680 puits villageois et pastoraux, 150 puits émirats ont été construits et 423 pompes à motricité humaine étaient réhabilitées entre 2001-200818. En 2010 le Niger a d'adopté une ordonnance portant code de l'eau du Niger cela montre la volonté politique et surtout l'intérêt accordé à la question de l'eau. Dans l'ordonnance modifiant la loi n°2000-12, est prévu la création d'un fonds d'accès universel à l'eau pour assurer notamment l'approvisionnement des populations des zones les plus reculés19.

Le Niger est soutenu dans ce secteur de l'hydraulique par divers partenaires (Coopérations, Projets, ONG, Association etc.). On peut en effet, citer entre autres : la Coopération Suisse à travers le programme hydraulique Niger Suisse, la Coopération Belge, la Coopération Japonaise, la Banque Mondiale, le Fonds Européen de Développement (FED), l'Unicef, l'Agence Française de Développement (AFD), l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui a financé 350 forages en 2007 pour une valeur de 2.800.000.000 FCFA. Au total, 1000 forages seront réalisés dans les pays de l'Union, sur les 3000 prévus pour trois ans dans les huit pays de l'Union.20

Malgré la diversité des actions menées et des acteurs impliqués dans ce secteur de l'eau depuis des décennies, l'accès à l'eau est toujours une préoccupation majeure. Le taux de couverture nationale en infrastructures hydrauliques est loin d'être satisfaisant, surtout en milieu rural où réside près de 80% de la population et où la totalité de l'eau potable est pompée du sous-sol. Ce taux de couverture nationale en points d'eau modernes était de 52% en 1977, 54,21% en 2001, 57,96% en 2006, 62,01 en 2007 et 62,19 en 2008, ce qui correspond à 29.388 points d'eau modernes existants pour un besoin de 47.256 en 200821. A travers ces chiffres, on se rend compte que l'évolution de la couverte nationale en points d'eau modernes est très

17 JEAN LUC Richard, 1990.

18 Le Sahel n°7643, 2008

19 Sahel dimanche n°1418 du 24 décembre 2010. PP-1

20 www.mediaterre.org/eau/actu.2007

21 http//www.stat...ohydr_2008.htm

22

lente. On observe aussi des disparités inter et intra régionales. Téra est l'un des départements du pays où la question de l'eau potable se pose avec beaucoup d'acuité en raison de la configuration hydrogéologique de son sous-sol. En effet, ce département fait parti du Liptako Gourma qui est une région de socle. L'existence de ce socle cristallin fait que la construction des forages n'est possible qu'au niveau des discontinuités (fractures, fissures) de la roche. C'est pourquoi la probabilité d'échec lors de construction des points d'eau modernes est très élevé, elle est supérieur à 40%, et peut d'ailleurs atteindre jusqu'à 60% en certains endroits.22Une fois ces ouvrages hydrauliques installés, les débits recherchés sont généralement inférieurs à 1m3/heure23. Ce qui montre les difficultés dans la prospection des sites de productivité24 et les souffrances des populations pour accéder à l'eau. Cette situation fait que le taux de couverture locale en PEM est largement en deçà à la moyenne nationale. A Fonéko, village rattaché à la commune urbaine de Téra, situé à 22 kilomètres au nord de la ville de Téra sur la route nationale n°5 (Téra-Yatakala), se pose un problème crucial d'eau. C'est un village qui ne dispose pas de point d'eau moderne en son sein, les populations sont contraintes de s'approvisionner en eau pendant une bonne partie de l'année au niveau des retenues d'eau artificielles construites par Boubou Hama25 dans les environs du village depuis les années 1960. Quant au niveau des forages, les populations parcourent environ huit kilomètres allé et retour. Dans cette situation l'on est en droit de se poser la question de savoir : quelle est la disponibilité de l'eau dans le village de Fonéko? A cette question principale peuvent s'ajouter les interrogations suivantes :

Quelles sont les sources d'approvisionnement en eau des populations et d'abreuvage des animaux ?

Quel est l'usage l'eau ?

Quelle est la qualité de l'eau ?

Quelles sont les difficultés liées à l'accès à l'eau ?

Quels sont les impacts liés aux difficultés d'accès à l'eau ?.

22 Selon le directeur départemental de l'hydraulique de Téra.

23 Direction départemental de l'hydraulique de Téra

24 C'est la capacité d'un aquifère à fournir par le biais d'un captage, un débit minimal susceptible d'être exploité.

25 Homme de lettres, politique et originaire de Fonéko Tedjo. Il fut président de l'Assemblée Nationale de 1960 à 1974.

23

1.1.2 Les hypothèses et les objectifs de l'étude 1.1.2.1. Les hypothèses

· Les difficultés en matière d'accès à l'eau tout comme la variation de la disponibilité de cette eau dans le temps induisent des impacts négatifs sur le développement socio-économiques du village;

· La mauvaise répartition des sources d'approvisionnement en eau du village limite l'accès à l'eau potable aux populations, ce qui les amène à consommer de l'eau de qualité médiocre voire mauvaise susceptible d'engendrer des maladies d'origine hydrique.

1.1.2.2. Les objectifs

1.1.2.2.1. Les objectifs globaux

· Comprendre les conditions d'accès à l'eau des populations et du bétail dans le village de Fonéko;

· Evaluer les contraintes liées à l'accessibilité de l'eau dans le village

· Comprendre les risques sanitaires liés au mode d'accès à l'eau dans ce village

1.1.2.2.2. Les objectifs spécifiques Il s'agit essentiellement :

· D'identifier les différentes sources d'approvisionnement en eau de la population de Fonéko Tedjo ;

· D'évaluer les besoins en eau des ménages ;

· D'évaluer la qualité des eaux de consommation ;

1.1.3 Clarification des concepts

Avant tout travail scientifique il conviendrait de clarifier les concepts clés nécessaires à la compréhension du sujet dont il en est question.

1.1.3.1. Eau potable

L'OMS définit l'eau potable comme étant celle dont la consommation est sans danger pour la santé. Pour que l'eau soit qualifiée de potable, elle doit répondre à des normes relatives aux paramètres organoleptiques (couleur, turbidité, odeur, saveur),

24

physico-chimiques (température, ph, etc.), microbiologiques (coliformes fécaux, streptocoques, etc.) et à des substances indésirables et toxiques (nitrates, nitrites, arsenic, plomb, hydrocarbures, etc.) Pour chaque paramètre, des valeurs limites à ne pas dépasser sont établies. Le fait qu'une eau soit potable ne signifie pas qu'elle est exempt d'agents pathogènes mais que leur teneur a été jugée insuffisante pour déclencher une maladie. Les normes de potabilité de l'eau sont ainsi définies et peuvent être différentes d'un pays à l'autre. Dans le code l'eau du Niger26, une eau potable est définie comme étant une eau à l'état naturel ou traitée dont les caractéristiques organoleptiques (saveur, odeur, couleur,....), esthétique, physico-chimique et microbiologiques sont conformes aux normes de qualités de l'eau en vigueur. C'est une eau apte à la consommation humaine.

1.1.3.2. Accès à l'eau potable

Le dictionnaire Hachette 1993, définit l'accès comme étant la possibilité d'accéder, de parvenir à quelque chose. La notion d'accès rend compte de la plus ou moins grande facilité avec la quelle on peut accéder à un service. Appliquée à l'eau potable, elle se décline en termes de disponibilité de la ressource, de permanence, de distance qui sépare le ménage de son point d'eau et de qualité. En termes de distance, on entend par accès raisonnable, l'existence d'un point d'eau potable permanent à une distance inférieure à 200 mètres de la concession (OMS, 2003). En termes de coût, l'accès à l'eau potable est plus difficilement mesurable puisque le prix d'eau varie en fonction des milieux (urbain, rural) et du type d'infrastructure. En milieu rural ce coût est plus ressenti du fait de la pauvreté des ménages ruraux. En matière d'accès à l'eau, des normes quantitatives ont été fixées. Ainsi, l'OMS, propose un minimum vital de 20 litres par jour et par personne. Au Niger, cette norme est de 25 litres d'eau par personne et par jour alors que le PNUDH recommande 50 litres d'eau par jour pour qu'une personne puisse vivre décemment. Au Niger selon les textes en vigueur en matière de l'eau, toute la population tant urbaine que rurale doit disposer raisonnablement de l'eau. Mais la réalité est tout autre car non seulement il y a des disparités intra et inter zonales mais aussi il existe des régions où les populations parcourent plusieurs kilomètres pour s' approvisionner en eau au niveau des points d'eau modernes. C'est le cas des populations du village de Fonéko Tedjo. Le coût de l`eau est aussi l'un des facteurs majeurs limitant l'accès à l'eau aux populations. En effet, les populations rurales payent l'eau plus chère car elles ne disposent pas de robinet individuel.

26 Projet de loi portant code loi du Niger, version finale 2010.

25

1.1.3.3. Hydraulique

Le dictionnaire Hachette, 1993, définit l'hydraulique comme l'ensemble des techniques de captation, de distribution et d'utilisation des eaux (irrigation, chutes motrices).

1.1.3.4. Hydraulique rurale

L'hydraulique rurale englobe tous les aspects relatifs à l'approvisionnement en eau des populations rurales et du cheptel. Elle se compose de l'hydraulique villageoise et de l'hydraulique pastorale27.

1.1.3.4.1. L'hydraulique villageoise

Elle concerne l'équipement du monde rural en ouvrages qui visent à assurer la satisfaction des besoins en eau des populations rurales.28 Le code de l'eau du Niger définit l'hydraulique villageoise comme étant le volet de l'hydraulique rurale relatif à l'approvisionnement en eau des populations des centres ruraux de moins de 2000 habitants.

1.1.3.4.2. L'hydraulique pastorale

Elle désigne la politique de multiplication des points d'eau et de modernisation de l'abreuvage qui fut mise en oeuvre au Sahel à partir des années 195029. Son objectif était de développer et d'intensifier l'élevage extensif en jouant sur un facteur essentiel, l'accès à l'eau. Dans le code de l'eau du Niger, l'hydraulique pastorale est définie comme étant le volet de l'hydraulique rurale qui concerne les points d'eau réalisés en zone pastorale ou équipés de superstructures spécifiques à l'alimentation en eau du cheptel. La consommation en eau par le cheptel est difficile à évaluer, le besoin en eau varie au cours de l'année en fonction de la disponibilité fourragère, du temps de déplacement des troupeaux, globalement en fonction des conditions environnementales. En milieu sahélien, les normes en matière d'accès à l'eau du cheptel sont estimées à 25 litres par jour et par tête de gros bétail (UBT=Unité Bétail Tropical)30 Mais généralement, on adopte 40 litres par UBT et par jour comme norme indicative.31 Au Niger, Le Ministère des Ressources Animales, fixe cette norme à 30 litres par UBT et par jour.

27 Code de l'eau du Niger, version finale, 2010.

28 Atlas National du Niger, 2002.

29 Catherine Baroin, 2007, ethnologue, spécialiste de Toubou et chercheuse à CNRS depuis 1997.

30 UBT est une de référence correspond à un bovin de 250 kg de poids vif.

31 GADELLE François, 1989.

26

1.1.4 Revue de littérature

La recherche documentaire nous a permis de savoir l'intérêt accordé à la question de l'eau par la communauté internationale et cela malgré l'émergence des problématiques globales comme le réchauffement climatique ou la biodiversité. La question de l'eau reste ainsi au centre des politiques de développement du 21eme siècle. Le thème de l'accès à l'eau pour tous est donc une problématique internationale à laquelle participent les institutions financières internationales, les opérateurs privés internationaux, les ONG et les pouvoirs publics des Etats, ce qui justifie certainement les multiples tables rondes, conférences et forums de ces trente dernières années sur la question de l'eau. Au centre de ces rencontres étaient toujours les questions liées à sa mobilisation, sa maîtrise, sa gestion, son accessibilité, etc. C'est dans ce contexte qu'en 1977, au sommet des Nations Unies tenu à Mar Del Plata, la décennie (1981-1990), a été consacrée « décennie internationale de l'eau potable et l'assainissement ». Le but était de procurer de l'eau potable et un assainissement convenable pour tous en 1990. Mais à la fin de la décennie, on a constaté que les objectifs assignés étaient loin d'être atteints car les problèmes d'assainissement se sont intensifiés et l'écrasante majorité de la population africaine n'a pas encore accès à l'eau potable. Deux ans après la fin de cette décennie, le 22 mars de chaque année est proclamé journée mondiale de l'eau par la conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement lors du sommet de la planète terre tenu à Rio de Janeiro en 1992. Et 15 ans après la DIEPA, Les Nations unies ont déclaré encore la période 2005-2015, « décennie internationale d'action, l'eau source de vie » et se fixe un programme mondial accordant davantage d'importance aux problèmes relatifs à l'eau. Cette action est inscrite dans les OMD pour la réduction de moitié d'ici 2015, du pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau. Ainsi pour atteindre ces Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), faudrait-il investir 180 milliards de dollars US par an au lieu de 80 actuellement.32 Ainsi, vue le rythme actuel des investissements dans le secteur, l'Afrique subsaharienne n'atteindra pas les OMD en 201533. Aujourd'hui, la réussite du combat de l'eau potable et de l'assainissement est une garantie pour réussir un développement humain durable, c'est certainement pourquoi docteur Lee Joog34 avait dit que « L'eau et l'assainissement sont indispensables à la santé publique. Je dis souvent qu'ils en constituent la base, car lorsqu'on aura garanti à tout un chacun quelle que soient ses conditions de vie, l'accès à une eau salubre et à un assainissement correct, la lutte contre un grand nombre de maladies aura fait un bond énorme » Dans ce même ordre d'idée, l'ancien secrétaire de l'ONU, Kofi Annan disait : « nous ne vaincrons ni le sida, ni la

32 AlAIN Mathys est le directeur du programme « Eau pour Tous » de Suez Environnement depuis 1999.

33www.btcctb.org: Enjeux et perspectives de la gestion de l'eau potable en milieu rural, expériences de la coopération belge dans le domaine de l'hydraulique rurale et périurbaine en Afrique.

