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L'accès à  l'eau potable et à  l'assainissement dans les quartiers précaires de Niamey: cas de Pays-bas (commune IV).

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par Hassane YOUNSA HAROUNA
Université Abdou Moumouni de Niamey Niger - Maà®trise de géographie 2011
  

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2.2 L'ACCES A L'EAU POTABLE AU QUARTIER PAYS-BAS

2.2.1 L'accès à diverses sources d'approvisionnement

C'est l'une des caractéristiques des quartiers précaires de Niamey. Recourir à plusieurs voies pour satisfaire les besoins quotidiens du ménage en eau permet à ceux-ci d'avoir de l'eau potable pour la boisson et de faire les autres tâches domestiques avec l'eau du puits. Ainsi, 25,8 % des ménages s'approvisionnent auprès des vendeurs d'eau et des puits, 16,7 % à la BF et aux puits, 14,2 % directement au forage et aux puits, 4,2 % à la BF et aux puits et enfin 0,8 % au forage et auprès des vendeurs d'eau. Ces chiffres montrent à quel point le combat pour la satisfaction des ménages est loin d'être une chose facile dans ce quartier. L'essentiel c'est d'avoir de l'eau pour satisfaire ses besoins peu importe sa provenance. Cependant, il faut noter que la plupart des ménages utilisent l'eau du puits rien que pour les tâches domestiques notamment la lessive, la vaisselle, et le bain comme le montre le tableau n°1.

Tableau n°1 : Usages de l'eau de puits

 
 
 
 

49

 
 

44

 

Utilisation eau puits

Nb. cit.

47

Fréq.

 

3

 

Léssive

2

27,4%

Vaisselle

34

24,6%

Bain

179

26,3%

Arrosage

Abreuvage des animaux

Tous les usages de l'eau

TOTAL CIT.

Source : notre enquête

1,1%

19,0%

100%

Le tableau n°1 établi en fonction des citations, montre que 27,4 % des ménages utilisent l'eau de puits pour la lessive, 24,6 % pour la vaisselle, 26,3 % pour leur bain quotidien ; 1,7 % pour l'arrosage des arbres et des fleurs ; 1,1 % pour abreuver les animaux et enfin 19 % qui font tous leurs besoins en eau avec l'eau de puits. Ces résultats reflètent l'ampleur de la pluralité des sources d'approvisionnement en eau des ménages qui semble être une règle des quartiers précaires de l'Afrique. A Bafoussam (Cameroun), certains ménages pauvres s'approvisionnent auprès des ouvrages alternatifs tels que les puits, la source ou soit directement dans les cours d'eau. Beaucoup, d'ailleurs ont déclaré même qu'ils ne s'alimentent jamais au

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robinet. Avec des familles nombreuses, un ménage pauvre ne peut couvrir des besoins en eau de tout le monde en achetant uniquement de l'eau du réseau (MPAKAM H.G, 2007). Les habitants des quartiers précaires développent les mêmes stratégies pour faire face à leurs besoins en eau en général et celle potable en particulier.

Au quartier Pays-Bas, les puits sont beaucoup utilisés du fait certainement de la gratuité du service et leur accessibilité ce qui n'est pas sans conséquence sur les quantités d'eau potable consommées par personne et par jour.

2.2.2 Les quantités d'eau potable consommées par personne et par jour

A l'image des points d'eau potable du quartier, les quantités d'eau consommées par personne sont faibles du fait de la pluralité des sources d'approvisionnement en eau.

Pour les besoins quotidiens en eau potable, l'OMS a préconisé 20 L par personne et par jour pour la boisson et les tâches d'hygiène. Au quartier Pays-bas, nos investigations révèlent qu'en moyenne la quantité d'eau potable consommée par personne et par jour est de 21 L. On peut vite conclure qu'un habitant du quartier atteint la quantité d'eau potable moyenne préconisée par l'OMS c'est-à-dire qu'il a un accès moyen à l'eau potable. Cependant, cette valeur cache de très fortes disparités au sein des ménages.

La figure n°1 montre que 15,8% des ménages consomment moins de 10 L d'eau potable par personne et par jour et 28, 3% entre 10 et 20 litres. L'utilisation des puits explique cette faiblesse des quantités d'eau potable consommées au niveau des ménages qui s'approvisionnent aux points d'eau moderne rien que pour la boisson. Cette affirmation se vérifie à travers HOWARD G. et BARTRAM J. (2003) qui estiment qu'une consommation minimale de 4,5 litres par jour et par personne est nécessaire à un adulte pour maintenir une bonne hydratation. L'auteur estime que la valeur de 20 litres n'est atteinte que si l'on tient compte de l'hygiène personnelle. La conséquence de l'utilisation de faible quantité d'eau potable est l'exposition de l'individu aux diarrhées.

C'est certainement ce qui a amené Motcho (1991) à choisir comme un des indicateurs permettant de définir les zones à risque (santé) de Niamey, la desserte en eau potable. Il explique cela par le fait que l'eau conditionne l'hygiène de la nutrition, de la vie familiale et collective car l'insuffisance d'une eau potable pour la boisson est une cause importante de la propagation des maladies diarrhéiques.

Il a été également démontré que consommer des quantités d'eau potable ont plus d'impacts positifs sur la prévention des diarrhées qu'avoir une eau de qualité et à faible quantité.

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Figure n°1 : quantité d'eau potable consommée par personne/jour (en litre)

30,00% 25,00% 20,00% 15,00% 10,00% 5,00% 0,00%

 
 

-10 10 à 20 20 à 40 30 à 40 40 à 50 50 à 60 60 et plus

Source : notre enquête

Les plus faibles quantités (moins de 10 L par personne et par jour) sont enregistrées auprès des ménages qui s'approvisionnent auprès des forages et des puits (35,5%) suivis de ceux qui s'approvisionnent auprès des bornes fontaines et aux puits (25%) et enfin ceux s'approvisionnant auprès des vendeurs d'eau et des puits (19,4%). Ceux qui s'approvisionnent exclusivement auprès des BF et des vendeurs d'eau font respectivement 11,8% et 6,3% ce qui vient encore renforcer notre affirmation selon laquelle la pluralité des sources d'approvisionnement est la cause de la faiblesse des quantités d'eau potable consommées. La pluralité en elle seule ne saurait expliquer cette situation.

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Figure n°2 : Quantité d'eau potable en fonction de la source d'approvisionnement

26%

20%

6%

12%

36%

Borne fontaine Forage/Puits Garoua/Puits BF/Puits Garoua

Source : notre enquête

En effet, certains facteurs comme la distance peuvent expliquer cette faiblesse des quantités d'eau potable consommées au sein des ménages.

Nos investigations révèlent que presque la moitié des ménages (42,1%) qui consomment moins de 10 L par personne et par jour sont situés entre 120 et 160 mètres du point d'eau moderne ; ceux situés entre 160 et 200 mètres représentent 10,5% ; ils font la même proportion que ceux qui sont situés entre 200 et 240 mètres. La distance peut avoir une influence sur les quantités d'eau potable utilisées au niveau des ménages mais il y'a une faible proportion (5,3%) de ménages situés à moins de 40 mètres qui consomment moins de 10 L d'eau potable par personne et par jour.

L'analyse en composante principale (figure n°3) montre qu'il y'a une faible corrélation entre les variables quantité d'eau potable et distance. Quand la corrélation est égale à 0, on conclut que la corrélation entre les deux variables étudiées est faible. Ici, le coefficient de corrélation est égale à +0,014 d'où une très faible corrélation. Même si la corrélation n'est pas synonyme de causalité, nous concluons que la distance à elle seule ne saurait expliquer cette faiblesse des quantités d'eau potable utilisées par les ménages.

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Figure n°3 : Corrélation entre les variables quantité eau potable et distance

Qté eau par pers/jour

11,00

Source : notre enquête

Cette faiblesse des quantités d'eau potable consommée par personne et par jour apparaît comme un dénominateur commun des quartiers précaires des villes africaines.

30,80 Distance entre ménage et srce app eau

Au Burkina Faso plus précisément à Ouagadougou, les résultats d'enquête de Kombasseré A. (2007) ont montré que la quantité moyenne d'eau potable consommée par personne et par jour est de 23,9 litres à Yamtanga. Toujours à Ouagadougou, Dos Santos Stéphanie (2006) estime que la consommation d'eau potable est moindre pour un ménage vivant en zone non lotie s'approvisionnant aux sources collectives ou auprès d'un vendeur d'eau comparativement à un autre ménage disposant du même mode d'accès à l'eau mais vivant en zone lotie.

Les quartiers précaires de Niamey à travers l'exemple de Pays-Bas, montrent que les quantités d'eau consommées par personne et par jour sont légèrement au dessus de la moyenne mais des très fortes disparités existent en fonction du type d'approvisionnement en eau potable du ménage, des distances parcourues mais certainement de plusieurs facteurs comme les problèmes liés à l'approvisionnement en eau des ménages.

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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote