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Approvisionnement de la ville de N'Djamena en bois-énergie. Ses influences sur le milieu naturel.

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par Man-na Djangrang
Université de Bangui - Maîtrise 2002
  

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UNIVERSITE DE BANGUI REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE Unité - Dignité - Travail

********

FACULTE DES LETTRES ET

SCIENCES HUMAINES ********* DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE

B. P : 1037

MEMOIRE DE MAITRISE DE GEOGRAPHIE

OPTION : Géographique Physique

APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE DE N'DJAMENA EN BOIS-ENERGIE : SES INFLUENCES SUR LE MILIEU NATUREL

Présenté et soutenu par : Sous la direction de :

DJANGRANG Man - na Dr. NDJENDOLE Sylvain, Maître Assistant de Géographie à l'Université de Bangui.

ANNEE ACADEMIQUE

2001-2002

Résumé

N'djamena, capitale de la République du Tchad, est située dans la zone sahélienne. De 1921 à 2000, sa population est passée de 21000 à 900000 habitants avec une densité de 128,5 habitants à l'hectare. Les conflits armés et les famines, causes des mouvements migratoires, sont responsables de son accroissement. Les difficultés d'accès aux sources d'énergies modernes obligent la population à utiliser le bois-énergie. Plus de 92,7% de ses besoins énergiques domestiques sont couverts chaque année par l'exploitation des ressources ligneuses (155 667 m3) dans un bassin d'approvisionnement de 72 900 km². Le mode de production traditionnelle et la variabilité pluviométrique interannuelle ont entrainé une régression de la couverture végétale et la dégradation d'état de surface. Les conséquences sont entre autres la disparition des ressources fauniques, la modification du micro climat et la perte de la fertilité des sols. Pour freiner ce désastre écologique, des mesures proposées vont de la modification structuro-économique d'approvisionnement à l'intégration et la vulgarisation d'autres sources d'énergie.

Mots clés : N'Djamena, énergie domestique, milieu naturel, état de surface.

Summary

N'Djamena, the capital of the Republic of Chad is situated in the sahelian zone. From 1921 to 2000 its population increased from 21000 to 900000 inhabitants with a density of 128,5 inhabitants per hectare. Armed conflicts and famine, causes of migratory movements, are responsible for its growth. Difficulties for access to the modern sources of energies compel it to use wood-energy (for fire wood). More than 92,7 percent of its domestic energy needs are met each year by the exploitation of ligneous resources (155667 m3) from a supplying basing of 72900 km². The traditional method of production and the change rainfall variability have led to the decline of vegetation and degradation of the surface area state. Consequences are among other things. The disappearance of faunal resources, the modification of micro climate and the loss of the fertility of the soils. To check this ecological disaster, proposed measured range from the structure economic modification of supply to the integration and vulgarisation of other sources of energy.

Keys words: N'Djamena, domestic energy, natural milieu, surface area state

Sommaire

RÉSUMÉ I

SUMMARY I

DÉDICACE III

REMERCIEMENTS IV

INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

PREMIERE PARTIE 8

L'ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE 8

CHAPITRE 1 : L'ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE ET LA MOBILITE DE L'ESPACE URBAIN 9

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DU MILIEU 19

DEUXIEME PARTIE 37

CHAPITRE 3 : LES BESOINS ÉNERGÉTIQUES 39

CHAPITRE 4. LES FACTEURS DE LA MUTATION DU MILIEU NATUREL DU BASSIN D'APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE 58

CHAPITRE 5 : INFLUENCES DE DÉBOISEMENT SUR LE MILIEU NATUREL ET LA CARTOGRAPHIE DES ÉTATS DE SURFACE 65

LES ENJEUX DE LA POLITIQUE FORESTIÈRE ET LES MESURES A PRENDRE 76

CHAPITRE 6 : LES ENJEUX DE LA POLITIQUE FORESTIÈRE ET LA PRODUCTION DU BOIS ÉNERGIE POUR LA VILLE DE N'DJAMENA 78

CHAPITRE 7 : LES MESURES A PRENDRE 86

CONCLUSION GÉNÉRALE 93

BIBLIOGRAPHIE 97

ANNEXE I 101

ANNEXE II 104

ANNEXE III 105

DÉDICACE

A mes enfants,

Ce travail est le fruit du courage de votre père, qu'il vous serve d'exemple et que vous pussiez faire mieux que papa.

Remerciements

L'élaboration de ce mémoire est rendue possible grâce à l'apport de plusieurs personnes dont le degré de participation de chacun relève du rôle précis qu'elle a joué dans cette circonstance combien historique dans notre vie. Leur contribution tant technique, morale et matérielle constitue pour nous une dette morale. Ainsi, avant de présenter ce mémoire aux lecteurs, qu'il nous soit permis de leur adresser toute notre gratitude.

Nos remerciements sont d'abord adressés à M. Sylvain NDJENDOLE, Enseignant chercheur, Directeur Général des Bourses, de la Formation et des Analyses Sociales qui, malgré ses lourdes charges administratives, a bien voulu accepter nous guider tout le long de l'élaboration de ce travail. Qu'il veuille accepter ici l'expression de nos reconnaissances toutes particulières.

Je remercie vivement Marcel KEMBE, Assistant de Géographie pour l'accueil bienveillant qu'il m'a réservé à chacune de mes visites et pour les conseils qu'il m'a prodigués dans mes recherches.

Je témoigne une profonde reconnaissance à M. Jean-Claude BOMBA, Marcel KOKO de leurs enseignements dispensés lors des séminaires de notre année d'étude. Je les remercie aussi d'avoir su, par la suite, continuer à me prodiguer des conseils et inculquer leur foi et leur enthousiasme.

Je remercie Pierre RANDAH, consultant à l'Environnement à la CEMAC (Communauté Economique Monétaire de l'Afrique Centrale) avec qui j'ai eu des fructueuses discussions sur le changement climatique.

Je rends également hommage à mes anciens maîtres : M. Alain BEAUVILAIN, NGARASSEM NGOLTOBO, tous, Maîtres de Conférences à l'Université de N'Djaména qui ont contribué à ma formation lorsque j'étais élève à l'Université du Tchad.

J'exprime ma gratitude à M. Babakar MATAR, ingénieur en foresterie, M. NATODJIM Maurice, bibliothécaire au Centre de documentation à l'Alliance Française de Bangui, M. AHMAT AGALA, Directeur de la Protection des forêts et de la lutte contre la désertification pour m'avoir permis l'utilisation de leurs fonds documentaires. Je remercie tout particulièrement leurs collaborateurs respectifs qui ont participé aux recueils des données climatologiques, écologiques, etc.

Je dois une reconnaissance toute spéciale à M. Guy Florent ANKOGUI MPOKO, Chef de Département de Géographie à l'Université de Bangui, Bertin OUAKANGA, maître en Géographie et Technicien en Géomatie qui m'ont aidé à la réalisation des cartes et figures illustrant cet ouvrage ainsi que Clément DJAOUSSOU et AGOLOM D. Isaac qui ont assuré la dactylographie du texte.

Je remercie également M. Paul GUEDERGUE, Ingénieur Adjoint en Travaux Publics qui m'a aidé dans certaines recherches et aussi dans les films des images lors des enquêtes de terrain.

C'est aussi l'occasion de dire toutes nos reconnaissances à M. Moussa TELET, Me Béchir MADET, Moïse VALANSA et Mme Solange KADMIEL pour leur apport financier, moral et spirituel, sans lesquels ce travail ne verra le jour.

Introduction générale

1. Contexte

Depuis plus de trois décennies, le Tchad, à l'instar des autres pays du Sahel, connaît deux contraintes majeures qui entravent son développement socio-économique. Il s'agit d'une part d'une crise conjoncturelle politique depuis les premières années de son indépendance et d'autre part d'une crise climatique quasi-permanente qui entravent le fonctionnement des activités agro-sylvo-pastorales. Ces deux contraintes, tout en déstabilisant l'organisation d'ensemble des activités de développement et des structures de l'Etat, ont occasionné d'importants mouvements de masse de la population vers des régions jugées accueillantes et plus sécurisantes : les villes et les périphéries urbaines.

Dans les années 80, les migrations (54% venus des campagnes et 34% des autres villes) (BOURDETTE, 1998) ont atteint leur niveau le plus élevé avec la grande sécheresse de 1983-1984. Dès lors, une zone de concentration1(*) est créée autour de la ville de N'Djaména qui constitue un pôle d'attraction important pour les ruraux espérant une vie meilleure. Mais la succession des sécheresses et l'inadaptation de la structure socio-économique défavorable ont eu pour conséquences d'énormes difficultés pour les paysans : déficit alimentaire et budgétaire, déséquilibre financier, etc. Ces difficultés ont engendré une concentration démographique à N'Djaména.

L'évolution de la croissance de la population est aussi marquée par le développement de la ville. Les gains périphériques sont si importants que chaque année 88,1 hectares en moyenne2(*) des terres sont gagnées sur le milieu naturel.

La concentration de la population a créé une forte demande de bois-énergie. La consommation du combustible ligneux à N'Djaména, comme énergie domestique n'est pas un choix, mais une nécessité, car sur le plan de disponibilité et coût, il reste le plus accessible. D'après les statistiques d'Energy Secteur Management Progres (ESMAP, 1993), le bois de chauffe et le charbon de bois couvrent plus de 97% des besoins énergétiques. L'Agence pour l'Energie Domestique et l'Environnement (EDE, 2001) estime ces besoins à environ 464 589,61 m3. Pour satisfaire cette forte demande d'énergie qui semble dépasser les ressources disponibles immédiates, un secteur économique s'est constitué ; il met en relation les professionnels divers et les consommateurs urbains. La pression exercée sur les « massifs forestiers » existants par les exploitants se traduit par l'existence de nombreuses poches de déforestation dans les zones péri-urbaines et de plus en plus dans les zones rurales d'exploitations. Le phénomène semble s'accélérer à cause de l'augmentation de la population pauvre en ville venue des campagnes. Pour LESTER (1998), « les questions d'environnement et de développement de la population sont extrêmement liées ». La pauvreté semble être un facteur de dégradation écologique, puisque les pauvres doivent se tourner vers des ressources naturelles fondamentales dont-ils dépendent.

En fait, la dégradation du milieu naturel du bassin d'approvisionnement de la ville en bois-énergie implique une occupation et une exploitation irrationnelle de l'espace dont certains éléments explicatifs pourraient trouver leurs fondements dans l'intrusion de l'économie dite marchande dans les systèmes de production fondamentalement traditionnels. L'exploitation des ressources naturelles à des fins d'énergie domestique n'est pas un fait récent, mais « la pression avec laquelle elle est produite aujourd'hui comme si elle était une société en liquidation » DAILY (1998), doit interpeller le monde paysan et l'Etat à une gestion des ressources ligneuses liée à la « somme des comportements individuels, mais aussi des agents économiques » (LESSOURD et al., 1994).

Le prélèvement en nombre croissant de bois-énergie sur « la forêt » par des nouveaux acteurs économiques de plus en plus nombreux et très peu organisés, constitue une menace de taille : l'épuisement du patrimoine forestier, appauvrissement des sols et par endroits dégradation de la végétation tendant vers la « désertification ». Ce qui laisse supposer une tendance vers une crise spécifique au bois-énergie dans l'avenir. Pour assurer l'approvisionnement de la population de N'Djaména en bois de chauffe et de charbons de bois dans des conditions écologiquement suffisantes, des efforts et des moyens doivent être déployés par le gouvernement. A travers les différents projets forestiers et les actions d'économies d'énergie, lancés par l'Etat, depuis quelques années, aucun signe d'inversion des tendances à la consommation de bois-énergie n'est perceptible. Ainsi, les difficultés d'approvisionnement commencent à se faire sentir.

2. Problématique

Les tendances à la dégradation écologique sont perceptibles ; les « forêts » se rétrécissent, le « désert » gagne du terrain vers le Nord et l'érosion ronge le sol. Nous espérons que seul un effort de tous, c'est-à-dire, de la population rurale et urbaine, puis de l'Etat peut arrêter la détérioration du bassin et permettre de sauvegarder cette ressource naturelle. Pour ce faire faut-il que le gouvernement puisse dégager quelques ressources pour le reboisement, ralentir la croissance démographique tant rurale qu'urbaine et mettre au point de modes de production d'énergie qui permettront de stabiliser la dégradation du milieu naturel ? A cet effet, l'objet principal de ce travail qui s'intitule « Approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie et son influence sur le milieu naturel » ambitionne d'élucider les questions suivantes.

· Si les combustibles ligneux ne doivent plus alimenter la population, par quoi seront-ils remplacés ?

· Si la consommation de bois énergie mène à l'épuisement des ressources, c'est-à-dire à la dégradation du couvert végétal, comment la population de N'Djaména pourrait-elle satisfaire ses besoins énergétiques ?

Une analyse des interactions entre ces divers éléments que sont la démographie, l'alimentation en énergie domestique de la population de N'Djaména, le climat et la dégradation de l'environnement, constitueront l'essentiel de ce travail subdivisé en trois grandes parties.

3. Plan

Dans la première partie, nous analyserons le contexte socio-politique, historique et climatique comme éléments explicatifs de la mutation du milieu naturel.

La seconde partie présente la situation énergétique du bassin d'approvisionnement, puis donne une analyse des consommations d'énergies modernes et des ressources disponibles ; ensuite, les incidences de la collecte de bois-énergie sur l'état des surfaces par des moyens cartographiques.

La dernière partie porte sur ce qu'il convient d'appeler la « crise du bois-énergie » : les mesures à prendre dans la lutte contre les abus sur les « massifs forestiers ».

4. Données et méthodologies

Pour l'étude des relations entre le climat, l'écologie forestière et le prélèvement de bois-énergie pour l'approvisionnement énergétique de la population de N'Djaména, deux types de données ont été utilisées : les données qualitatives et les données quantitatives.

a. Les données qualitatives.

Les données qualitatives sont nécessaires à la connaissance du passé écologique et climatique de notre zone d'étude et du mode de vie de la population de N'Djaména à travers les récits de ladite population et ceux des autorités administrative et politique. Ainsi nous avons pu faire le point de la situation géographique du milieu pour en relever les potentialités et les contraintes par la recherche documentaire et de terrain. Ceci a nécessité un séjour dans la zone d'approvisionnement précédé d'un certain nombre de travaux préparatoires :

· L'élaboration de deux guides d'entretien (annexe I) : l'un adressé aux producteurs - exploitants dans la zone de production de bois de chauffe et de charbon de bois ; l'autre destiné aux commerçants - vendeurs des produits ligneux en ville. En ville, les quartiers enquêtés étaient Chagoua et Dembé : deux quartiers représentatifs de la situation d'échanges commerciaux. L'un des buts qui a motivé notre choix est aussi leur situation. Le quartier Chagoua constitue un point de contact avec le monde rural et est traversé par un axe porteur d'intenses activités humaines. Quant au quartier Dembé ; il est le lieu de dépôts importants de ventes des produits ligneux.

· L'élaboration d'une cartographie du bassin d'approvisionnement à partir des images satellitales LANDSAT (mai 2001). La couverture cartographique a permis la localisation géographique des ressources forestières, l'analyse des états de surface pouvant servir de base à un suivi écologique. Le but était de déterminer dans le bassin des ensembles homogènes des formations végétales susceptibles d'avoir connu une mutation.

b. Les données quantitatives.

Les données quantitatives concernent les données climatologiques : la pluviométrie, la température, l'humidité relative de l'air, le vent, l'insolation et l'évapotranspiration potentielle, l'écologie, etc.

Ces données ont été recueillies au pas de temps mensuel et annuel à la Direction des Ressources en Eau et de la Météorologie (DREM) à N'Djaména. Il s'agit des données de la station de N'Djaména et de Bongor situés dans le bassin d'approvisionnement énergétique de N'Djaména. Même si on note des lacunes dues à l'irrégularité des mesures (suite à la guerre), les données disponibles sur plus de quatre décennies nous permettent d'analyser la situation climatique.

Les données écologiques intéressent l'inventaire forestier, la répartition des aires des domaines végétaux, le coefficient d'occupation du sol des espèces végétales, les potentialités de production, etc. Ces données écologiques ont été recueillies auprès des différents services : Agence pour l'Energie Domestique et l'Environnement (AEDE), le Ministère des Eaux et Forêts et de la Protection de l'Environnement (MEFPE).

5. Analyse des données

L'une des étapes préalables à l'analyse de ces données quantitatives est l'examen de leur fiabilité. Parmi les multiples méthodes de vérification de la fiabilité des données, nous avons adopté celle du double cumul. Cette méthode a pour but de vérifier les erreurs qui peuvent surgir dans les données soit à la mauvaise méthode d'observation (agent non qualifié), soit à la qualité des instruments ou encore à l'emplacement de ceux-ci. Dans les deux stations, les erreurs observées étaient dues non à l'exposition des appareils, ni à leur qualité, mais aux relevés par des agents de l'administration publique (station de Bongor) et les conflits politico-militaires qui ont occasionné des interruptions dans les enregistrements.

Pour les données climatologiques, les lacunes qui correspondent soit à des données manquantes, soit à des données erronées sont inférieures à 5% et donc ont été corrigées par la méthode d'interpolation linéaire.

Par contre, la plupart des données écologiques et les statistiques ont été obtenues grâce au traitement informatique des cartes et d'enquêtes de terrain.

L'étude des données climatiques au pas de temps mensuel et annuel a été faite sur une période d'observation allant de 1950 à 2000. Les résultats des analyses sont présentés sous la forme des tableaux, figures et cartes réalisés au moyen des logiciels Excel et MapInfo Professionnel 5.0 du Laboratoire de Cartographie et d'Etudes Géographiques (LACEG) du Département de Géographie de l'Université de Bangui. Ils résument les moyennes annuelles, mensuelles et journalières d'un certains nombres d'éléments climatologiques et écologiques.

6. Difficultés.

Comme tout travail de recherche, quel que soit sa nature, il est lié à un certain nombre de difficultés qui peuvent influencer positivement ou négativement la qualité du travail. Ils étaient de plusieurs ordres : socio-culturelles, matérielles et financières.

Dans le bassin d'approvisionnement, la société est fortement hiérarchisée. L'attitude de certaines personnes, pourtant mieux indiquées pour fournir des informations et qui se sont montrées circonspectes et réticentes à notre égard, ne nous a pas permis de collationner les informations et réaliser des photos comme on le voulait.

Aussi, dans une certaine mesure, nous étions considéré comme un agent forestier. Cet état de fait a rendu plus difficile la collecte des informations dans les zones de productions. Toute fois, notre présence sur le site pendant plusieurs jours a permis de les rassurer.

La plus grande difficulté est celle rencontrée lors de comptage au poste de contrôle forestier à Walia. Les agents forestiers ont refusé qu'on fasse place à côté d'eux. Mais l'intervention du Délégué régional a permis de les remettre à l'ordre deux jours plus tard.

De plus, il s'est posé le problème d'accès aux fichiers informatiques sur les images satellitaires. Nous avons pu surmonter cette difficulté grâce à l'appui de BABAKAR Matar de l'Agence pour l'Energie Domestique et l'Environnement (AEDE) qui a mis à notre disposition ; matériel informatique et la scène satellitaire LANDSAT TM acquise en 2001.

A celles là, viennent s'ajouter les difficultés financières, matérielles et notre mauvais état de santé lors de nos travaux de terrains.

Figure 1: Carte de localisation de la zone d'étude (Bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie)

PREMIERE PARTIE

L'ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE

Chapitre 1 : L'ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE ET LA MOBILITE DE L'ESPACE URBAIN

Un secteur ne peut être mieux analysé que lorsqu'on le situe dans son environnement socio-économique. Le bassin d'approvisionnement de N'Djaména situé entre la zone soudanienne au sud et le domaine saharien au Nord, couvre une superficie de 72 900 km2. Ce secteur renferme une proportion importante des migrants. Le dernier Recensement Général de la Population de 1993, dénombre 776 939 habitants, soit une densité de l'ordre de 10,6 habitants au km2. La concentration de la population dans cet environnement écologiquement fragile s'est traduite par la mutation du milieu naturel tant en zone rurale qu'urbaine. Ainsi, pour appréhender le fonctionnement du milieu physique d'une part et les rapports socio-économiques qu'entretiennent les différents acteurs avec la ville de N'Djaména d'autre part, nous sommes amené à travailler à différents stades : Le stade régional (le bassin d'approvisionnement, (figure 1) et local (la ville de N'Djaména, (figures 2 et 3)).

A. La ville de N'Djaména : une localisation préférentielle héritée de l'histoire.

1. Le cadre historique.

D'après les travaux de BOURDETTE (1998), le Tchad, avec un taux d'urbanisation de 21,4%, apparaît comme l'un des pays les moins urbanisés de la sous région d'Afrique Centrale. Son réseau urbain est composé de 44 villes de moins de 5 000 habitants et de 40 villes de plus de 5 000 habitants.

En l'absence d'une véritable politique d'urbanisation et d'aménagement du territoire, il s'en est suivi une urbanisation accélérée, anarchique, largement alimentée par l'exode rural. Ce mouvement migratoire est provoqué par l'insécurité grandissante, l'appauvrissement de la population et les sécheresses récurrentes en milieu rural.

N'Djaména3(*), la capitale, anciennement Fort-Lamy, est créée en 1900 par le commandant DESTENAVE le 22 Avril de la même année après la bataille de Kousseri qui l'avait opposé à Rabah4(*). DESTENAVE installe alors son poste de commandement face à Kousseri, au confluent du Logone et du Chari, sur l'emplacement d'anciens villages disparus. Il donne à ce poste le nom de Fort-Lamy.

Jusqu'en 1920, Fort-Lamy ne fut donc qu'une « bourgade » qui se développa peu à peu sans dépasser le cadre d'un gros village vivant de sa garnison. Erigé en commune mixte en 1920, lors de la séparation du territoire du Tchad de l'Oubangui (BOUQUET, 1982), Fort-Lamy deviendra en 1940, à l'occasion de la deuxième Guerre Mondiale, la plaque tournante de l'Afrique centrale pour les communications terrestres et aériennes des Alliés5(*).

Lors de la proclamation de la République du Tchad en 1958, puis de l'indépendance en 1960, Fort-Lamy, devint naturellement la capitale du Tchad. Elle sera rebaptisée en 1973, N'Djaména6(*) par le Président NGARTA TOMBAL BAYE.

La ville de N'Djaména est une agglomération où se mélangent toutes les ethnies, les religions et les langues. Elle comptait jadis quatre quartiers : Djambal-Ngato, Gardolé et Bololo. Pour les besoins de la guerre, on construisit tout d'abord des casernes, des logements, des dépôts, etc. Puis ce fut le début de l'exode rural et les constructions en terres s'étendirent progressivement vers le Nord. Après la guerre, les rues furent tracées et Fort-Lamy se développa dans tous les domaines et de nouveaux quartiers naquirent comme en témoigne la figure 2. Ceux à vocation administrative, commerciale, « industrielle » et d'autres résidentielles. Des magasins et des banques s'implantèrent, les rues furent bitumées, un château élevé, mais c'est surtout après l'indépendance que la ville connut un essor considérable.

2. Un croît démographique accéléré et une mobilité spatiale du bâti.

A. a. Un croît démographique accéléré.

Selon le recensement général démographique et de l'habitat de 1993, la population du Tchad était repartie de la façon suivante (tableau 1) :

Tableau 1: Répartition de la population de N'jaména selon les sexes en 1993

 

Masculin

Féminin

Total

N'Djaména (urbain)

287 030

244 525

529 555

Tchad

3 035 915

3 252 347

6 288 261

Source : BCR (1993)

Si la croissance démographique était faible au début de l'époque coloniale, la situation a évolué après l'indépendance pour aboutir aujourd'hui au doublement de la population. Les ordres de grandeur connus confirment ce constat (tableau 2 et figure 3).

Tableau 2 : Evolution de la population de N'Djaména de 1921 à nos jours

Années
Effectifs de la population en nombre d'habitants

Chiffres officiels

Estimations administratives

1921

2 100

-

1930

9 540

-

1940

12 100

-

1954

32 783

34 600

1960

90 600

-

1968

123 180

-

1975

219 436

-

1993

529 555

-

2000

-

900 000

2010

-

1 700 000

Source : BCR (1993)

Figure 2: Carte de l'évolution de l'espace bâti à N'Djaména de 1921 à nos jours

Figure 3: Courbe d'évolution de la population de la ville de N'Djamena de 1921 à 2000

D'après les chiffres du tableau n° 2, la population a été multipliée par 9,9 de 1960 à 2000. Pour cette dernière année, les habitants de N'Djaména représentent plus de 10% de la population totale. Deux facteurs expliquent ce phénomène : la baisse de la mortalité due aux meilleurs soins et les mouvements migratoires qui drainent vers la ville des jeunes ruraux. Une telle concentration a entraîné une occupation anarchique de l'espace.

B. b. Une évolution de l'espace bâti liée à la croissance de la population.

C'est surtout durant les années 50 que la ville s'est étendue vers l'Est avec la création des quartiers de Chagoua et Ridina. Proclamée capitale du Tchad, la ville a connut une réelle progression à partir de 1974 comme présenter à la figure 3 et au tableau 3 ci-après.

Tableau 3 : Évolution de l'espace bâti dans la ville de N'Djaména de 1921 à 2000

Années

Superficie (ha)

Population (estimation)

Population moy. Par ha

Extension moy.an. (ha)

1921

38,3

2 100

54,8

-

1930

144,8

9 540

65,9

11,8

1968

1 129,6

117 135

103,7

25,9

2000

7 000

900 000

128,6

183,4

Source : d'après le BCR et le Cadastre, complété par l'auteur.

Figure 4 : Chronogramme d'évolution de l'espace bâti en rapport avec la population à N'Djaména d'après les données de BCR et du Cadastre complétées par l'auteur.

Cette figure montre une nette extension spatiale de la ville après les années qui suivirent l'indépendance, malgré la première et deuxième bataille de N'Djaména de 1979 à 1980 qui ont vidé la ville de ses habitants. Ils ne revinrent que dans les années 1982-19837(*) après la prise de pouvoir par Hissen Habré qui tenta de réorganiser les affaires administratives. On assista dès lors à une extension rapide de la ville qui se développe très fortement vers l'Est (Chagoua, Dembé, Abena) et moins à l'Ouest (Farcha, Milezi). La crainte d'un nouveau conflit civil à N'Djaména est l'une des causes qui explique cette préférence d'une part, et d'autre part, le coût des loyers (3000 à 4000 F.Cfa une pièce) et le prix élevé des matériaux de construction obligèrent alors les nouveaux arrivants à s'installer dans la périphérie pour y ériger des habitats précaires. Près du tiers de la population s'installa donc à l'Est, hors de la voie de contournement dans les terrains particulièrement inondables. La ville se développa de façon spontanée et parfaitement anarchique à l'Est et de manière plus légale et plus ordonnée à l'Ouest et au Nord-Est, sous la forme de grands lotissements mis en oeuvre par la Direction de l'Urbanisme et du cadastre (figure 2).

Aussi, les bas-fonds et les risques d'inondations dues à la pluie font qu'il existe de très fortes contraintes urbanistiques (figure 5). Ainsi, le logement, la santé, l'alimentation en eau, l'enlèvement des ordures, l'électrification et même son approvisionnement en bois-énergie sont autant de problèmes qui se posent, comme le déplorait NABIA B. (1997) : «  Le manque de structures pour évacuer l'eau fait que la plupart des habitations en terre ne résistent pas à la pluie et offrent au milieu des éboulements, des eaux usées et des pistes crevassées, un spectacle pitoyable ».

L'extension de la ville, constitue en elle-même un autre type de difficultés car l'aéroport et les installations militaires qui sont situées à la périphérie, bloquent tout développement vers le Nord-Ouest.

Répartie aujourd'hui en huit arrondissements, la ville de N'Djaména tente donc de s'étendre de façon plus méthodiquement vers l'Ouest où est prévue l'implantation d'un nouveau quartier industriel (figure 5) avec en complément, les installations d'hydrocarbures, les abattoirs de Farcha, le marché de poisson de Milezi, le jardin d'essai, la pépinière et les sous produits de l'élevage.

Rappelons que la ville est située sur une plaine alluviale (294-298m). Les fortes crues du Chari qui peuvent atteindre 9 m par rapport au niveau d'étiage, sont contenues par endiguements artificiels. Aussi, les risques d'inondations en cas de crues décennales, voire centenaires (BILLON et al, 1974) subsistent, d'autant plus que les extensions de la ville se sont orientées vers des zones plus basses et, donc plus vulnérables aux inondations.

Il existe en revanche à N'Djaména des zones réservées telles que le « champ de fils » pour l'équipement de l'Office National de Postes et Télécommunication (ONPT), Télécoms, Agence de Sécurité et de la Navigation Aérienne en Afrique et Madagascar (ASECNA), France Câble, Radio Tchad, ainsi qu'une bande prévue pour les espaces verts où les populations se sont spontanément installées. Cette occupation anarchique fut à l'origine d'un ordre de déguerpissement en Août 1986. Suite à cette mesure, les constructions illégales de ces quartiers ont été rasées et il s'en est ainsi suivi plus de 3000 demandes de parcelles. Celles-ci ont été agrées grâce à l'acquisition depuis la fin de l'année 1994 d'autonomie financière de la Mairie. Depuis cette date, d'importants projets visant à orienter l'extension de la ville à l'Ouest, vers des zones plus saines, en limitant l'extension spontanée vers l'Est ont vu le jour. Parmi ces projets, on peut retenir la percée de la voirie à Chagoua, Abéna (quartiers Est) pour restructurer les communications entre les quartiers, la création des voies primaires au centre ville selon un axe Nord-Sud, pour créer un autre itinéraire, une grande voie structurale ; véritable digue destinée à protéger la ville des inondations du fleuve en même temps qu'une limite stricte au développement de l'urbanisation.

Figure 5: Carte des principaux facteurs de croissance urbaine de N'Djaména (2000)

L'implantation de la population à N'Djaména n'était pas au début guidée par un plan d'occupation. Les quelques tentatives d'organisation d'espace urbain se sont soldées par des échecs du fait d'ordre sociologique8(*). Au moment où l'administration tente de lotir des terrains à l'Ouest, les populations venant du Sud, s'implantent anarchiquement en dehors de la voie de contournement, limite stricte au développement de l'urbanisation à l'Est. Tout ceci se fait aux dépens du paysage naturel qui subit une double pression : l'une relative à l'implantation des nouveaux immigrants qui cherchent à s'abriter (gain d'espaces sur le milieu naturel), l'autre tient au fait de la croissance grandissante de la population urbaine avec son corollaire l'augmentation des besoins en énergie de bois de chauffe et ses dérivés.

La dégradation du paysage naturel n'est pas à mettre à l'actif seulement de la croissance de la population, mais tient aussi en partie des facteurs du milieu qu'il est nécessaire d'étudier.

Chapitre 2 : LES FACTEURS DU MILIEU

Le but de ce chapitre est de décrire notre zone d'étude, du point de vue milieu naturel et climatique. Plusieurs travaux y ont déjà été consacrés (PIAS, 1970, GOUDET 1961, BILLON et al., 1974, CABOT, BOUQUET 1973,..). Aussi reprendrons-nous très rapidement les principales données relatives au relief et à l'étude pédologique des sols en relation avec la végétation. Nous examinerons les caractéristiques climatiques tout en insistant sur la pluviométrie qui en zone sahélienne joue un rôle prépondérant dans l'évolution du peuplement ligneux.

A. Le milieu naturel.

1. Le relief et l'hydrographie.

Notre zone d'étude se situe dans le bassin du lac Tchad. Il est séparé du bassin du Congo par la dorsale « centrafricaine » qui constitue une ligne des partages des eaux des deux bassins (BILLON, 1974). Son relief est rigoureusement plat, mais présente une succession de dépressions inondées pendant les hautes eaux par le Logone et le Chari. Ces deux cours d'eau appartiennent au bassin hydrographique du Chari (600.000 Km2) (BOULVERT, 1996).

Le Logone, long de 1000 km, prend sa source dans les plateaux de l'Adamaoua (Cameroun). Il reçoit de part et d'autre de son cours, des eaux de la Mbéré, la Lim et de la Pendé qui grossissent son cours supérieur. Son régime est caractérisé par une crue qui débute avec le commencement de la saison des pluies (mai-juin). Le Logone connaît ses plus hautes eaux en Juillet-Août. C'est pendant cette période que la grande partie des trafics de bois et charbon de bois est réalisée par radeaux et pirogues. La décrue est régulière dès la fin de Novembre. L'étiage se situe en Mars-Avril. Pendant la plus forte crue, le Logone inonde les plaines environnantes par ses déversements qui serviront de champs de culture de décrue (béré-béré) lors des descentes des eaux et d'exploitation de bois-énergie.

Par contre le Chari, résulte de la jonction de plusieurs rivières venant de la République Centrafricaine (Gribingui, Bamingui, Bangoran), dont la plus importante est Ouham. A partir de N'Djaména, le Chari recoupe le Logone et coule en direction du Lac-Tchad. Comme le Logone, son régime y est sensiblement identique. La crue débute en Juin pour atteindre son maximum en Octobre-Novembre (2500 à plus de 4000m3/s suivant l'année considérée à N'Djaména). La décrue est régulière à partir de Novembre et l'étiage a lieu en Avril-Mai (moins de 150m3/s). Pendant la saison sèche, son défluent le Bahr-Erguig n'est qu'une succession des mares

Malgré leur courte période de navigation, le Chari et le Logone constituent à partir de N'Djaména des zones d'intenses activités de pêche. Ils permettent en outre, l'acheminement de bois de chauffe (par radeau) et charbon de bois à N'Djaména.

Sur ce relief où la pente s'incline du Sud vers le Nord, on a des sols qui présentent toutes les caractéristiques physiques chimiques et biologiques des régions sahéliennes (PIAS, 1947).

2. Les sols et les formations végétales

L'étude des sols était réalisée par PIAS (1947). La répartition et la nature de ces sols sont liées au climat, à la végétation et au modelé. D'après les travaux de MARIUC et al., (1961) et BOCQUIER (1973), les sols évoluent selon une toposéquence allant du sommet au centre de dépression. Ils constituent l'expression de la zonation du couvert végétal.

D'après les divisions phytogéographiques de GRONDARD (1964), le Tchad appartient à la région du domaine tropical subdivisé en trois sous domaines (soudanien, sahélien et désertique). Notre zone d'étude se situe dans le secteur sahélien. Les limites de ce secteur coïncident avec l'aire des épineux au Nord et l'aire des Combretum glutinosum au Sud.

PIAS (1960) en étudiant les paysages naturels du Tchad, distingue trois formations végétales dans le bassin d'approvisionnement énergétique de la ville de N'Djaména : les savanes arborées denses, les savanes arbustives et les savanes arbustives très clairsemées des sols de « naga ». Elles appartiennent à des formations sur sols sablo-argileux à argilo-sableux au groupement à Balanites aegyptiaca (Hidjelidj) parsemées de Boscia senegalensis. Ces derniers sont menacés de disparition à cause de leur importance au besoin de bois de feu.

C. a. Les sols des zones exondées : domaine de la savane arborée et arbustive.

La savane arborée couvre tout le sud du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie. Le peuplement ligneux comprend quelques arbres de taille moyenne (8 à 12 m) et surtout les arbres n'atteignant guère plus de 16m de hauteur. Il présente quelques espèces consignées dans le tableau 4. Cette savane arborée a subi ces dernières années un défrichement abusif (mise en place des champs) laissant apparaître des clairières où on voit naître la savane arbustive dans des zones inondables semi-inondables ou bas-fonds.

Tableau 4: Principaux essences inventoriées selon leur famille dans le bassin

Famille

Nom scientifique

Nom en français

Nom en arabe

Rubiacée

Migragyna inermis

-

-

Bombacées

Bombax costatum

kapokier

Toulouma (Marba)

Mimosacées

Acacia seyal

Acacia millefera

Acacia raddiana

Gommier

Gommier

Épineux

Talha

Kittir azrak

Saïal

Césalpiniacées

Tamarindus indica

Bauhinia rufescens

Tamarinier

-

Ardep

-

Combretacées

Combretum glutinosum

Guiera senegalensis

-

-

Habil

Abesh

Source : Auteur, Mogrom et Guelendeng, avril 2002

Ce tableau laisse apparaître l'importance spécifique de trois familles ; les Mimosacées, les Césalpiniacées et les Combretacées caractéristiques du domaine sahélien parmi lesquelles les familles dites Mimosacées et Combretacées sont les plus sollicitées pour les besoins en énergies domestiques et bois d'oeuvre.

Dans le bassin, subsistent en outre d'espèces soudaniennes : khaya Senegalensis-Calcedrat-(Mouraï en arabe), Anogeïssus leiocarpus-Guetch-(ddira en sarh). Ces espèces dominent nettement la strate arbustive et sont souvent regroupées autour des dépressions qui sont peut-être des « vestiges de la végétation forestière primitive » (GRONDARD, 1964). Elles servent le plus souvent à la fabrication des pirogues et comme bois d'oeuvre pour la charpente des bâtiments (DOUR-DOUR).

D. b. Les sols des zones inondables : domaine de la végétation arbustive très clairsemée et du couvert herbacé

La savane arbustive se localise à la limite nord de la savane arborée dans la zone d'étude. Elle fait la transition entre cette dernière et la pseudo-steppe. En fonction des sols qui la portent et de leur régime hydrique, la savane arbustive est, en général, formée d'une végétation basse de petits arbres ou arbustes facilement pénétrables. L'ensemble de cette végétation est formé de Tamarindus indica (Ardep), Balanites aegyptiaca (Hidjilidj), Hyphaene Thebaïca (Palmier doum) et les Acacia, accompagné de haut tapis graminéen d'androponées (Cymbopogon proximus) sollicités pour la fabrication des seccos. Dans le bassin, des formes plus basses buissonnantes existent. Elles correspondent à des anciennes jachères que nous observons au Nord de N'Djaména. Hyphaena thebaica est l'élément dominant, mais souvent associé aux Acacia scorpioïdes var adstringens (épineux).

D'une manière générale, en fonction de la topographie, on a pu déterminer quatre types de végétations :

· sur les buttes en élévation par rapport aux dépressions, s'élève la pseudo-steppe à Cymbopogon proximus sur sols sableux ;

· sur les pentes, se constitue une savane arborée à arbustive sur sable aux espèces indiquées précédemment auxquelles s'ajoutent Anogeïssus leicocarpus, Lannea humilis. Le Tapis graminéen est constitué d'Aristidées divers ;

· en bas de pente, ou trouve la végétation très clairsemée sur un sol sablo-argileux à argilo-sableux. Les espèces sont ici les suivantes : Acacia seyal, Balanites aegyptiaca, Lannea humilis, etc. Le Tapis graminéen est ras et discontinu ;

· sur les sols inondés ou proches d'inondation, on note une raréfaction d'arbres et d'arbustes, mais fréquemment ceinturés par une végétation très clairsemée caractéristique de la « naga ». Il s'agit d'une végétation qui se réduit à quelques arbres et arbustes généralement malingres et clairsemés, séparés par des grands espaces nus. Ce type de végétation ne résulte pas des facteurs climatiques, mais celui des facteurs pédologiques particuliers (PIAS, 1960). La monotonie de ce paysage est parfois interrompue par une végétation dense (galerie forestière) qui longe les cours d'eau (Chari et Logone). Les sols sont limono-argileux ou argilo-limoneux.

Le bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie bénéficie des conditions pédologiques peu favorables au développement du couvert arboré. A cela s'ajoute une pluviométrie variable très importante d'une année à une autre.

B. Le climat

Sans avoir la prétention d'étudier à fond le fonctionnement de la circulation atmosphérique, tiré des travaux de DHONNEUR (1985), JANICOT (1990) JANICOT et al., (1993), genèse de mise en place des climats, nous avons pensé rappeler seulement les mécanismes généraux qui gouvernent les précipitations dans notre zone d'étude.

1. Les mécanismes et le déroulement des climats

La circulation atmosphérique dans notre zone d'étude a une apparence simple : convergence des Alizés et mousson vers la zone de convergence intertropicale le long du Front Intertropical suivant les saisons comme présentée dans la figure 6. Pendant l'hiver boréal, l'harmattan chaud et sec, marquant la saison, descend plus au Sud du bassin d'approvisionnement, devient brumeux. Pendant cette période, le cycle végétatif des plantes est au ralenti et, c'est pendant cette période que les paysans procèdent aux défrichements culturaux puis au ramassage de bois morts et à la production de charbon de bois qui seront acheminés plus tard en ville. La tendance anticyclonique permanente qui règne sur l'atlantique sud (anticyclone de Sainte-Hélène) et la présence de la dépression continentale (dépression de Libye) oriente les déplacements de l'air de l'océan vers le continent. L'Alizé du sud-est est attiré par la dépression continentale et devient la mousson après avoir traversé l'Equateur météorologique responsable de la mise en place du Front intertropical (FIT) et déterminent en même temps les types de climats et les végétations y afférentes.

Figure 6: Principaux flux de masse d'air responsable du mécanisme pluviogène en Afrique d'après OLIVRY et al., ( 1996)

Au nord de N'Djaména, la zone connaît rarement le flux de mousson et la végétation qui s'y développe est de type steppe et brousse à épineux.

Au sud, la mousson est la plus épaisse (les principaux utilisateurs de cette humidité sont les lignes de grains9(*)). La végétation y est de type savane, plus ou moins fournie.

Ainsi en dépit des différences d'altitude relativement faible et de son étalement en latitude plus important, le bassin d'approvisionnement jouit globalement d'un climat sahélien.

2. Le climat du bassin d'approvisionnement

Le bassin est actuellement soumis en grande partie à un régime sub-aride. Les deux stations (N'Djaména et Bongor) reçoivent en moyenne des précipitations comprises entre 800 et 400mm par an. Selon la classification de AUBREVILLE (1948), leur climat est donc du type sahélien dont les caractéristiques saisonnières sont liées aux déplacements du Front Intertropical (FIT) dont on a parlé dans les pages précédentes. De Novembre à Mars, le FIT est situé très loin au Sud du bassin. L'harmattan règne et la saison sèche assez longue s'installe. A partir du mois d'Avril, le FIT commence à remonter vers le Nord. Des petites précipitations apparaissent en Mai et Juin. Le FIT atteint sa position la plus septentrionale vers le 20è parallèle en Juillet et Août. Les trois quarts environ des précipitations annuelles tombent pendant ces deux mois dans le bassin. Le recul vers le Sud du FIT entraîne la mise en place de la saison sèche qui s'installe dès la fin du mois de Septembre.

Ainsi, fonction du balancement saisonnier du FIT, les températures moyennes annuelles sont variables (24° à 32°C). Les maxima peuvent atteindre à partir du mois d'Avril 40° à 50°C. Les minima interviennent généralement en Janvier et Février. Ce qui permet de déterminer dans l'année quatre saisons thermiques. Une saison chaude, une saison relativement chaude, une saison fraîche et une autre relativement fraîche. Aussi, l'humidité relative y est faible durant une longue période de l'année sous un ensoleillement de plusieurs heures par jour.

Le bassin présente deux sous ensembles : le Sahel pastoral avec plus de 75% du cheptel bovin et caprin et le Sahel agro-pastoral où on pratique un élevage sédentaire, prédateur du milieu naturel et une agriculture pluviale traditionnelle (agriculture itinérante sur brûlis) consommatrice d'espace. Ces deux activités économiques, dépendantes de la bonne pluviosité, font que les hommes du bassin, pendant les années de sécheresse, se livrent à la coupe du bois et à la production du charbon de bois pour subvenir aux besoins essentiels de leur famille.

La répartition des pluies, dans le bassin, extrêmement variable dans le temps et dans l'espace joue un rôle déterminant dans la bonne production ligneuse. Pour mieux l'appréhender, il nous a paru nécessaire d'étudier sa répartition spatiale et la quantité moyenne qui l'accompagne.

C. Climat et variabilité pluviométrique dans le bassin d'approvisionnement

Etudier l'évolution du climat, c'est tenir compte des variations de la pluviométrie, température, vent, évapotranspiration potentielle, etc. Parmi ces éléments climatiques, la pluviométrie constitue un facteur capital qui détermine la zonation du couvert ligneux et leur évolution (MURAT, 1937). Cette étude s'inscrit dans le cadre des fluctuations des valeurs réelles de la pluviométrie autour de la moyenne qui ne sont d'ailleurs pas statiques d'une année à l'autre.

1. La répartition géographique des hauteurs de pluies.

Malgré l'interruption accidentelle (crises politico-militaire), des relevés au niveau des deux stations (N'Djaména et Bongor) sont satisfaisants. Elles permettent en tout cas d'analyser une tendance de l'évolution de la pluviométrie actuelle dans le bassin d'approvisionnement. Pour ce faire, nous utilisons le coefficient de variation qui est le rapport entre l'écart-type de la série à la moyenne de ladite série. La variation autour de la moyenne serait grande si ce coefficient est élevé.

Ces coefficients de variation sont compris entre 17 et 20%. Ils sont relativement faibles, leur répartition spatiale montre une certaine hétérogénéité à une latitude. Apparemment donc, il n'existe pas d'influences de la latitude, mais la présence de végétation qui reste un facteur discret du climat, agit sur la pluviosité par l'évapotranspiration et la convection thermique. Dans les deux cas, la pluviométrie est très variable autour de la moyenne.

En effet, l'analyse de courbe pluviométrique de Bongor (figure 7) montre une tendance à la hausse de la pluviosité moyenne à partir de la grande sécheresse de 1983-1984, alors qu'elle était à la baisse en 1950 et 1983 au niveau de N'Djaména (figure 8). Cette bonne pluviométrie s'est poursuivie jusque dans les années 1965-1967. Par contre l'analyse des moyennes mobiles de la pluviométrie sur dix années contredit les affirmations sur la baisse de la pluviométrie au cours de la dernière décennie avec de nombreuses variables locales.

Toutefois, les deux stations pluviométriques indiquent globalement que le bassin d'approvisionnement énergétique de N'Djaména était bien arrosé jusqu'à la décennie 1960, puis une chute brutale et persistante des hauteurs de pluies est enregistrée. Elle varie de 226,1mm (1984) à 990,1 mm (1959) à N'Djaména contre 462,9 mm (1984) à 1135 mm (1960) pour la station de Bongor. Cette baisse s'est ensuite accentuée pendant les décennies 1970-1980 tombant en deçà de la normale (567,1mm pour N'Djaména et 805,05 mm pour Bongor). Toutefois, quelques disparités apparaissent au niveau de chaque station. Ainsi, observe t- on une baisse très sensible de la pluviométrie à la station de N'Djaména en 1970 et 1990, alors qu'on note une tendance à l'amélioration au niveau de la station de Bongor, située plus au Sud.

Contrairement aux pessimismes populaires et même aux propos alarmistes de nombreux chercheurs relatifs à la baisse régulière des hauteurs pluviométriques (prouvées jusqu'en 1985), on assiste depuis cette date à une remontée des totaux pluviométriques annuels.

La succession des anomalies positives et négatives dans le temps autour de la moyenne stationnelle d'une année sur l'autre est mesurée statistiquement par le calcul d'autocorrelation (BOUROCHE et al.,) 1980) :

R (x) = 1/N Ó 2 (ni-1-X) (xi -Vx)

N est le nombre d'observations, X sa moyenne et Vx la variance.

Ce calcul nous a permis de connaître la succession des précipitations dans les deux stations qui sont tout à fait persistante. Cette fluctuation des précipitations dans le temps, présente des profils différents dans l'espace.

Figure 7: Évolution de la pluviométrie annuelle et moyenne mobile sur 5 ans (Bongor : 1950-2000) d'après les données de D.R.M.

Figure 8: Évolution de la pluviométrie annuelle et moyenne mobile sur 5 ans (N'Djaména: 1950-2000) d'après les données de D.R.M.

2. Evolution saisonnière et le régime moyen de la pluviométrie

Pour caractériser le cycle saisonnier des précipitations, plusieurs auteurs ont proposé différentes approches selon les objectifs et les résultats attendus. Parmi ces méthodes, NDJENDOLE, S. (2001) estime que le diagramme pluvio-thermique de BAGNOULS et GAUSSEN (1953) repris par BIROT (1973) permet de « fixer le début et la fin des « saisons aux intersections des courbes des valeurs mensuelles de la pluviométrie et de la température qui traduit une réalité bioclimatique » : P=2T ou P=4T. Cette relation jugée empirique a été améliorée par BIROT (1990) qui précise la classification des mois secs ou humides par les relations suivantes :

- Si P < 2T, le mois est écologiquement sec ;

- Si 2T < P <3T, le mois est écologiquement sub-sec ;

- Si 3T < P <4T, le mois est écologiquement sub-humide ;

- Si P> 4T, le mois est écologiquement humide.

Avec P égale à la pluie et T correspondant à la température.

C'est cette méthode que nous avons utilisée pour l'analyse de l'évolution des saisons pour l'espace tchadien en général et notre zone d'étude en particulier. Elle traduit à notre avis les réalités bioclimatiques.

L'analyse de la pluviométrie moyenne mensuelle de 1950 à 2000 de N'Djaména et de Bongor (figure 9) montre que le cycle saisonnier des précipitations se déroule selon le déplacement méridional du FIT (Front intertropical). A partir de la formule de BIROT (1990), nous avons pu déterminer pour le bassin d'approvisionnement, deux saisons : une saison sèche et une saison humide. Ainsi, est considérée comme saison sèche, une période où il y a absence ou insuffisance de pluies (BOKO, 1992). HERNANDEZ et al., (1998) prend en compte une valeur seuil de pluie enregistrée dans le mois.

P < 50 mm, le mois est sec ;

P > 100 mm, le mois est humide.

En appliquant ces critères, on constate que la saison sèche est centrée sur plusieurs mois (d'Octobre à Mai) qui représente le moment auquel les alizés du nord-est soufflent sur l'espace tchadien un vent chaud et sec. Durant cette saison, les rares advections d'air humide amènent le plus souvent des pluies éparses dont le volume recueilli ne représente presque rien dans le total annuel des précipitations. A la station de N'Djamena par exemple, le volume pluviométrique enregistré au cours de 8 mois secs représente environ 9,8% du total annuel. A la station de Bongor, on compte 7 mois secs dont le volume pluviométrique total représente 6,9 %.

Figure 9: Régime moyen mensuel de la pluviométrie de 1950-2000 d'après les données de D.R.M

Par contre, la saison des pluies correspond à la remontée du front intertropical plus au nord de l'espace tchadien. Elle se manifeste timidement par le passage de l'isohyète 50mm. A N'Djaména, la saison des pluies commence en Juin, alors qu'à la station de Bongor située plus au Sud, la saison s'est installée depuis le mois de mai. Dans les deux stations, le maximum de précipitation est recueilli en Août, au moment où, le flux de la mousson est puissant et, où le FIT se trouve plus au Nord. Le total pluviométrique représente plus de 90% à 95% du total annuel, bien que la répartition d'un mois à un autre, soit très variable. Aussi, le passage de la saison des pluies à la saison sèche est assez brutal.

NDJENDOLE (2001) estime que la répartition saisonnière des précipitations permet de suivre globalement la reconstitution progressive de la réserve hydrique du sol, capitale au développement de la végétation ligneuse.

La répartition de la pluviométrie moyenne mensuelle, fonction des mécanismes pluviogéniques et de la végétation montre que le régime pluviométrique dans le bassin est uni modal (figure 9). Il correspond au climat sahélien. La saison des pluies s'étale sur quatre mois allant de Juin à Septembre à N'Djaména et de cinq mois (mai à septembre) à Bongor. Le maximum est relevé dans les deux cas en Août. A partir de Septembre, les pluies se raréfient progressivement pour devenir nulle en novembre. La saison sèche, très longue, commande l'évapotranspiration des végétaux.

3. L'Évapotranspiration potentielle (ETP)

L'ETP se définit comme la perte par évaporation et transpiration d'un couvert végétal actif bien alimenté en eau. Cette donnée pratiquement indépendante du type de plante, est liée directement à l'énergie disponible et au climat (RIOU et al., 1964). L'ETP constitue donc une étape préalable du bilan de l'eau à l'échelle locale ou régionale. Elle permet d'estimer les besoins en eau d'une plante. C'est à RIOU (1975) que reviennent les premiers travaux pour la ville de N'Djaména. Les résultats obtenus sont repris dans la figure 10. Sur cette figure, on observe que l'ETP passe par deux maxima, l'un en fin de saison chaude (Mars-Avril) et l'autre plus réduit en Novembre. Pendant la saison des pluies, l'ETP diminue nettement pour donner des valeurs presque comparables à la pluviosité mensuelle. L'ETP moyenne annuelle de 1950 à 2000 est de l'ordre de 2274 mm. Ce chiffre comparé à la pluviométrie moyenne annuelle qui est de l'ordre de 568,4 mm fait apparaître un énorme déficit annuel. En revanche, durant la saison des pluies, il arrive que le total pluviométrique mensuel dépasse la valeur mensuelle de l'ETP. C'est le cas par exemple des mois d'août, de juillet et de septembre qui représentent le coeur de la saison des pluies. A partir d'octobre, mois qui correspond grosso modo au retrait du FIT vers le sud, le déficit hydrique (P-ETP) s'installe.

Sans entrer dans le bilan de l'eau, on remarque néanmoins à la station de N'Djaména que, même pendant la saison des pluies, l'excédent de pluies sur l'ETP ne dépasse guère 100 mm.

Figure 10: Evapotranspiration potentielle moyenne mensuelle de 1950-2000 d'après les données de D.R.M

4. Bilan hydrique potentiel (P - ETP)

Les matières ligneuses, principales sources de revenus pour beaucoup des ruraux et énergies domestiques pour la plupart des urbains, dépendent exclusivement des ressources du climat, notamment de la pluviométrie. Comme précédemment étudiée, l'étude de la pluviométrie a révélé une variabilité spatio-temporelle importante donc difficile à interpréter pour la bonne production des matières ligneuses. De ce fait, l'utilisation du bilan hydrique en fonction d'un certain nombre d'hypothèses (réserve utile, comportement hydrique de plantes) permet de calculer en sortie de modèle des indices de stress hydriques (CHOISNEL, 1992). L'étude du bilan hydrique permet d'évaluer l'impact des contraintes pluviométriques sur la production ligneuse non seulement en tant que facteur limitant du rendement (production) mais aussi en tant facteur contraignant pour la mise en oeuvre des techniques de reboisement et d'aménagement des « massifs forestiers ».

Dans ce travail, nous étudierons le bilan climatique (BHP). Il est établi à partir des données de ETP (demande climatique) et de pluviométrie (offre) en appliquant la relation suivante :

BHP = P - ETP

Ce bilan n'est qu'une approche élémentaire à la connaissance de la demande en eau de l`atmosphère. Toutefois, il permet de caractériser le cycle de l'eau dans l'échange entre le sol et l'atmosphère et d'en déduire les déficits hydriques. Il convient de rappeler que le déficit hydrique est ici exprimé par rapport à l'ETP. Ce bilan n'intègre pas les notions liées au sol. Les relations suivantes permettent alors d'apprécier l'intensité des déficits ou d'excédents hydriques à l'échelle mensuelle.

Si P - ETP < 0, le bilan est dit déficitaire ;

Si P - ETP > 0, le bilan est excédentaire. Ici l'eau n'est plus une contrainte en terme de carence, l'eau en abondance permet non seulement au ligneux de satisfaire leur besoin, mais d'approvisionner la réserve utile du sol ;

Si P - ETP = 0, le bilan est nul donc équilibré. Cette dernière relation peut être considérée comme une situation intermédiaire entre deux saisons (saison sèche ou saison des pluies) (NDJENDOLE, 2001). NDJENDLE l'a utilisé dans le cadre de l'espace centrafricain, notamment le nord qui s'apparente au sud du Tchad. C'est dans cette optique que nous appliquons ladite méthode.

Toutefois, il peut y arriver que le bilan s'équilibre au sein d'une même saison. Pour le bassin d'approvisionnement, le BHP annuel est établi sur la saison humide au cours de laquelle la végétation est soumise aux variations pluviométriques. A cette échelle, l'évolution du BHP est globalement déficitaire dans la station de N'Djaména. En effet la demande climatique en vapeur d'eau est largement supérieure à l'offre. L'offre mensuelle à la station de N'Djaména très variable ne suffit pas à combler la forte demande climatique. Ce qui témoigne l'aridité relative. Sur la figure 11, on peut remarquer sur 5 mois humides (mai - juin - juillet - août - septembre), seul le mois d'août dispose d'un excédent de 63,7 mm. A partir de septembre, les déficits sont enregistrés et augmentent graduellement pour stationner autour de 196 mm en novembre. Pendant la saison sèche, les déficits sont naturellement très élevés à cause de la forte insolation et des vents apportés par l'harmattan. Cette forte évapotranspiration induit certainement un stress aux plantes qui après avoir épuisé la réserve utile du sol finissent par flétrir. Cela contribue à la diminution notable de la production ligneuse, matière première énergétique des urbains

Figure 11: Bilan hydrique potentiel moyen mensuel de 1950-2000 d'après les données de D.R.M

Le bilan hydrique potentiel relève une situation très controverse de l'apport pluviométrique pour la bonne production des végétaux du bassin d'approvisionnement en bois énergie de la ville de N'Djaména. Il n'est pas le seul indicateur climatique, d'autres paramètres permettront de mettre en évidence les difficultés ressenties par les végétaux.

D. Les autres paramètres du climat

1. L'insolation

L'insolation est la durée pendant laquelle le soleil est réellement observé. Elle intervient directement dans l'apport calorique émanant du soleil (DUBIEF, 1959. in. NDJENDOLE, 2001). Elle est la source du développement de la production ligneuse. Contrairement à la pluviométrie, l'insolation n'est pas un facteur limitant pour la production des végétaux pour l'espace tchadien. A la station de N'Djaména, les variations annuelles de l'insolation sont assez fortes. Elles sont de l'ordre de 3000 à 3212 heures. A la station de Bongor, les valeurs annuelles atteignent 2993 heures. Cette différence d'insolation est liée non seulement à la position latitudinale plus élevée de N'Djaména, mais plutôt à la présence du couvert ligneux assez fourni (savane boisée et savane arborée)

A l'échelle saisonnière (tableau 5), les variations d'insolation ne sont pas très marquées dans les deux stations. Toutefois, on constate au tableau 5 que pendant l'été, la durée d'insolation est de l'ordre de 7 à 6 heures en moyenne par jour respectivement pour la station de N'Djaména et Bongor. Les plus hautes sont enregistrées vers la fin de l'automne (novembre : 10 heures en moyenne par jour). En hivers, elles descendent pour osciller autour de 9 heures à la station de N'Djaména et de 8 heures à la station de Bongor. Cette baisse est favorisée par la nébulosité.

Tableau 5: Insolation moyenne journalière (en heures)

Mois

J

F

M

A

M

J

Jt

A

S

O

N

D

Moy.

N'Djaména

9,7

9,7

9,1

9,1

9,1

8,7

7,0

6,7

7,7

9,3

10

9,8

8,8

Bongor

9,5

8,9

8,7

8,0

8,5

7,2

5,9

6,2

7,9

8,9

10

9,7

8,2

Source: Direction des Ressources en Eau et de la Météorologie (D.R.M.)

L'insolation conditionne la température et maintient l'évapotranspiration.

2. Les variations saisonnières et annuelles des températures

Comme l'insolation, la température est un paramètre climatique très important et intervient dans la détermination des aires végétales (DAJOZ, 1972). Il convient de noter que très souvent, ce sont les températures extrêmes plutôt que les moyennes qui jouent le rôle essentiel (facteur limitant).

Dans le bassin d'approvisionnement énergétique de N'Djaména, les maxima diurnes peuvent varier de 39° à 42°C à N'Djaména et 37° à 39° C à Bongor. Aux deux stations, les maxima sont réalisés en Avril et Mars. Les valeurs minimales sont observées en décembre et Janvier avec en moyenne 17°C à Bongor et 9°C à N'Djaména.

L'observation des moyennes mensuelles de 1950 à 2000 reproduites sur les figures 12 et 13 nous permet de déterminer des périodes fraîches (Décembre-Février), relativement fraîche (Juillet - Septembre), chaude (Octobre - Novembre) et très chaude (Mars - Juin). Dans le bassin, les minima et les maxima dépassent les seuils critiques de 2°C à 50°C. Ce qui est encore tolérable pour les ligneux observés.

Les fluctuations inter annuelles (1950-2001) pour la station de N'Djaména, montrent qu'il n'existe pas une évolution majeure à la hausse. Toutefois, une tendance à la hausse des maxima permet de confirmer l'augmentation de la température globale comme au Sahel pendant ces dernières décennies. Ce réchauffement peut être imputé à la dégradation du milieu naturel autour de N'Djaména pour les besoins énergétiques.

Figure 12: Evolution moyenne mensuelle de températures à N'jaména d'après les données de D.R.M

Figure 13: Évolution moyenne mensuelle de températures à Bongor d'après les données de D.R.M

Notre zone d'étude est marquée par une double variabilité spatiale et temporelle, se manifestant à différents niveaux :

· Dans la pluviométrie. Les variations aléatoires sont de deux ordres : variations spatiales dues aux caractères orageux des précipitations et la variation inter annuelle très marquée par des sécheresses récurrentes;

· Dans le paysage végétal également caractérisé par une diversification des formations liées à la présence des formations pédologiques.

De fait, notre zone d'étude se trouve situer dans une zone écologique dont on a tant parlé depuis la sécheresse de 1972-1973 au sahel. Le devenir des formations végétales au dynamisme attesté est à mettre aussi à l'actif des activités humaines, notamment la coupe du bois pour l'énergie domestique que nous analyserons dans les pages suivantes.

DEUXIEME PARTIE

SITUATION ENERGETIQUE ET CARTOGRAPHIE DES ETATS DE SURFACE DANS LE BASSIN D'APPROVISIONNEMENT.

Au Tchad, les problèmes d'approvisionnement en source d'énergie constituent une préoccupation nationale. NDJAFFA (2001) pose la problématique de l'énergie en ces termes : « Pour mesurer l'importance de l'énergie, nous devons avoir à l'esprit que la disponibilité et l'utilisation des ressources énergétiques a toujours été un sujet de préoccupations, car toutes les formes que revêt l'activité humaine - depuis la cuisson des aliments jusqu'au transport et à l'industrie - exigent le recours à une certaine forme d'énergie ».

LESSOURD et al., (1994), relève que le degré d'utilisation entre l'énergie domestique10(*) et l'énergie moderne11(*) constitue en lui-même un indicateur du niveau de développement d'un Etat. Entre ces deux types d'énergies, N'Djaména apparaît comme consommatrice de l'énergie domestique traditionnelle. Une des conséquences, c'est l'atteinte portée au milieu naturel.

L'objet de cette partie est de présenter le taux de consommation, ses influences sur le milieu naturel après avoir passé en revue les facteurs naturels.

Chapitre 3 : LES BESOINS ÉNERGÉTIQUES

Le bois énergie couvre environ 97 % (ESMAP, 97) de l'ensemble des besoins énergétiques du pays. Il reste un combustible irremplaçable en milieu rural et satisfait la majeure partie des besoins des ménages à N'Djaména (92,7%). Les statistiques sus-citées sont suffisantes pour avoir une connaissance globale des besoins en énergie. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet engouement : la pauvreté de la population, le mode de vie, les prix et leur perception par les ménagères.

A. La pauvreté, le mode de vie, les prix et la perception des combustibles utilisés

NGOUKOUROU et al.,(1992), dans leur ouvrage, définissent ainsi le pauvre : « Est généralement considéré comme pauvre toute personne ne possédant pas de bien et pas de sources régulières des revenus décents, et qui doit dès lors lutter pour satisfaire à ses besoins fondamentaux (et à ceux des personnes dont elle a la charge) ». Au Tchad, BOURDETTE (1998) estime que plus de 73% des habitants du milieu rural ont un niveau de vie situé en dessous du seuil de pauvreté (1 dollar par jour) contre 59,6% pour l'ensemble des tchadiens. Ces paysans pauvres sont soumis à des contraintes socio-économiques qui les incitent fortement à surexploiter les ressources naturelles dont le bois et à sous évaluer la détérioration de l'environnement. Étant donnés qu'ils sont très pauvres, ils ont constamment besoin d'argent et lorsque ce besoin dévient critique (mauvaise récolte, insuffisance d'autres revenus, etc.), ils n'ont d'autres ressources que de couper le bois pour vendre et s'auto approvisionner.

La pauvreté des habitants du bassin d'approvisionnement est étroitement liée aux problèmes de famine, causée par les sécheresses récurrentes de ces dernières années. Pour des paysans qui n'ont plus à manger, l'exploitation du milieu naturel pour se procurer du bois de chauffe et la production de charbon de bois qui seront ensuite vendus à N'Djaména est souvent le seul moyen de subsistance. Cette prédation du milieu naturel devient pour les ruraux une chance de survie.

En ville, la faiblesse des revenus familiaux et le manque d'autres sources d'énergie pour la population urbaine les obligent à faire recours au du bois pour la cuisson des aliments.

Le mauvais état de santé est une autre caractéristique de la pauvreté dans le milieu rural qu'urbain tchadien en général et plus précisément dans le bassin d'approvisionnement en particulier. Il ôte aux individus une partie de leur énergie productive, réduit les revenus des familles. Comme partout ailleurs, l'hygiène de l'eau, des aliments et du corps pour ne citer que ceux-là, est moins connue et moins appliquée. Le fait que l'eau potable manque dans le bassin d'approvisionnement et que la population ne consomme que l'eau de source et de puits cause souvent des maladies. Ainsi, pour faire face à ce mauvais état de santé, les paysans sont obligés de couper le bois et vendre pour avoir d'argent afin de se soigner et les citadins à ne se contenter que du bois pour la cuisson de leurs aliments.

En ville, des différences de comportement en matière d'utilisation de bois de feu et de charbon de bois subsistent entre les différents groupes ethniques et classes sociales.

Pour certains ménages que nous avons rencontré (plus de 89%), le bois en premier lieu, est utilisé pour la cuisson des aliments. Ensuite, viennent le chauffage de l'eau et des maisons durant la saison fraîche. Pour ces derniers, le charbon est utilisé comme énergie d'appoint pour le repassage des habits, la petite cuisine (préparation de thé, chauffage de l'eau, etc.).

Le bois est également utilisé par divers professionnels et collectivités : Restaurateurs, boulangers, prisons, casernes, etc. Les ménages à N'Djaména cuisinent au bois soit avec des foyers traditionnels en banco, soit des « foyers 3 pierres ».

Le charbon de bois est surtout utilisé par d'autres ménagères de classe sociale moyenne et aisée. Le charbon représente la première source d'énergie domestique. L'instrument utilisé est le brasier métallique (ganoune en arabe).

Le niveau de consommation et les types de combustible utilisé dépendent de nombreux facteurs tels que la taille de la famille, les ressources énergétiques et les types d'utilisations finales

A N'Djaména, une famille de 5 personnes consomme en moyenne 1,6 stères, soit 560 Kg de bois de chauffe par an avec un foyer traditionnel. Par contre, la consommation de charbon est de l'ordre de 8,7 soit 3045 kg de stères. L'opinion des ménagères est avancée comme facteur déterminant de l'appréhension de la problématique bois-énergie (SOW, 1990). Les différences proviennent selon l'échelle de la richesse ou de modernisme des ménagères. Elles peuvent se résumer selon trois points de vue :

· D'abord, l'attachement immuable de la femme à un mode de vie et des comportements encore très ruraux. Elle ne connaît que le bois, avec lequel elle fait la cuisine ;

· Ensuite, le rejet de la femme évoluée. Plus aisée, sa vie s'est améliorée dans certains domaines, mais peu dans la cuisine. Pour elle, le bois est d'une utilisation peu agréable : il dégage beaucoup de fumées, salit, fatigue puisqu'il faut surveiller la cuisson, et qu'il nécessite des efforts pour allumer.

· Enfin, la catégorie de la femme aisée et moderne. Elle connaît les inconvénients du bois, mais ne se sent pas concernée. Elle a d'autres modes de cuisson (gaz et charbon), et souvent c'est le domestique qui fait la cuisine.

Ces particularismes, d'origine ethnique ou sociale s'accentuent plus encore en mesure que nous passons d'un quartier à un autre.

En dehors de ces contraintes précédemment citées, on peut ajouter l'équipement nécessaire à la cuisson (Tableau 6).

Tableau 6: Equipements et combustibles utilisés

Combustibles utilisés

Équipements nécessaires

Coût (FCFA)

Bois de chauffe

3 pierres

Néant

Charbon de bois

Brasier

750 à 2.750

Pétrole lampant

Réchaud

5.000 à 12.000

Gaz butane

Réchaud avec détenteur simple

-cuisinière 1 feu (ganoune gaz)

-cuisinière 5 feux

Bouteille de gaz (recharge)

-« - 12,5 Kg

-« - 6 Kg

14.000

204.000

10.000

3.500

Source : Djangrang Man-na, Avril 2002

Il apparaît donc nettement du tableau 6 que le bois et le charbon de bois sont les seuls combustibles immédiatement utilisables par la majorité de la population. Le pouvoir d'achat réel et surtout les ressources financières liquides courantes disponibles pour la plupart des ménages12(*) empêchent l'utilisation d'autres sources d'énergie dont le coût d'équipement apparaît très élevé pour un budget familial déjà déficitaire.

B. Les besoins réels en énergie : Une préoccupation nationale

Le Tchad est un pays enclavé au coeur de l'Afrique, ce qui rend plus coûteux et difficile son approvisionnement en produit de toute nature et en particulier en énergie. Le bois énergie constitue actuellement le seul combustible produit localement. Les produits pétroliers : gas-oil, essence, gaz butane, pétrole lampant sont importés de l'étranger (Nigeria, Cameroun, Libye etc.). Au plan national le, BAD/FAD (1997), estime que 97% des ménages utilisent cette source d'énergie. Cette étude donne non seulement la mesure de son importance, mais montre aussi son impact sur l'environnement. Pour l'ensemble du Tchad le Ministère du Plan et de la Coopération estime à 91.000m3 par an la consommation de butane, d'essence, de pétrole lampant, de gas-oil et de fuel, alors que celle de bois, principale source d'énergie pour une majorité de la population à environ 3,5 millions de mètre cube par an. Le tiers de cette consommation est destinée à N'Djaména.

En l'absence des données fiables13(*) sur la consommation des combustibles ligneux, nous allons nous contenter de l'estimation de la consommation de BAD/FAD (1997). Le tableau 7 donne quelques éléments sur le bilan énergétique alors que le tableau 8 présente les différentes sources d'énergies utilisées pour la cuisson pour la même année.

Tableau 7: Bilan énergétique simplifié de combustibles

Types de combustibles

Quantité consommée en TEP

%

Bois

876 503

88,32

Produits pétroliers

103 053,7

10,42

Electricité

7 310

0,74

Total

986 869,70

100

Source: BAD/FAD. DT N° EE.20/97

Tableau 8: Consommation d'énergie en milieu rural et urbain

Catégorie

Bois

Charbon

Pétrole

Gaz

Total

% consommation

totale

N'Djaména

Autres urbains

41 595

62 685

15 739

23 685

481

723

300

-

58 116

87 007

7

10

S/Total urbain

104 195

39 425

1 204

300

145 123

17

S/Total rural

732.884

-

-

-

732 884

83

Total

837 079

39 424

1 204

300

878.007

100

%

95,30

4,50

0,10

0,10

100

100

Source: BAD/FAD, 97

L'évaluation des besoins énergétiques à N'Djaména en bois de chauffe et de charbon de bois nous impose une certaine prudence en raison de nombreuses incertitudes :

· Évaluation de la population peu prévisible (6,8 à 7%) ;

· Rythme d'élévation du niveau de vie peu connu ;

· Possibilité de substitution du bois par d'autres sources d'énergie (pétrole lampant, gaz, etc.) ;

· Instabilité du taux de consommation par tête (3,4 stères par an par habitant en 1976 et 2,06 stères par an et par habitant en 2001).

Toutefois, le résultat que nous disposons dans les tableaux 9 et 10 paraît d'autant plus vrai si on estime à moins de 2% le nombre des citoyens qui utilisent d'autres sources d'énergies comme le gaz butane dans leur foyer. Même dans ces ménages dits nantis, le charbon de bois intervient constamment pour pallier les fréquentes pénuries d'énergie électrique. Le tableau 9 illustre parfaitement la situation de consommation des différentes sources énergétiques selon les différentes catégories socio-économiques à N'Djaména.

Tableau 9: Consommation des différentes sources d'énergie par ménage selon les différentes catégories socio-écomoniques sur 245 enquêtés

Groupe socio-économique

Types de combustibles

Aisé

%

Moyen

%

Modeste

%

Bois de chauffe

45,2

77,2

87,3

Charbons de bois

33,4

22,8

12,1

Pétrole

0

0

0,6

Gaz butane

19

0

0

Electricité

2,4

0

0

Total

100

100

100

Total des enquêtés

5

83

157

Source : Djangrang M. Avril 2002

La forte consommation de bois et de charbon de bois s'explique en partie par le coût très élevé de l'énergie thermique (150 à 200 FCFA) le kilo watt-heure et du gaz butane (10.000 à 12.000 FCFA) le rechargement d'une bouteille de 12,5 Kg ; mais aussi par le mode de vie (5 personnes en moyenne par ménage).

Les prévisions de la consommation future de ces énergies seront basées sur les estimations de 7 jours d'enquêtes dans les quartiers Chagoua et Dembé présentés dans le tableau n° 9 ci-après :

Tableau 10: Estimation de consommation de bois-énergie

Type de combustibles

Quantité estimée

%

Stères

Mettre cube

Bois de chauffe

555,3

2403,8

15,55

Charbon de bois

30171

13061

84,45

Total

35723,3

15464,8

100,00

Source : Djangrang Man-na, Avril 2002

Une extrapolation sur un an des chiffres obtenus sur 7 jours d'enquête apparaît logiquement admissible, soit environ 1857611 stères. Cette estimation correspond pour une population de 900 000 habitants en 2001 à 2,06 stères par habitants et par an14(*). Pour satisfaire à cette demande, un secteur économique s'est constitué mettant en relation, divers professionnels (exploitants, bûcherons, transporteurs, etc.) et consommateurs urbains.

C. L'exploitation du bois-énergie : Une économie extractive

L'émergence et l'entrée de la filière bois-énergie15(*) dans l'économie trouvent leur explication dans la nécessité pour des millions de personnes à satisfaire leurs besoins en énergie domestique. Pour mieux l'appréhender, il nous a paru intéressant de passer en revue, le bilan de l'offre et de la demande

1. Le bilan de l'offre et de la demande

L'essor de la filière bois-énergie dans le système commercial de l'énergie constitue en soi une donnée importante de la crise environnementale. BABAKAR (2002) estime que le bois constitue le pétrole du pauvre. La gravité de la situation réside dans le fait qu'une modification des données est loin de s'opérer à court et moyen terme. C'est pourquoi, il faut en faire une politique nationale de l'énergie.

L'exploitation dépend en premier lieu des disponibilités de la ressource. En dépit de quelques inventaires, les ressources forestières restent encore mal connues. Les essences les plus recherchées pour le bois de feu sont les combratacées et les Mimosacées16(*) et pour le charbon de bois, le propopis africana, les acacia etc.

Le choix des zones d'exploitation dépend de la disponibilité de la ressource et des logiques des différents acteurs. Dans les années 1980, l'exploitation était réalisée dans un rayon de moins de 25 km pour le bois de chauffe et un peu plus pour le charbon de bois. L'exploitation dans les sites de production de charbon de bois (figure 14) que nous avons visité (Linia : 50 Km, Kalgoa : 93 Km) est effectué en général par trois groupes d'acteurs : les bûcherons salariés, les petits exploitants non motorisés et les paysans.

Les bûcherons sont souvent des paysans résidents soit dans les villages proches du site d'exploitation, soit ceux venus à la ville à la recherche de travail saisonnier. Le plus souvent cette activité se pratique pendant la saison morte, c'est-à-dire en dehors de la saison agricole. Ils sont employés par les grossistes et ou transporteurs par équipe de 5 à 7 personnes qui en les installant sur un site, leur fournissent, nourriture et autres produits de première nécessité (sucre, thé, etc.). Pour ne pas avoir d'opposition avec la population riveraine du site de coupe, les employeurs offrent cadeaux et autres présents aux chefs de village. Cet accord obtenu permet aux employés de procéder à la coupe des branches, des troncs d'arbres jusqu'à l'épuisement des ressources sur le site. Malheureusement, aucun signe de reboisement n'a été observé. Les techniques utilisées sont archaïques : coupes des branches ou des troncs avec des haches de fabrication locale. La productivité des bûcherons est très variable. Elle dépend d'autres facteurs tels que la disponibilité, de la ressource des conditions physiques des acteurs et surtout de l'amabilité de leur employeur. Nous avons estimé à 1,2 tonne par exploitant et par jour pour Kalgoa et de 0,8 tonne par exploitant et par jour à Linia.

Les revenus dépendent strictement des quantités de bois coupés. Ils varient en moyenne de 27.000 F.CFA à 53.000 FCFA par mois dans les deux cas.

La situation est tout à fait différente pour le charbon de bois. D'abord, du fait, des zones d'exploitation bien éloignées de N'Djaména (Mogroum : 129 Km, Gueledeng : 156 Km, Dourbali : 103 Km) et du fait ensuite, d'une plus grande professionnalisation du secteur.

La coupe et la carbonisation à des fins de commercialisation sont dominées aujourd'hui par quelques exploitants agréés venus de N'Djaména, qui emploient les charbonniers dans les villages proches des sites d'exploitation. A Mogroum, nous avons rencontré quelques exploitants particuliers opérant à leur propre compte. Leur produit étalé le long de la route, est vendu aux camionneurs et autres particuliers de retour des provinces du Sud.

En dehors des bûcherons, il existe aussi des petits exploitants ruraux, sans moyens de transport, qui n'ont pas d'employeurs, mais plusieurs clients : camionneurs, transporteurs en charrette et les citadins qui se servent tous les week-ends. Les rayons d'actions des petits exploitants que nous avons rencontré se situent rarement au-delà de 50 Km. Ainsi, leur activité devient plus destructrice pour le milieu naturel que les grands bûcherons généralement implantés dans des zones plus boisées.

Les paysans constituent le dernier groupe d'acteurs d'exploitation du bois énergie. Ils vivent dans les villages péri-urbains, le long de la route nationale (N'Djaména-Bongor) et jouent un rôle plus important en matière de rationalisation de l'approvisionnement. L'exploitation intéresse toute la famille. Les hommes se chargent de la coupe et du débitage des grosses bûches. Quant aux femmes, elles s'occupent de la vente qui leur apporte un revenu important : 40.000 à 120.000 F.CFA par an.

Figure 14: Carte de la zone d'exploitation du bois-énergie de la ville de N'Djaména

La principale raison qui conduit les paysans à exploiter la forêt tient à la faiblesse des revenus agricoles par rapport aux besoins croissants17(*) nous disait MAHAMAT AHMAT HACHIN18(*). Pour lui « le commerce du bois est une activité sûre. La ressource est disponible, nul n'a besoin de la semer et de dépendre des pluies pour les récoltes. Ensuite c'est une activité qui est exercée à une période où on n'a pas grand chose à faire au village ».

D. Le commerce et le circuit de distribution du bois-énergie à N'Djaména

Le commerce du bois de chauffe et du charbon de bois relève du secteur informel de l'économie du marché. L'organisation du commerce et de ces filières présente de nombreuses analogies avec celles du commerce traditionnel, à la seule différence qu'elle intègre les besoins des populations urbaines. Ainsi, elle fait intervenir une multitude d'acteurs opérants soit pour leur propre compte, ou soit pour une coopérative installée en ville.

1. Les différents intervenants dans le commerce de bois-énergie

Il est difficile de déterminer avec exactitude les différents intervenants dans le commerce de bois-énergie. Toutefois, l'enquête de terrain nous a permis de distinguer les catégories socioprofessionnelles diverses qui s'intéressent à cette filière. On y rencontre des paysans, des ouvriers-charbonniers, des intermédiaires, des commerçants grossistes et des agents de l'administration, notamment ceux du domaine de la protection de l'environnement par personnes interposées. Ce dernier groupe s'y intéresse à cause du profit excessif que procure ce commerce, car ils bénéficient de leur situation pour ne pas payer les taxes y afférentes19(*).

L'exploitation des ressources forestières à des fins énergétiques fait vivre de nombreuses personnes. DJANGRANG (1991) estimait ce nombre à 9000 personnes par an dont 6000 au service de collecte du bois et de carbonisation. Il prévoit qu'en 2000, le nombre d'employés avoisinerait 15.000 personnes. Ce nombre semble être trop élevé, car si on y regarde de près, la filière bois-énergie est détenue par des groupes d'acteurs indépendants ou semi-indépendants opérant en chaîne. Il en découle ainsi des intermédiaires comme les commerçants transporteurs, les grossistes, les détaillants et les micro- détaillants.

En campagne on note trois groupes d'acteurs dans le commerce de charbon de bois et de bois de chauffe :

· Les producteurs indépendants qui se contentent d'alimenter une clientèle fixe sur la base de négociations préalables au prix unitaire du sac de charbon ;

· Les ouvriers-producteurs travaillant pour le compte des commerçants installés à N'Djaména et ayant pratiquement le monopole du commerce. Une partie de ceux-ci sont quelquefois loués par les agents de l'administration. Ils sont installés en pleine brousse où ils n'ont qu'une seule mission, couper et carboniser moyennant un salaire préalablement négocié ;

· Dans le dernier groupe, on retrouve les paysans isolés qui ne sont pas intégrés dans le circuit global du commerce et des centres des décisions de la carbonisation. Ils se contentent de produire et d'évacuer leur production sur la voie bitumée pour y être écoulée.

A N'Djaména, le circuit commercial du charbon de bois est très bien stratifié et organisé selon la figure 15 ci-après.

En ville, on note des dépôts éparpillés entretenus par des commerçants et même des fonctionnaires de l'Etat qui confient la gestion à leurs proches parents.

De la figure 15 on constate que l'approvisionnement se fait à partir des sites de carbonisation privés en campagne où le sac de 42 Kg coûte entre 1.000 FCFA à 1500 FCA. Quelquefois à l'entrée de la ville (Pont de Chagoua) des cargaisons entières de camion Peugeot Pick-up 404 ou Mini-bus (photo 3) sont négociés au prix de 2.000 à 2.500 FCFA par sac. Ces mêmes sacs sont vendus en ville entre 3.750 F à 4250, voire 5.000F.CFA selon les saisons.

Figure 15: Circuits de distribution de charbon de bois à N'Djaména, Source: Auteur, enquête, avril 2002

A partir des grossistes, s'est développé un autre réseau de commercialisation du charbon de bois : les revendeurs ambulants (photo 1). Ils sont des jeunes désoeuvrés (garçons) qui sillonnent la ville. Ces jeunes exercent indépendamment leur activité de commerçants grossistes. Ils sont soit en charrette mue par un cheval ou pousse-pousse (photo 1) contenant cinq à six sacs de charbon. Ils louent le « pousse-pousse » à 500 FCFA par jour et négocient le prix unitaire du sac de charbon avec les commerçants grossistes. Généralement, ils bénéficient d'un achat à crédit auprès des grossistes qui après revente, remboursent la totalité de la valeur du crédit d'achat.

Aussi, depuis quelques années, s'organisent et se développe parallèlement aux vendeurs ambulants, un commerce de micro-détaillant de charbon de bois. Les tenants de ce commerce sont des boutiquiers et certaines ménagères opérant devant leur maison.

Pour les premiers, il s'agit de diversifier leurs activités commerciales alors que les seconds (surtout les femmes) se contentent de cette activité pour améliorer le quotidien alimentaire familial.

Les tenants de commerce de micro-détail des produits ligneux, achètent des sacs de charbon aux grossistes ou détaillants ambulants. Ils procèdent au conditionnement par petits emballages noirs communément appelés « leda ». Un « leda » pesant à peine 500 grammes est vendu entre 50 à 100 FCA. Le conditionnement d'un sac de charbon permet d'obtenir environ 75 à 100 « leda ». Ce qui rapporte entre 3.750 à 5.000 FCFA. Ce commerce est tellement prospère que ces derniers n'hésitent plus à faire de conditionnement de charbon pour un prix de 100 à 200 FCFA voire 250 FCFA en saison des pluies.

L'enquête dans les quartiers de Chagoua et Dembé consignée dans le tableau 11 permet de confirmer que ce petit commerce procure aux micro-détaillants un revenu moyen de l'ordre de 950 à 1.850 FCFA/jour soit 28.500 à 55.500 F.CFA par mois. Ce qui dépasse de loin le niveau du salaire Minimum Inter-Garanti (SMIG), soit 20.000 F.CFA au Tchad.

Tableau 11: Bénéfice moyen tiré des ventes des produits ligneux dans les quartiers Chagoua et Dembé sur 45 enquêtés (détaillants)

 

Bénéfice moyen selon les types de combustibles

Lieux de vente

Nombre des enquêtés

Charbon

Bois de feu

Chagoua

33

946,6

1725

Dembé

12

957,14

1990

Total

45

951,65

1857,50

Source :Djangrang Man-na, Avril 2002

Dans la ville, les détaillants sont très nombreux : plus d'un millier. L'activité est fluctuante à cause de sa pratique facile. A côté des détaillants permanents, on compte de nombreuses revendeuses occasionnelles qui abandonnent l'activité au profit d'autres opportunités de gains plus élevés (vente de poissons par exemple) ou des contraintes familiales.

La distribution de bois de feu est généralement plus simple que le charbon de bois. Elle est assurée par des grossistes et des multiples détaillants.

Les grossistes constituent les professionnels permanents du secteur. Ils sont le plus souvent transporteurs. Le commerce de bois de feu qui intéressé très peu des commerçants, semble être paradoxalement beaucoup plus lucratif que le charbon de bois. Cela s'explique par la complexité des opérations de transformation et de reconditionnement des produits par des transporteurs-revendeurs. La deuxième raison viendrait du fait que les différences entre les grossistes et les semi-grossistes ou détaillants ne sont pas bien marquées. Le plus souvent, un seul commerçant multiplie les points de vente pour écouler le plus vite ses produits.

Le bois de feu est généralement transporté à N'Djaména par des camions porteurs d'une contenance d'environ 12 tonnes.

Les prix du bois de feu varient selon plusieurs facteurs : la saison, la nature du bois vendu et le mode de commercialisation. Par exemple, les prix augmentent de 12 à 22% durant la saison des pluies. Dans ces conditions, il est difficile d'avancer des « prix fixe » observés dans les quartiers. A Chagoua20(*) et à Dembé, le prix est de 50FCFA une assiette (tas de trois fagots fendus). D'après le tableau 12, l'évolution des prix d'une assiette du bois de feu de mai à décembre 2002 a été la suivante.

Tableau 12: Évolution des prix de bois à N'Djaména

Mois

Mai

Jui

Juil

Août

Sept

Oct

Nov

Déc

Prix FCFA

50

50

60

75

50

50

80

100

Source : Auteur, enquête : quartiers Chagoua et Dembé, 2002

En Avril 2002, nos enquêtes ont relevé une hausse substantielle des prix : 150 à 200 FCFA, le même tas de trois fagots fendus. On remarque en terme général que la hausse intervient en Août et Décembre, respectivement en période de fortes pluviosités et de fraîcheur. Dans cette incertitude de fluctuation et des fréquences d'approvisionnement, la vente de bois de feu rapporte théoriquement une somme de 78.650 F.CFA21(*) aux tenants. Le tableau 13 donne des indications sur la structure des prix de bois de feu et le tableau 14 sur le charbon de bois.

Tableau 13: Structure du prix du bois sur 45 enquêtés (12 tonnes)

Rubriques

Montant en CFA pour 12 tonnes.

%

Taxe forestière

1500

0,5

Coût d'achat en brousse

150.000

50,8

Coût de transport

65.900

22,2

Marge vente en gros

47.400

16,0

Prix de vente en gros

265.300

 

Frais de revente

18.500

6,2

Marge bénéficiaire au détail

12.750

4,3

Prix de vente au détail

296.550

100,00

Source : Djangrang Man-na, Avril 2002

Tableau 14: Structure du prix d'un sac de charbon de bois sur 45 enquêtés à N'Djaména

Rubriques

Montant pour 1 sac de 42 kg

%

Droit et taxes

100

2,9

Extraction et carbonisation

500

14,5

Transport

500

14,5

Manutention

100

2,9

Marges bénéficiaires en gros

1300

37,7

Prix de vente en gros

2500

-

Marge bénéficiaire au détail

950

27,5

Prix de vente au détail

3450

100,00

Source : Auteur, enquête, Avril 2002

Ces tableaux relèvent la faiblesse des taxes forestières (0,5% et 2,9%) pour la trésorerie de l'Etat malgré un chiffre d'affaire assez élevé, l'importance du coût de transport (22,2%) et des marges bénéficiaires à la vente en gros (16,0% 37,7%).

Les principaux clients sont les vendeuses de boissons locales, les vendeurs de grillade et les familles.

2. Les moyens de distribution du bois-énergie.

La multiplicité des formes de conditionnement du bois de feu et de charbon de bois, la distance de la zone caractérisent une organisation différente de chacun des cas pour son acheminement en ville. Parmi ces moyens, on peut citer les camions, les pirogues, les ânes et en ce dernier temps les charrettes. La voie de communication la plus utilisée est la route où les comptages sont possibles. Mais, certains transports peuvent emprunter une multitude de chemins différents qu'il est impossible de contrôler. Un deuxième facteur important d'incertitude sur les résultats est les transports complémentaires. Il s'agit des transports de bois opérés de manière annexe. Par exemple, un camion chargé de mil peut transporter en plus de sa cargaison un ou quelques bottes de fagots. On peut ajouter à ces contraintes des transports, opérés discrètement (surtout de nuit) de façon à éviter les contrôles (Taxes forestières qui s'y rattachent).

Il n'est pas aisé de spécifier les principaux utilisateurs des moyens de transport à cause des multiples fonctions que ces derniers peuvent adopter.

Les camions avec remorque ou semi-remorque peu, employés en raison de leur contenance très élevée (12 tonnes), appartiennent aux revendeurs grossistes. Lors de l'enquête au poste de contrôle de Walia, aucun mode de ce transport n'a été effectué. Une des caractéristiques dominantes de ces véhicules est leur vétusté qui s'inscrit dans une logique économique (frais de transport le plus bas par rapport aux véhicules en bon état qui sont destinés au transport des marchandises coûteuses et aux hommes), vendre son produit en ville à un prix compétitif. Généralement, ces gros véhicules sont destinés au transport de bois de feu. Tel n'est pas le cas pour des camionnettes, type Peugeot 404 bâchés (Photo 2) utilisées spécialement pour le transport de charbon dont la charge utile moyenne est comprise entre 800 et 1250 kg, soit 19 à 3O sacs de 42 kg. Mais en règle générale, nous avons constaté qu'elle pouvait transporter jusqu'à 60 sacs soit le double de la charge utile. Les opérateurs transporteurs sont soit des Bornou,  soit des Kotoko, ou encore les Zagoua (nouveaux venus dans le circuit commercial de charbon). Quelque fois, les détaillants louent aux coûts de 45.000 à 58.000 FCFA le transport des sacs de charbon achetés préalablement dans les villages situés à plus de 100 Km de N'Djaména. Dans les zones les plus proches (moins de 50 km), le transport soit à dos d'âne ou par des charrettes mues par le cheval.

Les charrettes : Il s'agit des charrettes tractées soit par un âne ou cheval comme à Ouagadougou. Son emploi demeure exceptionnel et très limité à des distances très courtes (environ 50 Km). La charge transportée est estimée entre 650 à 850 kg. Leur utilisation reste le domaine des producteurs ruraux. En ville, ces producteurs deviennent des détaillants ambulants.

Les ânes (Photos 4) portent deux ou trois bottes de fagots de bois ou encore 2 à 3 sacs de charbon de bois. Ces moyens de transport très réguliers dans les années soixante dix qui assuraient le trafic quotidien à partir des villages proches de N'Djaména (Linia, Am Djamena, Klessoum, Gaoui etc.) tendent à disparaître aujourd'hui en raison de la rareté de bois morts. La plupart de ce trafic est clandestin, car il emprunte des sentiers loin des axes routiers et demeure difficile à apprécier. De même que les utilisateurs de charrettes, les âniers sont généralement des producteurs paysans habitant les villages. On estime que la charge utile de bois portée à chaque voyage par âne est de 100 à 120 kg.

Les piroguiers et les bateaux métalliques (baleinières) : Ce mode de transport revêt un caractère saisonnier. Il est limité à la courte période (septembre, octobre, novembre) où le fleuve Chari est navigable. Au cours de l'enquête, aucun transport de bois n'a été enregistré en raison de l'étiage très prononcé du chari.

Le comptage que nous avons effectué en deux jours au poste de Walia donne les chiffres suivants selon les moyens de transport et les lieux de provenance au tableau suivant :

Tableau 15: Comptage de bois-énergie au poste de contrôle forestier de Walia selon les moyens de transport en deux jours

Moyens de transport

Trafics

Charge unitaire moyenne

Répartition du trafic

Charbon (sac)

Bois de feu (kg)

Camionnette 404

27

58

1566

-

HIACE (minibus

9

50

360

-

Transports

7

9

360

 

Complémentaire

14

50

-

700

Total

1989

700

Source : Auteur, enquête, Avril, 2002

Pendant deux jours d'enquêtes, nous avons comptabilisé 1989 sacs soit 83.538 kg et 700 kg de bois de chauffe, soit un total de 84.238 Kg. Cette enquête n'aurait montré qu'une infime partie des ressources ligneuses énergétiques qui entrent régulièrement dans la ville. Une vérité certes, mais qui cache la réalité. L'extrapolation du présent résultat (84.238 Kg) en 7 jours et rapporté aux 8 postes d'entrées en ville nous donnerait un total de 2.358.664 kg.

Figure 16 : Planche I (Photos 1, 2, 3 et 4)

Photo 1 : Un revendeur ambulant sillonnant la ville de « pousse-pousse chargé de sacs de charbon de bois. A l'arrière plan, d'autres ambulants s'apprêtent. Cliché de l'auteur, mai 2002

Photo 2: Un Mini bus à l'entrée de N'Djaména. Un nouveau mode de transport de charbon de bois et de bois de chauffe. La cargaison est négociée par une femme détaillante. Cliché de l'auteur, mai 2002

Photo 3 : Un ânier au poste de contrôle de Koundoul (21 km). Il est un paysan - producteur - transporteur - vendeur. Cliché de l'auteur, avril 2002

Photo 4 : Une camionnette type Peugeot 404 chargé de plus de 40 sacs de charbon en provenance de Mandelia. Le transport - grossiste suit un contrôle de routine en ville. Cliché de l'auteur, avril 2002

Les forêts servent en effet à satisfaire les besoins directs de la population rurale. Celle-ci s'approvisionne d'abord elle-même (auto-approvisionnement) en bois combustibles surtout, et dans une moindre mesure en bois de service (pêche).

La croissance de la ville a engendré le développement du commerce du bois de feu, de charbon de bois et leur consommation qui s'est traduite par le déboisement de zones environnantes. Ainsi,  il faut aller de plus en plus loin pour satisfaire la clientèle qui devient plus nombreuses. Les quantités totales prélevées sont loin d'être négligeables puisque nous estimons l'ensemble de la récolte à 155 667 m3 22(*) par an. Ce volume représente en terme de surfaces déboisées23(*) par an de 709 hectares de forêts claires ou 9 481 hectares de savanes boisées ou encore 22 238 hectares de savanes arbustives.

Dans cet état de fait, il est urgent de modifier le comportement des citadins en matière de consommation d'énergie traditionnelle, des ruraux, dans leurs activités de production de bois et de charbon de bois, puis les pratiques culturales qui ne respectent pas les exigences écologiques déjà confrontées aux changements climatiques que nous étudierons au chapitre suivant.

Chapitre 4. LES FACTEURS DE LA MUTATION DU MILIEU NATUREL DU BASSIN D'APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE

L'analyse de la dynamique du milieu naturel du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois énergies que nous allons entreprendre s'articule sur deux grands axes, d'une part, les facteurs naturels (climat, relief et les sols) (PIAS, 1970, CHAMARD, 1989) et d'autre part, l'action anthropique de l'homme (Banque Mondiale, 1985 ; BONFILS, 1987).

A. Les facteurs anthropiques.

Nous les rappelons brièvement, car ils ont été largement débattus au chapitre précédent :

La plupart des auteurs (CCE, BNZ, GTZ, 1986) s'accordent à dire que l'amenuisement du couvert végétal est causé par l'homme et qu'elle est le résultat de l'interaction entre celui-ci et un environnement difficile et changeant. Elle est souvent imputée à la surpopulation. Toutefois, une population excessive n'est pas la cause unique et, dans beaucoup de cas, elle n'est même pas la cause principale24(*). Dans le bassin d'approvisionnement, nous avons pu relever que ce sont des influences extérieures, sociales, économiques et technologiques qui ont contribué à une utilisation des sols et de la végétation aboutissant à la mutation du milieu naturel par trois processus :

· D'abord le développement des surfaces cultivées résultant de leur fertilité moyenne et de l'augmentation des densités de la population qui pratique l'agriculture itinérante sur brûlis. Il s'en est suivi une course à la terre fertile réduisant considérablement les surfaces boisées.

· Ensuite, la pratique des feux généralisés en fin de saison sèche. Elle aboutit à un pénéclimax25(*) de substitution des formations originelles qui a un faible niveau de potentialité ne permet pas à la végétation de bien résister à des agressions liées à la sécheresse, à la surexploitation.

· Même surexploité, le bois est considéré par les paysans ruraux comme une ressource inépuisable et gratuite. Cette situation aboutit à une dégradation souvent irréversible des peuplements ligneux. Cela est particulièrement vrai en zone péri-urbaine (figure 18). Il n'est pas que la situation de N'Djamena. Des exemples existent dans la sous région (pays sahéliens)26(*). Le cas de l'agglomération de Bamako (Niger) est parlant. Ses besoins en énergie s'élevant en moyenne à 400.000 tonnes sont couverts par l'exploitation d'une surface de 550.000 hectares de forêts et jachères arborées (GOUDET, 1990). Une des conséquences selon l'auteur, est le déboisement systématique en auréoles et en bandes le long des voies de communication dans un rayon de 100 Km.

Il n'est pas que l'action anthropique pour expliquer la régression du couvert végétal. L'analyse des facteurs naturels en donne une nette explication.

B. Les facteurs naturels

Les exigences écologiques des formations végétales sont liées par la combinaison des apports lumineux, thermiques, pluviométriques, hygrométriques et anémométriques (DAJOZ, 1972 ; RIOU et al., 1997). Ces facteurs en association, interagissent et caractérisent les paysages forestiers.

1. Le climat et l'écologie forestière

La recherche du lien entre l'évolution du climat et la dégradation régressive du couvert végétal doit en réalité considérer un milieu à végétation homogène, c'est-à-dire constitué que d'essences forestières d'une même famille. Or le bassin d'approfondissement est pourvu d'espèces hétérogènes adaptées au rythme pluviométrique. DELWAULLE (1981) fait comparer les exigences écologiques d'essences forestières aux apports minimal, moyen et maximal du paramètre climatique. Suivant son principe, nous avons dressé le tableau suivant mettant en corrélation les exigences écologiques et apports climatiques pour le bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména.

Tableau 16: Exigences écologiques et apports climatiques

Paramètres climatiques

Exigences écologiques

Apports climatiques

N'Djaména

Bongor

Température

(°C)

Température moy.annuelle

26-32°c

28,7°

26,7°

Température moy.men. Max.

Min.

30-37°

24-28°

33,3°

24,0°

32,4°

21,1°

Précipitation (mm)

Précipitation annuelle Min. . Moy.

Max.

400

226,1

462,9

900

568,5

805,O

1200

990,1

1135,1

Durée des saisons 100 mm.

< 30 mm.

2 à 4

2

3

6-8

8

7

Insolation

(heures)

Minimale

Optimale

Maximale

1,8

6,7

5,9

8-9

8,8

8,2

12

10

10

Vitesse de vent (m/s)

Minimale

Optimale

Maximale

0,3-1,5

1,8

-

8-20,7

2,3

-

28,5-36,9

2,9

-

Source : DELWAULLE (1981a) Complétée et mise en tableau DJANGRANG MAn-na, Décembre 2002.

Faisons remarquer que les végétaux s'adaptent beaucoup plus aux réalités quotidiennes qu'aux moyennes du climat, car, une variation journalière aura moins de conséquences sur les paysages végétaux que si elle dure dans le temps. Ne disposant pas de données climatiques à ces pas de temps, nous nous sommes contentés des moyennes annuelles et mensuelles. Notons au passage que ces données difficilement utilisables en raison de leur aspect général, faiblement significatif, ne donne qu'une idée théorique de la manifestation du climat qui ne serait suffisamment fin pour que l'on puisse déduire une évolution régressive du milieu naturel dans le bassin.

En effet, les séries pluviométriques postérieurs à 1973 que nous avons analysé précédemment, indiquent non seulement une réduction de l'ordre de 200mm, mais aussi, une plus grande variabilité spatio-temporelle. La principale variation constatée est la diminution de la pluviosité d'Août. Ce qui réduit par conséquent la fréquence habituelle de l'excédent du bilan hydrique (P-ETP) d'Août. En conséquence, les réserves en eau du sol ont une grande difficulté à se recharger. Ce qui laisse présager une faible productivité de la strate herbacée et un mauvais développement des ligneux.

Aux échelles mensuelle (durée moyenne des saisons) et annuelle (pluviosité, température, humidité relative etc.), les relations entre les paramètres climatiques et les exigences écologiques révèlent une situation controverse (Tableau 16) par exemple, la moyenne pluviométrique annuelle (226,1m) est presque deux fois moins les exigences écologiques (400mm) de nombreuses essences de la savane. Il y a donc risque de dépérissement. Cependant, la normalisation apparente27(*) de la pluviosité pendant la décennie 1990 n'a t-il pas amélioré l'équilibre écologique ?

KENNET (1986) faisait remarquer que même pendant les années déficitaires, c'est-à-dire celles où les moyennes pluviométriques annuelles sont inférieures à la moyenne de la série, le régime annuel des pluies est toujours humide. Pour lui, les années de sécheresse qui ont sévi, n'ont pas eu d'incidence majeure sur le régime pluviométrique en domaine sahélien. Cette thèse paraît se justifier, puisque l'indice d'aridité calculée à partir de la formule de MARTONE (i =P/T+10) relève des valeurs favorables à la persistance d'humidité (Tableau 17). Ainsi, le seuil d'alarme de l'aridité absolue (i<5) n'a été atteint qu'en 1984.

Tableau 17: Indice d'aridité calculé selon la formule de MARTONE

Années

Précipitations (mm)

Température (°C)

Indice d'aridité

1973

314,7

29,3

8

1983

376,1

29,3

9

1984

226,1

29,1

5

1985

341,7

28,7

8

1990

329,2

27,2

8

Source : DJANGRANG MAN-NA, Décembre 2002

Ces années réputées exceptionnellement sèches ont des valeurs très hautes. Mais, lorsqu'on examine la courbe de tendance sur le graphique d'anomalies centrées et réduites (figures 17 et 18), on se rend compte que le climat dans le bassin d'approvisionnement énergétique de la ville de N'Djaména évolue vers l'aridité.

Figure 17 : Anomalies centrées et réduites et tendance (N'Djaména - 1950-2000) d'après les données de D.R.M

Figure 18 : Anomalies centrées et réduites et tendance (Bongor - 1950-2000) d'après les données de D.R.M

Aussi, en adoptant le calcul d'indice climatique de THORNTWAITE (i - 0,1645 (P/T+12,2)10/9 (DAJOZ, 1972) qui a l'avantage de cerner de plus près la réalité, nous sommes arrivé au même résultat avec des valeurs faibles (Tableau 18).

Tableau 18: Indice climatique calculé selon la formule de TORNTWAITE des années déficitaires

Années

Précipitations

Températures

Indice climatique

19973

314,7

29,3

1,5

1983

376,1

29,3

1,9

1984

226,1

29,1

1,3

1985

341,7

28,7

1,7

1990

329,2

27,2

1,7

Source : DJANGRANG Man-na, Décembre 2002.

Or, en écologie, la répartition des pluies revêt un caractère essentiel car elle permet de connaître la période « humide » et partant la durée de la saison favorable à la croissance des végétaux (CORNET, 1976). Telle n'est le cas pour le bassin d'approvisionnement. Pour la station de N'Djaména, nous constatons que :

· Les années 1964, 1965, présentent le maximum d'irrégularité avec une pluie précoce en Mars, une longue période de sécheresse et une pluie tardive en Octobre ;

· Pour deux années recevant une même quantité d'eau (1955, 1998), la répartition des pluies diffère considérablement.

Ainsi, une telle variation de pluviosité qui conditionne l'évolution des sols ne permet certes pas un développement conséquent du couvert végétal.

2. Les facteurs édaphiques

Les facteurs édaphiques interviennent et servent à la localisation des espèces et déterminent en même temps la répartition des groupes végétaux (LACOSTE et al 1999). En effet, les travaux de PIAS et al., (1964) font apparaître que les facteurs édaphiques et leurs caractéristiques physico-chimiques dans le bassin d'approvisionnement énergétique de la ville de N'Djaména sont ceux définis par la pédologie forestière donc moins fertiles

Les sols sont de types sableux, argilo-sableux à argileux à nodules calcaires, argilo- sableux, argileux des prairies inondées au Sud de N'Djaména et sols bruns subarides de la marge Sud du Lac Tchad. En même temps que les conditions climatiques deviennent plus arides, les sols halomorphes occupent une plus grande place et les phénomènes de salinisation gagnent de nombreux types de sols. Cependant, les phénomènes d'induration (« naga ») sont nombreux et proviennent de la disparition du couvert végétal, suite à l'exploitation effrénée du couvert végétal et de décapage des horizons superficiels.

Ainsi, sous l'effet d'intense rayonnement, se produit une évapotranspiration (267,4% au mois de Mars) qui assèche le sol dénudé et fait transpirer les végétaux. Lorsqu'une trouée est faite dans le couvert végétal à partir des coupes de bois, l'éclairement plus fort du sol entraîne une régénération du paysage. Au fur et à mesure que l'exposition dure dans le temps, la composition floristique se modifie et la savane arbustive est remplacée par la savane herbeuse, puis le « désert ». La désertification commence généralement par la destruction de la végétation dont la cause principale est probablement le besoin de bois de chauffage (SABADELL, 1982 in. CCE BMZ, GTZ 1986).

Les interactions climatiques, édaphiques et biologiques influent dans une large mesure sur la répartition et les caractéristiques du paysage végétal du bassin d'approvisionnement énergétique de la ville de N'Djaména. Du fait de son caractère xérophyte (adapté au climat aride), la végétation dans le bassin d'approvisionnement s'intègre à des formations très corrélées non seulement avec les facteurs climatiques, mais aussi à l'action de l'homme que la cartographie des états de surface aura à mettre en évidence.

Chapitre 5 : INFLUENCES DE DÉBOISEMENT SUR LE MILIEU NATUREL ET LA CARTOGRAPHIE DES ÉTATS DE SURFACE

L'objet du présent chapitre est l'analyse des influences de la mutation du milieu naturel sur les états de surface à partir des cartes de végétation du bassin d'approvisionnement énergétique de la ville de N'Djaména multidatées.

A. Méthodologie d'analyse de l'évolution des états de surface

Après avoir choisi notre zone d'étude qui est le bassin d'approvisionnement de la ville en bois-énergie (72.980 Km2), nous nous appuyons sur les travaux de GRONDAR (1964), PIAS (1960) et deux autres séries des données complémentaires :

· Des observations de terrain : description de transects (sols, états de surface, végétation, etc.), et la cartographie d'état de végétation de 1960 et de 1964 ;

· Des interprétations de la carte de végétation produite à partir d'images satellitales Landsat (Mai 2001) en cinq scènes dont la carte de position des images satellitales présentées en annexe II.

ü P 184 RO53 couvrant la zone de Bongor ;

ü P 183 RO52 couvrant la zone de Massenya ;

ü P 183 RO53 couvrant la zone de Bousso ;

ü P 184 RO52 couvrant la zone de N'Djaména ;

ü P 184 RO51 couvrant la zone de Massakoy.

L'objectif est de réaliser une confrontation de ces sources d'information entre elles et avec les facteurs supposés de l'évolution. Ces données sont de qualités inégales. Toutefois, on peut les utiliser pour l'interprétation du couvert ligneux, de l'occupation du sol et de leur évolution des zones exondées et de zones inondables.

B. La dynamique des états de surface des zones exondées.

Les zones exondées correspondent aux terres émergées sablo-limoneuses des sommets cuirassés. Très peu cultivées dans les années 60, où on pouvait enregistrer 990,1 mm de précipitations par an, les états de surface correspondaient à une savane arbustive homogène et à des fourrés et steppes à mimosacées très fournies d'arbustes (acacia, sieberiana, Acacia senegalensis, combretum glutinosum, etc.). au nord du 12ème parallèle (à la limite de N'Djaména). Au Sud, une forêt claire et boisée à combrelacées (Anogeissus, Terminalia, avincennioïdes, etc.) s'y installaient jusqu'au sud de Bongor sur une ligne Bongor-Am-Timan.

