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Les moyens d'existence des populations dans l'interzone réserve de biosphère du dja-parc national de Nki. Compatibilite ou incompatibilité avec les objectifs de conservation.

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par Claude Tatuebu Tagne
Université de Yaoundé I - Master  2012
  

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III. REACTION DES POPULATIONS FACE AUX PROJETS DE CONSEVATION.

III.1. Une population sceptique à l'égard des retombées des projets.

Les projets de conservation de l'interzone ont été conçu et mis en place sans une consultation préalable des populations locales. Certes ces projets visent une amélioration des conditions de vie de ces populations. Toutes les promesses faites à leur endroit pour l'amélioration de leurs conditions de vie les laissent indifférents. Selon eux « l'Etat veut une fois de plus nous tromper pour atteindre ses objectifs. Le parc national de Nki a été établi depuis 2005 et les populations n'ont rien en retour jusqu'à nos jours.» déclare le chef de Ngoyla village. "Imaginez qu'un matin, on arrive chez vous et qu'on vous informe que votre forêt est désormais protégée avec tout ce que cela implique. Le tout sans vous demander votre avis et sans aucune compensation de quelque forme que ce soit !" clame un agriculteur dans le bulletin Sffancommunauté (Sauvegarde de la faune et de la flore dans l'arrondissement de Ngoyla) du 15 septembre 2011. Ces populations ont des mauvais souvenirs sur les autres projets de conservation qui ont été mis en place dans leur zone. Elles pensent que les projets de conservation seront mise en oeuvre de la même manière que les autres projets de conservation (RBD, parc national de Nki et le parc national de Boumba-Bek) qui sont les pierres d'angle de l'initiative TRIDOM au Cameroun. La RBD s'est superposée aux territoires traditionnels des Baka ce qui a poussé la plupart à s'installer ailleurs. Ils ont été donc expulsés de leur forêt et ils sont mis à l'écart dans la gestion de cette forêt. Les limites orientales du parc national de Boumba-Bek ont été décidées ailleurs à l'insu des résidents et sans leurs consentements. De plus la répression faite dans leur localité est une « répression sauvage ». Les promesses faites lors de la mise en place du PNN ne sont pas encore tenues. Ils sont persécutés par les écogardes à travers les saisies abusives. « Ils confisquent nos gibiers, le seul que nous avons pour nourrir notre famille. Nous ne pouvons plus manger la viande en paix ; ils fouillent même nos marmites. Tu tues une gazelle qui détruit tes cultures, ils t'envoient en prison en disant que tu es un braconnier alors qu'ils sont des complices des

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braconniers et des opérateurs commerciaux qui trafiquent la viande de brousse. Où est donc notre bénéfice dans la conservation ? » s'indigne un habitant. Il résume la situation par une plaisanterie qu'il tient de leur ancien maire : « Toute autorité qui est affectée à Ngoyla arrive en pleurant, du fait de notre enclavement, et en repart en pleurant, regrettant de ne plus jouir des fruits du braconnage qu'ils pratiquent tous une fois installés.» Ces exemples négatifs ont portés beaucoup de populations de la zone à associer les projets de conservation à une expulsion forcée sans compensation, à l'élimination de leurs droits sur leurs territoires et à une marginalisation socio-économique. Ces populations pensent que l'amélioration de leurs conditions de vie qui est promis par les promoteurs de la conservation est un moyen utilisé pour détourner leur attention afin de confisquer leur forêt. Elles sont habitées par un esprit de révolte lorsqu'on leur parle de la conservation de cette zone.

Ces populations se plaignent surtout contre l'Etat comme nous montre le graphique ci-après :

100

E

40

Effe5ctifs

ect

50

fs

60

90

80

70

30

20

10

0

Promoteurs du projet

27

ONG Etat Exploitants

forestiers

84

87

16

Source : enquête de terrain, Août-septembre 2011. Figure N°20 : Acteurs concernés par les récriminations des populations dans l'interzone.

De ce graphique on constate que les populations se plaignent plus contre l'Etat. Selon elles c'est lui qui devait les sensibiliser et développer leur localité, mais il ne les sensibilise pas ; il ne les implique pas dans la gestion des ressources et elles n'ont pas d'alternatives. On constate ensuite que les plaintes contre les ONG comme le WWF sont également très considérables. Elles affirment que les saisies effectuées par le personnel du MINFOF sont abusives. Pour cette raison elles ont souvent de très mauvaises relations avec les agents de cet ONG. Freudenthal E. et al (op cit.) mentionne qu'au sorti du travail de terrain mené par FPP (Forest Peoples Programme) en 2010 «le WWF était encore très impopulaire auprès de la

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population locale du fait qu'il promeut l'imposition de restrictions à la chasse, à tel point que les habitants de la ville de Ngoyla refusaient de vendre des produits alimentaires au personnel du WWF». Les promoteurs des projets viennent en troisième place, les populations affirment qu'elles n'ont pas été impliquées dans la conception du projet. Les plaintes contre les exploitants forestiers sont enregistrées seulement dans les localités où l'exploitation forestière est effective : Messok, Zoulabot 2 et Nkondong 1.

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