34 Dr LEE JOOG-Wook directeur général de l'organisation mondiale de la santé.

27

tuberculose, ni le paludisme, ni aucune autre maladie infectieuse qui frappe les pays en développement avant d'avoir gagné le combat de l'eau potable, de l'assainissement et des soins de santé de base ». L'accès à l'eau est considéré comme un droit universel, un droit de l'homme35. Et « le droit à l'eau consiste en un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d'une eau salubre et de qualité acceptable pour des usages personnels et domestiques »36 « Le droit à l'eau est indispensable pour mener une vie descente. Il est une condition préalable à la réalisation des autres droits de l'homme ».37 Certains Etats, comme l' Uruguay, garantissent le droit à l'accès à une eau salubre en quantité et en qualité suffisante comme un droit constitutionnel. Au Niger aussi l'accès à l'eau, et autres services sociaux de base sont des droits fondamentaux, même si la réalité est toute autre. C'est certainement pourquoi Ricardo Petrella38 disait que « 24 pays d'Afrique (au sud du Sahara et du Maghreb), sont incapables de fournir de l'eau potable à l'ensemble de la population. Outre des questions de volonté politique, se pose par conséquent la question du financement des infrastructures ».

En dépit, de tous ces engagements de la communauté internationale, la question de l'accès à l'eau pour les populations est une préoccupation essentielle pour les populations surtout des pays pauvres. Face à cette situation, il est raisonnable de s'interroger sur l'efficacité des politiques internationales en matière d'accès à l'eau potable.

Du point de vue production scientifique la question de l'eau est au centre des recherches à travers le monde. Des chercheurs l'ont abordée dans leurs travaux sous plusieurs angles. En effet, depuis 1985, MICHEL R. dans une étude sur l'eau, relève que les maladies hydriques sont responsables dans le monde de la moitié des décès infantiles. Elles sont aussi responsables de l'occupation d'un lit d'hôpital sur deux, de l'affaiblissement des personnes pour travailler. En 1991, GOTTER. A et al, soulignent à travers des études réalisées au Nicaragua que les enfants qui habitent dans des maisons où la disponibilité en eau est faible, ont un taux plus élevé (34%) de diarrhée par rapport à ceux d'un meilleur approvisionnement.

Au Sahel, les études sur l'eau ne sont pas récentes. Elles sont d'ailleurs jusqu'à une date récente orientées vers le monde rural où la situation semblait plus préoccupante. En se penchant sur la qualité de l'eau en milieu rural, GUILLEMIN. F en 1984, a montré à travers des analyses sur 218 points d'eau au Burkina Faso que des forages sources d'eau supposées potables sont bien souvent pollués. Il constate par ailleurs que les points d`eau traditionnels sont les plus pollués et que cette pollution est imputable à des facteurs physiques (structure géologique, topographique), technique

35 Forum sur l'eau, Istanbul, 2009.

36 Observatoire général n°15, 2002 : Le droit à l'eau.

37 FABIEN Dupuis, diplômé de l'IPRIS, doctorant spécialisé sur la Géographie de l'eau, partie introductive de l'observation générale, réalisation de l'Objectif du Millénaire pour le Développement n°7.

38 FABIEN Dupuis, diplômé de l'IPRIS, doctorant spécialisé sur la Géographie de l'eau.

28

(absence de margelle et parois non aménagés) et humains (comportement et mentalité). Donc considérés potable peuvent être pollués. En 1985, DEYEUX, (D), dans son ouvrage intitulé : l'eau, quels enjeux pour les sociétés rurales, disait que « la qualité de l'eau de boisson fait davantage à la santé publique que n'importe quel vaccin ou médicament. ». Cela veut dire que l'eau de bonne qualité est une arme redoutable pour combattre beaucoup des maladies. JEAN LUC Richard quant à lui, en 1990, a abordé l'accès à l'eau dans le cadre de l'hydraulique villageoise dans le canton de Gabi (Niger). DIOMA K, en 1990, s'est intéressé à l'analyse des aspects sanitaires liés à l'approvisionnement en eau en milieu périurbain Boromo (Burkina Faso). Il relève que la consommation d'eau issue du réseau de l'Office National de l'eau et de l'Assainissement (ONEA) est faible et que cette situation est imputable à des contraintes économiques (coût du service), et au nombre élevé des puits que les populations préfèrent utiliser. Or en zone urbaine l'eau des puits traditionnels est généralement impropre à la consommation. Cet auteur veut dire que la situation socio-économique des population joue fortement dans l'accès aux sources d'eau potable. En 1993, OUEDRAOGO M. qui a travaillé sur le milieu périurbain de Ouagadougou, a évalué le degré de responsabilité de l'eau dans l'émergence ou la persistance de certaines maladies. Abordant essentiellement la question de la qualité de l'eau, il souligne que seulement 6% des points d'eau échantillonnés peuvent être considérés comme potable si l'on se réfère aux normes de l'OMS en matière d'eau de boisson. En 1996, BALMER F. et al ont posé la nécessité de la bonne gestion de l'eau du sahel vue les conditions géographiques de la région. Cela est indispensable quand on sait que le développement socio-économique des pays sahéliens passent par a maîtrise de l'eau. En 1997, PHILIPE Gombert a étudié la variabilité spatiale de la productivité aquifère du socle sahélien en hydraulique rurale, il relève ainsi que la productivité des forages d'hydraulique rurale en zone sahélienne est difficilement prévisible, dans les aquifères discontinus du socle les taux d'échecs dépassent localement 50%. Ce même constat a été fait par la direction départementale de l'hydraulique de Téra et le taux d'échec lors des constructions des points d'eau modernes peut atteindre 60% en certains endroits. En 2000, OLIVIER DE SANDAN J-P et ELHADJ DAGOBI se sont intéressés à la gestion communautaire des points d'eau en hydraulique villageoise en se demandant à qui ce mode de gestion profite ? Sert-il l'intérêt public ou bien d'autres opérateurs tels que les comités villageois? Cette étude met en exergue le doute du système de gestion des points d'eau ce qui abouti souvent aux détournements et dysfonctionnement des points d'eau une fois que ceux-ci tombent en panne. MENARD Claude en 2001, dans son article intitulé enjeux d'eau : la dimension institutionnelle, a abordé trois aspects du problème de l'eau ; les caractéristiques très spécifiques du secteur, l'approche classique et les limites qu'elle rencontre et enfin la dimension institutionnelle qui apparait incontournable pour comprendre les très nombreux échecs dans les reformes des systèmes d'approvisionnement en eau dans les pays en développement. Pour MENARD donc la réussite des politiques en eau passe par une bonne approche institutionnelle. En 2004, LISE Breuil dans sa thèse de doctorat intitulé : renouveler

29

le partenariat public-privé pour le service d'eau dans les pays en développement, il propose ainsi la conjugaison des dimension contractuelle, institutionnelle et participative pour une bonne gouvernance de l'eau. MAHAMAN T-A en 2005, dans son article intitulé : Le partenariat public-privé dans le secteur de l'eau au Niger, a fait l'autopsie de la reforme du secteur de l'eau au Niger. LAWALI Dambo, en 2007, dans sa thèse de doctorat intitulé : usage de l'eau à Gaya (Niger) : entre fortes potentialités et contraintes majeures, a centré son étude sur l'estimation et la répartition spatiale des ressources en eau, le cadre juridique et institutionnel régulant leur mise en valeur, les différents secteurs d'utilisation de l'eau ainsi que les contraintes affectant cette utilisation. APPOLINNAIRE K. quant à lui en 2007, a abordé le problème de l'accès à l'eau potable et les risques diarrhéiques dans les zones périphériques de Ouagadougou à travers l'exemple de Yamtenga. BOUREIMA Ousmane professeur en hydrogéologie mène depuis quelques années des recherches sur la qualité de l'eau et la vulnérabilité à la pollution des nappes souterraines (dites de socle) dans le département de Téra. Ainsi, selon ses travaux les teneurs des eaux en nitrates, nitrites ou sulfates et/ou en chlorures dépassent parfois largement les normes fixées par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les rendant inaptes à la consommation humaine. Ainsi donc, dans le département de Téra près de 31% des eaux des points d'eau modernes (forages, puits cimentés) considérés comme potables sont pollués alors que les populations sont entrain de consommer ces eaux en s'exposant à des risques sanitaires.

Au vue de tout ce qui précède, on constate que la question de l'eau a été abordée sous plusieurs angles et par divers acteurs, chacun selon la problématique qu'il veut traiter. On constate aussi que loin d'être épuisé ou dépassé, les questions liées à l'eau continuent à nourrir les réflexions scientifiques et les programmes politiques des Etats (exemple le Niger) où l'eau est l'une des ressources fondamentales les plus rares et les moins maitrisées. C'est pourquoi aujourd'hui encore une étude axée sur l'eau, quelque soit l'angle sous lequel elle est abordée trouvera toute son importance, surtout quand elle est orientée vers le milieu rural. En effet, comme nous l'avons signalé un peu plus haut les recherches en matière de l'eau sont aujourd'hui plus orientées vers les centres urbains et périurbains que les zones rurales. C'est pourquoi, pour notre part, nous avons abordé dans ce mémoire l'accès à l'eau en milieu rural à travers l'exemple de Fonéko en examinant les difficultés liées à l'accessibilité de l'eau et les risques sanitaires majeurs auxquels les populations sont exposées en consommant les eaux insalubres

1.2. Approche méthodologique

Ils sont constitués tout d'abord d'une recherche documentaire (au niveau des bibliothèques, des centres de documentation) et enfin d'une recherche sur le terrain à travers une collecte des données.

30

1.2.1 Recherche documentaire

C'est la première étape de notre travail elle nous a permis non seulement d'avoir les premiers éléments de réflexion sur le sujet mais aussi d'apprécier les études réalisées sur le sujet. Elle a commencé tout d'abord au niveau des bibliothèques de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH), du département de Géographie, de la Faculté d'Agronomie (FA), de l'Institut de Recherches en Sciences Humaines (IRSH), au LASDEL, au service de la documentation du Ministère de l'hydraulique, de l'environnement et de la lutte contre la désertification, au Ministère des ressources animales, à l'Institut National de la Statistique (INS), à la marie de Téra et à la documentation du service départemental de l'hydraulique. Des sites web ont été aussi consultés. Ce travail s'est poursuivi tout au long de la rédaction de ce mémoire.

1.2.2 Les travaux de terrain

Ils sont intervenus après la recherche documentaire ayant permis de rédiger la problématique. Ils sont essentiellement constitués par une observation visuelle de terrain, des entretiens, une enquête par questionnaire à administrer, une prise des coordonnées géographiques des points d'eau et du village et enfin la prise des images pour illustrer les faits.

1.2.2.1. L'observation de terrain

C'est le premier contact, la première phase de terrain, elle a ainsi permis d'identifier les différents points d'eau disponibles; d'appréhender la situation de l'eau dans le village à travers l'observation directe. L'observation a permis de nous rendre compte des souffrances des populations. Ces souffrances s'expriment en termes de la distance parcourue pour accéder à l'eau, de temps consacré à la recherche de l'eau etc. En un mot elle nous a permis d'observer de visu les conditions d'accès à l'eau dans le village.

1.2.2.2. Les entretiens

Ils se sont effectués au niveau des personnes ressources. Tout d'abord au niveau du directeur départemental de l'hydraulique et celui de l'élevage de Téra pour comprendre la situation de d'hydraulique dans le département, avec le chef du village de Fonéko, pour savoir la situation réelle de l'eau au niveau de son village mais aussi avoir quelques informations générales sur le village ; telles que l'historique du village, et aux élus locaux du village pour savoir la place de l'hydraulique dans le plan de développement communal, à l'infirmier du CSI de Fonéko pour avoir le registre des maladies hydriques identifiées. A la fin de ces entretiens nous avions pu non seulement comprendre la situation de l'hydraulique dans le département de Téra mais aussi avoir les premières informations qui ont servi à l'élaboration du questionnaire et en partie la rédaction du document d'une manière générale.

31

1.2.2.3. L'enquête par questionnaire

Les questionnaires sont destinés aux chefs de ménages qui sont regroupés en 87 ménages (INS, 2006) et pour se faire, nous avons adopté la méthode dite « connaissance d'aptitude pratique » (CAP), qui consiste à arrêter l'administration des questionnaires à un stade où l'on constate que les personnes interrogées donnent presque les mêmes réponses. Nous avons arrêté l'administration des questionnaires à la soixantaine de personnes interrogées. Cette méthode nous parait très intéressante car non seulement elle permet de ne pas biaiser les résultats (lorsqu'il n'ya pas de diversité dans les informations recueillies, les résultats peuvent être biaisés) mais aussi de gagner du temps pendant la collecte et le traitement des données. Le questionnaire est composé de six grands titres que sont l'identification de l'enquêté, les sources d'approvisionnement en eau, l'usage et la gestion de l'eau, la qualité de l'eau, les moyens, techniques d'exhaure et de transport de l'eau et enfin les difficultés liées à l'accès à l'eau. Ces titres se composent de 79 questions. Pour la saisie du document Microsoft Word 2007 a été utilisé, Excel 2007 pour la conception des courbes, le sphinx pour la conception du questionnaire, la saisie, le traitement et l'analyse de données et Microsoft PowerPoint pour la présentation des résultats à la soutenance publique.

1.2.2.4. Les matériels et outils informatiques utilisés

A l'aide d'un GPS de marque Garmin nous avons inventorié les points d'eau, ce qui a permis d'établir une cartographie pour ces points d'eau. Les logiciels Google Earth et Adobe Illustrator CS3 ont permis la conception et la réalisation des cartes. Un appareil numérique de marque Kodak a été utilisé pour la prise des images.

2.2.3. Les difficultés rencontrées

Les difficultés sont liées essentiellement au manque de certains documents traitant spécifiquement de notre terrain d'étude. Ceci a fait que nous n'avions pas pu avoir certaines données qui auraient amélioré davantage le document. A titre illustratif, il n'existe pas une carte du village, ce qui nous a amené à concevoir plusieurs cartes grâce à l'image du village captée sur Google Earth et Adobe Illustrator CS3 nous à permis la cartographie. Nous sommes aussi confrontés aux difficultés relatives à la réalisation d'une enquête en milieu rural, à savoir l'exactitude des dates des faits, la pertinence des certaines informations. A titre illustratif, il nous a été difficile de savoir l'année de contraction des maladies hydriques au niveau d'un certain nombre de personnes interrogées.

2.2.4 Justification du choix du sujet

Le choix de traiter ce sujet s'est matérialisé à la suite d'une conversation avec Abdou Issa Yolehinza, un doctorant que j'ai accompagné dans ses recherches de

32

terrain dans le département de Téra. Très vite sur le terrain il s'est rendu compte du problème de l'eau dans cette région. C'est ainsi que revenu à Niamey, il nous a suggéré de prendre notre sujet de mémoire de maîtrise sur l'accès à l'eau dans le département de Téra dans le cadre de l'hydraulique rurale en prenant l'exemple du village de Fonéko Tedjo. Ce village nous paraît en effet, très problématique car ne disposant pas des points d'eau modernes en son sein, les populations consacrent parfois une journée entière pour la recherche de l'eau potable ou consommer les eaux de surface en dépit des risques sanitaires majeurs. Cette situation induit des impacts socio-économiques néfastes sur ce village. Il faudrait aussi noter comme d'autres raisons justifiant le choix de ce sujet, le fait que nous connaissons Téra pour avoir fait une partie très importante de nos études. Nous connaissons donc, les souffrances liées à la recherche de l'eau pendant certaines périodes de l'année. A cela s'ajoute l'actualité de la question de l'eau que ça soit au niveau des dirigeants politiques qu'au niveau de la production scientifique

A travers la recherche documentaire, nous avions pu cerner davantage les contours du sujet, savoir un peu sur l'état de la connaissance concernant l'eau. Cela nous a permis de bien cadrer notre sujet et d'y adopter une méthodologie convenable.

33

Chapitre 2 : Le secteur de l'hydraulique rurale à Téra

Dans ce chapitre nous allons faire un bref aperçu sur le secteur de l'hydraulique rurale dans le département en général et dans la commune urbaine de Téra en particulier. Il sera en fait question de faire part de l'évolution et de l'état actuel du parc hydraulique du département à travers une critique des chiffres. Nous faisons aussi cas des acteurs impliqués dans ce secteur au niveau de ce département.

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2.1. Etat des lieux de l'hydraulique rurale dans le département de Téra

Nous allons ici aborder séparément l'hydraulique villageoise et pastorale même si ce sont des secteurs imbriqués dans le département de Téra.

2.1.1. L'hydraulique villageoise

Depuis 1992, avec la fin du programme « Autorité du Liptako Gourma », le département de Téra, alors arrondissement n'a pas bénéficié d'un programme d'hydraulique villageoise. Aujourd'hui le département ne dispose pas d'un schéma d'aménagement hydraulique même en projet. En 1999, il comptait 691 points d'eau modernes toutes catégories confondues avec un taux de couverture en infrastructures hydrauliques de 23,4%. Au 31 décembre 2008, soit onze ans après, le parc hydraulique du département ne compte que 925 PEM pour une population estimée à 534.098 habitants, ce qui correspond à un taux de couverture de 47,55% très largement en deçà de la couverture nationale qui est 62% (INS, 2006). A ce parc hydraulique, il faudrait y ajouter les points d'eau de surface qui sont d'ailleurs trop utilisés pendant une grande partie de l'année par les populations et le bétail. A travers les chiffres du tableau ci-dessous, on constate que les points d'eau modernes sont loin de répondre au besoin des populations. Cela s'illustre par un taux de couverture très faible.

Population
estimée au

31/12/2008

PC

F

Total PEM

Besoins
en
PEM

PEA

Mini AEP

TCE
théorique

(%)

534.098

74

578

925

1019

2

22

47,55

 

Tableau 1. Situation de l'hydraulique dans le département de Téra en janvier 2009.

Pc : puits cimenté, F : forage, PEM : point d'eau moderne, PEA : poste autonome, AEP : adduction d'eau potable, TEC : taux de couverture en eau, DDH : direction départementale de l'hydraulique

Source : Actualisation DDH/Téra janvier 2009.

35

2.1.2. L'hydraulique pastorale

Aucune infrastructure hydraulique à vocation pastorale n'existe dans le département de Téra quand bien même l'élevage figure en second rang dans les activités économiques. Les points d'eau pastoraux sont constitués essentiellement des mares, des retenus d'eau du fleuve et de quelques flaques d'eau sur les trois affluents (le Gorouol, le Dargol et la Sirba)39 qui traversent le département. Cette situation laisse apparaître le caractère aléatoire de l'hydraulique pastorale parce qu'elle dépend des eaux des pluies et ne garantie aucune perspective pour le développement de l'élevage dans le département.

2.2. Etat des lieux de l'hydraulique rurale dans la Commune Urbaine de Téra Ici aussi, nous allons aborder séparément l'hydraulique villageoise et pastorale.

2.2.1. L'hydraulique villageoise

Tout comme le centre urbain de Téra, la situation de l'eau potable est assez préoccupante dans les villages rattachés à la commune urbaine. Certaines populations parcourent près de cinq à huit kilomètres par jour pour s'approvisionner en eau au niveau des points d'eau modernes. Une bonne partie de cette population rurale consomme directement l'eau de surface, contractant des maladies hydriques (Cholera, bilharziose, conjonctivite, etc.). En dehors du réseau d'adduction d'eau potable de la ville de Téra, la commune urbaine ne compte que 90 points d'eau modernes composés comme suit :

? 69 forages à motricité humaine, dont 55 fonctionnels et 14 non fonctionnels ;

? 19 puits cimentés dont 13 fonctionnels et 6 non fonctionnels ; ? 2 Mini Adductions d'Eau Potable, toutes fonctionnelles.

Le taux de couverture en zone rurale est estimé à 50,93 % avec une grande disparité entre les sous zones.40 Comme pour le département, le parc des pompes en sont loin de répondre aux besoins en eau des populations et du bétail. Ceci amène ces populations à consommer les eaux de surface préjudiciable à leur santé. La commune urbaine de Téra est ainsi confrontée à un problème accru en eau pour les populations surtout pendant la période de canicule avec l'augmentation de la consommation humaine et animale.

39 Tous des affluents de la rive droite du fleuve Niger.

40 La Commune Urbaine de Téra est subdivisée en un groupement de villages qu'ils ont appelé sous zone et ces sous zones sont constituées autour des gros villages.

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2.2.2. L'hydraulique pastorale

Comme au niveau départemental, aucune infrastructure à vocation pastorale n'existe dans la commune urbaine de Téra. Les points d'eau pastoraux sont constitués essentiellement des mares, des retenus d'eau sur l'affluent le Dargol. Ainsi, après le tarissement de certains de ces points d'eau, l'abreuvage du bétail se poursuit au niveau de ceux qui sont affectés aux populations. Cette pratique crée non seulement une situation de surexploitation de ces ressources mais aussi entraine des tensions et ou des conflits entre les usagers autour de ces points d'eau.

2.3. Les partenaires intervenant dans le secteur de l'hydraulique dans le département de Téra

Depuis les années 1980, avec les séries de Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) et l'émergence des Organisations Non Gouvernementales et des Associations, l'Etat s'est progressivement désengagé de ses missions régaliennes. Les secteurs sociaux de base (la santé, l'éducation, l'accès à l'eau potable, etc.) sont désormais délaissés à ces nouveaux acteurs, l'Etat ne joue qu'un rôle d'accompagnement. Dans le département de Téra, le secteur de l'hydraulique est pris en charge par les partenaires au développement. Ces partenaires sont divers ainsi que leurs sources de financement et leurs activités concernent la construction des points d'eau modernes, leur réhabilitation et la sensibilisation des populations sur l'hygiène tout au long de la chaine de l'eau (autour des points d'eau, la prise, le transport et le stockage de l'eau). Ces partenaires sont essentiellement constitués des Organisation Non Gouvernementales (locales et internationales) ; des Associations, des Projets de développement, des Coopérations (bilatérale, multilatérale et décentralisée). Ils travaillent en étroite collaboration avec la direction départementale de l'hydraulique de Téra, et leurs stratégies d'intervention repose fondamentalement sur une approche participative. Les coûts financiers de leurs activités sont colossaux car la construction d'un seul forage kardia peut coûter 20 millions de FCFA au minimum. Parmi ces partenaires nous pouvons citer entre autre : le projet BAD, l'UEMOA, L'ONG Goy Ga Zaâda, le Projet d'Appui à la Sécurité Alimentaire (PASA), la Coopération Turque, l'Unicef, la Coopération Japonaise, le PVDT, FICOD, l'Islamic Relief; Projet de Développement de l'Elevage dans la Région du Liptako Gourma (PDERLG), la Coopération Décentralisée Téra-Bonneville (commune Française), la fondation Zayed etc.

Les deux forages du village de Fonéko Tedjo ont été réalisés par l'ONG Goy Ga Zaâda et la fondation Zayed

37

Le parc des pompes hydrauliques de Téra est loin de répondre aux besoins en eau des populations du département. Téra est d'ailleurs l'un des départements qui enregistre les plus faibles taux de couverture en infrastructures hydrauliques du pays. Cette situation met ainsi en épreuve la vie des populations.

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Chapitre 3 : Fonéko, un village du Liptako

Gourma

Dans ce chapitre, nous allons faire la situation géographique de notre zone d'étude et analyser certains aspects physiques et socio-économiques afin d'avoir une compréhension claire de cette zone d'étude.

39

Fig 1. Localisation de Fonéko dans la commune urbaine de Téra

40

3.1. La localisation du village de Fonéko

Fonéko est construit au rebord d'une dune qui domine la vallée s'étale entre Téra et le Fonéko. Le village de Fonéko Tedjo est situé au nord-est de la commune urbaine de Téra entre les latitudes 14°12'25.6» Nord et les longitudes 00°44'32.7'' Est à 22 kilomètres de la ville de Téra. Il est limité à l'est par le village de Diblo, au nord par le village de Taratako, et de Namanderi et enfin au sud par le village de Banizoumbou et la ville de Téra (chef-lieu de commune).Il est traversé par la route nationale n°5 (Téra-Yatakala), ce qui facilite l'accès au village en toute saison.

3.2. Un milieu naturel peu favorable au stockage de l'eau

Les éléments naturels étudiés ici sont ceux qui d'une manière ou d'une autre sont liés à la problématique étudiée.

3.2.1. Le climat

Le climat est de type sahélien caractérisé par deux saisons : une saison sèche et une courte saison pluvieuse qui durent respectivement entre huit et neuf mois et entre trois et quatre mois. La saison sèche se caractérise par des fortes températures, fortes évaporations avec comme conséquence l'assèchement rapide des eaux de surface.

3.2.1.1. Les précipitations

La Commune de Téra est comprise entre l'isohyète 250 à 400 mm selon les années. Les eaux des pluies alimentent et constituent les principaux points d'eau de surface directement ou indirectement utilisées par les populations et le cheptel pendant une bonne partie de l'année. Etant attendu que ces plans d'eau de surface (mares) sont des systèmes hydriques isolés (écoulement endoréique), sans apport en aval pendant une bonne partie de l'année, la durée de leurs eaux dépend naturellement de la quantité annuelle d'eau tombée. C'est pourquoi les années de faibles pluviométries représentent des menaces réelles pour les populations rurales et leur cheptel. Les moyennes pluviométriques générales du département de Téra ont été utilisées parce que la commune urbaine de Téra à laquelle est rattaché le village de Fonéko ne dispose pas d'une série longue de 30 ans. En effet, nous utilisons ces données pluviométriques pour mettre en exergue en même temps les variations de la pluviométrie d'une année à l'autre et les impacts des années de faibles pluviométries. Ainsi, à travers la figure n°2 on constate que les années 1979, 1987, 1990, 1991, 1995 et 2003 ont enregistré les plus fortes quantités de pluies de ces 30 dernières années dans le département de Téra, un peu plus de 500 mm la saison pluvieuse. Par contre les années 1981, 1983, 1993 et 2006 ont enregistré les plus faibles quantités, un peu plus de 200 mm toute la saison pluvieuse.

41

Fig 2. Les moyennes annuelles de la pluviométrie de Téra de 1979 à 2009 Source, Amadou Boubacar, 2010

3.2.1.2. Les températures

Les températures les plus élevées sont généralement enregistrées dans les mois de mars, avril, mai et juin (saison sèche et chaude). Les basses températures sont enregistrées en novembre, décembre et janvier (saison froide). Au cours de ces dernières années, l'on a enregistré des minima absolus annuels de 22,6°41. Les fortes températures observées surtout pendant l'harmattan favorise l'assèchement rapide des points d'eau de surface à travers le phénomène de l'évaporation et d'évapotranspiration. Ce qui du coup met en épreuve la vie des populations et du cheptel. Les moyennes annuelles thermiques de la région de Tillabéri sont ici utilisées parce que le département de Téra à plus forte raison la commune urbaine de Téra ne dispose pas d'une série longue de 30 ans, nous pensons ainsi que les données générales de la région peuvent être utilisées pour le département à titre illustratif. Ainsi, à travers la figure ci-dessous on constate que l'année a enregistré la moyenne thermique la plus faible (35°) de ces 30 dernières années de la région de Tillabéri. L'année la plus chaude est 1986 (38°), ceci montre que les températures sont élevées dans cette région.

41 Plan de Développement communal, Téra, 2006.

42

Fig 3. Les moyennes annuelles de la Température de Tillabéry de 1978 à 2008

Source : www.ins.ne

3.2.1.3. L'évaporation et l'évapotranspiration

L'évaporation (phénomène physique) et l'évapotranspiration (phénomène biologique) sont des phénomènes très importants au sahel, elles jouent un rôle essentiel dans l'assèchement des eaux de surface. Elles sont liées à la température, au vent, et à `humidité de l'air. En effet, pendant la période des fortes températures, l'évaporation devient très importante sous l'effet de l'ensoleillement. L'évapotranspiration est accentuée pendant cette période de fortes température car en ce moment les organismes vivants réclament plus d'eau. Les fortes températures déshydratent rapidement les organismes, du coup la consommation en eau devient plus importante. Au Niger dans une moyenne pluviométrique annuelle de 180 mm soit un apport de 228 km3/an, 98% s'évaporent, seul 1% s'infiltre soit 2,3km3/an42. C'est dire là l'extrême évaporation qui caractérise le pays. Cette forte évaporation annuelle peut atteindre 2100 mm dans la région de Tillabéri (région qui enregistre des fortes températures).43 A Abalak, on peut estimer que l'évaporation d'une surface d'eau libre est supérieure à deux mètres. Ainsi, une mare d'une profondeur de 60 centimètres perdra en deux mois plus de la moitié de son eau uniquement par l'évaporation44. Cet assechement rapide des points d'eau de surface met en épreuve ces populations et ces animaux dont leur vie en dépend.

42 SEEN, Eau Potable, Hygiène et Santé : Guide du cadre, 2008.

43 www.bibliotheque.refer.org/livre21/l2112.pdf

44 http :// www.masht.fr/chroniques/eauazawagh.htm

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3.2.1.4. L'action du vent

La situation des vents se caractérise par la prévalence des vents secs et chauds avec un degré hygrométrique faible (l'harmattan) pendant la saison sèche (novembre à mai). Ils sont de vitesse relativement forte. Les vents forts renforcent l'évaporation des cours d'eau de surface qui organise en quelque sorte la vie du monde rurale. Ainsi, au Sahel, les vents et les températures sont les principaux facteurs majeurs accentuant le phénomène d'évaporation des eaux de surface. Du coup sous leur influence la durée des retenus d'eau est très limitée, trois à quatre mois après la saison des pluies à Fonéko. Ils entrainent aussi le comblement des fonds des cuvettes par des dépôts éoliens.

3.2.2. La situation hydrogéologique

L'eau souterraine est une ressource peu abondante dans les régions arides et semi arides. Son exploitation dans le secteur du socle cristallin se limite aux zones où la roche a subi le phénomène de fracturation. Les fractures produisent des discontinuités (failles, diaclases) dans le substratum géologique pour permettre l'écoulement et l'emmagasinement de l'eau dans la nappe phréatique. Dans la commune urbaine de Téra qui fait partie de la région géologique qu'on appelle le Liptako Gourma, on distingue deux types d'aquifères

3.2.2.1. Les aquifères alluviaux (superficiels)

Ils sont tributaires des précipitations annuelles et caractérisés par leur faible profondeur (généralement deux à trois mètres). Ils sont implantés dans les sables des kori et les limons en bordure du Dargol (affluent du fleuve) et sont exploités à travers des puits, des puisards.

3.2.2.2. Les aquifère du socle discontinu

Ils sont liés au socle discontinu. En effet, le socle cristallin n'offre des ressources importantes en eau que dans les zones d'altération étroitement liées à des fractures. Ils sont constitués d'un ensemble de poches altérées poreuses et perméables connectées entre elles par un réseau de fractures. Ces mêmes fractures autorisent sous certaines conditions des échanges avec les aquifères supérieurs. En général, les altérites sont exploitées à travers des puits cimentés et les couches profondes saines fracturées quant à elles sont exploitées au moyen de forages. Ainsi, toutes les régions bâties sur ce type d'aquifère rencontrent des problèmes d'alimentation en eau souterraine, c'est le cas du village de Fonéko. Ainsi, donc c'est la structure géologique qui n'est pas favorable à la construction des points d'eau modernes et non un désengagement de l'Etat. Selon les témoignages recueillis auprès des villageois et du service de l'hydraulique de Téra plusieurs forages ont échoués lors de leur construction.

44

3.3. Historique du village et les activités agropastorales

Les aspects humains concernent ici l'historique du village, le peuplement et quelques activités socio-économiques.

3.3.1. Historique et peuplement du village

Fonéko est un mot composé du préfixe « Foney » au pluriel qui signifie « les singes » et de « ko » qui signifie baobab en sonraï, autrement dit les baobabs des singes. En effet, autrefois le terroir renfermait un important peuplement de baobab qui attirait les singes. Le terroir était certainement une savane arborée. Le village est ainsi nommé Fonéko. Quant on ajoute « Tedjo » qui veut dire « nouveau » en sonraï, ça devient le nouveau Fonéko ou le nouveau site de Fonéko en référence à la reconstruction du village après les guerres tribales notamment avec les touareg. Le village est fondé dans la deuxième moitié du 17eme siècle, les fondateurs seraient venus soit de Gao soit du Dandi45 Mais Hama Tandaké et ses frères (KangaTandaké, Abdou Tandaké et Birdji Tandaké) étaient les reconstructeurs du nouveau Fonéko en 1839. La vie du village était organisée au bord de la mare de Salam. Selon le RGPH, le village compte 734 habitants regroupés en 89 ménages. C'est un village majoritairement sonraï, on trouve néanmoins des peul et de touareg. Ainsi parmi les personnes interrogées, nous avons trouvé 81,7% de sonraï, 11,7% de peul et 6,7 de touareg. La taille moyenne des ménages est de 7 personnes, la taille minimum est de 2 personnes et le maximum est 15 personnes. L'âge moyenne des chefs de ménages est de 42,98 ans, le minimum est de 25 ans et le maximum est 69 ans. Le niveau d'instruction est largement dominé par les personnes sans instruction (43,3%), formation coranique (15%), Primaire (31,7%), secondaire (5%), supérieur (3,5) et alphabétisés 1,7%.

3.3.2. Les activités agropastorales

Comme toutes les autres localités de la commune, l'économie du village de Fonéko repose exclusivement sur l'agro-pastoralisme auquel se greffent quelques activités commerciales.

3.3.2.1. L'agriculture

L'agriculture est la principale activité des villageois, 48,4% des personnes interrogées la pratiquent. La production agricole est caractérisée par une agriculture de subsistance avec comme principales spéculations les céréales (mil et sorgho) qui représentent la base de l'alimentation. Elle est pratiquée au moyen d'outillage rudimentaire (hilaire) et reste tributaire des aléas climatiques (précarité des précipitations, érosion) auxquels s'ajoutent les ennemis de cultures en certaines années. C'est pourquoi, le village est chroniquement déficitaire avec comme corollaire la malnutrition et l'émigration des populations.

45 Boubou Hama, 1970.

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3.3.2.2. L'élevage

L'élevage qui est pratiqué cumulativement avec l'agriculture représente le premier recours en cas de déficit céréalier. Il est ainsi, pratiqué par 21,1% des personnes interrogées. C'est le développement de cette pratique par les agriculteurs et les éleveurs que Amadou Boureïma46 a appelé la stratégie anti-risque, c'est-à-dire qu'aujourd'hui du fait des incertitudes climatiques au Sahel on assiste à des éleveurs-agriculteurs et des agriculteurs-éleveurs. Le troupeau se compose d'ovins, de bovins, caprins, d'âsins et de camelins. Les propriétaires du cheptel sont plus préoccupés par l'extension du troupeau que de la qualité des animaux : c'est un élevage contemplatif. Dans ce village, l'élevage est soumis non seulement à la dégradation de l'environnement qui a des conséquences sur le pâturage (précarité des fourrages) mais aussi au manque crucial en eau. Cette situation bloque l'évolution du cheptel.

Photo 1.Un troupeau des vaches sur le point de s'abreuver au niveau d'un forage Source : notre enquête

Ce chapitre a permis d'analyser les aspects naturels et socio-économiques de la zone d'étude. Il a permis aussi de comprendre la situation hydrogéologique du village de Fonéko. Situation qui n'est pas favorable à la construction des points d'eau modernes.

46 Amadou Boureïma est géographe au DG /FLSH/UAM de Niamey.

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Chapitre 4 : Les sources d'approvisionnement en eau et leur mode de gestion

Dans ce chapitre, il est question d'inventorier, de situer les points d'eau villageois dans l'espace. Nous allons ensuite critiquer en même temps la situation spatiale et la disponibilité dans le temps de ces points d'eau. Enfin, nous allons nous pencher sur les types de gestion faite de ces points d'eau villageois.

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4.1. Les sources d'approvisionnement en eau

Les sources d'approvisionnement en eau du village sont constituées de deux forages, deux barrages construits par Boubou Hama dans les années 1960, une mare quasiment comblée par les dépôts dus aux écoulements hydriques et éoliens et quelques puisards creusés dans le lit de la vallée qui longe le village et dans les fonds des barrages après leur tarissement.

4.1.1. La situation spatiale des points d'eau

Le village de Fonéko ne dispose pas de point d'eau moderne en son sein, les populations doivent parcourir une certaine distance pour leur approvisionnement en eau. Ainsi, elles parcourent environ 300 mètres pour atteindre leur premier point d'eau (le petit barrage), environ 400 mètres pour l'eau dans la vallée et au niveau des puisards pendant la saison sèche. Cette distance à parcourir est de 1 kilomètre pour le grand barrage, pour les forages ces populations parcourent 4 kilomètres, 8 kilomètres allé et retour. C'est pour dire que la situation des points d'eau par rapport au village ne facilite pas l'accès des populations à l'eau. Ceci bouleverse la vie socio-économique du village car tout le monde investit son temps dans la recherche de l'eau. Cette situation est illustrée par la carte n°2.

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Fig 4. La distribution spatiale des ponts d'eau villageois

4.1.2. Les mares

Ce sont les deux barrages (grand et petit) et la mare de Salam. Ces points d'eau de surface assurent pendant une bonne partie de l'année (du début de l'hivernage à janvier) la satisfaction des besoins en eau du village. Qu'il s'agisse des besoins pour les activités ménagères, l'abreuvage des animaux ou ceux liés à la construction des maisons. Ceci témoigne de leur forte sollicitation. Les eaux des mares sont utilisées par 95% par des personnes interrogées.

4.1.2.1. La mare de Salam47

La mare de Salam est située au sud-ouest du village. C'était dans le temps une grande mare qui assurait la satisfaction des besoins en eau des populations et le cheptel du village. C'était d'ailleurs autour d'elle que le village était organisé avant d'être transféré à son site actuel en 1939. Aujourd'hui elle est presque comblée sous l'effet de l'ensablement. Ses eaux ne durent que quelques mois, généralement trois mois et sont uniquement utilisées pour l'abreuvage des animaux et la fabrication des briques en

47 Mare légendaire, dont Boubou Hama faisait allusion dans ses écrits. Cette mare était dans le temps la principale source d'eau pour le village.

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banco. La briqueterie se développe aussi dans les fonds des mares après leur tarissement.

Photo 2. La mare de Salam Source : notre enquête

4.1.2.2. Le grand barrage (grande mare)

C'est la première mare artificielle creusée par Boubou Hama en 1965, pour répondre au problème de l'eau dans le village. Elle se situe à un kilomètre au sud du village. Dès lors, elle assure la satisfaction des besoins en eau du village. C'est pourquoi, elle est clôturée en matériau durable afin d'empêcher l'accès directe aux animaux. Du fait de sa profondeur (environ deux mètres de profondeur), sa grande capacité de rétention, ses eaux durent un peu plus que les autres mares. Mais selon les dires des populations rencontrées dans le village, elle est menacée par l'ensablement dû essentiellement à l'érosion hydrique. Les eaux de cette mare sont impropres à la consommation humaine car c'est non seulement un système hydrique isolé pendant plusieurs mois c'est-à-dire stagnant mais aussi les règles d'accès ne sont plus respectées par les villageois. Cette situation est due au fait que les clôtures de cette retenue d'eau ne tiennent plus, du coup les animaux s'abreuvent directement dans les mares avec tout ce qu'il y a comme urines et déchets. Par ailleurs les populations aussi bien que conscientes du danger que cela peut entrainer, font leurs baignades, lessives, vaisselles etc. dans ses eaux. La durée moyenne de rétention d'eau au niveau de ces barrages est de 3 à 4 mois.

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Photo 3. Une femme s'approvisionnant en eau au niveau de la grande mare et en arrière plan on voit des chèvres qui s'abreuvent

Source : notre enquête

4.1.2.3. Le petit barrage (petite mare)

C'est la seconde mare artificielle construit en 1968, toujours par Boubou Hama dans une perspective de combattre le problème de l'eau dans le village. Elle se situe au sud à environ 300 mètres du village. Sa proximité par rapport au village fait qu'elle est plus fréquentée que la grande mare située à un kilomètre du village. Ses eaux durent moins que celles de la grande mare, sa profondeur n'est pas très importante (moins de deux mètres). Elle est aussi menacée par le phénomène d'ensablement du à l'érosion hydrique, mais moins accentué qu'au niveau de la grande mare.

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Photo 4. Un troupeau de vaches s'abreuvant dans le petit barrage Source : notre enquête

4.1.3. La rivière

La rivière est située à environ 400 mètres du village. L'eau de la rivière est surtout consommée pendant la saison des pluies. Les populations y creusent des puisards dans son fond après son assèchement. Mais avant toute consommation, l'eau de la rivière tout comme celle des mares sont d'abord purifiées à l'aide des techniques traditionnelles de purification telles que le filtre, nous en parlerons plus loin de ces mécanismes de purification. Les eaux de cette rivière sont utilisées par 86% des personnes interrogées.

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Photo 5. Vue de la kori en saison sèche

4.1.4. Les puisards

Ils sont construits par les populations dans le lit mineur du principal kori appelé Gorou Bera (grande rivière en sonraï), qui longe le village et dans les fonds des deux mares après leur assèchement. Leurs profondeurs varient selon les périodes de l'année. Généralement un à deux mètres, les puisettes en caoutchouc sont les plus utilisées. Du fait de leur faible profondeur, les eaux de ces puisards sont exposées à des risques de pollution diverses. Tout comme les mares, ils sont utilisés par 90% des personnes interrogées du fait de leur proximité et de l'éloignement des forages.

Photo 6. Une femme s'approvisionnant en eau au niveau d'un puisard creusé dans le fond d'une mare tarie.

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4.1.5. L'utilité des points d'eau de surface pour les populations de Fonéko

Les points d'eau de surface sont très importants dans la vie des populations rurales, du fait de l'insuffisance et ou de l'éloignement des points d'eau modernes. Ils permettent ainsi de satisfaire les besoins en eau de ces populations. A Fonéko, ces points de surface organisent en quelque sorte la vie du village car assurant la satisfaction des besoins en eau de ces populations pendant une bonne partie de l'année (saison des pluies à janvier). Ils sont localisés non loin du village contrairement aux forages, ce qui justifie d'ailleurs leur forte utilisation. C'est pourquoi, le calvaire commence pour ces villageois quand ces mares tarissent parce qu'ils vont s'orienter vers les forages situés à environ 4 kilomètres du village.

4.1.6. Le puits cimenté

C'est le premier point d'eau moderne du village. Il est foncé dans les années 1960, par Boubou Hama après plusieurs tentatives de fonçage dans le village. Ce puits est creusé dans le bassin d'un kori appelé Arboudjé48 à 15 km du village au sud en allant vers Téra. C'est là que les populations du village s'approvisionnaient en eau potable jusque dans les années 1977, avant la construction des forages à Diblo.49 Aujourd'hui, ce puits est essentiellement utilisé par les populations nomades (peul et bella50), situées à ses environs. Selon les témoignages du chef de village, quand ils étaient jeunes, ils consacraient une journée entière pour puiser de l'eau au niveau de ce puits. Et comme la distance est longue pour celui qui est à pieds, la moitié de l'eau prise dans les récipients est consommée en cours de route. C'est dire que le problème de l'eau n'est pas récent dans ce village et c'est d'ailleurs pourquoi le feu Boubou Hama avait fait de la question de l'eau sa préoccupation majeure. C'est ce qui justifie tous les efforts consentis dans ce domaine.

4.1.7. Les forages

Après plusieurs échecs de fonçage de forages à l'intérieur et aux environs immédiats du village par Boubou Hama et par l'Etat, du fait de la présence du socle au niveau du village, les forages sont construits hors du village. En effet, dans les régions de socle l'infiltration est très limitée, elle est limitée au niveau des failles, des fractures de la roche. C'est pourquoi lors du fonçage des puits cimentés ou des forages les géophysiciens cherchent les endroits des fractures. C'est finalement à Kabébangou 51

48 C'est un kori puissant qui envahit la route n°5 (Téra-Yatakala), lors des fortes pluies et les usagers sont obligés d'attendre des heures.

49 Village avoisinant, situé à environ quatre km de Fonéko.

50 Nom local donné aux touaregs.

51 Vallée situé au nord-ouest à 3,5 km du village de Fonéko.

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furent construits les forages qui doivent alimenter le village de Fonéko. Ils sont au nombre de deux pour une population de près de 800 habitants, à cette population il faut ajouter le bétail du village ce qui rend difficile l'accès à l'eau aux différents usagers.

Leur profondeur atteint 110 mètres environs. Ces forages sont construits
respectivement en 2006 et en 2007 par l'ONG Goy Ga Zaâda52 et la fondation Zayed53. Les coûts de leur réalisation avoisinent chacun un peu plus de 20 millions de FCFA. Après le tarissement des mares, ils seront les seuls points du village. Ce qui est à l'origine de leur surexploitation qui peut aboutir à la diminution considérable des eaux contenues dans les réservoirs de la nappe phréatique voire l'arrêt de l'alimentation comme c'est le cas pour les puits cimentés. La surexploitation peut entrainer aussi des tensions voire des conflits autours des ces points d'eau. En ce qui concerne la construction de ces forages, la population a contribué à hauteur de 20.000 FCFA par forage comme contribution forfaitaire à cela il faut ajouter la main d'oeuvre locale.

Photo 7. Des usagers au niveau de l'un des deux forages Source : notre enquête

4.1.8. Les points d'eau non opérationnels

Ils sont constitués de deux puits cimentés et deux forages. Les puits sont situés non loin du village et sont construits l'un en 1962 et l'autre en 1964, par Boubou Hama. Ces puits ont ainsi assuré le besoin en eau potable des populations jusqu'aux années 1990,

52« Goy Ga Zaâda » en sonraï veut dire « Travailler pour prospérer », c'est une ONG locale basée à Téra, oeuvrant depuis 2005, dans un processus de réalisation et d'accompagnement d'infrastructures rurales communautaires dans le domaine de l'approvisionnement en eau, du désenclavement du territoire d'aménagement des bas-fonds dans les communes de Téra, Bankilaré et Gorouol.

53 Fondation Zayed, projet intitulé « Système Intégré d'Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural au Niger »

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date de leur tarissement. Ce tarissement est dû au fait qu'ils ne sont plus alimentés par la nappe phréatique. Les forages quant à eux sont situés à environ un km au sud du village juste à côté du grand barrage, et sont construits par l'Etat en 1989, malheureusement ils n'ont fonctionné que pendant trois années faute d'alimentation de la nappe phréatique. Cette situation est très fréquente en région de socle, car l'infiltration est faible et est limitée seulement aux endroits où la roche dure a subi des fissures et/ou des fractures. Ainsi, les points d'eau modernes construits sur ces fissures et fractures ont généralement un débit faible et les réserves d'eau emmagasinées dans les alvéoles de la roche peuvent s'épuiser facilement.

Photo 8 forages non opérationnels Photo 9 puits cimentés non

opérationnels

Source :notre enquête

4.1.9. Les dangers de pollution des points d'eau de surface

Les points d'eau de surface de Fonéko présentent de risques de pollution. C'est des eaux stagnantes dans lesquelles les animaux pénètrent donc certitude d'uriner et de faire des déjections. Cela dégrade davantage la qualité de ces eaux. Quant aux populations, certaines satisfont leurs besoins (lavage corporel, lessive, vaisselle etc.) dans ces mares en dépit des risques de pollution des eaux. Les eaux de ces points d'eau de surface sont troubles surtout vers leur tarissement. Mais, malgré l'évidence de ces risques de pollution, les populations consomment les eaux de ces mares. La consommation de ces eaux est justifiée par les populations par l'éloignement des forages.

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Photo 10. Des vaches dans une mare, danger de pollution de l'eau Source : notre enquête

4.2. Les modes de gestion institutionnelle et économique des points d'eau à Fonéko

Comme prévu dans les textes réglementaires en matière de gestion de l'eau à l'échelle nationale, au niveau des villages disposant d'un ou des PEM, un comité de gestion est chargé de la gestion institutionnelle et économique (la vente de l'eau) des PEM.

4.2.1. Le mode de gestion institutionnelle de l'eau

L'hydraulique villageoise est également concernée par les mutations qui affectent la gestion publique de l'eau. La gestion des infrastructures hydrauliques était entièrement une affaire de l'Etat à travers ses structures techniques d'appui jusqu'en 1990. La gestion défaillante de l'Etat et surtout le contexte démocratique, la décentralisation ont conduit à une redéfinition du rôle de l'Etat. La loi sur la décentralisation impose à l'Etat du Niger le désengagement dans le secteur de l'eau et la responsabilisation des populations dans la gestion des infrastructures hydrauliques. Le décret n°97/368/8RN/MHE du 02 octobre 1997, déterminant les modalités d'application de l'ordonnance n°93-014 du 02 mars 1993 portant régime de l'eau, règlemente la gestion des points d'eau modernes et précise à son article 37 : « les points d'eau publics appartiennent aux collectivités territoriales où ils sont situés et font l'objet d'attribution en gestion aux communautés bénéficiaires qui doivent assurer la gestion et l'entretien ». A cet effet, les dites communautés sont représentées par des comités de gestion dont les membres sont élus en leur sein par l'assemblée générale ou par un particulier désigné par la dite assemblée. La gestion déléguée est aussi prévue par les textes en vigueur54, il

54 Ordonnance n°93-014du 2 mars 1993, portant régime de l'eau, modifié par la loi n°98-041 du 7 décembre 1998.

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s'agit en l'occurrence de concéder la gestion des ouvrages hydrauliques à des acteurs privés, moyennant des redevances. Ce mode de gestion a tendance aujourd'hui à se diffuser, notamment en ce qui concerne les mini-adductions d'eau potable (mini-AEP)55. Le code de l'eau du Niger adopté en 2010 définit les missions et les responsabilités des institutions locales en matière de l'eau. En effet, l'article 26 responsabilise les collectivités territoriales dans la gestion durable de l'eau avec la participation effective de tous les acteurs concernés. Les domaines de compétence transférés par l'Etat aux collectivités territoriales sont déterminés par la loi. L'article 27 du même code quant à lui détermine la création des Unités de Gestion des Eaux (UGE) pour servir de cadre physique pour la gestion et la planification des ressources en eau sur le territoire de la République du Niger. La Commission de Gestion de l'Eau regroupe ainsi des représentants de l'Etat et des Collectivités Territoriales, des groupes socioprofessionnels concernés par la gestion des ressources en eau. Les attributions, la composition, l'organisation et les modalités de fonctionnement des Commissions de Gestion de l'Eau sont fixées par voie réglementaire. L'article 39 de ce même code de l'eau du Niger stipule que tout comité de gestion d'un point d'eau public est crée par assemblée générale de la communauté bénéficière. L'assemblée générale approuve au préalable les statuts et règlement intérieur du comité.

4.2.2. La gestion des barrages

Au niveau des barrages, il n'y a pas une structure institutionnalisée chargée de leur gestion. Ces barrages appartiennent à tout le village et pour y accéder il faut simplement respecter les modes d'accès. Ces modes d'accès sont : interdiction de satisfaire directement les humains (se laver, faire la lessive, la vaisselle) dans les eaux, il est aussi formellement interdit d'abreuver ses animaux directement dans le eaux. A leur construction, elles sont gérées par un gardien délégué par le chef du village pour empêcher l'accès des animaux et la satisfaction directe de certains besoins humains. C'est pourquoi, dès leur construction des séances de sensibilisation étaient effectuées à l'endroit des populations. En effet, pour pérenniser et bien gérer ces ressources, les populations ont songé à les clôturer par les murs en banco. Désormais, les animaux ne peuvent pas pénétrer à l'intérieur de ces eaux. Mais aujourd'hui, on constate que la gestion des mares est complètement défaillante, les clôtures sont en partie dégradées, ce qui permet aux animaux de pénétrer tranquillement dans les eaux de ces mares et pire certains habitants du village se lavent, font la lessive, la vaisselle dans ces eaux, ce qui augmente les sources de pollution.

55 Mahaman Tidjani Alou, 2005

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4.2.3. La gestion des forages

Pour la gestion des forages, comme prévu par les textes en la matière, un comité de gestion a été mis en place depuis mars 2006 (date de la construction du premier forage) à la suite d'une assemblée générale organisée au niveau du village. L'assemblée a regroupé les chefs de ménages du village, le chef du village, les élus locaux au titre du village, le maire de Téra, le directeur départemental de l'hydraulique de Téra, le chef du CSI du village.

4.2.4. Le comité de gestion villageois des forages

Le comité de gestion des forages de Fonéko est crée le 21 mars 2006 à la suite d'une assemblée générale villageoise. Il est constitué d'un président, d'un secrétaire général, d'un trésorier, d'un agent chargé de l'hygiène et assainissement formé par des agents de santé (il est chargé de sensibiliser les populations sur les pratiques d'hygiène que ça soit au niveau des points, du transport et au stockage de l'eau dans les concessions), d'un gardien et de deux commissaires aux comptes. Le bureau est renouvelable chaque trois mois. Le comité ainsi mis en place sera appuyé par les agents techniques du service départemental de l'hydraulique de Téra en ce qui concerne la maintenance des forages. Pour le dépannage, des artisans réparateurs sont formés et basés à Téra. Ainsi, en cas de panne des pompes, le comité fait immédiatement appel à eux.

Photo 11. Le gardien des forages devant sa hutte Source : notre enquête

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4.2.5. Le mode d'accès aux points d'eau

Les modes d'accès aux forages sont déterminés par les statuts et règlements du comité de gestion des forages. Les critères fondamentaux pour accéder aux points d'eau sont les suivants : tout habitant du village et des hameaux qui sont rattachés au village à un droit d'usage. Du fait de l'imbrication de l'hydraulique villageoise et pastorale (c'est-à-dire l'utilisation commune des mêmes points d'eau par les populations et les animaux), un calendrier d'accès aux forages a été établi pour les populations et le bétail par le comité de gestion. Ainsi, le temps qui va de minuit à neuf heures du matin est réservé pour l'abreuvage du bétail. De neuf heures du matin jusqu'à la fin de la journée est réservé à l'approvisionnement des populations. Il faudrait aussi respecter un certain nombre des principes d'hygiène pour rentrer dans la clôture des forages. Ainsi, il est formellement interdit d'y entrer avec ses chaussures sous peine d'être amandé. En cas de violation, l'usager est amandé à 100 FCFA avec la confiscation des chaussures. Le respect du calendrier d'accès aux forages semble difficile pour les usagers notamment les éleveurs à cause de la période qui leur est consacré surtout pendant la saison froide. Ainsi, l'abreuvage du bétail se fait pendant le temps réservé aux populations non éleveurs, ce qui rend l'accès à l'eau plus difficile pour ces populations et peut créer des tensions entre usagers.

4.2.6. L'usage de l'eau

Comme partout ailleurs, l'eau est utilisée tout d'abord pour la satisfaction des besoins humains fondamentaux (boisson, préparation des repas, lessive, lavage, vaisselle etc.) même si cette satisfaction est problématique à Fonéko. Elle est aussi utilisée pour l'abreuvage du bétail et la construction des maisons. Il convient de signaler qu'il n'ya pas de cour d'eau pouvant favoriser les cultures de contre-saison. Les points d'eau existants ne suffisent pas pour les besoins humains et animaux. Ainsi, toutes les personnes interrogées utilisent l'eau pour la satisfaction de leurs besoins humains, 85% pour l'abreuvage du bétail, 75% pour la construction des maisons en banco et 5% de ces personnes enquêtées prennent l'eau pour vendre. Mais ce dernier usage à savoir la vente de l'eau n'est pas développé car les ménages ruraux n'ont pas les moyens pour payer l'eau à un prix élevé. Par ailleurs, la moitié des ménages interrogés utilisent moins de 100 litres pour tous leurs besoins humains et animaux par jour, 13% consomment entre 100 et 200 litres, 13% entre 200 et 300 litres. La proportion des personnes qui consomment plus de 500 litres n'est que de 3%. A travers ces chiffres on peut dire que les ménages qui consomment moins de 100 litres sont des ménages moyens qui ont peu ou pas d'animaux à abreuver.

4.3. Le mode de gestion économique des points d'eau

La gestion économique des points d'eau implique la vente de l'eau au niveau de ces points d'eau. La vente de l'eau en milieu rural nigérien a été instituée pour constituer une caisse pour la maintenance des points d'eau.

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4.3.1. La vente de l'eau

Seule l'eau des forages fait l'objet de vente. Le bidon de 20 et 25 litres coûte cinq francs (5 FCFA) au niveau des forages. Du fait de la situation économique et financière des ménages villageois, une facture forfaitaire a été fixée à 200 FCFA par mois soit 1000 FCFA par ménage en cinq mois en raison de douze bidons de 20 litres par jour. Le comité considère que les forages ne sont pleinement utilisés que pendant cinq mois de l'année, c'est-à-dire après le tarissement des mares. Pour l'abreuvage du bétail les tarifs sont fixés comme suit : pour les petits ruminants (moutons, chèvres, ânes etc.), le propriétaire paye 25 FCFA par tête et par an et pour le gros bétail (vaches, chameaux et.), c'est 250 FCFA par tête et par an. Il convient de signaler que les tarifs appliqués aux différents usagers sont relatifs à l'échelle du village. En ce qui concerne les vendeurs de l'eau dans le village nous avons pu enquêter trois, ils sont une vingtaine de charretiers, ils vendent le bidon de 20 litres à 50 FCFA et celui de 25 litres à 75 FCFA. La charrette prend 12 bidons de 20 litres et le charretier peut gagner en moyenne 900 FCFA par jour, ce qui fait 27.000 FCFA par mois si le charretier travaille tout les jours. Cette somme bien qu'en deçà du revenu du nigérien moyen qui est de 40 000 FCFA, leur permet au moins de répondre à certains besoins courants. Mais, il est difficile pour ce charretier de faire plusieurs tours de charrettes au niveau des forages. Un charretier fait généralement un seul tour par jour à cause des longues files d'attente. C'est une activité qui n'est pas développée à cause d'une part des difficultés liées à la recherche de l'eau et d'autre part du niveau économique des ménages villageois de pouvoir acheter l'eau chère.

4.3.2. Les recettes du comité de gestion

Les recettes du comité sont l'argent des factures d'eau recouvré auprès des ménages du village. Ces recettes varient d'une année à l'autre et dépendent du temps d'utilisation des forages, car les forages sont moins utilisés lorsque les mares contiennent de l'eau. Toutefois, ces recettes atteignent généralement 50.000 à 70.000 FCFA en cinq mois de pleine utilisation, En 2010 le comité a recouvré jusqu'à 100.000 FCFA. Cet argent servira tout d'abord pour la maintenance les forages, dix pourcent (10%) sont utilisés pour payer le gardien et le reste est déposé dans un compte d'épargne ouvert au niveau de la caisse crédit Mamar de Téra.

4.4. La recherche et le transport de l'eau

La recherche et le transport de l'eau impliquent plusieurs acteurs selon qu'on est au niveau des mares ou des forages.

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4.4.1. Les matériels de prise de l'eau

Jusqu'à une date récente le canari était le principal récipient dans lequel les femmes rurales prenaient l'eau au niveau de leur point d'eau. Aujourd'hui, d'autres récipients ont vu le jour, c'est le cas des bidons jaunes de 20 litres. Ces nouveaux récipients paraissent plus durables et pratiques pour le transport sur les charrettes. C'est justement pourquoi la totalité des personnes enquêtées les utilisent au niveau des forages. Les seaux en plastique qui ont aussi remplacé ceux en métal, sont utilisés généralement par les femmes au niveau des mares, rivières et puisards. La totalité des personnes interrogées utilisent les bidons jaunes de 20 ou de 25 litres, 83,3% utilisent des seaux surtout au niveau des mares et des puisards et seulement une personne y utilise le canari car pour eux, la canari parait incommode pour le transport de l'eau pour plusieurs raisons. C'est un matériel très fragile et surtout aujourd'hui que le transport de l'eau est assuré par les charrettes or les canaris ne sont pas commodes pour ce mode de transport. C'est pourquoi elle est surtout affectée pour le stockage de l'eau de consommation à l'intérieur des concessions.

4.4.2. La corvée de l'eau

Contrairement à beaucoup de localités du Niger et même du Sahel où la corvée de l'eau est assurée essentiellement par les femmes et les jeunes filles, à Fonéko, les hommes et les jeunes garçons sont aussi impliqués dans la recherche et le transport de l'eau. Ainsi, pendant la période d'utilisation des eaux des mares et des puisards qui ne sont pas très loin du village, les femmes et les enfants s'occupent de la recherche et du transport de l'eau. Au niveau des forages, les hommes et les jeunes garçons sont plus impliqués que les femmes dans la recherche de l'eau à cause de l'éloignement de ces points d'eau, la pénibilité de la recherche de l'eau au niveau des forages surtout de l'utilisation des charrettes. C'est seulement les femmes des environs de ces forages (hameaux environnants) et rarement les femmes du village qui y viennent. En effet, selon les résultats des notre enquête, le transport de l'eau au niveau des forages est assuré à 100% par les hommes du village à 98,3% par les jeunes garçons et seulement à 3,3% par les femmes. Cela veut dire que la totalité des personnes interrogées ont dit que le transport de l'eau au niveau des forages est assuré par les hommes, 98,3% disent aussi que les jeunes garçons en moyenne 15 à 20 ans sont impliqués dans ce transport. Seulement 3,3% de femmes sont concernées par le transport de l'eau au niveau des forages.

4.4.3. Le transport de l'eau

L'essentiel du transport de l'eau au niveau des forages se fait sur des charrettes. On dénombre une soixantaine de charrettes qui ravitaillent le village en eau. Certains usagers utilisent parfois des motos, des vélos et mêmes des ânes pour les populations bella. Au niveau des mares et des puisards, les femmes transportent leurs seaux (seaux

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en fer et en plastique) d'eau sur leurs têtes. En effet, le tableau ci-dessous montre la forte prédominance de la charrette et la tête dans le transport de l'eau. Ainsi, 50,5% des personnes interrogées utilisent la charrette pour leur transport de l'eau, 43,1% utilisent leur têtes pour ce transport. Certains utilisent des mots, vélos et dos d'âne. Il est nécessaire de signaler que la charrette (asine et bovine) joue un rôle très important dans la vie des sociétés rurales. A Fonéko, elle assure l'essentiel du transport de l'eau du forage au village. Ceux qui ne possèdent pas de charrette, profitent généralement de la solidarité de ceux qui en ont. Le nombre de citations dans ce tableau ci-dessous dépasse largement la taille de l'échantillon parce que l'usager peut utiliser plusieurs modes de transport. Il peut s'approvisionner en eau aujourd'hui sur une charrette et demain sur sa tête ou un autre mode de transport.

Fig 5. Mode de transport de l'eau au niveau des points d'eau Source : notre enquête

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Photo 12. quelques types de transport de l'eau Source : notre enquête

4.5. Les problèmes liés à la gestion des points d'eau villageois

En général, qu'elle ait été assurée par l'Etat ou par les communautés villageoises, la gestion des points d'eau modernes s'est avérée le plus souvent défaillante. Cette gestion n'a guère réussi à créer les conditions d'une gestion durable des ouvrages hydrauliques d'où l'intervention croissante sur ce terrain de nouveaux acteurs privés par le biais de la gestion déléguée56. Mais à Fonéko, on n'en est pas encore là, le comité de gestion fonctionne bien en ce qui concerne la gestion financière. Toutefois, il y a des problèmes au niveau du respect des statuts et règlements du comité de gestion. Parmi ces problèmes liés à la gestion, figure en premier lieu le non respect par certains usagers des règles d'accès au niveau des forages, c'est-à-dire le respect des statuts et règlements). En effet, pour les éleveurs, il est difficile de respecter les horaires d'abreuvage prévus par le comité de gestion surtout pendant la saison froide à cause du froid. Ce qui, du coup, crée une situation de bousculade et de tension autour des points d'eau entre les différents usagers. Ainsi, donc on assiste à une situation de dérèglement des principes d'accès aux forages. Les usagers consacrent de ce fait énormément de temps au niveaux de ces forages. Ces mêmes éleveurs refusent souvent de communiquer l'effectif exact de leurs troupeaux, ce qui fait un manque à gagner pour la caisse du comité. D'une manière générale selon le gardien des forages, il est souvent difficile de recouvrer l'argent auprès des ménages pour des raisons financières. Le non respect du mode l'accès au niveau des mares par les populations est un problème majeur. Au niveau des

56 Mahaman Tidjani Alou, 2005.

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forages, un manque d'hygiène dans l'environnement immédiat de ces points d'eau malgré l'existence d'un agent chargé la question de l'assainissement. A tout cela, il faut ajouter de la dégradation des superstructures, particulièrement les murs qui paraissent mal fait dès au début.

Vue l'état des ressources hydriques disponibles pour le village, on se rend compte qu'un véritable problème en eau se pose dans le village. C'est un village sans point d'eau moderne en son sein. Les populations consomment ainsi les eaux de surface et parcourent plusieurs kilomètres pour atteindre les points d`eau modernes. Cette situation induit des impacts socio-économiques préjudiciables pour le développement du village. C'est pourquoi il est urgent d'entreprendre des initiatives visant à rendre l'eau plus accessible aux populations.

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Chapitre 5 : les impacts socio-économiques liés à la situation de l'eau

Ce dernier chapitre traite des conséquences engendrées par les difficultés liées à la recherche de l'eau dans le village. Tout d'abord nous allons aborder les conséquences liées à la consommation de l'eau non potable sur la santé des populations. Ensuite, les activités socio-économiques menacées par le problème d'eau seront identifiées. Et enfin, nous allons estimer les contraintes majeures liées à l'accès à l'eau dans le village.

5.1. Impacts sur la santé des populations

La consommation de l'eau non salubre est à la base d'une manière ou d'une autre de beaucoup de maladies.

5.1.1. La qualité des eaux de consommation

En Afrique subsaharienne particulièrement au Sahel une grande partie des populations surtout en milieu rural consomme directement des eaux de surface qui sont à leur portée immédiate. Au Niger, près de 45% des populations des zones rurales disposent de l'eau potable et environ 20% des décès d'enfants âgés de moins de cinq ans sont imputables à des maladies d'origine hydrique57. A Fonéko, les sources d'eau de consommation sont diverses. Ainsi, la qualité de l'eau est liée au type de point d'eau. En effet, l'eau est de bonne qualité au niveau des forages a affirmé le directeur départemental de l'hydraulique de Téra. Les autres points d'eau qui sont composés des mares, puisards et l'eau de la vallée pendant l'hivernage sont impropres à la consommation humaine à cause de leur état chimique (eau trouble et très chargée en matériaux en suspension surtout vers l'assèchement des mares). Les eaux des mares sont stagnantes et les populations comme les animaux y pénètrent directement et cela peut entrainer des pollutions diverses (pollution organique, bactériologique). Et malheureusement à cause de leur accès plus facile que les eaux des forages, les populations consomment ces eaux impropres et contractent des maladies. En effet, 95% des personnes interrogées consomment l'eau des mares au moment où celles-ci y contiennent de l'eau, 90% et 86,7% des enquêtés consomment aussi respectivement les eaux des puisards et de la vallée pendant la saison des pluies. La consommation exclusive des eaux des forages n'intervient qu'après le tarissement des mares. La forte consommation des eaux des mares est à l'origine des maladies hydriques même si par ailleurs ces eaux subissent des traitements traditionnels de purification.

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57 www.unicef.org/french/bycountry/niger_44789.htm

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Fig 6. Taux de fréquentation des sources d'eau du village Source : notre enquête

5.1.1.1. Les techniques de purification des eaux de surface utilisées à Fonéko

En milieu rural, les populations qui n'ont pas un accès immédiat aux points d'eau potable, utilisent un certain nombre de méthodes pour purifier les eaux de surface afin de pouvoir les consommer. A Fonéko, avant toute consommation des eaux de surface, les femmes utilisent des techniques de purification de l'eau. Ces techniques sont : l'utilisation du sulfate d'alumine localement appelé « Lalin » pour le traitement chimique et les mécanismes filtrants pour séparer l'eau des matériaux en suspension et dans une moindre mesure des micros organismes (bactéries, virus, etc.). En effet, un morceau de sulfate d'alumine permet quand il est agité pendant quelques instants dans l'eau de rendre cette dernière claire en déposant les particules en suspension au fond du récipient qui la contient. Mais sa forte teneur rend le goût de l'eau aigre, non agréable à boire. Le filtre quant à lui est un morceau de tissu avec lequel on enferme le récipient et on verse l'eau par dessus pour pouvoir séparer l'eau des particules en suspension. C'est une méthode efficace qui est surtout vulgarisée pendant les campagnes contre le ver de guinée. La technique de filtrage de l'eau est l'une des armes utilisées pour la lutte contre le ver de guinée.

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5.1.1.2. Les maladies d'origine hydrique

Les maladies liées aux eaux stagnantes qu'on rencontre au Sahel en général et au Niger en particulier sont très nombreux. On peut citer par exemple la dracunculose (le ver de guinée), le cholera, la bilharziose, etc. A Fonéko, on rencontre la majorité de ces maladies hydriques. Le ver de guinée avant son éradication dans le village il y a un peu plus d'une décennie, chaque année la contamination était presque totale dans le village. Selon le témoignage d'une personne interrogée il y avait eu une année où même un chien avait contracté le ver de guinée. A travers notre enquête, 90% de l'échantillon ont répondu qu'ils connaissent des personnes qui ont souffert des maladies causées par l'eau.

Ainsi, les maladies les plus citées par les personnes interrogées sont la bilharziose 48,3%, qui est l'une des affections parasitaires majeures qui touche le continent africain, on la retrouve au niveau des fleuves, et retenus d'eau stagnantes. Le vecteur de cette maladie est un ver vivant dans le système sanguin de l'hôte, les larves développés dans l'eau pénètrent ainsi dans la peau d'une personne en contact avec l'eau58. La bilharziose peut entrainer des troubles du foie, des intestins et de la vessie.

Le ver de guinée ou dracunculose, ver d'Afrique ou encore filariose de Médine (42%), est dû à un ver appelé le dracunculus médinensis vivant dans les eaux stagnantes. Les méthodes traditionnelles de traitement couramment utilisées consistent à enrouler le ver sur un bâton et l'extraire ainsi de la peau de la malade. C'est un processus lent et dure pendant plusieurs jours voire des semaines. Il existe des médicaments pour traiter la dracunculose, nous avons ainsi le thiabendazole, le métronidazole, le mébendazole. En 1986, on a enregistré 3,5 millions de cas dans le monde contre 25 000 en 2006. Au Niger, des vastes programmes ont été déployés depuis 1991, lorsque les autorités sanitaires ont constaté sa forte prévalence (environ 33 000 cas dans 1700 villages). Actuellement le taux d'éradication de la maladie est 99,99%.59

Les maux de ventre, selon les résultats de notre enquête (40%) de personnes interrogées ont senti des maux de tête après avoir consommé l'eau des mares.

Les dermatoses (1,7%), sont dues au contact entre la peau et les eaux troubles contenant des particules qui peuvent mettre la personne à gratter son corps.

Les effets urinaires ( 31,70%) sont dues à la consommation des eaux insalubres provoquant des brûlures dans l'urètre pendant la miction (au moment ou la personne malade urine ou après la miction. Ces brûlures sont généralement accentuées à l'extrémité du pénis ou sur l'ensemble de l'urètre. Ces effets urinaires fonctionnent aussi par vague avec des périodes de calme et des épisodes très douloureux. Les jets

58 Hassane Issoufou Djamila, 2006.

59 http://www.afrique.avenir.org/2010/08/31/des résultats -« probants-»-sont-enregistrés-au-niger-dans-le-cadre-de-l'eraducation-du-ver-de-guinée

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d'urine sont alors plus faibles qu'à la normale et il faut parfois faire un effort conscient pour pouvoir uriner et ou sortir les dernières gouttes d'urine. Dans certains cas extrêmes, ces symptômes peuvent aboutir à une rétention d'urine.

Les infections urinaires (5%), elles sont dues par la colonisation de l'urètre par des bactéries avec la consommation des eaux insalubres. L'absence de traitement peut mener à des complications sévères. Elles peuvent se soigner par des antibiotiques.

Le cholera (26,70%), il est une toxi-infection entérique, épidémique et contagieuse. Il est dû à la bactérie vibrio cholerae ou bacille virgule. Il se caractérise par des diarrhées brutales et très abondantes. C'est une maladie qui tue facilement en l'absence de traitement dans les quelques heures ou jours. Il a une épidémie récurrente, pour l'éviter, il faut une éducation sanitaire c'est-à-dire d'hygiène et d'assainissement.

La conjonctivite (3,30%), elle est due souvent à un manque d'hygiène (milieu insalubre). La conjonctivite bactérienne peut être provoquée par différents germes (staphilococcus, streptococcus, haemophilius). Elle se caractérise par des secrétions purulentes, inflammation de l'oeil et peut se traiter par antibiothérapie locale. Ces maladies sont généralement observées en saison sèche et en début de saison des pluies. La saison sèche coïncide avec une période pendant laquelle les eaux sont troubles avec l'assèchement des mares. Le début de l'hivernage quant à lui se caractérise par le transport et le dépôt des matériaux divers nuisibles pour la santé dans les fonds des mares. Sur la figure, on constate que le total des pourcentages des différentes maladies dépasse le cent pour cent du fait qu'une même personne peut contracter plusieurs maladies.

Fig 7. Les types de maladies hydriques identifiées auprès de certaines personnes d'après les personnes interrogées

Source : notre enquête

71

La moitié des enquêtés soit 50% ont répondu qu'ils ont personnellement souffert des maladies hydriques. Parmi ces maladies les plus fréquentes sont le ver de guinée (23,3%), la bilharziose (15%) et les effets urinaires (10%) par contre le cholera et la conjonctivite sont les moins fréquentes. Comme l'illustre la figure suivante (figure.6)

Fig 8. Les types de maladies hydriques dont ont été atteintes certaines personnes interrogées

Source : notre enquête

Toutes ces maladies sont imputables à la consommation des eaux non potables. Lors de nos entretiens avec les personnes ressources ou les agents techniques nous nous sommes adressés à l'infirmier du village qui à confirmé l'existence de ces maladies hydriques sauf le ver de guinée qui a été éradiqué dans la localité depuis quelques années. Nous avons voulu avoir le registre des maladies hydriques identifiées au CSI, mais il n'est pas à jour et même s'il l'est ne peut pas refléter toute la réalité du fait de la mentalité des populations rurales et le manque des moyens financiers. En effet, en milieu rural et même en ville, il est difficile qu'on se présente dans un centre de santé par exemple pour des maux de ventre ou même d'autres maladies plus dangereuses. Ainsi, seule la moitié des personnes interrogées a répondu qu'elle se présente au niveau du centre de santé intégré du village. Ces malades sont soit soignés sur place ou orientés à Téra. Il nous a été impossible d'avoir le coût des soins.

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5.1.1.3. Dates de contraction des maladies

Du fait des imprécisions dans les dates données par les enquêtés, nous avons décidé d'établir des échelles pour pouvoir caller les années de contraction des maladies. Nous avons établi donc les échelles suivantes : de moins de 10 ans, de 10 ans à moins de 20 ans et en fin de 20 ans et plus. Ainsi, 26,7% des maladies sont contractées il y a 20 ans ou plus, 25% il ya moins de 10 ans et seulement 11,7% il ya 10 ans ou plus. C'est dire que l'existence des maladies hydriques ne date pas d'aujourd'hui et ça présente une menace réelle pour les populations même si le ver de guinée est quant à lui éradiqué il ya quelques années (un peu plus de dix ans) selon le chef de village.

Année contraction des maladies

Nombre des citations

Fréquence en %

Moins de 10 ans

15

39,5

De 10 moins de 20

ans

7

18,4

De 20 ans et plus

16

42,1

Total

38

100

 

Tab 2. Années de contraction des maladies

Source : notre enquête

5.1.1.4. La fréquence des maladies

Les populations qui consomment les eaux stagnantes, notamment celles des mares, contractent les maladies surtout pendant le début de l'hivernage avec les toutes premières pluies qui peuvent mobiliser, transporter et déposer des micros organismes et ou autres matériaux nuisibles se trouvant dans les bassins des vallées, dans les fonds des mares. En effet, 47,5% des personnes interrogées affirment que ces maladies sont contractées au début de l'hivernage. Elles sont plus fréquentes pendant la saison sèche 52,5%. La saison sèche correspond à un moment où les eaux de surface s'amenuisent et deviennent très chargées ou même polluées sous l'effet de la forte utilisation et de certaines pratiques qui dégradent davantage la qualité des eaux.

5.2. Impacts sur les activités socio- économiques

Les difficultés liées à l'accès à l'eau induisent des conséquences socio-économiques sur les populations du village. Ainsi la quasi-totalité des personnes interrogées n'arrivent-

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elles pas à satisfaire leurs besoins fondamentaux. Ce tableau met en exergue les impacts du déficit de l'eau sur les principales activités socio-économiques du village de Fonéko. En effet, 63,6% des personnes interrogées ont dit que leurs besoins humains fondamentaux ne sont pas satisfaits, 26,1% pour la non satisfaction de l'abreuvage des animaux et 10,2% pour les activités socio-économiques en général.

Conséquences du déficit de l'eau

Nombre des

citations

Fréquence en %

Non satisfaction des besoins humains

56

63,7

Non satisfaction de
l'abreuvage

23

26,1

Blocage des activités socio-
économiques en général

9

10,2

Total

88

100

 

Tableau 3 : conséquences du déficit de l'eau dans le village Source : notre enquête

5.2.1. Impacts sur la quantité d'eau consommée par des ménages et la satisfaction des besoins humains fondamentaux

Au Sahel, chaque personne ne dispose en moyenne que seulement dix à vingt litres d'eau pour la satisfaction de tous ses besoins contrairement aux populations des certaines régions (Amérique du Nord, Europe, Japon). Cette situation peut être liée à l'insuffisance des points d'eau, la distance qui sépare les points d'eau et les ménages, le coût de l'eau, etc. Ce déficit en eau dans cette région (Sahel) entraine des impacts négatifs sur la vie socio-économique des populations. Selon les résultats de notre enquête 92% des enquêtés n'ont pas la quantité nécessaire pour satisfaire les différents besoins liés à l'eau d'une manière générale. Ce qui montre une fois encore l'existence réelle du manque d'eau dans ce village, du coup c'est toute la vie socio- économique qui est menacée.

74

A Fonéko, l'insuffisance des points d'eau, la disponibilité de l'eau dans le temps, la distance à parcourir font que les populations n'ont pas la quantité nécessaire pour faire face à leurs besoins en eau. En effet, 12,18% des personnes interrogées prennent moins de 100 litres, 25,89% de 100 à 200 litres, 8,38% de 400 à 500 litres, et 10,91% de 500 litres et plus. Il faut noter que la consommation des fortes quantités d'eau de certains ménages peut s'expliquer par l'abreuvage des animaux.

Fig 9. La satisfaction en termes de quantité Source : notre enquête

5.2.1.2. Des besoins humains fondamentaux non satisfaits

Les besoins humains fondamentaux liés à l'eau sont les quantités nécessaires pour la boisson, le lavage du corps, la vaisselle, la cuisine, le lavage des habits, la construction des maisons etc. La satisfaction de ces besoins est nécessaire pour qu'une personne puisse vivre décemment et surtout pour pouvoir éviter un certain nombre des maladies dues notamment à l'insatisfaction de l'un ou de ces besoins. A Fonéko, les quantités d'eau nécessaires à la satisfaction de ces besoins sont loin d'être atteintes, ainsi, 63,3% des personnes interrogées ont suggéré que leurs besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, ce qui se traduit par une réduction de l'hygiène corporel, vestimentaire et même l'hygiène dans les concessions. Selon les témoignages des certaines personnes rencontrées dans le village, il est très fréquent de voir dans le village des ménages passer des nuits sans diner à cause du manque d'eau pour préparer les repas, ou de faire plusieurs jours sans se laver le corps à plus forte raison les habits. Tout ceci montre que la question de l'eau est le principal mal dont souffrent les populations de Fonéko.

75

5.2.1.3. Estimation des besoins en eau des ménages

Pour avoir les besoins en eau, nous avons demandé aux populations la quantité d'eau qu'elles consomment par jour et par ménage et la quantité nécessaire pour la satisfaction des besoins. On constate que les populations n'ont pas cette quantité indispensable pour répondre à leurs besoins. Le tableau ci-dessus donne cette estimation des quantités d'eau nécessaires pour la satisfaction des besoins des ménages. Ainsi, 3,3% seulement des personnes interrogées ont besoin de moins de 100 litres, 20% de 100 à 200 litres, 4% de 200 à 300 litres, 20% de 500 à 600 litres, 6% de 600 à 700 litres et 8% de ces personnes interrogées ont besoin de 700 litres et plus. Les ménages qui ont un fort besoin en eau sont ceux qui ont des animaux domestiques.

Quantité nécessaire

Nombres citations

Fréquence en %

Moins de 100 litres

2

3,3

De 100 à moins de 200
litres

12

20

De 200 à moins de 300
litres

4

6,7

De 300 à moins de 400
litres

12

20

De 400 à moins de 500
litres

12

20

De 500 à moins de 600
litres

4

6,7

De 600 à moins de 700
litres

6

10

De 700 litres et plus

8

13,3

Total

60

100

 

Tableau 4. Quantité d'eau nécessaire par jour et par ménage

5.2.2. Un élevage mis en épreuve

L'élevage est la seconde activité économique du village après l'agriculture bien qu'il soit menacé ou même bloqué par le problème d'eau. Selon les personnes rencontrées le problème d'eau est le principal facteur limitant de l'essor de l'activité à l'échelle du

76

village. En effet, 38,3% des personnes interrogées ont suggéré que l'abreuvage des animaux n'est pas satisfait et 11,7% ont dit carrément que l'activité est bloquée par le problème d'eau. C'est d'ailleurs pourquoi beaucoup des gens ne s'adonnent pas à l'élevage surtout en ce qui concerne le gros bétail.

Le manque d'eau touche aussi les activités agricoles à plusieurs niveaux. En effet, le village ne dispose pas de cours d'eau qui peut être exploitée dans le cadre des cultures de contre saison, même si ces cultures paraissent indispensables dans le combat légendaire pour l'autosuffisance alimentaire. Dans ce village aussi, du fait que l'essentiel du transport de l'eau des ménages soit assuré par les charrettes, 11,7% des personnes interrogées affirment que la réquisition des charrettes pour la recherche de l'eau leur empêche d'apporter du fumier dans leurs champs, or ces fumiers sont importants pour accroitre la productivité surtout avec cette dégradation continue des sols.

5.2.3. La problématique de la construction des maisons

Le problème de l'eau touche toutes les activités socio-économiques sans exception dans ce village. Il joue fortement sur la construction des maisons. En effet, dans le village, au fur et à mesure que les mares tarissent, il n'est pas possible de construire ou de parachever une construction déjà entamée pour faute de l'eau. Il faut parfois plusieurs saisons de pluies pour construire une maison. Les maisons inachevées sont ainsi très fréquentes dans le village. Ainsi, 45% des personnes enquêtées ont signalé que le problème l'eau bloque la construction des maisons comme l'illustre l'image suivante. Pour une personne interrogée cette situation bloque le développement du parc de l'habitat.

Photo 13. Construction inachevée à cause du problème de l'eau située dans l'enceinte de l'école

Source : notre enquête

77

5.3. Les contraintes liées à la corvée de eau

Les contraintes liées à l'approvisionnement en eau sont multiples et interviennent à plusieurs niveaux. Dans certaines régions d'Afrique subsaharienne, il faut parcourir plusieurs kilomètres pour s'approvisionner en eau. Ainsi, la distance habitat-point d'eau et le temps mis habitat-point d'eau, la charge transportée sont les principales souffrances endurées par les populations pour s'approvisionner en eau.

5.3.1. Les tensions autour des points d'eau

Les tensions sur les ressources en eau ne cessent de s'accroître à travers le monde, il faudrait aujourd'hui desservir dix fois plus de consommateurs qu'il y a deux siècles.60 Ces tensions sont dues très souvent à l'insuffisance de ces ressources, de la diversité des usagers et surtout leur non respect de la file d'attente. C'est le cas à Fonéko où ces ressources sont déjà insuffisantes avec une forte utilisation par des acteurs souvent divergents, ce qui engendre des tensions entre usagers. En effet, 85% des personnes interrogées ont reconnu l'existence des tensions autour des forages. Mais généralement elles ont lieu entre les enfants et leur fréquence est régulière pour certains et négligeable pour d'autres. Le mode de règlement est généralement l'intervention du gardien pour moraliser les usagers en querelle. L'amande ne sera appliquée qu'en cas de persistance des querelles et elle est fixée à 100 FCFA par usager. Ainsi, parmi les personnes enquêtées seuls 8,3% ont reconnu des cas d'amande infligée à des usagers.

Les conflits autour des forages ne sont pas aussi fréquents que les tensions, seuls 10% de enquêtés ont confirmé l'existence des conflits. Les modes de résolution demeurent toujours l'intervention du gardien pour moraliser les usagers en conflit puis l'amande interviendra en cas de persistance. Ainsi, parmi les six cas de conflits identifiés, il ya eu 3,3% d'amande contre 6,7% de réconciliation par le gardien. Pour les conflits majeurs le comité de gestion n'a jamais fait face, mais a déjà prévu des dispositifs de règlement. Ainsi en cas de ce genre de conflit, comme par exemple l'utilisation d'une arme blanche, l'intéressé est traduit par le gardien au niveau du comité puis au chef de village selon son ampleur, en cas de persistance l'affaire sera traduite à la mairie et enfin à la justice en présence du président du comité, du chef de village, du maire, des élus locaux au titre du village et du directeur départemental de l'hydraulique.

5.3.2. La distance parcourue pour la recherche de l'eau

La distance à parcourir est l'une des principales difficultés à l'accès à l'eau potable dans les pays pauvres. Certaines populations au Sahel doivent parcourir en moyenne six kilomètres pour s'approvisionner en eau salubre au point le plus proche. Au Niger, les

60 Programme des Nations-Unies pour le Développement Humain, 2006.

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textes réglementaires en matière d'hydraulique prévoient que chaque personne doit avoir un point d'eau situé à 200 mètres de sa concession, et que tout village même non administratif de 250 habitants, doit disposer d'un point d'eau moderne. Mais la réalité est tout autre. L'OMS aussi considère 200 mètres comme distance raisonnable qui doit séparer une personne du point d'eau. A Fonéko, les populations parcourent 300 mètres pour atteindre la mare la plus proche, un kilomètre pour le deuxième mare et près de quatre kilomètres pour les forages soit 20 fois que les normes requises. Cette situation donne respectivement en terme de distance à parcourir un peu moins d'un kilomètre pour le point d'eau le plus poche, deux kilomètres pour la deuxième point d'eau et huit kilomètres environ pour les forages. En effet, 30% de personnes interrogées trouvent que la distance à parcourir est une difficulté majeure pour les populations à s'approvisionner en eau potable et 98,3% disent qu'elles consomment l'eau des mares à cause d'une part de l'éloignement des forages et de la perte de temps d'autre part. Cet état de fait amène les populations à abandonner d'autres activités toutes aussi fondamentales pour consacrer la quasi-totalité de leur temps à la recherche de l'eau.