Même si, sur la figure 19, des sommets cuirassés n'apparaissent pas, la mémoire collective des anciens, fait mention des surfaces nues appelées « naga ». Le terme de « naga » utilisé par les arabes et dont l'équivalent en fufulbé est « Hardé » désigne cet aspect de paysage et caractérise donc aussi le sol que la végétation qu'il porte (PIAS), 1970). La monotonie de ce paysage est parfois interrompue par la végétation dense qui longe les cours d'eau où occupent les multiples petites mares en eau pendant la saison des pluies. Ces surfaces s'élargissent le plus souvent aux abords immédiats des voies de communication, des champs de village ou de brousse et autour de la ville de N'Djaména

Sur la carte de 2001, ces états de surface se répartissent en deux groupes en fonction de la distance aux habitations (tableaux 19 et 21).

Tableau 19: Inventaire forestier du bassin par formation végétale (année 2001)

 

Distance sélectionnée

Formation végétale

Superficie totale

ha %

< 50 Km

ha %

< 100 Km

ha %

< 150 Km

ha %

Savane boisée

675.000

0,93

0

0,00

5625

0,47

22.500

1,11

Savane arborée

1659375

22,76

5625

1,25

101.250

8,43

410265

20,30

Savane arbustive

2784375

38,19

67.500

15,00

54.000

4,49

1293750

64,01

Arbres isolés

360.000

4,94

28125

6,25

67.500

5,62

151875

7,51

Plantation

5625

0,08

0

0,00

0

0,00

0

0,00

Surfaces vides

2413125

33,10

348750

77,50

973125

80,99

142875

7,07

Total

7290000

 

450000

 

1201500

 

2021265

 

Source : Auteur, enquête, avril-mai 2001

En comparaison avec l'inventaire forestier du paysage de 2001, on constate au tableau 20 suivant une évolution régressive des formations végétales de l'ordre de 6,20% pour la savane boisée, 1,46% pour la savane arborée et de 0,24% pour les savanes arbustives.

Tableau 20: Inventaire forestier du bassin par formation végétale ( année 1960)

Formation végétale

Superficie

Taux de régression

Ha

%

Savane boisée

4186700

57,4

6,20

Savane arborée

2429900

33,3

1,46

Savane arbustive

673400

9,3

0,24

Source: Djangrang Man-na

Figure 19 Carte de la végétation du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie en 1960

Figure 20: Carte de la végétation du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie en 2001

Tableau 21: Inventaire forestier, sous total formation forestière selon les distances

Distance

Surface (ha)

%

< 50 Km

73125

1,00

< 100 Km

646875

8,87

< 150 Km

1726875

23,69

TOTAL

4516875

-

Source : Auteur, enquête, avril-mai 2002

Jusqu'en 2001, la formation forestière n'a trouvé refuge que dans les fourrés denses aux limites circulaires qui doivent leur existence à une situation privilégiée (mise en défens). Par ailleurs, la relative fermeture de ces couverts denses, les protège d'une exploitation abusive, de même que la situation hydrique favorable améliore la résistance aux sécheresses.

Dans les petites dépressions, où subsistent des plages d'horizon A encroûté (croûte structurale), un tapis de petites graminées vivaces (sporobolus festivus) se maintient en saison pluvieuse, parfois associé à un arbuste rabougri (combretum micranthum ou guiera senegalensis). Alors qu'on pouvait compter de centaines de millier de couronnes de ces grands arbustes à l'hectare en 1964 (GRONDAR, 1964), on ne trouve en 2001 que 426 à l'hectare de survivants dont la couronne est réduite à quelques branches. La dégradation du bilan hydrique des sols encroûtés et érodés, ainsi que la surexploitation par émondage et pour le besoin de bois de feu est la cause de cette disparition des arbres, laissant ainsi les sols sans protection. Dépourvus de végétation, ces sols subissent une érosion linéaire intense sous la forme des ravins.

Les sommets cuirassés très dégradés posent donc deux problèmes majeurs :

· La production d'un ruissellement intense, dû aux croûtes grossières et d'érosion éolienne et pluviale ;

· Et l'absence de production végétale suffisante proche de N'Djaména entretenu par les nouveaux acteurs économiques de plus en plus nombreux.

Dans les zones les plus éloignées (150 Km de N'Djaména vers le sud), les états de surface actuel à couvert arbustif sont peu différents de ceux de 1964. Toutefois, on voit apparaître sur la figure12, des sols nus.

Ainsi, au fur et à mesure que les besoins en énergie domestique se font pressants, les dommages causés sur les massifs forestiers actuels, grandissants, les surfaces nues subissent des processus d'érosion plus marqués que par le passé. Il faut prendre en compte la faible capacité en eau des sols, l'existence et des sécheresses successives.

En conclusion, les formations des sommets cuirassés n'ont qu'une faible capacité de résistance face à une exploitation intense comme la coupe du bois accouplée d'une situation de sécheresse. Là où elles sont dégradées, il apparaît illusoire d'envisager leur réhabilitation avec les moyens actuels de l'Etat.

C. La dynamique des états de surface des zones inondables

Vers le Sud de N'Djaména, le long de la route principale (N'Djaména-Bongor), les cuirasses, vastes plaines sont recouvertes par un sol très argileux à horizon hydromorphe. La végétation est une savane herbeuse piquetée de quelques arbustes. La fonction de cet espace est le pâturage de saison sèche (CLANET 1989), la culture de Béré béré (sorgho blanc de décru) et autres cultures pluviales.

Depuis le début des années quatre vingt, la sécheresse, le surpâturage, le défrichement et les coupes abusives de bois de feu ont entraîné la réduction et la modification de la flore et du couvert végétal ligneux qui se confinent désormais dans les cuvettes. Pendant les années très sèches, comme 1984 (226,1m), 1973 (314,7m3) les sols sont restés nus. Marqués par des croûtes structurées 28(*) et d'érosion, les sols nus détériorent les conditions d'installation de végétation boiseuses et herbeuses, vite coupés et/ou détruits par les animaux de plus en plus nombreux.

D. Interprétation

Après avoir établi une typologie des formations forestières, il est possible de suivre l'évolution des différentes unités par relation aux faits physiques (climatiques et édaphiques) et anthropiques suivant les figures 19 et 20. Aujourd'hui, l'aspect de la plupart de ces formations est modifié.

La savane arborée est devenue une steppe arbustive entrecoupée de la strate herbeuse. Les coupes de bois et les défrichements ont redoublé d'intensité aux dépens du couvert végétal ligneux dense. Ces actions se signalent par des regroupements d'arbustes séparés, par des espaces vides (savanes parcs). Dans les années 1960, les zones dénudées ne se localisaient que sur certains milieux particuliers : aires de pâturage à proximité des points d'eau et des puisards. En 2001, on constate une progression importante du sol nu souvent en périphérie des habitats (mise en culture et exploitation de bois de feu). Les seuls espaces encore peu touchés sont les bas-fonds, les cuvettes qui ne sont pas en situation de recevoir d'intenses ruissellements, sensibles à l'érosion pluviale.

En effet, toutes les formes de dégradation de l'environnement que nous avons observé dans le bassin ont des effets nocifs sur la production alimentaire, car, on constate que l'érosion des sols est en train de miner lentement la productivité des surfaces cultivées.

Dans les zones d'irrigation, la saturation en eau (par irrigation) et l'excès de salinité (par évaporation intense due à un ensoleillement très élevé) font chuter les rendements. Nous ne pourrons pas présenter un tableau détaillé de ces pertes, car ces données n'existent pas. Au moins espérons-nous que cet exposé aidera à attirer l'attention sur les caractères dangereux pris par les effets de l'érosion du sol sur la production agricole si des mesures de protection ne sont pas adoptées.

La culture itinérante sur brûlis (jachère prolongée), pratiquée traditionnellement par les paysans du bassin d'approvisionnement énergétique de la ville pour garder au sol une certaine fertilité ne plus respectée sous la pression des densités de la population toujours plus fortes. Aujourd'hui, les paysans remettent la même parcelle en culture tous les 5 à 10 ans. Autrefois ils attendaient de 20 à 25 ans (CLANET, 1982).

Comme le cycle de mis en jachère se raccourcit et que le couvert végétal diminue, l'érosion et la dégradation des sols s'accélèrent.

Aussi, le déboisement a des effets négatifs de diverses sortes. Il affecte directement les cycles hydrographiques en favorisant le ruissellement de l'eau et perturbant le recyclage de l'eau de pluie. Les effets de ce processus ont été illustrés, en 1988, lorsque les régions riveraines du Chari et du Logone se sont retrouvées plusieurs jours engloutis sous les eaux. Cette inondation devrait détruire des cultures pluviales.

Avec la poursuite du déboisement, le bois de chauffe va être de plus en plus rare. Les villageois devront donc brûler davantage de bouses de vache séchées et des résidus des récoltes, ce qui privera le sol, non seulement d'éléments fertilisants, mais aussi des matières organiques utiles pour maintenir une bonne structure du sol.

De tous les changements que les paysans du bassin d'approvisionnement ont déclenchés, celui du climat est le plus perturbateur. Il fait certes suite à une succession des phases contrastées constatées depuis la dernière ère géologique : Pendant le quaternaire, (Il a duré environ 3 millions d'années) de nombreux épisodes de glaciations se sont alternés depuis 400.000 ans. Elles correspondaient dans les régions tropicales à de succession des phases plus sèches entrecoupées des phases humides (SCHNEIDER et al., 1991). Les climats anciens du bassin d'approvisionnement sont intégrés dans le système paléo climatique de l'Afrique Centrale. Les travaux de CHAPELLE (1986) sur les variations climatiques au Tchad et leur conséquence sur l'implantation des peuplements tchadiens, le fait correspondre aux trois transgressions de la mer paléo-tchadienne à partir du 18è siècle.

Au cours de la moitié du 18è siècle, le Bahr el Gazal coulait jusqu'au Koro-Toro. La période allant de 1851 à 1874 était particulièrement humide au cours des années 1920 et 1930. Pour CHAPELLE, les phases humides sont entrecoupées de nombreuses phases sèches. Nous retenons entre autres :

· La sécheresse de 1828 à 1831 qui a entraîné la famine dans le Ouaddaï géographique ;

· Celle de 1896, baptisé l'année de soif ;

· Enfin celles de 1967-1968, 1973-1974, 1983-1984 survenue au Sahel avec l'assèchement de ¾ de la superficie du Lac-Tchad (13.000 Km2 aujourd'hui).

La baisse de la pluviométrie au cours des sécheresses a atteint des niveaux exceptionnels en 1973 à N'Djaména (314,7 mm, soit 50% de moins que la normale). L'isohyète 800mm a enregistré un déplacement de l'ordre de 150 Km en zone soudanienne et l'isohyète 200mm à plus de 300 Km en zone sahélienne avec des conséquences sur le couvert végétal, les sols et les hommes (morts d'hommes et de bétail, famine, migration, etc.). BOUQUET (1974). Ces observations confirment celles de COUREL (1984) qui conclut que d'une manière générale, l'évolution de la pluviométrie après le début du siècle a été marquée par la succession de périodes excédentaires et déficitaires d'inégales. Les travaux de GIRAUD et ROSSIGNOL (1973), GODARD, TABEAUD (1993) ont montré que les déficits ou les excédents ne sont pas périodiques, mais récurrents.

Utilisant des sources très diverses, BRUEL avait esquissé une carte pluviométrie et considère le territoire tchadien comme recevant une hauteur des pluies variant de 1000mm au sud à 200mm jusqu'à la latitude de 15° Nord. La carte d'isohyètes de DARNAULT préfigure les cartes actuelles avec une décroissance régulière des isohyètes de 1000 m à Fort-Archambault (Sarh) à 500 mm au Nord de Fort-Lamy (N'Djaména). Au même moment, AUBREVILLE (1948) distingue pour le Tchad, trois types de climat (Figure 21) : climat sahélien (0-3-9) au nord, climat sahélien (4-3-5) au centre et le climat soudanien (4-1-7). Cette subdivision mérite aujourd'hui d'être rectifié quant on tient compte du décrochage depuis les années 1970 des isohyètes de 50 à 180 mm vers le sud, malgré quelques légères améliorations observées au cours de la décennie 1990. Cette tendance est illustrée par trois normales pluviométries établies par la Direction des ressources eau et de la météorologie (DREM) (Figure 22). Il s'agit des normales de 1960 (1931-1960), 1975 (1946-1975) et de 1990 (1961-1990). Une des conséquences de cette régression des précipitations est la caractérisation du territoire tchadien en trois zones bioclimatiques qui constituent autant des domaines climatiques que des zones d'expression différentielles du phénomène de la mutation du milieu naturel et l'augmentation de températures globales à N'Djaména observée pendant ces dernières années.

La conjonction des facteurs climatiques (sécheresses récurrentes et les mauvaises répartitions des pluies dans le temps et, anthropiques (croissance des besoins en terres arables agricoles et en produits ligneux, surpâturage, etc.) ont entraîné de sérieuses dégradations du milieu naturel du bassin et un changement climatique marqué par un réchauffement global des températures.

Pour sauver ce milieu, quelques actions doivent être entreprises. L'examen de ces mesures est consigné dans le chapitre suivant.

Figure 21 : Carte des secteurs bioclimatiques actuels

Figure 22: Variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie moyenne annuelle de 1931-1990

TROISIÈME PARTIE

LES ENJEUX DE LA POLITIQUE FORESTIÈRE ET LES MESURES A PRENDRE

Dans cette troisième partie, il ne s'agit pas de revenir sur l'ensemble des actions envisagées par l'Etat, mais de proposer des solutions susceptibles d'économiser le bois-énergie qui se fait déjà rare et cher.

Chapitre 6 : LES ENJEUX DE LA POLITIQUE FORESTIÈRE ET LA PRODUCTION DU BOIS ÉNERGIE POUR LA VILLE DE N'DJAMENA

La menace qui pèse sur la « forêt » est connue de tout, et pourtant sa destruction s'accélère. C'est que la pauvreté et la faim sont des facteurs premiers de cette déforestation. Toute solution doit s'attaquer à ces deux maux. Mais nous ne y reviendrons pas.

L'objet du présent chapitre est de proposer les possibilités de modification structurelle d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie sans grand dommage sur le milieu naturel. Nous pensons qu'elle passe par une politique publique de cogestion forestière, d'aménagement des forêts naturelles, de la promotion des plantations communautaires et de la possibilité de modification structurelle de consommation.

A. La politique publique forestière

1. Le rôle de l'État dans la gestion forestière

Jusqu'aux années récentes, une politique forestière existait au Tchad. Elle était liée essentiellement à la phytogéographie basée sur le reboisement grâce aux aides extérieures. Ainsi, 3000 hectares ont été boisés dont 1000 hectares autour de N'Djaména L'objectif de cette politique forestière est de créer une ceinture verte autour de la capitale. Son rôle serait de :

· Améliorer le cadre de vie de N'Djaménois, notamment en protégeant leur habitation contre les méfaits des vents de sables soulevés par les tornades et en leur offrant des lieux de récréation ;

· Lutter contre l'érosion éolienne et fluviale en fixant les sols et non jamais procurer de bois comme source d'énergie domestique.

Dans cette condition, seules les forêts naturelles servent largement à satisfaire les besoins directs de la population rurale d'abord (auto-approvisionnement) ; ensuite l'approvisionnement de la ville s'y ajoute.

Les prélèvements correspondants sont d'autant plus destructeurs qu'il est nécessaire d'induire une notion de gestion durable des milieux naturels aux populations rurales principales productrices de bois-énergie pour la ville de N'Djaména. En fait, qu'est ce qu'une gestion durable. Selon la FAO (1990), la gestion forestière est durable, c'est lorsqu'elle «vise à la fois à conserver et à produire ». Une telle politique au Tchad existe, mais on remarque une désarticulation notoire entre les différents partenaires (Etat et usagers) dans l'application des décisions. Cet état de fait interpelle l'Etat à jouer pleinement son rôle.

Dans le bassin d'approvisionnement, l'Etat intervient à plusieurs titres.

· D'abord comme expression de la puissance publique qui secrète des réglementations qui ont pour but de limiter la destruction d'une ressource jugée indispensable ;

· Ensuite, comme régisseur, garant à long terme et représentant de l'ensemble des intérêts de la collectivité nationale, chargée de gérer les forêts.

Ces interventions de l'Etat ci-haut citées sont justifiées théoriquement29(*).

Au moment où cette politique se met en place, la forêt est essentiellement une source de combustible aux ménages de la ville et sert en même temps qu'à l'approvisionnement énergétique des briqueteries et autres activités : « industrie » de boissons locales, grillades des viandes tout le long des axes, etc. Aucune intervention musclée n'et observée du côté de l'État pour inverser la tendance à l'utilisation de cette ressource qui fait vivre de centaines de milliers des paysans.

Même si son apport à l'économie n'est pas très visible comme l'agriculture, l'élevage et aujourd'hui le pétrole, l'espace boisé doit tout de même être géré au service des besoins de la collectivité présente et future. C'est aussi ça qui devrait justifier la mise en place des règles et des lois appliquées et applicables par l'Etat.

2. La règle et son application

L'intervention forestière étatique au moyen d'outils réglementaires et administratifs, a toujours été en débat. Conçue comme le remède à un moment où la pression sur les ressources ligneuses ne se faisait guère, elle se trouve aujourd'hui remise en cause au moment même où la pression des usagers s'accélère. Alors, la nécessité d'établir des prescriptions nécessaires s'impose.

a. Une réglementation spéciale

Exception à la règle, la forêt est donc tributaire d'une règle d'exception au Tchad comme partout d'ailleurs. La législation est d'abord particulière. Le contrôle de l'accès aux bois fait partout l'objet de lois forestières30(*) de portée nationale et concernent l'ensemble des problèmes forestiers traités comme un tout.

Les règles restrictives de l'accès au bois sont mises en place par une administration forestière (Ministère des Eaux et Forêts et de la protection de l'environnement) dont les agents sont en partie formés aux techniques de gestions correspondantes. Ce corps très bureautique tient sa force de sa compétence technique particulière et cadres juridiques que ses membres partagent pour l'exercice de leur fonction.

Considéré du point de vue de la définition qu'ils donnent de la nature, du temps, de l'autorité ou encore de la collectivité, l'ensemble des valeurs partagées par les agents forestiers a pu apparaître à certains moments comme une véritable idéologie. S'affirmant les seuls dépositaires des intérêts supérieurs de la nation, se posant comme leurs garants, les agents forestiers ont largement contribué à donner aux politiques forestières leur rigueur et leur sévérité31(*).

Dans un contexte de contrôle étatique, le rôle de l'appareil forestier ne se limite pas à la simple mise en oeuvre des dispositions réglementaires concernant le secteur. Son action en matière d'orientation des décisions de politique forestière peut être aussi importante sinon plus. Dans un domaine aussi spécialisé, il est difficile de se passer de la compétence des fonctionnaires qui, mieux que quiconque, connaissent les problèmes à résoudre et les réponses à apporter. Ils sont donc mieux placés pour pouvoir guider les choix publics.

Ce que nous observons est tout à fait le contraire. L'on coopte parmi les militaires en retraite (ou en déflation) pour en faire d'eux des agents forestiers (photo n° 7). Ne connaissant aucun dogme de ce secteur sensible, ils se laissent entraîner par la loi du marché tant par les agents économiques et des usagers. Pour une affaire de quelques 1000 FCFA, des surfaces boisées importantes sont soumises à une exploitation répressive.

Cette exaction est entretenue par une demande accrue de bois-énergie en milieu urbain. La « duocomplicite » des acteurs économiques et « agents forestiers mafieux »32(*) a donné lieu à ce que nous voyons aujourd'hui : Déforestation sur plus de 50 Km aux alentours de la ville de N'Djaména et le long des grands axes (N'Djaména-Nguelendeng). Ce qui laisse supposer que l'administration forestière gérant de l'équilibre biodiversité d'antan, est aujourd'hui en panne.

L'évaluation qui peut être faite de nos jours de la politique de contrôle de l'espace forestier donne lieu à des schémas contrastés qu'il faut restructurer, peut-être en cédant une partie du pouvoir au secteur privé ou à la collectivité locale.

b. Le recours à la collectivité locale

La mutation de la fonction de l'administration forestière en ces dernières années a donné lieu à des débats entre les forestiers (certains pensent qu'il faut privatiser ce secteur, d'autres préfèrent qu'il doit continuer à jouer son rôle d'antan). D'abord plus contraint que volontaire, mais soucieux de gagner par-là une légitimité sociale qui lui avait fait défaut lorsque l'Etat avait confisqué la liberté locale, le personnel forestier est amené à coopérer avec la collectivité locale en matière de gestion forestière.

Ce qui suppose en fait que des actions doivent être entreprises et des groupements créés dans les sites d'exploitation. Ces groupements seront appelés à jouer le rôle d'intermédiaire entre les zones de production (milieu rural) et les zones de consommation (milieu urbain).

En milieu rural, il s'agit d'induire dans l'esprit des paysans-collecteurs de bois-énergie le concept de désertification : « le désert avance », d'ici quelques années, ils risquent de se retrouver dans des zones de plus en plus déboisées. Pour éviter cela, il faut gérer les ressources disponibles actuellement.

Cette politique de cogestion devra avoir des conséquences salutaires. Aussi faut-il que cette politique soit suivie et même accompagnée d'un plan d'activité annuel rigoureusement établi et suivi comme nous le présentons dans le tableau 22.

