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Les rites d'investiture d'un chef coutumier comme espace communicationnel chez les Lega du territoire de Shabunda en RDC

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par Junior KYANGALUKA LUMPEMPE
Université pédagogique nationale de Kinshasa RDC - Graduat 2012
  

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Section 4 : Histoire du Territoire du Shabunda((*)32)

4.1. Historique

Les Balega est un peuple de la République Démocratique du Congo. Ils parlent la langue Kilega et habitent le pays Bulega. Ils sont estimés aujourd'hui à environ deux millions dispersés à l'intérieur des frontières congolaises. Le terme Ileka ou Kilega signifie aussi la tradition, la culture et la civilisation du peuple Lega. Avec la colonisation, le Bulega a été divisé en morceaux et attribués à plusieurs provinces du Centre-Est de la République démocratique du Congo : les territoires de Pangi et Punia (Baleka-Mituku) à la province du Maniema, les territoires de Shabunda, Mwenga et la région de Luntukulu dans territoire de Walungu à la province du Sud-Kivu, le territoire de Walikale à la province du Nord-Kivu et enfin le territoire de Ubundu dans le Tshopo à la province Orientale.

Le Bulega précolonial était un vaste territoire qui constituait une Confédération à démocratie locale où les régions étaient des entités de référence. Les régions étaient des confédérations claniques unies par l'histoire et les référents identitaires sociopolitiques.

Les Lega quittent l' Ouganda au cours du XVIIe siècle pour s'installer sur la rive ouest de la rivière Lualaba((*)33).

Ils ont puisé un fort sentiment d'identité dans les conflits ethniques qui ont secoué le pays dans les années 1960 ( Crise congolaise)((*)34).

Certains Lega vivaient au Rwanda jusqu'à l' éclatement de la guerre civile en 1994((*)35).

Les renseignements recueillis auprès des Lega et les documents écrits témoignent d'un commun accord que le peuple Lega ne connaissait pas un chef suprême dans son organisation politique. Les Lega vivaient dans une société segmentaire dont le clan constituait l'unité politique. Les familles vivaient séparément tout en reconnaissant l'autorité de l'ancêtre ou chef du clan qui était pour la plupart de cas un Mwami((*)36).

Un rapport de missionnaires blancs des années 50 reprend ce qui suit « les Balega ne connaissent pas un chef suprême, unique, puissant et divinisé, mais de sortes des roitelets qui dirigent leurs clans respectifs »((*)37).

En effet, trois facteurs expliquent cette absence d'un chef suprême, unique, puissant et divinisé chez le peuple Lega :

1. La forêt dense : la présence de la forêt dans la région habitée par les lega ne permettait pas de former des grandes agglomérations ;

2. La culture Lega : de par sa culture le lega aime l'autonomie et l'indépendance. La conquête des autres peuples en vue de les dominer n'est pas dans sa culture. Un proverbe traduit ce souci d'autonomie et d'indépendance en ces termes : « Lukumbi ntingile mu lungo ».Ce qui signifie littéralement : « un tam-tam ne peut jamais entrer dans un autre ». Littérairement, cela revient à dire que tous les hommes sont égaux et chaque groupe humain est souverain et ne doit pas être englouti par un autre. Parlant de ce sentiment de liberté et d'indépendance, Benoit VERHAGEN écrit : « les Balega ont avant tout un besoin fondamental de se sentir libres. Chacun désire se libérer de toute empreinte (Contrainte ?) que quelqu'un d'autre voudrait exercer sur lui. Cela explique le processus de segmentation permanente de la société lega. Une fois marié, le fils tend à quitter son père pour se construire un village à lui à quelques mètres »((*)38).

3. Le pouvoir de la divinité « Kimbilikiti »

Kimbilikiti est respecté et craint par le peuple lega tout entier ; hommes, femmes et enfants lui sont soumis sans conditions et cela en tout temps et en toute circonstance. C'est lui le Chef suprême lega.

* (32) Encyclopédie du Congo Belge, Tome II, pp. 1254-1855.

* (33) C, DELHAISE, « Les Warega », collection des monographies, Bruxelles, 1909, P321

* (34) J. CHOQUET, « Histoire militaire du Congo » éd. Castaigne, Bruxelles, 1906, P.25

* (35) J.CHOQUET, Idem, P.26

* (36) M. MUNGANGA, « Evolution Administrative de la collectivité de Bakisi (Zone de Shabunda) », Mémoire de Licence en S.P.A, LUBUMBASHI, 1975, P.9

* (37) M. MUNGANGA, Idem, P.10

* (38) VERHAGEN, la rébellion au Congo Maniema, Tome II, 1966, p.25

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