5.3.3. Le temps consacré à la recherche de l'eau

Les normes raisonnables en matière de temps à consacrer pour la recherche de l'eau est de l'ordre de 30 minutes, dépassé ce temps l'usager n'a pas accès à l'eau. A Fonéko pour s'approvisionner en eau, on consacre assez du temps et cela à deux niveaux. Au niveau du trajet et au niveau de l'attente une fois aux forages. Au niveau du trajet à cause de l'état sablonneux de la piste, les usagers peuvent consacrer une à deux heures surtout ceux qui sont à pieds. Une fois arrivé au niveau des forages, l'usager peut consacrer plusieurs autres heures (trois heures au minimum) voire une journée entière à cause de l'insuffisance des points d'eau pour une population de près de 800 habitants (INS, 2006) à laquelle il faut ajouter le bétail du village. Ainsi 81,7% de personnes interrogées ont reconnu qu'elles consacrent assez de temps pour la recherche de l'eau. Cette situation est exacerbée après le tarissement des mares qui est généralement observé dès le mois de janvier. Ainsi, une seule des personnes interrogées consacre moins de 5 heures pour la recherche de l'eau, tout le reste consacre plus de 5 heurs ou très souvent une journée entière. A travers le tableau ci-dessous on se rend compte que la recherche de l'eau au niveau des forages est un véritable calvaire pour les populations, ce qui d'ailleurs les amène à consommer les eaux des mares. En effet, 98,3% des personnes interrogées ont dit qu'elles consomment l'eau des mares à cause de l'éloignement des forages. Pour la recherche, seul 2% des enquêtés consacrent moins de 5 heures aux forages alors que 34% y consacrent de 10 à 15 heures, 40% consacrent de 10 à 15 heures et 24% consacrent de 15 heures ou plus. Le temps moyen consacré aux forages est de 2,86 heures. Cette situation amène les populations à passer toute leur journée à la recherche de l'eau, au détriment des autres activités.

79

Temps de la recherche de l'eau

Nombre
des

citations

Fréquence en %

Moins 5 heures

1

2

De 5 à moins de 10
heures

17

34

De 10 à moins de 15
heures

20

40

De 15 heures et plus

12

24

Total

50

100

 

Tab 5. Temps consacré à la recherche de l'eau au niveau des forages

Photo 14. Usagers en attente aux forages Source : notre enquête

5.3.4. La question des moyens de transport

Le transport est aussi un élément très important pour l'accès à l'eau dans les zones rurales. A Fonéko, l'eau est prise dans des bidons de 20 et 25 litres, le transport est

80

essentiellement assuré par les charrettes du village. C'est pourquoi avoir une charrette est nécessaire non seulement pour le transport de l'eau mais aussi pour d'autres activités quotidiennes telles que l'apport du fumier dans les champs. Ainsi le ravitaillement du village est-il assuré par une soixantaine de charrettes. Selon notre enquête, 13% de personnes interrogées disent qu'elles consomment les eaux non potables parce qu'elles n'ont pas de moyens de transport pour aller prendre de l'eau au niveau des forages.

5.3.5. Le coût de l'eau

Le coût de l'eau est aussi l'un des facteurs limitant de l'accès à l'eau potable aux populations pauvres que ça soit dans les villes ou dans les campagnes. Les populations rurales et celles pauvres en général, paient l'eau plus cher. Dans l'arrêté n°0007/MEH/LCD/CAB/ du 25 01 06 portant tarif d'eau aux Bornes Fontaines, les prix de l'eau sont fixés comme suit : le tonneau de 200 litres coûte 50 FCFA, le bidon et le sceau de 20 litres à 5 FCFA. Le bidon de 20 litres est ainsi vendu en ville par les vendeurs d'eau (garoua) à 25 à 30 FCFA voire 35 FCFA en certains endroits en fonction de la distance parcourue par rapport à la borne fontaine. A Fonéko, le bidon de 20 litres coûte 5 FCFA au forage donc le même prix qu'en ville, les populations trouvent d'ailleurs raisonnable ce prix par contre elles trouvent cher et même inaccessible l'eau qu'elles achètent à 50 FCFA le bidon de 20 litres et 75 FCFA celui de 25 litres au niveau des charretiers dans le village. C'est pourquoi Généralement cette eau est achetée par les fonctionnaires et commerçants qui ont les moyens financiers, et rarement les populations ordinaires qui n'achètent qu'un ou deux bidons.

5.3.6. La disponibilité de l'eau dans le temps et dans l'espace

A Fonéko le problème d'eau est « légendaire » néanmoins, l'ampleur n'est pas la même durant toute l'année, comme le montrent les deux cartes ci-dessus (n°3 et n°4). En effet, pendant la saison des pluies, quand les mares contiennent de l'eau, le problème d'eau est moins senti car les populations se contentent de ces eaux. La période cruciale pour elles débute après le tarissement des mares généralement à partir de janvier et atteindra son pic pendant la saison sèche chaude (mars, avril et mai). Pendant cette période, populations et bétails affluent vers les forges. Ce qui est à l'origine des bousculades entre usagers et la perte de temps au niveau de ces points d'eau. Les résultats de nos enquêtes illustrent fort bien cet état de fait. Ainsi, 76,7% des personnes enquêtées ont dit que le problème de l'eau est plus accentué en saison sèche, 11,7% en cas de panne et 11,7% aussi vers la fin de saison sèche.

81

Période cruciale du problème d'eau

Nombre des citations

Fréquenc e en %

Saison sèche

46

70,8

En cas de panne

7

10,8

Après le tarissement des

mares

5

7,7

Fin saison sèche

7

10,8

Total

65

100

 

Tab 6. Période cruciale de la question de l'eau à Fonéko

la carte n°3 nous permet de savoir les flux des populations vers des points d'eau villageois. En effet, ces flux sont faibles vers les forages de la saison des pluies jusqu'à vers janvier. La raison fondamentale est l'éloignement de ces points d'eau mais surtout la disponibilité de l'eau non loin du village. Les flux sont par contre très importants vers les points d'eau de surface. Cette tendance se renverse à partir de l'assèchement de ces points d'eau de surface.

82

Fig 10. Flux des populations au niveau des points d'eau avant le tarissement des mares

La carte n°4 montre et explique les grands flux des populations vers les forages à partir du début de la saison sèche. A partir de cette période (saison sèche) les forages sont les principales sources d'approvisionnement en eau des populations. On note aussi la fréquentation des puits creusés dans les fonds des mares et le kori.

83

Fig 11. Flux des populations au niveau des points d'eau après le tarissement des mares

La question de l'eau est la principale préoccupation des populations de Fonéko Tedjo. La recherche de l'eau occupe tout le temps des villageois. Cette situation les amène non seulement à abandonner les autres activités toutes aussi fondamentales mais aussi à consommer des eaux insalubres préjudiciables à la santé.

84

Recommandations et conclusion générale

85

RECOMMANDATIONS

Pour une amélioration de la situation en eau des populations de Fonéko nous formulons les recommandations suivantes :

A l'Etat et ses partenaires

· De continuer les prospections hydrogéologiques afin de pouvoir trouver des sites favorables dans le village ou ses environs immédiats pour l'implantation des points d'eau modernes pouvant réduire les souffrances des populations ;

· Construire d'autres points d'eau à vocation strictement pastorale pour relancer non seulement le développement de l'activité mais aussi empêcher la surexploitation des points d'eau déjà existants. Cela diminuera certainement les tensions autour de ces points d'eau ;

· Lutter contre l'ensablement des barrages qui assurent l'alimentation en eau des populations et du bétail pendant une bonne partie de l'année;

Aux populations de Fonéko:

· Une bonne gestion des barrages s'avère indispensable. Cette gestion passe non seulement par l'interdiction aux animaux de pénétrer dans les mares mais aussi l'interdiction des populations de satisfaire certains besoins (lessive, vaisselle, baignade etc.) dans les mares.

· Réhabiliter les clôtures des barrages afin d'éviter l'entrée des animaux dans les eaux qui est une source de pollution;

· Traiter les eaux de surface avant toute boisson afin de limiter les risques sanitaires ;

· Aux agents de santé du village : sensibiliser les populations en matière d'hygiène et d'assainissement surtout concernant la consommation des eaux des mares ;

· Et enfin, encourager les populations à consommer l'eau des forages considérée comme potable et cela à tout prix, car comme disait l'autre : « la santé n'a pas de prix, elle a un coût ».

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CONCLUSION

La question de l'accès à l'eau pour tous est devenue une préoccupation internationale à la quelle s'interrogent et participent les institutions financières internationales, les grands opérateurs privés internationaux, les organisations non gouvernementales et les pouvoirs publics. Aujourd'hui, il faut desservir dix fois plus de consommateurs qu'il ya deux siècles.61 Cette situation est plus accentuée dans les pays pauvres, notamment au Sahel où l'eau potable est l'une des préoccupations essentielles non seulement pour les dirigeants mais aussi pour les populations. Au Niger, depuis l'indépendance, plusieurs programmes et reformes ont concerné le secteur de l'eau ce qui a permis de parvenir à un certain résultat. Mais, aujourd'hui encore plus que jamais l'eau potable figure parmi les principales préoccupations des gouvernants en termes d'accès aux services sociaux de base pour les populations. En effet, pour un besoin de 47000 points d'eau modernes il n'existe que 31000 points d'eau modernes soit un taux de couverture de 62%.62 Ces chiffres ne tiennent pas compte de 35% à 40% des points d'eau modernes estimés non fonctionnels en milieu rural ainsi que des fortes disparités inter et intra régionales. Les populations notamment celles des zones rurales sont ainsi condamnées à consommer les eaux de surface constituées pendant la saison des pluies malgré l'évidence des dangers majeurs des maladies hydriques. Pour leur approvisionnement en eau potable une partie non négligeable de ces populations rurales parcourent plusieurs kilomètres en consacrant souvent des journées entières. Pour illustrer cet état de faits, le village de Fonéko Tedjo en est un bon exemple. En effet, le village ne dispose pas de points d'eau modernes en son sein pour des conditions géologiques (présence du socle). Les populations consomment pendant une bonne partie de l'année (début saison de pluies à février) les eaux des mares et plus tard se tournent vers des forages situés à environ quatre kilomètres du village. Cette situation est à l'origine d'un certain nombre des maladies hydriques et le blocage des certaines activités socio-économiques du village. Ce qui justifie les hypothèses posées dans ce travail. Ainsi, la première hypothèse selon laquelle les difficultés en matière d'accès à eau tout comme la variation de la disponibilité de l'eau dans le temps induisent des impacts néfastes sur le développement socio-économique du village est vérifiée car la quasi-totalité des personnes interrogées soit 91,7% ont estimé qu'elles n'ont pas la quantité d'eau nécessaire et 93,3% disent que leurs besoins fondamentaux ne sont satisfaits. Et 38,3% de ces personnes interrogées disent que l'abreuvage de leurs animaux n'est pas satisfaits, pour d'autres (11,7%) c'est l'activité pastorale en entier qui est bloquée. Et enfin, la deuxième hypothèse selon laquelle la mauvaise répartition des sources d'approvisionnement en eau du village limite l'accès à l'eau potable aux populations, ce qui les amène à consommer de l'eau de qualité médiocre voire mauvaise susceptible d'engendrer des

61 www.pseau.org

62 Allocution du Ministre de l'eau du Niger, le 22 mars 2010, http// :www.afrique.org/.../l'acces-a-l'eau-potable-reste-encore-un-defi-au-niger

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maladies d'origine hydrique est aussi vérifiée. En effet, 98,3% des personnes interrogées ont affirmé qu'elles consomment l'eau des mares parce que les forages sont loin du village. Et 90% de ces personnes disent qu'elles connaissent des personnes qui ont souffert des maladies hydriques et le 50% des personnes interrogées ont personnellement souffert de ces maladies hydriques.

88

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES GENERAUX

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MEMOIRES

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38. MOUSSA M. (2009). Problématique de la gestion des points pastoraux et leurs impacts socio-économiques et environnementaux : cas du terroir pastoral de

Dembouten dans la commune urbaine de Tchintabaraden (région de Tahoua). Mémoire de maitrise géographie, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université Abdou Moumouni de Niamey. P 51+ annexes

39. MOUSSA M. (2006). Problématique de la gestion décentralisée de la muni AEP de la commune de Dirkou (Niger). Mémoire de DEA, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université Abdou Moumouni de Niamey. P74

DOCUMENTS DE PRESSE

40. Le Sahel N°7643. Programme Spécial du Président de la république, (2008). Bilan des réalisations de 2001 à octobre 2008, Niamey. P14

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WEBLIOGRAPHIE

1. Water-bridge-initiative.org. Consulter le 02/02/2009

2.www-20minutes.fr/article/313173/monde-l-accès-a-l'eau-nouveau-defi-du21e siècle.

Consulter le 02/02/2009

3. www-le monde.fr/planete/article/2009/03/23/le forum- mondiale - de- l'eau. Consulter le 02/02/2009

4. www-mediatrre-org/eau actu Consulter le 02/02/2009

5. www-monde-diplomatique.fr/cartes/eau potable

6. www.pseau.org Consulter le 06/02/2009

7.www.afriqueavenir.org/.../l'acces-a-l'eau-potable-reste-encore-un-defi-au-niger Consulter le 12/05/2010

8. www.unicef.fr/l_unicef_l'eau-pdf Consulter le 12/05/2010

9. www.sossahel.org Consulter le 12/05/2010 10 www.btcctb.org Consulter le 22/09/2009

11. www.ins.ne ou www.stat-niger.ne Consulter le 27/05/2010

12. www.bibliotheque.refer.org/livre21/12112.pdf Consulter le 27/05/2010

Annexes

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"Tu supportes des injustices; Consoles-toi, le vrai malheur est d'en faire"   Démocrite