Tableau 22 : Plan d'activités annuelles d'exploitation

Activités

Indicateurs

1

Marquage des arbres à couper

Nombre d'arbres coupés

2

Exploitation de bois

Stères de sacs de charbons produits

3

Carbonisation

Nombre des meules montées

4

Évacuation de bois vers le marché

Transport assuré

5

Collecte de semence

Quantité de semence

6

Préparation de paillis par le semi-direct

Paillis réalisés

7

Ouverture des tranchés pare-feu

Longueur du tranché ouverte

8

Entretien des tranchés pare-feu

Longueur du tranché entretenu

9

Ouverture de nouvelles pistes

Longueur des pistes rurales

10

Entretien des pistes de débardage

Longueur des pistes entretenues

11

Mise en défens

Respect de la mise en défens

12

Lutte contre les feux de brousse

Nombre de feux de brousse combattus

13

Matérialisation de la parcelle par la peinture

Limite des parcelles marquées

14

Matérialisation de la parcelle par plantation

Limite des parcelles plantées

15

Surveillance paysanne (arbres coupés)

Nombre de délits constatés

Source : DJANGRANG Man-na, avril 2002

Nous pensons qu'une telle organisation si elle est acceptée par les paysans, pourra sauver des centaines de millier d'hectares de savanes boisées qui s'écroulent sous l'oeil des agents forestiers.

En milieu urbain, il est question de promouvoir d'autres sources d'énergie dites énergies de remplacement et équipements y afférentes. Il s'agit de gaz butane, foyer amélioré, énergie solaire etc. Même si l'utilisation de ces sources d'énergie semble résoudre en partie le problème, il est hors de question de penser approvisionner N'Djamena par celles-ci, car difficile de les avoir sur le marché et à un prix abordable. Il faut donc rationaliser les formations naturelles, soit en procédant à leur aménagement et ou à des plantations communautaires.

B. L'aménagement des formations naturelles

En zone péri-urbaine, l'aménagement de la formation naturelle comme le présente la photo 6 complétée par les plantations à croissance rapide (Eucalyptus nicrotheca ; cette essence n'est pas à conseiller pour une grande exploitation. Elle peut entraîner le tarissement de la nappe phréatique. La plantation des essences locales : les `'Acacia'', adaptées aux dures conditions climatiques seraient souhaitables) peut permettre de résoudre en partie, le problème. Mais, le cas de très grande agglomération comme N'Djaména doit pousser les décideurs à faire recours à des énergies de substitution.

Dans les sites de production de charbon de bois et de la collecte de bois de feu, l'aménagement doit intégrer les peuplements arborés ou arbustifs, aménagés sous forme des « forêts communales » (collectivité locale) ; cependant, des peuplements végétaux dans les environs immédiats de N'Djaména manquent pour satisfaire ce souhait. D'où la difficulté de développer une culture de rente, si on ne réorganise pas les filières de commercialisation. Les ressources actuelles en produits ligneux proviennent en totalité de formations naturelles situées à plus de 100 km de la ville de N'Djaména. Les peuplements naturels restent la principale source d'approvisionnement dont on ignore leur production, leur évolution est fonction de la pluviométrie. La ville de N'Djaména étant située sous l'isohyète 500 mm, la production des formations ligneuses serait comprise entre 0,5 à 1 m3 par hectare et par an33(*). Ce qui semble être très intéressant si les techniques de productions sont maîtrisées.

Ces chiffres concernent les formations non dégradées par une surexploitation ligneuse, un pâturage intensif ou des feux tardifs annuels systématiques. Or nous savons qu'il est présentement difficile de trouver de massifs forestiers non dégradés proches ou au-delà de 150 Km à partir de la ville de N'Djaména. Ainsi, l'importance de procéder à leur aménagement et ou promouvoir des plantations communautaires et ou individuelles s'avère nécessaire.

Figure 23 : Planche II (Photos 5, 6 et 7)

Photo 5 : Agents forestier en poste à la sortie sud de N'Djaména Photo 6 : Aménagement d'un massif forestier d'Acacia seyal (talha) et Acacia milefera (kittir azrak ou gommier noir).

Photo 7 : Plantation d'Eucalyptus, vieille de plus de 50 ans sur sols argileux de dépression à Walia

C. La promotion des plantations communautaires et ou individuelles

« Les plantations (phot 7) peuvent constituer un complément à l'utilisation des formations naturelles » PELTIER (1990). Au Tchad, aucune politique de promotion de plantation aux objectifs de production de bois-énergie n'existe. Jusqu'à une époque récente, elle était liée à la phytogéographie sous le proverbe chinois : « Celui qui n'a pas planté un arbre avant de mourir, a vécu inutilement ». Suit à cet appel, des milliers d'hectares ont été reboisés, mais le plus souvent, proche des grandes agglomérations34(*). Si l'on considère des expérimentations menées dans d'autres pays d'Afrique (Sénégal, Mali et Burkina Faso), d'espèces utilisables en plantation peuvent constituer à court terme une source de revenu ou d'autoconsommation. Mais la faible productivité35(*) de telles plantations en zone Sahélienne et de leur coût de mise en place très élevé (plusieurs milliers de francs CFA par hectare planté) nous oblige à ne conseiller l'aménagement des formations naturelles et l'utilisation des autres sources d'énergie : les énergies de substitution.

Si la population de la ville de N'Djaména en particulier et celle du bassin d'approvisionnement en bois-énergie en générale, veut surmonter l'une des crises les plus graves de son histoire moderne « Crise de bois-énergie », elle doit impérativement envisager la réalisation d'économies d'énergies (utilisation des foyers améliorés amélioration de la production du charbon de bois et la production d'énergie de remplacement (énergie solaires, énergie éolienne et utilisation des gaz butanes). Ces actions constituent pour nous des mesures à prendre que nous développerons dans le chapitre suivant.

Chapitre 7 : LES MESURES A PRENDRE

Les mesures d'économie d'énergies doivent être prises urgemment pour inverser la dégradation du milieu naturel. Malgré les hausses de prix des produits ligneux, sa consommation intérieure continue de croître à un rythme rapide. Le gouvernement est appelé à prendre des mesures d'économie beaucoup plus sévères. Augmentation de la fiscalité forestière, la subvention et la vulgarisation des foyers améliorés, l'introduction d'une technique nouvelle de carbonisation et surtout la subvention et la vulgarisation de l'utilisation de gaz butane. Mais la perception populaire autour et sur ces dernières mesures constitue un frein à leur utilisation.

A. La carbonisation : l'utilisation du four casamançais

Dans le bassin d'approvisionnement énergétique de la ville de N'Djaména, le charbon de bois est fabriqué après carbonisation partielle de bois secs ou verts empilés et complètement embrasés (photo 8). Quand on juge la température suffisante, la pile est recouverte de feuilles ou de mottes de gazon, puis de terres de façon à exclure pratiquement tout arrivée d'air, mais en laissant des ouvertures pour que la fumée puisse s'échapper et assurer une carbonisation contrôlée. Lorsque le charbonnier estime la carbonisation complète, toutes les ouvertures sont hermétiquement fermées, et on laisse refroidir la pile. Dans cette méthode, une partie du bois est brûlée pour fournir la chaleur nécessaire à la carbonisation. Le rendement est faible et le charbon de bois contient beaucoup de terres et de cendres. Le rendement de la meule traditionnelle utilisée que nous avons observé est d'environ 15% alors qu'une carbonisation efficace devrait permettre d'atteindre 25% environ et même plus.

Il est donc manifeste que si les charbonniers se décidaient à utiliser des installations d'un type moderne, la production annuelle pourrait à quantité de matière première égale, passer de 155 667m3 à 259 445 m336(*). C'est le cas du four tranchant portatif. Il est en acier. Son rendement sur bois sec est compris entre 23 et 26% (tableau 23). Il y a là de toute évidence un progrès considérable par rapport à la meule traditionnelle, aussi bien en termes de rendement que de durée du processus. Une des difficultés majeure est son emploi qui nécessite le recours à des opérateurs qualifiés pour le faire fonctionner, et son coût élevé alors que les meules traditionnelles en terre ne nécessitent aucun investissement en argent.

Tableau 23: Rendement moyen de carbonisation de bois pour une corde37(*) selon les types de fours

Bois

Temps de carbonisation

Rendement en charbon de bois

Type de fours

Volume en corde

Nombre de sacs par corde

Bois vert %

Bois sec %

Four tranchant

1

50

7

149

19,1

Meule traditionnelle

3,75

180

2,1

4,2

5,9

Source : DJANGRANG Man-na, avril 2002

Du moment où la demande du charbon de bois dépasse l'offre, il y a lieu de recherche un rendement meilleur. Remarquons que le rendement de certaines espèces de bois peut atteindre en poids jusqu'à 30 à 50% (Tableau 24)

Tableau 24: Les principaux espèces de bois les plus sollicitées en carbonisation

Nom scientifique

Nom local (arabe)

Français

Acacia seyal

Acacia raddiana

Acacia mellifera

Balanites aegyptiaca

Guiera senegalensis

Talha

Saïal

Kittir azrak

Hedjilidj

Abesh

Epineux

-

Gommier

Savonnier

-

Source : DJANGRANG Man-na, avril 2002

L'expérimentation dans le bassin d'approvisionnement en bois-énergie de la ville de N'Djaména (la meule casamançaise) d'une meule traditionnelle serait bénéfique et est à encourager. Elle est de type traditionnel, mais modifié par la présence d'une cheminée, des évents et d'un puits d'allumage permettant un tirage inversé. Son rendement (25 à 30%) pourrait diminuer l'exploitation des ressources ligneuses de 25%.

B. Les foyers améliorés

La crise du bois intervient en même temps que la crise de l'énergie sur le plan mondial. Elle constitue un problème particulier pour N'Djaména. Si nous pensons les causes se situent en partie sur place, les solutions devraient se trouver au même endroit.

Pour les causes, il y a la sécheresse et les activités de l'homme. Ce sont des données fondamentales qu'il faudra maîtriser. Parmi les remèdes, il apparaît exclu de rétablir un équilibre durable pour l'importation d'énergie non renouvelable. Il faut se réorienter sur la seule source d'énergie actuelle (le bois) qui est à la portée de tous les habitants. Très peu des gens s'imaginent qu'il est impossible d'économiser le bois de feu, c'est-à-dire de faire la même cuisine avec moins de bois. L'utilisation de foyer amélioré (Photo 10) semble être en partie une solution. Certains tests avancent des résultats de 40 à 50% d'économie de bois (SOW, 1990).

Au Burkina Faso par exemple, l'introduction des foyers améliorés a fait baisser la consommation de bois de 50% (GOUDET, 1990). Ce résultat peut être réalisé pour la ville de N'Djaména, si sa vulgarisation devient efficace même s'il est difficile de modifier d'un seul coup les habitudes culinaires et les structures qui existent. Cependant, nous pensons que les difficultés d'approvisionnement dans l'avenir et la hausse des prix actuels, inciteront les citadins à accepter les innovations indispensables ; celles d'utiliser le gaz butane, à la survie de la « forêt ».

C. Utilisation du gaz butane (Photo 9)

Pour tenter de réduire la consommation du bois de feu et du charbon de bois, cause de déboisement, le Tchad, membre du Comité Inter-Etat de Lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CLLSS) a institué un programme d'utilisation de gaz butane comme combustible de substitution. Ce programme se situe dans une stratégie globale fondée sur le maintien des équilibres socio-écologiques en tenant compte de la nécessité de satisfaire les besoins essentiels des populations dans un environnement préservé.

Si dans certains pays membres de CILSS comme le Burkina-Faso, un véritable succès en milieu urbain (en matière de vulgarisation de gaz butane), a été possible, ce projet a été un échec au Tchad. Aujourd'hui, moins de 3% de la population à N'Djaména utilise cette source d'énergie. Les fonds ont servi à renflouer les poches des particuliers qu'à la politique énergétique.

Le tableau 25 donne le prix à la consommation d'une bouteille de 12,5 Kg (10.000FCA et de 6Kg 3.500FCFA) de gaz butane à N'Djaména dont la durée d'utilisation très variable (3 semaines à plus d'un mois est fonction de mode de vie des habitudes culinaires).

Tableau 25: Structure de prix de gaz butane à N'Djaména

Paramètres

Vrac (tonne)

Bouteille 12,5Kg

BOUTEILLE 6KG

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

Prix départ (Ngaoundéré hors taxe

Douanes et transit Cameroun

Transport Ngaoundéré-N'Djaména

Taxe B.N.F 14%

Passage Pont Uélé

Débours

Assurances 1% de (1)

Coulage transport 2% de (1à4)

Transit entré

Prix de revient entré dépôt

Passage dépôt

Entretien et amortissement dépôt

Coulage dépôt 2% de (10)

Entretien bouteille

Amortissement bouteille

Frais généraux 6,65% de (10)

Frais financiers stock outils 1,5%

Prix de revient (sortie dépôt)

Redevance statistique 1% de (10)

Prix de revient (sortie dép. en TTC)

Frais financiers clients 1,5% (18)

Frais livraison ville

Marge de gros 20% de (20)

Prix de cession revendeur

Marge revendeur 10% de (24)

Prix de vente structure

288 000

15 037

90 000

12 600

1 000

750

2 080

8 148

600

419 015

40 000

43 730

8 380

13 760

39 200

27 864

6 285

598 235

4 190

602 425

8 974

15 000

110 591

736 989

73 699

810 388

3 600

188

1 125

158

13

9

36

102

8

5 238

500

547

105

172

490

348

80

7 478

52

7 530

112

188

1 382

9 121

921

10 134

1 725

90

539

75

6

4

17

49

4

2 509

240

262

50

82

235

167

38

3 582

25

3 607

54

90

662

4 413

441

4 854

27

Prix de vente consommateur

800 000

10 000

3 500

Source : TOTAL-TCHAD, Mai 2002

A la lumière du tableau 25, le prix à la consommation du gaz butane n'est pas pour inciter à l'utilisation de cette forme d'énergie. En comparaison avec le Burkina-Faso, la recharge d'une bouteille de gaz butane de 12,5 Kg et 6 Kg coûte respectivement 3125 et 1500 Kg.

Pour BOURDETTE (1998), la solution réside dans le projet « pétrole-électricité » qui devrait permettre à la fois, à partir d'une production nationale de brut, de désenclaver le marché tchadien, de développer la consommation domestique de gaz butane et d'électricité à des tarifs susceptibles de substituer le bois-énergie dont l'exploitation intense accroît les problèmes de désertification. D'autres sources peuvent être utilisées. C'est le cas de l'énergie solaire.

Figure 24 : Planche III (Photos 8, 9 et 10)

Photo 8 : Meule traditionnelle de carbonisation : Ici la mise à feu de bois préalablement coupés et entassés. Cliché de DJIMADOUM-YAN KAYAMOUNOU (2001)

Photo 9 : Foyer à gaz ou « ganoune gaz » amélioré surmonté d'un support de forme circulaire prêt pour accueillir la marmite. Cliché de l'auteur, mai 2002

Photo 10 : Foyer amélioré à charbon de bois fait en métallique. Cliché de l'auteur, mai 2002

D. Les perspectives de l'énergie solaire

Le Tchad occupe un vaste territoire où l'énergie solaire est abondamment disponible. Ce territoire qui couvre une superficie de 1.284.000 Km2, est entièrement situé dans l'hémisphère Nord où l'insolation y est suffisante (8 à 9 heures par jour).

Si l'énergie solaire doit être appelée à jouer quelques rôles dans l'approvisionnement énergétique au Tchad, c'est bien à N'Djaména que le développement de son utilisation doit être envisagé en priorité. Les raisons sont nombreuses :

· D'abord, N'Djaména bénéficie d'un potentiel gisement solaire de l'ordre de 3212 heures par an. La température journalière moyenne est d'environ 22,6°C en hivers et 32,4°C, ce qui est capable de générer environ 1,3 watt-crête38(*). Ainsi un modèle classique de 36 cellules (30cmx30cm) de 30-35 watt-crête produira environ 100 watts heure par jour (Courant continu de 12 volts) à N'Djaména au mois de Janvier, ce qui est suffisant pour alimenter trois points d'éclairage pendant trois heures (SOLAR, 2002)39(*).

· Ensuite, le revenu mensuel moyen par ménage est inférieur aux dépenses.

Le gouvernement tchadien doit sérieusement s'intéresser à cette nouvelle source d'énergie, en créant dans le cadre de ses services de planification une commission chargée d'étudier toutes les possibilités de recours à cette source d'énergies de remplacement. Le plan solaire devrait prendre tous ces facteurs en considération et recommander en conséquence un certain nombre d'actions pour lesquelles des crédits soient dégagés : installation des plaques photovoltaïques pour éclairage. L'Etat devrait encourager l'installation de ces unités solaires par la subvention des coups qui paraissent assez élevés (450.000 à 675.000 F.CFA) pour l'éclairage domestique et de plus de 1.125.000F.CFA pour les kits d'éclairage équipés de lampes fluorescentes.

La productivité de savanes boisées du bassin d'approvisionnement énergétique de N'Djaména peut être accrue en améliorant les conditions d'exploitation et d'aménagement de ces formations naturelles dans la perspective d'une production durable. Les plantations ne doivent constituer qu'une source complémentaire des produits plus particulièrement pour les bois d'oeuvre, car leur productivité en milieu sahélien est faible. Faut-il donc se tourner vers d'autres sources d'énergie : les énergies renouvelables (pétrole et gaz) et aujourd'hui l'énergie solaire.

CONCLUSION GÉNÉRALE

Le bois-énergie constitue la principale source d'énergie (plus de 92,7% de la consommation). Il est utilisé par la grande majorité des ménages urbains et la totalité des ménages ruraux pour la cuisson de leurs aliments. Cette consommation va très fortement augmenter dans les prochaines années à cause de l'accroissement de la population et de sa concentration en milieu urbain. Dans dix ans il n'y aura plus d'un dixième de la population nationale soit 1 700 000 habiteront N'Djaména. Déjà d'importantes zones déboisées entourent la capitale. Si rien n'est fait pour inverser les tendances actuelles, N'Djaména va certainement vers des situations critiques pour son approvisionnement en bois-énergie de ses populations et pour la préservation de son fragile équilibre écologique. Un autre drame en perspective ? La cause est à chercher dans l'analyse des facteurs multidimensionnels de la déforestation.

La déforestation est ici causée par les facteurs climatiques (sécheresses récurrentes) contre lesquels peu de choses peuvent être entreprises. Dans le bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie, ce sont les hommes qui sont eux-mêmes à la base de la disparition du patrimoine forestier. Les causes que nous avons pu relever diffèrent selon que nous sommes en milieu rural ou urbain.

En milieu rural, le phénomène trouve son origine dans la crise des systèmes de production traditionnelle. Crises en ce sens que ces systèmes n'ont pas pu s'adapter à l'évolution de la société. Pour faire face à la croissance démographique et à la demande urbaine, les techniques de productions traditionnelles auraient dû être améliorées, l'agriculture et l'élevage intensifiés afin d'augmenter leur productivité. Au lieu de cette mutation, la réponse des paysans a été une surexploitation de ses ressources naturelles : les défrichements ont été intensifiés, les temps de jachère réduits, les surpâturages accélérés, les feux de brousse mal contrôlés.

Ces pratiques agropastorales à productivité constante sinon régressive, se sont traduites par la disparition d'énormes superficies boisées. Elles constituent avec les sécheresses, la première cause de la dégradation du milieu naturel du bassin. Ces facteurs humains et climatiques ont pour conséquences l'existence d'importants gisements d'arbres morts. Les besoins d'énergie en milieu rural sont généralement satisfaits par l'auto collecte de ces arbres morts.

Il est important de retenir que, d'une façon générale, il ne se pose donc pas de difficultés majeures pour l'approvisionnement en bois-énergie des populations rural du bassin, mais un problème global de raréfaction d'arbres vivants, dû à l'inadaptation des systèmes de production traditionnels. Il y a lieu de parler de crise en milieu rural. Elle concerne globalement les ressources naturelles. Une crise complexe au centre de laquelle se trouve l'arbre, d'abord en tant que facteur de production (protection des champs contre l'érosion pluviale et éolienne, reconstitution de la fertilité des sols, etc.), ensuite comme produit énergétique, sans oublier ses autres usages nutritionnels (fruits, parfois aliments pour bétail) et médicinaux.

En milieu urbain, la concentration des populations a créé une forte demande de bois-énergie. Cette forte croissance s'est traduite par une consommation de bois-énergie par tête de 2,06 stères par habitant et par an. Le phénomène va s'accélérant. Pour satisfaire à cette demande, un véritable secteur économique s'est constitué mettant en relation, divers professionnels (exploitants, bûcherons ruraux ou urbains, transporteurs et revendeurs) et consommateurs urbains.

Cette forte consommation se traduit en terme de surfaces déboisées par an de 709 hectares de savanes boisées, soit 9481 hectares de savanes arborées ou encore de 22238 hectares de savanes arbustives autour de N'Djaména.

De tous les changements que le paysan du bassin a déclenchés, celui du climat est le plus perturbateur. Nous constatons :

· Un réchauffement global du climat de la région durant les 50 dernières années de l'ordre de 1°C ; un réchauffement particulièrement important depuis les années 80, en particulier à N'Djaména et une forte baisse des précipitations totales annuelles et un accroissement significatif de la fréquence des sécheresses depuis les années 90. La sécheresse et les températures excessives qui ont fait tomber la récolte de céréales de 1993-1994 en dessous du seuil de la consommation national, ont illustré les dangers que peuvent courir à l'agriculture le changement climatique ; conséquence : mise en place de famine. En retour le paysan se livre à l'exploitation du milieu naturel qui ne peut plus fournir le même rendement qu'avant pour survivre. Ainsi une « spirale descendante auto-entretenue de pauvreté économique et de dégradation de l'environnement s'instaure. » (ALAN, 1990).

· Une baisse significative des écoulements des eaux du Chari et du Logone de l'ordre de 10% entre 1990 et 2000, donc un régime hydrologique saisonnier modifié avec des conséquences sur les aménagements en agriculture et la disparition des ressources halieutiques, donc une menace certaine pour l'activité de la pêche (qui aurait pu résoudre en partie les difficultés financières des ménages);

· Une augmentation de l'évapotranspiration conduisant à une augmentation de déficit hydrique du sol, donc un flétrissement des arbres ;

· Un niveau des nappes phréatiques qui baisse avec des risques de salinisation pour les puits servant à l'alimentation des bétails (responsable de transhumance);

· Une érosion plus forte avec une plus grande dégradation des sols lors des orages ou des fortes pluies ;

· Une réduction de la durée des cycles végétatifs.

De ce qui précède, nous pensons qu'il faut induire des actions urgentes pour sauvegarder le milieu naturel du bassin déjà dégradé. Pour des raisons d'urgences, nous avons arrêté des mesures suivantes :

· D'abord ralentir le déboisement : C'est une priorité de première grandeur. Cela exige de l'Etat qu'il supprime les avantages financiers qui incitent les producteurs locaux et les spéculateurs à empiéter sur les ressources ligneuses. Pour détourner le désir que procure le gain de ce secteur, le gouvernement et les organismes internationaux de développement doivent s'employer activement à soutenir financièrement des projets de développement viable, telles que les parcelles boisées, l'aménagement des massifs forestiers ou des surfaces agro-forestières, qui permettent aux populations rurales de vivre de leur milieu encore sur pied plutôt que de l'abattre pour la production de bois-énergie ;

· Enfin dans le pire des cas, concentrer les actions sur la gestion de l'offre. Elle passe d'abord par la réorganisation du commerce bois-énergie et la responsabilisation des producteurs ruraux au regard de la ressource disponible. L'imposition d'une taxe forestière beaucoup plus contraignante est une priorité essentielle. Cette taxe sensibiliserait les producteurs ruraux et les consommateurs urbains à la dégradation de l'environnement dont l'utilisation de bois de feu et de charbon de bois est responsable. Elle inciterait les habitants tant ruraux qu'urbains à choisir des combustibles en partie sur la base de leur responsabilité respective dans le processus de réchauffement climatique du bassin d'approvisionnement. Le charbon de bois serait le plus lourdement taxé, par contre le gaz butane et le pétrole subventionnés. Ces derniers se présentent aujourd'hui comme des sources d'énergie fiables et écologiquement saines.

Pour atteindre ces objectifs, l'action des pouvoirs publics (organisation d'une semaine nationale de sensibilisation sur le déboisement : ses impacts sur le milieu naturel) doit porter sur la sensibilisation et l'information en matière d'économie d'énergie domestique pour sauver le milieu végétal qui se dégrade au jour le jour sous les yeux des pouvoirs publics, paysans producteurs et des consommateurs urbains.

Nous sommes convaincu que la prise en compte de ces inquiétudes permettra de donner une nouvelle vie à l'écologie déjà vigoureusement menacée. Mais tout n'est pas fini ; la réalisation d'études de sensibilité, de vulnérabilité et d'adaptation des ressources fauniques aux changements climatiques et actions anthropiques du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie s'avèrent nécessaire et reste notre prochain objectif de recherche.

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ANNEXE I

QUESTIONNAIRE « A »

Enquête auprès des exploitants des bois de chauffe et de charbon de bois dans la zone de production en vue de la réalisation d'un mémoire de maîtrise sur le thème : « approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie : ses influences sur le milieu naturel »

Date / /

Questionnaire n° / Lieu d'exploitation

I. Identification de l'exploitant

1. Sexe : F ? M ?

2. Age /

3. lieu de naissance :

4. groupe ethnique :

5. profession :

- Principale :

- Secondaire :

6. revenu mensuel :

- Principal : FCFA

- Secondaire : FCFA

II. II. Caractéristiques de l'exploitation des bois -énergies

6. Lieu d'exploitation :

7. motifs d'exploitation :

- Sociaux

- Economiques

- Autres

8. Aire d'exploitation (superficie en ha)

9. quantité de bois exploités (kg)

-Par jour /

-par semaine /

-Par mois /

5. Espèce de bois exploités (par ordre d'importance)

a)

b)

c)

d)

6. organisation du travail

a) Mode d'exploitation :

- Directe

- Indirecte

- Main d'oeuvre

b) Caractère d'exploitation :

- Exploitation permanente jours / semaine

- Exploitation périodique jours / semaine

c) Forme d'exploitation :

- En association de personnes

- Société dénommée

- Individuelle

d) Coût d'exploitation (par mois)

- Main d'oeuvre / FCFA

- Transport / FCFA

- Autres / FCFA

III. Écoulement de bois-énergie

1. Moyens de transport utilisés :

a) Automobile Personnelle Louée

b) Pousse - pousse Personnelle Louée

c) Pirogue Personnelle Louée

d) Autres

2. Modalités d'écoulement :

a) vente sur place

b) sur les marchés

QUESTIONNAIRE « B »

Enquête auprès des revendeurs des bois de chauffe et de charbon de bois dans la zone de production en vue de la réalisation d'un mémoire de maîtrise sur le thème : « approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie : ses influences sur le milieu naturel »

Date / /

Questionnaire n° / Lieu d'exploitation

I. Identification de l'exploitant

1.Sexe : F ? M ?

2.Age /

3.lieu de naissance :

4.groupe ethnique :

5.profession :

a) Principale :

b) Secondaire :

6. Revenu

a) quotidien du fait de la vente du bois FCFA

a) hebdomadire du fait de la vente du bois FCFA

c) Autres FCFA

II. Caractéristiques de la vente du bois

1. Modalité d'achat :

a) Gros Comptant

c) Détail Crédit

2. Lieu d'approvisionnement

3. Mode de transport

4. Prix d'achat / FCFA

5. Prix de vente / FCFA

6. Marge bénéficiaire / FCFA

7. Modalité de vente :

a) Gros

b) Détail

c) Micro-détail

8. Autres modalités

9. Lieux d'écoulement :

a) Marchés de la place :

b) Autres lieux

10. Principaux acheteurs

ANNEXE II

Carte de positionnement des images satellitales.

ANNEXE III

TAXE FORESTIERE

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Répartition de la population de N'jaména selon les sexes en 1993 11

Tableau 2 : Evolution de la population de N'Djaména de 1921 à nos jours 11

Tableau 3 : Évolution de l'espace bâti dans la ville de N'Djaména de 1921 à 2000 13

Tableau 4: Principaux essences inventoriées selon leur famille dans le bassin 21

Tableau 5: Insolation moyenne journalière (en heures) 34

Tableau 6: Equipements et combustibles utilisés 41

Tableau 7: Bilan énergétique simplifié de combustibles 43

Tableau 8: Consommation d'énergie en milieu rural et urbain 43

Tableau 9: Consommation des différentes sources d'énergie par ménage selon les différentes catégories socio-écomoniques sur 245 enquêtés 44

Tableau 10: Estimation de consommation de bois-énergie 44

Tableau 11: Bénéfice moyen tiré des ventes des produits ligneux dans les quartiers Chagoua et Dembé sur 45 enquêtés (détaillants) 51

Tableau 12: Évolution des prix de bois à N'Djaména 52

Tableau 13: Structure du prix du bois sur 45 enquêtés (12 tonnes) 53

Tableau 14: Structure du prix d'un sac de charbon de bois sur 45 enquêtés à N'Djaména 53

Tableau 15: Comptage de bois-énergie au poste de contrôle forestier de Walia selon les moyens de transport en deux jours 55

Tableau 16: Exigences écologiques et apports climatiques 60

Tableau 17: Indice d'aridité calculé selon la formule de MARTONE 61

Tableau 18: Indice climatique calculé selon la formule de TORNTWAITE des années déficitaires 62

Tableau 19: Inventaire forestier du bassin par formation végétale (année 2001) 66

Tableau 20: Inventaire forestier du bassin par formation végétale ( année 1960) 67

Tableau 21: Inventaire forestier, sous total formation forestière selon les distances 68

Tableau 22 : Plan d'activités annuelles d'exploitation 82

Tableau 23: Rendement moyen de carbonisation de bois pour une corde selon les types de fours 87

Tableau 24: Les principaux espèces de bois les plus sollicitées en carbonisation 87

Tableau 25: Structure de prix de gaz butane à N'Djaména 89

LISTE DES FIGURES

Figure 1: Carte de localisation de la zone d'étude (Bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie) 7

Figure 2: Carte de l'évolution de l'espace bâti à N'Djaména de 1921 à nos jours 12

Figure 3: Courbe d'évolution de la population de la ville de N'Djamena de 1921 à 2000 13

Figure 4 : Chronogramme d'évolution de l'espace bâti en rapport avec la population à N'Djaména d'après les données de BCR et du Cadastre complétées par l'auteur. 14

Figure 5: Carte des principaux facteurs de croissance urbaine de N'Djaména (2000) 17

Figure 6: Principaux flux de masse d'air responsable du mécanisme pluviogène en Afrique d'après OLIVRY et al., (1983) 24

Figure 7: Évolution de la pluviométrie annuelle et moyenne mobile sur 5 ans (Bongor : 1950-2000) d'après les données de D.R.M. 27

Figure 8: Évolution de la pluviométrie annuelle et moyenne mobile sur 5 ans (N'Djaména: 1950-2000) d'après les données de D.R.M. 27

Figure 9: Régime moyen mensuel de la pluviométrie de 1950-2000 d'après les données de D.R.M 29

Figure 10: Evapotranspiration potentielle moyenne mensuelle de 1950-2000 d'après les données de D.R.M 31

Figure 11: Bilan hydrique potentiel moyen mensuel de 1950-2000 d'après les données de D.R.M 33

Figure 12: Evolution moyenne mensuelle de températures à N'jaména d'après les données de D.R.M 35

Figure 13: Évolution moyenne mensuelle de températures à Bongor d'après les données de D.R.M 35

Figure 14: Carte de la zone d'exploitation du bois-énergie de la ville de N'Djaména 47

Figure 15: Circuits de distribution de charbon de bois à N'Djaména, Source: Auteur, enquête, avril 2002 50

Figure 16 : Planche I (Photos 1, 2, 3 et 4) 56

Figure 17 : Anomalies centrées et réduites et tendance (N'Djaména - 1950-2000) d'après les données de D.R.M 62

Figure 18 : Anomalies centrées et réduites et tendance (Bongor - 1950-2000) d'après les données de D.R.M 62

Figure 19 Carte de la végétation du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie en 1960 67

Figure 20: Carte de la végétation du bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie en 2001 68

Figure 21 : Carte des secteurs bioclimatiques actuels 74

Figure 22: Variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie moyenne annuelle de 1931-1990 75

Figure 23 : Planche II (Photos 5, 6 et 7) 84

Figure 24 : Planche III (Photos 8, 9 et 10) 90

TABLE DES MATIÈRES

RÉSUMÉ I

SUMMARY I

DÉDICACE III

REMERCIEMENTS IV

INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

1. Contexte 1

2. Problématique 3

3. Plan 3

4. Données et méthodologies 4

a. Les données qualitatives. 4

b. Les données quantitatives. 5

5. Analyse des données 5

6. Difficultés. 6

PREMIERE PARTIE 8

L'ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE 8

CHAPITRE 1 : L'ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE ET LA MOBILITE DE L'ESPACE URBAIN 9

A. LA VILLE DE N'DJAMÉNA : UNE LOCALISATION PRÉFÉRENTIELLE HÉRITÉE DE L'HISTOIRE. 9

1. Le cadre historique. 9

2. Un croît démographique accéléré et une mobilité spatiale du bâti. 11

a. Un croît démographique accéléré. 11

b. Une évolution de l'espace bâti liée à la croissance de la population. 13

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DU MILIEU 19

A. LE MILIEU NATUREL. 19

1. Le relief et l'hydrographie. 19

2. Les sols et les formations végétales 20

a. Les sols des zones exondées : domaine de la savane arborée et arbustive. 21

b. Les sols des zones inondables : domaine de la végétation arbustive très clairsemée et du couvert herbacé 22

B. LE CLIMAT 23

1. Les mécanismes et le déroulement des climats 23

2. Le climat du bassin d'approvisionnement 24

C. CLIMAT ET VARIABILITÉ PLUVIOMÉTRIQUE DANS LE BASSIN D'APPROVISIONNEMENT 25

1. La répartition géographique des hauteurs de pluies. 26

2. Evolution saisonnière et le régime moyen de la pluviométrie 28

3. L'Évapotranspiration potentielle (ETP) 30

4. Bilan hydrique potentiel (P - ETP) 31

D. LES AUTRES PARAMÈTRES DU CLIMAT 33

1. L'insolation 33

2. Les variations saisonnières et annuelles des températures 34

DEUXIEME PARTIE 37

CHAPITRE 3 : LES BESOINS ÉNERGÉTIQUES 39

A. LA PAUVRETÉ, LE MODE DE VIE, LES PRIX ET LA PERCEPTION DES COMBUSTIBLES UTILISÉS 39

B. LES BESOINS RÉELS EN ÉNERGIE : UNE PRÉOCCUPATION NATIONALE 42

C. L'EXPLOITATION DU BOIS-ÉNERGIE : UNE ÉCONOMIE EXTRACTIVE 45

1. Le bilan de l'offre et de la demande 45

D. LE COMMERCE ET LE CIRCUIT DE DISTRIBUTION DU BOIS-ÉNERGIE À N'DJAMÉNA 48

1. Les différents intervenants dans le commerce de bois-énergie 48

2. Les moyens de distribution du bois-énergie. 53

CHAPITRE 4. LES FACTEURS DE LA MUTATION DU MILIEU NATUREL DU BASSIN D'APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE 58

A. LES FACTEURS ANTHROPIQUES. 58

B. LES FACTEURS NATURELS 59

1. Le climat et l'écologie forestière 59

2. Les facteurs édaphiques 63

CHAPITRE 5 : INFLUENCES DE DÉBOISEMENT SUR LE MILIEU NATUREL ET LA CARTOGRAPHIE DES ÉTATS DE SURFACE 65

A. MÉTHODOLOGIE D'ANALYSE DE L'ÉVOLUTION DES ÉTATS DE SURFACE 65

B. LA DYNAMIQUE DES ÉTATS DE SURFACE DES ZONES EXONDÉES. 66

C. LA DYNAMIQUE DES ÉTATS DE SURFACE DES ZONES INONDABLES 70

D. INTERPRÉTATION 70

TROISIÈME PARTIE 76

LES ENJEUX DE LA POLITIQUE FORESTIÈRE ET LES MESURES A PRENDRE 76

CHAPITRE 6 : LES ENJEUX DE LA POLITIQUE FORESTIÈRE ET LA PRODUCTION DU BOIS ÉNERGIE POUR LA VILLE DE N'DJAMENA 78

A. LA POLITIQUE PUBLIQUE FORESTIÈRE 78

1. Le rôle de l'État dans la gestion forestière 78

2. La règle et son application 79

a. Une réglementation spéciale 80

b. Le recours à la collectivité locale 81

B. L'AMÉNAGEMENT DES FORMATIONS NATURELLES 83

C. LA PROMOTION DES PLANTATIONS COMMUNAUTAIRES ET OU INDIVIDUELLES 84

CHAPITRE 7 : LES MESURES A PRENDRE 86

A. LA CARBONISATION : L'UTILISATION DU FOUR CASAMANÇAIS 86

B. LES FOYERS AMÉLIORÉS 88

C. UTILISATION DU GAZ BUTANE (PHOTO 9) 88

D. LES PERSPECTIVES DE L'ÉNERGIE SOLAIRE 91

CONCLUSION GÉNÉRALE 93

BIBLIOGRAPHIE 97

ANNEXE I 101

ANNEXE II 104

ANNEXE III 105

* 1 La zone de concentration (72 900 km2) constitue la zone d'intenses activités génératrices de revenus (pêche, agriculture, élevage, etc.) et le bassin d'approvisionnement de la ville de N'Djaména en bois-énergie.

* 2 Cette moyenne est calculée à partir des chiffres de 1921 (38,3 hectares). Il s'agit ici de l'espace bâti.

* 3 N'Djaména vient de Am Djaména, nom de l'un des villages arabes situés dans le périmètre urbain (projet de loi du 19.02.1966). Le préfixe « Am » indique en arabe un nom de lieu et « Djaména », un arbre donnant de l'ombre ( Ficus bongoensis = Figuier ) : un « arbre de paix et repos » sans doute (CHAPELLE, 1986).

* 4 Rabah était un aventurier esclavagiste soudanais. Après avoir séjourné durant sept ans sur le territoire de l'actuel Centrafrique, il pénétra au Tchad en 1893 dans la région de Bousso. Il battit Gaourang II, le Sultan de Baguirmi, chassa Hachem du Bornou puis s'installa à Dikoa. Ce n'est qu'en 1900 qu'il fu vaincu et tué par les troupes du Commandant Lamy, lui aussi décédé lors du combat (Gentil, 1971 in Bouquet, 1982).

* 5 N'Djaména a servi comme point de départ des bataillons de marche de la colonne Leclerc qui ont combattu au côté de la France en Syrie, Libye, Somalie, Turquie, etc.

* 6 Dans les années 1972-1973, intervint au Tchad la « Révolution Culturelle et Sociale » qui prônait le retour vers une culture authentique. La première mesure appliquée fut le changement de noms. Les noms chrétiens et français sont bannis (CHAPELLE, 1986).

* 7 Durant ces années, il y a eu la normalisation de la vie politique (prise de pouvoir en juin 1982 par HISSEN HABRE) et des sécheresses

* 8 Problème de cohabitation entre les différents groupes ethniques de la population venant du Nord et celle du Sud.

* 9 Les lignes de grains sont des intrusions du flux d'Est (Harmattan) dans le flux de mousson, soulevant l'air humide en un front mobile le long duquel se produisent orages et averses.

* 10 Par énergie domestique, on entend le bois de chauffe, le charbon de bois, les déchets végétaux et animaux et l'énergie animale.

* 11 Les énergies modernes englobent les produits pétroliers, l'électricité, les technologies renouvelables.

* 12 72% des ménages à N'Djaména disposent d'un revenu mensuel de 187.897 F.CFA. Les dépenses excédent les revenus de 12.880 F.CFA, (BOURDETTE, 1998).

* 13 La comptabilisation des bois de feu et de charbon de bois est très difficile à apprécier en raison de nombreux inconnus des voies d'entrée, de la mauvaise déclaration au poste de contrôle de la quantité transportée par les commerçants pour échapper à la fiscalité.

* 14 Si nous déduisons de 900 000 habitants, 2% de ceux considérés, utilisent d'autres sources d'énergie, le taux de consommation annuelle par habitant à N'Djaména serait à 1,9 stères soit 665 Kg.

* 15 On entend par énergie domestique, la forme d'énergie la plus élémentaire dont l'unité familiale à constamment besoin.

* 16 Voir les pages suivantes pour les autres essences sollicitées

* 17 Les besoins dont ils font allusion sont : achat de céréale en cas de mauvaise pluviométrie, habits, frais de scolarisation des enfants ; acquisition des matériels agricoles ou loisirs.

* 18 Un paysan du village de Kalgoa interrogé le 22 Avril 2002 (Djangrang Man-na).

* 19 Les taxes d'abattage, taxe forestière (annexe III) ; et autres avantages (Ne pas payer les pourboires de 100 FCFA par sac par poste de contrôle forestier).

* 20 Chagoua est considéré comme le port à bois

* 21 Si l'opération est répétée (deux le mois), on estime à 157.300 F.CFA, le bénéfice mensuel. Ce montant correspond au total de la marge (vente en gros + frais de revente et de la masse vente au détail) : (12.750 + 18.500 + 47400 =78650 F.CFA

* 22 1 stère= 2,31 m3=350 Kg ; 2358664 Kg est égale à 155667 m3

* 23 1 m3 de bois correspond à 4,510 ha de forêts claires déboisées.

1 m3 de bois correspond à 6,0910 ha de savanes boisées déboisées.

1 m3 de bois correspond à 1,4210 ha de savanes arbustives déboisées.

* 24 La dégradation du milieu naturel est imputée en partie au changement climatique (confère l'analyse sur la variabilité pluviométrique aux pages précédemment sur le climat.

* 25 Appauvrissement de la végétation. GEORGE (1990)

* 26 Les pays sahéliens membres du CLLSS sont : TCHAD, Sénégal, Cap-vert, Burkina-Faso, Niger, Mali, Mauritanie et Gambie.

* 27 Tendance générale de l'évolution pluviométrique annuelle est à la baisse.

* 28 Une croûte structurale est une formation plus ou moins durcie dans le sol.

* 29 Dans la pratique, il se trouve qu'il est impossible de protéger efficacement des domaines aussi vastes (des centaines de milliers de forêts accessibles) même en renforçant les moyens des services.

* 30 La législation forestière aujourd'hui en vigueur est inspirée de celle de l'administration coloniale, en particulier du décret du 4 Juillet 1935 de l'Afrique Occidentale Française (AOF)

* 31 Des amendes forfaitaires très élevées (10.000 à 100.000 FCFA suivant les cas sont infligés aux braconniers incendiaires et bûcherons surpris en flagrant délit

* 32 Face à un tel comportement, il a été mis en place ces dernières années des brigades mobiles forestières qui par moment tentent de régler cette situation en procédant aux contrôles inopinés des taxes forestières auprès des commerçants de bois-énergie. Des produits sont saisis quand une fraude est constatée et ledit commerçant amendé.

* 33 Par analogie à l'estimation de la production des formations ligneuses faite au Mali (GOUDET, 1990)

* 34 L'objectif d'une telle politique est consigné dans le sous chapitre 1, relatif au rôle de l'Etat dans la gestion forestière

* 35 Sous isohyète 600 mm, la productivité des espèces à croissance rapide (Eucalyptus) est de 1,5 à 3m3/ha/an, (Mémento forestier, 1998).

* 36- 155.667m3 est l'estimation actuelle de la production de charbon de bois et de bois Elle correspond à 15% du total de la matière première

- 259.445m3 est la production qu'on devrait avoir si les charbonniers utilisaient le four moderne dont le rendement est de 25% de la matière première

* 37 1 corde est égale à 3,6 m3

* 38 Le watt-crête est la puissance d'un panneau photovoltaïque obtenue à 25°C sous un ensoleillement de 1kw/m2 (Christopher ANDREW B, 1990).

* 39 Source : Entretien oral






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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius